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De la technique à la photographie : le parcours que vous pouvez vivre vous aussi

Vous êtes peut-être venu(e) sur Nikon Passion pour savoir comment choisir et utiliser votre appareil photo. C’est normal. J’ai commencé de la même façon, à une époque où les sites pour apprendre la photo n’étaient pas nombreux. Mais si vous êtes resté(e), ou si quelque chose vous freine dans votre pratique actuelle, alors cet article est probablement pour vous.

Avant d’être photographe, j’ai été ingénieur. La technique a longtemps été mon langage. Et pourtant, la photographie s’est imposée. Sans ambition particulière au départ. Juste mon attrait pour l’image.

Débuter en photo : les premières images souvenirs

Comme beaucoup, j’ai commencé par des photos souvenirs. J’ai emprunté l’appareil photo de mon père. J’ai photographié mes vacances, mes voyages, mes filles. Des moments, des lieux, la famille. Rien de réfléchi. Rien de construit.

Et puis, sans prévenir, le plaisir a changé de nature. La photo n’était plus seulement un moyen pour moi de garder une trace. Elle devenait une activité créative et motivante à part entière.

Le piège du photographe débutant : la technique avant tout

Avec le web et la photo numérique, tout s’est accéléré. Forums, tests, comparatifs, fiches techniques. J’ai plongé dedans très vite. Je comparais. J’optimisais. J’accumulais des connaissances.

Comme beaucoup de photographes débutants et amateurs aujourd’hui, j’ai cru que progresser passait d’abord par la maîtrise du matériel.

J’ai fait de meilleures photos, oui. Mais pas beaucoup. Assez toutefois pour avoir envie de continuer à apprendre.

Le club photo : confrontation et prise de conscience

Je me suis inscrit dans un club photo. Pour voir ce que faisaient les autres. Pour échanger. Pour comprendre.

J’y ai trouvé des amis, certains le sont encore aujourd’hui. J’y ai vécu mes premiers reportages, mes premières expositions. Et j’y ai surtout compris une chose essentielle : la technique ne suffisait pas.

Avant / Après

Quand le matériel photo montre ses limites

Pendant longtemps, la photographie n’était pas ma priorité. Il y avait le travail, la famille, la vie. Mais quelque chose me travaillait en profondeur. Une frustration :

  • Je revenais avec beaucoup de photos et réalisais que la majorité étaient quelconques.
  • Je constatais qu’avec un appareil plus performant, mes photos n’étaient jamais meilleures.
  • Je cherchais à faire comme ceux dont j’aimais les photos, sans jamais trouver comment y arriver.
  • Je n’avais pas encore compris que je pouvais faire mieux avec moins.
  • Je sentais que comprendre mon appareil photo ne me faisait pas apprendre la photo.
  • Je ne me sentais pas photographe et je finissais par me décourager.

C’est là que tout a changé.

Apprendre la photographie au-delà de la technique

J’ai étudié des photos par centaines. J’ai visité des expositions, fait des stages, suivi des formations.
J’ai parlé avec des photographes professionnels.

Je me suis formé. Sérieusement.
J’ai lu énormément. Pas seulement des guides pratiques.

Je ne venais pas d’un milieu artistique. J’avais beaucoup à déconstruire. Beaucoup à faire pour apprendre la photo.
Petit à petit, quelque chose s’est mis en place.

Avant / après

Passer de « matériel d’abord » à « photographie d’abord »

J’ai commencé à développer une pratique plus personnelle.
À laisser de côté ce qui ne me parlait pas.
À ne plus raisonner en termes de boîtiers, d’objectifs ou de réglages, mais en termes d’intention, de regard, de cohérence.

Concrètement, tout a changé :

  • Avant, je pensais juste à faire des photos nettes. Maintenant, je pense lumière et composition avant tout.
  • Avant, je ne faisais que du JPG brut de boîtier. Maintenant, je traite mes photos pour les sublimer.
  • Avant, je faisais ces photos que l’on voit partout. Maintenant, j’ai mon univers.
  • Avant, je ne lisais que des articles techniques. Maintenant, je parcours des livres de photographes.

La technique n’a pas disparu. Elle a changé de rôle. Elle est devenue un outil au service de ma photographie, et non l’inverse.

Développer sa pratique photographique personnelle

Aujourd’hui, je me cherche encore. J’ai toujours plusieurs projets en cours. Beaucoup d’idées. La différence, c’est que j’aime ce que je fais. Et surtout, je sais pourquoi je le fais.

Ce parcours, du photographe souvenir au photographe assumé, c’est le mien. Et c’est exactement de cela que je vous parle chaque jour dans ma Lettre Photo.

Et vous, où en êtes-vous ?

Peut-être que votre objectif est simplement de faire de belles photos souvenirs. C’est légitime. Je l’ai fait pendant des années.

Mais je sais aussi que certains lecteurs sentent qu’ils pourraient aller plus loin. Sans chercher à devenir professionnels, ce n’est ni leur envie, ni mon propos. Juste pour prendre plus de plaisir, donner plus de sens à leurs images.

Vous faites peut-être partie :

  • De ces photographes débutants qui ne savent pas comment utiliser au mieux leur appareil photo.
  • De ces photographes amateurs qui viennent de l’argentique et qui ont du mal avec la photo numérique.
  • De ces photographes de longue date qui ne maîtrisent pas les codes du numérique, du web, des logiciels photo.
  • De ces amateurs victimes du syndrome d’acquisition de matériel, qui changent sans cesse sans comprendre pourquoi leurs photos ne progressent pas.
  • Ou de ces personnes qui ont découvert la photo avec un smartphone et veulent apprendre la photo avec un hybride.

C’est votre cas ? Alors sachez que c’est pour vous que j’écris.

Je partage ma pratique, mes réflexions, mes doutes, mes méthodes, parce que j’ai énormément appris des autres. Et parce que transmettre a toujours été une évidence pour moi.

Avant / Après

La photographie comme apprentissage permanent

Apprendre.
Se questionner.
Se remettre en cause.

Ce ne sont pas des slogans pour vous retenir. Ce sont mes préoccupations quotidiennes en photographie. Et, avec le temps, c’est devenu une véritable philosophie de vie.

Si vous avez l’impression de ne pas profiter pleinement de votre passion.
Si vous ne savez plus très bien où vous en êtes avec la photo.
Si la technique vous rassure mais ne vous satisfait plus totalement.

Alors je vais continuer à vous écrire.

Je continuerai à parler de technologie, parce qu’elle est partout et qu’elle complique souvent les choix.
Je continuerai à parler de photographie, parce que c’est elle qui donne du sens à tout le reste.
Même si votre plaisir reste celui des photos souvenirs. J’en fais encore beaucoup moi aussi.

Comment ça va se passer

Nous ne nous connaissons peut-être pas encore.
Mais si ce parcours résonne en vous, je vous invite à recevoir ma Lettre Photo.

Chaque matin, à 8h, vous recevez un texte qui nourrit votre pratique photographique.

Certains jours, je vous présente le travail d’un photographe : son parcours, ses choix, ses images commentées. Pour comprendre comment d’autres ont construit leur regard.

D’autres jours, je partage des conseils de réglage précis, issus de situations réelles. Pas de théorie abstraite, mais ce qui fonctionne sur le terrain.

Et régulièrement, je raconte mes propres séances photo : ce que j’ai cherché, ce qui a marché, ce qui a échoué, ce que j’en tire.

Vous y trouverez bien plus que des conseils techniques sur Nikon ou les logiciels photo.
Vous y trouverez un chemin possible, clair, accessible, pour progresser à votre rythme et apprendre la photo.

Concrètement, cela signifie :

  • Faire de la photographie une activité motivante au quotidien.
  • Trouver quels sont les domaines qui vous plaisent vraiment, comme j’ai découvert l’urbain et le spectacle vivant.
  • Mettre du vôtre dans vos photos, et ne pas vous contenter de cartes postales.
  • Devenir capable de traiter un sujet pour lequel vous éprouvez une attirance particulière.
  • Ne plus jamais avoir peur de montrer vos photos.

La Lettre Photo : chaque matin, un pas vers la photographie que vous voulez vraiment faire.


Comment faire une exposition photo quand on est photographe amateur ou passionné ?

Comment monter une exposition photo quand on est photographe amateur ou passionné ? Choix des images, présentation, accrochage : cette interview vous aide à comprendre comment exposer vos photos avec intention.

À travers l’interview de Michel Aguilera, photographe professionnel, je vous propose un retour d’expérience concret pour comprendre comment exposer vos photos sans vous perdre dans la technique.

À retenir : Monter une exposition photo, ce n’est pas seulement accrocher des images, c’est faire des choix et affirmer une intention. Choisir ses photos, penser leur présentation et leur accrochage oblige à clarifier son regard et sa démarche.
Cette étape est souvent la plus difficile pour les photographes amateurs, car elle implique de renoncer à certaines images. Exposer ses photos permet pourtant de progresser, de donner du sens à son travail et de confronter ses images au regard des autres.

Pourquoi monter une exposition photo change votre pratique

Monter une exposition photo ne se limite pas à accrocher des tirages au mur : c’est une démarche artistique qui structure votre regard et précise votre narration visuelle.

Contrairement à une simple galerie de photos en ligne, l’espace physique impose des contraintes de format, de rythme et de sens que tout photographe doit maîtriser pour transmettre son message. C’est précisément ce que pose la question de l’exposition photo : faire des choix, renoncer à certaines images, et assumer une intention claire face au regard des autres.

Monter une exposition photo : un exemple concret avec l’expo « Made in Japan »

À l’occasion de l’exposition photographique « Made in Japan » à Vitry-sur-Seine, j’ai eu l’occasion d’interviewer Michel Aguilera, photographe professionnel et directeur artistique de l’exposition. Cette interview aborde une question centrale pour beaucoup de photographes : comment monter une exposition photo et faire les bons choix.

Je connais Michel depuis de longues années. Il anime également les ateliers photo de la Maison de la Jeunesse dans notre commune, où il accompagne des jeunes photographes dans leur pratique et leurs projets d’exposition.

L’exposition « Made in Japan » présentait les images réalisées lors d’un voyage d’un mois au Japon. Elle met en avant le travail des jeunes de l’atelier photo de la MDJ, qui ont produit plusieurs milliers d’images autour de différents thèmes.

Pour monter l’exposition photo, il a fallu trier ces images, choisir lesquelles seraient exposées, comprendre pourquoi, et définir une mise en scène cohérente. C’est un travail indispensable pour présenter une expo photo, mais aussi l’un des points, avec la réalisation de leur portfolio, sur lesquels les photographes amateurs butent le plus souvent.

Des conseils concrets pour monter une exposition photo

Michel Aguilera s’est prêté au jeu de l’interview pour partager son expérience de photographe et de directeur artistique d’exposition. Loin des considérations techniques ou du choix du matériel, il est ici question de démarche créative, de regard et de choix photographiques.

Vous allez découvrir en particulier :

  • comment trier vos photos avant une exposition, et aborder concrètement la question de l’editing,
  • comment présenter vos photos et penser leur mise en scène dans un espace d’exposition,
  • pourquoi exposer ses photos est essentiel, même lorsqu’on se considère comme un simple amateur.

Ce sujet est riche d’enseignements. Prenez le temps de l’écouter en entier : Michel partage de nombreuses réflexions qui peuvent nourrir votre manière de photographier et de montrer vos images.

Vous verrez que la plupart de ces conseils s’appliquent aussi bien aux photographes amateurs qu’aux plus expérimentés, et qu’ils restent pertinents dès lors que vous cherchez à donner du sens à vos images, que ce soit en exposition, sur votre site web ou dans un livre photo.

Erreurs fréquentes que font les photographes en expo

Beaucoup de photographes amateurs exposent trop d’images sans fil conducteur, négligent le contraste des formats, ou oublient l’importance du cheminement du visiteur. Ces erreurs ne sont pas techniques : elles viennent presque toujours d’un manque de réflexion en amont sur le sens de l’exposition.

Pour éviter ces pièges, pensez à définir un thème cohérent, limiter le nombre d’images à celles qui racontent vraiment une histoire, et tester votre accrochage avant le vernissage.

FAQ – Monter une exposition photo

Combien de photos faut-il exposer lors d’une exposition photo ?
Il n’existe pas de nombre idéal. Une exposition photo réussie repose avant tout sur la cohérence de l’ensemble. Mieux vaut présenter peu d’images fortes, qui racontent une histoire claire, plutôt qu’un grand nombre de photos sans lien évident entre elles. Je me limite en général à un ensemble de 12 à 16 photos.

Comment choisir ses photos pour une exposition quand on est amateur ?
Le plus difficile n’est pas de faire des photos, mais de choisir lesquelles montrer. Pour monter une exposition photo, il faut accepter de renoncer à certaines images, même réussies, afin de ne conserver que celles qui servent réellement le propos et la narration de l’ensemble.

Faut-il maîtriser la technique ou avoir du matériel haut de gamme pour exposer ses photos ?
Non. Exposer ses photos ne dépend ni du niveau technique ni du matériel utilisé. Ce qui compte, c’est la démarche, le regard porté sur le sujet et la capacité à faire des choix assumés dans la sélection, la présentation et l’accrochage des images.

A vous !

Si vous envisagez de monter une exposition photo, ou si cette interview vous a aidé à mieux comprendre comment choisir, présenter et montrer vos images, n’hésitez pas à partager vos questions ou votre expérience en commentaire, ici ou directement sur YouTube.

Le montage d’une expo photo est aussi une affaire de réflexion collective, de regards croisés et de discussions entre photographes. Exposer ses photos, c’est avant tout apprendre à faire des choix et à assumer un regard.


Les rayons X et l’inconnu, ce que j’ai appris d’Henri Cartier-Bresson, Marc Constant

Une fois n’est pas coutume, voici la présentation d’un livre de photographie qui sort de l’ordinaire. « Les rayons X et l’Inconnu », écrit par Marc Constant, est un mélange subtil d’énigme et de mystère qui pourrait bien vous laisser perplexe comme cela l’a été pour moi en première lecture.

Je vais toutefois tenter de vous expliquer pourquoi il vous faut aller plus loin que la première lecture. Suivez le guide.

Les rayons X et l'inconnu, Marc Constant

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Les rayons X et l’inconnu, résumé

Difficile de comprendre ce livre si vous n’avez pas lu ces quelques mots de l’auteur, Marc Constant, dans les premières pages :

J’ai croisé à plusieurs reprises lorsque j’étais jeune photographe et étudiant en médecine, un personnage énigmatique dont je n’ai jamais suspecté l’identité. Ces rencontres sont restées intactes comme si elles avaient eu lieu hier. Elles occupent mon esprit de façon récurrente sans que je puisse les organiser. J’ai, à tout moment, le sentiment que je vais le croiser à nouveau, Cela me laisse une impression particulière d’inachevé.

Tout s’éclaire ? Presque, vous allez comprendre. Le sous-titre du livre, « ce que j’ai appris d’Henri Cartier-Bresson », devrait vous mettre sur la piste.

Les rayons X et l'inconnu, Marc Constant

Dans cet ouvrage, Marc Constant explore la quête d’Henri Cartier-Bresson, un photographe énigmatique sous bien des facettes, même si l’on pense tout connaître de lui. A la différence d’un livre d’histoire qui citerait une succession de faits avérés, ou d’un roman qui vous livrerait une belle histoire, Marc Constant nous propose plutôt ce que je pourrais qualifier d’exploration. Une exploration de l’identité et de la perception, des thèmes souvent négligés dans la littérature photographique contemporaine.

Partant de la question initiale « Qui est cet inconnu? » l’auteur la transforme vite en « Est-ce bien lui ? » puis « Ce n’est pas possible que ce soit lui? », ce qui a toutes les chances de vous tenir en haleine si vous adhérez à cette thématique.

Les rayons X et l'inconnu, Marc Constant

En effet, tout au long des 223 pages, Marc Constant utilise le style auto-photo-biographique, ce qui fait qu’en lieu et place d’une biographie de Cartier-Bresson, vous lisez celle de l’auteur qui s’interroge depuis ses plus jeunes années sur son parcours de photographe.

Mais qui est donc Marc Constant ?

Au-delà du fait que c’est un de mes lecteurs et qu’il m’a gentiment dédicacé ce livre (c’est toujours mieux en le disant, je l’avais fait aussi pour Marc Coeffic et Eleuthera) Marc Constant a une formation en technique photographique et en radiologie, dont il a fait son métier. Son expertise dans ces deux domaines offre quelque chose de plus à cet ouvrage alors que la plupart des livres de photographie sont écrits par des photographes « exclusifs ». 

Les rayons X et l'inconnu, Marc Constant

Prenez le temps de le découvrir chez votre libraire et vous allez réaliser que ce livre est aussi une œuvre en soi, puisqu’il combine textes et photos de l’auteur. Marc Constant maitrise les lignes et l’organisation de l’anarchie visuelle.

Il m’a fallu du temps pour entrer dans ce livre, et Marc devait d’ailleurs se demander pourquoi je n’en parlais pas plus tôt. Autant je sais rédiger assez vite une chronique de guide technique ou de beau livre de photographie, autant ici j’étais dans l’impasse, ne sachant pas comment vous le présenter et quoi en dire. Mais j’ai fini par me lancer.

Le style engageant  rend la lecture agréable, l’auteur utilise de nombreuses citations, ce qui vous permettra au passage de compléter votre culture photographique. Les métaphores bien placées pour aider à la transmission des idées ajoutent à la complexité de l’ensemble, ce qui n’est pas pour me déplaire, ce livre ayant le mérite de nous faire réfléchir.

Dans le contexte actuel de la photographie, si je le compare à l’ensemble des livres que j’ai pu découvrir ces dernières années, nous sommes ici en présence d’un OVNI. Rien de comparable à un guide pratique, à une histoire de la photographie ou à un ouvrage artistique. C’est un peu tout ça à la fois et si personnel comme ressenti que je préfère vous laisser l’apprécier par vous-même.

Ce livre pourrait même résonner avec les thèmes actuels de l’identité et de la quête personnelle, mais peut-être vais-je un peu loin … « Les rayons X et l’Inconnu » offre toutefois une réflexion en total décalage avec ce à quoi nous sommes habitués.

Les rayons X et l'inconnu, Marc Constant

A qui s’adresse ce livre ?

Je me suis posé la question fort longtemps, car la réponse n’est pas évidente.

Il s’adresse bien évidemment à toute personne intéressée par la photographie ou la radiologie. Bien que ces domaines n’aient pas grand chose à voir au demeurant, Marc Constant finit par nous montrer qu’il y a peut-être un lien, infime mais réel, que nous ne voyons pas. Chacun y trouvera quelque chose d’utile ou d’inspirant.

Si vous êtes photographe amateur ou expert, ce livre va vous offre une nouvelle perspective sur la création d’images. Les conseils techniques ne prédominent pas, mais l’ensemble vous pousse à réfléchir plus profondément sur votre pratique photographique.

En conclusion, « Les rayons X et l’Inconnu » est un livre unique sur la photographie et l’art, tout en étant le support des photos de l’auteur. Il ne s’agit donc pas d’un simple livre à lire, mais aussi d’un livre à contempler.

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Photo en pose longue : interview de Christophe Audebert, photographe et auteur

La série des interviews de photographes pros continue, et cette fois j’ai le plaisir d’accueillir Christophe Audebert. Je connais Christophe depuis de nombreuses années, nous nous sommes souvent rencontrés, avons échangé plusieurs fois sur nos pratiques.

De plus nous avons un point commun, Christophe vient comme moi du monde de l’industrie, et s’est reconverti pour profiter de sa passion pour la photo. Je luis laisse la parole !

Photo en pose longue : interview de Christophe Audebert, photographe et auteur

Pour commencer, peux-tu te présenter : quelle est ton activité en photographie et à qui tu t’adresses ?

J’ai 64 ans et suis photographe professionnel depuis 2004 (photo 1).

Je suis installé sur le bassin d’Arcachon. Après avoir passé 20 ans comme responsable marketing et communication, j’ai décidé en 2004 de me consacrer à 100% à ma passion pour la photo et j’ai suivi une formation pendant un an à l’école Spéos, à Paris.

Puis j’ai développé pendant 18 ans une activité comme photographe Corporate.

En parallèle pour mes projets personnels :

J’ai remporté des prix avec la série « Ici et Là » qui met en scène des couples d’amoureux dans des endroits anti-romantiques,

Une deuxième série « Endless Waters » utilisant la technique du bougé intentionnel de l’appareil photo. Celle-ci montre des paysages marins avec un rendu abstrait, quasi pictural.

Et une troisième série primée « Liquid Time », qui montre en pose longue des paysages à la fois urbains (New York, Venise, Paris) et naturels (Islande, France, Royaume-Uni, Irlande, Iles Féroé).

Mon premier livre aux Editions Eyrolles « Les secrets de la pose longue » parait en 2017, puis un deuxième ouvrage fin 2018, « Les secrets du mouvement en photographie » également édité chez Eyrolles.

Je me consacre aujourd’hui à des formations, stages et voyages photo pour enseigner la prise de vue sur le terrain avec en particulier les techniques qui visent à exprimer le mouvement, et la pose longue.

Christophe Audebert

Christophe Audebert

Comment t’es venu cet intérêt pour la photo en pose longue et l’effet de mouvement ? Surtout à une époque qui prône la (sur)netteté des images.

J’étais fasciné par les photos de Michael Kenna, photographe anglais très novateur dans la technique de pose longue.

Ses tirages noir et blanc sont de toute beauté.

D’autres photographes plus récents comme Michael Levin et Joel Tjintjelaar m’ont grandement inspiré.

Notre époque qui prône la (sur)netteté des images ne crée pas pour moi un conflit avec la pose longue, car si les éléments mobiles (nuages, eau…) deviennent flous sur la photo en pose longue, les éléments fixes (maisons, rochers…), eux doivent être parfaitement nets pour que la photo soit réussie.

Quant au mouvement en photographie, je l’ai vraiment découvert pendant mon cursus à l’école Spéos où des travaux devaient être réalisés sur cette thématique.

Pour moi la photographie en tant qu’image fixe a le pouvoir d’être plus évocatrice du mouvement que la vidéo, notamment avec l’utilisation de vitesses lentes.

Sans spoiler ton livre, quelle différence fais-tu entre vitesse lente et pose longue ?

Je vois parfois sur internet des photos de rue avec par exemple un piéton flou accompagné d’un commentaire : « quelle belle pose longue ! ».

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

Pour moi il s’agit d’un autre univers : les vitesses lentes.

Elles se différencient de la pose longue dans le sens où la pose longue fait appel à un équipement spécifique (filtres ND, trépied et télécommande) et surtout à un état d’esprit particulier : recherche de lieux qui se prêtent à cette technique, travail soigné de sa composition sur trépied, pratique de la lenteur (certaines photos atteignent 2 minutes voire plus) et de la patience.

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

Ici pas de photos en mode rafale !!!

Pour revenir aux vitesses lentes, nul besoin d’équipement particulier : il faut d’abord identifier un sujet en mouvement, puis l’exprimer en choisissant une vitesse d’obturation adaptée, souvent inférieure au 1/60 s.

Le sujet en action devient flou : c’est ce qui fait dire à notre cerveau que le sujet est en train de se déplacer.

Comment prépares-tu une sortie photo ? Est-ce que tu sors avec une idée ? Tu préfères prendre des photos en journée ou le soir (lightpainting ou pas) ?

J’aime bien préparer mes sorties en regardant la topographie sur Google Maps, les marées sur maree.info, la météo sur meteoblue et windy.

Mais parfois en déplacement non programmé, une belle lumière peut guider mon trajet à condition qu’il y ait un sujet derrière.

J’attache beaucoup d’importance à avoir une intention en tête, par exemple exploiter le brouillard pour faire du minimalisme, sortir à un moment de la journée où les gens sont peu présents pour renforcer le côté sauvage, ou au contraire capitaliser sur l’humain à un moment où les personnes sont de sortie.

J’adore retourner régulièrement aux mêmes endroits, notamment près de chez moi, et profiter des opportunités météo.

On vante souvent les belles lumières de début et de fin de journée. Je ne m’en prive pas, surtout sur le Bassin d’Arcachon où les orientations Ouest (coucher de soleil sur l’océan) et Est (lever du jour au cap Ferret), sont parfaites.

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

L’heure dorée et l’heure bleue sont mes moments préférés, mais je sors fréquemment en journée, surtout si la qualité des nuages est au rendez vous.

J’y attache une grande importance pour la pose longue: j’ai d’ailleurs développé un chapitre sur ce sujet avec une catégorisation des types de nuages, dans la réédition de mon livre.

Comment se déroule une sortie photo ?

Mon équipement est toujours prêt.

Dans mon sac photo j’emporte systématiquement toutes mes optiques, mes deux boîtiers, batteries chargées et cartes mémoire vidées, le kit de filtres ND et ma télécommande.

Le trépied reste en permanence dans le coffre de ma voiture.

Quand je décide de sortir, j’ai un lieu en tête et un deuxième si les conditions ne s’avèrent pas optimales.

Une fois sur le terrain, j’observe longuement le paysage.

Non seulement ça fait partie du plaisir mais ça aide à bien se positionner par rapport à la lumière et à bien identifier le sujet principal.

En pose longue, je réalise plusieurs prises de vue à des durées différentes en changeant de filtres ND : par exemple 1 seconde, 10 secondes, 30 secondes, 1 minute, 2 minutes…

L’idée est de conserver les textures dans les nuages et sur l’eau avec de courtes poses, et d’aller jusqu’à un rendu épuré avec des durées plus longues.

Comment trouves-tu l’inspiration ?

Je vais régulièrement visiter des expositions de grands photographes : voir des tirages plutôt que des images sur écran est toujours un plaisir.

J’ai une bonne collection de beaux livres photo, couvrant toutes les disciplines de la photographie.

Quels que soient les domaines (portrait, photo de rue…), on peut y trouver l’inspiration, et même dans les œuvres de peintres.

Je complète par une veille sur Instagram et la presse photo.

Qu’est-ce qui est important pour toi dans le rendu final de tes photos ? Une impression ? Un style ? Une ambiance ? …

Bien qu’il m’arrive de faire des cadrages serrés, j’aime bien montrer le contexte et les ambiances avec un plan large.

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

D’une manière générale, j’essaie d’exploiter le potentiel d’une scène, en prenant mon temps, en testant plusieurs compositions et durées.

L’important pour moi est d’avoir donné le maximum lors des prises de vue.

Pas de recherche particulière d’un style. Je considère que celui-ci transparaît à la vue du travail général d’un photographe.

Si mes photos peuvent raconter une histoire, tant mieux mais ce n’est pas une quête systématique.

As-tu une anecdote croustillante/drôle de photographe à citer ?

En février 2018, je suis parti une semaine avec deux amis photographes pour faire des poses longues en Bretagne.

Nous logions chez l’habitant.

Il a fait beau toute la semaine pratiquement sans nuage.

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

Le premier jour le propriétaire était ravi de nous annoncer du grand soleil : vous voyez en Bretagne il fait beau !

Secrètement nous espérions des ambiances dramatiques, mais nous n’avons rien laissé paraître.

Le deuxième jour, idem, le propriétaire n’était pas peu fier : « Bonne nouvelle ! Grand soleil aujourd’hui encore ! »

Nous lui avons expliqué ce que nous espérions. Il a compris notre point de vue.

Les matins suivants son annonce avait changé : « Mauvaise nouvelle ! Grand soleil aujourd’hui encore ! ».

Le photographe de paysage n’a pas toujours les mêmes souhaits que les vacanciers !

Parle-nous de tes projets personnels et de ton actualité, quels sont-ils ? Comment tu y travailles ?

Je continue à animer des formations d’une journée sur la pose longue et le mouvement en photographie, en me déplaçant dans les photos clubs de la Fédération Photographique de France partout dans l’hexagone.

En complément, en tant que prestataire d’un agent de voyages photo, je continue d’animer des stages de trois jours au Mont St Michel, St Malo et depuis cette année j’ai ajouté une nouvelle destination : le Bassin d’Arcachon.

Cette région offre un gros potentiel photographique avec des paysages variés (dune du Pilat, ports ostréicoles, plages océanes…).

Je me suis fixé trois axes de travail : photos minimalistes (il y a souvent une absence de premiers plans),

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

photos à l’heure bleue et de nuit (l’orientation plein ouest est idéale)

Christophe Audebert photographe

© Christophe Audebert

et une série avec une ou deux personnes mises en scène dans les paysages naturels.

Pas de nouveau livre à venir pour l’instant.

Pour finir, où peut-on te trouver pour en savoir plus sur toi ? Site web ? Réseau social ? Lieu ?

Site web: https://www.christopheaudebert.com
Instagram: christopheaudebertphoto
Facebook : christophe.audebert.96

Merci à Christophe qui a bien voulu se prêter au jeu de l’interview, je vous invite à visiter son site et ses réseaux, vous y trouverez des pépites !

Si vous avez aimé cette interview, vous aimerez aussi celles de Denis Dubesset, d’Eric Forey et de Gildas Lepetit-castel.


La photo de rue selon Gildas Lepetit-Castel, photographe

Gildas Lepetit-Castel est photographe, mais l’homme a d’autres cordes à son arc. Il est aussi enseignant en photographie, formateur, cinéaste, éditeur et auteur de livres de photographie et auteur de livres sur la pratique photo.

Je vous ai souvent parlé de ses livres, comme L’inspiration en photographie ou Les secrets de la photo de rue. J’ai fait la connaissance de Gildas il y a de nombreuses années, j’ai eu le plaisir de l’interviewer sur le stand Nikon Passion au salon de la photo, nous nous sommes croisés plusieurs fois sur des évènements photo comme le festival VIF de Vincennes.

Lorsque j’ai initié cette série d’interviews de photographes pros, j’ai tout de suite pensé à lui. Il a accepté de jouer le jeu, alors voici ce qu’il faut savoir de son parcours, vous allez adorer !

La photo de rue selon Gildas Lepetit-Castel, photographe pro

Pour commencer, peux-tu te présenter : quelle est ton activité en photographie et à qui tu t’adresses ?

Je m’appelle Gildas Lepetit-Castel, nom d’usage un peu long issu de mes deux parents, mais j’essaie surtout de faire mon propre chemin. La photographie me l’a permis, je devais avoir autour de 18 ans lorsque j’ai découvert la chambre noire et sa magie addictive. Depuis elle structure ma vie.

Je l’enseigne dans des écoles supérieures et à travers des ouvrages techniques pour les éditions Eyrolles, grâce à des visio-conférences (2 cycles par an) ainsi que des workshops dans toute la France.

Je réponds également à des commandes de création par exemple pour le Louvre Lens, tout en tentant de poursuivre ma pratique personnelle, qui prend essentiellement corps sur le papier (tirages, livres…).

Gildas Lepetit-Castel

Gildas Lepetit-Castel © Flore-Willefert

Comment t’es venu cet intérêt pour la photo de rue ?

Au lycée où j’ai découvert la photo, on a eu la chance d’avoir une prof qui ne nous bourrait pas de théorie mais nous faisait marcher dans la ville pour prendre des images.

On peut écrire partout avec la lumière, mais dans la rue elle a une saveur particulière, et surtout une intensité en constant mouvement.

Un voyage à Londres fut également décisif dans mon approche et ma pratique de la photo de rue, je le décrypte d’ailleurs dans un ouvrage sorti tout récemment « LONDRES NOTHING MORE THAN FEELINGS », qui mêle images urbaines atmosphériques noir et blancs et récits.

Comment prépares-tu une sortie photo ?

En général la veille au soir ou très tôt le matin du départ !

Premièrement en préparant une paire de baskets confortables et des chaussettes épaisses. Puis ensuite, dans un petit sac qui n’a pas forcément l’apparence d’un sac photo, je place :

  • 2 boitiers, généralement de vieux reflex EOS (500N ou 300) montés de 50 mm f/1,4,
  • ou selon l’envie ou le projet des appareils demi-format (Olympus PEN EE),
  • quelques films 400 iso,
  • un jeu de piles,
  • un chiffon antistatique
  • et… un baladeur MP3
  • ainsi qu’un livre de poche qui m’inspire pour passer le temps lors du trajet.

Clairement, le plus important dans tout cela c’est le choix du film et le choix de le pousser ou non, il doit me permettre d’obtenir la matière que je souhaite donner formellement au projet. C’est donc lui, associé au développement qui donnera la tonalité souhaitée à mes images.

NIGHT-FOG-Gildas-Lepetit-Castel

NIGHT FOG © Gildas-Lepetit-Castel

Comment se déroule une sortie photo ?

Généralement bien !

Je pars tôt pour ne pas perdre de temps et exploiter toutes les lumières.

Et puis parce que le matin la ville est encore endormie, il s’en dégage une atmosphère flottante propice aux images que j’aime, c’est-à-dire aux rues un peu rêveuses et surtout dénuées de passants.

Je ne prends pas de carte, je marche, marche, marche, et oublie volontairement ma montre pour ne pas compter mon temps… et ça fait partie du jeu : j’aime me perdre pour mieux me retrouver.

Si le temps et le portefeuille me le permettent je reste au moins 2 jours quelque part pour pouvoir appréhender de nuit les espaces et ainsi les percevoir différemment.

J’aime beaucoup les hôtels, ils font partis du voyage et me permettent de travailler confortablement la nuit, de réfléchir, d’écrire, voire de développer en cas d’extrême urgence un film !

Parfois je reviens les poches pleines d’images à développer… Parfois avec très peu d’images. Il n’y a pas de règle, c’est une question de feeling et de rencontres.

MOI-NON-PLUS-Gildas-Lepetit-Castel

MOI NON PLUS © Gildas-Lepetit-Castel

Comment trouves-tu l’inspiration ?

L’inspiration vient généralement avant le départ, à travers mes recherches, mes lectures, les films, les musiques, les œuvres qui me nourrissent quotidiennement.

Ce temps de découverte est essentiel à mon équilibre. Ce sont donc tous ces coups de cœurs qui me guident ensuite naturellement lors de mes déambulations urbaines.

Une peinture restée dans le coin de ma tête peut alors guider un cadrage ou inciter à jouer avec l’éclairage pour retrouver une ambiance …

Un film peut par exemple m’inspirer atmosphère ou même une séquence photographique, etc, etc.

Mais lorsque je crée, je pense rarement de manière isolée, je pense en LIVRE, c’est-à-dire avec des échos entre les images, je cherche à créer une série qui pourra se déployer à travers les pages.

Tu parles aussi d’expiration, ce qui est plutôt unique. Peux-tu préciser la différence que tu fais entre les deux (inspiration/expiration) ?

Oui c’est un peu devenu ma marque de fabrique, mais il faut bien admettre qu’à force d’inspirer il est nécessaire d’expirer !

Expirer des images est un terme que j’avais utilisé dans un monologue pour mon long métrage « Ma Rencontre » (sorti en 2020 et visible en accès libre sur ma chaîne YouTube).

Il m’avait encore plus parlé lors du confinement. On était enfermé et on avait tous envie de respirer hors de chez soi… Pour garder du lien et passer le temps, j’avais lancé des petites vidéos intitulées : « Expirer des images » pour guider les gens à regarder autrement le quotidien et à savoir en extraire des images singulières.

C’est ça pour moi : « expirer des images ».

Réussir à digérer toutes ses inspirations, puis parvenir à creuser dans le double fond des choses qui nous entourent pour enfin en produire (expirer) des images qui nous ressemblent.

LE-RIDEAU-LYNCH-Gildas-Lepetit-Castel

LE RIDEAU LYNCH © Gildas-Lepetit-Castel

Qu’est-ce qui est important pour toi dans le rendu final de tes photos ? Une impression ? Un style ? Une ambiance ?

La seule chose qui est importante à mes yeux c’est la SINCERITE.

A une époque où l’artificiel domine même l’intelligence, la sincérité est primordiale pour moi.

Ceci induit une forme de justesse sensible, liée à mon ressenti, mes sentiments, mes sensations, mes impressions.

Il faut que mon image, sa composition, son cadrage mais aussi et surtout son support, sa taille, sa matière parvienne à retranscrire mes émotions. Je ne cherche pas la belle image qui plaise à tout un chacun mais une image qui véhicule un ressenti.

Tu pratiques aussi la photo argentique. Comment cela influence ta prise de vue ?

Je ne pratique QUE la photo argentique.

J’utilise le numérique (contre qui je n’ai rien) que pour de rares commandes qui seraient, pour des raisons financières ou de timing, impossibles à traiter autrement. Et également lorsque je réalise des films, car je tourne avec un EOS 6D.

L’argentique est MON écriture, je suis incapable de shooter de la même manière, c’est-à-dire aussi naturellement et instinctivement, en numérique.

Les raisons ?

Une question d’habitude, cela fait plus de 20 ans que je vois en argentique, mais également la matière que ce support m’offre sans avoir à la rajouter artificiellement dans des logiciels de post-production.

La latence (le fait de ne pas voir immédiatement l’image et de rester dans le doute) rythme donc ma pratique et engendre une tension que je considère propice à la création.

J’admets que le coût délirant actuel des consommables argentiques me freine quelque peu…

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NAKED NOTES © Gildas-Lepetit-Castel

As-tu une anecdote croustillante/drôle de photographe à partager ?

J’en ai plein, dans divers registres.

Que ce soit une personne qui t’interpelle froidement parce que tu as osé photographier son ombre et qui te dis bien fort à moultes reprises : « C’est mon ombre ! Vous n’avez pas le droit, c’est mon ombre !! ».

Ou bien une personne qui souhaite (youpi) t’acheter une image mais pour des raisons de lecture / compréhension très personnelles qui n’ont strictement RIEN à voir avec ce que toi tu as vu en déclenchant…

La photo est un médium ouvert et propice aux interprétations les plus folles. C’est une des choses qui rend la pratique de la photo passionnante.

Ghost Man-Gildas-Lepetit-Castel

Ghost Man © Gildas-Lepetit-Castel

Parle-nous de tes projets personnels et de ton actualité, quels sont-ils ? Comment tu y travailles ? Un nouveau livre ??

Il y en a bien plus que je n’ai de temps à y consacrer hélas ! Je travaille énormément, en moyenne 16 h par jour et je dois, pour des raisons financières, faire passer les projets alimentaires en priorité.

Cependant je viens de terminer le gros livre sur l’impact de LONDRES dans mon processus créatif, je viens également de rééditer un petit livre de pensées sur la photo : « NOTES pour expirer des images » et je prépare deux nouveaux ouvrages monographiques ainsi qu’un autre théorique.

Je démarre également comme chaque année un cycle de conférences en visio sur l’histoire et la pratique de la photographie et c’est toujours un immense plaisir d’échanger avec les participants.

Enfin j’espère avoir cette année un peu de temps à consacrer à un nouveau long métrage qui me titille depuis des mois.

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LONDRES feelings © Gildas-Lepetit-Castel

Pour finir, où peut-on te trouver pour en savoir plus sur toi ? Site web ?

Un peu partout, je cours partout, sur les réseaux, le vieux Facebook, Instagram et via mon site : www.gildas-lepetit-castel.com, pour toute demande un mail et hop je réponds généralement dans la journée sauf si je suis parti shooter la rue !

Merci à Gildas pour ces réponses, découvrez-le vite via les liens ci-dessus.

Vous aimerez aussi les interviews de Denis Dubesset, de Christophe Audebert et d’Eric Forey.


Photo urbaine et architecture avec Eric Forey, photographe professionnel

La première fois que j’ai rencontré Eric Forey, c’était au salon de la photo. Déjà une interview sur le stand Nikon Passion, à l’occasion de la sortie de son livre sur les séries photo (Serial Photographer). J’avoue avoir été séduit par le personnage (si si Eric !!), sa générosité, sa sincérité, son franc parler aussi.

Nous avons des pratiques proches en photographie, intéressés tous les deux par la ville. J’échange régulièrement avec Eric, étudie ses photos (et lui pique des idées, ben oui …), il reste une de mes sources d’inspiration (flatterie quand tu nous tiens …). Alors quand est venue l’idée de publier une série d’interviews de photographes pros et passionnés, son nom est apparu très vite dans ma liste. Quelques jours plus tard je recevais ces mots et ces photos que je vous partage bien volontiers. 

Photo urbaine et architecture avec Eric Forey, photographe professionnel

Les secrets du City Trip Photo, chez vous via Amazon

Pour commencer, peux-tu te présenter : quelle est ton activité en photographie et à qui tu t’adresses ?

J’ai 55 ans je fais de la photo depuis 45 ans, je suis professionnel dans ce domaine depuis 2007.

Mon activité aujourd’hui tourne autour du partage de ma passion pour la photo en milieu urbain. Souvent les photographes sont effrayés par ce milieu alors que nous y passons tous plus ou moins de temps un jour ou l’autre, je me suis donc fixé pour mission (ahaha quelle prétention…) de faire partager ce plaisir pour ce type de photo, par :

  • le partage de ma production photographique sur les réseaux sociaux ou en exposition,
  • l’écriture de livres aux éditions Eyrolles,
  • l’animation de conférences auprès de clubs photo par exemple
  • mais aussi et surtout par l’animation d’ateliers, de stages et de voyages centrés sur la photographie urbaine.

En 2023 il y au programme La Grande Motte, Le Havre, Lyon (ma ville), Paris, Berlin, Londres, Bordeaux, Rennes…

J’ai la chance aussi d’avoir écrit l’un des très rares livres sur les séries photographiques (pas seulement de photos urbaines), et j’anime donc des ateliers sur cette problématique.

Comment t’es venu cet intérêt pour la photo urbaine et l’architecture (mais pas que, je sais …) ?

Mon père était un fou de photographie et m’a offert pour mes 10 ans mon premier appareil reflex et comme nous habitions en ville, et bien ce fut forcément mon premier terrain de jeu. Et il se trouve, coup de bol, que j’adore la ville, j’ai donc continué.

J’aime les villes comme certains aiment les humains, j’aime leurs personnalités multiples, leurs lumières, leurs sons, leurs bons et leurs mauvais côtés. J’aime les mettre en valeur. J’aime essayer de montrer qu’avec un œil un peu différent on peut rendre beau le moche.

Pour moi un bâtiment n’est jamais qu’un simple amas de béton, c’est toujours le résultat du travail de nombreuses personnes, de l’architecte au peintre, du gars qui bosse dans l’usine de fenêtres à celui qui a planté l’arbre dont est issue la porte d’entrée.

Photographier l’architecture c’est parler de tous ces gens-là (tout au moins pour moi).

Eric Forey

photo (C) Eric Forey

Quelle différence fais-tu entre photo urbaine et photo de rue ? C’est confus pour beaucoup de photographes amateurs.

Pour moi, la classification serait plutôt comme ça :

La photo d’architecture est celle qui se concentre quasi exclusivement sur les constructions . Ce qui sous-entend que la campagne peut aussi être un terrain de jeu pour ce type de photo.

Un pont, un hangar, ou un château d’eau ne sont pas forcément en ville, même si bien sûr la ville reste le domaine privilégié.

La photo de rue, c’est capturer un instant de vie avec des êtres vivants, couper un petit morceau d’histoire pour lui offrir un temps de vie long. On peut chercher le moment drôle, l’esthétique d’un lieu magnifié par l’humain, les interactions entre humains et animaux etc etc.

La photo urbaine, c’est tout ce qui peut être pris dans une ville. Cela regroupe bien sûr la street et l’archi, mais aussi le paysage urbain, l’abstrait, le graphisme (j’anime d’ailleurs deux formations sur cette thématique à l’automne 2023), l’animalier, le conceptuel etc. Le point commun est le territoire urbain.

Comment prépares-tu une sortie photo ? Est-ce que tu sors avec une idée ?

Ce que j’explique dans mon dernier bouquin chez Eyrolles « les secrets du city trip photo » est valable que ce soit pour une sortie de courte durée ou pour un séjour un peu plus long dans une ville. Il faut un mélange des deux.

Il faut sortir avec une envie (la photo sans intention ce n’est pas terrible) mais rester ouvert à l’imprévu.

Trop cadré, on risque de s’ennuyer, trop libre on risque de se disperser.

L’intention, quelle qu’elle soit, reste le déclencheur. Ça peut être l’envie de découvrir un nouveau lieu ou d’aller épuiser les ressources d’un endroit bien connu, un sentiment particulier, des conditions météo spéciales, à chacun son intention.

Pour la préparation c’est très variable, sur un week-end dans une ville inconnue, oui je prépare pour ne pas perdre de temps, dans des endroits connus je peux partir sans vraiment préparer, juste mené par une envie ou un état d’âme.

Quand je travaille sur une série, l’idée peut être très très précise de temps en temps.

Comment se déroule une sortie photo ? Il n’y a rien de véritablement écrit, c’est selon le lieu, l’humeur, la fatigue. Pas de schéma vraiment établi.

Eric Forey

photo (C) Eric Forey

Comment trouves-tu l’inspiration ?

L’inspiration peut venir du lieu en lui-même, mais aussi du travail en série.

Je m’inspire beaucoup de littérature, de peinture, j’ai de nombreux points d’intérêts non forcément liés à la photo mais qui me nourrissent en permanence.

Parfois quand je n’arrive plus à me nourrir de tout ceci par manque de temps, je stoppe quelque temps les prises de vues pour retrouver de la matière pour m’exprimer.

Qu’est-ce qui est important pour toi dans le rendu final de tes photos ? Une impression ? Un style ? Une ambiance ?

Que ça corresponde à ce que j’ai vu lors de la prise de vue.

Mais aussi essayer de traduire ce que je ressentais à ce moment-là. Je sais que ce discours peut paraître bizarre pour un photographe qui fait de l’archi, mais je me sers de l’archi pour parler de moi. Et parfois cela parle à d’autres ou cela peut leur parler d’eux aussi.

Eric Forey

photo (C) Eric Forey

As-tu déjà utilisé ta pratique de la photo urbaine à la campagne ? Si oui, est-ce que cela a été facile ? En quoi était-ce différent (dans l’exercice même) ?

Ce n’est pas vraiment différent, c’est juste la quantité de choses à photographier qui est différente.

Alors soyons clairs, en rase campagne je pratique plutôt le paysage, mais dès qu’une construction pointe le bout de son nez on peut se lâcher…

Les villages sont une source forte aussi. La photo urbaine n’est pas obligée de s’intéresser seulement au moderne. J’ai par exemple ma série sur les anciennes boutiques qui est composée aussi bien de photos prises en ville que dans des villages.

As-tu une anecdote croustillante/drôle de photographe à citer ?

Pas d’anecdote particulière mais je prends toujours beaucoup de plaisir, lorsque je prends des choses inhabituelles ou dans une position un peu extravagante, à regarder trébucher les gens qui essayent de regarder et comprendre ce que je prends en photo.

C’était un grand plaisir de mes enfants quand ils étaient petits d’observer ce spectacle et je dois avouer m’être quelques fois organisé pour que cela arrive presque à coup sûr.

Parle-nous de tes projets personnels et de ton actualité, quels sont-ils ? Comment tu y travailles ? Un projet de livre je crois savoir …

Je commence déjà à réfléchir à mon programme d’ateliers et formations de 2024.

J’aimerais pouvoir proposer la formation sur les séries photos ailleurs qu’à Lyon ou Arles.

Pour la photographie urbaine j’aimerais aussi aborder de nouvelles villes telles que Strasbourg ou Toulouse. Il faut que je trouve un peu de temps pour me rendre sur place et préparer ça.

Pour les voyages, je renouvellerai Berlin (qui est déjà complet), sûrement Londres. Je voudrais aussi imaginer d’autres villes, Barcelone, Valence, Bilbao, Rotterdam… Là aussi, il va me falloir trouver un peu de temps pour préparer cela. Tout ne sera pas mis en place tout de suite mais je vais m’y atteler.

Je suis aussi et surtout en train de travailler sur un nouveau livre chez Eyrolles qui devrait sortir avant le prochain salon de la photo de Paris. Ce ne sera pas un livre sur la photo animalière, il devrait plutôt parler de choses construites…

Eric Forey

photo (C) Eric Forey

Pour finir, où peut-on te trouver pour en savoir plus sur toi ? Site web ? Réseau social ? Lieu ?

Mon site pour mes formations et ateliers : https://www.formations-photo.fr/
Mon site d’auteur photographe : https://ericforey.com/
Mon Instagram : https://www.instagram.com/eric_forey/
Mon Facebook : https://www.facebook.com/ef.kalaphoto

Merci à Eric Forey pour cet échange, vous aimerez aussi l’interview de Denis Dubesset, photographe naturaliste, de Gildas Lepetit-castel et de Christophe Audebert.


Photo nature, macro et minimaliste : interview de Denis Dubesset, photographe et auteur

Derrière chaque photographe se cache un parcours, des pratiques, une méthode d’approche et de travail en photographie. Vous aimeriez en savoir plus sur les photographes pros dont vous appréciez les photos ? Voici le parcours de Denis Dubesset, photographe, auteur et amoureux de la nature.

Photo nature, macro et minimaliste : interview de Denis Dubesset, photographe pro

J’ai eu plusieurs fois l’occasion de rencontrer Denis Dubesset et d’échanger avec lui. Nous avions même animé une conférence en commun lors du Salon de la photo 2019. Bien que n’étant pas photographe naturaliste moi-même, j’apprécie les photos de Denis, tout comme ses livres, et en particulier celui qui n’est jamais bien loin de mon bureau et m’a permis de travailler sur mon style en photographie.

Plutôt que de vous faire un long discours sur Denis, j’ai préféré lui laisser la parole : un questionnaire personnalisé, des réponses en toute transparence, voici l’interview de Denis Dubesset photographe pour Nikon Passion !

Pour commencer, peux-tu te présenter : qui est Denis Dubesset, quelle est ton activité et à qui tu t’adresses ?

J’ai 44 ans, j’habite dans le Var en Provence et je suis passionné de photographie depuis 2008 (photographe professionnel depuis 2012).

Mon activité est multiple :

  • je propose mes services de photographe de reportage,
  • j’expose mon travail personnel lorsque j’en ai l’occasion,
  • je suis rédacteur occasionnel dans la presse spécialisée,
  • je tiens un blog sur la photographie dans lequel j’aborde les thèmes qui m’intéressent le plus (www.33iso.com),
  • je suis formateur
  • et j’ai publié cinq livres aux éditions Eyrolles.

Les thèmes de mes ouvrages sont le cadrage, la photographie rapprochée, le minimalisme et le style en photographie. J’ai eu la chance que tous ces ouvrages soient traduits et diffusés dans divers pays d’Europe (Allemagne, Espagne, Italie), mais aussi au Brésil.

Enfin, je tiens parfois des conférences dont les thèmes sont liés aux livres que j’ai écrits.

Comment t’es venu cet intérêt pour la photo nature ?

C’est venu tout simplement.

Depuis mon enfance, l’environnement dans lequel j’évolue est naturel. Je n’ai jamais vraiment habité en milieu urbain ou seulement de manière ponctuelle. Depuis toujours, je suis observateur et contemplatif.

C’est principalement pour cette raison que la photographie a été une révélation pour moi : je pouvais donner un support à ma personnalité. C’est instinctivement que j’ai pointé mon objectif vers ce qui me passionnait le plus : la Nature.

Le fil rouge qui lie mon travail est d’ailleurs le regard que pose l’humanité sur la nature et la manière qu’il a de la respecter, de la transformer ou de la détruire.

Denis-Dubesset - Coccinelle

photo (C) Denis Dubesset

Tu t’es aussi spécialisé dans la photo macro et la photo minimaliste (avec en toile de fond la nature). Pourquoi ? Comment ?

Initialement, lorsque je me suis intéressé à la photo, j’ai été captivé (et je le suis toujours) par la possibilité de me servir de l’optique de l’appareil photo pour observer les détails qui nous entourent.

Des détails qui sont parfois peu visibles à l’œil nu et qui échappent au regard des autres. Au départ, j’utilisais mon appareil un peu comme une loupe, pour voir la nature en gros plan, puis c’est devenu une véritable fascination.

D’abord, je me suis spécialisé dans la photo de petits animaux et progressivement, j’ai traité aussi d’autres sujets (végétaux, eau et même la lumière elle-même). À force de voir la nature en gros plan, j’ai pris goût aux formes simples et graphiques. J’ai commencé à opter pour des compositions qui suggèrent les choses plus qu’elles ne montrent.

C’est grâce à la macro que j’ai commencé à m’intéresser à la photographie minimaliste et à devenir de plus en plus créatif. Par la suite, j’ai souhaité transposer cette esthétique vers la photo dite « classique ». Par exemple, il est généralement admis que les compositions de paysage doivent fourmiller de détails alors que moi, je recherche constamment à utiliser le moins de motifs possible.

Denis-Dubesset - deux fleurs

photo (C) Denis Dubesset

Comment prépares-tu une sortie photo ? As-tu toujours un objectif macro avec toi ? Même si tu cherches à faire de la photo minimaliste ?

Dans les premiers temps, je voulais que mon sujet apparaisse le plus nettement possible sur mes clichés dans la droite lignée de l’école naturaliste (afin de déterminer l’espèce animale ou l’essence végétale photographiée).

Mais après quelques années, mes préoccupations ont donc changé. Je me sentais encombré par la quantité de matériel que j’emportais avec moi (trépieds, éclairages artificiels, diffuseurs…). En même temps que mes goûts esthétiques ont évolué vers des compositions épurées, j’ai allégé mon matériel.

Maintenant, il est très fréquent que je n’emporte avec moi que mon boitier (Nikon bien sûr) et mon objectif photo. J’aime bien le sigma 150 mm macro pour sa longueur focale me permettant d’obtenir de beaux flous sans faire de concessions sur le piqué de l’image.

J’emporte parfois plus de matériel (bagues allonge, trépied, lampe led), mais lorsque je le fais, j’essaie d’être peu encombré pour ne pas interférer sur ma liberté de mouvement. J’aime en effet prendre des positions un peu alambiquées pour obtenir des angles de vue atypiques.

Du coup, comment se déroule une sortie photo ?

Je ne vais pas toujours au même endroit. Selon les moments de l’année, la nature nous offre différents spectacles. En macro, la saison chaude (à partir du printemps) est évidemment plus généreuse, car on rencontre dans la nature énormément de sujets, mais en hiver, j’essaie de sortir de temps en temps afin de traiter des thèmes différents. Les formes végétales, la glace, les mousses ou les champignons sont autant de sujets fascinants.

Lors de mes sorties, j’ai parfois une idée en tête (sujet spécifique), mais bien souvent, je me laisse guider par ce que je rencontre. Il n’y a pas de règle. Parfois, au bout de quelques mètres je trouve quelque chose d’intéressant. D’autres fois, je marche longtemps avant de rencontrer un détail qui m’interpelle.

Denis-Dubesset - maison neige

photo (C) Denis Dubesset

Comment trouves-tu l’inspiration ?

Ce n’est pas forcément simple de répondre à cette question. L’inspiration est quelquefois généreuse, tandis qu’elle nous délaisse à certains moments. C’est évidemment la nature qui m’inspire et je ne fais que « cadrer au bon endroit ».

Il arrive que nous ayons l’impression de faire toujours un peu les mêmes images et puis un déclic se produit et nous faisons une découverte qui change notre perception des choses. C’est alors tout un nouveau monde qui s’ouvre à nous.

Dans mon livre « les secrets de la macro créative 2ᵉ édition » je donne le maximum d’astuces et d’exemples pour ne pas être en panne d’idée. Je fais un tour d’horizon d’un maximum de sujets en expliquant à chaque fois les différentes façons d’aborder chaque sujet.

Qu’est-ce qui est important pour toi dans le rendu final de tes photos ? Une impression ? Un style ? Une ambiance ? … Tu as d’ailleurs écrit un livre sur le sujet.

J’essaie de prendre des clichés dans lesquels les spectateurs vont avoir envie d’entrer et de projeter leur imaginaire.

Cela passe souvent par la recherche d’une atmosphère, d’une lumière singulière. Je revendique une filiation (en toute humilité bien sûr) avec les peintres impressionnistes, mais aussi les estampes des peintres asiatiques Hiroshige ou Hokusai ou encore les « peintres chinois de la voie excentrique ».

Mes clichés seraient un peu un mixte entre ces courants. Lors d’expositions, mes images provoquent parfois un questionnement. S’agit-il de photo ou de peinture ? Bien que je ne la recherche pas, cette ambiguïté ne me gêne pas.

Denis-Dubesset - Libélule

photo (C) Denis Dubesset

Parle-nous de tes projets personnels et de ton actualité, quels sont-ils ? Comment tu y travailles ? Un projet de livre ?

Je suis en train d’écrire un livre d’un nouveau genre, toujours sur l’apprentissage de la photographie. Je suis désolé de ne pas pouvoir en dire plus, mais pour l’instant ce n’est pas encore assez abouti pour en exposer les détails (mars 2023). J’espère arriver au bout de ce projet d’ici à la fin de l’année.

J’ai aussi finalisé un ouvrage intitulé « Contes et légendes de Bord de mer ». Dans ce travail, je suis parti d’un projet dont le thème était le bord de mer. À partir des photographies que j’ai pu faire, j’ai ensuite imaginé des histoires. Les textes viennent donc illustrer les photos plutôt que l’inverse.

Je suis également en train de monter une exposition dans le cadre de l’événement Art et Vin. J’indiquerai le lieu prochainement sur les réseaux sociaux.

Pour finir, où peut-on te trouver pour en savoir plus sur toi ? Site web ? Réseau social ?

Pour toute demande sur mes livres, pour une formation, un conseil ou autre, vous pouvez me suivre  :

Enfin mon site internet de photographe est https://www.denisdubesset.com/

Merci à Denis d’avoir bien voulu jouer le jeu de l’interview.

Si vous avez aimé cette interview, vous aimerez aussi celles de Christophe Audebert, d’Eric Forey et de Gildas Lepetit-castel.


Telegram pour les photographes, le canal de JC Dichant

Un canal Telegram pour les photographes ? Mais de quoi s’agit-il ? Qu’est-ce donc que ce Telegram sans accent ni ‘e’ final ? Voici ce que c’est et ce que le canal Telegram de Jean-Christophe peut vous apporter.

Telegram pour les photographes, le canal de JC Dichant

Telegram pour les photographes, le canal de JC Dichant

Qu’est-ce que Telegram ?

Telegram (sans accents ni e) est une application de messagerie instantanée gratuite. Elle vous permet d’envoyer des messages, des photos et des vidéos. Elle intéresse les personnes cherchant une alternative sécurisée aux applications de messagerie comme WhatsApp et Facebook Messenger. L’univers Facebook/Meta n’est pas le plus attirant de nos jours.

Le canal Telegram de JC Dichant photographe Nikon Passion

La messagerie Telegram est rapide et sécurisée, elle utilise un système de chiffrage des échanges pour protéger vos communications. Telegram est disponible sur les smartphones et tablettes (Android et iOS), les ordinateurs et au travers d’un navigateur web.

Qu’est-ce qu’un canal Telegram ?

Basé sur l’utilisation de la messagerie Telegram, un canal Telegram est un outil de diffusion qui permet de partager du contenu texte, photos, vidéos, sondages, et Lives avec un grand nombre de personnes. Après avoir installé la messagerie Telegram, vous pouvez vous abonner à un canal (comme « Telegram pour les photographes », mon canal privé) et recevoir les messages postés par le gestionnaire du canal. Voyez un canal Telegram comme une page Facebook ou un compte Twitter, sans les inconvénients ni les travers des réseaux sociaux.

Le canal Telegram de JC Dichant photographe Nikon Passion

J’utilise mon canal Telegram pour vous partager des conseils, des infos, des photos, des contenus audio à écouter. Vous pouvez commenter ces publications, je vous réponds. Mon canal Telegram est une autre façon de rejoindre ma communauté en ligne si vous n’aimez pas les réseaux sociaux.

Particularité de mon canal Telegram, il est privé. Ceci signifie que ce qui est publié, mes messages comme vos commentaires, ne sont pas visibles par quelqu’un qui n’est pas membre du canal. Pas de Google ni de trolls entre nous !

Le canal Telegram de JC Dichant photographe Nikon Passion

Comment utiliser Telegram ?

Commencez par télécharger l’application sur votre smartphone, tablette ou ordinateur. Quand c’est fait, créez votre compte en suivant les instructions. Vous pouvez ensuite accéder à Telegram.

Pour votre usage personnel, voici comment utiliser Telegram :

  1. Ajoutez vos contacts : pour envoyer des messages à d’autres utilisateurs, ajoutez-les à votre liste de contacts dans l’application. Vous pouvez les trouver en tapant leur nom d’utilisateur ou leur numéro de téléphone.
  2. Envoyez des messages : cliquez sur son nom dans votre liste de contacts et tapez votre message dans la boîte de saisie en bas de l’écran. Vous pouvez envoyer des textes, des photos et des vidéos en cliquant sur l’icône de la caméra ou du micro dans la boîte de saisie.
  3. Rejoignez un canal : pour recevoir les messages de personnes comme moi qui partagent du contenu sur Telegram, abonnez-vous à leur canal. Pour trouver des canaux, utilisez la barre de recherche en haut de l’écran.

Pour retrouver aisément mon canal, cliquez ici.

Telegram pour les photographes, le canal privé de JC Dichant

Vous savez maintenant ce qu’est un canal, mais pourquoi proposer un canal privé ?

Pour une raison simple: je partage dans ce canal des informations plus personnelles que sur ce site, ou que sur les réseaux sociaux. Je vous parle de ma pratique photo, de mon activité de créateur de contenu sur le web, de formateur. Ce sont des sujets que j’ai plaisir à partager avec les personnes qui s’intéressent à ce que je fais. J’ai donc fait le choix de restreindre la portée de ces publications aux seules personnes qui veulent vraiment les consulter.

Le canal Telegram de JC Dichant photographe Nikon Passion

De plus, ce qui est publié sur un canal privé n’est pas indexé par Google et les moteurs de recherche. Il y a suffisamment de sujets sur Nikon Passion pour alimenter Google, je n’ai pas besoin que ce que je partage en privé y soit aussi.

Enfin privatiser mes publications sur Telegram me permet d’en garder le contrôle. Je ne tiens pas à ce que je poste se retrouve sur un autre site ou réseau social sans que je n’ai mon mot à dire.

Vous savez tout sur Telegram pour les photographes. Il vous reste à faire un choix : me rejoindre dans la communauté photo Telegram ou vous contenter de ma Lettre Photo envoyée par email. A vous de faire ce choix !


Comment acquérir une culture photographique

Vous aimez la photographie, vous maîtrisez plutôt bien la technique, mais votre problème c’est la culture photographique.

En effet, vous connaissez peu ou pas les différents domaines et les photographes reconnus. Vous avez quelques notions mais vous ne savez pas où trouver les bonnes infos. Voici de quoi satisfaire votre curiosité, grâce à Jean-Christophe Béchet et Samuel Decklerck.

Acquérir une culture photographique

Ce livre chez vous via Amazon

Ce livre chez vous via la FNAC

Acquérir une culture photographique, ça veut dire quoi ?

Acquérir une culture technique, vous savez. Il s’agit de comprendre comment fonctionne votre appareil photo, les bases de la photo, les règles, le post-traitement.

Cela fait de vous un photographe amateur, au sens noble du terme. Mais cela ne fait pas de vous un photographe possédant les moyens d’exprimer sa personnalité. Un photographe qui peut s’appuyer sur la connaissance des grands courants photographiques, des domaines principaux, pour en tirer des idées, pour s’approprier les leçons des plus grands.

Lorsque vous débutez, il est normal de ne pas avoir ces connaissances. La technique c’est rassurant, ça attire plus facilement. Seulement une fois que vous avez pris goût à la photo, vous pouvez avoir envie d’aller plus loin. Et là, ça coince.

Je vous le répète sans cesse, la connaissance est dans les livres seulement vous ne pouvez pas acheter tous les livres de photographie non plus.

Acquérir une culture photographique

Jean-Christophe Béchet que vous avez connu chez Réponses Photo il y a longtemps maintenant, a cette capacité à écrire des livres sur la photographie, et pas de parler technique uniquement. Sa petite philosophie pratique de la prise de vue photographique en est un bon exemple.

Jean-Christophe Béchet a écrit cet autre livre « Acquérir une culture photographique », en collaboration avec un autre auteur, comme c’est déjà le cas avec Sylvie Hugues pour Concevoir un portfolio de photographie. Ici il s’agit de Samuel Decklerck, professeur de philosophie.

Ne prenez pas peur tout de suite, le livre ne parle pas de philo mais bien de photographie. Le principe est simple : Samuel Decklerck s’interroge et pose les questions, Jean-Christophe Béchet y répond.

200 questions et autant de réponses, de quoi faire le tour des quatre grands domaines de la photographie que sont le portrait, le paysage, la photo de rue et la photographie plasticienne et conceptuelle.

Ne pensez pas que ce soit un beau livre de photographie, ce n’est pas le but. Par contre vous allez trouver matière à découvrir, comprendre, analyser et surtout apprendre. Avant d’oublier une bonne partie de ce que vous aurez appris, la culture est à ce prix si l’on en croit Ellen Key.

Acquérir une culture photographique

La bonne nouvelle c’est qu’une fois que vous vous serez procuré ce livre, vous pourrez le consulter aussi souvent que vous le voulez. Mon exemplaire est sur mon bureau depuis que je l’ai reçu, cela fait longtemps d’ailleurs. Je m’y replonge fréquemment.

Pour être tout à fait honnête avec vous, je ne suis pas toujours d’accord avec Jean-Christophe Béchet. Pour avoir échangé plusieurs fois avec lui, ce n’est pas nouveau, toutefois je respecte ses positions et je reconnais sans aucune difficulté qu’il en sait bien plus que moi sur le sujet. De là à dédaigner la macro et quelques autres pratiques qui ne sont pas suffisamment artistiques selon lui, il y a un pas que je ne fais toutefois pas.

Nos deux auteurs ont pris la peine d’illustrer certaines pages de photos qui viennent renforcer leurs propos lorsqu’il le faut, c’est judicieux. Le découpage en quatre domaines distincts a du sens aussi, même si la photographie dans son ensemble ne saurait se limiter à ces quatre domaines.

Le livre en lui-même reprend les codes d’ouvrages tels que Concevoir son livre de photographie. Un format pratique pour glisser le livre dans votre sac, la maquette est dense mais pas trop, c’est bien imprimé, et cela vous coutera 28 euros. Pour acquérir une culture photographique si vous n’en avez pas, avouez que c’est raisonnable.

Acquérir une culture photographique

A qui s’adresse ce livre ?

Il s’adresse déjà à tout photographe désireux d’en savoir plus sur la photographie que ce qu’il y a dans les fiches techniques des fabricants.

Il s’adresse aussi au photographe amateur qui cherche à comprendre comment passer ce cap qu’il n’arrive pas à passer.

Il s’adresse, enfin, au photographe curieux de découvrir quels pourraient être ses maîtres à penser en matière de photographie, avant d’aller plus loin en se procurant leurs livres de photographies et autres écrits.

Alors acquérir une culture photographique est-il indispensable lorsqu’on pratique la photographie ? Non, pas si vous cherchez juste à créer quelques souvenirs de votre quotidien.

Jean-Christophe Béchet s’intéresse sincèrement au monde amateur dans lequel il ne voit pas des concurrents potentiels mais un vivier d’artistes en devenir, libérés des contraintes que subissent les photographes professionnels.

Si vous souhaitez travailler plus en profondeur par contre, de façon plus personnelle, et comprendre comment c’est possible, quelque chose me dit que la culture photographique va vite vous manquer si vous n’en avez pas.

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Albert Watson, une vision de la photographie : 20 leçons pour comprendre comment ses photos ont été créées

Albert Watson fait partie des photographes qui, sans le revendiquer, se voient aujourd’hui qualifiés de Maîtres. Les images les plus connues de Watson, dont la photo d’Hitchcock et de l’oie, n’en finissent pas de faire parler d’elles. Il faut dire que le talent d’Albert Watson est tel que ces images sont devenues iconiques.

Tout comme Joël Meyerowitz avant lui, Watson s’est livré à l’exercice de la Masterclass, et à cette occasion les éditions Eyrolles publient un ouvrage dans lequel Watson vous livre 20 leçons de photographie. Attention, pas de recettes techniques ni de raccourcis dans ce livre, mais la philosophie du Maître. A étudier avec attention !

Albert Watson, une vision de la photographie

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Albert Watson, une vision de la photographie : présentation

Albert Watson est une légende. Et pourtant … si je vous dis qu’il a commencé son parcours par des cours du soir en art et mathématiques, vous vous demanderez peut-être comment il a fini photographe et Maître.

Watson avoue, dès les premières pages du livre, qu’il a découvert la photographie par le graphisme. Qu’il passait son temps dans les musées. Je ne vous dévoilerai pas la suite du livre, mais sachez qu’au travers de ces vingt leçons, vous allez découvrir l’univers du Maître, comment il pense ses images, et surtout le principe fondateur qu’il définit ainsi :

Trouvez la beauté que les autres ne voient pas, et saisissez la dans votre appareil.

Simple, dit comme ça, non ?

Mais pas si simple à mettre en œuvre lorsqu’on débute en photographie, ou que votre parcours est fait de tentatives plus ou moins heureuses de produire des images qui traduisent votre sensibilité, votre ressenti, et vos envies.

Albert Watson, une vision de la photographie

 

A la différence de Meyerowitz dont le livre s’adresse à un large public – il y est beaucoup question des fondamentaux de la photographie, du reportage, de la photo de rue – le livre d’Albert Watson adresse plutôt les photographes désireux de travailler le studio, le portrait, la publicité. 

J’ai beau avoir un penchant pour Meyerowitz, si je le cite ici ce n’est pas sans raison, j’ai beaucoup aimé le livre d’Albert Watson car il ouvre les yeux. A toujours étudier les mêmes photographes, vous finissez par tourner en rond. C’est en élargissant votre horizon que vous progressez, et ce livre va vous aider à l’élargir, votre horizon.

Avoir l’idée de mettre une oie dans les mains d’Hitchcock pour en faire la photographie illustrant une recette d’oie pour Noël, avouez que c’est osé. C’est pourtant cette image qui  a lancé la carrière d’Albert Watson.

Les 19 autres leçons sont à l’avenant. Vous irez de découverte en découverte, d’autant plus si vous ne connaissez pas l’univers d’Albert Watson.

Albert Watson, une vision de la photographie

 

Comment profiter de ce livre ?

Inutile de penser vous procurer cet ouvrage pour le parcourir rapidement et passer à autre chose. Si telle était votre intention, économisez les 15,90 euros qu’il coute, vous n’apprendrez rien ainsi.

Considérez plutôt cet ouvrage comme un outil de travail. Laissez le à portée, parcourez le souvent, revenez sur les chapitres qui vous interpellent, prenez des notes, testez, osez. Allez plus loin que le livre aussi, intéressez-vous à Albert Watson, et s’il vous attire vraiment, suivez sa MasterClass en ligne

A l’inverse des guides pratiques de photographie qui vous livrent un enseignement pratique, technique, leçon après leçon, considérez que cet ouvrage vous livre matière à réflexion. Qu’il doit être le support de votre travail de recherche, personnel, en vous basant sur l’enseignement du Maître.

Lisez-le, regardez les images. Puis allez vite faire des photos. Et relisez-le. Il en restera forcément quelque chose.

Albert Watson, une vision de la photographie

 

À qui s’adresse ce livre d’Albert Watson ?

« Une vision de la photographie » par Albert Watson s’adresse au photographe désireux d’aborder la photographie sous un angle personnel, créatif, artistique. Que vous soyez amateur, expert ou pro, Watson a quelque chose à vous apprendre, il ne tient qu’à vous de trouver quoi.

Il s’adresse aussi à l’amateur de photographie qui veut développer sa culture photographique. 

Il s’adresse enfin à toute personne intéressée par la photographie, que vous appréciez, et à laquelle vous avez envie de faire un présent qui restera. N’hésitez pas.

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