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Sur la Route du Lait : 25 ans de reportage photo amateur à travers le monde

Sur la Route du Lait, c’est trois voyages en vingt-cinq ans, huit ans cumulés sur les routes du monde à la rencontre de ceux qui vivent du lait de leurs animaux, un peu plus de 100 000 photos, deux livres, des expos. Colette Dahan et Emmanuel Mingasson ne sont ni photographes professionnels, ni journalistes. Ils sont la preuve qu’un projet photo documentaire au long cours ne demande ni matériel haut de gamme, ni formation professionnelle. Il demande simplement une décision, de la méthode, et la discipline de finir ce qu’on commence.

Les échanges avec les participants à mes formations ne me servent pas qu’à répondre à leurs questions. Ils me servent aussi à mieux comprendre ce qu’ils font, leurs véritables besoins, leur pratique photo.

Emmanuel Mingasson, après avoir suivi ma formation Lightroom, me posait des questions de temps en temps, exprimant des besoins, des interrogations. C’est son besoin de classement et de référencement qui a attiré mon attention. J’ai alors réalisé qu’il était voyageur photographe au long cours. Et quel long cours !

Au printemps 2026, j’ai repris contact avec lui car son projet Sur la Route du Lait me semblait tellement fou qu’il méritait une mise en avant. C’est la synthèse de notre longue discussion que je vous propose aujourd’hui.

Sur la Route du Lait : 25 ans de reportage photo amateur à travers le monde avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - Iran, juin 2013
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Iran, juin 2013

Colette Dahan et Emmanuel Mingasson, deux personnes ordinaires, 25 ans de reportage photo documentaire

Deux personnes comme vous et moi. Colette Dahan et Emmanuel Mingasson ne sont ni photographes professionnels, ni journalistes. Curieux, ils ont décidé un jour de faire un long voyage mais surtout de lui donner un sens.

Emmanuel a travaillé pendant des années dans le développement rural, en Savoie, une région où les filières fromagères sont une réalité. Colette a eu plusieurs métiers et en partie dans le même milieu. Ils habitent à Chambéry.

Emmanuel commence à faire de la photo de façon sérieuse vers 1995. Pas de formation initiale, pas d’école de photo. Juste une activité qui le passionne, comme de nombreux amateurs. Avant le premier grand voyage Sur la Route du Lait en 2001, il suit cinq jours de stage chez un photographe installé dans la Drôme. Son appareil photo est un reflex de milieu de gamme. Ce boîtier, loin d’être un équipement professionnel, ne l’a pas empêché de faire des photos qui placent le spectateur au cœur de l’action. Emmanuel le dit sans fausse modestie, le vrai problème n’a jamais été le matériel.

Colette, elle, c’est l’écriture. Elle note, elle retranscrit, elle rédige. Et puis, au fil des voyages, elle s’est mise à photographier aussi, avec son appareil photo en mode automatique puis avec son smartphone, adoptant un regard totalement différent de celui d’Emmanuel. Spontané alors que le regard du photographe est plus construit. Complémentaire, en fait. Sur le terrain, c’est aussi elle qui lui rappelle ce qu’il ne faut pas rater.

« Il y en avait un qui ne savait pas bien écrire, et l’autre qui ne savait pas faire des photos. Il n’y a pas eu de discussion. »

Lors de l’entretien, j’entends Colette nous dire en arrière-plan « oui, enfin, un peu photographe quand même hein ?« .

D’une boutade en Ouzbékistan à Sur la Route du Lait : comment naît un projet photo de 25 ans

Tout commence pendant un voyage, en 1999, dans un marché en Ouzbékistan. Quinze jours de sac à dos en Asie centrale, quelques jours avant de rentrer en France. Sur un étal, un fromage séché très dur, quelque chose qu’ils n’avaient jamais vu. Et une boutade : « Un jour il faudra revenir voir comment c’est fait.« 

Un an plus tard, en juillet 2000, Colette et Emmanuel sont décidés : l’année prochaine, ils partent. Et ils se fixent trois prérequis pour ce voyage qu’ils s’imposent d’accomplir en un an : du temps (un congé sabbatique), une voiture (un 4×4 acheté et aménagé), et parler russe (une langue apprise de zéro pour pouvoir parler dans des pays où tous ont appris le russe à l’école pendant la période soviétique). Le 1er septembre 2001, tous les éléments sont réunis. Ils partent. Sur la Route du Lait vient de commencer.

Leur idée et le fil conducteur du voyage sont de connaître et comprendre les fabrications traditionnelles qui permettent aux familles de vivre. Ils ne savaient pas si ça allait marcher ni ce qu’ils allaient trouver. Ils savaient juste qu’ils avaient une année devant eux pour essayer.

Ce premier voyage les mène en Roumanie, en Turquie, en Iran, en Asie centrale, en Mongolie. Retour en 2002.

Puis une douzaine d’années plus tard, en 2013-2015, ils repartent en Asie, au printemps cette fois. Ils veulent être présents pendant la pleine période de production laitière, quand les animaux sont à l’herbe. En prime, ils retrouvent des familles rencontrées douze ans auparavant. Avec eux, leur premier livre et ainsi la réponse à la question que beaucoup leur avaient posée « qu’allez-vous faire de toutes les photos et toutes les notes que vous avez prises ? »

Et le troisième voyage, enfin, de septembre 2020 à janvier 2026 : un an en France d’abord, Covid oblige, puis la Scandinavie, puis le 4×4 expédié sur un bateau entre la Belgique et Montevideo, et l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale, l’Amérique du Nord.

Imaginez… Vivre pendant en tout huit ans dans un espace aménagé de 2 mètres de long sur 1,40 mètre de large. Emmanuel décrit l’intérieur : un lit, une cuisine, un coin salon, une salle de bain. « Et terrasse, et grand balcon« , dit-il avec un sourire non feint. Plusieurs confinements la première année, un problème de santé qui les a immobilisés pendant 7 mois, l’attente de pièces de rechange pour la voiture et une semaine tous les deux mois une pause pour la rédaction de la lettre de voyage, ils ont aussi passé presque un an entre quatre murs, dans des logements classiques, pendant le dernier voyage. Le reste, c’était la voiture aménagée en van.

Un congé sabbatique, pour mémoire, est ouvert à tous les salariés. Il n’est pas rémunéré mais ce n’est pas réservé à une catégorie particulière. Emmanuel le dit parce que c’est important.

Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - Le 4x4 Toyota aménagé
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Le 4×4 aménagé

Comment trouver des sujets pour un reportage photo : frapper aux portes

Premier voyage, 2001. Colette Dahan et Emmanuel Mingasson ont une adresse en Roumanie et une adresse en Iran. C’est tout. Pas de contacts préétablis, pas de base de données, pas de guide local. Tout va se faire sur le terrain.

Leur méthode se veut simple et efficace : aller sur les marchés, demander aux vendeurs d’où viennent les produits, remonter la chaîne jusqu’aux grossistes. À Istanbul, ils étalent une carte de Turquie dans un marché de gros en produits laitiers. Ça attire du monde. Chacun donne son avis, indique une fromagerie, une région, un producteur à ne pas rater. La carte comme outil de rencontre, c’est artisanal, c’est lent, on l’a oublié de nos jours, mais c’est efficace.

Pour leurs deuxième et troisième voyages, ils bénéficient d’Internet, qui leur permet de préparer quelques trajets avant d’arriver dans un pays. Mais la philosophie de Sur la Route du Lait veut que les rencontres restent spontanées, identiques dans l’esprit à ce qu’ils ont vécu en 2001.

Ces rencontres aboutissent-elles ? Ils ne reçoivent que trois refus en huit ans de voyage. Le premier lié à une croyance, celle de l’étranger qui pourrait apporter le mauvais œil dans la maison. Le deuxième refus venait de quelqu’un qui avait dit oui puis changé d’avis, probablement par pudeur sur ses conditions de vie. « Pourquoi vous venez chez nous, il n’y a rien à voir chez nous. » Le troisième refus s’est produit dans des circonstances similaires. C’est tout.

Emmanuel me l’a précisé lors de notre entretien, l’accueil s’est avéré identique partout où ils sont allés : Asie centrale, Amérique du Sud, Belgique, Norvège, Allemagne. Une fois leur projet expliqué, les portes s’ouvraient. Partout. Il résume en une phrase ce qui débloque la peur d’aborder des inconnus pour un reportage photo, et qu’il dit s’être répétée chaque fois qu’il hésitait à frapper à une porte : « Le seul risque que je prends, c’est qu’ils me disent oui.« 

Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - Soins en cave à la fromagerie Serro Balsamo dans l'Etat de Goiás, novembre 2023
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Soins en cave à la fromagerie Serro Balsamo dans l’Etat de Goiás, novembre 2023

Photographier un reportage : une journée sur le terrain

Colette et Emmanuel ont une même demande auprès des producteurs qui leur ouvrent leurs portes : être là pour la traite, rester jusqu’à la fin de la fabrication, du début à la fin.

La raison est simple : la traite prend du temps, et pendant ce temps-là, les gens ont les mains occupées mais la bouche libre. Pareil pendant la fabrication. Ces moments privilégiés permettent la discussion et surtout, sans que cela pose de problème, de sortir l’appareil de photo. La conversation s’installe naturellement, sans forcer.

Pas de questionnaire préparé, pas de liste de questions à cocher, mais une discussion à bâtons rompus. L’objectif premier de Colette et Emmanuel c’est de comprendre comment les gens vivent, comment ils s’organisent, comment leur façon de transformer le lait reflète l’adaptation à l’environnement dans lequel ils vivent. Un mode de vie nomade, une saison de production courte, un milieu de steppe, désertique ou au contraire sous la neige plusieurs mois par an, plusieurs espèces animales dans le troupeau, tout cela a une influence sur des techniques, intéressantes à connaître car elles permettent de comprendre le mode de vie et sont souvent héritées de traditions transmises parfois depuis des générations.

Sur le terrain, la coordination entre Emmanuel et Colette se fait naturellement. Il photographie pendant qu’elle note ou enregistre. Il ne pose pas de questions, elle ne photographie pas pendant qu’il cherche son cadre. Ça s’est calé ainsi naturellement entre eux.

Emmanuel réalise deux types d’images lors de chaque visite. Les photos documentaires d’abord : suivre un procédé de A à Z, photographier chaque étape pour pouvoir décrire une technique, un savoir-faire et s’en souvenir aussi. Et les photos de mise en valeur de l’humain : « Mon boulot, tel que je le conçois, c’est mettre en valeur le geste, mettre en valeur le travail. » C’est le témoignage qu’il souhaite apporter.

Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - Kirghizstan, juillet 2013
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Kirghizstan, juillet 2013

Quel matériel photo pour un reportage au long cours

Emmanuel Mingasson me dit avoir fait près de 80 % des images de ces 25 ans avec un seul objectif : un 24-70 mm f/2.8, monté sur un boîtier reflex au départ, devenu un hybride en cours de route. Le deuxième boîtier, plus discret, c’est un compact avec une focale fixe 28 mm. « Un petit bijou« , dit Emmanuel. Efficace, discret, silencieux.

Le 35 mm f/1.4 sort exceptionnellement, quand la lumière est tellement faible qu’il faut aller chercher l’ouverture maximale. Mais c’est rare. Les montées en ISO modernes et les logiciels de traitement comme Lightroom ont largement réduit ce besoin.

Alors que je lui pose la question de la vidéo, sa réponse est sans appel : absente, ou presque, et c’est assumé. « C’est difficile sur le terrain, il faut penser à tout, on a des gigas et des gigas le soir, le son, s’il est bon, s’il est pas bon…« . Comme je le comprends !

Pour lui, la vidéo entre en conflit direct avec la quête d’images. Quand on est en train de construire une image, on ne pense pas au plan vidéo. Et inversement. Emmanuel le regrette un peu, parce que dans une projection d’une heure et quart, quelques séquences de 15 à 20 secondes faites par Colette rendent le montage plus vivant. Mais pas au point de changer d’approche.

Ce que le smartphone de Colette apporte, en revanche, est réel. Un regard différent, spontané, peut-être moins construit. Et surtout : elle voit ce que lui ne voit pas, parce qu’elle n’a pas l’œil collé à un viseur. « Manu, arrête de parler, il faut que tu ailles voir là-bas. » C’est ça, travailler à deux.

Sauvegarder et classer ses photos en voyage : la méthode d’Emmanuel

C’est la contrainte de tout voyageur, d’autant plus au long cours. Devoir chaque soir, sans exception, sauvegarder et annoter ce qui a été fait pendant la journée. Sans ça, imaginez le travail au retour après des mois ou années de voyage : Emmanuel me l’a dit, ce serait tout simplement impossible. Le volume d’images accumulé par Sur la Route du Lait l’impose.

La règle de sauvegarde établie par Emmanuel, et que j’approuve pleinement, est simple et non négociable : on n’efface jamais une carte mémoire avant d’avoir deux copies sur deux supports distincts. En pratique : il a utilisé trois jeux de disques durs en permanence. Deux dans la voiture, dont un en sauvegarde Time Machine (couvrant à la fois le système et le disque photo). Un dans le sac à dos lors de chaque sortie à pied, quelle que soit la durée de la sortie. Si la voiture se fait dévaliser, il reste au moins une copie.

Au premier voyage, en diapo, pas de disque dur. les pellicules partaient par la poste depuis l’Asie centrale vers un ami qui les réceptionnait en France. Pas une seule ne s’est perdue, malgré le stress.

« Après un envoi, je ne dormais pas pendant 15 jours, et quand j’avais le message trois semaines après disant ‘on a bien reçu’, c’était le soulagement. »

Aujourd’hui, deux disques durs de 2 To suffisent pour l’ensemble d’un voyage. La taille d’un paquet de cigarettes. Deux autres disques contiennent les copies de sauvegarde et deux autres encore les sauvegardes Time Machine.

Le nombre de photos réalisées est forcément impressionnant : environ 55 000 images pour le dernier grand voyage, soit une trentaine de déclenchements par jour en moyenne. Selon les rencontres, ça peut aller de 20 photos dans une journée calme à 500 dans une journée chargée. Emmanuel précise qu’une partie de ces images sert de mémoire technique : photographier chaque étape d’une fabrication complexe, pas pour faire une belle image, mais pour pouvoir reconstituer le procédé plus tard. Ce point est important. En voyage on ne fait jamais « que » des belles images mais aussi toutes celles qui servent à référencer, documenter, illustrer.

Les mots-clés sont appliqués dans Lightroom le soir même, avant tout traitement. C’est la priorité absolue. Afin de faciliter la recherche ultérieure des photos, Emmanuel a adopté une structure systématique : pays, ville ou village, nom du voyage, puis description de tout ce qui est visible sur la photo. Pour les fabrications fromagères, les mots-clés sont précis et techniques, calqués sur le vocabulaire de la filière. Il lui faut pouvoir retrouver une photo faite en Ouzbékistan en 2001 dans les mêmes conditions qu’une photo faite la semaine dernière. Les diapos du premier voyage ont été scannées et intégrées dans Lightroom avec cette même structure. La méthode fonctionne : lorsque je lui ai demandé quelques photos d’illustrations, je les ai reçues le lendemain.

En complément des mots clés, l’arborescence Lightroom établie par Emmanuel suit la logique du voyage : par pays, puis par date, jour par jour. Des collections complètent le système : par lieu, par thème, par lettre de voyage publiée ou nombre d’étoiles. Lightroom exclusivement, depuis le début. Je me souviens avoir évoqué avec lui lors d’un de nos échanges la possibilité de rechercher des photos non référencées, et de synchroniser les mots clés entre Lightroom Classic et les autres déclinaisons de Lightroom. Ce n’était alors pas possible. Depuis la version 15.4, ça l’est et cela facilite le travail de référencement. À garder en mémoire pour le prochain voyage !

De ces 55 000 photos, Colette et Emmanuel ont choisi environ 10 % des images en première sélection. Leurs critères sont classiques : intérêt esthétique, capacité à raconter quelque chose, pertinence documentaire. Le traitement du soir est resté minimum : que la photo commence à ressembler à quelque chose, qu’elle soit utilisable rapidement. Le traitement approfondi viendra plus tard.

Et pendant qu’Emmanuel fait tout ça, Colette retranscrit, traduit si nécessaire, et rédige. Cela représente deux heures de travail minimum, chaque soir. « Si on veut garder une trace et faire les choses intelligemment, il n’y a pas d’autre façon.« 

Sur la route du lait : 25 ans de reportage photo amateur à travers le monde avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson
Sur la route du lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Mongolie, juin 2002

Publier ses photos : pourquoi la lettre papier plutôt que le tout gratuit

Dès le premier voyage, Colette et Emmanuel l’ont décidé : les abonnés de Sur la Route du Lait recevront chaque mois une lettre papier, envoyée par la poste. Pas un email, pas un contenu web. Un courrier physique, quatre pages, noir et blanc au début, puis couleur. Colette et Emmanuel vont ainsi réunir entre 250 et 340 abonnés payants selon les voyages.

Le parti pris est explicite et assumé : aller à contre-courant du « tout gratuit sur Internet ». Pas par prétention. Par conviction qu’une lettre physique se lit différemment, qu’elle ne se perd pas dans une boîte mail, qu’elle mérite une attention différente, parce que des gens ont travaillé pour la créer et que d’autres ont payé pour la recevoir. Cet engagement, il structure aussi le rythme de travail du soir. Pas question de bâcler.

Mais ce n’est pas tout. Il y a un deuxième engagement, moins visible mais tout aussi important : envers le respect dû à tous les producteurs rencontrés. Des gens qui ont ouvert leur maison, expliqué leur métier, parlé de leur vie, et à qui Emmanuel et Colette ont dit : « Notre objectif, c’est de faire connaître votre vie à des gens qui ne pourront jamais venir vous voir.« 

La logistique de chaque voyage a reposé sur un camp de base en France, tenu par des amis. Les textes partent par email, les pellicules par la poste au premier voyage (lettres mises en page, imprimées, expédiées depuis la France). Dès le deuxième voyage, un PDF bouclé depuis la voiture est envoyé pour impression et mise sous enveloppe. Encore des tâches à gérer : au deuxième voyage, plus de 300 lettres par mois sont ainsi traitées. « Il faut de bons amis.« 

Réseaux sociaux et photo : un carnet d’adresses, pas une vitrine

Colette et Emmanuel m’ont avoué ne pas être à l’aise avec les réseaux sociaux. Lors du premier voyage, les réseaux n’existaient pas. Avec le temps, ils ont adopté une présence minimale sur Facebook. Et puis, un jour, au Brésil, des producteurs qu’ils venaient de rencontrer leur ont dit : « on veut voir les photos que vous avez faites chez nous, mettez-les sur Instagram« . Le compte Instagram Sur la Route du Lait est né comme ça, d’une demande du terrain.

Ils se sont alors mis à publier une série de photos toutes les trois semaines environ. Il n’y a pas de stratégie, pas de calendrier, pas de ligne éditoriale calée à l’avance. C’est un partage plaisir, quand l’envie et le temps sont là.

L’usage réel d’Instagram et des réseaux qu’Emmanuel m’a décrit n’est pas celui qu’on imagine. Pas une vitrine. « De toute façon, le système est fait pour qu’on ne voie plus rien. » Ce qui compte, c’est le lien direct avec les personnes rencontrées. Quelques jours avant notre échange, il recevait un message WhatsApp d’un producteur brésilien rencontré dans une ferme. Vingt-cinq ans de voyage, et c’est ça la vraie valeur des réseaux sociaux pour un projet comme le leur : maintenir l’échange avec les gens qui vous ont ouvert leur porte.

Livre photo, expo, projection : finir le travail

Après le retour du premier voyage, en 2002, afin de faire connaître leur démarche et leurs propos, Colette et Emmanuel commencent par des expos photo et des projections. Un carrousel Kodak et cinq paniers de diapos ! Le texte est lu en direct pendant que les images défilent. La restitution est si bien réalisée que les gens ne prêtent pas garde aux changements de carrousels, ressortent en disant qu’ils croyaient être au cinéma. Ces projections ont généré des discussions, des rencontres, et finalement l’idée d’un livre. Le premier est sorti en 2006, quatre ans après le retour. Ils ne l’avaient pas prévu. Il s’est si bien imposé qu’il est épuisé.

Le deuxième voyage se voulait plus structuré en termes de communication et de façons de le partager. Continuer avec une lettre de voyage, alimenter le site web, tandis que le projet de livre, d’expos, de conférences, ils l’ont en tête avant même de partir.

Aujourd’hui, quatre mois après le retour du dernier voyage, nos deux voyageurs se réinstallent. Ils se posent. Un prochain livre est déjà en réflexion. Des projections peut-être, des conférences, une expo. Rien n’est calé, et c’est bien normal. Il faut laisser le temps au temps.

Pour Emmanuel, la question de la restitution (livre, expo, projection) n’est pas un bonus. C’est la raison d’être du travail de terrain.

« Si on ne fait pas la deuxième partie du travail, la première ne sert à rien. »

C’est dit simplement, mais c’est une des phrases les plus importantes de cette conversation. Deux mille quatre cents pages de notes, des milliers de photos qui restent sur un disque dur, que personne ne verra jamais, que les enfants jetteront sans savoir ce que c’est. Emmanuel y pense.

Rematérialiser ce qu’on a vécu est essentiel quand tout est numérique. Imprimer, publier, exposer. Ce n’est pas accessoire, c’est finir le travail.

Ce que 25 ans de reportage enseignent aux photographes amateurs

Photographe amateur, Emmanuel a fait cinq jours de stage avant de partir en reportage pour un an. Boîtier d’entrée de gamme. Pas de formation professionnelle en photographie. Et 25 ans plus tard, ses images tiennent. Elles racontent quelque chose. Elles ont servi de base à des livres, des expos, des projections qui ont touché leur public.

Je le répète souvent, la technique photo s’apprend vite. Apprendre à regarder, par contre, prend une vie. C’est ce que démontre concrètement Sur la Route du Lait sur 25 ans de pratique.

Mener un tel projet documentaire long n’est pas réservé aux professionnels. C’est accessible à quiconque décide de commencer, pas juste d’y penser pour le faire un jour, mais de commencer.

Emmanuel me l’a répété tout au long de notre échange, l’obstacle n’est jamais technique. Il est psychologique. « J’ose pas, je sais pas, peut-être que ça ne marchera pas... » Il faut savoir distinguer les rêves des projets. Un rêve reste flou. Un projet, ça se prépare concrètement : du temps, de la logistique, un budget, un moyen de transport, une langue si nécessaire. Et on y va, même sans savoir ce qu’on va trouver.

Colette et Emmanuel m’ont aussi confié que travailler à deux apporte quelque chose que le travail solo ne peut pas donner : deux regards, deux outils, deux façons de voir la même scène. Et quelqu’un qui vous dit ce que vous étiez en train de rater.

Colette a mis une citation de Jacques Brel en exergue du premier livre. Elle résume mieux que n’importe quelle conclusion ce que cette conversation dit aux photographes qui hésitent.

Ce qu’il y a de difficile, pour un homme qui habiterait Vilvoorde et qui voudrait aller à Hong Kong, ça n’est pas d’aller à Hong Kong, c’est de quitter Vilvoorde. »

Où retrouver Sur la Route du Lait de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson

Vous pouvez retrouver les voyages de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson sur le site Sur la Route du Lait.

Le deuxième livre est toujours disponible : Voix lactées de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson

Voix lactées, le livre de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - projet Sur la route du lait : 25 ans de reportage photo amateur à travers le monde
Voix lactées, le second livre de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson

Les projets à venir : un troisième livre, des projections, une expo. Pas de date annoncée encore, le travail est en cours. L’histoire de Sur la Route du Lait n’est pas terminée.

Un grand merci à Emmanuel Mingasson pour le (long) entretien qu’il a bien voulu m’accorder pour relater ces périples autour du monde.


Pourquoi ce lien est une mine d’or et que les textes sont aussi intéressants que les photos

Je me devais de vous le dire.
La vraie raison pour laquelle j’ai créé Destination Photo dont c’est le tout premier lancement ces jours-ci avec un tarif spécial,
c’est que j’en ai assez de voir des gens s’inscrire sur les forums et les groupes de réseaux sociaux,
et ne pas y trouver ce qu’ils pensaient y trouver.

Ces sites et réseaux rassemblent des inconnus.
Les échanges partent dans tous les sens.
Les réponses valent ce que valent certains de leurs auteurs, et personne n’en sait rien.

Lorsque j’ai interrogé un panel de lecteurs ces derniers mois, la plupart m’ont dit que le temps passé sur ces sites était souvent du temps perdu.
D’autres m’ont dit qu’ils ne fréquentaient pas les réseaux, ni les forums, parce qu’ils les trouvaient nocifs
D’autres encore m’ont dit qu’ils n’y apprenaient rien, et qu’ils se sentaient trop souvent rabaissés.
Pour ne pas dire plus sans être grossier.

Mais il n’y a pas que ça…

De mon côté, j’avais depuis longtemps envie de partager avec vous de façon plus directe, plus rapide.
Il m’arrive souvent de découvrir une astuce, un raccourci, un petit quelque chose qui me rend service.
Je voulais pouvoir vous partager ça sans passer par la publication d’un article sur le site.
L’article suppose toujours un délai de publication, et il est noyé dans la masse du web.

Poster dans un espace communautaire, c’est rapide, simple, et tous les participants peuvent enrichir l’échange.

Exemple :
Après avoir commenté une photo dans l’espace Regard croisés, j’ai repensé à une photographe.
Elle a travaillé sur un sujet proche, dans les années 60.
J’ai fouillé mes notes, mis en forme et publié un sujet dans l’espace Atelier photo.
Mercredi matin, je découvrais ceci sous la publication :
“Ce lien est une mine d’or !! Les textes sont aussi intéressants que les photos. Mille merci à vous”.

C’est ainsi que l’on progresse ensemble.

Autre exemple :
Mercredi, dans un échange qui dure depuis la semaine dernière sur une photo d’architecture postée par une participante.
Elle joue le jeu de la refaire en tenant compte des conseils qu’on lui donne.

A la suite, plusieurs personnes ont lancé l’idée de faire une sortie en commun en ce lieu.
Pour faire plus ample connaissance, pour retrouver du lien que l’on a trop souvent perdu ces dernières années.
Pour partager leurs pratiques.

Un troisième exemple :
Mes notes d’étude sur les photographes.
Mardi, j’ai posté une publication (avec PDF téléchargeable) pour présenter un photographe (pas toujours) connu.
Parmi les commentaires, celui de Patrick :

“Merci pour cette fiche lecture très bien faite, agréable à lire en Pdf, tout simplement parce que je ne connaissais pas ce monsieur,
pour moi c’est une découverte. Je suis certain qu’il y en aura d’autres compte tenu de ta culture photo que je n’ai pas.
Donc encore merci de nous en faire profiter !”

Bien sûr qu’il y en aura d’autres, j’ai plus de 80 fiches de photographes dans ma base de notes.
Et ça augmente sans cesse.

Ah, une dernière chose…

Dans cette communauté, je peux vous partager des vidéos et des audios.

Parce que parfois, une vidéo est plus pratique pour expliquer quelque chose.
Parce que parfois aussi, m’écouter parler via un message audio pendant quelques minutes est plus rapide pour vous que de lire plusieurs pages de texte.

J’arrête là, parce que vous me connaissez, je suis passionné.
Et que cette lettre est déjà fort longue.

Voici le lien pour tout savoir et vous inscrire à DESTINATION PHOTO en profitant du tarif de lancement valable ces jours-ci :

https://formation.nikonpassion.com/communaute-photo?coupon=SLYN78Q

Jean-Christophe

PS : je répondrai aux questions reçues dans une prochaine lettre.

PPS : l’inscription à cette communauté en ligne, valable 12 mois à compter du jour d’inscription, vous permet d’accéder à tout ce que contiennent déjà les espaces Regards Croisés et Atelier Photo.
Ainsi qu’à tout ce qui sera ajouté dans les semaines et mois prochains.

1- L’espace Regards croisés
Vous déposez une image.
Vous expliquez ce qui vous préoccupe, ou ce qui vous satisfait.
Les autres membres et moi prenons le temps de vous faire une réponse réfléchie et argumentée.

2- L’espace Atelier Photo
Ce que vis un(e) photographe passionné(e) :
– une technique que je viens de tester et valider
– une approche qui a changé ma façon de photographier
– une découverte sur un logiciel
– une réflexion sur la photographie et les photographes
– un avis sur votre site photo
– …
Ce que vous allez y trouver n’est pas dans les formations.
Parce que ce n’est pas un cours. C’est un atelier.


APS-C ou plein format ? La réponse courte existe. La voici

Chaque semaine, je reçois la même question des dizaines de fois.
En ce moment plus que jamais, avec les promos Nikon de l’été.

“APS-C ou plein format ?”

Alors voilà ma réponse. Directe. Cash.
La vraie question n’est pas le format du capteur. C’est votre usage.
Ce n’est pas une question de niveau. Un débutant peut avoir un usage très précis.

Chez Nikon, en 2026, l’APS-C c’est le Z50II ou le Zfc.
Plus léger, plus compact, moins cher.
Idéal pour voyager, débuter, filmer face caméra, photographier sans se charger comme un mulet.

Le Z50II est le meilleur choix pour quelqu’un qui commence ou veut un deuxième boîtier discret.
Le Zfc est le meilleur choix pour quelqu’un qui veut se remémorer sa grande époque argentique.

Si le look rétro vous parle vraiment, le Zfc fera le job.
Mais à fonctions égales, le Z50II gagne sur tous les points techniques.
Mon choix entre les deux ? Z50II. Nouvelle génération, nouvel autofocus.

Le plein format, c’est une autre histoire.
D’ailleurs, ça veut dire quoi “plein format” ?
Ça veut dire “24 x 36”.

Le plein format n’est pas supérieur.
Il est différent, et plus exigeant.
Un capteur 24 x 36 vous donne des flous d’arrière-plan plus prononcés.
Une meilleure montée en sensibilité au-delà de 6 400 ISO.
Mais, revers de la médaille, il faut passer à la caisse pour les objectifs.
Surtout avec 45 Mp, une définition qui suppose des optiques (et un ordinateur) à la hauteur, sans quoi cela ne sert à rien.

Acheter un Z5II pour photographier les lapins au fond du jardin, c’est sous-exploiter le boîtier.
Acheter un Z50II quand vous avez besoin de tirages grand format en studio, c’est se tirer une balle dans les 2 pieds.
La bonne question à se poser : est-ce que vos photos actuelles sont limitées par le boîtier, ou par autre chose ?

En clair, le format du capteur n’a d’importance que si votre pratique l’exige.
Ce qui sous-entend que vous savez définir votre pratique avec précision.
“Je veux faire un peu de tout”, ce n’est pas précis.

Dans la communauté privée qui arrive bientôt, nous aurons l’occasion d’en reparler en regardant vos photos. Mais voici les grandes lignes à noter.

L’erreur classique : se projeter dans le photographe qu’on veut devenir plutôt que dans celui qu’on est aujourd’hui.

Vous débutez ? Vous voulez progresser sans vous ruiner ? Le Z50II. Point.
Des objectifs NIKKOR Z DX. Re-point.

Vous voulez aller plus loin et disposer d’un boîtier polyvalent pour le quotidien, le reportage et l’animalier courant ?
Le Z5II est le plein format le plus accessible, autofocus au top et meilleur rapport performances/prix de la gamme.

Vous faites de la photo et de la vidéo au niveau expert/pro ? Vous voulez un seul boîtier pour tout ? : le Z6III.
Autofocus au top aussi, 24 Mp très exploitables, et ce petit écran supérieur dont je ne sais pas me passer.

Vous cherchez le meilleur compromis pro sans le prix du (gros et lourd monobloc) Z9 ? Le Z8.

Je ne suis pas dupe, je sais que vous allez encore hésiter entre ces modèles après avoir lu ça.

Aussi notez que la réponse n’est pas dans les fiches techniques.
Elle est dans votre façon de photographier, les photos que vous faites, les objectifs que vous avez ou que vous envisagez.
Vous ne ferez pas le mauvais choix si vous partez de votre usage réel, pas de vos seules envies.

Et surtout, partez du boîtier, pas de la remise. Ensuite vérifiez si ce boîtier est en promo.
Les remises immédiates Nikon de l’été sont une bonne occasion de faire un choix que vous reportez depuis trop longtemps.

Mais… ne vous fiez pas qu’aux remises les plus importantes.
Les objectifs comptent autant.
La remise la plus importante n’est pas forcément le meilleur choix pour vous.


Jean-Christophe

PS : La réponse longue existe aussi. Elle est ici.

Lisez les autres lettres du moment : la Lettre Photo


Lightroom Classic 15.3 : ce qui change vraiment (et ce qui attend encore)

Adobe a déployé Lightroom Classic 15.3, Lightroom 9.3 et Camera Raw 18.3 mi-avril 2026. Très sincèrement, aucune révolution, mais une nouveauté structurante : le traitement IA (réduction du bruit, super résolution, synchronisation) passe en arrière-plan, ce qui vous permet de travailler pendant que Lightroom s’occupe du reste. Le reste de la mise à jour apporte des ajustements utiles, notamment trois outils expérimentaux dans Camera Raw 18.3 à surveiller de près.

Note : il existe une version plus récente de Lightroom Classic

Ce que Lightroom Classic 15.3 change concrètement dans votre workflow :
Le traitement IA (réduction du bruit, super résolution, synchronisation) passe en arrière-plan dans Lightroom Classic.
Le tri assisté améliore la détection des images à faible profondeur de champ.
12 nouveaux presets argentiques rejoignent la catégorie Style.
Les fichiers PSB sont synchronisables dans tout l’écosystème Lightroom.
Camera Raw 18.3 introduit trois outils expérimentaux : déformation anamorphique, curseur Projection, sélection par plage de profondeur.
Les formats compressés HQ Sony (A7 V) sont désormais pris en charge.

Le changement le plus concret : le traitement IA Lightroom passe en arrière-plan

Avec Lightroom Classic 15.3, la réduction du bruit IA (apparue dans 12.3), la super résolution, ainsi que les fonctions de synchronisation et de copier-coller de corrections IA s’exécutent désormais en arrière-plan. Vous pouvez continuer à travailler sur d’autres images pendant que le traitement se déroule. Seule limite : les images en cours de traitement restent inaccessibles jusqu’à la fin de l’opération, logique.

Lightroom Classic 15.3 : ce qui change vraiment
Traitement IA en arrière plan avec Lightroom Classic 15.3

Ce changement peut faire la différence, mais il faut bien comprendre de quoi il s’agit. Jusqu’ici les fonctions faisant appel au traitement IA s’exécutaient en avant-plan, vous imposant d’attendre la fin de leur exécution. Désormais, ces fonctions tournent en arrière-plan dans Lightroom Classic, ce qui vous permet de continuer à travailler sans attendre.

Lorsqu’on traite des lots importants d’images, ça fait une sacrée différence. Je pense à la réduction du bruit IA en particulier, qui peut prendre de longues minutes si vous traitez 20, 50 ou 100 images à la suite.

Notez toutefois que tant que le traitement n’est pas terminé, vous ne pouvez pas travailler sur les images en cours de traitement. Logique. A vous d’anticiper et de garder sous le coude quelques images que vous allez pouvoir traiter pendant que les autres se font refaire la façade.

Tri assisté : meilleure détection des faibles profondeurs de champ

Lightroom Classic 15.3 : ce qui change vraiment
Lightroom Classic 15.3 : tri assisté

J’ai testé plusieurs fois l’outil de tri assisté pour conclure, à chaque fois, que son intérêt pour moi est proche de zéro. Je ne dois pas être le seul à penser ça car Adobe a amélioré sa détection des images à faible profondeur de champ.

Autrement dit, Lightroom devient, en théorie, un peu plus capable de distinguer ce qui est net de ce qui est raté, dans les situations où la mise au point joue sur quelques centimètres. Pour les photographes de portrait ou de macro, où la mise au point tient parfois sur un centimètre, l’amélioration peut valoir un test. Mais je ne change pas d’avis : j’ai plus vite fait de parcourir très vite mes images et de décider par moi-même du sort que je leur réserve.

Nouveaux presets Lightroom 15.3 : l’argentique au programme

Adobe ajoute 12 nouveaux presets dans la catégorie Style, avec une inspiration pellicule argentique ? Je ne sais pas si DxO Film Pack et la Nik Collection sont dans le collimateur d’Adobe, mais des presets originaux restent toujours bon à prendre, et cela peut vous éviter le recours à des outils tiers dont la spécialité est justement de proposer des rendus argentiques.

Synchronisation des fichiers PSB dans tout l’écosystème Adobe Lightroom

Les fichiers PSB (format Photoshop pour les documents volumineux) peuvent maintenant être synchronisés dans l’ensemble de l’écosystème Lightroom.

Sincèrement, cela ne concerne pas vraiment les photographes, mais là-aussi c’est toujours bon à prendre en terme de compatibilité globale entre logiciels Adobe. Ce support lève en outre une limitation qui agaçait les utilisateurs travaillant sur plusieurs machines ou avec des fichiers haute résolution.

Camera Raw 18.3 : trois outils expérimentaux à surveiller

Camera Raw est le moteur de traitement commun à Lightroom et Photoshop. Les fonctions expérimentales qui y apparaissent annoncent les prochaines versions de Lightroom.

Vous connaissez le principe désormais : Adobe commence par ajouter des fonctions expérimentales dans Camera RAW avant de les généraliser dans la version de Camera RAW intégrée à Lightroom ou Photoshop.

Avec cette mise à jour de l’écosystème Lightroom, trois outils arrivent, à vous de les évaluer.

La déformation des images anamorphiques, accessible depuis les outils de recadrage et de géométrie, s’adresse aux vidéastes et photographes qui travaillent avec des optiques anamorphiques.

Le curseur Projection corrige la déformation des volumes en bord de cadre. Les sujets étirés par les grand-angles en périphérie, c’est exactement ce problème-là (corrigé par DxO CLear View par exemple). Cet outil opère aussi dans les outils de recadrage et de géométrie.

La sélection de plages de profondeur, dans les outils de masquage IA, permet de cibler une zone définie par la profondeur dans l’image. Une extension logique du masquage intelligent déjà en place.

Ces trois fonctions sont expérimentales. Elles peuvent changer avant d’être intégrées définitivement.

Lightroom 15.3, le reste en bref

Je vous cite les compléments en vrac :

  • Envoi d’images vers Firefly Boards pour créer des moodboards
  • Zoom dans l’outil de recadrage (déjà présent dans Lightroom Classic, désormais disponible dans Lightroom)
  • Recherche sémantique en langage naturel dans Lightroom Cloud (ça, j’adore !)
  • Paramétrage des transferts vers Photoshop (format, SDR/HDR)
  • Génération de fichiers annexes .acr pour stocker les données des masques et outils IA
  • Les formats RAW compressés HQ introduits par Sony avec l’A7 V sont désormais reconnus nativement.
  • Nouveaux appareils et objectifs pris en charge : liste des objectifs et liste des appareils photo

Faut-il faire la mise à jour ?

Oui, comme toujours avec l’écosystème Lightroom car toute mise à jour apporte aussi son lot de correction de bugs et d’optimisation des performances. Et comme vous payez un abonnement pour ça, autant en profiter.

La bascule du traitement IA en arrière-plan suffit à justifier la mise à jour si vous utilisez régulièrement la réduction du bruit ou la super résolution. Le reste est en bonus.

La mise à jour se fait toujours via Adobe Creative Cloud.

Ce que j’attends encore dans Lightroom CLassic

Utilisateur quotidien de l’écosystème Lightroom (Lightroom Classic, Lightroom Desktop, Lightroom Mobile, Lightroom Web), je rêve de voir arriver des fonctions (vraiment) utiles comme :

  • la synchronisation des paramètres prédéfinis (presets) entre les différentes versions de Lightroom (actuellement il existe deux versions des presets),
  • la synchronisation des mots-clés,
  • la recherche en langage naturel dans Lightroom Classic,
  • la recherche de photos pilotée par l’IA (comme le fait Lightroom Desktop en partie).

Je n’ai aucune info sur le fait que ces fonctions puissent arriver un jour ou non. Certaines me semblent peu probables, en raison des différences d’architecture technique entre Lightroom Classic et Lightroom Cloud. D’autres sont des choix stratégiques de la part d’Adobe. Cela dit, Lightroom Classic commence à tailler quelques croupières à ses concurrents, dont la suite DxO. Si Adobe s’attaque aussi aux moteurs de recherches comme Excire, certains de mes vœux pourraient être exaucés.

Questions fréquentes sur Lightroom 15.3 et l’écosystème Lightroom

Qu’est-ce que le traitement IA en arrière-plan dans Lightroom Classic 15.3 ?

Depuis la version 15.3, les opérations de réduction du bruit IA, de super résolution et de synchronisation de corrections s’exécutent sans bloquer l’interface. Vous pouvez continuer à sélectionner, développer ou exporter d’autres images pendant que le traitement tourne. Les images en cours de traitement restent temporairement inaccessibles.

Quelles sont les nouveautés de Camera Raw 18.3 ?

Camera Raw 18.3 propose trois outils expérimentaux : un outil de déformation pour les optiques anamorphiques, un curseur Projection pour corriger l’étirement des sujets en bord de cadre avec les grand-angles, et une sélection par plage de profondeur dans les outils de masquage IA. Ces fonctions sont expérimentales et peuvent évoluer avant intégration définitive dans Lightroom.

Faut-il mettre à jour vers Lightroom Classic 15.3 ?

Oui. Toute mise à jour Adobe corrige des bugs et optimise les performances. Si vous utilisez la réduction du bruit IA ou la super résolution sur des lots d’images, le passage en arrière-plan justifie seul la mise à jour. La procédure se fait via Adobe Creative Cloud.

Lightroom Classic 15.3 prend-il en charge le Sony A7 V ?

Oui. Lightroom Classic 15.3 et Camera Raw 18.3 intègrent la prise en charge des formats RAW compressés HQ introduits par Sony avec l’A7 V, ainsi que de nouveaux objectifs. La liste complète est disponible sur le site Adobe.

Que sont les presets « Style inspiré d’un film » dans Lightroom 15.3 ?

Adobe ajoute 12 nouveaux presets dans la catégorie Style, avec une esthétique argentique. Ils peuvent servir de point de départ pour travailler des ambiances colorimétriques proches du rendu pellicule, sans recourir à des outils tiers spécialisés comme DxO FilmPack ou Nik Collection, même si le niveau de simulation reste différent.


Format photo pour le web : JPG, définition, résolution et taille expliqués

Pour publier ses photos sur le web sans perdre en qualité ni en contrôle, il faut comprendre une chose simple : le web a ses propres règles, très différentes de l’impression ou de l’archivage.

Sur le web, ce qui compte c’est ce que voit le spectateur et le temps que met la page à s’afficher. Tout le reste, y compris la résolution en dpi, est une question d’impression et ne vous concerne pas ici.

Réponse rapide : pour publier vos photos sur le web, utilisez le format JPG avec une définition de 1 024 pixels sur le plus grand côté. Oubliez la résolution (72 ou 300 dpi n’ont aucun impact à l’écran) et visez un poids de fichier entre 150 et 300 Ko. L’orientation dépend du sujet et de l’usage, pas d’une règle imposée par les plateformes.

Publier ses photos au bon format : le type de fichier

RAW, JPG, TIFF, PSD… il existe de nombreux formats liés à la prise de vue et au traitement des images, et ça change chaque année. Mais dès qu’il s’agit de publier une photo sur le web, le champ des possibles se réduit fortement :

  • Le RAW n’est pas lisible par un navigateur.
  • Le TIFF ne l’est pas non plus dans la plupart des cas (certains navigateurs disposent d’extensions pour le TIFF mais rien n’est standard).
  • Le PSD, format natif de Photoshop, n’a évidemment rien à faire en ligne.

Tous ces formats relèvent du flux de travail du photographe, pas de la diffusion, et encore moins sur le web. Qu’on se le dise.

Pendant longtemps, le JPG a été le format standard du web photo. Il reste aujourd’hui le plus universel : tous les navigateurs l’affichent, tous les services l’acceptent, et il offre un compromis efficace entre qualité d’image et poids de fichier.

Pour une publication simple, maîtrisée et compatible partout, le JPG fait parfaitement le travail.

Depuis quelques années, de nouveaux formats web sont apparus, comme WebP ou AVIF. Leur objectif est clair : réduire encore le poids des fichiers à qualité visuelle équivalente, voire supérieure au JPG. Sur le papier, ces formats sont plus performants. Dans la pratique, leur adoption dépend du navigateur.

WebP a été développé par Google et est aujourd’hui supporté par tous les navigateurs modernes. AVIF, plus récent, offre une compression encore supérieure mais reste moins universel. WordPress, à partir de la version 5.8, intègre nativement le support WebP. Ces formats sont pertinents si votre site gère automatiquement la conversion à l’export.

Sur le web, la question du format ne se pose donc pas très longtemps.

Si votre photo doit être vue dans un navigateur, partagée, chargée rapidement et affichée correctement sur tous les écrans, le JPG reste le format de référence côté photographe.

Les formats comme WebP ou AVIF relèvent davantage de l’optimisation technique côté site que d’un choix créatif ou éditorial à l’export.

Quelle définition d’image pour le web ?

Ici, on parle uniquement de la taille d’une photo en pixels. Un appareil photo de 24 Mp produit des images de 6 000 × 4 000 pixels. C’est ça, la définition : une valeur absolue, indépendante de tout support.

Pour le web, cette définition doit être réduite. Non pas pour « faire joli », mais pour s’adapter à la réalité des écrans sur lesquels vos photos seront consultées. Et cette réalité est simple : il n’existe pas un écran type, mais une multitude de tailles et de définitions différentes. Là-aussi, ça change sans cesse.

Ordinateurs, tablettes, smartphones, téléviseurs : chacun affiche les images selon ses propres contraintes. À titre indicatif, on trouve aujourd’hui des écrans aux définitions très variées, par exemple :

  • 1280 × 800
  • 1366 × 768
  • 1440 × 900
  • 1920 × 1080
  • 1920 × 1200
  • 2560 × 1440
  • 3840 × 2160

Il est donc illusoire de vouloir choisir une définition « parfaite » à l’avance. Vous ne savez pas si votre photo sera vue sur un écran de 24 pouces, un portable 13 pouces ou un smartphone (bien que la réponse soit le smartphone très probablement). Et paradoxalement, certains smartphones récents affichent autant de pixels qu’un écran Full HD. Le support ne dit plus grand-chose de l’usage réel.

Un autre point mérite d’être pris en compte : plus la définition publiée est élevée, plus la réutilisation de l’image devient facile. Si une photo est récupérée sans votre accord (c’est presque toujours le cas), elle pourra servir aussi bien sur le web que sur papier, à condition que sa taille le permette. Merci d’avoir offert votre photo.

Il faut donc faire un choix raisonné. De mon côté, je publie mes photos avec une définition de 1 024 pixels sur le plus grand côté. Cela limite le poids des fichiers, simplifie la gestion des images et reste largement suffisant pour un affichage à l’écran.

Jamais au-delà.

Cette définition volontairement réduite améliore le temps de chargement des pages, ce qui est bénéfique pour le référencement (et la planète…). Et c’est aussi beaucoup plus confortable à consulter sur smartphone, notamment lorsque la connexion mobile est loin d’être optimale (ce qui est souvent le cas encore).

Quelle résolution d’image pour le web ?

La résolution est souvent confondue avec la définition, alors qu’il s’agit de deux notions différentes. La résolution correspond au nombre de pixels par pouce que contient une image. Le pouce est une unité de longueur équivalente à 2,54 centimètres.

Elle s’exprime en points par pouce (PPP) ou en dots per inch (DPI). Plus la valeur est élevée, plus les pixels sont concentrés sur une même surface. Contrairement à une idée répandue, la résolution n’a aucun lien avec le taux de compression JPG ni avec la qualité visuelle d’une image à l’écran.

J’avais prévenu, c’est le genre de notion qui peut vite embrouiller.

La définition est une valeur absolue : le nombre total de pixels qui composent l’image.
La résolution est une valeur relative : la manière dont ces pixels sont répartis sur une longueur donnée.

La résolution sert uniquement à déterminer la taille d’un tirage papier lors de l’impression. Une imprimante peut rapprocher ou espacer les gouttes d’encre. Un écran, lui, ne le peut pas : un pixel image correspond toujours à un pixel écran.

Lorsqu’il s’agit de publier une photo sur le web, la résolution devient donc sans importance. Ce qui compte, c’est la définition en pixels, pas une valeur arbitraire comme 72 dpi ou 300 dpi.

En pratique, concentrez-vous sur deux choses : la définition finale de l’image et le poids du fichier. Ce sont elles qui influencent l’affichage à l’écran, le temps de chargement et le confort de lecture.

Autrement dit, une photo de 1 024 × 683 pixels aura un poids brut, sans compression, d’environ 2 Mo, que sa résolution soit indiquée à 72 dpi ou à 300 dpi. Cela correspond à la taille réelle des données de l’image, calculée simplement :

1 024 × 683 pixels en RVB (chaque pixel est codé sur 3 octets, rouge, vert et bleu) = 699 392 × 3 ≈ 2 Mo.

Définition vs résolution : quelle différence pour le web ?

La définition est le nombre total de pixels d’une image (ex. : 1 024 × 683 px). C’est ce qui détermine la taille d’affichage à l’écran.

La résolution (dpi) indique la densité de pixels par pouce. Elle n’a d’utilité que pour l’impression. À l’écran, 72 dpi et 300 dpi donnent strictement le même résultat visuel.

Pour publier sur le web, la seule valeur qui compte est la définition en pixels, accompagnée du poids du fichier après compression JPG (idéalement entre 150 et 300 Ko).

Cependant, sur le web, on utilise le format JPG qui permet de compresser l’image, c’est-à-dire de réduire son poids sans perdre trop de qualité visuelle. Grâce à cette compression, une même image peut peser entre 150 et 300 Ko au lieu de 2 Mo, ce qui la rend beaucoup plus rapide à charger et à afficher.

Les dpi (72 ou 300) n’affectent pas la taille du fichier numérique : ils indiquent uniquement la taille d’impression (ex. : 72 dpi = image plus grande à l’impression que 300 dpi pour le même nombre de pixels).

À retenir pour le web : pixels et poids du fichier. La résolution en dpi est hors sujet.

Si vous avez tenu le coup jusque-là, vous avez compris l’essentiel. Félicitations.

Quel format et orientation privilégier pour publier une photo?

Une autre question revient souvent au moment de publier ses photos sur le web : faut-il privilégier le format paysage ou le format portrait ?

Ma bonne dame… carottes ou poireaux ? Bouteille verre ou bouteille plastique ? La réponse n’a rien de scientifique : vous faites ce que vous voulez. Ce sont vos images, personne n’a à vous imposer un format, même pas Instagram !

Si une photo a été pensée et construite en portrait, publiez-la en portrait. Si elle a été conçue en paysage, publiez-la en paysage. Et si vous décidez de faire l’inverse, c’est votre choix. La publication ne doit pas trahir l’intention de départ, mais elle peut s’en affranchir si vous l’assumez.

Quelques précautions s’imposent néanmoins. Vous savez désormais que la définition d’une image est une valeur absolue. Si vous fixez, par exemple, 1 024 pixels pour le plus grand côté, le comportement à l’écran change selon l’orientation choisie :

  • En format paysage, l’image occupe 1024 pixels en largeur.
  • En format portrait, elle occupe 1024 pixels en hauteur.

La question devient alors celle du confort de lecture.

Un format paysage sollicite davantage la largeur de l’écran.
Un format portrait sollicite davantage sa hauteur.

Sur un écran d’ordinateur, naturellement plus large que haut, le format paysage s’intègre très bien.
Sur un smartphone, conçu à l’inverse, le format portrait est souvent plus lisible et plus confortable.

Idéalement, il faudrait demander à chacun de vos visiteurs s’ils consultent votre site majoritairement depuis un ordinateur ou depuis un mobile. Je vous laisse essayer. À défaut de boule de cristal, les statistiques de fréquentation sont votre seul repère. Les outils analytiques permettent de le savoir précisément. À titre indicatif, sur mon site photo personnel, je constate ceci :

  • L’ordinateur domine légèrement (54%).
  • Le mobile est très proche (44%).
  • Les tablettes sont marginales (2%).

Ces proportions sont représentatives de nombreux sites. Elles ne dictent aucune règle, mais elles donnent un cadre de réflexion. De mon côté, étant naturellement plus attiré par le format paysage, je publie majoritairement mes images dans cette orientation.

Gardez enfin à l’esprit qu’un format paysage affiché sur smartphone occupe toute la largeur de l’écran, mais avec une hauteur réduite. Les images riches en détails deviennent alors plus difficiles à lire. Cela explique en partie le succès des images simples et épurées sur Instagram, plateforme pensée avant tout pour un usage mobile, et de plus en plus orientée vidéo.

Le format carré y est longtemps resté dominant, et le format portrait est aujourd’hui l’un des plus efficaces en termes de lisibilité.

Comment publier ses photos au bon format ?

Ces notions devraient maintenant vous permettre d’y voir plus clair. Si ce n’est pas encore totalement le cas, voici une synthèse simple, orientée usage (je vous dorlote).

Réglages recommandés selon la plateforme

Plateforme Format Définition (grand côté) Poids cible Orientation
Site personnel / galerie JPG 1 024 px 150 à 300 Ko Libre
Site de partage (Flickr, 500px) JPG 1 024 px 150 à 300 Ko Libre
Facebook JPG 1 024 px max Peu important (recompressé) Libre
Instagram JPG 1 080 px 200 à 500 Ko Portrait 4:5 recommandé

Publier ses photos sur son site ou sa galerie

Restez sur des choix sobres et efficaces.
Utilisez le format JPG, avec une définition de 1 024 pixels sur le plus grand côté.
Ajustez le taux de compression pour maintenir un poids raisonnable, idéalement autour de 150 à 300 Ko pour une image de 1 024 pixels.
Oubliez complètement la résolution, elle n’a aucun impact à l’écran.
Dans Lightroom Classic, l’export en JPG à 1 024 pixels se configure en deux réglages : définition du plus grand côté à 1 024 px et qualité JPG entre 75 et 85. C’est suffisant pour le web. Inutile d’aller au-delà.
Quant à l’orientation, choisissez celle qui vous semble la plus juste pour l’image. Vous obtiendrez ainsi des fichiers parfaitement adaptés au web.

Publier ses photos sur un site de partage

Appliquez exactement les mêmes principes.
Inutile de faire autrement : les contraintes sont similaires et les plateformes se chargent souvent du reste.

Publier ses photos sur Facebook

La question est vite réglée.
Facebook recompresse systématiquement les images, quels que soient vos réglages de départ.
Ne perdez pas de temps à chercher l’optimisation parfaite.
Évitez simplement les définitions trop élevées afin de limiter les possibilités de réutilisation des images.
Et dites-vous qu’il est normal que vos superbes photos apparaissent dégradées à l’écran (mais en même temps, Facebook n’est pas un site de partage de photos).

Publier ses photos sur Instagram

Tenez compte du support principal : le smartphone.
L’écran est petit, vertical, et impose ses codes.
Les formats verticaux en 4:5 ou carrés y sont généralement les plus lisibles et les mieux mis en valeur.

Ce que, pour ma part, je ne fais pas toujours, parce que j’ai une certaine résistance dès qu’on commence à m’imposer des règles (et j’ai du mal à me soigner).

FAQ – Publier ses photos sur le web

Quel format utiliser pour publier ses photos sur le web ?

Le JPG est le format de référence pour publier des photos sur le web. Il est compatible avec tous les navigateurs, accepté par toutes les plateformes et offre un bon compromis entre qualité visuelle et poids de fichier. Les formats WebP et AVIF sont plus performants techniquement, mais leur gestion est généralement automatisée côté serveur. À l’export depuis Lightroom ou Photoshop, le JPG reste le choix standard.

Quelle taille de photo pour publier sur le web ?

1 024 pixels sur le plus grand côté est la valeur recommandée pour une publication web standard. Cette taille est lisible sur tous les écrans, limite le poids du fichier et réduit les risques de réutilisation non autorisée de vos images. Pour Instagram, 1 080 pixels est la valeur native de la plateforme.

Faut-il exporter ses photos à 72 dpi pour le web ?

Non. La résolution en dpi n’a aucune incidence sur l’affichage à l’écran. Un écran affiche des pixels, il ne connaît pas les pouces. Que votre photo soit réglée à 72 dpi ou 300 dpi, le résultat visuel est identique. Pour le web, concentrez-vous uniquement sur la définition en pixels et le poids du fichier.

Quel poids de fichier photo viser pour le web ?

Entre 150 et 300 Ko pour une image de 1 024 pixels. C’est le bon équilibre entre qualité visuelle et vitesse de chargement. Un fichier trop lourd ralentit l’affichage de la page, ce qui pénalise à la fois l’expérience visiteur et le référencement. Le taux de compression JPG entre 75 et 85 % dans Lightroom donne généralement de bons résultats dans cette fourchette.

Le format portrait ou paysage est-il recommandé sur Instagram ?

Le format portrait en 4:5 (1 080 × 1 350 px) est aujourd’hui le mieux adapté à Instagram, car il occupe davantage de place dans le fil et s’affiche mieux sur smartphone. Le format carré reste lisible. Le format paysage est le moins efficace sur mobile. Cela dit, si votre image a été pensée en paysage, rien ne vous oblige à la recadrer.

Pour aller plus loin : pourquoi utiliser les réseaux sociaux pour les photographes

Format JPG, 1 024 pixels, 150 à 300 Ko : voilà les trois repères qui suffisent pour publier correctement vos photos sur le web. Tout le reste, résolution en dpi, formats exotiques, optimisations automatiques, concerne votre serveur ou votre imprimante, pas votre export.

Ce dossier en 8 parties :


Le Philippe qui n’était pas le bon

Mercredi soir. Vent, giboulées, rien qui donne envie de sortir.
Alors j’attrape mon sac photo et je traverse la ville pour une séance de portraits.

Papotage avec ma compère portraitiste en arrivant.
Elle a convié Philippe, un modèle que je connais bien et qui arrive peu après.
Ce n’est pas celui que j’attendais.

Le Philippe convié par l’une n’est pas le Philippe attendu par l’autre.
Quiproquo. Nous en rions.
Mais je me retrouve bête face à un inconnu.

C’est d’autant plus perturbant que ce Philippe là est comédien.
Et pour le studio, après une longue période d’abstinence, je suis encore rouillé.
Alors j’ai quelques appréhensions à lui tirer le portrait.

Mais je n’ai pas le choix.
Il est là, attend que la séance débute, je n’ai plus qu’à oublier mes appréhensions.

Nous réglons les éclairages bien vite.
2 sources, 2 boîtes à lumière. Rien de compliqué (je détaille dans le PS).
Premières photos pour lancer la séance.
Ne pas trop réfléchir.

1 heure plus tard, fin de partie.

Le modèle est content de ce qu’il voit.
Moi aussi.

Le boîtier, l’objectif, les réglages ? Ce n’est pas le sujet.
Les photos priment.

En laissant de côté mes appréhensions, en cassant la glace avec cette personne que je ne connaissais pas une heure avant, j’ai réussi à obtenir des images intéressantes.

Elles vont alimenter son book de comédien.
Comme mon book de photographe.

Ce qui a rendu la séance possible, c’est d’avoir quelque chose à proposer.
Une direction, des idées de poses, une façon de construire le portrait.
Pas de l’improvisation totale.

Si vous voulez travailler ce terrain-là, le livre 50 techniques créatives pour photographier un portrait est une ressource pertinente.

Pas un catalogue de recettes mais une façon de voir au-delà de ce qu’on a en tête avant d’appuyer sur le déclencheur.

Le lendemain matin, un lecteur ayant un APS-C me dit qu’un plein format lui laisse imaginer du mieux.
Sans réellement savoir quoi.

Ma réponse ?

Ton boîtier a largement de quoi faire avant que tu envisages autre chose.

Ce qui manque rarement, c’est le capteur.
Ce qui manque souvent, c’est la capacité à imaginer. À réagir vite aux situations imprévisibles.


Jean-Christophe

PS : Si vous cherchez une solution d’éclairage pour le portrait sans vous ruiner, j’utilise du matériel Godox.
Fiable, accessible, et largement suffisant pour débuter en studio :
Exemple : 2 panneaux LED avec réglage de puissance et température de couleur

Il existe plusieurs modèles selon les dimensions et puissances nominales.
L’éclairage LED est moins puissant que le flash de studio, mais plus souple à utiliser.

Ça donne de bons résultats pour du portrait créatif.

PPS : Vous vous doutez bien que je ne montre pas les photos car, s’agissant d’un comédien, les images sont soumises à validation avant publication.
Par contre vous pouvez voir les portraits précédents de ma collègue sur son Instagram.


Club photo et génération Z : la métaphore du chat

Un lecteur me demandait récemment comment attirer les jeunes dans son club photo. Les 16 ans, précisément. Ma réponse a été sans appel : ne fais pas ça.

Les jeunes ont leur place dans la photographie, bien évidemment. Mais la question révèle un malentendu fondamental sur ce que les jeunes générations attendent d’un espace communautaire. Vouloir “faire venir” quelqu’un, c’est déjà partir du mauvais pied.

La génération Z (Gen Z) comprend les personnes nées entre les années 1996 et 2012, soit les 16-25 ans environ aujourd’hui. Comme toute génération, elle a ses codes, ses pratiques, ses habitudes et ses attentes. Chercher à les comprendre, et les entendre, est le point de départ par lequel tout club photo traditionnel doit passer pour espérer intéresser ces jeunes.

Le club photo, une institution

J’ai participé à un club photo pendant plusieurs années avant de le diriger pendant dix ans. J’ai eu de nombreux échanges avec d’autres clubs. Tous étaient, ou sont encore, plus ou moins structurés sur le modèle associatif français : statuts, cotisations, règlement intérieur, affiliation à une fédération. Le club photo est une institution.

Ce cadre a des avantages réels et concrets : il permet de disposer d’une structure associative reconnue pour demander des subventions, pour nouer des partenariats avec des collectivités, pour bénéficier d’une assurance, pour prêter du matériel. Le statut d’association loi 1901 permet d’inscrire le club dans la durée, c’est une structure fiable.

Mais ce cadre produit aussi une culture. Celle de l’appartenance à un cercle privé : pour participer aux activités d’un club photo, on est membre, on paie sa cotisation, on assiste aux séances, on participe aux thèmes imposés, aux concours.
Le club dispose d’une structure dirigeante, souvent les anciens. Ce sont les piliers du club, réunis au sein d’un bureau. Ce bureau connait les codes, définit les orientations. Les nouveaux membres doivent accepter cette hiérarchie, apprendre les codes, et les suivre.

Cette structure rigide crée une dynamique lente. L’évolution des pratiques est progressive, se veut consensuelle, mais est souvent laborieuse. Je me souviens de ces longues assemblées générales passées à débattre sur ce qu’il faudrait proposer pour assurer l’animation du club, sans jamais arriver à un consensus. Au final, c’est souvent le bureau qui tranche, imposant ses choix et jouant ainsi son rôle d’organe dirigeant.

La plupart des clubs que je connais, des plus modestes aux plus importants, sont restés photo-centriques à une époque où les pratiques créatives autour de l’image se sont considérablement élargies. La vidéo, le son, la musique, le graphisme, la retouche créative, les formats hybrides… C’est ce qui constitue la culture visuelle des jeunes générations. Et ce qui reste souvent à la porte des clubs photo.

Ce n’est pas une question de mauvaise volonté. C’est la conséquence logique d’une structure pensée par et pour d’autres générations.

Certains clubs l’ont compris et ont évolué en élargissant leurs pratiques, en assouplissant leur fonctionnement, en changeant de nom parfois. Ils sont encore minoritaires, mais ils existent et ils montrent que la transformation est possible sans tout abandonner.

Pour préparer ce sujet, j’ai interrogé un grand nombre de personnes, parmi les moins jeunes comme les plus jeunes. Voici ce qu’il ressort de nos échanges.

Ce que les 55+ m’ont dit

J’ai posé la question à des photographes amateurs parmi mes lecteurs, la plupart âgés de plus de 55 ans, certains membres d’un club photo. La question était simple : « Si vous deviez retrouver des gens pour parler et pratiquer la photo, vous imagineriez ça comment ? ».

Un schéma revient dans la grande majorité des réponses : pratiquer ensemble sur le terrain, puis partager autour d’un verre.

« Sur le terrain. Avec un sujet à travailler, genre architecture, paysage. »
« En deux parties. Un atelier sur le terrain avec un thème précis, puis un débrief convivial autour d’un verre ou d’une tasse. »
« Un stage photo d’un ou deux jours avec un thème, en pratiquant sur le terrain, puis en débriefant en salle et en déjeunant tous ensemble pour se connaître, discuter, échanger autour de cette passion commune. »

Ce que ces réponses disent, au fond : la convivialité est le critère central, pas la structure. Le club photo n’est pour beaucoup qu’un cadre par défaut, le seul qu’ils connaissent. Un seul de mes interlocuteurs a répondu sans détour : « Dans un club photo, tout est réuni. ». Une position honnête, et minoritaire.

Je note aussi ce qui est absent de toutes ces réponses : personne ne m’a dit vouloir apporter un projet travaillé seul, pour avoir des retours constructifs. Cette attente n’existe pas chez les 55+. Elle est centrale chez les plus jeunes.

Ce que la Gen Z m’a dit

J’ai commencé par échanger avec Raphaëlle [prénom changé à sa demande], la vingtaine, qui fait de la photo, de la vidéo, qui crée. Je lui ai demandé ce qu’évoquait pour elle le mot « club photo ». Et comment, selon elle, attirer les jeunes dans un club photo ?

Sa réponse a été directe : un endroit fermé aux visiteurs, réservé aux membres, avec des gens plus âgés, des obligations de présence, des projets imposés. Un endroit où on prête allégeance (elle a utilisé la comparaison avec les clubs de bikers) avant même de savoir si on y a sa place.

J’ai ensuite posé la question à d’autres jeunes de mon entourage, pleine cible Gen Z. Non pas « qu’est-ce que vous pensez des clubs photo ? », une question qui produit des réponses polies et creuses, mais « c’est quoi la différence entre un club photo et un atelier photo, pour vous ? ». Ces jeunes fréquentent un atelier photo-vidéo que je connais bien. C’est ce contexte qui m’a permis de poser une question comparative plutôt qu’abstraite.

Deux mots reviennent dans presque toutes les réponses : libre et ouvert.

« Le club photo, ce sont des activités imposées, comme un cours. Dans un atelier, on est libre de venir parler de nos projets, et des encadrants nous aident si besoin. »
« La différence, c’est l’inclusivité. On peut venir sans expérience, sans projet en tête, et juste passer un bon moment. »
« Un atelier, ça n’a rien d’académique. C’est un espace de création totalement libre, ouvert à tous, porté par un esprit familial. »
« Le club photo, pour moi, c’est un endroit où nous ne nous intéressons qu’à la photo traditionnelle, sans explorer les dérivés. Alors qu’un atelier photo est un endroit où nous n’explorons pas que la photo mais aussi la vidéo et la musique. »

Un témoignage m’a particulièrement frappé : « Dans un atelier, il y a des gens qui sont là, juste ‘ils viennent’. La différence fondamentale est là : la pratique n’est pas centrale. ». Ce n’est pas de la paresse de la part de ces gens ‘qui viennent’. C’est une autre conception de ce que signifie appartenir à un groupe.

La question de la gratuité apparaît aussi, formulée sans détour : « Un atelier est vraiment gratuit, accessible à tous. » Une cotisation, même modeste, est perçue par les 16-25 ans comme un premier signal d’exclusion avant même d’avoir mis le pied dans la salle. Ceci pose la question du modèle économique. Un atelier ouvert ne se finance pas par la cotisation individuelle, il s’appuie sur d’autres leviers : soutien municipal, intégration dans un tiers-lieu, subventions associatives. Ce modèle existe et fonctionne. Il demande simplement d’aller chercher les financements ailleurs.

Un dernier témoignage résume mieux que tous les autres ce que j’essaie de dire dans cet article : « La différence ressemble à deux façons de vivre la photographie. Le club fonctionne autour d’un cadre collectif et de thèmes communs. L’atelier ressemble davantage à un laboratoire ouvert où chacun développe son univers personnel, tout en pouvant bénéficier d’un accompagnement quand il en a besoin. »

Deux façons de vivre la photographie. La formule est juste, et elle est d’eux.

Ce que ces jeunes décrivent sans le formuler ainsi, c’est une distinction simple : il ne s’agit pas de chercher une occupation, et de se dire que la photo pourrait en être une. Il s’agit de s’exprimer, de porter des messages. La photo, comme la vidéo, ne sont que des outils favorisant cette expression. Aussi pourquoi se limiter à la photo quand on peut profiter de la vidéo et du son pour renforcer l’impact d’un projet ? Ce ne sont pas les photographes adeptes de la vidéo, les Munier ou Depardon pour ne citer qu’eux, qui me démentiront.

Je suis conscient que ces jeunes, interrogés, fréquentent déjà un atelier ouvert. Ils ne sont donc pas un échantillon neutre. Il existe sans doute des jeunes qui s’épanouissent dans un club photo traditionnel. Mais leur rareté est elle-même un signal.

L’atelier photo, de quoi parle-t-on ?

Ce que Raphaëlle décrit n’est pas une utopie. Des espaces de ce type existent, portés par des associations, des municipalités, des collectifs informels. Ils n’ont pas tous le même nom : atelier, espace de création, collectif … Mais ils partagent les mêmes caractéristiques.

Club photo Atelier ouvert
Accès Membres cotisants Ouvert à tous
Présence Obligatoire ou attendue Libre
Pratiques Photo principalement Photo, vidéo, son, montage
Programme Thèmes et concours proposés Projets personnels
Encadrement Transmission verticale Accompagnement de projet
Financement Cotisations Subventions, tiers-lieux, municipalités
Modèle d’appartenance On est membre On est présent

La porte est ouverte. On entre, on repart, on revient. Sans carte de membre, sans cotisation annuelle, sans obligation de présence. Certains viennent toutes les semaines, d’autres une fois par mois, d’autres encore quand un projet les y amène. A ces âges là, les soirées sont souvent chargées.

On n’y vient pas pour suivre un programme. On y vient avec ce qu’on a en tête : une idée, un projet en cours, une question technique, ou rien de précis. La pratique n’est pas le prétexte à la présence. La présence se suffit à elle-même.

Les pratiques y cohabitent. Photo, vidéo, son, montage. L’espace lui-même envoie un signal. Dans un club, des tables alignées face à un tableau, ça ressemble à une salle de cours. Les jeunes en sortent à 17h, ils n’ont aucune raison d’y revenir le soir. Dans un atelier ouvert, un espace modulaire, chaleureux, où l’on peut déplacer les chaises, mettre de la musique, s’installer comme on veut, c’est déjà une invitation avant même qu’on ait dit quoi que ce soit. Tout ce qui touche à la création visuelle et sonore trouve sa place. Pas parce qu’un règlement l’autorise, mais parce que personne ne l’interdit.

Il y a des référents, pas nécessairement des professeurs. Des gens qui ont de l’expérience, qui regardent ce que les autres font, qui donnent des retours quand on le demande. Leur rôle n’est pas de transmettre un savoir structuré. Il est d’accompagner des projets qui ne leur appartiennent pas.

C’est précisément ce dernier point qui change tout et qui mérite qu’on s’y arrête. Dans un club, on est membre. Dans un atelier ouvert, on est présent et c’est suffisant.

Le rôle clé des encadrants

Dans un club photo, les encadrants sont généralement des photographes expérimentés qui transmettent leur savoir. Ils proposent des thèmes, corrigent les erreurs techniques, évaluent les images produites. C’est un modèle pédagogique classique, vertical, qui fonctionne bien pour ceux qui cherchent à progresser dans un cadre structuré.

Dans un atelier ouvert, ce rôle ne disparaît pas, il se transforme. Les encadrants ne sont plus uniquement ceux qui savent et qui enseignent. Ils sont ceux qui regardent, qui questionnent, qui accompagnent. Ils ne proposent pas de sujets, ils aident à clarifier celui que le jeune a déjà en tête. Ils ne corrigent pas une image, ils demandent ce que son auteur voulait dire, et ils l’aident à y arriver. La différence n’est pas de degré. Elle est de posture.

Ce changement de posture a une conséquence directe sur les profils d’encadrants recherchés. Un bon encadrant pour un atelier ouvert n’est pas nécessairement le photographe le plus expérimenté de la salle. C’est quelqu’un qui s’intéresse sincèrement aux projets des autres, qui sait donner un retour utile sans imposer sa vision, et qui est à l’aise avec des pratiques qui vont au-delà de la seule photographie : la vidéo, le son.

C’est souvent le maillon manquant. Un club photo qui voudrait s’ouvrir aux jeunes générations sans revoir le profil de ses encadrants se heurtera rapidement à un mur. Les jeunes ne cherchent pas un professeur. Ils cherchent un regard et de la compréhension.

La métaphore du chat

Si vous laissez la porte ouverte, le chat entre et sort à sa guise. S’il sort, vous savez qu’il reviendra. Fermez la porte quand le chat est à l’intérieur, il n’a plus qu’une envie : sortir.

Cette métaphore vaut pour toute communauté qui cherche à attirer des gens insensibles à l’obligation d’appartenance. Les jeunes générations ne fuient pas la communauté, elles refusent la contrainte formelle qui l’accompagne.

Ce n’est pas qu’une question de génération, d’ailleurs. C’est une question de liberté de mouvement. Je ne fais plus partie des jeunes, mais je pense comme eux : un espace qui retient par la règle repousse. Un espace qui attire par ce qu’il propose fidélise.

Laissez-leur la porte ouverte. Beaucoup reviendront.

Ce que ça change, concrètement

Je ne propose pas un guide de transformation du club photo en atelier branché. Je n’ai pas la prétention d’avoir fait le tour du sujet, je suis conscient des limites de mon échantillon, et je sais qu’il existe différents fonctionnements selon les clubs et les ateliers. Je connais trop bien la réalité des bénévoles qui font tourner ces structures pour leur suggérer de tout réinventer du jour au lendemain.

Le club photo a rendu des services réels pendant des décennies. Il a structuré une pratique, transmis des savoir-faire, créé des liens. Ce n’est pas son histoire qu’il faut effacer, c’est sa posture qu’il faut interroger.

Ce que je propose, c’est une façon différente de poser la question intergénérationnelle. Pas « comment faire venir les jeunes dans notre club ? » mais « quel espace aurions-nous envie de créer si nous repartions de zéro avec les plus jeunes ? ».

La réponse à cette question commence souvent par des détails qui n’en sont pas. Le nom, d’abord : atelier, espace, collectif … Les mots qui n’impliquent pas d’allégeance préalable envoient un signal différent avant même que quelqu’un ait franchi la porte.

La politique d’accueil ensuite : un 16-25 ans qui vient pour la première fois sans savoir s’il reviendra doit pouvoir repartir sans avoir signé quoi que ce soit. La plupart des clubs fonctionnent ainsi déjà. Cependant ces visites sont souvent limitées à quelques-unes. Envisager la fréquentation libre définitive n’est pas une menace pour la cohésion, elle en est souvent la condition.

L’élargissement des pratiques enfin : accepter que la vidéo ou le son aient leur place ne dilue pas l’identité d’un groupe, ça l’élargit.

C’est aussi l’occasion de renverser la logique habituelle de transmission. Les anciens ont la technique photographique. Les jeunes ont souvent une longueur d’avance sur la vidéo, le montage, les formats courts. Un atelier qui accepte cet échange dans les deux sens n’appauvrit pas ses membres les plus anciens, il les enrichit.

Aucune de ces pistes n’est incompatible avec un cadre associatif sérieux. Elles demandent surtout un changement de posture : cesser de penser que la structure protège la communauté, et commencer à se demander si elle ne la referme pas sur elle-même.

Ce que la Gen Z attend d’un espace photo, en trois points

Un accueil sans condition : on vient, on repart, on revient. Sans cotisation, sans engagement, sans obligation de présence. La fréquentation libre n’est pas un problème de cohésion, elle en est la condition.

Une pratique élargie : photo, vidéo, son, montage. Les jeunes ne se reconnaissent pas dans un espace limité à la seule photographie. Élargir les pratiques acceptées n’affaiblit pas l’identité d’un groupe, ça l’élargit.

Un accompagnement, pas un enseignement : les jeunes ne cherchent pas un professeur qui corrige leurs images. Ils cherchent un regard qui accompagne leurs projets. C’est une différence de posture, pas de compétence.

Questions fréquentes sur les clubs photo et les 16-25 ans

Pourquoi les jeunes ne viennent-ils pas dans les clubs photo ?

Les clubs photo fonctionnent sur un modèle d’appartenance formelle: cotisation, obligations de présence, thèmes imposés, qui est à l’opposé de ce que les jeunes générations attendent d’un espace communautaire. Ce n’est pas la photographie qui les rebute, c’est la contrainte qui l’accompagne.

Quelle est la différence entre un club photo et un atelier photo ?

Un club photo est une structure associative avec des membres, un bureau, un règlement. Un atelier photo ouvert est un espace de fréquentation libre, sans obligation d’appartenance, où les pratiques cohabitent : photo, vidéo, son, montage. Dans un club, on est membre. Dans un atelier, on est présent, et c’est suffisant.

Comment attirer les jeunes dans un club photo ?

Trois leviers : changer le vocabulaire (atelier, espace, collectif plutôt que club), accepter la fréquentation libre sans limitation dans le temps, et élargir les pratiques au-delà de la seule photographie. Aucun de ces changements n’est incompatible avec un cadre associatif sérieux. Ils demandent surtout un changement de posture.

Pourquoi le chat reviendra

La question de mon lecteur partait d’une bonne intention : il voulait que son club soit vivant, multigénérationnel, tourné vers l’avenir. C’est une intention juste, et elle mérite mieux qu’une réponse technique sur les moyens de recruter des jeunes membres.

Ce que les témoignages que j’ai recueillis disent tous, d’une façon ou d’une autre, c’est que les jeunes comme les moins jeunes reviennent là où ils se sentent attendus sans condition. Pas là où on les recrute. Pas là où on leur demande de s’engager avant de savoir si l’endroit leur convient. Là où la porte est ouverte.

La génération Z n’a pas inventé cette attente. Elle l’exprime simplement avec moins de patience pour les structures qui l’ignorent.

Laissez la porte ouverte. Le chat reviendra.


Comment faire une photo nette avec un oiseau en mouvement

Vous avez déjà raté le décollage d’un héron, le piqué d’un martinet, ou simplement une mésange qui s’envole au moment où vous appuyez sur le déclencheur ? Moi aussi. Photographier un oiseau net en mouvement n’est pas une question de chance. C’est une question de réglages.

Photographier un oiseau net est un des défis techniques les plus exigeants que vous puissiez vous fixer avec un appareil photo. Pas parce que c’est compliqué en théorie, nos appareils savent presque tout faire désormais, mais parce que tout se joue en une fraction de seconde, dans des conditions de lumière rarement idéales, avec un sujet qui ne prévient pas.

Cet article couvre les trois situations que vous rencontrerez sur le terrain : l’oiseau posé, le décollage ou l’atterrissage, et le vol. Pour chacune, vous trouverez les réglages concrets adaptés aux boîtiers Nikon Z actuels.

Cet article est une refonte complète d’un tutoriel proposé en mars 2014 par Jacques Croizer, photographe et auteur de Tous photographes ! 58 leçons pour réussir vos photos: 58 leçons pour réussir vos photos. Je lui dois la structure initiale, les illustrations et plusieurs des principes fondamentaux développés ici.

Les réglages clés en un coup d’œil : Pour photographier un oiseau net en vol avec un Nikon Z : réglez le mode A, ouvrez au maximum, activez l’ISO auto plafonné à 2 000 – 6 400 selon votre boîtier, passez en AF-C avec détection oiseau, et visez 1/2 000 s minimum pour un vol rapide. Le reste de cet article explique pourquoi, et comment adapter ces réglages à chaque situation.

Ce que netteté veut vraiment dire

Avant de parler de réglages, un point de vocabulaire qui évite beaucoup de déceptions.

Une photo nette n’est pas une photo prise à vitesse rapide. C’est une photo où le sujet est net à l’endroit où vous avez fait la mise au point, avec suffisamment de détail pour que votre œil ne perçoive pas de flou à la distance à laquelle vous regardez l’image.

Photographier un oiseau net en mouvement dans la baie de San-Francisco – photo © JC Dichant

Il existe deux causes de flou distinctes, et elles ne se traitent pas de la même façon :

Le flou de bougé vient du mouvement du sujet pendant la prise de vue. C’est le problème majeur quand on photographie des oiseaux. La seule solution est un temps de pose suffisamment court pour figer ce mouvement. En clair, le coupable est l’oiseau !

Le flou de mise au point vient d’un autofocus qui n’a pas suivi le sujet, ou d’une profondeur de champ trop faible. Là, le coupable, c’est vous !

À f/5,6 et 500 mm, la zone de netteté est extrêmement étroite. Un oiseau en vol qui se rapproche de quelques centimètres entre le moment où l’AF accroche et le moment où vous déclenchez peut suffire à sortir de cette zone.

La stabilisation optique sur l’objectif (VR) ou sur le capteur (IBIS) ne règle ni l’un ni l’autre de ces problèmes sur un sujet en mouvement. Elle compense le tremblement du photographe, pas le déplacement du sujet. C’est utile pour un oiseau posé dans de mauvaises conditions de lumière. Pour un oiseau en vol, elle est secondaire.

Tutoriel Photo 1/2 : Comment faire une photo nette avec un sujet en mouvement ?
Fou de Bassan – Photo (C) Jacques Croizer

Ce que vous cherchez, c’est toujours la combinaison de trois facteurs : un temps de pose adapté à la vitesse du sujet, un autofocus qui suit le sujet en continu, et une mise au point initiale rapide et précise.

Tutoriel Photo 1/2 : Comment faire une photo nette avec un sujet en mouvement ?
amplitude du champ visuel utilisé pour la reconnaissance des symboles (œil immobile)

Temps de pose pour photographier un oiseau net en mouvement : les valeurs de référence

Temps de pose selon la situation

C’est le réglage qui conditionne tout le reste. Voici des valeurs de référence selon la situation, pour un oiseau de taille moyenne (merle, pigeon, mouette) avec un objectif dont la focale est comprise entre 300 et 500 mm.

Note : le temps de pose est aussi appelé aussi vitesse d’obturation dans d’autres contextes.

Situation Temps de pose minimum Temps de pose recommandé
Oiseau posé, immobile 1/250 s 1/500 s
Oiseau posé, en mouvement (tête, ailes) 1/500 s 1/1000 s
Décollage / atterrissage 1/1000 s 1/2000 s
Vol rectiligne lent (héron, cigogne) 1/1500 s 1/2000 s
Vol rapide (mouette, canard) 1/2000 s 1/3200 s
Vol très rapide (martinet, hirondelle) 1/3200 s 1/4000 s
Rapace en piqué 1/4000 s 1/5000 s

Ces valeurs supposent que l’oiseau fasse un effort pour vous en se déplaçant perpendiculairement à votre axe de prise de vue. Un oiseau qui vole droit vers vous ou droit dans votre dos (exercice que je vous laisse imaginer, attention au torticolis) se déplace peu dans le cadre : vous pouvez descendre d’un à deux crans. Un sujet qui traverse le cadre à grande vitesse demande le haut de la fourchette.

photographier un oiseau net en mouvement : 300 mm – f/5.6 – 1/2000ièmePhoto (C) Jacques Croizer
détail de la photo précédente affichée à la taille réelle des pixels

Temps de pose et focale

Plus vous utilisez une longue focale, plus le moindre mouvement est amplifié dans le cadre. Avec un 600 mm, un oiseau qui traverse le cadre en un quart de seconde parcourt une distance angulaire bien supérieure à ce qu’il parcourrait avec un 300 mm dans le même temps. Les valeurs du tableau ci-dessus sont calibrées pour 300-500 mm. Au-delà, montez d’un cran pour le temps de pose.

Mode A ou mode S : quel réglage d’exposition pour les oiseaux ?

Réglez votre boîtier en priorité à l’ouverture (mode A). Choisissez l’ouverture maximale de votre objectif, ou un demi-stop en dessous pour un piqué légèrement amélioré. C’est l’approche recommandée par Nikon Professional Services pour la photo de faune sauvage. Activez l’ISO automatique avec une limite haute : 2 000 ISO sur Z8 (firmware 2.0) et Z9, 6 400 ISO sur Z6III et Z50II où la gestion du bruit le permet. Le boîtier calcule le temps de pose en fonction de la lumière disponible.

Surveillez le temps de pose affiché dans le viseur. Si le boîtier descend en dessous de 1/1 000 s sur un sujet en mouvement, la lumière est insuffisante pour les réglages en cours : ouvrez davantage si possible, montez le plafond ISO, ou acceptez de changer de sujet.

L’oiseau posé : un cas à part

L’oiseau posé est la situation la plus accessible, mais attention, elle a ses propres pièges.

Le temps de pose n’est plus la contrainte principale. Ce qui compte, c’est la mise au point. Activez la détection oiseau et laissez le boîtier accrocher sur l’œil. Si l’œil n’est pas visible ou si le boîtier décroche sur le fond, passez en point AF unique et placez le collimateur manuellement sur l’œil. C’est plus lent, mais plus fiable dans les situations complexes (oiseau de profil dans un feuillage, contre-jour).

La profondeur de champ devient un outil de composition. À f/5,6 sur 400 mm, le fond se fond en douceur derrière le sujet. Mais si deux oiseaux sont côte à côte à des distances légèrement différentes, l’un sera net, l’autre non. Anticipez.

Un oiseau posé avec arrière-plan flou – photo © JC Dichant

Le vrai défi de l’oiseau posé, c’est d’être prêt pour ce qui suit. Un oiseau posé ne l’est jamais très longtemps, et décolle sans prévenir, le bougre. Gardez l’AF-C actif même en statique, maintenez la cadence et le temps de pose à un niveau compatible avec un décollage immédiat. Ne relâchez pas les réglages parce que le sujet semble immobile.

Sur la plupart des Nikon Z récents, la fonction Auto Capture pousse cette logique encore plus loin : le boîtier déclenche automatiquement dès qu’il détecte un oiseau dans le cadre, selon les critères que vous définissez dans le menu Prise de vue photo. Vous pouvez positionner l’appareil sur un perchoir, un point d’eau ou à proximité d’un nid, et récupérer des images sans être présent. C’est aussi une façon de libérer un second boîtier pour photographier le même sujet sous un angle différent.

L’autofocus : réglages pratiques sur Nikon Z

C’est la révolution des hybrides Z par rapport aux reflex : la détection de sujet par intelligence artificielle. Votre Nikon Z à Expeed 7 ou supérieur (Z50II, Zf, Z6III, Z8…) intègre un mode de reconnaissance automatique des oiseaux. Voici comment l’exploiter.

Activer la détection oiseau

Sur les Nikon Z qui disposent de cette fonction, le chemin est le même : menu Prise de vue photo, options AF/MF détection du sujet. Sélectionnez « Oiseaux« . Le boîtier détecte automatiquement l’oiseau dans le cadre, accroche sur l’œil si la taille dans le cadre est suffisante, et suit le sujet en continu même s’il sort momentanément du cadre.

En pratique, la détection fonctionne bien sur des oiseaux de taille moyenne à grande en plein jour. Elle se dégrade sur les petits passereaux rapides, dans le contre-jour prononcé, et quand l’oiseau passe devant un fond complexe (feuillage dense, reflets sur l’eau).

Le mode AF à utiliser

Utilisez exclusivement l’AF-C (autofocus continu). L’AF-S est réservé aux sujets statiques. En AF-C, le boîtier recalcule en permanence la mise au point entre chaque image de la rafale.

Pour le mode de zone AF, partez sur « Suivi 3D« . Évitez le point AF unique pour les oiseaux en mouvement : vous passerez plus de temps à repositionner le collimateur qu’à photographier (et en pratique, c’est pénible).

La cadence de prise de vue

Une cadence élevée augmente vos chances d’avoir une image nette au bon moment, mais elle ne remplace pas un AF précis. Sur Z8 et Z6III, vous disposez de 20 i/s en RAW avec suivi de l’exposition et autofocus actif : c’est la cadence à utiliser par défaut pour les oiseaux en vol.

Les modes JPG à 120 i/s existent sur les deux boîtiers, mais réservez-les aux séquences très courtes sur des sujets ultra-rapides : la gestion des fichiers devient vite contraignante. Sur Z50II, 11 i/s en RAW est le bon réglage de terrain. Le mode 30 i/s est en JPG.

Attention : le JPG n’offre pas la même latitude de post-traitement que le RAW. Ayez-en conscience avant de le choisir.

Anticiper plutôt que réagir

L’autofocus le plus performant ne compense pas un déclenchement en retard. Cadrez large, laissez de l’espace devant l’oiseau dans le sens de son déplacement, et déclenchez la rafale une demi-seconde avant le moment que vous visez. Vous éliminez ainsi le délai de réaction et vous donnez à l’AF le temps d’accrocher avant que l’action ne commence.

Les boîtiers Z disposent d’un mode de pré-déclenchement qui pousse cette logique encore plus loin : le boîtier enregistre en mémoire tampon les images capturées dans la seconde qui précède votre pression sur le déclencheur (oui, il déclenche avant vous, en clair). Activez cette option dans le menu de prise de vue et vous récupérez des images prises avant même que vous ayez réagi. Sur un décollage imprévisible, c’est souvent là que se trouve la meilleure image.

Photographier un oiseau net en mouvement lors d’une battle au zoo de Vincennes – photo © JC Dichant

La stabilisation : ce qu’elle apporte, ce qu’elle ne compense pas

La stabilisation intégrée à l’objectif (VR) ou au capteur (IBIS) de votre Nikon Z est une aide réelle dans certaines situations. Elle compense le tremblement du photographe, pas le déplacement du sujet. La distinction est importante.

Pour un oiseau posé dans de mauvaises conditions de lumière, où vous êtes contraint de descendre à 1/125 s ou 1/250 s, la stabilisation vous permet de tenir un objectif long sans introduire de flou de bougé lié à vos propres mouvements. C’est utile.

Pour un oiseau en vol, elle est secondaire. À 1/2 000 s ou 1/4 000 s, le tremblement du photographe n’est plus le facteur limitant. Ce qui fait la différence à ces vitesses, c’est l’AF et l’anticipation, pas la stabilisation.

Un point pratique souvent ignoré : sur les téléobjectifs longs utilisés sur rotule ou monopode, vérifiez que le mode VR de l’objectif est adapté au support. Certains modes de stabilisation sont conçus pour une utilisation main levée et peuvent introduire des corrections parasites sur un support rigide. Consultez les indications de votre objectif.

L’objectif : focale, ouverture, distance du sujet

La focale

Pour les oiseaux, la focale minimale utile est 300 mm. En dessous, vous passerez plus de temps à recadrer en post-production qu’à exploiter vos images. L’idéal se situe entre 400 et 600 mm pour la majorité des situations de terrain.

Sur Z50II, le capteur APS-C applique un facteur de conversion de 1,5x. Un NIKKOR Z 100-400 mm monté sur Z50II vous donne l’équivalent d’un 150-600 mm en plein format. C’est un avantage réel pour la photo d’oiseaux sans investir dans une longue focale native.

Les téléconvertisseurs Z (1,4x et 2x) sont compatibles avec certains objectifs NIKKOR Z à grande ouverture. Ils permettent d’étendre la focale sans changer d’objectif, mais avec deux contreparties à anticiper : une perte d’ouverture (un stop pour le 1,4x, deux stops pour le 2x) et une légère dégradation de la réactivité AF. Sur un Z8 ou Z6III, l’impact sur l’AF reste limité. Sur Z50II, le 2x peut rendre le suivi moins fiable sur les sujets rapides.

Sur Z8 et Z9, les 45 Mp du capteur plein format ouvrent une autre possibilité : le recadrage en mode DX activé depuis le menu. Vous obtenez une image de 20 Mp correspondant à un équivalent 1,5x, soit le même bénéfice qu’un capteur APS-C, sans perte de qualité significative pour un usage web ou un tirage raisonnable. Une façon d’allonger virtuellement votre focale sans téléconvertisseur.

Décollage immédiat sur les quais de Seine – photo © JC Dichant

L’ouverture

Ouvrir au maximum (f/4, f/5,6) vous permet de gagner du temps de pose dans des conditions de lumière difficiles. Mais une ouverture maximale réduit la profondeur de champ, et sur un oiseau en vol qui se rapproche rapidement, l’AF doit suivre en permanence pour maintenir la netteté. Si votre objectif est stable à f/6,3 ou f/7,1, ne cherchez pas à tout prix à ouvrir davantage : une profondeur de champ légèrement plus importante vous donnera une marge de sécurité bienvenue sur les sujets imprévisibles.

La distance du sujet

Plus vous êtes proche, plus la profondeur de champ est réduite à ouverture égale, et plus l’AF doit être réactif. À moins de dix mètres sur 500 mm à f/5,6, la zone de netteté est de l’ordre de quelques centimètres. C’est jouable sur un oiseau posé, très exigeant sur un sujet en approche rapide (bon courage). Tenez-en compte dans votre positionnement sur le terrain.

Pour aller plus loin, Erwan Balança partage son approche et ses réglages pour la photo d’oiseaux.

Photographier un oiseau net en mouvement lors d’une séance à la Hitchcock – photo © JC Dichant

La lumière : le facteur qu’on sous-estime

La lumière est le facteur limitant que personne ne mentionne assez. Tous les réglages décrits jusqu’ici supposent une lumière suffisante pour atteindre les temps de pose recommandés sans pousser les ISO au-delà de ce que votre boîtier gère correctement.

En pratique, la photo d’oiseaux se fait souvent dans des conditions difficiles : aube et crépuscule quand les oiseaux sont les plus actifs, ciel couvert, sous-bois, contre-jour. Dans ces situations, vous êtes contraint de choisir entre trois compromis, tous imparfaits :

  • Descendre le temps de pose et accepter un risque de flou de mouvement.
  • Monter les ISO et accepter du bruit numérique.
  • Ouvrir davantage et réduire la profondeur de champ.

Il n’y a pas de réglage magique. La bonne décision dépend du sujet, de la vitesse de déplacement et de l’usage que vous ferez de la photo. Un oiseau posé tolère un temps de pose plus long qu’un oiseau en vol. Une image destinée au web supporte des ISO plus élevés qu’un tirage grand format, de même qu’une définition moindre, ce qui vous donne plus de souplesse pour recadrer.

Ce que vous pouvez faire concrètement : planifiez vos sorties en fonction de la lumière, pas seulement de la présence des oiseaux. Une heure après le lever du soleil par ciel dégagé vous donnera une lumière rasante, chaude et suffisamment puissante pour atteindre 1/2 000 s à ISO 800 dans la majorité des situations. C’est la fenêtre idéale, et elle coïncide avec le pic d’activité de la plupart des espèces.

Questions fréquentes sur la photographie d’oiseaux en vol

Quel temps de pose pour photographier un oiseau net en mouvement ?

Comptez 1/2 000 s pour un vol rapide (mouette, canard), 1/3 200 s pour un martinet ou une hirondelle, et 1/4 000 s minimum pour un rapace en piqué. Ces valeurs sont valables pour une focale de 300 à 500 mm. Au-delà, montez d’un cran.

Quel mode AF utiliser pour les oiseaux sur Nikon Z ?

AF-C (autofocus continu) avec détection oiseau activée et zone AF en Suivi 3D ou Zone AF automatique. Évitez le point AF unique : vous passerez plus de temps à repositionner le collimateur qu’à photographier.

La stabilisation VR est-elle utile pour photographier des oiseaux en vol ?

Non, pas à haute vitesse. La stabilisation compense le tremblement du photographe, pas le déplacement du sujet. À 1/2 000 s, elle est sans effet sur le résultat. Elle redevient utile pour un oiseau posé en faible lumière, en dessous de 1/250 s.

Quel objectif pour photographier les oiseaux ?

300 mm minimum, idéalement 400 à 600 mm. Sur Z50II, le capteur APS-C donne un équivalent 1,5x : un NIKKOR Z 100-400 mm couvre l’équivalent d’un 150-600 mm en plein format. Sur Z8 et Z9, le mode DX recadre les 45 Mp à 20 Mp avec un équivalent 1,5x sans téléconvertisseur.

Quel boîtier Nikon Z choisir pour la photo d’oiseaux ?

Les Z8 et Z9 sont les références avec 20 i/s en RAW, Auto Capture et 45 Mp. Le Z6III offre 20 i/s en RAW dans un boîtier plus compact. Le Z50II reste pertinent grâce au facteur de crop 1,5x et à ses 11 i/s en RAW.

Checklist pratique sur le terrain

Avant de partir :

  • Mode d’exposition : priorité à l’ouverture (mode A)
  • Ouverture : maximale ou un demi-stop en dessous
  • ISO automatique activé, limite haute : 2 000 sur Z8/Z9, 6 400 sur Z6III et Z50II
  • AF-C activé
  • Détection oiseau activée
  • Zone AF : Auto-area AF ou Suivi 3D
  • Cadence : maximale disponible en RAW
  • Pré-déclenchement activé si disponible sur votre boîtier
  • VR activé si main levée, vérifiez le mode sur support

Sur le terrain, pour photographier un oiseau net en mouvement :

  • Cadrez large, laissez de l’espace devant l’oiseau
  • Déclenchez la rafale une demi-seconde avant le moment visé
  • Sur un oiseau posé, verrouillez l’AF sur l’œil avant de recomposer
  • Assignez la lecture des images à un bouton Fn (réglage f2, Commandes personnalisées) pour vérifier la netteté dans le viseur sans abaisser l’appareil entre deux séquences.
  • En contre-jour, la détection oiseau peut décrocher : passez en large zone AF manuelle
  • Anticipez le décollage : observez les signes avant-coureurs (redressement du corps, ouverture des ailes)

En post-production :

  • Ne jugez pas la netteté à 100 % sur écran : évaluez à la taille d’affichage finale
  • Triez d’abord sur la netteté de l’œil, pas du corps
  • Les ISO élevés se traitent : un flou de mouvement, non

Ce que j’ai perdu en passant au 24-70 mm (rien)

Depuis que j’ai acheté un 24-120 mm f/4, il ne quitte plus mon sac quand je pars.
Pendant mon séjour dans le Nord, j’ai pris mon 24-70 mm f/4.

Pourquoi ??

Parce que nous sommes en hiver.
Et que je privilégie la facilité d’usage.
130 grammes de moins, 30 mm de longueur en moins, ça me donne un équipement plus simple à gérer.
Quand il pleut, qu’il faut le cacher sous la veste.
Le rentrer et le sortir vite entre deux photos.

J’aurais pu prendre une focale fixe ou un second zoom.
Mais changer d’objectif sous la pluie, je ne suis pas fan.
Et je disais hier que je n’avais pas prévu le soleil du premier jour.

Mais la vraie question n’est pas celle du choix d’objectif.
C’est celle du choix d’images que cette plage focale 24-70 m’a permis.

Ce que j’ai perdu entre 70 et 120 mm ? Rien.

En ville, petites rues, proximité avec les gens attablés, pas besoin de 120 mm.
Sur la plage, grandes étendues, la mer au loin : pas besoin de 120 mm non plus.

Ce n’est pas parce qu’un objectif peut aller jusqu’à 120 mm qu’on veut photographier à 120 mm.

Les plans serrés, pendant ces trois jours, je les ai faits en m’approchant.
Les rares fois où j’en ai éprouvé le besoin.

Il n’existe pas d’objectif spécifique pour l’hiver.
Mais en hiver, la question du matériel se pose quand même :

  • quoi emporter
  • comment le protéger
  • quelles précautions prendre

Si vous vous la posez, ma formation Inspiration photo d’hiver y consacre un module entier.
Avec les précautions à prendre :

https://formation.nikonpassion.com/formation-photographier-hiver-neige?coupon=3OSFS2G

Jean-Christophe

PS : dernier jour pour profiter de l’offre spéciale à -40 % pour ce lancement bis.
Si vous avez manqué le premier, il est encore temps.

PPS : quelles photos faites-vous en hiver ?


Ce que je note quand je lis ces lettres

Le matin, lorsque j’ouvre ma boîte de réception, j’ai plusieurs newsletters à lire.
Photo, numérique, entrepreneuriat, IA…

Elles nourrissent ma pratique, en complément des livres et des formations que je suis.

À chaque première lecture, je me dis souvent : « Bof, pas grand-chose de nouveau. »
Mais quand je relis, il y a ce petit quelque chose qui fait tilt.
Une idée que je pourrais m’approprier.

Je la relie aux lettres précédentes. L’ensemble constitue un tout.

Il m’arrive de ne pas avoir le temps de tout lire chaque jour.
Alors je lis plus tard.
Mais jamais je n’en laisse passer une sans la lire avec attention.

Progresser, ce n’est pas seulement accumuler des informations.
C’est découvrir, noter, appliquer.

Lorsque je vous écris une lettre photo, vous procédez de la même façon.
Pour accepter de recevoir autant d’e-mails, il faut vouloir évoluer.
Ce que j’écris vous apporte du concret, enrichit votre regard.
Peu importe depuis combien de temps vous photographiez.

Je sais que je n’écris pas à des gens qui lisent juste pour passer le temps.
Vous faites partie des passionnés.
La photo s’intègre dans vos semaines et vous fait du bien.

Lire, photographier, progresser chaque jour, ce n’est pas évident.
J’ai les mêmes contraintes que vous : travail, famille, autres activités.

Mais peu importe.

Ce qui compte, c’est la régularité.
Chaque jour, vous savez que vous allez consacrer quelques minutes à la photo.

Ce qui motive n’est pas de faire une photo chaque jour.
C’est d’y penser chaque jour.
De pouvoir se dire : « Aujourd’hui, j’ai appris quelque chose. »

Pour consolider cet apprentissage, j’utilise un journal et des carnets de notes.
Ce n’est pas une pratique nouvelle.
Peintres, écrivains, photographes ont construit une oeuvre dans la durée en tenant un journal.
Pas pour la postérité mais pour ne pas se perdre en chemin.

Notes traditionnelles, crayon et carnet.
Un mot, une phrase, une citation, une idée.
Quelque chose qui me permet de mettre en pratique ce que j’ai compris.

Le journal est un support de réflexion plus profonde.
J’y note mes journées, mes sentiments, mes idées, mes pensées.
Ce que m’a apporté ce petit quelque chose découvert la veille.
Pas pour archiver, pour comprendre ce qui s’est passé.

Je pourrais dire que :
– le carnet de notes, ce sont les vidéos courtes que vous regardez sur YouTube ou Instagram
– le journal, ce sont les longues vidéos dans lesquelles il y a plus de nuances, de profondeur

Et souvent ce qui reste vraiment.

Franck G. a commencé son journal illustré en décembre.
Voici ce qu’il m’a écrit au bout de 15 jours :

« J’ai retrouvé le plaisir d’écrire à la main.
Le rythme est beaucoup plus lent qu’une écriture clavier.
Il me permet de rendre ma pensée plus fluide et de la coucher facilement sur le papier.
Je garde mes souvenirs, mes émotions, mes ressentis.
Ils enrichissent ma réflexion et me permettent des découvertes surprenantes, des mises en liens…
C’est assez inattendu.
J’utilise différemment mon appareil photo ou mon smartphone.
Ma pratique photographique devient épurée : plus de sens, plus de créativité.
Je sais pourquoi je fais une photo. »

15 jours pour commencer à voir différemment.
Pas pour tout changer.
Pour poser la première pierre d’une habitude qui, elle, change les choses dans la durée.

Ma formation autour de cette pratique ne vous apprend pas à écrire.
Elle vous donne une structure, un plan de mise en œuvre sur 10 jours.
Des exemples applicables immédiatement.
Une méthode pour que le carnet ne reste pas vide au bout d’une semaine.

Ce que vous voyez dépend de ce que vous pensez.
Ce que vous pensez change quand vous l’écrivez.
Tenir un journal change ce que vous voyez.

Tout est là : LE RÉVÉLATEUR, VOTRE JOURNAL PERSONNEL ILLUSTRÉ

Jean-Christophe

PS :

  • Vous n’avez pas besoin de savoir écrire, vous avez besoin d’avoir quelque chose à noter, et ça, vous l’avez déjà

  • Si vous pouvez décrire votre journée à un ami, vous pouvez tenir un journal

  • Franck a mis 15 jours pour poser la première pierre. Ce qu’il a construit ensuite est personnel

  • Un journal ne prend pas plus de temps que ce que vous perdez à tourner en rond dans votre tête sans en garder trace

  • Ce que vous croyez ne pas avoir à dire est exactement ce qui manque pour que vos journées vous appartiennent vraiment

  • Vous n’avez pas besoin d’une formation pour ouvrir un carnet, vous en avez besoin pour ne pas le refermer au bout de trois jours

  • La formation ne vous demande pas de vous organiser, elle le fait pour vous : une action concrète par jour pendant 10 jours

  • Si le papier vous rebute, la formation répond à ça aussi : une liste d’outils gratuits pour tenir votre journal sur ordinateur ou smartphone


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