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Pourquoi la peur de faire des photos bloque vos progrès en photographie

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Çà y est. Vous êtes pile à l’endroit que vous aviez repéré, la lumière est bonne, votre sujet vous attend, votre appareil photo Nikon Z6III, Z8 ou Z5II bien calé dans les mains… et pourtant quelque chose vous bloque. Vous déclenchez à peine, du bout du doigt, comme si chaque photo vous faisait prendre un risque. Cette hésitation se répète trop souvent : vous freinez votre progression sans même vous en rendre compte.

J’ai longtemps observé ce blocage chez les photographes débutants et amateurs. Et plus j’en parle, plus je réalise qu’il ne vient ni du matériel, ni des réglages, ni d’un prétendu manque de talent. Il vient d’une peur discrète, souvent irrationnelle, mais redoutablement efficace pour vous clouer sur place.

J’ai voulu comprendre pourquoi cette peur prend autant de place et comment la dépasser sans vous forcer ni perdre le plaisir de photographier. Je vous partage mon analyse en vidéo, et mes conseils détaillés juste après.

Peur de faire des photos, pourquoi ?

Vous allez me dire que c’est n’importe quoi, que la peur de faire des photos n’existe pas, que vous n’avez jamais connu cela et que vous vous demandez bien où j’ai trouvé cette idée stupide ?

Je n’ai pas cherché bien loin, il me suffit de lire les messages reçus chaque jour pour réaliser que nombreux sont les photographes débutants et amateurs à avoir peur de faire des photos au quotidien.

Entendons-nous bien, je parle de la peur de mal faire. De se tromper. D’utiliser le mauvais réglage. La peur de rater ses photos. La peur de faire des photos dans la rue, face à des inconnus, c’est un autre sujet (vous pouvez consulter les règles de photo de rue selon les pays ici)

« La peur, c’est dans la tête » entend-on parfois. C’est vrai, la plupart du temps. Surtout en photo.

Réfléchissez, pourquoi avoir peur de faire des photos, lorsqu’il s’agit de tenter différentes solutions, alors que la seule chose qui puisse vous arriver, c’est de rater vos photos. En quoi est-ce si dramatique ? Si vous êtes photographe pro, que vous travaillez sur commande et que vous vendez vos photos, je comprends. Mais si vous êtes amateur, quel est le risque ?

Aucun.

En reconnaissant qu’il n’y a aucun autre enjeu pour vous que de prendre le risque de rater une photo, ce qui n’est même pas une certitude, vous allez vous libérer. Vous adopterez une attitude plus détendue, vous oserez différentes solutions, différents réglages, différentes approches du sujet. C’est ce qui va vous faire progresser.

Peur de vous tromper de matériel

C’est une première erreur. Le matériel photo a une importance, mais quel que soit l’appareil que vous utilisez, il peut faire de bonnes photos. Même votre smartphone le peut, c’est dire … Alors cessez de penser au choix du matériel, et déclenchez.

Que vous ayez un reflex ou un hybride, un APS-C ou un plein format, 24 ou 45 Mp, un boîtier flambant neuf ou déjà bien âgé, peu importe. Tant qu’il peut déclencher et enregistrer des photos, tout va bien.

Peur de vous tromper de réglage

C’est sans doute la peur la plus paralysante : « Et si je ne choisis pas le bon réglage ? ».

Que vous utilisiez un Z6III ou un Z5II, un zoom NIKKOR Z DX 16-50 mm ou un NIKKOR Z 24-70 mm, cette hésitation vous fait ranger l’appareil. Pourtant, la meilleure façon de progresser est d’appuyer sur le déclencheur, expérimenter… et accepter l’erreur.

Ce que vous allez surtout faire, c’est apprendre. Apprendre de vos erreurs est la meilleure façon de progresser. Pensez à toutes les autres situations que vous avez pu vivre et à toutes les erreurs que vous avez déjà faites, dans différents domaines, ne vous ont-elles pas fait progresser ? N’avez-vous pas appris quelque chose et corrigé votre approche ? En photographie, c’est pareil.

Mon meilleur conseil : faites des erreurs ! Plus vous en ferez, plus vous progresserez.

Peur d’affronter votre sujet

C’est une peur commune et logique, car certains sujets sont intimidants. C’est la raison pour laquelle de nombreux amateurs se contentent de photographier la nature, les paysages, car le sujet ne leur fait pas peur. Je n’ai rien contre la photo de paysage, au contraire, mais vous limiter à cette pratique parce que vous avez peur de photographier les gens, c’est dommage. Vous passez à côté de situations enrichissantes, qui peuvent vous apporter beaucoup.

Passez une journée en ville, photographiez la vie et les gens et vous allez très vite mesurer vos progrès. Vous allez prendre confiance, apprendre à déclencher plus vite, à régler votre appareil photo plus vite, à être plus vif. Autant de critères importants pour progresser.

Sachez aussi que la plupart des sujets qui vous font peur n’ont rien d’effrayant. Soyez prudent si vous approchez un animal sauvage parce qu’il peut s’en prendre à vous, mais ce risque est bien plus grand que celui qui consiste à photographier les gens dans la rue (en savoir plus sur les bonnes pratiques en photo de rue).

Exemple concret : lors d’une balade urbaine j’ai demandé à une passante de prendre place sous une arcade. Mon boîtier Z6II était prêt, j’ai déclaré « je prends juste un portrait de vous, vous le méritez ». La conversation a duré 30 s, photo prise, un sourire échangé. Résultat : j’ai osé. Vous pouvez aussi commencer par demander à un collègue photographe d’être sujet, pour prendre confiance.

Peur de montrer vos photos

C’est une crainte souvent citée aussi. Vous n’osez pas montrer vos photos pour deux raisons.

La première, c’est que vous ne savez pas laquelle montrer, et quelle question poser. Or sans question, pas de retour, pas de commentaire, pas d’avis constructif. Ou pas les bons.

La seconde, c’est que vous ne voulez pas recevoir de critiques. C’est la nature humaine. Vous voulez des retours sur vos photos, mais vous ne voulez pas qu’on vous dise qu’elles sont mauvaises.

Le problème ici est double. Vous ne voulez pas recevoir de commentaires négatifs car certains commentateurs sont agressifs, peu respectueux, pas délicats du tout. Plutôt que de vous donner des pistes d’amélioration, d’exprimer un ressenti, ils y vont de leurs affirmations bien souvent non justifiées. Je vous incite à lire ce sujet qui vous en apprendra beaucoup sur la façon de considérer la critique photo.

Mais aussi … peur de passer pour un mauvais photographe

Cette peur, vous la ressentez car elle vous frustre. Vous avez dépensé beaucoup d’argent en matériel photo, passé du temps à comparer, tester, utiliser mais vous vous rendez compte que vos photos ne sont pas si attirantes que celles des autres. Alors vous êtes frustré. C’est cette frustration qui se manifeste lorsque vous recevez un avis négatif, que vous postez une photo qui ne reçoit aucun commentaire, ou que vous vous comparez aux autres en étant déçu de vos images.

Cette peur de passer pour un mauvais photographe vous ennuie car vous êtes peut-être considéré comme le photographe de la famille (vous êtes le mieux équipé), ou comme capable de vendre des photos (certains ont le même matériel que vous et le font bien), ou encore comme le référent du club local ou de votre groupe de photographes favori. Alors « mauvais », forcément, ce n’est pas flatteur.

Quand cette peur se transforme en habitude, vous limitez votre territoire photographique. Vous restez dans le même jardin, le même cadrage, la même lumière. Vous ne vous ouvrez pas aux défis (haute sensibilité, portraits, reportage). Or c’est précisément dans l’inconfort que naissent vos meilleures images.

Comment passer outre la peur de faire des photos ?

La première chose à faire est de prendre conscience. Tout s’apprend, la photographie aussi. Les autres ont débuté aussi, et fait des erreurs aussi.

Votre démarche ne peut pas reposer sur le seul matériel, ce sont votre regard et votre intention qui comptent avant tout.

Prendre conscience, enfin, que si l’on vous dit que vos photos ne sont pas bonnes, c’est peut-être vrai. Une remise en question ne fait jamais de mal.

Une fois ces prises de conscience faites, passez à l’acte.

Faites des photos. Tous les jours. Plusieurs fois par jour. Essayez tout, réglages, cadrages, compositions, sujets, soleil, pluie … rien ne doit vous arrêter.

Votre matériel limite vos envies ? Ne vous précipitez pas chez votre revendeur pour en changer, précipitez-vous chez lui pour poser des questions, expliquer vos problèmes, et demander un avis. Il saura vous conseiller s’il connaît son métier. Ils sont nombreux à le connaître.

Et surtout, posez des questions et acceptez les réponses. Même si elles ne vous plaisent pas. Je me suis plusieurs fois entendu répondre que les photos que je venais de montrer étaient quelconques. Je ne remercierai jamais assez ceux qui me l’ont dit car ils m’ont permis de progresser.

réussir vos photos de rue - JC Dichant
Déclencher sans crainte – la dame ne m’a pas vu

8 actions immédiates à mettre en place

Action 1
Fixez-vous un créneau de cinq minutes par jour pour déclencher volontairement, sans chercher à faire une “bonne photo”. Le seul objectif est de débloquer le geste.

Action 2
Choisissez un sujet banal chez vous, faites dix photos d’affilée sans réfléchir, puis regardez-les rapidement. Vous réalisez vite que rien de grave ne se produit.

Action 3
Sortez avec un objectif à focale fixe et imposez-vous une seule contrainte : déclencher dès que vous croisez un sujet qui vous attire, même légèrement. Pas de discussion intérieure.

Action 4
Acceptez d’utiliser un réglage imparfait. L’idée n’est pas d’être précis, mais d’être en mouvement. Même une erreur d’exposition vous fait progresser.

Action 5
Demandez à une personne de votre entourage de poser trente secondes. L’exercice n’a qu’un but : oser diriger un sujet vivant, sans chercher le portrait parfait.

Action 6
Faites une micro-série de trois images sur le même thème : une couleur, une texture, une silhouette. Trois images seulement. Cette contrainte réduit la pression.

Action 7
Choisissez un lieu où vous hésitez d’habitude à sortir votre appareil — une place, une rue un peu passante — et décidez que vous y resterez trois minutes montre en main. C’est court, mais suffisant pour respirer et déclencher.

Action 8
Juste après une séance, notez dans un carnet ce qui vous a fait hésiter. Souvent, écrire noir sur blanc transforme une peur en simple détail. Au passage, cela prépare la séance suivante.

Portrait de rue
Après avoir échangé pendant 10 minutes, il a accepté que je le prenne en photo

FAQ : Comprendre et dépasser vos peurs

Est-ce que la peur de rater ses photos touche aussi les photographes expérimentés ?

Même les photographes confirmés ressentent parfois cette appréhension. Elle change simplement de forme. Au début, vous avez peur des réglages ou du regard des autres. Plus tard, vous redoutez de ne pas être à la hauteur de votre propre niveau. La différence, c’est que l’expérience apprend à déclencher malgré ce doute. C’est un signe que vous progressez, pas que vous régressez.

Comment distinguer une peur normale d’une peur qui bloque ma progression ?

Une peur normale vous avertit d’un vrai risque (situation dangereuse, matériel fragile, sujet sensible). Une peur qui vous bloque est celle qui surgit alors qu’il n’y a aucun danger réel. Vous êtes dans la rue, votre appareil est prêt, la lumière est bonne… mais vous hésitez sans raison valable. Si cette hésitation revient régulièrement, elle freine votre apprentissage.

Quels réglages utiliser pour oser déclencher sans stress ?

Lorsque vous sentez la pression monter, simplifiez tout. Utilisez le mode priorité ouverture à f/5,6 ou f/8, ISO auto et un temps de pose minimum d’environ 1/250 s. Ce réglage de base fonctionne dans la plupart des situations et vous permet de vous concentrer sur l’essentiel : déclencher, cadrer, observer. La technique suivra naturellement.

Comment surmonter la peur de photographier des inconnus ?

Fixez-vous un cadre simple. Souriez, levez légèrement l’appareil pour montrer votre intention et attendez une réaction. Dans la plupart des cas, les gens réagissent positivement ou vous ignorent. Ce premier contact suffit souvent à calmer la peur. Vous pouvez aussi commencer par photographier des scènes plus éloignées pour prendre confiance.

Est-ce que le choix du matériel influence vraiment mes hésitations ?

Le matériel influence votre confort, pas votre courage. Un appareil léger, rapide et simple à régler vous aide à déclencher plus facilement, mais il ne règle jamais l’appréhension de fond. Quel que soit votre boîtier, vous avez besoin d’une routine pour sortir, déclencher et accepter l’erreur. C’est cette répétition qui vous libère.

À quel moment puis-je considérer que j’ai dépassé ma peur ?

Quand vous déclenchez sans vous poser vingt questions avant. Quand la photo redevient un geste naturel. Quand l’erreur n’est plus vécue comme un drame mais comme un essai. Vous n’aurez pas une disparition totale de la peur, mais vous aurez une maîtrise suffisante pour qu’elle ne décide plus à votre place.


Conversation (2 commentaires)

💬 Une idée, une expérience, une question ? Exprimez-vous, c’est le bon endroit !

  1. EVELYNE FIESCHI (Lynette38)

    Bonjour…
    Un jour, alors que je débutais en photo, il y a environ 15 ans, je photographiais des canards avec mon téléobjectif flambant neuf (j’en ris maintenant, un téléobjectif dans un jardin public, enfin passons) dans le parc du château de Vizille près de Grenoble. Un individu a cru que j’essayais de photographier sa copine allongée en tenue (très) légère près de l’étang, et me fonce dessus, rouge de colère… J’ai cru qu’il allait me taper… Il m’a laissée lorsqu’il a compris que j’essayais juste de capturer des colverts… Depuis, je ne fais presque plus que des paysages, et parfois, des animaux (sans leurs maîtres) !!! votre vidéo m’encourage à (peut-être) oser un peu plus, car, voyez-vous, chaque fois que je me trouve dans un environnement urbain, je pense à ce type qui me fonce dessus au parc de Vizille !!! Pourtant, j’aimerais bien…

    • Jean-Christophe Dichant

      IL y a toujours des personnes susceptibles, mais en expliquant ce que l’on fait, au besoin, en montrant les photos sur l’écran, tout s’arrange.
      Il ne faut pas se décourager pour un seul malotru.