Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, télézoom pour reflex Nikon FX et DX

Le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD est un télézoom moderne et abordable. Face aux stars de la catégorie que sont les télézooms experts pros de type 150-600 mm, 200-500 mm ou 80-400 mm, que vaut-il vraiment ? Après une semaine passée sur le terrain pour ce test Tamron 100-400 mm, voici de quoi en savoir plus.

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, télézoom pour reflex Nikon FX et DX

Ce télézoom au meilleur prix chez Miss Numerique …

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, présentation

Qu’elle semble loin l’époque où les télézooms, d’autant plus ceux de qualité, coûtaient un bras et pesaient un âne mort !

Heureusement, grâce aux progrès industriels, au recours massif au magnésium, ainsi qu’aux progrès de l’électronique dans nos boîtiers numériques, il est désormais aisé de concevoir de tels objectifs à la fois plus légers (toutes proportions gardées) et pour lesquels la relative faible ouverture n’est plus une limitation insurmontable.

C’est aujourd’hui en effet un jeu d’enfant de monter, sans scrupule ni risque, en sensibilité (c’est le cas avec le Nikon D750 utilisé lors de ce test).

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, télézoom pour reflex Nikon FX et DX

Annoncé à l’automne 2017, le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD (Modèle 1035) compte parmi ces téléobjectifs à la conception moderne. Pesant à peine plus d’1 kg (1115 grammes exactement en monture Nikon F), son ouverture raisonnable autorise une conception relativement compacte (199 mm de long pour 86,2 mm de diamètre) sans pour autant sacrifier la polyvalence d’usage.

Tout cela pour un tarif compris entre 800 et 850 EUR au moment d’écrire ces lignes fin 2018. Un compagnon de choix pour qui désire s’initier aux longues focales et/ou compléter sa besace photographique afin de s’initier à la photographie animalière ou même une certaine photographie de rue ?

Test Tamron 100-400 mm : contexte 

Le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD est un télézoom couvrant la plage focale de 100 à 400 mm. Son ouverture maximale relativement faible et glissante permet de réduire l’encombrement et, surtout, d’être proposé à un tarif très agressif.

Sa formule optique comprend 17 lentilles réparties en 11 groupes, et son diaphragme comprend 9 lamelles. Mais ça, c’est pour votre culture générale, car au quotidien vous retiendrez surtout que la mise au point minimale est à 1,5 mètres, et ce quelle que soit la focale !

Conformément à la nomenclature Tamron, « VC » signifie qu’il est stabilisé et « USD » signifie que l’autofocus est à motorisation ultrasonique (donc silencieux).

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, télézoom pour reflex Nikon FX et DX

Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/400° sec – f/6.3 – 5600 ISO

Ses principaux concurrents sont le Sigma 100-400 mm f/4,5-6,3 DG OS HSM | Contemporary, aux caractéristiques physiques très similaires. Le Sigma est un peu plus compact mais aussi un peu plus lourd, notamment à cause de sa formule optique à 21 lentilles en 15 groupes. S’il est vendu à un tarif similaire (autour de 850 EUR), sa mise au point minimale n’est « que » de 1,6 mètres, à toutes les focales.

Au catalogue Nikon, il n’existe pas (pour l’heure) de zoom couvrant exactement cette plage focale mais le modèle s’en rapprochant le plus est sans conteste l’AF-S Nikkor 80-400 mm f.4,5-5,6 G ED  VR. Lui aussi stabilisé et couvrant le 24 x 36 mm, il est optiquement plus ambitieux que ses compères avec une focale minimale 20 mm plus courte et une position 400 mm légèrement plus lumineuse (ceci dit, entre f/5,6 et f/6,3, il n’y a qu’un tiers de diaphragme). Surtout, il est plus cher. Beaucoup, beaucoup plus cher, puisque vendu à 2600 EUR (voir la version reconditionnée sur le Nikon Store) !

Du coup, à un tiers du prix, le calcul est vite fait en faveur du Tamron d’autant que, sur le papier, les sacrifices consentis en termes de polyvalence semblent négligeables. Mais qu’en est-il sur le terrain ? Après avoir passé une semaine en sa compagnie, monté sur un Nikon D750, voici notre verdict.

Tamron 100-400 mm – 210 mm – 1/250° sec – f/5.6 – ISO 12.800

Tamron 100-400 mm : à qui s’adresse-t-il ?

A celles et ceux qui désirent goûter aux joies des longues focales !

« Oui, mais j’ai déjà un zoom 16-300 mm/28-300mm/70-300 mm/18-400 mm (rayez la mention inutile) ! » Peut-être. Mais aucun de ces objectifs ne couvre le format 24 x 36 mm (reflex Nikon FX), contrairement au 100-400 mm du jour, ce qui est tout sauf un détail.

A l’inverse, ce Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD pourra aisément être utilisé sur un reflex Nikon DX (séries D3000, D5000, D7000 et D500), sur les capteurs APS-C desquels il cadrera comme un équivalent 150-600 mm. Idéal, donc, pour ceux désireux de s’adonner à la photographie animalière, à une certaine photographie de rue et même, dans une certaine mesure, à de la photographie de spectacle (concert, danse, etc.).

Si la focale maximale de 400 mm est trop courte pour vous, deux solutions sont disponibles :

  • la première consiste à utiliser un boîtier à capteur APS-C ou à utiliser votre boîtier Nikon FX en mode recadrage DX, et vous ne perdez alors pas en luminosité,
  • la deuxième solution consiste à utiliser un télé-convertisseur Tamron TC-X14 (vendu environ 450 EUR en monture Nikon F) qui transformera alors votre Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD en 140-560 mm f/6,3-9, puisque l’utilisation d’un tel convertisseur fait perdre un diaphragme.

Notez au passage que si vous aimez vous compliquer la vie (et les mathématiques), combiner reflex APS-C et télé-convertisseur transformera ce télézoom en 210-840 mm f/6,3-9. N’ayant pas eu le télé-convertisseur TC-X14 dans les mains pour le test, nous ne saurions juger de son impact sur la qualité optique ni sur l’autofocus. Trêve de blabla technique, entrons enfin dans le vif du sujet.

Tamron 100-400 mm – 120 mm – 1/4.000° sec – f/4.8 – ISO 220

Qualité de construction

Ce sont des habitudes (bonnes ou mauvaises) d’ancien testeur des Numériques mais, en règle générale, lorsqu’un produit m’est confié, je ne regarde pas le prix : vous pouvez parler de ligne éditoriale ou de dogmatisme, peu importe. Toujours est-il que cela donne lieu à ce jouissif lieu de l’auto-devinette, à savoir « à mon avis, combien coûte tel objectif/tel boîtier, compte tenu de sa qualité de construction et de ce que j’ai pu en tirer ? ».

Si parfois je tombe juste (appelez cela l’expérience, ou un heureux hasard), d’autres fois, je tombe complètement à côté de la plaque (et c’est, forcément, toujours à cause de facteurs extérieurs si je me trompe, le journaliste est infaillible, c’est bien connu). Avec ce Tamron 100-400 mm Di VS USD, je suis tombé de haut, et à côté de la plaque, mais c’est en fait une bonne chose !

Depuis plusieurs années, Tamron (et Sigma) ont apporté un soin tout particulier à renouveler le design extérieur de leurs objectifs afin de leur conférer un aspect esthétique plus lisse et premium, une signature stylistique harmonisée sur toute leur gamme. On a beau le savoir, à chaque fois, ça fait toujours son petit effet et ce Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD ne fait pas exception.

Dès sa sortie de boîte, on ne peut s’empêcher de se dire « il faut reconnaître, quand-même, qu’il est plutôt beau. Enfin, très joli quoi. » La qualité de construction est irréprochable, les finitions du fût et des bagues exemplaires : c’est lisse et doux là où ça doit être lisse et doux, c’est rugueux et adhérent là où ça doit être rugueux et adhérent.

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, télézoom pour reflex Nikon FX et DX

On se prend à jouer, non sans un certain plaisir, avec les bagues de zoom et de mise au point, larges, aux courses fluides ni trop longues, ni trop courtes. On apprécie les petits détails qui comptent :

  • ce joint de caoutchouc au niveau de la monture, empêchant l’infiltration de liquides et de poussières,
  • cette petite fenêtre sous laquelle défile l’échelle de distance,
  • ces commutateurs AF/MF et VC sur le côté gauche,
  • ce petit loquet à droite qui permet de verrouiller l’objectif en position 100 mm afin qu’il ne se déploie pas accidentellement sous l’effet de la gravité lorsque l’objectif pique du nez.

Un petit plus bienvenu même si, lors de notre test, nous n’y avons pas eu recours : les ajustements mécaniques sont tellement faibles que la seule friction interne suffit à empêcher ce déploiement accidentel. De la belle micro-mécanique, si vous voulez mon avis. A voir si cela tient dans le temps, après plusieurs années d’utilisation intensive. Mais, là, vous pourrez alors faire appel au loquet.

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, télézoom pour reflex Nikon FX et DX

Le collier de pied A035TM, vendu environ 140 EUR en option, permettant de monter l’objectif sur un trépied via une attache type Arca-Swiss, profite de la même qualité de construction : irréprochable. Toutefois, et c’est peut-être bien l’une des rares critiques formelles que nous pourrions émettre sur le physique de cet objectif : lors de l’installation et de l’utilisation de ce collier, les positions « paysage » et « portrait » ne sont repérées que par un point de peinture blanche.

Un crantage, même plus marqué, pour confirmer que l’on se trouve bien dans l’axe, à plat ou à 90°, aurait été bienvenu et aurait était un bonus utile (mais pas indispensable) lors de l’utilisation dans de très faibles conditions de lumière, par exemple si vous êtes emmené à faire un affût photographique nocturne. Mais, dans la pratique, c’est surtout histoire de chipoter.

Pour en revenir aux considérations tarifaires évoquées un peu plus haut, fort de ce constat, je m’étais mis en tête que ce Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD devait, au bas mot, coûter entre 1500 et 1700 EUR … Quelle n’a donc pas été ma surprise lorsque j’ai découvert qu’en fait je le sur-évaluais au double !

Ô magie des progrès industriels, de la maîtrise du magnésium, qui permet aujourd’hui d’offrir des finitions haut de gamme à des objectifs qui ne s’en revendiquent pas. Légitimement, ce Tamron est un objectif que vous pourrez être fier d’exhiber et comme l’on a tendance à prendre plus de plaisir à utiliser un produit dont on est fier, cela tombe plutôt bien.

Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/13° sec – f/6.3 – ISO 12.800

Prise en main et Autofocus

Clairement, le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD n’est pas un objectif discret ni compact qui tiendrait dans une poche de pantalon ou un sac banane. Mais en même temps, ce n’est pas vraiment ce qu’on lui demande. Pour autant, malgré ses presque 20 cm de long (plié) et son kilogramme dépassé, il sait se montrer agile à main levée et sait se faire oublier suspendu à l’épaule.

Là encore, qu’il semble loin le temps où l’utilisation d’un télézoom devait être précédée d’une séance d’haltérophilie ! Le duo Nikon D750 + Tamron 100-400 se manie aisément d’une seule main (un peu grande, certes), et c’est quelqu’un qui a renoncé à toute activité sportive depuis quinze ans qui vous dit cela.

La main gauche se positionne naturellement entre la bague de mise au point et celle de zoom et, malgré leur diamètre conséquent, leur manipulation est aisée, souple et silencieuse.

Silencieux, l’autofocus à motorisation ultrasonique l’est également : point de cliquetis ni de sifflements désagréables, dans un environnement très calme, ce qui sera le plus bruyant, ce sera l’obturateur mécanique.

Tamron 100-400 mm – 270 mm – 1/100° sec – f/6.0 – ISO 12.800

La discrétion n’est pas la seule qualité de cet autofocus puisqu’il est, en plus, rapide et précis. Bon, bien sûr, dans des situations extrêmes (par exemple, mise au point sur un sujet à 1,5 mètres en position 400 mm à la tombée du jour), il hésitera un peu, au moins au début, mais difficile à dire si cela vient vraiment de l’objectif ou du boîtier. Car d’une manière générale, ce Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD va droit au but, et y va vite : sa relative faible ouverture n’est nullement un handicap, même en conditions de faible luminosité !

C’est le moment de remercier/féliciter les ingénieurs Tamron d’avoir greffé deux processeurs dédiés dans leur objectif (dispositif baptisé Dual MPU en interne). Ce duo fait des miracles, même sur un sujet en mouvement, exercice où il n’est pas le plus à l’aise, ce qui ne l’empêche pas de s’en sortir avec les honneurs.

Stabilisation

Plus la focale d’un objectif est importante, plus la stabilisation est cruciale. Le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD est donc tout particulièrement concerné. La règle empirique préconise que, pour éviter les flous de bougé, le temps de pose minimum ne soit pas inférieure à 1/focale, donc, dans ce cas, respectivement 1/100 s et 1/400 s. Mais ça, c’était avant les constants progrès des stabilisations optiques intégrées combinées à la déconcertante aptitude de nos boîtiers modernes à monter en sensibilité.

Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/400° sec – f/6.3 – ISO 9.000

Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, et avec un Nikon D750, nous sommes régulièrement parvenus à descendre sous 1/50 s et même à 1/15 s, à main levée mais, dans ce dernier cas, avec beaucoup de concentration. Ce qui est vraiment bluffant c’est que, à ces vitesses, vous essayerez plus souvent de contenir le flou de mouvement (causé par un déplacement du sujet) que le flou de bougé (causé par le photographe).

Bon, bien sûr, nous n’allons pas nous mentir : il y a du déchet, mais ce genre de performance ne peut que laisser admiratif quant aux possibilités que nous offrent le matériel photographique moderne. Les photographes de spectacle, tout particulièrement, sauront apprécier et exploiter ce champ des possibles. Les photographes animaliers, quant à eux, apprécieront de pouvoir se passer d’un trépied, ce qui est toujours cela de moins à transporter, surtout lorsqu’il s’agit de crapahuter.

Performances optiques  : vignettage

C’est surtout sur les RAW/NEF, non corrigés en interne par le boîtier, que vous constaterez le vignettage produit par le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD.

Tamron 100-400 mm – 100 mm – 1/500° sec – f/4.5 – ISO  200

En JPEG, le défaut se fait moins sentir, la correction optique intégrée à votre boîtier Nikon se montrant redoutable d’efficacité. Nous n’avons pas tous la même sensibilité face au vignettage, notamment d’un point de vue optique, mais il est malgré tout nécessaire de souligner que, sur ce télézoom, il faut, à toutes les focales, fermer au minimum à f/11 pour que le vignettage disparaisse.

C’est en position 100 mm et 135 mm que les coins s’assombrissent le plus et, pour totalement le faire disparaître, il faudra alors fermer à f/16 (avec tous les inconvénients que cela engendre du point de vue de la vitesse et de la sensibilité ISO).

Performances optiques : distorsion et aberrations chromatiques

Comme la plupart des longues focales, le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD souffre d’une très légère distorsion en coussinet, mais vraiment très, très légère. A moins de capturer un sujet aux lignes parfaitement orthogonales, vous aurez vraiment du mal à la détecter d’autant plus que, comme pour le vignettage, si vous travaillez en JPEG, le boîtier fait un très joli travail de correction de ce défaut que nous pouvons, à juste titre, qualifier de bénin.

Tamron 100-400 mm – 100 mm – 1/125° sec – f/4.5 – ISO 200

Du côté des aberrations chromatiques, les multiples traitements de surface permettent de les faire totalement disparaître. En tous cas, sur notre période d’usage, nous n’en avons quasiment pas détecté et ce même en cherchant la petite bête en agrandissant les images à 200 %. Il en va de même pour les images fantômes et les reflets : le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 tient parfaitement sa promesse et les images qu’il produit ne sont jamais parasitées.

Performances optiques : piqué et homogénéité

Monté sur un Nikon D750 au capteur 24 x 36 mm de 24 Mpx, le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di V USD produit des images plutôt douces auxquelles il ne faudra pas hésiter à donner un peu plus de peps en post-production.

Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/400° sec – f/6.3 – ISO 640

Pas sûr, cependant, que ce télézoom tienne la cadence sur les très exigeants capteurs de D810 (36 Mpx) ou D850 voire Z 7 (45,7 Mpx). A toutes les focales, l’objectif manque très légèrement d’homogénéité mais, comme pour la distorsion, rien de répréhensible d’autant plus si vous ne vous amusez pas à photographier des sujets « à plat » ce qui, avouons-le, arrive plutôt rarement en pratique, surtout avec ce genre d’optique.

Rendu optique : profondeur de champ

Comme vous le savez, pour obtenir une faible profondeur de champ, vous avez le choix entre opter pour une grande ouverture, allonger la focale ou utiliser un grand capteur. Voire combiner les trois.

Avec le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, vous vous trouvez dans le deuxième cas de figure. Et force est de reconnaître que, malgré son ouverture modeste, il est très aisé de créer de faibles profondeurs de champ afin de bien isoler son sujet. Le bokeh (qualité esthétique du flou d’arrière plan) est neutre, manquant un peu de personnalité, mais cela sert une certaine polyvalence esthétique.

Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/400° sec – f/6.3 – ISO 6.400

Le principal problème, ici, est que la faible profondeur de champ induite par les longues focales impose une mise au point très précise : même à la pleine ouverture, pour peu que votre sujet bouge, il arrivera fréquemment que vous ratiez, même de quelques centimètres, votre mise au point.

Il ne faudra alors pas hésiter à fermer un peu, si les conditions lumineuses et les aptitudes de votre boîtier à monter en sensibilité vous le permettent. Vous pourrez alors vous surprendre, peut-être de manière contre-intuitive, à vous adonner aux joies de la proxiphotographie et du portrait, ce d’autant plus que, rappelons-le, la distance minimale de mise au point n’est « que » de 1,5 mètres, à toutes les focales.

Si bien sûr ce Tamron n’est pas le plus adapté techniquement à ces exercices, force est de reconnaître que, là encore, il s’en sort avec les honneurs.

Obtenir une grande profondeur de champ est un peu plus compliqué (mais, avec un 100-400 mm, le voulez-vous vraiment?). Néanmoins, aussi vrai que l’ouverture maximale est glissante (f/4,5 à 100 mm, f/4,8 à 135 mm, f/5,6 à 200 mm, f/6 à 300 mm et f/6,3 à 400 mm), l’ouverture minimale l’est tout autant (f/32 à 100 mm, f/34 à 135 mm, f/40 à 200 mm, f/43 à 300 mm et f/45 à 400 mm). Ne vous attendez cependant pas à obtenir une photographie parfaitement nette sur tous les plans même en fermant au maximum, à moins de capturer un sujet très éloigné, ce que nous n’avons pas la joie de pouvoir expérimenter à Paris (ville plus riche en pollutions atmosphériques qu’en points de vue élevés).

Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/400° sec – f/6.3 – ISO 1.600

A qui s’adresse (vraiment) le Tamron 100-400 mm ?

Ce test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD en utilisation réelle nous permet de dire que cet objectif peut vous intéresser si :

  • vous êtes équipés d’un reflex plein format FX (capteur 24 x 36 mm) et vous recherchez un télézoom polyvalent,
  • vous cherchez un télézoom à la fois léger et presque compact (pour son genre),
  • vous cherchez un télézoom facile à utiliser sans trépied,
  • vous désirez goûter aux joies des longues focales mais ne désirez pas investir plus de 1000 EUR,
  • vous avez un usage ponctuel des longues focales mais ne cherchez pas la meilleure qualité d’image dans l’absolu,
  • vous pratiquez la photographie animalière diurne mais disposez d’un budget serré.

Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/400° sec – f/6.3 – ISO 8.000

Le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD va moins vous intéresser si :

  • vous êtes équipé d’un reflex FX à haute définition (série D800/D810/D850 et hybride Z 7),
  • vous trouvez que 20 cm et 1,1 kg, c’est quand-même plutôt encombrant,
  • vous êtes intransigeant sur la qualité optique.

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD : ma conclusion

Il y a quelque chose de très vexant (pour un testeur) avec ce Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD : il est très compliqué de lui trouver des défauts rédhibitoires. Mais c’est peut-être, tout simplement, parce qu’il n’en a pas.

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD : cliquez pour voir des exemples de photos en grand format

Sur le terrain, il remplit parfaitement le contrat promis sur le papier, à savoir être un télézoom facile à vivre, compact, avec la bonne idée de faire la mise au point jusqu’à 1,5 mètres et autoriser, de fait, une certaine créativité. Ses défauts optiques sont tout à fait pardonnables car, bien que présents, ils ne se révèlent pas non plus handicapants et se font même totalement oublier en pratique.  Ses limitations pratiques ne doivent pas vous surprendre : vous savez à quoi vous attendre en adoptant pour un 100-400 mm à l’ouverture glissante raisonnable.

Ce qui est vraiment intéressant avec ce Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, c’est qu’il parvient à surprendre de manière très positive. Sa qualité de construction irréprochable et sa maniabilité font, sur le terrain, immédiatement oublier le fait qu’il ne coûte « que » 800/850 EUR ce qui, aussi surprenant que cela puisse paraître, demeure raisonnable pour un télézoom couvrant le 24 x 36 mm.

Même pour quelqu’un comme votre serviteur, qui ne serait pas coutumier des longues focales (nihil ex 50 mm), vous vous surprendrez à tenter de nouvelles prises de vue, à jouer avec les possibilités créatives ouvertes par un tel objectif.

Pour un spécialiste et un habitué du genre, il y aura de quoi être séduit par la praticité et la maniabilité de ce zoom qui saura vous accompagner lors des longues balades en plaine, en montagne, en bords de mers et de lacs, toujours prêt à vous servir avec son autofocus vif et silencieux, doublé d’une stabilisation rassurante.

Ce télézoom au meilleur prix chez Miss Numerique …

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About the Author

Bruno Labarbère
Tombé dans la photographie un peu par hasard en 2008, j'ai fait mes classes chez Leica puis chez Les Numériques. Désormais indépendant, je sème mes élucubrations sur Mizuwari.fr avec un seul mantra : "La photographie c'est bon. Mangez-en."

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10 Commentaires sur "Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, télézoom pour reflex Nikon FX et DX"

  1. Bonjour,
    Pratiquant surtout la photo d’ oiseaux cet objectif monté sur mon D7200 me donne de très bons résultats le piqué est vraiment bon et la stabilisation au top. Je suis souvent dans les marais ( zone Natura 2000 en Belgique ) et le poids modéré permet les longues balades sans fatigue. Pour moi c’ est idéal pour la billebaude

  2. Bonjour,
    Vous écrivez: « « Oui, mais j’ai déjà un zoom 16-300 mm/28-300mm/70-300 mm/18-400 mm (rayez la mention inutile) ! » Peut-être. Mais aucun de ces objectifs ne couvre le format 24 x 36 mm (reflex Nikon FX), contrairement au 100-400 mm du jour, ce qui est tout sauf un détail. »
    L’ AF-S NIKKOR 28-300mm f/3.5-5.6G ED VR est un object FX (+ APSC) et coûte moins de 900 euros (Prix Nikon France au 25/11/2018)….

  3. Je suis quand même étonné qu’il soit à 1390 chez Camara . Dans ma ville .

  4. Très intéressant, information complète et convaincante . Merci.

  5. J’ai acheté ce zoom il y a un an et j’en suis très content. Votre conclusion conforte mon point de vue : un zoom sympa malgré son poids.

  6. Ce test est en faveur de Tamron, ce qui ne m’étonne pas .
    Je possède le Macro SP 90 /2,8 VR qui est une pure merveille .
    Dans quelque temps, pour agrandir mes optiques, je me tournerais vers le 70-210 f/4 de la même marque .
    Un test de celui-ci serait bienvenu . Merci Jean-Christophe .

  7. Bonjour.
    Il y a longtemps que j’attendais ce test.
    Je possède le 70.200 G2 mais j’ai pu essayer ce 100.400 qui m’a laissé assez pantois sur mon 850.
    Qualité d’images. Stab. Piqué et couleurs.
    Il me ferait défaut avec mon 70.200 mais je lui trouve de superbes qualités pour un plein format comme le mien, même exigeant.
    Bon test.
    Merci.

  8. F6.3 c’est déjà une faible ouverture.
    Mais dépenser 450 euros pour un multiplicateur de focale 1.4x et passer à f9, c’est n’importe quoi ! Ajouter à cela que, d’après votre test, les images sont plutôt douces (traduction : elles manquent de piqué), j’imagine très bien le résultat avec le 1.4x …
    Un 80-400 Nikon d’occasion se trouve à 1500 euros ( c’est ce que j’ai payé pour le mien) et là on joue dans la cour des grands !
    Je pense que le sens général de votre test vise juste : un bon zoom télé à condition de savoir à quoi s’attendre (vignettage jusqu’à f11 ou f16 !, manque de piqué, manque de luminosité), avec des qualités non négligeables (construction, légèreté, courte MaP minimale, bon AF et stabilisation) et j’ajouterai : pas de convertisseur !

  9. bonsoir j’ai cet objectif depuis le mois de janvier 2018 et tout ce que j’ai pu obtenir c’est une bouillie de pixels avec mon D500 je l’ai même essayé avec mon D750 et même résultat je suis allé au festival de la photo nature de Montier en Der ( superbes expos photos) et je suis allé au stand Tamron ils ont constaté que mon objectif avait un gros défaut de mise au point. c’est nette quand on fait la mise au point dans le viseur et quand la photo est prise c’est + ou moins flou ça s’aggrave au 400mm je vais acheté la console tap in sur leur recommandation mettre à jour l’objectif et si ça ne fonctionne pas retour à Photo Univers