Sigma 135mm f/1.8 DG HSM Art : téléobjectif à grande ouverture non stabilisé
Sigma annonce un nouveau téléobjectif à grande ouverture dans sa gamme Art, le Sigma 135mm f/1.8 DG HSM.
Ce téléobjectif à focale fixe est destiné aux boîtiers plein format en monture Nikon et Canon. Il devrait répondre aux besoins des portraitistes utilisant un capteur riche en pixels, l’absence de stabilisation les pénalisera moins que les adeptes du reportage.
Ce Sigma 135mm f/1.8 DG HSM peut en effet être ajusté avec le dock Sigma et bénéficier du programme de changement de monture (de Canon à Nikon par exemple).
Sigma 135mm f/1.8 DG HSM : caractéristiques
C’est le point fort de la série Art : une qualité optique digne des meilleures productions du moment chez les différents opticiens. Ce Sigma 135mm f/1.8 DG HSM, s’il n’ouvre qu’à f/1.8 alors que Sigma nous a habitués à des ouvertures f/1.4, n’en dispose pas moins d’une formule optique optimisée pour délivrer une grande qualité d’image avec les capteurs jusqu’à 50Mp.
La focale de 135mm couplée à l’ouverture de f/1.8 permet de gérer l’arrière-plan en jouant avec l’effet bokeh. Le diaphragme circulaire à 9 lamelles devrait participer à la réalisation d’images créatives, la compression des plans due à la focale de 135mm aidant.
Le Sigma 135mm f/1.8 DG HSM dispose d’une motorisation autofocus capable de fournir un couple important pour assurer le déplacement des lentilles assurant la mise au point (groupe de focalisation). Sigma précise avoir incorporé un accéléromètre qui détecte l’orientation de l’objectif et adapte la puissance de la motorisation HSM en fonction.
Ce Sigma 135mm f/1.8 DG HSM dispose d’un limiteur de plage de mise au point pour une réponse encore plus rapide de l’autofocus.
La commande de diaphragme est électromagnétique avec la monture Nikon, Sigma ne précise pas la compatibilité avec les différents boîtiers Nikon mais il est logique de penser que c’est la même que celle des optiques Nikon E.
Ce Sigma 135mm f/1.8 fait l’impasse sur la stabilisation optique, une absence que ne manqueront pas de remarquer les adeptes du reportage en basse lumière et que l’ouverture de f/1.8 ne permet pas toujours de compenser.
La marque annonce avoir équipé son Sigma 135mm f/1.8 d’une baïonnette en laiton chromé résistante à la pénétration des poussières et aux infiltrations (ruissellements).
Le Sigma 135mm f/1.8 DG HSM Art avec son paresoleil
Sigma 135mm f/1.8 DG HSM : fiche technique
La fiche technique du Sigma 135mm f/1.8 DG HSM Art comprend :
une formule optique à 13 éléments en 10 groupes
une ouverture minimale de f/16
un diamètre de filtre de 82mm
un angle de champ en 24x36mm de 18.2°
une distance minimale de mise au point de 87.5cm (un peu longue toutefois pour le portrait rapproché)
un diamètre de 91.4mm pour une longueur de 114.9mm
un diaphragme circulaire à 9 lames
un rapport d’agrandissement maximum de 1:5
un poids (important) de 1130g
Sigma ne dévoile pas encore le tarif du Sigma 135mm f/1.8 DG HSM ni sa date de disponibilité.
Source : Sigma
Test du Tamron SP 150-600mm f/5-6.3 G2, 2 semaines sur le terrain avec le téléobjectif Tamron
Les zooms téléobjectifs à longue plage focale sont désormais (presque) monnaie courante. Afin de vous aider à faire votre choix, voici le grand test du Tamron SP 150-600mm f/5-6.3 Di VC USD G2. Vous allez voir que cet objectif ne manque pas d’intérêt face à une concurrence bien réelle (Nikon et Sigma en particulier).
Ce test du Tamron SP 150-600mm a été réalisé par Régis Moscardini du blog Auxois Nature en collaboration avec Nikon Passion. Régis est un photographe qui vous propose de nombreux conseils pour améliorer vos photos animalières, retrouvez-le sur son site.
Test du Tamron SP 150-600mm f/5-6.3 Di VC USD G2, présentation
Un peu d’histoire
Posséder un objectif d’une focale de 150-600 mm, avec une construction sérieuse, un gabarit contenu, un poids raisonnable, une mise au point silencieuse, une stabilisation d’image, à un tarif ne nécessitant pas de braquer une banque ? C’est aujourd’hui possible grâce aux méga-zooms téléobjectifs dont le Tamron SP 150-600mm f/5-6.3 Di VC USD G2 est un digne représentant.
L’arrivée sur le marché de cet objectif fin 2013 a bouleversé la donne. Tamron frappait en effet un grand coup. L’accès aux très longues focales avec une telle amplitude de zoom dans un format relativement compact, et, surtout, à un tarif défiant toute concurrence (1400 EUR) était enfin possible pour de nombreux photographes !
On comprend pourquoi cet objectif a rencontré un grand succès. A sa sortie, l’unique méga-zoom possédant une si grande amplitude focale était le Sigma 300-800 mm à 8000 euros ! Logique donc que le concurrent Sigma ait suivi rapidement.
Fort de ce succès mérité, Tamron propose 3 ans plus tard une nouvelle version de son objectif star. La mention G2 permet de le différencier de la version 1.
On imagine le dilemme dans les équipes Tamron ! Il fallait changer suffisamment d’ingrédients pour justifier la nouvelle version, sans pour autant casser les codes d’une recette efficace.
Notez au passage les trois ans nécessaires pour proposer la nouvelle mouture. Que ça fait du bien de ne pas être inondé de nouveautés tous les ans, voire tous les six mois ! Cette course aberrante à l’innovation faussement technologique et purement mercantile est fatigante. Bravo donc à Tamron d’avoir su rester sage !
Les premiers acheteurs pourront sans mauvaise conscience remiser leur 150-600mm version 1 et s’intéresser logiquement au 150-600mm G2.
Test du Tamron 150-600mm G2, le contexte
J’ai aisément pu me rendre compte des évolutions apportées à cette version G2 pendant mes deux semaines de test du Tamron SP 150-600mm. Seulement deux semaines car je ne suis pas propriétaire de l’objectif.
Grâce au maître des lieux Jean-Christophe, Tamron m’a gentiment accordé le prêt du joujou. Pour un pur photographe animalier comme moi, c’était génial !
Je tiens à préciser qu’aucune consigne ne m’a été donnée par la marque. J’ai reçu le colis par la poste, avec à l’intérieur l’objectif, le contrat de prêt … et c’est tout ! C’est important pour moi que vous sachiez que j’ai littéralement eu carte blanche dans la rédaction de ce test du Tamron SP 150-600mm.
L’intérêt d’une telle plage focale ?
Voici une partie que je n’aurais pas écrite sur mon blog. Mais Jean-Christophe me l’a dit avant de m’accueillir ici : il ne parle (presque) jamais de grandes focales. Alors une mise à niveau s’impose non ?
Entre 75 mm et 1200 mm, un objectif appartient à la catégorie des téléobjectifs.
En pratique, un téléobjectif permet de voir l’image du sujet (pas le sujet lui-même hein, mais bien son image projetée dans le viseur) plus grande qu’avec un grand-angle. Et la scène embrassée par le télé sera plus étroite qu’avec un grand-angle.
Vous noterez qu’il y a plus de 1100 mm d’écart entre 75 mm et 1200 mm. Il est d’usage de segmenter cette grande catégorie de téléobjectifs en trois sous-catégories :
les courts téléobjectifs : de 70 à 100 mm
les moyens téléobjectifs : de 100 à 200 mm
les super téléobjectifs : de 300 à 1200 mm
Entre nous cette segmentation n’est pas essentielle. Personne ne vous tapera dessus si vous dites qu’un 135 mm est un court téléobjectif plutôt qu’un moyen.
D’ailleurs, en tant que photographe animalier, ma pratique de terrain m’amène à scinder la famille des télés en deux. A partir de 300 mm, c’est du téléobjectif apte à l’animalier. En dessous, c’est du téléobjectif pour … isoler un sujet dans environnement (les portraitistes adorent le 70-200 mm pour ça justement).
Bon, et sinon, à quoi ça sert de monter un 600 mm sur son boitier ?
A le rendre plus lourd, plus gros et moins maniable C’est indispensable pour qu’un sujet trop éloigné tienne une place suffisante dans l’image. Une longue focale permet de s’approcher « optiquement » quand vous ne pouvez pas, ou ne voulez pas, vous approcher physiquement.
un 600 mm n’est pas de trop pour photographier le farouche geai des chênes
EXIFS : ISO 360 – 600mm – f/6.3 – 1/800s
C’est précisément le cas en photographie animalière. En France métropolitaine, la faune sauvage est excessivement farouche. Des siècles de pression humaine contraignent les animaux sauvages à se tenir le plus éloignés possible d’homo sapiens sapiens. Il en va de leur survie.
D’autres domaines imposent l’usage des téléobjectifs. Les photographes de sport au bord du terrain ne peuvent tirer le portrait du sportif en plein action qu’avec des super téléobjectifs (regardez les optiques utilisées à Roland-Garros).
L’autre avantage d’utiliser ces longues focales est de bénéficier de leur faible profondeur de champ. C’est idéal pour isoler un sujet d’un fond disgracieux par exemple.
Test du Tamron SP 150-600mm, le père et la fille parfaitement isolés du fond disgracieux
EXIFS : ISO 1100 – 460mm – f/8 – 1/640s
Autre atout : la compression des plans
Il suffit de photographier un paysage pour s’en rendre compte. Tous les plans de la scène semblent être rapprochés les uns des autres. Cela change des habituels paysages pris au grand angle.
Test du Tamron SP 150-600mm, à 300 mm un paysage prend une autre dimension
EXIFS : ISO 100 – 320mm – f/11 – 1/640s
Différences entre le Tamron 150-600 G1 et le Tamron 150-600 G2
Trois années dans la vie commerciale d’un objectif, c’est peu. Tamron aurait donc très bien pu procéder à des modifications mineures entre les deux versions.
Et bien non. La montée en gamme est réelle.
Le premier changement notable est esthétique
Tout d’abord, l’objectif bénéficie de la mention SP. Chez Tamron, cet acronyme signifie Super Performance : le haut de gamme du constructeur.
Cela se traduit par une finition métal noir mat du plus bel effet et un design modernisé. Disons épuré. On ne choisit pas un objectif pour son design mais cet aspect est particulièrement soigné par Tamron sur le G2.
Les efforts ont également porté sur la partie optique
Il y a toujours trois verres LD (Low Dispersion) chargés de réduire les aberrations optiques dont le chromatisme. Mais des traitements supplémentaires ont été appliqués pour optimiser la transmission de la lumière et limiter les défauts optiques.
La formule optique est passée de 20 à 21 éléments avec pour principale conséquence une réduction de la distance minimale de mise au point. Elle est à présent de 2,1m au lieu de 2,7m. Quel gain dans le confort d’utilisation !
Jusqu’à justifier le passage de la version 1 à la version 2 ?
Pour certaines usages, oui, sans aucun doute. Je pense aux adeptes de la proxi-photographie.
Les performances de l’autofocus ont également été revues à la hausse. Tamron l’annonce comme plus précis et plus rapide.
La fonction de stabilisation optique est un des plus gros progrès apportés par le G2. Là où l’ancienne version se limitait à son activation ou sa désactivation (un mode binaire), celui-ci propose trois modes de stabilisation. Le mode 1, le mode 2 et le mode … 3 !! Je détaille l’intérêt de ces 3 usages plus loin dans ce test du Tamron SP 150-600mm, dans la partie Stabilisation.
Autre avancée notable : la possibilité avec le 150-600 mm G2 d’utiliser les multiplicateurs de focale 1,4x et 2x de la marque. Sur le G1, c’est impossible (la lentille arrière bute sur le multiplicateur). Les photographes frustrés par cette limitation sur le 150-600 G1 ne le seront plus !
Et le tarif ?
En 2013, le prix de lancement du 150-600 version 1 était de 1400 euros. Le G2 fut annoncé en septembre 2016 à 1999 euros. Quelques mois plus tard, le prix est tombé à 1450 euros. Dans le même temps, le G1 est toujours en vente à 900 euros.
Les 550 euros d’écart entre l’ancienne version et la nouvelle sont-ils justifiés ? Oui. Je détaille ma réponse plus bas.
Qualité de fabrication – Design
Permettez-moi une analogie avec le design des marques automobiles.
On est tous capable de distinguer les différentes marques de voitures sur un parking . Sans avoir à regarder le logo ou le nom. Sans même s’en rendre compte. La forme du véhicule suffit !
Les fabricants d’objectifs donnent l’impression depuis quelques temps de tendre vers ça. Ils aimeraient qu’on se dise, juste en voyant l’aspect de l’objet, « ah, ça c’est un Tamron, ça se voit tout de suite ».
Pour y parvenir, certains fabricants vont plus loin que le simple ajout d’un liseré de couleur autour du fût. C’est le cas de Tamron qui adopte désormais un style propre. Les nouveautés de la marque répondent à un cahier des charges poussé en matière de design.
Quelques mots viennent à l’esprit : épuré, classe, sobre. C’est tout sauf un hasard. La marque a bien compris que les performances optiques ne pouvaient pas à elles seules déclencher l’achat. Le client est humain : il fonctionne aussi au coup de cœur. A l’émotion.
Le soin apporté à la fabrication et au design du G2 a fait un bon en avant. Il reprend évidemment les nouveaux standards stylistiques initiés sur des optiques comme le 35 mm f/1.8 Di VC USD.
Le G1 prend un sacré coup de vieux !
Tout est parfaitement assemblé, les matériaux utilisés sont d’excellentes qualité. Cet objectif respire le sérieux.
C’est important pour un tel zoom. L’usage auquel il est destiné n’est pas celui d’un studio photo confortable. C’est tout le contraire. Le 150-600 mm G2 est amené à évoluer à l’extérieur. Temps humide, poussière, sable, froid, il est conçu pour encaisser sans broncher des conditions difficiles.
Vous apprécierez la construction solide pour toutes les phases de manutention. Car il sera transporté, souvent, manipulé, toujours.
Ce Tamron peut affronter toutes ces situations sans aucun problème. Retenez que ce Tamron SP 150-600mm G2 est bien né, bien construit.
Prise en main – Ergonomie
Vous l’avez compris, Tamron a bien bossé sur le design. Ici aussi, le G2 met une belle claque à son prédécesseur.
Premier élément : les bagues de mise au point et de zoom. La matière utilisée est agréable au toucher. Ça accroche bien sous les doigts. La texture est rainurée, pas de risque de dérapage.
Bague de mise au point
C’est la plus fine des deux. Elle mesure 1,5 cm de large. Ça semble trop fin, surtout comparé à l’autre bague, mais à l’usage, c’est suffisant. La retouche manuelle du point se fait facilement. Il faut 1/4 de tour pour aller d’un bout à l’autre de la course. Même s’il y a une sensation de butée en bout de course, je l’aurais préférée plus marquée. En hiver, avec des gants, on finit pas ne plus trop savoir si on est en bout de course ou pas.
J’ai trouvé la rotation de cette bague manquant d’onctuosité. Sur le modèle testé, j’avais la sensation d’un frottement de plastique contre plastique. Un peu comme si ça manquait de lubrifiant.
Bague de zoom
Elle est large et tombe ainsi parfaitement sous la main. Même avec des gants bien épais, la bague se manipule facilement. Je n’ai pas noté de point dur. Juste le départ à 150 mm un peu plus dur que le reste, mais dès 300 mm, ça tourne parfaitement. C’est fluide, onctueux, la résistance est dosée comme il faut. Vous n’aurez pas l’impression d’actionner tous ces verres à l’intérieur !
Tamron a bien fait de mettre une bague large, caoutchoutée et rainurée. C’est par elle que la main gauche tient l’objectif à main levée. Bon point donc.
Le sens de rotation se fait de la gauche vers la droite pour zoomer et un peu moins d’1/2 tour est nécessaire pour passer de 150 à 600 mm. Cette course est parfaite sur trépied. On parcourt la plage focale en un tour de main. Le passage d’un extrême à l’autre se fait en un coup. De même, ajuster finement le cadrage est facile.
Mais j’insiste : sur trépied !
À main levée, c’est une autre histoire.
Ce type d’objectif est lourd. Sans support, vous n’avez qu’une seule façon de bien tenir l’ensemble : saisir le reflex avec la main droite et l’objectif avec la main gauche, sous la bague de zoom.
Tout va bien si vous vous contentez de procéder à des petits ajustements de focale. Par contre, ça devient plus compliqué pour passer directement de 150 à 600 mm. Dans ce cas précis, en position 600 mm, vous vous retrouvez à tenir l’objectif avec la paume de la main gauche vers le bas. Cette position n’est pas tenable.
Rien d’autre à faire que de lâcher le fut pour vite remettre la main gauche en position soutien. Mais pendant ce lâcher, tout le couple est tenu par la seule main droite. Ça ne dure pas longtemps, mais on le sent bien passer !
Ceci dit, devoir traverser toute la plage focale en une fois n’est pas fréquent. En pratique, je devais plutôt faire des ajustements sur des plages focales courtes. Par exemple entre 500 et 600 mm pour trouver le bon cadrage. Ou entre 150 et 300 mm parce que la scène l’imposait.
Pour conclure je dirais que Tamron a trouvé le bon dosage. A condition toutefois d’utiliser l’objectif sur trépied. Mais vous ne pensiez pas faire autrement pas vrai ?!
Les boutons
Les bouton sont positionnés sur le coté gauche. Le maintien de l’objectif se fait avec la main gauche, les boutons tombent pile sous le pouce pour être actionnés. Parfait donc … pour les droitiers !
Le pare-soleil
Il est en plastique et se visse sur l’objectif. Les photographes ayant l’habitude de poser au sol leur téléobjectif sur le pare-soleil devront s’abstenir. En effet, c’est du tout plastique. Une petite bande de caoutchouc au sommet du pare-soleil aurait été appréciée !
J’ai noté que le collier de serrage ne marquait pas de cran lors du changement portrait – paysage. C’est dommage car ce repère sensitif (ça force gentiment) est très pratique quand on a l’oeil rivé sur le sujet.
Système Flex Zoom Lock
Je dois absolument vous parler d’une grosse nouveauté ! Il s’agit du système Flex Zoom Lock. Derrière cette appellation se cache un mécanisme à l’efficacité diabolique.
Une fois activé par un simple glissement de la bague de zoom, la focale ne risque plus de changer intempestivement en cours de prise de vue. En fait, ça n’est pas un réel blocage à 150 mm pour ne pas voir le fut descendre tout seul sous son propre poids. Dès que le Flex Zoom Lock est opérationnel, la bague de zoom oppose une telle résistance qu’il devient très difficile de modifier la focale.
Un très bon point d’autant que ce système est actif à n’importe quelle focale ! Tamron a eu la bonne idée de marquer la bague d’un trait blanc quand le Flex Zoom Lock est actif. Aucun risque de se demander pourquoi cette fichue bague est si dure !
L’autofocus
C’est une des promesses sur le site Tamron : « La vitesse d’autofocus est significativement améliorée et permet une mise au point à grande vitesse précise sur des sujets en mouvement.»
En clair : le 150-600 mm G2 possède un autofocus plus efficace que son prédécesseur. Comment Tamron y est-il parvenu ? En revoyant le logiciel de commande de l’AF notamment (et oui, même dans votre objectif il y a de l’informatique !)
Impossible pour moi de vérifier pendant ce test du Tamron SP 150-600mm G2, je n’ai jamais testé le G1. Tout ce que je peux vous dire c’est qu’apparemment, les tests menés par d’autres photographes confirment les dires de Tamron.
Je vous donne donc mon avis dans l’absolu en prenant ce seul critère : est-ce que l’AF du G2 est efficace dans mon utilisation de photographie animalière ?
Et en partant de ce postulat : un objectif photo possède un bon autofocus s’il répond à ces deux conditions :
il fait la mise au point rapidement,
la mise au point est précise.
Comme je suis la plupart du temps confronté à des sujets vifs comme les passereaux, autant vous dire que j’ai pu facilement vérifier l’efficacité de la mise au point du G2 !
En conditions de lumière satisfaisante, l’AF est redoutable d’efficacité et de précision. Je n’ai jamais noté de décalage de mise au point.
Cette performance est cependant à relativiser dès l’instant où j’étais confronté à trois paramètres :
la quantité de lumière baissait,
le sujet était loin du focus de l’objectif,
je sélectionnais un collimateur excentré.
Dans ces trois cas, l’AF a tendance à mettre plus de temps pour trouver le sujet et l’accrocher. D’autant que l’excellente gestion des hautes sensibilités du Nikon D5 m’autorisait à shooter après le coucher du soleil.
En photographie animalière, il faut ajouter une autre condition rendant un objectif intéressant. C’est sa discrétion. Une mise au point bruyante n’a pas son pareil pour faire fuir un animal sauvage. La motorisation USD (Ultrasonic Silent Drive) Tamron procure un fonctionnement très silencieux. Les photographes animaliers et tous ceux qui ne veulent pas être repérés seront comblés !
Le G2 possède un bouton permettant de choisir la plage de mise au point :
choix 1 : sur toute la plage disponible de 2,2 m à l’infini,
choix 2 : de 2,2 m à 10 m,
choix 3 : de 10 m à l’infini.
Cette fonctionnalité est intéressante pour réduire le phénomène de pompage bien connu (et agaçant) des objectifs ! Si vous connaissez à l’avance l’endroit où faire la mise au point, et si le sujet ne sort pas de cette zone, il ne faut pas s’en priver.
Par contre soyez conscient que c’est une source d’erreur en plus … Il m’est arrivé de laisser le commutateur sur la position de 10 m à l’infini et de ne pas comprendre pourquoi cette fichue mise au point ne voulait pas se faire sur la mésange à 5 m de moi !
Première conclusion
Les photographes d’action et de nature seront comblés par l’AF du Tamron très performant, mais qui se montre un peu plus hésitant si la lumière est manquante et avec un collimateur excentré.
EXIFS : ISO 4000 – 450mm – f/14 – 1/3200s
La stabilisation
Tamron a ajouté 3 modes de stabilisation au 150-600 mm G2.
MODE 1
C’est celui du G1. La stabilisation est opérée sur deux axes. C’est le mode standard que l’on choisira dans la majorité des situations.
MODE 2
Nouveauté ! Ce mode est destiné aux prises de vue en filé. Conçu pour un sujet en mouvement suivi par le photographe. Un seul axe est actif.
MODE 3
C’est le mode extrême pour les situations les plus exigeantes. Gain de 4,5 stops.
En plus de cette nouveauté, l’efficacité de la stabilisation du Tamron 150-600 mm G2 est améliorée par rapport au G1. La marque annonce jusqu’à 4,5 stops. C’est un sacré argument pour le photographe d’autant que l’ouverture maximale à 600 mm est plutôt fermée (f/6.3) comparé à d’autres téléobjectifs.
Ainsi, sauf à avoir beaucoup de lumière ou la possibilité de monter haut en ISO, se reposer sur une stabilisation efficace est primordial. A condition qu’elle soit efficace !
Alors, celle du 150-600mm f/5-6.3 Di VC USD G2 l’est-elle ?
Une image (pour le coup une vidéo) valant mille mots, voici mon test effectué en mode Live View.
A l’usage, cela permet d’utiliser l’objectif à main levée en ayant l’esprit plus tranquille. Vous devez connaitre cette règle : la vitesse d’obturation doit être au moins égale à la valeur de la focale. A 600 mm, atteindre 1/600ème de sec. n’est pas toujours faisable. La stabilisation offre ce confort : pouvoir continuer à shooter même si la vitesse est « théoriquement » insuffisante.
Un autre intérêt de la stabilisation concerne la facilité de cadrage. Si vous avez déjà mis l’oeil dans un viseur couplé à un 600 mm, vous avez pu vous rendre compte que sans trépied, ça bouge beaucoup. C’est un fait : plus le grandissement est élevé, plus les micro-tremblements du photographe sont amplifiés. La stabilisation annule en grande partie ces petits secousses. La vidéo le montre très bien.
Alors ? Cette stabilisation améliorée remplit-elle son but ? Oui.
Certains photographes prétendent obtenir un grand nombre de photos nettes à des vitesses de 1/30 s. Le savoir faire entre en ligne de compte. Mais en tout état de cause, le stabilisateur, ça marche !
Test de la stabilisation du Tamron 150-600mm sur Nikon D5
La qualité d’image
Peut-être la partie la plus attendue non ?
Vous vous en doutez, vous ne trouverez pas dans ce test des mesures de laboratoire. J’ai uniquement appuyé mon avis sur mon ressenti. Ça peut vous paraitre simpliste. Pourtant, c’est aussi sur votre ressenti que vous baserez votre satisfaction.
Je me suis attaché à prendre des photos, sans changer mes habitudes de travail. Avec juste comme point de repère en qualité d’image mon Pentax K3 couplé au 300 mm f/4 de la même marque. Pourquoi ce jalon ? Parce que ce duo me comble depuis des années ! La qualité d’image est excellente.
J’entends quoi par « qualité d’image » ?
Faisons simple. C’est la capacité de l’objectif, avec une vitesse suffisante et une mise au point parfaite, à délivrer une photo nette, précise, propre. Certains résumeront ça en « piqué ».
Le 150-600 mm G2 m’a donné entière satisfaction. Mon cadre de référence étant un 300 mm focale fixe, c’est donc un super compliment ! A aucun moment je me suis dit « le Tamron est un cran en-dessous par rapport à mon 300 mm ».
Pourtant, avec ces plages focales extrêmes, on pouvait en douter ! En effet, les objectifs à focale fixe sont structurellement meilleurs que leurs homologues à focale variable. Malgré cet « handicap » de nature, le 150-600 mm délivre des images à la qualité remarquable dans sa gamme de prix.
Est-il meilleur à f/8 qu’à f/5.6 à 150 mm ? Est-il meilleur à f/8 qu’à f/6.3 à 600 mm ? Oui, dans ces deux cas, les tests poussés montrent que le Tamron donne-le-meilleur-de-lui-même à f/8.
Vous voulez mon avis ? On s’en fiche.
Je photographie 95 % du temps dans des conditions lumineuses difficiles. 95 % du temps je règle mon ouverture au maximum. Sans me dire « ah oui, mais si j’ouvre à fond, je vais perdre un peu en netteté sur les bords de l’image ». Mon intérêt est de faire entrer le plus de lumière possible sur le capteur. Exit donc les verdicts des images testées cropées à 100 %.
D’autant que les logiciels de retouche d’images permettent en un clic de corriger les défauts connus des objectifs ! Sérieusement, s’il le faut, ouvrez le plus possible. Ne vous cassez pas la tête.
test du Tamron SP 150-600mm – EXIFS : ISO 3600 – 150mm – f/7.1 – 1/1250s
EXIFS : ISO 3600 – 200mm – f/7.1 – 1/1250s
EXIFS : ISO 3600 – 300mm – f/7.1 – 1/1250s
EXIFS : ISO 3600 – 420mm – f/7.1 – 1/1250s
EXIFS : ISO 3600 – 500mm – f/7.1 – 1/1250s
EXIFS : ISO 3600 – 600mm – f/7.1 – 1/1250s
L’esthétique du flou d’arrière plan
La force d’un flou d’arrière-plan dépend de plusieurs facteurs. Dont la longueur focale et l’ouverture du diaphragme. Ainsi, utilisé à 600 mm et à pleine ouverture, le G2 offre un flou d’arrière plan très marqué. Votre sujet sera mis en valeur par l’effacement des détails du fond. Les 9 lamelles utilisées dans l’objectif délivrent un flou esthétique.
Le 150-600 mm G2 Tamron vous comblera par sa qualité d’image. Et n’oubliez pas qu’il coûte moins de 1500 euros !!! Clairement, il ne rivalise pas avec un 500 mm f/4 Nikon. Mais vous connaissez le prix de celui-ci ?
EXIFS : ISO 360 – 600mm – f/6.3 – 1/800s
EXIFS : ISO 1600 – 420mm – f/14 – 1/1600s
Test du Tamron SP 150-600mm : verdict
Vous avez la version 1 du 150-600 mm
Devez-vous le revendre et dépenser 1500 euros pour le G2 ? Je dirais oui.
L’évolution matérielle est significative : meilleure construction, meilleure finition, meilleure esthétique, plus de fonctionnalités, meilleure stabilisation, meilleur AF et qualité d’image toujours aussi bonne.
Vous n’avez pas encore de zoom téléobjectif et vous ça vous tente
Photographier la nature sauvage ou des sujets distants vous tente ? Alors c’est une porte d’entrée idéale dans le monde des super-téléobjectifs. Vous ne pouvez pas être déçu avec cet objectif polyvalent, relativement compact et maniable, bien construit, à la qualité d’image excellente, pour un tarif hyper compétitif.
Merci à Régis Moscardini du blog Auxois Nature pour la réalisation de ce test en collaboration avec Nikon Passion. Régis est un photographe animalier qui vous propose de nombreux conseils pour améliorer vos photos animalières, retrouvez-le sur son site.
Tamron 10-24mm f/3,5-4,5 Di II VC HLD, zoom ultra grand-angle pour reflex APS-C
Tamron annonce la mise à jour de son zoom super grand-angle pour reflex APS-C, le Tamron 10-24mm f/3,5-4,5 Di II VC HLD.
Ce zoom dont la plage focale équivalente en plein format est de 16-37 mm est une belle évolution de la première version datant de 2008.
Zoom Tamron 10-24 mm f/3,5-4,5 Di II VC HLD
Tamron 10-24mm f/3,5-4,5 Di II VC HLD, présentation
Ce zoom Tamron 10-24mm fait comme son grand-frère annoncé le même jour, le Tamron 70-200mm G2 f/2.8, il reprend les nouveaux standards de la marque en matière de design, de présentation et d’ergonomie.
Tamron a pris soin d’inclure dans cette nouvelle version ses meilleures technologies afin de proposer un zoom de reportage idéal également pour la photo de rue et – surtout – la photo de paysage.
Une plage focale très étendue
Le Tamron fait jeu égal avec le Nikon 10-24mm en matière de plage focale (équivalent 16-37 mm en plein format), le modèle Nikon n’étant toutefois pas stabilisé. Couvrant à la fois l’ultra grand-angle et le grand-angle, cette plage focale vous permet d’envisager la photo de paysage et le reportage. Mais aussi la photo d’architecture urbaine comme la photo de rue.
Une formule optique entièrement revue
Ce zoom Tamron 10-24mm propose une toute nouvelle formule optique composée de 16 éléments en 11 groupes. Cette formule optique fait appel à des lentilles en verre LD (Low Dispersion), en verre XLD et elle incorpore également un verre asphérique et un verre hybride asphérique.
Ces caractéristiques optiques permettent au Tamron 10-24mm de présenter -selon la marque – un niveau d’aberrations chromatiques très faible sur l’ensemble de la plage focale. Toujours selon la marque les nombreuses déformations dues aux courtes focales sont particulièrement bien corrigées.
En complément, cette formule optique fait appel au traitement Tamron BBAR (Broad-Band Anti-Reflection) qui réduit les reflets (très fréquents en grand-angle) ainsi que les effets d’images fantômes et le flare.
Stabilisation VC 4IL
Zoom Tamron 10-24 mm f/3,5-4,5 Di II VC HLD – stabilisation Tamron VC
La stabilisation est importante avec les longues focales pour réduire les risques de flou de bougé. En grand-angle et ultra grand-angle ce risque est réduit mais les objectifs à courte focale sont de plus en plus souvent équipés de systèmes de stabilisation à la demande des utilisateurs.
C’est le cas de ce Tamron 10-24mm qui vous permet donc de faire des photos en basse lumière tout en utilisant des temps de pose longs évitant de trop monter en ISO. Tamron a logé son système VC dans ce 10-24mm sans contrepartie sur la compacité, les proportions de la précédente version dépourvue de stabilisation sont conservées.
Mise au point autofocus HLD
Zoom Tamron 10-24 mm f/3,5-4,5 Di II VC HLD – motorisation Tamron HLD
Le Tamron 10-24mm embarque le nouveau système de motorisation autofocus Tamron HLD (High/Low Torque Modulated Drive Motor) spécialement développé selon la marque pour cet objectif.
Ce système autorise un contrôle de mise au point très fluide de même que la très classique retouche manuelle du point.
Ergonomie et protection
Zoom Tamron 10-24 mm f/3,5-4,5 Di II VC HLD – joints d’étanchéité
Ce type d’objectif est en concurrence directe avec les focales fixes en terme de poids et d’encombrement, mais sa plage focale forcément plus étendue lui permet d’avoir les faveurs des amateurs de reportage. Tamron annonce avoir travaillé la répartition du poids pour donner un meilleur équilibre à son zoom 10-24mm et séduire d’autant plus les photographes désireux de passer de la focale fixe au zoom grand-angle.
Le Tamron 10-24mm reste très compact avec une longueur maximale de 8,5 cm et un poids de 450 gr (8,7cm et 460 gr pour le 10-24mm Nikon).
Ce zoom bénéficie également d’un traitement à la fluorite sur sa lentille frontale. Ce traitement a pour effet de réduire le dépôt de corps gras ainsi que de favoriser l’écoulement des gouttes de pluie. Vous pourrez sortir sous la pluie sans crainte, d’autant plus que l’optique est équipée de joints spéciaux tous temps.
Diaphragme électronique en monture Nikon
Le Tamron 10-24mm dispose d’un diaphragme électronique qui offre plus de précision en matière d’ouverture et une meilleure répétabilité du réglage d’ouverture (par réduction des effets de repositionnements mécaniques).
Ce principe a toutefois quelques contraintes puisqu’il nécessite un boîtier compatible capable de piloter cette fonction. Dans la gamme Nikon récente, les reflex compatibles sont les Nikon D3100, D3200, D3300, D3400, D5000, D5100, D5200, D5300, D5500, D5600, D7000, D7100, D7200, D300 et D300s, D500.
Tamron 10-24 mm f/3,5-4,5 Di II VC HLD, tarif et disponibilité
Le zoom Tamron 10-24mm HLD est disponible dès le 2 mars 2017 en monture Nikon et le 23 mars 2017 en monture Canon.
Son tarif n’est pas encore annoncé, il devra toutefois tenir compte du tarif de 499 euros de la précédente version et de celui du Nikon 10-24mm (non stabilisé, 869 euros couramment constaté).
Source : Tamron
Tamron SP 70-200mm G2 f/2,8 Di VC USD, un zoom téléobjectif en net progrès
Tamron profite du CP+ 2017, le Salon de la Photo au Japon, pour annoncer son nouveau zoom téléobjectif Tamron SP 70-200mm G2 f/2,8 Di VC USD.
Cette nouvelle version du 70-200mm Tamron est une évolution en profondeur du téléobjectif à grande ouverture de l’opticien indépendant. Ce zoom est compatible avec les boîtiers Nikon et Canon.
Tamron SP 70-200 mm f/2,8 Di VC USD G2
Tamron SP 70-200 mm G2 f/2,8 Di VC USD : présentation
Tamron continue de faire évoluer sa gamme d’objectifs compatibles pour les principales marques de boîtiers dont Nikon. Passée d’une offre exclusivement Grand Public (et un peu low-cost il faut bien le dire) il y a quelques années, Tamron adresse aujourd’hui les besoins des photographes plus exigeants souhaitant disposer d’objectifs aussi performants que ceux des fabricants de boîtiers, mais avec un rapport prestation/prix plus intéressant.
Il fallait donc monter en gamme pour Tamron et c’est chose faite depuis le lancement de la série SP. Amorcée avec les focales fixes Tamron 35mm et 45mm et Tamron 85mm, cette nouvelle orientation touche désormais les zooms experts pros dont le récent Tamron 150-600mm G2 et ce nouveau Tamron SP 70-200 mm f/2,8 G2.
Tamron 70-200mm f/2.8 G2, caractéristiques
Le Tamron SP 70-200 mm f/2,8 G2 reprend les caractéristiques de la précédente génération de 70-200mm f/2.8 Tamron, mais apporte de nombreuses évolutions tant en matière de présentation et d’ergonomie qu’en matière de performances optiques pures.
Adoption du design Tamron SP
Selon la marque, ce 70-200mm f/2.8 G2 répond aux demandes des photographes désireux de disposer d’une optique bien construite, agréable à utiliser, esthétique et précise.
La taille du filtre est fixée à 77 mm tandis que l’optique mesure 191,3mm en version Nikon. Le poids total de l’optique est de 1485gr. en version Nikon (1430gr pour le Nikon AF-S 70-200mm f/2.8). L’ouverture minimale est de f/22.
Réduction des vibrations VR 5 stops
Tamron SP 70-200 mm f/2,8 Di VC USD G2 – modes VC
Le système Tamron VC (Vibration Compensation) Tamron atteint un niveau de stabilisation très élevé puisque la marque revendique 5 stops (voir qu’est-ce qu’un Stop).
Cette valeur qu’il conviendra de vérifier lors des tests terrain dépasse les capacités des zooms Nikon et Canon actuels qui se limitent à 4 stops. C’est donc un atout pour ce zoom Tamron qui devrait ainsi favoriser les prises de vues à faible vitesse pour éviter la montée en ISO lorsque la lumière manque.
Ce système Tamron VC propose trois modes de fonctionnement :
Mode VC 1, pour un équilibre judicieux entre stabilité d’image dans le viseur et effets de stabilisation à la prise de vue,
Mode VC 2, dédié à la photographie en filé « panning »,
Mode VC 3, avec priorité à la stabilisation des images capturées au détriment de la stabilisation de l’image dans le viseur.
Autofocus plus rapide et plus précis
Le Tamron 70-200mm f/2.8 G2 dispose d’une motorisation ultrasonique USD (Ultrasonic Silent Drive) qui utilise deux processeurs pour optimiser la vitesse de mise au point et la précision.
Cette technologie devrait permettre à ce zoom Tamron d’être plus performant en AF que son prédécesseur, la retouche de mise au point manuelle reste bien évidemment possible.
Tamron SP 70-200 mm f/2,8 Di VC USD G2 – fixation trépied et collier de pied
Formule optique
La formule optique reprise du précédent modèle évolue avec l’adoption de 23 éléments répartis en 17 groupes. Tamron revendique un effet Bokeh amélioré sur l’ensemble de la plage focale.
Les aberrations chromatiques, plus importantes sur les zooms téléobjectifs, sont contrôlées grâce à l’adoption de verres XLD (eXtra Low Dispersion) et LD (Low Dispersion).
Ce Tamron 70-200mm G2 dispose du traitement de correction eBand (Extended Bandwidth & Angular-Dependency). Il s’agit d’un revêtement multicouches classique couplé à une couche nano-structurée à indice de réfraction extrêmement bas. Ce revêtement eBand permet de diminuer les reflets ainsi que l’effet de flare et les images fantômes.
Mise au point minimale réduite
La mise au point minimale est réduite à 0,95m (1,3m pour le précédent modèle). Le rapport de grossissement est de 1 :6,1.
Construction tropicalisée
Tamron SP 70-200 mm f/2,8 Di VC USD G2 – joints d’étanchéité
Tamron revendique une construction tropicalisée pour son nouveau 70-200mm G2, avec la présence de 9 joints aux endroits les plus critiques et par lesquels saleté, poussière et gouttes d’eau peuvent d’infiltrer.
La lentille frontale est traitée à la fluorine pour réduire le dépôt de gouttelettes d’eau lorsqu’il pleut ainsi que les traces grasses.
Diaphragme électromagnétique pour les montures Nikon
Les utilisateurs de boîtiers Nikon apprécieront de disposer du système de diaphragme électromagnétique (type E sur les objectifs Nikon).
Ce système de commande du diaphragme offre une meilleure précision de l’ouverture et une répétabilité plus grande lors de prises de vue en mode rafale par exemple. Il est compatible avec les boîtiers Nikon D3100, D3200, D3300, D3400, D5000, D5100, D5200, D5300, D5500, D5600, D7000, D7100, D7200, D300, D300s, D600, D610, D700, D750, D800, D800E, D810, D810A, D3x, D3s, D4, D4s, Df, D500 et D5.
Tamron 70-200mm f/2.8 G2, tarif et disponibilité
Le Tamron SP 70-200 mm f/2,8 Di VC USD G2 est disponible à partir de fin février 2017, son tarif est d’environ 1699 euros selon les vendeurs.
Il devra concurrencer le récent Nikon AF-S 70-200mm f/2.8E FL ED VR qui a mis la barre très haut avec des performances en hausse par rapport à la précédente version VR2 (mais un tarif en hausse aussi). La guerre des prix en matière de zooms 70-200mm f/2.8 pourrait bien commencer sous peu !
Source : Tamron
Nikon a eu 100 ans en 2017, retour sur un siècle d’histoire
Nikon et la photo, c’est une histoire qui dure puisque la marque Nikon a eu 100 ans le 25 juillet 2017 très exactement, mais les célébrations de ce siècle d’existence ont démarré en début d’année et se sont poursuivies pendant plusieurs mois. Retour sur une longue histoire dans laquelle il n’y a pas que de la photo.
Nikon a 100 ans, un peu d’histoire
Tout commence par une fusion
L’histoire de Nikon démarre officiellement le 25 juillet 1917. Cette année-là, à la demande du gouvernement japonais qui veut rivaliser avec les entreprises allemandes, les fabricants d’optiques Tokyo Keiki Seisaku Sho et Iwaki Glass Manufacturing fusionnent avec Fujii Lens Seizo Sho.
Le siège de Nippon K.K. à ses débuts au 120 Haramachi, Koishikawa-ku, Tokyo – Photo (C) Nikon Corp.
Ces entreprises leader sur leur marché vont désormais évoluer ensemble sous le nom de “Nippon Kōgaku Kōgyō”. L’entreprise qui ne s’appelle donc pas encore Nikon est une filiale du groupe Mitsubishi, un des principaux groupes industriels japonais.
La production d’optiques Nippon K.K. commence en 1918. Nikon fournit alors principalement du matériel militaire. En 1923 un laboratoire de recherche dédié à l’optique voit le jour, tandis que le premier microscope estampillé Nikon arrive en 1925.
Les années 30 et les optiques Nikkor
A partir de 1932 les optiques Nippon K.K. sont produites sous le nom Nikkor. C’est le nom actuel de la gamme d’objectifs Nikon, d’où les appellations Nikon AF-S Nikkor.
Four de fusion de 500 kg pour la fabrication des optiques Nikon – Photo (C) Nikon Corp.
L’entreprise Seiki Kogaku (qui deviendra plus tard Canon) propose en 1935 le tout premier appareil photo compact 35 mm japonais. Si le boîtier est bien un Canon, l’objectif est conçu et fabriqué par Nippon K.K.. Le mot Nikkor est d’ailleurs gravé sur l’optique.
L’après-guerre et les télémétriques Nikon S
Après guerre les boîtiers télémétriques ont la faveur des photo-reporters qui apprécient leur compacité et leurs performances. Nippon K.K. doit réorganiser ses activités et délaisser le matériel militaire, ce sera les verres de lunettes et la photo !
Concurrent annoncé des marques allemandes, Nippon K.K. propose son tout premier appareil photo, le Nikon I (pour Industrie) en 1948. La gamme sera vite complétée des modèles Nikon S dont la carrière s’arrêtera en 1957 avec l’arrivée du mythique reflex Nikon F.
Nikon S télémétrique – collection Nikon Passion
En décembre 1950, un article du New-York Times met déjà en avant la grande qualité des boîtiers Nikon et des optiques Nikkor utilisées par les photos journalistes américains durant la guerre de Corée.
David Douglas Duncan, photo-reporter de guerre, couvre le conflit coréen et découvre les télémétriques Nikon S qu’il préfère très vite aux Leica : piqué et contraste des optiques ont sa faveur, ses images font la Une du magazine Life, la réputation de Nippon K.K. est établie.
Années 50, la saga des Nikon S
Nikon continue d’innover et introduit en décembre 1953 son premier microscope stéréo de même que le boîtier télémétrique Nikon S2. Ce télémétrique est le premier boîtier 35 mm japonais à disposer d’un levier d’avance rapide du film (le Nikon S dispose d’une simple molette).
Nikon S2 télémétrique – collection Nikon Passion
Le Nikon SP entre dans la légende en 1957. C’est le premier boîtier à disposer d’un système à couplage de motorisation de l’avance du film ainsi que d’un obturateur plan focal en titane.
Nikon F, le reflex en approche
1959 est une année charnière pour Nippon Kogaku qui annonce son reflex Nikon F. Ce boîtier désormais mythique reprend bon nombre de composants du Nikon SP mais apporte la visée reflex et, surtout, la monture F.
La monture F est toujours en usage aujourd’hui, c’est la monture ayant la plus longue durée de vie dans le monde de la photo et qui reste compatible avec les boîtiers et optiques récents. Les optiques Nikkor d’époque sont toujours utilisables sur certains boîtiers Nikon actuels comme le Nikon Df.
Reflex Nikon F Apollo – collection Nikon Passion
Les optiques Nikon, l’ADN de la marque
A la fin des années 50, Nippon K.K. fournit en optiques la marque Zenza Bronica pour ses boîtiers moyen format. La gamme Nikkor (qui vient de passer le cap des 100 millions d’unités produites ces derniers mois) voit arriver trois objectifs inédits en 1962 :
le Nikkor 35 mm f/ 3.5 PC, premier objectif à décentrement pour boîtier 35 mm
le Nikkor 8 mm f/8 fish-eye
le Medical Nikkor 200 mm f/5.6, premier objectif intégrant un flash annulaire pour la photographie rapprochée.
Je suis … sous l’eau
Reflex Nikonos I – Photo et collection Thierry Parent – Nikon Passion
Toujours soucieuse d’étoffer sa gamme de boîtiers et de répondre aux besoins de tous les photographes, Nikon s’approprie le brevet français des boîtiers étanches Calypso en 1963. C’est la naissance de la gamme Nikonos qui va rencontrer un énorme succès en photographie sous-marine.
La NASA veut profiter de ses missions Apollo pour rapporter des clichés de l’espace et de la terre. C’est à Nippon K.K. qu’elle confie le soin de lui proposer des boîtiers compatibles avec les vols spatiaux.
Une version modifiée du Nikon F accompagne chaque vol Apollo. C’est le début de la conquête spatiale par Nikon puisqu’en 1983 plusieurs boîtiers Nikon sont utilisés par les astronautes du Skylab. Et en 2017 Thomas Pesquet utilise des Nikon D4s dans l’ISS.
Des reflex pour tous
La photographie se démocratise dès les années 60 et Nippon K.K. complète sa gamme pro par un modèle moins onéreux mais guère moins performant, le Nikkormat. Les différents modèles de Nikkormat vont accompagner amateurs et experts pendant de longues années avant de céder leur place.
Les progrès de l’électronique en matière de miniaturisation permettent à Nippon K.K. d’intégrer les premiers composants dès la fin des années 70. Dans la gamme Pro le Nikon F3 prend la suite du Nikon F2, c’est le tout premier Nikon à disposer de composants électroniques.
Le Nikon F3AF permet à la marque de mettre au point l’autofocus. Cette innovation sera pleinement officialisée en 1986 avec le F501, premier modèle reflex autofocus largement diffusé.
En 1983, le Nikon FA est le successeur des Nikon FM et FM2 et le premier boîtier Nikon à disposer de la mesure de lumière matricielle.
Reflex Nikon FM2 et FA – collection Nikon Passion
1988 : Nippon Kogaku devient Nikon Corporation
En 1988 la société Nippon Kogaku change de nom pour « Nikon Corporation ».
Nikon Corp. ne s’endort pas sur ses lauriers et annonce l’année suivante le Nikon F4. Ce reflex Pro monobloc est tellement apprécié dès sa sortie par les photographes professionnels comme amateurs qu’il inaugure la mode des listes d’attentes encore en vigueur de nos jours pour les nouveaux modèles numériques.
Nikon n’oublie pas pour autant la photographie sous-marine et lance en 1992 le Nikonos RS, premier reflex étanche autofocus accompagné du zoom Nikkor 20-35 mm dont la plage focale est idéale en sous-marine.
Reflex Nikon F5 – collection Nikon Passion
L’argentique finit en force
La gamme Nikon Pro voit l’arrivée du Nikon F5 en 1996. Avant-dernier Nikon F Pro argentique avant le Nikon F6 (toujours au catalogue), le F5 propose des performances exceptionnelles pour l’époque :
viseur interchangeable
mesure de lumière matricielle couleur
obturateur 1/8000 ème de sec.
mode rafale 8 images/sec. (un film 36 poses dure 4,5 secondes !)
mesure TTL au flash
Le Nikon F5 a introduit bon nombre de modules équipant encore aujourd’hui les reflex numériques Nikon, comme la mesure de lumière matricielle RVB. Il a servi de base à Kodak pour sa gamme numériques Kodak DCS et de modèle pour le plus compact et abordable Nikon F100.
Nikon ne produit plus de boîtiers argentiques amateurs désormais, seul le Nikon F6 reste au catalogue depuis l’arrêt du Nikon FM10 fabriqué sous licence par Cosina.
Le virage numérique et les Nikon D
Après quelques modèles précurseurs lancés au début des années 90 et résultats de l’assemblage de boîtiers Nikon et d’électroniques Kodak, les Nikon E2 et E2s intègrent en 1996 des composants Fuji.
Le virage numérique est réellement pris en 1999 avec la sortie du Nikon D1, premier boîtier professionnel numérique entièrement conçu par Nikon. Le Nikon D1 est loin d’être ridicule malgré un capteur de 2,7 Mp puis 5,3 Mp avec une sensibilité de 1600 ISO, une vitesse d’obturation de 1/16000 ème de sec. et une mesure matricielle couleur issue du Nikon F5.
Nikon D1X – Photo et collection (C) Michel Claude – Nikon Passion
La liste des reflex numériques Nikon ne va faire que s’allonger et la gamme se compléter avec les différents segments que l’on connaît aujourd’hui :
reflex numériques grand public
reflex numériques amateurs
reflex numériques experts
reflex numériques pros
Cette gamme reflex est complétée d’une gamme de compacts Nikon Coolpix fortement concurrencée par les smarphones désormais. La gamme Nikon One regroupe des modèles hybrides : compacts à objectifs interchangeables et monture Nikon CX comme le Nikon 1 J5.
En 2016 Nikon a lancé une gamme de caméras d’action, KeyMission, afin de proposer une expérience utilisateur complète en photographie comme en vidéo.
Les scanners Nikon
Nikon a lancé une gamme de scanners films et diapositives, les Nikon Coolscan, dès 1988.
Les modèles les plus performants, Coolscan LS-4000 ED et Coolscan LS-5000 ED, pouvaient recevoir un chargeur de diapositives ou un dérouleur de film en bande pour accélérer la numérisation de lots importants de diapositives et de films argentiques.
Scanner Nikon Coolscan IV ED – collection Nikon Passion
Le Coolscan 9000 ED offrait lui la possibilité de traiter les films Kodachrome au moyen d’un logiciel dédié afin de supprimer, dès la numérisation, les poussières et rayures.
Le logiciel Nikon Scan pilotant ces scanners n’est plus supporté depuis 2007, cet arrêt a signé le retrait du marché des scanners par Nikon, la série Nikon Scantouch (scanners à plat) n’ayant pas connu le succès escompté face à une concurrence importante des fabricants de périphériques pour ordinateurs.
Nikon Sport Optics
Nikon propose de longue date une gamme complète de jumelles, de longues vues, de télémètres laser, de lunettes de tir et de microscopes de terrain dédiées aux activités Sports et Nature. Regroupés au sein de la gamme Sport Optics, ces équipements reprennent les caractéristiques propres à la marque en matière de conception optique.
La gamme Nikon Sport Optics – Photo (C) Nikon Corp.
Nikon a 100 ans : Nikon et les sciences
Si Nikon a 100 ans et est connue du grand public pour ses appareils photo, la marque est aussi présente depuis sa naissance dans plusieurs domaines industriels et scientifiques.
Une partie de la gamme d’instruments scientifiques Nikon – Photos (C) Nikon Corp.
Nikon a développé un savoir-faire reconnu en matière d’instruments optiques. La marque propose une gamme complète de microscopes, de systèmes de capture pour l’espace ainsi que des systèmes d’imagerie médicale. N’oublions pas non plus les éléments équipant les télescopes, le domaine de l’ophtalmologie et les verres de lunettes.
En février 2015, Nikon a fait l’acquisition de la société britannique Optos pour développer sa présence dans le domaine de l’optique médicale.
Nikon a 100 ans : systèmes robotisés MRMC
La gamme de systèmes robotisés Nikon suite au rachat de MRMC – Photos (C) MRMC
En septembre 2016, Nikon a racheté la société MRMC designs qui produit des systèmes robotisés pour permettre la capture automatisée de photos et de vidéos à distance.
Ces solutions sont utilisées par l’industrie cinématographique et les sociétés de diffusion TV et cinéma comme par le monde de la photo. Lors du Salon de la Photo 2016 à Paris, le stand Nikon était filmé et photographié par les bras robotisés Nikon MRMC.
Nikon a 100 ans, la vidéo anniversaire
Pour célébrer cet anniversaire, Nikon vous propose de retrouver les temps forts qui ont ponctué l’histoire de la marque. mais vous allez voir aussi que si la photo tient une place prépondérante chez les jaunes, il y a d’autres activités moins connues du grand public qui participent au succès de la marque.
Nikon a 100 ans, la vidéo et les différentes activités de la société
100 ans de Nikon et vous …
Si vous fréquentez Nikon Passion c’est probablement que vous avez un attachement particulier à cette marque, au matériel photo qu’elle propose, à votre boîtier. Si Nikon a 100 ans, votre histoire avec la marque dure depuis combien de temps ?
Vous débutez en photo argentique et vous voulez savoir comment procéder de la prise de vue au tirage ? Vous faites déjà de la photo argentique mais vous voulez améliorer votre pratique ?
Quel que soit votre niveau en photo argentique, le guide de Gildas Lepetit-Castel vous aide à :
Gildas Lepetit-Castel est photographe et enseignant en photographie dans « une école de création numérique à la pointe des technologies » (lisez l’Interview de Gildas, c’est passionnant). Et pourtant, comme il se plait à le dire, il renseigne au quotidien nombre de jeunes photographes désireux d’en savoir plus sur les films, la prise de vue, le développement et le tirage argentique.
Loin d’être un retour en arrière face au numérique, je pense, tout comme l’auteur de ce guide, que la photo argentique est aujourd’hui une niche dans laquelle certains se retrouvent pour pratiquer la photographie différemment.
La photo argentique n’est pas morte, loin de là. elle est par contre exigeante et il faut en connaître les fondamentaux pour arriver aux résultats escomptés. C’est l’objet de ce guide qui fait aujourd’hui référence.
Quel appareil photo argentique choisir ?
Commençons par le commencement : quel boîtier argentique utiliser pour débuter comme pour aller plus loin ?
Vous allez découvrir que le choix reste très vaste, du simple compact au moyen-format en passant par le reflex, sans oublier la chambre grand-format. L’avantage de l’argentique est que vous pouvez vous procurer bon nombre de boîtiers experts et pros d’occasion à des prix défiant toute concurrence, aucune commune mesure avec le numérique.
Parmi les modèles listés dans le guide, les nikonistes apprécieront de trouver les :
Nikon 28 et 35 Ti,
Nikkormat FTN (cher à Bernard Plossu),
Nikon FM-10 (tout manuel),
Nikon F6 (dernier modèle pro de la lignée F argentique).
Ce chapitre est complété d’un entretien avec le photographe Martin Bogren qui pratique le demi-format, vous allez découvrir de quoi il s’agit (ainsi que quelques magnifiques photos).
L’exposition en photo argentique
Quelques rappels des bases de l’exposition suffisent pour vous lancer, l’argentique ne diffère en aucune façon du numérique en matière d’exposition.
Découvrez toutefois ce qu’est l’effet Schwarzschild (pose longue), l’intérêt du bracketing et – surtout – l’usage des filtres de densité (ND) et colorés très utiles en noir et blanc.
Vous allez apprendre aussi à modifier la sensibilité d’un film, le pousser ou le retenir en fonction de vos envies créatives et de la lumière disponible.
Quel film utiliser en argentique ?
Le film est à l’argentique ce que sont les Picture Control et autres simulations de films (!) au numérique. Choisir un film n’est donc pas un acte anodin, cela contribue « à la matière et au rendu de l’image finale« .
Ce chapitre vous emmène à la découverte des films disponibles de nos jours, il y en a plus que vous ne pourriez le penser :
films noir et blanc,
films couleur,
films inversible (ou positif pour diapositives),
films spéciaux.
L’auteur vous présente également les différents formats de films que vous pouvez utiliser, le choix reste là-aussi important :
film 135,
film 120,
film 110,
plan-film.
Certains de ces films sont disponibles au mètre, ce qui vous permet de réaliser vous-même vos bobines 135 de 42 vues par exemple.
J’ai particulièrement apprécié la richesse des tableaux présentant les caractéristiques très détaillées des principaux films actuels, de même que l’entretien avec Lomig Perrotin qui est à ce jour le plus petit fabricant de films au monde (voir www.lomig.fr).
Comment développer un film argentique
Découvrez la magie du développement argentique, une opération que vous pouvez faire chez vous sans devoir trop investir (quelques dizaines d’euros pour le noir et blanc).
Ce long chapitre détaille toutes les opérations de développement pour les films argentiques noir et blanc et couleur. Vous y trouverez les différentes étapes et les accessoires appropriés, de même que les chartes de développement pour les principaux films Kodak et Ilford.
Comment numériser un film argentique
Vous ne voulez pas investir dans le tirage argentique au labo ? Pourquoi ne pas numériser vos films à l’aide d’un scanner pour travailler vos photos sur ordinateur ?
Vous allez apprendre à choisir un scanner (les principaux modèles sont détaillés) et à régler correctement le logiciel de numérisation pour obtenir les meilleurs résultats.
L’entretien avec Guillaume Geneste du labo La Chambre Noire vous apporte un éclairage complémentaire sur la numérisation d’un film argentique et les possibilités de traitement associées.
Le labo argentique
Si c’est le labo argentique qui vous tente, voici de quoi répondre à vos attentes. Découvrez ce que sont les zones sèches et humides du labo, quel matériel il vous faut, quels éclairages.
L’agrandisseur est au cœur du labo argentique, l’auteur détaille les principaux modèles disponibles plus facilement désormais en occasion que neufs (!). Les objectifs ne sont pas oubliés, ils participent grandement au résultat.
Apprenez à choisir le compte-pose, le margeur, les filtres multigrades, la loupe de mise au point comme les cuvettes, les pinces, le thermomètre et autres accessoires indispensables.
Il faudrait un livre à part entière pour faire le tour du choix et de l’utilisation d’un labo argentique, mais ce guide recense tout ce qu’il vous faut savoir pour bien démarrer. Vous pourrez compléter la lecture par l’ouvrage de Philippe Bachelier qui s’avère un excellent complément.
Le tirage noir et blanc
« Rien ne remplace une image que l’on peut tenir entre ses mains ou que l’on peut mettre dans un cadre afin de la partager.« . La pratique de la photo argentique ne saurait s’arrêter au développement, le tirage prend toute son importance puisqu’il permet de finaliser la démarche, de créer le support final (c’est vrai aussi en numérique !).
A vous le choix du papier qui va donner son caractère à la photo tirée :
RC ou FB,
gradé ou multigradé,
tonalité,
surface,
formats.
Le choix du papier est une science qu’il vous faut maîtriser et vous trouverez dans ce chapitre 7 tout ce qu’il faut savoir pour mener à bien vos recherches.
Le tirage suppose l’utilisation de chimie, c’est un des plaisirs de l’argentique (l’odeur au labo …). L’auteur fait le tour des produits à vous procurer :
révélateur,
bain d’arrêt,
fixateur,
auxiliaire de lavage,
stabilisateur,
virage.
Les principales références sont citées, j’aurais aimé en trouver plus pour les produits tels que le virage, mais ils ne sont plus légions non plus désormais.
Avant de réaliser vos tirages, vous allez faire une planche-contact. La planche-contact sert à l’editing et reproduit sous forme de petits formats les différentes vues d’une pellicule. C’est un outil de travail indispensable en argentique, tout comme en numérique d’ailleurs.
Gildas Lepetit-Castel vous montre comment faire une planche-contact et le tirage des photos qui va suivre :
le matériel nécessaire (une contacteuse),
l’exposition du papier (bout d’essai),
le développement du papier,
la détermination du bon temps de pose,
la réalisation de la planche-contact.
Mais parce qu’il vous faut aller au bout du processus et tirer vos photos, découvrez aussi :
Pour finir votre apprentissage de la photo argentique, voici 7 tirages d’exposition passés en revue par l’auteur qui vous livre :
la méthode de tirage,
la méthode d’analyse.
Rien de tel que de voir les indications données par le photographe au tireur (lui-même ou un tireur pro) pour aboutir à l’image finale. Chacun des sept tirages est analysé et l’auteur vous dit pourquoi il envisage telle ou telle exposition, les maquillages et le choix du papier.
Le tirage couleur argentique
Le tirage couleur argentique fait appel à un processus bien plus complexe que celui du noir et blanc, et l’auteur vous rappelle à juste titre qu’avant de vous lancer il faut réfléchir à l’opportunité de le faire. Mais si vous êtes de ceux qui ont envie d’oser alors vous trouverez dans ce chapitre 9 de quoi satisfaire vos envies.
C’est Marc Upson, tireur indépendant à Paris, qui vous présente ici les différentes étapes pour réaliser un tirage argentique couleur. Vous allez voir que la démarche est bien plus complexe qu’en noir et blanc et qu’il faut un apprentissage plus long et un matériel souvent plus coûteux.
Mon avis sur le guide Photo argentique de Gildas Lepetit-Castel
Le numérique a supplanté l’argentique depuis de nombreuses années. Pour autant la photo argentique reste un sujet d’actualité chez de nombreux amateurs et pros désireux de retrouver une pratique plus lente, plus assumée de la photographie.
Ce guide vous permet de faire le tour de la question, de comprendre ce qu’est véritablement la photo argentique et comment vous pouvez vous y mettre, petit à petit. C’est un des avantages de cet ouvrage que de vous inciter à pratiquer tout en apprenant au fur et à mesure.
Vous allez découvrir qu’il ne vous faut pas investir des sommes folles pour vous lancer, que vous pouvez trouver films, chimie et papier sans trop de difficultés (la liste des sites de vente en fin de guide vous aide) et que vous pouvez développer vos propres films par vous-même sans sortir de chez vous.
Outre les étapes indispensables au traitement du film et du tirage, j’ai apprécié de lire un ouvrage dont l’auteur est lui-même totalement investi dans son sujet. Qui, mieux qu’un fervent pratiquant et enseignant, pourrait ainsi vous accompagner ?
Si vous avez encore quelques hésitations, considérez que les 24 euros requis pour vous procurer cet ouvrage vous feront économiser bien plus en investissant dans le bon matériel et les bons produits, et que vous gagnerez énormément de temps dans votre apprentissage. Une bonne raison de craquer non ?
6 idées pour faire plus de photos sans rien dépenser
Vous aimez la photographie mais vous avez laissé tombé car vous manquez de motivation ? Vous êtes à court d’idées pour retrouver le plaisir d’utiliser votre appareil photo ? Vous voudriez faire plus de photos sans avoir plus de temps libre ?
Je vous propose 6 idées pour relancer votre pratique photo, applicables immédiatement sans rien dépenser !
6 idées pour faire plus de photos et relancer votre pratique
Avec le temps nous connaissons tous ces périodes de morosité, de perte d’envie, de laisser aller qui font que nous ne pratiquons plus autant qu’avant. Cela m’arrive aussi.
Mais ma passion pour la photo est restée intacte, je suis toujours aussi attiré par cette pratique et tout ce que cela suppose : découvrir des nouveaux photographes, voir des expos, parcourir des livres de photos, monter des nouveaux projets …
Pour éviter de baisser les bras, j’ai quelques trucs que je partage avec vous dans la vidéo ci-dessous.
Voici les 6 idées que je vous propose pour relancer votre pratique photo dès aujourd’hui sans dépenser un centime. Prévoyez simplement une séance photo lors de laquelle vous allez :
utiliser une même focale,
photographier un sujet unique,
utiliser toujours le même appareil photo,
faire un nombre précis de photos par séance,
ne jamais regarder l’écran arrière pendant la prise de vue,
vous imposer un rythme de prise de vue.
Je détaille tout dans la vidéo, je vous laisse écouter et réagir via les commentaires car je suis preneur de vos bonnes idées à vous-aussi !
Pour aller plus loin …
Voici de quoi en savoir plus sur le sujet, trouver d’autres idées et vivre pleinement votre passion pour la photographie :
L’offre n’a jamais été aussi abondante en matière d’appareils photo, du compact au moyen-format en passant par les smartphones (voir le guide d’achat appareils photo). Mais le boîtier Reflex conserve les préférences de nombreux photographes débutants car il offre la garantie de faire de bonnes photos dans les différentes situations de prise de vue.
Les smartphones sont à la traîne en basse lumière, les hybrides sont encore exclusifs pour certains et peu convaincants pour d’autres, les compacts sont passés de mode. Choisir et utiliser un reflex est donc une bonne pratique, ce guide vous explique tout ce qu’il vous faut savoir pour vous en sortir.
Présentation
Sous une fausse apparence de magazine photo, cet ouvrage est bien un guide pratique complet. 9 chapitres vous détaillent :
le choix du boîtier et des objectifs,
la prise en main du reflex,
comment réussir vos premières photos,
le choix d’un mode d’exposition,
comment faire des photos nettes,
comment utiliser les réglages avancés,
comment utiliser le flash,
comment gérer les connexions USB, Wifi et le GPS quand il existe.
La maquette du guide fait la part belle aux illustrations et j’ai particulièrement apprécié les conseils donnés en marge du texte principal. Il y a plein de petites choses à savoir pour choisir et utiliser un reflex – par exemple savoir si vous pouvez utiliser une batterie compatible (moins chère) ou pas.
Pourquoi un reflex, les différentes gammes d’appareil photo
[su_frame][/su_frame]Si vous vous posez encore la question de choisir un reflex ou pas, vous trouverez la réponse dans les premières pages du guide. Toutes les gammes sont détaillées, avec leurs avantages et leurs inconvénients.
Vous allez apprendre par exemple quelles sont les différences entre les Reflex APS-C et les Reflex Plein Format et pourquoi il faut parfois privilégier l’APS-C au détriment du Plein Format (en savoir plus …).
Bien démarrer avec un reflex
Vous avez acheté votre premier reflex mais vous êtes perdu face à la complexité apparente des menus et fonctions ?
Faites vos premières photos sans peine avec les explications des pages 64 à 77. Vous allez voir qu’il est tout à fait possible de faire des bonnes photos sans maîtriser (encore) les réglages avancés.
Ces réglages vont toutefois vous servir à faire des progrès, c’est l’objet des chapitres 5, 6 et 7 dans lesquels vous trouverez des explications comme :
comment bien exposer vos photos,
comment faire des photos nettes quand le sujet bouge,
comment ne pas faire des photos jaunes,
ainsi que des notions plus complexes comme :
à quoi sert le focus stacking et comment l’utiliser,
qu’est-ce que le pixel shifting,
comment utiliser le bracketing d’exposition,
comment faire des photos HDR,
etc.
Mais aussi le flash et les accessoires
Utiliser un flash
Un guide pratique pour choisir et utiliser un reflex ne serait pas complet sans traiter du flash et des accessoires. C’est l’objet des derniers chapitres dans lesquels vous apprendrez :
comment utiliser le flash intégré d’un reflex,
comment obtenir un arrière-plan bien éclairé,
comment faire une photo nette grâce à un éclair de flash,
qu’est-ce qu’un flash Cobra et pourquoi il est utile,
comment régler le flash en mode synchro second rideau.
Transférer les photos sur l’ordinateur ou le mobile
Un reflex récent dispose de plusieurs modes de communication avec le monde extérieur. Ceci vous permet de transférer vos photos sur un ordinateur ou un mobile. Apprenez à bien utiliser transférer vos photos et à configurer et utiliser le module Wifi comme le module GPS si votre reflex en dispose.
Mon avis sur le guide pratique photo Reflex 2017
Ce guide est un ouvrage que je recommande si vous débutez en photographie et que vous envisagez de choisir et utiliser un reflex au quotidien. Il contient tout ce qu’il vous faut savoir, sa présentation est très visuelle, les explications sont claires et accessibles à tous.
Si vous possédez déjà un Reflex mais que vous avez du mal à bien l’utiliser, vous trouverez de nombreux conseils pour vous en sortir sans peine.
Proposé au tarif attractif de 15 euros, ce guide est disponible dans toute bonne librairie comme dans les points Presse, il en est d’autant plus accessible.
Mode Auto et Mode Programme, quelles différences et à qui ils s’adressent
Quelle est la différence entre mode Auto et mode Programme automatique sur un appareil photo ? Voici la réponse avec des exemples d’utilisation. Vous allez également découvrir à qui s’adressent ces deux modes et lequel des deux peut vous aider à progresser en photographie.
Mode Auto et Mode Programme
Un appareil photo comporte plusieurs types de modes de prise de vue. Selon les modèles vous trouvez :
le mode Automatique,
les modes Scènes,
les modes Experts.
Parmi les modes experts – P, S, A, M – le mode P pour Programme est le plus automatique mais il se différencie du mode Automatique dont l’intérêt est tout autre.
Dans la vidéo ci-dessous je détaille la différence entre ces deux modes, et je vous dis à quels besoins ils répondent.
Vous allez voir que chacun de ces deux modes à un usage bien précis et qu’ils ne s’adressent pas aux mêmes types de photographes.
Quel mode utiliser ?
Le mode Automatique, symbolisé par une touche verte ou un repère de couleur, s’adresse aux plus débutants. Il permet de se concentrer sur le cadrage et la composition sans devoir prendre en compte les paramètres de prise de vue.
Ce mode convient pour débuter mais il vous limite énormément car il ne vous permet pas de comprendre ce que vous faites : c’est le boîtier qui décide tout à votre place et laisse, au final, peu de place à la créativité.
Le mode P Programme automatique est lui un mode expert qui vous laisse le choix des paramètres de prise de vue tout en assurant une exposition correcte. Dans ce mode l’ouverture et la vitesse sont gérées par l’automatisme tandis que vous devez régler tout le reste : balance des blancs, autofocus, Picture Control, flash, etc.
Le mode Programme peut être décalé : dans ce cas vous agissez sur la molette du boîtier pour changer le couple vitesse/ouverture préalablement choisi par l’automatisme. Vous conservez ainsi toute liberté de modifier à votre guise la profondeur de champ comme la netteté sur le sujet.
Le mode Programme est un mode qui vous permet de savoir ce que vous faites avant d’utiliser le mode Priorité Ouverture (Mode A) ou Priorité Vitesse (Mode S) dont la finalité est encore plus exclusive.
Pour en savoir plus …
Vous voulez en savoir plus sur les différents modes de prises de vue de votre boîtier ? Voici des sujets complémentaires qui vont vous aider.
Qu’est-ce que le HDR et à quoi ça sert en photographie ?
Le HDR est une technique de prise de vue en photographie, qui permet de produire des photos à large plage dynamique. Utilisée parfois de fort belle façon, elle est aussi décriée pour les excès de certains de ses utilisateurs. Pourquoi ? Comment fonctionne le HDR ? A quoi ça sert ? Les réponses détaillées et des photos ci-dessous.
Photo (C) Pierre-Henry Muller
Qu’est-ce que le HDR ?
HDR signifie « High Dynamic Range » ou « large plage dynamique » en bon français.
Pourquoi parler de large plage dynamique ?
Tout système d’enregistrement d’image, et le capteur de votre appareil photo numérique en particulier, n’est pas capable de rendre l’ensemble des niveaux d’intensité lumineuse dans une image. Aucun n’est aussi performant que votre œil. Celui-ci peut voir du détail dans les ombres comme dans les hautes lumières, tandis que le capteur de votre appareil photo peut faire l’un ou l’autre, mais pas les deux en même temps.
Lorsque vous faites une photo alors que la scène est à la fois composée de zones sombres et de zones très claires, le capteur enregistre l’ensemble de ces tonalités avec les limites propres à sa nature. Les noirs les plus profonds sont souvent absents, les très hautes lumières aussi et la scène n’est pas rendue comme elle pourrait l’être si le capteur savait enregistrer ces valeurs extrêmes. Sa plage dynamique est réduite.
Les capteurs récents font des merveilles en terme de dynamique par rapport aux capteurs des générations précédentes mais pour autant ils n’ont pas (encore) la capacité à capturer toute la gamme de niveaux souhaitée. Ils n’ont pas la performance de vos yeux.
Tout l’intérêt du HDR est de fournir un moyen technique de récupérer l’information ainsi perdue et de la réintégrer, via un traitement logiciel spécialisé, afin de rendre une image dont la dynamique (lire « l’étendue des niveaux d’intensité lumineuse du plus noir au plus blanc ») sera plus large qu’en l’absence de ce traitement. Autrement formulé, de vous rapprocher de ce que vos yeux ont vu.
L’illustration ci-dessous vous donne un aperçu de la problématique à couvrir quand vous photographiez des scènes très contrastées.
Image (C) Petapixel
Sur la gauche du schéma apparaissent les différents niveaux de luminosité présents dans la scène à photographier, du noir absolu en bas (« shadows ») aux hautes lumières en haut (« Highlights »).
La zone grise marquée « Camera Range » donne la gamme de niveaux que le capteur sait enregistrer, il manque des noirs – valeur rouge sous-exposée (« Clipped Underexposed ») – et des blancs – valeur rouge surexposée (« Clipped overexposed ») – c’est la limite de votre capteur.
Si vous exposez votre photo en suivant la mesure de lumière donnée par le boîtier, alors il vous manquera ls zones en rouge. Vous n’aurez aucun détail dans les hautes lumières, les zones claires, et aucun détail dans les basses lumières, les zones sombres. C’est pourquoi on parle de plage dynamique réduite.
Si vous voulez élargir cette plage dynamique et voir du détail dans les noirs comme les blancs extrêmes, donc récupérer l’ensemble des niveaux de la scène, il faut être capable d’enregistrer ces niveaux extrêmes. En pratique, il faut corriger l’exposition de 2 EV (dans cet exemple) dans un sens comme dans l’autre.
Vous faites donc une photo en corrigeant l’exposition de +2 Ev pour avoir les hautes lumières, et une en corrigeant de -2 Ev pour avoir les basses lumières. Plus la photo à correction zéro pour avoir l’ensemble de la scène.
Le principe du HDR est celui-ci : faire plusieurs photos, ici trois pour simplifier l’explication, une décalée vers la sous-exposition de 2 EV, une autre décalée en sur-exposition de 2 EV. Vous pouvez multiplier les vues pour enregistrer des valeurs encore plus extrêmes, par exemple 5 photos :
– 3Ev
-1 Ev
0 Ev
+ 1Ev
+3 Ev
Afin de produire la photo finale, il faut maintenant combiner ces images à l’aide d’un logiciel dédié afin de récupérer toute la gamme de valeurs et de produire l’image HDR résultante (« HDR Image »). La plage dynamique finale pourra ainsi atteindre des limites impossibles à atteindre sur une seule vue.
En prenant ainsi en compte toutes les photos, vous créez une nouvelle image, c’est l’image HDR !
Reste à travailler cette image résultante pour l’adapter à la capacité de l’écran de rendu (« Tone mapping »), votre écran d’ordinateur ou la feuille de papier qui permet le tirage.
Exemple de photo HDR : le Lavoir de charbon en contre jour
Une image valant mieux que bien des mots, voici un exemple de photo HDR réalisée à partir de trois photos exposées selon le principe précédent. L’image finale est la dernière, elle résulte du traitement logiciel fait sur la base des trois précédentes photos.
photo correctement exposée (0 Ev)
photo sous-exposée de 4 EV (-4 Ev)
photo sur-exposée de 4 EV (+ 4Ev)
Rendu final ou « image HDR » – Photos (C) Pierre-Henry Muller
Cet exemple comporte 9 photos sources de -4 EV à + 4EV par palier de 1 EV. Sans l’usage du HDR il aurait été impossible de rendre la vision de ce bâtiment en ruine avec le coucher de soleil. Le contre jour est tel que l’appareil photo ne peut capturer que le ciel avec le bâtiment sous exposé ou que le bâtiment avec un ciel sur exposé.
En combinant ces 9 photos sources l’auteur de ces images arrive à redonner à cette prise de vue la vision qu’il a eu avec ses yeux. Il n’a pas abusé de l’effet HDR, la photo finale reste agréable. Attention en effet à ne pas pousser les curseurs à fond, sans quoi vous obtiendrez une photo tellement peu crédible qu’elle n’aura aucun intérêt.
La technique HDR peut être adaptée pour permettre l’enregistrement de scènes à très haute dynamique, rien n’interdit en effet de multiplier les images – 3 sous-exposées, 3 sur-exposées ou plus – pour bénéficier d’une gamme encore plus étendue. Vous intègrerez dans ce cas 5, 7 ou plus images.
Le HDR natif de votre appareil photo
Afin de vous faciliter la vie, et la fusion logicielle HDR en particulier, les constructeurs ont intégré une fonction HDR native dans le menu de votre appareil photo. Le principe est le même, enregistrer plusieurs images pour récupérer une plage dynamique étendue, mais le résultat diffère.
La fonction HDR intégrée de votre reflex ou hybride produit une seule photo JPG qui est le résultat de la fusion par le boîtier des différentes prises de vue. Ce n’est donc pas la même chose que de faire plusieurs photos RAW en bracketing avant de les fusionner dans un logiciel.
L’appareil photo ne peut produire qu’un JPG car il ne peut pas recréer un RAW à partir de plusieurs autres RAW, seul le capteur sait faire cela.
Cette fonction s’avère plus rapide à mettre en œuvre, toutefois le résultat n’est pas aussi abouti. Vous ne pouvez que très peu agir sur le JPG en post-traitement, et en aucun cas revenir sur les paramètres de la fusion HDR. Mieux vaut donc utiliser la fusion logicielle HDR (par exemple avec Lightroom ou Photoshop).
Vous y trouverez tout ce qu’il faut savoir sur la mise en œuvre de la technique HDR en photographie, ainsi que de nombreuses images qui prouvent que cette technique, bien utilisée, peut donner des résultats intéressants sans pour autant tomber dans les excès bien connus du HDR.
Photos publiées avec l’aimable autorisation de Pierre-Henry Muller.