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Voiture de police avec deux femmes bien habillées - illustration de "Droit d’auteur et protection des photos : comment publier sans se faire voler ses images"

Droit d’auteur et protection des photos : comment publier sans se faire voler ses images – 8/8

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Vous publiez vos photos sur le web mais vous avez peur qu’elles soient copiées, détournées ou utilisées sans votre accord. Cette crainte est légitime. Elle fait partie du jeu dès lors que l’on rend ses images publiques.

Dans ce dernier article du dossier sur la publication de photos sur le web, je vous explique comment fonctionne réellement la protection des photos en ligne, ce que permet le droit d’auteur, et surtout comment publier sans devenir parano.

En clair, le droit d’auteur ne sert pas à empêcher la copie, mais à encadrer les usages et à vous donner des moyens d’agir.

À retenir dès le départ : il n’existe pas de protection absolue des photos sur internet. Il existe en revanche des pratiques simples pour limiter les abus et réagir efficacement.

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La protection des photos sur le web, problématique

Publier une photo sur le web, c’est l’exposer au public. C’est votre but:

  • être visible,
  • vous faire connaître,
  • gagner de l’audience,
  • recevoir des demandes de prises de vue,
  • générer des revenus pour certains.

Mais il y a des travers. De nombreux robots explorent le web (Google par exemple) et indexent vos photos. Des personnes peu délicates vont les télécharger, pour les utiliser sans vous demander votre accord.

Publier une photo sur le web, c’est accepter qu’elle soit vue, copiée, analysée et parfois réutilisée. C’est le prix de la visibilité, ne cherchez pas, c’est comme ça. Si cela vous pose un problème, sachez qu’une seule règle est valable:

« Si vous ne voulez pas que vos photos circulent sans votre accord, ne publiez rien sur le web. »

Si vos photos sont téléchargées sans but commercial

Elles peuvent être publiées, sans volonté de nuire ni but commercial, par une personne qui n’a pas réfléchi. Certains pensent que tout ce qui est en ligne peut être utilisé librement. C’est faux.

Peut-on utiliser une photo trouvée sur internet ?
Même sans but commercial, réutiliser une photo sans autorisation reste une atteinte au droit d’auteur, sauf si la licence l’autorise explicitement.

Pour éviter cela, publiez vos photos sous licence Creative Commons si vous acceptez qu’elles soient utilisées. Cette licence vous garantit le respect de votre droit d’auteur. En donnant ainsi la règle du jeu, les autres sont informés et peuvent la respecter. Dans le cas contraire, vous pouvez réagir.

Sinon publiez vos photos sous licence commerciale avec la mention « tous droits réservés ». Il faut alors vous demander votre accord avant de pouvoir publier.

Si vos photos sont téléchargées dans un but commercial

La faute est délibérée. Or, une utilisation commerciale sans autorisation est une violation claire du droit d’auteur. Celui qui fait ça vous prive de vos droits. Ce n’est pas qu’une question d’argent, la valeur d’une photo est souvent nulle de nos jours. Mais ne pas mentionner l’auteur est illégal.

Pour surveiller les usages non autorisés et la protection des photos, vous pouvez mettre en place une veille simple, sur votre nom ou votre pseudonyme de photographe (avec Inoreader par exemple).

Il existe des outils de recherche d’image inversée comme Google Images ou Tineye. Ils permettent de retrouver où une photo a été publiée sur le web, même sans mention de votre nom. C’est souvent plus efficace qu’une simple veille par mot-clé, notamment lorsque l’image a été reprise hors de son contexte d’origine.

Il existe également des services spécialisés comme Pixsy ou Copytrack, capables de détecter automatiquement l’utilisation de vos images sur le web. Ils s’adressent surtout aux photographes diffusant beaucoup ou ayant une activité professionnelle régulière.

Avec ces outils, vous pouvez identifier une partie des utilisations non autorisées et être alerté dans de nombreux cas. A vous ensuite de faire valoir votre droit d’auteur. Je l’ai fait plusieurs fois, je contacte les intéressés en demandant le retrait ou en envoyant une facture. Le problème se règle vite.

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Si la photo est sortie de son contexte

Téléchargée depuis le web, hors contexte, votre photo peut être utilisée pour faire passer un message qui n’est pas le vôtre. Sortir une image de son contexte et réinterpréter est facile. Tout le monde peut le faire, d’autant plus à l’ère de l’intelligence artificielle et des fake news.

Une photo sortie de son contexte peut porter atteinte à votre intention, à votre image et à votre positionnement de photographe.

Ce n’est pas une question d’argent, à nouveau, mais une question de positionnement. Imaginez que votre photo serve une cause qui n’est pas vôtre, vous n’apprécierez pas et cela peut vous nuire.

Légendez toujours vos photos en donnant le contexte:

  • lieu et date
  • description contextuelle

Vous pouvez même ajouter que la photo décrit une situation particulière, qu’elle ne peut être sortie de ce contexte. Ce sera « votre preuve » en cas de réutilisation non contextuelle.

Un aspect technique méconnu

Pour afficher une photo sur le web, vous devez la mettre en ligne sur un serveur. Celui d’un site de partage, hors de votre contrôle, ou le vôtre, sous votre contrôle.

S’il s’agit de votre site ou de votre galerie, vous pouvez vivre la situation suivante: une de vos photos est hotlinkée.

Ceci signifie que le lien vers le fichier, sur le serveur, a été copié puis inséré sur un autre site. Le fichier est toujours sur votre serveur, c’est lui qui affiche la photo sur un autre site.

Si cet autre site a une forte audience, votre serveur va devoir gérer de nombreuses connexions. Il n’est peut-être pas dimensionné pour, votre hébergement va être saturé. Il sera très lent ou bloqué par votre hébergeur (c’est le cas avec les hébergements web à faible coût sur les serveurs mutualisés).

Alors que vous n’avez rien demandé, c’est à vous de gérer (ou payer) les conséquences. Pas très fair play. J’ai connu cette situation plusieurs fois. Pour l’éviter, si votre site le permet, utilisez un bloqueur de hotlinks (un plugin WordPress par exemple).

On parle de hotlink lorsqu’un site affiche votre image en utilisant directement le fichier hébergé sur votre serveur.

Chaque fois qu’un lien vers une de vos photos est mis en place sur un autre site, votre bloqueur le détecte. Il bloque alors la connexion ou, mieux, il envoie une autre image.

S’il bloque, votre hébergement ne souffre plus du hotlink.

S’il envoie une autre image, soyez joueur pour punir le coupable. Créez un lien vers une illustration mentionnant « cette photo a été volée » en lieu et place de la photo. Ou toute autre image suggestive, je vous laisse être créatif… Le site voleur va vite retirer le lien, je vous le promets, j’ai testé !

Protection des photos sur les réseaux sociaux

Certains utilisateurs pensent que les réseaux sociaux deviennent propriétaires des photos dès que vous les partagez. Ce serait même écrit dans leurs règles d’utilisation. C’est faux.

Sur les réseaux sociaux, vous restez l’auteur de vos images, mais vous perdez en pratique le contrôle de leur diffusion.

Ce que disent les réseaux sociaux c’est que :

  • toute photo publiée sur le réseau peut être partagée par d’autres membres si vous en avez donné la permission,
  • le réseau favorise ce partage,
  • il se donne donc le droit de le faire,
  • et vous demande, à l’inscription, d’accepter que ce soit possible.

Vous n’autorisez pas une cession de droit d’auteur, vous autorisez le partage. Vous restez l’auteur de la photo, l’ayant droit. En France, le droit d’auteur prévaut sur les règles des réseaux sociaux. Sachez toutefois qu’en cas de litige, vous battre contre Instagram ou Facebook, c’est peine perdue.

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En pratique, protection des photos, comment faire?

Je ne vous ai pas encore découragé ? Ne le soyez pas, il vous reste des possibilités. Protéger ses photos sur le web ne consiste pas à tout verrouiller, mais à trouver un équilibre entre visibilité et maîtrise.

Il est possible de publier vos photos sans subir ces outrages. Il vous suffit d’accepter ces quelques contraintes :

  • publiez des photos en basse définition, 800 pixels par exemple, cela limite l’impression,
  • ne publiez que les photos que vous acceptez de voir réutilisées sans accord,
  • ne publiez jamais l’intégralité d’une série, gardez des images pour vous,
  • utilisez les protections limitantes classiques (blocage du clic droit, du hotlink),
  • insérez un filigrane discret sur vos photos, elles seront « marquées »,
  • conservez toujours l’original, le RAW de préférence, c’est votre négatif, la preuve que vous êtes l’auteur,
  • publiez en privé si vous ne voulez courir aucun risque.
Publier ses photos reste indispensable pour progresser, partager et exister en tant que photographe. La protection des photos ne doit jamais devenir un frein à la création.

Ne soyez pas parano. On vous a volé une image ? Est-ce si grave ? Vos images sont-elles exceptionnelles au point que tout le monde vous les vole ? C’est rare.

Si jamais vous vous faites voler des images « à ce point », dites-vous qu’il y a une raison. Elles plaisent. C’est bon signe non ? A vous alors de réagir en publiant moins et en gérant vos droits. C’est faisable, un juriste pourra vous aider.

C’est fini!

Ce dossier sur la publication web touche à sa fin. Voici la liste complète :

Après avoir lu ce dossier, qu’est-ce qui a changé dans votre façon de publier vos photos ? Une prise de conscience, une décision, une règle que vous allez appliquer ? Partagez-le en commentaire.

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Conversation (6 commentaires)

💬 Une idée, une expérience, une question ? Exprimez-vous, c’est le bon endroit !

  1. DOYEN Jean

    Bonjour Jean-Christophe,
    J’ai lu votre série de 8 articles d’un trait, c’est dire; LA source d’information que je recherchais (mollement), en procrastinant sur l’envie de partager mes photos, et la montagne de notions à maîtriser.
    Vraiment, chapeau. A moi, maintenant, d’en faire quelque chose.
    Déjà merci.
    J D

  2. Hélène Marguerie

    j’ai été très intéressée pars votre article concernant la publication des photos sur le web. j’ai un ami qui m’a conseillé d’adhérer à DAGP pour le droit des artistes .
    qu’en pensez-vous?
    merci pour vous conseils
    Hélène

  3. Nathalie

    Bonjour Jean-Christophe,
    Merci pour ces infos très intéressantes.
    Est il interessant de mettre des légendes dans les exifs ?
    Quels sont les outils permettant de mettre un filigrane ?
    Et enfin il me semble qu Instagram n autorise que le partage des photos et pas le téléchargement. C est exact ?

    • Jean-Christophe Dichant

      Il est possible de mettre une légende dans les données IPTC associées aux photos, pas les EXIF. Tous les logiciels un tant soit peu sérieux permettent d elle faire, de même qu’ajouter un filigrane.
      Instagram n’autorise pas le téléchargement des photos en effet, ceci dit rien n’est jamais impossible à qui veut le faire. Mais ne tombons pas dans une paranoïa permanente, ou bien il ne faut rien publier du tout.

  4. LEFORT Alain

    Bonjour Jean-Christophe
    merci encore une fois pour ce travail très instructif.
    Je découvre tout cet univers je me refuse aux réseaux sociaux.
    Qu’en est-il du Portfolio d’adobe on ne maitrise pas la taille de la photo publiée entre autre.
    Bonne journée

    • Jean-Christophe Dichant

      Ce n’est pas critique puisque le site créé par Adobe Portfolio est conçu pour la taille proposée par cette intégration. C’est un paramètre à gérer en moins en fait.