Le Nikon D810 est à peine arrivé chez les revendeurs que nous avons eu l’occasion de le tester à l’occasion du Festival des Vieilles Charrues. Rien de mieux en effet qu’un test grandeur nature, par un photographe, pour se rendre compte des avancées du dernier né de la gamme. Est-il plus performant que le D800/D800 E ? Quels sont ses avantages principaux ? Qu’apporte-t-il de plus que les autres modèles Plein Format Nikon ? Vous en saurez plus en parcourant la suite de ce test du D810.

Le Nikon D810 dont nous avons pu disposer a été prêté pour l’occasion à Didier Ropers, un de nos modérateurs et photographe habitué aux reflex Nikon pro et … aux photographies de concerts. Autant dire que Didier était bien placé pour se faire une idée des performances du D810 dans des conditions qu’il connait bien. Voici ses impressions et les images réalisées avec le D810 !
Vendredi 19 juillet, rendez-vous fixé à 15 heures à Carhaix pour une journée d’essai du D810 en conditions réelles : le festival des Vieilles Charrues.

Une fois arrivé sur place, rencontre rapide avec l’équipe Nikon (Nikon est partenaire du festival), présentation et remise du boitier et des optiques. Pour me permettre de comparer avec mes résultats habituels, j’ai pris le soin d’apporter mon Nikkor 70-200 VRI aussi j’ai demandé à pouvoir tester un grand angle en complément. Il s’agit du Nikkor 16-35 f/4 que je ne connais pas.
Quelques rendez-vous fixés pour la suite de la soirée, un moment consacré à la configuration du boitier (il faut bien retrouver ses marques), et je pars explorer le terrain de jeu.
Premières impressions sur le Nikon D810
Je suis en terrain connu : je n’ai jamais utilisé le D800 mais j’utilise toujours mon fidèle D700 et du point de vue de l’ergonomie, les changements sont mineurs. A part l’accès aux réglages de l’AF mais ça, j’y suis habitué sur le D4. Donc tout va bien, après quelques minutes, on a l’impression d’utiliser un boitier familier.

Quel silence ! Je me surprends à plusieurs reprises à vérifier l’écran pour m’assurer que la photo a bien été prise. Le déclenchement est étonnamment silencieux et les vibrations sont imperceptibles. Le nouveau système d’obturateur et d’amortissement du miroir est diablement efficace sur le plan du bruit au déclenchement. A tel point qu’on peut se demander à quoi va pouvoir servir le mode Quiet ! Moi qui officie régulièrement dans les églises lors de mariages, j’en suis presque jaloux.
Mesure de lumière, dynamique
Comme tous les boitiers récents, la mesure matricielle du Nikon D810 est calée haut et nécessite une correction générale de -0.3 à -0.7 IL. Rien de nouveau, c’est le cas depuis longtemps chez Nikon et une fois ce réglage effectué, la mesure est excellente et fiable et il est assez rare de devoir la corriger.

Même en situation de contre-jour, l’exposition est très bien gérée. Bien entendu, de légères corrections locales peuvent être nécessaires suivant les cas, mais la mesure de lumière et le D-lighting font du très bon travail.

La dynamique est impressionnante et pour peu qu’on prenne quelques précautions à l’exposition, on retrouve dans les ombres comme dans les hautes lumières un niveau d’informations suffisant pour rééquilibrer des photos a priori difficilement exploitables.
Même les scènes contrastées ne semblent pas poser de problème et rien n’est cramé.

avant post-traitement

après passage dans Lightroom

36 MP ?
Le niveau de détail délivré par le capteur du Nikon D810 est impressionnant, mais ça on s’y attendait puisque ce capteur toujours aussi fourni en pixels a déjà fait ses preuves dans ce domaine. N’empêche, les crops 100% sont assez éloquents !

Au passage, petit clin d’œil à ceux qui prétendent que le 70-200 VRI n’est plus à la hauteur. Ah bon ?

Autofocus
Le groupe du moment (Casseurs Flowters pour les connaisseurs) se prête bien au test de l’AF. Ca bouge beaucoup sur scène et il est difficile de figer un moment immobile en mode AFS. Je passe donc en AFC avec un léger doute sur le fait que l’AF suive de manière précise. Les mouvements assez amples, les bonnets noirs… pas simple.

Au final, ça accroche à tous les coups et ça ne lâche rien ! J’en profite pour tester le nouvel AF groupé mais c’est inutile, un simple AF dynamique 9 points me donne une série sans quasiment aucun déchet. Les quelques déchets, je sais d’où ils proviennent, et ce n’est pas du boitier… bref.
Mesure de lumière spot pondérée
Une nouveauté apparue sur le D810 est le nouveau mode de mesure spot pondéré. L’idée est de simplifier la photo de scène (par exemple) en permettant la mesure sur un visage tout en évitant de bruler des hautes lumières présentes dans le champ. Je suis assez circonspect sur l’utilité de ce nouveau mode.
Il fonctionne très bien tant que des sources de lumière puissantes ne sont pas dans le champ. Comme ici par exemple :

Sur cette photo, une mesure spot non corrigée sur le visage aurait probablement conduit à brûler le t-shirt blanc.
Le problème est que si des lumières vives se trouvent dans la scène, cette mesure pondérée va avoir tendance à sous-exposer fortement pour éviter de les brûler, ce qui donne une photo inexploitable. Or de telles sources sont quasiment toujours présentes en concert (tous les éclairages de contre), je vois donc assez mal l’intérêt de ce dispositif. Pour le théâtre, discipline dans laquelle on rencontre rarement ces éclairages de contre ? A tester …
La nuit est tombée, on va voir ce que donne les hautes sensibilités !
Malgré une petite dérive de la balance des blancs auto que j’aurais du régler manuellement, les couleurs restent bonnes et la dynamique pleinement utilisable même à 4000 ou 5600 ISO, comme sur la photo suivante. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il faisait vraiment sombre puisque j’étais à f/8 et 1/100s.

Pour aller plus loin dans l’expérimentation, une photo prise à la nuit noire, 6400 ISO, f/2.8, 140mm et 1/50s. La photo initiale avec réduction du bruit de couleur standard sous Lightroom (réglage à 25). Puis un crop avec les mêmes réglages et enfin un crop avec réduction du bruit désactivée.

Photo initiale

Crop avec les mêmes réglages

Crop avec la réduction de bruit désactivée
Pour terminer, quelques photos en utilisation concert :
Premier avis sur le Nikon D810
En conclusion, j’ai été assez impressionné par le fait que ce boitier se sente très à l’aise dans ce genre de contexte. L’aspect polyvalent ne me semblait pas évident et pourtant, force est de constater que je n’ai pas vraiment trouvé de circonstances dans lesquelles je le mettais en défaut.
On pourra bien entendu trouver la rafale trop peu véloce, c’est vrai.
Une fois à la maison, il est clair que Lightroom rame un peu, inutile de le nier, et le stockage fait un peu peur. Néanmoins, c’est un boitier bien alléchant.
Petit hors-sujet pour signaler le plaisir que j’ai eu à manipuler le 16-35 f/4. Autant le D810 n’est pas au programme, autant celui-là pourrait bien rejoindre mon sac plus tôt que prévu. C’est un petit zoom de reportage léger et compact mais qui cache bien son jeu !
Pour ceux qui voudraient voir les photos en meilleure qualité, elles sont visibles ici :
https://www.flickr.com/photos/dropsfoto/sets/72157646101265466/
A vous : vous avez des questions sur le Nikon D810, vous souhaitez demander des précisions à l’auteur du test ? Laissez un commentaire et nous vous répondons !