Le Nikon Z7 est le nouvel hybride phare de la gamme Nikon Z. J’ai pu l’utiliser pendant une journée lors de sa présentation aussi je vous propose cette première prise en main, la plupart des observations (hors capteur) s’appliquant à la déclinaison 24 Mp qu’est le Nikon Z6. Vous pouvez consulter le test du Nikon Z 7 complet effectué sur un modèle de série.

prise en main – test du Nikon Z7
en arrière-plan le boîtier équipé de la bague FTZ et d’une optique Nikon AF-S
Le Nikon Z7 et les kits boîtier – objectifs chez Miss Numerique
Première prise en main / test du Nikon Z7, contexte
J’ai eu l’opportunité de prendre en mains le Nikon Z7 lors de l’événement de lancement de ce nouveau système hybride sans miroir Nikon. Après avoir parlé des différences entre hybride et reflex voici mes premières impressions sur le Nikon Z7 présenté dans un précédent sujet.
Lors de ce premier test du Nikon Z7 je n’ai pas pu tester le boîtier tel que je le fais d’habitude, mais j’ai pu faire des photos en conditions terrain avec le zoom Nikon Z 24-70mm f/4 et le Nikon Z 35mm f/1.8 S.
J’ai rapporté quelques images de cette séance, JPG et RAW. Les fichiers RAW, bien que supportés par Lightroom Classic CC via conversion DNG préalable, feront l’objet d’un prochain article car je ne peux pas utiliser mon protocole de test habituel qui me permet de traiter le NEF directement.
Les photos présentées ici sont des JPG boîtiers natifs dont la taille est réduite pour les besoins de la publication mais qui n’ont subi aucun traitement particulier.
Le Nikon Z7 était équipé du firmware 1.0, il s’agissait d’un des premiers modèles de série.

le Nikon Z7 équipé du zoom 14-30mm f/4 S (mockup)
zoom Nikon Z 24-70mm f/2.8 S (mockup, à gauche)
Nikon Z 58mm f/0.95 S Noct (mockup, au fond)
Ergonomie et prise en main
C’est ce qui surprend le plus avec le Nikon Z7 : si vous utilisez déjà un reflex Nikon, prendre en main le Z7 et retrouver les différents réglages ne prend que quelques secondes. Pas de doute, nous sommes bien chez Nikon, les menus, l’écran arrière, les commandes supérieures, tout est identique ou proche et je me suis senti chez moi très vite.
Quelques minutes m’ont suffit pour configurer le boîtier comme j’en ai l’habitude avec mon reflex. J’avais alors dans les mains un Nikon réagissant de la même façon que celui que j’utilise couramment, c’est appréciable.
Le Nikon Z7 est plus compact et léger qu’un reflex plein format. C’est surprenant au début mais un poids moindre et un encombrement réduit, ce n’est pas pour me déplaire.

Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
70mm – f/16 – 1/15sec. – 1.600 ISO
L’ensemble boîtier + 24-70mm f/4 S tient bien en main et s’avère très équilibré. Le faible gabarit du boîtier pourrait laisser penser que l’objectif va pencher vers l’avant, il n’en est rien. L’encombrement des zooms à venir (voir illustration ci-dessus), réduit lui-aussi, ne devrait donc poser aucun problème. La différence avec le couple D750 + AF-S 24-70mm f/2.8 est sensible, je me suis senti beaucoup plus mobile avec le Nikon Z7.
J’ai moins apprécié le fait que la bague du zoom 24-70mm f/4 nécessite d’être tournée pour que le boîtier soit opérationnel. En effet, le blocage de cette bague permet d’éviter que le zoom ne se déploie quand il est penché vers le bas, à la façon du bouton de verrouillage des 18-55mm. Ce verrouillage permet aussi de raccourcir la longueur du zoom à sa valeur minimale pour ranger l’ensemble dans un sac photo pendant le transport. J’ai vite laissé le zoom en position 24mm pour éviter d’avoir à le déverrouiller pendant que je faisais des photos, il est alors un peu plus long mais c’est gérable.
A la différence des optiques Nikon F, la bague des optiques Nikon Z est paramétrable : elle peut se voir affecter une des fonctions du boîtier au même titre que les touches Fn. Je lui ai attribué le réglage d’ouverture, ce qui m’a permis de changer cette dernière en tournant la bague sans avoir à utiliser la molette habituelle. C’est une façon de retrouver la bague de diaphragme sur des optiques qui en sont dépourvues.
Sachez toutefois que cette bague tourne aisément et qu’ainsi programmée la valeur du diaphragme varie très vite (la bague n’est pas crantée) et repasse à sa valeur par défaut lorsque le boîtier est mis en position Off. Il y a peut-être une configuration à changer dans les menus mais je n’ai pas pris le temps de la chercher.
Autofocus
Il est attendu au tournant. Le nouveau module autofocus à détection de contraste et de phase du Nikon Z7 se doit de faire aussi bien si ce n’est mieux que le module à 153 collimateurs par détection de phase des Nikon D5, D500 et D850.
Ces deux modules diffèrent en plusieurs points. L’un ne couvre pas l’intégralité du champ (reflex) tandis que l’autre couvre 90% du champ (hybride).
L’un dispose du suivi 3D (reflex), l’autre non mais il sait suivre un visage et passer de l’un à l’autre s’il y en a plusieurs dans le champ.
J’ai pu vérifier que ce nouvel autofocus réagit très vite pour faire le point sur les sujets statiques ou en déplacement lent. Il s’avère précis et silencieux, c’est le moins que l’on puisse en attendre mais il le fait (constat fait avec le premier firmware du Nikon Z 7 mis à jour depuis).

Test du Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
45mm – f/6.3 – 1/80sec. – 6400 ISO
Avec les sujets en mouvement rapide et imprévisible, en mode de mise au point continue AF-C, le Nikon Z7 suit le sujet tout aussi vite que le reflex. La précision de la mise au point est alors liée à la focale et la distance au sujet.
A 2m environ, avec une ouverture de f/4 (nous étions dans une salle peu lumineuse), le résultat est satisfaisant. Quelques photos manquent de netteté mais je n’aurais pas eu un pourcentage bien plus élevé avec mon reflex. De plus je n’avais pas encore pris le temps de vérifier chacun des réglages fins de l’autofocus configuré par défaut. Je ne doute pas de pouvoir obtenir de meilleurs résultats une fois ces réglages spécifiques assimilés et appliqués (j’ai l’habitude d’utiliser le suivi 3D qui n’existe pas sur le Nikon Z7).

Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
53mm – f/4 – 1/320sec. – 6400 ISO

Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
37mm – f/4 – 1/320sec. – 6400 ISO
Réactivité
Un appareil photo se doit d’être réactif. Cela va de soi mais tous ne le sont pas, et passer d’un menu à l’autre ou enchaîner les photos en mode rafale peut amener parfois certaines lenteurs désagréables.
Je n’ai rien constaté de tel avec le Nikon Z7. La navigation dans les menus est fluide, la bascule entre les différents modes d’affichage du viseur et de l’écran arrière aussi. En mode rafale le processeur Expeed 6 et la carte XQD font leur boulot, ça dépote !
Carte XQD
La carte, parlons-en. Un slot unique, le format XQD, Nikon a fait un choix bien atypique.
Le format XQD c’est l’obligation de devoir investir dans un lecteur XQD, oubliez le transfert par câble USB avec un capteur de 45Mp, c’est loin d’être rapide et fiable. Si vous utilisez un Nikon D5 ou D850, vous avez déjà le lecteur, il y a moindre mal.
Le tarif des cartes XQD est plus élevé que celui des cartes SD pros. Comptez 170 euros pour une carte XQD 64Go 400Mb/sec et 120 euros pour une carte SD 64Go 300Mb/sec. Le tarif des cartes XQD devrait toutefois baisser si le volume de ventes augmente et, surtout, si d’autres fabricants que Sony se lancent. Le support du format CF-Express par les Nikon Z7 et Z6 est une bonne chose, ces cartes qui arrivent bientôt devraient changer la donne (en savoir plus).
Une fois ces désagréments digérés, il est indéniable que la carte XQD est très rapide. C’est un support plus fiable à mon sens que la carte SD plus fragile (et facile à perdre) et le taux d’erreurs avec les XQD est plus faible (selon les retours des photographes pros avec lesquels j’échange).
Les performances des cartes XQD permettent de compenser la faible capacité du buffer sur le Nikon Z7 : la carte écrit plus vite, le buffer se vide plus vite, je n’ai pas noté de ralentissement sur une rafale de plusieurs dizaines de photos, rappelons qu’il s’agit de stocker des fichiers RAW 14bits de 45Mp à raison de 9 par seconde, quand même.

Test du Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
41mm – f/4,5 – 1/200sec. – 6400 ISO
Autonomie
L’autre sujet qui fâche. Si l’on en croit la fiche technique, la consommation électrique des Nikon Z entraînerait une baisse de l’autonomie limitée à 350 photos.
J’emploie le conditionnel car les valeurs données par Nikon sont celles des tests CIPA qui font référence. Mais … d’une part ces tests sont conçus pour les reflex alors que les hybrides consomment l’énergie différemment (capteur, viseur). D’autre part en conditions de test et en utilisant souvent l’écran arrière j’ai pu faire 505 photos dans la journée en ayant encore 28% de batterie. Un calcul simple laisse envisager une autonomie de 700 photos en conditions de test soit 800 à 900 en conditions de prise de vue plus classique (les miennes tout au moins, sans écran arrière mais en AF-C).
Disposer d’une seconde batterie devrait vous éviter tout problème, c’est ce que je fais depuis plusieurs années avec mes hybrides et je ne suis jamais tombé en panne sèche.
Viseur électronique
Il a déjà fait parler de lui ce viseur. Certains y voient le diable qui transforme la réalité et use les yeux à coups de lumière bleue, d’autres y voient l’avancée qui va permettre de photographier autrement.
Je fais partie de la seconde catégorie. Pour utiliser des viseurs électroniques depuis trois ans, je ne reviendrais jamais en arrière. D’autant plus que le viseur du Nikon Z7 (et du Nikon Z6, c’est le même) est d’un confort rare (je pèse mes mots).

Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
24mm – f/13 – 1/13sec. – 3200 ISO
La visée est claire et lumineuse, c’est le moins que ce viseur puisse faire, mais l’image est aussi piquée et contrastée. Ni trop, ni trop peu. Les tests à venir me permettront de le vérifier plus en détail mais j’ai trouvé ce viseur encore plus agréable que ceux que j’utilise au quotidien (il y a un X dans le nom …).
Le viseur du Nikon Z7 est surtout plus généreux et ça c’est une bonne surprise. Vous voyez la différence qu’il y a entre un viseur de reflex APS-C et un viseur de reflex plein format ? C’est l’idée.
L’impression première est très favorable et après quelques minutes d’utilisation la nature électronique de ce viseur ne se fait pas sentir (et la fatigue oculaire non plus).
Je ne reviendrai pas ici sur les avantages de la visée électronique par rapport à la visée optique (j’en ai parlé ici), j’ajouterai juste que le taux de rafraîchissement de ce viseur (60 im/sec.) est suffisant pour photographier un combat d’art martiaux sans constater de défaut particulier. Pour les filés, laissez-moi le temps de tester plus longuement.
Test du Nikon Z7 : dynamique du capteur
Le capteur 45Mp du Nikon Z7 diffère de celui du Nikon D850. Nikon ne communique ni le nom du sous-traitant qui le fabrique (avec des steppers Nikon), ni ce qui différencie ce capteur, si ce n’est qu’il sait gérer l’autofocus contrairement à celui du D850.
Il serait peu pertinent de tirer une conclusion définitive sur la dynamique de ce capteur sur la base de quelques images JPG. Je note toutefois des qualités indéniables à encaisser les très hautes et très basses lumières et à rendre du détail dans les deux.

Test du Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
24mm – f/4 – 1/15sec. – 20.000 ISO

Nikon Z7 + Nikon Z 35mm f/1.8 S
f/16 – 1/250sec. – 200 ISO
Sur cette seconde image faite en contre-jour, le capteur encaisse la lumière directe du soleil en restituant du détail dans les zones sombres (le pont) comme les zones claires (les nuages). Le post-traitement d’une telle image sur la base du fichier RAW devrait permettre d’atténuer les écarts et de renforcer le niveau de détail dans les deux zones.
Bruit numérique
Le niveau de bruit relevé à haute sensibilité sur ces images JPG reste très limité, proche de ce que j’ai pu observer sur le D850 toutefois, la différence ne devrait pas être très élevée.
La série ci-dessous permet de se faire une idée du niveau de bruit dans les hautes sensibilités. Observez en particulier la zone floue au premier plan.

Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
43mm – f/4 – 1/320sec. – 6.400 ISO

Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
43mm – f/4 – 1/400sec. – 12.800 ISO

Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
43mm – f/4 – 1/640sec. – 25.600 ISO

Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
43mm – f/4 – 1/1250sec. – 51.200 ISO

Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
43mm – f/4 – 1/2000sec. – 102.400 ISO
Qualité des images
Se faire plaisir avec un nouveau boîtier c’est bien mais encore faut-il qu’il rende le service attendu. En ce qui me concerne, j’ai besoin d’images bien exposées, avec une dynamique la plus grande possible (écart entre les plus hautes lumières et les plus basses sans perte de détail dans l’image) et – surtout – nettes.

Test du Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
24mm – f/4 – 1/800sec. – 1.600 ISO
Les premières photos faites dans des conditions de prise en main montrent que le résultat est à la hauteur de mes attentes. Je (re)précise qu’il s’agit de JPG natifs et non de RAW traités.
Test du Nikon Z7 avec zoom Nikon Z 24-70mm f/4 S
Le moins que je puisse dire est que ce zoom en impose : je n’ai rien testé d’aussi bon encore dans cette gamme de prix en matière de piqué d’image et de précision en périphérie (j’en ai testé quelques-uns …).
Le Nikon 24-120mm est enterré (mais ça c’est guère étonnant), les 24-85 aussi et seul mon AF-S 24-70 f/2.8 première génération devrait pouvoir jouer la finale, mais je ne le donne pas gagnant d’avance.

Nikon Z7 + Nikon Z 24-70mm f/4 S
70mm – f/16 – 1/80sec. – 1.600 ISO

Agrandissement de l’image précédente
Ce 24-70 f/4 S délivre des images d’une très grande précision, à tel point que le prochain Nikon Z 24-70mm f/2.8 devra être sacrément bon pour justifier la différence de tarif car à 1099 euros le f/4 est déjà très bien placé. Mais à 600 euros en kit c’est cadeau ou presque !
Test du Nikon Z7 avec Nikon Z 35mm f/1.8 S
On en parle ? J’en ai lu des commentaires disant tous « mais pourquoi diable Nikon n’a pas conçu un f/1.4 au lieu de ce f/1.8 ??« .
Vous savez quoi ? Sur les quelques images que j’ai pu faire avec, ce 35mm f1.8 fait très mal à la concurrence. Je parle de concurrence interne, avec les Nikon AF-S 35mm comme de concurrence externe chez Sigma et Tamron.

Nikon Z7 + Nikon Z 35mm f/1.8 S
f/1.8 – 1/640sec. – 200 ISO

Agrandissement de l’image précédente
Vous allez penser que je suis partisan mais si mes tests à venir le confirment, ce dont je ne doute pas, le couple Nikon AF-S 35mm f/1.8 + bague FTZ n’a plus qu’à aller se rhabiller et les autres peuvent trembler.
Inutile de vous dire que j’attends avec impatience le Nikon Z 50mm f/1.8 S que je n’ai pu évaluer encore … Là c’est Zeiss qui va trembler puisque les tests effectués en interne chez Nikon montrent des scores supérieurs au Zeiss 55mm f/1.2, d’autant plus que le Nikon a un zéro de moins dans son tarif.
Test du Nikon Z7 : conclusion temporaire …
Temporaire car il s’agit d’une première prise en main test du Nikon Z7 qui n’a pas pour prétention de donner des conclusions formelles mais plutôt un ressenti au bout de quelques heures d’utilisation sur le terrain.
Bien que j’ai pu utiliser le Nikon Z7 pendant une journée, je n’ai pas pu le faire dans les conditions qui sont les miennes d’habitude. Je vais assurément lui trouver quelques défauts lors du test, mais il va falloir fouiller car le niveau est très élevé.
En savoir plus sur le site Nikon …
Le Nikon Z7 et les kits boîtier – objectifs chez Miss Numerique
























































