Pour ou Contre : la correction d’exposition à la prise de vue

Faut-il corriger l’exposition à la prise de vue, avant même de déclencher, ou bien suffit-il de faire glisser le curseur de votre logiciel de développement RAW une fois l’image faite ?

J’ai un avis tranché sur la question, aussi je vous dis pourquoi je suis POUR le fait de corriger l’exposition à la prise de vue et non en post-traitement.

Pour ou Contre : la correction d'exposition à la prise de vue

Je lis beaucoup de messages, sur le forum photo comme sur la page Facebook, de lecteurs qui pensent que puisqu’ils shootent en RAW il sera bien temps de corriger l’exposition en post-traitement plutôt que de le faire à la prise de vue.

Je ne partage pas cet avis, aussi j’ai pris le temps de lister quelques arguments en faveur de la correction d’exposition à la prise de vue ci-dessous. Je vous invite à donner votre avis via les commentaires, ainsi nous pourrons enrichir le débat.

1- Bien exposer pour bien traiter

Vous savez probablement que les meilleurs développeurs RAW du marché peuvent compenser un écart d’exposition de 2 IL. Pourquoi donc compenser l’exposition à la prise de vue si l’on peut récupérer autant en post-traitement ? Simplement parce que cette variation de 2 IL est toujours relative à la valeur d’exposition initiale.

Si votre image est sous-exposée à la prise de vue, disons à -1 IL, alors la correction en post-traitement agira de -3 à +1 IL (-1-2 / -1+2). Vous aurez du mal à récupérer des détails dans les basses lumières alors que les tons clairs seront probablement bien denses.

Si vous aviez compensé de +1 IL à la prise de vue alors en post-traitement vous pourriez jouer entre -2 et +2 IL, (2 valeurs autour du point zéro) soit une plus grande souplesse dans les tons sombres et des tons clairs moins denses.

2- Le développement RAW a ses limites

Ce n’est pas parce que vous pouvez corriger l’exposition en post-traitement qu’il faut le faire. Voyez plutôt cette possibilité comme une chance supplémentaire de récupérer les petites erreurs de prise de vue et de peaufiner le rendu de vos images.

De plus la correction d’exposition en post-traitement prend tout son intérêt sur certaines zones bien précises de l’image, que vous travaillez avec les outils de retouche locale. Si vous devez systématiquement reprendre l’exposition de toute la photo, c’est que vous avez mal exposé à la prise de vue.

3- Le RAW d’accord, mais le JPG ?

Le développement RAW permet de récupérer une erreur d’exposition. Mais en JPG, point de salut. L’exposition doit être bonne dès la prise de vue sans quoi vos photos seront irrémédiablement sur- ou sous-exposées.

4- Prendre le contrôle plutôt que subir

C’est à vous de décider si vous voulez que l’automatisme de votre boîtier prenne le dessus et décide à votre place ou non. En vous posant les bonnes questions, en anticipant, vous prenez le contrôle et vous passez du stade d’aspirant photographe à celui de photographe expert.

En imposant vos choix à votre boîtier, vous développez votre créativité et vous donnez à vos images un rendu plus personnel.

5- Apprendre de vos erreurs

On apprend toujours de ses erreurs ! C’est en vous trompant, en exposant de façon incorrecte, que vous allez apprendre la photo.

Il n’y a rien de plus formateur que de regarder vos images une fois la séance terminée et de réaliser qu’elles ne correspondent pas à ce que vous vouliez obtenir. Je vous garantis que la fois prochaine vous saurez ce qu’il faut faire et ne pas faire !

6- Vous démarquer

C’est en apportant votre propre sensibilité à vos photos que vous allez pouvoir leur donner un rendu bien spécifique.

Imaginez dix photographes comme vous en train de photographier la même scène : ils vont produire dix photos différentes, et il est à peu près certain que chacune sera exposée différemment. Dans le lot il y aura des images « mode automatique » et d’autres plus personnelles.

7- Développer votre instinct

Pour apprendre la photo il faut pratiquer. Vous devez savoir maîtriser les bases de l’exposition, vous former (voir le guide Maîtriser l’exposition en photographie), mais il est encore plus important de faire des photos.

Avec l’habitude, vous serez très vite capable de juger de la luminosité de votre sujet et de la correction d’exposition à apporter ou pas. Cela doit devenir un réflexe.

Je vous invite également à étudier – et à apprendre par cœur – le fonctionnement du correcteur d’exposition de votre boîtier afin que ce réglage soit instinctif une fois que vous serez en pleine action.

A vous !

Je ne prétends pas avoir raison tout le temps, aussi je vous invite à me dire comment vous pratiquez en matière d’exposition. Vous êtes plutôt « mode auto » ou « prise de contrôle » ? Plutôt « on verra bien au post-traitement » ou « tout se décide à la prise de vue » ?

Réagissez via les commentaires et enrichissons le débat !

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About the Author

Jean-Christophe Dichant
J'ai créé Nikon Passion en 2004 pour vous aider à faire les bons choix, bien utiliser votre appareil photo et apprendre la photo.

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23 Commentaires sur "Pour ou Contre : la correction d’exposition à la prise de vue"

  1. CHEVALLIER Jean Marie | 24 décembre 2017 à 9 h 43 min | Répondre

    Bonjour Christophe et joyeux Noël.
    Je pense aussi qu’une photo correctement exposée à la prise de vue est ce qu’il faut rechercher dans la mesure du possible.
    Pour ma part je tire généralement en mode A, ISO auto. Suivant les circonstances (contre jour, risque de sur ou sous exposition) je corrige avec la molette principale avant de shooter. Le bon choix du bon mode d’exposition et lui aussi très important .

  2. Est-ce qu’on peut dire qu’avoir l’œil sur l’histogramme et re-shooter si c’est sur- ou sous-exposé est une bonne école pour apprendre à photographier avec la bonne expo sans passer par le post-traitement?

  3. Corriger l’exposition à la prise de vue.Oui mais auparavant il faut maitriser ou apprendre la gestion de l’exposition.La 1° école est l’apprentissage de l’utilisation de son boitier en Mode Manuel avec les 3 paramètres fondamentaux, le trio, sensibilité,vitesse,diaphragme.En numérique et en Raw analyser l’histogramme vous aurez alors tous les réglages possibles en fonction de la situation.Cet apprentissage est à mon avis la base de Toute Photo.L’infographie permet en seconde ressource de réparer une erreur .Meilleurs voeux à tous.

  4. La lecture de ces posts m’amène aux réflexions suivantes.
    Évidement qu’il faut corriger l’exposition à la prise de vue. Le travail du photographe consiste à maîtriser l’exposition, c’est dire apporter la quantité de lumière nécessaire à une surface sensible (film ou capteur).

    Que les données issues du capteur soient traitées directement par le boîtier ou extraites dans un fichier RAW, le résultat est toujours conditionné lors du
    déclenchement par le choix de l’ouverture, la vitesse, la sensibilité et rien
    d’autre. Il est donc indispensable de maitriser la quantité et la qualité de lumière lors de la prise de vue.

    Comme du temps de l’argentique avec les différents films, la stratégie d’exposition peut être différente selon que l’on travaille en jpeg ou
    en RAW. En effet si on veut optimiser ses images RAW, il faut exposer pour que les hautes lumières (exposer pour la droite de l’histogramme) car c’est là qu’il y a le plus de nuances de gris. On obtient ainsi une image surexposée qui sera aisément exploitée en post-traitement. On peut ainsi avoir beaucoup plus de détails dans les ombres.

    J’en profite pour passer un message aux constructeurs, je rêve d’un mode de mesure qui soit optimisé pour le RAW et une exposition décalée pour les hautes lumières.
    Pour revenir au débat RAW/jpeg, il n’a pas vraiment de sens ici. Néanmoins dire que les images jpeg soties du boîtier sont meilleures que les jpeg issues des fichiers RAW, revient à dire que les traitements faits a priori avec les logiciels internes du boîtier donnent des résultats meilleurs qu’un logiciel de traitement d’images puissant piloté par l’interprétation artistique
    du photographe.

    En d’autres termes c’est quelque part avouer que l’on ne veut (ou que l’on ne sait) pas utiliser les logiciels de post-traitement et donc que l’on préfère confier toute l’exploitation de ses photos aux logiciels des boîtiers.

    Ce qui est amusant c’est que certains de ces photographes
    revendiquent cette approche au titre de la pureté de la démarche et bannissent les « traficotages » ou autres « bidouillages » du post-traitement. C’est paradoxal de confier, au titre de je ne sais quelle éthique,
    une part importante de la création d’une image à des logiciels.

  5. Bien que Lightroom soit un outil fantastique, je continue à penser que cela améliore ma photo de façon non-naturelle… J’essaye donc de faire la meilleure photo, avec le meilleurs réglages possibles en fonction de la situation, plutôt que de me dire « Lightroom me corrigera bien ». Je suis bien plus heureux avec une très belle photo non-traitée qu’avec une magnifique photo traitée.

    • Eh ben voilà une autre manière de le dire: je souscris totalement. Je dirais même plus, quand on commence à se lancer dans une correction, il arrive un moment où on ne sait plus du tout ou on en est…..au risque de s’apercevoir que le JPEG d’origine était finalement pas si mal

      • EXACTEMENT ? Je ne compte plus les photos dont le JPEG original était mieux, si pas plus naturel du moins! Moins bonne nouvelle: j’ai encore beaucoup à apprendre, que ce soit en photographie ou en utilisation de Lightroom ? Bon, je pars demain au Cambodge, j’espère ramener quelques belles photos au niveau technique et au niveau du message que j’aurai essayé de partager! Meilleurs voeux à vous tous.

        • Décidément vous avez le mot juste! La première phrase est LA problématique. L’alternative est soit on recherche le naturel, et il FAUT se limiter à des corrections légère SI BESOIN, ou on recherche un rendu particulier selon la finalité de la photo: expo, revue, journal, poster… mais au risque de s’éloigner de la « vraie vie »

  6. Bien d’accord sur le cadrage qui est presque l’essentiel !

    • Infiniment d’accord. Il faut réapprendre au jeunes à faire le tour complet de l’oculaire, vérifier les perspectives, la répartitions de zones, les zones de lumière.. (supposant qu’ils ont à priori évalué l’intérêt et l’expressivité du sujet, ce que j’appelle le message d’un photo qui parle)
      Ils sont maintenant habitués à des images au défilement extrêmement rapides, et n’acquière pas l’instinct d’analyser une image mouvante (faculté de ralentir le cerveau sur la vision du sujet)

  7. Je vais être encore plus tranché. L’expo doit être bonne à la prise de vue, sinon ce n’est plus de la photographie, mais de l’infographie. 50 ans d’argentique, ça apprend à régler juste, sinon ça coûtait cher…

    • Donc le traitement apporté lors du développement des négatifs argentiques n’est pas non plus considéré comme de la photo je suppose.
      Lorsque l’on shoot en RAW, la phase de développement passe par un logiciel.

      La limite des modifications pour passer de photographie à graphisme n’est pas facile à fixer et je crois qu’elle est vraiment personnelle (même si je pense que la plupart des gens s’accorderont à dire que modifier les couleurs, les formes et fusionner des photos pour fournir une résultat complètement différent de la réalité s’apparente à la seconde catégorie ^^).

      • Tout à fait d’accord. C’était une manière lapidaire de dire que shooter n’importe comment en auto parce qu’on va pouvoir tout arranger après ne correspond pas à mes yeux l’expression de talents purement photographique (étymologiquement), à savoir la maitrise éclairée de l’instrument de prise de vue et ses accessoires.
        Mais je reconnais assurer mes arrières avec ce que permet le numérique! Je prends tout en JPEG ET en RAW. Je travaille les JPEG, et repars du RAW en cas de besoin.

        • Salut
          Pourquoi pas en raw seulement ?
          Personnellement je ne fais plus que du raw, avec LR, l’exportation en Jpeg est alors très facile. C’est plus souple même si un peu plus long…
          Après, chacun fait comme il le sent, ce n’est qu’une opinion.

          • Oui, c’est une stratégie, si on a le temps. Travaillant pas mal dans le reportage, c’est justement ce qui manque parfois… Donc je prends en RAW+JPEG, et je reviens au RAW si le JPEG n’est pas satisfaisant.
            Il faut cependant préciser que les JPEG sont pris en qualité maximale et compression minimale, et que au cours du traitement la sauvegarde des JPEG se fait à 100 %, c’est à dire sans compression additionnelle.

          • Jacques Girardier | 17 décembre 2015 à 15 h 31 min |

            Bonjour. Intéressante et classique discussion. En fait, en lisant les magazines photo, il me semble que les GPEG sont de plus en plus satisfaisants. Personnellement, je me suis naturellement rangé aux conseils de JC Bréchet, l’ancien de RéponsesPhoto : en photo dite « normale », c’est-à-dire sans grande difficulté d’exposition, que JPEG ; en situations difficiles, JPEG + RAW. Je travail sur DxOOpticsPro10 et la gestion des RAW est relativement longue même sir très améliorée par rapport à Pro8.
            Bon… parfois j’oublie de passer de l’un à l’autre !

          • Je souscris point à point. J’utilise aussi DXO Pro 10. Oui, il est lent quand on développe toute une série de clichés. Quand on travaille à l’unité, c’est moins perceptible.

  8. Tout à fait d’accord avec l’article et les commentaires. Au mieux la photo est exposée à la prise de vue, au meilleur sera le résultat final, après post-traitement éventuel.
    Pour ma part, je shoote quasi toujours en RAW.
    J’utilise le format JPEG uniquement quand… j’utilise mon boîtier en automatique, ce qui arrive de temps en temps quand je souhaite saisir des scènes de famille sur le vif, sans trop me fatiguer.
    A noter que la qualité des réglages à la prise de vue ne concerne pas que l’exposition… Je pense en particulier au cadrage : dans ce domaine également, j’essaie de me limiter aux  » crops » indispensables.

  9. Perso histogramme et après correction d exposition sur nikon d7000

  10. Bonjour,

    Discussion éternelle mais à laquelle la technologie apporte des réponses … »technologiques ». Amateur depuis l’argentique, je suis devenu un adepte du RAW. Dans les cas a priori difficiles j’utilisais la compensation d’exposition. . Honnêtement toutes les fois où j’ai voulu faire une comparaison, les différences étaient difficiles à trouver cela vient-il de la façon de réaliser la mesure?. En effet, dans l’article ci-dessus je suis étonné que la façon de réaliser la mesure ne soit pas prise en compte. Il me semble en effet qu’en fonction du nombre de capteurs, du type de mesure utilisé/choisi il y a une influence sur le résultat.

    Depuis j’utilise le HDR (en RAW) (Olympus EM1) ce qui revient aussi à obtenir des variations automatiques d’exposition. Les facilités de post-traitement apportées aujourd’hui par LR CC rendent cette étape très facile et peu chronophage pour les photos « standards ».

  11. Ayant été élevé à l’ancienne il y a 50 ans à l’argentique,à l’âge de 15 ans avec un premier appareil avec choix de 2 vitesses et de 2 ouvertures, en étant à mon dixième appareil, n’étant passé au numérique qu’en 2009, il est évident que je ne peux être que d’accord ! Mais qu’en est-il des petits jeunes élevés au biberon des pixels ? et au sandwich des logiciels de post traitement ? à la gmoire de l’image parfaite, saturée ?
    Le numérique m’a permis d’évoluer très nettement en photo car, justement grâce à cette éducation, je peux régler a priori assez justement et rapidement.
    Plus généralement et pour ne pas parler toujours de soi, je pense que la nécessité des pré réglages est une excellente pédagogie pour une bien plus grande finesse de prise de vue.
    D’autre part, le post traitement est beaucoup plus long que le pré réglage… évidemment, ça demande de réfléchir !!!
    Je vous avouerais que je me bats avec presque tous les membres de la famille qui shootent en auto, auto, auto, auto, rrrrrh !
    A vous lire, tous.

    • +1 et si je ne suis plus un jeunot, je ne fais pas encore partie des sages…mais j’ai commencé à l’argentique, il y a 15 ans et si ca m’a coûté bonbon en pelloch et en photos bof, ca me faisait réfléchir à ce que je voulais…après idem, le numérique est qd même sympa…et puis une bonne expo n’est pas si difficile que ça a avoir…

  12. Absolument d’accord avec cet article.
    Aujourd’hui, les générations de photographes nés avec le numérique et le post traitement raisonnent à l’envers puisque les outils sont à leur disposition pour rattraper une erreur. Par facilité, et un peu par paresse, il est plus facile de moins réfléchir au moment de la prise de vue et de plus bidouiller le RAW en post prod.
    Modifier le RAW est une histoire de compromis, il y a forcément des répercussions sur la qualité. Plu aon est juste à la PdV, mieux c’est.
    Vous avez très bien couvert les différents aspects du sujet. Bravo.