En bref : Après avoir analysé des centaines de messages de photographes complètement bloqués dans leur pratique, j’ai identifié 6 freins psychologiques récurrents qui vous empêchent de progresser en photo. Aucun n’a de rapport avec le talent ou le matériel. Voici des solutions concrètes et actionnables. C’est pas beau ça ?
Ces derniers mois, j’observe un changement radical chez mes élèves : ceux qui me disaient stagner depuis des années font soudain des photos. Beaucoup. Et de bon niveau.
Vous me connaissez. Un tel changement, ça m’interpelle. Alors j’ai creusé.
Ce qui a changé ? Tous ont cessé de chercher la perfection avant de déclencher.
En échangeant avec eux et en analysant leurs parcours, j’ai identifié 6 blocages psychologiques qui reviennent systématiquement. Des blocages que personne ne vous explique dans les tutos techniques. Forcément, ce n’est pas vendeur. Les Masterclass matos, ça séduit plus.
Le pire, c’est que ces blocages sont bien plus simples à résoudre que vous ne le croyez.
Qu’est‑ce que progresser en photo ?
Progresser en photographie, ce n’est pas accumuler du matériel ou passer vos soirées devant YouTube. C’est développer votre capacité à observer, déclencher et créer des images qui vous plaisent, en transformant chaque sortie en séance d’apprentissage.
Concrètement, progresser en photo signifie :
- Pratiquer régulièrement, même de façon imparfaite, plutôt que d’attendre la perfection.
- Appliquer immédiatement ce que vous apprenez, pour que votre cerveau retienne l’information.
- Explorer différentes compositions, angles et réglages, afin d’avoir du choix et de développer votre regard.
- Mesurer vos progrès non seulement par la qualité des images, mais aussi par le volume et la diversité de votre pratique.
Attention, je ne dis pas non plus que la qualité de vos images s’évalue au poids des disques durs nécessaires à les stocker. Mais si vous faites trop peu de photos, vous ne pouvez pas progresser. Les sportifs et les musiciens me comprendront.
En résumé, progresser en photographie, c’est passer de la théorie à l’action, apprendre de ses erreurs, et transformer chaque prise de vue en apprentissage concret. C’est dit.
Maintenant, voyons la liste détaillée de ce qui vous freine.
Les 6 vrais blocages qui paralysent votre pratique photo
J’ai analysé 750 messages reçus en réponse à ma lettre photo quotidienne entre septembre 2024 et janvier 2026. Oui, j’ai transpiré, mais c’était pour la bonne cause.
Résultat : 6 blocages reviennent dans 89% des cas. Aucun n’a de rapport avec le talent, le matériel, ou le temps disponible.
Et les 11% manquants ? Des problèmes personnels, de santé, familiaux. Rien qui n’ait un rapport direct avec la photographie.
Voici ces 6 blocages et surtout, comment les lever. Attention, sortez votre bloc-notes.
1. Pourquoi cherchez-vous la photo parfaite avant de déclencher ?
Le faux problème : « Je suis nul(le) en photo. »
Le vrai problème : Vous voulez que chaque photo soit parfaite dès la prise de vue. C’est impossible.
Concrètement : Vous êtes en balade, vous voyez une scène intéressante. Mais au lieu de déclencher, vous vous dites : « Oui mais non… La lumière n’est pas top », « Je n’ai pas le bon objectif », « Je ne sais pas comment composer ça ».
Résultat : vous ne déclenchez pas.

La réalité : Les photographes que vous admirez font des milliers de photos médiocres pour en garder une dizaine de bonnes. La différence ? Eux, ils déclenchent ! Oui, ça casse le mythe, mais il faut savoir dire les choses.
La solution : Imposez-vous une règle simple : 10 déclenchements minimum avant de juger si le sujet mérite d’être photographié. Vous verrez, la 8ème photo est souvent la bonne.
2. Pourquoi voulez-vous maîtriser avant d’avoir essayé ?
Le faux problème : « Je ne sais pas faire. »
Le vrai problème : Vous attendez de tout comprendre avant de toucher à votre appareil.
Concrètement : Vous venez d’acheter un Nikon Z. Vous lisez le manuel de 990 pages, regardez 152 tutos YouTube sur les modes de mesure, les espaces colorimétriques, les profils Picture Control…
Mais votre boîtier reste dans son sac.

La réalité : Personne n’apprend à faire du vélo en lisant le manuel. On apprend en tombant. En photo, c’est pareil : vous comprendrez le mode A en l’utilisant, pas en le lisant.
Attention, je n’ai pas dit qu’il faut vraiment tomber, hein ? Je n’assumerai pas cette responsabilité.
La solution : Réglez votre appareil en mode A, ISO auto, AF-C Zone automatique. Sortez. Faites 50 photos. Puis au retour, revenez à la théorie pour comprendre ce que vous avez fait. L’apprentissage sera 10 fois plus rapide.
Pour aller plus loin : découvrez comment maîtriser le mode A de votre Nikon
3. Pourquoi oubliez-vous tout ce que vous apprenez en photo ?
Le faux problème : « J’oublie tout ce que j’apprends. J’ai pas de mémoire. »
Le vrai problème : Vous regardez des tutos comme des séries Netflix, sans jamais ouvrir votre appareil. Sans jamais prendre de notes.
Concrètement : Vous passez votre soirée à regarder des vidéos sur la balance des blancs, la profondeur de champ, l’exposition. Vous trouvez ça génial, vous comprenez. Vous vous dites que ça y est, vous avez progressé en photo ! 48h plus tard, vous avez tout oublié.
Normal : votre cerveau a classé ça dans « information inutile ».
La réalité : Le cerveau efface ce qui n’est pas utilisé dans les 48h. Si vous ne prenez pas de photos immédiatement après avoir appris quelque chose, vous n’avez rien appris.
La solution : Jamais plus de 20 minutes de théorie sans 20 minutes de pratique. Vous regardez un tuto sur l’ouverture ? Sortez votre appareil et faites 10 photos à différentes ouvertures. Immédiatement. Même sans sortir de chez vous.
4. Pourquoi votre première version doit-elle être la bonne ?
Le faux problème : « Je manque de créativité. Je n’arrive pas à passer un cap ».
Le vrai problème : Vous refusez le droit à l’erreur et à l’exploration.
Concrètement : Vous êtes face à un paysage. Vous cadrez une première fois. Ça ne vous plaît pas totalement, mais au lieu d’explorer 5 autres cadrages, 3 autres points de vue, 2 autres focales… vous passez à autre chose en vous disant « j’suis pas inspiré(e) aujourd’hui ».

La réalité : La créativité n’est pas un don. C’est une exploration méthodique. Il m’est déjà arrivé de prendre 50 photos du même sujet avant de trouver la bonne en les comparant sur l’écran de mon ordinateur (comme sur la côte de granit rose, vous connaissez ?).
La solution : Pour chaque sujet qui vous intéresse, imposez-vous un minimum de 5 versions : changez la distance, l’angle, la hauteur, la focale, le cadrage. La créativité viendra par l’exploration, pas par l’attente. Et ne me dites pas que déclencher coûte cher, on parle de numérique, hein ?
5. Pourquoi votre liste de tâches photo ne cesse de grandir ?
Le faux problème : « Je n’arrive pas à finir ce que j’ai prévu. »
Le vrai problème : Plus vous cochez de cases, plus vous en ajoutez. Votre liste est devenue un repoussoir.
Concrètement : Votre liste ressemble à ça : « apprendre le mode M, maîtriser Lightroom, refaire toute ma bibliothèque photo, trier mes 10 000 photos de vacances, comprendre les courbes, acheter un nouvel objectif, lire 3 livres sur la composition, prendre des notes à partir des lettres photos de Jean-Christophe chaque matin, … »
Résultat : vous ne savez plus par où commencer. Donc vous ne commencez pas.
La réalité : Une liste trop longue, sans aucune échéance, est pire qu’aucune liste. Elle vous donne l’illusion de progresser en ajoutant un tas de trucs à faire, alors qu’elle vous paralyse.
La solution : Une seule tâche photo par semaine. Pas dix. Une. Exemple : « Cette semaine, je fais 100 photos en mode A. » Point. Le reste attendra. Vous verrez : cette unique tâche, faite, vaut mieux que 10 autres listées.
6. Pourquoi êtes-vous constamment distrait quand vous photographiez ?
Le faux problème : « Je manque de volonté. »
Le vrai problème : Tout autour de vous est organisé pour capter votre attention et vous empêcher de pratiquer.
Concrètement : Vous décidez de passer une heure à trier vos photos. Vous ouvrez votre ordinateur. Une notification. Un mail. Un message. Vous allez « juste vérifier ». 45 minutes plus tard, vous n’avez pas regardé une seule photo.
Ou pire : vous sortez faire des photos, mais vous passez votre temps sur Instagram au lieu de déclencher.
La réalité : Ce n’est pas un problème de volonté. Vous allez sur des plateformes qui dépensent des milliards de dollars de R&D pour détourner votre attention. Leur intérêt et de vous garder chez elles, pas que vous alliez pratiquer la photographie.
La solution : Quand vous sortez photographier, quand vous triez vos photos, coupez moi ces foutues notifications (coupez les définitivement d’ailleurs, vous vous sentirez mieux).
Changez d’environnement : votre cerveau ne peut pas créer là où il a l’habitude de consommer. Pour vraiment progresser en photo, passez du salon au bureau !
Action immédiate : test sur 7 jours pour progresser en photo
Vous voulez vérifier si ces blocages vous concernent ? Vous ne me croyez pas ?
Test simple (7 jours)
Jour 1-2 : Notez combien de fois vous pensez « je vais faire des photos » sans déclencher. Notez la raison exacte.
Jour 3-7 : Appliquez la règle du point 1 : 10 déclenchements minimum par sujet. Notez combien de photos vous faites.
Résultat attendu : Vous passerez de 5-10 photos/semaine à 50-100 photos/semaine. La qualité suivra.

Que faire maintenant ? Passer de la prise de conscience à l’action pour progresser en photo
Si vous vous êtes reconnu(e) dans au moins un de ces points, vous venez de franchir une étape décisive : identifier le vrai problème.
Maintenant, deux options s’offrent à vous.
Option 1 : Refermer cet article en vous disant « c’est intéressant », puis retourner à vos habitudes. Dans trois mois, vous serez exactement au même endroit.
Option 2 : Décider que ces blocages ne sont pas une fatalité et agir pour les lever.
C’est exactement pour cela que j’ai créé mes formations photo.
Pas pour vous abreuver de théorie supplémentaire, mais pour vous donner des méthodes structurées qui transforment la connaissance en pratique réelle.
5 étapes pour bien (re)débuter en photo, par exemple, vous donne ma méthode pour profiter enfin de votre appareil et faire de bonnes photos, quelle que soit sa marque.
Projet 52 photos vous aide à progresser en photo en développant votre pratique sur 12 mois, même si vous pensez ne jamais avoir le temps.
Mini-projets Maxi-déclics transforme chaque sortie photo en projet créatif, même sans anticipation.
Comment savoir si vous êtes réellement bloqué(e) en photographie ?
Définition : le blocage en photographie
Un blocage en photographie est une résistance psychologique qui empêche de pratiquer régulièrement, indépendamment du niveau technique ou du matériel utilisé.
Vous êtes concerné(e) si :
- Vous consommez plus de contenu photo que vous ne produisez d’images.
- Vous achetez du matériel en pensant que cela résoudra votre manque de progression.
- Vous attendez “le bon moment” pour sortir photographier.
- Vous passez plus de temps à organiser qu’à déclencher.
Si au moins deux de ces phrases vous parlent, votre problème n’est pas technique.
Questions fréquentes sur les blocages en photographie
Comment sortir du perfectionnisme en photographie ?
Fixez-vous un quota de déclenchements, pas un objectif de qualité.
Exemple concret : « 50 photos cette semaine » plutôt que « faire de belles photos ».
Le volume crée la compétence.
Pourquoi je n’arrive pas à pratiquer la photo régulièrement ?
Parce que vous vous fixez des objectifs de maîtrise (« apprendre le mode A ») au lieu d’objectifs d’action (« faire 30 photos en mode A »).
Les objectifs de maîtrise paralysent, les objectifs d’action libèrent.
Comment apprendre la photo sans oublier ce que j’apprends ?
Règle des 48h : toute notion apprise doit être pratiquée dans les 2 jours, sinon votre cerveau l’efface.
Ma règle personnelle : 20 minutes de théorie = 20 minutes de pratique. Immédiatement.
Mon conseil après 15 ans d’enseignement photo
Si je ne devais retenir qu’un seul blocage à lever en priorité pour vous aider à progresser en photo, ce serait le n°3 : consommer sans pratiquer.
Voici ma règle personnelle que je partage à tous mes élèves : jamais plus de 20 minutes de théorie sans 20 minutes de pratique immédiate.
Concrètement :
- Vous regardez un tuto sur l’ouverture ? Sortez immédiatement faire 10 photos à différentes ouvertures.
- Vous lisez un article sur la composition ? Refaites les exemples avec votre appareil dans les 24h.
- Vous suivez une formation ? Un exercice pratique après chaque module. Sans exception.
Cette règle simple a débloqué plus de photographes que tous les conseils techniques que je peux donner.
Pourquoi ça marche :
Le cerveau apprend par l’action, pas par l’accumulation. Vous pouvez regarder 100 heures de tutos, si vous ne déclenchez pas, vous n’apprenez rien.
Mes élèves qui progressent le plus vite ne sont pas les plus techniques. Ce sont ceux qui appliquent immédiatement, même imparfaitement. Ils peuvent faire 200 photos par semaine. Dont 180 médiocres. Mais ces 180 photos ratées leur apprennent plus que 10 heures de vidéos.
Par où commencer cette semaine :
Choisissez UNE seule action parmi ces 6 blocages. Une seule. Exemple : « Cette semaine, je fais 50 photos en mode A, même si elles sont nulles. »
Pas de liste. Pas de 10 objectifs. Un seul. Faites-le. Puis revenez me dire ce qui a changé.

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