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Comment faire de la pose longue avec un hybride Nikon Z

Découvrez comment faire de la pose longue en mode Bulb ou Time avec un hybride Nikon Z sans générer trop de bruit numérique dans vos images. Apprenez à réduire le bruit et à capturer des scènes nocturnes avec précision. Lisez la suite pour obtenir des conseils pratiques et améliorer vos compétences en pose longue.

Quelle différence entre Bulb, pose B et Time, pose T ?

En photographie, les termes Bulb, pose B et pose T désignent des modes d’exposition manuelle permettant de contrôler la durée d’ouverture de l’obturateur de votre appareil photo en pose longue avec un hybride Nikon, pour photographier le ciel nocturne, les étoiles ou la Voie Lactée par exemple.

Bulb ou pose B

Dans ce mode, l’obturateur reste ouvert tant que le bouton de déclenchement est maintenu enfoncé. Il est idéal pour les expositions longues nécessitant un contrôle précis de la durée. Il est souvent utilisé pour la photographie nocturne, les traînées lumineuses et les effets créatifs. Il requiert généralement l’utilisation d’une télécommande ou d’un déclencheur à distance pour éviter les vibrations.

Time ou Pose T

Dans ce mode, l’obturateur s’ouvre avec une première pression sur le déclencheur et reste ouvert jusqu’à ce qu’une deuxième pression le ferme. Ce mode est pratique pour les expositions très longues si vous ne souhaitez pas maintenir le bouton enfoncé ou utiliser une télécommande pendant toute la durée de l’exposition. Ce mode réduit le risque de tremblements et permet une manipulation plus facile lors de poses très longues.

Le mode Bulb ou Pose B

Contrairement au retardateur, qui déclenche une photo après un délai préprogrammé pour éviter les tremblements causés par le contact manuel, le mode Bulb ou pose B est utilisé principalement pour les poses longues jusqu’à plusieurs minutes ou dizaines de minutes, alors que le boîtier ne les propose pas.

La pose longue consiste à garder l’obturateur ouvert pendant plusieurs dizaines de secondes, voire plusieurs minutes, afin de capturer plus de lumière, ce qui est idéal pour la photographie nocturne, les traînées lumineuses ou les scènes à faible luminosité. Le mode Bulb ou pose B est donc crucial si vous cherchez à créer des effets de mouvement et de lumière qui ne peuvent être obtenus avec des expositions standard.

Réduction du bruit en pose longue

Notez qu’un certain bruit numérique (taches lumineuses, pixels répartis de manière aléatoire ou voile) peut apparaître sur les photos en poses longues. Pour atténuer ces taches lumineuses et réduire le voile, activez l’option Réduction du bruit dans le menu Prise de vue photo.

Comment utiliser le mode Bulb, pose B ou le mode Time, pose T

Préparez votre appareil

  • assurez-vous que la batterie est bien chargée
  • utilisez un trépied pour éviter les tremblements

Sélectionnez le mode manuel

  • tournez la molette des modes sur « M » pour le mode manuel

Réglez le temps de pose

  • tournez la molette de contrôle principale pour ajuster le temps de pose
  • faites défiler jusqu’à voir « Bulb » (B) ou Time (T) après les durées les plus longues

Utilisez le mode Bulb ou Time

Réglez les paramètres complémentaires

  • ajustez l’ouverture  et l’ISO en fonction de la scène
  • activez le retardateur si vous n’avez pas de télécommande
  • désactivez la réduction de vibration (VR) sur l’objectif si vous utilisez un trépied

Contrôlez l’exposition

  • utilisez le viseur électronique ou l’écran arrière pour vérifier la composition et l’exposition avant de déclencher
  • utilisez un chronomètre  (ou l’application chronomètre de votre smartphone) pour mesurer la durée de l’exposition en mode Bulb ou Time

Prenez la photo

  • appuyez et maintenez le déclencheur enfoncé en mode Bulb ou pose B (ou utilisez la télécommande/app SnapBridge)
  • relâchez le déclencheur après la durée souhaitée pour terminer l’exposition
  • en mode Time ou pose T appuyez à nouveau sur le déclencheur pour fermer l’obturateur quand le temps de pose désiré est atteint

Vérifiez et ajustez

  • vérifiez l’image sur l’écran arrière pour évaluer l’exposition et la netteté
  • ajustez les paramètres si nécessaire et recommencez

Astuce : pour des expositions extrêmement longues en pose longue avec un hybride, utilisez une batterie externe ou un grip avec une batterie supplémentaire.

Tous les conseils de réglage et utilisation de la série Nikon Z


Photo en pose longue : interview de Christophe Audebert, photographe et auteur

La série des interviews de photographes pros continue, et cette fois j’ai le plaisir d’accueillir Christophe Audebert. Je connais Christophe depuis de nombreuses années, nous nous sommes souvent rencontrés, avons échangé plusieurs fois sur nos pratiques.

De plus nous avons un point commun, Christophe vient comme moi du monde de l’industrie, et s’est reconverti pour profiter de sa passion pour la photo. Je luis laisse la parole !

Photo en pose longue : interview de Christophe Audebert, photographe et auteur

Pour commencer, peux-tu te présenter : quelle est ton activité en photographie et à qui tu t’adresses ?

J’ai 64 ans et suis photographe professionnel depuis 2004 (photo 1).

Je suis installé sur le bassin d’Arcachon. Après avoir passé 20 ans comme responsable marketing et communication, j’ai décidé en 2004 de me consacrer à 100% à ma passion pour la photo et j’ai suivi une formation pendant un an à l’école Spéos, à Paris.

Puis j’ai développé pendant 18 ans une activité comme photographe Corporate.

En parallèle pour mes projets personnels :

J’ai remporté des prix avec la série « Ici et Là » qui met en scène des couples d’amoureux dans des endroits anti-romantiques,

Une deuxième série « Endless Waters » utilisant la technique du bougé intentionnel de l’appareil photo. Celle-ci montre des paysages marins avec un rendu abstrait, quasi pictural.

Et une troisième série primée « Liquid Time », qui montre en pose longue des paysages à la fois urbains (New York, Venise, Paris) et naturels (Islande, France, Royaume-Uni, Irlande, Iles Féroé).

Mon premier livre aux Editions Eyrolles « Les secrets de la pose longue » parait en 2017, puis un deuxième ouvrage fin 2018, « Les secrets du mouvement en photographie » également édité chez Eyrolles.

Je me consacre aujourd’hui à des formations, stages et voyages photo pour enseigner la prise de vue sur le terrain avec en particulier les techniques qui visent à exprimer le mouvement, et la pose longue.

Christophe Audebert

Christophe Audebert

Comment t’es venu cet intérêt pour la photo en pose longue et l’effet de mouvement ? Surtout à une époque qui prône la (sur)netteté des images.

J’étais fasciné par les photos de Michael Kenna, photographe anglais très novateur dans la technique de pose longue.

Ses tirages noir et blanc sont de toute beauté.

D’autres photographes plus récents comme Michael Levin et Joel Tjintjelaar m’ont grandement inspiré.

Notre époque qui prône la (sur)netteté des images ne crée pas pour moi un conflit avec la pose longue, car si les éléments mobiles (nuages, eau…) deviennent flous sur la photo en pose longue, les éléments fixes (maisons, rochers…), eux doivent être parfaitement nets pour que la photo soit réussie.

Quant au mouvement en photographie, je l’ai vraiment découvert pendant mon cursus à l’école Spéos où des travaux devaient être réalisés sur cette thématique.

Pour moi la photographie en tant qu’image fixe a le pouvoir d’être plus évocatrice du mouvement que la vidéo, notamment avec l’utilisation de vitesses lentes.

Sans spoiler ton livre, quelle différence fais-tu entre vitesse lente et pose longue ?

Je vois parfois sur internet des photos de rue avec par exemple un piéton flou accompagné d’un commentaire : « quelle belle pose longue ! ».

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

Pour moi il s’agit d’un autre univers : les vitesses lentes.

Elles se différencient de la pose longue dans le sens où la pose longue fait appel à un équipement spécifique (filtres ND, trépied et télécommande) et surtout à un état d’esprit particulier : recherche de lieux qui se prêtent à cette technique, travail soigné de sa composition sur trépied, pratique de la lenteur (certaines photos atteignent 2 minutes voire plus) et de la patience.

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

Ici pas de photos en mode rafale !!!

Pour revenir aux vitesses lentes, nul besoin d’équipement particulier : il faut d’abord identifier un sujet en mouvement, puis l’exprimer en choisissant une vitesse d’obturation adaptée, souvent inférieure au 1/60 s.

Le sujet en action devient flou : c’est ce qui fait dire à notre cerveau que le sujet est en train de se déplacer.

Comment prépares-tu une sortie photo ? Est-ce que tu sors avec une idée ? Tu préfères prendre des photos en journée ou le soir (lightpainting ou pas) ?

J’aime bien préparer mes sorties en regardant la topographie sur Google Maps, les marées sur maree.info, la météo sur meteoblue et windy.

Mais parfois en déplacement non programmé, une belle lumière peut guider mon trajet à condition qu’il y ait un sujet derrière.

J’attache beaucoup d’importance à avoir une intention en tête, par exemple exploiter le brouillard pour faire du minimalisme, sortir à un moment de la journée où les gens sont peu présents pour renforcer le côté sauvage, ou au contraire capitaliser sur l’humain à un moment où les personnes sont de sortie.

J’adore retourner régulièrement aux mêmes endroits, notamment près de chez moi, et profiter des opportunités météo.

On vante souvent les belles lumières de début et de fin de journée. Je ne m’en prive pas, surtout sur le Bassin d’Arcachon où les orientations Ouest (coucher de soleil sur l’océan) et Est (lever du jour au cap Ferret), sont parfaites.

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

L’heure dorée et l’heure bleue sont mes moments préférés, mais je sors fréquemment en journée, surtout si la qualité des nuages est au rendez vous.

J’y attache une grande importance pour la pose longue: j’ai d’ailleurs développé un chapitre sur ce sujet avec une catégorisation des types de nuages, dans la réédition de mon livre.

Comment se déroule une sortie photo ?

Mon équipement est toujours prêt.

Dans mon sac photo j’emporte systématiquement toutes mes optiques, mes deux boîtiers, batteries chargées et cartes mémoire vidées, le kit de filtres ND et ma télécommande.

Le trépied reste en permanence dans le coffre de ma voiture.

Quand je décide de sortir, j’ai un lieu en tête et un deuxième si les conditions ne s’avèrent pas optimales.

Une fois sur le terrain, j’observe longuement le paysage.

Non seulement ça fait partie du plaisir mais ça aide à bien se positionner par rapport à la lumière et à bien identifier le sujet principal.

En pose longue, je réalise plusieurs prises de vue à des durées différentes en changeant de filtres ND : par exemple 1 seconde, 10 secondes, 30 secondes, 1 minute, 2 minutes…

L’idée est de conserver les textures dans les nuages et sur l’eau avec de courtes poses, et d’aller jusqu’à un rendu épuré avec des durées plus longues.

Comment trouves-tu l’inspiration ?

Je vais régulièrement visiter des expositions de grands photographes : voir des tirages plutôt que des images sur écran est toujours un plaisir.

J’ai une bonne collection de beaux livres photo, couvrant toutes les disciplines de la photographie.

Quels que soient les domaines (portrait, photo de rue…), on peut y trouver l’inspiration, et même dans les œuvres de peintres.

Je complète par une veille sur Instagram et la presse photo.

Qu’est-ce qui est important pour toi dans le rendu final de tes photos ? Une impression ? Un style ? Une ambiance ? …

Bien qu’il m’arrive de faire des cadrages serrés, j’aime bien montrer le contexte et les ambiances avec un plan large.

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

D’une manière générale, j’essaie d’exploiter le potentiel d’une scène, en prenant mon temps, en testant plusieurs compositions et durées.

L’important pour moi est d’avoir donné le maximum lors des prises de vue.

Pas de recherche particulière d’un style. Je considère que celui-ci transparaît à la vue du travail général d’un photographe.

Si mes photos peuvent raconter une histoire, tant mieux mais ce n’est pas une quête systématique.

As-tu une anecdote croustillante/drôle de photographe à citer ?

En février 2018, je suis parti une semaine avec deux amis photographes pour faire des poses longues en Bretagne.

Nous logions chez l’habitant.

Il a fait beau toute la semaine pratiquement sans nuage.

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

Le premier jour le propriétaire était ravi de nous annoncer du grand soleil : vous voyez en Bretagne il fait beau !

Secrètement nous espérions des ambiances dramatiques, mais nous n’avons rien laissé paraître.

Le deuxième jour, idem, le propriétaire n’était pas peu fier : « Bonne nouvelle ! Grand soleil aujourd’hui encore ! »

Nous lui avons expliqué ce que nous espérions. Il a compris notre point de vue.

Les matins suivants son annonce avait changé : « Mauvaise nouvelle ! Grand soleil aujourd’hui encore ! ».

Le photographe de paysage n’a pas toujours les mêmes souhaits que les vacanciers !

Parle-nous de tes projets personnels et de ton actualité, quels sont-ils ? Comment tu y travailles ?

Je continue à animer des formations d’une journée sur la pose longue et le mouvement en photographie, en me déplaçant dans les photos clubs de la Fédération Photographique de France partout dans l’hexagone.

En complément, en tant que prestataire d’un agent de voyages photo, je continue d’animer des stages de trois jours au Mont St Michel, St Malo et depuis cette année j’ai ajouté une nouvelle destination : le Bassin d’Arcachon.

Cette région offre un gros potentiel photographique avec des paysages variés (dune du Pilat, ports ostréicoles, plages océanes…).

Je me suis fixé trois axes de travail : photos minimalistes (il y a souvent une absence de premiers plans),

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

photos à l’heure bleue et de nuit (l’orientation plein ouest est idéale)

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

et une série avec une ou deux personnes mises en scène dans les paysages naturels.

Pas de nouveau livre à venir pour l’instant.

Pour finir, où peut-on te trouver pour en savoir plus sur toi ? Site web ? Réseau social ? Lieu ?

Site web: https://www.christopheaudebert.com
Instagram: christopheaudebertphoto
Facebook : christophe.audebert.96

Merci à Christophe qui a bien voulu se prêter au jeu de l’interview, je vous invite à visiter son site et ses réseaux, vous y trouverez des pépites !

Si vous avez aimé cette interview, vous aimerez aussi celles de Denis Dubesset, d’Eric Forey et de Gildas Lepetit-castel.


Comment réussir une pose longue en photo, le guide

Faire de la pose longue vous permet de prendre des photos appréciées pour le rendu très particulier qu’elles offrent quand une partie du sujet est en mouvement. Cette technique convient aux étendues d’eau, aux rivières et cascades, mais il y a plein d’autres possibilités pour la mettre à profit.

Christophe Audebert a mis à jour son guide « Les secrets de la pose longue » paru en 2017. Abordant la pratique photographique et l’analyse d’images, cette seconde édition s’impose si vous ne possédez pas déjà la première.

Comment faire de la pose longue

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Les secrets de la pose longue, présentation du guide

Ce guide s’inscrit dans la collection « Les secrets de … » des éditions Eyrolles. Cette collection rassemble de nombreux ouvrages dédiés chacun à un domaine de la photographie. Loin des guides pour débuter et apprendre la photo, ils sont écrits par des photographes experts de leur sujet qui vous livrent des notions avancées sur leur thème de prédilection.

Pour ce qui est de faire de la pose longue, c’est Christophe Audebert que l’on retrouve aux commandes, cette technique étant une de ses spécialités (avec la gestion du mouvement en photo).

Dans cette seconde édition, Christophe a mis l’accent sur les deux problématiques principales que vous rencontrez lorsque vous voulez vous frotter à la pose longue :

  • la mise en œuvre sur le terrain, les réglages associés et les accessoires nécessaires,
  • le travail sur l’image finale.

Les 4 parties déjà présentes dans la première édition du livre sont reprises et complétées pour certaines :

  • quels sont les sujets qui se prêtent à la pose longue,
  • quel est l’équipement nécessaire pour faire de la pose longue,
  • quelles sont les techniques de prise de vue pour la pose longue, 
  • comment post-traiter les photos en pose longue. 

Chaque chapitre est joliment illustré des photos de l’auteur qui n’est pas avare de conseils pour vous aider à comprendre, assimiler, appliquer et finaliser.

Quels sujets pour la pose longue

Comment faire de la pose longue

La première partie du livre vous présente une série de sujets photographiés de façon classique comme en pose longue. Vous comprendrez ce que cette technique peut vous apporter en terme de résultat final, la comparaison saute aux yeux. Vous apprendrez à sélectionner les sujets qui conviennent le mieux à ces images particulières.

L’auteur commence par vous livrer des clés de compréhension sur la pose longue. Avant de parler technique, il est en effet important de comprendre quel va être, par exemple, l’impact du temps de pose (long …) sur le rendu des images (pages 3 à 17).

Ce chapitre comprend des indications précises, comme le tableau de la page 17 dans lequel vous allez comprendre l’influence de la durée d’exposition sur le sujet quand il s’agit de :

  • surfaces aquatiques,
  • nuages,
  • personnes et véhicules en mouvement.

Quel équipement faut-il vraiment ?

Comment faire de la pose longue

Faire de la pose longue nécessite un minimum de matériel. Il faut en effet pouvoir gérer des temps de pose variant de quelques secondes à quelques minutes, disposer d’un trépied et d’une télécommande (ou d’une application autorisant le déclenchement à distance).

Sachez que lorsque la lumière est importante, vous serez amené à utiliser un filtre ND. Vous apprendrez à les choisir en page 20 (en savoir plus sur les filtres ND).

Je vous invite à copier les tableaux comme celui de la page 27 dans lequel vous trouvez les correspondances entre le nombre de stops (en savoir plus sur les stops) et le temps de pose. Ils vous seront utiles sur le terrain et vous n’aurez pas à porter le livre dans le sac photo.

Les sujets adaptés

Toutes les scènes ne conviennent pas pour faire de la pose longue. La mer est LE sujet de prédilection, aussi bien que les rivières, lacs et chutes d’eau.

Vous découvrirez que les montagnes, la campagne et la ville ne sont pas en reste. La pose longue peut devenir une technique de plus à votre service pour faire disparaître un premier plan trop présent ou désordonné comme le flux de circulation au pied d’un immeuble.

Cette seconde édition comporte 12 pages supplémentaires dans lesquelles l’auteur vous apprend à étudier la nature des nuages et à avoir lesquels sont bons pour la pose longue, lesquels ne le sont pas.

Comment faire de la pose longue

Passons à la pratique dès la page 73. Christophe Audebert vous aide à préparer votre sortie et vous propose une check-list pour ne rien oublier avant de partir. Vous y trouverez tout ce qu’il vous faut pour :

  • repérer les lieux,
  • vérifier le matériel de prise de vue,
  • choisir et emporter les accessoires photo,
  • emporter les accessoires hors photo,
  • sauvegarder vos photos sur le terrain.

Vous apprendrez à faire les bons réglages, à choisir le bon format de fichier et à gérer au mieux le bruit numérique qui prennd une place très importante en pose longue.

Cadrage et composition ont leur importance aussi, d’autant plus qu’il est complexe de multiplier les vues « au cas où » du fait de la durée du temps de pose.

Les 10 étapes essentielles

Comment faire de la pose longue

J’ai apprécié la mise en perspective faite à partir de la page 87 sous forme d’étapes. Vous avez à disposition un condensé de ce qu’il vous faut faire, dans le bon ordre, pour réussir vos photos en pose longue :

  1. imprégnation sur le terrain,
  2. réglages du boîtier (en particulier gestion du bruit ISO),
  3. cadrage et composition,
  4. photo de référence,
  5. verrouillage de la mise au point (vous ne pouvez pas utiliser l’autofocus de façon classique),
  6. choix du filtre ND,
  7. placement du filtre ND,
  8. occultation du viseur (important)
  9. déclenchement de la pose longue,
  10. vérification du rendu (critique !)

Post-traitement des photos en pose longue

Il est temps de finir le travail. Les photos en pose longue demandent une finition qu’il vous faut faire avec un logiciel de traitement d’images.

L’auteur vous montre comment procéder et vous livre son flux de travail dans Lightroom Classic. Vous verrez que ce traitement est à votre portée et donnera à vos photos le rendu qu’elles méritent.

Pour aller plus loin, Christophe Audebert vous livre des conseils pour utiliser Photoshop comme le module complémentaire Silver Efex Pro (dans la Nik Collection by DxO) pour les photos en noir et blanc.

Exemples de photos en pose longue

Rien de tel que de voir des photos pour apprendre. J’ai apprécié le dernier chapitre dans lequel Christophe Audebert présente les regards de trois photographes spécialistes de la pose longue.

Vous y découvrirez leur univers, tous différents, et vous trouverez comme moi des idées pour réaliser vos propres photos :

Je vous invite également à lire l’interview de Christophe Audebert, et à découvrir mon dossier pour réussir une pose longue en photo.

Mon avis sur Les secrets de la pose longue

Ce guide pratique va vous permettre de faire le tour du sujet sans devoir ingurgiter des centaines de pages. Grâce aux nombreuses illustrations, aux tableaux de référence et à un contenu textuel pertinent, Christophe Audebert fait le tour du sujet sans en faire ni trop ni trop peu.

Le format de l’ouvrage vous permet de le glisser dans votre sac photo pour avoir les références avec vous sur le terrain si vous n’avez pas choisi de recopier les informations importantes et tableaux. L’impression sur papier glacé, la reliure et la qualité de réalisation font de ce livre un ouvrage de référence sur la pose longue. Je rappelle toutefois que si vous possédez déjà la première édition, cette seconde édition ne vous est pas indispensable. Dans le doute si vous avez les deux éditions sous la main, optez pour la seconde mise à jour et complétée.

Proposé au tarif très abordable de 23 euros , ce livre vous évitera les erreurs du débutant (achat d’accessoires inutiles ou inadaptés par exemple) et sera bien vite amorti si vous vous intéressez à la pose longue.

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Comment gérer le mouvement en photographie : effet filé, pose longue, zooming, vitesses lentes, Light Painting …

L’effet filé et la pose longue en photo, vous connaissez ? Mais savez-vous ce que sont le zooming, le bougé intentionnel ou les ultra-hautes vitesses ? Dans « Les secrets du mouvement en photographie », Christophe Audebert vous présente plusieurs techniques pour gérer le mouvement en photographie.

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Gérer le mouvement en photographie, présentation

Pour la plupart des débutants en photographie, la quête de la qualité technique est le seul objectif à atteindre. En passant au reflex ou à l’hybride, vous souhaitez faire de meilleures photos qu’avec un smartphone ou un compact.

Avec le temps, toutefois, vous réalisez que faire des photos techniquement bonnes est une chose, mais qu’il y a peut être d’autres pistes à explorer pour faire des photos plus créatives.

La créativité passe par bien des étapes, l’un d’entre elles consiste à découvrir des techniques avancées de prise de vue. La pose longue est un des premiers champs d’expérimentation. L’effet filé aussi pour la photo d’action.

Ces deux techniques consistent à gérer le mouvement, celui de l’eau par exemple en pose longue ou celui d’un véhicule avec l’effet filé.

Mais gérer le mouvement en photographie ne saurait se résumer à ces seules techniques.

Dans la première partie de ce guide, Christophe Audebert revient sur ce qu’est le mouvement, et sur les différentes façons de le figurer ou de le figer. Car c’est bien là le point essentiel : que souhaitez-vous montrer et comment ?

Si ta photo n’est pas nette, c’est que tu n’as pas réussi à figer correctement le mouvement !

Un libre détournement par l’auteur de la célèbre citation de Robert Capa pour illustrer ce que ce guide va vous apporter.

Comment photographier le mouvement, les différentes techniques

Pour gérer le mouvement en photographie, encore faut-il bien le comprendre. Tous les mouvements ne se ressemblent pas, la 2CV en pleine action de la page 2 ne se déplace pas comme les passants de Central Station à New-York en page 53.

Les secrets du mouvement en photographie : effet filé, pose longue, zooming, vitesses lentes, Light Painting ...

En introduction, Christophe Audebert positionne le débat et vous donne les bases nécessaires pour passer à la suite.

J’ai apprécié le grand tableau en double page (24 et 25) qui résume ce qu’il vous faut savoir à défaut de tout retenir (faites une copie !).

Chacun des chapitres suivants présente une des techniques citées en introduction, depuis le filé dynamique jusqu’à l’utilisation des ultra hautes vitesses en open flash avec déclencheurs distants.

L’auteur a pris soin de présenter ces techniques de façon détaillée, avec leurs avantages et contraintes avant de vous fournir une liste de 6 à 8 étapes à suivre pour arriver à vos fins.

Cette approche très didactique peut sembler ne pas laisser beaucoup de place à l’improvisation, mais c’est justement ce qu’il faut éviter lorsque vous souhaitez gérer le mouvement en photographie. Le seul petit reproche que je ferais au livre est de ne pas proposer ces fiches prêtes à reproduire ou à découper. Notez toutefois que prendre vos propres notes facilite la mémorisation.

Les secrets du mouvement en photographie : effet filé, pose longue, zooming, vitesses lentes, Light Painting ...

Vous noterez au passage que vitesses lentes et poses longues font chacune l’objet d’un chapitre distinct. Vous pourriez penser qu’il s’agit de la même chose puisque la pose longue fait appel aux vitesses lentes (temps de pose longs). Et bien non, vous allez voir qu’il est tout à fait possible d’utiliser des vitesses lentes pour traduire le mouvement sans pour autant faire des photos en pose longue.

Parmi les autres types de mouvements intéressants à photographier, citons les phénomènes naturels (photos d’orages) comme plus artificiels (photos de feux d’artifice). Il s’agit bien là-aussi de traduire en images un phénomène bref mais en mouvement.

Une autre technique photo capable de vous aider à figer le mouvement, c’est le Light Painting. En « peignant avec la lumière » vous allez immortaliser le mouvement d’une source lumineuse sur un fond sombre, la nuit par exemple, et créer des images particulières. Christophe Audebert a fait appel au savoir-faire de Jadikan, un photographe professionnel spécialisé dans le Light Painting qui l’a autorisé à reproduire plusieurs de ses photos. Inutile de vous dire que vous risquez de passer quelques nuits dehors si vous vous prenez au jeu !

Les secrets du mouvement en photographie : effet filé, pose longue, zooming, vitesses lentes, Light Painting ...

Si ce n’est pas net, c’est flou ! Découvrez les techniques de gestion du mouvement au travers du flou, comme le bougé intentionnel de l’appareil photo.

Il s’agit ici de bouger, volontairement, votre appareil à la prise de vue de façon à provoquer un flou de bougé. En maîtrisant cette technique et les paramètres de prise de vue très précis qu’il convient d’utiliser, vous allez faire des photos au flou contrôlé, une démarche créative particulière qui ne manque pas d’intérêt (voir les photos d’Arnaud Vareille).

Vous utilisez un zoom ? Finissez votre apprentissage du mouvement en photographie avec le zooming. Cette autre technique vous permet de créer un mouvement là où il n’y en a pas, en tournant la bague de zoom de votre objectif pendant la prise de vue. Bien maîtrisée, cette technique donne des images très dynamiques.

Enfin, si la photo en studio vous tente, vous apprécierez de photographier en ultra-haute vitesse. Vous avez déjà vu des photos de gouttes d’eau rebondissant hors d’un récipient ? C’est de cela dont il s’agit – mais pas que. Vous allez découvrir l’open flash et déclencher votre flash à l’aide d’une simple application pour smartphone pour capturer votre sujet en pleine action.

Afin d’illustrer son livre avec des images très créatives autour du mouvement, l’auteur a invité trois autres photographes à présenter leur démarche. Il s’agit de Cédric Marcadier avec ses filés sur les circuits automobiles, de Jadikan et ses images de Light Painting ainsi que de Warren Kealan et ses paysages  marins (c’est magnifique !).

Les secrets du mouvement en photographie : effet filé, pose longue, zooming, vitesses lentes, Light Painting ...

Mon avis sur Les secrets du mouvement en photographie

Cette série n’a plus de secrets (!) pour vous si vous avez déjà lu mes précédentes chroniques à son sujet. Ce nouvel ouvrage vient la compléter de fort belle façon, en traitant de techniques transverses aux domaines photographiques habituels. Vous pouvez en effet photographier le mouvement que vous fassiez du portrait, des photos nature, des photos de sport ou de l’animalier.

Christophe Audebert a pris soin de tout détailler en vous fournissant une démarche claire et précise. Il vous suffit de reproduire les différentes étapes pour vous lancer et réussir vos premières photos avant de prendre le temps de maîtriser la technique de votre choix.

Proposé au tarif très abordable de 23 euros, ce livre comporte de nombreuses (et très belles) illustrations, et vous évite de devoir passer des heures à chercher les infos, l’investissement est très rentable. Le photographe urbain que je suis a déjà trouvé quelques idées de séries, je ne doute pas que vous y trouviez les vôtres aussi.

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Technique Open Flash : exemple de prise de vue en pose longue

Utiliser la technique Open Flash vous permet de figer une action tout en conservant une pose longue pour capturer l’intégralité du mouvement.

Voici un tutoriel vidéo dans lequel le photographe présente la technique et un extrait d’une séance de prise de vue avec une danseuse classique. Les images accompagnant la vidéo sont représentatives de ce que vous pouvez espérer obtenir comme résultat.

Voir toute la formation Open Flash …

Flash et temps de pose long

Le temps de pose est la durée pendant laquelle l’obturateur du boîtier reste ouvert pour permettre à la lumière de former une image sur le capteur.

De façon assez traditionnelle vous utilisez le flash pour figer une action lorsque la lumière manque, au détriment de l’arrière-plan et – surtout – de l’intégralité du mouvement.

Mais en augmentant le temps de pose sans toucher au réglage du flash, et avec un minimum de lumière ambiante, vous pouvez faire des photos bien plus créatives. La technique Open Flash vous aide, voici comment la mettre en oeuvre.

Cliquez sur la vidéo ci-dessous pour la visionner. L’échange entre le photographe et la danseuse, malgré qu’il soit en anglais, est tout à fait compréhensible. Vous allez voir comment la danseuse déclenche le mouvement et comment le photographe déclenche la prise de vue et le flash. Le temps de pose s’affiche en temps réel en haut de la vidéo pour chaque photo.

Vous pouvez agrandir la vidéo plein écran en cliquant sur l’outil flèche en bas à droite dans la fenêtre vidéo :

Technique Open Flash : une photo, deux expositions différentes

Dans le cas de cette séance photo, la danseuse exécute un pas de danse complet. Le photographe choisit un temps de pose long, 6 à 8 secondes, et fige ainsi l’ensemble du mouvement. Cette première exposition donne de la fluidité et de la dynamique à l’image.

L’éclair de flash final fige la dernière action, ou une quelconque action dans le mouvement. C’est la seconde exposition pour cette même photo. Regardez cet autre extrait vidéo pour savoir comment régler le flash.

Regardez l’effet résultant sur les différentes photos qui défilent dans la vidéo ci-dessus.

Le résultat final est très intéressant car :

  • le mouvement est capturé dans son ensemble et génère un effet de filé vaporeux très agréable à regarder,
  • la dernière action de la danseuse est capturée par l’éclair de flash et se superpose à l’ensemble, sur la même vue.

Comment utiliser l’Open Flash ?

Il y a différentes façons de photographier au flash, vous pouvez les découvrir par exemple dans le guide du système d’éclairage au flash Nikon CLS. La technique Open Flash vous permet elle de marier à merveille lumière ambiante et lumière flash pour créer une image atypique, toute en fluidité,

Cette technique n’est pas très complexe à mettre en oeuvre, il vous suffit de disposer d’une source de lumière ambiante réglée pour éclairer faiblement la scène. Et d’un flash qui envoie un éclair au moment voulu.

Le plus complexe est de bien synchroniser le mouvement du sujet avec l’éclair de flash : le hasard vous réservera probablement quelques belles surprises comme c’est le cas dans cette séance.

Pour aller plus loin avec l’Open Flash …

Je vous propose d’en savoir plus sur la technique Open Flash en visionnant des leçons vidéos complémentaires avec la formation Open Flash de laquelle est extraite cette vidéo.

Suivre la formation complète Open Flash …


Qu'est-ce que la pose longue en photographie : tentative de définition

La pose longue est une technique qui consiste à utiliser des temps de pose de plusieurs secondes ou dizaines de secondes pour donner à vos images un rendu bien particulier. Cette définition couramment rencontrée n’est peut-être pas la seule et la réalité est parfois toute autre. Voici pourquoi.

Définition de la pose longue en photographie - Photo COpyright Patrick Dagonnot http://www.chambrenoire.fr

Pose longue en photographie – Photo (C) Patrick Dagonnot

Cet article vous est proposé par Régis Falque, un de nos lecteurs qui a répondu à notre appel à publication. Retrouvez Régis Falque sur le site www.regisfalque.be ainsi que sur 500px et Facebook.

Nous avons publié un dossier Pose Longue qui vous explique comment mettre en œuvre cette technique de façon pratique. Comme toute technique générant un effet créatif bien particulier, il est également intéressant de chercher à savoir ce qu’est vraiment la pose longue, quand est-ce qu’il faut parler de pose longue (ou pas), et comment mieux la définir.

Il y a, dans le discours photographique, des questions qui reviennent. Parmi elles, en voici une : Qu’est-ce que la pose longue (entendre par là : « à partir de quel temps de pose y a-t-il “pose longue” »).

Les voix de réponses sont multiples. Le discours photo-artistique contemporain (principalement celui du net) a une certaine tendance à suivre la voie de l’empirisme. Mais celle-ci semble, à bien des égards, dérangeantes. S’il est une motivation du présent article, c’est bien celui de sortir des sentiers battus. Car il est commun de lire des répliques du type « chacun ses goûts », « on est pas tous obligés d’aimer », « moi je vois autre chose », etc.

J’entrevoie dans ces paroles un constat d’échec face à une question posée. Enfin, même si l’empirisme et le subjectif ne sont pas à rejeter, il est intéressant de confronter la question de la « pose longue » à autre chose, de sortir du champ empiriste pour étudier cette question photographique sous un autre angle.

Par le raisonnement, il s’agit de tenter de cerner la base minimale d’une photographie réalisée en « pose longue ». Je vais cependant m’appuyer sur un seul et unique postulat, inspiré de l’expérience sensible que l’on a de la photographie. La pose longue « donnerait à voir » plus que ce que l’œil humain peut cerner.

Prenons un exemple très simple : lorsque je photographie une mer agitée à l’aide d’un filtre à densité neutre, l’image qui en résulte est une mer plate, tel un banc de brume flottant au milieu des limbes. Je ne vois qu’une succession de vagues, alors que mon appareil me montre un « flux » de vague, tels ces flux de personnes, foule photographiée durant plusieurs secondes.

La pose longue joue, comme son nom l’indique, avec le temps. Certes, la photographie, c’est une habile adéquation entre espace, temps et technique. Mais il semblerait que le modus operandi de cette pose longue soit le temps, de manière plus spécifique qu’ailleurs. La pose longue « donne à voir » un moment s’inscrivant dans une durée, et son résultat « condensé » en une seule image.

Qu’est-ce que la perception du temps ?

Nous possédons des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, un nez pour sentir, des récepteurs pour goûter et des nerfs pour le toucher. Ces cinq sens sont constitués de récepteurs sensoriels, interface indispensable entre le « monde extérieur » et notre corps.

Commençons par aborder le temps sous cet angle. Active-t-il nos récepteurs sensoriels ? D’un point de vue physiologique, la réponse est non. Si l’on ne peut voir le temps, on peut par contre le percevoir. La perception se définit comme une « idée, compréhension plus ou moins nette de quelque chose ». Cette perception du temps repose traditionnellement autour de trois concepts :

  • la perception des durées,
  • la perception et la production de rythmes,
  • la perception de l’ordre temporel et de la simultanéité.

Notre perception du temps est fondamentalement liée à l’espace (on parlera également d’espace-temps). Nous repérons des événements physiques qui, par leur nature, nous indiquent que le temps s’écoule (les aiguille d’une montre qui avancent, une cascade qui coule, etc.), s’écoulera (un objet en train de tomber et dont le sort inévitable est de finir brisé dans un futur plus ou moins proche) ou s’est écoulé (retrouvailles entre amis de longue date devenus vieux, visite de monuments historiques).

On ne peut « vivre une durée », on ne peut que vivre une succession de présents. Par contre, on peut avoir conscience et percevoir la durée, en assemblant mentalement la somme des présents vécus et logés dans notre mémoire. L’idée d’immédiateté, inhérente à la perception de ce qui est (le présent), rend impossible la vision directe d’un moment s’inscrivant dans la durée. N’existe-t-il pas pour autant un moyen de voir la durée, l’englober d’un simple regard ?

La pose longue en photographie

Le temps ne peut être vu en raison de l’absence de récepteurs sensoriels prévus à cet effet. Par contre il peut être perçu. Distinguons maintenant deux « dimensions » : l’échelle atomique et l’échelle humaine. Si l’on s’en tient à la première, il y a dans une fraction de seconde une succession de présents, de moments t1, t2, t3, etc. On dira d’ailleurs que dans une seconde, il y a une infinité de moments.

Mais à l’échelle humaine, la notion de présent, le ressenti qu’on a du temps qui passe, peut se mesurer. En effet, « toute l’information traitée par le système nerveux à l’intérieur d’une période de 20ms environ est intégrée en un seul échantillon. ». Durant ce laps de temps de 20 ms se déroule toute une série de modifications spatiales de corps physiques en mouvement (et une série d’informations que le système nerveux traite).

À l’échelle humaine, le moment perceptuel est par contre le plus petit instant « conscientisable » et surtout notre sensation d’être là, ici et maintenant. Vous suivez toujours ?

La pose longue comme dépassement du moment perceptuel

Considérons notre perception, toujours à l’échelle humaine. Peut-on voir un moment dont la durée est supérieure à 20 ms ? D’un point de vue physiologique, la réponse est non. Ainsi donc, il existerait une unité de temps physiologique, une base de temps insécable à partir de laquelle se construiraient toutes nos évaluations de durées. Le mouvement d’un corps physique d’une durée de 40 millisecondes serait l’addition de deux échantillons distincts (chacun de 20 ms).

Le cerveau reconstruit une logique entre les deux événements, et nous donne une impression de continuité, mais d’un point de vue temporel le corps humain perçoit un temps t1, puis un temps t2 de manière distincte. Quel procédé permettrait de voir, d’un simple « coup d’oeil », en « une fois », sans devoir additionner mentalement un temps t1, t2; t3,… un moment s’inscrivant dans la durée ? Et si la réponse se trouvait dans la photographie ?

Puisque notre perception du temps est irréductible à 20 ms, toutes images donnant à voir un moment d’une durée supérieure à ce laps de temps montrerait ce que le corps humain ne peut voir : à savoir un moment s’inscrivant dans une durée.

La pose longue pourrait donc être définie comme un processus permettant de capturer plusieurs moments perceptuels, soit une pose d’une durée supérieure à 20 millisecondes… ou 1/50e de seconde.

QUESTION : et pour vous, qu’est-ce que la pose longue en photographie ? Laissez un commentaire et lançons le débat !


Tutoriel pose longue photographique en numérique – 2ème partie

La photo en pose longue nécessite des connaissances en matière de matériel photo et de technique mais aussi en matière de traitement logiciel. Après un premier dossier sur le sujet, Patrick Dagonnot, notre rédacteur spécialiste de la technique pose longue nous propose une deuxième partie dédiée au traitement logiciel des images.

comment faire photo pose longue photographique en numérique - dossier tutoriel

Cliquer sur les illustrations pour les voir en plus grand

par Patrick Dagonnot pour Nikon Passion

Introduction

Dans la 1re partie de ce dossier consacré à la pose longue en photo numérique, nous avons vu tout ce qui concernait la prise de vue. Nous allons à présent attaquer la question du traitement de la photo. Il n’est pas question ici de donner une formule toute faite qui vous permettrait ensuite d’appuyer sur un bouton et d’obtenir le rendu adéquat sur toutes vos photos. Cet article vous apportera quelques pistes afin que vous puissiez vous-même définir votre propre manière de traiter vos clichés.

Pour vous donner une idée du type de travail réalisable sur un cliché en pose longue, j’ai choisi une photo prise en été du côté de la plage de Fabrégas, un rocher en pleine mer surnommé «les deux frères».Voici le fichier d’origine, brut de capteur, sans aucun traitement.

comment faire photo pose longue photographique en numérique - dossier tutoriel

Je vais donc partir de cette base et détailler l’ensemble des traitements que j’applique pour arriver à la photo telle que je l’ai imaginée lorsque j’ai effectué la prise de vue.

1- Développement du RAW

Pour développer le fichier RAW, nous allons utiliser le logiciel Lightroom et afin de faciliter la compréhension du processus, j’ai découpé mon explication en différentes étapes en entourant à chaque fois de rouge les réglages concernés sur la copie d’écran.

Etape 1

  • je transforme mon fichier en niveaux de gris (Panneaux «réglages de base»). J’obtiens un cliché en noir et blanc plutôt plat,
  • j’ajuste mon contraste que je monte au maxi,
  • en jouant sur la courbe, j’augmente la valeur des teintes sombres. Le cliché a déjà gagné un peu en contraste général.

Etape 2

comment faire photo pose longue photographique en numérique - dossier tutoriel

Malgré tout les hautes lumières sont quasi inexistantes.

  • je retourne dans le panneau «réglages de base» afin de monter la valeur d’exposition en m’attachant essentiellement au rendu des rochers au premier plan,
  • j’ajuste ensuite les valeurs de température et de coloris afin d’augmenter le contraste sur les rochers,
  • je diminue l’exposition afin d’éviter d’avoir des hautes lumières cramées. Nous arrivons donc à l’image ci-après, certes mieux éclairée mais où le haut du ciel est devenu tout blanc.

Etape 3

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Je vais fermer l’image et récupérer du gris dans le ciel en créant un vignettage. À cette fin, j’utilise l’outil «filtre gradué». Je clique sur l’outil correspondant dans la barre de menu de Lightroom. Avec la souris, je place donc le filtre sur l’image en tirant la souris vers le bas, créant ainsi le filtre (trois traits parallèles avec un petit cercle au milieu). Je travaille sur les valeurs d’exposition, de contraste et de taille du filtre afin de diminuer les hautes lumières sur le haut de l’image.

Etape 4

comment faire photo pose longue photographique en numérique - dossier tutoriel

Je vais renforcer l’effet en retournant dans le panneau principal et en allant travailler directement le vignettage de l’image. Je règle les valeurs de quantité et de milieu de l’outil «correction de l’objectif» afin de créer un vignettage un peu marqué qui me permet de fermer les angles dans le haut de l’image.

Etape 5

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J’ajuste les valeurs de température, de coloris et d’exposition afin d’apporter un peu plus de finesse au vignettage. Voilà la première phase du traitement achevée.

J’ai obtenu un fichier correctement exposé. La courbe est relativement bien dessinée du sombre au clair sans noirs bouchés ou hautes lumières cramées et me donnera ainsi une bonne latitude de traitement pour le travail final.

2- Traitement final de l’image

Pour cette phase, nous utiliserons Photoshop et les masques de fusion. J’exporte donc ma photo telle que traitée au chapitre précédent pour l’ouvrir ensuite dans Photoshop.

Etape 6

En ce qui concerne l’export, il suffit de faire un clic droit sur l’image dans Lightroom et de choisir la fonction «exporter» dans le menu. Une fenêtre s’ouvre aussitôt, donnant pas mal de possibilités de réglages.

comment faire photo pose longue photographique en numérique - dossier tutoriel

Détail de mes réglages pour l’export à partir de Lightroom : les 2 premières fenêtres concernent l’emplacement où vous souhaitez sauvegarder le fichier, ainsi que le nom que vous voulez lui donner.

Voici ensuite les réglages à mettre dans les 2 fenêtres suivantes :

Paramètres de fichier :

  • format : PSD
  • espace colorimétrique : Adobe RVB (1998)
  • profondeur : 16 bits

Dimensionnement de l’image :

  • décocher la case «redimensionner» si elle est cochée
  • résolution : 300 pixels par pouce

Les autres fenêtres peuvent être laissées telles quelles. Je clique ensuite sur «exporter».

Etape 7

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Je récupère mon PSD dans Photoshop.

Dans un premier temps, je renforce le contraste sur les rochers au premier plan. J’ouvre donc un calque de réglages «courbes» (petit cercle moitié noir, moitié blanc en bas de la palette calque). Je pose 2 points sur la courbe que je tire vers le haut afin d’éclaircir l’image de manière générale. Ensuite dans le masque de fusion appliqué au calque de réglages, je peins en noir la partie de l’image à laquelle je ne veux pas appliquer la modification (ici, le bas de l’image).

Etape 8

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Les rochers au premier plan sont encore un peu sombres. Je vais créer un nouveau calque de réglages «courbes». Je règle la courbe en m’attachant au rendu sur les rochers. La luminosité générale de l’image devient bien entendu trop forte. Je peins donc en noir sur le masque toutes les parties de l’image non concernées par le réglage.

Etape 9

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J’approche du but, mais en regardant l’histogramme de mon image je trouve que celle-ci manque de hautes lumières. J’utilise cette fois-ci un calque de «niveaux». Dans la fenêtre de réglages, je cale le petit triangle blanc à droite contre le point le plus bas de la courbe. En regardant l’histogramme, la courbe s’étale bien de gauche à droite. Sur le calque de «niveaux», j’ai peint le haut du masque afin de conserver intact le vignettage créé dans Lightroom.

Etape 10

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Les deux rochers en pleine mer manquent de contraste. J’utilise un calque de réglages «courbes» sur les deux rochers au milieu de l’image. J’ai ajusté ma courbe en lui donnant une forme de «S», puis je peins en noir sur le masque toutes les parties autres que les 2 rochers.

Etape 11

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Il ne reste plus qu’à apporter une légère accentuation à la netteté des rochers. Je duplique l’image (calque arrière-plan) et applique à cette copie un filtre «passe-haut» (menu filtre->divers->passe-haut) avec un rayon de 2.0. J’affecte à ce calque le mode de fusion «incrustation» et je diminue légèrement l’effet en baissant l’opacité à 80 %. Afin que l’accentuation ne touche que les rochers, je crée un masque de fusion (menu calque-> masque de fusion->tout faire apparaitre) et je peins en noir toutes les parties que je ne désire pas accentuer.

Enfin, l’image étant encore trop «grisouille» à mon gout, j’ai décidé de rajouter un dernier calque de «courbes» en baissant la luminosité générale de l’image et redonnant ainsi plus de «punch» aux valeurs sombres.

Et voilà mon image finale, avec à côté mon image d’origine !

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Nikon D3s et la pose longue numérique

D3s et pose longue : couple gagnant ?

Habituellement, tous mes clichés en pose longue sont réalisés avec mon D80. Toutefois, ayant eu l’opportunité d’avoir en prêt durant 3 semaines le D3s (merci Nikon Passion et Nikon France), j’ai pu tester le boîtier pro Nikon dans diverses conditions et notamment en pose longue, comme pour le cliché qui a servi à illustrer cet article.

Etant donné les conditions optimales de prise de vue en pose longue (sensibilité au minimum, réglage optimum de l’ouverture et de la netteté, prise de vue sur trépied par télécommande), il semblait évident que le D3s allait me livrer des fichiers impeccables. Toutefois, j’ai été encore plus surpris que ce à quoi je m’attendais, notamment en ce qui concerne la gestion des hautes et des basses lumières et sur ce terrain, le D3s s’avère redoutable.

En effet, en pose longue, on est souvent dans l’obscurité ou tout du moins dans le clair-obscur. Etant donné qu’on travaille aux valeurs ISO les plus basses et à des temps d’exposition longs, ça ne pose pas réellement de problèmes concernant la qualité générale de l’image. Mais là où le D3s apporte un réel plus, c’est dans le rendu des détails dans les zones sombres. Ci-après un détail d’une image faite également à la plage de Fabrégas. On peut se rendre compte ici à quel point le rendu sur les détails du bateau au premier plan pourtant plongé dans la pénombre, est parfait.

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L’autre point particulièrement appréciable du D3s est sa capacité à gérer les très hautes lumières. On sait qu’un point difficile en photographie de paysage concerne les écarts de lumière entre le ciel et le sol. Bien souvent, le photographe est obligé d’opérer un choix entre un ciel très lumineux et un sol sombre, notamment par temps couvert. Bien exposer le sol, on crame le ciel, bien exposer le ciel, on plonge le sol dans le noir complet. C’est là où la capacité du capteur du D3s à gérer les grands écarts de lumière apporte un réel avantage. Ci-après un cliché réalisé sur la route des crêtes entre Cassis et La Ciotat. Sur le raw d’origine, le sol est bien exposé mais on voit bien, et la courbe le montre également, que le ciel, sur le côté gauche de l’image est cramé.

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Après un traitement dans Lightroom, j’ai parfaitement récupéré la zone gauche de l’image et la courbe montre bien que les hautes lumières ne sont plus cramées.

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Alors, le D3s, un boitier pour le paysage et la pose longue ? Il faut avouer que l’appareil ne manque pas d’atout et les deux derniers points cités jouent plutôt en sa faveur. À l’heure où l’annonce de la sortie d’un Nikon D4 est de plus en plus imminente et en tous les cas très attendue, le D3s pourrait devenir pour nombre de photographes experts et d’amateurs passionnés un parti très intéressant. Enfin abordable en l’occasion, son prix va le rendre bien plus accessible à toute une population qui jusqu’à présent ne pouvait que rêver de posséder un tel matériel.

Au delà du fait que ses qualités le rendent apte à la photo de paysage, c’est surtout son extrême polyvalence qui séduira un plus large public. Portrait, paysage, sport, noir et blanc, photo de nuit, il est difficile de trouver un domaine où il puisse être pris en défaut. Tout juste pourrait-on lui reprocher sa résolution un peu juste, et encore : seulement 12 mégapixels certes, mais une telle qualité d’image autorise des agrandissements jusqu’à 200 % sans perte, alors… Non, le seul vrai reproche qui pourrait lui être fait, c’est son manque de discrétion. Quand vous avez un D3s en main, on vous regarde… J’en ai fait plusieurs fois l’expérience, et force est de constater que l’engin impose le respect et provoque la curiosité. Du coup, pour la Street Photography, son «embonpoint» n’en fait pas le favori, mais pour peu qu’on réussisse à se rendre discret, la qualité de l’image sera au rendez-vous.

Vous en rêvez ? Alors bonnes photos et que le D3s soit avec vous !

comment faire photo pose longue photographique en numérique - dossier tutoriel

Retrouvez les photos de Patrick Dagonnot sur le site Chambre Noire.


Qu’est-ce que la pose longue en photographie ?

La pose longue est une technique particulière de la photographie qui consiste à exposer une photo pendant un temps généralement compris entre quelques secondes et quelques minutes. L’intérêt de cette technique est de pouvoir photographier lorsqu’il y a très peu de lumière, ou encore de produire des images mariant harmonieusement zones floues et zones nettes. Voici quelques explications sur la pose longue.

Note : vous pouvez aussi lire ce dossier pour réussir une pose longue en photo.

Qu’est-ce qu’une pose longue ?

Si le terme « long » peut paraître bien peu précis en matière de vitesse d’exposition, il faut en revenir aux règles et lois de la photographie pour donner quelques éléments de réponse. On peut ainsi considérer la loi de réciprocité pour tenter une première approche : si la focale utilisée est de 50mm alors la loi de réciprocité nous dit que la vitesse minimale d’exposition à main levée pour éviter le flou de bougé du photographe doit être de 1/50ème de seconde. Le sujet doit bien évidemment être statique.

En se basant sur cette approximation, on peut considérer qu’une pose longue est une pose pour laquelle la vitesse d’exposition est plus longue que la vitesse minimale définie par la loi de réciprocité. Ainsi, dans l’exemple précédent, une vitesse d’exposition de 1/25ème de seconde est déjà une pose longue pour un objectif de focale 50mm.

Plus couramment, il est entendu qu’une pose longue dure plusieurs secondes, voire plusieurs minutes ou dizaines de minutes. Ce type d’exposition nécessite bien évidemment des précautions particulières. Le boîtier doit être fixé sur un support très stable (trépied lesté). Le sujet doit être statique, de façon à ce que l’image finale ne soit pas floue.

La pose longue avec les basses lumières

Avec la technique de la pose longue, il est possible de capturer des images correctement exposées sous de très faibles lumières, et ceci d’autant plus facilement que les reflex numériques modernes disposent pour la plupart d’une fonction de correction du bruit numérique en pose longue. Si cette fonction est activée, alors l’appareil réalise une seconde exposition immédiatement après la première, de façon à « calculer » le bruit dans l’image et à le soustraire de la première image – la photo attendue – après traitement interne. Considérez que le temps nécessaire à réaliser la photo est alors doublé, puisque les deux enregistrements se succèdent.

Les reflex numériques permettent des temps de pose de plusieurs secondes à plusieurs dizaines de secondes. Pour exposer plus longtemps, il convient parfois d’utiliser une télécommande permettant de laisser l’obturateur ouvert. En effet certains modèles de reflex numériques ne permettent pas de choisir un temps de pose au-delà de 30 secondes. En laissant le doigt appuyé sur l’obturateur vous courrez le risque de faire bouger le boîtier, la télécommande est donc la solution de facilité. Avec un reflex plus ancien ou certains modèles entièrement manuels, il suffit de choisir le mode d’exposition Pose T : celui-ci permet d’ouvrir l’obturateur lors de la première pression sur le déclencheur, puis de le refermer lors de la seconde pression. Le mode Pose B (Bulb) permet lui de laisser l’obturateur ouvert tant que le doigt appuie sur le déclencheur, c’est peu pratique.

Pose longue et créativité

Un des usages couramment répandu de la pose longue consiste à photographier en plein jour un sujet dont une partie est statique – un bord de mer par exemple – et l’autre est dynamique – les vagues dans l’exemple précédent. Ainsi il est possible d’obtenir une photo agréable à l’oeil et sortant du cadre bien établi consistant à avoir tout le sujet bien net. Certains photographes sont spécialistes de cette technique, l’un des plus connus actuellement étant Michael Kenna. Plus proche de nous, nous avons présenté récemment le travail de Patrick Dagonnot sur le site Chambre noire. Patrick nous a d’ailleurs gratifié d’un excellent dossier sur la pose longue.

Pose longue et filé

guide pratique comment réaliser un filé en photo

Photo (C) Olivier Comment

Une variante de la pose longue consiste à utiliser un temps de pose plus long que de coutume tout en suivant un sujet mobile – une voiture par exemple. Cette technique, dite du filé, permet de figer le sujet en mouvement tout en floutant l’avant et l’arrière-plan. Le résultat est généralement agréable si la vitesse est correctement choisie et le mouvement bien étudié. Vous pouvez retrouver un article sur la technique du filé dans la liste de nos tutoriels.


Comment faire de la pose longue, le guide complet

Faire de la pose longue est une pratique qui attire bien des photographes mais suscite également bien des interrogations. Pour vous aider à bien démarrer, j’ai demandé à Patrick Dagonnot qui a collaboré avec moi sur plusieurs sujets dont le magazine La Chaîne Photo, de partager son savoir-faire.

Ceux qui ont assisté à ses présentations pendant le Salon de la photo ont pu voir le succès rencontré par Patrick. SI vous avez manqué ces conférences, voici la synthèse de tout ce qu’il faut savoir pour faire de la pose longue.

Comment faire de la pose longue, le guide complet

A partir d’ici, c’est Patrick Dagonnot qui vous explique la technique de la pose longue.

La pose longue en photo : la préparation

Quel format de fichier choisir ?

En pose longue, vous ne recherchez pas la vitesse, vous devez prendre votre temps et surtout chercher le rendu le plus qualitatif possible, donc faites le choix du format RAW qui vous apportera la plus grande latitude de traitement après la prise de vue.

Balance des blancs

Grâce au format RAW, vous pourrez ajuster la balance des blancs en post-traitement. Lors de la prise de vue, réglez-la sur automatique.

Réduction de bruit en pose longue

Votre appareil photo est équipé d’une fonction de réduction de bruit en pose longue, à distinguer de la réduction de bruit à la sensibilité. Voici pourquoi.

En pose longue, le capteur d’un reflex génère du bruit numérique lorsqu’il est sollicité pendant une certaine durée, sa température augmente. C’est le cas sur les hybrides aussi dont le capteur image sert de capteur autofocus et est donc d’autant plus sollicité. Ceci n’a aucune conséquence sur la durée de vie du capteur, sur les caméras vidéos il est utilisé sans cesse sans dommage. Sur votre smartphone aussi.

Pour réduire ou supprimer ce bruit numérique, vous pouvez faire une ou plusieurs photos dans les mêmes conditions que la photo « pose longue » (même temps de pose, mêmes réglages) mais en laissant le bouchon sur l’objectif. Ainsi sur ces photos, il ne reste que le bruit. Puis avec un logiciel de traitement d’image approprié, vous superposez ce « dark » (image noire) sur un calque au dessus de la photo, vous passez en mode « différence », ceci a pour effet de soustraire le bruit relevé sur le dark de la photo d’origine.

Patrick Dagonnot, "Eau, fil du rêve"

© Patrick Dagonnot – www.chambrenoire.fr

De façon plus simple, si votre appareil photo est équipé de l’option réduction du bruit en pose longue, il vous suffit de l’activer et l’appareil fait lui-même le « dark ». Il double alors le temps de pose puis soustrait le dark à votre photo. Vous n’avez pas à le faire vous-même sur l’ordinateur.

Cette méthode, plus simple en apparence, présente un inconvénient : en doublant le temps de pose à la prise de vue, elle rend votre appareil photo indisponible deux fois plus longtemps, pour faire la photo puis le dark. Pour une pose longue de 10 secondes ce n’est pas critique. Pour une pose longue de 5 minutes, votre appareil rester indisponible pendant 10 minutes. Cela peut être handicapant. Activez cette option avant toute séance de pose longue si vous souhaitez l’utiliser, sinon revenez-en à la première méthode qui présente l’avantage de ne monopoliser le boîtier qu’une fois pour le dark (tous réglages égaux par ailleurs).

Sensibilité ISO

Puisque le temps de pose est long et ajustable à volonté, réglez votre appareil sur la plus basse sensibilité possible. Selon le modèle d’appareil photo cela peut être 50, 100 ou 200 ISO. Adopter une sensibilité réduite limite d’autant plus le bruit numérique et favorise la qualité d’image finale.

Réglage de l’ouverture

la plupart des objectifs ont une meilleure qualité d’image pour des valeurs d’ouverture comprises entre f/5,6 et f/8, voire f/11. Il vous faut privilégier ces ouvertures pour obtenir le meilleur rendu. Au delà survient le phénomène de la diffraction qui diminue le piqué de vos photos (ce n’est pas vrai qu’en pose longue). Toutefois il vous faut relativiser la gêne induite par la diffraction. Autant en macro ou en portrait, la perte de piqué peut être vraiment gênante , autant en pose longue, suivant les cas, le résultat peut être tout à fait valable.

Les deux photos ci-dessous, faites en pose longue l’une à f/22  et l’autre à f/25, conservent un piqué très acceptable, tout au moins pour des tirages en 30×40 cm.

Patrick Dagonnot, "Eau, fil du rêve"

© Patrick Dagonnot – www.chambrenoire.fr – f/22 – 210 sec.

Patrick Dagonnot, "Eau, fil du rêve"

© Patrick Dagonnot – www.chambrenoire.fr – f25 – 144 sec.

La pose longue en photo : le matériel

Vous n’avez pas besoin de disposer d’un matériel photo professionnel pour faire de la pose longue. Il vous suffit d’avoir le minimum requis pour faire vos premières photos.

Un appareil photo permettant la pose T

La pose T est un mode qui permet de déclencher l’ouverture et la fermeture de l’obturateur manuellement : vous appuyez une première fois pour ouvrir, une seconde pour fermer. L’intervalle de temps entre ces deux appuis définit le temps de pose. Cette option de l’appareil photo nécessite de préférence l’emploi d’une télécommande non fournie avec l’appareil. Selon le modèle de boîtier, vous pouvez aussi utiliser l’application mobile associée, comme SnapBridge chez Nikon.

Un trépied

Choisissez un modèle solide et assez lourd, le poids étant le garant d’une bonne stabilité de l’ensemble. Une solution consiste à choisir un modèle dont l’embase de la colonne supportant l’appareil est munie d’un crochet permettant d’y accrocher son sac photo (voir par exemple le trépied Leofoto).

Des filtres à densité neutre (Neutral Density)

Afin de faire de la pose longue en pleine journée, il vous faut impérativement, pour diminuer la quantité de lumière entrant dans l’appareil, visser des filtres ND (Neutral Density) sur l’objectif. Ces filtres n’altèrent pas le contraste de la scène photographiée, comme vous pouvez le voir sur l’exemple ci-dessous. Apparaît tout juste une légère dominante rosée sur la photo avec filtre montrant par ailleurs que ces filtres ne sont pas totalement neutres. Ces dérives sont facilement récupérables en réglant la balance des blancs sur n’importe quel logiciel de traitement d’image.

Comment faire de la pose longue, le guide complet

© Patrick Dagonnot – www.chambrenoire.fr

Ces filtres sont souvent notés des deux lettres ND suivies d’un numéro. Ce nombre désigne le degré d’opacité du filtre et correspond à la valeur multiplicatrice du temps de pose. Vous pouvez cumuler jusqu’à deux filtres, au-delà, vous aurez un vignettage marqué. Quand vous utilisez deux filtres, leur valeur respective se multiplie :

  • un filtre ND8 et un filtre ND 1000 associés multiplient le temps de pose par 8.000 (8 x 1.000)
  • deux filtres ND 1000 multiplient le temps de pose par 1.000.000 (1.000 x 1.000)

Nous verrons plus loin comment calculer le temps de pose.

Des accessoires pratiques

Le matériel qui suit n’est pas à proprement parler indispensable mais peut se révéler appréciable pour une pratique régulière :

  • une calculatrice, un modèle simple qui vous permet de réaliser les divisions et conversions nécessaires pour calculer le temps de pose,
  • un chronomètre, un modèle simple suffit.

Votre smartphone peut servir de calculatrice et de chronomètre, attention toutefois à en garder la batterie chargée sans quoi vous perdrez l’usage de toutes ses fonctions.

  • une batterie supplémentaire pour votre appareil photo.

Quand votre appareil reste en pose pendant une dizaine de minutes, votre batterie travaille en arrière-plan afin de fournir au capteur l’énergie nécessaire pour capturer la lumière de la scène. La batterie se décharge rapidement . Si vous souhaitez poursuivre votre séance, prévoyez des batteries supplémentaires.

  • un chargeur allume-cigare

Cet accessoire vous permet de recharger vos accus en voiture et de poursuivre sereinement vos prises de vue (par exemple le chargeur Chargeur Pro Cube 2 Hähnel).

  • un treillis ou une veste chasseur pleine de poches, pour tout avoir à portée de main.

Enfin dernier conseil : la photo, plus encore en pose longue, est une pratique assez statique. Si vous faites une séance de bon matin, prévoyez des vêtements chauds.

La pose longue en photo : comment calculer l’exposition

Voyons le détail du calcul de l’exposition pour une pose longue en prenant pour exemple la photo ci-dessous réalisée sur la côte atlantique.

Comment faire de la pose longue, le guide complet

© Patrick Dagonnot – www.chambrenoire.fr

La mesure de lumière sans le filtre avec une ouverture à f/9 me donnait 1/10e s.

J’ai décidé d’utiliser deux filtres, un ND8 et un ND1000, qui me permettaient de multiplier le temps de pose par 8.000. Cette valeur sera adaptée en fonction du ou des filtres que vous utiliserez. Pour un ND400, vous multiplierez par 400, pour un ND400 et un ND8, vous multiplierez par 3.200, etc.

Ici, ça nous donne le calcul suivant : 8000 x 1/10=800 secondes

Il ne reste plus qu’à effectuer une conversion en minutes -secondes. Divisez 800 par 60, vous obtenez 13,33 (d’où l’intérêt de la calculatrice). La valeur entière (13) correspond aux minutes. En revanche, il faut multiplier la valeur décimale (0,33) par 60 pour obtenir les secondes : 0,33 x 60 = 19,8.

On obtient un temps de pose total de 13 min 20 sec.

La pose longue en photo : la prise de vue

Ça y est, vous êtes sur le lieu de prise de vue et les conditions sont idéales. Comment procéder ?

Avant toute chose, votre appareil doit être monté sur le trépied, vous éviterez ainsi de faire une mauvaise manip et de le faire tomber.

  • posez votre trépied,
  • faites votre cadrage,
  • faites la mise au point (en manuel ou en autofocus, peu importe).

Une fois la mise au point effectuée, désactivez l’autofocus de façon à ce que le boîtier ne change plus la valeur fixée.

Cette première étape passée, réglez votre ouverture tel que précisé plus haut puis faites une mesure de lumière. À ce stade, je vous conseille de faire une photo test sans les filtres afin de vérifier que la mesure de votre appareil ne se trompe pas (il serait dommage de faire une pose de 10 minutes pour s’apercevoir au bout du compte que votre ciel est cramé à cause d’une mauvaise mesure de lumière). Suivant ce que donne la photo test, faites les ajustements nécessaires afin d’obtenir une photo correctement exposée.

Vous avez maintenant le couple temps de pose / ouverture de référence. Calculez maintenant le temps de pose réel à l’aide des formules ci-dessus. Passez votre appareil en pose T (si vous ne savez pas comment faire, je vous renvoie au mode d’emploi de votre appareil). Vissez ensuite délicatement sur votre objectif le ou les filtres ND. Si vous en mettez deux, vissez d’abord les filtres ensembles, puis vissez le tout sur l’objectif. Ne serrez pas, faites juste un demi ou trois- quart de tour. Ajustez enfin le pare-soleil sur l’objectif sans le verrouiller.

Vous voilà prêt à déclencher. Prenez votre chronomètre, votre télécommande et appuyez en même temps sur les deux. Au bout du temps défini aux étapes précédentes, appuyez à nouveau sur la télécommande pour fermer l’obturateur et voilà votre première photo en pose longue réalisée.

La pose longue en photo : à vous !

Maintenant que vous avez les clés en main, il ne vous reste plus qu’à passer à l’action.

J’ai bien sûr traité ici de la prise de vue uniquement. La partie « traitement de la photo » est tout aussi importante, mais c’est une autre histoire …

Bonnes photos !
Patrick Dagonnot, "Eau, fil du rêve"

Un grand merci à Patrick Dagonnot pour le partage de ses connaissances. Sa série « Eau, fil du rêve » a été exposée, en savoir plus.

Pour en savoir plus, vous pouvez vous procurer le guide de la pose longue par Christophe Audebert :

Ce guide chez Amazon

Ce guide à la FNAC


10 exemples de photos de paysages en pose longue

La photo en pose longue est une technique qui permet d’obtenir des images au rendu doux et vaporeux, et qui ne demande pas d’équipement particulier, mais juste beaucoup de patience.

Voici des exemples de photos de paysages en pose longue pour vous donner un aperçu de ce que cette technique peut vous aider à produire comme images.

exemples de photos de paysages en pose longue

La photographie de paysages en pose longue

Pour photographier des paysages en pose longue, il vous faut :

  • un appareil photo permettant de régler manuellement le temps de pose,
  • un trépied pour éviter que le boîtier ne bouge pendant la prise de vue,
  • beaucoup de patience pour faire vos essais et recommencer.

La pose longue, en effet, c’est un temps de pose qui peut varier de quelques dizaines de secondes à plus de 15 mns.

Lors des nombreuses conférences présentées au Salon de la Photo, j’ai eu le plaisir d’accueillir plusieurs photographes qui excellent en photographie de paysages en pose longue. Vous avez peut-être suivi, par exemple, l’exposé de Patrick Dagonnot qui maîtrise cette technique. Découvrez ses photos en pose longue extraites de l’expo Eau, fil du rêve.

eau fil du reve Patrick Dagonnot

Eau, fil du rêve (C) Patrick Dagonnot

Des exemples de photos de paysages en pose longue

Afin de vous familiariser avec la pose longue, voici d’autres exemples de photographies de paysages. Vous pouvez consulter également le dossier spécial pose longue et vous procurer le guide de la pose longue pour bien démarrer.

Zen – Pose longue – Maine, Angers

Zen - Pose longue - Maine, Angers

Long time @Cap Dramont

Long Time @Cap Dramont

Elgol

Elgol Long Exposure

St. Helen’s Pier

St. Helen's Pier

Gone in 60 seconds

Gone in 60 seconds ...

Misty Waters

Misty Waters

Storms at Sea

Storms at Sea B&W

Out to Sea

Out to Sea

La torche

La Torche

Forresters study # 6

Forresters study # 6

A vous …

Vous faites de la pose longue vous-aussi ? Quels sont les conseils que vous donneriez aux plus débutants ?


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