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Test Nikon Z 9 : une semaine avec l’hybride Pro Nikon, de jour comme de nuit

A tout seigneur tout honneur ! J’ai rarement fait un test de boîtier aussi tôt après son annonce, mais pour avoir eu le nouvel hybride pro (version présérie) dans les mains pendant plusieurs jours, j’ai décidé de publier ce test Nikon Z 9 dans la foulée.

Vous imaginez bien que faire le tour d’un tel boîtier en quelques jours n’est ni envisageable ni crédible. Je ne prétends donc pas l’avoir fait, il faudra des mois pour cela. Mais le premier ressenti est souvent révélateur, aussi j’ai décidé de vous partager le mien.

MàJ janvier 2022 : le firmware Nikon Z 9 V1.10 apporte un mode rafale deux fois plus performant, voir les détails

Test Nikon Z 9 : une semaine avec l'hybride Pro Nikon

Le Nikon Z 9 chez Miss Numerique …

Le Nikon Z 9 à la Boutique Photo Nikon (revendeur indépendant) …

Test Nikon Z 9 : présentation et caractéristiques principales

Un sacré challenge

Nikon n’avait pas le droit à l’erreur en annonçant son hybride pro. Successeur des Nikon D5 et D6, d’une part, concurrent des Canon et Sony pros d’autre part, il devait taper haut et fort. Imaginez la tête des ingénieurs japonais à qui l’on a dit un jour « vous allez créer le meilleur hybride pro du moment et vous n’avez pas le droit de vous tromper ». La pression.

Cependant les japonais ont une vraie capacité à gérer la pression, et à la transformer en une énergie qui surprend souvent. Dans le cas du Nikon Z 9, c’est même d’une débauche d’énergie dont il s’agit tant ce boîtier place la barre haut face à ses prédécesseurs et à la concurrence.

« Du jamais vu ! » disent les uns, « le meilleur hybride du monde ! » disent les autres. Je dirais quant à moi « l’hybride que le monde de la photo attendait et qui remet Nikon en tête de la course, dans une position de leader sur le marché de l’hybride pro ».

Nikon Z 9 avec l'objectif NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S

le Nikon Z 9 avec l’objectif NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S

Bien que n’enlevant rien aux Nikon Z 6II et Z 7II dont les performances sont plus que décentes, le Nikon Z 9 apporte un niveau de performances jamais vu encore chez les jaunes, une capacité à convaincre même les plus irréductibles, et se voit proposé à un tarif qui fait de lui ‘le Nikon que tout le monde veut » ou presque.

Je ne vais pas revenir sur toutes les caractéristiques techniques de cet hybride monobloc, mais mettre en avant les principales. Je précise que je n’ai pas évalué les capacités vidéo du Nikon Z 9 lors de ce test.

Lire la présentation détaillée des caractéristiques techniques du Nikon Z 9

Le capteur

Le Nikon Z 9 utilise un capteur BSI plein format de 52,37 Mp dont 45,7 Mp servent à la formation de l’image. Ce capteur est de type « CMOS BSI Stacked sensor » ou « capteur CMOS BSI empilé « . Cette technologie diffère de celle des capteurs CMOS BSI non empilés, elle permet de récupérer l’information de chaque photosite à différents moments de la capture, et de constituer un système multi captures sur un même temps de pose.

Si vous faites par exemple une photo à 1/60 ème de sec. le capteur est capable de récupérer l’information de chaque photosite une première fois avant la fin du temps de pose choisi (à la moitié à priori), puis une seconde fois au temps de pose choisi avant d'empiler ces valeurs pour délivrer l’information finale. La première image, plus sombre, sert à mieux capter les mouvements en préservant les hautes lumières pour augmenter la dynamique du capteur (merci à Hervé Macudzinski, Image Science Director chez DxOMark, pour l’explication dans le podcast Faut pas pousser les ISOs).

Photo de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/60 – f/2.8 – ISO 12.800 @ 30 mm

Le capteur du Nikon Z 9 est donc différent de ceux des Nikon D850 et Z 7II bien qu’il soit du même format et présente la même définition. Il est bien sûr stabilisé sur 5 axes comme ceux des autres Nikon Z hybrides plein format.

L’autofocus

Exit le module autofocus des Nikon D5 et D6 basé sur un capteur AF dédié. Exit aussi l’autofocus des Nikon Z 6 et Z 7 série 2 basé sur un couple de processeurs Expeed 6. L’autofocus du Nikon Z 9 utilise les données en provenance du capteur image, 493 collimateurs et 405 points AF et dispose d’un circuit de traitement de l’information couplé à une batterie de processeurs dont un Expeed 7 qui lui permettent une rapidité jamais vue encore sur un Nikon reflex comme hybride. Le processeur Expeed 7, à lui seul, est 10 fois plus performant que le précédent Expeed 6. L’AF du Nikon Z 9 est annoncé comme 5 fois plus rapide que celui des Z 6II et Z 7II.

Outre cette réactivité pour faire le point, c’est la capacité du Nikon Z 9 à identifier un sujet et à le suivre qui mérite d’être relevée. Dans le cadre de ce test Nikon Z 9 j’ai pu vérifier sur le terrain que cet autofocus est non seulement rapide, capable de détecter des sujets différents, mais qu’il voit aussi bien dans la pénombre que très loin, et souvent mieux que moi.

Photo de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/500 ème – f/2.8 – ISO 25.600 @ 54 mm
(l’autofocus suit le visage détecté automatiquement lors de l’entrée dans le cadre par la gauche)

Je vous rappelle les limites de détection AF du Nikon Z 9 : – 6,5 à +19 IL (-8,5 à +19 IL avec l’affichage lumineux). Cet autofocus est par exemple capable de détecter un vélo dans la circulation, puis la tête du cycliste alors qu’il ne montre que sa nuque, tout en assurant le point sur la tête de ce cycliste au milieu de la circulation et d’un paysage urbain complexe. Même lorsque la tête n’est plus visible à l’œil nu. Il est aussi capable de détecter le visage d’une personne à la peau noire, à 15 m, de nuit sur fond sombre. 

J’ai photographié des oiseaux en vol avec le Z 9 et le NIKKOR AF-S 70-200 mm f/2.8 VR série 2 + bague FTZ. L’AF suit l’oiseau visé, en zone automatique comme en suivi 3D, et ne le perd que lorsque celui-ci occupe une zone inférieure à la plus petite zone de détection, soit un oiseau tout juste visible dans le viseur. Pourtant le 70-200 f/2.8 AF-S VR2 n’est pas aussi véloce que le plus récent NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 S.

Cet autofocus détecte et suit tout ce qui passe dans votre viseur, en différenciant les sujets, et ça c’est une performance de très haut niveau.

Photo d'oiseaux avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + AF-S Nikkor 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/1.250 ème – f/3.2 – ISO 450 @ 135 mm
(l’autofocus est calé sur l’oiseau à l’aile déployée, je le suivais depuis quelques secondes)

L’obturateur

Vous connaissez l’obturation mécanique, l’obturation mixte « mécanique + électronique », ajoutez à la liste l’obturation électronique unique. Exit l’obturateur mécanique et son complexe système de lamelles, le Nikon Z 9 utilise un obturateur électronique exclusivement.

Première conséquence, le bruit puisque cette obturation n’en fait pas. Le mode silencieux est de rigueur, mais les ingénieurs japonais ont pensé à vous, nostalgiques du bruit au déclenchement, et ont ajouté une option sonore. Un bruit assez curieux au départ se fait entendre lorsque vous déclenchez, ce n’est pas celui d’un obturateur mécanique classique. Toutefois au bout de quelques jours je me suis surpris à apprécier cette fonction et ce bruit.

En mode silencieux, difficile de savoir si le boîtier a bien déclenché, aussi le Nikon Z 9 dispose-il d’un affichage programmable : vous pouvez faire apparaître soit 4 lignes blanches verticales très fines sur les bords du viseur, soit 2 lignes à droite et à gauche soit un assombrissement de l’affichage (qui n’est pas un passage au noir).

Autre conséquence liée à cette obturation 100% électronique, au capteur BSI empilé et à la puissance de calcul de l’Expeed 7, la disparition de tout passage au noir dans le viseur et l’absence d’effet Rolling Shutter sur les photos de sujets en mouvements très rapides (club de golf, hélice d’avion, …). Je n’ai constaté aucun passage au noir en mode rafale. Je n’ai pas eu l’occasion par contre de tester le rolling shutter sur autre chose que des oiseaux.  Ils n’en sont pas la cible principale, mais soit dit en passant, sont la cible de l’autofocus qui prend un malin plaisir à les attraper et les suivre.

La sensibilité

La sensibilité ISO varie de 64 à 25.600 ISO en standard, extensible à 32 et 102.400 ISO. Si le Nikon D6 satisfait les photographes pros entre 5.000 et 6.400 ISO, ces derniers ne devraient que peu gagner avec le Nikon Z 9 (si ce n’est le passage de 20 à 45 Mp) mais là n’est pas leur problème. Des images propres à 6.400 ISO c’est déjà très bien, ce que fait sans problème le Z 9. Il va jusqu’à délivrer des JPG utilisables à 12.800 ISO, le traitement du RAW est nécessaire pour une meilleure qualité d’image ou pour grimper à 25.600 ISO en cas de besoin.

Photo de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/2.8 – ISO 10.000 @ 58 mm

Test Nikon Z 9 : prise en main

Gabarit et construction

La mode n’est plus aux gros et lourds boîtiers monobloc, de nombreux photographes souhaitent plutôt alléger le poids sur leurs épaules. Toutefois la construction d’un monobloc le rend plus robuste, plus étanche, plus complet avec sa poignée intégrée et ses contrôles déportés. C’est le choix qu’a fait Nikon pour son Z 9 : il est bâti comme un D6, tout en étant plus compact. 1 cm de moins en largeur, 1,4 cm de moins en hauteur, cela peut paraître peu mais c’est sensible à l’usage.

Pendant ce test Nikon Z 9 j’ai été agréablement surpris par la prise en main du boîtier, la forme de la poignée procurant une tenue en main ferme même sans courroie. Sa compacité le rend plus agréable à porter. L’écart de poids n’est pas significatif face au D6, à peine 100 gr. de moins. Avec 1,4 kg boîtier nu, vous savez que vous utilisez un modèle pro taillé pour l’aventure.

commandes supérieures du Nikon Z 9

commandes supérieures gauches du Nikon Z 9 (dont touche Fn4)

Je n’en dirai guère plus sur la construction qui fait appel à l’alliage de magnésium, propose une étanchéité importante, des molettes de réglage avec verrouillages, des boutons rétro-éclairés, … Si vous pensiez encore que cet hybride est un sous-produit du reflex, oubliez. Notez au passage la présence d’une protection de la griffe flash supérieure, en lieu et place de l’énorme protection caoutchouc du D6.

Un dernier mot pour signaler la présence d’un volet de protection du capteur, qui peut se fermer lors de l’arrêt du boîtier (fonction désactivable), et vient ainsi éviter toute pénétration de poussière ou de pluie sur le capteur. Cet accessoire s’avère indispensable dans les conditions de reportage en extérieur auxquelles est soumis un boîtier pro, généralement bien pires que celles auxquelles vous soumettez un Z 6 ou Z 7. Ceci dit, si Nikon veut implémenter le même volet sur un futur Nikon Z 8, je suis preneur.

commandes supérieures du Nikon Z 9

commandes supérieures droites du Nikon Z 9

Ergonomie, commandes et menus

Ne vous y trompez pas, vous êtes bien en présence d’un Nikon et il ne vous faudra guère plus de 10 minutes pour faire vos premières (bonnes) photos. Toutefois vous êtes aussi en présence d’un hybride pro qui demande un temps d’adaptation bien plus long qu’un boîtier entrée de gamme, surtout si vous n’avez jamais utilisé un D5 ou D6, voire un Z 6 ou Z 7.

Test Nikon Z 9

Nikon Z 9 : menu réseau complet LAN/WAN et liaisons USB

Pour initier ce test Nikon Z 9, j’ai configuré le boîtier comme je le fais avec le Z 6II, puis adapté petit à petit les réglages afin que son comportement corresponde à mes besoins. C’est la phase qui vous prendra plus ou moins de temps selon vos besoins. Vous serez toutefois aidé par un écran arrière et des menus dans la pure tradition Nikon, un écran de rappel des principales fonctions sur le capot supérieur, et un choix important d’informations dans le viseur.

Cet affichage viseur peut prendre 4 configurations différentes (5 pour l’écran arrière), chacune affiche un ensemble de réglages et les aides à la prise de vue comme l’horizon artificiel, l’histogramme, le focus peaking ou la loupe de mise au point.

Le boîtier comporte 4 touches de fonction, une cinquième touche programmable sur la poignée et la plupart des autres touches peuvent voir leur comportement modifié selon vos envies. J’ai par contre constaté que toutes les fonctions personnalisables ne le sont pas pour toutes les touches, une mise à jour firmware pourrait modifier cela car pourquoi limiter ces usages s’il ne s’agit que de logiciel.

Comptez aussi sur les possibilités offertes par les optiques NIKKOR Z disposant, pour certaines, d’une touche de fonction indépendante et d’un écran OLED de rappel des valeurs de prise de vue.

Nikon Z 9: écran en position fermé

Nikon Z 9: écran en position fermé et commandes arrières

J’ai apprécié le déplacement de la touche de visualisation des photos sur la droite du dos, ce qui permet d’afficher et de faire défiler les photos avec la main droite, tout en les supprimant au besoin de la main gauche (touche poubelle). Je critiquais l’implantation de cette touche de visualisation sur les Z 6 et Z 7 (en haut à gauche), Nikon a entendu les utilisateurs semble-t-il.

Notez enfin que certaines fonctions des reflex pros Nikon absentes des Z 6 et Z 7 reviennent sur le Nikon Z 9. Je pense à la programmation d’un mode de zone AF (par exemple suivi 3D) avec bascule entre ce mode lors de l’appui sur la touche et retour au mode initial lorsque vous relâchez la touche, ou de la possibilité de programmer le rappel de la distance de mise au point lors de l’allumage du boîtier.

le déclencheur et les commandes déportées pour le mode portrait sur le Nikon Z 9 

le déclencheur et les commandes déportées pour le mode portrait sur le Nikon Z 9 

Viseur électronique et écran orientable tactile

Le viseur du Nikon Z 9 n’est pas le plus défini du marché avec 3,69 Mp, mais bien qu’il soit déjà très qualitatif, son intérêt tient en son confort d’utilisation. En effet rien ne sert de disposer de millions de points si le rendu de l’image est inconfortable. Pendant toute la durée de ce test Nikon Z 9, j’ai fait beaucoup de photos de nuit, une situation qui fatigue vite les yeux avec un viseur de qualité moyenne. J’ai non seulement retrouvé la belle qualité d’image et le cadre du Z 6II, mais le viseur du Nikon Z 9 a quelque chose de plus, ce qui est logique puisqu’il ne s’agit pas du même viseur que celui des Z 6 et Z 7.

Le contraste, déjà, qui lui fait afficher de façon bien plus agréable les hautes et basses lumières. Si vous visez d’un œil tandis que l’autre voit une scène très lumineuse, le confort est supérieur. Lorsque vous visez, l’écart de contraste œil viseur / œil libre est réduit.

La luminosité ensuite. Avec 3.000 cd/m2 quand la concurrence se limite à 1.000, ce viseur s’avère le plus lumineux du marché. En visée à contrejour, le détail dans les basses lumières est supérieur alors que les hautes lumières restent supportables à l’œil. En basse lumière c’est d’autant plus agréable que ce que vous voyez dans le viseur est plus précis.

La précision d’image, enfin. Difficile de l’expliquer ainsi, mais le rendu à l’œil est supérieur. J’ai ressenti la même différence que celle que je peux voir entre une image faite avec un objectif très piqué et un moins piqué.

L’œilleton en caoutchouc rond est bien un Nikon, les porteurs de lunettes apprécieront. Sachez aussi qu’avec un masque par temps froid, il génère moins de buée que celui du Nikon Z 6 (sur les lunettes c’est un autre problème, mais ce n’est pas celui de Nikon).

Test détection sujet humain Nikon Z 9

Nikon Z 9 + AF-S Nikon 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/2.000 ème – f/2.8 – ISO 280 @ 200 mm
(l’autofocus a détecté et suivi le visage de la personne de face alors que je ne voyais toujours pas son visage)

Je ne reviens pas sur la possibilité d’afficher l’image réelle dans le viseur avant de déclencher, tout en compensant l’exposition, c’est un des avantages des hybrides. L’autre atout est l’affichage des photos faites sans quitter le viseur des yeux et sans devoir allumer l’écran arrière, ce que les photographes de spectacle et de plateau apprécieront.

Vous envisagez la macro ? La loupe électronique et la mise au point manuelle assistée par le focus peaking (le dépoli version hybride) vous faciliteront la vie et seront bien plus précis que n’importe quel viseur optique.

Test Nikon Z 9

Nikon Z 9 : écran inclinable et orientable

L’écran arrière utilise une dalle de 3,2 pouces (8 cm) d’une définition de 2.100.000 points, suffisante pour zoomer dans l’image de façon conséquente. J’ai apprécié tout autant ses fonctions tactiles que sa colorimétrie qui permet d’afficher les images faites telles que vous les voyez dans le viseur. Un atout quand vous devez livrer des fichiers JPG en direct sans avoir le contrôle final du rendu colorimétrique.

Le Nikon Z 9 en cadrage portrait avec écran en portrait

Le Nikon Z 9 en cadrage portrait avec écran et affichage en position portrait

Cet écran présente la triple caractéristique d’être inclinable, orientable sur les deux côtés à presque 90 degrés (oui, vous visez dans les coins)  et utilisable en mode portrait. Dans ce dernier cas, l’affichage des informations bascule afin de rester lisible. Pouvoir viser les bras tendus, au-dessus d’une palissade (sur circuit c’est pratique) comme en angle si la configuration s’y prête, c’est confortable.

Photo d'oiseaux avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + AF-S Nikkor 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/1250 ème – f/3.2 – ISO 160 @ 200 mm
(l’autofocus suivait l’oiseau venant de derrière les branches à droite)

Autonomie

Un boîtier pro doit tenir la distance, d’autant plus s’il est utilisé en mode remote sans possibilité de remplacer la batterie, en haut d’un pylône aux JO comme derrière les but d’un stade de foot. Nikon a eu la bonne idée d’utiliser les batteries Nikon EN-EL 18d sur le Z 9, les batteries des D5 et D6 restant compatibles. Cette déclinaison ‘d’ autorise la recharge via le port USB, un avantage en mode remote justement comme en vidéo.

Nikon Z 9 : trappe batterie

Nikon Z 9 : trappe batterie Nikon EN-EL 18d avec verrouillage

Quant à l’autonomie, soyons clairs, celle du Nikon Z 9 comme de tout hybride dépend beaucoup de l’utilisation que vous allez en avoir.

En l’utilisant avec l’écran arrière allumé sans cesse, en faisant appel à l’éclairage des boutons la nuit, en jouant avec les menus et avec l’autofocus en AF-C Suivi 3D (conditions de test), j’ai pu faire près de 2.400 photos avec une charge.

En utilisant le seul viseur sans écran arrière, et l’AF- C Suivi 3D avec des rafales régulières à 20 im./sec. (conditions d’utilisation plus classiques), j’ai pu faire 3.300 photos en utilisant 48 % de batterie. L’autonomie moyenne peut donc dépasser 3.000 photos en conditions de reportage.

Cartes mémoire et connectique

Avec 45,7 Mp et 20 im/sec. les cartes mémoire que vous allez glisser dans les deux emplacements du Nikon Z 9 doivent être à la hauteur. Bien que le buffer autorise une cadence importante (1.000 vues RAW à 20 vps), le temps nécessaire à l’écriture sur les cartes est conditionné par leur performance.

Test Nikon Z 9

Nikon Z 9 : trappe cartes mémoires (x 2) avec verrouillage

Avec mes (vieilles) cartes XQD 440/400 Mb (lecture/écriture), je n’ai pas dépassé 4,2 secondes en mode rafale 20 im/sec. sans constater un ralentissement au déclenchement du à la carte. Ce qui permet quand même d’enregistrer 88 vues en RAW efficacité élevée. En RAW compressé sans perte, la rafale a ralenti à partir de 3,8 secondes et 36 vues.

En conditions réelles, soit en relâchant le déclencheur ponctuellement comme si je suivais un sportif, un véhicule ou un oiseau, j’ai pu déclencher des rafales à 20 im./sec. pendant 3 mn 12 sec. en RAW efficacité élevée avant de remplir les 64 Gb de ma carte, soit 1.777 vues. De quoi voir venir.

Pour obtenir la cadence maximale à 20 vps (RAW et JPG) sur 1.000 vues en une seule rafale, il vous faudra investir dans les cartes ProGrade Digital Cobalt CFexpress, ce qui demande à être justifié étant donné le tarif de ces cartes.

Voir les tarifs des cartes Prograde Digital Cobalt CFexpress

Quelques mots sur les formats d’enregistrement RAW. Le Nikon Z 9 délaisse les RAW de taille réduite des précédents Nikon pour mettre en œuvre un nouvel algorithme de compression RAW (d’origine IntoPIX).

Avantage, vous n’avez plus besoin de choisir entre une taille ou une autre, et de regretter votre choix une fois la photo faite. Inconvénient, vous n’aurez « que » des fichiers à 45,7 Mp et non plus des RAW de définition réduite. Toutefois un RAW 45 Mp efficacité élevée pèse environ 35 Mo (25 pour un JPG) au lieu de 60 pour un RAW compression sans perte.

Pour en savoir plus sur la qualité des fichiers RAW efficacité élevée, il faut en passer par un protocole de test difficile à mettre en œuvre en peu de temps sans le matériel approprié. Je n’ai constaté toutefois aucune différence majeure de qualité d’image entre les deux formats.

Pour les utilisateurs de logiciels Adobe dont Lightroom, sachez qu’ils supportent déjà les RAW compression sans perte du Nikon Z 9 (Camera Raw 14.0 / Lightroom Classic 11.0.1). Les RAW efficacité élevée seront supportés lors de la prochaine mise à jour. Choisissez le mode compression sans perte dans l’immédiat pour voir vos images.

Test Nikon Z 9

Connectique du Nikon Z 9

En matière de connectique, pas de test particulier me concernant, mais de quoi faire pour couvrir la plupart des cas de figure avec :

  • WiFi intégré (sans besoin du module Nikon WT-6) IEEE 802.11b/g/n/a/ac,
  • Bluetooth 5.0 basse consommation (portée 10 m),
  • GPS (États-Unis), GLONASS (Russie), QZSS (Japon) intégré avec option journalisation,
  • connecteur RJ-45
  • port USB SuperSpeed avec port USB C
  • connecteur HDMI type A
  • entrée audio mini stéréo 3,5 mm (entrée alimentée prise en charge),
  • sortie audio mini stéréo 3,5 mm,
  • prise télécommande à 10 broches intégrée.

J’ai apprécié la possibilité d’ajouter les informations de géolocalisation GPS sur mes photos de façon automatique. J’ai activé la fonction sans jamais la couper, la réception est active pendant que le boîtier est en fonctionnement, se met en veille (c’est ce que j’ai compris) lorsqu’il est arrêté. Ceci n’a pas eu d’impact apparent sur l’autonomie, il faudrait du temps pour se livrer à un test dédié complémentaire. Toutefois, le jeu en vaut la chandelle, ce GPS s’avère précis à quelques mètres.

GPS intégré dans le Nikon Z 9, test géolocalisation

les informations de géolocalisation enregistrées par le GPS intégré du Nikon Z 9 (carte générée dans Lightroom)

Test du Nikon Z 9 : autofocus et réactivité

Inutile de dire que c’est là que l’on attendait le Nikon Z 9. L’autofocus. Sa réactivité et sa précision. Mais surtout sa capacité à détecter un sujet et à le suivre sans jamais le lâcher. Parce que la concurrence fait fort, et que si l’autofocus des Nikon Z 6II et Z 7II a bien progressé depuis 2018 et la première version, il n’a pas vocation à égaler celui des hybrides pros concurrents.

Le résultat du test est sans appel. L’autofocus du Nikon Z 9 n’a plus rien à voir avec celui des Z 6II et Z 7II, ni avec ceux des D5 et D6, le D6 étant pourtant LA précédente référence chez Nikon.

Cet autofocus va vite, très vite. La première fois c’est bluffant. Mais surtout il identifie à une vitesse stupéfiante ce qui passe dans votre cadre, et il ne lâche rien. Rappelons que le Nikon Z 9 peut identifier automatiquement :

  • les humains (visages, yeux, têtes, torses),
  • les chiens, chats, oiseaux (corps, yeux, têtes),
  • les véhicules (voitures, motos, vélos, trains, avions)

Le tout avec une priorisation automatique qui lui fait préférer les yeux au torse ou la tête au vélo par exemple.

Qu’il s’agisse d’un cycliste déambulant en ville, de près ou quelques centaines de mètres plus loin alors que je ne voyais plus sa tête ou presque, comme des yeux d’un chat à quelques mètres et sautant partout. Comme, encore, d’oiseaux en vol en bord de Seine et prenant un malin plaisir à changer de cap sans cesse.

Test autofocus Z 9 avec suivi 3D vélo

Début du suivi AF 3D, détection automatique de la tête de dos favorisée par rapport au vélo
Nikon Z 9 + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/2.000 ème – f/2.8 – ISO 450 @ 200 mm

Test autofocus Z 9 avec suivi 3D vélo

Fin de la poursuite, l’autofocus est toujours calé sur la tête du cycliste
Nikon Z 9 + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VR2 – 1/2.000 ème – f/2.8 – ISO 220 @ 200 mm

Cet autofocus m’a aussi permis de faire des photos (nettes) dans la rue en soirée, dans le noir. Il sait détecter un visage à peau noire dans l’obscurité, le suivre et garder le point jusqu’à ce que le sujet sorte du cadre.

Le Nikon Z 9 réintroduit chez Nikon le mode de suivi 3D des reflex et qui manque aux Z 6 et Z 7. Après quelques essais pour déterminer le meilleur mode de zone AF, j’ai fini par choisir le mode de zone AF automatique avec détection de tous les types de sujets (humains, animaux, véhicules). C’est celui qui m’a donné les meilleurs résultats dans les différentes situations vécues lors de ce test.

J’ai en outre associé à la touche Fn1 l’activation du suivi 3D. Ainsi, en cas de besoin, il m’a suffit d’appuyer du bout du doigt sur cette touche pour basculer instantanément en suivi 3D. Un suivi 3D qui n’a plus rien à voir avec celui des reflex, il s’applique sur 90% du cadre, identifie les différents types de sujets, et suit sans qu’on ne lui demande rien.

Pour faire simple, activez le mode AF-C zone automatique et laissez le Nikon Z 9 faire son travail. Il passera automatiquement en suivi d’un sujet quand il l’identifie, changez de sujet au besoin en recadrant, il se recale.

Notez aussi que le terme « suivi des yeux » n’est plus de rigueur puisque le Nikon Z9 peut suivre un visage, bien sûr, mais aussi la tête de la personne concernée lorsqu’elle vous montre sa nuque. Les photographes de sport appréciant les portraits serrés de joueurs vont avoir de quoi faire même si ceux-ci se retournent régulièrement.

Portrait de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/160 ème – f/2.8 – ISO 12.800 @ 70 mm

Test Nikon Z 9 : qualité d’image

En analysant les photos faites dans différentes conditions lors de ce test Nikon Z 9, de jour comme de nuit, j’ai retrouvé la qualité de fichiers que je connais chez Nikon, depuis les reflex pros jusqu’aux plus récents Nikon Z 6II et Z 7II :

  • une colorimétrie fidèle,
  • une chromie conservée jusqu’à 12.800 ISO,
  • une capacité à encaisser les écarts de luminosité qui égale au moins celle du Nikon D6 (des tests plus complexes et plus scientifiques seront toutefois nécessaires pour analyser cela plus en détail).

Montée en sensibilité

Avec 45,7 Mp sur un capteur plein format, qu’attendre comme montée en sensibilité quand on se rappelle que le Nikon D6 n’a « que » 20,8 Mp ? La densité de photosites est plus élevée, ce qui est censé réduire la sensibilité, mais la technologie de capteur CMOS BSI Stacked est nouvelle. Il faudra attendre les tests labo de DxO Mark que je n’ai pas la prétention de remplacer, mais voici quelques images qui vous donnent un aperçu des résultats en conditions réelles.

De 64 à 3.200 ISO

Rien à dire. Le bruit est invisible sur les JPG natifs.

Photo urbaine de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/2.8 – ISO 2.800 @ 70 mm

Autour de 6.400 ISO

L’image reste très propre, la chromie est fidèle, le JPG utilisable. Le RAW vous donnera un résultat encore meilleur après traitement si vous devez faire des grands tirages ou des recadrages importants.

Portrait de rue de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/2.8 – ISO 6.400 @ 41 mm
(l’autofocus était calé sur la devanture colorée, facile !)

Autour de 12.800 ISO

Le bruit se fait sentir bien que les points colorés très bien réduits par le boîtier en JPG, le lissage est par contre bien visible sur le JPG natif.

L’image reste utilisable, toutefois le RAW s’avèrera indispensable pour des publications de qualité, le JPG pourra servir à livrer des images en direct.

Photo de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/125 ème – f/8 – ISO 12.800 @ 28 mm
(l’autofocus suivait la personne à gauche de la photo)

De 12.800 à 25.600 ISO

Le bruit est bien présent, les images perdent en qualité. Le traitement apporté par le boîtier au JPG natif reste efficace, le RAW reste toutefois indispensable pour affiner le résultat.

La chromie bascule vers des teintes plus chaudes, avec une dominante orangée (sur mes photos tests de nuit, ce qui est assez logique selon les éclairages).

Ces sensibilités sont à réserver aux usages extrêmes, cependant le Nikon Z 9 fait un beau travail de traitement du JPG qui peut aider lorsque vous en avez vraiment besoin. Dès que les logiciels de traitement du bruit comme DxO PureRAW seront à jour, je ne doute pas que les résultats progressent encore avec le RAW.

Photo de rue de nuit avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/250 ème – f/5.6 – ISO 25.600 @ 26 mm
(l’autofocus suivait la personne au centre de la photo depuis son entrée dans le cadre par la droite)

Dynamique

La dynamique, ou comment encaisser les grands écarts de luminosité entre basses et hautes lumières. Une caractéristique importante sur les stades, pour les sports de neige, les sports aquatiques, … Sur ce plan, et sans chercher à égaler DxOMark là-aussi, j’ai pu noter une belle capacité du capteur à encaisser les hautes lumières sans les griller tout en préservant les très basses lumières.

Photo de rue ave le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/8 – ISO 72 @ 70 mm

Observez la photo ci-dessus faite en JPG natif (voir la version pleine définition sur Flickr):

  • le détail au niveau des cheminées est important sans perte,
  • les accessoires d’entraînement dans les basses lumières au pied des barrières restent visibles,
  • les bandes blanches dans le gazon, sur la gauche de l’image au premier plan, aussi.

Le fichier RAW autorise une dynamique plus importante encore en toute logique, et une interprétation JPG encore meilleure.

Autre exemple avec cette photo d’un cycliste, avec un beau niveau de détail dans les très basses lumières (le cycliste) et tout autant de détail dans les très hautes lumières en arrière-plan sur les voitures et murets.

Photo urbaine avec le Nikon Z 9 (dynamique)

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/8 – ISO 110 @ 33 mm
(l’autofocus était réglé en zone AF automatique, il a vu arrivé le vélo et l’a suivi)

Photo urbaine avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/8 – ISO 160 @ 24 mm

Test du Nikon Z 9 : à qui s’adresse ce boîtier ?

Désormais fer de lance de la gamme Nikon, le Nikon Z 9 va marquer son époque et relancer Nikon dans la course au meilleur boîtier Pro tant en photo qu’en vidéo (DPReview vient de lui accorder le « Product of the Year Winner Award 2021« ).

Il s’agit d’un hybride pro qui demande une grande maîtrise pour être utilisé à sa juste valeur, comme la capacité à comprendre et mettre en œuvre les différents réglages qu’il propose. L’autofocus, en particulier, nécessite un temps d’apprentissage pour vous permettre de trouver la combinaison de réglages qui vous convient le mieux en fonction de vos besoins.

Néanmoins, à l’issue de ce test Nikon Z 9 je peux dire que la première prise en main reste facile quand on vient d’un autre Nikon expert/pro.

Pour en avoir parlé avec plusieurs photographes professionnels connaissant bien les Nikon D5 et D6, la transition est très rapide et aucun ne reviendrait en arrière après avoir goûté au Z 9 !

Le Nikon Z 9 va vous intéresser si :

  • vous souhaitez disposer du meilleur hybride Nikon actuel et du meilleur hybride pro du marché (décembre 2021),
  • vous cherchez un remplaçant à votre Nikon D5 ou D6,
  • vous voulez un appareil photo capable de vous suivre partout, même dans les pires conditions,
  • vous êtes professionnel ou expert de la photo d’action, de sport, animalière, de spectacle vivant,
  • vous êtes vidéaste professionnel et devez tourner en 4K et 8K,
  • vous voulez continuer à utiliser vos objectifs Nikon AF-S, et les téléobjectifs en particulier,
  • vous ne craignez pas de porter un appareil photo monobloc pendant de longues heures, 
  • vous êtes prêt à prendre le temps de comprendre le fonctionnement d’un hybride pro et de son autofocus,
  • vous avez envie de vous faire plaisir avec un appareil photo qui va marquer l’histoire de la marque.

Le Nikon Z 9 va moins vous intéresser si :

  • vous ne jurez que par la visée optique,
  • vous ne voulez pas mettre à jour vos cartes, vos logiciels et votre informatique pour gérer ces fichiers,
  • vous êtes déjà parti à la concurrence (ce qui est dommage, avouons-le).

Les photos de ce test sont disponibles en version haute définition sur le compte Flickr Nikon Passion :

Test Nikon Z 9

Test Nikon Z 9 : mon avis

Nikon devait frapper un grand coup pour rester dans la course, pour proposer un remplaçant digne de ce nom à ses reflex pros D5 et D6, pour envoyer un signal fort au marché. Pour montrer que l’on pouvait compter sur la marque pour proposer des hybrides au niveau de la concurrence. Avec le Nikon Z 9, ce n’est pas uniquement  « frapper un grand coup » dont il s’agit, mais aussi « remettre les pendules à l’heure » et « convertir les plus hésitants ».

Tout ce qui existe sur le marché en 2021 en matière d’hybride expert-pro n’a plus qu’à bien se tenir car le Nikon Z 9 est devant.

Vous allez peut-être penser que je manque d’objectivité (dans Nikon Passion, il y a Nikon et Passion), mais pour bien connaître la gamme reflex comme hybride, pour utiliser un Nikon Z 6II au quotidien, je ne peux que conclure ce test Nikon Z 9 en disant que ce nouvel arrivant écrase tout sur son passage.

Chez Nikon, déjà. Enterrés les reflex pros Nikon D5 et D6, pourtant parmi les meilleurs reflex ayant jamais existé. Le Nikon D6 est un monstre de puissance et de technologie, mais le Nikon Z 9 le renvoie aux oubliettes. Plusieurs photographes pros ont déjà mis leurs D5/D6 en vente, l’ère du reflex pro monobloc est finie.

Mis à l’écart, aussi, les hybrides plein format Nikon Z 6II et Z 7II chez ceux qui cherchent un appareil photo vidéo pro polyvalent, capable de les suivre sur n’importe quel évènement ou n’importe quel terrain dans toutes les conditions, pour délivrer sans jamais faiblir des photos et des vidéos qui font la différence.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, les Z 6II et Z 7II ne perdent rien de leur intérêt, mais lorsqu’il s’agit de sortir une image action/sport/animalier que les autres ne vont pas faire au même endroit dans les mêmes conditions difficiles, le Nikon Z  9 est devant.

Photo de stade avec le Nikon Z 9

Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S – 1/800 ème – f/8 – ISO 160 @ 37 mm

Chez les concurrents les voyants sont à l’orange et au rouge. Sony a de quoi affronter le Nikon Z 9 avec l’Alpha 1 (avec quelques faiblesses toutefois), mais il vous faut ajouter 1.300 euros de plus que le Z 9 pour l’acquérir (sauf à ce que le tarif soit réaligné très vite, ce qui plaira moyennement à ceux qui viennent de l’acheter). Canon peut mettre en avant le Canon R3 qui a le bon goût d’être vendu au même prix que le Z 9. Les fiches techniques sont comparables, il semble toutefois que le R3 marque le pas, l’avenir nous dira si c’est justifié.

Avantage certain du Z 9, il sait utiliser tout aussi bien les optiques NIKKOR Z conçues pour les hybrides Nikon, que l’ensemble de la gamme d’optiques Nikon AF-S conçues pour les reflex Nikon.

Cela vous évitera un renouvellement trop rapide des longs téléobjectifs onéreux. J’ai pu constater que les performances ne variaient pas avec mon AF-S Nikon 70-200 mm f/2.8 VRII, l’autofocus reste précis, capable et réactif avec la bague FTZ. 

Enfin, dernier avantage du Nikon Z 9, sa capacité à vous éviter des frais supplémentaires :

  • le module Wifi intégré évite le recours au Nikon WT-6 (750 euros d’économie),
  • le GPS intégré évite l’achat d’un module complémentaire (environ 100 euros d’économie),
  • il est compatible avec les cartes XQD et CFexpress, évitant le renouvellement de vos XQD (150 à 200 euros la carte a minima),
  • il est aussi compatible avec les batteries des D5 et D6, évitant le renouvellement de batteries vendues plus de 250 euros pièce.

Vous me direz qu’il faut des cartes récentes et onéreuses pour exploiter les 20 im/sec. sans limite, c’est vrai. Mais pouvoir déclencher à 20 im/sec. avec une « vieille » carte XQD 440 Mb et enregistrer plus de 1.700 photos en 3 minutes, c’est déjà une belle performance qui n’impose pas l’achat immédiat de cartes 1.700 Mb.

J’ai bien sûr quelques reproches à faire à ce Nikon Z 9. Je citerai l’impossibilité d’utiliser toutes les fonctions de personnalisation sur toutes les touches Fn (une mise à jour firmware peut aider), la difficulté à déverrouiller la molette de modes de déclenchement avec des gants (c’était déjà le cas sur le D6), l’impossibilité de faire pivoter l’écran complètement pour tourner face caméra. Mais le bilan reste largement positif.

Proposé à un tarif très compétitif (près de 1.500 euros de moins que le Nikon D6), vous évitant des frais supplémentaires, possédant un des meilleurs, sinon le meilleur autofocus du marché, construit pour résister à tout, le Nikon Z 9 va à coup sûr représenter une des deux meilleures offres du marché dans les deux ans à venir. Il a déjà sa place dans l’histoire de la marque, alors même qu’il n’est pas livrable encore au moment de la publication de ce test, et si cela n’est pas une preuve de ses performances, c’en est une de sa capacité à rassembler et séduire. L’ensemble du monde de la photo professionnelle ne saurait se tromper à ce point.

Mais aussi …

Bien que j’ai profité d’une semaine complète pour vous proposer ce test Nikon Z 9, je n’ai pas eu le temps d’en faire le tour complet. Ce test a donc forcément des limites, d’autant plus que j’ai utilisé une version présérie du Nikon Z 9 (firmware 1.0 et 1.10) en sachant qu’une nouvelle version du firmware arrive en début d’année 2022 avec des fonctions additionnelles (en vidéo en particulier).

En savoir plus sur le Nikon Z 9 sur le site Nikon

Le Nikon Z 9 chez Miss Numerique …

Le Nikon Z 9 à la Boutique Photo Nikon (revendeur indépendant) …

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21 Commentaires sur "Test Nikon Z 9 : une semaine avec l’hybride Pro Nikon, de jour comme de nuit"

  1. Bonjour,
    DXO Pure Raw ne prend pas en charge les fichiers du z9. J’ai essayé « compression sans perte » et « efficacité élevée (avec une étoile) », rien n’y fait. Auriez-vous une idée, ça m’embête car DXO PureRaw est vraiment très très efficace pour enlever le bruit.
    Ensuite, quelle différence faites-vous entre le mode de suivi 3D et l’autre icône à côté (plein écran je suppose) ?

    • Effectivement bien dommage que Nikon n’ait donné le code pour dérawtiser qu’à Adobe !!
      Personnellement j’utilise pour supprimer le bruit numérique (que je trouve excessif !) du Z9 le plugin NoNoise de ON1 à partir de LightRoom. Dans le transfert le fichier NEF est transformé en .dng (16 bits) qui est lu par ON1. Les 2 fichier sont ensuite visibles sur la timeline LR.
      Le résultat est super, seul inconvénient, on stocke un fichier NEF de 30 Mo +fichier dng de près e » 60Mo pour chaque photo traitée.

  2. Bonjour,
    je ne sais pas si mon message d’hier est parti, je le renouvelle car je ne le retrouve pas : y a-t-il une alternative à l’achat de la batterie du Z9 : un compatible ?
    Merci

    • Trop récent encore, les batteries du D5 peuvent convenir. Toutefois avec un tel boîtier mieux vaut la batterie d’origine qui garantira les meilleures performances. Dans la gamme Pro attention aux produits compatibles pas toujours … compatibles.

  3. Merci beaucoup pour ce 1er test au demeurant complet ! mais c’est ballot, maintenant je suis impatient d’utiliser ce boitier ! Vous dites qu’il met les D5 et D6 aux oubliettes, que dire de mon D4 !!! Le suivi du sujet semble monstrueux, j’ai hâte de le tester avec mes téléobjectifs.

  4. les 2 contacts supplémentaires sur le Z9 par rapport au D5 , qu’apporte t’ils de plus , merci

  5. Merci JC pour cette prise en main qui reflète les performances de ce boitier pro !…
    J’ai hâte de l’essayer avec mon 70-200 FL …
    Qu’en est-il réellement de ce cache de protection du capteur, fonctionne-t-il automatiquement dès que l’on souhaite changer d’objectif ou sur volonté du photographe ?
    Monté de la bague FTZ, le cache de protection du capteur couvre-t-il le capteur lorsque l’on change d’objectif sans enlever la bague FTZ ?
    Au plaisir de lire ton prochain test plus complet !…

    • La protection du capteur se déclenche lorsque le boitier est mis sur OFF si l’option de protection du capteur est activé. Cette option n’était pas activée par défaut sur certains modèles de pré serie.

  6. Merci, super article! Ça serait vraiment génial d’avoir un aperçu de la vue au travers du viseur (de jour et de nuit) pour se rendre compte de la différence entre le viseur optique et le viseur électronique.

  7. Merci pour ce retour d’un essai suffisamment long pour mesurer les performances de ce boîtier, et toujours très pertinent.
    Mon seul reproche sur ses performances est l’absence du mode RAW-M qui permettait sur les D850 et Z7 de jouer à la fois sur la taille de la partie utile du capteur (FF ou APSc) et sur le nombre de pixels (45 ou 20 Mp) en fonction des besoins photo !

    • De ce que j’ai vu, il est possible de passer le boîtier mode dx. Il est aussi possible de le faire via les boutons personnalisables.

      • Oui, le mode DX permet de réaliser des fichiers de 19,4 Mp, et il manque à mon avis en FF les RAW-M à 25,6 Mp, dont je me sers sur le D850 !!
        Dommage !
        Mais peut-être dans quelques temps en mise à jour du firmware ;-))

  8. Très tentant ce boitier…
    Pour le 24-70 j’ai vu qu’il n’est plus vendu chez missnumérique, visiblement de manière définitive… assez étrange…
    Je me laisse encore quelques mois voir une année histoire de voir ce que réserve nikon dans le domaine des boitiers avec un Z6 III ou un Z7 III avec un bon processeur et l’autofocus qui va avec.

  9. Bonjour,
    Il y a donc maintenant possibilité d’utiliser le flash avec un obturateur électronique?
    Je pensais bêtement que c’était loin d’être conseillé…

  10. Bonjour, bravo et merci pour ce test complet si on excepte la partie Video !

    Ce qui est inquiétant c’est le silence de nikon sur la disponibilité du produit en France et partout dans le monde … le z9 a été annoncé pour décembre … mais aucune info

  11. Bonjour
    Vous parlez d’un éventuel z8 qui m’intéresserait plus que que le z9 qui ,pour moi. est trop gros et trop lourd. Avez vous des informations sur ce Z8?
    Je vous remercie

  12. Bonjour les Jaunes,

    Il est donc possible d’utiliser le Z9 avec toute la gamme d’es objectifs AF-S ?
    Merci.

    • Oui mais il faut la bague ftz. Pour des raisons d’ergonomie, il faut prendre la bague ftz2 avec le z9. La première bague ftz va gêner le maniement du z9 en mode portrait.

  13. Merci pour l’article. Je suis impatient de pouvoir tester un boitier avec capteur stacké car ça me semble être un game changer pour la photo d’action.

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