Alors vous êtes déçu … Ou le mythe du megazoom revisité

Imaginez … Vous êtes face à une scène sublime, une magnifique lumière, vous ressentez quelque chose de fort. Vous éprouvez l’envie d’immortaliser ce moment unique. Vous prenez votre appareil photo, votre megazoom et vous visez. Et là se pose un problème qui vous bloque.

pourquoi le megazoom n'est pas le meilleur choix en photographie

« J’ai un problème … »

Votre appareil photo dans les mains, l’œil au viseur, vous tournez la bague de zoom de votre 10-3000 mm super-megazoom.

Dans un sens puis dans l’autre.

Vous recommencez.

Vous hésitez.

Non, quand même, plan large c’est mieux.

Bien que … plan serré c’est bien aussi.

Et si … entre les deux …

Non, finalement en grand-angle c’est bien.

Mince, mais c’est quoi ce truc qui vient gâcher ma photo ! Bon ben je zoome un peu.

Oui, c’est mieux.

A moins que …

Bon, ça va, j’y vais comme ça, marre !

Vous vous reconcentrez.

Mais …elle est où la lumière sublime ?

Et le sujet, il est où le sujet ?

Et l’instant magique, il est où l’instant magique ?

Partis … Envolés …

Que s’est-il passé ?

Vous vous êtes laissé séduire par une situation photographique attirante.

Vous avez voulu faire une belle photo.

C’est une bonne réaction.

Je vous encourage à en avoir des dizaines chaque jour.

Mais vous avez commis une erreur.

Fondamentale.

Irrémédiable.

Vous avez laissé passer l’occasion.

Vous l’avez fait car vous ne saviez pas ce que vous vouliez.

Votre seule envie c’était « photographier cette belle scène ».

Mais vous avez oublié une chose essentielle.

L’intention.

Vous aviez trop de choix.

Ce super-megazoom censé vous aider dans toutes les situations vous a perdu.

Face à cette abondance de possibilités, vous n’avez pas su en choisir une.

Et quand vous avez enfin décidé de faire la photo, c’était trop tard.

Alors vous êtes déçu

Vous vous dites que finalement la photographie c’est bien trop complexe.

Vous avez pourtant investi une belle somme dans un équipement photo « pour tout faire » et vous n’arrivez pas à faire des photos « de tout ».

Pourtant, pouvoir tout photographier sans jamais changer d’objectif, ça devait être la solution non ?

Les pros, eux, ils font bien « tout ce qu’ils veulent ».

En faisant le choix d’un objectif qui peut tout faire, vous ne savez plus quoi faire.

Trop de choix tue le choix.

Les pros font des choix.

 

Un abonné de ma chaîne Youtube a réagi à l’une de mes vidéos en disant « seul un megazoom évite de changer d’objectif pendant la journée, c’est quand même plus simple ! ».

C’est faux.

Quel autre objectif qu’un megazoom ne peut pas rester sur votre boîtier toute la journée ?

Qu’est-ce qui l’interdit ?

Rien.

On peut rêver d’un 18-200 mm f/2.8 ( à 150 euros …) mais ça ne règlera rien.

Vous pouvez passer la journée avec un 35 mm.

Vous pouvez passer la journée avec un 24-70 mm.

Vous pouvez passer la journée avec un 300 mm.

Rien ne vous l’interdit.

Sauf vous. Vos croyances.

Megazoom, entendons-nous bien

Je ne dis pas qu’il ne faut pas utiliser un tel zoom à tout faire.

Il faut le faire si vous savez pourquoi vous le faites.

Si vous savez qu’il vous faudra cette plage focale 18-400 mm à tout prix et que vous n’aurez pas d’autre choix que d’en passer par là.

Parce que la situation particulière que vous allez vivre le veut.

Elles sont rares.

Il ne faut pas le faire parce que « on ne sait jamais, si j’ai besoin de toutes les focales alors je les aurai avec moi ».

Parce que dans ce cas, vous vivrez ce que je décris plus haut.

Vous pouvez faire un autre choix que celui du megazoom

Vous pouvez décider de ce que vous voulez montrer.

Anticiper.

Vous pouvez décider d’utiliser une focale unique. Ou une plage focale réduite.

Une fois en action, vous aurez un problème en moins.

Vous pourrez vous concentrer sur la scène.

Et la sublimer.

Vous commencerez par cadrer avec vos pieds plutôt qu’avec la bague de zoom.

Vous organiserez les éléments dans le cadre.

Vos photos ne seront peut-être pas meilleures au début, mais au moins vous aurez eu une intention.

Avec le temps cette intention sera vôtre.

Vous l’intègrerez dans votre démarche.

Cela deviendra instinctif.

Et vous finirez par faire de meilleures photos.

Choisir c’est décider.

Alors … choisissez.

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Jean-Christophe Dichant
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8 Commentaires sur "Alors vous êtes déçu … Ou le mythe du megazoom revisité"

  1. Merci Jean-Christophe. 50 ans de pratique en amateur valident pleinement cet article. Quoi que l’on prenne avec soi, il y aura toujours motif à frustration. Je prends maintenant beaucoup de plaisir à sortir avec un 50mm f1.4 uniquement. C’est souvent contraignant mais ça m’oblige à faire des choix de cadrage plus sélectifs pour obtenir au final des images dont je suis plus fier. Au pire, 2-3 vues assemblées sous Lightroom produisent d’excellents panoramas et le recadrage plus serré d’une image piquée en plein format compense l’absence d’un petit télé-objectif.

  2. C’est tout à fait le problème que je rencontre. Quand j’ai acheté mon Nikon il y a de nombreuses années, il était proposé avec un zoom 18-200. Comme tu l’a dit dans un autre article, il est bon partout mais excellent nulle part. Pour ma part, quand j’ai trop de liberté, je me perds. J’ai besoin de contraintes pour m’améliorer et expérimenter toutes les possibilités offertes. Ceci dit, quand on sait que le sujet risque d’être loin, je suis quand même contente de l’avoir.

  3. Bien d’accord pour les photos pensées et prises à tête reposée.

    Mais pour les photos au pied levé ou quand il n’est pas possible de zoomer avec les pieds il vaut mieux une panoplie de focales fixes ou 1 ou plusieurs zooms d’amplitude raisonnable plutôt qu’un mégazoom. D’ailleurs avec l’expérience nous pouvons identifier nos focales de prédilection en fonction des sujets et des circonstances.

  4. Votre article me rappel mes études de graphiste. En première année notre chef d’atelier nous obligeait à utiliser que le noir et blanc une seule police de caractère pour les projets que nous devions présenter au cours de l’année. Je suis donc partisan que trop de possibilités nuis à la créativité mais que chaque sujet, thème a un objectif précis. Faites de belle photos sans perdre le plaisir

    • Henri-Pierre Juguet | 26 avril 2021 à 11 h 18 min | Répondre

      Assez d’accord avec vos propos quand vous dites que trop de possibilités nuit à la créativité. Je suis également compositeur (de musique) et nous avons une infinité (au sens propre) de sons à notre disposition. Si on ne se donne pas de règles au départ il est impossible de composer de la musique. Quelle que soient ces règles : tonalité, modalité, sons concrets, etc. Pour ls « objets musicaux » et la manière de les mettre en oeuvre. Cela est valable pour toutes les sortes de musiques au monde ayant jamais existé. Sans règles (que l’on se donne soi-même) on n’arrive qu’à un fatras informe.
      Sortir avec un seul objectif (ou deux), focale fixe ou variable, peut être un formidable moteur de créativité.

  5. Article qui pousse à réfléchir aux photos que nous prenons, avoir l’objectif en adéquation avec le besoin. Lorsque je suis passé au reflex, je me suis posé la question du mégazoom.
    Après beaucoup de rando avec un FZ50 (32-420) et analyse de ces clichés (15000), il se trouvait que plus de 90% des photos avaient été faites avec une valeur équivalente de focale inférieure à 150mm. Maintenant avec un APS-C NIKON, j’ai un 18-140 passe partout et un 10-20 (200g – merci Jean-Christophe pour le test) monté très souvent qui parfois fait toute la rando, le poids est ainsi contenu. D’autre balade avec un 35 et le 10-20. Une manière de voir les choses sous un autre angle. Je n’ai jamais eu de situation ou je me trouvais « trop cours », le 70-300 ne m’accompagne que pour un certain type de sortie et c’est l’objectif le moins utilisé.
    Sortir avec un 35 ou un 50, se déplacer, prendre le temps, c’est aussi transmettre une émotion, saisir une tranche de vie, le temps s’est arrêté !
    Le mégazoom j’y ai pensé comme beaucoup à une période, maintenant aucune nécessité.
    Voilà pour un retour d’expérience, avec le vécu d’avoir raté des photos lorsqu’on à trop le choix de zoom (FZ50) si bien décrit dans cet article.

  6. Article tout à fait intéressant : n’oubliez pas que des photographes mondialement célèbres ont fait quasiment toute leur carrière avec un Leica équipé d’un 35 mmm et d’un 90mm.

  7. Henri-Pierre Juguet | 25 avril 2021 à 11 h 06 min | Répondre

    J’aime beaucoup l’expression « Cadrer avec vos pieds ».
    Je dis très souvent à des gens de mon entourages qui ne sont pas trop contents de leurs photos : il faut se déplacer ! se mettre à bonne hauteur, à bonne distance. Pour avoir un angle intéressant, une bonne approche, la bonne composition, la justesse, etc. Je crois que je vais adopter l’expression « avec les pieds ». Parce que je suis persuadé qu’en effet c’est une des choses les plus importantes à comprendre au début. Merci de l’astuce 😉