Faire des photos peut paraître facile. Il suffit d’avoir un appareil photo, de cadrer, de déclencher et c’est fait. Mais la réalité n’est pas toujours aussi simple.
Quel type de photographe êtes-vous ? Comment faites-vous vos photos ? En cherchant la réponse à cette question, et sans chercher à rentrer dans une catégorie unique, vous allez pouvoir développer une pratique plus personnelle et élargir le nombre de possibilités qui s’offrent à vous.
Je vous dis ce que j’en pense ci-dessous et je vous invite à réagir via les commentaires.
2 façons de faire des photos
Observez les photographes connus, ou ceux qui méritent de l’être. Vous allez voir qu’ils ont chacun une façon personnelle de faire des photos mais que, la plupart du temps, ils sont soit des créateurs d’images, soit des chasseurs d’images (découvrir des photographes et des livres de photos).
Créer une photo
La première façon de faire une photo, c’est de la créer. Vous imaginez une situation, un sujet, un cadre. Vous le mettez en place et vous le photographiez. La principale difficulté est alors d’imaginer et de créer la situation voulue avant de la photographier.
C’est le cas en studio par exemple où le plan d’éclairage a toute son importance (voir qu’est-ce qu’un plan d’éclairage et des exemples).
Saisir une photo
La seconde façon de faire une photo consiste à la saisir au vol. Vous passez du temps à observer, « chasser », et vous capturez des situations qui peuvent donner de bonnes photos.
C’est le cas en photographie de rue par exemple où votre œil et votre sens de l’observation ont une importance primordiale (voir le guide de la photographie de rue).
Pourquoi vous êtes concerné
Vous êtes concerné si vous faites partie des photographes qui pensent qu’ils ne sont ni créatifs, ni auteurs, ni doués pour la photographie.
Il y a peu de photographes nés avec un don particulier pour la photographie, par contre nous sommes tous nés avec de l’imagination.
C’est sur cette imagination qui vous caractérise que vous pouvez compter pour faire des photos. Selon que vous êtes plus « créatif » ou plus « observateur », vous allez mettre en œuvre des réflexes pour créer ou capturer des photos.
C’est cette mise en œuvre qui va vous permettre de développer une pratique personnelle, une démarche bien à vous. C’est en comprenant comment vous fonctionnez, ce qui vous correspond le mieux, que vous allez pouvoir obtenir de meilleurs résultats.
Au final seul le résultat compte
Quel que soit votre profil et l’approche que vous avez, seul le résultat compte !
Peu importe que vous soyez plutôt enclin à créer de toutes pièces une photo, ou que vous soyez plus à l’aise en tant qu’observateur. Ce qui compte c’est que vous soyez capable de montrer quelque chose d’abouti. Car au final c’est ce qui restera de votre pratique photo, des images, et non la façon de les faire.
A vous !
Je pense que ce sujet mérite débat car nous avons tous une approche personnelle, je vous livre ici (et dans la vidéo) ma vision, mais je suis aussi intéressé par la vôtre.
Je ne prétends pas vouloir vous classer à tous prix dans une catégorie alors … dites-moi comment vous fonctionnez et enrichissons ce débat !
Vous débutez en photo argentique et vous voulez savoir comment procéder de la prise de vue au tirage ? Vous faites déjà de la photo argentique mais vous voulez améliorer votre pratique ?
Quel que soit votre niveau en photo argentique, le guide de Gildas Lepetit-Castel vous aide à :
Gildas Lepetit-Castel est photographe et enseignant en photographie dans « une école de création numérique à la pointe des technologies » (lisez l’Interview de Gildas, c’est passionnant). Et pourtant, comme il se plait à le dire, il renseigne au quotidien nombre de jeunes photographes désireux d’en savoir plus sur les films, la prise de vue, le développement et le tirage argentique.
Loin d’être un retour en arrière face au numérique, je pense, tout comme l’auteur de ce guide, que la photo argentique est aujourd’hui une niche dans laquelle certains se retrouvent pour pratiquer la photographie différemment.
La photo argentique n’est pas morte, loin de là. elle est par contre exigeante et il faut en connaître les fondamentaux pour arriver aux résultats escomptés. C’est l’objet de ce guide qui fait aujourd’hui référence.
Quel appareil photo argentique choisir ?
Commençons par le commencement : quel boîtier argentique utiliser pour débuter comme pour aller plus loin ?
Vous allez découvrir que le choix reste très vaste, du simple compact au moyen-format en passant par le reflex, sans oublier la chambre grand-format. L’avantage de l’argentique est que vous pouvez vous procurer bon nombre de boîtiers experts et pros d’occasion à des prix défiant toute concurrence, aucune commune mesure avec le numérique.
Parmi les modèles listés dans le guide, les nikonistes apprécieront de trouver les :
Nikon 28 et 35 Ti,
Nikkormat FTN (cher à Bernard Plossu),
Nikon FM-10 (tout manuel),
Nikon F6 (dernier modèle pro de la lignée F argentique).
Ce chapitre est complété d’un entretien avec le photographe Martin Bogren qui pratique le demi-format, vous allez découvrir de quoi il s’agit (ainsi que quelques magnifiques photos).
L’exposition en photo argentique
Quelques rappels des bases de l’exposition suffisent pour vous lancer, l’argentique ne diffère en aucune façon du numérique en matière d’exposition.
Découvrez toutefois ce qu’est l’effet Schwarzschild (pose longue), l’intérêt du bracketing et – surtout – l’usage des filtres de densité (ND) et colorés très utiles en noir et blanc.
Vous allez apprendre aussi à modifier la sensibilité d’un film, le pousser ou le retenir en fonction de vos envies créatives et de la lumière disponible.
Quel film utiliser en argentique ?
Le film est à l’argentique ce que sont les Picture Control et autres simulations de films (!) au numérique. Choisir un film n’est donc pas un acte anodin, cela contribue « à la matière et au rendu de l’image finale« .
Ce chapitre vous emmène à la découverte des films disponibles de nos jours, il y en a plus que vous ne pourriez le penser :
films noir et blanc,
films couleur,
films inversible (ou positif pour diapositives),
films spéciaux.
L’auteur vous présente également les différents formats de films que vous pouvez utiliser, le choix reste là-aussi important :
film 135,
film 120,
film 110,
plan-film.
Certains de ces films sont disponibles au mètre, ce qui vous permet de réaliser vous-même vos bobines 135 de 42 vues par exemple.
J’ai particulièrement apprécié la richesse des tableaux présentant les caractéristiques très détaillées des principaux films actuels, de même que l’entretien avec Lomig Perrotin qui est à ce jour le plus petit fabricant de films au monde (voir www.lomig.fr).
Comment développer un film argentique
Découvrez la magie du développement argentique, une opération que vous pouvez faire chez vous sans devoir trop investir (quelques dizaines d’euros pour le noir et blanc).
Ce long chapitre détaille toutes les opérations de développement pour les films argentiques noir et blanc et couleur. Vous y trouverez les différentes étapes et les accessoires appropriés, de même que les chartes de développement pour les principaux films Kodak et Ilford.
Comment numériser un film argentique
Vous ne voulez pas investir dans le tirage argentique au labo ? Pourquoi ne pas numériser vos films à l’aide d’un scanner pour travailler vos photos sur ordinateur ?
Vous allez apprendre à choisir un scanner (les principaux modèles sont détaillés) et à régler correctement le logiciel de numérisation pour obtenir les meilleurs résultats.
L’entretien avec Guillaume Geneste du labo La Chambre Noire vous apporte un éclairage complémentaire sur la numérisation d’un film argentique et les possibilités de traitement associées.
Le labo argentique
Si c’est le labo argentique qui vous tente, voici de quoi répondre à vos attentes. Découvrez ce que sont les zones sèches et humides du labo, quel matériel il vous faut, quels éclairages.
L’agrandisseur est au cœur du labo argentique, l’auteur détaille les principaux modèles disponibles plus facilement désormais en occasion que neufs (!). Les objectifs ne sont pas oubliés, ils participent grandement au résultat.
Apprenez à choisir le compte-pose, le margeur, les filtres multigrades, la loupe de mise au point comme les cuvettes, les pinces, le thermomètre et autres accessoires indispensables.
Il faudrait un livre à part entière pour faire le tour du choix et de l’utilisation d’un labo argentique, mais ce guide recense tout ce qu’il vous faut savoir pour bien démarrer. Vous pourrez compléter la lecture par l’ouvrage de Philippe Bachelier qui s’avère un excellent complément.
Le tirage noir et blanc
« Rien ne remplace une image que l’on peut tenir entre ses mains ou que l’on peut mettre dans un cadre afin de la partager.« . La pratique de la photo argentique ne saurait s’arrêter au développement, le tirage prend toute son importance puisqu’il permet de finaliser la démarche, de créer le support final (c’est vrai aussi en numérique !).
A vous le choix du papier qui va donner son caractère à la photo tirée :
RC ou FB,
gradé ou multigradé,
tonalité,
surface,
formats.
Le choix du papier est une science qu’il vous faut maîtriser et vous trouverez dans ce chapitre 7 tout ce qu’il faut savoir pour mener à bien vos recherches.
Le tirage suppose l’utilisation de chimie, c’est un des plaisirs de l’argentique (l’odeur au labo …). L’auteur fait le tour des produits à vous procurer :
révélateur,
bain d’arrêt,
fixateur,
auxiliaire de lavage,
stabilisateur,
virage.
Les principales références sont citées, j’aurais aimé en trouver plus pour les produits tels que le virage, mais ils ne sont plus légions non plus désormais.
Avant de réaliser vos tirages, vous allez faire une planche-contact. La planche-contact sert à l’editing et reproduit sous forme de petits formats les différentes vues d’une pellicule. C’est un outil de travail indispensable en argentique, tout comme en numérique d’ailleurs.
Gildas Lepetit-Castel vous montre comment faire une planche-contact et le tirage des photos qui va suivre :
le matériel nécessaire (une contacteuse),
l’exposition du papier (bout d’essai),
le développement du papier,
la détermination du bon temps de pose,
la réalisation de la planche-contact.
Mais parce qu’il vous faut aller au bout du processus et tirer vos photos, découvrez aussi :
Pour finir votre apprentissage de la photo argentique, voici 7 tirages d’exposition passés en revue par l’auteur qui vous livre :
la méthode de tirage,
la méthode d’analyse.
Rien de tel que de voir les indications données par le photographe au tireur (lui-même ou un tireur pro) pour aboutir à l’image finale. Chacun des sept tirages est analysé et l’auteur vous dit pourquoi il envisage telle ou telle exposition, les maquillages et le choix du papier.
Le tirage couleur argentique
Le tirage couleur argentique fait appel à un processus bien plus complexe que celui du noir et blanc, et l’auteur vous rappelle à juste titre qu’avant de vous lancer il faut réfléchir à l’opportunité de le faire. Mais si vous êtes de ceux qui ont envie d’oser alors vous trouverez dans ce chapitre 9 de quoi satisfaire vos envies.
C’est Marc Upson, tireur indépendant à Paris, qui vous présente ici les différentes étapes pour réaliser un tirage argentique couleur. Vous allez voir que la démarche est bien plus complexe qu’en noir et blanc et qu’il faut un apprentissage plus long et un matériel souvent plus coûteux.
Mon avis sur le guide Photo argentique de Gildas Lepetit-Castel
Le numérique a supplanté l’argentique depuis de nombreuses années. Pour autant la photo argentique reste un sujet d’actualité chez de nombreux amateurs et pros désireux de retrouver une pratique plus lente, plus assumée de la photographie.
Ce guide vous permet de faire le tour de la question, de comprendre ce qu’est véritablement la photo argentique et comment vous pouvez vous y mettre, petit à petit. C’est un des avantages de cet ouvrage que de vous inciter à pratiquer tout en apprenant au fur et à mesure.
Vous allez découvrir qu’il ne vous faut pas investir des sommes folles pour vous lancer, que vous pouvez trouver films, chimie et papier sans trop de difficultés (la liste des sites de vente en fin de guide vous aide) et que vous pouvez développer vos propres films par vous-même sans sortir de chez vous.
Outre les étapes indispensables au traitement du film et du tirage, j’ai apprécié de lire un ouvrage dont l’auteur est lui-même totalement investi dans son sujet. Qui, mieux qu’un fervent pratiquant et enseignant, pourrait ainsi vous accompagner ?
Si vous avez encore quelques hésitations, considérez que les 24 euros requis pour vous procurer cet ouvrage vous feront économiser bien plus en investissant dans le bon matériel et les bons produits, et que vous gagnerez énormément de temps dans votre apprentissage. Une bonne raison de craquer non ?
Vous avez déjà entendu parler de l’effet de filé en photo. Vous avez vu des exemples impressionnants. Mais vous ne savez pas comment faire ? Ce tutoriel, illustré en vidéo, vous explique pas à pas comment obtenir cet effet et vous invite à passer à l’action.
Qu’est-ce que l’effet de filé en photo
Vous avez déjà vu ces photos où un cycliste ou une voiture semble surgir dans un décor flou, étiré par la vitesse ? C’est l’effet de filé.
Un rendu spectaculaire qui ne demande ni trépied, ni formule magique, juste une compréhension simple de ce qui rend une photo vivante.
Voici comment faire, même si vous débutez, même si vous n’avez pas le dernier boîtier.
Comment faire un effet de filé photo ?
Réglez votre appareil en priorité vitesse, choisissez une vitesse lente (autour de 1/125 s), suivez le sujet dans le viseur, déclenchez lorsqu’il est perpendiculaire à vous, et poursuivez le mouvement après le déclenchement.
Visionnez la vidéo ci-dessous pour en savoir plus sur l’effet de filé photo. Les explications détaillées se trouvent sous la vidéo.
Pourquoi utiliser l’effet de filé en photo ?
L’effet de filé photo est une technique qui permet de photographier un sujet en mouvement, notamment en sport mécanique, en gardant ce sujet bien net et en disposant d’un arrière-plan flou ou « filé ».
Le résultat permet de donner du dynamisme ainsi qu’une sensation de déplacement du sujet dans l’image. D’autres diront également que cette technique permet de rendre la sensation de vitesse du sujet.
Il est important de rappeler que la photographie sportive, plus particulièrement pour les sports mécaniques, demande des temps de pose adaptés pour toutes les photos d’action, sans qu’il s’agisse pour autant d’un « filé ».
Une image totalement figée (et donc les roues aussi) ne donne pas l’impression ni la sensation de déplacement alors qu’avec les roues au minimum « filées », la même image permettra de mieux comprendre que le véhicule n’est pas garé sur la piste mais bien en pleine action.
Avec le filé, l’effet est plus esthétique, le dynamisme mieux rendu, l’intérêt de l’image est plus grand.
Les avantages de l’effet de filé
L’effet de filé photo, on parle aussi de panoramique de mouvement, permet :
d’isoler le sujet de l’arrière plan,
de noyer un arrière-plan et/ou un avant-plan par le fait qu’il sera « filé »,
de donner une sensation de dynamisme et de mouvement du sujet par rapport au reste de l’image.
Les inconvénients de l’effet de filé
La technique de l’effet de filé photo n’a pas que des avantages. Il n’est pas forcément toujours facile de la réaliser et encore moins de réussir une belle image. Beaucoup d’images dites « filées » ne le sont pas réellement, partant du principe que le sujet lui-même doit être net et ce n’est pas toujours le cas.
Voici quelques contraintes importantes à prendre en compte :
l’objectif utilisé et le couple ouverture/focale (le filé est plus facile avec une longue focale)
la focale utilisée et la distance entre le sujet et vous
un dégagement suffisant permettant d’utiliser la bonne focale
un champ de vision important (c’est toujours mieux de voir arriver le sujet)
En conclusion, on peut admettre la règle suivante :
Pour qu’un effet de filé photo soit réussi, il faut que le nombre qui désigne le temps de pose soit inférieur à celui qui désigne la focale.
Par exemple, si vous utilisez un 200 mm, le nombre qui désigne le temps de pose doit être inférieur à 200, par exemple 1/125 ème de seconde.
Les étapes pour réussir l’effet de filé
Les réglages photo essentiels
Commencez par vous placer dans un lieu où le sujet se déplace latéralement par rapport à vous, comme une route ou une piste.
Réglez votre boîtier sur le mode S (priorité vitesse). Choisissez un temps de pose adapté : commencez à 1/200 s, puis descendez progressivement à 1/125 s, 1/80 s, voire 1/30 s selon la vitesse du sujet.
Utilisez une focale suffisante (de 70 mm à 300 mm en général).
Travaillez si possible à main levée pour plus de souplesse. Un trépied ou monopode peut aider, mais n’est pas indispensable. Et surtout, suivez le mouvement du sujet avant, pendant et après le déclenchement.up sûr.
Effet filé et position du photographe
La technique est assez simple : tout d’abord il vous faut chercher un spot (un lieu de prise de vue) qui va vous permettre d’utiliser l’optique avec laquelle vous comptez faire du filé.
Rien ne sert de se mettre à 20 m de la piste si vous avez un grand-angle, l’inverse est par conséquent valable : éloignez-vous pour utiliser une longue focale.
Ensuite, cherchez la focale (si vous avez un zoom) ou la distance (si vous avez une optique fixe) qui va vous permettre d’intégrer le sujet dans l’image de façon adéquate. L’idée étant ici de ne pas avoir un sujet qui remplit seulement 15% de l’image mais bien une bonne partie du champ de l’image.
Pour terminer, le spot doit permettre une vision importante de l’action, idéalement 180°. Vous serez ainsi plus à l’aise pour préparer la prise de vue, vous pourrez voir venir le sujet, le voir s’éloigner, le suivre plus facilement. En fonction de votre expérience vous pourrez vous permettre de réduire le champ, cela viendra avec le temps.
Effet filé et réglages
Maintenant, il faut le faire ce filé et c’est là que tout se complique : quels réglages utiliser, quel temps de pose choisir, quel trépied, quel monopode, etc.
Une solution simple est de n’utiliser ni trépied ni monopode. En travaillant à main levée, vous garderez une plus grande flexibilité dans vos mouvements et vos déplacements.
Réglez votre boîtier sur le mode S, priorité vitesse. Comme on cherche à faire du « filé » et que par conséquent il faudra jouer sur le temps de pose, privilégiez ce mode. Ensuite commencez avec des temps de pose assez courts, histoire de régler un peu le cadrage, la position (ex : assis, debout, couché).
Exemples de réglages pour un effet de filé réussi
Cycliste : 1/125 s à 85 mm
Voiture rapide : 1/250 s à 200 mm
Piéton : 1/30 s à 50 mm
Photos (C) Jean-Christophe DICHANT
EXIF : 1/200 ème de sec. focale 140 mm (APS-C équiv. 210 mm) f/2.8, le nombre désignant le temps de pose est proche de celui qui désigne la focale et l’effet filé léger, le fond n’est pas très flou
Maintenant commencez à augmenter le temps de pose en faisant diminuer le nombre qui le désigne (par exemple 1/125 au lieu de 1/200). Vous êtes en mode priorité vitesse, vous pouvez régler ce temps comme vous le voulez.
Effet filé et cadrage
L’angle de 180° mentionné plus haut doit vous permettre de viser/cadrer votre sujet à distance, de le suivre dans votre viseur et lorsque ce sujet est perpendiculaire à vous (en face de vous), vous déclenchez.
Le plus important dans le « filé » est d’initier le mouvement avant le déclenchement, de le poursuivre pendant mais aussi après le déclenchement. C’est la raison pour laquelle il est important d’avoir un champ de vision important sur la droite et la gauche de votre cadre. Le fait de poursuivre votre mouvement, conjugué au temps de pose, vous permettra d’obtenir le filé. Simple non ?
Comment déclencher au bon moment ?
C’est souvent au moment où le sujet est perpendiculaire à vous que l’effet de filé est le plus fort. Vous devez donc l’anticiper, le suivre dans le viseur, et déclencher tout en poursuivant le mouvement de suivi.
N’interrompez surtout pas ce mouvement au déclenchement : c’est la continuité du geste qui génère le flou d’arrière-plan. Avec l’habitude, ce geste devient naturel.
Exemples concrets de photos avec effet de filé
Photo (C) Olivier Comment
Premier exemple : le sujet est net, on distingue un peu le mouvement dans les roues du véhicule. L’arrière plan est visible, flou mais pas « filé ». Dès lors, cette image ne peut pas être considérée comme un filé.
Voici les exifs qui démontrent que la règle n’est pas respectée : 1/500 ème sec., objectif Nikon AFS VR 200-400 à 400 mm, ISO 200, f/5.6. Le nombre « 500 » du temps de pose est supérieur au nombre « 400 » de la focale.
Un temps de pose plus long (donc un nombre inférieur) aurait permis d’obtenir l’effet de filé désiré (par exemple 1/250 ème de sec.).
Photo (C) Olivier Comment
Deuxième exemple : un temps de pose plus long a permis d’accentuer le filé de l’arrière plan et des roues tout en gardant le sujet net.
Les données EXIF donnent : 1/320 ème de sec., objectif Nikon AFS VR 200-400 à 400 mm, ISO 200, f/8
Vous suivez ? Le temps de pose a varié par rapport à la focale donc l’effet de filé commence à apparaître.
L’effet filé est là mais pas forcément suffisant encore pour donner toute la dimension de vitesse au véhicule.
Si vous êtes dans ce cas, faites quelques vues supplémentaires en augmentant encore le temps de pose et comparez les résultats. Le mieux étant parfois l’ennemi du bien, vous choisirez peut-être la photo pour laquelle le temps de pose n’est pas le plus long mais qui au final donne le meilleur rendu.
Il vous reste maintenant à multiplier les tests.
Photo (C) Olivier Comment
Troisième exemple avec une focale de 190 mm. Les rayons des roues sont parfaitement invisibles et les pneus parfaitement en mouvement. L’arrière plan est parfaitement filé. On a l’impression que les feuilles des arbres et les troncs ont été déformés. Cette sensation est typique du filé.
Les EXIF donnent 1/125 ème de sec., objectif Nikon AFS VR 70-200 à 190 mm, ISO 100, f/5
Le temps de pose plus long permet de garder le sujet net et de donner la sensation de filé sur l’arrière plan. CQFD.
Ce type d’optique est idéal pour commencer à réaliser des filés. Peu encombrant et pas forcément très lourd non plus, la flexibilité du zoom 70-200 mm et la réactivité de son autofocus lui confèrent une grande utilité pour ce style d’image. Une focale 70-300 mm convient aussi pour s’entraîner au filé.
Photo (C) Olivier Comment
Quatrième et dernier exemple de ce tutoriel filé en photo, une image réalisée sur les bords d’une piste d’aviation en fin de journée.
Données EXIF 1/80 s, objectif Nikon AFS VR 200 mm, ISO 500, f/2
Le temps de pose utilisé est volontairement très lent par rapport à la focale (« 80 » vs. « 200 »). On peut constater néanmoins que ce temps de pose a permis de noyer l’arrière plan à tel point qu’il est difficile de déterminer de quoi il s’agit.
Il y a une part de chance dans ce type d’images, surtout avec des temps de pose longs. Toutefois la conjugaison entre la stabilité, la régularité de la vitesse du mouvement de droite à gauche et surtout la continuité du mouvement après le déclenchement sont les facteurs de réussite de cette image.
Quel matériel pour s’y mettre ?
Un zoom 70-200 mm ou 70-300 mm est idéal : flexible, relativement léger, avec un autofocus rapide.
Le stabilisateur (VR chez Nikon) vous aidera à compenser les petits mouvements parasites.
Un boîtier APS-C ou plein format, peu importe. Ce qui compte, c’est votre capacité à suivre le mouvement et à choisir le bon moment.
Où s’entraîner facilement à faire des filés ?
Pas besoin d’aller sur un circuit de F1. Une voie rapide, une rue passante, un rond-point, un coureur à pied, un cycliste… Tout sujet mobile est un prétexte pour s’exercer.
Observez. Suivez. Déclenchez. Et recommencez. Encore. Et encore.
FAQ – Questions fréquentes sur l’effet de filé photo
Qu’est-ce qu’un effet de filé en photo ?
C’est une technique qui permet de montrer le mouvement d’un sujet en le suivant avec votre appareil photo pendant la prise de vue. Le sujet reste net, mais le fond devient flou, créant une impression de vitesse très visuelle.
Quel mode faut-il utiliser pour faire un effet de filé ?
Le mode priorité vitesse (S sur les Nikon, Tv sur Canon) est le plus simple. Il vous permet de choisir précisément la vitesse d’obturation tout en laissant l’appareil gérer l’ouverture.
Quelle vitesse choisir pour réussir un filé ?
Il n’y a pas une seule bonne valeur. Pour une voiture ou un vélo, commencez avec 1/125 s. Si le sujet est plus lent, descendez à 1/60 ou 1/30 s. L’essentiel, c’est d’ajuster la vitesse en fonction du mouvement et de ta stabilité.
Est-ce que je dois utiliser un trépied ?
Pas forcément. Beaucoup de filés réussis se font à main levée. Mais si vous avez du mal à suivre votre sujet de façon fluide, un monopode ou un trépied peut aider, à condition d’avoir une rotule souple.
Quel objectif utiliser pour un bon filé ?
Un zoom de type 70–200 mm est idéal pour isoler un sujet en mouvement. Mais vous pouvez très bien réussir un filé avec un 35 mm ou un 85 mm si vous êtes plus proche du sujet.
A vous de jouer
Le filé, ce n’est pas qu’une technique : c’est une manière de rendre le mouvement visible, de raconter l’action. Entraînez-vous, osez rater, cherchez votre style. Et souvenez-vous : un bon filé, ce n’est pas une photo parfaite, c’est une image qui fait ressentir la vitesse.
Question: quel est le problème principal que vous rencontrez avec le filé photo ?
Pourquoi et comment gérer la correspondance de la couleur ? Tutoriel Photoshop
Vous avez une série de photos sur un même thème faites dans des lieux différents, avec des conditions de lumière différentes et donc des rendus différents ?
Savez-vous que vous pouvez accorder très simplement toutes vos images à l’aide d’une commande (un peu) oubliée de Photoshop ?
Il est fréquent de faire des photos sur un thème donné pour préparer une série photo. Mais bien souvent vous réalisez après coup que les rendus diffèrent et qu’il vous faut passer beaucoup de temps en post-traitement pour faire correspondre toutes vos images à la tonalité voulue.
Photoshop, depuis la version CS2, possède pourtant une commande dédiée qui peut vous faire gagner des heures !
Suivez le tutoriel vidéo ci-dessous pour voir comment mettre cette commande en oeuvre très simplement sur une ou plusieurs photos.
Ce tutoriel est extrait de la formation Photoshop CC proposée par Julien Pons. C’est un ensemble de plus de 13H de leçons vidéos pour apprendre à utiliser Photoshop pour le post-traitement photo.
Ce tutoriel est proposé par tuto.com qui vous donne accès à plus de 2500 tutoriels photo et que j’ai sélectionné pour la qualité de ses publications. Comme pour les autres tutoriels gratuits, vous pouvez lire la vidéo à l’aide de l’écran ci-dessus. De même il vous suffit de créer gratuitement un compte sur tuto.com pour accéder à l’ensemble des tutoriels photo gratuits, plus de 2500 actuellement.
En complément, tuto.com vous propose des formations vidéos de plus longue durée, accessibles après achat de crédits que vous pouvez utiliser comme bon vous semble.
11 citations photo pour développer votre créativité
Certains photographes ont le don de résumer en une phrase une pensée qui leur est propre et les fait avancer dans leur démarche créative. J’ai regroupé ci-dessous quelques citations photo relevées au fil de mes lectures.
Je vous invite à découvrir et à partager sans modération chacune de ces citations. J’ai volontairement inclus des photographes connus comme d’autres moins connus. C’est le sens des mots qui m’importe plus que leur auteur.
Vous connaissez d’autres citations photo qui méritent d’être connues ? Faites-m’en part via les commentaires !
Citations photo inspirantes
David duChemin
« Un bon photographe est celui qui est capable non pas de représenter la réalité objective, mais de traduire les sensations et les émotions ressenties au moment de déclencher. »
« La photo ne s’apprend pas, elle se ressent. Les règles élémentaires peuvent être comprises en quelques instants, ensuite c’est une question de regard. »
« La technique, il est bon de la fréquenter pour la connaître intimement et attirer ses bonnes grâces, après quoi elle doit vous ficher royalement la paix. »
« Trouver son identité n’est pas chose simple. Et pourtant seule cette recherche personnelle vous permettra d’évoluer et de ne pas rester dans l’ombre de ce que vous aimez. »
« Lisez, intégrez pour ensuite mieux oublier car, au final, la photographie est un acte qui vous unit, vous, l’appareil et le sujet que vous photographiez. »
« Aussi sophistiqué que soit votre appareil, il ne pourra pas faire de belles photos à votre place. Votre appareil n’est qu’un outil, votre œil doit le guider. »
Vous connaissez d’autres citations inspirantes ? Quelques mots qui peuvent aider à comprendre ou à avoir le déclic ? Dites-nous ça via les commentaires !!
Comment trouver des idées photo près de chez soi ?
Vous cherchez des idées de sujets photo proches de chez vous ? Vous pensez qu’il faut absolument aller dans un lieu paradisiaque pour trouver des idées photo originales et créatives ? Vous ne savez pas quoi photographier quand vous sortez de chez vous ?
Voici une série de conseils pour pratiquer la photo et faire de belles séries d’images sans vous éloigner beaucoup.
Trouver des idées photos, oui mais …
Vous êtes nombreux à me dire que vous n’avez pas suffisamment l’occasion de voyager pour faire de belles photos. Ou que vous habitez dans un lieu qui se prête difficilement aux belles images. Ou encore que vous souffrez du syndrome de la page blanche.
Vous regardez les photos d’autres photographes et vous pensez toujours « oui mais forcément, à cet endroit j’aurais fait moi-aussi de belles images …« . Et vous êtes frustrés.
Et pourtant …
Vous avez pourtant essayé de faire des photos autour de chez vous. Mais ça ne fonctionne pas, les résultats sont décevants et vous vous êtes découragé.
Vous vous contentez d’immortaliser quelques fêtes de famille, vos proches, et vous attendez patiemment le prochain départ en vacances ou weekend prolongé pour – enfin – passer aux choses sérieuses.
Alors que …
Il y a des dizaines d’occasions de faire des photos intéressantes autour de chez vous. Mais il faut savoir trouver les idées. Voici quelques conseils à appliquer immédiatement pour découvrir ce qui vous tend les bras.
1- Photographiez les évènements locaux
Soirée animation à la piscine municipale
Toutes les communes, petites et grandes, organisent toute l’année des événements locaux : fêtes, festivals, animations sportives …
Ce sont autant d’occasions de trouver des idées photo car ces événements sont généralement en libre accès, ils durent plusieurs heures ou jours et vous pouvez photographier librement.
Couvrir un tel événement c’est aussi avoir l’opportunité d’intéresser des partenaires locaux. Pensez à partager vos meilleures images et vous aurez peut-être l’opportunité de les voir citées par les organisateurs.
Pour vous organiser il suffit d’aller à la pêche aux infos sur le web et de préparer votre programme : horaires, parcours, temps forts. Adaptez votre matériel aux photos à réaliser. Faites simple. Inutile de charger votre sac de plusieurs objectifs et boîtiers, faites un choix et concentrez-vous sur ce qui vous passe sous les yeux.
2- Revisitez les lieux
Passer toujours au même endroit et lever les yeux (iPhone)
Quel que soit l’endroit où vous habitez, il y a forcément un lieu particulier à photographier. Ne pensez pas que seuls les jolis sites méritent votre attention. Une friche industrielle, un terrain vague, une forêt ou une avenue commerçante sont autant de lieux potentiels pour faire de belles images.
Adoptez un regard différent : ne cherchez pas la beauté du lieu mais attachez-vous à traduire ce que vous ressentez. Trouver des idées photo c’est par exemple documenter la vie quotidienne, les travaux, les transports, les gens, les détails. Il y a plein d’opportunités à saisir.
3- Pour trouver des idées photo suivez les saisons
Exposition temporaire au Musée, de quoi varier les plaisirs
C’est en travaillant sur la durée que vous allez petit à petit mettre en œuvre votre démarche personnelle.
En photographiant les mêmes lieux tout au long de l’année vous montrez le défilement des saisons et les inévitables changements.
En parcourant la campagne de janvier à décembre, vous montrez l’évolution de la faune et de la flore. C’est aussi l’occasion de photographier des animaux différents d’un mois à l’autre.
Le travail sur la durée est le plus enrichissant pour un photographe car il permet de réaliser ce qui vous plaît vraiment, ce à quoi vous êtes attaché. Revisitez vos archives et vous verrez que vous avez peut-être déjà accumulé bon nombre d’images du même sujet et qu’il ne manque pas grand-chose pour en faire une série intéressante.
4- Frappez aux portes
Il y a forcément de la vie autour de chez vous. Faites le tour des associations et proposez vos services. Vous serez souvent accueilli à bras ouverts car un photographe bénévole dans une association c’est toujours un avantage.
Ne cherchez pas pour autant à prendre la place des professionnels établis mais jouez la différence. Adoptez une démarche décalée, faites des images moins institutionnelles, plus personnelles.
Proposez vos services, il en restera toujours quelque chose (Nikon D750)
5- Rejoignez un club photo
Les clubs photo sont en déclin avec la montée en puissance des forums et réseaux sociaux mais ils restent intéressants pour rencontrer d’autres passionnés et vous aider à trouver des idées photo. De plus les clubs photo vous offrent souvent des opportunités que vous ne sauriez couvrir seul, ou ils ouvrent des portes que vous ne pourriez ouvrir vous-même.
6- Etudiez les cartes
Jeux et art urbain (Nikon D5300)
J’ai souvent découvert des sujets photos proches de chez moi par hasard, en regardant une carte. Le niveau de précision des cartes actuelles, numériques en particulier, et la possibilité d’accéder aux vues satellite, vous permet de découvrir des lieux proches dont vous n’avez peut-être pas connaissance.
Survolez virtuellement votre région et vous allez peut-être découvrir un site ou un parcours intéressant. Regardez les photos accompagnant les cartes, ce sont autant de sources d’inspiration.
7- Suivez les sites de partage photo
L’architecture urbaine et les lieux peu fréquentés sont de bons sujets (iPhone)
Sans sortir de chez vous, vous pouvez accéder à des milliers de photos de votre région. Il suffit de chercher sur un site connu – par exemple Instagram – ce que d’autres photographes ont fait dans votre région pour vous en inspirer.
La recherche géolocalisée de la plupart des sites de partage est un excellent moyen de découvrir des lieux mais aussi – et surtout – des regards. Prenez le temps d’étudier ces images. Prenez des notes, repérez des lieux, des styles de prise de vue.
8- Suivez les concours photo
Il y a des dizaines de concours photos lancés chaque semaine. En vous intéressant aux thèmes de ces concours, vous allez probablement trouver de quoi faire une série d’images.
Peu importe si vous participez aux concours ou pas, intéressez-vous au sujet et faites les images. Ce sont autant d’occasions de photographier différemment auxquelles vous n’aviez peut-être pas pensé.
9- Lisez la presse locale
Festival des cultures urbaines (Nikon D750)
Rien de tel que de parcourir la presse locale pour savoir ce qu’il se passe autour de chez vous. C’est d’autant plus vrai si vous vous êtes installé récemment et si vous ne connaissez pas encore très bien la région.
Les magazines municipaux sont des sources d’inspiration permanentes. Images, textes, thèmes traités, personnes citées, expériences vécues, autant de sujets à reprendre et auxquels vous intéresser.
Trouver des idées photos, mais encore …
C’est en photographiant que l’on devient photographe (!). Ayez toujours avec vous de quoi faire des images, qu’il s’agisse de votre équipement reflex ou d’un simple smartphone. L’important est de recueillir des idées, de prendre des notes, de faire des repérages pour pouvoir revenir ultérieurement.
Multipliez les prises de vue, apprenez à trier et à choisir vos meilleures photos, partagez-les et … recommencez ! C’est en persévérant que vous développerez un regard, des thèmes, une démarche créative. Et c’est ce qui fait tout l’intérêt de la photographie amateur non ?
A vous !
Vous avez trouvé des idées de photo proches de chez vous ? Des conseils à ajouter ? Complétez l’article via les commentaires et parlons-en !
Règles de composition : faites de meilleures photos simplement
Avec ce tutoriel vous allez apprendre comment faire de meilleures photos en appliquant les règles de composition les plus connues. Et en sachant également vous en écarter quand vous les maîtriserez suffisamment.
Ces quelques conseils pratiques vont vous permettre de donner à vos photos ce petit quelque chose qui leur manque pour passer d’une image banale à une photo plus percutante.
Un bon matériel oui, mais encore ?
Vous avez investi dans un reflex numérique et un bon objectif en vous disant que vos photos allaient – enfin – correspondre à vos attentes. Vous faites des photos à différentes occasions, lors des fêtes de famille comme lors des événements sportifs ou sociaux auxquels vous participez.
Vous avez remarqué qu’avec un peu de pratique vos photos sont meilleures qu’avec un compact ou un smartphone, mais elles ne sont toujours pas au niveau de celles que vous voyez chez les autres. Et vous ressentez pas mal de frustration car finalement ce bel équipement vous a aidé à progresser mais pas autant que vous ne le pensiez.
ça ne marche jamais …
Avec le temps, vous en avez assez de shooter sans cesse et de ne jamais avoir de photos vraiment percutantes. Vous remplissez votre ordinateur d’images à trier mais aucune ne sort du lot. Ou si peu.
Vous avez peut-être essayé de regarder les photographies des autres mais vous ne comprenez pas pourquoi elles sont meilleures que les vôtres.
Vous avez peut-être même investi dans un nouvel objectif, remis en cause votre boîtier ou acheté un de ces accessoires qu’on vous a annoncé comme indispensable pour faire de ‘belles photos‘.
Et vous vous êtes forcément intéressé à la technique pour comprendre comment maîtriser ce foutu reflex et ses réglages de vitesse, d’ouverture et de sensibilité, pour savoir quel mode de prise de vue choisir.
Mais vous n’arrivez toujours pas à faire les photos attendues. Le succès n’est pas au rendez-vous.
Un peu de théorie …
La méthode dont je vais vous parler ici consiste tout simplement à laisser de côté les aspects techniques (matériel, réglages) pour ne plus vous concentrer que sur la composition de vos images.
La composition est l’art d’arranger les différents éléments participant à une photographie de façon plaisante, agréable à regarder. Cette organisation doit être simple pour être efficace, et donner au spectateur l’émotion suffisante mais nécessaire pour qu’il s’intéresse à vos photos. C’est un des secrets (le secret ?) des meilleurs photographes : sans composition il n’y a pas de photographie réussie.
La composition fait appel à un ensemble de notions, mais il est facile de vous approprier les règles essentielles à appliquer immédiatement pour obtenir de bien meilleurs résultats. Pour tout savoir sur la composition, consultez l’ouvrage ‘Composition et couleur‘ de Harald Mente.
Ces règles sont simples à comprendre, à la portée de tous, et elles ne nécessitent aucun investissement complémentaire. Il ne s’agit que de changer votre façon de voir, de cadrer, de remplir le champ de votre viseur.
… et quelques exemples
Voici comment j’ai utilisé une des règles de composition – la règle des tiers – pour faire la photo ci-dessous. La scène classique que j’aurais pu photographier était celle-ci :
Mais en m’intéressant un peu au sujet, en cherchant à savoir qui avait attiré mon œil, j’ai remarqué que la moto jaune à gauche était un peu isolée, et que je pouvais m’appuyer sur elle pour donner une toute autre vue de ce regroupement entre amis. Je me suis déplacé légèrement et j’ai cadré de façon à obtenir cette image :
Vous voyez que le résultat est totalement différent. La première photo est une scène banale, tandis que la seconde photo fait la part belle à la moto du premier plan, le point fort en haut à gauche servant de point d’ancrage au réservoir jaune (le seul jaune de la photo). Le regard est ensuite attiré par la moto rouge du fond, moins nette que la première en raison d’une profondeur de champ volontairement réduite.
Je n’ai rien fait d’autre que de me rappeler les règles bien connues, de choisir ce qui me parlait le plus et de déclencher en ayant tenu compte de la règle.
La composition en pratique : 3 notions fondamentales
Il y a trois notions principales pour ‘faire‘ une belle composition : le point d’intérêt, la structure et l’équilibre. Chacune de ces notions a un impact sur les autres, mais chacune est essentielle pour vous permettre d’obtenir des photos dont vous serez fier.
Le point d’intérêt
Le point d’intérêt d’une photo est tout simplement ce que le spectateur va voir en premier quand il va regarder votre photo. C’est l’élément qui va attirer le regard avant tout le reste. Bien souvent vos images sont difficiles à lire parce qu’il manque un point d’intérêt, ce que je résume souvent par quel est le sujet ??. Ou à l’inverse il y a tellement de points d’intérêt que l’on ne sait plus quoi regarder. Et c’est ennuyeux.
Il y a plusieurs façons de créer un point d’intérêt dans une photo, il suffit de choisir le bon élément :
un contraste élevé
une couleur particulière
une profondeur de champ adaptée
un mouvement
un visage
etc.
Un point d’intérêt est généralement guidé par la présence :
de lignes directrices
d’un cadre particulier
de formes géométriques
La structure
Le second élément d’une bonne composition, c’est la structure. Vous savez déjà ce qu’est la structure si vous avez entendu parler des règles de composition : la règle des tiers, la spirale d’or, le triangle, la symétrie et le plein champ sont les principales.
La règle des tiers
ici j’ai disposé la rangée de cabines dans le tiers inférieur du cadre en laissant le ciel occuper les deux autres tiers, les points forts ne sont pas utilisés dans ce cas
La règles des tiers détermine comment vous pouvez diviser l’image en trois parties identiques en vous basant sur des axes horizontaux et verticaux. Ces axes déterminent les trois zones de l’image ainsi que les quatre points forts résultants, les intersections.
En plaçant dans chacune de ces trois zones trois parties différentes de votre photo, vous allez obtenir un résultat harmonieux. De même en plaçant sur l’un des quatre points forts votre point d’intérêt, vous allez attirer bien plus facilement le regard du spectateur.
Faites attention à ne pas abuser de la règles des tiers, car vos photos vont finir par toutes se ressembler et ce n’est pas l’idée non plus. Mais si vous ne savez pas comment obtenir la moindre image sympa, la règle des tiers est la plus simple à assimiler. De nombreux reflex permettent d’afficher dans le viseur des lignes correspondant à la règle des tiers, profitez-en.
La spirale d’or
en partant du coin supérieur gauche de la photo, le regard est irrémédiablement attiré par l’immeuble coupé situé à la source de la spirale
Directement inspirée de ce que la nature nous offre, la spirale d’or est une règle qui permet de reproduire cette forme si particulière pour donner une belle harmonie à l’image. Toute en rondeur comparativement à la règle des tiers plus géométrique, la spirale d’or incite le regard du spectateur à se déplacer dans l’image pour arriver sur le point d’intérêt. Puis à s’en éloigner pour finir par y revenir.
Le triangle
en adoptant un cadrage en contre-plongée et en me déplaçant légèrement, j’ai créé cette forme en triangle qui donne sa dynamique à l’image de ces deux façades
Cette règle s’inspire de la composition pyramidale très commune dans les arts créatifs. En utilisant cette forme géométrique particulière, vous allez donner à voir au spectateur une forme plus qu’un véritable point d’intérêt, mais c’est ce qui en fait le charme. A vous de trouver les éléments qui vont vous permettre d’arranger cette composition, le portrait et l’architecture s’y prêtent généralement bien.
La symétrie
cette vue très banale d’un village de Dordogne prend un tout autre aspect grâce au travail sur la symétrie et au reflet des maisons dans l’eau
La symétrie fait appel aux effets de miroir et autres réflexions souvent rencontrées en architecture et dans la nature. Cette règle permet de créer des images fortes, qu’il s’agisse d’une symétrie horizontale ou verticale.
Le plein cadre
en resserrant au mieux le cadrage autour du seul visage, ce portrait occupe tout le champ et les yeux du modèle attirent ceux du spectateur
Un peu à la marge, cette règle du plein cadre vous propose de remplir l’image avec un seul sujet et absolument rien d’autre venant perturber le regard. Ce type d’image s’applique assez bien aux portrait serrés et aux gros plans, quitte à jouer avec une très faible profondeur de champ pour renforcer encore un peu le caractère particulier de votre composition.
L’équilibre
Toute composition harmonieuse doit restée équilibrée. Plusieurs facteurs impactent l’équilibre d’une composition parmi lesquels :
la taille des différents éléments de l’image
le contraste entre zones sombres et zones claires
la saturation des couleurs
la taille d’un visage
des formes géométriques
etc.
Atteindre un équilibre parfait s’apprend avec le temps et la pratique mais si vous débutez, retenez simplement que pour qu’une composition soit équilibrée aucun élément ne doit venir ‘plomber‘ l’image au risque de détourner le regard du spectateur.
Trop de zones sombres dans une photo sans un seul élément clair et la composition est déséquilibrée. Trop de couleurs identiques sans aucune autre couleur en compensation rend la photo banale. Plusieurs visages identiques saus aucun d’entre eux ne ressortant particulièrement et votre photo ne procure aucune émotion.
Pour aller plus loin …
Il est communément admis en photographie qu’il n’y a pas de règle et que l’on peut faire ce que l’on veut. C’est vrai. Mais si vous débutez ou si vos photos n’attirent aucune réaction particulière, il est peut-être temps de vous intéresser aux règles de composition pour construire votre démarche créative.
C’est en appliquant les règles que vous allez les assimiler, que le cadrage va devenir plus instinctif, que vous n’aurez plus à réfléchir au moment de déclencher. Vos images seront plus fortes plus souvent.
Une fois ces règles assimilées, vous pourrez alors commencer à prendre quelque liberté pour vous en écarter et trouver votre style, montrer votre différence. A moins que vous ne préfériez en rester aux règles ci-dessus qui vous permettront de faire de meilleures photos sans trop avoir à y penser. C’est déjà bien non ?
QUESTION : quelle est la critique principale que vous faites en regardant vos photos, ce qui fait qu’elles ne vous plaisent pas ou pas toujours ?
Retouchez vos photos pas à pas, le guide pratique par Anne-Laure Jacquart
Vous faites de bonnes photos mais le rendu final ne vous satisfait pas. Vous ne savez pas comment obtenir le résultat que certains arrivent à produire. Vous aimeriez savoir convertir en noir et blanc certaines photos. ‘Retoucher vos photos pas à pas‘ est un guide pratique écrit par Anne-Laure Jacquart qui vous livre tous ses secrets en matière de retouche. Vous ne verrez plus jamais la retouche photo de la même façon !
Beaucoup de nos lecteurs se posent la question de savoir si la retouche photo est vraiment nécessaire. Pourquoi devrait-on modifier le rendu d’une photo alors que les boîtiers récents sont très performants en matière de traitement dès la prise de vue.
La réponse est simple : sans traitement, vous ne pouvez pas exploiter le format RAW. De même vous ne pouvez présenter vos photos sous leur meilleur jour sans un minimum de retouche, ne serait-ce que pour retirer les quelques poussières présentes ou pour mettre en évidence une zone bien précise de l’image.
Le guide d’Anne-Laure Jacquart vient à point nommé vous aider dans votre démarche d’apprentissage de la retouche photo. Nous l’aurions volontiers renommé « Traitement et retouche photo pas à pas » d’ailleurs car le terme retouche est trompeur. Il n’est pas question ici d’apprendre à modifier vos photos comme les graphistes pourraient le faire dans Photoshop, mais bien de leur donner le rendu qu’elles méritent.
Ce guide vous présente donc ce qu’il vous faut savoir pour recadrer les photos, adapter la luminosité et le contraste, gérer les densités. Anne-Laure Jacquart est pédagogue et elle met à nouveau ses capacités au service du lecteur dans ce troisième guide qui complète « Composez, réglez, déclenchez » et « vivez, déclenchez, partagez » parus précédemment.
Nous avons particulièrement apprécié les chapitres traitant de l’intention qui se cache derrière la retouche : pourquoi faut-il le faire (ou pas) et dans quel but, comment percevoir ce qu’il vous faut modifier et où vous arrêter. L’ensemble est cohérent, complet et toujours aussi bien mis en page et illustré.
Vous trouverez une revue des différents logiciels de retouche gratuits dans le chapitre 3, de quoi vous mettre à la retouche sans rien dépenser même si certains logiciels cités sont un peu éloignés à notre goût des besoins du photographe amateur. Petit bémol en revanche concernant la présentation des logiciels phares du marché, ils sont cités trop rapidement sans que l’auteur n’explique les particularités de chacun.
Vous trouverez par contre tout au long de l’ouvrage des repères pour vous permettre de vous en sortir quel que soit le logiciel choisi, les termes utilisés par exemple sont associés aux différents logiciels pour ne pas vous y perdre.
Le guide est conçu de telle façon que vous allez avancer dans votre découverte et votre apprentissage du traitement d’images si vous le lisez du début à la fin. Vous pourrez également pratiquer puisque différents ateliers vous permettent de mettre en œuvre les notions présentées.
Si vous faites partie de ceux qui hésitent à se lancer en traitement d’image, c’est probablement l’ouvrage à parcourir pour démarrer. L’approche de l’auteur vous permet de partir de la base « pour aller vers une démarche de retouche aboutie et des rendus plus complexes« . Vous allez donc avancer à votre rythme et ne pas en faire trop au risque de dénaturer vos images.
Ce guide ne s’adresse pas à vous par contre si vous cherchez un guide d’utilisation de l’un ou l’autre de ces logiciels. Optez dans ce cas pour un guide dédié comme il en existe plein chez le même éditeur.
Anne-Laure Jacquart nous revient avec un nouveau guide dédié au traitement d’image qui vient compléter à merveille ses deux premiers ouvrages. Tout comme les précédents, c’est un guide que nous ne pouvons que recommander pour la richesse de son contenu, la clarté des propos et la présentation globale. Le tarif reste raisonnable également et ce guide vous permettra de donner à vos photos le rendu qu’elles méritent, de quoi vous satisfaire non ?
Le négatif numérique : Comment développer ses fichiers RAW avec Photoshop, Camera Raw et Lightroom
Le négatif numérique : développer ses fichiers RAW avec Photoshop, Camera RAW et Lightroom est un guide entièrement dédié à l’apprentissage du traitement des fichiers RAW de tout boîtier avec les logiciels d’Adobe.
Si vous photographiez en RAW, vous n’êtes pas sans savoir que les logiciels Adobe proposent de nombreuses possibilités de traitement de vos images. Toutes ces fonctions vous permettent d’obtenir LE rendu que vous souhaitez en quelques clics la plupart du temps. Encore faut-il savoir quels outils utiliser et comment les utiliser.
Les fichiers RAW sont à la photographie numérique ce que le négatif (le film !) est à la photographie argentique : un support brut qui permet de produire diverses interprétations d’une image. Si les amateurs d’argentique s’en vont tirer leurs négatifs en chambre noire, les amateurs de photo numérique utilisent eux un logiciel dédié souvent appelé dérawtiseur. C’est le cas des logiciels Adobe Photoshop, Adobe Lightroom, Adobe Photoshop Elements. Ces logiciels utilisent tous le moteur de traitement Camera RAW développé par Adobe et un des meilleurs sur le marché actuellement.
Ce moteur apporte de multiples fonctions de traitement aux fichiers RAW, depuis le simple réglage de la balance des blancs jusqu’à la transformation en noir et blanc et autres dérives de couleurs.
L’efficacité du moteur Adobe n’est plus à prouver mais … qui n’a pas déjà poussé un énorme soupir en voyant le nombre de fonctions disponibles, de curseurs, de termes (barbares) utilisés et d’outils dont vous ne savez pas toujours (souvent ?) à quoi ils peuvent bien servir.
Ce guide se propose de répondre à toutes vos questions : à la différence du manuel utilisateur du logiciel indiquant ce que fait chaque fonction (mais qui le lit ?) ce guide vous propose une démarche complète. Il vous permet de partir d’un fichier brut et de comprendre quel traitement appliquer, comment l’appliquer, pourquoi l’appliquer et avec quels outils.
Comme pour de nombreux autres guides du même genre, l’intérêt est de mettre en perspective l’ensemble des fonctions du logiciel pour vous permettre de vous en sortir. C’est un peu le cours de conduite de votre véhicule alors que la notice d’emploi vous dit à quoi servent chacune des pédales, vous suivez ?
Au commande de ce cours de traitement RAW, on retrouve un auteur, Jeff Schewe, et un traducteur bien connu chez nous puisqu’il s’agit de Volker Gilbert, lui-même auteur d’un livre sur le traitement des fichiers RAW. Volker est LE Monsieur RAW du monde francophone et il a pris le soin d’adapter cet ouvrage en apportant sa touche personnelle, des compléments d’informations (sur la dernière version Photoshop CC par exemple) et des éclaircissements.
Au sommaire de l’ouvrage vous allez découvrir :
qu’est-ce qu’un négatif numérique et un fichier RAW
les différents logiciels Adobe pour traiter les RAW et lequel choisir
les bases de Photoshop, Lightroom et Camera RAW pour le traitement des RAW
les corrections avancées de vos fichiers RAW
comment aller plus loin dans le traitement des RAW avec Photoshop
comment créer un flux de traitement RAW efficace
Au total ce sont près de 250 pages grand format entièrement dédiées au traitement RAW. Inutile de préciser que si vous prenez le soin de parcourir l’ensemble de l’ouvrage, le RAW n’aura plus guère de secrets pour vous !
Notre avis sur ce guide de traitement des fichiers RAW
Proposé à presque 30 euros, ce guide peut paraître un peu onéreux face au tarif de certains logiciels, mais considérez que c’est un investissement qui complète le prix de la licence Adobe. En effet aucun manuel en ligne aussi parfait soit-il ne remplace l’expérience du photographe doublée de celle d’un traducteur lui-même expert de son sujet. Ce guide vous donne des conseils et méthodes que vous ne trouverez pas dans la littérature Adobe.
C’est un ensemble complet qui vous permet de vous mettre au traitement des fichiers RAW si vous n’avez pas encore essayé comme de parfaire votre connaissance des outils Adobe si vous les utilisez déjà.
Les notions présentées dans cet ouvrage vous permettront de mieux développer vos RAW, d’obtenir des images qui correspondent à vos attentes, d’aller plus vite plus simplement.
Les nombreuses copies d’écran vous aident à suivre les explications données, pensez à vous mettre face à votre ordinateur pendant la lecture pour pratiquer.
Ce livre n’est pas un guide d’apprentissage de Photoshop ou Lightroom, il ne concerne que le module RAW. Mais ce module est un passage obligé et le traitement qu’il permet constitue la plus grosse partie du traitement de vos fichiers. Si vous vous intéressez au RAW c’est un ouvrage pertinent, à jour et facilement compréhensible.
Dossier : tout savoir sur l’impression des photos numériques, imprimer soi-même 3/3
Imprimer ses photos soi-même est une opération qui peut vous apporter bien des satisfactions. Choix du papier, qualité du tirage, types d’encres, autant de liberté pour vous exprimer (aussi) à travers vos tirages. Il suffit de connaître les quelques règles de base pour vous en sortir sans difficulté, c’est le but de notre dossier que de vous expliquer tout cela.
Voici le dernier article de la série dans lequel vous trouverez les bons réglages à adopter pour ajuster tous les paramètres de votre logiciel et sortir le tirage attendu.
Après un second article consacré aux dpi, nous nous intéressons au tirage par lui-même. C’est à nouveau Francis, un de nos modérateurs qui se charge de vous expliquer tout ce qu’il vous faut savoir.
Première étape : l’épreuvage
En imprimerie professionnelle, avant d’envoyer une impression en milliers d’exemplaires sur une presse, l’épreuvage consiste à simuler le résultat à l’unité sur une imprimante dédiée, paramétrée pour produire un résultat identique à celui de la presse. On détecte ainsi en amont et on corrige les éventuels défauts. L’épreuve sert également de base contractuelle avec le bon à tirer signé par le client.
Les logiciels qui proposent une fonction d’épreuvage suivent la même logique : ils vous permettent de simuler, mais cette fois à l’écran, le résultat attendu à l’impression avec les paramètres choisis. Pour simuler un tirage, il vous suffit de disposer du profil ICC correspondant, l’imprimante pouvant être aussi bien celle d’un laboratoire, non reliée à l’ordinateur. Certains labos web mettent leurs profils d’impression à disposition de leurs clients en téléchargement.
Pour des impressions à l’unité, la fonction d’épreuvage paraît a priori sans intérêt, puisque, dans un monde de couleurs parfait, la chaîne graphique est calibrée pour garantir un rendu normé des couleurs tout au long du processus. Il faut toujours garder à l’esprit que ce qui est imprimé n’est pas la visualisation écran, mais bien le fichier numérique enregistré.
C’est le fichier, la seule source, qui est à la fois envoyé à l’écran, avec des approximations d’affichage, et envoyé à l’imprimante, avec des approximations d’impression. Et comme les média d’affichage analogique utilisés, écrans et papiers, n’ont pas le même gamut, certaines nuances, en particulier dans les tons les plus clairs et les plus foncés, et dans les teintes les plus saturées, seront nécessairement modifiées pour rentrer dans l’espace disponible. Mais pas de façon identique.
On peut également, avec la fonction d’épreuvage, identifier les couleurs non imprimables (telles quelles).
Avant d’utiliser la fonction d’épreuvage, il est conseillé d’enregistrer le fichier en cours, et de bien penser à décocher les options d’épreuvage avant d’enregistrer à nouveau. Il est d’ailleurs nettement préférable d’ouvrir l’image dans une nouvelle fenêtre (Image > Dupliquer) et d’appliquer l’épreuvage à la copie, ce qui évite les étourderies.
Lors de l’impression, les données d’épreuvage, et notamment le profil ICC, devront être à nouveau sélectionnées à l’identique dans le driver d’impression.
Deuxième étape : choix des options du panneau du pilote d’impression
Chaque logiciel de traitement d’images dispose de son propre panneau, mais les fonctions proposées sont très similaires de l’un à l’autre. Les logiciels les plus simples renvoient simplement au driver de l’imprimante où vous trouverez également ces mêmes fonctions.
Voici le panneau de Photoshop CS (Fichier > Imprimer avec aperçu > Plus d’options) :
Les options sont identifiées de 1 à 4.
Quel est leur effet attendu sur le résultat imprimé ?
1. Traitement des couleurs
Les codes couleurs du document numérique, espace source, vont être convertis en codes couleur pour l’imprimante, espace de destination. Cette option permet de choisir qui fera le travail, le logiciel de retouche ou le pilote de l’imprimante.
Le choix usuel est de confier ce travail au logiciel de retouche, car on redoute que le pilote de l’imprimante ne contienne des « optimisations » diverses et variées, dont le résultat est moins prévisible. Si cette option est sélectionnée, n’oubliez pas de désactiver la gestion des couleurs dans le driver de l’imprimante.
Notez également l’option « Pas de gestion des couleurs », à éviter absolument pour l’impression de photos mais qui est utile pour créer des profils d’impression sur mesure.
2. Profil d’impression
Ici vous choisirez dans la liste déroulante le profil ICC spécifique au couple imprimante + papier.
3. Mode de rendu
Le choix proposé pour le rendu est normé, et il y a quatre options : Perceptif, Relatif, Absolu et Saturation. Chacun de ces modes correspond à une méthode pour transformer le large espace source du fichier numérique, afin de le faire rentrer « de force » dans l’espace de destination, celui de l’imprimante, qui est moins étendu. Et chaque méthode produit un résultat imprimé différent.
Le mode Absolu (sans compression de la gamme source) consiste simplement à ignorer les couleurs qui dépassent. Elles seront converties dans la couleur la plus proche, en limite de gamut. En contrepartie, les couleurs communes aux deux espaces seront très fidèlement retranscrites. Cette méthode ne convient généralement pas pour l’impression de photos courantes, mais elle sera tout à fait adaptée si vous voulez vous assurer de l’impression la plus exacte possible de quelques couleurs, pour un nuancier par exemple.
Le mode Relatif (sans compression de la gamme source) est le plus utilisé en impression photo. Il prend en compte à la fois les couleurs non imprimables qu’il va modifier pour les faire rentrer dans le gamut de l’imprimante, et le blanc du papier – qui n’est jamais tout à fait blanc. Les couleurs claires vont donc elles aussi être modifiées, pour être moins blanches que le papier utilisé et équilibrer sa dominante éventuelle, en rajoutant par exemple un peu de jaune sur l’ensemble de la gamme de couleurs.
Le mode Perceptif (avec compression de la gamme source) vise à conserver toutes les couleurs du document numérique et leur rapport entre elles. Comme certaines excèdent le gamut de l’imprimante, ce mode va donc décaler et compresser toute l’échelle des couleurs en les désaturant. C’est le mieux adapté aux images très saturées, dont une surface significative risque de dépasser notablement le gamut de l’imprimante, car il évite les à-plats de couleurs du mode relatif. En contrepartie, les couleurs sont moins fidèles à l’original.
Le mode Saturation (avec compression de la gamme source) compresse également le gamut mais, au contraire du mode perceptif, il privilégie cette fois le rendu des couleurs vives, sans rechercher l’exactitude colorimétrique. Ce mode est adapté par exemple à la production bureautique, pour des graphiques aux couleurs bien « pétantes ».
4. Compensation du point noir
Comme pour les options de rendu, cette option permet de prendre en compte les couleurs non imprimables, mais ici il s’agit seulement des teintes les plus sombres L’option va convertir les plus basses lumières du fichier image pour les décaler vers des teintes légèrement moins sombres et les faire » rentrer » dans la gamme des couleurs imprimables en fonction du papier utilisé.
Si l’option de compensation du point noir n’est pas cochée, les informations de couleurs hors gamut seront imprimées telles quelles, c’est à dire sous forme du noir le plus pur dont l’imprimante est capable, puisqu’elles sont en dessous du niveau minimum de reproduction. On perd alors tous les détails dans les basses lumières, qui sont pourtant présents dans le fichier source.
Accentuation spécifique au tirage
Certaines interfaces d’impression, comme celle de Phase One/Capture One, permettent une accentuation supplémentaire lors de l’impression. A défaut, vous pouvez utiliser l’option d’accentuation des menus de retouche. On estime généralement qu’il n’est pas utile d’accentuer avec des fichiers issus de capteurs de 16 Mp et plus qui contiennent déjà suffisamment de détails.
Il faut aussi tenir compte de la diffusion de l’encre sur le papier qui réagit – plus ou moins faiblement – à la manière d’un buvard. Il n’y a donc pas de règles fixes, et il faudra, au début, procéder par tâtonnements. En cas d’application d’un renforcement, le seuil d’accentuation sera choisi court pour les tirages en haute résolution, et plus long dans le cas contraire.
Choix du papier
Sans rentrer dans le détail des différentes marques, matières, textures et grammages, mentionnons simplement quelques idées générales.
Les papiers brillants ont le gamut le plus étendu, les papiers mats ayant un spectre de couleurs imprimables plus limité, à la fois dans les blancs et les noirs.
Le blanc du papier photo est obtenu soit avec des agents azurants optiques soit, moins couramment, avec une sous-couche de sulfate de baryum. On nomme ces derniers « papiers barytés » et ils sont désormais proposés en « spécial jet d’encre », comme le Canson Infinity Baryta Photographique ou les Hahnemühle Fine Art Baryta et Glossy Fine Art Baryta. Les papiers classiques, aux agents azurants, ont une tendance à jaunir plus rapidement – on parle de plusieurs années.
Les papiers ont également une dynamique propre, leur capacité à accepter l’impression des couleurs très denses à très légères. On parle de Dmax (densité maximale) pour la valeur de densité de la couleur imprimable la plus sombre, et de Dmin (densité minimale) pour le blanc du papier.
Plus la différence entre Dmax et Dmin est grande, plus le tirage sera contrasté, et les couleurs saturées. Cette information n’est quasiment jamais indiquée dans la documentation commerciale. On peut la mesurer avec un densitomètre, mais le prix extrêmement élevé de ces appareils les réserve à un usage professionnel.
Vérifiez également sur le site du fabricant si le profil ICC du papier choisi existe pour votre imprimante et s’il peut être téléchargé librement. Avec la fonction d’épreuvage, vous pourrez vous faire une petite idée du rendu, avant même d’acheter le papier. Si le profil ICC n’est pas proposé, il faudra avoir recours à un profil individualisé.
En conclusion
Vous disposez maintenant des explications nécessaires et suffisantes pour vous lancer dans le tirage à domicile sur votre imprimante photo. Vocabulaire, dpi et paramétrage de votre logiciel n’ont plus de secrets pour vous. Il n’y a plus qu’à … vous lancer !
Nous vous conseillons de démarrer avec un papier au tarif abordable et suffisamment standard pour vous fournir vos premiers beaux tirages. Vous pourrez ensuite laisser libre cours à votre créativité pour adopter d’autres papiers artistiques.
QUESTION : quel est le principal obstacle que vous rencontrez en matière d’impression de vos photos ? Laissez votre réponse en commentaire.