Afin de rendre compte des performances du D7000 présenté par Nikon comme le modèle expert de la gamme DX, et de vérifier si les performances annoncées sont bien au rendez-vous, nous avons confié un exemplaire du Nikon D7000 à l’un de nos lecteurs pour ce test Nikon D7000. Voici son retour après quelques jours d’utilisation sur le terrain.
Le Nikon D7000 rencontre un joli succès depuis son lancement, tant et si bien qu’il vient fréquemment concurrencer son grand frère le Nikon D300s dans la gamme de boîtiers numériques APS-C Nikon lorsqu’il s’agit de choisir un boîtier expert.

Le Nikon D7000 au meilleur prix
Test Nikon D7000 : présentation
Comme la plupart de nos tests ‘terrain’, il s’agit ici d’un retour d’expérience et non d’un passage dans un quelconque banc de mesure. C’est une démarche qui a le mérite d’être pragmatique puisque le boîtier est testé ainsi en conditions réelles, accompagné du zoom livré en kit, en l’occurence le Nikkor AFS 18-105mm f/3.5-4.5.
Nous remercions au passage Mr. Eddy, notre testeur du moment, qui a accepté de jouer le jeu et de nous livrer ses impressions sur le D7000.
A la découverte du Nikon D7000
Alors que mon D700 va sur ses deux ans, j’ai eu l’occasion pendant une semaine de tester le modèle expert « médium » de la gamme Nikon. Voici mes impressions après ces quelques jours en compagnie du D7000, un boîtier DX qui va avoir fort à faire pour me séduire en comparaison de mon D700 et de son capteur plein format.
A première vue la construction semble solide, elle est en tout cas au niveau de ce que l’on peut attendre d’un appareil de cette gamme. On ne fera probablement pas de photos dans des conditions extrêmes sans risquer de l’endommager, mais vous pourrez l’emmener en voyage comme vous en servir au quotidien en ville par presque tous les temps sans aucun souci. Son volume contenu et son poids plume incitent d’ailleurs à le garder dans son sac tous les jours.
Ergonomie du Nikon D7000

L’ergonomie générale du D7000 est correcte, l’accès aux diverses fonctions de base est facilité sans la multiplicité de boutons des modèles pros. Seul regret, le caoutchouc près de l’emplacement de la batterie sous le boîtier a tendance à sortir de son emplacement dès qu’on a le malheur de placer ses doigts dessus. Peut-être une des conséquences des tests intensifs qu’a déjà subi ce modèle de prêt ?
Dans la pratique, j’ai trouvé le système de déblocage du sélecteur de type de déclenchement (single, continu lent, continu rapide, silencieux, levée de miroir ou encore à retardement) peu pratique à manipuler d’une main. Il vous faudra probablement décoller l’œil du viseur à chaque fois pour passer en mode silencieux par exemple. Autre bémol, l’emplacement du bouton de réglage des ISO à coté de l’écran inutilisable sans, encore une fois, écarter le visage du boitier.
Heureusement, on peut par contre actionner l’indicateur d’horizon depuis un des 2 boutons réglables à l’avant du boitier sans souci pendant qu’on shoot. Ou lui attribuer une autre fonction selon les besoins de chacun.
La mise en route du liveview s’avère aisée et franchement pratique. Un coup de « levier » juste au-dessus de la molette multidirectionnelle et on passe en liveview. Une pression sur le bouton attenant, et on est en train de filmer. Simple, rapide et efficace.
Tout ceci nous amène à une première conclusion : le boîtier est bien pensé pour qui veut prendre des photos sans chercher à faire mille et un réglages au préalable. En témoignent les nombreux modes scènes pré-réglés ainsi que la présence d’une fonction auto pour vraiment n’avoir plus qu’à appuyer sur le déclencheur.
Heureusement, et c’est ce qui permet de parler de boîtier expert, on peut débrayer à peu près tous ces automatismes ! Et à titre personnel, c’est là que j’attendais de voir les réelles capacités de ce boitier.
Modes de prise de vue
Avec le Nikon D7000, on dispose, en plus des modes scènes et auto, des classiques PSAM et surtout des modes U1 et U2 personnalisables. Ces deux modes peuvent s’avérer très utiles si vous faites souvent des photos dans des conditions suffisamment similaires pour nécessiter des réglages de base spécifiques. Par exemple des photos en intérieur avec flash, boites à lumière et autres parapluies, d’un côté, et des photos de nuit en pose longue sur trépied, de l’autre. En enregistrant à l’avance vos préférences en matière d’autofocus, d’ISO, de qualité d’image, de balance des blancs, de gestion des flashs, etc … dans les réglages U1 et U2, vous pourrez les rappeler à tout moment en un tour de main (ou deux en fait !).
En ce qui me concerne, j’ai privilégié le mode M et les photos en RAW compressé sans perte pour la plupart de mes essais. Les modes préréglés sont certes généralement efficaces, malheureusement on n’a pas toujours les conditions idéales pour coller au préréglage du mode scène sélectionné. Et de toute façon, sur ce point, pas mal de compacts font aussi bien. Bref, on passe en Manuel, mesure centrale ou matricielle pour l’expo selon les cas et GO !
Le Nikkor 18-105mm
Le D7000 qui m’a été confié était pourvu du zoom Nikkor 18-105mm AFS f/3.5-4.5. J’étais curieux de voir ce que donnerait ce 18-105mm d’origine en terme de qualité d’image. Il faut dire que ce zoom ne coûte qu’une centaine d’euros lorsqu’il est livré en kit avec le D7000, autant ne pas s’en priver. Mais en comparant les résultats obtenus avec mes optiques habituelles, j’ai été bien déçu. Pas de surprise : à ce tarif là on ne fait clairement pas de miracle. Cliquez sur l’image pour la voir en plus grand.

A f/3.5 le bokeh n’est pas très présent et la PDC (Profondeur de Champ) encore importante (c’est aussi une des conséquences de l’utilisation du capteur DX par rapport au capteur FX de mon D700). J’ai trouvé cette optique bien ‘molle’, même au centre, même en fermant le diaph à f/8 voir f/11. Une catastrophe pour le type de photos que je fais couramment …


Crop du centre : piqué peu présent
Crop du coin inférieur droit : mou et un peu d’aberration chromatique
A la vue de ces images, je finissais par douter du boîtier lui-même, alors pour trancher, c’est mon Nikkor 35mm f/2 vissé au boitier qui m’a permis de conclure en quelques essais rapides : le boîtier est bon, tout le tort revient au zoom fourni. Alors certes, Nikon a voulu baisser les coûts et proposer des packs attractifs, mais fournir un boîtier expert ou semi-expert avec un quasi « cul de bouteille », c’est un peu se tirer une balle dans le pied. Un amateur peu averti pourrait presque regretter son achat, à moins de faire un tour sur Internet (et le forum de Nikon Passion !!) pour constater que non, tout va bien, il lui faut juste s’équiper d’un objectif digne de ce nom pour profiter pleinement de son nouveau joujou.
Autofocus et collimateurs
J’ai failli oublié d’en parler, tellement j’ai pris l’habitude avec le D700 que l’autofocus ne soit pas un problème. Idem avec le D7000, et pour cause, avec ses 39 collimateurs, dont 9 en croix, l’AF est plus que satisfaisant ! Surtout dans un viseur 100% clair et lisible. Un réel bon en avant donc par rapport au D90 par exemple.
Et la sensibilité ?
Je vous disais en préambule être habitué à mon D700, qui sur ce point fût le premier reflex Nikon avec le D3 à proposer des clichés à 3200 ISO parfaitement exploitables. Et bien, pour faire bref, le D7000 en fait autant. Un bel exploit pour un capteur DX.

Test Nikon D7000 : 3200 ISO

Test Nikon D7000 : 6400 ISO
Je mettrai juste un petit bémol quant à la qualité du grain. Là où le rendu du D700 et le ‘grain’ généré peuvent faire penser à de l’argentique par moment, le rendu du D7000 m’apparait plutôt désagréable à l’oeil. Peut être est ce dû à la définition supérieure sur un capteur plus petit ? En tous cas ça m’a sauté aux yeux. Bon, soyons sincère, rien de rédhibitoire, et je pense que les clichés une fois imprimés seront de qualité tout à fait égale en 20x30cm voire 40x60cm. Mais c’est une petite différence qui m’a déplue.

Test Nikon D7000 : 3200 ISO à 18mm : le Grand Palais

Test Nikon D7000 : 3200 ISO du même point de vue, à 105mm : sensibilité totalement exploitable

3200 ISO

1600 ISO

1600 ISO
A noter que sur ces photos, j’ai réduit le bruit de luminance (pas très présent en fait) et de couleur via Lightroom en mettant les curseurs à 25. Ca corrige très bien, surtout pour la couleur, sans rien enlever à la photo en terme de détail.
Le Nikon D7000 et la vidéo
Reste la vidéo, option absente du D700 et qui a permis au 5D Mark II de Canon de reprendre de l’avance après la révolution des ISO lancée avec les D3 et D700 par Nikon. Et là je suis un débutant complet. Ce qui ne m’a pas empêché de faire de courtes vidéos, correctes, en laissant le boîtier tout gérer – y compris la mise au point, avec plus ou moins de réussite – pour déjà tenter de rester un temps soit peu stable. Cette première découverte passée, j’ai pu constater avec plaisir qu’on peut modifier les réglages pendant l’enregistrement contrairement aux boîtiers d’entrée de gamme de la marque, trop bridés sur ce point pour être vraiment exploitables autrement qu’en conditions optimales et stables.
Au passage, quand on laisse la MAP (Mise au point) auto, le D7000 reconnait les visages la plupart du temps et fait le point dessus. Bémol, quand la bague de MAP patine, le micro intégré enregistre le bruit produit et gâche totalement la séquence. Notons que le D7000 produit des vidéos en 1080p, de la « full HD » donc. Et de nuit, le capteur profite pleinement des capacités de montée en iso.
Conclusion
Ma conclusion sera courte et directe : j’aurais eu accès à un boîtier de ce niveau à la place du D300 à l’époque, pourtant déjà très bon, je ne serais pas aussi rapidement passé au D700. Ou alors pour le plein format, seule différence sensible et qui me gène depuis que j’ai pris goût au 24×36 version numérique. En tout cas, clairement, avec un tel boîtier, en usage amateur expert, on peut se faire plus que plaisir et mettre un temps certain à trouver les limites. Tant que vous prendrez la peine de coupler le D7000 à des objectifs corrects pour profiter pleinement des capacités de son capteur !
Cliquez sur les images pour les voir en plus grand.


Test Nikon D7000 : Portrait en intérieur à 18 mm





Une des rares journées ensoleillées de cet été
Merci à Mr. Eddy pour le temps consacré à la prise en main et à la réalisation de ce retour d’expérience.
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