Il y eut un temps où le « weekend de Bièvres » était un moment de pur plaisir programmé longtemps à l’avance, de passion partagée, de rencontres entre copains amoureux du (beau) matériel ou contents de passer un moment parmi des milliers d’autres passionnés.
Le Weekdend de Bièvres c’était une foire au matos photo qui démarrait le Vendredi soir, durait toute la nuit, le Samedi et ainsi de suite jusqu’au Dimanche soir. Bièvres, c’était des nuits à la lampe de poche dans les stands, l’odeur du café chaud et des sandwichs le matin de bonne heure, des discussions animées sur le matériel, la photo, tout le monde avait raison et personne n’avait jamais vraiment tort. On y parlait toutes les langues, on y retrouvait les copains de l’année d’avant. Bièvres c’était aussi l’occasion de trouver du matériel à des prix corrects, de l’occasion que l’on ne trouvait nulle part ailleurs, des accessoires pour tout et rien, c’était le plaisir de fouiller les cartons, les étals, et de découvrir (souvent) une belle affaire. Bièvres, avant, c’était ça.
La mythique Foire photo de Bièvres n’est plus ce qu’elle était.
Depuis quelques années déjà on sent que le déclin est amorcé. Fin de l’argentique ? Pouvoir d’achat en baisse ? Perte d’intérêt des visiteurs ? Autres temps, autres moeurs ? Quelle qu’en soit la raison, l’attrait n’est plus le même. Occasions très (trop) chères, belles affaires (quasiment) inexistantes, matériel neuf à prix non compétitif, et surtout une ambiance d’autrefois disparue, corps et bien. Bièvres 2008 c’est une édition qui démarre le Samedi à 14h. Une après-midi seulement pour chîner, c’est peu, si tant est que l’on ait envie de profiter des photos le Dimanche. Et pourquoi uniquement le Dimanche d’ailleurs (ça c’est pas nouveau, d’accord), les visiteurs du Samedi n’ont donc pas le droit de voir des images ? Alors si c’est le cas donnez leur la journée pour chîner.
« Bièvres ouvre à 14h le Samedi, pas bien grave, dès le matin il y aura bien quelque chose à voir » me disais-je la veille. Et fort de cette affirmation quel ne fût pas mon étonnement à 9h le Samedi en voyant l’étendue des dégats. Aucun stand en place, une seule alignée de tables désespérement nues, dix mètres de queue d’exposants tentant de récupérer leur emplacement, aucun matériel photo bien sûr, pas même l’odeur du café chaud, le désert. J’ai dû me tromper de jour ? Non, une ou deux affiches sur le chemin confirmaient bien la date, point trop n’en faut quand même des fois que cela attire du monde. Il faut être dans Bièvres pour savoir qu’il va s’y passer quelque chose (enfin, on espère).
Vous avez déjà compris que je ne suis pas resté, les quelques retours de visiteurs de l’après-midi (celui qui est interdit aux photographes, puisqu’il faut venir deux fois pour voir des photos) étant conformes à mes prévisions. J’ai bien fait, au moins j’ai sauvé ma journée.
Un brin caustique ma note ? Oui, certes. Elle est pleine de passion refoulée. Mais franchement, si vous voulez sauver la Foire de Bièvres, faites quelque chose, parce que là, sans chagement, ce sera sans moi. Et c’est dommage. On ne fout pas des années de légende en l’air comme ça, on n’a pas le droit.