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Sur la Route du Lait : 25 ans de reportage photo amateur à travers le monde

Sur la Route du Lait, c’est trois voyages en vingt-cinq ans, huit ans cumulés sur les routes du monde à la rencontre de ceux qui vivent du lait de leurs animaux, un peu plus de 100 000 photos, deux livres, des expos. Colette Dahan et Emmanuel Mingasson ne sont ni photographes professionnels, ni journalistes. Ils sont la preuve qu’un projet photo documentaire au long cours ne demande ni matériel haut de gamme, ni formation professionnelle. Il demande simplement une décision, de la méthode, et la discipline de finir ce qu’on commence.

Les échanges avec les participants à mes formations ne me servent pas qu’à répondre à leurs questions. Ils me servent aussi à mieux comprendre ce qu’ils font, leurs véritables besoins, leur pratique photo.

Emmanuel Mingasson, après avoir suivi ma formation Lightroom, me posait des questions de temps en temps, exprimant des besoins, des interrogations. C’est son besoin de classement et de référencement qui a attiré mon attention. J’ai alors réalisé qu’il était voyageur photographe au long cours. Et quel long cours !

Au printemps 2026, j’ai repris contact avec lui car son projet Sur la Route du Lait me semblait tellement fou qu’il méritait une mise en avant. C’est la synthèse de notre longue discussion que je vous propose aujourd’hui.

Sur la Route du Lait : 25 ans de reportage photo amateur à travers le monde avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - Iran, juin 2013
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Iran, juin 2013

Colette Dahan et Emmanuel Mingasson, deux personnes ordinaires, 25 ans de reportage photo documentaire

Deux personnes comme vous et moi. Colette Dahan et Emmanuel Mingasson ne sont ni photographes professionnels, ni journalistes. Curieux, ils ont décidé un jour de faire un long voyage mais surtout de lui donner un sens.

Emmanuel a travaillé pendant des années dans le développement rural, en Savoie, une région où les filières fromagères sont une réalité. Colette a eu plusieurs métiers et en partie dans le même milieu. Ils habitent à Chambéry.

Emmanuel commence à faire de la photo de façon sérieuse vers 1995. Pas de formation initiale, pas d’école de photo. Juste une activité qui le passionne, comme de nombreux amateurs. Avant le premier grand voyage Sur la Route du Lait en 2001, il suit cinq jours de stage chez un photographe installé dans la Drôme. Son appareil photo est un reflex de milieu de gamme. Ce boîtier, loin d’être un équipement professionnel, ne l’a pas empêché de faire des photos qui placent le spectateur au cœur de l’action. Emmanuel le dit sans fausse modestie, le vrai problème n’a jamais été le matériel.

Colette, elle, c’est l’écriture. Elle note, elle retranscrit, elle rédige. Et puis, au fil des voyages, elle s’est mise à photographier aussi, avec son appareil photo en mode automatique puis avec son smartphone, adoptant un regard totalement différent de celui d’Emmanuel. Spontané alors que le regard du photographe est plus construit. Complémentaire, en fait. Sur le terrain, c’est aussi elle qui lui rappelle ce qu’il ne faut pas rater.

« Il y en avait un qui ne savait pas bien écrire, et l’autre qui ne savait pas faire des photos. Il n’y a pas eu de discussion. »

Lors de l’entretien, j’entends Colette nous dire en arrière-plan « oui, enfin, un peu photographe quand même hein ?« .

D’une boutade en Ouzbékistan à Sur la Route du Lait : comment naît un projet photo de 25 ans

Tout commence pendant un voyage, en 1999, dans un marché en Ouzbékistan. Quinze jours de sac à dos en Asie centrale, quelques jours avant de rentrer en France. Sur un étal, un fromage séché très dur, quelque chose qu’ils n’avaient jamais vu. Et une boutade : « Un jour il faudra revenir voir comment c’est fait.« 

Un an plus tard, en juillet 2000, Colette et Emmanuel sont décidés : l’année prochaine, ils partent. Et ils se fixent trois prérequis pour ce voyage qu’ils s’imposent d’accomplir en un an : du temps (un congé sabbatique), une voiture (un 4×4 acheté et aménagé), et parler russe (une langue apprise de zéro pour pouvoir parler dans des pays où tous ont appris le russe à l’école pendant la période soviétique). Le 1er septembre 2001, tous les éléments sont réunis. Ils partent. Sur la Route du Lait vient de commencer.

Leur idée et le fil conducteur du voyage sont de connaître et comprendre les fabrications traditionnelles qui permettent aux familles de vivre. Ils ne savaient pas si ça allait marcher ni ce qu’ils allaient trouver. Ils savaient juste qu’ils avaient une année devant eux pour essayer.

Ce premier voyage les mène en Roumanie, en Turquie, en Iran, en Asie centrale, en Mongolie. Retour en 2002.

Puis une douzaine d’années plus tard, en 2013-2015, ils repartent en Asie, au printemps cette fois. Ils veulent être présents pendant la pleine période de production laitière, quand les animaux sont à l’herbe. En prime, ils retrouvent des familles rencontrées douze ans auparavant. Avec eux, leur premier livre et ainsi la réponse à la question que beaucoup leur avaient posée « qu’allez-vous faire de toutes les photos et toutes les notes que vous avez prises ? »

Et le troisième voyage, enfin, de septembre 2020 à janvier 2026 : un an en France d’abord, Covid oblige, puis la Scandinavie, puis le 4×4 expédié sur un bateau entre la Belgique et Montevideo, et l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale, l’Amérique du Nord.

Imaginez… Vivre pendant en tout huit ans dans un espace aménagé de 2 mètres de long sur 1,40 mètre de large. Emmanuel décrit l’intérieur : un lit, une cuisine, un coin salon, une salle de bain. « Et terrasse, et grand balcon« , dit-il avec un sourire non feint. Plusieurs confinements la première année, un problème de santé qui les a immobilisés pendant 7 mois, l’attente de pièces de rechange pour la voiture et une semaine tous les deux mois une pause pour la rédaction de la lettre de voyage, ils ont aussi passé presque un an entre quatre murs, dans des logements classiques, pendant le dernier voyage. Le reste, c’était la voiture aménagée en van.

Un congé sabbatique, pour mémoire, est ouvert à tous les salariés. Il n’est pas rémunéré mais ce n’est pas réservé à une catégorie particulière. Emmanuel le dit parce que c’est important.

Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - Le 4x4 Toyota aménagé
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Le 4×4 aménagé

Comment trouver des sujets pour un reportage photo : frapper aux portes

Premier voyage, 2001. Colette Dahan et Emmanuel Mingasson ont une adresse en Roumanie et une adresse en Iran. C’est tout. Pas de contacts préétablis, pas de base de données, pas de guide local. Tout va se faire sur le terrain.

Leur méthode se veut simple et efficace : aller sur les marchés, demander aux vendeurs d’où viennent les produits, remonter la chaîne jusqu’aux grossistes. À Istanbul, ils étalent une carte de Turquie dans un marché de gros en produits laitiers. Ça attire du monde. Chacun donne son avis, indique une fromagerie, une région, un producteur à ne pas rater. La carte comme outil de rencontre, c’est artisanal, c’est lent, on l’a oublié de nos jours, mais c’est efficace.

Pour leurs deuxième et troisième voyages, ils bénéficient d’Internet, qui leur permet de préparer quelques trajets avant d’arriver dans un pays. Mais la philosophie de Sur la Route du Lait veut que les rencontres restent spontanées, identiques dans l’esprit à ce qu’ils ont vécu en 2001.

Ces rencontres aboutissent-elles ? Ils ne reçoivent que trois refus en huit ans de voyage. Le premier lié à une croyance, celle de l’étranger qui pourrait apporter le mauvais œil dans la maison. Le deuxième refus venait de quelqu’un qui avait dit oui puis changé d’avis, probablement par pudeur sur ses conditions de vie. « Pourquoi vous venez chez nous, il n’y a rien à voir chez nous. » Le troisième refus s’est produit dans des circonstances similaires. C’est tout.

Emmanuel me l’a précisé lors de notre entretien, l’accueil s’est avéré identique partout où ils sont allés : Asie centrale, Amérique du Sud, Belgique, Norvège, Allemagne. Une fois leur projet expliqué, les portes s’ouvraient. Partout. Il résume en une phrase ce qui débloque la peur d’aborder des inconnus pour un reportage photo, et qu’il dit s’être répétée chaque fois qu’il hésitait à frapper à une porte : « Le seul risque que je prends, c’est qu’ils me disent oui.« 

Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - Soins en cave à la fromagerie Serro Balsamo dans l'Etat de Goiás, novembre 2023
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Soins en cave à la fromagerie Serro Balsamo dans l’Etat de Goiás, novembre 2023

Photographier un reportage : une journée sur le terrain

Colette et Emmanuel ont une même demande auprès des producteurs qui leur ouvrent leurs portes : être là pour la traite, rester jusqu’à la fin de la fabrication, du début à la fin.

La raison est simple : la traite prend du temps, et pendant ce temps-là, les gens ont les mains occupées mais la bouche libre. Pareil pendant la fabrication. Ces moments privilégiés permettent la discussion et surtout, sans que cela pose de problème, de sortir l’appareil de photo. La conversation s’installe naturellement, sans forcer.

Pas de questionnaire préparé, pas de liste de questions à cocher, mais une discussion à bâtons rompus. L’objectif premier de Colette et Emmanuel c’est de comprendre comment les gens vivent, comment ils s’organisent, comment leur façon de transformer le lait reflète l’adaptation à l’environnement dans lequel ils vivent. Un mode de vie nomade, une saison de production courte, un milieu de steppe, désertique ou au contraire sous la neige plusieurs mois par an, plusieurs espèces animales dans le troupeau, tout cela a une influence sur des techniques, intéressantes à connaître car elles permettent de comprendre le mode de vie et sont souvent héritées de traditions transmises parfois depuis des générations.

Sur le terrain, la coordination entre Emmanuel et Colette se fait naturellement. Il photographie pendant qu’elle note ou enregistre. Il ne pose pas de questions, elle ne photographie pas pendant qu’il cherche son cadre. Ça s’est calé ainsi naturellement entre eux.

Emmanuel réalise deux types d’images lors de chaque visite. Les photos documentaires d’abord : suivre un procédé de A à Z, photographier chaque étape pour pouvoir décrire une technique, un savoir-faire et s’en souvenir aussi. Et les photos de mise en valeur de l’humain : « Mon boulot, tel que je le conçois, c’est mettre en valeur le geste, mettre en valeur le travail. » C’est le témoignage qu’il souhaite apporter.

Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - Kirghizstan, juillet 2013
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Kirghizstan, juillet 2013

Quel matériel photo pour un reportage au long cours

Emmanuel Mingasson me dit avoir fait près de 80 % des images de ces 25 ans avec un seul objectif : un 24-70 mm f/2.8, monté sur un boîtier reflex au départ, devenu un hybride en cours de route. Le deuxième boîtier, plus discret, c’est un compact avec une focale fixe 28 mm. « Un petit bijou« , dit Emmanuel. Efficace, discret, silencieux.

Le 35 mm f/1.4 sort exceptionnellement, quand la lumière est tellement faible qu’il faut aller chercher l’ouverture maximale. Mais c’est rare. Les montées en ISO modernes et les logiciels de traitement comme Lightroom ont largement réduit ce besoin.

Alors que je lui pose la question de la vidéo, sa réponse est sans appel : absente, ou presque, et c’est assumé. « C’est difficile sur le terrain, il faut penser à tout, on a des gigas et des gigas le soir, le son, s’il est bon, s’il est pas bon…« . Comme je le comprends !

Pour lui, la vidéo entre en conflit direct avec la quête d’images. Quand on est en train de construire une image, on ne pense pas au plan vidéo. Et inversement. Emmanuel le regrette un peu, parce que dans une projection d’une heure et quart, quelques séquences de 15 à 20 secondes faites par Colette rendent le montage plus vivant. Mais pas au point de changer d’approche.

Ce que le smartphone de Colette apporte, en revanche, est réel. Un regard différent, spontané, peut-être moins construit. Et surtout : elle voit ce que lui ne voit pas, parce qu’elle n’a pas l’œil collé à un viseur. « Manu, arrête de parler, il faut que tu ailles voir là-bas. » C’est ça, travailler à deux.

Sauvegarder et classer ses photos en voyage : la méthode d’Emmanuel

C’est la contrainte de tout voyageur, d’autant plus au long cours. Devoir chaque soir, sans exception, sauvegarder et annoter ce qui a été fait pendant la journée. Sans ça, imaginez le travail au retour après des mois ou années de voyage : Emmanuel me l’a dit, ce serait tout simplement impossible. Le volume d’images accumulé par Sur la Route du Lait l’impose.

La règle de sauvegarde établie par Emmanuel, et que j’approuve pleinement, est simple et non négociable : on n’efface jamais une carte mémoire avant d’avoir deux copies sur deux supports distincts. En pratique : il a utilisé trois jeux de disques durs en permanence. Deux dans la voiture, dont un en sauvegarde Time Machine (couvrant à la fois le système et le disque photo). Un dans le sac à dos lors de chaque sortie à pied, quelle que soit la durée de la sortie. Si la voiture se fait dévaliser, il reste au moins une copie.

Au premier voyage, en diapo, pas de disque dur. les pellicules partaient par la poste depuis l’Asie centrale vers un ami qui les réceptionnait en France. Pas une seule ne s’est perdue, malgré le stress.

« Après un envoi, je ne dormais pas pendant 15 jours, et quand j’avais le message trois semaines après disant ‘on a bien reçu’, c’était le soulagement. »

Aujourd’hui, deux disques durs de 2 To suffisent pour l’ensemble d’un voyage. La taille d’un paquet de cigarettes. Deux autres disques contiennent les copies de sauvegarde et deux autres encore les sauvegardes Time Machine.

Le nombre de photos réalisées est forcément impressionnant : environ 55 000 images pour le dernier grand voyage, soit une trentaine de déclenchements par jour en moyenne. Selon les rencontres, ça peut aller de 20 photos dans une journée calme à 500 dans une journée chargée. Emmanuel précise qu’une partie de ces images sert de mémoire technique : photographier chaque étape d’une fabrication complexe, pas pour faire une belle image, mais pour pouvoir reconstituer le procédé plus tard. Ce point est important. En voyage on ne fait jamais « que » des belles images mais aussi toutes celles qui servent à référencer, documenter, illustrer.

Les mots-clés sont appliqués dans Lightroom le soir même, avant tout traitement. C’est la priorité absolue. Afin de faciliter la recherche ultérieure des photos, Emmanuel a adopté une structure systématique : pays, ville ou village, nom du voyage, puis description de tout ce qui est visible sur la photo. Pour les fabrications fromagères, les mots-clés sont précis et techniques, calqués sur le vocabulaire de la filière. Il lui faut pouvoir retrouver une photo faite en Ouzbékistan en 2001 dans les mêmes conditions qu’une photo faite la semaine dernière. Les diapos du premier voyage ont été scannées et intégrées dans Lightroom avec cette même structure. La méthode fonctionne : lorsque je lui ai demandé quelques photos d’illustrations, je les ai reçues le lendemain.

En complément des mots clés, l’arborescence Lightroom établie par Emmanuel suit la logique du voyage : par pays, puis par date, jour par jour. Des collections complètent le système : par lieu, par thème, par lettre de voyage publiée ou nombre d’étoiles. Lightroom exclusivement, depuis le début. Je me souviens avoir évoqué avec lui lors d’un de nos échanges la possibilité de rechercher des photos non référencées, et de synchroniser les mots clés entre Lightroom Classic et les autres déclinaisons de Lightroom. Ce n’était alors pas possible. Depuis la version 15.4, ça l’est et cela facilite le travail de référencement. À garder en mémoire pour le prochain voyage !

De ces 55 000 photos, Colette et Emmanuel ont choisi environ 10 % des images en première sélection. Leurs critères sont classiques : intérêt esthétique, capacité à raconter quelque chose, pertinence documentaire. Le traitement du soir est resté minimum : que la photo commence à ressembler à quelque chose, qu’elle soit utilisable rapidement. Le traitement approfondi viendra plus tard.

Et pendant qu’Emmanuel fait tout ça, Colette retranscrit, traduit si nécessaire, et rédige. Cela représente deux heures de travail minimum, chaque soir. « Si on veut garder une trace et faire les choses intelligemment, il n’y a pas d’autre façon.« 

Sur la route du lait : 25 ans de reportage photo amateur à travers le monde avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson
Sur la route du lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Mongolie, juin 2002

Publier ses photos : pourquoi la lettre papier plutôt que le tout gratuit

Dès le premier voyage, Colette et Emmanuel l’ont décidé : les abonnés de Sur la Route du Lait recevront chaque mois une lettre papier, envoyée par la poste. Pas un email, pas un contenu web. Un courrier physique, quatre pages, noir et blanc au début, puis couleur. Colette et Emmanuel vont ainsi réunir entre 250 et 340 abonnés payants selon les voyages.

Le parti pris est explicite et assumé : aller à contre-courant du « tout gratuit sur Internet ». Pas par prétention. Par conviction qu’une lettre physique se lit différemment, qu’elle ne se perd pas dans une boîte mail, qu’elle mérite une attention différente, parce que des gens ont travaillé pour la créer et que d’autres ont payé pour la recevoir. Cet engagement, il structure aussi le rythme de travail du soir. Pas question de bâcler.

Mais ce n’est pas tout. Il y a un deuxième engagement, moins visible mais tout aussi important : envers le respect dû à tous les producteurs rencontrés. Des gens qui ont ouvert leur maison, expliqué leur métier, parlé de leur vie, et à qui Emmanuel et Colette ont dit : « Notre objectif, c’est de faire connaître votre vie à des gens qui ne pourront jamais venir vous voir.« 

La logistique de chaque voyage a reposé sur un camp de base en France, tenu par des amis. Les textes partent par email, les pellicules par la poste au premier voyage (lettres mises en page, imprimées, expédiées depuis la France). Dès le deuxième voyage, un PDF bouclé depuis la voiture est envoyé pour impression et mise sous enveloppe. Encore des tâches à gérer : au deuxième voyage, plus de 300 lettres par mois sont ainsi traitées. « Il faut de bons amis.« 

Réseaux sociaux et photo : un carnet d’adresses, pas une vitrine

Colette et Emmanuel m’ont avoué ne pas être à l’aise avec les réseaux sociaux. Lors du premier voyage, les réseaux n’existaient pas. Avec le temps, ils ont adopté une présence minimale sur Facebook. Et puis, un jour, au Brésil, des producteurs qu’ils venaient de rencontrer leur ont dit : « on veut voir les photos que vous avez faites chez nous, mettez-les sur Instagram« . Le compte Instagram Sur la Route du Lait est né comme ça, d’une demande du terrain.

Ils se sont alors mis à publier une série de photos toutes les trois semaines environ. Il n’y a pas de stratégie, pas de calendrier, pas de ligne éditoriale calée à l’avance. C’est un partage plaisir, quand l’envie et le temps sont là.

L’usage réel d’Instagram et des réseaux qu’Emmanuel m’a décrit n’est pas celui qu’on imagine. Pas une vitrine. « De toute façon, le système est fait pour qu’on ne voie plus rien. » Ce qui compte, c’est le lien direct avec les personnes rencontrées. Quelques jours avant notre échange, il recevait un message WhatsApp d’un producteur brésilien rencontré dans une ferme. Vingt-cinq ans de voyage, et c’est ça la vraie valeur des réseaux sociaux pour un projet comme le leur : maintenir l’échange avec les gens qui vous ont ouvert leur porte.

Livre photo, expo, projection : finir le travail

Après le retour du premier voyage, en 2002, afin de faire connaître leur démarche et leurs propos, Colette et Emmanuel commencent par des expos photo et des projections. Un carrousel Kodak et cinq paniers de diapos ! Le texte est lu en direct pendant que les images défilent. La restitution est si bien réalisée que les gens ne prêtent pas garde aux changements de carrousels, ressortent en disant qu’ils croyaient être au cinéma. Ces projections ont généré des discussions, des rencontres, et finalement l’idée d’un livre. Le premier est sorti en 2006, quatre ans après le retour. Ils ne l’avaient pas prévu. Il s’est si bien imposé qu’il est épuisé.

Le deuxième voyage se voulait plus structuré en termes de communication et de façons de le partager. Continuer avec une lettre de voyage, alimenter le site web, tandis que le projet de livre, d’expos, de conférences, ils l’ont en tête avant même de partir.

Aujourd’hui, quatre mois après le retour du dernier voyage, nos deux voyageurs se réinstallent. Ils se posent. Un prochain livre est déjà en réflexion. Des projections peut-être, des conférences, une expo. Rien n’est calé, et c’est bien normal. Il faut laisser le temps au temps.

Pour Emmanuel, la question de la restitution (livre, expo, projection) n’est pas un bonus. C’est la raison d’être du travail de terrain.

« Si on ne fait pas la deuxième partie du travail, la première ne sert à rien. »

C’est dit simplement, mais c’est une des phrases les plus importantes de cette conversation. Deux mille quatre cents pages de notes, des milliers de photos qui restent sur un disque dur, que personne ne verra jamais, que les enfants jetteront sans savoir ce que c’est. Emmanuel y pense.

Rematérialiser ce qu’on a vécu est essentiel quand tout est numérique. Imprimer, publier, exposer. Ce n’est pas accessoire, c’est finir le travail.

Ce que 25 ans de reportage enseignent aux photographes amateurs

Photographe amateur, Emmanuel a fait cinq jours de stage avant de partir en reportage pour un an. Boîtier d’entrée de gamme. Pas de formation professionnelle en photographie. Et 25 ans plus tard, ses images tiennent. Elles racontent quelque chose. Elles ont servi de base à des livres, des expos, des projections qui ont touché leur public.

Je le répète souvent, la technique photo s’apprend vite. Apprendre à regarder, par contre, prend une vie. C’est ce que démontre concrètement Sur la Route du Lait sur 25 ans de pratique.

Mener un tel projet documentaire long n’est pas réservé aux professionnels. C’est accessible à quiconque décide de commencer, pas juste d’y penser pour le faire un jour, mais de commencer.

Emmanuel me l’a répété tout au long de notre échange, l’obstacle n’est jamais technique. Il est psychologique. « J’ose pas, je sais pas, peut-être que ça ne marchera pas... » Il faut savoir distinguer les rêves des projets. Un rêve reste flou. Un projet, ça se prépare concrètement : du temps, de la logistique, un budget, un moyen de transport, une langue si nécessaire. Et on y va, même sans savoir ce qu’on va trouver.

Colette et Emmanuel m’ont aussi confié que travailler à deux apporte quelque chose que le travail solo ne peut pas donner : deux regards, deux outils, deux façons de voir la même scène. Et quelqu’un qui vous dit ce que vous étiez en train de rater.

Colette a mis une citation de Jacques Brel en exergue du premier livre. Elle résume mieux que n’importe quelle conclusion ce que cette conversation dit aux photographes qui hésitent.

Ce qu’il y a de difficile, pour un homme qui habiterait Vilvoorde et qui voudrait aller à Hong Kong, ça n’est pas d’aller à Hong Kong, c’est de quitter Vilvoorde. »

Où retrouver Sur la Route du Lait de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson

Vous pouvez retrouver les voyages de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson sur le site Sur la Route du Lait.

Le deuxième livre est toujours disponible : Voix lactées de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson

Voix lactées, le livre de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - projet Sur la route du lait : 25 ans de reportage photo amateur à travers le monde
Voix lactées, le second livre de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson

Les projets à venir : un troisième livre, des projections, une expo. Pas de date annoncée encore, le travail est en cours. L’histoire de Sur la Route du Lait n’est pas terminée.

Un grand merci à Emmanuel Mingasson pour le (long) entretien qu’il a bien voulu m’accorder pour relater ces périples autour du monde.


Photographier l’Islande : 13 circuits, conseils et 58 spots photo incontournables

Vous avez déjà rêvé de rentrer d’un voyage en Islande avec des photos de paysages à couper le souffle ? Ce pays exige une vraie préparation photo : météo changeante, accès parfois difficile, lumière imprévisible. Le photographe Martin Schulz parcourt l’Islande depuis des années et partage dans son guide « Comment photographier l’Islande » 13 circuits prêts à suivre pour réussir vos images sans perdre de temps sur place.

Qu’il s’agisse de plages de sable noir, de champs de lave, d’icebergs ou d’aurores boréales, vous allez trouver un itinéraire adapté, des idées de photos à réaliser selon les conditions climatiques et tout ce qui concerne votre équipement. En clair, c’est Instagram version pro, garanti sans IA, pour profiter pleinement de votre voyage et ne manquer aucune occasion photo.

Qui est Martin Schulz

Martin Schulz est un photographe spécialisé dans les paysages et qui parcourt l’Islande depuis des années, quelle que soit la saison. Il connaît très bien l’île ainsi que tous ses recoins cachés. Il la connaît si bien qu’il a listé 58 lieux uniques à photographier. Vous avez déjà compris que ce sont les lieux listés dans les 13 circuits.

Bien que je ne sois pas encore allé en Islande, parcourir ce livre m’a donné non seulement envie de découvrir l’ile, mais aussi de me convertir à la photo de paysages le temps d’un voyage.

Un guide de photographie avant tout

L’Islande, c’est la terre sauvage par excellence, parfois inaccessible selon la météo ou les conditions de transport. C’est aussi une destination qui peut vite devenir difficile pour pratiquer la photographie. Les distances peuvent être importantes, ou demander beaucoup de temps pour parcourir quelques kilomètres, par exemple pour retourner à votre hôtel le soir.

Martin Schulz vous explique comment il gère tout cela pendant ses voyages, ainsi que toute la logistique de base : circulation routière, hébergement, habillement pour profiter pleinement de votre voyage et de vos séances photo.

En bon photographe qu’il est, l’auteur vous propose de nombreux conseils sur le matériel à utiliser (voir page 14 en particulier). Cela reste plutôt classique bien que certaines spécificités liées à l’Islande soient mentionnées. J’ai également apprécié les renvois en début d’ouvrage vers les sites d’informations pratiques : tout avoir sous la main est toujours appréciable et vous fera gagner du temps.

Que photographier en Islande : circuits et spots photo

Chaque circuit décrit précisément l’itinéraire, les arrêts photo importants, la durée estimée, les meilleures heures pour photographier la zone et les coordonnées GPS des parkings. C’est un point essentiel en Islande : on ne peut pas se garer n’importe où, et certains lieux ne sont accessibles qu’à pied ou via des routes F.

Vous trouverez ensuite la liste des différents spots à photographier tout au long de chaque circuit. Sur le premier, par exemple, j’en ai recensé huit. Chaque spot est présenté avec le meilleur moment de la journée, la période idéale de l’année, quelques indications d’équipement ou de logistique si nécessaire, et surtout les coordonnées du parking. C’est important en Islande, car on ne peut pas se garer partout ni accéder à tous les lieux en voiture. Avoir le point GPS précis permet d’économiser un temps précieux.

Parmi les spots les plus marquants, on retrouve les falaises de Snæfellsnes, les plages de Reynisfjara, les champs de lave du sud et plusieurs zones idéales pour les aurores boréales. Le guide détaille précisément comment les photographier selon la lumière et la saison.

Les conseils du pro pour photographier l’Islande

Le guide est complet, clairement. Vous trouverez aussi, de temps à autre, quelques fiches pratiques comme celle de la page 42 intitulée « Petit atelier : le focus stacking ». Martin Schulz explique comment cette technique peut vous être utile en photo de paysage.

Je reconnais que la huitième étape du premier circuit m’a particulièrement attiré avec cette belle photo d’aurore boréale que je rêverais de voir, et bien sûr de photographier, si l’occasion m’en était donnée.

Les points forts du guide

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans cet ouvrage, ce sont la précision des circuits, les conseils logistiques adaptés au terrain islandais et la présence de fiches techniques simples à suivre. L’auteur ne se contente pas de lister des lieux : il explique comment photographier chaque spot selon la lumière, la météo et l’équipement que vous utilisez. C’est typiquement le type d’informations impossibles à improviser une fois sur place.

En résumé
Photographier l’Islande demande une bonne préparation : choisir les bons lieux, anticiper la météo, prévoir l’équipement adapté et organiser vos trajets pour ne rien manquer. Le guide de Martin Schulz propose 13 circuits prêts à l’emploi et 58 spots photo, avec horaires idéaux, conseils techniques et coordonnées GPS. C’est l’un des guides les plus complets pour préparer un voyage photo en Islande.
(Guide lu et analysé pour vous permettre de préparer rapidement votre propre voyage photo.)

À qui s’adresse ce guide ?

Si vous êtes déjà photographe paysagiste et que vous maîtrisez parfaitement votre discipline, vous serez surtout intéressé par les circuits et les lieux à visiter.

Si vous débutez en photo de paysage, la partie technique vous aidera de manière évidente. Selon votre matériel, vous trouverez aussi quelques pages consacrées à l’usage du drone en photographie.

Photographier l’Islande : 13 circuits, conseils et 58 spots photo incontournables
Photographier l’Islande : 13 circuits, conseils et 58 spots photo incontournables

Foire aux questions sur « Comment photographier l’Islande »

Quel matériel photo emmener en Islande ?
Un boîtier tropicalisé, un zoom grand-angle, un trépied solide, une batterie de filtres ND, une protection pluie et plusieurs batteries. Le livre détaille ces points page 14.

Quelle est la meilleure période pour photographier l’Islande ?
Tout dépend du sujet : été pour les paysages et les routes dégagées, hiver pour les aurores boréales et les lumières basses.

Peut-on suivre les 13 circuits en un seul voyage ?
Non, sauf à rester plusieurs semaines. Le guide permet justement de choisir les plus adaptés à votre séjour.

L’Islande est-elle difficile pour un débutant en photo ?
Pas forcément, mais les conditions changent vite. Le guide aide à anticiper la lumière, le vent, les accès et la logistique.

Mon avis sur le guide : utile pour préparer un voyage photo en Islande

Ce livre me semble intéressant à la fois pour préparer votre voyage en Islande — il vous donne la liste des lieux à visiter et leur enchaînement logique pour minimiser les déplacements — et pour découvrir des endroits pas forcément connus des photographes. Vous me direz qu’une fois que tout le monde aura lu le livre, tout le monde les connaîtra… mais c’est tout le succès que je souhaite à l’auteur.

C’est à la fois un guide de voyage et un guide de photographie, un ensemble finalement assez rare. Les derniers chapitres, par exemple, sont techniques et regroupés sous le titre « Technique photographique ». Mais la majeure partie du livre est un véritable guide de voyage pensé pour les photographes, avec tout ce qu’il y a à voir, à faire et à photographier.

Le format du livre est pratique : même s’il est assez épais, son petit format portrait permet de le glisser aisément dans un sac photo. Il pèse un peu, bien sûr, mais cela peut être agréable de l’avoir avec vous sur le terrain (vous pouvez aussi le laisser dans la voiture).

Pour avoir épluché plusieurs ouvrages photo consacrés à l’Islande, celui-ci fait partie des plus pratiques pour un photographe amateur ou expert qui veut réellement optimiser son temps sur place. Vous pourrez d’ailleurs compléter votre collection avec Photographier les îles Lofoten, chez Eyrolles également.

Au final, les éditions Eyrolles proposent un ouvrage vendu 24 €, avec une maquette agréable, qui peut vous faire gagner beaucoup de temps sur place et vous éviter bien des déconvenues lors d’un voyage en Islande, dans l’espoir de ramener les plus belles photos possibles.

Si vous avez déjà photographié l’Islande, je serais curieux de lire vos retours et les lieux qui vous ont marqué. L’espace commentaires est là pour ça.

Éditeur : EYROLLES – Langue : Français – Nombre de pages de l’édition imprimée : 314 pages – Poids : 660 g – Dimensions : 14 × 2,1 × 21 cm


52 défis photo de voyage, des idées pour faire des photos originales

Lorsque vous allez pouvoir voyager à nouveau, quelles photos allez-vous faire ? Tout ce qui vous passe devant les yeux ou des thèmes bien précis ? Vous ne savez pas comment aborder la photographie en voyage au-delà des simples souvenirs ? Pourquoi ne pas utiliser cette liste de 52 défis photo de voyage pour créer des séries consistantes alimentées chaque jour ?

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Le début d’une nouvelle collection ?

Les éditions Eyrolles sont coutumières du fait. Elles vous proposent un ou deux ouvrages dont la thématique et la présentation sont bien spécifiques. Selon que ces livres trouvent leur public ou non, elles proposent une autre formule ou complètent la série.

Ainsi est née la collection « Les secrets de … » qui rencontre un joli succès depuis plusieurs années. Avec cette nouvelle série « 52 défis … », nous sommes au début de ce qui pourrait être une nouvelle collection attirante pour les photographes amateurs comme plus experts. Je vous donne mon avis sur le principe des défis photo ici.

La série comporte déjà trois livres :

« 52 défis photo de voyage » est le quatrième volume de cette collection encore balbutiante mais qui pourrait bien prendre son envol.

52 défis photo de voyage, des idées pour faire des photos

52 défis photo de voyage : pourquoi autant d’idées ?

[su_frame][/su_frame]Lorsque vous faites des photos, en voyage, vous avez tendance à sauter sur tout ce qui bouge. Vous voyez un paysage, un détail, une personne … hop ! Photo. Vous vous retrouvez à la fin de la journée avec des centaines de photos, quelques souvenirs agréables, mais rien de consistant.

Vous pouvez vous contenter de ça, après tout la photo c’est aussi créer de simples souvenirs. Mais vous pouvez avoir envie de créer quelque chose de plus réfléchi. Raconter une histoire, montrer une série sur un même thème, creuser une même idée tout au long du voyage.

Encore faut-il savoir quelle idée.

C’est le principe de ce livre : vous donner des défis à relever, autant d’idées à exploiter, et vous éviter de dépenser votre énergie à chercher un sujet.

En choisissant un ou plusieurs des défis proposés, vous savez ce que vous allez chercher. Vous n’avez pas à vous poser la question. Vous n’avez qu’à ouvrir l’œil et déclencher au bon moment. Votre pratique photo devient un jeu, que vous allez même pouvoir prolonger au retour parfois. Certains de ces défis peuvent être réalisés autour de chez vous aussi.

52 défis photo de voyage, des idées pour faire des photos

52 idées de photos, 5 thèmes récurrents

Les 52 défis photo de voyage que vous propose Antony Zacharias, l’auteur, sont classées par thématiques. C’est une proposition, vous êtes libre de la suivre ou de faire à votre façon en mélangeant les sujets.

Ces cinq thématiques sont :

  • le paysage
  • les détails
  • le portrait
  • la photo de rue
  • l’architecture

Chaque double page « défi » est accompagnée d’un symbole vous indiquant quelle est la thématique. Outre le numéro du défi, un encart technique vous donne des indications pratiques pour améliorer vos photos. Un plus long paragraphe vous explique le contexte du défi, pourquoi le relever, quel est son intérêt, comment il s’inscrit dans une logique photographique.

L’encart « Notes de voyage » vous donne des indications créatives pour produire des séries plus consistantes. L’encart « Astuces » vous parle des erreurs à éviter et de la façon de mettre en avant ce qui peut l’être, selon le défi.

Une photo illustre chaque défi, vous avez un rappel visuel de ce que vous devez chercher à obtenir.

52 défis photo de voyage, des idées pour faire des photos

Mon avis sur « 52 défis photo de voyage » et qui s’adresse ce livre

Ce petit ouvrage, compact, pas cher du tout (12,90 euros) peut vous aider lorsque vous allez voyager.

Non seulement vous allez le glisser aisément dans votre sac, et choisir les défis qui collent au mieux à votre destination, mais il va vous permettre de vous concentrer sur quelques thématiques. Vous ferez toutes les photos que vous voulez, bien évidemment, mais vous prêterez un œil plus attentif à ce qui correspond aux défis choisis.

Ce détail qui revient souvent, ce type de paysage, ce schéma de portrait simple à reproduire, ces panneaux, cette photo de fin de journée avec ses belles couleurs … vous allez pouvoir réaliser des séries dont vous serez fier car elles auront du sens. Elles montreront non seulement ce que vous avez vu, mais vos talents de photographe.

Ce livre s’adresse à vous si vous ne savez pas sur quoi vous focaliser lorsque vous voyagez. Il vous donne des idées, vous pousse à passer à l’action et à vous creuser la tête.

Il s’adresse à vous aussi même si vous ne voyagez pas bien loin. Explorez votre ville, votre environnement local dans le même esprit que si vous étiez en voyage au bout du monde. Qu’est-ce que ça change en photo ?

« 52 défis photo de voyage » n’est pas à un livre pour apprendre la photo de voyage, ce n’est pas le but. Attendez-vous par contre à découvrir une liste d’idées inspirantes qui vont faire de vous un photographe bien plus appliqué !

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Les secrets du city trip photo : préparation, repérages, parcours, prise de vue par Eric Forey

Ça y est, vous savez dans quelle ville vous partez, à quelle date, pour combien de temps, votre city trip photo vous attend ! Mais qu’est-ce qu’un city trip photo ? Comment le préparer, quel parcours suivre, quelles photos réaliser ?

Autant de questions dont vous trouverez les réponses dans ce livre d’Eric Forey.

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City trip photo : de quoi s’agit-il ?

Eric Forey est photographe urbain, il aime la ville et sa bonne ville de Lyon en particulier ; j’ai eu l’occasion de l’interviewer lors du Salon de la Photo 2019 pour parler séries photo (il a écrit Serial Photographer).

Depuis notre homme a remis ça, profitant de cette année 2020 de disette pour les photographes voyageurs pour rassembler dans un nouvel ouvrage ses bonnes pratiques en matière de city trip photo.

City trip photo ? En bon français il s’agit d’un séjour touristique, plutôt court (de 2 à 10 jours environ) lors duquel vous allez à la découverte d’une ville. Mais pas de n’importe quelle façon : à pied, en transports, en voiture, à votre rythme comme au rythme des proches qui vous accompagnent (la plaie de tout photographe mais vous allez apprendre à faire avec page 54).

Les secrets du city trip photo : préparation, repérages, parcours, prise de vue par Eric Forey

Qu’allez-vous découvrir dans ce livre ?

[su_frame][/su_frame]A bien y réfléchir, pourquoi un livre sur les séjours urbains ? Vous pourriez penser qu’il suffit d’emporter votre appareil photo et de déclencher chaque fois que quelque chose vous plaît. Oui. Mais non.

Un séjour photo touristique c’est autre chose. Cela se prépare, s’organise, il vous faut savoir quels quartiers vous allez visiter, à quelle heure de la journée, dans quel sens vous allez suivre votre parcours (la lumière n’est pas orientée de la même façon tout au long de la journée, pensez-y).

Il vous faut savoir aussi quel matériel photo emporter, prendre 10 kg d’objectifs pros « au cas où » n’étant pas la meilleure solution si vous devez marcher toute la journée (en fait, ce n’est pas la bonne solution du tout).

Avez-vous pensé aux repérages préalables ?  A vos envies ? A celles de vos proches ? Savez-vous ce que vous voulez faire de vos photos au retour ?  Dans quelles séries existantes elles pourraient s’inscrire ?

Cet ouvrage répond à ces questions que vous ne vous posiez pas encore (mais maintenant c’est le cas) : il est conçu pour vous guider avant, pendant et après votre séjour. Voyez-le comme une boîte à outils au service d’une méthode forgée sur le terrain par un photographe spécialiste du genre qui a usé ses semelles dans un grand nombre de villes d’un bout à l’autre de la planète. Repérages, outils de planification des parcours, matériel photographique, informatique, l’expérience parle.

Après les préliminaires,  vous voici en action sur le terrain. Lever matinal (je suis moins fan), fin de journée tardive (j’aime mieux), découvrez les bonnes pratiques pour faire vos premiers pas comme … les derniers.

Les secrets du city trip photo : préparation, repérages, parcours, prise de vue par Eric Forey

Comme promis, page 54, vous allez régler le sort de vos proches : Eric Forey vous explique quoi leur dire et comment vous comporter avec famille et amis (faites une fiche, ça vaut de l’or !).

Déambuler en ville est une chose, savoir quels sont les bons lieux à photographier et vous y rendre en est une autre. C’est le chapitre 3. Pour sortir des clichés « cartes postales », il vous faudra aussi savoir comment tourner autour des sujets en extérieur, quels cadrages privilégier, quels réglages. Idem en intérieur, les contraintes diffèrent aussi vous allez découvrir comment jouer avec les espaces et leur volume, la balance des blancs et l’exposition.

Un city trip photo ne consistant pas à réaliser le catalogue d’une agence de voyages,  vous devez penser à développer votre démarche, à faire des photos qui vous ressemblent, à traduire en images ce qui résonne en vous. Chaque ville a une âme, vous-aussi (même David duChemin en parle), vous ne photographierez pas Paris comme Lyon ou Marseille.

Apprenez à composer avec les différents plans, à chercher les reflets, à jouer avec les ombres ou à écraser les perspectives.

Je vous recommande de faire vos propres fiches à la lecture du livre, glissées dans votre poche pendant le séjour, elles vous aideront à varier les angles et les prises de vue.

Les secrets du city trip photo : préparation, repérages, parcours, prise de vue par Eric Forey

Dans le dernier chapitre, Eric Forey vous pousse à l’improvisation.  Après vous avoir dit de faire le contraire en préparant tout, oui oui …

« Une préparation même excellente ne permettra jamais de ressentir totalement une ville, son rythme, sa couleur, son ambiance, sa lumière. Pour cela il faut se laisser surprendre… ».

Vous l’avez compris, ce sont les rencontres, les événements, les imprévus qui vont pimenter votre séjour et vous permettre de ramener des images dont vous serez fier, loin des cartes postales des brochures publicitaires et des « meilleurs spots Instagram à ne pas manquer sous peine de passer pour un looser » (ce n’est pas Eric qui le dit, c’est moi).

Apprenez à vous laisser surprendre, à partir à l’aventure, laissez-vous une part d’improvisation !

Mon avis sur ce livre

De l’expérience, du vécu, des photos (nombreuses), des conseils concrets, une liste de ressources pour ne rien négliger, les 23 euros à dépenser pour vous procurer ce livre pourraient bien sauver votre prochain séjour touristique en ville.

Ne pensez pas que ce livre ne concerne que les voyages dans les capitales du bout du monde, vous vous appliquerez à mettre en œuvre ces conseils lors d’un séjour dans une ville située à deux heures de chez vous comme dans  votre ville pourquoi pas. Un séjour photo touristique se prépare déjà dans votre tête, il se pourrait même que la destination importe peu au final tant chaque ville est riche de sujets bien souvent méconnus.

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Comment photographier la lune, la voie lactée, la foudre et les aurores boréales – Guide complet

Photographier les aurores boréales comme les grands phénomènes du ciel nocturne exige un minimum de préparation. Découvrez les réglages, les objectifs et les astuces pour réussir vos images, même dans l’obscurité totale. Pour vous fournir des informations pertinentes, j’ai sollicité l’aide des photographes professionnels de l’agence Aguila. Leurs conseils sont issus d’expériences concrètes sur le terrain, souvent dans des conditions extrêmes, et vous feront gagner un temps précieux.

Voici comment photographier quatre spectacles naturels spectaculaires : la pleine lune, la voie lactée, les aurores boréales et la foudre. Ce guide de prise de vue du ciel nocturne vous présente les réglages essentiels, le matériel recommandé et les bonnes pratiques de photographie de nuit, que vous soyez débutant ou déjà expérimenté. Une FAQ vous attend en fin d’article pour répondre aux questions les plus fréquentes.

Comment photographier les aurores boréales, la lune, la foudre, la voie lactée

Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Aguila Voyages Photo, une agence pionnière dans l’organisation de stages photo en conditions réelles. Depuis, l’agence a cessé son activité, mais les conseils partagés ici restent pleinement d’actualité pour tout photographe amateur de nature et de ciel nocturne.

Les secrets de l’astrophoto et les aurores boréales

Quel matériel pour photographier les aurores boréales, la lune, la foudre et la Voie Lactée ?

Avant de parler matériel photo, n’oubliez pas de vous munir de l’équipement vestimentaire adapté à la fraîcheur nocturne, voire le très grand froid : bonnet, couches et sous-couches de vêtements, doudoune coupe-vent, gants, chaussures ou bottes hivernales qui vous gardent au chaud si vous restez longtemps immobile.

La lampe frontale est un accessoire indispensable pour voir les boutons, molettes et menus de votre appareil photo. Il existe des lampes à éclairage rouge, moins violent, pour éviter d’éblouir vos amis photographes (par exemple celle-ci). Cet éclairage évite également que le faisceau lumineux soit visible sur vos images quand vous déclenchez en pose longue.

Comment photographier les aurores boréales, la pleine lune, la foudre et la voie lactée

Photo (C) Aguila – Denis Palanque

L’accessoire photo le plus important ? Votre trépied !

Sans trépied, inutile d’aller plus loin. La pose longue est indispensable pour photographier les aurores boréales : les temps de pose utilisés sont bien trop longs pour être réalisés à main levée.

Votre trépied doit être stable même en cas de vent léger, et capable de supporter votre objectif le plus lourd.

Deuxième accessoire photo utile : la télécommande.

La télécommande vous permet de déclencher à distance. Si vous n’en possédez pas, vous pouvez utiliser le retardateur de votre appareil photo en ayant au préalable relevé le miroir du boîtier. Vous évitez ainsi toute vibration qui pourrait favoriser l’apparition de flous sur vos images.

Enfin, n’oubliez pas de sélectionner le mode de prise de vue RAW (ou RAW + JPG). Vous aurez alors plus de facilité à reprendre vos photos en post-traitement si besoin.

Une fois équipé et briefé, il est temps de découvrir les spécificités de chaque phénomène. Commençons par l’un des plus fascinants : les aurores boréales.

Comment photographier les aurores boréales : conseils, réglages et matériel

Comment photographier les aurores boréales, la pleine lune, la foudre et la voie lactée

Photo (C) Aguila – Denis Palanque

Vous prévoyez une virée dans le grand nord ? Vous aurez peut-être la chance d’y observer et de photographier les aurores boréales !

Attention, photographier les aurores boréales demande beaucoup de préparation. C’est durant l’hiver que vous avez le plus de chances de les apercevoir, à condition que le ciel soit parfaitement clair de tout nuage et de toutes formes de pollution lumineuse.

Quel objectif utiliser pour photographier les aurores boréales ?

Le grand angle est souvent le meilleur allié pour photographier les aurores boréales : il permet d’englober un large pan de ciel et de jouer avec l’horizon, les silhouettes d’arbres ou de montagnes, créant ainsi une composition plus narrative.

Comme dans le cas précédent, privilégiez les objectifs à grande ouverture qui permettent de diminuer le temps de prise de vue et de bien saisir les mouvements des aurores boréales dans le ciel.

Comment photographier les aurores boréales, la pleine lune, la foudre et la voie lactée

Photo (C) Aguila – Denis Palanque

Quels réglages pour réussir vos photos d’aurores boréales ?

Pour bien photographier les aurores boréales tout est affaire de dosage et plusieurs facteurs sont critiques : l’intensité de l’aurore boréale d’une part, mais aussi les autres éléments qui composent votre image (par exemple le col d’une montagne, une plaine enneigée, un chalet éclairé, des reflets dans un lac, …).

Commençons par les ISO : choisissez la plus haute valeur que votre appareil peut gérer sans bruit numérique excessif. 800 ISO est un bon point de départ.

Le temps de pose doit être assez long, souvent entre 10 et 30 secondes. Tenez compte de la luminosité de l’aurore et des autres éléments photographiés. Au-delà de 20 à 30 secondes il est probable que les mouvements de l’aurore boréale disparaissent pour ne laisser qu’un fondu de couleurs. Ou que les étoiles forment de courtes traînées lumineuses. Si cet effet n’est pas voulu, il faut diminuer le temps de pose.

Enfin, le diaphragme : il peut être ouvert au maximum pour capturer le plus de lumière possible, mais attention à ne pas négliger la profondeur de champ et la netteté de votre image, surtout si vous intégrez des éléments du paysage autres que les aurores. À nouveau, tout est question d’équilibre !

Quels réglages et quel objectif pour photographier la pleine lune ?

Comment photographier les aurores boréales, la pleine lune, la foudre et la voie lactée

Photo (C) Aguila – Cécile Domens

La lune se fait ronde et belle dans le ciel ? C’est le moment d’en profiter. Photographier la lune est un excellent exercice de photographie de nuit. Privilégiez les nuits avec un ciel dégagé durant lesquelles la lune est pleine (ou presque).

Quelques nuages, doucement éclairés par la lumière naturelle nocturne, peuvent ajouter des éléments intéressants à la composition : il faut qu’ils soient proches de la lune ou la masquent en partie. Vous pouvez aussi imaginer un plan large sur un site qui favorise les reflets de lune dans un lac ou des brillances sur un cours d’eau.

Quel téléobjectif choisir pour photographier la lune ?

Pour photographier la lune il vous faut un téléobjectif avec une focale d’au moins 150 mm afin de donner de la grandeur à la lune. Sans cela elle sera bien trop petite pour être le sujet principal de votre photo.

Réglages photo recommandés pour une pleine lune nette et bien exposée

Vous pouvez utiliser la mesure de lumière manuelle (mode M). Commencez par fermer de quelques valeurs le diaphragme afin de gagner en netteté, par exemple f/8 ou f/11. Gardez une sensibilité aussi basse que possible, mais pas au point de forcer des poses trop longues. Si nécessaire, n’hésitez pas à monter à 800 ISO pour limiter le bruit thermique.

Choisissez le temps de pose en effectuant quelques vues tests pour obtenir l’exposition souhaitée, en contrôlant le résultat de chaque essai sur votre écran arrière.

Vous pouvez aussi choisir un mode semi-automatique – priorité vitesse ou ouverture, mode mesure de lumière spot – afin d’évaluer la quantité de lumière renvoyée par la lune et déterminer le temps de pose nécessaire à la photo. Attention à ne pas faire la mesure spot 100% sur la lune mais sur « un peu » de lune et « un peu » de ciel bleu marine ou noir autour. Vous risquez sinon d’obtenir un rendu sous-exposé avec peu de détails visibles à la surface de la lune.

Pour la mise au point, si l’autofocus patine, passez en mode manuel et basez-vous sur l’infini comme repère.

Comment réussir ses photos d’étoiles et de voie lactée sans pollution lumineuse ?

Comment photographier les aurores boréales, la pleine lune, la foudre et la voie lactée

Photo (C) Aguila – Alexandre Sattler

Pour photographier les phénomènes naturels nocturnes comme la voie lactée, et dans une plus large mesure les étoiles, il est impératif que le ciel soit dégagé et exempt de toute pollution lumineuse, y compris celle de la lune !

Préférez les nuits très sombres, avec un ciel étoilé sans pollution lumineuse, pour voir un maximum d’étoiles et capturer la voie lactée dans toute sa netteté.

Eloignez-vous des zones urbaines trop éclairées.

Une fois sur le terrain, éteignez votre lampe torche et attendez quelques minutes pour que vos yeux s’habituent à l’obscurité. La voie lactée se trouve dans la direction du sud, entre les constellations du Sagittaire et du Scorpion. Pour l’identifier plus facilement, vous pouvez utiliser une application gratuite pour smartphone telle que « Carte du ciel » (version iPhone et Android).

Ces conditions font de la voie lactée un excellent sujet pour pratiquer l’astrophotographie débutant, sans matériel spécialisé, avec simplement un bon trépied, un objectif lumineux et un ciel bien sombre.

Quel objectif grand angle pour photographier la voie lactée ?

Afin d’avoir un rendu intéressant, utilisez un objectif de courte focale, en dessous de 24mm. Choisissez également un objectif assez lumineux ouvrant au moins à f/2.8.

Comment photographier les aurores boréales, la pleine lune, la foudre et la voie lactée

Photo (C) Aguila – Alexandre Sattler

Quels réglages ISO et temps de pose pour capturer la Voie Lactée ?

Commencez par identifier la valeur ISO la plus élevée que votre appareil est capable de gérer sans engendrer une formation excessive de bruit. Pour certains (les appareils anciens généralement), le bruit peut apparaître dès 400 ISO, alors que d’autres supportent 3200 ISO sans problème.

Choisissez ensuite l’ouverture maximale de votre objectif, couplée à une vitesse d’obturation lente. Attention cependant, par expérience, si vous utilisez des temps de pose plus longs que 20 ou 30 secondes, les étoiles risquent d’être floues en raison de leur déplacement dans l’espace.

Enfin, dernier point important : la mise au point. L’autofocus a peu de chances d’accrocher les étoiles : elles sont trop fines pour lui. Passez en mise au point manuelle et utilisez le zoom en mode liveview pour viser une étoile brillante et régler au mieux.

Vous devez débrayer l’autofocus et utiliser l’astuce du point de netteté. Pour y parvenir, passer en mode « liveview » et zoomez sur l’étoile la plus brillante. Il ne vous restera plus qu’à effectuer la mise au point manuellement sur cette étoile précise.

L’usage d’ISO élevés en photo est ici incontournable. N’hésitez pas à tester les limites de votre boîtier pour trouver le meilleur compromis entre luminosité et bruit numérique.

Comment photographier la foudre : techniques de prise de vue en toute sécurité

Comment photographier les aurores boréales, la pleine lune, la foudre et la voie lactée

Photo (C) Aguila – Richard Fasseur

Des quatre principaux phénomènes naturels nocturnes, la foudre est probablement le plus complexe à photographier car il reste largement imprévisible ! Complexe oui… mais pas impossible !

Avant d’aller plus loin, n’oubliez jamais que la foudre peut être dangereuse et qu’il est important de faire preuve de bon sens et de respecter les règles de sécurité : ne pas s’installer sous un arbre, s’abriter dans un bâtiment ou dans une voiture lorsque l’orage se rapproche dangereusement de vous.

Quel objectif photo utiliser pour capter la foudre ?

Encore une fois, il n’y a pas de bon ou mauvais objectif pour photographier la foudre, néanmoins les objectifs à focales courtes (24 mm et en dessous) possèdent quelques avantages. Avec un plan large, vous augmentez vos chances de voir la foudre s’abattre à l’intérieur de votre cadre.

Réglages photo pour capturer les éclairs de foudre en toute sécurité

L’idéal est de prendre en compte l’ensemble des éléments qui composent votre photo. En effet, la lumière ne sera pas la même si vous êtes en pleine nature dans l’obscurité ou sur le toit d’un immeuble en ville. Tout dépend donc de l’endroit où éclate l’orage.

Gardez à l’esprit que les lumières renvoyées par la foudre sont souvent très fortes : inutile donc de trop monter en ISO.

En revanche, n’hésitez pas à fermer un peu le diaphragme de votre objectif : vous gagnerez en netteté sur l’ensemble de votre paysage et surtout, vous augmenterez votre temps de pose et donc les chances que des éclairs frappent le sol durant votre prise de vue !

Réglages photo pour la voie lactée, la lune, la foudre et les aurores : le tableau complet

Phénomène ISO Ouverture Temps de pose Objectif recommandé
Aurores boréales 800-3200 f/2.8 à f/4 10-30s Grand angle lumineux
Pleine lune 100-400 f/8 à f/11 1/125 à 1/250s Téléobjectif (≥150 mm)
Voie lactée 1600-3200 f/2.8 15-25s Ultra-grand-angle lumineux
Foudre 100-400 f/8 à f/11 5-30s Grand angle

FAQ – Photographier les phénomènes naturels de nuit

Quel appareil photo choisir pour photographier les aurores boréales ?
Un hybride plein format est idéal pour sa gestion du bruit en haute sensibilité ISO, mais un reflex APS-C peut suffire si vous respectez les bons réglages.

Peut-on photographier la lune avec un smartphone ?
Oui, mais le résultat sera limité. Utilisez un zoom optique puissant, stabilisez l’appareil et baissez la sensibilité ISO pour éviter le bruit numérique.

Comment éviter le flou quand on photographie les étoiles ?
Utilisez un trépied stable, déclenchez à distance ou avec le retardateur, et limitez le temps de pose à 20 secondes maximum pour éviter les filés d’étoiles.

Pourquoi mes photos de foudre sont trop claires ou trop sombres ?
Adaptez l’ouverture et les ISO à l’intensité de l’éclair. Mieux vaut sous-exposer légèrement et corriger en post-traitement.

Où peut-on photographier la voie lactée en France ?
Dans les zones à faible pollution lumineuse comme le Queyras, les Cévennes, la Corse intérieure ou les Pyrénées.

Livres recommandés pour photographier les aurores boréales

Pour compléter ce guide et approfondir vos connaissances en photographie de nuit, voici quelques références utiles que je vous recommande :

Photographier la lune, la voie lactée, la foudre ou les aurores boréales, c’est bien plus qu’une question de technique. C’est une expérience. Une manière d’être dehors, la nuit, de regarder autrement, et de s’émerveiller en silence.

Si ce type de sujet vous passionne, je partage régulièrement d’autres conseils, retours d’expérience et réflexions dans ma lettre photo. C’est gratuit, sans algorithme, et vous recevez un message directement dans votre boîte mail.

👉 Rejoindre ma lettre photo – Pour recevoir chaque jour des conseils concrets sur la photographie, la composition et les réglages utiles à toutes les lumières.

Les secrets de l’astrophoto et les aurores boréales


Comment trier et classer les photos de voyage avec Lightroom

Vous rentrez de voyage et vous ne savez pas comment faire pour trier et classer toutes vos photos ? Vous voulez adopter une méthode simple et rapide pour garder les meilleures photos et conserver les autres « au cas où » ? Je vous explique comment je fais pour trier et classer les photos de voyage avec Lightroom sans y passer trop de temps.

Comment trier et classer les photos de voyage avec Lightroom

Pourquoi trier et classer les photos de voyage avec Lightroom ?

Il existe plein de logiciels qui vous permettent de trier et classer les photos de voyage (comme d’autres sujets). Certains sont des visionneuses plus ou moins élaborées, d’autres des outils de gestion de tout le flux de production pour les amateurs comme les plus experts.

Lightroom fait partie de ces derniers, le logiciel tout en un vous permet de trier, classer, traiter et publier vos photos sans devoir utiliser plusieurs autres logiciels.

Ma méthode détaillée

Dans l’épisode 38 de l’émission Photo, je vous présente ma méthode pour trier et classer les photos de voyage. Je vous explique en particulier :

  • comment sécuriser et sauvegarder les photos avant même de les trier (c’est la précaution élémentaire),
  • comment archiver les photos pour ne pas les perdre ultérieurement,
  • comment trier les photos pour ne garder que les plus intéressantes,
  • comment indexer les photos pour les retrouver facilement par la suite,
  • comment classer les photos pour mieux les traiter et publier (il est question de collections aussi),
  • pourquoi ce n’est pas long de traiter des photos en RAW (si vous pensez le contraire).

Une méthode adaptée pour gagner du temps

J’ai mis des années à mettre au point une méthode de gestion des photos qui me corresponde. C’est cette méthode qui me permet de gérer et traiter toutes mes photos sans ne plus avoir de doublons, de pertes, de disques durs qui débordent et autres problèmes courants.

Cette méthode est basée sur l’utilisation du logiciel Lightroom, mais elle peut s’appliquer à tout autre logiciel qui offre des fonctions -indispensables – de catalogage des photos (par exemple Capture One Pro ou Photoshop Elements / Bridge).

Cette méthode a aussi l’avantage de pouvoir prendre en compte les photos de toutes origines, quelles soient faites avec un appareil Nikon ou pas (voire même avec un smartphone). C’est la condition indispensable pour moi car je ne souhaite pas avoir plusieurs méthodes différentes pour gérer mes photos selon le boîtier qui les a faites.

Si cela vous intéresse …

Si vous souhaitez en savoir plus sur ma méthode de gestion des photos, je vous propose de partager mon écran avec vous lors d’une séance de tri et classement. Vous allez voir de façon détaillée comment je procède et mes astuces pour gagner du temps. La vidéo dure environ 40 minutes pendant lesquelles vous voyez tout ce que je fais sur mon écran avec Lightroom :

Suivre mon cours Lightroom gratuit …

Si cela ne vous intéresse pas …

Il y a d’autres façons de gérer vos photos sans passer par l’utilisation d’un catalogue. Vous pouvez par exemple utiliser Capture One Pro en mode session (voir le tutoriel ici) ou Photoshop Elements et son mode visionneuse avec fonctions de tri (voir l’autre tutoriel ici).

Pour aller plus loin

Il y a différentes façons de procéder pour trier et classer les photos de voyage, que vous le fassiez pendant le voyage ou au retour. J’utilise de plus en plus Lightroom Mobile via Lightroom CC, par exemple, pour avoir un aperçu de ma séance du jour en rentrant à l’hôtel le soir (en savoir plus sur Lightroom CC et Mobile).

L’important est d’adopter une méthode qui vous corresponde, avec laquelle vous êtes à l’aise et que vous maîtrisez de A jusqu’à Z.

Ce n’est pas votre cas ? Dites-moi ce qui coince pour vous via les commentaires et parlons-en !


10 conseils pour faire de meilleures photos de paysages

La photo de paysages est une discipline passionnante, dont les ficelles sont paradoxalement compliquées tout en étant accessibles à tous. Bien au-delà de la simple photo carte postale, le photographe de paysages cherche à partager des ambiances et des émotions. Voici 10 conseils pour réaliser de meilleures photos de paysages.

10 conseils pour faire de meilleures photos de paysages

Découvrez la photographie de paysage heure par heure, le guide

Article publié en partenariat avec Aguila Voyages Photo.

Lorsque vous êtes en voyage, que ce soit à l’autre bout du monde ou plus près de chez vous, il y a toujours de nombreuses occasions de faire des photos. Après avoir parlé des portraits et scènes de vie en voyage, voici un sujet entièrement dédié aux amoureux de nature et de photos de paysages.

1. Photos de paysages : savoir reconnaître un beau paysage d’un joli décor

Certains paysages, s’ils peuvent être regardés et appréciés des heures durant, perdent toute leur magie une fois photographiés.

Pour éviter cette déconvenue, il est essentiel de pouvoir faire la différence entre un beau paysage et un joli décor. Le paysage se suffit à lui-même, là où le décor prend tout son sens comme fond, pour venir compléter la mise en valeur d’un sujet tel un animal, un bâtiment, un arbre ou une personne.

2. Comprendre et lire le paysage

Pour bien aborder la réalisation de votre image, il est crucial de pouvoir comprendre le lieu que vous avez choisi d’habiter le temps de cette photo.

Arrêtez-vous et prenez du temps pour observer, pour lire la scène qui s’offre à vous. Cet immobilisme, ce temps consacré à l’écoute du silence vous permettra de mieux cerner les ombres et les lumières enveloppant les différents éléments de votre paysage. C’est grâce à ces observations que vous pourrez saisir et retranscrire des ambiances, des émotions.

3. Profitez des lumières de l’aube et du crépuscule

Généralement les lumières dures du milieu de journée se prêtent peu à la réalisation de photographies de paysages. A contrario, les lumières rasantes que l’on observe à l’aube et au crépuscule sont vos meilleures alliées.

Ces lumières vous permettent de saisir de superbes nuances de couleurs et de mettre en valeur les reliefs. Arriver sur les lieux avant les premiers rayons du soleil vous permet d’abord de correctement vous préparer, ensuite d’observer au fil des minutes l’ensemble des variations de la lumière.

Le soir, soyez patient, accordez-vous quelques instants supplémentaires après la disparition du soleil derrière la ligne d’horizon, y compris par temps couvert. Vous pourriez parfois faire face à de très belles surprises.

4. Savoir anticiper la météo

Nous n’avons pas la main mise sur la météo, il est donc indispensable de composer selon ses nombreux caprices.

Un ciel très dégagé donne des lumières intéressantes à l’aube et au crépuscule, mais la présence de quelques nuages est souvent souhaitée pour venir renforcer les teintes rose-orangées des débuts et fins de journée.

Un ciel orageux offre des conditions idéales pour la photographie tout au long de la journée et les contrastes qui en résultent permettent de produire des images très impressionnantes. Juste après la pluie, l’atmosphère est déchargée de ses poussières et un retour rapide du soleil offre des lumières pures particulièrement appréciées. Lorsque les vents sont forts, les nuages naviguent dans le ciel et forment parfois des textures intéressantes.

Vous l’aurez compris, les exemples sont encore nombreux, l’essentiel étant d’apprendre à reconnaître et à composer avec les variations météorologiques. Bien sûr, vous ne serez pas toujours chanceux, mais grâce à la pratique, vous parviendrez à vous adapter à presque toutes les situations et, avec un peu d’expérience, à les anticiper.

5. Revenir plusieurs fois au même endroit

La magie d’un paysage se trouve dans sa capacité à évoluer au fil de la journée, du temps et des saisons.

Les lumières comme les ambiances s’en trouvent modifiées et il ne faut surtout pas hésiter à revenir aux mêmes endroits à plusieurs reprises. Vous pourriez obtenir en bout de course des photos racontant des histoires tout à fait différentes.

6. Photos de paysages, soignez la composition

Devant la grandeur d’un paysage et la multitude des éléments qui apparaissent sous nos yeux, il est  très facile de s’égarer. Donnez des lignes directrices à vos images !

Utilisez la règle des tiers pour composer votre photo. Utilisez le relief d’une colline ou d‘une montagne, les sillages d’une route ou d’une rivière ou encore la cime des arbres pour donner du mouvement à votre photographie. Repérez des éléments (rochers, arbres, personnes) qui, disposés sur le premier plan de votre photo vont vous permettre de donner plus de profondeur à votre paysage.

7. Ne négligez pas le cadrage vertical

Beaucoup de personnes associent le format paysage au format horizontal. Pourtant, le cadrage vertical offre dans certains cas des perspectives intéressantes.

Si vous avez pris l’habitude de réaliser vos photos de paysages en format horizontal uniquement, essayez peu à peu de vous obliger à « penser » ces photos en les complétant d’une image verticale. Vous allez ainsi regarder différemment votre environnement et vous familiariser avec cette nouvelle façon de capturer les paysages.

8. Préconisez une profondeur de champ élevée

La photographie de paysage nécessite d’avoir une plage de netteté très étendue afin que l’ensemble des éléments qui composent votre photographie soient nets.

Pour parvenir à ce résultat, utilisez une profondeur de champ élevée et faite la mise au point soit sur l’infini, soit sur l’hyperfocale pour obtenir des résultats encore plus précis.

9. Le choix du matériel

L’objectif de prédilection pour la photographie de paysage est le grand angle. Il vous permet de couvrir un champ de vision très large et donne de la dimension à vos images.

Si vous voyagez dans des pays ou des régions connues pour leurs grands espaces, un petit téléobjectif tel un 70-200 mm peut s’avérer utile pour les scènes éloignées.

Un trépied est souvent le bienvenu, notamment pour les débuts et fins de journées ou pour les scènes aux lumières basses.

Enfin, certains filtres peuvent s’avérer très efficaces pour la réalisation de vos photographies de paysages. C’est le cas du filtre polarisant qui supprimera les reflets et renforcera les jaunes et les bleus de vos sujets et textures. Un filtre gris dégradé sera quant à lui utilisé pour équilibrer les contrastes entre un ciel trop clair et pâle et des sols sombres et ombragés.

10. Photos de paysages, la pratique, encore et toujours

La pratique, c’est le secret pour réussir et progresser dans la réalisation de ses photos de paysages.

N’ayez pas peur d’essayer de nouveaux cadrages, de revenir encore et toujours aux mêmes endroits, à des époques différentes de l’année. Prenez le temps d’observer les éléments qui vous entourent. Pensez à regarder en arrière, vous pourriez tourner le dos à une lumière et une ambiance qui n’étaient pas là quelques minutes plus tôt.

 


Conseils, tutoriels et guides pour vos photos de voyages

La photo de voyage est une pratique courante chez la plupart des photographes amateurs. Le voyage est l’occasion rêvée pour faire des photos différentes, pour prendre le temps et pour utiliser pleinement votre matériel.

Voici une liste de tutoriels sur la photo de voyage, de conseils, de guides pour vous aider à bien préparer votre voyage et à ramener des photos qui vous plaisent.

conseils, tutoriels et guides pour vos photos de voyages

Préparer votre voyage photo

Faire des photos en voyage, ça se prépare.

Ne manquez pas une occasion de bien transporter et utiliser votre matériel photo.

Faire des photos en voyage

Vous voilà à pied d’oeuvre ! Il est temps de vous intéresser à la prise de vue et d’avoir les bons réflexes au bon moment.

Guides sur la photo de voyage

Des photographes pros vous présentent leur pratique et vous livrent leurs conseils pour réussir vos photos de voyage.

Carnets de voyage photo

Les lecteurs de Nikon Passion voyagent et ils en parlent. Découvrez les carnets de voyage classés par destination avec des bonnes adresses, les lieux à ne pas manquer et des conseils pratiques.

A vous …

Vous avez un voyage photo à montrer, un carnet de voyage à partager, un reportage qui mérite d’être vu ? Complétez la liste des carnets de voyage et faites connaître votre aventure !


Photo de voyage, comment faire, préparation, démarche, terrain, partage

Vous aimez la photo de voyage mais vous ne savez pas trop comment vous y prendre pour sortir des clichés déjà vus ? Vos premiers résultats sont décevants ? Vous manquez d’idées pour ramener des photos intéressantes ?

Céline Jentzsch parcourt le monde régulièrement et vous livre de nombreux conseils dans Les secrets de la photo de voyage.

Les secrets de la photo de voyage, préparation, démarche, terrain, partage

Ce livre chez vous via Amazon

Photo de voyage, les conseils d’une Pro

J’ai fait la connaissance de Céline Jentzsch lors du Salon de la Photo de Paris 2015. Elle est venue présenter ses photos de voyage et livrer aux participants à la conférence bon nombre de conseils. Son ouvrage venait à peine de sortir aux éditions Eyrolles et j’ai eu depuis le temps de le parcourir en détail.

Ecrire un tel guide est un exercice complexe : quand on voyage et que l’on est un peu sensible à la chose photographique, il est difficile d’expliquer aux autres comment procéder, ce qu’il faut faire ou ne pas faire car c’est souvent très personnel (voir les conseils pour réussir vos portraits en voyage).

Certains diront « il suffisait d’être au bon endroit au bon moment, le reste c’est de la chance.« . D’autres encore prétendront que « en étant dans des endroits comme ça, tout le monde fait des belles photos !« . Et pourtant tout le monde ne ramène pas des belles photos de voyage (ça m’arrive aussi, je vous rassure …) …

Les secrets de la photo de voyage, préparation, démarche, terrain, partage

Céline Jentzsch a relevé le défi et vous propose une série de conseils qui vont des préparatifs avant le voyage aux tri et traitement des photos au retour. Entre les deux ?

  • comment se poser et repérer les lieux
  • comment prendre en compte les conditions météo
  • comment bien exposer vos photos et régler votre boîtier
  • comment jouer avec la lumière

Au-delà de ces considérations techniques, Céline Jentzsch a aussi pris le temps de détailler les différents sujets que vous allez rencontrer lors de vos voyages :

  • les personnes et comment les approcher
  • les paysages et quand les photographier
  • le milieu urbain et les lumières de la ville
  • les lieux de cultes, les fêtes et scènes de la vie courante
  • les plans rapprochés et les détails importants à inclure dans vos séries

Les secrets de la photo de voyage, préparation, démarche, terrain, partage

Enfin, parce que la photo de voyage est une façon de raconter une histoire, celle de votre voyage, vous trouverez dans le chapitre 6 tout ce qu’il vous faut savoir pour construire un reportage photographique :

  • définir le sujet
  • construire le chemin de fer
  • organiser la séquence d’images
  • cadrer avec un texte

L’ensemble est illustré de très nombreuses photos de l’auteur – on peut t’accompagner pour le prochain voyage Céline ?? – qui complètent agréablement les explications textuelles.

Vous trouverez de plus quelques encarts dans lesquels d’autres photographes voyageurs ont le loisir de s’exprimer et de partager leurs conseils et photos. C’est un éclairage complémentaire intéressant tant le sujet peut être traité différemment selon la sensibilité de chacun.

Les secrets de la photo de voyage, préparation, démarche, terrain, partage

En parcourant ce guide, vous allez apprendre à bien préparer votre voyage, mais aussi à photographier utile une fois sur place de façon à vous garantir de faire les bonnes images au bon moment. Nous avons tous éprouvé ce sentiment au retour d’un voyage en découvrant nos images, nous disant que nous étions passé à coté de ceci ou de cela et que c’était trop tard.

Le guide de Céline Jentzsch vous aide à obtenir de meilleurs résultats, à savoir ce que vous devez photographier en voyage et pourquoi, et à rapporter beaucoup des photos qui vont vous plaire. Une bonne raison de le parcourir non ?

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Comment prendre l’avion avec son matériel photo

Prendre son appareil photo en avion suppose de prendre quelques précautions pour vous assurer que votre matériel sera en sécurité, que vous n’aurez pas de problème au moment de l’embarquement et que vous pourrez voyager en toute tranquillité. Voici les conseils d’un photographe professionnel qui voyage très souvent, appliquez-les à chacun de vos vols !

Voici ce que vous devez retenir avant de lire la suite : le matériel photo voyage en cabine, sans exception. Boîtiers, objectifs et batteries lithium ne doivent jamais aller en soute, à la fois pour des raisons de sécurité réglementaire et parce qu’un bagage en soute, c’est un bagage qui peut être perdu, volé ou abîmé. Pour le reste, les règles varient selon les compagnies et les destinations, mais quelques réflexes suffisent à éviter 95 % des problèmes.

Prendre son appareil photo en avion, c’est le quotidien de Julien Gérard, photographe professionnel, qui parcourt le monde pour ses différents clients. Je connais bien Julien, aussi je lui ai demandé de nous livrer ses meilleurs conseils. Julien a à son actif plusieurs centaines de vols sur de multiples compagnies et autant d’expériences à relater.

Certains d’entre vous connaissent Julien Gérard pour avoir suivi une de ses présentations lors des Rencontres Nikon Passion ou du Salon de la Photo. Je lui laisse la parole …

Prendre l’avion avec son matériel photo, rien d’impossible avec des précautions

Photographe professionnel, je parcours le monde depuis des années au gré de mes commandes. Il y a un peu moins d’un an, avec ma compagne, nous avons décidé de partir pour un voyage au long cours. Voici mon retour d’expérience sur un sujet souvent source de stress pour les photographes amateurs comme professionnels, prendre son matériel photo en avion.

Sachez que pour voyager avec votre matériel photo, il vous suffit de prendre quelques précautions et de connaître les ‘trucs et astuces’ bien utiles pour vous éviter les pires ennuis.

Avant le départ

Rendez vous sur le site de la compagnie aérienne afin de vérifier le poids et les dimensions autorisés en cabine pour votre bagage à main.

Au sein d’une même compagnie aérienne, ces données peuvent varier en fonction de la classe (économique, affaire, première) mais aussi de votre destination. Pour les vols internationaux par exemple, les compagnies sont souvent plus tolérantes.

L’enregistrement

Selon votre voyage et vos envies, vous pouvez être amené à transporter beaucoup de matériel photo. Pour couvrir certains reportages par exemple, mon sac photo peut avoisiner les 12 ou 13 kg (un boîtier pro, quelques zooms ouvrant à f/2.8, chargeur, batteries, accessoires, ça pèse vite très lourd !). C’est bien plus que le poids autorisé par la majorité des compagnies.

En réalité, il vous faut relativiser le problème du poids du sac en cabine. Sauf pour les vols low cost avec certaines compagnies, il est rare que le bagage à main soit pesé ! Sur des centaines de vols, mon sac n’a été pesé qu’une dizaine de fois.

Sachant cela, la question du poids de mon sac photo n’est plus un problème. Si jamais le personnel de la compagnie me fait remarquer que mon sac est trop lourd, je décris ma situation, ce que je vais faire, je montre le contenu de mon sac. Cela suffit la plupart du temps à convaincre. Notez également que la ‘Zen Attitude’ et le sourire facilitent grandement les choses !

Si la compagnie n’aime pas les bagages trop lourds, elle apprécie encore moins la mauvaise publicité en cas de litiges sur vos bagages en soute. Vous êtes face à un employé peu conciliant ? Que faire du surplus de poids ?

Ne mettez en aucun cas votre matériel en soute. Si un problème devait arriver – retard, perte, casse ou vol – vous vous retrouveriez dans l’incapacité de faire des photos (sans compter le préjudice financier à prévoir). Dans mon cas, ce serait pire encore que d’avoir à mettre le même sous vêtement pendant 5 jours ! Je vis de mes photos …

Si vous voyagez à deux, le plus simple est de vous délester du matériel peu fragile comme les câbles, les chargeurs, les batteries, les cartes mémoires, le matériel de nettoyage, etc. dans le sac de votre compagnon de vol.

Si vous voyagez seul, aucun souci. Voici pourquoi !

Première astuce qui vous fera gagner 2 kg ou plus, sortir l’ordinateur. Certaines compagnies autorisent un bagage à main ET un ordinateur. Si c’est le cas, sortez l’ordinateur au moment de l’enregistrement et rangez-le ensuite. D’autres compagnies ne le mentionnent pas mais ne vous demanderons pas forcément de mettre votre portable dans votre sac, à tenter …

Si vous vous faites accompagner à l’aéroport, la seconde astuce est de confier, le temps de l’enregistrement, les objets lourds (boitier, téléobjectif, etc.) à votre accompagnateur. Une fois l’enregistrement effectué, vous pouvez rangez votre matériel dans le sac, le contrôle est fini !

Une autre astuce consiste à charger les poches de votre veste. Je n’y ai eu recours qu’une seule fois, la personne en charge de l’enregistrement ne voulant (vraiment) rien savoir. Je me suis donc retrouvé avec un grand-angle dans une poche, un flash dans une autre, mon boitier nu autour du cou sous la veste et des accessoires dans les poches. Le tout dans la plus grande discrétion (!) bien évidemment.

Ces deux dernières solutions peuvent paraître un peu bancales mais à l’usage, mais une fois l’enregistrement effectué, je n’ai JAMAIS eu de seconde pesée de mon sac cabine avant de monter dans l’avion.

Les objets interdits en cabine

Certains objets sont interdits en cabine. Les bombes d’air sec sous pression sont strictement interdites en cabine comme en soute. Les vaporisateurs de nettoyage des optiques ne doivent pas excéder 100 ml. Par ailleurs, je vous déconseille de passer votre trépied en cabine, vous avez toutes les chances qu’il vous soit confisqué.

Batteries lithium : ce que dit la réglementation IATA

Les batteries lithium-ion des appareils photo (boîtiers, flashes, grips) doivent voyager en cabine, jamais en soute. C’est une règle de sécurité, pas une recommandation : en cas d’incident thermique, l’équipage doit pouvoir intervenir. Vous n’y couperez pas !

Pour les batteries de rechange (celles qui ne sont pas insérées dans l’appareil), elles doivent être protégées contre les courts-circuits. Le plus simple est de les stocker dans leur boîtier d’origine ou de couvrir les contacts avec du scotch. Sans protection, elles peuvent être refusées à l’embarquement.

Les accumulateurs AA rechargeables posent parfois problème dans certains pays (Jordanie, Égypte notamment, des lecteurs l’ont signalé en commentaires suite à la publication). En cas de doute, placez-les dans le flash.

Prendre son appareil photo en avion : passage des contrôles bagages

Les appareils de contrôle des bagages utilisent des rayons X, et non des infrarouges. Pour le matériel numérique, cela ne pose aucun problème : capteurs, cartes mémoires et optiques ne sont pas affectés. Pour les pellicules argentiques, le risque est marginal sur les pellicules standard (ISO 400 et moins) lors d’un passage unique. En revanche, une pellicule haute sensibilité (ISO 800 ou plus) soumise à plusieurs contrôles successifs peut voir sa qualité dégradée. Dans ce cas, demandez une inspection manuelle, c’est votre droit dans la plupart des aéroports.

Certaines pratiques peuvent vous faire gagner du temps. Dans votre sac, rangez les objectifs à l’horizontal. Les rayons ne peuvent traverser le verre, et à la verticale l’opérateur ne verra donc qu’un cercle suspect. Il y a de forts risques qu’il vous demande d’ouvrir votre sac.

Théoriquement vos batteries doivent être insérées dans les appareils, mais on ne m’a jamais embêté pour mes batteries supplémentaires.

Les ordinateurs et les tablettes doivent être systématiquement sortis du sac. Un bon opérateur vous laissera les laisser dans leurs housses mais beaucoup vous demanderont de les sortir. Depuis peu, sur certaines destinations, tous les appareils électroniques doivent pouvoir être allumés, pensez à charger les batteries avant de partir.

Si vous partez de Paris Orly, votre sac photo passera quasiment toujours la détection explosifs. Dans d’autres aéroports il vous sera aussi demandé de sortir TOUT le matériel de votre sac. Dans ce cas, essayez de caler au mieux les objectifs pour éviter qu’ils ne roulent et s’entrechoquent. Veillez également à ce que la personne derrière laisse un espace suffisant entre ses affaires et les vôtres afin d’éviter un carambolage de casier à la sortie de la machine.

N’hésitez pas à rappeler à l’opérateur qu’il est désormais responsable des quelques milliers d’euros de matériel sur le tapis. Très souvent, la remarque calme ses ardeurs de pilote de tapis roulant !

Si toutefois un accident se produit – chute de matériel par exemple – insistez pour avoir une fiche d’accident même si aucune trace n’est visible. Une lentille décalée sur un objectif et adieu les photos nettes. Faites également des photos des traces visibles et envoyez-les immédiatement par email au service client de la compagnie. En cas de soucis ultérieur cela peut s’avérer utile.

Dans l’avion

Au moment de monter dans l’avion, certaines compagnies (Brussels Airlines par exemple) demandent aux passagers de laisser les bagages les plus volumineux afin de les mettre en soute.

C’est également le cas pour certains vols en avion à hélices qui ont des coffres petits. J’ai toujours réussi à garder mon sac en expliquant, avec le sourire, son contenu.

Astuce : auparavant ces avions disposaient d’une Première Classe mais elle a été supprimée. Cependant les coffres, beaucoup plus grands, sont encore là ! Demandez à l’hôtesse s’il vous est possible d’en bénéficier.

Une fois votre place localisée, je vous conseille vivement de ranger votre sac dans un coffre de la rangée opposée : une fois assis vous pourrez ainsi le surveiller plus facilement. Il n’est pas rare que certaines personnes peu soucieuses des affaires d’autrui tassent allègrement votre sac pour faire rentrer le leur.

Mon ordinateur reste toujours avec moi. Dans mon sac photo le compartiment réservé se situe au dos, donc en-dessous lorsque mon sac se trouve en position allongée. Pour un vol en avion ce n’est vraiment pas l’idéal.

Vous avez sans doute déjà traversé des zones de turbulences, elles peuvent être parfois violentes. En cas de secousses c’est tout votre matériel photo qui dansera la lambada sur votre ordinateur…

[MàJ] Suite à un commentaire de Marky, je rappelle que si votre sac dépasse le poids autorisé par la compagnie ou celui indiqué sur les coffres, vous devrez le placer sous le siège devant vous, sauf si vous êtes assis au niveau des sorties de secours. Pensez également à retirer l’ordinateur pour ne pas abîmer l’écran.

Passage en douane

Sur la totalité de mes vols, je n’ai vécu que peu d’expériences désagréables en douane.

A l’aéroport de Strasbourg/Entzheim, une douanière voulait absolument que je lui présente les factures de mon matériel. J’ai dû lui expliquer que mon matériel n’était pas neuf et que je ne venais pas de l’acheter à l’étranger (!). Elle semblait d’autant plus surprise quand je lui ai annoncé que c’était la première fois que cette demande m’était faite. C’était réellement bien le cas.

Pour parer à ce genre de mésaventure vous pouvez faire établir par la Chambre de Commerce (en France) un carnet ATA (Admission Temporaire/Temporary Admission). C’est un document de douane officiel et international qui permet de faire entrer dans un pays étranger du matériel, photo ou autres, sans déclaration et sans taxe. Plus de 60 pays l’acceptent, le carnet coûte quelques dizaines d’euros pour une validité d’un an.

La solution la plus simple est de garder une copie des factures dans l’ordinateur ou sur votre smartphone (scannées, électronique).

Si vous avez acheté du matériel à l’étranger :

  • soit il est déclaré et vous avez payé les taxes en rentrant dans votre pays, gardez systématiquement les reçus
  • soit vous ne l’avez pas déclaré (cas des achats par internet à l’autre bout du monde), croisez les doigts pour ne pas passer entre les mains des douaniers et devoir payer une amende qui vous fera regretter votre achat.

Si vous achetez du matériel à l’étranger, une fois déclaré en France vous pouvez l’inscrire sur un carnet ATA. Sans déclaration c’est impossible.

Au Maroc, un douanier peu honnête souhaitait me taxer car je disposais d’un second appareil photo. Il prétendait qu’au-delà d’un boitier il y a suspicion de revente. Incapable de prouver ses dires à l’aide de documents officiels et après 45 minutes dans son bureau, il a fini par perdre patience le premier et m’a laissé partir. Après renseignements, il n’existe évidement aucune loi allant dans ce sens au Maroc.

Les douaniers de certains pays peuvent se montrer très pénibles et la corruption bien présente. La première chose à faire dans ce cas est de garder votre calme. Il s’agit de personnes ayant la possibilité de vous causer beaucoup d’ennuis en cas de manque de respect.

Si vous n’arrivez pas à vous sortir d’une situation de ce genre, ne proposez jamais au douanier une compensation financière personnelle, vous risqueriez de gros soucis. Si vous deviez en arriver là, attendez que ce soit lui qui le propose. Dans tous les cas, demandez ensuite un justificatif pour votre comptabilité, ça vous fera un souvenir !

Avant de partir : liste de vérification pour prendre son appareil photo en avion

  • Vérifiez les limites de poids cabine sur le site de la compagnie (elles varient par destination et par classe).
  • Protégez les contacts de toutes vos batteries de rechange.
  • Retirez les bombes d’air comprimé du sac (interdites en cabine et en soute).
  • Placez les objectifs à l’horizontale dans le sac pour le passage aux rayons X.
  • Gardez une copie numérique des factures sur votre téléphone.

Si vous voyagez souvent hors UE avec du matériel professionnel, renseignez-vous sur le carnet ATA auprès de votre CCI.

Questions fréquentes sur le transport d’un appareil photo en avion

Peut-on mettre son appareil photo en soute ?

Non. Le matériel photo ne doit jamais aller en soute. Outre le risque de perte ou de casse, les batteries lithium sont soumises à des restrictions réglementaires qui imposent leur transport en cabine. Si une compagnie vous le demande, expliquez la situation calmement et proposez d’ouvrir le sac.

Les rayons X de l’aéroport abîment-ils le matériel photo numérique ?

Non. Les rayons X n’endommagent ni les capteurs, ni les cartes mémoires, ni les optiques. Seules les pellicules argentiques haute sensibilité peuvent être affectées après plusieurs passages successifs.

Quel poids maximum pour un sac photo en cabine ?

Cela dépend de la compagnie. En général, les compagnies classiques tolèrent 10 à 12 kg, les low cost 8 à 10 kg. Le sac est rarement pesé hors vols low cost, mais cela arrive. Vérifiez toujours les conditions de votre vol avant de partir.

Faut-il déclarer son matériel photo en douane à l’étranger ?

En zone UE, non. Hors UE, le matériel personnel utilisé n’a pas à être déclaré si vous le rapportez avec vous. En revanche, si vous achetez du matériel à l’étranger et le ramenez, il doit être déclaré à votre retour en France. Le carnet ATA est une alternative utile pour les photographes professionnels.

Prendre l’avion avec son matériel photo, en conclusion

Prendre son appareil photo en avion est tout à fait envisageable si vous respectez les règles en vigueur et que vous prenez soin de suivre les conseils ci-dessus. Dans tous les cas, la meilleure des solutions est de rester calme, de ne pas vous énerver en présence d’un agent un peu pointilleux et de garder le sourire !

Une fois à destination, certains d’entre vous envisagent de photographier depuis les airs. Si vous êtes tenté par la montgolfière, lisez mon guide de la photographie aérienne depuis une montgolfière.


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