9 conseils pour les photos de sport en intérieur

Vous devez faire des photos de sport en intérieur dans une salle ou un gymnase et vous ne savez pas comment régler votre appareil photo ? Comment vous préparer ? Voici une série de conseils simples pour faire de meilleures photos dès votre prochaine séance.

9 conseils pour faire des photos de sport en intérieur

Si vous êtes comme moi vous avez régulièrement des photos de sport à faire dans un gymnase ou une salle peu éclairée parce que vous photographiez vos enfants, petit-enfants ou proches. Vous êtes peut-être aussi le photographe attitré de la section sportive, ou celui que l’on appelle quand il faut quelqu’un « pour faire le boulot ».

Et chaque fois vous vous posez les mêmes questions : quel objectif utiliser, quels réglages choisir car la lumière manque terriblement, l’espace aussi, et ça bouge beaucoup. Si vous choisissez les mauvais réglages, vous obtenez des photos sombres, floues, ternes, voire tout à la fois. Et vous êtes forcément déçu.

Je photographie des épreuves sportives en intérieur depuis plusieurs années avec les mêmes problèmes à résoudre :

  • la lumière : pas ou peu d’éclairage dans des salles et gymnases sombres, des contre-jours violents avec les grandes baies vitrées, etc.
  • l’espace : des salles parfois petites sans dégagement suffisant pour des photos de sport sympas
  • le temps : des séances longues lors desquelles je ne peux pas photographier pendant toute la séance, il faut faire vite et bien pendant le temps imparti
  • l’unicité : des séances toutes différentes avec des moments uniques à capturer et pas de possibilité de refaire une seconde fois

Voici les techniques et réglages que j’ai utilisés pour m’en sortir et comment vous pouvez faire vous aussi.

1. Trouvez une place dans la salle avec un dégagement suffisant

conseils pour faire des photos de sport

Avant de démarrer la séance photos de sport, prenez le temps de faire le tour de la salle pour trouver le meilleur emplacement. Prenez votre boîtier et l’objectif que vous allez utiliser pour voir quels cadrages vous obtenez selon les positions.

Faites attention aux détails en arrière-plan, ils ne se voient souvent qu’une fois la séance terminée et c’est trop tard.

Trouvez un emplacement qui vous permet de vous déplacer sans déranger, ou à minima de tourner sur vous-même pour changer de cadrage au besoin.

Pensez à vous baisser pour vous mettre à la hauteur de vos sujets, vous serez dans l’axe et vos photos seront bien meilleures que si vous restez debout (même s’il s’agit d’adultes).

Si vous n’êtes pas le photographe attitré, n’hésitez pas expliquer votre démarche aux responsables, la plupart du temps ils vous autorisent à vous placer là où vous le souhaitez si vous avez demandé auparavant.

2.Faites des tests en condition avant le début de la séance

conseils pour faire des photos de sport

Une fois votre emplacement trouvé, faites des tests avant que la séance ne commence. Choisissez un ensemble de réglages, faites quelques photos et regardez sur l’écran arrière si le résultat vous satisfait. Cet écran est souvent flatteur en matière de rendu, n’hésitez pas à modifier les réglages et à regarder lesquels vous conviennent le mieux.

Pensez à vérifier la balance des blancs, les éclairages de salles et gymnases sont souvent complexes, faits de plusieurs sources différentes. Le mode Balance des blancs Auto donne souvent un bon résultat. Si les conditions vous paraissent trop changeantes, utilisez le format RAW qui vous permettra d’ajuster la balance des blancs en post-traitement (en savoir plus sur la balance des blancs).

3- Vérifiez l’exposition et surexposez au besoin

conseils pour faire des photos de sport

Le choix des paramètres d’exposition (ouverture, temps de pose, ISO) est particulièrement critique. Une fois que vous tenez le réglage qui vous convient, ne changez plus pour la séance. Vous pouvez par exemple passer en mode manuel et fixer l’ouverture et le temps de pose. Ou utiliser le mode A pour fixer l’ouverture et laisser le boîtier adapter la vitesse (en savoir plus sur les modes d’exposition).

Dans ce cas attention à ne pas utiliser des temps de pose trop longs, selon le type d’action vous risquez d’avoir des photos floues. Mieux vaut rattraper le bruit numérique en post-traitement que d’avoir trop de photos floues.

4- Utilisez une grande ouverture pour masquer l’arrière plan

conseils pour faire des photos de sport

Si l’arrière-plan n’est pas flatteur, et si vous voulez isoler vos sujets pour les mettre en valeur, utilisez une grande ouverture. La profondeur de champ réduite plongera l’arrière-plan dans un flou plus ou moins important et les détails gênants disparaîtront.

Utilisez votre objectif au mieux de ses possibilités. S’il ouvre à f/2.8 et qu’il faut ouvrir, utilisez-le à f/2.8. Si vous pouvez fermer d’un cran ou deux c’est mieux mais faites des tests préalables.

Le vignettage de certains objectifs à pleine ouverture se rattrape facilement en post-traitement, et il vaut mieux un peu de vignettage qu’une photo floue.

Attention par contre à bien régler votre autofocus car plus l’ouverture est grande, plus la mise au point doit être précise sur le sujet. Un léger décalage et les photos sont floues (en savoir plus sur les modes Autofocus).

5- Utilisez une plage focale compatible avec les photos de sport

conseils pour faire des photos de sport

Vous devez déterminer la plage focale en fonction de la taille de la salle, de votre position, de la taille du sujet et du type de photos que vous voulez faire.

Un zoom trans-standard 24-70mm convient la plupart du temps (équivalent 16-50 ou proche en DX). Un zoom 24-120 vous apporte de la souplesse dans les longues focales. Un zoom téléobjectif 70-200 ou 70-300mm vous permet des plans plus serrés.

Evitez de n’avoir avec vous qu’une focale fixe, si cette focale ne s’avère pas adaptée pour une raison non prévue, vous ne pourrez rien changer au dernier moment. Par contre avoir un objectif qui ouvre à f/1.8 en complément d’un zoom moins généreux est une bonne idée pour varier les images (en savoir plus sur le choix des objectifs).

6- Utilisez l’auto ISO

conseils pour faire des photos de sport

Si vous avez un objectif à l’ouverture maximale insuffisante, ou si le temps de pose doit être court pour figer de actions, vous risquez d’avoir des photos floues. Passez en mode ISO-Auto.

Le mode ISO Auto autorise le boîtier à changer la sensibilité dans des limites que vous fixez. Ajustez ces réglages dans les menus de votre appareil : une limite minimale pour le temps de pose (par exemple 1/400ème) et une limite maximale pour la sensibilité (par exemple 3200 ISO). Ainsi vous serez certain que les valeurs à ne pas dépasser seront respectées.

La limite ISO est fonction du boîtier, ne fixez pas une valeur trop importante « parce que la fiche technique le dit« . Mieux vaut baisser d’un cran ou deux la valeur maximale : si le boîtier est donné pour 12800 ISO, restez à 6400 en RAW et 3200 en JPG. Vous éviterez la montée du bruit et la qualité d’image sera meilleure (en savoir plus sur le mode ISO-Auto).

Si vous devez vraiment monter en ISO, utilisez le format RAW qui vous permettra de travailler les images en post-traitement pour réduire le bruit et jouer sur l’accentuation et la netteté.

7- Utilisez un monopode

conseils pour faire des photos de sport

Le monopode est un accessoire pratique car il vous laisse toute liberté de mouvement tout en vous offrant un point d’appui pour réduire le risque de flou de bougé. De plus si vous utilisez un lourd téléobjectif, ce pied à une seule jambe vous permet de ne pas devoir supporter le poids de l’ensemble boîtier-objectif, c’est plus confortable.

Laissez le mode VR enclenché sur l’objectif si vous utilisez des temps de pose important (par exemple 1/250ème ou plus selon la focale). Le monopode n’est pas aussi stable qu’un trépied, le VR permet de réduire le flou dû aux mouvements inévitables.

L’avantage du monopode sur le trépied est qu’il vous permet de bouger très vite pour cadrer différemment tout en conservant l’appui. Si vous disposez d’un objectif avec support de trépied, fixez le monopode sur l’objectif plutôt que sur le boîtier, l’ensemble sera plus équilibré.

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8- Utilisez le mode rafale (mais pas trop !)

conseils pour faire des photos de sport

Déclenchez en mode rafale si les mouvements de vos sujets sont rapides. C’est souvent le cas pour les photos de sport, une rafale vous permet de figer des actions alors que le déclenchement vue par vue est plus aléatoire.

N’abusez toutefois pas du mode rafale : il est bruyant et votre entourage risque de ne pas apprécier, mais il remplit les cartes très vite. Et de retour chez vous il faut trier !

9 -Utilisez le suivi AF

conseils pour faire des photos de sport

Votre système autofocus dispose d’un mode de suivi AF-C qu’il faut utiliser pour que le boîtier assure la mise au point en continu. Choisissez une zone de détection correspondant à la taille du sujet, 21 points est une bonne base pour les photos de sport individuels, 51 pour les sports d’équipe si vous êtes un peu loin.

Si le déplacement du sujet est prévisible le mode AF-C à zone de détection réduite est le plus rapide. Si vos sujets se déplacent de façon totalement imprévisible, passez en mode de suivi 3D. L’autofocus pourra alors suivre le sujet quel que soit son déplacement.

Mais encore …

Faire les photos est une chose, les trier en est une autre. Lors des séances de photos de sport vous êtes amené à faire beaucoup d’images car vous ne voulez pas prendre le risque de manquer un instant important et vous déclenchez plus que nécessaire très souvent.

De retour chez vous faites un tri dans vos images. Soyez sévère : inutile de conserver 150 photos d’une compétition sportive, gardez 20 à 30 images fortes, c’est suffisant.

Si toutefois vous devez fournir des images aux différents participants, assurez-vous de garder au moins une photo de chaque sportif , cela leur fera plaisir d’être dans votre sélection.

A vous …

Vous avez un problème avec les photos de sport en intérieur ? Laissez vos questions via les commentaires et parlons-en !

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About the Author

Jean-Christophe Dichant
J'ai créé Nikon Passion en 2004 pour vous aider à faire les bons choix, bien utiliser votre reflex et apprendre la photo.

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  • Fred

    Bonjour
    Bel article bien clair, souvent confronté à ce genre de photos hé oui ma fille fait de la gym, j’en retiens que l’ouverture de l’objectif est primordial.
    J’ouvre à f3.5 au max et du coup il arrive que mes photos soit trop sombre.
    J’applique certaiins réglages que vous préconisez et du coup j’espère améliorer mes photos de compétition. Merci

    • SI les photos sont sombres ce n’est pas lié à l’ouverture de f/3.5 mais aux réglages qui déterminent l’exposition. Faites des tests 🙂

  • Chrislab100

    Bonjour
    Ce sont des défis intéressants et passionnants pour le photographe
    Rien de tel pour explorer et découvrir les capacités de son(ses) boitiers et des objectifs …et aussi celles du photographe .On apprends beaucoup !
    C’est dans de telles conditions que l’on comprend mieux la différence entre du matériel moyenne gamme et haute gamme.
    Va sans dire qu’il vaut mieux faire en Raw
    Faut pas avoir peur de tester divers réglages
    Merci pour tes articles Jean Christophe

  • alain allegre

    merci pour ces explications

  • Pierre

    Bonjour Jean Christophe

    Je fais beaucoup de photos de sports (Marathon, Lutte, Judo etc..)
    Je suis d’accord avec vous sur les conditions de lumière dans les salles.
    Pour un combat de lutte qui dure 2x3mm, je tire entre 450 à 500 photos.
    Cela semble beaucoup, mais c’est le seul moyen trouvé pour avoir des photos correctes et que l’entraîneur puisse revoir la totalité du combat (1 photo ~ toutes les 0.8 s, sans rafale).
    Mes réglages appareil sont les suivants:
    Iso maxi 6400, vitesse mini 1/500 ouverture le plus petit possible pour des questions de netteté et de profondeur de champ entre 2.8 et 8).
    L’intégralité d’une séance de combats ~ 4000 à 4500 photos en deux heures.
    Pour le post traitement qui s’effectue sur Capture One, Temps estimé entre 30 à 40 heures (déchets entre 5 à 8%).
    Si vous avez besoin d’autres renseignements, je suis à votre disposition

    Pierre SEVRIN

    • J’avoue qu’à vous lire je m’interroge. Autant je comprends la démarche du photographe de ne pas vouloir rater LA photo, autant je ne comprends pas l’intérêt de faire autant de photos pour pouvoir revoir un combat. 30 h de post-traitement c’est plus qu’énorme. Pourquoi ne pas filmer si tel est le but de l’entraîneur ? Ce serait bien plus efficace pour lui et rapide pour vous. Et faire quelques photos en parallèle.
      De plus 5% de déchets sur ces séries me laisse penser que vous gardez toutes les photos ou presque. Dans ce cas le post-traitement devrait être beaucoup plus rapide, les photos étant toutes faites au même moment avec les mêmes réglages. Il suffit de traiter deux ou trois photos et de synchroniser ces traitements avec toutes les autres en un clic.
      Autrement dit quelque chose m’échappe 🙂

  • Jean-Jacques

    Bonjour,
    Je fais beaucoup de photos sportives, pour des matchs de basket féminin principalement, et j’utilise systématiquement votre méthode. Je trie ensuite avec une sélection de 20 à 30 % de photos gardées sur un lot de 100 à 150 photos par mach. Le staff y trouve son compte et me demande parfois deux ou trois rafales d’actions rapides (attaque ou défense) qu’il assemble lui même pour en faire un commentaire à ses équipes.
    Il est vrai aussi que chaque joueuse aime bien trouver une ou deux photos d’elle dans la série que je mets sur Jooméo et à laquelle elles sont toutes ou presque abonnées par partage d’album
    Le traitement se fait uniquement sur Caméra RAW, même par lots, et sur PS pour les accentuations ou les effacements d’éléments parasites.
    Je n’ai pas trop compris aussi la masse énorme de travail que se fait votre premier interlocuteur… Il a peut-être d’autres raisons qu’il n’a pas dites mais aujourd’hui, il y a des méthodes de travail quand même plus rapides.
    Merci pour ce travail très intéressant que vous faites.

  • Marc

    Bonjour,
    Je fais de la photo de tennis de table, votre article est parfait j’y retrouve tout ce que j’applique maintenant depuis quelques temps mais il m’a fallut du temps pour y arriver.
    Donc un très bon article pour ceux qui s’y lancent la première fois.
    Une remarque concernant la salle où je prends mes photos, la balance des blancs auto ne convient jamais, l’éclairage est jaunâtre et je dois passer en mode degré kelvin imposé pour arriver à un rendu plus naturel. Ensuite selon l’heure de la journée cela change. L’après midi par temps ensoleillé, il y a plus de lumière par une partie du toit vitrée, le soir c’est plus difficile, donc il faut vérifier en cours de séance photo et ne pas rester sur un mode. RAW obligatoire pour ma part, cela me permet de corriger cette balance des blancs. Les objectifs que j’utilise, un 300mm f4 pour les portraits au service et un 85mm f1,8 pour les vues du joueur en action à la table. Je pense que l’idéal serait un 70-200 f2,8 mais que je n’ai pas… pas encore 🙂
    Bravo pour votre article très bien écrit.
    Marc.

    • Sylvain Rorive

      Bonjour, intéressant tout comme l’article. Je photographie de temps en temps du ping aussi mais depuis cette saison, du badminton aussi et j’ai souvent des soucis avec la vitesse pour avoir des images nettes sur le mouvements de raquette. Il faut avouer que je n’ai pas votre matériel mais c’est un point délicat à moins de shooter en rafale et trier après.

  • Plouf

    Bonjour Jean-Christophe et merci pour ces conseils techniques.
    Je fais très souvent des prises dans une patinoire et le piège se trouve dans la mesure de l’exposition. Parfois il y a de grandes baies vitrées avec éclairage naturel et parfois c’est totalement fermé avec éclairage halogène non homogène. J’évite dans ce cas le mode multizone à cause d’une glace très claire qui « prend le dessus » à coup sûr : sujet assombri garanti.
    L’exercice devient alors plus perilleux et sportif : une mesure pondérée ou encore spot avec un sujet en mouvement, avec des vitesses élevées (minimum 1/320 quand ça ne bouge pas de trop) et une ouverture maximale, ISO qui peuvent exploser.
    Le défi, qui reste personnel, est pourtant très intéressant, je frise toutefois les 50% de déchets (flous, mauvais cadrage, inexpression des athlètes) dans certains cas – n’ayant pas de petit ou moyen téléobjectif lumineux à l’heure actuelle je suis resté sur mon vieux 55-200mm VR (le défi est probablement trop élevé pour ce matériel), le post-traitement reste le meilleurs allié pour sauver ou embellir le reste.

    D’autres personnes ont-elles aussi été confrontées à ces contraintes (patinage/danse sur glace, hockey) ? Ou existe-t-il des « recettes » pour ce genre de situation ?