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Devenir photographe créatif : méthode complète, de l’intention à la publication

Vous faites des photos correctes. Techniquement, c’est maîtrisé : l’exposition est bonne, parfois même la composition aussi. Mais lorsque vous regardez vos images, vous ne cessez de répéter que quelque chose manque. Elles ne sortent pas du lot. Ou elles ne disent rien aux autres qui ne les commentent pas. Ou pire selon vous, qui ne les Likent pas.

Un lecteur m’a écrit un jour : “Je suis trop cartésien, j’ai une formation technique et pas l’esprit créatif. Encore moins artistique. J’ai du mal à passer un cap en photo. Alors… c’est foutu d’avance ?

Cette question, je la reçois régulièrement. Elle révèle une croyance très répandue chez les photographes amateurs : être créatif serait une capacité que certains possèdent et d’autres non. Un don, distribué à certains mais pas à tout le monde.

C’est faux.

La créativité photographique n’est pas un don. C’est une compétence. Et comme toute compétence, elle se construit par l’observation, la pratique et l’analyse de ses propres images. Elle ne demande pas de talent particulier. Elle demande de la méthode, du temps et de la volonté.

Cet article est le résultat de plusieurs années de réflexion sur ma propre pratique et d’échanges avec des centaines de lecteurs qui se posent les mêmes questions que vous. Il ne vous propose pas une liste de recettes. Il vous propose une démarche complète, de la l’intention avant la prise de vue jusqu’à la diffusion de votre travail.

La créativité n’est pas un don : ce que ça veut vraiment dire

On ne naît pas créatif. On le devient. Je suis ingénieur de formation. Pas artiste. Aucun don particulier pour les arts visuels, aucun sens inné de la composition, aucune sensibilité esthétique en paquet cadeau à la naissance. Ce que j’ai, c’est une curiosité obstinée, une habitude d’observer, de tout noter et des années de pratique derrière moi.

La créativité en photographie ne réside pas dans le matériel photo que vous utilisez. Un boîtier haut de gamme ne fabrique pas de photos créatives. Elle ne réside pas non plus dans la maîtrise technique : un photographe qui connaît par cœur les 1 000 pages du manuel de son boîtier peut produire des séries entières d’images parfaitement correctes et totalement quelconques. Et elle ne réside certainement pas dans le nombre de photos que vous publiez sur les réseaux sociaux.

La créativité, c’est avoir une intention avant d’appuyer sur le déclencheur. C’est décider de ce que vous voulez montrer, pourquoi, et pour qui. C’est regarder différemment avant de photographier tous azimuts.

Tout le monde peut y arriver. Même vous. Vous avez un appareil photo, deux yeux, un vécu, des goûts, une sensibilité. Tout le monde a ça. Ce sont les seuls outils dont vous avez besoin. Le reste s’apprend.

Paysage de neige habité - photo © JC Dichant - illustration d'un article sur devenir photographe créatif
Paysage de neige habité – photo © JC Dichant

Trouver l’inspiration dans son propre parcours

La plupart des photographes amateurs font l’erreur de chercher l’inspiration ailleurs : dans les photos des autres, dans les voyages, dans des sujets spectaculaires ou au bout du monde. C’est une erreur de méthode. L’inspiration la plus solide est celle qui vient de ce que vous êtes déjà.

Vous avez un parcours, quel que soit votre âge, et il est unique. Vous avez des connaissances, quels que soient votre métier et vos passions. Vous avez une sensibilité à la musique, au cinéma, à la littérature, à certains lieux, à certaines lumières. Même si vous pensez que tout cela n’a rien à voir avec la photographie, c’est faux. Tout a à voir.

Ce sont ces éléments qui vont nourrir votre pratique créative. Identifiez ce que vous aimez, ce qui vous touche, ce que vous avez envie de montrer. Pas ce que les autres photographient. Ce que vous, vous voyez.

J’habite en ville, je suis sensible aux autres, à la culture urbaine, à l’histoire, au territoire. J’aime le blues, le rock, les plans larges au cinéma, les récits de road trips. C’est en pensant à tout cela que j’ai construit un projet photo sur le territoire urbain. Pas parce que c’est un sujet à la mode. Parce que c’est ma sensibilité et ma vision que je voulais mettre en avant. Je ne voulais pas “montrer des photos”. Je voulais raconter l’histoire de mon environnement proche.

Trouver l’inspiration n’est jamais que faire le tour de ce que vous aimez, de ce que vous ressentez, de ce que vous avez envie de montrer. C’est de là que naît l’émotion.

Dans un village de Meuse - photo © JC Dichant - illustration d'un article sur devenir photographe créatif
Renversant, en Meuse – photo © JC Dichant

L’émotion et le regard : les premiers outils du photographe créatif

Vous vous sentez technicien ? Alors sachez que cadrage et composition sont des outils. Des outils utiles, qu’il faut apprendre à maîtriser. Mais attention, ils ne suffisent pas à faire une photo créative. Une image bien cadrée ne dit pas nécessairement quelque chose.

Ce qui fait la différence, c’est ce que la photo transmet à celui qui la regarde, pas seulement à celui qui l’a prise.

C’est là que la plupart des photographes amateurs butent. Vous éprouvez une émotion à la prise de vue, vous déclenchez, et l’image ne retransmet rien. Parce que l’émotion personnelle et l’émotion transmissible sont deux choses différentes.

Vous connaissez les photos de Robert Capa lors du débarquement : techniquement il n’y a pas pire, elles sont floues, exposées à la limite de l’acceptable. Et pourtant. Ce que ces images transmettent dépasse largement leur qualité technique parce qu’elles ont été prises avec une intention claire. Difficile de penser le contraire, non ?

La question à se poser avant de déclencher n’est pas “est-ce que cette photo me plaît à moi ?”. C’est : “qu’est-ce que je veux que cette photo transmette à quelqu’un qui n’était pas là ? Quelle émotion ce spectateur doit ressentir ?

Je sais. La réponse n’est pas simple. Pourtant cette reformulation change tout. Elle force à passer de la réaction instinctive, appuyer sur le déclencheur avant de savoir quoi transmettre, à l’intention construite, appuyer avec une idée précise en tête. Pas question non plus de casser tout élan, de rater les instants magiques, d’intellectualiser votre photographie. Il s’agit juste de lui donner une direction. Transmettre une émotion se travaille. Les instants de vie, les lumières particulières, les situations inattendues sont autant de générateurs naturels d’émotion.

Mais il y en a d’autres.

Vous êtes face à un lieu chargé d’histoire, vous n’y voyez qu’un décor ? Vous pouvez aussi y voir tout ce qui s’y est passé, tout ce qu’il représente, et tenter de faire passer ça dans le cadre. Souvent vous n’y arriverez pas. Parfois une image sortira du lot et fonctionnera. C’est ce travail qui définit une démarche créative. Echouer souvent est la meilleure façon de réussir de temps en temps. Accepter ça, c’est passer un cap.

Sous les ponts de Paris - photo © JC Dichant - illustration d'un article sur devenir photographe créatif
Sous les ponts de Paris – photo © JC Dichant

Les réflexes instinctifs : déclencher avant de réfléchir

Les meilleures photos sont rarement le résultat d’une démarche logique. Tous les photographes que je rencontre me le disent : leurs images les plus fortes sont celles où ils ont su réagir à une situation avant d’avoir le temps de réfléchir. L’instinct prime sur la logique. Faut-il pour autant oublier toute logique ? Non.

La technique doit devenir inconsciente pour que la logique cesse d’être un frein.

Vous cherchez encore le bon bouton pour changer la sensibilité ? Alors vous ne regardez plus votre sujet. Vous réfléchissez à quelle ouverture choisir ? Vous manquez le moment. La technique doit devenir un automatisme, vous devez savoir piloter votre boîtier les yeux fermés pour que votre attention soit 100% disponible pour ce qui se passe devant vous.

La maîtrise de votre boîtier n’est pas une fin en soi. C’est la condition pour que votre instinct puisse s’exprimer, rien de plus.

Pour arriver à ce lâcher prise, quelques habitudes simples font la différence sur le terrain : gardez votre boîtier à la main en stand-by en permanence pour gagner quelques secondes au déclenchement. Utilisez une sangle de poignée ou une courroie d’épaule pour saisir l’appareil sans risque de chute et sans chercher où il est. Préréglez l’exposition en fonction de la lumière moyenne disponible avant de commencer à photographier. Trouvez le mode d’exposition qui vous convient le mieux pour ajuster le réglage à la volée.

J’utilise le mode A et l’ISO Auto pour 99% de mes photos. Ainsi je n’ai plus qu’à tourner la molette de correction d’exposition avec mon pouce pour ajuster l’exposition très vite. Arrêtez aussi de regarder sans cesse l’écran arrière. C’est une perte de temps et une rupture d’attention. C’est d’autant plus vrai avec les reflex qui imposent de quitter le viseur des yeux pour voir les photos prises. Si vos prises de vues supposent vraiment de contrôler les photos, et c’est rare, envisagez l’hybride qui vous les affiche dans le viseur. C’est bien plus rapide.

Quand quelque chose vous attire, portez l’œil au viseur, cadrez, déclenchez. Si vous le faites en trois secondes ou moins, vous êtes au point. Entraînez-vous avec votre boîtier, dans des conditions proches, jusqu’à ce que vous y arriviez. Vous allez constater les bénéfices de cet apprentissage très vite.

Austin Mini Cooper - photo © JC Dichant - illustration d'un article sur devenir photographe créatif
Austin Mini Cooper – photo © JC Dichant

Chercher le beau quand l’émotion n’est pas au rendez-vous

Il existe de nombreuses situations où l’émotion n’est pas au rendez-vous. Ce n’est pas parce que vous êtes insensible, c’est le sujet qui ne s’y prête pas, ou bien vous n’arrivez pas à vous l’approprier. Photos d’illustration, reproductions, commandes, ou simplement photos faites les jours où vous photographiez sans envie particulière sont rarement des photos chargées d’émotion. Dans ces situations, la créativité consiste à rechercher le beau dans ce qui vous semble ne pas l’être.

Un lecteur me l’a dit mieux que je ne l’aurais fait : “Les belles choses ne font pas toujours de belles photos. En revanche des sujets très moches peuvent donner de magnifiques images.” La notion de beau est personnelle. Vous avez la vôtre, j’ai la mienne. Ce n’est pas une notion universelle. Ce que vous trouvez beau dépend de vous : votre histoire, vos goûts, votre sensibilité. Et c’est ça ce qui rend votre regard unique.

Faire une belle photo de ce qui ne vous semble pas beau est rendu possible par les principes de cadrage et de composition. Ils ne sont en rien des règles à respecter, mais des outils à votre service pour traduire en image ce que vous trouvez beau lorsque l’émotion n’est ni immédiate, ni visible. La lumière, les lignes, les formes, les motifs : ce sont des leviers. Apprenez à les utiliser avec soin.

Dans les rues de Vitry-sur-Seine - photo © JC Dichant - illustration d'un article sur devenir photographe créatif
Dans les rues de Vitry-sur-Seine – photo © JC Dichant

Connaître les règles pour mieux s’en affranchir

Je me rappelle encore ces séances de photos clubs animées par des photographes « experts » passant toutes les photos à la moulinette de la règle des tiers. Ne pas la respecter était perçu comme la faute ultime. Et pourtant… Combien de photos mythiques ne la respectent pas ? La meilleure chose que vous puissiez faire avec les règles de composition, c’est de les apprendre pour mieux les oublier le moment venu. Cela dit, je préfère le terme « principes » au terme « règles » que je trouve trop limitant.

Apprendre pour oublier n’est pas une erreur, il s’agit d’établir une progression dans votre apprentissage. Les principes de cadrage existent car ils permettent de construire des images harmonieuses, lisibles, qui guident l’œil du spectateur vers ce que vous voulez qu’il voit en premier. Si vous ne les connaissez pas, vous commettez des erreurs de débutant, et vous vous demandez pourquoi vos images ne fonctionnent pas.

Mais attention : rester figé dans une posture n’est pas la solution. Appliquez des règles de façon stricte, systématique, et vous ferez toujours les mêmes photos. La monotonie vous pend au nez. La règle des tiers, la fameuse, appliquée à chaque photo, va vous donner une série d’images correctes mais interchangeables. Chaque photo sera agréable à regarder, mais l’ensemble ne dira rien.

C’est là que nombre de photographes se trompent. Ne pas suivre une règle et l’ignorer sont deux choses différentes. Ne pas la suivre, c’est une décision créative consciente. Vous avez évalué que la règle ne servait pas l’image, vous ne l’utilisez pas. L’ignorer, c’est ne pas savoir qu’elle existe. Quand bien même le résultat visuel serait identique, il reste le fruit du hasard.

Un phare en Bretagne - photo © JC Dichant - illustration d'un article sur devenir photographe créatif
Un phare breton – photo © JC Dichant

Un exemple personnel : en Bretagne, j’ai photographié un phare en cadrant une fleur accrochée à un rocher au premier plan, le phare étant repoussé à l’arrière-plan, dans la moitié droite de la photo et dans le flou. Cette composition attire l’œil vers le phare car il est plus lumineux que la fleur sur son rocher. J’ai ainsi mis en œuvre le principe d’axe médian couplé au principe de composition par la lumière, sans respecter aucune règle connue et certainement pas celle des tiers. J’ai vu la scène ainsi, je l’ai cadrée comme je l’ai vue. C’est aussi simple que ça. C’est une composition que je reproduis chaque fois que l’occasion se présente. En ville, c’est fréquent. Elle ne plaît pas parce qu’elle respecte les règles, mais parce que j’en ai intégré l’esprit au point de pouvoir m’en passer. Vous pouvez faire de même.

Fuir les avis positifs : pourquoi les likes vous freinent

Un lecteur m’a écrit : “Il m’est arrivé de penser une photographie pour recevoir davantage de Likes, histoire de combler un besoin de reconnaissance.Vous réalisez à quel point les réseaux sociaux vous trompent ? Cette phrase dit tout sur le piège dans lequel tombent trop de photographes partageant leurs images en ligne.

Vos proches vous font des commentaires agréables sur vos photos ? Ce n’est pas parce qu’elles sont bonnes, mais parce qu’ils veulent vous faire plaisir. Ou qu’ils ne savent pas discerner le bon du moins bon. Sur Instagram ou Facebook, les Likes sont majoritairement attribués par des robots soumis à un algorithme. Certains le sont par quelques comptes qui vous apprécient et vous gratifient d’un clin d’œil motivant pour dire « c’est bien, tu as posté« . Ce ne sont en aucun cas des indicateurs de qualité photographique. Ce sont juste des indicateurs d’optimisation sociale. En clair, ça ne vaut rien.

Photographier à partir de ces retours ne vous fait pas progresser. Pire : ça vous pousse à produire des images consensuelles, celles qui plaisent au plus grand nombre et aux robots, celles qui ressemblent à ce qu’on a déjà vu mille fois. C’est l’inverse d’une démarche créative.

Ce dont vous avez besoin, ce sont des avis critiques. Des retours argumentés, faits par des photographes capables de les faire, qui identifient ce qui ne fonctionne pas, ce qui manque, ce qui est en trop dans vos images. Une photo ainsi analysée et déclarée ratée vaut mille Likes. Mais tout le monde ne sait pas commenter une photo. Je vous recommande de chercher les lieux dans lesquels des photographes plus avancés que vous peuvent regarder vos images sans complaisance : communautés sérieuses, groupes de critique photo, rencontres de photographes.

Attention : Quand vous demandez un avis, soyez précis. “Qu’est-ce que vous en pensez ?” n’appelle aucune réponse sérieuse. “Qu’est-ce qui vous dérange dans ce cadrage ?” ou “Cette photo vous dit-elle quelque chose ou est-ce qu’elle vous laisse indifférent ?” sont des questions générant des retours utiles. Retenez aussi qu’il est inutile de demander des avis sur vos photos si vous n’êtes pas prêt à les recevoir. Parfois, s’entendre dire que c’est raté peut faire mal. J’ai pris quelques belles baffes après avoir soumis des photos à une amie photographe pro, à mes débuts. Mieux vaut évacuer tout ego avant une telle séance.

Les cheminées de la centrale EDF de Vitry-sur-Seine - photo © JC Dichant - illustration d'un article sur devenir photographe créatif
Les cheminées de la centrale EDF de Vitry-sur-Seine – photo © JC Dichant

Le projet photo : le principe le plus simple pour progresser

Quelle est la différence entre un photographe amateur et un photographe expert ? Ce n’est pas la technique. Elle s’apprend en quelques jours. Ce n’est pas le matériel. Acheter un boîtier pro ne fait pas un photographe pro. C’est la connaissance du sujet.

En photographie comme dans n’importe quel autre domaine, travailler un sujet plus longtemps que la moyenne suffit à produire des résultats supérieurs à la moyenne. Si vous photographiez les oiseaux chaque semaine pendant deux ans, vous devenez expert en photo d’oiseaux. Pas parce que vous avez un talent particulier. N’allez pas penser ça. Mais parce que vous avez accumulé une connaissance du sujet que la plupart des photographes n’ont pas. Mes premières photos de danse étaient catastrophiques. Cinq ans plus tard, les danseurs les attendaient.

C’est le projet photo, le principe créatif le plus simple et le plus efficace qui existe. Travailler sur un projet vous force à faire des choix. Quelles images garder, lesquelles éliminer, comment construire une cohérence visuelle sur la durée du projet ? Ces choix sont l’acte essentiel et fondamental de tout photographe créatif. Être créatif ne consiste pas à savoir déclencher. Cela consiste à savoir regarder, et porter sur vos images un regard qui vous aide à sélectionner celles qui comptent vraiment.

Travailler sur un projet vous donne aussi des automatismes techniques. Quand vous revenez régulièrement sur le même sujet, vous ne réfléchissez plus à l’ouverture ou à la sensibilité. Vous vous concentrez sur le moment, les attitudes, la lumière. Vous savez ce que vous voulez obtenir, et ce que le hasard peut vous offrir.

Je me souviens de ce lecteur qui m’a abordé au Salon de la Photo il y a bien longtemps. Il venait de Lyon et tenait à me montrer ses images. Il photographiait des plantes, en couleur sur fond blanc. Des mois de prises de vue, un travail minutieux, sobre, cohérent. Il maîtrisait chaque aspect de ce sujet de niche : l’éclairage, la composition, l’exposition, la profondeur de champ, le traitement. Il venait d’être sollicité pour des publications. Pas parce qu’il était “créatif”. Parce qu’il avait choisi un projet et l’avait travaillé en profondeur.

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Passer de l’opportunisme à un projet photographique structuré

Vous avez déjà fait de bonnes photos. En profitant d’une bonne lumière, d’une situation qui s’est présentée au bon moment, d’un heureux hasard que vous avez su saisir. C’est l’opportunisme photographique, et il n’y a rien de mal à ça. Je fais pareil. Mais cet opportunisme ne construit pas votre démarche créative.

Faire une bonne photo est facile. En faire des centaines, c’est difficile.

Franck Gérard, photographe

Raconter une histoire avec vos images, développer un projet cohérent, ce n’est pas qu’une question de chance et de hasard. C’est une question de volonté. Vous devez définir les limites de votre projet, accepter ses contraintes, savoir ce que vous devez photographier pour construire un ensemble d’images pertinent, savoir pourquoi vous le faites, et surtout quelle histoire vous voulez raconter.

S’il n’y avait qu’une seule chose à retenir de tout ce que j’écris sur la créativité en photographie, ce serait celle-là : apprenez à raconter des histoires. Faites-le avec votre regard et vos propres émotions, en utilisant l’appareil photo comme outil et non comme prétexte.

Narration et storytelling, raconter une histoire avec vos images

Une série de photos est bien plus qu’un sujet répété sous différents angles. C’est un récit qui a un début, un développement et une conclusion. Rappelez-vous les rédactions au collège.

Ne cherchez pas midi à quatorze heures, utilisez la structure narrative la plus simple qui soit : un sujet, un verbe, un complément. Transposée en photographie, pour reprendre la formulation du photographe et auteur François Rastoll : la photo-sujet est celle dont on va parler, le socle de l’histoire. La photo-verbe est celle qui situe le temps, une action, un état fort. La photo-complément est celle qui entretient les codes des deux précédentes et crée une relation narrative.

Ce n’est pas une formule magique. C’est une façon de penser votre photographie autrement qu’une accumulation d’images réussies avec l’aide du hasard.

Les meilleures histoires à raconter avec vos photos ne sont pas forcément là où vous croyez, ni au bout du monde. Elles sont dans ce que vous connaissez déjà, ce que vous avez sous les yeux au quotidien, ce qui vous touche directement. Vous n’avez pas besoin de faire un long voyage. Vous avez besoin d’un regard.

Vous sortez de chez vous, quelque chose vous attire ? Notez-le. Quelque chose vous fait réagir, vous touche sans que vous sachiez pourquoi ? Notez-le aussi. Ce sont des histoires possibles. J’ai clôturé un projet sur le territoire urbain autour de chez moi par une exposition de seize photos. Je les ai choisies parmi plusieurs milliers réalisées sur dix ans. Pas dix-sept, ou vingt. Seize. Cette contrainte du choix strict est celle qui m’a appris le plus sur ma propre démarche créative.

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Diffuser son travail : livre, exposition, publication en ligne

Vous pouvez faire partie des meilleurs photographes au monde, si vous ne montrez jamais vos projets, ils restent inachevés et vous n’êtes pas reconnu. Un disque dur plein à craquer de fichiers RAW n’est pas la conclusion d’un travail créatif. C’est le signe que vous n’allez pas au bout de votre intention initiale. C’est un abandon.

Montrer ne signifie pas obligatoirement poster sur Instagram. Cela peut en faire partie, si vous faites ce choix. Mais la vraie question est : quelle forme de présentation valorise votre travail ? Je me suis posé cette question de nombreuses fois, la réponse n’est jamais une grille de vignettes affichées sur l’écran d’un smartphone.

Le livre de photographies est le format qui vous offre un contrôle total : agencement des images, narration, rythme, présentation du projet. Aucun algorithme ne vient mettre son nez dans un livre. Rien ne change dans le temps. C’est votre regard, fixé.

L’exposition photo est un moment de partage plus ponctuel, plus délicat aussi car vous n’en maîtrisez pas tous les paramètres. Mais c’est le format qui crée une relation directe avec un public, en dehors des écrans. Passer discrètement dans le dos des visiteurs et les entendre commenter vos photos, croyez-moi, c’est une expérience à vivre.

Livre et exposition sont complémentaires. Le livre peut circuler, servir à faire connaître votre projet et à intéresser des lieux d’exposition. L’exposition peut participer à la diffusion de votre projet, du livre.

Pour la publication en ligne, pensez à la newsletter ou au blog comme espace de diffusion d’un projet sur la durée. Ne montrez pas le projet dans son ensemble. Publiez une image par semaine avec le contexte de prise de vue, l’intention, les choix que vous avez faits. Ne publiez pas toutes les images du projet, laissez des surprises aux visiteurs de l’exposition et aux acheteurs du livre. Cette forme de diffusion construit une relation sur la durée avec votre audience. Elle donne envie de savoir la suite, de s’intéresser à votre travail. C’est bien plus pertinent que de courir après des réactions immédiates et des Likes.

Pourquoi faites-vous de la photo ? La question qui change tout

Vous photographiez. Vous avez peut-être commencé pour créer des souvenirs. Puis vous vous êtes intéressé à la technique. Vous avez peut-être même acheté un plein sac de matériel. Puis vous avez cherché à faire mieux, à passer un cap, pour comprendre ce qui manquait à vos images, pour trouver une démarche.

C’est le parcours de la plupart des photographes amateurs. C’est le mien. Il n’y a pas de mauvais point de départ. Vous n’avez rien à vous reprocher si jamais vous le pensez.

Mais à un moment, il faut vous poser une question essentielle, et y répondre : pourquoi faites-vous de la photo ?

Parce que ça me plait” ou “parce qu’il faut bien faire quelque chose à la retraite” sont des réponses qui ne vous aident pas. Creusez davantage. Revenez sur votre parcours. Qu’est-ce qui vous pousse à sortir votre boîtier, à passer des heures à trier vos images, à continuer alors que vous n’êtes pas satisfait de vos résultats ? Je fais de la photographie parce que je veux montrer l’humain dans son environnement. Comprendre comment cet environnement évolue. Vous voyez ? Aucune technique là-dedans.

La photographie est une pratique agréable mais difficile. Maîtriser quelque chose de difficile prend du temps. Vous continuez à en faire parce que vous n’en avez pas encore fait le tour. Félicitations. Mais sachez que vous n’en ferez jamais le tour, car on ne fait jamais le tour d’un sujet qui touche à l’art et à la créativité. C’est une des rares activités qui vous accompagne pour la vie, qui évolue avec vous, qui résiste à la maîtrise complète. Je trouve ça génial, pas vous ?

La réponse à cette question est votre boussole. Elle définit ce que vous devez photographier, avec qui, pour qui, et pourquoi ça vaut la peine de continuer à progresser.

Exercices pratiques pour devenir photographe créatif

Exercice 1 : Identifier votre inspiration personnelle

Prenez de quoi écrire. Listez ce que vous trouvez beau, ce qui vous touche, ce qui vous fait réagir. Peu importe le domaine : musique, cinéma, lieux, personnes, situations. Notez tout ce qui vous vient. Ne cherchez pas à faire de belles phrases, des mots suffisent.

Classez ensuite vos notes par thèmes. Consultez cette liste avant chaque séance photo. Elle vous rappelle ce que vous cherchez avant même de déclencher.

Exercice 2 : Maîtriser votre boîtier sans le regarder

Prenez une heure. Apprenez par cœur la position des commandes importantes : ouverture, temps de pose, sensibilité, autofocus, mesure de lumière. Entraînez-vous à les modifier sans regarder le boîtier, tout en gardant les yeux sur votre sujet imaginaire. Faites l’exercice dans le noir, vous allez vite progresser.

Quand vous pouvez changer ces paramètres en moins de deux secondes sans quitter votre sujet des yeux, vous avez intégré la notion de lâcher prise.

Exercice 3 : L’exercice du beau

Choisissez un sujet accessible, le but est d’aller vite. Faites cinq photos différentes de ce sujet en variant les cadrages et les compositions. Pensez lignes, formes, motifs, lumière.

Regardez ensuite ces cinq images sur votre écran d’ordinateur. Retenez les deux qui vous attirent le plus. Pour ces deux photos, imaginez trois rendus différents : couleur, noir et blanc, tonalités différentes. Créez ces six versions.

Choisissez maintenant une seule image parmi les six. Une seule. Écrivez quelques phrases pour expliquer ce choix. Peu importe la qualité du texte, il est pour vous. Notez-le dans votre journal de photographe, vous saurez où le retrouver.

Vous venez de faire des choix créatifs conscients. C’est exactement cela, la démarche créative.

Exercice 4 : Trouver vos thèmes récurrents

Ouvrez votre photothèque (votre catalogue). Regardez l’ensemble de vos images sous forme de vignettes, la vision la plus large possible.

Identifiez les trois sujets qui reviennent le plus souvent, même si vous n’en avez jamais pris conscience jusqu’ici.

Créez une collection pour chacun de ces trois sujets. Sélectionnez ensuite les dix images les plus fortes dans chaque collection. Vous tenez vos premiers projets.

Regardez ces ensembles d’images : qu’est-ce qui leur manque pour être plus cohérents ? Quels sont les doublons ? Quelles images manquent pour compléter le récit ?

Exercice 5 : La question finale

Vous voulez devenir devenir photographe créatif ? Prenez trente minutes. Une feuille, un stylo, pas d’écran.
Répondez à cette question : pourquoi faites-vous de la photo ?

Recommencez plusieurs fois. La première réponse est rarement la vraie. Creusez jusqu’à trouver quelque chose qui vous surprend vous-même.

Notez cette réponse dans votre journal de photographe. Relisez-la quand vous doutez, quand vous vous demandez si vous avancez, quand vous cherchez quoi photographier ensuite.

Questions fréquentes sur la créativité en photographie

La créativité en photographie s’apprend-elle ?

Oui. Comme toute compétence, la créativité photographique se développe par l’observation, la pratique et l’analyse de ses propres images. Il n’existe pas de photographe créatif qui n’ait pas d’abord beaucoup regardé les images des autres, beaucoup déclenché, et beaucoup éliminé.

Faut-il un appareil photo performant pour être créatif ?

Non. La créativité n’est pas dans le boîtier. Elle est dans le regard que vous posez sur votre sujet avant d’appuyer sur le déclencheur, et dans l’intention qui guide ce geste. Les photographes les plus créatifs travaillent souvent avec les contraintes imposées par leur matériel, pas malgré elles.

Quelle est la différence entre un photographe technique et un photographe créatif ?

Le photographe technique maîtrise les réglages. Le photographe créatif sait pourquoi il les choisit. La technique est un outil au service d’une intention. L’idéal est de maîtriser les deux, dans cet ordre : d’abord comprendre ce que vous voulez dire, ensuite savoir comment le dire.

Comment trouver son sujet photographique ?

En faisant le tour de ce que vous aimez déjà, en dehors de la photographie. Votre métier, vos lectures, vos goûts musicaux, les lieux qui vous touchent, les personnes qui vous intéressent. Votre sujet photographique est presque toujours là, dans ce que vous connaissez et ressentez avant même de sortir un appareil.

Par où commencer pour développer une démarche créative ?

Ouvrez votre photothèque ou catalogue et faites l’exercice 4 de cet article. Vous y trouverez vos thèmes récurrents, donc votre point de départ. En parallèle, regardez davantage d’images : des photographes qui travaillent sur des sujets qui vous attirent, des livres, des expositions. Les deux ensemble vont plus vite que l’un sans l’autre.


Club photo et génération Z : la métaphore du chat

Un lecteur me demandait récemment comment attirer les jeunes dans son club photo. Les 16 ans, précisément. Ma réponse a été sans appel : ne fais pas ça.

Les jeunes ont leur place dans la photographie, bien évidemment. Mais la question révèle un malentendu fondamental sur ce que les jeunes générations attendent d’un espace communautaire. Vouloir “faire venir” quelqu’un, c’est déjà partir du mauvais pied.

La génération Z (Gen Z) comprend les personnes nées entre les années 1996 et 2012, soit les 16-25 ans environ aujourd’hui. Comme toute génération, elle a ses codes, ses pratiques, ses habitudes et ses attentes. Chercher à les comprendre, et les entendre, est le point de départ par lequel tout club photo traditionnel doit passer pour espérer intéresser ces jeunes.

Le club photo, une institution

J’ai participé à un club photo pendant plusieurs années avant de le diriger pendant dix ans. J’ai eu de nombreux échanges avec d’autres clubs. Tous étaient, ou sont encore, plus ou moins structurés sur le modèle associatif français : statuts, cotisations, règlement intérieur, affiliation à une fédération. Le club photo est une institution.

Ce cadre a des avantages réels et concrets : il permet de disposer d’une structure associative reconnue pour demander des subventions, pour nouer des partenariats avec des collectivités, pour bénéficier d’une assurance, pour prêter du matériel. Le statut d’association loi 1901 permet d’inscrire le club dans la durée, c’est une structure fiable.

Mais ce cadre produit aussi une culture. Celle de l’appartenance à un cercle privé : pour participer aux activités d’un club photo, on est membre, on paie sa cotisation, on assiste aux séances, on participe aux thèmes imposés, aux concours.
Le club dispose d’une structure dirigeante, souvent les anciens. Ce sont les piliers du club, réunis au sein d’un bureau. Ce bureau connait les codes, définit les orientations. Les nouveaux membres doivent accepter cette hiérarchie, apprendre les codes, et les suivre.

Cette structure rigide crée une dynamique lente. L’évolution des pratiques est progressive, se veut consensuelle, mais est souvent laborieuse. Je me souviens de ces longues assemblées générales passées à débattre sur ce qu’il faudrait proposer pour assurer l’animation du club, sans jamais arriver à un consensus. Au final, c’est souvent le bureau qui tranche, imposant ses choix et jouant ainsi son rôle d’organe dirigeant.

La plupart des clubs que je connais, des plus modestes aux plus importants, sont restés photo-centriques à une époque où les pratiques créatives autour de l’image se sont considérablement élargies. La vidéo, le son, la musique, le graphisme, la retouche créative, les formats hybrides… C’est ce qui constitue la culture visuelle des jeunes générations. Et ce qui reste souvent à la porte des clubs photo.

Ce n’est pas une question de mauvaise volonté. C’est la conséquence logique d’une structure pensée par et pour d’autres générations.

Certains clubs l’ont compris et ont évolué en élargissant leurs pratiques, en assouplissant leur fonctionnement, en changeant de nom parfois. Ils sont encore minoritaires, mais ils existent et ils montrent que la transformation est possible sans tout abandonner.

Pour préparer ce sujet, j’ai interrogé un grand nombre de personnes, parmi les moins jeunes comme les plus jeunes. Voici ce qu’il ressort de nos échanges.

Ce que les 55+ m’ont dit

J’ai posé la question à des photographes amateurs parmi mes lecteurs, la plupart âgés de plus de 55 ans, certains membres d’un club photo. La question était simple : « Si vous deviez retrouver des gens pour parler et pratiquer la photo, vous imagineriez ça comment ? ».

Un schéma revient dans la grande majorité des réponses : pratiquer ensemble sur le terrain, puis partager autour d’un verre.

« Sur le terrain. Avec un sujet à travailler, genre architecture, paysage. »
« En deux parties. Un atelier sur le terrain avec un thème précis, puis un débrief convivial autour d’un verre ou d’une tasse. »
« Un stage photo d’un ou deux jours avec un thème, en pratiquant sur le terrain, puis en débriefant en salle et en déjeunant tous ensemble pour se connaître, discuter, échanger autour de cette passion commune. »

Ce que ces réponses disent, au fond : la convivialité est le critère central, pas la structure. Le club photo n’est pour beaucoup qu’un cadre par défaut, le seul qu’ils connaissent. Un seul de mes interlocuteurs a répondu sans détour : « Dans un club photo, tout est réuni. ». Une position honnête, et minoritaire.

Je note aussi ce qui est absent de toutes ces réponses : personne ne m’a dit vouloir apporter un projet travaillé seul, pour avoir des retours constructifs. Cette attente n’existe pas chez les 55+. Elle est centrale chez les plus jeunes.

Ce que la Gen Z m’a dit

J’ai commencé par échanger avec Raphaëlle [prénom changé à sa demande], la vingtaine, qui fait de la photo, de la vidéo, qui crée. Je lui ai demandé ce qu’évoquait pour elle le mot « club photo ». Et comment, selon elle, attirer les jeunes dans un club photo ?

Sa réponse a été directe : un endroit fermé aux visiteurs, réservé aux membres, avec des gens plus âgés, des obligations de présence, des projets imposés. Un endroit où on prête allégeance (elle a utilisé la comparaison avec les clubs de bikers) avant même de savoir si on y a sa place.

J’ai ensuite posé la question à d’autres jeunes de mon entourage, pleine cible Gen Z. Non pas « qu’est-ce que vous pensez des clubs photo ? », une question qui produit des réponses polies et creuses, mais « c’est quoi la différence entre un club photo et un atelier photo, pour vous ? ». Ces jeunes fréquentent un atelier photo-vidéo que je connais bien. C’est ce contexte qui m’a permis de poser une question comparative plutôt qu’abstraite.

Deux mots reviennent dans presque toutes les réponses : libre et ouvert.

« Le club photo, ce sont des activités imposées, comme un cours. Dans un atelier, on est libre de venir parler de nos projets, et des encadrants nous aident si besoin. »
« La différence, c’est l’inclusivité. On peut venir sans expérience, sans projet en tête, et juste passer un bon moment. »
« Un atelier, ça n’a rien d’académique. C’est un espace de création totalement libre, ouvert à tous, porté par un esprit familial. »
« Le club photo, pour moi, c’est un endroit où nous ne nous intéressons qu’à la photo traditionnelle, sans explorer les dérivés. Alors qu’un atelier photo est un endroit où nous n’explorons pas que la photo mais aussi la vidéo et la musique. »

Un témoignage m’a particulièrement frappé : « Dans un atelier, il y a des gens qui sont là, juste ‘ils viennent’. La différence fondamentale est là : la pratique n’est pas centrale. ». Ce n’est pas de la paresse de la part de ces gens ‘qui viennent’. C’est une autre conception de ce que signifie appartenir à un groupe.

La question de la gratuité apparaît aussi, formulée sans détour : « Un atelier est vraiment gratuit, accessible à tous. » Une cotisation, même modeste, est perçue par les 16-25 ans comme un premier signal d’exclusion avant même d’avoir mis le pied dans la salle. Ceci pose la question du modèle économique. Un atelier ouvert ne se finance pas par la cotisation individuelle, il s’appuie sur d’autres leviers : soutien municipal, intégration dans un tiers-lieu, subventions associatives. Ce modèle existe et fonctionne. Il demande simplement d’aller chercher les financements ailleurs.

Un dernier témoignage résume mieux que tous les autres ce que j’essaie de dire dans cet article : « La différence ressemble à deux façons de vivre la photographie. Le club fonctionne autour d’un cadre collectif et de thèmes communs. L’atelier ressemble davantage à un laboratoire ouvert où chacun développe son univers personnel, tout en pouvant bénéficier d’un accompagnement quand il en a besoin. »

Deux façons de vivre la photographie. La formule est juste, et elle est d’eux.

Ce que ces jeunes décrivent sans le formuler ainsi, c’est une distinction simple : il ne s’agit pas de chercher une occupation, et de se dire que la photo pourrait en être une. Il s’agit de s’exprimer, de porter des messages. La photo, comme la vidéo, ne sont que des outils favorisant cette expression. Aussi pourquoi se limiter à la photo quand on peut profiter de la vidéo et du son pour renforcer l’impact d’un projet ? Ce ne sont pas les photographes adeptes de la vidéo, les Munier ou Depardon pour ne citer qu’eux, qui me démentiront.

Je suis conscient que ces jeunes, interrogés, fréquentent déjà un atelier ouvert. Ils ne sont donc pas un échantillon neutre. Il existe sans doute des jeunes qui s’épanouissent dans un club photo traditionnel. Mais leur rareté est elle-même un signal.

L’atelier photo, de quoi parle-t-on ?

Ce que Raphaëlle décrit n’est pas une utopie. Des espaces de ce type existent, portés par des associations, des municipalités, des collectifs informels. Ils n’ont pas tous le même nom : atelier, espace de création, collectif … Mais ils partagent les mêmes caractéristiques.

Club photo Atelier ouvert
Accès Membres cotisants Ouvert à tous
Présence Obligatoire ou attendue Libre
Pratiques Photo principalement Photo, vidéo, son, montage
Programme Thèmes et concours proposés Projets personnels
Encadrement Transmission verticale Accompagnement de projet
Financement Cotisations Subventions, tiers-lieux, municipalités
Modèle d’appartenance On est membre On est présent

La porte est ouverte. On entre, on repart, on revient. Sans carte de membre, sans cotisation annuelle, sans obligation de présence. Certains viennent toutes les semaines, d’autres une fois par mois, d’autres encore quand un projet les y amène. A ces âges là, les soirées sont souvent chargées.

On n’y vient pas pour suivre un programme. On y vient avec ce qu’on a en tête : une idée, un projet en cours, une question technique, ou rien de précis. La pratique n’est pas le prétexte à la présence. La présence se suffit à elle-même.

Les pratiques y cohabitent. Photo, vidéo, son, montage. L’espace lui-même envoie un signal. Dans un club, des tables alignées face à un tableau, ça ressemble à une salle de cours. Les jeunes en sortent à 17h, ils n’ont aucune raison d’y revenir le soir. Dans un atelier ouvert, un espace modulaire, chaleureux, où l’on peut déplacer les chaises, mettre de la musique, s’installer comme on veut, c’est déjà une invitation avant même qu’on ait dit quoi que ce soit. Tout ce qui touche à la création visuelle et sonore trouve sa place. Pas parce qu’un règlement l’autorise, mais parce que personne ne l’interdit.

Il y a des référents, pas nécessairement des professeurs. Des gens qui ont de l’expérience, qui regardent ce que les autres font, qui donnent des retours quand on le demande. Leur rôle n’est pas de transmettre un savoir structuré. Il est d’accompagner des projets qui ne leur appartiennent pas.

C’est précisément ce dernier point qui change tout et qui mérite qu’on s’y arrête. Dans un club, on est membre. Dans un atelier ouvert, on est présent et c’est suffisant.

Le rôle clé des encadrants

Dans un club photo, les encadrants sont généralement des photographes expérimentés qui transmettent leur savoir. Ils proposent des thèmes, corrigent les erreurs techniques, évaluent les images produites. C’est un modèle pédagogique classique, vertical, qui fonctionne bien pour ceux qui cherchent à progresser dans un cadre structuré.

Dans un atelier ouvert, ce rôle ne disparaît pas, il se transforme. Les encadrants ne sont plus uniquement ceux qui savent et qui enseignent. Ils sont ceux qui regardent, qui questionnent, qui accompagnent. Ils ne proposent pas de sujets, ils aident à clarifier celui que le jeune a déjà en tête. Ils ne corrigent pas une image, ils demandent ce que son auteur voulait dire, et ils l’aident à y arriver. La différence n’est pas de degré. Elle est de posture.

Ce changement de posture a une conséquence directe sur les profils d’encadrants recherchés. Un bon encadrant pour un atelier ouvert n’est pas nécessairement le photographe le plus expérimenté de la salle. C’est quelqu’un qui s’intéresse sincèrement aux projets des autres, qui sait donner un retour utile sans imposer sa vision, et qui est à l’aise avec des pratiques qui vont au-delà de la seule photographie : la vidéo, le son.

C’est souvent le maillon manquant. Un club photo qui voudrait s’ouvrir aux jeunes générations sans revoir le profil de ses encadrants se heurtera rapidement à un mur. Les jeunes ne cherchent pas un professeur. Ils cherchent un regard et de la compréhension.

La métaphore du chat

Si vous laissez la porte ouverte, le chat entre et sort à sa guise. S’il sort, vous savez qu’il reviendra. Fermez la porte quand le chat est à l’intérieur, il n’a plus qu’une envie : sortir.

Cette métaphore vaut pour toute communauté qui cherche à attirer des gens insensibles à l’obligation d’appartenance. Les jeunes générations ne fuient pas la communauté, elles refusent la contrainte formelle qui l’accompagne.

Ce n’est pas qu’une question de génération, d’ailleurs. C’est une question de liberté de mouvement. Je ne fais plus partie des jeunes, mais je pense comme eux : un espace qui retient par la règle repousse. Un espace qui attire par ce qu’il propose fidélise.

Laissez-leur la porte ouverte. Beaucoup reviendront.

Ce que ça change, concrètement

Je ne propose pas un guide de transformation du club photo en atelier branché. Je n’ai pas la prétention d’avoir fait le tour du sujet, je suis conscient des limites de mon échantillon, et je sais qu’il existe différents fonctionnements selon les clubs et les ateliers. Je connais trop bien la réalité des bénévoles qui font tourner ces structures pour leur suggérer de tout réinventer du jour au lendemain.

Le club photo a rendu des services réels pendant des décennies. Il a structuré une pratique, transmis des savoir-faire, créé des liens. Ce n’est pas son histoire qu’il faut effacer, c’est sa posture qu’il faut interroger.

Ce que je propose, c’est une façon différente de poser la question intergénérationnelle. Pas « comment faire venir les jeunes dans notre club ? » mais « quel espace aurions-nous envie de créer si nous repartions de zéro avec les plus jeunes ? ».

La réponse à cette question commence souvent par des détails qui n’en sont pas. Le nom, d’abord : atelier, espace, collectif … Les mots qui n’impliquent pas d’allégeance préalable envoient un signal différent avant même que quelqu’un ait franchi la porte.

La politique d’accueil ensuite : un 16-25 ans qui vient pour la première fois sans savoir s’il reviendra doit pouvoir repartir sans avoir signé quoi que ce soit. La plupart des clubs fonctionnent ainsi déjà. Cependant ces visites sont souvent limitées à quelques-unes. Envisager la fréquentation libre définitive n’est pas une menace pour la cohésion, elle en est souvent la condition.

L’élargissement des pratiques enfin : accepter que la vidéo ou le son aient leur place ne dilue pas l’identité d’un groupe, ça l’élargit.

C’est aussi l’occasion de renverser la logique habituelle de transmission. Les anciens ont la technique photographique. Les jeunes ont souvent une longueur d’avance sur la vidéo, le montage, les formats courts. Un atelier qui accepte cet échange dans les deux sens n’appauvrit pas ses membres les plus anciens, il les enrichit.

Aucune de ces pistes n’est incompatible avec un cadre associatif sérieux. Elles demandent surtout un changement de posture : cesser de penser que la structure protège la communauté, et commencer à se demander si elle ne la referme pas sur elle-même.

Ce que la Gen Z attend d’un espace photo, en trois points

Un accueil sans condition : on vient, on repart, on revient. Sans cotisation, sans engagement, sans obligation de présence. La fréquentation libre n’est pas un problème de cohésion, elle en est la condition.

Une pratique élargie : photo, vidéo, son, montage. Les jeunes ne se reconnaissent pas dans un espace limité à la seule photographie. Élargir les pratiques acceptées n’affaiblit pas l’identité d’un groupe, ça l’élargit.

Un accompagnement, pas un enseignement : les jeunes ne cherchent pas un professeur qui corrige leurs images. Ils cherchent un regard qui accompagne leurs projets. C’est une différence de posture, pas de compétence.

Questions fréquentes sur les clubs photo et les 16-25 ans

Pourquoi les jeunes ne viennent-ils pas dans les clubs photo ?

Les clubs photo fonctionnent sur un modèle d’appartenance formelle: cotisation, obligations de présence, thèmes imposés, qui est à l’opposé de ce que les jeunes générations attendent d’un espace communautaire. Ce n’est pas la photographie qui les rebute, c’est la contrainte qui l’accompagne.

Quelle est la différence entre un club photo et un atelier photo ?

Un club photo est une structure associative avec des membres, un bureau, un règlement. Un atelier photo ouvert est un espace de fréquentation libre, sans obligation d’appartenance, où les pratiques cohabitent : photo, vidéo, son, montage. Dans un club, on est membre. Dans un atelier, on est présent, et c’est suffisant.

Comment attirer les jeunes dans un club photo ?

Trois leviers : changer le vocabulaire (atelier, espace, collectif plutôt que club), accepter la fréquentation libre sans limitation dans le temps, et élargir les pratiques au-delà de la seule photographie. Aucun de ces changements n’est incompatible avec un cadre associatif sérieux. Ils demandent surtout un changement de posture.

Pourquoi le chat reviendra

La question de mon lecteur partait d’une bonne intention : il voulait que son club soit vivant, multigénérationnel, tourné vers l’avenir. C’est une intention juste, et elle mérite mieux qu’une réponse technique sur les moyens de recruter des jeunes membres.

Ce que les témoignages que j’ai recueillis disent tous, d’une façon ou d’une autre, c’est que les jeunes comme les moins jeunes reviennent là où ils se sentent attendus sans condition. Pas là où on les recrute. Pas là où on leur demande de s’engager avant de savoir si l’endroit leur convient. Là où la porte est ouverte.

La génération Z n’a pas inventé cette attente. Elle l’exprime simplement avec moins de patience pour les structures qui l’ignorent.

Laissez la porte ouverte. Le chat reviendra.


Brumes, Nikon D700 Timelapse par JF Degbomont

Parmi l’équipe de (gentils) animateurs de Nikon Passion, il y en a qui délaissent régulièrement leurs écrans pour notre plus grand bonheur. Après l’expo « Macro » de Jean-Pascal Bailliot présentée ici-même, c’est au tour de Jean-François Degbomont, un de nos modérateurs sur le forum, de nous présenter une animation time-lapse.

timelapse tourné au Nikon D700 - BRUMES

Voici donc le film « Brumes », réalisé avec un Nikon D700.

[vimeo]http://vimeo.com/25079932[/vimeo]

Pour les plus curieux, ce montage a été réalisé avec un Nikon D700 et trois objectifs : les AFS Nikkor 50 f/1.4G, Tamron 28-75 f/2.8 et Tamron 70-200 f/2.8. Jean-François nous avait d’ailleurs proposé le test de son Tamron 70-200 f/2.8 il y a quelques mois. C’est celui-ci qu’il a utilisé ici.

Pour ce qui est de la prise de vue, voici quelques conseils si vous voulez vous prêter vous-aussi à l’exercice : posez votre boîtier sur un trépied bien rigide, utilisez le mode intervallomètre de votre boîtier, en le programmant pour qu’il déclenche toutes les 5 secondes. La séquence dans son intégralité représente 839 vues, soit 5 séquences de 250 photos chacune.

Utilisez le mode manuel pour l’exposition afin de garder des réglages constants tout au long de la série et donc une exposition identique pour l’ensemble de la séquence. La mise au point est réglée une fois pour toutes en manuel.

Une fois les images capturées, un petit tour dans Adobe Lightroom pour une retouche par lots et Jean-François a calé toutes ses images à l’identique. Il nous avoue même pouvoir réaliser plusieurs séquences différentes en recadrant, la définition du Nikon D700 étant suffisante. Il a ainsi obtenu un format 1080p correspondant au standard vidéo. Le montage final est réalisé avec le logiciel Virtual Dub, les titres sont des images PNG réalisées pour l’occasion.

Dernier détail, utilisez le format JPG sans quoi il vous faudra investir dans une bonne carte mémoire et une machine adaptée pour le traitement de toutes ces images !


Profession Iconographe – le guide pratique

« Profession Iconographe » est un ouvrage de Aurélie Lacouchie, Souâd Mechta, Elisabeth Sourdillat paru aux éditions Eyrolles.

Ce guide pratique, dans la lignée de celui d’Eric Delamarre « Photographe indépendant » détaille tout ce qu’il faut savoir du métier d’iconographe, qu’il s’agisse de la recherche d’images et illustrations, de l’avenir de la profession, des formes d’exercice en indépendant ou en salarié.

couverture du livre "Profession iconographe, le guide pratique"

Qu’est-ce qu’un iconographe ?

Citons les auteurs du livre qui définissent l’iconographe comme un spécialiste de l’image, un professionnel dont le métier est de chercher des images fixes ou animées, mais pas seulement. Il fait le lien entre les producteurs et les diffuseurs d’images dans des secteurs variés (presse, édition, publicité, communication, Web…). Qu’on le nomme chercheur d’images, rédacteur photo, acheteur d’art, documentaliste audiovisuel…, sa mission va bien au-delà de la recherche et de la production d’images.

Présentation des auteurs

L’ouvrage est coécrit par trois professionnelles de terrain. Aurélie Lacouchie est secrétaire de l’Association nationale des iconographes (ANI) et responsable de photothèque. Souâd Mechta est photographe, iconographe, et intervenante dans différentes écoles. Elisabeth Sourdillat est iconographe pour la presse et l’édition, et enseigne le droit des images et l’iconographie à l’université de Nantes.

Les facettes du métier d’iconographe

La première partie de ce guide présente à peu près tout ce qu’il faut savoir sur le métier : comment chercher des images, comment les gérer, comment gérer les droits. Véritable guide pratique du métier d’iconographe, cette première partie répondra aux questions que vous pouvez vous poser sur l’activité de l’iconographe au quotidien.

Nous avons particulièrement apprécié le soin apporté à la mise en évidence de ce qui peut sembler un détail parfois mais ne l’est pas toujours. Exemple avec la notion de « libre de droits » ou la fameuse mention « DR ».

Cette première partie devrait d’ailleurs être lue par les photographes et créateurs qui proposent leurs images. Comprendre le métier de ceux qui les recherchent ne peut que leur être bénéfique.

Les mutations du métier d’iconographe

L’arrivée de la photo numérique dans le monde de l’image a bouleversé les habitudes. La diffusion de ces mêmes images via les réseaux et banques d’images apporte son lot de problématiques que l’iconographe se doit de prendre en considération.

L’iconographe doit également aujourd’hui prendre en considération les images mises à disposition par les amateurs. Qu’il s’agisse de banques d’images spécialisées ou de sites de partage, comment procéder, quelles règles se fixer, quelles précautions prendre.

Cette seconde partie de l’ouvrage s’adresse à celles et ceux qui envisagent de faire de ce métier le leur, de même qu’à ceux qui le font déjà et souhaitent comprendre les nouveaux enjeux liés à l’image numérique et à l’omni-présence d’internet. De nombreux exemples concrets viennent illustrer l’ouvrage, ainsi que le recueil de témoignages d’iconographes en poste qui nous présentent leur vision du métier.

Devenir iconographe professionnel

Voici une troisième partie qui intéressera les candidats au métier d’iconographe. Si les auteurs s’accordent à dire que « n’importe qui ne peut pas embrasser la profession d’iconographe« , il suffit de parcourir cette partie de l’ouvrage pour  voir plus clair et réaliser si vous êtes fait pour cela ou non.

Description du profil de l’iconographe, formations, compétences requises, vous trouverez ici de précieuses informations. Ce n’est pas pour autant la partie la plus détaillée du livre, vous pourrez la compléter à l’aide des nombreuses références fournies vers les sites spécialisés.

L’iconographe salarié

Les iconographes salariés existent et les auteurs en ont trouvé ! Même si les salariés ne représentent pas la majeure partie de la profession, vous trouverez dans cette quatrième partie les réponses à de nombreuses questions : types de contrats, droits et devoirs, salaires, protections sociales, etc.

Vous relèverez au passage que l’iconographe salarié, en France, est assimilé à un journaliste et qu’à ce titre il dispose des mêmes droits que ses confrères comme celui de demander une carte de presse.

L’iconographe indépendant

« Si vous n’êtes pas salariés, comment allez-vous vous faire payer pour un travail ?« . L’iconographe indépendant doit gérer, en sus de son activité au quotidien, la relation avec les différents organismes sociaux, la commercialisation de ses prestations, la compatibilité associée, les déclarations diverses et variées.

Après un premier chapitre sur les formes juridiques pour lesquelles vous pouvez opter, les auteurs présentent différents éléments pratiques comme la fiscalité, la TVA, les régimes sociaux, les cotisations, le régime de l’auto-entrepreneur. Autre sujet abordé, la facturation et l’évaluation de vos coûts pour mieux fixer vos tarifs de ventes de prestations.

En conclusion

Voici un ouvrage qui répondra à la plupart des questions que vous pouvez vous poser sur le métier d’iconographe. Avec une présentation sobre, sans illustration (un comble pour des iconographes !), les auteurs abordent l’essentiel et le découpage de l’ouvrage en différentes thématiques facilite la lecture de ce qui est un guide pratique pertinent au final. Nous aurions apprécié tout au plus une maquette un peu plus colorée pour une lecture plus agréable d’un ouvrage technique. L’essentiel reste le contenu et sur ce plan l’iconographe en herbe comme l’iconographe expérimenté y trouveront ce qu’ils sont venus chercher.

Parcourez deux extraits du livre pour vous faire une idée du contenu :

Extrait chapitre 2 : Le rôle de l’iconographe : rechercher des images et au-delà
(131.3 Ko)

Extrait chapitre 3 : Autour des images : les coûts, le suivi administratif et les droits
(174.7 Ko)

Retrouvez « Profession iconographe, le guide pratique » chez Amazon au tarif public de 26 euros.


Marc-André Pauzé, photographie et carnets de voyage

Le reporter photographe Marc-André Pauzé et l’analyste politique et photographe Nathalie Sentenne ont voyagé aux quatre coins de l’Afrique. Ils en reviennent avec des récits et des images fortes, empreintes d’émotion, et nous racontent de belles histoires.

Du Sahara tunisien aux rizières de Madagascar et du fleuve Niger aux peuples Massaïs du Kenya, Humani Afrika présente des images de l’Humain dans son quotidien. Leur approche, qui se veut avant tout documentaire, fusionne l’information avec beauté de l’image.

Depuis ce voyage, Marc-André Pauzé est reparti, chacune de ses expéditions étant l’occasion de nous rapporter des récits et des images dont il a le secret.

Les carnets Humani Afrika - Marc-André Pauzé photographe

 

J’ai fait la rencontre virtuelle de Marc-André Pauzé en suivant son fil Twitter puis en visitant son site et l’expérience m’a intéressé aussi j’ai éprouvé l’envie de vous en parler.

Marc-André Pauzé et Humani Afrika

Avec Humani Afrika, Marc-André Pauzé nous fait participer à son aventure et au voyage. Ses carnets ne sont pas seulement un recueil de photographies ou de textes mais un recueil d’informations joliment illustrées pour faire connaissance avec l’univers de l’auteur (voir les carnets de voyage des lecteurs).

Histoires, anecdotes, reportages, voici de quoi passer un bon moment si vous aimez le dépaysement et les beaux récits.

Les carnets Humani Afrika - Marc-André Pauzé photographe

Le photographe et dessinateur va au-delà du simple récit et nous propose information, sensibilisation et surtout … émotion. Un travail à découvrir.

Voici la présentation en vidéo des carnets Humain Afrika par leur auteur, pour en savoir plus sur le sujet.

Vous pouvez également découvrir le matériel qu’il emporte lors de ses expéditions, et en particulier les appareils photo Nikon Z 6 et Nikon D7000, pourquoi il a fait ce double choix .

Parce qu’il fait de l’aquarelle autant qu’il photographie, il nous fait aussi découvrir sa palette, comment il l’utilise, comment tout cela est mis en perspective pour concilier travail photographique, aquarelle et récit au quotidien.

Photos (C) Marc-André Pauzé


Tim Hetherington et Chris Hondros, photojournalistes tués à Misrata en Libye

Deux photographes de guerre, le britannique Tim Hetherington et l’Américain Chris Hondros, de l’agence Getty, ont été tués mercredi à Misrata en Libye. Il y a des annonces plus réjouissantes mais nous ne pouvions passer à côté de l’information publiée hier soir et rendre hommage à ces hommes et au travail des reporters en général.

Tim Hetherington et Chris Hondros, 41 ans tous les deux, étaient en pleine action dans une des principales avenues de Misrata. Ils se sont retrouvés, avec leur groupe, sous le feu d’un tir de mortier, alors que la situation était plutôt calme quelques secondes avant. Le photographe espagnol Guillermo Cervera raconte « tout était calme et nous tentions de nous retirer quand un obus de mortier est arrivé. Nous avons entendu des explosions ».

Tim Hetherington

Tim Hetherington, photographe anglais, était en Libye pour le magazine Vanity Fair.

Il a remporté plusieurs prix internationaux pour ses photos de conflits. Parmi ces prix, le photographe a reçu un World Press Photo Award en 2007 pour ses images d’Afghanistan et de soldats américains. Tim Hetherington était également le réalisateur du documentaire « Restrepo« , nommé aux Oscars, sur le même sujet.

Chris Hondros

Chris Hondros, photographe américain, a été blessé gravement à la tête et est décédé quelques heures après l’explosion.

Chris Hondros a couvert le Kosovo, l’Angola, la Sierra Leone, l’Afghanistan, l’Irak. Il a remporté en 2006 la médaille d’or Robert Capa pour « son courage et son initiative exceptionnels » en Irak.

Une des photos de Chris Hondros, prise quelques heures avant sa mort, a fait la Une du journal Washington Post le jour de sa disparition.

N’oublions pas les autres photographes et journalistes blessés mercredi, parmi lesquels Guy Martin, photographe freelance travaillant pour l’agence Panos et l’Américain Michael Brown, qui travaillait pour Corbis.

Source : Getty Images & New-York Times


Photo Poche Tendance Floue : Douze pour un

Le collectif Tendance Floue fête son 20ème anniversaire. Pour l’occasion Acte Sud publie un nouvel ouvrage de la collection Photo Poche dédié aux meilleures images de douze photographes du collectif et intitulé « Photo Poche Tendance Floue ».

Tendance Floue Photo Poche

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Photo Poche Tendance Floue : présentation

Tendance Floue est une association créée en 1991, qui s’est construite sur une envie de travailler collectivement sur des projets de photographies, de disposer d’un espace de liberté sans concession et de préserver l’indépendance de chacun de ses membres. Les douze photographes de ce collectif partagent la conviction qu’un langage peut naître d’images mises en commun.

« Tendance Floue: Douze pour un » présente le travail personnel des photographes du collectif, comme des séries réalises en commun. Le projet Mad In … ajoute à l’intérêt du livre, Il s’agit d’un projet qui a fait voyager les auteurs en Chine, en Inde et en France dans un esprit de renouveau du photojournalisme. Une période de temps courte pendant laquelle chaque auteur doit laisser passer ses propres émotions, rencontres et ressentis afin de nous transmettre le résultat de cette immersion en un terrain étranger.

Ce livre reprend la formule qui a fait le succès de la collection Photo Poche : petit format, très belle qualité d’impression, de nombreuses images et un petit prix. C’est une belle façon de vous constituer une photothèque d’ouvrages de qualité sans dépenser des fortunes, et d’appendre la photographie grâce aux beaux livres de photographes.

 


A Nikon, pour la vie !

Quant on aime, on ne compte pas et on peut même parfois être prêt au pire ! Si à la rédac’, nous ne pouvons cacher notre attachement à la marque Nikon, nous devons néanmoins avouer que nous n’avons pas eu le courage encore d’aller aussi loin que le photographe Nick Stern.

Le photographe américain s’est en effet fait tatoué sur le bras ce que nombre de photographes aimeraient trouver … sur leur objectif : une échelle de profondeur de champ et les références d’une de ses optiques fétiches, le 300mm f/2.8 AFD. Non, on ne rigole pas.

Nick Stern Nikon addict

Nick Stern, interrogé par un journaliste, a déclaré: « je voulais un tatouage qui soit unique et montre ma passion pour la photographie. Je n’ai jamais été un fan de tatouages mais le fait de vivre à Los Angeles m’a fait tourner la tête ! ». Nick ? Tu sais quoi ? C’est réussi !

Nick Stern, qui dit utiliser des boîtiers Nikon depuis 20 ans, est utilisateur de deux Nikon D3s et d’un stock d’optiques conséquent (de 17mm à 800mm). Le photographe travaille pour la presse dont le Mail et le Sunday, News of the World et le Sun.

Nick Stern Nikon addict

La mode est lancée, nous attendons donc d’autres propositions de motifs comme d’emplacements.

Vous participez ?

Pour en savoir plus sur Nick Stern parcourez le site www.nickstern.com.

Source : Amateurphotographer


Palm Springs California, reportage sur les pas de Robert Doisneau

A la fin de l’année 1960, Robert Doisneau part en Californie, à Palm Springs, pour réaliser une série de photos sur la ville construite en plein désert. Ces images peu connues de Doisneau, pendant des décennies, ont fait l’objet d’une expo itinérante et surtout d’un livre dans lequel nous découvrons les photos couleurs de l’auteur. Couleur, oui, tant on est habitué à penser noir et blanc dès lors que l’on parle de Doisneau.

Palm Springs California, sur les pas de Robert DoisneauPhoto (C) Arte Reportage – Atelier Robert Doisneau

Cette exposition et ce livre ont rencontré un succès mérité, et pour ne pas en rester là, Arte Reportage a réalisé un magnifique web-documentaire qui nous emmène à la découverte de Palm Springs, vu par Doisneau. Découvrez comment le photographe a perçu cette ville il y a 50 ans : son étonnement, sa curiosité, ce qui le faisait rire et qui pourrait encore l’amuser.

Ce reportage n’est plus disponible en ligne mais il nous reste le livre et les photos de Doisneau, un  bel ouvrage que vous pouvez vous procurer pour compléter votre collection.

Palm Springs 1960 par Robert Doisneau

Le livre Palm Springs de Doisneau


Paris en stop-motion avec le Nikon D90

Stop-Motion sur Paris tourné avec le Nikon D90Rendu possible par les reflex numériques qui permettent de faire des séries conséquentes de photos au moindre coût, le stop-motion fait des émules. Après l’animation proposée récemment par Julien Gérard, voici un nouveau film sur Paris.

Ce montage stop-motion a été réalisé par un étudiant américain, Luke Shepard, avec un Nikon D90 (voir également l’animation SFR Live tournée au D90).

L’auteur a pris pas moins  de 2 000 images de Paris pour réaliser ce stop-motion qu’il a intitulé « Le Flâneur ». Monuments parisiens, vues mythiques, visions nocturnes, éclairages publics, le défilement propre au stop-motion nous donne un aperçu inédit de la Capitale. Découvrez la vidéo, la bande son est de XX.

[vimeo]http://vimeo.com/17894033[/vimeo]

Si l’on en croît l’auteur du montage, interviewé par l’équipe du National Geographic, le projet a démarré en mars 2010 pour se terminer en mai de la même année. La post-production a été faite à la suite et finie en juin. Luke Shepard n’a pas compté ses heures mais pense avoir consacré une bonne centaine d’heure à la réalisation de ce montage.

En savoir plus sur le site du National Geographic.

 


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