La retouche pour révéler ses photos, d’Agnès Colombo : d’une photo smartphone brute à une image attirante
La photographie au smartphone est une pratique courante chez les photographes comme le grand public. Dotés de capacités avancées, nos chers smartphones ne font plus de la figuration lorsqu’il s’agit de faire des photos de paysages, des portraits, des scènes urbaines ou nocturnes. Mais en vous limitant à la prise de vue, vous passez à côté de ce qui va faire le charme de vos photos : le post-traitement.
Le guide pratique d’Agnès Colombo a pour objectif de vous aider à pratiquer la retouche sur votre smartphone, sans passer par l’ordinateur. Rêve ou réalité, c’est ce que je vous propose de découvrir !
En résumé : ce livre vous présente les opérations de traitement à appliquer à l'aide de l'application photo de votre smartphone, pour donner à vos images une apparence plus attirante. Il s'adresse aux débutants comme aux utilisateurs réguliers de smartphones photo désireux de donner une touche plus personnelle à leurs images.
La pratique d’abord, le traitement après
Agnès Colombo est photographe avant d’être autrice. Bien qu’elle ait publié un premier livre sur la photographie au smartphone, son expérience va bien au-delà. Ce point a son importance car il permet de différencier ce livre des nombreuses vidéos à la va-vite vous promettant monts et merveilles en 3 clics et 12 filtres Instagram.
Le livre s’articule autour de cinq chapitres :
diagnostiquer sa photo,
les outils simples pour retoucher,
l’expérimentation,
la conversion noir et blanc,
l’apport de l’IA dans la retouche.
Agnès Colombo suit une trame logique : de l’étude de la photo à son traitement, en passant par les principes qui vont vous permettre de savoir si vos photos méritent d’être traitées. Le smartphone facilite la prise de vue et, il faut bien le reconnaître, nous avons tendance à déclencher plus que nécessaire. Trier et sélectionner les meilleures photos avant de les traiter est un passage obligé. C’est la raison pour laquelle le livre débute par les dix principes de base vous permettant de réussir vos photos smartphones.
Une approche pratique adaptée à tous les smartphones
L’intérêt principal de ce livre est de proposer des opérations applicables quel que soit le modèle de votre mobile. L’autrice utilise un iPhone et son application de retouche native, mais tout ce qui est présenté peut être mis en œuvre dans l’application d’une autre marque d’appareil.
J’aime l’idée, toutefois pensez à vous procurer le manuel de votre application si vous n’utilisez pas un appareil Apple, et si vous ne vous sentez pas à l’aise pour fouiller dans les menus de votre mobile. Faire des photos avec un smartphone est une chose, en prendre le contrôle pour traiter vos images suppose des compétences de base.
Le format de ce livre et le nombre de pages limité en font un guide idéal à glisser dans votre poche, à côté du smartphone. Le choix de présenter des opérations de traitement pas à pas, avec une logique de photographe (on recadre avant de corriger les tonalités, par exemple) ne vous déroutera pas.
Ne vous attendez toutefois pas à un cours complet sur le post-traitement photo, ce n’est pas le but de ce livre. Voyez-le plutôt comme un aide-mémoire, une collection de fiches pratiques pour toujours savoir quoi faire et comment.
Concrètement, Agnès Colombo vous explique comment elle part d'une photo native pour en faire une photo plus attirante, en suivant une logique de photographe. Mais elle ne vous partage pas une méthode en x étapes à répliquer point par point, chaque photo appelant un traitement différent.
La mise en œuvre des fonctions de traitement par l’IA, présentée dans le dernier chapitre, nécessite l’application Lightroom Mobile. Si vous disposez de Lightroom Classic, votre abonnement vous autorise à utiliser cette application. Dans le cas contraire, vous pouvez l’utiliser en version gratuite limitée. Vérifiez alors si les fonctions attendues sont disponibles dans la version gratuite, Adobe opère parfois des changements d’une version à l’autre.
Note : si vous utilisez Lightroom Mobile avec abonnement, sachez que vos photos sont synchronisables avec votre catalogue Lightroom Classic sur ordinateur. C'est une façon parfois plus conviviale de traiter les photos du smartphone sur grand écran. Je vous en parle plus longuement dans ma formation Lightroom Mobile.
La conversion noir et blanc d’une photo sur smartphone
À qui s’adresse ce livre ?
La retouche pour révéler ses photos smartphone s’adresse en priorité aux utilisateurs de smartphones désireux de profiter de l’appareil photo qu’ils ont toujours dans leur poche, tout en apportant une touche finale à leurs images. C’est une bonne approche, accessible même aux débutants, à condition d’accepter de passer du temps sur votre petit écran pour traiter vos images.
Si vous possédez un smartphone capable de faire de bonnes photos, ce livre va vous faire découvrir des fonctions méconnues, et des traitements auxquels vous n’auriez peut-être pas pensé.
Si vous maîtrisez déjà bien l’application native de votre mobile, le livre ne vous aidera guère que pour la conversion noir et blanc et l’utilisation de l’IA Lightroom. À vous de voir.
Titre complet : La retouche pour révéler ses photos (juin 2025) Auteur : Agnès Colombo (photographe professionnelle) Éditeur : Eyrolles Format physique : 15 × 19 cm, reliure dos collé Nombre de pages utiles : 95 Prix public : 19 € TTC
FAQ sur le livre La retouche pour révéler ses photos
Ce livre convient-il aux débutants complets en photo smartphone ? Oui, à condition d’avoir quand même les bases de la photo mobile (cadrage, exposition, mise au point, formats d’image). Si vous débutez totalement, lisez d’abord le livre sur la prise de vue puis revenez à celui-ci pour l’approche retouche photo.
Faut-il un iPhone impérativement pour appliquer les conseils du livre ? Non. L’autrice insiste sur le fait que tout peut être mis en œuvre sur un appareil d’une autre marque. Il vous faut dans ce cas vous procurer le manuel détaillé de votre appareil et de son application photo par défaut si vous ne l’utilisez pas déjà.
Les techniques fonctionnent-elles avec un smartphone d’entrée de gamme ? Oui, avec une réserve liée au matériel. Tous les smartphones ne disposent pas de toutes les fonctions avancées réservées aux modèles haut de gamme. De même, les fonctions très avancées de certains modèles ne sont pas traitées dans le livre.
Faut-il faire du RAW pour appliquer ce qui est présenté dans le livre ? Non. Tout est réalisable avec le format par défaut de votre appareil, qu’il s’agisse du JPG ou du HEIC.
En conclusion : mon avis sur La retouche pour révéler ses photos smartphone
Ce petit guide pratique fait ce qu’il est censé faire : vous aider à identifier vos meilleures photos, à leur appliquer des traitements simples mais pertinents. Agnès Colombo sait se mettre à la portée des plus débutants, comme des photographes plus aguerris. Les nombreuses opérations présentées sont simples à comprendre et bien illustrées.
Les 19 euros, limite haute pour ce format, sont justifiés par la qualité éditoriale Eyrolles, la qualité de la maquette et l’impression en Europe.
Voici donc un guide pratique et inspirant si vous souhaitez profiter de l’appareil qui vous suit au quotidien. Agnès Colombo transmet son expérience, vous donne des pistes concrètes pour traiter vos photos comme elles le méritent, mettre en évidence le potentiel de vos images et vous permettre de pratiquer toujours plus même si vous n’avez pas votre équipement complet avec vous.
Histoire Nikon | Épisode 11 : les premiers Nikon numériques
Cet article fait partie de la série documentaire en 11 épisodes consacrée à l’histoire de Nikon. Avec cet ultime chapitre, nous entrons dans une ère qui a bouleversé toute la photographie : le passage de l’argentique au numérique.
Avant même que le numérique ne devienne une réalité commerciale, Nikon explorait déjà des voies hybrides.
À la fin des années 80, l’industrie photo pressent le basculement technologique, mais personne ne sait encore à quoi ressemblera la photographie digitale.
En 1988, Nikon dévoile le QV-1000C, un appareil magnétique utilisant des disquettes, entièrement pensé pour la presse. Il s’agit moins d’un appareil photo numérique que d’un pont entre deux mondes : celui du film, et celui de la transmission électronique rapide des images.
Le numérique n’est pas encore là… mais l’idée, elle, est déjà lancée.
Kodak et Nikon : une alliance fondatrice
Dès 1989, l’armée américaine commande à Kodak un système photographique électronique embarqué. Kodak développe ce qui deviendra le DCS 100, basé sur un Nikon F3 profondément modifié.
Capteur d’un mégapixel, transmission satellitaire, modules externes : les premiers « reflex numériques » de l’histoire portent déjà la signature Nikon sur leur mécanique.
Cette alliance Kodak/Nikon donnera naissance à une génération complète d’appareils : Kodak DCS 200, 315, 460, 660, et l’aboutissement, le DCS 760, construit sur un châssis de Nikon F5.
Le premier plein format numérique existant sur un boîtier Nikon sera même… un Kodak : le DCS 14n, basé sur un Nikon F80.
Une époque pionnière, pleine d’audace et de limites techniques, mais essentielle pour la suite.
Fuji et la parenthèse des Nikon E
Fuji, également en avance sur le numérique, s’associe à Nikon pour créer la série E (E2, E3) : des appareils hybrides dotés d’une optique interne et d’un téléconvertisseur numérique intégré permettant de conserver un champ couvert équivalent au 24×36.
Innovants, complexes, chers, et finalement trop en avance, ces boîtiers ne survivront pas. Mais ils auront permis à Nikon de préparer ce qui vient ensuite.
1999 : le Nikon D1 change tout
L’année 1999 marque un tournant historique. Avec le Nikon D1, Nikon sort son premier reflex numérique 100 % maison.
Capteur 2,7 Mpx, ergonomie du Nikon F5, vitesse, robustesse, cohérence système : le Nikon D1 devient instantanément la référence des photographes de presse. Le numérique n’est plus un gadget : il devient un outil de production sérieux.
Le D1 ouvre la voie aux D1H/D1X, puis au Nikon D2X et D2H, qui définissent progressivement ce qu’est un reflex numérique professionnel.
Le Nikon D3 : la maturité du plein format
En 2007, Nikon crée une onde de choc avec le Nikon D3, son premier capteur FX plein format. 12 Mpx seulement… mais une qualité d’image d’une pureté inégalée : hautes sensibilités propres, dynamique exceptionnelle, autofocus redoutable, robustesse absolue.
Le Nikon D3 n’a pas seulement convaincu : il a converti. La presse, le sport, l’animalier, la mode… toute la photo professionnelle bascule.
Le D3 restera l’un des boîtiers les plus respectés de toute l’histoire Nikon.
Nikon D4, D5, D6 : la maîtrise totale du reflex pro
Avec le D4, Nikon améliore vitesse, réactivité, transmission réseau et qualité d’image.
Le Nikon D5 puis le Nikon D6 poussent ces avancées à leur ultime perfection.
Les reflex professionnels Nikon deviennent des outils robustes, conçus pour livrer une image nette, précise et transmissible instantanément, partout dans le monde.
Le Nikon D6 restera probablement le dernier reflex professionnel conçu par Nikon. Une fin de cycle historique.
Le Nikon Df : hommage et parenthèse dorée
Parmi les boîtiers marquants de cette époque, le Nikon Df occupe une place unique. Capteur de D4, ergonomie argentique, design vintage, version gold ultra-limitée : un appareil qui aura marqué les photographes passionnés, autant pour son style que pour sa performance.
Aujourd’hui, le Nikon Zf occupe cette place chez les fidèles de la marque. Le Df, quant à lui, incarne l’idée que le numérique peut être moderne… sans renoncer à l’âme du geste photographique.
Vers l’ère des hybrides Nikon Z : une nouvelle histoire commence
Avec l’arrivée des hybrides Nikon Z, une nouvelle page s’ouvre : meilleure stabilisation, meilleure vidéo, nouvelles optiques, performances accrues, transmission intégrée, workflow moderne.
Les reflex s’effacent, mais ce qu’ils ont apporté demeure : la rigueur, la fiabilité, l’exigence technique.
Cet épisode 11 clôt la saga des boîtiers historiques, et ouvre celle d’un futur dont Nikon écrit chaque jour les lignes.
Thierry Ravassod, témoin et gardien de cette révolution
Comme dans les précédents épisodes, Thierry Ravassod apporte son regard d’historien et sa connaissance intime des prototypes, des séries limitées, des anecdotes de terrain. Il transmet une mémoire essentielle : celle des photographes, des ingénieurs, et des machines qui ont fait le passage au numérique.
FAQ : Nikon et la révolution numérique
Quand Nikon a-t-il commencé à travailler sur le numérique ? Dès 1988 avec le QV-1000C, bien avant l’arrivée des cartes mémoire.
Quel a été le premier reflex numérique Nikon ? Le Nikon D1 en 1999, premier boîtier 100 % conçu par Nikon.
Pourquoi Kodak utilisait des boîtiers Nikon ? Parce que la monture F et la fiabilité mécanique Nikon constituaient une base idéale pour leurs systèmes numériques DCS.
Quel est l’intérêt du Nikon D3 dans l’histoire ? Premier plein format Nikon, il a légitimé le numérique dans tous les domaines professionnels.
Le D6 est-il vraiment le dernier reflex Nikon ? Très probablement. La transition vers les hybrides Z est désormais actée depuis 2018.
Qu’est-ce que le Nikon Df ? Un reflex numérique au look argentique, doté du capteur du D4, produit également en version gold ultra limitée.
DxO FilmPack 8 : test, avis et nouveautés pour retrouver un rendu argentique authentique
Certains logiciels ne cherchent pas à remplacer votre flux de travail, ni à devenir le centre de votre univers photo. DxO FilmPack 8 est de ceux-là : un outil complémentaire, une banque de modèles, un logiciel ludique mais professionnel qui vous permet de retrouver ce que le numérique ne sait pas offrir de façon native, et pour cause : le rendu argentique.
DxO FilmPack 8 est un logiciel de rendus argentiques. Il permet d’appliquer des simulations de films fidèles, analysées scientifiquement, sans modifier les fichiers RAW. C’est l’un des rares outils capables de transformer une photo numérique en image au rendu argentique crédible, sans ce côté artificiel que l’on voit avec de nombreux presets Lightroom (sans parler des filtres Instagram). Cette version marque un pas en avant pour ceux qui cherchent à retrouver la texture, la matière, l’imperfection maîtrisée de la photographie chimique.
En résumé : DxO FilmPack 8 est un logiciel de rendus argentiques basés sur des analyses scientifiques précises. Nouveautés majeures : Time Warp (Voyage dans le temps, Vieillissement), 15 nouveaux films, optimisation de pellicule numérisée, effets haute résolution. Le mode Time Machine enrichi permet d’explorer l’évolution des rendus au fil des décennies. Intégration directe dans Photoshop pour une utilisation plus fluide. Idéal pour obtenir un rendu argentique expressif sans expertise technique avancée.
Une fidélité scientifique au service d’un rendu authentique
DxO le répète depuis que l’éditeur français a mis le grapin sur la suite Nik Collection et lancé FilmPack : pour obtenir un rendu argentique fidèle et de qualité, le preset à la Lightroom ne suffit pas. Il faut une analyse scientifique poussée des caractéristiques des pellicules et des papiers d’origine.
Or l’analyse scientifique, c’est le coeur de métier de DxO depuis toujours. Dans la pratique, cela se ressent. Les rendus proposés par FilmPack ne sont pas des approximations comme on en trouve dans quantité de presets Lightroom ou Luminar NEO : dans FilmPack, chaque nuance a été mesurée, chaque granulation étudiée, chaque dérive chromatique reproduite avec une précision chirurgicale.
Ce que j’apprécie dans ce logiciel : il ne surfe pas sur la vague Vintage « vite fait mal fait ». FilmPack cherche à transmettre quelque chose de bien plus authentique. Faites tirer vos images ainsi traitées, puis posez-vous la question : arrivez-vous à faire la différence avec un véritable tirage argentique ?
Le mode Time Machine : voyage au coeur de 200 ans d’histoire
FilmPack a toujours eu un côté ludique. C’est ce qui m’a attiré dès la sortie de sa Time Machine. On clique, on explore, on remonte le temps en visualisant des photos dont le rendu vous ramène à l’époque. Ou l’inverse. C’est presque un jeu — mais un jeu qui éduque l’œil, ça ne peut pas nuire.
Avec FilmPack 8, cette fonctionnalité est encore plus riche avec 19 images historiques supplémentaires, des textes mieux structurés et une navigation WebView plus fluide.
DxO FilmPack 8 Time Machine
La Time Machine n’est pas seulement une encyclopédie de la photo argentique : elle permet d’appliquer, en un clic, le rendu correspondant à l’époque explorée. Le lien entre histoire et création de votre image est alors immédiat.
Pour un photographe qui a connu l’argentique, c’est un vrai plaisir : revoir des images emblématiques, replonger dans une époque, puis adapter ce rendu à une photo moderne prise avec un Nikon Zf ou un Z6III.
Exemple : sur un Nikon Zf, FilmPack 8 permet de rapprocher le rendu de vos NEF de ce que produisait un Ilford HP5 ou un Kodak Portra.
Nouveautés : Time Warp, ou comment voyager dans le temps sans changer de film
FilmPack 8 introduit le mode Time Warp, qui s’appuie sur deux outils totalement nouveaux :
Le voyage dans le temps Un curseur transforme votre image en croisant époques, types de pellicules, techniques optiques et styles historiques. Cette fonction couvre près de 200 ans d’évolution photographique — du daguerréotype aux films modernes. Le résultat n’est jamais caricatural : DxO a choisi de créer un résultat crédible, pas un nième filtre Instagram déguisé.
Le vieillissement Cet outil applique une patine progressive, comme si l’image subissait vraiment le passage du temps. Usure, dérives, poussières. On peut créer une ambiance très subtile, idéale pour une série narrative ou un reportage documentaire.
Ces deux outils donnent un contrôle du résultat très agréable pour ceux qui veulent un rendu argentique sans passer des heures devant leur logiciel de traitement.
Quinze nouveaux rendus de films : couleur, noir et blanc, cinéma
DxO a ajouté à FilmPack 8 15 nouvelles émulations, réparties entre pellicules couleur et noir et blanc avec des films populaires : Amber D100, Amber D400, Cinestill Boutiqueness, Ilford Lfocolor Retro 400, Lomography Color Negative 800, Lady Grey B&W 120/ISO 400, Kodak T-MAX P3200…
DxO FilmPack 8 : tous les rendus de films argentiques
J’insiste, ce n’est pas une simple collection de presets : FilmPack est probablement aujourd’hui la bibliothèque de rendus argentiques la plus cohérente du marché. Les « pellicules » se comportent comme leurs homologues réels : grain, contraste, dérive, textures, tout est répliqué avec finesse.
Optimisation de pellicule numérisée : une fonctionnalité peu courante
FilmPack 8 introduit un outil pensé pour les photographes (comme moi) qui numérisent eux-mêmes leurs films. Il permet :
d’inverser les valeurs tonales des négatifs couleur,
d’appliquer des corrections spécifiques,
de gérer les dérives chromatiques souvent présentes sur des scans artisanaux,
de restaurer des films anciens.
Là encore, c’est une fonctionnalité qui s’adresse à un public expert, exigeant, souvent attaché à ses archives argentiques.
Pour un utilisateur Nikon, c’est particulièrement utile si vous scannez vos pellicules 35 mm maison ou si vous archivez d’anciens négatifs familiaux. FilmPack vous permet alors d’obtenir un rendu harmonieux entre vos archives argentiques et vos fichiers numériques issus d’un Nikon Z, comme les Z6III ou Zf.
FilmPack 8 dans Photoshop : une intégration plus fluide
DxO améliore néanmoins l’intégration en ajoutant une palette complète intégrée dans Photoshop. On peut appliquer les rendus sans quitter Photoshop, sur un calque. Pour ceux qui aiment les retouches locales et les compositions plus complexes, c’est une avancée notable.
FilmPack est aussi un bon compagnon pour Lightroom Classic :
cataloguez dans Lightroom,
exportez en TIFF,
finalisez dans FilmPack,
revenez affiner dans Photoshop si nécessaire.
Un flux classique chez les photographes experts, même s’il reste plus lourd à gérer que le flux Lightroom Classic interne natif.
Comment intégrer FilmPack 8 dans votre workflow Nikon Z ?
FilmPack ne remplace pas Lightroom Classic, DxO PhotoLab ou Capture One. La logique est plutôt la suivante :
vous faites vos photos avec un Nikon Z (Zf, Z6III, Z8…),
vous traitez les RAW dans votre logiciel habituel,
vous exportez en TIFF 16 bits,
vous appliquez le rendu argentique dans FilmPack.
C’est un flux de travail qui a un avantage majeur : vous gardez la puissance du traitement RAW (détails, hautes lumières, traitements non destructifs) tout en bénéficiant des rendus films les plus crédibles du marché.
C’est aussi une manière efficace d’éviter les erreurs de colorimétrie courantes lorsqu’on débute en développement numérique. FilmPack vous donne un rendu cohérent, reproductible et fidèle.
FilmPack 8 et les simulations Fujifilm : pourquoi ce n’est pas la même chose
On me pose souvent la question : « À quoi bon FilmPack si Fujifilm propose déjà des simulations de films directement dans ses boîtiers ? ». La réponse est simple : ce n’est pas la même philosophie, ni la même technologie.
DxO FilmPack 8 et les profils Fujifilm
Les simulations Fujifilm sont pensées pour reproduire les films Fujifilm, et uniquement ceux-là. Elles offrent une vraie cohérence esthétique, mais elles restent des profils intégrés au boîtier, appliqués avant même le développement du fichier. Elles sont rapides, efficaces, et limitées à l’univers Fuji.
Autre différence notable : FilmPack intervient après le développement RAW, ce qui vous laisse récupérer la dynamique du capteur, les détails dans les ombres et les hautes lumières, sans les contraintes du JPEG direct boîtier. Vous combinez donc la latitude moderne des capteurs Fujifilm avec un rendu argentique fidèle.
FilmPack face aux Picture Control créatifs des Nikon Z
Les boîtiers Nikon Z proposent de plus en plus de profils créatifs intégrés, mais ceux-ci restent des variations colorimétriques appliquées au JPEG ou utilisées comme point de départ dans le développement RAW. FilmPack 8 va plus loin : il reproduit le comportement d’un film réel, avec son grain, ses dérives et ses contrastes typiques.
En résumé :
Nikon vous donne une identité visuelle maison.
FilmPack vous donne accès à toute l’histoire de la photographie argentique, sans vous enfermer dans un look unique.
Les deux approches coexistent très bien, mais FilmPack conserve une longueur d’avance : il ne remplace rien, il enrichit.
Mon avis : un logiciel ludique, pertinent… mais qui peut progresser encore
Depuis ses débuts, FilmPack a toujours eu quelque chose de ludique. On navigue parmi les films, on essaie des variations, on remonte le temps, on se laisse surprendre. Cette exploration demeure dans FilmPack 8.
Le logiciel reste également pertinent, car la qualité de ses rendus est supérieure à la plupart des presets maison qu’on voit partout. Un photographe qui ne maîtrise pas parfaitement Lightroom Classic ou DxO PhotoLab, ou qui ne veut pas passer trop de temps à créer ses propres rendus, peut obtenir un look argentique sans passer des heures en traitement, et sans commettre d’erreurs de colorimétrie.
En revanche, FilmPack 8 a toujours la même limite : bien qu’il traite les RAW directement en version standalone, il n’autorise pas le traitement direct des RAW sans export puis réimport si vous partez de Lightroom ou PhotoLab. Vous devez donc accepter :
une double gestion des fichiers,
un workflow plus lourd,
une sauvegarde plus longue et coûteuse en espace disque.
Dommage, alors que l’époque est à l’économie de moyens. Surtout quand on sait que Lightroom, Capture One, DxO PhotoLab et même Luminar NEO prennent tous en charge les RAW en interne. FilmPack permet de retrouver l’émotion, mais pourrait encore simplifier la méthode.
FAQ : DxO FilmPack 8
FilmPack peut-il remplacer Lightroom ou PhotoLab ? Non. Il ne dématrice pas les RAW et ne gère pas votre photothèque.
FilmPack 8 fonctionne-t-il avec les fichiers NEF Nikon Z ? Indirectement : vous devez d’abord développer vos NEF dans Lightroom ou PhotoLab, puis exporter en TIFF.
Quel est l’intérêt de FilmPack si j’ai déjà des presets Lightroom ? Les presets imitent un style. FilmPack imite un film réel, analysé scientifiquement.
FilmPack 8 est-il utile pour les débutants ? Oui : il évite les erreurs de retouche (dominantes, contrastes agressifs, saturation excessive).
DxO FilmPack 8 en 2026, pour qui ?
Pour un photographe expert, FilmPack 8 répond à plusieurs attentes :
retrouver un rendu argentique authentique sans complexité,
explorer l’histoire de la photo de manière vivante,
donner un style cohérent à ses images sans apprentissage lourd,
éviter les dérives colorimétriques courantes lorsqu’on débute en retouche,
retrouver une dimension tactile et sensible dans le traitement.
Ce n’est pas un logiciel pour remplacer Lightroom ou PhotoLab. C’est une extension pratique et conviviale du flux de travail.
Disponibilité et tarif
DxO FilmPack 8 est disponible sur le site de DxO pour macOS et Windows.
Le prix d’une nouvelle licence est de 139,99 € (décembre 2025). Si vous avez déjà une version précédente (FilmPack 7), la mise à jour coûte 79,99 €.
Une version d’essai gratuite de 30 jours, sans engagement, est proposée. Je ne peux que vous recommander de l’installer pour juger par vous-même.
Les secrets de la photo de nuit de Vittorio Bergamaschi : sortez quand la nuit tombe
La photographie de nuit fascine autant qu’elle intimide les plus débutants. Onze ans après ma première chronique, Vittorio Bergamaschi publie une seconde édition actualisée des Secrets de la photo de nuit chez Eyrolles.
Ce guide pratique de 125 pages promet de démystifier les réglages ISO élevés, les temps de pose longs et l’identification des sujets urbains nocturnes, pour 23 euros. Tient-il ses promesses ?
Pertinence pour les utilisateurs Nikon Bien que l'auteur ne cite aucun boîtier spécifique, les conseils s'appliquent aux Nikon récents comme à tous les autres appareils photo. Les photographes équipés d'un Z6 III, Z8, Z9 ou même d'un Z5 tireront pleinement parti des chapitres sur la gestion du bruit ISO (exploitez les 64-25600 ISO natifs de vos hybrides) et sur l'autofocus en basse lumière. Les possesseurs de reflex D750, D780 ou D850 y trouveront également leur compte, l'auteur restant volontairement générique sur les technologies (plein format vs APS-C) pour garantir la longévité du propos.
Un ouvrage axé sur l’urbain et l’esthétique
Le livre s’articule autour de sept chapitres :
matériel et techniques,
la nuit en ville,
aux portes de la ville,
dans la nature,
traitement et retouche de l’image,
la nuit argentique,
et un portfolio final.
L’orientation est clairement urbaine, ce qui n’est pas pour me déplaire car je trouve les images urbaines nocturnes bien plus fascinantes que les images faites en pleine nature. L’auteur montre une belle connaissance du sujet, qu’il s’agisse de prises de vue classiques comme de la maîtrise d’effets visuels (heure bleue, effet starburst, traînées lumineuses).
Vittorio Bergamaschi est avant tout photographe, il mise sur l’aspect esthétique des images nocturnes plutôt que sur la technique pure. Les dizaines de photographies qui illustrent le texte sont toutefois systématiquement accompagnées de métadonnées (ISO, ouverture, vitesse) et de détails de réalisation. Vous allez comprendre concrètement comment reproduire les images présentées.
Une approche pratique adaptée aux amateurs
Le principal atout de cet ouvrage réside dans son côté immédiatement applicable. Vittorio Bergamaschi partage son expérience à travers des conseils pragmatiques : gestion du bruit ISO élevé, temps de pose longs, utilisation de la pose longue, balance des blancs en éclairage mixte urbain, ou encore gestion de l’autofocus et correction d’exposition en conditions nocturnes.
J’apprécie cette orientation dans un livre dédié à la photo de nuit. Cependant, cette approche implique un traitement parfois général de certains aspects techniques. Contraint par le nombre de pages (125 pages utiles), l’auteur ne peut approfondir chaque sujet de manière exhaustive. Les photographes cherchant des détails techniques poussés devront compléter leur lecture par d’autres ressources dédiées (par exemple Mon cours de photos en 20 semaines chrono).
Les secrets de la photo de nuit de Vittorio Bergamaschi
Points à noter
Le choix de ne pas citer des boîtiers et capteurs spécifiques donne au livre un aspect intemporel. Par rapport à la première édition (que j’ai conservé précieusement dans ma bibliothèque) les hybrides et moyen-formats quasi-inexistants en 2014 sont évoqués dans le chapitre sur les généralités plein format vs. APS-C vs. le reste. Ce choix me convient : l’objectif du livre n’est pas de proposer un guide d’achat photo.
Je suis plus réservé sur le chapitre « traitement et retouche de l’image » avec Lightroom Classic et Photoshop. Sans captures d’écran ni instructions précises, les plus débutants devront aller chercher ailleurs les informations (qu’ils se rassurent, je peux leur venir en aide). Ce manque de support visuel, qui peut frustrer les moins aguerris, ne compromet cependant pas l’intérêt du livre.
Concrètement, l'auteur vous dira qu'il faut réduire le bruit en post-traitement ou ajuster la balance des blancs, mais n'explique pas comment dans l'interface du logiciel. Un débutant en post-traitement devra donc regarder des tutoriels en parallèle pour traduire les conseils en clics concrets dans Lightroom Classic.
Plus anecdotique, le chapitre sur la photo de nuit argentique semblera hors sujet pour le photographe numérique et trop succinct pour satisfaire le véritable passionné d’argentique. Je vous renvoie vers les ouvrages de Gildas Lepetit-Castel pour satisfaire votre curiosité si vous pratiquez l’argentique.
À qui s’adresse ce livre ?
Les secrets de la photo de nuit cible prioritairement les amateurs intéressés par la photographie nocturne mais ne sachant ni comment s’y prendre, ni quoi photographier. C’est une excellente approche du sujet, accessible même aux débutants, à condition d’accepter d’aller chercher des compléments techniques ou artistiques ailleurs pour approfondir certains aspects.
Si vous possédez déjà la première édition de 2014, le rachat ne se justifie pas vraiment : les améliorations, bien que réelles, restent essentiellement des actualisations et enrichissements du texte original plutôt qu’une refonte complète.
Pour les autres, à 23 €, le rapport qualité-prix est satisfaisant compte tenu de la qualité du contenu et de la présentation soignée (et d’une impression en Europe). La collection « Les secrets de… » chez Eyrolles a fait ses preuves depuis des années, et cet ouvrage perpétue cette tradition de qualité pédagogique.
Ce livre va moins vous intéresser si…
Vous cherchez du très technique avec des exercices → Attendez « Photo de nuit – 52 défis » (janvier 2026).
Vous visez l’astrophotographie → Ce livre effleure la nature mais ne couvre pas la Voie lactée en détail. Regardez plutôt l’astrophotographie par Thierry Legault.
Titre complet : Les secrets de la photo de nuit (2e édition, mai 2025) Auteur : Vittorio Bergamaschi (photographe professionnel) Éditeur : Eyrolles (collection « Les secrets de… ») Date de parution : Mai 2025 Format physique : 17 × 23 cm, reliure dos collé Nombre de pages utiles : 125 Prix public : 23 € TTC Première édition : 2014 (cette édition est une refonte modernisée)
FAQ sur le livre Les secrets de la photo de nuit
Ce livre convient-il aux débutants complets en photo ? Oui, à condition d’avoir quand même les bases (triangle d’exposition, modes PASM). Si vous débutez totalement, suivez d’abord une formation générale puis revenez à ce livre pour la spécialisation nocturne.
Faut-il un trépied pour appliquer les conseils du livre ? Oui. L’auteur insiste sur les temps de pose longs, impossibles à main levée. Budget minimum : 120-150 € pour un trépied stable type Manfrotto Befree ou équivalent.
Les techniques fonctionnent-elles avec un Nikon d’entrée de gamme (Z50II, Z30, D3500) ? Oui pour les compositions et l’approche esthétique. Les capteurs APS-C montreront leurs limites au-delà de 3 200 ISO comparés aux plein format, mais les principes restent valables.
Dois-je racheter cette édition si je possède la version 2014 ? Non. Les améliorations sont réelles mais la base du livre est la même.
Quels chapitres puis-je sauter ? Aucun. Ne sautez jamais le moindre chapitre dans un livre sur la photographie (!).
En conclusion : mon avis sur Les secrets de la photo de nuit
Ce guide pratique réussit son pari : rendre la photo de nuit accessible sans simplifier à l’excès. Vittorio Bergamaschi livre 125 pages d’expérience concrète, immédiatement applicables avec n’importe quel appareil équipé d’un mode manuel et d’un trépied.
Les 23 euros sont justifiés par la qualité éditoriale Eyrolles, la qualité d’impression et l’absence d’alternative francophone.
Voici donc un ouvrage pratique et inspirant si vous souhaitez franchir le cap de la photo de nuit sans vous perdre dans des considérations techniques trop abstraites. Vittorio Bergamaschi transmet son expérience à chaque page, vous offrant des pistes concrètes pour transformer les sorties nocturnes en véritables séances photo créatives. Un bon point de départ, à compléter au besoin selon votre niveau et vos ambitions.
Vidéo avec un Nikon : vocabulaire, formats, codecs et réglages techniques
Filmer avec un Nikon Z suppose de connaître un vocabulaire technique spécifique, très différent de celui de la photo. Codec, cadence, sous-échantillonnage, N-Log, conteneur, espace colorimétrique : ces termes barbares reviennent dans chaque discussion sur la vidéo. Sans savoir ce qu’ils signifient, point de salut. Point de réglages, aussi.
J’ai rassemblé ici toutes les définitions de référence, avec des exemples concrets sur les boîtiers Nikon Z actuels. Si vous cherchez une méthode pour réussir vos premiers tournages, c’est autre chose et c’est dans l’article Premiers tournages vidéo avec votre Nikon Z.
Comprendre les formats vidéo
Vous devez avoir ces trois notions fondamentales en tête avant de toucher au moindre réglage : le codec, le débit et la définition. N’ayez crainte, c’est plus simple qu’il n’y paraît.
Le codec détermine comment votre appareil compresse la vidéo. C’est le format de compression utilisé pour réduire la taille du fichier tout en conservant la qualité de l’image : H.264, H.265 (HEVC), Apple ProRes, AV1. Le codec est le premier critère à considérer pour équilibrer qualité et poids de fichier. Lorsque vous verrez les volumes mis en jeu par la vidéo, vous me remercierez !
Exemple : H.265 est utilisé pour filmer en 4K sur les Nikon Z récents, car il réduit la taille du fichier tout en maintenant une excellente qualité par rapport au H.264.
Le débit indique la quantité d’informations enregistrées chaque seconde, exprimée en Mbps (mégabits par seconde). Plus il est élevé, plus l’image résiste aux mouvements complexes (feuillages, eau, foule) mais plus le fichier est volumineux. La contrainte est alors évidente : acheter des cartes, et pas qu’un peu.
Exemple : un débit de 25 Mbps convient à une vidéo 4K en usage courant. Les Nikon Z haut de gamme proposent des débits bien supérieurs pour les enregistrements RAW ou ProRes.
La définition correspond à la taille de l’image exprimée en pixels : 1920 x 1080 (Full HD), 3840 x 2160 (4K), 7680 x 4320 (8K). Elle détermine la netteté et la qualité perçue de la vidéo.
Exemple : pour YouTube, le 1080p offre un bon compromis entre qualité d’image et vitesse de chargement. La 4K est utile si vous recadrez en post-production ou diffusez sur grand écran.
Le vocabulaire de la vidéo avec un Nikon Z
Les hybrides Nikon Z intègrent des notions spécifiques à la vidéo puisque tous permettent de filmer. Voici les termes que vous rencontrerez dans les menus et les notices.
Conteneur : le fichier qui englobe vos données vidéo et audio. C’est l’emballage de vos vidéos. Les formats MP4, MOV et NEV (propre à Nikon pour le RAW) sont les plus courants sur les Nikon Z. Le conteneur détermine la compatibilité du fichier avec vos logiciels de montage. Le MP4 est compatible avec la quasi-totalité des plateformes en ligne, le MOV est préféré pour la post-production professionnelle.
Trame – progressif / entrelacé : en vidéo progressive (p), toutes les lignes de l’image sont affichées simultanément. En entrelacé (i), les lignes paires et impaires alternent. Le mode progressif est aujourd’hui la norme pour le web et la production courante. Les Nikon Z filment exclusivement en progressif, le 1080i appartient à l’ère de la diffusion télévisée traditionnelle.
Fréquence d’images (frame rate) : le nombre d’images enregistrées par seconde. Les valeurs courantes sont 24p, 25p, 30p, 50p, 60p, 100p, 120p. Une fréquence élevée permet un rendu plus fluide, utile pour les scènes d’action ou la création de ralentis au montage. Mais attention, plus il y a d’images par seconde, plus le fichier est volumineux.
Exemple : filmez à 50p pour pouvoir ralentir la séquence par deux au montage sans perte de fluidité.
Rapport d’aspect : la largeur de la vidéo par rapport à sa hauteur. Le 16:9 est le format standard pour les écrans larges, les TV et les plateformes vidéo. Le 4:3 est un format plus ancien, aujourd’hui quasi obsolète.
Espace colorimétrique : le modèle de couleur utilisé pour représenter l’image. Le Rec. 709 est la norme pour la HD et le web. Le Rec. 2020 est utilisé pour la 4K et le HDR, avec une gamme de couleurs plus étendue et plus fidèle à la perception humaine.
Profil de couleur : il spécifie la gestion de la plage dynamique. HDR10 et Dolby Vision permettent de capturer et d’afficher des hautes lumières et des ombres plus détaillées qu’en SDR standard. HLG (Hybrid Log-Gamma), disponible sur plusieurs Nikon Z, est compatible avec les téléviseurs HDR sans nécessiter de conversion.
Vidéo HD, Full HD, 4K : que signifient ces termes ?
Encore des barbarismes pour les photographes ! Ces appellations correspondent à des niveaux de définition progressifs. Chacun implique des exigences différentes en matière de débit, de stockage et de capacité de traitement.
8K (4320p) : 7680 x 4320 pixels. Réservé aux productions cinématographiques ou aux tournages prévoyant un recadrage important en post-production. Les Nikon Z6III, Z8 et Z9 en sont capables.
HD (720p) : 1280 x 720 pixels. Suffisant pour les petites productions ou la diffusion web légère.
Full HD (1080p) : 1920 x 1080 pixels. Encore la norme pour la majorité des projets vidéo ne nécessitant pas de recadrage. Excellent compromis qualité / facilité de traitement.
4K (2160p) : 3840 x 2160 pixels, soit quatre fois la résolution du Full HD. Recommandé si vous recadrez en post-production ou visez une diffusion sur grand écran. La nouvelle norme, aussi.
Comprendre le sous-échantillonnage de chrominance
Là, on attaque le mal de tête, j’aurai prévenu. La notation 4:2:2 ou 4:2:0 décrit la façon dont les informations de couleur sont enregistrées dans la vidéo, par rapport aux informations de luminance (luminosité). Plus les chiffres sont élevés, plus les couleurs sont fidèles et plus les fichiers sont volumineux.
4:4:4 : toutes les informations de couleur et de luminance sont conservées intégralement. Qualité maximale, idéale pour l’étalonnage professionnel et les effets spéciaux. Peu courant sur les appareils photo hybrides.
Exemple : utilisé dans les productions cinématographiques nécessitant une précision colorimétrique absolue.
4:2:2 : les informations de couleur sont réduites de moitié horizontalement, la luminance reste intacte. Excellent rapport qualité / taille de fichier pour un usage professionnel ou semi-professionnel. Disponible sur les Nikon Z haut de gamme (Z6III, Z8, Z9).
Exemple : le Nikon Z6III permet d’enregistrer en 4:2:2 avec le codec H.265 10 bits, ce qui donne une souplesse appréciable en étalonnage.
4:2:0 : les informations de couleur sont réduites horizontalement et verticalement. Format le plus courant sur les hybrides en usage standard, ainsi que sur les plateformes de streaming. Qualité acceptable pour l’œil humain dans la grande majorité des usages.
Exemple : les vidéos YouTube sont encodées en 4:2:0 à la diffusion. Pour un usage final sur le web, le 4:2:0 est tout à fait suffisant.
Choisir la vitesse d’obturation et la cadence en vidéo
Oubliez ce que vous savez du temps de pose en photo. Pour une vidéo au rendu fluide et naturel, la règle du 180° est la référence à retenir. Le principe est simple : le temps de pose doit être égal au double de la cadence d’image choisie.
À 25 images par seconde : choisissez une vitesse d’obturation de 1/50 s.
À 50 images par seconde : choisissez une vitesse d’obturation de 1/100 s.
À 120 images par seconde : choisissez une vitesse d’obturation de 1/250 s.
En dessous de cette valeur, le flou de mouvement devient excessif. Au-dessus, l’image paraît saccadée. Si la luminosité ambiante vous oblige à choisir une vitesse d’obturation au-delà de la valeur cible, ajoutez un filtre ND (densité neutre) : c’est son rôle en vidéo.
Exemple concret : filmez une scène en famille à 25p avec une vitesse d’obturation de 1/50 s, puis comparez avec 1/500 s sur le même plan. La différence de rendu du mouvement est immédiatement visible.
Stabiliser votre prise de vue vidéo
Une vidéo 4K c’est bien, une vidéo nette, c’est mieux. La stabilité est la première condition à respecter pour tourner une vidéo agréable à regarder. Les hybrides Nikon Z plein format ont une stabilisation capteur (IBIS) qui compense les micro-mouvements et suffit pour les plans fixes ou les panoramiques lents.
Ses limites apparaissent dès que vous marchez ou bougez de manière plus ample : les vibrations des pas se transmettent au capteur et aucune stabilisation électronique ne les efface entièrement. Une poignée, une cage légère ou un stabilisateur vidéo transforment le rendu des séquences en déplacement.
Exemple : filmez une scène en ville à main levée sans accessoire, puis avec une poignée. La différence de stabilité est visible dès la première comparaison.
Calibrer les couleurs et régler la balance des blancs
Là, on rejoint la photo, ou presque Fixez toujours une balance des blancs manuelle avant de filmer, même en extérieur. La balance automatique peut varier en cours d’enregistrement et créer des différences de teinte d’un plan à l’autre, difficiles à corriger au montage. C’est LA différence avec la photo.
Si votre Nikon Z propose un profil d’image plat (Flat) ou le N-Log, il offre une plus grande souplesse en étalonnage en conservant davantage d’informations dans les hautes lumières et les ombres. Ce type de profil nécessite une correction colorimétrique obligatoire au montage : c’est un outil pour la post-production, pas une amélioration automatique. En clair, il faut savoir ce que vous faites.
Exemple : en intérieur sous lumière chaude, fixez la balance des blancs à 3200 K. Cela garantit une teinte constante entre tous les plans, même si la lumière varie légèrement hors champ.
Les hybrides Nikon Z intègrent plusieurs outils conçus spécifiquement pour faciliter la prise de vue vidéo. Certains fonctionnent en permanence, d’autres doivent être activés selon la situation.
Prévisualisation de l’exposition
Le viseur ou le moniteur du Nikon Z affiche le rendu final en temps réel, avant de lancer l’enregistrement. Vous pouvez ajuster vitesse d’obturation, ouverture ou ISO et observer l’effet directement sur l’image. C’est l’un des avantages majeurs des hybrides par rapport aux reflex en vidéo : ce que vous voyez avant de tourner est exactement ce que vous allez enregistrer.
Autofocus vidéo
Le mode AF-C assure un suivi continu du sujet en mouvement. Le suivi des yeux fonctionne en vidéo sur la quasi-totalité des Nikon Z récents et maintient la netteté sur un visage même si la personne se déplace légèrement dans le cadre. Pour les plans statiques ou les scènes prévisibles, la mise au point manuelle avec le peaking actif reste plus précise et évite les décrochages d’AF dans les situations complexes.
Zébra
Le zébra surligne les zones surexposées sur l’écran avant et pendant l’enregistrement. Activez-le systématiquement en extérieur ou en contre-jour pour éviter de cramer un ciel ou un visage sans vous en rendre compte. Il vous donne une lecture directe des limites d’exposition sans avoir besoin d’interpréter un histogramme en temps réel.
Peaking
Le peaking surligne les contours nets en couleur sur l’écran lors de la mise au point manuelle. Particulièrement utile pour les plans rapprochés, les portraits ou les séquences où vous préférez garder la main plutôt que de faire confiance à l’autofocus.
Le profil Flat adoucit le contraste et préserve davantage d’informations dans les tons extrêmes. Il facilite l’harmonisation des plans au montage si vous débutez dans la correction colorimétrique.
Le N-Log pousse cette logique plus loin : il produit une image volontairement plate et désaturée, conçue pour l’étalonnage professionnel (comme le Picture Control neutre en photo). Il donne accès à une plage dynamique plus étendue, au prix d’une correction colorimétrique obligatoire. Sans cette étape, l’image N-Log rendue telle quelle est inexploitable.
Stabilisation IBIS
L’IBIS intégré des Nikon Z plein format stabilise efficacement les petits mouvements sur les plans fixes. Il atteint ses limites dès que vous vous déplacez : dans ce cas, une cage, une poignée ou un stabilisateur complètent avantageusement la stabilisation capteur.
L’exemple du Nikon Z6III
Le Nikon Z6III illustre l’étendue des possibilités vidéo des hybrides Nikon actuels. Voici ses caractéristiques techniques vidéo détaillées, avec ce que chacune signifie concrètement.
Note : les cadences réelles pour 240p, 200p, 120p, 100p, 60p, 50p, 30p, 25p et 24p sont respectivement de 239,76 / 200 / 119,88 / 100 / 59,94 / 50 / 29,97 / 25 / 23,976 vps.
Ce que cela signifie concrètement : la cadence 120p en 4K UHD vous permet de créer des ralentis x4 ou x5 en Full HD avec une fluidité parfaite. La définition 5,4K offre une marge de recadrage significative en post-production tout en conservant une image 4K finale.
L’enregistrement RAW interne sur le Z6III est une capacité rare à ce niveau de prix : il permet de travailler sur les données brutes du capteur en post-production, sans la compression d’un codec standard. Le résultat en étalonnage est nettement supérieur, au prix de fichiers beaucoup plus volumineux.
Formats de fichiers et options de compression
Formats disponibles : NEV (RAW Nikon), MOV, MP4.
N-RAW (12 bits) : format RAW propriétaire Nikon. Qualité maximale, fichiers très lourds, nécessite NX Studio ou DaVinci Resolve pour le traitement.
Apple ProRes RAW HQ (12 bits) : format RAW Apple. Compatible avec Final Cut Pro et DaVinci Resolve.
Apple ProRes 422 HQ (10 bits) : codec intermédiaire professionnel. Fichiers volumineux mais montage très fluide, étalonnage de qualité.
H.265 / HEVC (8 bits et 10 bits) : codec haute efficacité. Bon rapport qualité / taille de fichier pour la 4K. Le 10 bits offre une meilleure marge en étalonnage.
H.264 / AVC (8 bits) : codec standard, compatible avec tous les logiciels et plateformes. Fichiers plus lourds que le H.265 à qualité identique.
Options supplémentaires d’enregistrement vidéo
Time-lapse : capture de séquences à intervalles réguliers, assemblées en vidéo accélérée. Utile pour un coucher de soleil, l’évolution d’une scène urbaine ou un chantier.
Réduction de vibration électronique : stabilisation complémentaire à l’IBIS, active en permanence lors des déplacements à main levée.
Codes temporels : permettent de synchroniser image et audio lors du montage, notamment en configuration multi-caméra.
N-Log et HDR (HLG) : profils d’image offrant une plage dynamique étendue pour une meilleure gestion des hautes lumières et des ombres en post-production.
Moniteur de forme d’onde : affiche les niveaux de luminosité pour vérifier que l’exposition est correcte avant et pendant l’enregistrement. Plus précis que l’histogramme pour la vidéo.
Cadre REC rouge : indicateur visuel clair confirmant que l’enregistrement est en cours. Évite les oublis lors de prises importantes.
Zoom sur l’affichage pendant l’enregistrement (50 %, 100 %, 200 %) : permet de vérifier la mise au point en détail sans interrompre le tournage.
Enregistrement proxy : enregistre simultanément une version haute qualité et une version proxy légère. Facilite le montage sur des ordinateurs moins puissants, avant de rebrancher les fichiers haute qualité en export final.
Zoom haute résolution : zoom numérique permettant de recadrer sans changer d’objectif, avec une perte de qualité limitée grâce à la haute définition de départ.
Format d’enregistrement audio
La qualité audio est aussi plus déterminante encore que la qualité d’image. Un plan excellent avec un son mauvais est inexploitable. Les Nikon Zproposent deux formats d’enregistrement audio selon le conteneur utilisé.
PCM linéaire (48 KHz, 24 bits) : disponible pour les vidéos enregistrées au format NEV ou MOV. Qualité maximale, aucune compression audio. Idéal pour les interviews, les voix off ou toute prise de son destinée à être montée.
AAC (48 KHz, 16 bits) : disponible pour les vidéos enregistrées en MP4. Format compressé, plus léger. Suffisant pour les vidéos destinées aux réseaux sociaux ou à un usage web courant.
Options d’enregistrement disponibles : micro stéréo intégré ou externe, entrée ligne, sensibilité réglable, atténuateur, réponse en fréquence, réduction du bruit du vent.
Le microphone intégré des Nikon Z est utilisable en dépannage ou pour de la captation personnelle. Pour tout usage plus sérieux, un micro externe directionnel ou un micro-cravate améliore immédiatement la qualité sonore. C’est le premier accessoire à acquérir.
Accessoires vidéo pour Nikon Z
SmallRig 4520 Cage pour Nikon Z6III : solide, modulable, elle permet d’ajouter micro, moniteur ou éclairage. Idéale pour débuter la vidéo dans de bonnes conditions.
Nikon FTZ II Adaptateur monture Z : si vous possédez des objectifs en monture Nikon F, cet adaptateur vous donne accès à votre ancien parc tout en restant sur un hybride Z.
Atomos Moniteur Shinobi II : un moniteur externe vous permet de vérifier netteté et cadrage en temps réel — indispensable si vous filmez seul ou en auto-production.
NIKKOR Z DX 12‑28 mm f/3.5‑5.6 PZ VR : un zoom APS-C grand-angle motorisé léger et polyvalent pour débuter en vidéo, assez compact pour les travelling et les plans face caméra.
NIKKOR Z 28-135 mm f/4 PZ : un objectif transstandard pour hybrides plein format, avec zoom motorisé et variation de focale « Ease-in/ease-out » avec adaptation naturelle de la vitesse du zoom.
FAQ : vocabulaire et réglages vidéo Nikon Z
Quelle est la différence entre H.264 et H.265 sur un Nikon Z ?
H.265 (HEVC) compresse environ deux fois plus efficacement que H.264 à qualité équivalente. Choisissez H.265 pour filmer en 4K. H.264 reste plus compatible avec les anciens ordinateurs et les plateformes en ligne, mais produit des fichiers plus lourds à qualité identique. Si votre ordinateur et vos logiciels acceptent le H.265, préférez-le systématiquement.
Qu’est-ce que le N-Log sur les Nikon Z ?
Le N-Log est un profil d’image logarithmique qui enregistre une plage dynamique étendue en conservant le maximum d’informations dans les hautes lumières et les ombres. Il produit une image intentionnellement pâle et sans contraste, conçue pour être corrigée en étalonnage. Il est utile si vous maîtrisez un logiciel de correction colorimétrique comme DaVinci Resolve. Si vous débutez, choisissez le profil Standard ou Neutre : vous obtiendrez un meilleur résultat immédiat.
Quelle cadence vidéo choisir pour un rendu naturel ?
25p pour un rendu naturel en Europe (norme PAL). 24p donne un rendu légèrement plus cinématographique, souvent associé au cinéma. 50p est utile si vous souhaitez ralentir la séquence par deux au montage, ou pour les sujets en mouvement rapide. Au-delà de 100p, vous entrez dans le domaine du super-ralenti.
Pourquoi utiliser un filtre ND en vidéo ?
En vidéo, le temps de pose est contraint par la règle du 180°. En plein soleil, cette valeur fixe vous oblige à fermer le diaphragme pour ne pas surexposer, ce qui nuit à la qualité d’image ou vous prive d’une grande ouverture. Le filtre ND réduit la quantité de lumière entrante pour que vous puissiez maintenir le bon temps de pose et l’ouverture souhaitée, indépendamment de la luminosité ambiante.
Puis-je enregistrer la vidéo en RAW avec tous les Nikon Z ?
Non. L’enregistrement vidéo en N-RAW ou ProRes RAW est réservé aux boîtiers haut de gamme : Z6III, Z8, Z9, ZR. Les modèles d’entrée et de milieu de gamme proposent les codecs H.264 et H.265, qui restent largement suffisants pour la production courante et la grande majorité des usages.
Quelle est la différence entre 4:2:0 et 4:2:2 en pratique ?
Pour un usage web standard tel que YouTube, réseaux sociaux, diffusion en ligne, le 4:2:0 est tout à fait suffisant. La différence devient visible en étalonnage poussé : le 4:2:2 conserve plus d’informations de couleur, ce qui donne une plus grande marge de correction sans dégradation de l’image. Si vous étalonnez sérieusement votre vidéo, choisissez le 4:2:2 dès que votre boîtier le propose.
En conclusion
Maîtriser le vocabulaire vidéo, c’est comprendre pourquoi votre Nikon Z vous propose tel ou tel réglage, et ce que vous perdez ou gagnez selon vos choix. Codec, cadence, sous-échantillonnage, espace colorimétrique : ces notions ne sont pas réservées aux vidéastes professionnels. Elles sont les clés pour (enfin) comprendre ce que peut faire votre boîtier.
35 défis pour booster sa pratique photo d’Alexandra Sophie : sortez de votre routine créative
Vous enchaînez les sorties photo sans vraiment progresser ? Vous tournez en rond avec les mêmes sujets, les mêmes cadrages, les mêmes lieux et heures de prise de vue ? Votre appareil prend la poussière parce que vous manquez de motivation ? Si vous vous dites « oui, c’est ça » en lisant ces lignes, le livre d’Alexandra Sophie pourrait bien être le coup de pied aux fesses dont votre pratique photographique a besoin.
Publié chez Eyrolles, « 35 défis pour booster sa pratique photo » rejoint la collection des livres pratiques destinés aux photographes en quête de progression. Contrairement aux manuels techniques classiques, ce livre mise sur l’action et la créativité plutôt que sur la théorie pure.
EN BREF
Livre : 35 défis pour booster sa pratique photo Autrice : Alexandra Sophie Éditeur : Eyrolles Année : 2025 Pages : 157 (4 pages par défi) Prix : 20 € Public : Débutants et intermédiaires Format : Dos collé, maquette couleur
Une photographe qui assume son univers
Alexandra Sophie est photographe et réalisatrice. Elle a développé un univers visuel très personnel autour de la mode, de la beauté, de l’art et particulièrement du corps féminin et de la nature. Cette approche se voit dans tout le livre, ses photographies assument une esthétique sensible et une lumière travaillée.
Son travail a notamment été publié dans Harper’s Bazaar ou Vogue. Sur Instagram, elle partage régulièrement son approche de la photographie de portrait en lumière naturelle, ce qui se retrouve pleinement dans certains exemples du livre.
Si vous cherchez un ouvrage formaté « grand public neutre », passez votre chemin. Ici, on sent une patte, une direction artistique affirmée qui donne une vraie cohérence visuelle à l’ensemble.
Le principe : 35 défis pour réenchanter sa pratique
Le concept est simple mais efficace : 35 défis photographiques répartis en quatre grandes catégories (couleurs et lumières, composition et jeux graphiques, portrait figuratif, entre rêve et réalité).
Chaque défi occupe 4 pages et suit une structure identique : un titre accrocheur avec sous-titre, l’idée sous-jacente du défi, la mission concrète à réaliser, une description détaillée, des photos d’exemple et des astuces techniques pour y arriver.
J’ai particulièrement apprécié l’approche de l’autrice : pas de carnet de suivi, pas de planning imposé, pas de pression. J’y ai retrouvé un peu de « Slow photo » de Sophie Howart. L’objectif est de « réenchanter » votre vie photographique, comme de faire un état des lieux de votre pratique actuelle. Vous pourrez ensuite choisir librement entre les thèmes proposés ou vos propres idées basées sur ces thèmes.
Le message est clair dès l’introduction : pour réussir, prenez votre temps, coupez-vous des réseaux sociaux toxiques, et concentrez-vous sur votre plaisir photographique. Inutile de vous dire que je suis en phase avec elle, surtout en ce qui concerne les réseaux sociaux toxiques.
Quels défis photo allez-vous relever ?
Les 35 défis couvrent un spectre large, des classiques incontournables aux exercices plus créatifs. Sans reprendre la classification du livre, voici comment les distinguerais.
Les fondamentaux revisités : heure dorée, heure bleue, contre-jour, noir et blanc, photo de nuit, silhouettes. Ces défis permettent aux débutants de maîtriser les bases, mais on ne va pas se mentir, ce sont des sujets archi-connus que vous avez probablement déjà croisés dans d’autres ouvrages comme sur ce site
Les défis créatifs avancés : couleurs complémentaires, ton sur ton, flares assumés, hors-champ, expérimentation avec la mise au point, portrait sans visage. Ici, on monte d’un cran en complexité et en réflexion créative. J’ai aimé.
Les défis originaux : portraits d’animaux, l’art de la mise en scène, le chronomètre comme contrainte créative, « à travers » (jouer avec la transparence), réaliser une mini-série. Ces défis sortent des sentiers battus et offrent de vraies pistes d’exploration.
Chaque défi est accompagné de photographies de l’autrice qui illustrent le rendu attendu. La qualité d’impression est excellente, fidèle à ce que les éditions Eyrolles proposent, avec une maquette couleur qui met les images en valeur.
Les points forts du livre
Un format pensé pour l’action Chaque défi tient sur 4 pages (soit environ 140 pages de contenu pur sur les 157 pages du livre). Cette densité permet d’aller droit au but sans noyer le lecteur dans des explications interminables. Le reste du livre comprend l’introduction et quelques pages sur la démarche de l’autrice.
Des photographies motivantes : c’est le premier atout du livre. Les images d’Alexandra Sophie donnent vraiment envie de sortir son appareil. Son travail sur la lumière naturelle, les portraits en extérieur et l’univers féminin apporte une vraie personnalité à l’ouvrage.
Une belle qualité d’impression : à 20 euros pour 157 pages au format dos collé, la finition est soignée. Les couleurs sont fidèles, le papier agréable, et le format se glisse facilement dans un sac photo pour l’avoir toujours avec vous sur le terrain.
Les défis créatifs qui sortent du lot : même si certains défis sont des classiques, les propositions les plus originales (transparence, portrait sans visage, mise en scène, contrainte chrono) offrent de vraies pistes pour renouveler sa pratique.
Un ouvrage abordable : pas de pression, pas de rythme imposé, liberté totale dans le choix et l’ordre des défis. De plus, à 0,57 centime le défi, le rapport qualité-prix est honnête (!).
Pour qui est fait ce livre ?
Ce livre s’adresse clairement aux photographes débutants et intermédiaires qui cherchent des idées sans jamais les trouver, ou qui ont besoin d’un fil conducteur pour se remettre en action.
Si vous êtes dans une phase de stagnation créative, que vous ne savez plus pourquoi vous avez acheté un appareil photo, ou que vous voulez tester vos capacités à travers des exercices variés, ce livre remplira parfaitement son rôle.
En revanche, si vous êtes un(e) photographe avancé(e) à la recherche de techniques pointues ou d’analyses approfondies, vous risquez de trouver le contenu un peu léger. Et soyons honnêtes : le principe du livre-défis photo n’est pas nouveau, notamment chez Eyrolles avec la série des « 52 défis photo« .
Ce qui fait la différence ici, c’est vraiment l’univers photographique d’Alexandra Sophie et son approche particulière du portrait féminin en lumière naturelle.
Si vous avez déjà travaillé avec « Composez, réglez, déclenchez ! » de Anne-Laure Jacquart ou « L’âme d’une image » de David duChemin, ce livre sera un excellent complément pratique orienté exercices plutôt que théorie.
Questions fréquentes sur ce livre
Quel est le niveau requis pour « 35 défis pour booster sa pratique photo » ? Le livre s’adresse aux photographes débutants et intermédiaires (je n’aime pas l’expression amateur avancé). Les défis « classiques » (heure dorée, contre-jour) conviennent aux débutants, les défis créatifs (hors-champ, mini-série) challengeront les intermédiaires.
Faut-il suivre les 35 défis dans l’ordre ? Non, c’est justement la force du livre. Vous faites comme vous voulez, quand vous voulez. Les défis sont indépendants et vous pouvez les réaliser dans l’ordre qui vous inspire. L’autrice vous encourage même à créer vos propres défis en parallèle.
Combien de temps faut-il pour terminer tous les défis ? Il n’y a aucune contrainte de temps. Certains lecteurs feront un défi par semaine (soit 8-9 mois), d’autres préféreront en réaliser plusieurs rapidement puis faire une pause. L’approche est totalement libre.
Ce livre convient-il à tous les types de photographie ? Les défis couvrent principalement la photo de portrait, de paysage et la photographie créative en lumière naturelle. Si vous êtes plutôt orienté photo animalière, macro ou sport, ces défis seront moins pertinents pour votre pratique.
Quelle est la différence avec les autres livres « 52 défis photo » ? La principale différence réside dans l’approche visuelle d’Alexandra Sophie, centrée sur le portrait féminin et la lumière naturelle. Les photos d’illustration sont toutes de l’autrice, avec une vraie cohérence esthétique, contrairement à d’autres livres qui abordent des domaines plus classiques.
Mon avis sur « 35 défis pour booster sa pratique photo »
« 35 défis pour booster sa pratique photo » fait ce qu’on lui demande : offrir un support concret, visuellement inspirant, pour sortir de sa zone de confort photographique. Ce n’est pas un livre révolutionnaire dans son concept, mais l’autrice assume son positionnement et l’éditeur propose une impression soignée .
Le format 15×21 est idéal pour glisser le livre dans le sac et le consulter avant une sortie photo. Ce qui fait la vraie valeur ajoutée, c’est l’approche visuelle d’Alexandra Sophie et sa capacité à montrer plutôt qu’à expliquer.
Je vous le recommande si : vous manquez d’inspiration, vous cherchez un cadre bienveillant pour progresser, vous aimez l’esthétique du portrait en lumière naturelle.
Passez votre chemin si : vous êtes photographe avancé(e), vous cherchez de la technique pure, vous possédez déjà un livre de défis photo similaire.
« 35 défis pour booster sa pratique photo » par Alexandra Sophie – Éditions Eyrolles – 157 pages – 20 €
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Correction d’exposition : comment sous-exposer ou sur-exposer pour des photos créatives
L’automatisme de votre appareil photo vous permet de régler l’exposition pour que vos photos soient bien exposées. Il doit être capable de vous donner de bonnes photos et de déjouer les principaux pièges. En modifiant le réglage d’exposition, vous pouvez toutefois faire plus de photos créatives, voici comment.
Résumé rapide : En sous-exposant légèrement, vous évitez de brûler le ciel, vous renforcez le contraste et vous donnez plus de présence aux nuages. En testant plusieurs valeurs, vous choisissez l’ambiance qui correspond à votre intention. Et si vous travaillez en RAW, cette maîtrise dès la prise de vue vous offre plus de latitude pour affiner le rendu au développement. L’exposition devient alors un choix créatif autant qu’une décision technique.
Corriger l’exposition pour obtenir le rendu que vous cherchez
Correction d’exposition, définition : la correction d’exposition est le réglage qui permet de décaler volontairement l’exposition calculée par l’appareil photo. Elle s’exprime en valeurs d’exposition (EV ou IL). Une correction de –1 EV réduit la luminosité d’un facteur 2. Une correction de +1 EV la double. Elle s’applique en conservant un ou deux paramètres du triangle d’exposition constants.
Principe de base de l’exposition
La bonne exposition d’une photo est la combinaison de trois réglages :
le temps de pose,
l’ouverture,
la sensibilité ISO.
En combinant ces réglages de la meilleure façon, la mesure de lumière automatique de votre appareil photo vous donne l’exposition idéale. “Idéale” signifie que votre photo n’est ni trop claire, ni trop sombre.
Si le ciel est lumineux il ne doit pas être pour autant brûlé. Si les ombres sont très sombres, elles ne doivent pas être bouchées. Le sujet principal doit être agréable à regarder.
Ce fonctionnement par défaut de votre appareil photo est celui que vous utilisez la plupart du temps. Mais régler l’exposition ne se limite pas à faire des photos correctement exposées. D’ailleurs que signifie “correctement exposées” ?
Comment fonctionne la correction d’exposition
La correction d’exposition consiste à modifier volontairement la valeur d’exposition calculée par l’automatisme de l’appareil photo, en sous-exposant ou en sur-exposant de façon délibérée. Ce réglage, exprimé en valeurs d’exposition (EV), permet d’adapter l’ambiance, le contraste et la lisibilité d’une scène selon l’intention photographique, et non selon ce que la mesure automatique juge « correct ».
Utiliser le triangle d’exposition pour ajuster la lumière
C’est le principe du triangle d’exposition, un des trois réglages joue sur la luminosité de la photo, les deux autres restant égaux par ailleurs.
Pour corriger l’exposition, utilisez le correcteur d’exposition. Sur la plupart des appareils photo il s’agit d’une molette à tourner, d’un bouton sur lequel appuyer avant de tourner la molette, ou d’une touche particulière. Consultez le mode d’emploi de votre appareil photo pour trouver comment faire.
Quand corriger l’exposition : 5 situations fréquentes
Scène très contrastée (paysage avec ciel lumineux + premier plan sombre)
Contre-jour ou silhouette
Ambiance dramatique ou ciel gris (lever/coucher de soleil, nuages sombres)
Hautes lumières critiques à préserver (nuages, ciel, reflets)
Pour favoriser les détails dans les ombres quand vous prévoyez un post-traitement RAW
Photos de paysage : choisir la bonne exposition selon la lumière
Exposition automatique : ce que l’appareil interprète
Correction d’exposition : 0 Ev (mesure matricielle automatique Nikon Z 6II)
La photo de paysage ci-dessus a été faite en hiver, vous voyez que le ciel est très lumineux avec des zones brûlées tandis que le champ est peu éclairé. La difficulté ici est d’ajuster l’exposition pour que le ciel ne soit pas trop blanc, et que les détails du champ soient bien visibles.
A la limite du ciel et de la terre vous apercevez un arbre. Ses branches se superposent au ciel, provoquant un effet silhouette qui peut avoir de l’intérêt sur le plan graphique. La colline en arrière-plan n’est que très peu visible.
Au premier plan, la barrière et les poteaux marquent l’espace. C’est un élément graphique à prendre en considération dans le rendu final de la photo.
La valeur moyenne de mesure de lumière donnée par l’automatisme permet de conserver du détail dans le ciel comme dans le champ. Les nuages sont visibles, mais la zone brûlée est importante. L’herbe et les poteaux sont visibles aussi, bien que l’ensemble manque de détail.
C’est une photo correctement exposée au sens de l’automatisme mais bien fade. En corrigeant l’exposition, vous pouvez lui donner un tout autre rendu.
Sous-exposition : –1 EV et –2 EV pour récupérer le ciel
Correction d’exposition : -1 Ev
Sur ce deuxième exemple, j’ai sous-exposé d’1 Ev en changeant le temps de pose, à ouverture (f/8) et ISO 100 constants. La photo est plus sombre, il y a plus de détails dans le ciel, les nuages sont plus visibles. Les zones brûlées sont moins importantes. Le champ est plus sombre, il est plus difficile d’apercevoir les poteaux, de même que les détails dans l’herbe.
Cette version m’intéresse car les motifs créés par les nuages sont plus intéressants. L’ambiance plus sombre me plaît mieux également.
Le champ au premier plan reste toutefois trop sombre pour que le résultat me convienne.
Correction d’exposition : -2 Ev
Pour ce troisième exemple j’ai sous-exposé de 2 Ev. Le premier plan est très sombre, les détails ne sont presque plus visibles. La matière dans le ciel, apportée par les nuages, devient intéressante. La zone brûlée est réduite et la limite entre le ciel et la terre est très graphique.
Cela peut être intéressant, mais le rendu global est encore bien trop sombre.
Sous-exposition poussée : –3 EV et dynamique du capteur
Correction d’exposition : -3 Ev
Pour pousser l’exercice jusqu’au bout, j’ai appliqué ici une correction d’exposition de -3 Ev. Si le premier plan est complètement sombre, le ciel prend une nouvelle apparence. Les nuages noirs prédominent, le soleil apparaît derrière les nuages. C’est la zone très lumineuse précédente qui n’est presque pas brûlée ici.
Cela démontre au passage la capacité du capteur à encaisser les hautes lumières. Faites l’essai avec votre appareil photo pour voir jusqu’où il sait aller en matière de dynamique. Je ne conserverai pas cette version en l’état, mais le ciel m’intéresse.
Pour aller plus loin : vérifiez toujours l’histogramme. Si, en sous-exposant, vous voyez que les hautes lumières ne sont pas cramées et que l’histogramme n’est pas « clipé » à droite, c’est un bon signe. Vous évitez de perdre des détails irréversiblement. A contrario, une exposition « à droite » bien mesurée (sans écrêtage) vous donnera un maximum d’information dans les ombres — idéal si vous shootez en RAW.
Sur-exposition : +1 EV et +2 EV pour éclaircir le premier plan
Correction d’exposition : +1 Ev
Pour cette cinquième version de la photo, j’ai appliqué une correction d’exposition de + 1 Ev. Le rendu est totalement différent.
Le premier plan est lumineux, les détails dans l’herbe très visibles, les poteaux de la barrière aussi.
À la frontière de la terre et du ciel vous percevez de nombreux détails dans les arbres et les branchages, de même que la colline au fond. Le ciel est par contre très lumineux, cette masse claire plombe la photo, elle n’est pas intéressante en l’état.
Correction d’exposition : +2 Ev
Afin de voir ce que je pouvais espérer de cette scène et de cette lumière, j’ai ici exposé à + 2 Ev. Le ciel est bien plus blanc, brûlé en grande partie. La matière des nuages n’est plus visible, son intérêt graphique est perdu.
Le champ est lui très lumineux, trop à mon goût. L’ambiance générale de la photo est très différente. Il est presque difficile de se croire en plein hiver. Je ne garderai pas non plus cette version, mais cette belle luminosité du premier plan m’intéresse.
En pratique : 3 étapes pour corriger l’exposition sur le terrain
Observez la scène et identifiez la zone prioritaire (ciel, sujet, premier plan).
Déclenchez à 0 EV, puis consultez l’histogramme ou les zones cramées.
Ajustez par paliers de 1/3 EV jusqu’à obtenir le rendu souhaité, en testant au moins une valeur négative et une valeur positive.
Comment utiliser la correction d’exposition sur le terrain
Lorsque je déclenche, j’utilise la correction d’exposition comme un outil créatif simple. Selon la scène, elle change tout. Voici quelques situations typiques dans lesquelles vous pouvez en profiter.
PAYSAGE AVEC CIEL LUMINEUX Face à un ciel trop clair, une correction de -1 EV suffit souvent à révéler du relief dans les nuages et à densifier l’ambiance. À f/8, ISO 100, vous gagnez un ciel plus expressif sans assombrir exagérément le premier plan.
PORTRAIT EN CONTRE-JOUR Ici c’est l’inverse : si vous exposez « normalement », le visage se retrouve souvent trop sombre. En ajoutant +1 EV ou +1,3 EV, vous éclairez le sujet sans perdre toute la dynamique du fond. Par exemple f/2,8, ISO 200, +1 EV pour garder un visage lisible.
SCÈNE DE NUIT En ville, l’automatisme surexpose souvent les façades ou les lampadaires. Un –1 EV ou –2 EV évite que les hautes lumières soient cramées et vous garde du détail dans les zones éclairées. À f/4, ISO 1600, –1 EV donne déjà un rendu plus fidèle.
LUMIÈRE DOUCE EN FIN DE JOURNÉE Cette lumière flattera votre scène, mais peut conduire le boîtier à sous-exposer légèrement. Dans ce cas, ajouter +0,3 EV ou +0,7 EV suffit à donner plus de présence au sujet sans trahir l’ambiance douce. Par exemple f/5,6, ISO 200, +0,7 EV.
LUMIÈRE DURE EN PLEIN SOLEIL Au contraire, la lumière peut être violente et le contraste très fort. Pour éviter de cramer les hautes lumières, réduisez l’exposition à –0,7 EV ou –1 EV. À f/11, ISO 100, –1 EV protège les détails et simplifie la scène.
Attention : ces ajustements ne sont pas des règles, ce sont des points de départ fiables. Ils vous aident à « sentir » ce que le correcteur d’exposition permet, et à développer progressivement votre propre signature.
En procédant ainsi, par variations successives du réglage d’exposition dans un sens comme dans l’autre, je peux analyser la scène. La sous-exposition m’informe sur les détails disponibles dans les zones très lumineuses, la sur-exposition me donne de l’information sur les détails disponibles dans les zones sombres.
Le capteur de mon appareil photo n’est pas capable d’enregistrer l’ensemble de cette plage dynamique, c’est normal. Mais en corrigeant l’exposition, et en travaillant le rendu final en post-traitement, je vais pouvoir adapter le rendu final de l’image à mes envies.
Tableau récapitulatif des effets de la correction d’exposition
Situation
Ce qui se passe sans correction
Effet de la correction d’exposition
Résultat sur l’image
Paysage avec ciel clair
Ciel trop lumineux, peu de texture
Sous-exposition –1 EV
Densité accrue, nuages plus visibles
Paysage très lumineux
Partiellement surexposé, ciel brûlé
Sous-exposition –2 EV
Ciel récupéré, contraste renforcé
Variations d’ambiance dans un même paysage
Une seule exposition n’équilibre pas toute la scène
Tester 0 / –1 / –2 EV
Sélection du rendu le plus adapté à l’intention
Recherche d’une atmosphère marquée
Exposition standard trop neutre
Ajustement fin de l’exposition
Ambiance plus personnelle et expressive
Image destinée au traitement RAW
Risque de hautes lumières irrécupérables
Sous-exposition légère
Meilleure marge de récupération au développement
Chaque fois que vous êtes confronté à une scène comme celle-ci, avec un écart important entre hautes et basses lumières, n’hésitez pas à régler l’exposition en la décalant. Cela vous permet de distinguer ce qu’il est possible de voir dans les zones claires comme dans les zones sombres.
Si vous utilisez un hybride, ajustez l’exposition avant la prise de vue, visualisez le résultat dans le viseur, et choisissez la valeur qui vous convient.
Si vous utilisez un reflex, faites plusieurs photos en corrigeant l’exposition et regardez sur l’écran arrière le résultat qui vous convient le mieux.
Dans les deux cas, utilisez le format RAW pour pouvoir corriger en post traitement. C’est ce que nous allons faire maintenant.
Complément : RAW vs JPEG
Si vous shootez en RAW, la correction d’exposition offre une marge très confortable en post-traitement. Vous pouvez souvent récupérer des détails dans les ombres ou les hautes lumières. En revanche, en JPEG, l’exposition « juste » devient plus cruciale : un ciel cramé ou des ombres bouchées seront bien plus difficiles à rattraper.
RAW et traitement : affiner l’exposition au développement
Pourquoi partir d’une version sous-exposée
Pour corriger l’exposition, selon vous, de quelle version je vais partir ?
J’ai choisi de partir de la version sous-exposée -2 Ev. C’est un choix personnel, vous pourriez en faire un autre, j’ai pris cette version car elle me permet de récupérer un maximum de détails dans le ciel sans rien perdre dans le premier plan.
C’est une décision que j’applique systématiquement sur les paysages à fort contraste : exposer pour préserver les hautes lumières, puis récupérer les ombres en post-traitement. Lightroom Classic récupère facilement 2 à 3 EV dans les ombres d’un fichier RAW Nikon sans dégradation visible. Ce n’est pas le cas pour les hautes lumières écrêtées : une fois cramées, elles sont perdues.
Ajuster l’exposition du ciel en premier
Dans un premier temps j’ajuste l’exposition sur le ciel, j’augmente l’exposition pour récupérer de la matière dans les nuages sans trop éclaircir la zone très claire. Je la travaille à part pour en diminuer les hautes lumières j’assume le fait que le soleil soit brûlé, il y a une logique.
Récupérer les détails du premier plan
Dans un second temps, j’ajuste le premier plan en remontant l’exposition. Je diminue le réglage des ombres, pour faire apparaître du détail au tout premier plan, avant la barrière.
Équilibrer la zone intermédiaire de l’image
Ce premier résultat ne me satisfaisant pas encore, j’ajuste l’exposition sur la partie intermédiaire entre la barrière et les arbres. Ceci me permet au passage de récupérer du bleu dans le ciel à la limite entre ciel et terre. La partie droite de l’image s’éclaircit.
Ajuster couleurs, clarté et contrastes pour finaliser le rendu
La zone gauche sous l’arbre étant encore bien sombre je l’éclaircis elle-aussi en faisant en sorte de faire le lien avec la zone précédente. J’aurais pu traiter toute cette zone en une seule fois, mais je trouve plus simple de le faire en deux passages, la précision est plus grande.
Il ne me reste plus qu’à ajuster les couleurs. Je renforce les verts et bleus en augmentant la luminance de ces teintes. Pour finir, j’augmente légèrement la clarté sur l’ensemble de l’image, cela joue sur l’accentuation pour renforcer les détails. Quelques points de vibrance me permettent de renforcer les zones bleues sombres du ciel.
FAQ : correction d’exposition et exposition créative
Faut-il corriger l’exposition sur chaque photo ?
Non. Sur une scène uniforme et bien éclairée, l’automatisme est fiable. La correction d’exposition devient utile dès que la scène présente un fort contraste, un contre-jour, un ciel très lumineux ou que vous cherchez une ambiance particulière. En paysage, c’est plus souvent la règle que l’exception.
Quelle différence entre correction d’exposition et réglage manuel ?
En mode manuel, vous fixez vous-même les trois paramètres du triangle d’exposition. La correction d’exposition s’utilise en mode semi-automatique (priorité ouverture ou priorité temps de pose) : vous décalez la valeur calculée par l’appareil sans tout rerégler. C’est plus rapide sur le terrain.
Pourquoi sous-exposer plutôt que récupérer le ciel en post-traitement ?
Parce qu’une haute lumière écrêtée est irrémédiable, même en RAW. Si vous shootez à 0 EV et que le ciel est brûlé, aucun logiciel ne récupérera l’information perdue. En sous-exposant de 1 à 2 EV, vous conservez cette information et vous la restituez au développement.
Peut-on corriger l’exposition en travaillant en JPEG ?
Oui, mais avec des marges bien plus étroites. Le JPEG applique une compression irréversible : il reste peu de latitude pour récupérer les ombres ou les hautes lumières. En JPEG, la précision de la correction à la prise de vue est donc plus critique qu’en RAW.
Comment savoir si j’ai bien corrigé l’exposition sans regarder l’écran de mon appareil ?
Utilisez l’histogramme en temps réel (viseur électronique sur un hybride) ou après la prise de vue. Un histogramme décalé vers la droite sans coupure indique une bonne gestion des hautes lumières. Une coupure à droite signale un écrêtage : revenez en arrière d’1/3 EV.
Conclusion : corrigez l’exposition pour créer votre propre rendu
La démarche mise en œuvre ici m’a permis de passer d’une photo faite en mode automatique à une photo au rendu personnalisé.
Avant – Après
Certains préféreront le rendu d’origine, d’autres apprécieront cette version plus lumineuse. Peu importe. Ce que je cherche à vous montrer, c’est que régler l’exposition vous permet de faire des photos créatives aisément.
Cette photo aurait peut-être mérité un autre traitement, une fusion HDR… toutes les solutions ont un intérêt. Régler l’exposition à la prise de vue reste toutefois le plus simple à faire, même si vous ne faites pas de post-traitement final.
Si vous êtes adepte du format JPG à la prise de vue, corriger l’exposition à votre convenance est une bonne façon de faire des photos créatives qui ne seront pas « celles des autres ».
Quand le ciel gris est l’ami des photographes
Alors que la météo enchaînait les caprices, j’ai décidé de sortir lui tenir tête. Un appareil photo comme témoin, et à nous deux, le ciel gris. Au retour, parmi les quelques images capturées, celles-ci m’ont touché plus que les autres. La raison ? Ce qu’évoquait ce ciel gris, ce que j’avais vécu pendant la sortie, et mon envie de montrer la ville autrement que sous son visage habituel.
Le ciel gris est souvent le cauchemar des photographes qui ne jurent que par les ciels bleus. Pourtant, lorsque les nuages sont de la partie, que le ciel se pare de différentes teintes et affiche un joli contraste entre zones lumineuses et zones sombres, c’est le moment que je préfère pour sortir.
« Le ciel gris est mon ami » pourrais-je dire. Ce qui tombe bien en automne, ou à l’approche de l’hiver, alors que le soleil se cache plus souvent que nous l’aimerions. C’est pourquoi savoir profiter de ces ambiances particulières, sombres, chargées, surtout en ville, est une pratique que je ne peux que vous recommander.
Rendre l’ambiance, plus que montrer la scène
Dans ma série de lettres photos sur le programme DESTINATION PHOTO, je parle du traitement à appliquer aux images. Celles que vous voyez ici ont subi un traitement rapide ayant pour seul but de renforcer cette ambiance chargée. Une fois la prise de vue terminée, j’utilise un de mes presets Lightroom personnalisés. Il joue sur le profil des fichiers (un des profils disponibles sur mon appareil photo) puis corrige légèrement la colorimétrie de l’image. Pour rendre l’ambiance encore plus pesante, j’ajoute un zeste de clarté et de texture.
Je vous laisse regarder ces images. Intéressez-vous à ce qu’elles vous évoquent, au-delà des apparences. Qu’y voyez-vous ? A quoi vous font-elles penser ? Peut-être que, comme moi, vous y trouverez cette complicité discrète que seul un ciel gris peut vous offrir.
Comment ajouter une bordure dans Lightroom Classic
Une de vos photos vous plaît, vous aimeriez la présenter sur Instagram ou votre site web. Pourquoi ne pas lui donner de l’espace pour mieux la mettre en valeur ? Mais voilà, Lightroom Classic ne propose aucun outil direct pour ajouter une bordure. Pas de contour, pas de taille de fond étendue comme dans Photoshop. Heureusement, il existe une méthode simple pour y arriver dans Lightroom Classic. Voici comment faire.
À RETENIR Lightroom Classic ne peut pas créer une bordure en pixels ou en pourcentage. La seule solution interne repose sur le module Impression, qui génère une image finalisée en simulant une mise en page. C’est une méthode fiable, rapide et suffisante pour la majorité des usages photo et web.
Pourquoi ajouter une bordure dans Lightroom Classic ?
La bordure, souvent blanche, n’est pas qu’un choix esthétique. Elle sert à structurer la présentation d’une photo, à renforcer le contraste sur fond sombre. C’est aussi un moyen efficace de valoriser une série.
Sur Instagram, la bordure a un autre avantage : elle permet de respecter le ratio d’image de votre photo sans subir le recadrage sauvage imposé par le réseau. Il n’y a rien de pire que de cadrer avec soin une image pour la voir recadrée arbitrairement selon les bons vouloirs d’une plateforme peu respectueuse de ses utilisateurs.
C’est aussi une astuce très utilisée pour afficher une photo plein cadre sur un site web ou dans un portfolio sans que l’arrière-plan de la page interfère avec la perception de l’image.
Ce que Lightroom permet… et ce qu’il ne permet pas
C’est l’une des questions les plus fréquentes parmi les utilisateurs de Lightroom Classic.
Le module Développement ne permet pas de modifier la zone de travail autour de l’image, ce qui explique pourquoi les utilisateurs cherchent souvent une solution alternative pour ajouter un cadre ou une marge.
Le seul recours, dans l’environnement Adobe, est d’ouvrir la photo dans Photoshop, d’ajouter la bordure, puis de récupérer le fichier dans Lightroom.
Encore faut-il disposer de Photoshop. Avec l’augmentation des tarifs de l’abonnement Creative Cloud pour la photo, vous vous êtes peut-être tourné vers la formule Lightroom Classic 1 To, dont le prix reste raisonnable. Vous gagnez en espace de stockage, mais vous perdez Photoshop au passage.
Si vous êtes dans ce cas, ou si vous estimez que passer par Photoshop pour « juste » ajouter une bordure est une étape de trop, voici comment vous en sortir sans quitter Lightroom Classic.
Tout repose alors sur la mise en page du module Impression, via les marges et la taille de la cellule.
Cela peut surprendre au début, mais une fois la logique comprise, ajouter une bordure devient simple, reproductible et parfaitement intégré au flux Lightroom.
La méthode Lightroom Classic : le module Impression
C’est la seule méthode interne permettant de générer une image JPEG contenant réellement une bordure autour de la photo.
Ce procédé fonctionne avec toutes les versions de Lightroom Classic, même les plus anciennes, car le module Impression n’a pratiquement pas changé depuis ses débuts.
Étape 1 Sélectionnez la photo concernée. Passez dans le moduleImpression.
Module d’impression de Lightroom Classic
Étape 2 En bas à gauche, ouvrez Mise en page… Choisissez un format, par exemple A4. Ce réglage définit la surface finale du JPEG.
Étape 3 Dans le panneau droit, sous Style de disposition, choisissez « Une seule image / planche contact ». Décochez les trois cases de l’onglet Paramètres d’image. Dans l’onglet Disposition, définissez vos marges. Ce sont elles qui créent la bordure. L’image vient ensuite se placer dans la cellule centrale.
Étape 4 Dans l’onglet Page, choisissez la Couleur d’arrière-plan de la page. C’est elle qui définit la couleur de la bordure. Pour cet exemple, j’ai choisi le blanc.
Étape 5 Dans Travaux d’impression, choisissez Imprimer vers : Fichier JPEG. Sélectionnez une résolution élevée, par exemple 300 ppp. Cochez Netteté d’impression : standard. Choisissez Qualité JPEG : 100.
Générez le fichier en cliquant sur Impr. dans fichier….
Lightroom crée alors un fichier JPEG dans lequel la bordure blanche fait partie intégrante de l’image finale. Cette image peut ensuite être utilisée sur votre site, Instagram, Flickr ou dans une galerie web Lightroom.
EXEMPLE DE RÉGLAGE Pour obtenir une bordure blanche visible avec un format carré pour Instagram, essayez :
- dans Travaux d'Impression/ Dimensions de fichier personnalisées : 250 mm x 250 mm - Marges : 0 mm tout autour - Taille des cellules : 235 mm
Cette configuration maximise votre photo dans un cadre carré tout en ajoutant un filet blanc régulier.
Comprendre la logique de la bordure dans Lightroom
Lightroom n’affiche jamais la taille finale en pixels. Pourquoi ? Parce que le module Impression fonctionne comme un pilote virtuel : vous définissez une page, Lightroom y place la photo, puis génère un JPEG correspondant à la page entière.
Ce fonctionnement est différent du module d’export. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’un export à proprement parler, mais d’une génération de fichier JPEG.
La largeur de la bordure dépend donc de deux éléments :
la taille de la page (A4, A3, etc.),
les marges et la taille de la cellule.
Cette logique n’est pas intuitive, mais elle devient parfaitement maîtrisable dès que vous êtes à l’aise avec les marges.
Quand cette méthode est-elle idéale ?
Pour ajouter une bordure propre, élégante et régulière sans quitter Lightroom.
Pour préparer une planche test, une image de portfolio, une photo destinée à un site web ou un tirage rapide.
Pour obtenir un rendu « cadre blanc » sans passer par un logiciel externe.
Limites de cette méthode
Cette technique ne permet pas de choisir une bordure exprimée en pixels exacts. Lightroom Classic ne sait produire qu’un fichier basé sur la page définie dans le module Impression.
Si vous avez besoin d’une bordure très précise en pixels pour un format strict, il faudra utiliser un logiciel externe.
FAQ : ajout d’un cadre autour d’une photo avec Lightroom Classic
Peut-on ajouter une bordure en restant dans le flux Lightroom ? Oui, tant que vous utilisez le module Impression. C’est la seule solution interne permettant d’ajouter une marge autour de votre photo sans ouvrir Photoshop. Vous restez donc 100 % dans le flux Lightroom Classic, avec une mise en page reproductible et un JPEG final contenant la bordure.
Comment ajouter une bordure dans Lightroom Classic ? Il faut utiliser le module Impression, ajuster les marges et exporter la page en JPEG via « Imprimer vers : Fichier JPEG ». Lightroom ne propose aucune autre méthode interne.
Puis-je choisir la largeur de la bordure en pixels ? Non. Lightroom Classic ne travaille pas en pixels dans le module Impression. La largeur dépend du format de page et des marges que vous définissez.
La bordure sera-t-elle visible après export ? Oui. Le JPEG généré contient la bordure telle qu’elle apparaît dans la mise en page du module Impression.
Pourquoi Lightroom n’a-t-il pas d’outil de cadre ? Parce que le module Développement n’a jamais été conçu comme un outil de mise en page. Seul le module Impression permet d’ajouter une bordure via une page virtuelle.
Est-ce que cela fonctionne pour plusieurs photos en même temps ? Oui. Il suffit de sélectionner plusieurs images avant d’ouvrir le module Impression. Toutes seront exportées avec la même mise en page.
Mon retour de formateur
La grande majorité des photographes que j’accompagne dans l’apprentissage de Lightroom Classic veulent juste une présentation élégante, facile à reproduire, sans s’éparpiller entre plusieurs outils.
Le module Impression répond parfaitement à cette demande. Il est stable, cohérent, intégré au flux Lightroom Classic, et permet de générer un JPEG final propre, prêt à être partagé ou imprimé.
Autre avantage : une fois votre mise en page définie, vous pouvez la sauvegarder sous forme de modèle utilisateur pour la réutiliser ultérieurement, sans avoir à tout réajuster.
De même, vous pouvez ajouter des bordures à plusieurs photos en les sélectionnant toutes au préalable. Le principe de traitement par lots de Lightroom Classic reste opérationnel. Si vous avez de nombreuses photos pour lesquelles vous souhaitez ajouter une bordure, c’est un gain de temps appréciable.
Il faut simplement accepter la logique de cette méthode : on ne crée pas une bordure en pixels, on crée une mise en page.
Pour conclure
Lightroom Classic ne propose pas de bordure « à la demande », mais son module Impression permet d’obtenir un résultat propre, esthétique et totalement exploitable.
Une fois vos réglages créés, vous pourrez reproduire votre cadre en un clic, pour conserver une cohérence visuelle dans vos présentations.
Vous venez d’apprendre à ajouter une bordure. Parfait. Mais si vous voulez vraiment maîtriser Lightroom Classic… ce n’est que la surface.
Pour tout le reste — ce qui fait gagner du temps, ce qui évite les erreurs coûteuses, ce qui transforme des heures de tâtonnements en minutes de maîtrise — tout est ici :
Histoire Nikon | Épisode 10 : Nikon, NASA et la conquête spatiale
Cet article fait partie de la série documentaire en 11 épisodes consacrée à l’histoire de Nikon. Quand Nikon monte en orbite, l’histoire de la photographie change d’échelle. Depuis 1971, la NASA fait confiance à la marque japonaise pour documenter ses missions, du programme Apollo aux programmes modernes comme Artemis. Exigences extrêmes, innovations uniques et boîtiers légendaires, voici comment Nikon est devenu le leader de l’espace.
Dès 1971, Nikon devient l’interlocuteur unique de la NASA pour la photographie. La conquête spatiale entre alors dans une nouvelle phase : après les premiers pas sur la Lune, il faut documenter la vie en orbital, les sorties extra-véhiculaires, les réparations, les expériences scientifiques.
Nikon fournit alors un boîtier très particulier : un Nikon F spécialement modifié, motorisé, sécurisé et entièrement adapté aux conditions extrêmes du vide spatial.
La NASA ne veut prendre aucun risque : coupe-circuits, verrous spéciaux, matériaux résistants aux chocs thermiques, documentation rigoureuse. C’est le début d’un partenariat de confiance qui durera plus d’un demi-siècle.
Le Nikon F NASA : un boîtier unique au monde
Pour les missions Apollo tardives, Nikon développe quelques exemplaires d’un Nikon F motorisé, conçu pour être utilisé avec des gants épais, sans rembobinage manuel et avec des sécurités électriques inédites.
Aucun autre boîtier Nikon ne possède ce type de coupe-circuits, ajoutés pour éviter toute étincelle dans une atmosphère en oxygène pur : un risque mortel pour les astronautes.
Produit à très faible tirage, ce Nikon F NASA reste l’un des boîtiers les plus rares jamais construits par la marque.
Le Nikon F2 ne volera jamais… place au Nikon F3
Alors que le F2 aurait pu prendre la relève, Nikon juge le modèle trop récent pour les normes NASA. Le partenariat reprend directement avec le Nikon F3, conçu dès 1980 pour les missions orbitales, la navette spatiale et le laboratoire Spacelab.
Préparé avec une minutie extrême, le F3 NASA se distingue par :
des commandes surdimensionnées pour l’usage avec gants,
une typographie agrandie pour compenser la perte d’acuité visuelle en microgravité,
un verrouillage de la mise au point sur l’infini,
des objectifs spéciaux (UV, 55, 105, 35 f/1.4…), souvent produits à la demi-douzaine.
Chaque boîtier est numéroté, documenté, suivi, photographié. La NASA trace tout : optique, boîtier, moteur, poignée, viseur. Certains de ces appareils peuvent être admirés au Nikon Museum de Tokyo.
Small Camera et Big Camera : le F3 dans toutes les configurations
Le Nikon F3 NASA existe en deux versions :
Small Camera : le modèle standard, utilisé avec des films adaptés permettant parfois jusqu’à 72 vues.
Big Camera (F3 250) : version rarissime équipée d’un dos grande capacité permettant jusqu’à 500 vues d’affilée avec des films spécifiques à faible épaisseur. Seulement 13 exemplaires auraient été fabriqués.
Cette configuration était essentielle pour les opérations documentaires : inspection de la navette, relevés de surface, réparations, photographies structurelles.
Les images étaient ensuite scannées et envoyées directement sur Terre pour analyse.
L’arrivée du numérique : D1, D3, D4, D5… puis Z9 en 2024
À partir des années 1990, les systèmes numériques simplifient grandement la transmission des images. La NASA adopte successivement :
les systèmes DCS (Kodak/Nikon)
le Nikon D1
le Nikon D3
le Nikon D4
le Nikon D5
En janvier 2024, un lot de Nikon Z9 rejoint la Station Spatiale Internationale (ISS) grâce à SpaceX. Des optiques Z montent également à bord, accompagnées de bagues FTZ pour conserver les téléobjectifs en monture F, encore indispensables.
Artemis : Nikon prépare son retour sur la Lune
En février 2024, Nikon annonce que la mission Artemis, qui marquera le retour de l’humanité sur la Lune, sera photographiée au Nikon Z9.
Des firmwares spécifiques sont déjà prévus : gestion thermique, sécurité électrique, utilisation avec gants, modes adaptés aux environnements extrêmes.
La boucle est bouclée : 50 ans après Apollo, Nikon se prépare à poser de nouveau l’œil de l’humanité sur la Lune.
Thierry Ravassod, témoin d’un pan méconnu de l’histoire Nikon
Dans cet épisode, Thierry Ravassod dévoile des informations, des anecdotes et des pièces rares issues de son musée Nikon. Son expertise éclaire une période exceptionnelle où situations inédites et conditions extrêmes sont les moteurs de l’innovation.
FAQ : Nikon et la NASA
Nikon a-t-il vraiment fabriqué des boîtiers spécifiques pour la NASA ? Oui. Nikon a conçu des versions spéciales du Nikon F et du Nikon F3, puis des reflex numériques et désormais de l’hybride Nikon Z9 avec commandes agrandies, interrupteurs sécurisés et optiques dédiées.
Qu’est-ce que le Nikon F3 “Big Camera” ? Une version rare équipée d’un dos grande capacité permettant jusqu’à 500 vues avec films spéciaux à faible épaisseur.
Quels boîtiers Nikon sont utilisés aujourd’hui dans l’espace ? La NASA utilise désormais des Nikon Z9, accompagnés d’optiques Z et de bagues FTZ pour les téléobjectifs en monture F.
Le Nikon F2 est-il allé dans l’espace ? Non. Nikon ne l’a jamais certifié pour les missions, la NASA est passée directement du Nikon F au Nikon F3.
Les Nikon F NASA sont-ils visibles aujourd’hui ? Oui, certains sont exposés au Nikon Museum de Tokyo, mais les exemplaires d’Apollo ne sont jamais revenus sur Terre.