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Test Nikon Zf: ergonomie, autofocus, ISO, répond-il aux attentes ?

Après avoir utilisé le nouvel hybride Nikon apparu à l’automne 2023 pendant deux semaines, je vous propose ce test du Nikon Z f, mon ressenti à l’usage et ce que vous pouvez en attendre.

Le Nikon Z f est censé satisfaire les nikonistes désireux de retrouver le look de leurs appareils argentiques Nikon, sans rien vouloir sacrifier aux performances actuelles. Doté d’un capteur plein format, le Nikon Z f se distingue par ses performances, et vous verrez que, mis à part en matière d’ergonomie, il n’a pas à rougir face au Nikon Z 8.

Test Nikon Zf : ergonomie, autofocus, ISO, répond-il vraiment aux attentes ?

Le Nikon Z f au meilleur prix chez Miss Numerique

Test Nikon Z f : contexte

L’arrivée du Nikon Z f marque une étape importante dans l’évolution de la gamme hybride Nikon, confrontée à une concurrence accrue et à des attentes élevées concernant son autofocus.

En effet, si les Nikon Z 8 et Z 9 proposent un autofocus de premier plan, les Nikon Z 6II et Z 7II restent en retrait. Ce nouveau Nikon Z f a vite suscité un débat animé : est-il plus performant que le Nikon Z 6II, doté lui-aussi d’un capteur plein format de 24 Mp ? Son autofocus aussi réactif et efficace que celui du Nikon Z 8 ?

Utilisant le Nikon Z 6 puis le Z 6II depuis 2019, dans divers contextes, y compris des spectacles de danse et la photo urbaine, j’ai pu faire la comparaison très vite avec le Nikon Z f. Cet hybride est le sujet principal de ce test, dans lequel je vous partage aussi des éléments de comparaison avec les Z 6II et Z 8 :

  • Nikon Z f vs. Nikon Z 6II pour leurs 24 Mp et leur positionnement tarifaire,
  • Nikon Z f vs. Nikon Z 8 pour leurs autofocus.

Nikon Z f : le test terrain Nikon Passion

le Nikon Z f avec le NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S

Le Nikon Z f partage de nombreuses caractéristiques avec le Z 6II, ce test se concentre sur les nouveautés et les améliorations spécifiques à ce modèle. L’objectif était de déterminer comment le Z f se comportait dans des situations photographiques spécifiques :

  • quelle est sa facilité d’usage pour obtenir les résultats escomptés ?
  • quel mode AF est le plus efficace pour atteindre l’objectif désiré ?

Le test se conclut par une série de recommandations adaptées à vos besoins et à votre équipement actuel.

Important : ce test du Nikon Z f est un test terrain, j’ai utilisé le boîtier avec plusieurs objectifs NIKKOR Z, comme vous le feriez si vous êtes photographe. Il ne s’agit pas pour moi de faire le tour de 100 % des fonctions, ce qui est impossible avec un hybride, ni de tester les performances vidéo.

Le Nikon Z f s’adressant en priorité aux photographes, j’ai réalisé ce test pour répondre à ces attentes. N’attendez pas non plus de mesures physiques en laboratoire, je suis photographe, pas électronicien.

Test Nikon Z f Luberon

Test Nikon Z f : construction et prise en main

Il a fière allure ce Nikon Z f, avec son look vintage qui rappelle le Nikon FM2, sa sobriété (surtout en version noire), son châssis en métal, ses couronnes de réglages supérieures, son déclencheur à l’ancienne, et son grand viseur rond typique des appareils photo Nikon experts et pros.

La différence est flagrante avec le Nikon Z fc APS-C qui, avec son look vintage aussi, semble moins abouti. Sur le Nikon Z f, pas de plastique, pas de faux semblant, c’est un Nikon bien construit comme les nikonistes les apprécient.

C’est le cas pour les autres appareils de la gamme expert-pro Nikon, le Nikon Z f est aussi conçu pour résister aux conditions météorologiques difficiles. Sa construction tous temps le rend adapté à une utilisation sous la pluie ou dans la neige.

Comparaison Nikon Z 6II vs Nikon Z f

comparaison Nikon Z 6II à gauche vs. Nikon Z f à droite

La prise en main du Nikon Z f, malgré sa compacité, présente toutefois quelques particularités. L’absence de poignée latérale droite, comme sur les Z 5/6/7, requiert une attention accrue lors de la manipulation, surtout en déplacement. La prise en main n’est pas aussi ferme qu’avec la poignée proéminente des autres modèles, il vous faut donc pincer le bord droit du boîtier pour bien le tenir. Comme beaucoup de courroies de cou d’origine, celle du Z f s’avère peu confortable et ne vous aidera guère en raison de sa longueur insuffisante.

Si, comme moi, vous tenez l’appareil à la main pendant plusieurs heures, sachez qu’il existe des solutions :

  • Nikon a prévu une poignée SmallRig qui se visse sous le boîtier et apporte une meilleure prise en main (offerte avec les premiers modèles livrés (comptez 50 euros si votre revendeur ne vous la propose pas sous forme de geste commercial),
  • vous pouvez utiliser une dragonne SmallRig ou Optech qui vous permet de ternir le Nikon Z f du bout des doigts sans crainte de le laisser tomber (c’est ce que j’utilise avec tous mes boîtiers).

Ergonomie et commandes

L’ergonomie du Nikon Z f se distingue nettement de celle des Z 5, 6, 7, 8 et 9. Le Z f favorise le pilotage à l’ancienne, avec des couronnes de réglage de la sensibilité ISO, à gauche, et du temps de pose, à droite. J’ai apprécié la petite couronne de correction d’exposition, bien qu’étant un fervent partisan de la molette arrière pour ce réglage.

Nikon Z f : le test terrain Nikon Passion

test Nikon Z f : la molette de sélection d’ISO à gauche et celles des temps de pose à droite

Les habitudes étant ce qu’elles sont, il est toutefois difficile de revenir à des couronnes supérieures lorsqu’on a pris le réflexe de tout contrôler avec des touches, molettes et menus sans que l’œil ne quitte le viseur. Bien que ces couronnes soient visuellement attrayantes et très pratiques, elles le sont parfois moins dans l’action, forçant la main qui tient l’objectif à changer l’équilibre du boîtier pour tourner la couronne.

C’est personnel, et cela dépend de vos habitudes. Notez, si vous étiez habitué à régler l’ouverture avec la bague de diaphragme de vos NIKKOR AI, que la bague multifonction de l’objectif peut être programmée pour remplir le même rôle (sans le crantage).

Puisque nous en sommes aux commandes, retenez que le Nikon Z f offre une touche de fonction personnalisable en face avant (j’aurais aimé en avoir une seconde), et que vous pouvez attribuer une fonction photo au bouton rouge supérieur de déclencheur vidéo si vous ne filmez jamais.

Nikon Z f : le test terrain Nikon Passion

test Nikon Z f : notez la position Noir et Blanc B&W

Le levier de bascule des modes experts P, S, A, M s’avère par contre très pratique, manipulable aisément avec le pouce gauche. J’ai aussi apprécié l’accès direct aux modes Noir et Blanc, via le levier supérieur droit.

La présence d’une seule touche Fn à l’avant nécessite un recours plus fréquent au menu Info pour certaines actions (j’ai l’habitude de caler la visualisation des images sur la Fn inférieure et le changement de mode AF sur la Fn supérieure sur le Z 6II). Une seconde touche serait vraiment appréciable pour éviter le recours trop fréquent au menu I.

Nikon Z f : le test terrain Nikon Passion

test Nikon Z f : l’unique touche de fonction en face avant

Les molettes arrière et avant sont petites, plutôt fermes lorsque le boîtier est neuf, elles s’assouplissent vite pour devenir plus confortables (ceci m’a été confirmé par des lecteurs possédant le boîtier).

Autre manque du Nikon Z f, le joystick arrière pour déplacer les zones AF. Ceci peut vous étonner, mais en pratique j’ai toujours trouvé plus ergonomique d’utiliser la couronne arrière sur les boîtiers de ce gabarit, et vous allez voir que l’efficacité de l’autofocus compense largement cette absence.

Le petit écran supérieur, affichant l’ouverture, est un rappel pratique lorsque vous préréglez le boîtier, d’autant plus que les objectifs NIKKOR Z n’ont pas de bague de diaphragme. Il est par contre difficile à lire en pleine lumière, et a fortiori en soirée car il n’est pas éclairé.

Nikon Z f : le test terrain Nikon Passion

test Nikon Z f : l’écran de rappel supérieur de l’ouverture

Le déclencheur, avec pas de vis standard (belle idée) se révèle sensible, ce que d’autres utilisateurs m’ont confirmé. Toutefois il vous suffit d’effacer la photo faite par erreur, nous ne sommes plus à l’époque des 36 vues par film.

Le commutateur ON/OFF qui l’entoure est plutôt ferme, il m’est aussi arrivé plusieurs fois de penser avoir éteint le boîtier alors que ce n’était pas le cas, soyez vigilant(e).

Nikon Z f : le test terrain Nikon Passion

test Nikon Z f : des commandes classiques en face arrière
mais pas de joystick ni d’AF-ON
et la visualisation des photos toujours en haut à gauche

Enfin, la touche de visualisation des photos, placée en haut à gauche comme sur les reflex, serait plus accessible en pleine action si elle se trouvait sous le pouce droit (c’est pour cette raison que je programme la Fn inférieure avec cette fonction).

Viseur électronique et écran tactile

Le viseur électronique du Nikon Z f, identique à celui du Z 6II avec son OLED de 3.690.000 points, a déjà été évalué dans mon test du Nikon Z 6II. Le viseur rond ne séduit pas seulement par son esthétique ; il offre une luminosité, une clarté et une précision remarquables.

Si vous avez des difficultés à voir en périphérie, le réglage de la taille d’affichage du viseur peut améliorer votre confort visuel. Ajustez cette taille dans le menu Configuration > réglage « Taille affichage viseur (Lv photo).

Utiliser ce viseur électronique offre plusieurs avantages par rapport à un viseur optique de reflex :

  • visualisation en temps réel de l’exposition et de la balance des blancs,
  • aperçu du rendu final de l’image selon le Picture Control sélectionné, y compris en visée noir et blanc,
  • affichage de l’histogramme pour un ajustement précis de l’exposition,
  • affichage des réglages dans le viseur,
  • niveau électronique activable,
  • assistance à la mise au point manuelle avec focus peaking et loupe.

Nikon Z f : le test terrain Nikon Passion

test Nikon Z f : écran arrière fermé

Nikon Z f : le test terrain Nikon Passion

test Nikon Z f : écran arrière en position … avant
attention, dans cette position les menus restent inaccessibles

L’écran sur rotule se distingue par sa grande praticité. Sa capacité à se replier complètement pour le transport, à se positionner face  caméra, et à basculer pour les prises de vue en mode portrait ou macro est appréciable. Notez que dans ce dernier cas, les menus basculent en mode portrait (très pratique en macro).

Nikon Z f : le test terrain Nikon Passion

test Nikon Z f : écran arrière en mode portrait

Les amateurs de macrophotographie apprécieront particulièrement le focus peaking pour une mise au point manuelle précise, sachant que l’autofocus est souvent moins pertinent dans ce domaine.

L’écran tactile permet une visualisation des photos similaire à celle d’un smartphone, avec des gestes pour faire défiler les photos prises et zoomer. Comme sur les reflex Nikon récents, il offre une excellente fidélité des couleurs.

En mode Live View, le Nikon Z f est aussi performant qu’en visée « viseur ». Son processeur Expeed 7 apporte une fluidité accrue dans le contrôle de la mise au point, en photo comme en vidéo. Les vidéastes apprécieront la possibilité de faire la mise au point en Live View sans latence, tandis que les photographes bénéficieront d’un Live View parfaitement fonctionnel, comme sur les autres modèles Z et de la possibilité de faire des photos au ras du sol sans effort.

Test Nikon Z f

Les menus

Le Nikon Z f intègre une combinaison des menus que l’on retrouve dans les modèles Z 5/6/7/8, tout en offrant des différences notables, notamment en ce qui concerne l’autofocus.

Manque toutefois la personnalisation des menus avec les réglages Utilisateur (U1/U2/U3) et les banques de réglages des Z 8 et Z 9. Vous devez recourir au menu pour ajuster chaque réglage. J’ai utilisé le menu I (comme Info) plus souvent que sur le Z 6II, toutefois ce menu autorise tous les raccourcis vers les fonctions que vous utilisez le plus souvent.

Autonomie

Le Nikon Z f est alimenté par une batterie EN-EL15c d’une capacité de 2.280 mAh (Les batteries EN-EL15b et ENE-L15a peuvent être utilisées mais pas de recharge USB avec la EN-EL15). Cette capacité est supérieure à celle de la batterie EN-EL15b de 1.900 mAh utilisée sur d’autres Nikon.

Nikon semble ne pas autoriser l’utilisation de batteries compatibles qui seraient bloquées à l’allumage (je n’ai pas pu vérifier ce point cependant un lecteur m’a confirmé qu’il pouvait utiliser ses batteries Powerextra). Renseignez-vous auprès des vendeurs avant d’investir.

Test Nikon Z f

Le Nikon Z f intègre un mode « économie d’énergie » qui diminue la luminosité de l’écran et du viseur lorsqu’ils ne sont pas utilisés.

L’autonomie de la batterie du Nikon Z f est au moins égale à celle de mon Z 6II, il est toutefois difficile de donner des chiffres précis car tout dépend de l’usage que vous allez faire du boitier. Sans allumer l’écran arrière après chaque photo, vous pouvez toutefois compter sur un minimum de 600 photos par charge, de quoi voir venir et tenir la journée.

Le Nikon Z f est livré sans chargeur, il est compatible avec les chargeurs Nikon EH-7P et EH-8P. Le câble USB UC-E25 est fourni avec l’appareil, il permet un chargement avec batterie portable ou prise USB.

Capacité du buffer

Le buffer garde en mémoire les photos avant qu’elles ne soient copiées sur la carte, plus il a de capacité, plus vous pouvez enchaîner les photos en mode rafale sans ralentissement de la prise de vue. Notez toutefois que la performance en écriture de votre carte mémoire est critique pour vous garantir les meilleures performances.

En pratique et avant ralentissement, j’ai pu faire :

  • 134 photos RAW en 11,75 secondes
  • 206 photos JPG Fine en 15,37 secondes

Notez qu’en RAW la rafale ralentit mais reste active, en JPG elle se bloque, mais un nouvel appui immédiat sur le déclencheur la relance au même rythme. Au final, plus que le buffer, c’est la capacité de votre carte qui vous limitera si vous faites des rafales de 200 photos toutes les 15 secondes (!).

Test Nikon Z f

Connectique et cartes mémoire

Le Nikon Z f propose le WiFi 2,4 et 5 Ghz et le Bluetooth 5.0 Low Energy. Il vous est ainsi possible de connecter le Z f à votre smartphone via l’application Snapbridge.

Nikon Z f : le test terrain Nikon Passion

test Nikon Z f : connectique sur le profil gauche

Sur le côté gauche, vous disposez des prises :

  • port USB SuperSpeed type C autorisant la recharge
  • port HDMI type D
  • fiche mini stéréo d’entrée/sortie séparées (3,5 mm ; entrée alimentée prise en charge)

Nikon Z f : le test terrain Nikon Passion

test Nikon Z f : emplacement batterie et 2 cartes mémoire
l'emplacement Micro-SD entre la batterie et la carte SD

Le Nikon Z f dispose de deux emplacements pour cartes mémoire. Mais attention, il s’agit de deux emplacements différents :

  • un pour cartes mémoire SD,
  • un pour cartes mémoire Micro-SD.

Ce dernier permet de glisser une carte Micro-SD dans le Z f pour dupliquer, par exemple, les photos à la prise de vue. C’est une sécurité, qui peut aussi vous éviter de faire choux blanc si vous partez en oubliant la carte mémoire principale (qui ne l’a jamais fait ?).

Notez toutefois que manipuler cette minuscule carte Micro-SD se révèle peu pratique. En effet, son accès nécessite le retrait de la batterie, ce qui peut s’avérer contraignant dans certaines situations. Il vous faut ensuite faire pression sur la carte pour qu’elle soit éjectée, elle va alors sauter, prenez soin de la retenir. C’est la limite de ce petit format Micro-SD.

Test Nikon Z f

Test Nikon Z f : autofocus

Oserai-je dire que le Nikon Z f était attendu sur le plan de l’autofocus ? Oui, et pas qu’un peu depuis que Nikon a présenté les autofocus de Z 9 puis Z 8 dont les performances sont de tout premier plan. Alors je fais court : l’autofocus du Nikon Z f est aussi de tout premier plan.

Pour faire plus long, l’autofocus du Nikon Z f intègre les fonctionnalités avancées du Z 8, tout en apportant des améliorations significatives. Il offre une couverture du champ de 96 % (90 % du Z 6II), avec 299 points de mesure AF contre 273 pour le Z 6II.

La puissance du processeur Expeed 7 permet au Nikon Z f de proposer de nombreuses configurations AF, ce qui vous vaudra bien des maux de tête à la lecture du manuel utilisateur :

  • en photo, 77 zones personnalisables
  • en vidéo, 66 zones personnalisables

Oui, vous avez bien lu, il vous est possible de choisir entre 77 zones de détection AF différentes rien qu’en photo (20 zones sur le Z 8). Est-bien raisonnable ? Non. Mais Nikon aurait tort de s’en priver si la puissance de calcul est suffisante, à chacun de trouver les quelques zones lui convenant.

Test Nikon Z f

Ici j’ai calé l’autofocus du Nikon Z f en détection automatique
il a accroché le bec bien que les barres métalliques soient souvent dans le cadre

Le suivi 3D, héritage des reflex et absent sur les Z 6 et Z 7, est bien présent sur le Z f, et enrichi d’une reconnaissance de scène similaire à celle des Z 8 et Z 9. La fonction de pré- et post-déclenchement avec suivi AF, capturant des moments jusqu’à 1 seconde avant et 4 secondes après le déclenchement, est aussi disponible.

L’autofocus du Nikon Z f utilise l’IA « deep learning » (apprentissage progressif en profondeur) pour reconnaître 9 types de sujets, incluant les humains, chiens, chats, oiseaux, voitures, motos, avions, trains et vélos.

J’ai pu le vérifier sur le terrain, cet autofocus reconnait tout ce qui passe dans le viseur. Il est même capable de passer d’un type de sujet à l’autre (par exemple d’un animal à une voiture) si les conditions s’y prêtent (la voiture est en approche, alors que l’animal est plus loin). Cet autofocus est surtout très (très) réactif, la bascule de type de sujet détecté, l’accroche du sujet, le suivi même dans l’obscurité sont étonnantes.

Cet autofocus ravira les photographes adeptes de la photographie sociale, elle reconnaît sans se tromper le visage, les yeux, la tête et le torse, même lorsque le visage est orienté à l’envers ou n’occupe que 3 % du cadre. Je me suis pris au jeu de photographier par-dessus l’épaule une personne derrière moi, l’autofocus a identifié le sujet, et fait le point.

Les photographes animaliers seront quant à eux ravis de savoir que ce même autofocus peut identifier le corps, les yeux et la tête des animaux quels qu’ils soient, à l’arrêt comme en pleine course.

En basse lumière, l’autofocus du Z f détecte les sujets jusqu’à -10 EV (-4 EV sur le Z 6II). Lors de mes séances nocturnes, la différence avec le Z 6II était très sensible, le Z f trouve et accroche vite et bien.

Test Nikon Z f

Garder de la profondeur de champ et assurer le point dans de telles conditions est appréciable

Oui mais …

Certes, le Nikon Z f intègre toutes les caractéristiques autofocus des Z 8/Z 9, avec quelques ajouts (détection du sujet en mise au point manuelle, VR sur la zone AF sélectionnée). Le menu est identique à celui du Z 8, tandis que le processeur EXPEED 7 est utilisé de la même manière dans le Z f que dans le Z 8, sans aucune restriction. Cela ne signifie pourtant pas que les performances soient exactement identiques.

Les Z 8 et Z 9 bénéficient d’un flux constant de données à 120 fps provenant du capteur d’image, sans interruption. Pendant les rafales continues, le Z f connaît lui des interruptions de ce flux de données, avec des passages au noir dans le viseur en raison de son obturateur mécanique.

De plus, avec l’obturateur électronique, l’effet de rolling shutter est plus lent que sur un Z 8 ou Z 9. Recueillant moins d’informations de mise au point, moins rapidement et de manière moins fiable que les Z 8 et Z 9, le Nikon Z f est donc « un peu » en retrait. « Un peu » car le commun des nikonistes mortels ne verra jamais aucune différence en pratique, surtout en mode déclenchement vue par vue. Mais la précision me semblait importante à mentionner.

Test Nikon Z f

Ici le Nikon Z f a trouvé la personne arrivant à droite, et l’a suivie bien que le premier plan soit chargé

Reste toutefois à comprendre que si cet autofocus est étonnant, il demande un temps d’apprentissage. Ne maitrise pas un AF de ce niveau qui veut sans y passer du temps. Après quelques jours de test, voici la combinaison « tout venant » que j’ai adoptée, et qui m’a donné satisfaction dans la plupart des cas :

  • mode AF-C (détection continue)
  • AF Zone automatique
  • options AF/MF de détection du sujet automatique

Cette configuration permet à l’autofocus de se caler sur le sujet le plus évident pour lui, et dans la plupart des cas pour vous.

Cependant, si vous voulez faire le point sur un autre sujet, qu’il n’a pas choisi, vous devez changer de mode. Pour cela j’ai programmé la touche de fonction de la face avant pour qu’elle active le mode de suivi 3D en AF-C, ce qui me permet alors de choisir avec précision la zone de l’image sur laquelle je veux faire le point. L’autofocus active le suivi 3D tant que je laisse la touche enfoncée, il repasse en mode AF Zone automatique dès que je relâche la touche.

Test Nikon Z f

Ici l’AF Zone automatique s’est calé sur les branches du premier plan
Avec le suivi 3D activé du bout du doigt, il s’est recalé sur l’oiseau sans jamais le perdre alors que je changeais mon cadre

Notez que si vous utilisez un objectif à mise au point manuelle, via la bague FTZ, la détection du sujet reste possible. L’autofocus vous indique le sujet, il ne vous reste plus qu’à tourner la bague de mise au point de l’objectif jusqu’à voir la zone de détection passer au vert.

Vous l’avez compris, il n’existe pas de configuration « qui fonctionne à tous les coups », c’est à vous de définir vos besoins, vos envies et la personnalisation de votre boîtier.

Ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est que l’autofocus du Nikon Z f est largement plus efficace que celui des générations Z 5/6 et 7 séries 1 et 2.

C’est de bon augure pour un potentiel Nikon Z 6III qui ne pourrait que progresser encore.

Test Nikon Z f : Qualité d’image

Montée en sensibilité

Le Nikon Z f utilise le même capteur que le Nikon Z 6II, le processeur est différent, les résultats restent proches. Le niveau de bruit reste très limité jusqu’à 3.200 ISO, il reste visible mais agréable à 6.400 ISO.

Note : les photos ci-dessous sont des JPG non traités.

Test ISO Nikon Z f montée en sensibilité

Test ISO Nikon Z f montée en sensibilité

A 12.800 ISO une première bascule se fait sentir, qui reste gérable en post-traitement classique. Le rendu des couleurs reste fidèle, je l’ai déjà constaté des centaines de fois avec le Z 6II. Une simple réduction de bruit améliore le rendu final. Attention toutefois aux zones texturées, aux visages qui vont souffrir de cette montée en ISO.

Test ISO Nikon Z f montée en sensibilité

Une seconde bascule arrive à 25.600 ISO. Les résultats se dégradent et les photos sont moins souvent exploitables. Un traitement du bruit par l’IA (Lightroom Classic, DxO PureRAW) sur les fichiers RAW est indispensable. C’est LA limite du Nikon Z f en photo.

Test ISO Nikon Z f montée en sensibilité

Au-delà, à 51.200 ou 102.800 ISO, les images ne sont pas exploitables en JPG. Utilisez là-aussi le RAW et l’IA de débruitage. Vous obtiendrez des images plus proches de la qualité « illustration » que « photographie », mais elles peuvent vous rendre service (par exemple en reconnaissance de scène).

Test ISO Nikon Z f montée en sensibilité

Test ISO Nikon Z f montée en sensibilité

Test ISO Nikon Z f montée en sensibilité

Au-delà de cet exercice qui s’éloigne vite d’une pratique photo raisonnée, notez qu’en faible lumière, la stabilisation du capteur (supérieure à celle du Nikon Z 6II/Z 7II) évite de trop augmenter le temps de pose et permet de conserver une sensibilité ISO réduite. Couplée à une focale fixe ouvrant à f/1.8 ou f/1.2 (comme le NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S),  à vous la photo de nuit sans trépied.

Je reprends l’argument donné lors du test du Z 6 :

« Cette stabilisation Nikon est probablement l’un des plus grands bénéfices à passer à un hybride, que vous saurez très rapidement apprécier sur le terrain ».

Test Nikon Z f : vidéo

Je ne vous en dirai pas beaucoup sur les capacités vidéo du Nikon Z f, je ne teste pas la vidéo des boîtiers. Ceci dit, le Z f s’adresse avant tout à des photographes, les vidéastes s’orientant plutôt vers le Nikon Z 6II ou le Nikon  Z8.

Sachez quand même que comme le Z6 II doté du même capteur, le Z f autorise les vidéos en 4K/30P, suréchantillonné. Le 4K/60P en format DX est aussi disponible. Le N-Log 10 bits 4:2:2 est enregistrable directement sur la carte. Contrairement aux modèles Z précédents, le Nikon Z f permet l’utilisation de la priorité à l’obturateur en vidéo sans se limiter aux réglages entièrement automatiques.

Test Nikon Z f

Test Nikon Z f : pour qui et quels usages

Vous avez déjà un Nikon Z 5, Z 6 série 1 ou 2

Passer du Nikon Z 5, Z 6 ou Z 6II au Nikon Z f présente plusieurs avantages notables :

Design et ergonomie : Le design rétro du Z f, combiné à une ergonomie repensée, offre une expérience utilisateur différente et peut-être plus engageante pour certains photographes, tout en conservant la qualité de construction tous temps caractéristique de la marque.

Système autofocus amélioré : Le Nikon Z f intègre des fonctionnalités avancées d’autofocus inspirées des Z 8/Z 9, incluant la détection de sujet en mise au point manuelle et un suivi amélioré grâce au processeur EXPEED 7, offrant une meilleure réactivité et précision.

Qualité d’image : Bien que partageant un capteur similaire avec le Z 6II, le nouveau processeur d’image du Z f améliore le traitement des images, notamment en offrant un meilleur rendu grâce au support du format HEIF, qui assure une meilleure dynamique.

Capacités en basse lumière : Le Z f affiche une performance supérieure en basse lumière, avec une mise au point efficace jusqu’à -10 EV, surpassant les capacités du Z 6II dans des conditions de faible luminosité.

Prise de vue par décalage de pixels : Le Z f introduit la prise de vue par décalage de pixels, permettant de créer des images de 24 Mp ou 96 Mp (pour les sujets statiques), offrant ainsi une flexibilité et une qualité d’image accrues pour des travaux nécessitant une haute résolution.

Test Nikon Z f

Vous avez déjà un Nikon Z 7 série 1 ou 2

Passer du Nikon Z 7 ou Z 7II au Nikon Z f présente peu prou les mêmes avantages que si vous avez un Z 6.

Il vous faudra faire avec la perte de définition (45 Mp pour les Z 7 contre 24 Mp pour le Z f), en sachant que le Zf ajoute la fonctionnalité de prise de vue par décalage de pixels. Vous pourrez ainsi créer des images haute définition de 96 Mp pour des sujets statiques, lorsque vous en avez besoin pour des tirages de grande taille ou des recadrages importants.

Si vous avez un besoin courant des 45 Mp, la solution d’évolution logique (mais plus couteuse) reste le Nikon Z 8.

Vous avez un reflex Nikon et souhaitez passer à l’hybride plein format

Passer d’un reflex Nikon plein format au Nikon Z f offre plusieurs avantages significatifs, tirant parti des innovations technologiques et des fonctionnalités avancées des hybrides :

Réduction de poids et de taille : Le design sans miroir du Z f permet une construction plus compacte et légère comparée aux reflex plein format traditionnels, facilitant la portabilité et réduisant la fatigue lors d’utilisations prolongées.

Système Autofocus avancé : Le Nikon Z f bénéficie d’un autofocus performant inspiré des Z 8/Z 9, incluant le suivi plein cadre, l’identification des sujets, la détection en mise au point manuelle et un suivi en basse lumière unique.

Qualité d’image : Bien que conservant un capteur de 24 Mp, le Nikon Z f intègre un processeur d’image Expeed 7 très supérieur à celui des Nikon D780 ou D850, avec une montée en ISO très supérieure aussi.

Meilleure performance en basse lumière : Grâce à des capacités de mise au point efficaces jusqu’à -10EV, le Z f excelle dans des conditions de faible luminosité, surpassant souvent les capacités des reflex Nikon plein format.

Viseur électronique haute définition : Le viseur électronique du Z f offre une vision claire et précise de la scène, avec l’avantage de visualiser l’exposition en temps réel, la mise au point avec Focus Peaking et loupe, l’horizon artificiel, l’histogramme, des fonctions que les viseurs optiques des reflex ne peuvent pas fournir.

Compatibilité avec les objectifs NIKKOR Z : Le Z f permet l’utilisation des objectifs NIKKOR Z (hybrides), offrant une qualité optique améliorée et une plus grande ouverture (par ex. f/1.2). Avec la bague FTZ, il est possible d’utiliser les objectifs NIKKOR F sans devoir renouveler votre parc optique.

Conception et ergonomie vintage : Le design rétro du Z f, combiné à une ergonomie moderne, offre une expérience utilisateur unique, que même le Nikon Df (retiré du catalogue reflex) ne savait proposer.

Réduction du bruit de fonctionnement : Le mécanisme sans miroir du Z f réduit le bruit de fonctionnement, un avantage considérable pour la photographie dans des environnements exigeant discrétion et silence.

Test Nikon Z f

Vous n’avez pas de matériel Nikon et le Z f vous fait de l’œil

Choisir le Nikon Z f sans posséder auparavant de reflex ou d’hybride Nikon, présente plusieurs avantages marquants (lire les détails plus haut) :

Compatibilité des objectifs : Grâce à la monture Z et à la disponibilité d’adaptateurs, le Z f est compatible avec une large gamme d’objectifs, offrant aux utilisateurs la flexibilité de choisir parmi les derniers objectifs NIKKOR Z et d’utiliser des objectifs NIKKOR F existants comme les gammes concurrentes telle la gamme Sony E.

Investissez de préférence dans des optiques NIKKOR Z puisque vous êtes censé ne pas avoir d’optiques. Le zoom NIKKOR 24-70 mm sera un très bon premier choix pour passer partout, les NIKKOR Z 40 mm f/2 et NIKKOR Z 28 mm f/2.8 combleront les amateurs de petites focales fixes lumineuses.

Test Nikon Z f : conclusion

Le Nikon Z f est un appareil hybride polyvalent et très capable, fusionnant un design rétro séduisant avec des technologies modernes.

Son système autofocus avancé, sa qualité d’image, et ses fonctionnalités innovantes comme le support du format HEIF et la prise de vue par décalage de pixels, en font un choix attrayant pour les photographes appréciant « le beau matériel » qui fonctionne aussi « très bien ». Dit autrement, il est attirant !

Bien qu’il présente quelques défis en termes d’ergonomie, ces aspects sont compensés par ses performances très élevées en basse lumière, son autofocus véloce et sa qualité d’image en haute sensibilité.

Le Nikon Z f est aussi une excellente porte d’entrée dans l’univers Nikon ou une mise à niveau significative si vous utilisez un APS-C. Quant à moi je vais retrouver mon Nikon Z 6II, proche du Z f en encombrement et poids (voir le comparatif Nikon Z 6II vs. Nikon Z f), mais dont l’autofocus marque nettement le pas désormais face à la nouvelle génération d’hybrides Nikon.

En savoir plus sur le site Nikon.

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Quelques photos avec le Nikon Z f

Test Nikon Z f

Test Nikon Z f

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En savoir plus sur le site Nikon.

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5 Commentaires sur "Test Nikon Zf: ergonomie, autofocus, ISO, répond-il aux attentes ?"

  1. Appareil a très gros potentiel qui est au dessus de tous mes précédents boitiers reflex pro comme hybride. Le mode noir et blanc est génial, le potentiel de l’AF énorme.

    Reste l’ergonomie qui n’est pas bien pensée, ils auraient dû s’inspirer de Fuji qui arrive le même style à avoir des molettes efficace. Exemple avec le bouton de verrouillage au dessus des molettes ISO et vitesse, chez Nikon ils ne servent à rien puisqu’on peut uniquement verrouiller une seule position prédéfinie alors que la concurrence permet logiquement de verrouiller n’importe quelle valeur sélectionnée.

    Autre exemple avec l’Af qui est excellent mais avec trop de variante à cocher. Ça se vente partout que l’IA arrive sur les boitiers dont celui ci et il n’y a jamais eu autant de manip à faire pour avoir le bon mode AF, étonnant. Je ne comprends que le bouton de sélection de mode AF est disparu, quel perte de temps de devoir aller dans un menu puis un sous menu… Il y a bien une touche FN paramétrable mais qui ne permet pas d’appeler ce menu, on peut seulement appeler une des dizaines de combinaisons possibles.

    Un très beau boîtier à fort potentiel et plaisir photographique mais qui mériterait un peu plus de réflexion au niveau ergonomie.

    A noter que mes optiques à monture F Tamron et Sigma qui ne fonctionnaient pas sur Z6 et Z7 avec une FTZ première génération fonctionnent parfaitement sur le Zf avec une FTZ 2. Je ne sais pas si ça vient du boîtier plus « ouvert » comme en son temps le DF ou si c’est cette bague de seconde génération. Toujours est-il que grâce à ça, je n’ai pas hésité une seconde dans la boutique pour franchir le pas.

  2. C’est un peu le Df en beaucoup mieux et en tenant compte des manques du Zfc. Le Df est un reflex extraordinaire mais avec des manques qui le sont tout autant (faux chromage extrèmement fragile, semelle dans un matériau indigne, et surprenantes fautes de conception comme l’absence de mesure précise de l’état de la batterie, et un écran arrière non orientable). Ce qui serait sympa, c’est un Zf chromé! Mais on peut l’acheter avec des gainages couleur du plus bel effet

  3. Bonjour et merci pour cette revue assez exhaustive. J’utilise un z9, un z6, zfc, un D850 et D800E, mais j’ai bien envie de m’offrir un Zf, comme j’utilise encore un FM3A que j’adore, mais c’est un peu exagéré. Votre avis?

  4. Bonjour, j’attendais avec impatience le retour de tests de ce boitier, mais heureusement que j’ai anticipé son acquisition. Donc pour ma part j’en suis plus que satisfait pour les besoins que j’en ai ( pour info j’avais aussi d’autres boitiers avant juste pour m’arrêter aux derniers ( D850, D5, D6 mais je suis aussi passé par la case Z ( Z6 vite oublié, Z6II & Z fc ). Le Z F à pris la place du Z6II et je dois faire parti des 20% d’américains, Jean Christophe comprendra.