Photographier sans autorisation … et pourtant je l’ai fait

Samedi 18h, fin de séance. Les danseurs sont déjà en train de se changer. Les musiciens papotent entre eux.

J’échange avec la responsable des spectacles, nous parlons des deux représentations de West Side Story qui viennent de se dérouler sur ce plateau que je fréquente si souvent.

Elle se tourne vers moi et me dit « on pourrait faire une expo de tes photos au printemps, tu en penses quoi ? ». J’en pense quoi ?

J’en pense que pour quelqu’un qui a osé photographier sans autorisation, je suis partant à 3000 % !

Photographier sans autorisation La Lettre Photo de Jean-Christophe Dichant Nikon Passion

PHOTOGRAPHIER SANS AUTORISATION, POURQUOI JE L’AI FAIT …

J’ai commencé à faire des photos de danse sur ce plateau il y a plus de deux ans.

Au début je n’avais pas demandé d’autorisation pour le faire.

Je me faisais discret.

Matériel silencieux (un hybride).

Habits sombres.

Dans les jours qui suivaient je montrais quelques photos sur mon site et ma page Facebook.

Triées sur le volet pour des raisons de droit à l’image des danseurs, que je n’avais pas.

Si cela vous intéresse, ces courts reportages sont là.

POURQUOI J’AI REÇU CETTE PROPOSITION ?

Les mois passaient, les représentations aussi.

Rien de plus.

 

Un jour, j’ai entendu quelqu’un me dire « elles sont sympas vos photos ».

Tiens, quelqu’un les a vues.

Un autre jour, aussi.

Puis un autre.

Et encore un autre.

 

Je me suis fait moins discret lors des représentations suivantes.

Matériel photo bien visible avant que le spectacle ne commence.

Pour que les gens comprennent pourquoi je me place devant.

Quelques échanges avec des danseurs, des spectateurs.

Toujours expliquer. Communiquer.

 

Petit à petit j’ai occupé le premier rang face au plateau.

Une position de choix.

Puis j’ai couvert les générales (juste avant la Première).

J’ai investi un autre plateau.

Je continuais à montrer mes photos. Sans incitation au Like ou au partage.

Juste « pour montrer ».

Je les postais sur mon site aussi, avec un court texte de présentation contextuelle.

ET DONC ?

Depuis que je procède ainsi, j’ai :

  • reçu une demande de publication de la part du service Communication de la Ville
  • reçu une demande de pige de la part du même service
  • eu une proposition d’exposition
  • obtenu le statut de photographe « officieux » de chaque représentation.

Officieux car je ne suis pas employé par la Ville pour faire ces photos. Ce n’est pas mon but.

CE QUE JE VEUX VOUS DIRE

Je ne prétends pas que photographier sans autorisation est quelque chose que vous devez faire partout n’importe comment.

Ce n’est pas le cas. Lisez ce sujet sur le droit à l’image pour en savoir plus.

Ce que je cherche à vous dire, c’est que faire des photos est une chose.

Les montrer c’est mieux.

Non pas pour recevoir les éloges de ceux qui les voient.

Mais pour valoriser votre travail.

Vous allez peut-être me dire que pour vous la photo est une simple passion, que vous ne cherchez rien d’autre que la satisfaction personnelle de faire des photos qui vous plaisent. Que vous ne voulez pas devenir pro.

Vous avez bien raison.

Mais avez-vous pensé à votre démarche personnelle ?

Qu’est-ce qui vous pousse à faire des photos ?

Qu’est-ce qui vous ferait progresser ?

Avancer ?

 

En montrant vos photos, vous vous exposez.

Vous prenez un risque.

Ce n’est pas évident de montrer aux autres ce que l’on fait.

Car parfois ce n’est pas parfait.

Parfois c’est même raté.

Mais c’est ce qui vous fait avancer.

 

Je ne cherche pas la gloire en pensant à cette exposition.

Je ne cherche pas à gagner ma vie avec.

Mais exposer c’est « finir le boulot ».

C’est la justification de ma pratique de photographe.

C’est une satisfaction personnelle.

C’est déjà beaucoup d’être satisfait de ce que l’on fait.

Je vais continuer à montrer mes photos.

Si cela vous intéresse, je vous donne des pistes pour mettre en place une démarche comme la mienne.

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About the Author

Jean-Christophe Dichant
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1 Commentaire sur "Photographier sans autorisation … et pourtant je l’ai fait"

  1. Salut JC
    Bien sympa ton témoignage et ton exemple.
    Et tes photos aussi !
    Ce que tu racontes me rappelle que j’ai eu à peu près la même aventure que toi… Mais il doit avoir pas loin de 50 ans. 🙂
    C’était au TEP (Théâtre de l’Est Parisien). J’ai commencé en douceur au 135 mm avec mon Edixa Mat Reflex dans les conditions de l’époque au 1/15 s à f:2,8… Pas facile, comme on s’en doute.
    Ensuite, on montrant mes clichés, je suis devenu « photographe officieux » moi aussi. Et j’ai fait toutes les premières et les générales au Taïr f:4,5/300 mm sur pied. Un sacré challenge de déclencher quand les comédiens ont la meilleurs expression et juste au moment où ils reprennent leur souffle et sont donc immobiles au 1/15 ou 1/8 s.
    C’est comme ça que j’ai eu les honneurs de leur magazine ou des photos du hall d’entrée.
    Mais je ne suis jamais devenu le photographe officiel car, à Paris à l’époque, il y avait le célèbre Nicolas Treat (je crois) et ses trois Leicas…
    Je raconte cela aujourd’hui, car on a a annoncé la mort de Maurice Barrier que j’avais souvent photographié dans ce théâtre, par exemple dans l’Opéra de Quat’Sous.

    Voici le lien vers quelques-unes de ces photos :
    https://www.jeanlucmichel.com/Portraits/Opera_de_Quatsous.html