Publicité
La Lettre photo quotidienne de JC Dichant Nikon Passion

La Seine a débordé. J’étais là.

Télécharger l'article en PDF

Vendredi 14h. Je pars pour mon tour des quais de Seine.
J’emprunte le chemin de halage, quand une jeune femme à vélo m’arrête.
“Vous ne passerez pas, le chemin est sous l’eau”.
On papote deux minutes, elle file.

J’avance pour réaliser que la Seine a en effet débordé sur une portion du chemin.
En zieutant le garde-corps, je me dis que ça se tente.
Il suffit de mettre les pieds sur le bord et d’avancer ainsi, en restant au sec.
Mais j’ai mon appareil à l’épaule car je ne prends plus mon Billingham en ville pour une courte sortie.
Et je n’ai pas mon brevet de plongée pour aller récupérer le Z6III au cas où.

Je fais donc le tour du quartier pour retrouver l’écluse du Pont à l’Anglais.
C’est mon repère pour évaluer la montée de la Seine.
Quand les plots blancs ont les pieds dans l’eau, c’est 2 m de plus que la normale.
Ce qui était le cas vendredi.

J’ai posté une vidéo en Story sur Instagram, qui m’a valu plein de messages sympas.

Vous pourriez me dire “pourquoi partager ça sur Instagram ?”
Parce que c’est ma façon de montrer l’environnement dans lequel je photographie.
Le territoire Seine-amont que j’ai déjà documenté et montré lors de ma dernière expo.

Parce qu’aussi, je sais que je parle à des photographes qui ont envie de progresser.
Qui n’attendent pas qu’on leur mâche le travail.
Et qui sont déjà en train de se dire “mais oui, la crue, c’est l’occasion de lancer un projet sur la durée !”

La situation est dramatique pour certains ces jours-ci, j’en ai conscience.
Toutefois, quand on s’intéresse à la photographie, que l’on côtoie un tel phénomène, il faut réagir.

Ma commune a la chance de ne pas être inondée (au moment où j’écris cette lettre).
Mais si elle devait l’être, je serais dehors H24 pour documenter cette situation.
Comme je l’ai fait lors de la crue de juin 2016 puis de janvier 2018.
Le D500 venait d’arriver, j’en profitais pour le tester.

Quel appareil pour ce type de travail aujourd’hui ?
Le D500 reste une excellente machine pour ça, il y en a en occasion chez LBPN.
Ceux qui sont passés à l’hybride l’ont remplacé par le Z50II.

Si la photo du territoire ne fait pas partie de votre pratique, j’ai envie de vous dire
que photographier autour de chez vous, la rue, la vie, c’est la meilleure école de photo qui soit.

Photographier un même territoire au fil des saisons, des phénomènes météo, des lumières changeantes,
ça forge l’œil plus sûrement que n’importe quel stage.
Parce que vous revenez au même endroit, vous comparez, vous progressez sans vous en rendre compte.

C’est exactement ce que Gildas Lepetit-Castel décrit dans Les secrets de la photo de rue.
Pratiquer la photo ainsi, c’est témoigner de vous, en imposant un regard particulier sur ce qui vous entoure.

C’est aussi l’occasion de faire des photos tous les jours, d’apprendre à connaître par coeur votre appareil.

Documenter sur la durée, c’est encore régler la question du stockage avant que ça déborde ailleurs que dans la Seine.
Mes disques 4 To ont cinq ans et demi et je lorgne sur les disques 10 To.

Jean-Christophe

PS : Ceux qui lisent cette lettre depuis un moment savent que je ne vends pas des techniques.
PROJET 52, c’est ma méthode pour construire une pratique qui dure.
Si vous en êtes, vous saurez quoi faire avec ce lien.


Conversation

💬 Une idée, une expérience, une question ? Exprimez-vous, c’est le bon endroit !

💬

Le débat n’a pas encore commencé.

Lancez la conversation !