Nikon annonce le nouveau reflex Plein Format Nikon D810a, un boîtier entièrement dédié à l’astrophotographie. Conçu sur les bases du Nikon D810, le D810a embarque les modifications essentielles pour permettre aux amateurs de photos d’astres et autres paysages nocturnes et galaxies de produire des images totalement inédites.

L’astrophotographie est un terrain de jeu bien particulier et il faut maîtriser son sujet pour en parler de façon pertinente. Ce n’est pas mon cas mais j’ai néanmoins compilé toutes les informations qui m’ont été confiées pour tenter une approche la plus correcte possible. Et vous livrer les clés des modifications apportées sur le nouveau Nikon D810a afin que vous puissiez faire la différence avec le D810 classique.
Qu’est-ce que l’astrophotographie ?

Les 4 domaines principaux de l’astrophotographie
L’astrophotographie est une pratique photographique qui s’intéresse à 4 domaines principaux :
- le soleil
- les ciels profonds, galaxies et nébuleuses,
- les grands champs et paysages nocturnes,
- la lune et les planètes.
Autrement dit des photos faites bien souvent avec un boîtier monté sur un télescope équipé d’une monture équatoriale. Ou encore des photos faites sur trépied, en pose très longue – plusieurs minutes – avec recomposition dans un logiciel dédié sur la base de plusieurs dizaines de clichés (par exemple 600 secondes x 8 images).
Quels impacts sur le boîtier ?
Filtre IR
Les boîtiers actuels – Canon EOS 60Da mis à part mais plus commercialisé – sont équipés d’un filtre IR (InfraRouge) qui filtre les longueurs d’ondes caractérisant les nébuleuses et constellations, et tendent à diminuer la dominante rouge sur les photos. Or les astrophotographes sont particulièrement intéressés par les longueurs d’ondes coupées par ce filtre, et les dominantes rouges.
Certains utilisateurs en sont d’ailleurs arrivés à modifier par eux-mêmes leur boîtier pour retirer ce filtre et obtenir des clichés plus qualitatifs. Ces modifications rendent les boîtiers inutilisables en-dehors de l’astrophotographie et annulent toute prise en charge éventuelle par le SAV de la marque.
Nikon répond aux attentes des astrophotographes avec le Nikon D810a, un boîtier équipé de façon standard d’un filtre IR modifié de façon à laisser 4 fois plus les longueurs d’ondes H Alpha par exemple. Notons toutefois que le filtre IR n’est pas totalement retiré car cela aurait pour conséquence de concevoir un tout autre boîtier, l’épaisseur du sandwich capteur+filtre définissant de nombreux paramètres de la chambre reflex. Et la modification s’avère suffisante si l’on en croit les experts en la matière.

Rendu colorimétrique
Les contraintes de l’astrophotographie ont amené Nikon à recaler le rendu colorimétrique du D810a de façon à ce que les dominantes rouges ressortent plus facilement. De même la balance des blancs est modifié pour tenir compte des contraintes de ce type de photos.
Obturateur électronique
Les progrès faits par le D810 sur les D800 et D800E en matière d’obturation, et l’obturateur électronique en particulier, permettent à Nikon d’avoir une base solide pour l’astrophotographie. Les vibrations dues à l’obturation sont quasiment inexistantes et le résultat est très nettement visible sur les photos test que j’ai pu observer.
Mode M* : poses longues en vue
Le Nikon D810a est doté d’un nouveau mode M (Manuel) qui permet au photographe de faire des poses longues avec plus de précision. La plage de temps de pose va de 4 secondes à 900 secondes en 14 pas différents. Cette modification de firmware pourrait d’ailleurs être intégrée aux autres boîtiers mais Nikon ne confirme pas cette information.
Ecran LCD en mode jour/nuit et capacité batterie
La seconde modification de comportement consiste à autoriser deux modes différents d’éclairage de l’écran arrière, un mode jour et un mode nuit. Ce dernier permet de réduire considérablement la quantité de lumière émise par l’écran pour ne pas perturber la prise de vue. La consommation électrique s’en trouve réduite d’autant ce qui favorise la durée de vie de la batterie déjà sollicitée par la pose longue.
Avec l’accumulateur Nikon EN-EL15, le Nikon D810a peut prendre jusqu’à 3860 photos sans recharge. Avec la poignée MB-D12, l’autonomie grimpe à 10.660 images par charge.
Enregistrement JPG illimité en pose longue
A partir de 4 secondes de temps de pose, le Nikon D810a est capable d’enregistrer des photos en JPG sans limite du nombre de photos (100 photos sur le D810). Ce mode particulier permet au photographe de multiplier les prises de vue en time-lapse par exemple, ou chaque fois qu’une recomposition est nécessaire sur la base d’un très grand nombre d’images initiales. Un ‘Star Trail’ peut par exemple nécessiter entre 600 et 1000 photos pour produire la compilation finale.
La limite devient alors celle de la carte mémoire (taille) et de la batterie (réserve d’énergie).
Réduction du bruit numérique
Le Nikon D810a dispose d’un système de réduction du bruit numérique particulier, sa plage de sensibilité est légèrement modifiée en conséquence – 200 à 12.800 ISO – en raison de la modification du filtre IR. La sensibilité maximale peut être étendue jusqu’à 51.200 ISO.
Preview LiveView
Ce mode de prévisualisation en LiveView permet de montrer un résultat virtuel à l’écran quand le temps de pose dépasse 30 secondes, ce qui est courant en astrophotographie.

Tarif et disponibilité
Le Nikon D810a sera commercialisé au tarif public de 3699 euros et disponible dès le 28 Mai 2015.
Il s’agit bien évidemment d’un boîtier à l’usage atypique, concernant une petite population de photographes spécialisés. Toutefois le D810a peut être utilisé de façon quasi-normale au quotidien, il suffira de tenir compte de la correction de dominante rouge au développement.
Source : Nikon