Maldicidade est un livre de photographie publié par les éditions Taschen, regroupant plus de 200 images de Miguel Rio Branco réalisées sur quarante ans dans les rues de New York, La Havane, Salvador de Bahia et Tokyo. Ce n’est pas un beau livre au sens conventionnel : c’est un objet qui dérange, qui interroge, et qui montre la ville telle qu’elle est vraiment. Si vous cherchez à comprendre ce que peut être la photographie urbaine centrée sur la banalité du quotidien, c’est le livre à étudier.
Etonnant livre de photographies que Maldicidade du photographe brésilien Miguel Rio Branco.
Plus de 200 photos représentant quarante années de travail dans les rues de New York, La Havane, Salvador de Bahia ou Tokyo forment un ensemble qui va vous faire réagir si vous habitez en ville comme si vous avez fuit les espaces urbains.
Attention, ce livre peut provoquer en vous une irrésistible envie de sortir faire des photos en ville pour montrer ce que vous pensiez immontrable.

Miguel Rio Branco, de Las Palmas à Rio en passant par Magnum Photos
Miguel Rio Branco est attiré par l’image, qu’il s’agisse de photographier, de peindre, de réaliser des films comme des œuvres multimédia.
Exposé au MoMA, au Metropolitan Museum of Art comme au Centre Pompidou ou au musée Peggy-Guggenheim de Venise pour ne citer que ces endroits-là, Miguel Rio Branco a aussi reçu le Prix du livre photo aux Rencontres internationales de la photographie d’Arles et le prix Kodak de la critique photographique.
Qui est Miguel Rio Branco ? Né aux Canaries en 1946, Miguel Rio Branco est un photographe, peintre et cinéaste brésilien, membre de l’agence Magnum Photos depuis 1980. Son travail a été exposé au MoMA, au Metropolitan Museum of Art, au Centre Pompidou et au musée Peggy-Guggenheim. Il a reçu le Prix du livre photo aux Rencontres d’Arles et le prix Kodak de la critique photographique. Son œuvre traverse la photographie documentaire, l’art contemporain et l’installation multimédia.
Maldicidade, ou 40 années de photographies en ville

Maldicidade se distingue radicalement des livres de photographie classiques comme la banlieue en couleur de Doisneau ou Afghanistan de Steve McCurry. Ici, pas de papier épais, pas de texte explicatif, pas d’index des images. Le format 24,5 × 33 cm, le papier fin, la succession d’images en noir et blanc et en couleur sans transition ni légende : tout concourt à immerger le lecteur dans l’univers du photographe plutôt qu’à lui en fournir un inventaire.

Faites alors comme le photographe, ne dormez pas et parcourez ce livre pour ce qu’il est, un recueil de photos urbaines, de portraits en plans serrés, de gros plans sur les aspects les plus sordides de la ville. Les quarante années de travail et les villes visitées par Miguel Rio Branco vont alors vous apparaître petit à petit sous un autre jour.
Vous allez remarquer combien les détails sont importants, comment le photographe laisse volontairement de côté les lieux les plus touristiques et connus de chaque ville pour s’intéresser aux endroits les plus sordides, aux situations les plus étonnantes.
De jour comme de nuit, nettes comme plus floues, les photos de Miguel Rio Branco font la part belle à la lumière, omniprésente, et aux couleurs, chaudes, vives, agressives même parfois.
Les portraits réalisés dans la rue comme en intérieur, chez les gens, avec les prostituées, les enfants, les clochards vont vous faire réagir. Nous avons tous déjà croisé de telles scènes. Mais Miguel Rio Branco a pris le temps, lui, de s’attarder et de nous montrer à sa façon cet univers urbain bien éloigné des beaux quartiers. Bien qu’il s’agisse d’une rétrospective, chaque photo pourrait avoir été faite hier, au bout de ma rue comme de la vôtre peut-être.
Une image en particulier m’a retenu longtemps : un plan serré sur un visage, lumière latérale dure, regard qui fuit. Je n’aurais pas su dire si c’était New York ou Salvador. C’est peut-être ça, la signature de Rio Branco : les villes changent, la condition humaine, non.
Si vous n’êtes pas sensible à l’univers urbain, si vous n’aimez pas parcourir les rues de votre ville, chercher ce que les autres ne cherchent pas, vous passerez probablement à côté de ce livre.

Mais peut-être êtes-vous sensible aux scènes de la vie quotidienne, banales souvent, extraordinaires parfois. Peut-être pensez-vous aussi que misère et joie peuvent cohabiter, que le flou traduit le mouvement, que ce qu’exprime une photo est bien plus important que sa qualité technique. Que les 60 euros qu’il vous en coûtera pour acquérir ce livre sont un investissement plus important qu’une nouvelle carte mémoire pour vous aider à faire de meilleures photos …
Si vous êtes dans ce cas, alors procurez-vous le livre, posez le près de vous, laissez-le respirer (ce qui au passage lui permettra de ne plus dégager cette odeur entêtante de papier et d’encre) et ouvrez quelques pages au hasard chaque jour. Vous allez découvrir un univers qui peut vous paraître étonnant mais qui est pourtant le nôtre, en 2019 comme depuis quarante ans. Rien n’a changé.
Parce que je n’ai pas prétention à être critique d’art, je préfère vous laisser avec cet extrait de la présentation par l’éditeur, il décrit très bien ce que je ressens après avoir parcouru ce livre depuis plusieurs jours.

« Les images sont impeccablement réalisées, mais ne sont pas toujours jolies. Rio Branco ne s’intéresse pas à la facette historique et publicitaire des villes, aux horizons dessinés par les gratte-ciel ou aux rêves de gloire qu’elles attisent.
Au lieu de cela, Miguel Rio Branco, dans Malcididade, tourne son objectif vers le rebut et la marge de la ville, ce qu’elle a recraché, ceux qu’elle a exclus et déçus.
Contrastées, dépouillées ou empreintes de douceur, ses impressions urbaines sont peuplées de gens à la rue, de mendiants, de prostituées, de chiens errants, de carcasses de voitures et de verre brisé.«
| Auteur | Miguel Rio Branco |
| Titre | Maldicidade |
| Éditeur | Taschen |
| Format | 24,5 × 33 cm |
| Contenu | Plus de 200 photographies, 40 années de travail |
| Villes | New York, La Havane, Salvador de Bahia, Tokyo |
| Prix indicatif | 53,99 euros |
| Langue | Français / Anglais / Allemand |
En savoir plus sur le site des éditions Taschen ainsi que sur le site de Miguel Rio Branco.




















































