Dans cette seconde partie du test Nikon D500 retrouvez les résultats des tests de sensibilité ISO, de réactivité de l’autofocus et mon avis sur ce boîtier après une semaine d’utilisation en conditions réelles de prise de vue.
Vous pouvez consulter la première partie de ce test du Nikon D500 ici.

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Pour évaluer le Nikon D500, je l’ai équipé du zoom AF-S DX 16-80mm f/2.8-4 E VR. Ce zoom équivalent 24-120mm en plein format est l’objectif de reportage idéal pour un tel boîtier DX pro. Il propose une ouverture f/2.8 à 16mm, un stabilisateur et une commande de diaphragme électromagnétique qui en fait un modèle très réactif et donc parfaitement compatible avec le D500.
Nikon D500 test capteur et montée en ISO
Le Nikon D500 a défrayé la chronique lors de son annonce avec des valeurs de sensibilités annoncées comme extrêmes pour son nouveau capteur APS-C de 20.9Mp (photosites de 4,2 microns). La sensibilité nominale est de 100 ISO mais la plage de réglage atteint 51.200 ISO avant la bascule en mode Hi (étendu) et une valeur astronomique de 1.640.000 ISO. Notons que cette plage sait descendre à 50 ISO en Lo 1.0, ce qui est une caractéristique intéressante et pourtant souvent passée sous silence.
Inutile de vous dire que j’étais curieux de voir ce qu’il en est vraiment à l’usage de cette débauche d’ISO sur un capteur APS-C. Je précise à nouveau que le retour que je fais ici n’est pas le résultat d’une mesure électronique du rapport signal/bruit à l’oscilloscope mais celui de l’analyse de plus de 800 photos faites avec ce boîtier et de la comparaison avec les autres modèles déjà testés dont ceux équipés de capteurs plein format.

Scène complète
Le premier constat est que le bruit numérique comme le lissage (JPG) sont inexistants jusqu’à 800 ISO. Vous pouvez photographier en JPG comme en RAW en toute tranquillité, l’image JPG est de grande qualité et parfaitement exploitable sans post-traitement.

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A 1.600 ISO un léger lissage apparaît sur le JPG dans les zones les plus sombres de l’image. J’ai noté un lissage plus important sur les tons verts, une caractéristique à confirmer qui peut être due aux conditions de prise de vue lors de cette séance.
Ce lissage n’est en rien désagréable et ne se verra pas sur les images tant que vous ne tirez pas en très grand format (supérieur à 50×75). Le RAW peut être amélioré avec une très légère correction si vous êtes exigeant.

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A 3.200 ISO les résultats sont très corrects pour un capteur DX. Le lissage commence à se faire sentir sur le JPG tandis que le RAW montre un bruit assez discret qui se corrige facilement dans un logiciel comme Lightroom. Il faut toutefois visualiser les images à 100% pour apercevoir ces effets, autant dire que vous ne les apercevrez pas sur les tirages 20×30 ou 30×45.

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A 6.400 ISO les résultats restent excellents. Le lissage du JPG se voit nettement sur les contours et détails fins mais l’ensemble reste agréable et parfaitement utilisable.
Le niveau de bruit reste contenu et le RAW permet de rattraper aisément si vous en éprouvez le besoin. Le Nikon D500 peut être utilisé à 6400 ISO sans retenue avec la garantie de disposer d’images parfaitement exploitables.
Si vous envisagez des tirages grand format prenez toutefois soin de traiter le RAW en fonction de vos besoins.

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A 12.800 ISO l’écart se creuse entre JPG et RAW. La dynamique diminue par rapport aux valeurs inférieures mais c’est une sensibilité qui vous permettra de sauver bien des situations.
Le JPG affiche un niveau de bruit moins discret mais l’image garde une bonne tenue. Le RAW est une excellente base de travail pour un post-traitement qui va réduire le niveau de bruit et diminuer l’effet de lissage appliqué au JPG par le boîtier. C’est le format que je vous conseille à cette sensibilité et la limite raisonnable pour ce D500.

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A 25.600 ISO le boîtier atteint ses limites. La dégradation est réelle tant en niveau de bruit qu’en dynamique. Le lissage appliqué au JPG dégrade nettement l’image qui est plus rarement exploitable qu’à 12.800 ISO.
Les couleurs perdent de leur clarté et le rendu est peu agréable. Le RAW vous permet de rattraper en partie le lissage et de compenser la perte sur les couleurs mais c’est une sensibilité à utiliser avec beaucoup de modération.

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A 51.200 ISO, dernier cran standard de la plage ISO, les résultats sont en très net retrait. Les images sont difficilement exploitables en JPG et le RAW ne fera pas de miracles non plus.
La dynamique baisse et selon les conditions de prise de vue une bascule de couleurs intervient qui dégrade fortement le rendu colorimétrique. C’est une sensibilité à éviter en usage courant.

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Au-delà de 51.200 ISO nous ne sommes plus dans le monde de la photo mais, comme Nikon le précise bien, dans celui de la reconnaissance. Ces sensibilités extrêmes sont utilisées à des fins plus techniques que créatives, des usages qu’apprécient les services de surveillance par exemple et tous ceux qui ont besoin de distinguer des détails dans le noir presque absolu.

Fichier RAW traité dans Lightroom – ISO 1.638.400 (!)
Au final le Nikon D500 apporte un vrai confort en matière de sensibilité. Il gagne un cran par rapport au Nikon D7200 doté lui de 24MP, et se laisse distancer de peu par les capteurs plein format des Nikon D610 et D750. C’est une très belle performance pour ce reflex DX qui rivalise avec les boîtiers concurrents équipés de capteurs APS-C aux performances équivalentes tout en proposant un ensemble de prestations supérieur.
Nikon D500 test autofocus et réactivité
Nikon Multi-CAM 20k

Le Nikon D500 inaugure le nouveau module autofocus Multi-CAM 20k à 153 collimateurs également présent sur le Nikon D5. Ce module est une avancée majeure en matière d’autofocus chez Nikon, avec 99 collimateurs en croix et 15 collimateurs compatibles f/8. Ces collimateurs permettent au D500 d’assurer la mise au point même si l’ouverture maximale n’atteint que f/8, ce qui est le cas lors de l’utilisation de certains objectifs avec téléconvertisseur, une situation que les photographes animaliers connaissent bien.
L’autre particularité de ce module AF est de fonctionner dans une plage de -4 à +20IL, soit une capacité de détection inégalée à ce jour dans la gamme Nikon.
Couverture élargie

Ce module convient particulièrement bien au capteur DX en proposant une couverture presque intégrale de la zone cadrée dans le viseur. Cette couverture est supérieure à celle du D5 avec son capteur FX, elle s’étend jusqu’au bord du cadre à gauche comme à droite et ne laisse qu’environ 20% de ce même cadre non couvert en haut et en bas du viseur. Par ailleurs ce module permet de choisir un collimateur en bordure de zone de couverture, ce que ne permet pas le module 51 points précédent.
Zone de détection
Le choix de la zone de détection évolue avec trois options (25, 72 et 153 collimateurs) complétant les modes Suivi 3D et AF Groupe. A l’usage le mode Suivi 3D ne s’avère guère plus performant que sur les autres reflex récents, il réagit vite et bien mais a encore tendance à passer d’un collimateur à l’autre sans raison. Il faudra donc passer du temps à bien configurer ce module en choisissant par exemple le réglage d’AF Lock qui vous correspond.
Le choix des zones de détection à 25 et 72 collimateurs devient plus intéressant que les zones à 9 ou 21 points du fait de la couverture étendue dans le viseur. Il est probable que vous utilisiez dorénavant bien plus ces deux options que le suivi 3D. Lors de la séance photo de rue et défilé, j’ai utilisé une zone à 25 collimateurs qui m’a donné entière satisfaction alors que la zone à 21 points du précédent module s’avère trop juste en couverture. Le choix du mode AF restant très personnel, je vous invite à faire de nombreux tests pour trouver la combinaison qui vous correspond le mieux.
Mode rafale et autofocus

Nikon D500 test suivi autofocus en mode rafale 10vps
Ce module AF apporte un vrai confort en mode rafale. Le Nikon D500 déclenche à 10 vps, un rythme infernal pour l’autofocus qui doit assurer le point pour chaque photo ! Mes différents tests montrent que si l’AF a accroché le sujet sur la première vue il ne le lâche plus ensuite, quand bien même la rafale fait 20 ou 30 photos, un résultat à la hauteur des meilleurs boîtiers pros du moment.
La détection à -4IL permet de faire le point en très basse lumière, une performance rendue nécessaire avec la montée en ISO. Il serait en effet dommage de ne pas accrocher le sujet quand la lumière manque alors que le boîtier autorise une valeur ISO très élevée. La seule limite que j’ai pu relever avec l’AF est l’absence d’accroche quand le sujet manque de contraste en photo de nuit, quand les couleurs et le moindre rayon de lumière ont disparu. Dans ce cas, et celui-ci uniquement, il m’est arrivé d’avoir un AF hésitant. Mais avouons que ce sont des conditions très particulières et qu’une telle fiche technique nous pousse à devenir très exigeants.
Live View et autofocus
En mode Live View les progrès sont réels et la mise au point quasiment instantanée. Il suffit de toucher du doigt le sujet pour que le D500 fasse le point et déclenche. La seule limite reste celle du Live View, un déplacement encore lent de la zone de sélection si vous n’utilisez pas la fonction tactile et une réactivité moindre qu’en visée optique due à un AF à détection de contraste uniquement.
Nikon D500 test mesure de lumière et exposition

Nikon D500 test à 800 ISO en conditions réelles
Avec un système de mesure de lumière à capteur RVB de 180.000 pixels, le D500 dispose d’une mesure d’exposition à la hauteur de ses prétentions. Tout comme pour les autres reflex de la gamme expert-pro il est assez difficile de prendre en défaut ce système dans les situations les plus courantes. Pour les sujets plus délicats, le correcteur d’exposition est judicieusement disposé à proximité du déclencheur.
Pour la série de photos nocturnes, en moyenne et haute sensibilité, j’ai toutefois éprouvé le besoin de rattraper les hautes lumières en post-traitement pour retrouver un peu de matière dans le ciel. Mais je reconnais que les conditions de prise de vue étaient particulières avec un ciel gris à peine marqué de quelques nuances. La mesure de lumière a par contre bien géré ces conditions lors du reportage de rue avec un ciel uniformément blanc. Le D500 a su gérer l’exposition pour tenir compte de ce ciel sans sous-exposer les visages.
Mon avis sur le Nikon D500
Ce nouveau Nikon D500 vient combler un manque dans une gamme DX qui manquait d’un modèle expert-pro à la hauteur des derniers FX de la marque. Il est à la fois le remplaçant tant attendu du vénérable Nikon D300(s) et le complément pro des photographes fans de longues focales favorisées par le ratio x1.5 du capteur DX.
Réactivité, autofocus, mode rafale sont autant d’atouts pour la photo animalière, de sport et d’action et le reportage. Les capacités du D500 en basse lumière lui permettent de délivrer des images de qualité quelles que soient les conditions de prise de vue. Sa construction et son ergonomie pros font du D500 un boîtier capable de répondre à bien des besoins.
Pour répondre à la question posée régulièrement, le Nikon D500 ne rentre pas en concurrence directe avec le Nikon D750. Capteurs différents, ergonomies différentes, les deux Nikon sont complémentaires plus qu’ils ne sont concurrents. L’un favorise la réactivité et la performance extrême quand l’autre excelle dans la polyvalence et le rendu de son capteur plein format. L’un favorise les longues focales quand l’autre favorise le flou d’arrière-plan. Les deux sauront vous satisfaire selon le type de photos que vous avez l’habitude de faire et les contraintes qui s’imposent à vous.
A qui s’adresse le Nikon D500 ?
Les photographes amateurs désireux de disposer d’un boîtier à l’ergonomie pro, capables de les accompagner dans toutes les circonstances mais ne désirant pas pour autant investir dans un système plein format plus exigeant en optiques trouveront avec le D500 la réponse à leurs attentes. Ils pourront utiliser leurs meilleures optiques DX en version AF-S ou équivalent de préférence pour tirer profit des performances du boîtier.
Les photographes experts ayant des besoins particuliers (sport, action, animalier) trouveront la réponse à leurs attentes avec un boîtier délivrant des performances pros dans un format APS-C adapté à leur pratique.
Les photographes pros compléteront leur équipement avec un DX offrant des performances quasiment identiques au Nikon D5, capteur mis à part. Le D500 sera le complément de choix chaque fois que le ratio x1.5 favorise le petit capteur et que l’utilisation des sensibilités extrêmes du D5 n’est pas une nécessité.
Le D500 pourra également constituer le second boîtier pro dédié vidéo pour répondre aux attentes de clients désireux de disposer de séquences animées en complément d’images fixes.
En savoir plus sur le Nikon D500 sur le site Nikon.
Nikon D500 test : conclusion
Evaluer les performances et l’intérêt d’un tel boîtier en une semaine ne permet pas de faire le tour de toutes les possibilités photo et vidéo. J’ai pris soin de relever tout ce qui me semble important pour les photographes, en laissant de côté volontairement les vidéastes. Soyez rassuré si c’est votre cas, le D500 est un superbe outil de tournage. La présence de la vidéo 4k, des images 8Mp extraites du flux vidéo, d’une sortie HDMI non compressée et de la possibilité de connecter un enregistreur externe sont autant d’atouts.
Retrouvez la première partie de ce test ici.
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