Nikon annonce le Nikon Df, un boîtier reflex monobloc plein format doté d’un capteur de 16,2Mp, du processeur Expeed 3 et dont le look reprend les standard des modèles argentiques de la grande époque. Le Nikon classique (et épuré) que nous attendions serait-il enfin arrivé ?
[MàJ : Prise en main et premières impressions à chaud]

Il faut l’avouer, les dernières annonces Nikon ne nous avaient pas fait frissonner beaucoup avec un système Nikon 1 dont le seul modèle intéressant est le dernier AW1 étanche, une gamme reflex APS-C DX très complète mais manquant cruellement d’un chef de file D400 et une gamme FX ayant connu un des plus beaux flops de l’histoire Nikon avec le D600.
Tandis que la concurrence avançait et innovait avec des boîtiers hybrides dotés de vrais capteurs (Sony en particulier ou Olympus), d’un look vintage recherché (Fuji et sa série X) ou de fonctions photo-vidéos étendues (Panasonic), nous ne voyions rien venir du côté de notre marque préférée et ce n’est pas faute d’avoir demandé aux représentants officiels tous aussi muets les uns que les autres.
Les quelques vidéos ayant circulé ces derniers jours nous ont pourtant laissé entrevoir la sortie du tunnel. Nikon aurait donc imaginé un boîtier qui puisse créer la surprise, nous étonner, innover ? Le voile est levé, et le Nikon Df est officialisé. Et oui, Nikon s’est plongé dans son histoire pour proposer un boîtier différent des modèles actuels, pour remettre sur le devant cette ‘force tranquille’ qui manque tant à plusieurs modèles récents.

Nikon Df : mon profil avant est … argentique
Ceux d’entre nos lecteurs qui ont connu l’époque des modèles Nikon argentiques avant les générations AF (Nikon FM, FM2, Nikon F à F3) devraient se sentir très vite en terrain de connaissance avec ce nouveau Nikon Df qui reprend en face avant et sur le dessus tout ce qui a fait le mythe Nikon.
Le Nikon Df c’est en effet un boîtier métallique (noir ou chromé) bien construit, un revêtement noir granuleux collé sur le prisme, une molette de commande de la vitesse à droite toute proche d’un bon gros déclencheur métallique. Sur le côté gauche du capot supérieur, le Df affiche une molette à double couronne permettant de régler sensibilité et correction d’exposition. Seul l’afficheur LCD supérieur nous rappelle que nous sommes au 21ème siècle, mais notez combien sa petite taille rend l’ensemble harmonieux vu de dessus !

Cerise sur le gâteau, la minuscule molette latérale permet de choisir le mode de prise de vue, et justifie à elle seule le slogan Nikon aperçu dans les vidéos de ces derniers jours : Pure Photography ! Même la griffe porte-flash nous rappelle notre jeunesse (enfin, la nôtre chez NP …) et les inoubliables Nikon F et Nikkormat. Ne parlons pas de l’inscription Nikon joliment inscrite dans la matière en face avant et de la petite mention ‘Made in Japan‘, on s’y croirait !

Nikon Df : mon profil trois-quart arrière est … numérique
Il suffit de faire le tour du boîtier pour découvrir une face arrière qui nous fait passer d’un siècle à l’autre. Ici en effet point de rappels de ce monde argentique révolu mais une face arrière de reflex Nikon numérique tout ce qu’il y a de plus moderne.
L’écran LCD et les touches reprennent la présentation bien connue des derniers reflex Nikon pros et experts, la molette arrière arrive en droite ligne des modèles actuels pour permettre le réglage de l’ouverture avec les optiques modernes (les anciens Nikkor se commandent avec une bague de diaphragme), le pad également et les commandes de l’AF sont bien connus des nikonistes.
Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il y a deux Nikon Df, celui de devant et celui de derrière mais un peu. Les designers Nikon ont semble-t-il eu un peu de mal à trouver leurs marques et à donner au boîtier un look homogène, ce que leurs collègues de Fujifilm réussissent pourtant à faire. On ne leur en voudra néanmoins pas trop mais le tarif public du boîtier nous forces à être exigeants.

Nikon Df : un mélange subtil de Nikon D4 et de Nikon D610 ?
A regarder la fiche technique du Nikon Df de près, on réalise que celui-ci pioche abondamment dans la banque d’organes familiale, en embarquant le capteur FX de 16,2Mp du Nikon D4 de même que son processeur Expeed 3 (mais curieusement pas l’Expeed 4 du D5300). Mais qu’il dispose également du module AF à 39 collimateurs dont 9 en croix du plus modeste Nikon D610.
La plage de sensibilité annoncée va de 100 à 12800 ISO, le mode rafale atteint 5,5 im/sec., la monture est bien évidemment une monture Nikon F. SI l’on en croit les caractéristiques relevées (précisions à venir de la part de Nikon), le Df sera capable d’utiliser les optiques Nikon AI et AIs avec la mesure de lumière matricielle, et de permettre l’utilisation des optiques non-AI encore plus anciennes. Il dispose pour cela d’un levier de couplage photométrique repliable.
On peut penser que l’utilisateur d’un tel boîtier ne devrait pas l’emmener trop souvent sur le bord des stades ou des circuits et que la vélocité de l’AF ne sera pas le critère de choix principal mais nous aurions apprécié tout de même de voir utilisé le module AF à 51 collimateurs des D800 et D7100. Nikon a semble-t-il voulu laisser aux D800 et D4 le privilège de la fiche technique la plus riche pour ne pas leur faire trop d’ombre.
Du côté de l’emplacement pour cartes mémoire, notons également un rapprochement avec le D610 puisque le Nikon Df utilise des cartes SD. Par contre le Df se rapproche du D700 en ne proposant pas de mode vidéo (on vous a dit ‘Pure Photography’).
Nikon Df : un Nikon D700 épuré, modernisé et relooké ?
Quand on observe un tant soi peu ce Nikon Df et que l’on s’intéresse à sa fiche technique, on en arrive vite à penser qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un D700 modernisé (capteur et électronique), épuré (le poids reste conséquent par contre) et relooké (la face avant en particulier).
Nikon a manifestement écouté ses clients et cherché à proposer un boîtier simple mais efficace, dépouillé du superflu et multi-usages, ce qu’était en bonne partie feu le D700 et ce que n’est plus du tout le D800. Espérons alors que le tarif descendra bien vite au niveau de celui du D700 à sa sortie car celui-ci se trouve encore facilement en occasion à un tarif bien moins élevé que le Df.
Nikon Df : pour qui, pour quoi ?
Le Nikon Df s’adresse à tous les photographes désireux de disposer d’un boîtier passe-partout plein format, à tous ceux qui n’ont que faire des 36Mp et de la vidéo, à ceux qui ne veulent pas passer leur temps à multiplier par 1,5 leurs focales et à tous ceux qui sont adeptes d’un art de photographier qui a tendance à se perdre de nos jours.
Disponible en kit avec le Nikon Df, le 50mm f/1.8 tout spécialement dessiné pour l’occasion vient compléter un ensemble qui ne manque pas d’élégance et de finesse.
Reste un tarif annoncé de 2.899 euros en kit avec le Nikkor 50mm f/18, un tant soi peu élevé pour un boîtier dont la fiche technique reste en retrait par rapport au frère de rang D800 alors que ce dernier est proposé à un tarif … inférieur. Nous aurons prochainement plus d’informations de la part de Nikon pour compléter cet article et vous donner plus d’informations. Restez à l’écoute !
Question : quelle est votre première réaction à l’annonce (officielle) de ce Nikon Df ?