A quoi peut bien vous servir cette expertise, réellement ??
Tout le monde sait appuyer sur le déclencheur d’un appareil photo. Très peu d’entre nous savent comment en fabriquer un.
Au fur et à mesure que des appareils photo plus complexes apparaissent, ceux qui imaginent, conçoivent, fabriquent ces appareils photo doivent être de plus en plus experts.
Si vous ne fabriquez pas d’appareils photo, devez-vous devenir de plus en plus expert(e) en appareils photo ? Non.
La seule chose pour laquelle vous devez devenir plus expert(e), c’est l’expression de vos émotions.
Parce que, comme le dit si justement Steve Simon, un photographe américain : « Il ne s’agit pas d’enregistrer ce qui se trouve devant vous, la photographie le fait facilement. Il s’agit de créer une image qui évoque une réponse émotionnelle de votre spectateur. »
Or pour provoquer une émotion chez ceux qui regardent vos photos, il vous faut ressentir une émotion lorsque vous déclenchez.
Pas simple, je sais. Mais si faire de bonnes photos était simple, ça se saurait. Ce que je veux vous dire, c’est que vous pouvez passer des mois à choisir un appareil photo. Vous demander si 24 Mp suffisent ou s’il vous faut à tout prix les 45 Mp dont tout le monde vante les mérites. Si ce capteur plein format est indispensable ou si le petit capteur APS-C suffit. Si une ouverture f/2.8 est indispensable ou si f/4 suffit.
Toutes ces questions et leurs réponses ne feront pas de vous un(e) meilleur(e) photographe. Par contre elles feront de vous un(e) meilleur(e) expert en technique photographique.
Pour trouver un emploi chez un constructeur d’appareils photo, ce sont les questions à vous poser. Pour faire des photos qui vous plaisent, peut-être pas.
Il y a par contre une chose sur laquelle les photographes s’accordent. Une photo doit montrer ce que vous avez vu et ressenti à la prise de vue. Ce qui se traduit par des réglages adaptés à la prise de vue. Par un traitement final des images si le résultat brut de carte ne vous satisfait pas.
Ce que Lightroom Classic fait très bien une fois que vous avez choisi quelles photos conserver. Pourquoi celles-ci et pas les autres. Et quelle apparence leur donner.
Ce que je vous explique pas à pas dans ma formation Lightroom.
Ce lien contient un code de réduction spécial été 2026 valable quelques jours encore :
PS : la plupart des questions sur cette formation trouvent leur réponse dans la page de présentation. Elle est longue à lire car j’y ai mis un maximum de précisions. Mais attention, je ne cherche pas à recruter tout le monde. Il faut avoir envie d’apprendre, et y consacrer du temps. Si vous le faites, par contre, je serai à vos côtés pour vous aider sans limite de durée.
Zoom vs. focale fixe, ma méthode pour décider comment faire un choix qui me convient
Auto NIKKOR Telephoto-Zoom 85-250 mm f/4-4.5
Auto NIKKOR Telephoto-Zoom 200-600 mm f/9.5-10.5
Zoom-NIKKOR Auto 43 – 86 mm f/3.5
Ça ne vous dit rien ?
Il s’agit des trois premiers zooms produits par Nikon.
Le plus connu est le 43-86 mm f/3.5 qui date de 1963.
Il a initié une longue série de zooms couvrant la focale standard de 50 mm.
Dont les 24-70 mm et 28-85 mm pour le plein format, ou les 18-55 mm pour APS-C.
Ces zooms sont souvent ceux que vous utilisez, ou avez utilisés, avec un premier appareil photo.
Vendus en kit “boîtier + objectif”.
Toutefois, lorsque vous commencez à vous faire plaisir en photo, vous éprouvez l’envie de passer à autre chose.
Se pose alors la question que tout le monde s’est posée avant vous :
Quel objectif choisir ?
Je vous réponds souvent “pourquoi pas une focale fixe ?”
Plus compacte. Plus légère. Plus lumineuse.
Seulement voilà … quelle focale fixe choisir ?
Parce que la contrainte d’un tel objectif c’est … sa focale fixe.
Il faut donc faire le bon choix.
24 ? 35 ? 50 ? 85 ? 105 ? … vous ne savez pas ?
“La meilleure focale est celle que VOUS utilisez le plus SOUVENT sans toujours le réaliser”.
Je vous vois venir … “comment savoir celle que j’utilise le plus souvent ?”
observez vos photos
notez la focale utilisée pour chacune
faites une liste, de la plus utilisée à la moins utilisée
Exemple avec deux appareils différents (nbre de photos entre parenthèses) :
APS-C : 16 mm (1 023) / 18 mm (3 081) / 23 mm (4 699)
plein format : 20 mm (639) / 24 mm (4 615) / 35 mm (3 975) / 50 mm (3 271)
Donc le plus souvent une focale comprise entre 24 et 50 mm en équivalent 24×36.
Si je dois penser focale fixe, il faut envisager ce trio :
24 mm
35 mm
50 mm
Comment j’ai fait pour compter tout ça ??
J’ai ouvert ma photothèque.
Vue « filtre par métadonnées ».
Colonne « focale ».
Temps nécessaire : 2 minutes.
Ce qui m’amène au point suivant.
Pour obtenir ce type d’informations, il faut organiser votre photothèque.
Seul un logiciel spécialisé peut faire ça vite et bien.
Un des plus efficaces pour gérer une photothèque est Lightroom Classic.
Tout ce que j’ai décrit ici est détaillé, pas à pas, dans ma formation Lightroom Classic.
Voici le lien avec le tarif spécial été 2026 valable pendant quelques jours seulement :
PS : en photographie, un des principaux problèmes est de gérer toutes les images que vous faites.
Il est facile de déclencher, de remplir une carte mémoire.
Mais ensuite il faut trier des centaines de photos, savoir quoi en faire, lesquelles garder …
Cela vous rebute et au final vous gardez tout par peur d’effacer des fichiers.
Vos disques durs se remplissent, vous ne profitez pas de vos images.
Il vous manque un élément essentiel, un gestionnaire de photos.
Ce gestionnaire vous permet de trier et classer vos images.
De ne conserver que les meilleures.
Puis de les traiter pour leur donner un beau rendu, avant de les partager.
C’est ce que je vous apprends à faire dans cette formation, ainsi que plein d’autres choses en post-traitement.
Le secret de David Yarrow pour faire une excellente photo sans se prendre une corne en pleine tête
“Je n’ai absolument aucun doute : le plus important pour une excellente photo, c’est le travail que vous faites avant de prendre l’appareil.” C’est le photographe David Yarrow qui dit cela dans son dernier livre.
Si vous connaissez David Yarrow, vous savez qu’il maîtrise son sujet. Un tel photographe, auteur de tant d’images emblématiques, ne devrait pas avoir à réfléchir ainsi.
Pourtant c’est le cas. Il avoue même qu’il lui faut parfois plusieurs semaines pour réunir les bonnes conditions, le bon matériel, et faire ses photos.
Cependant, j’ai bien conscience que vous ne cherchez pas à être un des photographes les plus connus au monde. Par contre, réussir quelques bonnes photos sans les devoir au hasard, c’est quand même sympa non ?
Alors vous n’allez pas y couper, pour progresser il va falloir préparer. Mais que signifie “préparer” pour un photographe amateur ?
Pas la même chose que pour un pro qui parcourt le monde ou un pro du studio.
Pour un photographe amateur, débutant ou non, préparer signifie savoir :
quels sujets vous allez avoir en face de vous (mer, campagne, montagne, personnes, enfants, sport …) – quelles contraintes techniques ces sujets vous imposent (taille, distance, luminosité, mouvement …) – quel est votre équipement photo le plus adapté si vous avez plusieurs objectifs ou boîtiers, – quels sont les réglages par défaut à utiliser (mode de prise de vue, sensibilité, temps de pose, ouverture …) – quels accessoires peuvent vous servir (trépied, monopode, sac, télécommande …) – quel usage vous allez faire des photos (grands tirages, web, cartes postales, livre …)
Il y en a d’autres mais ce sont les principaux.
Mettez des mots en face de ces questions et vous allez pouvoir anticiper. Éviter de vous retrouver avec le mauvais objectif au mauvais endroit. Ou oublier l’indispensable trépied.
Anticiper vous évite les principales erreurs, comme le regret d’avoir manqué ces photos que vous auriez tant voulu réussir. Ah … si vous aviez pensé à faire … ou à prendre … !!
Seulement pour anticiper, encore faut-il savoir répondre à ces questions. De plus, il n’existe jamais une seule et unique réponse. Mais un choix principal et des variantes.
Vous devez donc connaître ce choix comme les variantes.
Si ce n’est pas votre cas, je vous propose de vous aider à apprendre. C’est le but de ma formation “Bien (re)débuter en photo”. Nous allons balayer ensemble tous ces sujets. Tout détailler, pour que vous puissiez tout comprendre.
Comme il s’agit de cours en ligne, vous pouvez les suivre autant de fois que vous le voulez à votre rythme. Dès que vous avez un problème de compréhension, vous m’en faites part et je vous aide.
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PS : je vous transmet l’avis de Murielle qui a suivi la formation, je n’ai rien coupé.
=== Avec « 5 étapes pour bien débuter en photo » , j’ai d’abord trouvé toutes les informations nécessaires pour une meilleure compréhension des différentes fonctions de mon appareil. J’ai appris tout ce qui se cache derrière les mots bracketing, D- lighting, mesure spot ….et bien sûr, mieux gérer l’exposition, la lumière, la netteté. Je suis maintenant capable de faire de jolis portraits, de photographier des sujets en mouvement et de donner à mes clichés un côté plus personnel. Vos modules sont bien construits avec une progression logique, toujours clairs avec des exemples précis. Les réponses aux questions sont toujours rapides et m’ont permis de régler mes problèmes. Il est vrai que cette formation est tellement riche, qu’il est parfois difficile d’assimiler en une fois. J’ai pris l’habitude de revoir le cours non compris dans sa totalité. C’est pourquoi je suis peut-être un peu plus longue que la majorité ! On apprend aussi avec les questions des autres. ===
7 nuances de Grey à connaître pour ne pas tomber dans le panneau
Avez-vous déjà réalisé ceci ?
En noir et blanc, on parle de nuances de gris. Louche, non ?
Je ne vais pas faire une grande révélation en vous disant qu’aux origines de la photo en noir et blanc, à l’époque argentique, c’est le grain d’argent qui “faisait” l’image. Y’en avait ou y’en avait pas.
Sauf que dans la pratique ce n’était pas aussi binaire. J’aurais pu dire « aussi noir ou aussi blanc » mais bon…
Le noir le plus sombre mais pas complètement noir donne un gris sombre. Le blanc le plus clair mais pas complètement blanc donne un gris clair. Entre le noir le plus pur et le blanc le plus pur, il existe une infinité de niveaux de gris. La fameuse “gamme de gris”.
En numérique il n’y a plus de grains d’argent mais des photosites. Les photosites sont les minuscules éléments qui composent le capteur et captent la lumière. Un peu plus de 24 millions de photosites sur un capteur 24 Mp (d’autres photosites servent à autre chose). Un peu plus de 45 sur un capteur 45 Mp. Etc.
Seulement ces photosites ne captent pas “le blanc”, “le noir” ou “les nuances de gris”. Ils captent l’intensité de la lumière qui les frappe pendant la durée du temps de pose.
Sauf à utiliser un boîier monochrome hors de prix, pour faire une photo en noir et blanc, vous commencez donc par faire une photo en couleur. Même si vous faites du JPG noir et blanc. Dans ce dernier cas, c’est le boîtier qui convertit pour vous l’image couleur en image noir et blanc avant de l’écrire sur la carte. Dans le cas du RAW, c’est à vous de convertir le RAW en une image noir et blanc.
Tout ça pour vous dire que si vous respectez les contraintes du noir et blanc numérique, vous obtiendrez de belles images. Sinon la déception vous guette.
C’est quoi ces contraintes ?
1- Observer la lumière avant de déclencher 2- Créer des contrastes entre les zones lumineuses et les zones sombres 3- Penser contraste de lumière et non plus contraste de couleur 4- Apprécier les lignes et les formes géométriques 5- Bannir le JPG (sauf dans un cas précis) 6- Identifier une scène adaptée 7- Post-traiter avec discernement
Ça fait beaucoup d’infos. Je vous laisse méditer tout ça.
Il y a bien plus d’infos encore dans ma formation “Oser le noir et blanc”. Dans les leçons théoriques comme dans les prises de vue sur le terrain et les partages de mon écran.
J’ai tout décrit longuement sur la page de présentation, avec des photos. Je vous donne même la liste des bonus et la réponse aux questions fréquentes.
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vous réglez votre appareil photo sur monochrome et vos résultats sont mauvais – vous ne savez pas quelle option utiliser dans les menus de votre appareil photo – vous ne savez pas de quoi vos photos en noir et blanc manquent – vous êtes perdu(e) dans les fonctions de votre logiciel photo – vous ne savez pas s’il faut en changer et si oui, pour lequel – vous vous dites que la photo en noir et blanc, finalement, ce n’est pas pour vous … … pourtant vous auriez aimé réussir
Sur la Route du Lait : 25 ans de reportage photo amateur à travers le monde
Sur la Route du Lait, c’est trois voyages en vingt-cinq ans, huit ans cumulés sur les routes du monde à la rencontre de ceux qui vivent du lait de leurs animaux, un peu plus de 100 000 photos, deux livres, des expos. Colette Dahan et Emmanuel Mingasson ne sont ni photographes professionnels, ni journalistes. Ils sont la preuve qu’un projet photo documentaire au long cours ne demande ni matériel haut de gamme, ni formation professionnelle. Il demande simplement une décision, de la méthode, et la discipline de finir ce qu’on commence.
Les échanges avec les participants à mes formations ne me servent pas qu’à répondre à leurs questions. Ils me servent aussi à mieux comprendre ce qu’ils font, leurs véritables besoins, leur pratique photo.
Emmanuel Mingasson, après avoir suivi ma formation Lightroom, me posait des questions de temps en temps, exprimant des besoins, des interrogations. C’est son besoin de classement et de référencement qui a attiré mon attention. J’ai alors réalisé qu’il était voyageur photographe au long cours. Et quel long cours !
Au printemps 2026, j’ai repris contact avec lui car son projet Sur la Route du Lait me semblait tellement fou qu’il méritait une mise en avant. C’est la synthèse de notre longue discussion que je vous propose aujourd’hui.
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Iran, juin 2013
Colette Dahan et Emmanuel Mingasson, deux personnes ordinaires, 25 ans de reportage photo documentaire
Deux personnes comme vous et moi. Colette Dahan et Emmanuel Mingasson ne sont ni photographes professionnels, ni journalistes. Curieux, ils ont décidé un jour de faire un long voyage mais surtout de lui donner un sens.
Emmanuel a travaillé pendant des années dans le développement rural, en Savoie, une région où les filières fromagères sont une réalité. Colette a eu plusieurs métiers et en partie dans le même milieu. Ils habitent à Chambéry.
Emmanuel commence à faire de la photo de façon sérieuse vers 1995. Pas de formation initiale, pas d’école de photo. Juste une activité qui le passionne, comme de nombreux amateurs. Avant le premier grand voyage Sur la Route du Lait en 2001, il suit cinq jours de stage chez un photographe installé dans la Drôme. Son appareil photo est un reflex de milieu de gamme. Ce boîtier, loin d’être un équipement professionnel, ne l’a pas empêché de faire des photos qui placent le spectateur au cœur de l’action. Emmanuel le dit sans fausse modestie, le vrai problème n’a jamais été le matériel.
Colette, elle, c’est l’écriture. Elle note, elle retranscrit, elle rédige. Et puis, au fil des voyages, elle s’est mise à photographier aussi, avec son appareil photo en mode automatique puis avec son smartphone, adoptant un regard totalement différent de celui d’Emmanuel. Spontané alors que le regard du photographe est plus construit. Complémentaire, en fait. Sur le terrain, c’est aussi elle qui lui rappelle ce qu’il ne faut pas rater.
« Il y en avait un qui ne savait pas bien écrire, et l’autre qui ne savait pas faire des photos. Il n’y a pas eu de discussion. »
Lors de l’entretien, j’entends Colette nous dire en arrière-plan « oui, enfin, un peu photographe quand même hein ?« .
D’une boutade en Ouzbékistan à Sur la Route du Lait : comment naît un projet photo de 25 ans
Tout commence pendant un voyage, en 1999, dans un marché en Ouzbékistan. Quinze jours de sac à dos en Asie centrale, quelques jours avant de rentrer en France. Sur un étal, un fromage séché très dur, quelque chose qu’ils n’avaient jamais vu. Et une boutade : « Un jour il faudra revenir voir comment c’est fait.«
Un an plus tard, en juillet 2000, Colette et Emmanuel sont décidés : l’année prochaine, ils partent. Et ils se fixent trois prérequis pour ce voyage qu’ils s’imposent d’accomplir en un an : du temps (un congé sabbatique), une voiture (un 4×4 acheté et aménagé), et parler russe (une langue apprise de zéro pour pouvoir parler dans des pays où tous ont appris le russe à l’école pendant la période soviétique). Le 1er septembre 2001, tous les éléments sont réunis. Ils partent. Sur la Route du Lait vient de commencer.
Leur idée et le fil conducteur du voyage sont de connaître et comprendre les fabrications traditionnelles qui permettent aux familles de vivre. Ils ne savaient pas si ça allait marcher ni ce qu’ils allaient trouver. Ils savaient juste qu’ils avaient une année devant eux pour essayer.
Ce premier voyage les mène en Roumanie, en Turquie, en Iran, en Asie centrale, en Mongolie. Retour en 2002.
Puis une douzaine d’années plus tard, en 2013-2015, ils repartent en Asie, au printemps cette fois. Ils veulent être présents pendant la pleine période de production laitière, quand les animaux sont à l’herbe. En prime, ils retrouvent des familles rencontrées douze ans auparavant. Avec eux, leur premier livre et ainsi la réponse à la question que beaucoup leur avaient posée « qu’allez-vous faire de toutes les photos et toutes les notes que vous avez prises ? »
Et le troisième voyage, enfin, de septembre 2020 à janvier 2026 : un an en France d’abord, Covid oblige, puis la Scandinavie, puis le 4×4 expédié sur un bateau entre la Belgique et Montevideo, et l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale, l’Amérique du Nord.
Imaginez… Vivre pendant en tout huit ans dans un espace aménagé de 2 mètres de long sur 1,40 mètre de large. Emmanuel décrit l’intérieur : un lit, une cuisine, un coin salon, une salle de bain. « Et terrasse, et grand balcon« , dit-il avec un sourire non feint. Plusieurs confinements la première année, un problème de santé qui les a immobilisés pendant 7 mois, l’attente de pièces de rechange pour la voiture et une semaine tous les deux mois une pause pour la rédaction de la lettre de voyage, ils ont aussi passé presque un an entre quatre murs, dans des logements classiques, pendant le dernier voyage. Le reste, c’était la voiture aménagée en van.
Un congé sabbatique, pour mémoire, est ouvert à tous les salariés. Il n’est pas rémunéré mais ce n’est pas réservé à une catégorie particulière. Emmanuel le dit parce que c’est important.
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Le 4×4 aménagé
Comment trouver des sujets pour un reportage photo : frapper aux portes
Premier voyage, 2001. Colette Dahan et Emmanuel Mingasson ont une adresse en Roumanie et une adresse en Iran. C’est tout. Pas de contacts préétablis, pas de base de données, pas de guide local. Tout va se faire sur le terrain.
Leur méthode se veut simple et efficace : aller sur les marchés, demander aux vendeurs d’où viennent les produits, remonter la chaîne jusqu’aux grossistes. À Istanbul, ils étalent une carte de Turquie dans un marché de gros en produits laitiers. Ça attire du monde. Chacun donne son avis, indique une fromagerie, une région, un producteur à ne pas rater. La carte comme outil de rencontre, c’est artisanal, c’est lent, on l’a oublié de nos jours, mais c’est efficace.
Pour leurs deuxième et troisième voyages, ils bénéficient d’Internet, qui leur permet de préparer quelques trajets avant d’arriver dans un pays. Mais la philosophie de Sur la Route du Lait veut que les rencontres restent spontanées, identiques dans l’esprit à ce qu’ils ont vécu en 2001.
Ces rencontres aboutissent-elles ? Ils ne reçoivent que trois refus en huit ans de voyage. Le premier lié à une croyance, celle de l’étranger qui pourrait apporter le mauvais œil dans la maison. Le deuxième refus venait de quelqu’un qui avait dit oui puis changé d’avis, probablement par pudeur sur ses conditions de vie. « Pourquoi vous venez chez nous, il n’y a rien à voir chez nous. » Le troisième refus s’est produit dans des circonstances similaires. C’est tout.
Emmanuel me l’a précisé lors de notre entretien, l’accueil s’est avéré identique partout où ils sont allés : Asie centrale, Amérique du Sud, Belgique, Norvège, Allemagne. Une fois leur projet expliqué, les portes s’ouvraient. Partout. Il résume en une phrase ce qui débloque la peur d’aborder des inconnus pour un reportage photo, et qu’il dit s’être répétée chaque fois qu’il hésitait à frapper à une porte : « Le seul risque que je prends, c’est qu’ils me disent oui.«
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Soins en cave à la fromagerie Serro Balsamo dans l’Etat de Goiás, novembre 2023
Photographier un reportage : une journée sur le terrain
Colette et Emmanuel ont une même demande auprès des producteurs qui leur ouvrent leurs portes : être là pour la traite, rester jusqu’à la fin de la fabrication, du début à la fin.
La raison est simple : la traite prend du temps, et pendant ce temps-là, les gens ont les mains occupées mais la bouche libre. Pareil pendant la fabrication. Ces moments privilégiés permettent la discussion et surtout, sans que cela pose de problème, de sortir l’appareil de photo. La conversation s’installe naturellement, sans forcer.
Pas de questionnaire préparé, pas de liste de questions à cocher, mais une discussion à bâtons rompus. L’objectif premier de Colette et Emmanuel c’est de comprendre comment les gens vivent, comment ils s’organisent, comment leur façon de transformer le lait reflète l’adaptation à l’environnement dans lequel ils vivent. Un mode de vie nomade, une saison de production courte, un milieu de steppe, désertique ou au contraire sous la neige plusieurs mois par an, plusieurs espèces animales dans le troupeau, tout cela a une influence sur des techniques, intéressantes à connaître car elles permettent de comprendre le mode de vie et sont souvent héritées de traditions transmises parfois depuis des générations.
Sur le terrain, la coordination entre Emmanuel et Colette se fait naturellement. Il photographie pendant qu’elle note ou enregistre. Il ne pose pas de questions, elle ne photographie pas pendant qu’il cherche son cadre. Ça s’est calé ainsi naturellement entre eux.
Emmanuel réalise deux types d’images lors de chaque visite. Les photos documentaires d’abord : suivre un procédé de A à Z, photographier chaque étape pour pouvoir décrire une technique, un savoir-faire et s’en souvenir aussi. Et les photos de mise en valeur de l’humain : « Mon boulot, tel que je le conçois, c’est mettre en valeur le geste, mettre en valeur le travail. » C’est le témoignage qu’il souhaite apporter.
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Kirghizstan, juillet 2013
Quel matériel photo pour un reportage au long cours
Emmanuel Mingasson me dit avoir fait près de 80 % des images de ces 25 ans avec un seul objectif : un 24-70 mm f/2.8, monté sur un boîtier reflex au départ, devenu un hybride en cours de route. Le deuxième boîtier, plus discret, c’est un compact avec une focale fixe 28 mm. « Un petit bijou« , dit Emmanuel. Efficace, discret, silencieux.
Le 35 mm f/1.4 sort exceptionnellement, quand la lumière est tellement faible qu’il faut aller chercher l’ouverture maximale. Mais c’est rare. Les montées en ISO modernes et les logiciels de traitement comme Lightroom ont largement réduit ce besoin.
Alors que je lui pose la question de la vidéo, sa réponse est sans appel : absente, ou presque, et c’est assumé. « C’est difficile sur le terrain, il faut penser à tout, on a des gigas et des gigas le soir, le son, s’il est bon, s’il est pas bon…« . Comme je le comprends !
Pour lui, la vidéo entre en conflit direct avec la quête d’images. Quand on est en train de construire une image, on ne pense pas au plan vidéo. Et inversement. Emmanuel le regrette un peu, parce que dans une projection d’une heure et quart, quelques séquences de 15 à 20 secondes faites par Colette rendent le montage plus vivant. Mais pas au point de changer d’approche.
Ce que le smartphone de Colette apporte, en revanche, est réel. Un regard différent, spontané, peut-être moins construit. Et surtout : elle voit ce que lui ne voit pas, parce qu’elle n’a pas l’œil collé à un viseur. « Manu, arrête de parler, il faut que tu ailles voir là-bas. » C’est ça, travailler à deux.
Sauvegarder et classer ses photos en voyage : la méthode d’Emmanuel
C’est la contrainte de tout voyageur, d’autant plus au long cours. Devoir chaque soir, sans exception, sauvegarder et annoter ce qui a été fait pendant la journée. Sans ça, imaginez le travail au retour après des mois ou années de voyage : Emmanuel me l’a dit, ce serait tout simplement impossible. Le volume d’images accumulé par Sur la Route du Lait l’impose.
La règle de sauvegarde établie par Emmanuel, et que j’approuve pleinement, est simple et non négociable : on n’efface jamais une carte mémoire avant d’avoir deux copies sur deux supports distincts. En pratique : il a utilisé trois jeux de disques durs en permanence. Deux dans la voiture, dont un en sauvegarde Time Machine (couvrant à la fois le système et le disque photo). Un dans le sac à dos lors de chaque sortie à pied, quelle que soit la durée de la sortie. Si la voiture se fait dévaliser, il reste au moins une copie.
Au premier voyage, en diapo, pas de disque dur. les pellicules partaient par la poste depuis l’Asie centrale vers un ami qui les réceptionnait en France. Pas une seule ne s’est perdue, malgré le stress.
« Après un envoi, je ne dormais pas pendant 15 jours, et quand j’avais le message trois semaines après disant ‘on a bien reçu’, c’était le soulagement. »
Aujourd’hui, deux disques durs de 2 To suffisent pour l’ensemble d’un voyage. La taille d’un paquet de cigarettes. Deux autres disques contiennent les copies de sauvegarde et deux autres encore les sauvegardes Time Machine.
Le nombre de photos réalisées est forcément impressionnant : environ 55 000 images pour le dernier grand voyage, soit une trentaine de déclenchements par jour en moyenne. Selon les rencontres, ça peut aller de 20 photos dans une journée calme à 500 dans une journée chargée. Emmanuel précise qu’une partie de ces images sert de mémoire technique : photographier chaque étape d’une fabrication complexe, pas pour faire une belle image, mais pour pouvoir reconstituer le procédé plus tard. Ce point est important. En voyage on ne fait jamais « que » des belles images mais aussi toutes celles qui servent à référencer, documenter, illustrer.
Les mots-clés sont appliqués dans Lightroom le soir même, avant tout traitement. C’est la priorité absolue. Afin de faciliter la recherche ultérieure des photos, Emmanuel a adopté une structure systématique : pays, ville ou village, nom du voyage, puis description de tout ce qui est visible sur la photo. Pour les fabrications fromagères, les mots-clés sont précis et techniques, calqués sur le vocabulaire de la filière. Il lui faut pouvoir retrouver une photo faite en Ouzbékistan en 2001 dans les mêmes conditions qu’une photo faite la semaine dernière. Les diapos du premier voyage ont été scannées et intégrées dans Lightroom avec cette même structure. La méthode fonctionne : lorsque je lui ai demandé quelques photos d’illustrations, je les ai reçues le lendemain.
En complément des mots clés, l’arborescence Lightroom établie par Emmanuel suit la logique du voyage : par pays, puis par date, jour par jour. Des collections complètent le système : par lieu, par thème, par lettre de voyage publiée ou nombre d’étoiles. Lightroom exclusivement, depuis le début. Je me souviens avoir évoqué avec lui lors d’un de nos échanges la possibilité de rechercher des photos non référencées, et de synchroniser les mots clés entre Lightroom Classic et les autres déclinaisons de Lightroom. Ce n’était alors pas possible. Depuis la version 15.4, ça l’est et cela facilite le travail de référencement. À garder en mémoire pour le prochain voyage !
De ces 55 000 photos, Colette et Emmanuel ont choisi environ 10 % des images en première sélection. Leurs critères sont classiques : intérêt esthétique, capacité à raconter quelque chose, pertinence documentaire. Le traitement du soir est resté minimum : que la photo commence à ressembler à quelque chose, qu’elle soit utilisable rapidement. Le traitement approfondi viendra plus tard.
Et pendant qu’Emmanuel fait tout ça, Colette retranscrit, traduit si nécessaire, et rédige. Cela représente deux heures de travail minimum, chaque soir. « Si on veut garder une trace et faire les choses intelligemment, il n’y a pas d’autre façon.«
Sur la route du lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Mongolie, juin 2002
Publier ses photos : pourquoi la lettre papier plutôt que le tout gratuit
Dès le premier voyage, Colette et Emmanuel l’ont décidé : les abonnés de Sur la Route du Lait recevront chaque mois une lettre papier, envoyée par la poste. Pas un email, pas un contenu web. Un courrier physique, quatre pages, noir et blanc au début, puis couleur. Colette et Emmanuel vont ainsi réunir entre 250 et 340 abonnés payants selon les voyages.
Le parti pris est explicite et assumé : aller à contre-courant du « tout gratuit sur Internet ». Pas par prétention. Par conviction qu’une lettre physique se lit différemment, qu’elle ne se perd pas dans une boîte mail, qu’elle mérite une attention différente, parce que des gens ont travaillé pour la créer et que d’autres ont payé pour la recevoir. Cet engagement, il structure aussi le rythme de travail du soir. Pas question de bâcler.
Mais ce n’est pas tout. Il y a un deuxième engagement, moins visible mais tout aussi important : envers le respect dû à tous les producteurs rencontrés. Des gens qui ont ouvert leur maison, expliqué leur métier, parlé de leur vie, et à qui Emmanuel et Colette ont dit : « Notre objectif, c’est de faire connaître votre vie à des gens qui ne pourront jamais venir vous voir.«
La logistique de chaque voyage a reposé sur un camp de base en France, tenu par des amis. Les textes partent par email, les pellicules par la poste au premier voyage (lettres mises en page, imprimées, expédiées depuis la France). Dès le deuxième voyage, un PDF bouclé depuis la voiture est envoyé pour impression et mise sous enveloppe. Encore des tâches à gérer : au deuxième voyage, plus de 300 lettres par mois sont ainsi traitées. « Il faut de bons amis.«
Réseaux sociaux et photo : un carnet d’adresses, pas une vitrine
Colette et Emmanuel m’ont avoué ne pas être à l’aise avec les réseaux sociaux. Lors du premier voyage, les réseaux n’existaient pas. Avec le temps, ils ont adopté une présence minimale sur Facebook. Et puis, un jour, au Brésil, des producteurs qu’ils venaient de rencontrer leur ont dit : « on veut voir les photos que vous avez faites chez nous, mettez-les sur Instagram« . Le compte Instagram Sur la Route du Lait est né comme ça, d’une demande du terrain.
Ils se sont alors mis à publier une série de photos toutes les trois semaines environ. Il n’y a pas de stratégie, pas de calendrier, pas de ligne éditoriale calée à l’avance. C’est un partage plaisir, quand l’envie et le temps sont là.
L’usage réel d’Instagram et des réseaux qu’Emmanuel m’a décrit n’est pas celui qu’on imagine. Pas une vitrine. « De toute façon, le système est fait pour qu’on ne voie plus rien. » Ce qui compte, c’est le lien direct avec les personnes rencontrées. Quelques jours avant notre échange, il recevait un message WhatsApp d’un producteur brésilien rencontré dans une ferme. Vingt-cinq ans de voyage, et c’est ça la vraie valeur des réseaux sociaux pour un projet comme le leur : maintenir l’échange avec les gens qui vous ont ouvert leur porte.
Livre photo, expo, projection : finir le travail
Après le retour du premier voyage, en 2002, afin de faire connaître leur démarche et leurs propos, Colette et Emmanuel commencent par des expos photo et des projections. Un carrousel Kodak et cinq paniers de diapos ! Le texte est lu en direct pendant que les images défilent. La restitution est si bien réalisée que les gens ne prêtent pas garde aux changements de carrousels, ressortent en disant qu’ils croyaient être au cinéma. Ces projections ont généré des discussions, des rencontres, et finalement l’idée d’un livre. Le premier est sorti en 2006, quatre ans après le retour. Ils ne l’avaient pas prévu. Il s’est si bien imposé qu’il est épuisé.
Le deuxième voyage se voulait plus structuré en termes de communication et de façons de le partager. Continuer avec une lettre de voyage, alimenter le site web, tandis que le projet de livre, d’expos, de conférences, ils l’ont en tête avant même de partir.
Aujourd’hui, quatre mois après le retour du dernier voyage, nos deux voyageurs se réinstallent. Ils se posent. Un prochain livre est déjà en réflexion. Des projections peut-être, des conférences, une expo. Rien n’est calé, et c’est bien normal. Il faut laisser le temps au temps.
Pour Emmanuel, la question de la restitution (livre, expo, projection) n’est pas un bonus. C’est la raison d’être du travail de terrain.
« Si on ne fait pas la deuxième partie du travail, la première ne sert à rien. »
C’est dit simplement, mais c’est une des phrases les plus importantes de cette conversation. Deux mille quatre cents pages de notes, des milliers de photos qui restent sur un disque dur, que personne ne verra jamais, que les enfants jetteront sans savoir ce que c’est. Emmanuel y pense.
Rematérialiser ce qu’on a vécu est essentiel quand tout est numérique. Imprimer, publier, exposer. Ce n’est pas accessoire, c’est finir le travail.
Ce que 25 ans de reportage enseignent aux photographes amateurs
Photographe amateur, Emmanuel a fait cinq jours de stage avant de partir en reportage pour un an. Boîtier d’entrée de gamme. Pas de formation professionnelle en photographie. Et 25 ans plus tard, ses images tiennent. Elles racontent quelque chose. Elles ont servi de base à des livres, des expos, des projections qui ont touché leur public.
Je le répète souvent, la technique photo s’apprend vite. Apprendre à regarder, par contre, prend une vie. C’est ce que démontre concrètement Sur la Route du Lait sur 25 ans de pratique.
Mener un tel projet documentaire long n’est pas réservé aux professionnels. C’est accessible à quiconque décide de commencer, pas juste d’y penser pour le faire un jour, mais de commencer.
Emmanuel me l’a répété tout au long de notre échange, l’obstacle n’est jamais technique. Il est psychologique. « J’ose pas, je sais pas, peut-être que ça ne marchera pas... » Il faut savoir distinguer les rêves des projets. Un rêve reste flou. Un projet, ça se prépare concrètement : du temps, de la logistique, un budget, un moyen de transport, une langue si nécessaire. Et on y va, même sans savoir ce qu’on va trouver.
Colette et Emmanuel m’ont aussi confié que travailler à deux apporte quelque chose que le travail solo ne peut pas donner : deux regards, deux outils, deux façons de voir la même scène. Et quelqu’un qui vous dit ce que vous étiez en train de rater.
Colette a mis une citation de Jacques Brel en exergue du premier livre. Elle résume mieux que n’importe quelle conclusion ce que cette conversation dit aux photographes qui hésitent.
Ce qu’il y a de difficile, pour un homme qui habiterait Vilvoorde et qui voudrait aller à Hong Kong, ça n’est pas d’aller à Hong Kong, c’est de quitter Vilvoorde. »
Où retrouver Sur la Route du Lait de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson
Vous pouvez retrouver les voyages de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson sur le site Sur la Route du Lait.
Voix lactées, le second livre de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson
Les projets à venir : un troisième livre, des projections, une expo. Pas de date annoncée encore, le travail est en cours. L’histoire de Sur la Route du Lait n’est pas terminée.
Un grand merci à Emmanuel Mingasson pour le (long) entretien qu’il a bien voulu m’accorder pour relater ces périples autour du monde.
Pourquoi ce lien est une mine d’or et que les textes sont aussi intéressants que les photos
Je me devais de vous le dire. La vraie raison pour laquelle j’ai créé Destination Photo dont c’est le tout premier lancement ces jours-ci avec un tarif spécial, c’est que j’en ai assez de voir des gens s’inscrire sur les forums et les groupes de réseaux sociaux, et ne pas y trouver ce qu’ils pensaient y trouver.
Ces sites et réseaux rassemblent des inconnus. Les échanges partent dans tous les sens. Les réponses valent ce que valent certains de leurs auteurs, et personne n’en sait rien.
Lorsque j’ai interrogé un panel de lecteurs ces derniers mois, la plupart m’ont dit que le temps passé sur ces sites était souvent du temps perdu. D’autres m’ont dit qu’ils ne fréquentaient pas les réseaux, ni les forums, parce qu’ils les trouvaient nocifs D’autres encore m’ont dit qu’ils n’y apprenaient rien, et qu’ils se sentaient trop souvent rabaissés. Pour ne pas dire plus sans être grossier.
Mais il n’y a pas que ça…
De mon côté, j’avais depuis longtemps envie de partager avec vous de façon plus directe, plus rapide. Il m’arrive souvent de découvrir une astuce, un raccourci, un petit quelque chose qui me rend service. Je voulais pouvoir vous partager ça sans passer par la publication d’un article sur le site. L’article suppose toujours un délai de publication, et il est noyé dans la masse du web.
Poster dans un espace communautaire, c’est rapide, simple, et tous les participants peuvent enrichir l’échange.
Exemple : Après avoir commenté une photo dans l’espace Regard croisés, j’ai repensé à une photographe. Elle a travaillé sur un sujet proche, dans les années 60. J’ai fouillé mes notes, mis en forme et publié un sujet dans l’espace Atelier photo. Mercredi matin, je découvrais ceci sous la publication : “Ce lien est une mine d’or !! Les textes sont aussi intéressants que les photos. Mille merci à vous”.
C’est ainsi que l’on progresse ensemble.
Autre exemple : Mercredi, dans un échange qui dure depuis la semaine dernière sur une photo d’architecture postée par une participante. Elle joue le jeu de la refaire en tenant compte des conseils qu’on lui donne.
A la suite, plusieurs personnes ont lancé l’idée de faire une sortie en commun en ce lieu. Pour faire plus ample connaissance, pour retrouver du lien que l’on a trop souvent perdu ces dernières années. Pour partager leurs pratiques.
Un troisième exemple : Mes notes d’étude sur les photographes. Mardi, j’ai posté une publication (avec PDF téléchargeable) pour présenter un photographe (pas toujours) connu. Parmi les commentaires, celui de Patrick :
“Merci pour cette fiche lecture très bien faite, agréable à lire en Pdf, tout simplement parce que je ne connaissais pas ce monsieur, pour moi c’est une découverte. Je suis certain qu’il y en aura d’autres compte tenu de ta culture photo que je n’ai pas. Donc encore merci de nous en faire profiter !”
Bien sûr qu’il y en aura d’autres, j’ai plus de 80 fiches de photographes dans ma base de notes. Et ça augmente sans cesse.
Ah, une dernière chose…
Dans cette communauté, je peux vous partager des vidéos et des audios.
Parce que parfois, une vidéo est plus pratique pour expliquer quelque chose. Parce que parfois aussi, m’écouter parler via un message audio pendant quelques minutes est plus rapide pour vous que de lire plusieurs pages de texte.
…
J’arrête là, parce que vous me connaissez, je suis passionné. Et que cette lettre est déjà fort longue.
Voici le lien pour tout savoir et vous inscrire à DESTINATION PHOTO en profitant du tarif de lancement valable ces jours-ci :
PS : je répondrai aux questions reçues dans une prochaine lettre.
PPS : l’inscription à cette communauté en ligne, valable 12 mois à compter du jour d’inscription, vous permet d’accéder à tout ce que contiennent déjà les espaces Regards Croisés et Atelier Photo. Ainsi qu’à tout ce qui sera ajouté dans les semaines et mois prochains.
1- L’espace Regards croisés Vous déposez une image. Vous expliquez ce qui vous préoccupe, ou ce qui vous satisfait. Les autres membres et moi prenons le temps de vous faire une réponse réfléchie et argumentée.
2- L’espace Atelier Photo Ce que vis un(e) photographe passionné(e) : – une technique que je viens de tester et valider – une approche qui a changé ma façon de photographier – une découverte sur un logiciel – une réflexion sur la photographie et les photographes – un avis sur votre site photo – … Ce que vous allez y trouver n’est pas dans les formations. Parce que ce n’est pas un cours. C’est un atelier.
APS-C ou plein format ? La réponse courte existe. La voici
Chaque semaine, je reçois la même question des dizaines de fois.
En ce moment plus que jamais, avec les promos Nikon de l’été.
“APS-C ou plein format ?”
Alors voilà ma réponse. Directe. Cash.
La vraie question n’est pas le format du capteur. C’est votre usage.
Ce n’est pas une question de niveau. Un débutant peut avoir un usage très précis.
Chez Nikon, en 2026, l’APS-C c’est le Z50II ou le Zfc.
Plus léger, plus compact, moins cher.
Idéal pour voyager, débuter, filmer face caméra, photographier sans se charger comme un mulet.
Le Z50II est le meilleur choix pour quelqu’un qui commence ou veut un deuxième boîtier discret.
Le Zfc est le meilleur choix pour quelqu’un qui veut se remémorer sa grande époque argentique.
Si le look rétro vous parle vraiment, le Zfc fera le job.
Mais à fonctions égales, le Z50II gagne sur tous les points techniques.
Mon choix entre les deux ? Z50II. Nouvelle génération, nouvel autofocus.
Le plein format, c’est une autre histoire.
D’ailleurs, ça veut dire quoi “plein format” ?
Ça veut dire “24 x 36”.
Le plein format n’est pas supérieur.
Il est différent, et plus exigeant.
Un capteur 24 x 36 vous donne des flous d’arrière-plan plus prononcés.
Une meilleure montée en sensibilité au-delà de 6 400 ISO.
Mais, revers de la médaille, il faut passer à la caisse pour les objectifs.
Surtout avec 45 Mp, une définition qui suppose des optiques (et un ordinateur) à la hauteur, sans quoi cela ne sert à rien.
Acheter un Z5II pour photographier les lapins au fond du jardin, c’est sous-exploiter le boîtier.
Acheter un Z50II quand vous avez besoin de tirages grand format en studio, c’est se tirer une balle dans les 2 pieds.
La bonne question à se poser : est-ce que vos photos actuelles sont limitées par le boîtier, ou par autre chose ?
En clair, le format du capteur n’a d’importance que si votre pratique l’exige.
Ce qui sous-entend que vous savez définir votre pratique avec précision.
“Je veux faire un peu de tout”, ce n’est pas précis.
Dans la communauté privée qui arrive bientôt, nous aurons l’occasion d’en reparler en regardant vos photos. Mais voici les grandes lignes à noter.
L’erreur classique : se projeter dans le photographe qu’on veut devenir plutôt que dans celui qu’on est aujourd’hui.
Vous débutez ? Vous voulez progresser sans vous ruiner ? Le Z50II. Point.
Des objectifs NIKKOR Z DX. Re-point.
Vous voulez aller plus loin et disposer d’un boîtier polyvalent pour le quotidien, le reportage et l’animalier courant ?
Le Z5II est le plein format le plus accessible, autofocus au top et meilleur rapport performances/prix de la gamme.
Vous faites de la photo et de la vidéo au niveau expert/pro ? Vous voulez un seul boîtier pour tout ? : le Z6III.
Autofocus au top aussi, 24 Mp très exploitables, et ce petit écran supérieur dont je ne sais pas me passer.
Vous cherchez le meilleur compromis pro sans le prix du (gros et lourd monobloc) Z9 ? Le Z8.
Je ne suis pas dupe, je sais que vous allez encore hésiter entre ces modèles après avoir lu ça.
Aussi notez que la réponse n’est pas dans les fiches techniques.
Elle est dans votre façon de photographier, les photos que vous faites, les objectifs que vous avez ou que vous envisagez.
Vous ne ferez pas le mauvais choix si vous partez de votre usage réel, pas de vos seules envies.
Et surtout, partez du boîtier, pas de la remise. Ensuite vérifiez si ce boîtier est en promo.
Les remises immédiates Nikon de l’été sont une bonne occasion de faire un choix que vous reportez depuis trop longtemps.
Mais… ne vous fiez pas qu’aux remises les plus importantes.
Les objectifs comptent autant.
La remise la plus importante n’est pas forcément le meilleur choix pour vous.
Jean-Christophe
PS : La réponse longue existe aussi. Elle est ici.
Lightroom Classic 15.3 : ce qui change vraiment (et ce qui attend encore)
Adobe a déployé Lightroom Classic 15.3, Lightroom 9.3 et Camera Raw 18.3 mi-avril 2026. Très sincèrement, aucune révolution, mais une nouveauté structurante : le traitement IA (réduction du bruit, super résolution, synchronisation) passe en arrière-plan, ce qui vous permet de travailler pendant que Lightroom s’occupe du reste. Le reste de la mise à jour apporte des ajustements utiles, notamment trois outils expérimentaux dans Camera Raw 18.3 à surveiller de près.
Ce que Lightroom Classic 15.3 change concrètement dans votre workflow : Le traitement IA (réduction du bruit, super résolution, synchronisation) passe en arrière-plan dans Lightroom Classic. Le tri assisté améliore la détection des images à faible profondeur de champ. 12 nouveaux presets argentiques rejoignent la catégorie Style. Les fichiers PSB sont synchronisables dans tout l’écosystème Lightroom. Camera Raw 18.3 introduit trois outils expérimentaux : déformation anamorphique, curseur Projection, sélection par plage de profondeur. Les formats compressés HQ Sony (A7 V) sont désormais pris en charge.
Le changement le plus concret : le traitement IA Lightroom passe en arrière-plan
Avec Lightroom Classic 15.3, la réduction du bruit IA (apparue dans 12.3), la super résolution, ainsi que les fonctions de synchronisation et de copier-coller de corrections IA s’exécutent désormais en arrière-plan. Vous pouvez continuer à travailler sur d’autres images pendant que le traitement se déroule. Seule limite : les images en cours de traitement restent inaccessibles jusqu’à la fin de l’opération, logique.
Traitement IA en arrière plan avec Lightroom Classic 15.3
Ce changement peut faire la différence, mais il faut bien comprendre de quoi il s’agit. Jusqu’ici les fonctions faisant appel au traitement IA s’exécutaient en avant-plan, vous imposant d’attendre la fin de leur exécution. Désormais, ces fonctions tournent en arrière-plan dans Lightroom Classic, ce qui vous permet de continuer à travailler sans attendre.
Lorsqu’on traite des lots importants d’images, ça fait une sacrée différence. Je pense à la réduction du bruit IA en particulier, qui peut prendre de longues minutes si vous traitez 20, 50 ou 100 images à la suite.
Notez toutefois que tant que le traitement n’est pas terminé, vous ne pouvez pas travailler sur les images en cours de traitement. Logique. A vous d’anticiper et de garder sous le coude quelques images que vous allez pouvoir traiter pendant que les autres se font refaire la façade.
Tri assisté : meilleure détection des faibles profondeurs de champ
Lightroom Classic 15.3 : tri assisté
J’ai testé plusieurs fois l’outil de tri assisté pour conclure, à chaque fois, que son intérêt pour moi est proche de zéro. Je ne dois pas être le seul à penser ça car Adobe a amélioré sa détection des images à faible profondeur de champ.
Autrement dit, Lightroom devient, en théorie, un peu plus capable de distinguer ce qui est net de ce qui est raté, dans les situations où la mise au point joue sur quelques centimètres. Pour les photographes de portrait ou de macro, où la mise au point tient parfois sur un centimètre, l’amélioration peut valoir un test. Mais je ne change pas d’avis : j’ai plus vite fait de parcourir très vite mes images et de décider par moi-même du sort que je leur réserve.
Nouveaux presets Lightroom 15.3 : l’argentique au programme
Adobe ajoute 12 nouveaux presets dans la catégorie Style, avec une inspiration pellicule argentique ? Je ne sais pas si DxO Film Pack et la Nik Collection sont dans le collimateur d’Adobe, mais des presets originaux restent toujours bon à prendre, et cela peut vous éviter le recours à des outils tiers dont la spécialité est justement de proposer des rendus argentiques.
Synchronisation des fichiers PSB dans tout l’écosystème Adobe Lightroom
Les fichiers PSB (format Photoshop pour les documents volumineux) peuvent maintenant être synchronisés dans l’ensemble de l’écosystème Lightroom.
Sincèrement, cela ne concerne pas vraiment les photographes, mais là-aussi c’est toujours bon à prendre en terme de compatibilité globale entre logiciels Adobe. Ce support lève en outre une limitation qui agaçait les utilisateurs travaillant sur plusieurs machines ou avec des fichiers haute résolution.
Camera Raw 18.3 : trois outils expérimentaux à surveiller
Camera Raw est le moteur de traitement commun à Lightroom et Photoshop. Les fonctions expérimentales qui y apparaissent annoncent les prochaines versions de Lightroom.
Vous connaissez le principe désormais : Adobe commence par ajouter des fonctions expérimentales dans Camera RAW avant de les généraliser dans la version de Camera RAW intégrée à Lightroom ou Photoshop.
Avec cette mise à jour de l’écosystème Lightroom, trois outils arrivent, à vous de les évaluer.
La déformation des images anamorphiques, accessible depuis les outils de recadrage et de géométrie, s’adresse aux vidéastes et photographes qui travaillent avec des optiques anamorphiques.
Le curseur Projection corrige la déformation des volumes en bord de cadre. Les sujets étirés par les grand-angles en périphérie, c’est exactement ce problème-là (corrigé par DxO CLear View par exemple). Cet outil opère aussi dans les outils de recadrage et de géométrie.
La sélection de plages de profondeur, dans les outils de masquage IA, permet de cibler une zone définie par la profondeur dans l’image. Une extension logique du masquage intelligent déjà en place.
Ces trois fonctions sont expérimentales. Elles peuvent changer avant d’être intégrées définitivement.
Lightroom 15.3, le reste en bref
Je vous cite les compléments en vrac :
Envoi d’images vers Firefly Boards pour créer des moodboards
Zoom dans l’outil de recadrage (déjà présent dans Lightroom Classic, désormais disponible dans Lightroom)
Recherche sémantique en langage naturel dans Lightroom Cloud (ça, j’adore !)
Paramétrage des transferts vers Photoshop (format, SDR/HDR)
Génération de fichiers annexes .acr pour stocker les données des masques et outils IA
Les formats RAW compressés HQ introduits par Sony avec l’A7 V sont désormais reconnus nativement.
Oui, comme toujours avec l’écosystème Lightroom car toute mise à jour apporte aussi son lot de correction de bugs et d’optimisation des performances. Et comme vous payez un abonnement pour ça, autant en profiter.
La bascule du traitement IA en arrière-plan suffit à justifier la mise à jour si vous utilisez régulièrement la réduction du bruit ou la super résolution. Le reste est en bonus.
La mise à jour se fait toujours via Adobe Creative Cloud.
Ce que j’attends encore dans Lightroom CLassic
Utilisateur quotidien de l’écosystème Lightroom (Lightroom Classic, Lightroom Desktop, Lightroom Mobile, Lightroom Web), je rêve de voir arriver des fonctions (vraiment) utiles comme :
la synchronisation des paramètres prédéfinis (presets) entre les différentes versions de Lightroom (actuellement il existe deux versions des presets),
la synchronisation des mots-clés,
la recherche en langage naturel dans Lightroom Classic,
la recherche de photos pilotée par l’IA (comme le fait Lightroom Desktop en partie).
Je n’ai aucune info sur le fait que ces fonctions puissent arriver un jour ou non. Certaines me semblent peu probables, en raison des différences d’architecture technique entre Lightroom Classic et Lightroom Cloud. D’autres sont des choix stratégiques de la part d’Adobe. Cela dit, Lightroom Classic commence à tailler quelques croupières à ses concurrents, dont la suite DxO. Si Adobe s’attaque aussi aux moteurs de recherches comme Excire, certains de mes vœux pourraient être exaucés.
Questions fréquentes sur Lightroom 15.3 et l’écosystème Lightroom
Qu’est-ce que le traitement IA en arrière-plan dans Lightroom Classic 15.3 ?
Depuis la version 15.3, les opérations de réduction du bruit IA, de super résolution et de synchronisation de corrections s’exécutent sans bloquer l’interface. Vous pouvez continuer à sélectionner, développer ou exporter d’autres images pendant que le traitement tourne. Les images en cours de traitement restent temporairement inaccessibles.
Quelles sont les nouveautés de Camera Raw 18.3 ?
Camera Raw 18.3 propose trois outils expérimentaux : un outil de déformation pour les optiques anamorphiques, un curseur Projection pour corriger l’étirement des sujets en bord de cadre avec les grand-angles, et une sélection par plage de profondeur dans les outils de masquage IA. Ces fonctions sont expérimentales et peuvent évoluer avant intégration définitive dans Lightroom.
Faut-il mettre à jour vers Lightroom Classic 15.3 ?
Oui. Toute mise à jour Adobe corrige des bugs et optimise les performances. Si vous utilisez la réduction du bruit IA ou la super résolution sur des lots d’images, le passage en arrière-plan justifie seul la mise à jour. La procédure se fait via Adobe Creative Cloud.
Lightroom Classic 15.3 prend-il en charge le Sony A7 V ?
Oui. Lightroom Classic 15.3 et Camera Raw 18.3 intègrent la prise en charge des formats RAW compressés HQ introduits par Sony avec l’A7 V, ainsi que de nouveaux objectifs. La liste complète est disponible sur le site Adobe.
Que sont les presets « Style inspiré d’un film » dans Lightroom 15.3 ?
Adobe ajoute 12 nouveaux presets dans la catégorie Style, avec une esthétique argentique. Ils peuvent servir de point de départ pour travailler des ambiances colorimétriques proches du rendu pellicule, sans recourir à des outils tiers spécialisés comme DxO FilmPack ou Nik Collection, même si le niveau de simulation reste différent.
Format photo pour le web : JPG, définition, résolution et taille expliqués
Pour publier ses photos sur le web sans perdre en qualité ni en contrôle, il faut comprendre une chose simple : le web a ses propres règles, très différentes de l’impression ou de l’archivage.
Sur le web, ce qui compte c’est ce que voit le spectateur et le temps que met la page à s’afficher. Tout le reste, y compris la résolution en dpi, est une question d’impression et ne vous concerne pas ici.
Réponse rapide : pour publier vos photos sur le web, utilisez le format JPG avec une définition de 1 024 pixels sur le plus grand côté. Oubliez la résolution (72 ou 300 dpi n’ont aucun impact à l’écran) et visez un poids de fichier entre 150 et 300 Ko. L’orientation dépend du sujet et de l’usage, pas d’une règle imposée par les plateformes.
Publier ses photos au bon format : le type de fichier
RAW, JPG, TIFF, PSD… il existe de nombreux formats liés à la prise de vue et au traitement des images, et ça change chaque année. Mais dès qu’il s’agit de publier une photo sur le web, le champ des possibles se réduit fortement :
Le RAW n’est pas lisible par un navigateur.
Le TIFF ne l’est pas non plus dans la plupart des cas (certains navigateurs disposent d’extensions pour le TIFF mais rien n’est standard).
Le PSD, format natif de Photoshop, n’a évidemment rien à faire en ligne.
Tous ces formats relèvent du flux de travail du photographe, pas de la diffusion, et encore moins sur le web. Qu’on se le dise.
Pendant longtemps, le JPG a été le format standard du web photo. Il reste aujourd’hui le plus universel : tous les navigateurs l’affichent, tous les services l’acceptent, et il offre un compromis efficace entre qualité d’image et poids de fichier.
Pour une publication simple, maîtrisée et compatible partout, le JPG fait parfaitement le travail.
Depuis quelques années, de nouveaux formats web sont apparus, comme WebP ou AVIF. Leur objectif est clair : réduire encore le poids des fichiers à qualité visuelle équivalente, voire supérieure au JPG. Sur le papier, ces formats sont plus performants. Dans la pratique, leur adoption dépend du navigateur.
WebP a été développé par Google et est aujourd’hui supporté par tous les navigateurs modernes. AVIF, plus récent, offre une compression encore supérieure mais reste moins universel. WordPress, à partir de la version 5.8, intègre nativement le support WebP. Ces formats sont pertinents si votre site gère automatiquement la conversion à l’export.
Sur le web, la question du format ne se pose donc pas très longtemps.
Si votre photo doit être vue dans un navigateur, partagée, chargée rapidement et affichée correctement sur tous les écrans, le JPG reste le format de référence côté photographe.
Les formats comme WebP ou AVIF relèvent davantage de l’optimisation technique côté site que d’un choix créatif ou éditorial à l’export.
Quelle définition d’image pour le web ?
Ici, on parle uniquement de la taille d’une photo en pixels. Un appareil photo de 24 Mp produit des images de 6 000 × 4 000 pixels. C’est ça, la définition : une valeur absolue, indépendante de tout support.
Pour le web, cette définition doit être réduite. Non pas pour « faire joli », mais pour s’adapter à la réalité des écrans sur lesquels vos photos seront consultées. Et cette réalité est simple : il n’existe pas un écran type, mais une multitude de tailles et de définitions différentes. Là-aussi, ça change sans cesse.
Ordinateurs, tablettes, smartphones, téléviseurs : chacun affiche les images selon ses propres contraintes. À titre indicatif, on trouve aujourd’hui des écrans aux définitions très variées, par exemple :
1280 × 800
1366 × 768
1440 × 900
1920 × 1080
1920 × 1200
2560 × 1440
3840 × 2160
Il est donc illusoire de vouloir choisir une définition « parfaite » à l’avance. Vous ne savez pas si votre photo sera vue sur un écran de 24 pouces, un portable 13 pouces ou un smartphone (bien que la réponse soit le smartphone très probablement). Et paradoxalement, certains smartphones récents affichent autant de pixels qu’un écran Full HD. Le support ne dit plus grand-chose de l’usage réel.
Un autre point mérite d’être pris en compte : plus la définition publiée est élevée, plus la réutilisation de l’image devient facile. Si une photo est récupérée sans votre accord (c’est presque toujours le cas), elle pourra servir aussi bien sur le web que sur papier, à condition que sa taille le permette. Merci d’avoir offert votre photo.
Il faut donc faire un choix raisonné. De mon côté, je publie mes photos avec une définition de 1 024 pixels sur le plus grand côté. Cela limite le poids des fichiers, simplifie la gestion des images et reste largement suffisant pour un affichage à l’écran.
Jamais au-delà.
Cette définition volontairement réduite améliore le temps de chargement des pages, ce qui est bénéfique pour le référencement (et la planète…). Et c’est aussi beaucoup plus confortable à consulter sur smartphone, notamment lorsque la connexion mobile est loin d’être optimale (ce qui est souvent le cas encore).
Quelle résolution d’image pour le web ?
La résolution est souvent confondue avec la définition, alors qu’il s’agit de deux notions différentes. La résolution correspond au nombre de pixels par pouce que contient une image. Le pouce est une unité de longueur équivalente à 2,54 centimètres.
Elle s’exprime en points par pouce (PPP) ou en dots per inch (DPI). Plus la valeur est élevée, plus les pixels sont concentrés sur une même surface. Contrairement à une idée répandue, la résolution n’a aucun lien avec le taux de compression JPG ni avec la qualité visuelle d’une image à l’écran.
J’avais prévenu, c’est le genre de notion qui peut vite embrouiller.
La définition est une valeur absolue : le nombre total de pixels qui composent l’image. La résolution est une valeur relative : la manière dont ces pixels sont répartis sur une longueur donnée.
La résolution sert uniquement à déterminer la taille d’un tirage papier lors de l’impression. Une imprimante peut rapprocher ou espacer les gouttes d’encre. Un écran, lui, ne le peut pas : un pixel image correspond toujours à un pixel écran.
Lorsqu’il s’agit de publier une photo sur le web, la résolution devient donc sans importance. Ce qui compte, c’est la définition en pixels, pas une valeur arbitraire comme 72 dpi ou 300 dpi.
En pratique, concentrez-vous sur deux choses : la définition finale de l’image et le poids du fichier. Ce sont elles qui influencent l’affichage à l’écran, le temps de chargement et le confort de lecture.
Autrement dit, une photo de 1 024 × 683 pixels aura un poids brut, sans compression, d’environ 2 Mo, que sa résolution soit indiquée à 72 dpi ou à 300 dpi. Cela correspond à la taille réelle des données de l’image, calculée simplement :
1 024 × 683 pixels en RVB (chaque pixel est codé sur 3 octets, rouge, vert et bleu) = 699 392 × 3 ≈ 2 Mo.
Définition vs résolution : quelle différence pour le web ?
La définition est le nombre total de pixels d’une image (ex. : 1 024 × 683 px). C’est ce qui détermine la taille d’affichage à l’écran.
La résolution (dpi) indique la densité de pixels par pouce. Elle n’a d’utilité que pour l’impression. À l’écran, 72 dpi et 300 dpi donnent strictement le même résultat visuel.
Pour publier sur le web, la seule valeur qui compte est la définition en pixels, accompagnée du poids du fichier après compression JPG (idéalement entre 150 et 300 Ko).
Cependant, sur le web, on utilise le format JPG qui permet de compresser l’image, c’est-à-dire de réduire son poids sans perdre trop de qualité visuelle. Grâce à cette compression, une même image peut peser entre 150 et 300 Ko au lieu de 2 Mo, ce qui la rend beaucoup plus rapide à charger et à afficher.
Les dpi (72 ou 300) n’affectent pas la taille du fichier numérique : ils indiquent uniquement la taille d’impression (ex. : 72 dpi = image plus grande à l’impression que 300 dpi pour le même nombre de pixels).
À retenir pour le web : pixels et poids du fichier. La résolution en dpi est hors sujet.
Si vous avez tenu le coup jusque-là, vous avez compris l’essentiel. Félicitations.
Quel format et orientation privilégier pour publier une photo?
Une autre question revient souvent au moment de publier ses photos sur le web : faut-il privilégier le format paysage ou le format portrait ?
Ma bonne dame… carottes ou poireaux ? Bouteille verre ou bouteille plastique ? La réponse n’a rien de scientifique : vous faites ce que vous voulez. Ce sont vos images, personne n’a à vous imposer un format, même pas Instagram !
Si une photo a été pensée et construite en portrait, publiez-la en portrait. Si elle a été conçue en paysage, publiez-la en paysage. Et si vous décidez de faire l’inverse, c’est votre choix. La publication ne doit pas trahir l’intention de départ, mais elle peut s’en affranchir si vous l’assumez.
Quelques précautions s’imposent néanmoins. Vous savez désormais que la définition d’une image est une valeur absolue. Si vous fixez, par exemple, 1 024 pixels pour le plus grand côté, le comportement à l’écran change selon l’orientation choisie :
En format paysage, l’image occupe 1024 pixels en largeur.
En format portrait, elle occupe 1024 pixels en hauteur.
La question devient alors celle du confort de lecture.
Un format paysage sollicite davantage la largeur de l’écran. Un format portrait sollicite davantage sa hauteur.
Sur un écran d’ordinateur, naturellement plus large que haut, le format paysage s’intègre très bien. Sur un smartphone, conçu à l’inverse, le format portrait est souvent plus lisible et plus confortable.
Idéalement, il faudrait demander à chacun de vos visiteurs s’ils consultent votre site majoritairement depuis un ordinateur ou depuis un mobile. Je vous laisse essayer. À défaut de boule de cristal, les statistiques de fréquentation sont votre seul repère. Les outils analytiques permettent de le savoir précisément. À titre indicatif, sur mon site photo personnel, je constate ceci :
L’ordinateur domine légèrement (54%).
Le mobile est très proche (44%).
Les tablettes sont marginales (2%).
Ces proportions sont représentatives de nombreux sites. Elles ne dictent aucune règle, mais elles donnent un cadre de réflexion. De mon côté, étant naturellement plus attiré par le format paysage, je publie majoritairement mes images dans cette orientation.
Gardez enfin à l’esprit qu’un format paysage affiché sur smartphone occupe toute la largeur de l’écran, mais avec une hauteur réduite. Les images riches en détails deviennent alors plus difficiles à lire. Cela explique en partie le succès des images simples et épurées sur Instagram, plateforme pensée avant tout pour un usage mobile, et de plus en plus orientée vidéo.
Le format carré y est longtemps resté dominant, et le format portrait est aujourd’hui l’un des plus efficaces en termes de lisibilité.
Comment publier ses photos au bon format ?
Ces notions devraient maintenant vous permettre d’y voir plus clair. Si ce n’est pas encore totalement le cas, voici une synthèse simple, orientée usage (je vous dorlote).
Réglages recommandés selon la plateforme
Plateforme
Format
Définition (grand côté)
Poids cible
Orientation
Site personnel / galerie
JPG
1 024 px
150 à 300 Ko
Libre
Site de partage (Flickr, 500px)
JPG
1 024 px
150 à 300 Ko
Libre
Facebook
JPG
1 024 px max
Peu important (recompressé)
Libre
Instagram
JPG
1 080 px
200 à 500 Ko
Portrait 4:5 recommandé
Publier ses photos sur son site ou sa galerie
Restez sur des choix sobres et efficaces. Utilisez le format JPG, avec une définition de 1 024 pixels sur le plus grand côté. Ajustez le taux de compression pour maintenir un poids raisonnable, idéalement autour de 150 à 300 Ko pour une image de 1 024 pixels. Oubliez complètement la résolution, elle n’a aucun impact à l’écran. Dans Lightroom Classic, l’export en JPG à 1 024 pixels se configure en deux réglages : définition du plus grand côté à 1 024 px et qualité JPG entre 75 et 85. C’est suffisant pour le web. Inutile d’aller au-delà. Quant à l’orientation, choisissez celle qui vous semble la plus juste pour l’image. Vous obtiendrez ainsi des fichiers parfaitement adaptés au web.
Publier ses photos sur un site de partage
Appliquez exactement les mêmes principes. Inutile de faire autrement : les contraintes sont similaires et les plateformes se chargent souvent du reste.
Publier ses photos sur Facebook
La question est vite réglée. Facebook recompresse systématiquement les images, quels que soient vos réglages de départ. Ne perdez pas de temps à chercher l’optimisation parfaite. Évitez simplement les définitions trop élevées afin de limiter les possibilités de réutilisation des images. Et dites-vous qu’il est normal que vos superbes photos apparaissent dégradées à l’écran (mais en même temps, Facebook n’est pas un site de partage de photos).
Publier ses photos sur Instagram
Tenez compte du support principal : le smartphone. L’écran est petit, vertical, et impose ses codes. Les formats verticaux en 4:5 ou carrés y sont généralement les plus lisibles et les mieux mis en valeur.
Ce que, pour ma part, je ne fais pas toujours, parce que j’ai une certaine résistance dès qu’on commence à m’imposer des règles (et j’ai du mal à me soigner).
FAQ – Publier ses photos sur le web
Quel format utiliser pour publier ses photos sur le web ?
Le JPG est le format de référence pour publier des photos sur le web. Il est compatible avec tous les navigateurs, accepté par toutes les plateformes et offre un bon compromis entre qualité visuelle et poids de fichier. Les formats WebP et AVIF sont plus performants techniquement, mais leur gestion est généralement automatisée côté serveur. À l’export depuis Lightroom ou Photoshop, le JPG reste le choix standard.
Quelle taille de photo pour publier sur le web ?
1 024 pixels sur le plus grand côté est la valeur recommandée pour une publication web standard. Cette taille est lisible sur tous les écrans, limite le poids du fichier et réduit les risques de réutilisation non autorisée de vos images. Pour Instagram, 1 080 pixels est la valeur native de la plateforme.
Faut-il exporter ses photos à 72 dpi pour le web ?
Non. La résolution en dpi n’a aucune incidence sur l’affichage à l’écran. Un écran affiche des pixels, il ne connaît pas les pouces. Que votre photo soit réglée à 72 dpi ou 300 dpi, le résultat visuel est identique. Pour le web, concentrez-vous uniquement sur la définition en pixels et le poids du fichier.
Quel poids de fichier photo viser pour le web ?
Entre 150 et 300 Ko pour une image de 1 024 pixels. C’est le bon équilibre entre qualité visuelle et vitesse de chargement. Un fichier trop lourd ralentit l’affichage de la page, ce qui pénalise à la fois l’expérience visiteur et le référencement. Le taux de compression JPG entre 75 et 85 % dans Lightroom donne généralement de bons résultats dans cette fourchette.
Le format portrait ou paysage est-il recommandé sur Instagram ?
Le format portrait en 4:5 (1 080 × 1 350 px) est aujourd’hui le mieux adapté à Instagram, car il occupe davantage de place dans le fil et s’affiche mieux sur smartphone. Le format carré reste lisible. Le format paysage est le moins efficace sur mobile. Cela dit, si votre image a été pensée en paysage, rien ne vous oblige à la recadrer.
Pour aller plus loin : pourquoi utiliser les réseaux sociaux pour les photographes
Format JPG, 1 024 pixels, 150 à 300 Ko : voilà les trois repères qui suffisent pour publier correctement vos photos sur le web. Tout le reste, résolution en dpi, formats exotiques, optimisations automatiques, concerne votre serveur ou votre imprimante, pas votre export.
Mercredi soir. Vent, giboulées, rien qui donne envie de sortir. Alors j’attrape mon sac photo et je traverse la ville pour une séance de portraits.
Papotage avec ma compère portraitiste en arrivant. Elle a convié Philippe, un modèle que je connais bien et qui arrive peu après. Ce n’est pas celui que j’attendais.
Le Philippe convié par l’une n’est pas le Philippe attendu par l’autre. Quiproquo. Nous en rions. Mais je me retrouve bête face à un inconnu.
C’est d’autant plus perturbant que ce Philippe là est comédien. Et pour le studio, après une longue période d’abstinence, je suis encore rouillé. Alors j’ai quelques appréhensions à lui tirer le portrait.
Mais je n’ai pas le choix. Il est là, attend que la séance débute, je n’ai plus qu’à oublier mes appréhensions.
Nous réglons les éclairages bien vite. 2 sources, 2 boîtes à lumière. Rien de compliqué (je détaille dans le PS). Premières photos pour lancer la séance. Ne pas trop réfléchir.
1 heure plus tard, fin de partie.
Le modèle est content de ce qu’il voit. Moi aussi.
Le boîtier, l’objectif, les réglages ? Ce n’est pas le sujet. Les photos priment.
En laissant de côté mes appréhensions, en cassant la glace avec cette personne que je ne connaissais pas une heure avant, j’ai réussi à obtenir des images intéressantes.
Elles vont alimenter son book de comédien. Comme mon book de photographe.
Ce qui a rendu la séance possible, c’est d’avoir quelque chose à proposer. Une direction, des idées de poses, une façon de construire le portrait. Pas de l’improvisation totale.
Il existe plusieurs modèles selon les dimensions et puissances nominales. L’éclairage LED est moins puissant que le flash de studio, mais plus souple à utiliser.
Ça donne de bons résultats pour du portrait créatif.
PPS : Vous vous doutez bien que je ne montre pas les photos car, s’agissant d’un comédien, les images sont soumises à validation avant publication. Par contre vous pouvez voir les portraits précédents de ma collègue sur son Instagram.