Troisième conférence de la journée lors de ces Rencontres Nikon Passion 2009 : Yves Maillière, reporter photographe, nous explique comment un photographe amateur (i.e. « qui ne vit pas de cette activité ») peut monter, réaliser, vendre et diffuser un reportage photo.
Cette confĂ©rence fort apprĂ©ciĂ©e a permis de pointer du doigt bien des erreurs commises par ceux qui cherchent Ă diffuser leurs reportages, Yves s’appuyant sur son expĂ©rience personnelle acquise au fil du temps. Une sĂ©ance animĂ©e, dynamique, un plaisir Ă (rĂ©)entendre.
Retrouvez les reportages d’Yves Maillière sur son site « Chroniques de voyages« .
Ecouter ou télécharger la conférence en cliquant sur ce lien


Que dire, a part que tout est réalisable, même si la vie peut nous mettre des freins. Ta passion reste intacte et pou cela, je ne peux que te souhaiter de VIVRE a 200%
Bel exemple de notoriété de vie.
Une ex collaboratrice de l’Ad
Sofie
Tant qu’Ă faire, pourquoi ne pas interdire tout simplement la vente libre de ces armes de destruction massive que l’on nomme appareils photos Ă des amateurs ignorants des dommages qu’ils causent ??
Je crains effectivement que l’espĂ©rance de vie des professionnels en tous genres qui gaspillent leur Ă©nergie Ă se plaindre de la concurrence dĂ©loyale engendrĂ©e par leurs concurrents « amateurs » ne soit rĂ©duite Ă leur plus simple expression…
Je ne dis pas que la situation actuelle de ces professionnels soit joyeuse ou mĂ©ritĂ©e, loin de lĂ , mĂŞme si la dernière phrase de Yves Mailliere devrait en faire rĂ©flĂ©chir plus d’un !
Mais je ne crois pas non plus qu’il faille tirer Ă boulets rouges sur les amateurs, fussent-ils aussi compĂ©tents et passionnĂ©s que lui !
Cordialement
Merci pour tous ces commentaires qui sont finalement assez élogieux. Et dont le ton acerbe et exagéré donne plus envie d’écouter ma conférence que de la zapper.
En lisant vos commentaires, j’ai songé un instant revendre mon matériel et brûler mon passeport afin de laisser les « Pros » me faire découvrir le Monde, et partir en croisade contre les paysans qui tuent le cochon le WE pour sauver les multinationales du saucisson.
Et puis finalement non.
Je crois que je vais persévérer dans la voie que je me suis tracée.
Et si de part la qualité de mon travail d’amateur, je devais prendre la place d’un « Pro », c’est que le « Pro » en question n’était finalement pas si Pro que cela !
Bien Ă vous.
Eh bien, que d’objectivitĂ© en effet!
Comme tentative bien malheureuse et difficile de dĂ©fense et au lieu de rĂ©pondre sur le fond – j’appellerai ça une anicroche-, vous me reprochez un manque de transparence, mais est-ce vraiment indispensable de se dĂ©couvrir lorsque l’on assène des vĂ©ritĂ©s connues de tous? Me faut-il dĂ©cliner mon identitĂ© et mon Ă©tat civil pour que ce que je dis (des Ă©vidences qui font consensus) puisse emporter l’adhĂ©sion des gens censĂ©s et soit du coup lĂ©gitimĂ©e?
Encore une fois, ici c’est le fond qui m’intĂ©resse, ma petite personne de ce point de vue l’est, il me semble, beaucoup moins. C’est d’ailleurs pour ça que je m’abstiens car je ne voudrais surtout pas ĂŞtre mis Ă l’index et m’attirer la vindicte des « amateurs », comme vous tentez dĂ©jĂ de le faire, par manque cruel d’autre argument.
On passerait une fois de plus -cela vous arrangerait t-il?- Ă cĂ´tĂ© de la seule question valable ici (c’est souvent la dĂ©rive malheureuse et le glissement qui s’opèrent sur les fils des forums, lieux qui doivent rester ceux de la dĂ©mocratie et de la libertĂ© d’expression, s’il en est).
Je n’ai rien Ă cacher justement et mon Ă©tat civil n’a rien Ă faire lĂ -dedans, ce n’est pas une histoire de personne ou d’avis subjectif dont il est question.
L’Ă©tat des lieux que vous faĂ®tes de la profession – sinistrĂ©e, si je me trompe, recadrez-moi s’il vous plaĂ®t! -, est significatif de la façon qu’ont certains de caricaturer les choses, dès lors qu’ils ne sont pas directement concernĂ©s par ce sur quoi ils Ă©mettent des avis (avis de non spĂ©cialistes, vous me permettrez).
Vous expliquez de façon très simpliste et en 3 lignes, Ă travers un propos qui repose uniquement sur la mĂ©thode CouĂ©, en vous affranchissant complètement des rĂ©alitĂ©s et des complexitĂ©s structurelles du secteur, vous n’ĂŞtes pas journaliste il est vrai, qu’il suffit de s’armer de courage et que tous les photographes qui ont la gnaque s’en sortiront.
C’est un peu lĂ©ger pour expliquer et dĂ©fendre votre choix d’offrir une telle tribune sur le dĂ©mantèlement organisĂ© d’une profession, vous faĂ®tes semblant de regretter l’absence des professionnels Ă la confĂ©rence, mais les professionnels n’ont pas Ă gaspiller le peu d’Ă©nergie qu’il leur reste en allant vĂ©rifier si des instances comme les vĂ´tres n’essayeraient pas de flinguer « officiellement » en douce leur profession.
Vous semblez enfin vous Ă©tonner de ce qui me semble ĂŞtre très prĂ©occupant lĂ -dedans et pensez pouvoir dire qu’il n’y a pas de problème de concurrence dĂ©loyale avec les pros, dans ce cas puisque l’objet de cette confĂ©rence n’est pas litigieux, je vous suggère Ă posteriori et trop tard bien entendu mais ça peut valoir pour la « prochaine », d’inviter les acteurs professionnels du secteur (les photojournalistes eux-mĂŞmes, les photo-reporters, les collectifs, les directeurs de Freelens et de l’association de dĂ©fense des photojournalistes professionnels, etc…) qui seront ravis d’apprendre comment on peut très mal vendre et brader un peu plus la photographie de reportage, en dĂ©tournant donc en tant qu’amateur le peu de commandes offertes sur le MarchĂ©, et ce tout en faisant financer ses vacances, but avouĂ© très explicitement par M. Maillière.
Vous semblez ignorer (c’est une Ă©vidence!) que c’est justement en partie (pour beaucoup!) ces pratiques « sauvages », cette grande incitation Ă la braderie des images dans laquelle (malheureusement pour les pros), se sont engouffrĂ©s certains acteurs et clients traditionnels du marchĂ© de la Photographie qui contribuent Ă mettre chaque jour un peu plus Ă mal les droits des photojournalistes. Le prix d’un photo rĂ©alisĂ©e par un pro tient justement compte de critères et surtout de contraintes auxquels Ă©chappe M. Maillière, en sa qualitĂ© « d’amateur » et Ă cet Ă©gard il est tout Ă fait scandaleux de venir empiĂ©ter sur le terrain des pros en proposant Ă des prix cassĂ©s des photos, avec pour seule exigence la possibilitĂ© de voyager « gratuit »!!!!!
Tout un programme…
NP n’a d’autre obligation dĂ©ontologique que de donner la parole Ă ses membres et Ă ses lecteurs.
Nous l’avons fait avec cette confĂ©rence, parfaitement officielle et annoncĂ©e. Un seul pro dans la salle, ils ne se sentent pas concernĂ©s et inquiets manifestement, eux.
Nous le faisons aussi en vous accordant ce droit de rĂ©ponse parfaitement anonyme qui reprĂ©sente sans doute votre façon de concevoir une certaine forme d’idĂ©ologie, de transparence journalistique ?
La profession va mal, c’est vrai, nous le reconnaissons et nous sommes les premiers Ă aider tout photographe qui vient nous voir, avec un projet, une volontĂ© d’ouverture. Face Ă cette crise il y a deux types de comportements : ceux qui se lamentent, pleurent Ă tout va, accusent le système, cherchent des excuses. Et ceux qui cherchent des solutions, vont de l’avant, affrontent la situation. Et parmi ces derniers, fort heureusement, il y a beaucoup de professionnels, de gens mĂ©ritants et qui vont s’en sortir. Et il y a les autres.
Quelqu’un dans la salle a dit en conclusion « il n’y a pas de professionnel qui ne fĂ»t amateur ». A mĂ©diter …
C’est une honte!!!
L’exposĂ© d’Yves Maillière est des plus instructif, et c’est bien lĂ le problème!
En effet, comment ne pas voir ici et de façon tout Ă fait outrancière et dĂ©complexĂ©e, le parfait manuel Ă l’usage de l’amateur photographe en mal de destruction d’emplois et une vĂ©ritable cĂ©lĂ©bration de la dĂ©-professionnalisation dont souffrent dĂ©jĂ tant le mĂ©tier de Photo-journaliste/Photo-reporter ?…
Il prĂ©vient lui-mĂŞme après un exposĂ© très convaincant et honnĂŞtement passionnant, et en guise de conclusion, que les professionnels risquent de vouloir lui tordre le cou, car il est de retour dans la Capitale pour, dit-il, proposer ses services gratuitement aux Magazines et Fondations ou ONG (Seuls acteurs Ă©conomiques rescapĂ©s du MarchĂ©, qui crèvent les uns après les autres et qui, rĂ©duisent dĂ©jĂ de façon assez dramatique leurs budgets Photo et donc contraignent les photographes Ă quitter la profession) -je crois qu’on appelle ça la concurrence dĂ©loyale- du moment, dit-il, que ces derniers puissent prendre en charge ses frais et que cela puisse permette Ă Monsieur de continuer Ă Voyager !!!!!?
Apparemment ce Monsieur Maillière retire la plupart de ces revenus d’une autre activitĂ© professionnelle Ă©xercĂ©e en Alsace et dont j’ignore la nature.
Mais imaginons par exemple que celle-ci consiste Ă fabriquer des saucissons, et que celui-ci les commercialise dans un rĂ©seau bien Ă©tabli, Ă des clients bien prĂ©cis eux aussi (centrales d’achats par exemple qui ont dĂ©jĂ tendance Ă mettre chaque jour un peu plus Ă mal l’Ă©quilibre financier et donc Ă moyen terme, menacent la survie de l’activitĂ© de M. Maillière) Ă un certain prix (prix qui tient compte de l’amortissement des machines, et des diffĂ©rents coĂ»ts que supporte M. Maillière en tant que professionnel), et bien que dirait-il si un « amateur » du village voisin, artisan charcutier Ă ces heures, venait vendre pour une poignĂ©e d’euros, voire carrĂ©ment donner ses saucissons, aux clients traditionnels de M. Maillière, ce en Ă©change de couteaux et d’ outils neufs, du moment que ça lui permette de temps en temps de pouvoir continuer Ă assouvir sa passion pour la charcuterie et aussi afin que celle-ci ne lui coĂ»te rien, tout ça au nez et Ă la barbe de M. Maillière, plus exactement au portail de son entreprise (lĂ oĂą ils se trouvent!)????
Tout ça (cette confĂ©rence dont l’objet et le but sont franchement scandaleux) officiellement au Salon de la Photo de Paris, on croit rĂŞver!!!!
2 mois avant, dans le mĂŞme Pays et pour ceux qui l’ignoreraient, Ă Visa Pour l’Image, les Professionnels du Reportage, pleurent et tentent d’inventer des façons de vendre leur travail car ont lĂ©gitimement des craintes de voir leur mĂ©tier disparaĂ®tre -pour les plus optimistes hein- car on sait très bien qu’en fait, le dĂ©sastre a dĂ©jĂ commencĂ©…
Quelle malhonnĂŞtetĂ© intellectuelle, quelle infamie, qu’on puisse permettre -voire promouvoir- Ă des photographes (amateurs avertis ou plus d’ailleurs, peu importe leur titre, lĂ n’est pas le problème) en mettant Ă leur disposition des tribunes tout Ă fait officielles, d’expliquer tranquillement comment on peut aider Ă davantage dĂ©truire un secteur Ă©conomique, qui plus est dĂ©jĂ Ă©normĂ©ment fragilisĂ© (c’est un euphĂ©misme…), est quelque chose d’absolument abject!
La pratique est, si l’on veut bien se pencher sur le problème (car c’en est un!) de façon « procĂ©durière » et intellectuelle (mais le fond des choses intĂ©resse t-il encore quelqu’un?) tout Ă fait scandalisante et, par bien des Ă©gards, tout Ă fait criminelle et illĂ©gale.
Savez-vous qu’il existe un très grand nombre de mĂ©caniciens du « dimanche » très compĂ©tents? « Amateurs » seulement de par le titre, qui ont autant de compĂ©tence pour rĂ©parer un vĂ©hicule que votre garagiste agrĂ©mentĂ©? Si ceux-ci se postaient Ă l’entrĂ©e des garages et proposaient gratuitement ou alors pour beaucoup moins cher leurs services au seul prĂ©texte que cela leur permet de pouvoir continuer Ă assouvir leur passion pour les belles mĂ©caniques, croyez-vous qu’au salon de l’auto, on tolĂ©rerait que puissent se tenir, des confĂ©rences dont l’objet porte sur la façon dont on peut gagner un peu, mais surtout de pouvoir toucher de la belle « bagnole » en faisant concurrence dĂ©loyale aux garagistes plus chers?
M. Maillière dit lui-mĂŞme qu’il a vite abandonnĂ© l’idĂ©e de devenir pro en photo-reportage, tellement -et il semble le regretter sincèrement, c’est lĂ que c’est abject et complètement aberrant- c’est une entreprise difficile et qui demande du courage car très peu d’acteurs-clients, et surtout, très peu rĂ©munĂ©rateur…
Alors, aller proposer en en faisant la publicitĂ© dans une confĂ©rence Ă Paris au Salon de la Photo, d’aider Ă achever un peu (beaucoup) plus, Ă travers un exposĂ© très dĂ©taillĂ© et très pratique, ce qui subsiste de la profession dĂ©jĂ mourante du photo-reportage, en proposant gratuitement ses photos du moment que cela peut financer sa passion pour le voyage, c’est Ă©coeurant surtout qu’il connaĂ®t les ficelles et les façons d’entrer dans la profession, profession qui rĂ©munère -il le dit lui mĂŞme- malheureusement très mal et donc trop peu pour qu’il ait pu en faire son mĂ©tier.
Photo-reportage enfin, qui serait son mĂ©tier aujourd’hui, si les rĂ©alitĂ©s Ă©conomiques du secteur et ses aspirations familiales et matĂ©rielles n’Ă©taient pas ce qu’elles sont…
De par votre caution et l’encouragement qui est le vĂ´tre en organisant une telle confĂ©rence, n’avez-vous pas failli Ă l’obligation dĂ©ontologique qui devrait ĂŞtre la vĂ´tre?
Un photojournaliste qui vous dit Merci!!!!