Faut-il appliquer une correction d’exposition à la prise de vue, avant même de déclencher, ou bien suffit-il de faire glisser le curseur de votre logiciel de développement RAW une fois l’image faite ?
J’ai un avis tranché sur la question, aussi je vous dis pourquoi je suis POUR le fait de corriger l’exposition à la prise de vue et non en post-traitement.

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Je lis beaucoup de messages, sur le forum photo comme de lecteurs qui pensent que puisqu’ils shootent en RAW il sera bien temps de corriger l’exposition en post-traitement plutôt que de le faire à la prise de vue.
Je ne partage pas cet avis, aussi j’ai pris le temps de lister quelques arguments en faveur de la correction d’exposition à la prise de vue ci-dessous. Je vous invite à donner votre avis via les commentaires, ainsi nous pourrons enrichir le débat.
1- Appliquer une correction d’exposition pour bien traiter
Vous savez probablement que les meilleurs développeurs RAW du marché peuvent compenser un écart d’exposition de 2 IL. Pourquoi donc compenser l’exposition à la prise de vue si l’on peut récupérer autant en post-traitement ? Simplement parce que cette variation de 2 IL est toujours relative à la valeur d’exposition initiale.
Si votre image est sous-exposée à la prise de vue, disons à -1 IL, alors la correction en post-traitement agira de -3 à +1 IL (-1-2 / -1+2). Vous aurez du mal à récupérer des détails dans les basses lumières alors que les tons clairs seront bien denses.
Si vous aviez compensé de +1 IL à la prise de vue alors en post-traitement vous pourriez jouer entre -2 et +2 IL, (2 valeurs autour du point zéro) soit une plus grande souplesse dans les tons sombres et des tons clairs moins denses.
2- Le développement RAW a ses limites
Ce n’est pas parce que vous pouvez corriger l’exposition en post-traitement qu’il faut le faire. Voyez plutôt cette possibilité comme une chance supplémentaire de récupérer les petites erreurs de prise de vue et de peaufiner le rendu de vos images.
De plus la correction d’exposition en post-traitement prend tout son intérêt sur certaines zones bien précises de l’image, que vous travaillez avec les outils de retouche locale. Si vous devez systématiquement reprendre l’exposition de toute la photo, c’est que vous avez mal exposé à la prise de vue.
3- Le RAW d’accord, mais le JPG ?
Le développement RAW permet de récupérer une erreur d’exposition. Mais en JPG, point de salut. L’exposition doit être bonne dès la prise de vue sans quoi vos photos seront irrémédiablement sur- ou sous-exposées.
4- Prendre le contrôle plutôt que subir
C’est à vous de décider si vous voulez que l’automatisme de votre boîtier prenne le dessus et décide à votre place ou non. En vous posant les bonnes questions, en anticipant, vous prenez le contrôle et vous passez du stade d’aspirant photographe à celui de photographe expert.
En imposant vos choix à votre boîtier, vous développez votre créativité et vous donnez à vos images un rendu plus personnel.
5- Correction d’exposition, apprendre de vos erreurs
On apprend toujours de ses erreurs ! C’est en vous trompant, en exposant de façon incorrecte, que vous allez apprendre la photo.
Il n’y a rien de plus formateur que de regarder vos images une fois la séance terminée et de réaliser qu’elles ne correspondent pas à ce que vous vouliez obtenir. Je vous garantis que la fois prochaine vous saurez ce qu’il faut faire et ne pas faire !
6- Vous démarquer
C’est en apportant votre propre sensibilité à vos photos que vous allez pouvoir leur donner un rendu bien spécifique.
Imaginez dix photographes comme vous en train de photographier la même scène : ils vont produire dix photos différentes, et il est à peu près certain que chacune sera exposée différemment. Dans le lot il y aura des images « mode automatique » et d’autres plus personnelles.
7- Développer votre instinct
Pour apprendre la photo il faut pratiquer. Vous devez savoir maîtriser les bases de l’exposition, vous former (voir le guide Maîtriser l’exposition en photographie), mais il est encore plus important de faire des photos.
Avec l’habitude, vous serez très vite capable de juger de la luminosité de votre sujet et de la correction d’exposition à apporter ou pas. Cela doit devenir un réflexe.
Je vous invite également à étudier – et à apprendre par cœur – le fonctionnement du correcteur d’exposition de votre boîtier afin que ce réglage soit instinctif une fois que vous serez en pleine action. Attention à ne pas confondre les modes d’exposition et les modes de prise de vue !
Correction d’exposition, à vous !
Je ne prétends pas avoir raison tout le temps, aussi je vous invite à me dire comment vous pratiquez en matière d’exposition. Vous êtes plutôt « mode auto » ou « prise de contrôle » ? Plutôt « on verra bien au post-traitement » ou « tout se décide à la prise de vue » ?
Réagissez via les commentaires et enrichissons le débat !
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