Comment utiliser l’histogramme pour choisir ouverture, vitesse et ISO

Exposer correctement une photo c’est trouver le bon trio ouverture, vitesse, ISO pour chaque prise de vue. Les appareils récents vous aident à bien exposer avec leur système de mesure de lumière matricielle ou assistée.

Mais vous devez également savoir comment ajuster les réglages pour ne pas laisser l’automatisme vous induire en erreur. Voici quelques conseils pour vous en sortir facilement.

Comment utiliser l'histogramme pour choisir ouverture, vitesse et ISO

Choisir le bon mode de mesure de lumière

Votre appareil photo dispose de plusieurs modes de mesure de lumière : mesure spot, mesure pondérée centrale et mesure matricielle. Cette dernière permet de mesurer le plus efficacement possible la lumière car le boîtier utilise un catalogues de situations photographiques qu’il a en mémoire et qu’il compare à la scène cadrée. Il en tire alors le meilleur jeu de réglages.

Pour en savoir plus sur ces différents modes, vous pouvez consulter le dossier « Quel mode d’exposition choisir et pourquoi » mais sachez que comme tout automatisme, la mesure matricielle de votre boîtier peut se tromper.

Vous pouvez également souhaiter donner à votre photo un côté plus créatif, sortir des sentiers battus et pour cela il vous faut décaler le résultat donné par le boîtier.

Savoir évaluer les limites d’exposition à ne pas dépasser

Quand vous décalez le résultat de la mesure matricielle (ou des autres modes), vous prenez le risque d’aller au-delà de certaines valeurs limites et de « crâmer » ou « boucher » certaines zones de l’image.

Une zone « crâmée » est une zone surexposée (blanche) que vous ne pourrez pas récupérer au post-traitement. Une zone « bouchée« , c’est la même chose mais la zone est sous-exposée (noire).

Les constructeurs ont là-encore bien fait les choses puisque la plupart des reflex vous permettent de savoir à l’avance si vous allez avoir des zones sur- ou sous-exposées sur vos photos.

Comment voir les zones sur-exposées sur un reflex ?

Si votre reflex comporte cette fonction – la plupart des reflex en disposent – faites une photo et passez en mode de visualisation sur l’écran arrière. En naviguant à l’aide des touches de direction, vous pourrez afficher la photo avec un affichage clignotant à certains endroits. C’est l’affichage des hautes lumières ou zones sur-exposées.

Afficahge des hautes lumières sur un reflex Nikon - (C) Nikon

Affichage des hautes lumières sur un reflex Nikon – Illustration (C) Nikon Corp.

Vous pouvez donc savoir immédiatement si la photo prise comporte des zones trop claires et corriger l’exposition en changeant la vitesse ou l’ouverture.

Faites une photo test, regardez-là, corrigez l’exposition et refaites alors la photo finale. Pour pouvoir changer ainsi l’exposition, utilisez le correcteur d’exposition ou passez en mode Manuel.

Comment utiliser l’histogramme pour ajuster l’exposition

L’histogramme représente la répartition des pixels dans la photo. Il montre donc le nombre de pixels associés à chaque niveau d’intensité, depuis le noir à gauche jusqu’au blanc à droite. L’histogramme s’affiche en mode visualisation sur votre reflex.

L’histogramme est un outil d’aide à l’évaluation de l’exposition bien souvent délaissé par les photographes alors qu’il est riche en informations. Il vous permet de voir très vite si votre photo est sur- ou sous-exposée. Il vous permet aussi de corriger l’exposition et d’évaluer immédiatement l’impact de cette correction.

Les 5 sections de l’histogramme utiles au photographe

Répartition des tons dans l'histogramme

Un histogramme est réparti en cinq sections différentes :

  • la section située à gauche représente les zones noires de la photo,
  • la section située entre la gauche et le centre représente les tons sombres,
  • la section centrale représente les tons moyens,
  • la section située entre le centre et la droite représente les tons clairs,
  • la section droite représente les zones blanches.

Idéalement il vous faut exposer de telle façon que l’histogramme soit centré. Ainsi vous éviterez les zones trop sombres (bouchées) et les zones trop claires (crâmées).

Mais cette règle laisse beaucoup de place à l’interprétation et vous avez tout à fait le droit (le devoir) d’exposer à votre guise pour donner à vos photos le rendu souhaité.

Exposer à droite

Une autre règle communément admise consiste à « exposer à droite« . Exposer à droite c’est exposer de telle façon que l’histogramme soit décalé vers l’axe droit sans pour autant qu’il ne soit collé à cet axe au risque de « perdre » de l’information.

La pratique qui consiste à exposer à droite se base sur le fait qu’il y a autant de niveaux dans les hautes lumières (la section droite) qu’il n’y en a dans tout le reste de l’histogramme. Et de la même façon il y a très peu de niveaux dans la section droite (quasiment rien en fait). Il n’y a donc pas la moitié des valeurs d’un côté du point milieu et l’autre moitié de l’autre mais une répartition à droite dominante.

En post-traitement, si vous avez exposé à droite, vous aurez bien plus de liberté de traitement que si vous avez exposé à gauche où il y a très peu d’information à traiter. Ceci est valable pour le format RAW bien évidemment et non pour le JPG.

Tenez toutefois compte de la nature du sujet que vous photographiez. Si la scène est suffisamment homogène et éclairée par une lumière douce, la répartition des tons dans l’histogramme sera plus étalée.

Si la scène est très contrastée (un chien noir dans un champ de neige fraîche …) alors il est normal d’avoir un histogramme à deux pointes, vers les noirs et vers les blancs, sans aucun tons moyens.

Et les ISO ?

Si l’on a pendant très longtemps considéré que le couple vitesse/ouverture définissait l’exposition, l’arrivée des appareils numériques a changé la donne. Les capteurs récents sont capables de monter en ISO tout en vous garantissant un niveau de bruit contenu. Vous pouvez donc jouer de l’exposition (des ISOs) comme d’un troisième réglage possible en matière d’exposition.

On parle donc désormais de trio vitesse/ouverture/sensibilité pour déterminer la bonne exposition.

En utilisant le format RAW vous pouvez jouer d’autant plus avec la sensibilité qu’il vous sera possible en post-traitement de réduire le bruit numérique de vos images si elles en comportent.

Ainsi vous aurez de meilleurs résultats en utilisant une sensibilité de 800 ou 1600 ISO et en exposant à droite plutôt qu’en vous calant à 400 ISO et en exposant de façon plus classique au centre. Une légère surexposition se rattrape très bien, ceci étant bien évidemment valable en RAW puisqu’en JPG c’est le boîtier qui fait la conversion et ne vous laisse aucune marge de manœuvre.

En conclusion …

Bien exposer vous garantit des résultats à la hauteur de vos attentes mais cela nécessite un minimum de compréhension de votre part pour ne pas laisser le boîtier décider seul des réglages.

Si la mesure automatique donne d’excellents résultats en général, il existe des situations qui peuvent s’avérer complexes à traiter par le boîtier, c’est alors au photographe de choisir. De même c’est en décidant par vous-même du réglage que vous imposez au boîtier que vous allez pouvoir travailler votre créativité et faire des images plus intéressantes.

Question : quel est le principal problème que vous rencontrez en matière d’exposition ?

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About the Author

Jean-Christophe Dichant
J'ai créé Nikon Passion en 2004 pour vous aider à faire les bons choix, bien utiliser votre appareil photo et apprendre la photo.

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19 Commentaires sur "Comment utiliser l’histogramme pour choisir ouverture, vitesse et ISO"

  1. Boussagha Moutendi Stève | 17 août 2018 à 8 h 45 min | Répondre

    Sur le D3400 où trouve t-on cette fonction ?

  2. Je viens de tout bien relire ces infos sur les réglages en basse lumière, me voilà partie faire des essais pour des amis musiciens qui font un concert ce soir….A ver! En tt cas merci…. 🙂

  3. J’ai un Nikon d5500 et je ne vois pas l’histogramme sur mes photo et je ne trouve pas comment l’activé

  4. Sur le D500 où trouve t-on cette fonction

  5. Bonjour,
    il me semble avoir relevé une erreur dans le paragraphe « Exposer à droite ».
    Dans la phrase « Et de la même façon il y a très peu de niveaux dans la section droite (quasiment rien en fait). »,
    ne faut-il pas lire plutôt « Et de la même façon il y a très peu de niveaux dans la section GAUCHE (quasiment rien en fait). » ?
    Ou alors, je n’ai rien compris ! 🙂
    En tout cas, merci pour tous ces tutos !
    Cordialement.
    Vincent

  6. Pierre Antoine Pralong | 29 juillet 2015 à 10 h 24 min | Répondre

    Et si je vois que le contraste change rapidement (soirée) ou est d’emblée trop prononcé, je met sur Iso auto.

  7. Pierre Antoine Pralong | 29 juillet 2015 à 10 h 23 min | Répondre

    Hmmm ! Pour ma part, la journée, je travaille TOUJOURS à 100 iso, et j’essaie de rattraper les réglages en mode manuel – j’expose les zones claires, puis les zones sombres, et « coupe la poire en deux ». Et je ne vais pas changer mon D80 si il ne dépasse pas 1’600 iso, si vous voyez ce que je veux dire.

  8. Pour ma part j’évite d’exposer à droite pour la simple raison que l’on ne maitrise pas la limite haute de dynamique du capteur. Si l’on surexpose trop, on se retrouve avec les hautes lumières cramées, et là il n’y a plus rien à faire. Je préfère exposer normalement – voire sous exposer – pour plus tard déboucher une ombre et conserver de l’information dans les hautes lumières. Il vaut mieux un peu de bruit dans les ombres, qu’un applat blanc car le capteur a saturé.

  9. Ermo, Une conversion sur 12 bits (fichier RAW) autorise
    le stockage de l’information sur 4096 niveaux. (2x2x2x… 12 fois) La première bande à droite de
    l’histogramme est donc stockée sur 2048 niveaux, la suivante sur 1024, …
    jusqu’aux bandes les plus sombres auxquelles ne sont consacrées que quelques
    niveaux. Traduction en langage de photographe : les hautes lumières sont
    stockées avec un maximum de nuances alors que les basses lumières sont
    compressées sur les dernières marches de l’échelle.Je ne sais pas si j’ai été plus clair 🙂

  10. « il y a autant de niveaux dans les hautes lumières (la section droite) qu’il n’y en a dans tout le reste de l’histogramme. Et de la même façon il y a très peu de niveaux dans la section droite (quasiment rien en fait). »

    Euuuh! Là je cale, quelqu’un pourrait venir à mon secours ? Merci

    • Oui, en tout cas j’ai l’impression de mieux comprendre. La notion de « niveau » m’échappait et il y a donc une erreur puisque c’est bien dans la section de gauche et non de droite qu’il y en a peu. (si j’ai bien pigé).
      Merci à toi.

  11. L’exposition à droite me semble intéressante uniquement si l’image présente un histogramme tres étendue. Dans le cas d’un histogramme tres resserré, cela ne me semble pas très utile. Merci pour votre éclairage si ma remarque n’est pas correcte.

  12. Pourquoi les photographes continuent ils à parler ils de vitesse alors qu’ils parlent d’une grandeur physique qui s’exprime en secondes donc un temps! Pour eux une vitesse de 1/1000 est plus grande que 1/100 ce qui na pas de sens au niveau mathématique.
    De plus il n’y a aucune partie mobile qui va plus vite ou moins vite dans l’appareil photo,l’obturateur travaille avec 2 rideaux qui ne changent pas de vitesse,la seule chose qui change est la durée entre leur déplacement.
    Et lorsque la soit disant vitesse devient un nombre entier (2s par exemple) on parle de temps de pose! ce qui est la bonne appellation.
    « Temps de pose » est le terme exact qui doit être utilisé.

    Pour une personne sensée qui démarre en photographie ces erreurs et différentes appellations pour une même grandeur sont aberrantes et compliquent la compréhension.

    • Il y a la théorie et la pratique. Et depuis que la photo existe le vocabulaire communément admis est vitesse et ouverture, les appellations que l’on retrouve sur tous les boîtiers. Quand les boîtiers porteront le terme Temps de pose on pourra en reparler …

      • Sur les Canon et Pentax non, le mode est Tv, soit Time value. Après ce sont des conventions, mais Ulysse a raison, une vitesse s’exprime par un rapport distance/temps. Même si je suis chez Nikon, j’ai aussi pris l’habitude de parler de temps d’exposition au lieu de vitesse qui est moins appropriée, mais ça n’empêche pas de comprendre de quoi on parle quand on me dit vitesse lol.

      • Lorsque l’on règle le temps sur 10s, dites vous toujours « vitesse »?
        Nikon a édité une échelle des temps de 1/4000s à 1/15s et ils parlent de temps courts et de temps longs suivant le mouvement du sujet ainsi que des stops=temps de pose doublé.
        A aucun moment ils ne parlent de vitesse et c’est un document Nikon.
        Comme je l’ai signalé lorsque 1/1000 sera plus grand que 1/100 on en reparlera dans les instituts de mathématiques!
        Pour la cohérence et la clarté des raisonnements,il serait temps de quitter les mauvaises habitudes du passé,cela faciliterai la compréhension des non spécialistes et la standardisation des appellations sur les boîtiers.

  13. Je pense qu’il faut surtout éviter les blancs cramés. Ensuite il est utile d’avoir un triptyque exposé à droite centré exposé à gauche pour pouvoir ensuite analyser et faire ses choix en post traitement.
    Pour info le partage sur Twitter nécessite de réduire le titre et absence du pseudo en fin de tweet

  14. Donc là, sur l’exemple la photo est exposée à gauche?