Evangelia Kranioti : « se servir du réel pour créer quelque-chose qui l’est moins »

par Julie Chabanas

Elle est un peu pressée, Evangelia Kranioti, ce 30 septembre.

Deux jours plus tôt, elle a remporté le prix PHPA (Photo d’hôtel, photo d’auteur), organisé par les Hôtels Paris Rive Gauche – le principe : plusieurs photographes sont invités à passer une nuit dans l’un des six hôtels du groupe, puis à ne garder qu’une photo, qu’ils remettent accompagnée d’un court texte. Et le lendemain, elle part pour quatre mois au Brésil, grâce à une bourse du ministère des Affaires Etrangères et de la maison de la France à Rio.

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Prix PHPA 2009 – (C) Evangelia Kranioti

Evangelia avait déjà obtenu une bourse de la Fondation de France et de la Fondation Marc de Montalembert, pour un travail en Italie du Sud, et une bourse du ministère de la Culture, pour un travail en Corse ; durant ces voyages, elle avait travaillé à son projet Archipel, sur les gens de mer en Méditerranée. La mer, le départ, le retour, la distance : des problématiques dont la jeune Athénienne est proche, puisqu’elle a quitté la Grèce il y a huit ans pour venir faire ses études en France. Au Brésil, elle travaillera sur ses thèmes de prédilection : distances, origines, féminité.

Autour de ces idées, elle « conjugue les formes ». Photo bien sûr, accompagnée de texte, graphisme, dessin, … « Je préfère qu’il n’y ait pas de contrainte de moyen, si ce que tu veux dire s’exprime mieux », précise cette jolie brune de bientôt 30 ans. « Le fond est important, la forme s’adapte », ajoute-t-elle. D’ailleurs, le point de départ est souvent le texte, « je digère tout ça, et ça donne naissance à des images », explique-t-elle.

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Dans un Français parfait, avec un accent méditerranéen qu’on imagine d’abord venu d’Italie, elle raconte qu’elle a débuté la photo il y a 8 ans, en arrivant à Paris, pour faire ses études aux Arts Déco. Pour elle, c’est alors « une façon d’aller plus vite à l’essentiel ». Puis, elle s’amuse à « se servir du réel pour créer quelque-chose qui l’est moins, en utilisant des moyens accessibles à tous ». « Je travaille tous les logiciels d’image, mais je ne souhaite pas créer du non-existant, au contraire, je veux ancrer mon travail dans le réel. Que la poésie vienne avec le cadrage, la lumière, le texte, l’histoire. Le troublant, l’inquiétant, l’extraordinaire, peut venir d’une autre façon de regarder le banal. » Et logiquement, elle estime que « la technique n’est pas le plus important, il doit se passer quelque-chose d’autre, on doit partager des histoires ».

« Je travaille en argentique, avec un Hasselblad. Le film apporte une matière que je trouve intéressante. Mais je me familiarise aussi avec le numérique, qui apporte autre chose de tout aussi intéressant. » Elle continue : « j’attends la sortie du Red, je suis curieuse de voir leur appareil photo. Le Canon 5D fait ça aussi, mais il paraît que le Red sera une révolution dans le numérique. »

Si vous allez prochainement faire un tour en Grèce, quatre photos d’Evangelia Kranioti sont visibles au Athens photo festival, à Athènes, jusqu’au 19 décembre. Et si vous souhaitez en savoir plus sur son travail, visitez son site personnel : http://evangeliakranioti.com

Interview réalisée par Julie Chabanas pour Nikon Passion

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Jean-Christophe Dichant
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