Le Far West à Charleroi – Bernard Plossu au Musée de la photo

Exposition Bernard Plossu au Musée de la photo
L’Ouest, le vrai… et celui dont on rêve
Près de 300 images, la plupart inédites, brossent, à Charleroi, un portrait très personnel d’une Amérique insaisissable.
A l’entrée de l’exposition, on découvre un grand tirage noir et blanc. Une plage immense, déserte. Sur la droite, des rochers se découpant entre terre et mer. A l’avant-plan, un enfant qui court, minuscule. « Ce petit garçon sur une plage de Californie, c’est mon fils. Et ça, ce n’est pas rien », lâche tout simplement Bernard Plossu.
On retrouve dans cette image, comme dans cette phrase, tout ce qui fait la spécificité de ce photographe : simplicité, sincérité, humanité, capacité innée à saisir la magie de l’instant et la sensation du temps qui passe…
En débarquant au Musée de la photographie de Charleroi, on s’attend à y revoir les images du Mexique et des Etats-Unis que l’on a déjà beaucoup vues par le passé. La surprise est donc de taille : la majeure partie des images rassemblées ici sont inédites. Cette découverte, on la doit à Marc Donnadieu, commissaire de l’exposition et responsable du Frac Haute-Normandie. C’est lui qui, après avoir découvert quelques-unes de ces images, n’a plus cessé de pousser le photographe à les sortir de ses archives et à les exposer. Elles témoignent en effet d’une période très particulière dans la vie de Bernard Plossu, qui passa la plus grande partie des années 70-80 aux Etats-Unis et y capta l’essence même d’un pays en constante mutation.
Le changement, le mouvement, le temps qui passe sont au coeur de l’oeuvre de Bernard Plossu, dont les clichés pris depuis la vitre de sa voiture ont fait le tour du monde. On ne s’étonnera donc pas que l’homme ait rêvé d’être cinéaste avant de passer à la photgraphie. Tout petit, pourtant, il avait déjà arpenté le désert en compagnie de son père, photographiant avec le Brownie que celui-ci lui avait offert.
Passionné par l’ethnologie, il part ensuite au Mexique pour y réaliser des films documentaires. Un jour, dans un rapide, sa caméra lui échappe. Il ne lui reste plus que son appareil photographique. Le destin a décidé pour lui. Bernard Plossu ne rachètera pas de caméra et se lancera pleinement dans la photographie. « Cet itinéraire est déjà singulier, souligne Marc Donnadieu. Bernard Plossu devient totalement photographe par hasard. Et contrairement aux photographes européens qui y débarquent habituellement, il pénètre aux Etats-Unis non pas par New York, avec un projet précis, mais en franchissant la frontière mexicaine sans savoir vraiment ce qu’il va trouver. » Il est, de ce fait, totalement disponible à ce qu’il va découvrir – et que l’on retrouve aujourd’hui dans près de 600 tirages, pour la plupart inédits. Parmi ces derniers, 250 environ ont été rassemblés dans les deux petits livres édités par Yellow Now. L’expo, quant à elle, en compte plus de 300. « Ce qui est passionnant, souligne encore Marc Donnadieu, c’est que cette période cristallise déjà beaucoup de ce qui va, par la suite, faire l’essentiel de son travail. » Remarquablement présentée, cette plongée dans l’Ouest américain, le vrai, mais aussi celui du rêve fabriqué par notre mémoire, se décline en multiples séries qui racontent des lieux, des époques, des tendances, des émotions, des sensations. Les plages, le surf, les routes traversant des paysages déserts, les ciels plombés, les chambres de motels, les rues dans la nuit, les cabarets, les camions, les cow-boys citadins, les parkings, les gens de la rue…
Quand on parle de lui comme d’un « artiste », Bernard Plossu se récrie, préférant le terme d’« auteur ». On le comprend pleinement en découvrant cette exposition-récit où chaque série a des allures de nouvelle. Ou d’épisode d’un formidable road-movie.

Jean-Marie Wynants, Le Soir

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Jean-Christophe Dichant
J'ai créé Nikon Passion en 2004 pour vous aider à faire les bons choix, bien utiliser votre appareil photo et apprendre la photo.

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2 Commentaires sur "Le Far West à Charleroi – Bernard Plossu au Musée de la photo"

  1. J’ai eu l’occasion de découvrir le trabail de Bernard Plossu au musée de la photo et je suis tombé sous le charme… Je suis allé voir cette expo 3 fois sans jamais m’en lasser et je ressens maintenant un manque si l’on peut dire… Ce style, ce caractère, cette vision, tout simplement magnifique

  2. bonjour,
    quelques photos de B Plossu jointes à l’article, une image vaut mille mots…cordialement