Le Nikon FM2 et moi, c'est une histoire pas si vieille mais bien solide. Je ne sais pas pourquoi mais ce boîtier a longtemps représenté à mes yeux ce que devrait être un appareil photo: joli (c'est subjectif, je vous l'accorde), rustique, solide, fiable, dégageant une impression de qualité perçue incomparable, un dinosaure quoi !

Bien sûr, pleins d'autres modèles Nikon peuvent apporter autant, et je suis d'ailleurs actuellement très impressionné par mon Nikon FA, mais je garde toujours le FM2 à proximité sans pouvoir m'en séparer.
Ses caractéristiques impressionnent : en finition noire ou chromée, agrémenté d'un gainage facilitant la prise en main, sa façade dépouillée appelle au respect. Le Nikon FM2 est un boitier semi-automatique au sens où il possède une cellule mais ne sait pas choisir seul un couple vitesse/diaphragme comme le ferait un automatique. C'est plutôt un bon point à mes yeux, le photographe est libre de choisir ses réglages et le débutant apprend à maîtriser son matériel.
Les commandes sont peu nombreuses, trois boutons en façade permettant le déverrouillage de l'objectif, le test de profondeur de champ et le déclenchement du retardateur.

Nikon FM2 chromé

Nikon FM2 noir
Sur le dessus, un sélecteur de sensibilité/vitesses, le levier d'armement et le déclencheur, la manivelle de rembobinage et le mécanisme d'ouverture du dos. Pour compléter cela, un compteur de vues et un levier de commande de surimpression.
En ce qui concerne le viseur, on frôle la perfection : très clair avec un dépoli parfait, la seule critique à son égard est l'éparpillement des indications de vitesse, ouverture, nombre de vues et diodes d'indication de mesure de lumière. L'oeil doit faire le tour du viseur pour collecter toutes ces infos, mais sincèrement, avec le temps, on s'y fait !
La mise en service du boîtier est d'une simplicité enfantine, il suffit d'écarter légèrement le levier d'armement pour enclencher la cellule, un appui bref sur le déclencheur permettant de disposer des informations de prise de vue dans le viseur. On en redemande !
Côté utilisation, plein de qualités. Le boîtier est compact, les commandes tombent bien sous la main, l'ensemble est pratique et précis. Comble du bonheur pour les anxieux, le FM2 est capable de fonctionner sans pile (mais sans mesure de lumière bien évidemment !). Ceci dit, le FM2 consomme peu, une pile neuve vous assurant sans problème plus de 40.000 déclenchements (valeur mesurée par Chasseur d'Images lors d'un test sur 50.000 déclenchements), de quoi partir en reportage à l'autre bout du monde sans trop s'inquiéter !
Point fort du FM2, et particulièrement de la deuxième version dite FM2n : l'obturateur. Le premier à offrir le 1/4000ème à l'époque, un record. Ce dernier dispose de huit lamelles en titane avec un profil favorisant le refroidissement (!!), les performances sont là : taux d'usure parmi les plus faibles de sa catégorie, record de vitesse, fiabilité sans faille (toujours le test de 50.000 déclenchements par Chasseur d'Images qui classait ainsi le Nikon FM2 parmi les boitiers les plus fiables de l'époque en terme de stabilité mécanique au déclenchement). Cet obturateur conçu par Nikon était assemblé par Copal.

L'ensemble obturateur du Nikon FM2 première version

L'obturateur du Nikon FM2n
La synchro flash est opérationnelle jusqu'au 1/200ème avec la première version du boîtier, elle passera au 1/250ème avec l'arrivée de la déclinaison FM2n.
La cellule, du type à mesure pondérée centrale, est perçue par certains comme sous-exposant d'environ 0,2 à 0,5 EV mais cela dépend des boîtiers, à étalonner donc pour les puristes.
Enfin, et c'est toujours Chasseur d'Images qui le dit, ce Nikon est d'une fiabilité exemplaire puisque le test des 50.000 déclenchements cité précédemment s'est révélé un vulgaire examen de passage : aucune variation sensible de la mesure, aucune variation sensible de la vitesse d'exposition, des performances identiques tout au long du test, de quoi vous offrir près de 1400 films de 36 vues sans la moindre anicroche, de quoi voir venir, donc !
De nos jours, le Nikon FM2 se trouve dans tout bon rayon occasion ainsi que sur les sites de ventes aux enchères photo pour un montant compris entre 300 et 400 euros en état irréprochable. Et même à ce prix, il reste une affaire, en second boîtier venant compléter un reflex numérique par exemple. Une garantie de ne jamais rester sur le carreau quelque soit la situation photographique dans laquelle vous vous trouvez ; et d'ailleurs de nombreux pros l'avaient choisi comme second boîtier à sa sortie.
En conclusion, si je devais établir un classement de mes boîtiers préférés, je mettrais le Nikon FM2 dans le trio de tête sans aucune hésitation. Alors si vous avez un choix à faire, faites comme moi, ne réfléchissez pas trop longtemps, et craquez !
Illustrations : Copyright Mir Photography - Leo Foo| Naviguer à travers les articles | |
Nikon FM2 par Olivier G.
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