Tutoriel photo : tout savoir sur la gestion des couleurs en photo numérique

Vous êtes-vous déjà posté la question de savoir pourquoi vos images une fois imprimées n’avaient pas le même rendu que sur l’écran ? Ou que ce que vous voyez sur l’écran arrière de votre reflex diffère de ce que vous voyez sur l’écran de votre ordinateur ? Tout ça est lié à la gestion des couleurs !

Voici tout ce qu’il faut savoir pour pouvoir calibrer votre chaîne numérique (appareil photo, écran, imprimante/labo) et obtenir les résultats que vous attendez.

Tutoriel photo : tout savoir sur la gestion des couleurs en photo numérique

Avec l’arrivée du numérique, la photographie s’est démocratisée et touche de nos jours la plupart d’entre nous. Nous accordons plus que jamais une part importante à nos clichés, à nos souvenirs, à nos agrandissements. Cependant, nous négligeons souvent la base même de la photographie : la gestion de la couleur.

C’est quoi la gestion de la couleur ?

A l’époque de l’argentique, la gestion de la couleur était réservée aux professionnels : les photographes qui développaient eux même leurs photos dans leur chambre noire, ou dans les laboratoires de tirages. Avec le numérique, la gestion de la couleur est désormais de la responsabilité de tous.

Savez vous qu’un appareil photo, un écran, une tablette, un smartphone et même une imprimante n’interprètent pas les couleurs de la même manière ? N’avez vous jamais remarqué une différence entre l’affichage de votre photographie sur l’écran de votre appareil photo et l’affichage de cette même photo sur votre écran d’ordinateur ? Ou sur différents écrans d’ordinateur ? Ou en recevant votre tirage ?

Cette chaîne photographique a besoin d’être calibrée afin que le rendu des couleurs soit identique d’un dispositif à l’autre. Cette calibration vous permettra également de ne plus avoir de mauvaises surprises lors du post-traitement ou des impressions jet d’encre (voir aussi notre dossier Tout savoir sur l’impression des photos numériques).

Les espaces de travail

La différence d’interprétation entre l’appareil photo, l’écran ou l’imprimante s’explique par le fait que tous ces dispositifs utilisent des espaces de travail différents.

Le modèle RVB

L’espace RVB – Rouge, Vert, Bleu – ou RGB en anglais est un format de codage des couleurs issues d’une source lumineuse en synthèse additive. Cet espace est inspiré du fonctionnement de l’œil humain et la décomposition en trois types de cônes (rouge, vert et bleu) présent dans nos yeux.

Rouge, vert et bleu sont les couleurs primaires du RVB. Lorsqu’on les mélange entre elles, on obtient de nouvelles couleurs dites les couleurs secondaires :

  • le magenta = rouge + bleu
  • le cyan = bleu + vert
  • le jaune = rouge + vert

L’addition du rouge, du vert et du bleu donne du blanc. Il est facile de tester cet espace en utilisant des torches de couleur. Utilisez par exemple une torche rouge et une torche bleu : si les faisceaux se recoupent, vous obtiendrez la lumière « magenta ».

Le modèle RVB est capable de reproduire toutes les couleurs du spectre visible par l’homme. Cependant, un appareil photo ou un écran ne peuvent restituer qu’un sous-ensemble de ce modèle. Les deux principaux espaces utilisés par les photographes en photo numérique sont l’espace sRVB et l’espace Adobe RVB.

Tutoriel photo : tout savoir sur la gestion des couleurs en photo numérique

L’espace sRVB est un espace proposé par HP et Microsoft en 1996. Il se base sur les écrans les plus utilisés en informatique.

L’espace Adobe RGB est l’espace Adobe RGB est un espace proposé par Adobe en 1998. C’est un espace de couleur plus large que l’espace RVB et plus adapté lors des impressions. Cependant tous les écrans ne sont pas capables d’utiliser cet espace de couleur.

Le modèle CMJN

Le modèle RVB est un modèle de couleurs lumineuses. Il ne peut donc pas s’appliquer pour des imprimantes qui utilisent de l’encre et non de la lumière. Pour les imprimantes, un autre modèle de couleur existe : le CMJN – Cyan, Magenta, Jaune et Noir – ou CMYK en anglais. L’objectif est de reproduire un large spectre de couleurs en synthèse soustractive. L’absence de ces quatre couleurs donne du blanc alors que le mélange de cyan, magenta et jaune donne du noir.

La couleur Noir a cependant était rajoutée au modèle pour accentuer les nuances de gris, pour permettre de mieux contraster les photographies, mais aussi pour des raisons de coûts à l’impression.

Les profils ICC

La différence de couleur entre vos différents dispositifs peut s’expliquer par le fait qu’ils utilisent tous des espaces de couleurs différents. Cependant, d’autres facteurs rentrent également en jeu, comme la vétusté du matériel, sa marque, l’encre et le papier utilisé.

Afin d’assurer une reproduction fidèle des couleurs sur tous les appareils de la chaîne graphique, les fabricants proposent des profils ICC. ‘Un profil ICC sert à décrire les caractéristiques d’enregistrement et d’affichage des couleurs d’un périphérique et à composer ses erreurs dans la reproduction des couleurs.‘ Andreas Kunert – Color Management in digital photography, 2004.

Le profil ICC va permettre d’établir une description précise de l’appareil concerné et de sa capacité à reproduire les couleurs. En calibrant et en établissant un profil ICC pour votre matériel (écran, imprimante), vous pouvez corriger les divers défauts et interprétations de ce dernier.

Tutoriel photo : tout savoir sur la gestion des couleurs en photo numérique

En photographie, il est important de calibrer l’ensemble de la chaîne de l’image, à commencer par l’écran de l’ordinateur. Il peut être intéressant par la suite de calibrer votre appareil photo ou votre imprimante si vous imprimez chez vous. Cependant la base, afin de travailler dans de bonnes conditions, est de calibrer votre écran de post-traitement et de visualisation des photographies (écrans, smartphones, tablettes, télévisions, etc.)

L’utilité d’une sonde

Pour étalonner votre écran, il existe plusieurs possibilités mais seule l’une d’entre elle est fiable. Il est possible d’étalonner votre écran manuellement, à l’aide d’un logiciel ou d’une sonde.

Manuellement, il vous faut (beaucoup de) patience et une très bonne connaissance de la gestion de la couleur (voir aussi La gestion des couleurs pour les photographes de Jean Delmas).

Par l’intermédiaire de logiciels seuls, la calibration se fera uniquement sur des couleurs « théoriquement » affichées à l’écran. Alors que la sonde va venir mesurer la couleur réellement affichée à l’écran. En effet, c’est un instrument de mesure placé sur votre écran qui va mesurer une suite d’échantillons colorés et bâtir ensuite un profil de correction pour cet écran. Seule la sonde permet donc de faire le calibrage de manière automatique.

Tutoriel photo : tout savoir sur la gestion des couleurs en photo numérique

Une calibration ne prend qu’une dizaine de minutes et permet de vous assurer que les couleurs perçues à l’écran, et donc utilisées lors du post-traitement sont bien les bonnes. Par ailleurs, votre sonde vous permettra de calibrer un double écran ou une tablette. Elle offre également des fonctionnalités d’analyse avancées pour vérifier par exemple l’uniformité du rendu lumineux de votre écran.

En fin de calibration, la sonde génère un profil ICC et l’enregistre sur votre ordinateur. Ce profil est utilisé par défaut par l’écran et la plupart des applications afin de vous donner le rendu colorimétrique adapté.

Attention : il ne suffit pas de calibrer une fois pour toute votre écran. Il faut recalibrer régulièrement (une fois par mois environ) pour maintenir température des couleurs et équilibre colorimétrique.

Les sondes de calibrage Spyder4 de Datacolor, par exemple, permettent de faire ce calibrage. Il existe trois modèles en fonction de l’utilisation que vous en faites. La Spyder4 express permet de calibrer simplement votre écran. La Spyder4 Pro offre des fonctionnalités avancées ainsi que la possibilité de calibrer une tablette ou smartphone. La Spyder4 Elite offre quant à elle toutes les fonctionnalités avancées, ainsi que la possibilité de calibrer ensemble un double écran.

Une fois la calibration de l’écran réalisé, il est important réaliser la calibration de votre appareil photo. Cette calibration va permettre notamment de corriger le back ou front focus des objectifs (Spyder Lenscal), de créer un profil TTL dans le logiciel de traitement pour l’appareil photo (Spyder Checkr), mais aussi de vous aider dans la définition de la balance des blancs lors d’une séance photo (Lenscube).

QUESTION : Quel est le principal problème que vous rencontrez avec la gestion des couleurs ?

Partager cet article sur les réseaux sociaux

SHARE TWEET SHARE PIN
comment utiliser le catalogue Lightroom - tutoriels vidéos

About the Author

Jean-Christophe Dichant
J'ai créé Nikon Passion en 2004 pour vous aider à faire les bons choix, bien utiliser votre appareil photo et apprendre la photo.

Merci de remplir les champs ci-dessous pour laisser un commentaire.

Votre commentaire

Votre adresse email ne sera pas publique.


*


6 Commentaires sur "Tutoriel photo : tout savoir sur la gestion des couleurs en photo numérique"

  1. impossible de faire fonctionner spyder5

  2. Il me semble que le métamérisme est un problème de couleur de la lumière incidente, pas un problème de luminosité. Les tirages sont censés être regardés à la lumière du jour. L’écran doit être calibré autour de 80 à 90 cd/m2 pour imprimer, au dessus de 100 pour afficher à l’écran. Cette valeur plus basse pour l’impression permet de compenser le fait que le papier absorbe (et réfléchit) de la lumière. alors que l’écran en émet

    • PS, je n’étais pas connecté pour répondre…

    • le métamérisme est un problème qui fait que sous un éclairage E1 2 couleurs paraîtront identiques, mais placées sous un éclairage E2, elles seront différentes.

      Ca s’observe beaucoup en impression N&B avec des encres de couleur. Des encres (micro-goutes) sont placées sur la papier pour « fabriquer » du gris. Le dosage entre le magenta, le cyan et le jaune est « bon » pour une lumière « du jour », mais si l’ampoule est trop chaudes ou trop froide, alors le bleu ou le magenta/jaune prendront le pas et donneront donc une teinte à une photo imprimée en N&B. C’est pour ça que sur ce type de tirage, mieux vaut un tirage piezzo/charbon, donc avec de vrais pigments gris. Avec mon imprimante (Canon Pixma MG6350 bien qu’étant nikoniste 😉 ), j’ai 2 cartouches noires et une grise, ça permet d’imprimer des N&B pas trop mauvais sans métamérisme. Avec une Canon pro-100, c’est carrément 3 encres (noir brillant (photo), gris et gris clair) et avec une pro-1, il y a en plus une noir matte.

      Ce n’est donc pas que le papier qui va jouer.

  3. et que faire pour la luminosité de l’écran par rapport au métamairisme des titages ? Merci !