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Comment dépasser la perfection technique en photographie pour créer des images impactantes

Tout a commencé par deux messages partagés sur Telegram et qui ont lancé le débat sur la perfection technique en photographie. Le premier concernait un exercice de photo de rue en noir et blanc, inspiré par Moriyama. Le second, une réflexion sur une photo de Steve McCurry avec un horizon penché.

Ces deux sujets ont ouvert la voie à des discussions riches et, surtout, révélatrices des attentes des photographes sur la perfection technique en photographie.

Note : Cet article est tiré de ma lettre photo quotidienne. Abonnez-vous gratuitement pour recevoir chaque jour des conseils exclusifs et approfondir vos compétences en photographie.

Comment dépasser la perfection technique en photographie pour créer des images impactantes

Sortir de sa zone de confort

L’exercice auquel je me suis prêté, en noir et blanc, et dont j’ai partagé le résultat, a suscité de nombreuses questions. La principale était « Pourquoi faire un choix aussi radical ? ».

Pour moi, il s’agissait de me forcer à voir différemment, à sortir de ma zone de confort. Vous aimez vous raccrocher à ce que vous maîtrisez. C’est rassurant, mais ça ne vous permet pas de progresser. Ce pas de côté, cet effort pour voir autrement, c’est la clé pour évoluer. J’ai passé des années à garder les mêmes habitudes à mes débuts avant de comprendre qu’il fallait aller au-delà de la perfection technique pour progresser en photo.

L’obsession de la perfection technique

En photographie, la perfection technique est une notion qui revient souvent dans les discussions entre photographes. Beaucoup rêvent de cette quête de l’image parfaite, des réglages parfaits… Ils s’y attachent facilement, alors que ce n’est pas ce qui fait la force d’une photo.

Une photo réussie, c’est avant tout une photo qui provoque une émotion. Si vous êtes touché par une photo, elle a atteint son but, peu importe qu’elle soit techniquement parfaite ou non. Lorsque j’ai montré la photo de Steve McCurry avec son horizon qui penche, vous vous doutez des réactions. Pourtant, un horizon droit ne rendrait pas cette photo meilleure. Ce n’est pas la technique qui fait sa force, mais ce qu’elle transmet.

Sri Lankan Fishermen by Steve McCurry, 1995, via Magnum Photos

Sri Lankan Fishermen by Steve McCurry, 1995, via Magnum Photos

L’importance de lâcher prise

J’ai moi aussi longtemps cherché cette perfection technique en photographie. À mes débuts, je pensais que chaque photo devait respecter des règles strictes pour être réussie. Mais avec le temps, j’ai compris qu’il fallait savoir lâcher prise.

Libérer votre regard, ne plus être prisonnier des règles techniques, c’est un processus. McCurry a atteint ce niveau de liberté après des décennies de pratique. Quant à moi, j’y arrive petit à petit. Cette prise de recul avec la technique vous permet de vous concentrer sur l’essence de la photo : l’émotion, le message.

Se détacher des canons esthétiques

Mes photos prises lors de mon exercice, avec leur noir et blanc contrasté et leurs cadrages insolites, sont loin d’être parfaites selon les critères esthétiques habituels. Mais peu m’importe. Dans notre échange sur Telegram (on y est bien !), lorsque on me demandait pourquoi ces choix, je répondais simplement : parce que cela me parle.

C’est ça l’essentiel. Une photo réussie est avant tout une photo qui touche son auteur, même si elle ne correspond à aucun standard habituel. En vous détachant des règles esthétiques, vous trouverez votre propre voie en tant que photographe.

L’émotion avant la technique

Au final, ce que cette discussion sur Telegram a révélé, c’est que pour vraiment s’épanouir en photographie, il faut savoir dépasser la recherche de la perfection technique, avoir le courage de faire des choix audacieux, s’affranchir de règles trop rigides. Vous devez accepter que certaines photos dérangent ou déconcertent. C’est ainsi que vous progresserez. Mais attention, cela ne veut pas dire pour autant que tout vous est permis, prenez le temps d’étudier la photographie pour cerner les limites de votre art.

Street photo à Vitry sur Seine avec Jean-Christophe Dichant - non à la perfection technique

photos (C) JC Dichant

La puissance de l’émotion vaut plus que la perfection technique

La prochaine fois que vous regarderez une photo, demandez-vous ce qu’elle vous fait ressentir avant de vous concentrer sur sa perfection technique. Car c’est là que réside le véritable pouvoir d’une image : dans l’émotion qu’elle suscite. La technique n’est qu’un outil, l’essentiel est ailleurs, au grand dam des fanas du pixel observé à la loupe et de la sempiternelle règle des tiers.

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Photographier sans autorisation … et pourtant je l’ai fait

Samedi 18h, fin de séance. Les danseurs sont déjà en train de se changer. Les musiciens papotent entre eux.

J’échange avec la responsable des spectacles, nous parlons des deux représentations de West Side Story qui viennent de se dérouler sur ce plateau que je fréquente si souvent.

Elle se tourne vers moi et me dit « on pourrait faire une expo de tes photos au printemps, tu en penses quoi ? ». J’en pense quoi ?

J’en pense que pour quelqu’un qui a osé photographier sans autorisation, je suis partant à 3000 % !

Photographier sans autorisation La Lettre Photo de Jean-Christophe Dichant Nikon Passion

PHOTOGRAPHIER SANS AUTORISATION, POURQUOI JE L’AI FAIT …

J’ai commencé à faire des photos de danse sur ce plateau il y a plus de deux ans.

Au début je n’avais pas demandé d’autorisation pour le faire.

Je me faisais discret.

Matériel silencieux (un hybride).

Habits sombres.

Dans les jours qui suivaient je montrais quelques photos sur mon site et ma page Facebook.

Triées sur le volet pour des raisons de droit à l’image des danseurs, que je n’avais pas.

Si cela vous intéresse, ces courts reportages sont là.

POURQUOI J’AI REÇU CETTE PROPOSITION ?

Les mois passaient, les représentations aussi.

Rien de plus.

 

Un jour, j’ai entendu quelqu’un me dire « elles sont sympas vos photos ».

Tiens, quelqu’un les a vues.

Un autre jour, aussi.

Puis un autre.

Et encore un autre.

 

Je me suis fait moins discret lors des représentations suivantes.

Matériel photo bien visible avant que le spectacle ne commence.

Pour que les gens comprennent pourquoi je me place devant.

Quelques échanges avec des danseurs, des spectateurs.

Toujours expliquer. Communiquer.

 

Petit à petit j’ai occupé le premier rang face au plateau.

Une position de choix.

Puis j’ai couvert les générales (juste avant la Première).

J’ai investi un autre plateau.

Je continuais à montrer mes photos. Sans incitation au Like ou au partage.

Juste « pour montrer ».

Je les postais sur mon site aussi, avec un court texte de présentation contextuelle.

ET DONC ?

Depuis que je procède ainsi, j’ai :

  • reçu une demande de publication de la part du service Communication de la Ville
  • reçu une demande de pige de la part du même service
  • eu une proposition d’exposition
  • obtenu le statut de photographe « officieux » de chaque représentation.

Officieux car je ne suis pas employé par la Ville pour faire ces photos. Ce n’est pas mon but.

CE QUE JE VEUX VOUS DIRE

Je ne prétends pas que photographier sans autorisation est quelque chose que vous devez faire partout n’importe comment.

Ce n’est pas le cas. Lisez ce sujet sur le droit à l’image pour en savoir plus.

Ce que je cherche à vous dire, c’est que faire des photos est une chose.

Les montrer c’est mieux.

Non pas pour recevoir les éloges de ceux qui les voient.

Mais pour valoriser votre travail.

Vous allez peut-être me dire que pour vous la photo est une simple passion, que vous ne cherchez rien d’autre que la satisfaction personnelle de faire des photos qui vous plaisent. Que vous ne voulez pas devenir pro.

Vous avez bien raison.

Mais avez-vous pensé à votre démarche personnelle ?

Qu’est-ce qui vous pousse à faire des photos ?

Qu’est-ce qui vous ferait progresser ?

Avancer ?

 

En montrant vos photos, vous vous exposez.

Vous prenez un risque.

Ce n’est pas évident de montrer aux autres ce que l’on fait.

Car parfois ce n’est pas parfait.

Parfois c’est même raté.

Mais c’est ce qui vous fait avancer.

 

Je ne cherche pas la gloire en pensant à cette exposition.

Je ne cherche pas à gagner ma vie avec.

Mais exposer c’est « finir le boulot ».

C’est la justification de ma pratique de photographe.

C’est une satisfaction personnelle.

C’est déjà beaucoup d’être satisfait de ce que l’on fait.

Je vais continuer à montrer mes photos.

Si cela vous intéresse, je vous donne des pistes pour mettre en place une démarche comme la mienne.

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Pourquoi la photographie est un état d’esprit

8h du matin, je visionne une vidéo sur la photographie comme je le fais bien souvent. C’est un état d’esprit.

Les gens défilent devant la caméra, donnent un avis sur une planche de photos et parlent de leur pratique.

Parmi eux une dame.

Photographe ? Peut-être. L’histoire ne le dit pas.

Elle a cette phrase subitement :

« Si c’est pour faire des photos de vacances, ça ne sert à rien. »

La Lettre photographie de Jean-Christophe Dichant - La photographie est un état d’esprit

Pourquoi cette phrase me fait réagir ?

Cette phrase m’a interpellé.

Il y aurait donc les photographes qui font de la photographie. Et d’autres qui font des photos de vacances.

Donc « pas de la photographie ».

Je trouve cette vision très réductrice.

Les bons et les mauvais

Il y a toujours, dans tous les domaines, « ceux qui savent » et « les autres ».

Faut-il pour autant catégoriser, cloisonner, séparer ?

Je suis « les autres »

Je fais des photos quand je suis en vacances.

Je fais des photos quand je ne suis pas en vacances.

Je ne serais donc photographe que dans un seul cas ?

La photographie est un état d’esprit

Je ne pense pas qu’il faille ainsi catégoriser les uns et les autres.

Pour moi, pratiquer la photo est un état d’esprit.

C’est avoir toujours un appareil photo à portée de la main.

C’est penser photo tout au long de ma journée.

C’est imaginer une photo face à une scène qui m’attire.

C’est créer une photo si la scène s’y prête.

C’est chercher une idée quand elle ne me saute pas aux yeux.

C’est avoir toujours cela en tête tout en étant pleinement conscient de ce que je suis en train de vivre.

Je ne sors jamais sans un appareil photo

Je suis souvent en vacances, avec mes proches, avec des amis.

Si vraiment je ne peux pas avoir un appareil photo avec moi, alors j’ai mon smartphone.

Je fais des photos.

Des portraits.

Des paysages.

Des photos de rue (voir ma série à New-York)

Ce sont des photos de vacances.

Ce sont « des photos ».

Pourquoi la photographie est un état d’esprit

Parce que prétendre ainsi qu’il y a « les photographes » et « les autres » n’est pas ma conception de la photographie.

Parce que cloisonner « ceux qui font » et « les autres » est une erreur.

Je respecte l’avis de cette dame, mais je ne le partage pas.

Ce que je préférerais entendre c’est « Quel que soit le moment, quelle que soit la raison, faites des photos. »

Entraînez-vous.

Osez.

Documentez.

Précisez votre démarche.

Développez votre regard de photographe.

Construisez.

Amusez-vous.

Lors de mes prochains congés, je ferai des photos de vacances.

Je vous souhaite d’en faire aussi.

Si pour vous la photographie est un état d’esprit, je vous invite à lire « faire des photos de vacances« .

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Pourquoi votre regard de photographe est unique

Elle : Quand vous êtes dans une situation donnée, dans un pays, lors d’un voyage, vous privilégiez quoi ?
La photo de paysage, le portrait, la photo de rue ?

Lui (en anglais) : Dans ma tête je suis photographe, avant tout. Je comprends que ces catégories existent parce que parfois il faut classer les genres, mais quand je fais des photos, les catégories n’existent pas.

Elle, c’est une lectrice, sur le stand Nikon Passion lors du Salon de la Photo 2018.

Lui, c’est Michael Freeman, le photographe dont je vous parle souvent et que j’interviewais ce jour-là.

La Lettre photographie de Jean-Christophe Dichant - Développez votre regard de photographe

Pourquoi je cite cette anecdote

J’ai deux raisons.

La première raison, c’est que je suis fan de Michael Freeman.

Avoir la possibilité de l’interviewer, pendant une heure, était un des grands moments de ma vie de photographe.

J’en ai même joué au gamin en réclamant une signature sur son dernier livre.

Pouvoir échanger avec un photographe qui a un tel parcours est un plaisir incroyable.

La seconde raison, c’est ce que Freeman vous dit quand il dit cela.

Faire des photos qui vous plaisent c’est ne pas vous donner de limites.

L’important n’est pas de dire « je fais du paysage/portrait/macro/… et là où je suis il n’y en a pas. »

L’important c’est votre regard sur le monde qui vous entoure.

Quel qu’il soit.

Votre regard de photographe est unique.

Votre regard n’est pas celui des autres.

Votre regard se nourrit de votre parcours personnel, de vos expériences passées, de votre sensibilité.

L’important n’est pas de savoir si vous avez le bon appareil photo, le bon objectif ou le bon logiciel.

L’important c’est de porter l’œil au viseur. C’est ce que vous voyez et comment vous le voyez.

Je vous avoue que depuis cette rencontre, ma pratique photo a changé.

Je me replonge dans les livres de Freeman qui m’ont déjà tant apporté.

Avec, en tête, tout ce que nous nous sommes dit pendant l’interview.

Parlez photographie

Parler photographie avec un tel photographe ça change mon approche.

Cela m’aide à me construire, à développer ma démarche.

A avoir l’esprit ouvert, à être à l’écoute, à ne pas rester bloqué sur mes idées.

Si cela vous intéresse, voici ma présentation du livre que Michael Freeman m’a signé :

L’esprit du photographe

Ne passez pas à côté de textes comme celui-ci, c’est ce qui vous fera avancer.

Il y a bien d’autres livres de photographes à étudier, mais pour les étudier il faut comprendre le contexte qui les a poussés à être photographes.

Les guides pratiques ne vous aident pas.

Ne négligez pas la maîtrise de votre appareil photo, mais n’y passez pas trop de temps.

Observez, réfléchissez, créez.

Développez votre regard de photographe.

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