Publicité
Dalle Robespierre à Vitry-sur-Seine - photo © Jean-Christophe DICHANT

C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de 50 étages

Télécharger l'article en PDF

Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer :
«Jusqu’ici tout va bien… Jusqu’ici tout va bien… Jusqu’ici tout va bien.»
Mais l’important, c’est pas la chute. C’est l’atterrissage.»
– Hubert Koundé, La Haine (1995)

Dans “La Haine”, Mathieu Kassovitz nous donne une sacrée leçon de mise en scène et de photographie en noir et blanc.

1/ Le noir et blanc est un outil narratif et dramatique

Dans La Haine, ce choix apporte une esthétique intemporelle.
Le même film tourné aujourd’hui donnerait les mêmes images.
Dans ce décor de cités, le NB supprime la distraction apportée par la couleur.
L’image est plus percutante.

Cette image monochrome, dure, couplée à une tension narrative permanente (le film est très dur), est proche du photo journalisme.
La réalité rattrape la fiction.


2/ Le contraste et la lumière participent au langage visuel

Pierre Aïm a signé la photographie du film.
il a joué avec des jeux d’ombres et de lumières très marqués.
De nombreuses scènes sont construites sur un éclairage qui sculpte les visages et les décors urbains.
L’opposition entre personnages et environnement est renforcée par des contrastes importants.


3/ Le cadrage et la composition dynamisent l’image
Les compositions de Kassovitz renforcent le sentiment de malaise, d’enfermement.
Les cadrages serrés enferment les personnages dans leur environnement.
Le grand-angle et les perspectives fuyantes créent des plans hyper dynamiques.

4/ Le récit est rythmé et fragmenté
Le montage est aussi nerveux que les personnages principaux.
Les ruptures de rythme fréquentes font alterner plans fixes et mouvements de caméra fluides.
Certains plans très posés sont quasiment des photos.
Les plongées, contre-plongées et mouvements de caméra évoquent le chaos de la rue.


5/ L’ancrage dans le réel pour une photographie sociale et documentaire
La Haine s’inspire du photojournalisme, de la photographie documentaire.
Depardon et Cartier-Bresson ne sont jamais très loin.

Tout ça sans IA ni CGI.
L’esthétique est vraiment celle que je retrouve quand je photographie les cités autour de chez moi.
C’est la réalité du quotidien traduite en image monochrome.

Je pourrais vous en parler longtemps.
Mais regardez plutôt le film, vous vous ferez votre propre idée.

En attendant, retenez ceci :

Passer une image couleur pas terrible en NB ne sauvera jamais l’image.
Le noir et blanc se travaille comme un langage propre.
Dès la prise de vue.
Dès la visée.

Exposition, cadrage, composition doivent être pensés pour l’image NB, pas pour l’image couleur.

Faites l’essai, ça ne coûte rien : cherchez des lieux où la couleur perturbe la lecture de la scène.
Le NB devient un bon choix.

Vous avez peut-être fait du NB en argentique parce que c’était plus facile et moins cher que la couleur.
Vous êtes passé à la couleur en numérique parce que c’est plus facile et qu’il n’y a pas de différence de prix au développement tirage.

Mais si vous faisiez du NB, qu’est-ce que ça vous ferait ?

Jean-Christophe

Rappel : pendant deux jours encore, vous pouvez profiter du code de réduction de 30,94 euros sur ma formation OSER LE NOIR ET BLANC.

Je vous partage la méthode exacte que j’utilise pour imaginer, faire et finaliser mes photos en noir et blanc, de la prise de vue au post-traitement.

Voici le lien :

https://formation.nikonpassion.com/comment-faire-du-noir-et-blanc?coupon=71FWA6V


Conversation

💬 Une idée, une expérience, une question ? Exprimez-vous, c’est le bon endroit !

💬

Le débat n’a pas encore commencé.

Lancez la conversation !