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Troisième édition des Photographies de l’année 2011 avec l’APPPF

La troisième édition des Photographies de l’Année se tiendra le 26 mars prochain à l’espace Kiron à Paris. Proposé par la dynamique équipe de l’APPPF, ce concours trouve cette année son rythme de croisière et est en passe de devenir un événement incontournable pour les photographes professionnels.

troisième édition des photographies de l'année APPPF

Cet événement « récompense le savoir-faire, la créativité, l’originalité et la sensibilité d’auteurs photographes. » Il est ouvert à tous les photographes professionnels, quel que soit leur statut. Le jury est également composé de professionnels de la photo et les 16 catégories récompensées sont les suivantes :

  • la Photographie animalière
  • la Photographie d’architecture
  • la Photographie création numérique
  • la Photographie culinaire
  • la Photographie «étudiante»
  • la Photographie humaniste
  • la Photographie jeune talent
  • la Photographie de mariage
  • la Photographie mode et beauté
  • la Photographie nature et environnement
  • la Photographie de nature morte
  • la Photographie de paysage
  • le Portrait
  • la Photographie de reportage
  • la Photographie de spectacle
  • la Photographie de sport

La Photographie de l’année sera choisie parmi les seize photographies déjà primées.

Exceptionnellement cette année, un trophée d’honneur sera remis lors de la soirée à Jürgen Schadeberg pour l’ensemble de sa carrière. Jürgen Schadeberg fête cette année ses soixante-cinq ans de photographie !

La cérémonie de remise des trophées se déroulera le samedi 26 mars à l’espace Kiron à partir de 14h, mais tout le week-end sera consacré à la photographie.

Pour en savoir plus sur « Les Photographies de l’année », consulter le site internet http://www.photographiesdelannee.com


Cent jours avec le Nikon D3s par Hervé le Gall – 2ème partie

Hervé Le Gall, photographe de concert passionnant et passionné, nous livre son analyse des 100 premiers jours passés avec son nouveau Nikon D3S. Dans une première partie de cette analyse, Hervé nous expliquait pourquoi il avait fait le choix de changer de marque de matériel photo et de se convertir au D3S. Voici la seconde partie de cet article qui nous permet de découvrir la part d’ombre propre au Nikon D3S, ce qui fait que pour le photographe ce boîtier, et le système optique associé, peuvent encore être améliorés.

par Hervé Le Gall pour Nikon Passion

Le Nikon D3S et les optiques Nikon

C’est du côté des optiques que mes craintes étaient les plus élevées. Je savais que le D3s surclassait ses concurrents sur bien des points. La gestion des hauts iso introduite par Canon sur son 1D Mark IV frôlait le pathétique, par exemple, quand on la comparait avec des images produites par un D3S. En revanche, côté optiques, Canon propose une gamme d’exception (L), tant en qualité qu’en complétude et pour des prix souvent inférieurs, même si la tendance actuelle va plutôt vers une certaine égalité tarifaire.

Chez Nikon, j’ai opté pour le 70-200mm f/2,8 VRII et pour le 24-120mm f/4 que j’avais testé sur un D700 et qui m’avait fortement impressionné. Je dois à la vérité de dire que sur le terrain, j’utilise surtout le 70-200. Monté sur le D3S, c’est un caillou merveilleusement polyvalent, même sur des salles de tailles restreintes. Mais rappelons que le D3s est un boîtier full frame (une autre de ses grandes qualités) et que dans ce cas 70mm est un vrai 70mm, pas un 90 et encore moins un 112mm, si vous voyez ce que je veux dire. Bref, le 70-200 de Nikon est une optique claire, lumineuse, merveilleusement réactive, polyvalente, et malgré toutes ces qualités peut-être un léger poil en dessous du mythique équivalent 70-200 de Canon (nostalgie quand tu nous tiens…).

Ari Hoenig Vauban 2011 par Hervé le Gall

Du côté du 24-120, malgré une ouverture à f/4, Nikon a fait très fort en réalisant un traitement nano cristal sur chaque lentille, ce qui procure un sentiment de luminosité assez incroyable. En fait, à travers le viseur du D3s j’ai toujours le sentiment d’avoir une optique à f/2,8. Et puis j’aime bien la plage de focale très étendue, de 24 à 120mm ce petit caillou permet de faire beaucoup de choses. Ce qui me manque, finalement, c’est un bon petit 50mm bien lumineux, à f/1,4. Ce sera chose faite sous peu, un bon de commande devrait partir la semaine prochaine.

Nikon D3S. Sa part d’ombre.

Alors ? Heureux ? Comme disait ma grand-mère, la perfection n’existe pas en ce bas monde ! Elle avait raison et le Nikon D3S n’échappe pas à la règle. Mais même si sa part d’ombre est vraiment réduite à la portion congrue, elle existe et rien de mieux que le terrain pour les débusquer.

Bon, d’abord, ce boîtier pèse trois tonnes. Dans le temps, on disait que les photoreporters pouvaient planter les piquets de leur tente avec leur boîtier reflex, quand on voit un D3s c’est l’impression qu’il donne. Le reflex solide, incassable, capable d’affronter les cauchemars climatiques les plus extrêmes. Bien pensé, bien construit, il est cependant lourd. Mon D3s et son 70-200 accusent à la pesée 3150 grammes. Oui, je vous entends déjà me dire que c’est comme ça, que c’est le prix à payer pour embarquer un matos de ce calibre et qu’ailleurs c’est pas mieux. Sur ce dernier point, pour avoir promené un EOS 1D Mark IV et son 70-200 tout un été, je ne peux que confirmer. Bon, en même temps, j’aime bien sentir que mon boîtier ne va pas m’échapper, avec le D3s de ce côté là, je suis gâté, on le sent bien.

Charles Gayle au Vauban 2011 par Hervé Le Gall

Tiens et pendant que j’y pense, l’autonomie de la batterie est simplement sidérante. Je passe aussi sur les petits détails énervants qui ne sont évidemment pas du fait de Nikon, comme le positionnement des boutons, en particulier ce satané bouton loupe ! En revanche le réglage diaph vitesse avec deux boutons en vis à vis, c’est, comment dire ? Tellement naturellement ergonomique qu’on se demande comment Canon a pu passer à côté de ça.

En revanche, Nikon aurait pu s’inspirer de Canon pour faire une molette de navigation arrière (utilisée pour sélectionner le collimateur actif) un poil plus grande. Il n’est pas vraiment aisé de l’utiliser pendant un shooting. Concernant les collimateurs, certains utilisateurs leur reprochent un espacement trop réduit et souhaiteraient les voir couvrir plus d’espace sur le viseur. Avec la pratique c’est un reproche auquel je n’adhère pas. En concert, où par définition tout va très vite, la sélection manuelle du collimateur peut se révéler être un exercice assez sportif.

En revanche un point m’a vraiment interpellé, c’est la profondeur de champ à pleine ouverture nettement plus réduite du D3s que sur le boîtier de Canon, EOS 1D Mark IV. Pour avoir utilisé les deux boîtiers avec des optiques identiques (70-200 f/2,8) sur des spots de prise de vue identiques, j’ai remarqué que j’avais une profondeur de champ plus réduite avec le D3s qu’avec le EOS 1D Mark IV. En clair, avec le D3s, une mise au point sur le front et le nez est flou. Avec le 1D Mark IV, j’avais plus de latitude. Cette différence est due à la taille du capteur. Plein format pour le Nikon D3s, le capteur APS-H du Canon EOS 1D réduit la surface d’un tiers et augmente par voie de conséquence la profondeur de champ de manière sensible.

C’est un des travers majeurs du D3s, son extrême sensibilité à pleine ouverture et en concert ce défaut peut s’avérer très gênant. En mode spot, si la mise au point est faite à un endroit précis, que je recadre et que le sujet bouge peu ou prou, la photo est floue sur la zone initialement mise au point. D’où l’intérêt de choisir son collimateur et d’affiner ses réglages d’autofocus. Sur ce point, le D3s propose un paramétrage de boîtier poussé jusqu’au moindre détail, pour que chaque utilisateur fasse du D3s « son » boîtier.

Chicago Blues Festival Vasti Jackson au Vauban 2011 par Hervé Le Gall

En conclusion

Ces jours passés je recevais à Brest, chez moi, mes filles. L’une d’entre elles me fit remarquer avant de me quitter qu’on n’avait pas du tout parlé photo et encore moins technique, galères, soucis, ajoutant que je semblais apaisé. C’est vrai. D’ailleurs je crois que c’est Steve Jobs qui disait que la technique est là pour se faire oublier, privilégiant les compétences de l’utilisateur.

Je reçois régulièrement des demandes sur mon blog, Shots.fr, d’utilisateurs amateurs ou passionnés qui se demandent quel boîtier ou quelle marque choisir, comment mettre en adéquation leur besoin ou leurs envies. Finalement, le bon appareil photo, c’est celui qui se fait oublier, avec lequel vous n’avez pas (trop) de galères pour réaliser l’image qui vous fait envie. Le jour où vous réalisez que vous vous ruinez la santé à cause de votre matériel, il est temps d’en changer. Parce que, au risque de me répéter, la photographie c’est d’abord et avant tout du plaisir. Le plaisir de construire une image, en la cadrant soigneusement, d’essayer de capturer un instant aussi décisif que possible. Alors son boîtier photo et son optique deviennent le prolongement de notre œil, le traducteur de nos émotions.

On est bien ensemble, même si parfois on se dit qu’il pèse trois tonnes… Mon œil se colle au viseur, mes doigts sélectionnent le diaph, la vitesse, le collimateur. Je peux déclencher en mode Q ou balancer une rafale, je sais que l’AF me suit, j’ai confiance en lui et ça, ça vaut tout l’or du monde, la confiance dans son matos, croyez-moi !

« Alors ? Tu l’as depuis combien de temps ton Nikon D3s ? » Depuis cent jou… Depuis toujours.

J’ai toujours eu un Nikon D3s.

 

Cinquième Nui - Photos de concerts par Hervé le Gall

Retrouvez Hervé le Gall sur le site Cinquième Nuit – ses photos de concerts – et sur le blog Shots.fr, son espace d’expression personnel. Si vous avez manqué la première partie de cet article, c’est ici !

Illustrations Copyright Hervé le Gall – Tous droits réservés

 


Stop-Motion : Switch bowling par Julien Gérard

Le stop-motion est une technique d’animation qui permet de créer un mouvement à partir d’images ou d’objets immobiles.

Stop Motion description présentation

Devenue courant avec la démocratisation des reflex numériques qui permettent d’enregistrer des milliers d’images au moindre coût, le stop-motion donne lieu à de nombreuses animations diffusées sur les sites de photographes. Voici l’exemple de Julien Gérard qui nous propose un stop-motion sur l’installation du bowling de Phalsbourg.

Réalisé avec un Nikon D200, ce montage réunit pas moins de 8000 photos prises pendant un mois à 5mns d’intervalle. Il a fallu tenir compte des horaires de travail de l’équipe en charge du chantier, des contraintes relatives à l’environnement (poussière, vibrations). Le matériel était fortement exposé mais a tenu bon ! Autre problématique, la durée de vie de la batterie qui impose un remplacement régulier à planifier, et la capacité de la carte mémoire qu’il faut remplacer afin qu’une fois pleine elle ne bloque pas la prise de vue automatisée.

Tout cela nous donne au final, et après montage, un résultat plutôt agréable à regarder. Et l’on se prend à découvrir le chantier, au demeurant très banal, sous un autre œil, dynamique.

[vimeo width= »550″ height= »412″]http://vimeo.com/8424412[/vimeo]

Réalisation Julien Gérard, photographe

 


Derrière l’objectif de Reza, photos et propos

«Derrière l ‘objectif de Reza, photos et propos » est un ouvrage paru aux éditions Hoëbeke dans la collection Derrière l’objectif de …. L’intérêt de cette collection est de vous faire découvrir le travail d’un photographe commenté par l’auteur. Le livre de Reza présente 150 des photos les plus emblématiques du parcours du photographe iranien, toutes commentées par l’auteur.

Derrière l'objectif de Reza, photos et propos

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Derrière l’objectif de Reza : présentation

Tout comme dans un plus récent ouvrage collectif (l’oeil de Reza, 10 leçons de photographie) le but du livre est double : présenter des photos avec leurs commentaires et donner le contexte de la prise de vue. Reza explique ainsi quelle était son intention pour chacune des images, pourquoi il a fait ce choix technique ou ce cadrage.

Ouvrage didactique autant qu’ouvrage d’art, ce livre s’adresse à quiconque est intéressé par le reportage photographique et a envie d’en savoir plus sur la démarche de l’auteur.

Le livre est organisé en plusieurs thèmes qui reprennent chacun une problématique particulière propre au reportage photographique tel que le vit Reza (voir le site du photographe).

Reza, photoreporter correspondant de guerre

Cette première partie illustre le travail de reportage lors des conflits internationaux couverts par le photographe.

Vous y découvrirez des photos parfois difficiles à regarder, illustrant toutes ce que l’Homme est capable de faire pendant un conflit. Pour autant loin des clichés habituels de violence, les images de Reza démontrent toutes un regard personnel de l’auteur, des cadrages et compositions forts.

Reza, correspondant de paix

Cette deuxième partie met en avant un travail très personnel de Reza, un témoignage plus en profondeur comme le décrit lui-même l’auteur.

Plus que le ‘pendant’, c’est ‘l’après’ conflit qui est traité et ses conséquences.

Rencontres

Dans ce troisième chapitre, vous découvrirez le rapport entre le photographe et les gens qu’il rencontre sur le terrain.

Quelle que soit leur nature, les portraits de Reza sont le fruit d’une vraie relation entre le photographe et son sujet. Point de clichés volés ici, mais de la confiance et de la complicité. Comme celle qui a uni pendant près de 17 ans le commandant Massoud en Afghanistan et le photographe.

Vous retiendrez également cette image de Yasser Arafat retranché dans son bunker en 1983, une photo devenue un emblème du conflit palestinien.

Spiritualité

Reza, mieux que quiconque, est le seul à pouvoir définir cette série d’images.

« Mon travail photographique oscille toujours entre le récit intime de la ferveur pacifique propre à tout croyant et l’extrémisme religieux au nom duquel les pires folies sont permises ».

Ces images sont douces, le photographe fait la part belle à la lumière et au mouvement. Une autre facette du reportage photographique qui fait du bien à voir.

Constructions

Ce chapitre est important pour le développement de votre démarche créative. Reza vous y explique comment l’approche esthétique influe sur la photo de reportage.

Il vous donne les clés pour comprendre les images présentées simultanément. Reza est adepte tant des lignes graphiques propres à la culture occidentale que des spirales qui s’entremêlent, fruit du regard oriental.

Vous découvrirez ici comment jouer sur la composition et le cadrage pour produire des images différentes, fortes, qui illustrent votre approche personnelle.

L’instant

Reza aborde là un des sujets principaux du reportage photographique, l’instant.

L’instant décisif comme le définissait Cartier-Bresson, qui fait qu’une photo est exceptionnelle ou ne l’est pas. Le troisième œil, comme le décrit Reza, est le fruit d’une longue pratique sur le terrain. L’auteur nous montre comment exercer son œil pour y parvenir.

Le rouge et l’ombre

Le dernier chapitre du livre introduit la notion de couleur, et Reza vous explique comment et pourquoi la couleur a pris une place prépondérante dans son approche esthétique.

Les reporters photographes travaillaient souvent en noir et blanc et rares sont ceux qui ont su développer un regard de coloriste. Reza y est parvenu, ses images commentées par l’auteur vous montrent comment.

Mon avis sur « Derrière l’objectif de Reza »

Ces 150 photos de reportage commentées par l’auteur vont au-delà d’un simple cours de photographie.

Reza vous présente sa démarche, vous découvrez au fur et à mesure des commentaires que le travail du reporter est basé sur une technique maîtrisée mais surtout sur une approche personnelle pleine de sensibilité.

Ce livre vous permet de vous mettre ‘derrière l’objectif’ comme l’a fait le photographe lors de la prise de vue. Il vous donne les clés de ce travail de reportage et illustre ce qu’est le parcours d’un reporter.

Pour autant ce livre n’est pas un cours de photographie, ne vous attendez pas à y trouver les réglages techniques relatifs à chacune des images présentées. L’ouvrage s’adresse au photographe qui cherche à comprendre la démarche d’un auteur reconnu pour mieux construire la sienne.

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Cent jours avec le Nikon D3s par Hervé le Gall – 1ère partie

Hervé le Gall est photographe. Photographe de concert, et pas qu’un peu. Il suffit de parcourir son site Cinquième Nuit pour voir à quel point le personnage est investi. Cet investissement personnel, Hervé le vit également avec son matériel photo, canoniste de naissance (ou presque) qu’il est. Pourtant Hervé le Gall vient de basculer de l’autre côté de la force, et il utilise désormais, après 35 ans de vie commune avec ses Canon, un Nikon D3s. Pourquoi une telle rupture ? Hervé se propose de nous l’expliquer et l’homme est tellement généreux qu’il ne faut pas moins de deux articles pour tout publier. Vous l’avez compris, la suite au prochain épisode !

par Hervé le Gall pour Nikon Passion

Cent jours avec le Nikon D3s – 1ère partie

« Alors ? Ça se passe bien avec Nikon ? Tu l’as depuis combien de temps ton D3s ? ». L’œil est un brin goguenard, mais après tout c’est de bonne guerre, surtout quand la question émane d’un utilisateur Nikon depuis des lustres.

J’ai un boîtier Nikon D3s en mains depuis cent jours et j’ai l’impression de l’utiliser depuis toujours. Depuis toujours ? Faut voir. Parce qu’en fait, venant de l’épicerie d’en face (comprendre Canon) chez qui j’étais équipé depuis 1975, je ne connaissais jusqu’à maintenant que bien peu de choses de la marque jaune. D’ailleurs, je redoutais le moment où j’allais changer de crèmerie, même si je savais que mon chemin avec Canon avait atteint son point limite zéro. Mais changer de marque, après tant d’années, ne présentait pas que des avantages. Je craignais en particulier des difficultés d’adaptation en matière d’ergonomie, de prise en main mais finalement, rien de tout ça. Les qualités ergonomiques de Nikon étaient passées par là.

Cent jours avec le Nikon D3s - Matthieu Chedid Les belles charrues

En décembre, alors que je testais le Nikon D3s sur un concert de Matthieu Chédid, j’avais, je dois l’avouer, été singulièrement bluffé par l’aisance et la facilité de prise de vue, même si ma main gauche avait encore quelques notables difficultés pour trouver du premier coup le bouton de loupe des images. À part quelques points de détail mineurs, j’ai vécu avec le D3s une période que je peux qualifier d’état de grâce. Un laps de temps suffisant pour me convaincre que j’avais misé sur le bon bourrin et qu’on allait faire un bout de chemin ensemble. Parce que, finalement, au delà des considérations matérielles, ce qui prévaut pour un photographe, c’est le résultat.

En ayant été équipé en rouge pendant si longtemps, en ayant moi-même revendiqué cette Canon touch si spécifique, ce velouté de couleurs et disons-le la qualité hors-normes des optiques Canon, j’appréhendais de visualiser mes premiers clichés. Il n’en fut rien. Si l’on met de côté l’aspect colorimétrique où les différences sont nettement palpables (entre Canon et Nikon, je persiste et signe, il y a de réelles et notables différences de couleurs) ce qui demeure, au bout du compte, Dieu merci ! C’est l’œil. Mon regard n’a pas changé parce qu’il passe à travers un viseur de D3s. En revanche, tout ce qui contribue au confort de la prise de vue et par voie de conséquence au plaisir de shooter, est à créditer au compte de Nikon, tant au niveau du boîtier qu’à celui des optiques que j’utilise.

Nikon D3s. Le plaisir retrouvé

J’en ai chié. Voilà, c’est dit. Je sais bien que ce n’est pas facile à entendre, encore moins à écrire, surtout après tant d’années passées à produire des images avec du matériel Canon.

Depuis l’épisode 5D Mark II, j’ai réalisé que certains travers de Canon ne me permettaient plus de travailler sereinement dans ma spécialité, la photographie de concerts. Pendant deux ans, je le confesse, j’ai plus été préoccupé par les atermoiements techniques d’un matériel que je ne comprenais plus, avec lequel je n’étais plus en phase. Je ne souhaite à personne de vivre ce que j’ai vécu. Réaliser, du jour au lendemain, qu’un matériel peut vous faire craquer, en niant les fondements même de la photographie. Ce sentiment d’être paumé, perdu, d’avoir tout oublié, confronté à des dysfonctionnements pathétiques. Et au delà de tout, la tristesse, le blues, le plus d’envie. J’ai plongé dans une déprime maladive me contraignant à ralentir mon rythme de travail.

Ce n’est pas tant le fonctionnement erratique de mon matériel que je ne pardonne pas à Canon que l’état de mélancolie que cela a engendré. Et puis au Salon de la Photo en 2009, j’ai assisté en petit comité à une présentation du Nikon D3s sur le stand de Nikon France. Le choc. Non, mieux, l’électrochoc. J’ai vu les photos de Vincent (Munier), cet ours shooté de nuit, un cliché d’une netteté incroyable. La gifle, en pleine gueule, vous savez, de ces claques qui vous scotchent, comme à chaque fois qu’on voit un excellent cliché. Là, l’émotion allait bien au delà. Il ne s’agissait pas pour moi d’admirer le cliché d’un photographe animalier de grand talent, mais bien de me demander comment Munier avait pu réussir pareil prodige, techniquement parlant. De là à transposer cette capacité dans ma spécialité il n’y avait qu’un pas, que je n’ai pas hésité à franchir allègrement.

Le fantasme d’aller chercher de l’image au bout de la nuit, là où il n’y avait quasiment pas de lumière, de produire une image propre (j’entends par là publiable) à un très haut niveau d’iso, ce fantasme-là, avec le D3s, il avait vécu. Nikon proposait maintenant d’en faire une réalité. Quand j’ai lancé, comme une boutade, l’idée de faire un test, d’amener, avec moi, un D3s sur mon terrain de jeux de la photo de concerts, le staff technique de Nikon France a répondu « Chiche ! » avec un gros soupçon de malice et d’enthousiasme dans les yeux. C’est comme ça que je me suis retrouvé avec un D3s entre les mains, en décembre 2009, chez moi au Cabaret Vauban de Brest, à faire des clichés de mes potes d’Eiffel.

Cent jours avec le Nikon D3s Ari Hoenig au cabaret Vauban par Hervé le Gall

Déjà à l’époque, il s’était passé un truc, comme un déclic, une aisance, un sentiment étrange de déjà vu, comme si finalement j’avais toujours utilisé du Nikon. Je n’avais pas été convaincu, à l’époque, sans doute parce qu’une voix intérieure me murmurait que quitter Canon allait me coûter très cher et pas seulement du point de vue pécuniaire. Moins d’un an plus tard, après avoir vécu un été de festivals avec le brillant EOS 1D Mark IV et le non moins classieux 70-200 2,8L IS serie II et son petit frère EOS 7D, j’ai eu l’occasion de tester coup sur coup un D700 avec l’excellent 24-120mm f/4 puis, à partir de fin novembre le D3s. C’est là, pendant tout le mois de décembre, que j’ai appréhendé les qualités de ce boîtier unique. Chaque jour qui passait, chaque session m’enthousiasmait un peu plus. Et puis un jour, pendant un déjeuner, ma femme me fit remarquer que je ne parlais plus du tout de technique, mais que je parlais à nouveau d’images. Cette remarque pleine de sagesse et de pertinence féminine acheva de me convaincre. Mes plaies et mes blessures, c’était désormais de l’histoire ancienne. J’étais guéri. J’allais pouvoir retrouver le plaisir et reprendre mon chemin. Enfin.

Tout ce dont j’avais rêvé, sans jamais oser le demander

J’aime les images nettes, d’ailleurs pour moi, une bonne photo est d’abord une photo nette. La tendance floue, je la respecte, mais c’est pas ma tasse de thé. Un flou qui évoque le mouvement, pourquoi pas ? Mais ce que j’aime par dessus tout, c’est de figer un moment, un mouvement, une attitude, l’immobiliser. Un batteur, une mimique, une rage, une expression. Un riff ou juste un accord, un instant musical suffisent à mon bonheur.

En général, je bosse sur des petites salles même s’il m’arrive aussi de shooter en festival ou sur des scènes disposant de gros plans de feux. Mais ma préférence marquée va aux petits espaces, là où les lumières se font plus rares mais où le contact est plus chaud. Je ne suis jamais aussi heureux qu’au milieu du public, même si parfois il m’est arrivé d’en ressortir un peu trempé (et je ne parle pas que de transpiration). Ah ! Les salles qui sentent la bière et l’animal (pour paraphraser Miossec), quel bonheur !

Donc si je résume, en gros : peu de lumière, des sujets qui bougent, des ambiances moites et un photographe qui aime les images nettes, voilà pour le cahier des charges.

D’abord, le Nikon D3s embarque un autofocus 51 points dont l’efficacité n’est plus à prouver, les modèles D3 et D3x en étaient déjà équipés. L’autofocus était pour moi l’un des défauts majeurs de Canon, son talon d’Achille révélé avec les incidents majeurs sur l’EOS 1D Mark III, alors inutile de vous dire que l’un des points que j’ai testé avec un maximum d’acuité sur le matériel Nikon a bien été celui-là. Et, dès mes premiers tests en décembre 2009, j’étais convaincu. Au chapitre de l’autofocus, entre Canon et Nikon, il n’y avait pas photo, si j’ose dire. L’efficacité de l’AF du D3s est au rendez-vous, une efficacité quasiment sans faille, quasiment car il peut arriver que dans certains cas de figure extrêmes, même le D3s n’arrive pas à faire le point. Cela dit, il faut reconnaître à Nikon que l’aspect remarquable de l’autofocus est une qualité familiale. J’ai eu en mains le D7000 (j’en possède un en boîtier backup), le D700 et même le petit D3100 et à chaque fois les fonctionnalités de l’AF sont excellentes.

Cent jours avec le Nikon D3s The Octopus Vieilles Charrues par Hervé le Gall

Et puis il y a le grand truc. La capacité du D3s à cracher une image propre à 12800 iso, voire au-delà selon les conditions de lumière. Je me souviens d’une réaction assez dédaigneuse d’un photographe affirmant à qui voulait l’entendre que « 12800 iso ça ne sert à rien ! » Bon, en même temps, à chaque avancée technologique il y a toujours eu un crétin pour affirmer que « ça ne marchera jamais ». Certes. Dans la réalité, je le confirme. Douze mille huit cent iso, c’est comme l’ABS sur ma voiture, ça ne sert à rien, sauf le jour où tu en as besoin. Et ce jour-là, ça te sauve la vie, en te permettant de taper des clichés propres là où les autres sont à la ramasse. Alors ? Sommes-nous tous égaux devant la photographie ? Non.

Ceci étant posé, le D3s n’échappe pas à la règle. Un cliché à 3200 iso est toujours meilleur qu’à 6400 ou plus. Je veux bien que 800 iso soit préférable à 1600, mais quand il n’y a pas de lumière, tu as beau clamer à qui veut l’entendre que tu préfères shooter à 800 iso, s’il n’y a pas de lumière il n’y a pas de photographie. Récemment un ami photographe me demandait si j’utilise souvent les hautes sensibilités de mon D3s, clairement la réponse est non. Comme tout le monde, j’adapte ma sensibilité au contexte et si je peux privilégier 800 ou 1600 iso, je n’ai pas l’ombre d’une hésitation. Mais il m’est arrivé récemment de pousser la sensibilité à 12800 iso pendant un concert alors que les lumières déclinaient singulièrement et comme le son y allait de concert, j’en ai profité pour utiliser le mode Q (comme quiet) pour tester l’efficacité du mode silencieux (aussi surnommé « mode Leica ») du D3s. Sur ce point précis, le D3s tient aussi toutes ses promesses, en permettant de photographier de manière très discrète, une fonctionnalité qui ne manquera pas d’interpeller les photographes de jazz ou de spectacles de danses, par exemple.

Découvrez la deuxième partie de l’article, « Le Nikon D3s, sa part d’ombre » …

 

Cinquième Nui - Photos de concerts par Hervé le Gall

Retrouvez Hervé le Gall sur le site Cinquième Nuit – ses photos de concerts – et sur le blog Shots.fr, son espace d’expression personnel.

Illustrations Copyright Hervé le Gall – Tous droits réservés


World Press Photo 2010 : Jodi Bieber est la lauréate de l’année

Le jury du World Press Photo 2010 a désigné Jodi Bieber comme la lauréate de l’année pour son portrait de Bibi Aisha. La photographe sud-africaine l’emporte donc et remporte également au passage le premier prix dans la catégorie Portraits. La photo a été publiée dans le Time Magazine en couverture du numéro du 9 Août.

World Press Photo 2010 Jodi Bieber

© Jodi Bieber, South Africa, Institute for Artist Management/Goodman Gallery for Time magazine

La photo montre Bibi Aisha, 18 ans, défigurée pour avoir fui la maison de son mari, dans la province d’Oruzgan en Afghanistan. Bibi Aisha a été donnée avec sa petite soeur alors qu’elle avait 12 ans à la famille d’un combattant taliban. Elle est devenue son épouse à la puberté, mais s’est enfui et est retournée plus tard chez ses parents en raison de mauvais traitements.

L’époux est venu la réclamer à sa famille pour qu’elle soit punie, elle a eu les deux oreilles coupées ainsi que le nez.

Jodi Bieber a déjà remporté 8 prix World Press Photo dans différentes catégories mais ce n’est que la deuxième fois qu’un photographe sud-africain remporte le prix principal de ce concours internationalement reconnu.

Source : World Press Photo


« Liberté, égalité, féminité » à la Galerie Polka du 4 mars au 24 mai

La galerie Polka enchaîne les expositions. C’est au tour de Marc Riboud, Donata Wenders et martha Camarillo d’occuper les cimaises de la cour de Venise avec Liberté, Egalité, Féminité.

exposition marc Riboud à la galerie Polka

Copyright Marc Riboud

Exposition personnelle de Marc Riboud

«Je ne me lasse pas de guetter la surprise, la note juste, cocasse ou émouvante. La beauté est partout» (Marc Riboud).

«Avec Marc et aidés par son épouse, Catherine Chaine, nous souhaitions montrer quelque chose de nouveau, nous voulions surprendre nos collectionneurs.» expliquent Adélie de Ipanema et Edouard Genestar, directeurs de la galerie. «Liberté et féminité, deux thèmes chers au photographe. Dans l’oeuvre de Marc Riboud, les femmes viennent des quatre coins du monde : elle sont africaines, japonaises, parisiennes, chinoises. A travers leurs visages, nous retraçons les soixante années de carrière du photographe. »

Certaines de ces photographies sont inédites, d’autres ont marqué l’histoire, à l’instar du cliché de la jeune militante américaine qui, en 1967, brandissait une fleur face aux baïonnettes des soldats américains, une image aujourd’hui emblématique, symbole d’une génération anti-guerre prônant la tolérance et la paix.

À travers un tour du monde des femmes en quinze portraits, photographies icônes ou inconnues,  découvrez la philosophie de cet esthète, l’un des maîtres de la photographie.

Deux femmes artistes exposent pour la première fois en France

Donata Wenders, épouse du réalisateur des « Ailes du Désir », grande complice du photographe Peter Lindbergh, présente Grâce et Sensualité. Une sélection de portraits de femmes dans les coulisses de tournages.

Avec Fletcher Street, Martha Camarillo a travaillé pendant une décennie dans un quartier populaire de Philadelphie où la jeunesse prend soin d’incroyables chevaux d’un haras laissé à l’abandon. Une étonnante série de portraits, une fable de la reconquête de la ville par ces cowboys d’un nouveau type.

Informations pratiques

Polka Galerie

Cour de Venise, 12 rue Saint-Gilles 75003 Paris
Mar-Sam 11h00-19h30. Entrée libre
Métro : Chemin Vert (8) / Saint-Paul (1)
www.polkagalerie.com +33 (0)1 71 20 54 97


Vernissage Circulation(s) – Festival de la jeune photo européenne – Samedi 19 février paris

Toute l’équipe de Fetart est heureuse de vous inviter au vernissage de la première édition de Circulation(s) festival de la jeune photographie européenne, le samedi 19 février 2011 de 15h à 19h à la galerie Côté Seine du parc de Bagatelle à Paris (16e).

Vernissage Circulation(s) - Festival de la jeune photo europeenne - Samedi 19 février paris

Ce festival a pour vocation de présenter un panorama de la nouvelle génération de photographes européens et de mettre en synergie des initiatives culturelles européennes autour de l’image. Il constitue l’aboutissement de cinq ans de travail et d’engagement auprès des jeunes photographes. Fetart présente ainsi 42 jeunes photographes européens au début de leur chemin d’auteur, dont la carte blanche de Laura Serani, marraine du festival. Des coups de cœur, de tous jeunes artistes, des inconnus que Fetart a souhaité soutenir à un moment souvent clé de leur parcours.

Au delà de l’exposition, vous pourrez découvrir les événements qui vont rythmer ce festival : projections, rencontres, lectures de portfolios, conférences et studio photo le jour du vernissage !

Informations pratiques

Exposition du 19 février au 20 mars

Entrée libre et gratuite
Visite interactive grâce à l’application mobile Pixee
Galerie Côté Seine, Parc de Bagatelle, Paris
Entrée coté galerie : Route de Sèvres à Neuilly
Du 19 février jusqu’au 1er mars : tous les jours, de 11h à 17h
A partir du 2 mars : tous les jours, de 11h à 18h30
Accès M° Pont-de-Neuilly & bus 43 ou Entrée coté parc : Allée de Longchamp, 75016 Paris
M° Porte Maillot & bus 244 (Bagatelle – Pré Catelan)
Des navettes gratuites seront à votre disposition le jour du vernissage tous les 15 minutes au départ de Porte Maillot devant l’arrêt de bus n°244.

Retrouvez toute la programmation et les infos sur : www.festival-circulations.com


Ali + Klein, séance de signatures avec William Klein

William Klein expose Ali + Klein dans le cadre de la Galerie Polka, à Paris.

William Klein à la galerie Polka pour Ali + Klein

William Klein, Muhammad Ali, contact peint, 2010

Cette exposition se termine ce week-end, et à cette occasion le photographe sera présent pour rencontrer les derniers visiteurs. Il assurera une séance de signature le samedi 19 février de 16h à 18h.

Voilà une occasion unique de rencontrer un des artistes majeurs de la photographie, et d’en profiter pour visiter l’exposition si vous ne l’avez encore fait.

L’exposition Ali + Klein

Nous laissons l’équipe de Polka présenter l’exposition : De 1964 à 1974, William Klein a réalisé un documentaire exceptionnel sur Muhammad Ali : « Ali the Greatest ». En septembre 2010, Klein a revisité son film et réalisé des « contacts peints » à partir de captures d’écran. Le résultat est fort. Klein a choisi de présenter ces oeuvres pour la première fois à la galerie Polka. Dans cette série originale, retrouvez l’oeil unique du photographe et l’intelligence insolente du sportif. Accompagné des tirages, grand format, noir et blanc, du match historique de Kinshasa, l’exposition « ALI+KLEIN Film peint » présente un travail inédit et complet de l’artiste W illiam Klein.

les ouvrages de William Klein

William Klein a publié de nombreux livres de photographie, parmi lesquels :

  • « Contacts peints » (Ed. Robert Delpire),
  • « Rétrospective » au Centre Pompidou
    (Ed. Marval),
  • le dernier « Carnet de la Création » (Editions de l’oeil),
  • « ROMA+KLEIN » (Editions du Chêne).

Vous pourrez les faire dédicacer par l’auteur par la même occasion et/ou vous les procurer sur place à la galerie.

Infos pratiques

Polka Galerie

  • Cour de Venise 12, rue Saint-Gilles 75003 Paris
  • Mar-Sam 11h00-19h30. Entrée libre
  • Métro : Chemin Vert (8) / Saint-Paul (1)
  • www.polkagalerie.com
  • +33 (0)1 71 20 54 97


12 photographes de Picto – 1950-2010 : voir avec le regard de l’autre

Nous vous avons présenté récemment le livre Picto 1950-2010 : voir avec le regard de l’autre édité par Picto et qui retrace l’épopée de 60 ans d’images tirées par le labo parisien.

Voici une sélection de 12 photos extraites du livre, pour le plaisir des yeux.

Retrouvez Picto 1950-2010 : voir avec le regard de l’autre dans son intégralité sur Amazon.


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