nikonpassion.com

Page 1 / 1


Pourquoi faire comme tout le monde alors que vous pouvez faire des photos uniques

Avez-vous déjà été dans une situation où, entouré d’autres photographes, vous vous êtes retrouvé à ne pas savoir comment faire pour obtenir des photos différentes ? A ne pas savoir quoi changer pour que vos photos ne soient pas « comme toutes les photos faites au même endroit » ?

Voici des éléments de réflexion qui vont vous aider à trouver votre voie, votre style, et quelques conseils pour vous lancer. Vous allez voir que ce n’est pas si complexe que cela peut en avoir l’air.

Pourquoi faire comme tout le monde alors que vous pouvez faire des photos uniques

L’importance de la différenciation

Susan Meiselas, la photojournaliste américaine, l’exprime parfaitement : ce qui compte, ce n’est pas seulement l’histoire racontée, mais la vision unique que vous apportez à cette histoire. En tant que photographe, avec votre propre regard, vos propres émotions et votre propre interprétation, vous pouvez transformer une scène banale en une photo unique.

Comment rendre une photo unique - photo (C) JC Dichant

Rendre une photo unique est la garantie de ne jamais faire la même photo que quelqu’un d’autre dans les mêmes conditions. Un paysage, un décor, c’est toujours pareil.

Bien que vous puissiez penser le contraire, ce paysage, ce décor, d’un jour à l’autre est tellement peu différent que vos photos ne seront jamais uniques si vous vous contentez de ces vues classiques. Après tout, les autres aussi peuvent revenir faire la même photo que vous le lendemain.

Il existe pourtant une façon simple de faire des photos que personne d’autre ne pourra faire, vous allez comprendre pourquoi avec les exemples ci-dessous.

L’impact des personnes dans vos photos

Comment rendre une photo unique - photo (C) JC Dichant

En incluant les gens dans vos photos, vous créez une interaction unique entre l’environnement et les personnes présentes dans le cadre, une situation impossible à reproduire.

Imaginez… vous photographiez une rue animée : chaque passant apporte sa contribution à vos images. Les tenues, les expressions ou même la démarche particulière d’une personne, tout participe à cette singularité que vous ne retrouverez jamais à l’identique.

Autre exemple, prenez la place centrale d’un village un jour de marché. Photographiez les marchands en pleine activité, les clients et leurs achats, les enfants jouant autour des étals. Chaque photo est un instantané unique impossible à recréer. Cette diversité apportée par l’humain est une source inépuisable de singularité.

L’impact du temps dans vos photos

Comment rendre une photo unique - photo (C) JC Dichant

Il y a une autre façon de rendre vos photos uniques : photographier une zone de travaux. Pas besoin d’humains, les travaux changent le décor sans cesse. Il y a sûrement une zone de travaux près de chez vous. Commencez dès aujourd’hui à la photographier car chaque jour, les évolutions du chantier apportent un nouveau visage à ces paysages.

Revenez-y souvent pour documenter cette évolution. Au fil du temps, vos photos constitueront un témoignage visuel unique et fascinant de la transformation d’un lieu.

Augmenter la difficulté pour plus d’originalité

Comment rendre une photo unique - photo (C) JC Dichant

Joel Meyerowitz ajoute une dimension intéressante à ces idées en affirmant que les photos ainsi réalisées doivent être difficiles à faire et les scènes difficiles à trouver. Augmentez la difficulté de vos prises de vue, vous limiterez le nombre de personnes capables de réaliser des photos similaires, vous vous démarquerez plus facilement.

Votre propre regard, vos propres émotions et votre propre interprétation peuvent transformer une scène banale en une photo unique. C’est cette vision personnelle et cette recherche de la complexité qui doivent vous motiver.

Se réapproprier son environnement

Comment rendre une photo unique - photo (C) JC Dichant

Encore plus simple. En explorant votre environnement quotidien avec votre appareil photo, vous développerez un nouveau regard sur votre quartier. Vous découvrirez des détails que vous n’aviez jamais remarqués auparavant, documentant ainsi l’histoire en devenir de votre commune.

Pour intégrer ces principes dans votre pratique, commencez par des exercices simples. Par exemple, consacrez quelques minutes chaque jour à observer votre environnement immédiat avec un œil neuf comme le décrit si bien le photographe nantais Franck Gérard « faites comme si vous visitiez votre commune pour la première fois ». Cherchez des détails uniques dans des lieux familiers.

Comment rendre une photo unique - photo (C) JC Dichant

Prenez votre appareil photo avec vous lors de vos sorties habituelles, comme faire les courses ou vous promener dans le quartier. Essayez de capturer des scènes banales sous un angle différent, en jouant avec la composition et les perspectives.

Fixez-vous des défis, comme photographier uniquement en noir et blanc pendant une semaine, ou trouver des sujets intéressants dans un rayon de 100 mètres autour de chez vous.

En pratiquant régulièrement et en variant les approches, vous développerez un regard plus attentif et créatif, rendant vos photos plus uniques et personnelles.

La photographie comme art et témoignage

La photographie n’est pas qu’une question de technique, c’est avant tout un art et un témoignage. Chaque photo que vous prenez est une nouvelle contribution à votre démarche.

Pensez aux photos de voyages que vous avez faites, chacune raconte une histoire : le coucher de soleil sur une plage déserte, les ruelles animées d’une vieille ville ou le calme d’un lac au petit matin. Chacune de ces images est un témoignage visuel de moments uniques et éphémères.

Se confronter au réel

Comment rendre une photo unique - photo (C) JC Dichant

Raymond Depardon a dit « La photographie, c’est la confrontation avec le réel, et cette confrontation est toujours très difficile parce que le réel n’est jamais là où on l’attend. »

En photographiant, vous ne capturez pas seulement une image, mais aussi une réalité, souvent imprévue et surprenante. C’est votre capacité à voir au-delà du visible, à saisir l’instant et à montrer l’invisible qui va transformer une simple image en un témoignage unique.

Trouver sa voix

Comment rendre une photo unique - photo (C) JC Dichant

Steve McCurry résume parfaitement l’essence de la photographie lorsqu’il dit : « Le style est votre propre voix, votre propre personnalité, votre manière de voir le monde. Pour trouver son style, il est crucial de sortir, de prendre votre temps et de vous concentrer sur ce qui vous intrigue et vous inspire, sur ce que vous souhaitez exprimer de la vie. »

Que vous photographiiez des fleurs, des paysages ou des portraits, chaque sujet a un sens profond. McCurry, fasciné par les cultures étrangères et les comportements humains, a choisi cette voie. Vous n’êtes ni McCurry ni Depardon mais vous avez une voix.

L’importance de partager

Partager vos photos permet d’échanger avec d’autres passionnés, des locaux, des commerçants, des associations, autant d’occasions de trouver de nouveaux sujets pour enrichir votre quête photographique. Que ce soit un sourire, une rue en chantier ou un détail anodin, chaque photo est une opportunité de montrer votre regard sur le monde.

Comment rendre une photo unique - photo (C) JC Dichant

Faire des photos uniques doit être votre préoccupation de tous les instants

Lorsque vous vous trouvez face à une scène banale ou familière, souvenez-vous que ce qui importe, c’est votre vision et votre capacité à rendre cette scène unique.

Cherchez la difficulté, cherchez l’inédit et le banal, suivez votre instinct et votre passion. Chaque photo que vous allez faire est l’occasion de montrer le monde sous un nouvel angle, le vôtre. Alors explorez, créez et partagez votre vision unique.


Couleur et noir et blanc : pourquoi choisir quand on peut avoir les deux ?

Dans l’univers de la photographie, le débat entre la couleur et noir et blanc est permanent. Chaque approche a ses fervents défenseurs et ses atouts uniques. Mais pourquoi se limiter à l’une ou l’autre quand on peut avoir les deux ?

Si vous êtes attiré par l’éclat des couleurs, découvrez comment vous pouvez ajouter la sobriété du noir et blanc dans votre pratique photographique.

Une époque de contraintes

Quel est le point commun entre tous ces photographes légendaires que sont Ralph Gibson, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Lee Friedlander, Gary Winogrand, Daido Moriyama, et Josef Koudelka ?

Ils étaient trop pauvres pour faire de la couleur.

À l’époque de l’argentique, la couleur coûtait une fortune : films, développement, tirages de lecture, tirages d’exposition. Le noir et blanc était une nécessité économique autant qu’un choix artistique.

Ces photographes se sont donc tournés vers le noir et blanc par nécessité. Mais cette contrainte les a aussi poussés à se concentrer sur la composition, le contraste et la lumière, faisant de la limitation économique une différenciation artistique.

Aujourd’hui, plus de différence de coût entre couleur et noir et blanc

Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Venise – photo (C) JC Dichant

Depuis l’arrivée du numérique, il n’y a plus de différence de coût entre couleur et noir et blanc. Appareil photo, carte mémoire, logiciel de post-traitement ou tirages, tout est équivalent. Cette démocratisation de la photographie a ouvert de nouvelles possibilités, mais a aussi introduit un nouveau dilemme pour les photographes.

Vous avez un appareil photo qui peut tout faire, donc aucune raison de vous limiter à la couleur. Que vous soyez adepte de la photographie de paysages, de nature, de portraits, de scènes de famille, de sport, d’urbain, d’architecture ou de photo animalière, tout peut être photographié aussi bien en couleur qu’en noir et blanc.

Avec le format RAW, vous avez la liberté de décider après la prise de vue si votre photo sera en couleur ou en noir et blanc, même si je persiste à penser qu’une photo en noir et blanc se crée à la prise de vue.  Pourtant, quelque chose coince encore chez de nombreux photographes amateurs.

La difficulté apparente du noir et blanc

Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Les oies bernache du Canada – lac de Créteil – photo (C) JC Dichant

De nombreux photographes amateurs n’osent pas le noir et blanc, car ils ne savent pas quoi faire de ces images souvent peu séduisantes en version « brut de carte ». Produire un noir et blanc direct de qualité (lire « en JPG ») est effectivement difficile sans une bonne maîtrise des réglages de votre appareil.

Vous pouvez jouer avec les ajustements fins ainsi qu’avec l’exposition et le contraste global, mais vous ne pouvez pas ajuster une zone particulière d’une photo sans que les autres ne soient impactées.

L’importance des ajustements locaux

Le noir et blanc est souvent une question de traitement local. En argentique, on utilise nos mains et des masques pour moduler l’exposition des différentes zones de la photo.

Passer au noir et blanc numérique vous permet de simplifier ces ajustements locaux comme globaux, sans y passer le temps que le labo argentique suppose. Les essais ne vous coûtent plus rien et il existe une multitude de modèles de rendus (‘presets’) pour vous lancer, y compris les simulations de films argentiques que je partage dans mes formations.

La liberté de revenir à la couleur

Si le résultat ne vous convient pas, un clic suffit pour revenir à la version couleur. Cette flexibilité apportée par le format RAW est un atout majeur du numérique. Vous pouvez expérimenter sans gaspiller de la chimie, du papier et votre temps.

Non, ce n’était pas mieux avant

Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
MacVal Vitry sur Seine – photo (C) JC Dichant

Chaque époque a ses défis et opportunités. Les photographes d’hier ont créé leurs images avec les moyens limités dont ils disposaient. Aujourd’hui, vous avez à votre disposition des outils performants pour repousser les limites de votre pratique photo.

L’important est de toujours explorer, expérimenter et apprendre. Que ce soit en couleur ou en noir et blanc, l’essentiel est de vous faire plaisir.

La puissance de la simplicité

Revenons-en à ce qui a fait le succès des photographes de l’époque argentique, dont ceux cités en introduction. Le noir et blanc simplifie la scène en éliminant la distraction apportée par les couleurs. Il permet au spectateur de se concentrer sur les éléments fondamentaux de l’image : la lumière, la forme, la texture et le sujet.

Rien n’a changé avec le noir et blanc numérique. Cette simplification vous permet de mettre en avant ce que vous voyez de la scène photographiée. Par exemple, un portrait en noir et blanc peut révéler des traits de caractère, des émotions et des expressions qui seraient noyées dans une image en couleur.

Une évocation du passé

Le noir et blanc évoque souvent une sensation de nostalgie et de temps révolu. Cela peut créer une connexion émotionnelle plus profonde avec le spectateur, rappelant les photographies d’époque ou les films muets.

Cette évocation du passé peut également rendre des scènes ordinaires plus attirantes et apporter ce supplément de personnalité qui fait la différence en cette période où tout doit toujours être plus visible, plus rapide, plus riche, plus voyant, plus racoleur.

Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Les quais de Seine à Vitry sur Seine – photo (C) JC Dichant

Accentuation des émotions

Sans les distractions des couleurs, les émotions sont souvent plus prononcées en noir et blanc. Les contrastes entre les zones claires et sombres peuvent intensifier les sentiments de tristesse, de joie, de solitude ou de contemplation.

Les photographies de Robert Doisneau, par exemple, montrent souvent des moments de vie quotidienne avec une telle émotion que vous pouvez presque sentir l’atmosphère du moment.

Création d’une atmosphère dramatique

Le noir et blanc peut ajouter un effet dramatique à une image, rendant les scènes plus intenses et captivantes. Les jeux de lumière et d’ombre créent des contrastes forts, souvent renforcés en post-traitement, qui peuvent transformer une scène banale en une photo spectaculaire.

Photographiez un paysage urbain sous une pluie battante, une rue déserte éclairée par des réverbères, un visage éclairé par une lumière latérale ou un alignement d’arbres et vous obtiendrez des images puissantes et dramatiques en noir et blanc.

Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Alignement d’arbres dans le Lot  – photo (C) JC Dichant

Renforcement de la structure et de la forme des photos

En éliminant la couleur, le noir et blanc favorise la mise en avant de la structure et de la forme de vos sujets. Les lignes, les motifs et les textures deviennent plus visibles, ils vous permettent de créer des compositions visuelles fortes et attirantes.

En procédant ainsi, vous invitez le spectateur à explorer les détails et les éléments graphiques de vos images. Les photos de Lee Friedlander, par exemple, exploitent souvent ces éléments pour créer des compositions complexes et intrigantes.

Une intimité accrue

Le noir et blanc peut créer un sentiment d’intimité et de proximité avec le sujet en réduisant les distractions visuelles. En photographie de portrait, cela peut rendre le sujet plus accessible et vulnérable, permettant à la personne qui observe la photo de ressentir une connexion plus profonde.

Les portraits en noir et blanc de Yousuf Karsh sont ainsi connus pour leur capacité à capturer l’essence des sujets avec une intensité et une intimité remarquables.

Un recentrage sur le sujet

Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Pauline – photo (C) JC Dichant

Le noir et blanc aide à concentrer l’attention du spectateur sur le sujet principal de l’image. En supprimant les couleurs, il n’y a plus de distractions chromatiques qui pourraient détourner l’attention. Cela permet de mettre en avant le sujet et de renforcer le message ou l’émotion que le photographe souhaite transmettre.

Une photo de rue en noir et blanc, par exemple, peut mettre en valeur les interactions humaines et les expressions des personnes, créant ainsi une narration plus forte.

La pureté de l’expression

Le noir et blanc peut être perçu comme une forme de photographie plus pure et directe. Cette approche minimaliste, chère à Denis Dubesset, peut rendre les images plus honnêtes et authentiques, permettant une interprétation plus profonde et personnelle de la part du spectateur.

Les photos en noir et blanc peuvent inciter à la contemplation et à la réflexion. Elles invitent le spectateur à s’arrêter, à regarder plus attentivement, à réfléchir sur ce qu’il voit. Le manque de couleur peut permettre au spectateur de mieux rentrer dans l’image. L’expérience émotionnelle est alors plus riche, car le spectateur prend le temps de regarder la photo et non plus de la voir.

Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Monts du Jura – photo (C) JC Dichant

Alors, couleur et noir et blanc, vous prenez les deux ?

Le noir et blanc a une portée universelle. Sans les différences de couleur, les photos en noir et blanc peuvent transcender les cultures, les époques et les frontières. Cette universalité permet de communiquer des émotions et des idées qui résonnent avec un public plus large.

En explorant ces aspects, vous allez mieux comprendre comment le noir et blanc peut être une pratique séduisante pour créer des images chargées en émotion et intemporelles.

Testez le noir et blanc numérique, il peut vous ouvrir de nouvelles perspectives et enrichir votre approche photographique en vous permettant de montrer la beauté du monde avec une profondeur et une intensité que vos photos en couleur ne montrent pas forcément.

Quelques photos en noir et blanc

Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Beach photography – photo (C) JC Dichant
Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Les chevaux de la Meuse – photo (C) JC Dichant
Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
MacVal de Vitry sur Seine – photo (C) JC Dichant
Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Location d’utilitaires – photo (C) JC Dichant
Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Au skate park – photo (C) JC Dichant
Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Sous l’A86 – photo (C) JC Dichant
Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Parc des lilas de Vitry sur Seine – photo (C) JC Dichant
Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Les vaches de la Meuse – photo (C) JC Dichant
Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Maëlle  – photo (C) JC Dichant
Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Le phare du Minou – Plouzané – photo (C) JC Dichant
Couleur vs noir et blanc - photo Jean-Christophe Dichant
Grande Halle de la Villette – photo (C) JC Dichant

Objectifs Nikon NIKKOR : l’héritage se monte à 120 millions

Nikon a franchi le cap des 120 millions d’objectifs NIKKOR produits en avril 2024. Au-delà de ce chiffre impressionnant, examinons comment la marque a su se réinventer au fil des générations d’optiques.

Objectifs Nikon NIKKOR : l'héritage se monte à 120 millions

Tous les objectifs NIKKOR chez Miss Numerique

Tous les objectifs NIKKOR chez La Boutique Photo Nikon

Au-delà du chiffre, l’héritage et l’innovation

En tant que photographe, j’ai toujours apprécié de pouvoir monter un objectif Nikon sur un boîtier Nikon, quelle que soit l’année de production ou ses particularités. Ce qui peut sembler un détail aujourd’hui, avec l’excellence des optiques pour hybrides, ne l’a pas toujours été. La compatibilité, l’étendue de la gamme et les performances font de NIKKOR, la gamme d’optiques Nikon, un nom marquant depuis 1932.

En 1932, Nikon, alors Nippon Kogaku K.K., a enregistré la marque NIKKOR pour désigner ses objectifs. En 1933, les premiers objectifs Aero-Nikkor pour la photographie aérienne ont initié ce qui deviendra, au fil des décennies, l’une des plus belles gammes d’optiques pour la photo. Le récent rachat de RED.com par Nikon laisse entrevoir l’ouverture de la gamme NIKKOR aux optiques pour le cinéma, une nouvelle qui ravira les vidéastes et cinéastes utilisant des hybrides plein format pour leurs tournages.

Objectifs Nikon : tout commence par le verre

fabrication du verre pour les objectifs Nikon NIKKOR

Nikon est l’un des rares fabricants à commencer la production de ses objectifs par la création du verre optique, un verre utilisé sous d’autres formes et via d’autres procédés industriels, dans les verres de lunettes Nikon.

Pour comprendre ces 90 ans de production d’objectifs NIKKOR, il faut remonter aux années 1930, une époque où la photographie était encore en pleine évolution. Les photographes cherchaient constamment à améliorer la qualité de leurs images. C’est dans ce climat d’innovation que Nippon Kogaku K.K., fondée en 1917, a décidé de fabriquer des objectifs sous la marque NIKKOR.

Le Japon s’efforçait de rattraper son retard technologique par rapport aux puissances occidentales. En développant ses propres objectifs, Nikon s’inscrivait dans cette dynamique de modernisation et de perfectionnement. Les premiers objectifs, les Aero-Nikkor destinés à la photographie aérienne, illustrent cette ambition. Utilisés pour des missions de cartographie et de reconnaissance pendant la Seconde Guerre mondiale, ils ont joué un rôle crucial dans le développement des technologies aériennes et militaires.

Après la guerre, Nikon a su tirer parti de l’expérience accumulée pour conquérir de nouveaux marchés. Dans les années 1950 et 1960, l’essor des appareils photo reflex, dont le légendaire Nikon F en 1959, a transformé la pratique photographique des professionnels et des amateurs. Tous avaient désormais accès à des appareils performants, avec des objectifs leur permettant d’explorer le monde, pour les reporters, et les différents domaines artistiques pour les autres. La robustesse et la qualité des objectifs NIKKOR ont rapidement fait de Nikon une référence incontournable.

Pendant les années 1960 et 1970, marquées par plusieurs mouvements artistiques et sociaux, la photographie n’a cessé d’évoluer. Les objectifs NIKKOR ont permis aux photographes de documenter les grands événements de l’époque, des manifestations sociales aux conflits mondiaux, en passant par la conquête de l’espace.

Qualité et innovation

L’excellence optique se reflète dans chaque étape de la fabrication de ses objectifs. De la conception initiale à l’inspection finale, chaque objectif NIKKOR est soumis à des normes de qualité strictes.

le système de motorisation autofocus du NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

L’évolution des objectifs NIKKOR est toujours passée par l’intégration continue de technologies innovantes. Le réglage automatique de l’ouverture, l’autofocus, la réduction de vibration (Nikon VR), le diaphragme à commande électronique, la mise au point avec moteurs pas à pas et le traitement au fluor des lentilles frontales ne sont pas seulement des améliorations techniques ; elles ouvrent de nouvelles possibilités créatives. Elles nous permettent, par exemple, de photographier sans flash en très basse lumière sans craindre le flou, ou de suivre un oiseau en vol grâce à la grande réactivité de l’autofocus. Des capacités impensables dans les années 70 qui sont pourtant intégrées dans tous les objectifs NIKKOR de nos jours.

Objectifs Nikon NIKKOR Z

L’arrivée des objectifs NIKKOR Z, conçus pour les hybrides Nikon, a marqué un tournant décisif. Nikon délaissait sa mythique monture F pour une monture Z innovante, avec le diamètre le plus large du marché. Partir d’une feuille blanche a permis aux opticiens de concevoir des objectifs plus performants, offrant une qualité d’image, notamment en périphérie, impossible à atteindre avec la monture F.

Le NIKKOR Z 58mm f/0.95 S Noct, avec son ouverture record de f/0.95, est un exemple des capacités de cette monture, tout comme le récent NIKKOR Z 135mm f/1.8 S Plena.

Cette gamme NIKKOR Z, qui continue de s’étendre, satisfait déjà de nombreux photographes équipés d’hybrides Nikon. Vous pouvez découvrir l’étendue de la gamme dans mon article dédié, ainsi que sur le site Nikon.

Tous les objectifs NIKKOR chez Miss Numerique

Tous les objectifs NIKKOR chez La Boutique Photo Nikon


Quelle focale pour le portrait, 135 vs 85 mm ?

Voici une question qui divise, alimente les débats et passionne : quelle focale focale pour le portrait choisir entre un 135 mm et un 85 mm ? C’est une question cruciale pour tout photographe, qui m’a été posée après la publication du test du NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena, aussi je vous partage mes idées et pratiques avec la passion que je m’efforce de mettre dans mes conseils.

Quelle focale pour le portrait, 135 vs 85 mm ?

Tous les objectifs Nikon chez Miss Numerique

Les deux valent mieux qu’une ?

Je vais commencer par une réponse de Normand, à la question « quelle focale pour le portrait entre 135 et 85 mm », je vous dis l’un, l’autre et les deux ! En effet, le choix d’une focale pour le portrait dépend de plusieurs facteurs.

Le 135 mm est souvent utilisé pour ses capacités à isoler le sujet du fond avec une grande précision. Cette distance focale plus longue permet de créer un effet de compression qui peut s’avérer flatteur pour les portraits. Le 135 mm utilisé à pleine ouverture f/1.8 ou f/1.2 crée un arrière-plan au flou agréable, le sujet semble se détacher de l’image.

Le 135 mm est particulièrement efficace pour les portraits en extérieur où vous avez de l’espace pour reculer et tirer parti de cette distance focale.

Le 85 mm, quant à lui, offre une autre perspective tout aussi séduisante. L’effet bokeh produit par cet objectif est souvent aussi sublime que celui du 135 mm, donnant des arrière-plans ‘crémeux’ qui mettent le sujet en valeur avec beaucoup de douceur. En studio ou dans des espaces plus confinés comme en portrait de rue, le 85 mm est plus pratique car il impose moins de recul que le 135 mm.

Tous les objectifs Nikon chez Miss Numerique

135 mm vs 85 mm, comment choisir ?

Je dis souvent dans mes Lettres quotidiennes que la photographie est une question de contexte et de style. Pour mes usages, avec ma pratique et mes envies, je considère en priorité l’espace dans lequel je fais mes portraits.

En extérieur, dans un parc ou dans la nature où je peux prendre du recul, le 135 mm est un choix qui me permet de compresser les plans pour mettre en valeur le sujet en l’utilisant l’arrière-plan comme décor.

A l’inverse, en intérieur, en studio ou dans la rue, avec un espace disponible moins important, je privilégie le 85 mm qui me permet de me placer plus près de mes sujets, sans avoir à changer de trottoir ou à me coller contre un mur.

Vient ensuite la question du style. Si vous aimez les portraits très serrés, où chaque détail du visage doit apparaître, le 135 mm vous permet de cadrer très serré. Pour des portraits en plans plus larges, voire en pied, le 85 mm est idéal.

Et pourquoi pas les deux ?

Vous voyez déjà venir ma réponse finale, 85 mm comme 135 mm servent deux besoins différents et sont complémentaires selon vos projets. Seulement investir dans un 85 mm et dans un 135 mm, surtout si vous faites le choix d’objectifs à grande ouverture comme le NIKKOR Z 85 mm f/1.2 S ou le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena, ce n’est pas neutre en terme d’investissement financier.

Je vous incite donc à faire des essais dans les conditions de prise de vues qui sont les vôtres, en utilisant un zoom qui couvre ces deux focales. Un 70-200 mm, quel qu’il soit, vous permet de cadrer à 85 mm puis de vous déplacer pour cadrer à 135 mm. Les données EXIF des photos comporteront la distance focale utilisée, vous serez donc capable de comparer en observant vos photos dans votre logiciel favori. Avant de décider de quelle focale vous rend quel service, et le cas échéant, d’investir dans un objectif à focale fixe de 85 mm ou de 135 mm.

Sachez aussi que parfois, un changement de focale peut vous aider à penser autrement et vous offrir de nouvelles perspectives. Faites le test : passez une journée avec chaque focale, variez les situations de prise de vue et observez comment chacune influence vos cadrages, vos compositions selon le lieu, le moment, la lumière, le décor.

Enfin, n’oubliez pas de prendre en compte vos préférences. Votre équipement doit servir votre vision, et non vous imposer des contraintes. Le plaisir que vous allez prendre à utiliser un 135 mm plutôt qu’un 85 mm, ou l’inverse, se verra dans vos photos. Faites-vous confiance, choisissez la focale qui vous inspire le plus le moment venu.

Au final, focale pour le portrait : la balle est dans votre camp

En conclusion, l’essentiel est de choisir l’objectif et la focale qui vous permettent de vous exprimer et de saisir vos sujets avec toute l’envie que vous êtes capable d’y mettre.

N’hésitez pas à expérimenter et à jouer avec les possibilités offertes par chaque objectif. La photographie est autant une question de technique que d’émotion et de vision personnelle.

Tous les objectifs Nikon chez Miss Numerique


Nik Collection 7 : plus rapide, efficace et simple mais quel avenir ?

DxO a annoncé en mai 2024 l’arrivée de la suite Nik Collection 7, un an après celle de la précédente version 6. Au programme de cette mise à jour, une rapidité et une efficacité accrues ainsi qu’une utilisation plus intuitive des différents plugins. Cette mise à jour pose toutefois la question de l’intérêt de cette suite désormais, alors que les logiciels photo experts progressent de leur côté en implémentant bon nombre des fonctions offertes par la Nik Collection sans en justifier l’achat.

Nik Collection 7 : plus rapide, efficace et simple mais quel avenir ?

La suite et la version d’essai 30 jours sur le site de DxO

Cette introduction particulièrement provocatrice résulte de ce que j’ai retenu de la conférence de lancement par DxO de la Nik Collection 7. Cette suite logicielle intégrée aux logiciels photo Adobe Photoshop CC, Adobe Lightroom Classic, Affinity Photo et DxO PhotoLab propose sept plugins créatifs :

  • Color Efex : correction des couleurs et application de filtres créatifs
  • Silver Efex : conversion des photos en noir et blanc
  • Analog Efex : application de rendus argentiques
  • Viveza : ajustement fin des couleurs
  • HDR Efex : fusion et traitement HDR des prises de vue en bracketing
  • Dfine : réduction du bruit numérique
  • Sharpener  : amélioration des détails et de la netteté

Sans rapport direct avec son numéro de version, la Nik Collection 7 ne dispose en effet « que » de 7 plugins alors que les versions précédentes en comptaient 8. C’est le plugin Perspective Efex qui est absent de cette nouvelle mouture. Selon DxO, il était peu utilisé, son ergonomie différait de celle des autres plugins, et ses fonctions sont intégrées au logiciel maison DxO ViewPoint.

Exit donc Perspective Efex : si vous l’utilisez, ne le désinstallez surtout pas car vous ne pourrez plus en bénéficier. Je peux comprendre le souci de rationaliser une suite dont la couverture fonctionnelle est grande, mais de là à supprimer un plugin sans proposer d’alternative aux utilisateurs, c’est plutôt sévère.

DxO annonce une augmentation significative de la vitesse d’exécution des plugins, pouvant aller jusqu’à 30 %. Cette amélioration est bienvenue, les utilisateurs de Photoshop CC, principaux concernés par la Nik Collection, apprécieront.

Nouvelles fonctionnalités de la Nik Collection 7

Outils ellipse et polygone

Nik Collection 7 : plus rapide, efficace et simple mais quel avenir ?

L’une des innovations majeures de la Nik Collection 7 réside dans l’introduction des outils de retouche sélective en ellipse et polygone. Ces outils permettent de définir avec précision les zones à traiter grâce à la technologie U Points, chère aux anciens utilisateurs de Nikon Capture NX2.

L’outil polygonal, semblable à celui de Photoshop CC, permet de dessiner un tracé précis autour d’une zone complexe. Il facilite des ajustements ciblés comme la modification de la couleur d’un objet aux contours irréguliers.

Nik Collection 7 : plus rapide, efficace et simple mais quel avenir ?

L’outil ellipse permet de spécifier une zone circulaire ou elliptique pour des retouches fines grâce à la pipette qui sélectionne avec précision la couleur à corriger.

Ces outils sont disponibles dans l’ensemble des plugins.

Masques de luminosité

Les nouveaux masques de luminosité de la Nik Collection 7 sont similaires à ceux de Photoshop CC et de Lightroom Classic. Ils permettent de cibler avec précision les zones d’une image en fonction de leur luminosité.

L’intégration de cette fonctionnalité dans les plugins de la Nik Collection 7 évite le recours à des logiciels tiers et simplifie le flux de travail. Ces masques de luminosité permettent des ajustements précis des tonalités et offrent la possibilité de revenir à chaque étape des modifications grâce au traitement non-destructif.

Nik Collection 7 : plus rapide, efficace et simple mais quel avenir ?

Outils TSL, Clearview et grain

L’outil TSL (Teinte, Saturation, Luminosité) permet de modifier rapidement la colorimétrie des photos en sélectionnant une plage de couleurs spécifique et en ajustant la vibrance via un curseur dédié.

L’outil Clearview améliore la clarté et réduit le voile atmosphérique.

L’outil grain, comme son nom l’indique, permet d’ajouter un effet de grain argentique aux photos.

Ces trois outils sont disponibles comme n’importe quel filtre depuis la barre de gauche de l’interface des plugins de la Nik Collection 7.

Nik Collection 7 : plus rapide, efficace et simple mais quel avenir ?

Viveza dans Color Efex

La Nik Collection 7 apporte l’intégration des fonctionnalités de Viveza au sein de Color Efex.

Cette intégration vous permet d’effectuer des corrections de couleurs et de luminosité tout en appliquant des filtres créatifs. Vous pouvez par exemple ajuster les ombres ou l’intensité des couleurs avant d’appliquer un filtre spécifique. De là à penser qu’une fusion est envisageable entre Viveza et Color Efex, tout est permis, ce qui pourrait amener à la disparition du plugin Viveza dans une future Nik Collection 8.

Bascule rapide d’un plugin à l’autre et exportation rapide

Nik Collection 7 : plus rapide, efficace et simple mais quel avenir ?

La Nik Collection 7 améliore le flux de travail grâce à des fonctionnalités de bascule rapide entre les plugins et propose aussi une exportation plus rapide. Un nouveau bouton permet de passer d’un plugin à un autre en un clic.

La nouvelle option d’exportation rapide permet de générer des fichiers en JPEG ou TIFF directement depuis le plugin, sans avoir à fermer celui-ci et à retourner dans Lightroom Classic ou Photoshop CC. Les options de compression vous permettent d’affiner le format final de l’image.

La suite et la version d’essai 30 jours sur le site de DxO

Facilité d’usage du logiciel

DxO met un point d’honneur à simplifier l’utilisation de la Nik Collection 7, qui en a bien besoin tant cette suite peut paraître complexe. L’interface propose des améliorations comme la barre d’outils Nik Selective Tool pour Photoshop CC, qui offre un accès rapide aux fonctionnalités principales.

La bascule rapide entre les différents plugins grâce au bouton dédié, ainsi que l’exportation rapide en un clic, contribuent à la fluidité du flux de travail.

La présence d’un moteur de recherche amélioré pour retrouver vos filtres et presets, ainsi que la possibilité de créer des catégories personnalisées selon vos besoins, ajoute à la convivialité de la Nik Collection 7.

Nik Collection 7 : tarif et compatibilité

La Nik Collection 7 est disponible sur le site de DxO au tarif public de 159 euros, sans abonnement.

La mise à jour depuis une version précédente est facturée 89 euros.

La version d’essai gratuite, sans restriction fonctionnelle, est valable 30 jours.

La Nik Collection 7 est compatible avec DxO PhotoLab (à partir de la version 5), Photoshop CC (version 2022 et ultérieure), Photoshop Elements (2021 et ultérieur), Lightroom Classic (2022 et ultérieur) et Affinity Photo (à partir de la version 1.8). Rappelons que les plugins fonctionnent aussi de façon autonome, sans passer par l’un de ces logiciels experts.

Nik Collection 7 : pour qui, pour quoi ?

Depuis qu’elle a été reprise par DxO, la Nik Collection adresse en particulier les utilisateurs de Photoshop CC qui ne disposent pas des fonctions avancées et intégrées que l’on trouve dans Lightroom Classic. Si vous utilisez Photoshop CC, c’est un moyen d’accéder à de nombreuses fonctions avancées plus simples à mettre en œuvre que certains traitements lourds dans Photoshop CC.

Dans les autres logiciels, l’intérêt d’utiliser la Nik Collection est plus limité. L’intégration de fonctions d’intelligence artificielle dans les logiciels photo (par exemple Lightroom Classic ou DxO PhotoLab) tend à remplacer les traitements précédemment faits par la Nik Collection (réduction du bruit numérique, ajout de grain, travail sur la colorimétrie).

La disparition de l’outil de traitement des perspectives ne joue pas non plus en faveur de cette nouvelle version 7. De plus, le tarif de la Nik Collection 7 s’ajoute à celui des autres logiciels, et même si faire la mise à jour annuelle n’est pas indispensable, les utilisateurs réguliers vont le faire. L’addition finale augmente, justifier le recours à la Nik Collection 7 devient plus difficile.

J’ajouterai que cette suite ne traite toujours pas les fichiers RAW ; il vous faut donc passer par la gestion de deux fichiers RAW et TIFF si vous avez recours à la Nik Collection dans Lightroom Classic par exemple.

Cette version 7, reposant sur une base technique entièrement réécrite et modernisée en 2023, sera-t-elle le chant du cygne d’une suite dont l’intérêt n’était pas à prouver, mais qui s’est émoussé avec le temps ? Ce serait dommage pour la seule suite logicielle aussi complète proposée par un éditeur français, mais c’est une possibilité. Il va être intéressant de voir quels sont les plans de DxO pour donner un nouvel élan à cette suite qui fête ses 29 ans cette année, une belle prouesse pour un logiciel photo !

La suite et la version d’essai 30 jours sur le site de DxO


Comment éviter les pièges du conformisme en photographie amateur

La photographie est un univers fascinant et diversifié, mais aussi galvaudé par de fausses croyances, règles et pratiques qui peuvent freiner vos ardeurs et vous faire tomber dans le piège du conformisme en photographie amateur. Je lis souvent des constats qui me semblent limitants et parfois erronés. J’en reçois, aussi, comme celui auquel je réponds aujourd’hui.

Comment éviter les pièges du conformisme en photographie amateur

Lire ma Lettre photo en 5 mn par jour

Les constats auxquels je réponds ci-dessous m’ont été envoyés par un lecteur de ma Lettre photo quotidienne. Lorsque j’ai lu son message, réalisant que je n’étais pas d’accord avec tout ce qui était dit, je lui ai proposé d’en faire une réponse publique. La voici, avec en italique les propos de mon lecteur. Les photos qui illustrent l’article sont extraites de mes déambulations photos.

La diversité des clans et des matériels dans la photographie amateur

Le conformisme en photographie amateur - les travaux de la gare de Vitry centre pour le Grand Paris Express

les travaux de la gare de Vitry Centre pour le Grand Paris Express – photo (C) JC Dichant

Q: « Le monde de la photo amateur est un monde particulier.  Il est unique. Il est divers. Il est multiple. Il commence avec les débutants il se termine avec les experts. En fait, il coexiste des particularités singulières.  Les 2 plus significatives sont les canonistes et les nikonistes.  Il y a deux clans : celui des APS-C, les petits formats, et (contre) celui des pleins formats : les fameux Full Frame.
 
« Mon » boitier, « mes » objectifs, et potentiellement « mes » accessoires se déterminent en fonction de ce constat.  Le choix du matériel se choisit fonction de plusieurs critères. Ils se caractérisent par : « mon » histoire, de « mon » parcours, de « mes » compétences vs de « mes » incompétences, de « mon » argent… 
 
Personnellement, je suis un photographe amateur « hybride ».  J’utilise différents boitiers. J’utilise différentes marques…en fonction de mes besoins, de mes envies, des situations…. Ma position pose un problème dans le monde amateur.  Car, je suis dans aucun « clan ». Je suis « un électron libre ». Je ne suis ni canoniste, ni nikoniste…. Cela dérange…Il n’est pas possible de me mettre dans un clan, dans « un cadre ». »

R: Le monde de la photo amateur englobe en effet les débutants comme les experts. Les profils sont variés, du simple preneur d’images avec son smartphone au photographe qualifié avec son équipement haut de gamme.

Je ne suis par contre pas d’accord avec ce lecteur sur la notion de clans. Il a existé une guerre fratricide entre adorateurs de marques, la rivalité Nikon-Canon par exemple ayant battu son plein à l’époque des reflex. Ce n’est plus le cas de nos jours. Je n’ai encore rencontré aucun photographe, censé, contestant le bien-fondé d’une marque qui n’est pas « la sienne ». Il n’y a guère que sur quelques forums de technophiles que cela peut encore arriver, ils ne sont pas représentatifs du monde de la photographie amateur.

Je ne crois pas non plus que les amateurs choisissent leur matériel en fonction de ces clans. Ils le font soit en fonction de leur budget, cas le plus fréquent, soit en fonction de leur plaisir à posséder un « beau matériel ». Dans ce dernier cas, je préfère d’ailleurs parler de possesseurs d’appareils photo plutôt que de photographes amateurs.

Quant à utiliser différentes marques d’appareils photo, c’est commun de nos jours. Le point de bascule est arrivé avec les smartphones photo qui ont fait prendre conscience à tous les amateurs (et à certains pros) que « leur matériel historique » n’est pas le seul à pouvoir répondre à leurs attentes. L’arrivée des hybrides, et la segmentation des gammes associée, a permis de dissocier marque du boîtier et marque de l’objectif grâce à une bien plus grande compatibilité que dans le monde du reflex. Il n’est pas rare de croiser un photographe équipé d’un boîtier Nikon Z et d’un objectif Sony E par exemple.

Se définir comme électron libre lorsqu’on fait cela n’a pas de sens, je suis moi-même utilisateur de matériel Nikon comme d’autres marques lorsque j’en ai besoin ou envie. Je ne me sens pas électron libre du tout.

La préférence pour le JPG et la fracture avec les experts

Le conformisme en photographie amateur - scène nocturne au centre de tri et valorisation des déchets de Paris quais d'Ivry

scène nocturne au centre de tri et valorisation des déchets de Paris Quai d’Ivry – photo (C) JC Dichant

Q: Les photographes amateurs utilisent majoritairement le format JPG, tandis que le format RAW est souvent réservé aux experts, créant une fracture importante entre ces deux groupes. Le format RAW est perçu comme complexe et réservé aux professionnels, alors que le JPG est plus accessible mais limite les possibilités de post-traitement. De plus, les amateurs utilisent divers logiciels de traitement (DPP, XN-View, Capture NX, Lightroom, Photoshop), ce qui pose des problèmes de compatibilité et complique l’échange et le traitement des photos, notamment pour les expositions.

R: Les photographes débutants utilisent le format JPG parce que leur appareil photo est réglé ainsi par défaut, parce que c’est plus simple, et parce qu’ils n’ont pas conscience de ce que le post-traitement d’un RAW peut leur apporter.

Les photographes amateurs sont toutefois nombreux à privilégier le RAW, de plus en plus simple à utiliser avec les logiciels actuels.

Pour moi, la différence est à chercher ailleurs. Le JPG est le format rapide par définition, utilisable sans délai, répondant à des besoins de consommation immédiate sur les réseaux sociaux par exemple. A l’inverse, le RAW incite à la prise de recul, à savoir ce que l’on veut faire de ses photos. Deux formats pour deux usages distincts.

Je ne suis pas d’accord non plus avec les soi-disant problèmes que les différents logiciels peuvent créer. Lorsqu’un photographe expose, il trie et prépare ses fichiers avant de les tirer. Peu importe le format et le logiciel. S’il a besoin de transmettre ses fichiers à quelqu’un qui utilise un autre logiciel, il le fait à l’aide des formats pivots bien connus, PSD ou TIFF par exemple. Je ne vois aucun problème d’incompatibilité à ce niveau.

L’uniformité des compositions avec la règle des tiers

Le conformisme en photographie amateur - portrait féminin - lac de Créteil

portrait féminin – lac de Créteil – photo (C) JC Dichant

Q: En photographie amateur, la composition est souvent limitée à l’application de la règle des tiers et aux points forts, ce qui conduit à une uniformité des clichés. Les photographies suivent une approche académique classique, et toute tentative de varier le cadrage ou de proposer des compositions non conventionnelles (comme des cadrages carrés ou des flous artistiques différents du bokeh) est souvent contestée ou considérée comme incorrecte, limitant ainsi la créativité des photographes amateurs.

R: Ce que j’observe chez les amateurs est tout autre :

  • les plus débutants ne considèrent pas la composition, ils n’ont pas encore pris conscience de son importance,
  • les plus experts l’ont appris et mettent eu œuvre les principes associés.

Ramener ce débat à la seule utilisation, ou non, de la règle des tiers (qui fait elle-même débat) est réducteur. Ce que je vois plutôt dans le constat de ce lecteur, ce sont les reproches qui ont pu lui être faits par d’autres photographes peu éclairés en matière de composition, mais s’autorisant toutefois à donner un avis péremptoire. Ou, à l’inverse, le fait d’avoir montré des photos sortant tellement des principes établis que celui qui les commente ne comprend pas.

N’oublions pas que l’ego est omniprésent dans le monde de la photographie, il peut parfois nous laisser penser que c’est l’autre a tort, ce qui n’est pas toujours si vrai.

L’importance des compétences du photographe sur le matériel

Le conformisme en photographie amateur - la BNF Paris de nuit

la BNF Mitterrand de nuit – photo (C) JC Dichant

Q: La qualité des photographies ne dépend pas uniquement du matériel utilisé mais surtout des compétences et de l’œil du photographe. Cette réalité soulève des questions sur les compétences requises et les objectifs à atteindre en photographie amateur. Il est essentiel de se demander pourquoi et dans quel but on prend des photos, car ces questions orientent les compétences nécessaires et les choix techniques. Le débat porte sur l’importance relative du matériel par rapport à l’expertise du photographe dans la réalisation de bonnes photographies.

R: Si vous lisez ma Lettre photo quotidienne, vous savez que je suis le premier à défendre cette thèse. Mais je ne soutiens pas non plus celle qui voudrait que « ce n’est pas le matériel qui fait la photo, c’est le photographe ». Certaines photos ne peuvent pas être faites avec un matériel inadapté, même si le photographe est surdoué.

Ce que je vois là est plutôt un débat sur ce que représente la photographie pour les amateurs. Pour certains, c’est une façon de créer des souvenirs, des marqueurs du temps qui passe. Ceux-là ont juste envie d’un appareil photo qui leur donne des images techniquement correctes.

Pour d’autres, il s’agit d’une forme d’expression, d’une pratique artistique. Ils proposent leur vision, ce qui ne suppose aucun matériel particulier, souvent un simple smartphone suffit.

Ces deux catégories de photographes amateurs ne s’opposent pas, elles diffèrent. Tout le monde ne cherche pas à s’exprimer au travers de la photographie. Mais ceux qui le font savent que le matériel n’est pas la clé mais l’outil au service de leur art.

L’envie de transmettre « une vision », « une émotion », « une influence »…

Le conformisme en photographie amateur - l'église de Vitry sur Seine de nuit

l’église de Vitry sur Seine de nuit – photo (C) JC Dichant

Q: La gestion de la profondeur de champ et le choix des objectifs sont cruciaux pour transmettre une vision, une émotion ou une influence à travers la photographie. Les photographes doivent maîtriser la relation entre le net et le flou, ainsi que le cadrage, pour réussir leurs compositions. Cependant, les limites techniques des objectifs, comme la diffraction, imposent des contraintes. Le choix d’un objectif, que ce soit un 10 mm, 50 mm, 100 mm, ou plus, affecte significativement le type de photo et la capacité à exprimer sa vision personnelle.

R: Plusieurs notions se mélangent ici, toutes très techniques : gestion de la profondeur de champ, relation entre le net et le flou, diffraction… Quel photographe amateur se pose ces questions ? Même le choix de la focale n’est pas le sujet chez la plupart des amateurs. Eux veulent « un objectif qui zoome fort », un objectif « pour les paysages », un autre pour les portraits » et ne veulent surtout pas entendre parler de lois optiques. Je leur donne raison.

Ce qui est exprimé ici est orienté : vouloir « transmettre une vision, une émotion ou une influence à travers la photographie » n’est pas le propos de tout photographe amateur. C’est manifestement celui de ce lecteur, c’est tout à son honneur, mais vouloir faire en sorte que tout le monde adopte le même raisonnement n’est pas la bonne approche. « Il faut de tout pour faire un monde ».

A propos du conformisme en photographie amateur, je vous recommande ce livre de Michael Freeman.

Les règles strictes du beau en photographie amateur

Le conformisme en photographie amateur - tag sur des protection de chantier - Vitry sur Seine

tags sur des protections de chantier – Vitry sur Seine – photo (C) JC Dichant

Q: La photographie amateur est régie par des règles esthétiques strictes qui définissent ce qui est considéré comme « beau ». Par exemple, un ciel doit être bleu et l’herbe verte. Ces règles, bien qu’ayant un certain fondement, limitent la créativité et la capacité à expérimenter. Transgresser ces normes est difficile et souvent mal vu dans la communauté photographique amateur, rendant l’innovation et l’expression personnelle compliquées pour ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus.

R: Je ne partage pas cet avis. Tous les amateurs ne cherchent pas à montrer un ciel bleu et de l’herbe verte. La plupart, par contre, cherchent à montrer ce qu’ils ont vu. C’est la différence entre eux et ceux qui, comme ce lecteur, cherchent à partager une vision. C’est la différence entre vision et réalité, « entre document et expression » pour reprendre la formulation d’André Rouillé dans « La Photographie ».

Là où je rejoins ce lecteur, c’est dans l’appréciation faite par trop de photographes amateurs des photos contemporaines, « du quotidien ». Je lis bien souvent des remarques comme « je ne comprends pas ce qu’il y a à voir », « j’aurais pu faire la même » ou encore « c’est de l’art ça ? ». Apprécier une photo de paysage, de sport, de nature, un portrait est simple. Apprécier une photo qui suggère plus qu’elle ne montre, qui met en valeur un détail d’une scène plus globale, c’est plus complexe. Le débutant a du mal, le conformisme en photographie amateur règle trop souvent en maître.

La complexité de réaliser des photos personnelles sans respecter les règles

Le conformisme en photographie amateur - les travaux de la gare de Vitry centre pour le Grand Paris Express

les travaux de la gare de Vitry Centre pour le Grand Paris Express – photo (C) JC Dichant

Q: Réaliser des photos personnelles devient complexe lorsque les règles établies ne sont pas respectées. Les clubs et communautés en ligne répètent souvent que les règles peuvent être transgressées une fois la technique maîtrisée, mais cette idée crée une temporalité incertaine. Les amateurs se retrouvent dans une attente perpétuelle de validation technique avant de pouvoir innover, ce qui freine leur développement artistique et l’expression de leur vision unique.

R: Il est vrai de dire que le photographe amateur, une fois qu’il a compris que la photographie met en œuvre des principes, a tendance à vouloir les appliquer sans cesse en se disant que ce sera forcément apprécié. C’est le problème de confondre règles, principes et outils. Appliquer sans cesse les mêmes règles amène à l’uniformité, c’est évident. Utiliser sans cesse les mêmes principes et outils permet de s’éloigner de cette uniformité tout en diversifiant ses images.

Je ne suis pas non plus d’accord avec l’idée que le photographe amateur devrait innover, développer une pratique artistique et une expression de sa vision unique. Comme je l’ai mentionné plus haut, tous les amateurs ne cherchent pas à s’exprimer en photo. Il ne faut donc pas vouloir faire de tous des artistes, au risque de se tromper sur toute la ligne et de moquer le conformisme en photographie amateur.

J’irais même un cran plus loin, prenant le risque de choquer, en disant que quiconque veut partager sa vision par le biais de la photographie n’a pas besoin d’apprendre la photographie.

N’importe quel appareil photo actuel, utilisé en mode automatique, peut donner de bonnes photos. Vouloir quitter le mode auto, savoir prendre la main sur son boîtier, comment modifier les rendus par défaut est essentiel pour pratiquer la photographie documentaire. Mais ce n’est pas essentiel pour l’utiliser en tant que média artistique. De nombreux photographes connus comme moins connus ont produit des œuvres remarquables sans rien savoir du fonctionnement de leur matériel photo.

La technique perçue comme jamais totalement acquise

Bateaux dans le port du Conquet - Bretagne

Bateaux dans le port du Conquet – Bretagne – photo (C) JC Dichant

Q: La technique en photographie amateur est perçue comme un objectif jamais totalement atteint tant que toutes les règles et codes ne sont pas appliqués. Cette perception limite la créativité, car les photographies qui ne respectent pas la règle des tiers ou d’autres normes académiques sont souvent jugées techniquement insuffisantes. Même si le choix de composition est intentionnel, il est souvent rejeté par les pairs, ce qui décourage les photographes de s’écarter des sentiers battus et de démontrer leur propre vision artistique.

R: On se répète. Je perçois toutefois ici un ressenti personnel de l’auteur de ce message, qui a pu subir quelques contrariétés en montrant ses photos. Je comprends que cela soit difficile à accepter. Mais si c’est le cas, l’erreur me semble être dans la démarche.

Si vous faites des photos qui montrent une vision personnelle, qui sortent des sentiers battus, qui ne respectent pas les règles, ne cherchez pas à obtenir la reconnaissance des photographes qui pratiquent la photographie documentaire. Adressez-vous aux auteurs dont le monde est plus proche du vôtre, aux professionnels du monde de la photo à même de vous comprendre, aux artistes, même s’ils ne sont pas photographes.

En conclusion : la difficulté d’un regard libre en photographie amateur

Il est difficile d’Avoir un regard « libre » et personnel dans le monde de la photographie amateur. Car, il est contrait et imposé.
Si ce que je veux obtenir ne rentre pas dans « les canons » de la photographie. Il est préférable de ne pas montrer « mon » travail.

Non, il n’est pas difficile d’avoir un regard libre et personnel quand on est photographe amateur. Non, aucun conformisme en photographie amateur ne vous est contraint ni imposé.

Si vous avez une approche personnelle, un regard singulier, si vous traitez des thèmes peu communs, et que tout cela peut dérouter les autres, tant mieux. Cela signifie que vous avez réussi à exprimer quelque chose de personnel, que vous avez compris ce que peut être la photographie pour vous. Alors pourquoi ne pas le montrer ? Si vous avez fait tout ça, ne pas montrer vos images c’est ne pas finir votre travail.

Faut-il pour autant tout montrer en public ? Non. Rien ne vous impose de tout dévoiler, certains projets peuvent rester confidentiels, et c’est tant mieux. L’omniprésence des réseaux sociaux peut laisser penser qu’il faut tout montrer, qu’il faut obtenir la reconnaissance des autres, qu’il faut faire valider vos images. C’est faux.

Je ne sais pas si ce billet a pu vous apporter quelque chose, si tant est que vous l’ayez lu jusqu’à la fin. Si c’est le cas, félicitations, et prenez quelques minutes de plus pour laisser votre avis via les commentaires ci-dessous.

Ce lecteur m’a encouragé à partager mes réponses, je l’en remercie. Je suis d’accord avec certains points évoqués, pas d’accord avec d’autres, et il est probable que lorsque je relirai ce sujet dans quelques mois, je puisse être amené à faire des réponses différentes. Il en est de même en photographie, et c’est ce qui fait sa richesse : revenez chaque jour au même endroit, vous n’y ferez jamais la même photo, et elles seront toutes intéressantes.

Lire ma Lettre photo en 5 mn par jour


Mise à jour Lightroom Mai 2024 : L’IA générative débarque mais pas seule

Adobe vient de publier la mise à jour Lightroom du printemps 2024. Cette nouvelle version de tous les logiciels Lightroom (Classic, Desktop, Mobile, Web) intègre désormais l’IA générative Adobe Firefly qui facilite et accélère la retouche dans Lightroom en évitant le recours à Photoshop CC. Voici ce qu’il faut retenir.

Note : il existe une version plus récente de Lightroom Classic

Mise à jour Lightroom Mai 2024 : L’IA générative débarque

Mon mini-cours Lightroom gratuit

Mise à jour Lightroom Mai 2024 : l’intelligence artificielle mais pas uniquement

Cette année, la mise à jour printanière de l’écosystème Lightroom apporte plusieurs nouveautés majeures dont l’introduction de l’IA générative et des technologies Adobe Firefly dans toutes les versions de Lightroom : Lightroom Classic, Lightroom Mobile Desktop, Lightroom Mobile et Lightroom Web.

Après une version 2023 qui avait la réduction du bruit par l’IA, ces nouvelles fonctionnalités permettent la suppression d’éléments indésirables, la reconstruction après recadrage ou l’ajout d’éléments, similaires à ce que propose Photoshop CC.

Mais ce n’est pas tout. Cette mise à jour apporte aussi un nouveau moteur de synchronisation cloud pour Lightroom Classic, la capture connectée pour les appareils photo Sony, et la version finalisée de l’outil Flou de l’objectif.

La mise à jour Lightroom de ce printemps 2024 inclut :

  • Lightroom Classic 13.3
  • Lightroom 7.3 (Desktop)
  • Lightroom mobile 9.3

Je vous recommande faire aussi la mise à jour de Camera Raw version 8.3 pour assurer la meilleure compatibilité de vos différents logiciels et services Adobe.

Outil Supprimer avec IA générative dans Lightroom

Vous avez testé la suppression d’éléments gênants avec l’IA dans Photoshop et ne compreniez pas pourquoi il vous fallait avoir recours à Photoshop pour supprimer des éléments indésirables dans une photo traitée par Lightroom ? C’est de l’histoire ancienne puisque cette fonction de suppression générative par l’IA est maintenant disponible dans toutes les déclinaisons de Lightroom. Le recours à Photoshop n’est plus nécessaire, le flux de travail est bien plus rapide et l’implémentation est tout aussi bonne.

L’outil Supprimer avec l’option IA générative est encore en mode Accès anticipé, ce qui permet à Adobe d’évaluer son déploiement, son utilisation et de recueillir des retours à grande échelle avant de le déployer en version finale.

Cet outil de suppression de Lightroom fonctionne toujours sur les deux principes historiques, pour gommer les imperfections, poussières et taches de capteur.

Si vous cochez l’option IA générative, l’outil utilise l’IA Adobe Firefly pour créer une image qui vient remplacer les éléments supprimés. Il vous propose trois variantes, vous pouvez choisir l’une des trois à l’aide des flèches correspondantes dans le panneau de droite. Si les propositions ne vous conviennent pas, cliquez sur Actualiser pour en générer de nouvelles.

Comment utiliser l’IA générative Suppression des défauts de Lightroom Classic

Mise à jour Lightroom Outil Supprimer avec IA générative dans Lightroom

  1. Cochez l’option IA générative.
  2. Passez le pinceau sur l’élément à supprimer, un masque rouge s’affiche.
  3. Dans le panneau de droite, affinez la sélection en ajoutant ou en soustrayant des zones et réglez le diamètre du pinceau.
  4. Cliquez sur Appliquer.
  5. Une barre de progression des calculs de l’IA s’affiche.
  6. Le résultat est visible, avec trois variantes que vous pouvez faire défiler avec les flèches.
  7. Si le résultat ne vous convient pas, cliquez sur Actualiser pour obtenir trois nouvelles variantes.
  8. Pour plus de précision, cochez Basée sur l’objet et modifiez la sélection comme à l’étape 3.

Mise à jour Lightroom Outil Supprimer avec IA générative dans Lightroom

Note importante

L’option IA générative nécessite une connexion Internet pour fonctionner.

La définition de l’image de remplacement est limitée à 2048 x 2048 pixels, certaines corrections peuvent s’avérer visibles selon la nature de la photo d’origine (dont la définition n’est pas modifiée).

Je vous conseille de créer un masque assez grand et de penser à inclure l’ombre de l’élément à supprimer s’il en a une.

Mise à jour Lightroom : Lightroom IA générative crédits restants

L’utilisation de l’IA générative repose sur un système de crédits mensuels (voir votre crédit selon votre formule). Chaque utilisation, y compris l’actualisation, consomme des crédits. Adobe n’a pas encore précisé (mai 2024) si ces crédits seraient facturés en sus de l’abonnement, mais il se peut que ce soit le cas ultérieurement.

Afin d’économiser vos crédits (et d’éviter de faire tourner une IA consommatrice d’énergie pour rien), utilisez toujours les fonctions de correction et de suppression historique sans IA pour les pour les petites imperfections comme les poussières ou taches de capteur.

Vous pouvez faire des retours à Adobe via le lien intégré au panneau de droite.

Le Filtre de bibliothèque et les règles de collection dynamique permettent désormais la recherche des photos ayant subi une suppression par IA générative.

Masque d’affichage et Flou de l’objectif

Déplacement du masque d’affichage monochrome

Le masque d’affichage monochrome et les options d’affichage des masques de correction se trouvent désormais dans le panneau dans le volet de droite.

Flou de l’objectif

L’outil de flou de l’objectif permet de générer des arrière-plans flous et du bokeh grâce à l’IA, il n’est pas nouveau en soi. Cependant, il passe maintenant de la version expérimentale à une version finalisée. L’amélioration des algorithmes fournit des résultats de meilleure qualité et plus précis.

Mise à jour Lightroom Flou de l’objectif

L’évolution de cet outil inclut aussi :

  • l’intégration aux fonctions de traitement par lot : le flou de l’objectif est utilisable par copier/coller, synchronisation et synchro auto, ainsi qu’avec les paramètres prédéfinis (presets)
  • des préréglages de développement adaptatifs : 8 paramètres prédéfinis d’arrière-plan flou sont disponibles autorisant la sélection du sujet par l’IA lors de leur application
  • des libellés de plage de mise au point : les libellés « Proc » (proche) et « Eloig » (éloignée) viennent faciliter l’utilisation de cet outil lorsque vous déplacez les repères dans la plage

Mon mini-cours Lightroom gratuit

Mise à jour Lightroom Classic 13.3

Mise à jour du catalogue

Lors du premier lancement de Lightroom Classic 13.3, votre catalogue sera mis à jour. Cette opération peut durer de quelques secondes à plusieurs minutes. Le précédent catalogue reste à sa place, le nouveau catalogue devient le catalogue actif automatiquement. Une fois que tout est opérationnel, vous pouvez supprimer l’ancien catalogue et les dossiers associés.

Nouveau moteur de synchronisation cloud

Les blocages de synchronisation étaient fréquents, Adobe a donc décidé d’introduire un nouveau moteur de synchronisation avec le cloud. Le volet Préférences > Lightroom Synchronisation est expurgé des informations précédentes avant de disparaître dans une prochaine version. Vous pouvez toujours accéder aux informations complémentaires de synchronisation en maintenant la touche Alt (Windows) ou Option (Mac) enfoncée pour faire apparaître l’onglet.

Mise à jour Lightroom Nouveau moteur de synchronisation cloud

Adobe recommande de laisser Lightroom Classic ouvert pendant au moins 3 heures après la mise à jour du logiciel et du catalogue afin que le nouveau moteur de synchronisation ajuste tout.

Le temps nécessaire à la migration varie en fonction du nombre d’images à synchroniser et du nombre d’images synchronisées précédemment. Les nouveaux téléchargements provenant d’autres clients n’apparaîtront qu’une fois les données de synchronisation existantes migrées et tous les téléchargements en attente de la version précédente terminés.

Voir l’aide en ligne Adobe pour plus d’infos sur cette nouvelle synchronisation

Optimisation des aperçus

Adobe a optimisé les aperçus créés à l’importation et stockés dans le dossier MonCatalogue-v13-3 Previews.lrdata afin d’améliorer les performances. Toute nouvelle importation adoptera cette nouvelle structure d’aperçus cette architecture, la structure des aperçus existants sera mise à jour lorsque vous afficherez une image importée précédemment.

Capture connectée avec les appareils photo Sony

Après Nikon et Canon, la prise de vue en mode connecté est désormais possible avec certains boîtiers Sony :

  • Sony Alpha 1
  • Sony Alpha 7R IV
  • Sony Alpha 9 II
  • Sony Alpha 7R V
  • Sony Alpha 7S III
  • Sony Alpha 7 IV
  • Sony Alpha 7C
  • Sony Alpha 6700

Cette liste peut évoluer avec le temps, consultez l’aide en ligne Lightroom pour en savoir plus.

Statut d’exportation

Mise à jour Lightroom Statut d’exportation

L’outil de recherche et affichage par filtres dispose d’un nouveau filtre rapide qui vous permet d’afficher les photos exportées ou non. Ce filtre est aussi disponible dans les attributs des collections dynamiques.

Autres ajouts

Lightroom Classic 13.3 inclut également les changements mineurs suivants :

  • Ajout de la catégorie Accessibilité et des champs IPTC Texte alternatif et Description détaillée, compatibles avec les moyens de saisie pour les déficients visuels propres aux systèmes Windows et MacOS
  • Ajout des critères Couleur dans le filtre de bibliothèque et les règles de collection dynamique
  • Optimisation de la mise en cache des images dans le module Développement pour un affichage et une navigation plus fluides
  • Intégration du dernier SDK Canon, permettant la prise en charge de nouveaux appareils pour la prise de vue en mode connecté

Mon mini-cours Lightroom gratuit

Mise à jour Lightroom 7.3 (Desktop cloud)

Lightroom Desktop, la version cloud de Lightroom pour ordinateur se dote elle-aussi de la suppression IA et de la version finalisée du flou de l’objectif. Mais aussi des nouveautés suivantes :

Affichage des noms de fichiers dans les vignettes

Mise à jour Lightroom Affichage des noms de fichiers dans les vignettes

Le nom de fichier est désormais affiché avec les vignettes, un manque crucial des versions précédentes qui se trouve enfin comblé.

Commande Archiver localement

Mise à jour Lightroom cloud Commande Archiver localement

Une nouvelle commande « Archiver localement » (accessible via le menu clic-droit ou le menu Édition) permet de stocker une photo ou une sélection de photos sur le disque dur plutôt que dans le cloud.

Notez que depuis la version 7.0, Lightroom Desktop version cloud gère aussi les dossiers locaux, vous permettant d’optimiser votre espace cloud pour n’y charger que ce que vous souhaitez.

Gestion locale des dossiers

En mode gestion locale, accessible dans l’onglet Local en haut à gauche, il est désormais possible de dupliquer des photos. Vous pouvez également actualiser le contenu des dossiers après avoir modifié leur contenu (ajout ou retrait de fichiers) sans avoir à changer de dossier puis revenir. Pour cela, faites un clic droit > Actualiser le dossier.

Durée de mise en pause de la synchronisation cloud

Mise à jour Lightroom Durée de mise en pause de la synchronisation cloud

Vous pouvez maintenant choisir la durée de mise en pause de la synchronisation cloud : 30 minutes, 1 heure, jusqu’au lendemain ou indéfiniment.

Correction des vidéos avec la courbe de tonalité

Il est désormais possible d’utiliser la courbe de tonalité pour corriger les vidéos, ce qui ajoute une nouvelle dimension aux capacités de retouche vidéo.

Prévisualisation HDR de l’exportation

La fenêtre de prévisualisation de l’exportation affiche maintenant en HDR, pour les fichiers traités en mode HDR, offrant une meilleure visualisation des résultats avant l’exportation.

Mode diaporama

Mise à jour Lightroom cloud Mode diaporama

Bien qu’existant depuis plusieurs années, cette fonctionnalité était cachée. Pour l’utiliser désormais, sélectionnez des photos puis allez dans le menu Affichage > Démarrer le diaporama. L’affichage passe en plein écran, avec des fonctions permettant d’avancer ou reculer manuellement, mettre en pause, annuler, mettre en boucle et régler la vitesse.

Mon mini-cours Lightroom gratuit

Mise à jour Lightroom mobile 9.3 iOS et Android

Fonctionnalités communes à iOS et Android

  • Suppression IA générative : l’outil de suppression IA générative est disponible, nécessitant une connexion Internet
  • Version finale du flou de l’objectif : comme pour les autres déclinaisons de Lightroom l’outil de flou de l’objectif passe en version finalisée

Améliorations spécifiques à Android

  • Double-tap pour zoomer : la fonction de double-tap pour zoomer rend la navigation plus fluide
  • Zoom et navigation dans les outils Supprimer et Masquage : vous pouvez zoomer et naviguer plus facilement lors de l’utilisation de ces outils

Améliorations spécifiques à iOS

Mise à jour Lightroom Mobile Paramétrage de la taille du cache local

  • Paramétrage de la taille du cache local : il est (enfin) possible de paramétrer la taille du cache local pour gérer l’espace occupé par Lightroom Mobile sur votre iPhone ou iPad. Allez dans Paramètres > Espace de stockage local > Gérer le stockage. Par défaut, le cache est réglé sur 10 Go, ajustable entre 1 Go et 100 Go

Mise à jour Lightroom web

Mise à jour Lightroom Web suppression avec IA générative

L’application Lightroom accessible au travers d’un navigateur web et connectée à votre catalogue, dispose maintenant elle-aussi de la suppression IA générative.

Cette nouvelle fonction permet de supprimer des éléments indésirables sur vos photos depuis un navigateur connecté, ce qui vous permet de nettoyer une photo même si vous n’êtes pas chez vous et que vous n’avez pas accès à votre catalogue sur ordinateur ou mobile.

Mon mini-cours Lightroom gratuit

Nouveaux matériels photo supportés

Les objectifs ci-dessous sont désormais pris en compte par les différentes versions de Lightroom :

Hasselblad XCD 2,5/25V

Leica Leitz Phone 3 (smartphone)

Sigma L

  • Sigma 15mm F1.4 DG DN Diagonal Fisheye A024
  • Sigma 50mm F1.2 DG DN A024
  • Sigma 500mm F5.6 DG DN OS S024
  • Sigma 500mm F5.6 DG DN OS S024 + TC-1411
  • Sigma 500mm F5.6 DG DN OS S024 + TC-2011

Sony FE

  • Sigma 15mm F1.4 DG DN Diagonal Fisheye A024
  • Sigma 50mm F1.2 DG DN A024
  • Sigma 500mm F5.6 DG DN OS S024

Xiaomi

  • Xiaomi 14 Ultra (smartphone)
  • Xiaomi Civi 4 Pro (smartphone)

La prise de vue connecté est supportée avec les appareils photo Sony cités plus haut ainsi que :

Canon

  • EOS R10
  • EOS R100
  • EOS R50
  • EOS R6 Mark II
  • EOS R7
  • EOS R8
  • PowerShot V10

Les appareils ci-dessous sont désormais pris en charge par les différentes déclinaisons de Lightroom  :

  • Apple iPhone 15 tous modèles (smartphone)
  • Olympus OM TG7
  • Panasonic Lumix DCG9M2
  • Sony A7CII
  • Sony A7CR

Mon mini-cours Lightroom gratuit


Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena : coup de génie ou folie ?

Le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena est-il un coup de génie ou une folie ? La question mérite d’être posée face à une telle optique, différente d’un 135 mm fixe classique, sans être aussi ultime que le NIKKOR Z 58 mm f/0,95 Noct.

Cet objectif a suscité beaucoup de débats parmi les photographes amateurs comme les professionnels. Avec ses caractéristiques atypiques et son prix élevé, il mérite qu’on s’y attarde sérieusement ; voici ce que j’en pense après avoir passé plus de deux semaines avec lui au quotidien.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Le Nikon Plena chez Miss Numerique

Le Nikon Plena chez La Boutique Photo Nikon

Le Nikon Plena chez Amazon

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena : conditions et objectif du test

En tant que photographe passionné, j’apprécie d’évaluer les usages possibles des objectifs, plutôt que leurs performances optiques qui sont de très haut niveau avec cette gamme NIKKOR Z série S.

Comme pour chacun de mes tests d’objectifs, j’ai donc cherché à évaluer en priorité la facilité d’utilisation d’un tel objectif, ses avantages, ses contraintes et le type d’images qu’il peut vous donner.

C’est très personnel. En aucun cas il ne s’agit d’un test optique qui vous permet de savoir le nombre de paires de lignes par millimètre que cette optique est capable de résoudre. Ce qui m’importe en priorité, c’est de savoir quand, comment, avec quelle facilité et pourquoi utiliser le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena apparu en septembre 2023.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Pourquoi le nom « Plena » ?

Selon Nikon, le nom « Plena » dérive du latin « plenum », signifiant « plein » ou « rempli ». Ce choix de nom reflète l’ambition de Nikon de créer un objectif conçu pour capturer des détails fins et produire un bokeh doux et circulaire, en écho aux objectifs de la série Noct-NIKKOR, mais avec un caractère propre qui le distingue.

Le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena s’inscrit dans une longue tradition d’objectifs 135 mm chez Nikon, qui remonte aux années 1950.

Le premier objectif 135 mm de Nikon, le NIKKOR 13,5 cm f/4, lancé en octobre 1948, est un téléobjectif à focale fixe, compatible avec les appareils photo télémétriques Nikon de l’époque. Avec sa formule optique avancée pour l’époque, il permettait de capturer des images nettes avec un beau rendu des détails, même à pleine ouverture. Le NIKKOR 13,5 cm f/4 a gagné en popularité auprès des nikonistes, devenant un choix privilégié pour les portraits et les scènes nécessitant une certaine distance de prise de vue.

Au fil des décennies, Nikon a amélioré ses objectifs 135 mm, en introduisant des versions plus lumineuses (NIKKOR-Q.C 13,5 cm f/3.5 en décembre 1950) et avec des éléments optiques plus avancés.

Le NIKKOR 135 mm f/2.8 lancé en novembre 1965, offrait une ouverture maximale plus grande, permettant de meilleures performances en basse lumière et un contrôle accru de la profondeur de champ. Citons aussi le NIKKOR 135 mm f/2.8 Serie E, un téléobjectif à grande ouverture dans la série économique apparue avec le Nikon EM.

Ont suivi le NIKKOR 135 mm f/2 (1975), le NIKKOR 135 mm f/2 AI (1977) et le NIKKOR 135 mm f/2 AIS (1981).

NIKKOR AF 135 mm f/2 DC (Defocus Control)

Avec l’arrivée des reflex autofocus dans les années 1980, Nikon a lancé le NIKKOR AF 135 mm f/2 DC (Defocus Control) en 1990. Cet objectif permettait de contrôler le degré de flou d’arrière-plan et d’avant-plan, une caractéristique unique qui a renforcé l’attrait de la focale 135 mm pour le portrait. L’AF NIKKOR 135 mm f/2D DC apparu en novembre 1995 apportait la prise en compte de la distance de mise au point.

La monture Nikon Z, avec son diamètre plus large et sa distance de tirage plus courte, permet désormais des conceptions optiques plus complexes et performantes. Le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena bénéficie de ces avancées technologiques ; il intègre des éléments en verre ED et SR pour minimiser les aberrations chromatiques et maximise la qualité d’image.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Une conception pensée pour le portrait

Le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena a été conçu pour offrir un contrôle précis de la profondeur de champ et un bokeh circulaire quasi parfait, deux caractéristiques essentielles pour les portraitistes. Il permet de capturer des détails fins des cheveux et des tons de peau, donnant des images naturelles et attrayantes.

Contrairement à d’autres objectifs qui peuvent présenter des effets ‘œil de chat’ ou un bokeh déformé en bordure du cadre, le Plena maintient un bokeh circulaire sur toute l’image. Cette caractéristique est due à une conception optique incluant un diaphragme à 11 lamelles et une grande lentille arrière pour minimiser le vignettage.

Ergonomie et construction

Le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena bénéficie d’une construction robuste en alliage de magnésium censée assurer une grande durabilité. C’est le cas des autres optiques de la série S depuis 2018, il n’y a aucune raison que ce ne soit pas le cas pour celui-ci.

La finition de l’ensemble est excellente, et il faut avouer que l’inscription jaune orangée « Plena » sur le fût apporte la petite touche de classe qui peut manquer au design sobre des NIKKOR Z. C’est personnel, mais j’ai aimé.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

L’objectif pèse 995 grammes, un poids élevé en raison des éléments en verre qu’il contient (16 éléments en 14 groupes) et à ses dimensions : 98 mm de diamètre et 140 mm de longueur. Il est imposant, mais guère plus que ses concurrents comme le Sony FE 135 mm f/1.8 GM (2 000 euros) ou le Canon RF 135 mm f/1.8 L IS USM (2 700 euros).

Ce poids conséquent pour un 135 mm fixe ne dégrade toutefois pas l’équilibre qui reste bon sur un Nikon Z de taille modérée comme le Nikon Z 6II utilisé pour ce test. Sur un Z 8 ou un Z 9 ce n’est que mieux.

Les commandes manuelles comprennent une bague de mise au point fluide et précise, très proche du boîtier, ce qui a quelques conséquences en pratique, comme je l’explique plus bas. La bague multifonction se fait discrète, tandis que deux boutons programmables viennent compléter cette personnalisation.

Le bouton L-FN à gauche, utilisable d’un appui du pouce, active la fonction de votre choix. Je lui ai attribué le suivi 3D du sujet. Le bouton supérieur peut jouer le même rôle en cadrage portrait. La position de ces deux boutons est idéale, vous évitant de changer la position de votre main pour actionner une commande.

J’émets quelques réserves sur la large bague de mise au point. Autant sa grande largeur est un atout en mise au point manuelle, autant elle est un inconvénient en mise au point automatique. En effet, il m’est arrivé d’avoir des images manquant de netteté, de chercher pourquoi, avant de me rendre compte que j’avais dû bouger très légèrement la bague alors que je tenais l’objectif entre le pouce et le majeur de ma main gauche. Attention donc, mieux vaut reculer vos doigts au plus près de la monture pour éviter ce désagrément selon la taille de votre main.

L’objectif est livré avec un pare-soleil qui se fixe en un quart de tour. Il n’y a pas de support pour trépied, mais vous n’en aurez a priori pas besoin, le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena étant plus lourd que long et assez compact avec un diamètre de 98 mm et une longueur de 140 mm.

Compatibilité avec les boîtiers Nikon Z

L’objectif NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena est compatible avec la gamme de boîtiers plein format Nikon Z. Sur un APS-C, il cadre comme un 202 mm, ce qui peut vous intéresser mais attention, le poids et la taille de l’optique seront disproportionnés par rapport à la compacité d’un petit Nikon Z 50 ou Z fc.

Cette compatibilité garantit une intégration optimale avec l’autofocus ultra-rapide et précis des Nikon Z f, Z 8 et Z 9, ainsi qu’avec la stabilisation d’image intégrée au capteur. Car, rappelons-le, ce Plena n’est pas stabilisé, ce qui peut poser problème lorsque la lumière manque et que le temps de pose augmente. L’utiliser avec un capteur stabilisé est donc une bonne idée.

Notez, enfin, que cet objectif n’est pas compatible avec les téléconvertisseurs NIKKOR Z en raison de la spécificité de sa formule optique. Il est et restera un 135 mm.

Performances optiques

Piqué et qualité d’image

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

L’ouverture maximale de f/1.8 et la longue focale permettent un excellent contrôle de la profondeur de champ, tandis que l’effet de compression de l’arrière-plan crée une isolation optimale du sujet. Mes tests révèlent une excellente netteté sur toute la surface du cadre et une transition très douce des plans nets aux plans flous, produisant un effet « crémeux » dans le flou.

La formule optique comporte 16 éléments en 14 groupes, avec quatre éléments ED, un élément asphérique et un élément SR. L’élément SR est rare dans les objectifs Nikon ; il a un indice de réfraction plus élevé pour la lumière bleue et les courtes longueurs d’onde, ce qui aide à contrôler l’aberration chromatique axiale.

L’utilisation de cet élément SR permet aussi de prévenir les franges colorées, tandis que le revêtement limite les reflets tout en maintenant le contraste. Nikon s’est concentré sur le rendu et le caractère de son Plena, c’est réussi.

Bokeh et profondeur de champ

Le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena est équipé d’un diaphragme à 11 lamelles qui joue un rôle crucial dans la qualité du bokeh. Ce diaphragme à lamelles multiples permet de créer une ouverture plus circulaire, même lorsqu’elle est partiellement fermée. Cela se traduit par un bokeh plus doux et plus attrayant, avec des disques de flou qui restent circulaires plutôt qu’hexagonaux ou octogonaux, comme c’est souvent le cas avec des diaphragmes à moins de lamelles.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Vous remarquerez sur les photos que le bokeh reste quasiment circulaire du centre jusqu’à la périphérie des images. C’est loin d’être le cas avec d’autres optiques de très bon niveau pourtant. Voici une performance à mettre au crédit de Nikon, qui peut faire la différence avec le NIKKOR Z 85 mm f/1.2 S (3 350 euros) pour le portrait, si toutefois la focale 135 mm vous convient.

La conception optique du Plena inclut également des éléments spécifiques qui contribuent à la qualité du bokeh. Parmi ces éléments, on trouve des lentilles ED (Extra-Low Dispersion) et SR (Short-wavelength Refractive), qui aident à minimiser les aberrations chromatiques et à maintenir une haute qualité d’image sur toute la plage d’ouverture. De plus, une grande lentille arrière est utilisée pour maintenir une luminosité uniforme jusqu’aux bords de l’image, réduisant ainsi le vignettage mécanique et les effets indésirables comme l’œil de chat.

Le bokeh doux et circulaire du Plena permet de mettre en valeur le sujet. De plus, sa capacité à produire des transitions de flou très progressives donne une sensation de profondeur et d’effet 3D à l’image, ce qui favorise les portraits artistiques.

Autofocus

La mise au point est assurée par deux moteurs pas à pas (STM). En pratique (et en vidéo), le silence est garanti, la réactivité de cet autofocus est grande, la mise au point est stable, même sur un Nikon Z 6II comme ci-dessous (mode AF suivi du sujet).

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Lors de mes différentes séances de prise de vue, bien que j’ai trouvé la mise au point rapide et précise, j’ai toutefois pu constater que le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena est très exigeant envers le boîtier. Il ne suffit en effet pas que l’autofocus de l’optique soit réactif, il faut que le boîtier suive. Or sur la génération Nikon Z 6II et Z 7II, dont l’autofocus est loin d’égaler celui des Z f, Z 8 et Z 9, l’AF est aux limites de ses capacités. Le mode AF zone automatique a parfois du mal à identifier le sujet si le contraste de la scène n’est pas suffisant, il faut alors avoir recours au suivi du sujet. Rien de bloquant cependant car il est courant d’utiliser ce type de zone de mise au point, ce que l’AF des Z 6II et Z 7II gère très bien avec cet objectif.

Sur le côté gauche de l’optique se trouve un sélecteur de mise au point, permettant, comme on peut s’y attendre, de passer en mode de mise au point manuel avec la bague de mise au point ou en mode de mise au point automatique avec l’autofocus à correction du point manuelle. Vous suivez ?

Le Plena a une distance minimale de mise au point de 0,82 m, proche de celle des autres objectifs 135 mm haut de gamme sur le marché.

NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena : utilisation

En pratique, cet objectif s’avère très maniable et portable, bien que son poids et son encombrement soient importants. Certes, vous le sentirez une fois monté sur votre boîtier, mais comme mentionné plus haut, l’équilibre général reste excellent.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

test de bokeh à ouverture f/5.6

Avec une ouverture maximale de f/1.8, bien que vous ne travailliez pas nécessairement à cette ouverture car le bokeh est déjà très prononcé à f/4 ou f/5.6, vous allez pouvoir réaliser des portraits avec de jolis fonds. Toutefois attention, la focale 135 mm peut aussi s’avérer bien longue pour le portrait. Il faut donc composer en demandant à votre modèle de s’éloigner, en photographiant en plan plus serré ou en vous reculant si vous en avez la possibilité.

A pleine ouverture ou proche de la pleine ouverture, la profondeur de champ reste minimale : 14 cm avec une mise au point à 5 m, et 5 cm avec une mise au point à 3 m. Il vous faut donc être prudent sur la zone de mise au point : si vous la faites sur le bout du nez de votre modèle placé à 3 m, vous prenez le risque d’avoir des oreilles floues. A vous de gérer.

Le Plena étant pensé pour les arrière-plans harmonieux, je vous recommande de chercher des scènes qui vont vous permettre de mettre en valeur cette spécificité. En effet, si l’arrière-plan ne permet pas d’avoir de jolis cercles bien ronds, à quoi bon utiliser un tel objectif ? Cherchez les scènes lumineuses, avec une matière qui se prête à ce type de flou : les feuillages sont un bon exemple, les murs lisses le sont moins. Les scènes nocturnes et les décors de studio sont un autre bon choix si vous savez tirer profit des différentes lumières artificielles.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Ici, clairement, le Plena n’est pas mis en valeur, c’est le type de scène à éviter avec cette optique

Faire de la photographie animalière en plan serré, comme je l’ai vu déjà, n’a guère d’intérêt avec le Plena si vous coupez les arrière-plans. A l’inverse, faire des photos de fleurs et de végétation avec un bel arrière-plan flou peut vous donner de belles compositions.

Comparaison

À 3 000 euros, il est légitime de se demander si cet objectif vaut vraiment son prix. Comparé à d’autres objectifs similaires, notamment ceux de Canon et Sony, le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena se distingue par son excellence, mais il est également plus cher que ses concurrents. L’absence de stabilisation est un autre point à considérer et pourrait être un inconvénient pour certains usages en basse lumière.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

La comparaison avec d’autres focales, notamment le NIKKOR Z 85 mm f/1.2 S, est également pertinente. La compression des plans entre ces deux focales influe sur la perception de l’espace et la taille des éléments en arrière-plan. Le choix entre un 85 mm et un 135 mm dépendra donc de votre style de photographie et de l’effet que vous souhaitez obtenir.

Comparé à d’autres objectifs similaires de Sony, Canon ou Sigma, le 135 mm f/1.8 S Plena offre un bokeh nettement plus circulaire et une compression des plans plus prononcée que les focales de 85 mm. Cependant, son absence de stabilisation peut être considérée comme un inconvénient, tout comme son poids conséquent, le rendant moins adapté aux longues séances.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena : conclusion

Bien que coûteux, le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena répond largement aux attentes en termes de qualité d’image et de bokeh. Sa construction robuste et ses commandes personnalisables en font un outil performant. Si vous cherchez un objectif à portrait de grande qualité, avec un rendu spécifique, offrant une belle séparation entre sujet et arrière-plan, ce modèle pourrait bien valoir l’investissement.

L’utilité du NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena dans des contextes de photographie de portrait ou événementielle est indéniable. Sa capacité à capturer des détails fins, des tons de peau naturels et à minimiser le vignettage en fait un outil précieux si vous recherchez la perfection dans vos images. Pour tous les autres usages, la question reste posée : le poids, l’encombrement et le tarif ne plaident pas forcément en faveur de cette optique si vous n’êtes pas portraitiste.

En conclusion, le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena offre des performances exceptionnelles, mais comme toujours, il est essentiel de considérer vos propres besoins et priorités en tant que photographe avant de faire un tel achat. Alors, coup de génie ou folie ? Tout dépend de votre vision et de vos aspirations en photographie. Pour ma part je serais tenté de vous dire « soyons fous » car cette optique est vraiment séduisante !

Le Nikon Plena chez Miss Numerique

Le Nikon Plena chez La Boutique Photo Nikon

Le Nikon Plena chez Amazon

Exemples de photos faites avec le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Le Nikon Plena chez Miss Numerique

Le Nikon Plena chez La Boutique Photo Nikon

Le Nikon Plena chez Amazon


Comment faire de la pose longue avec un hybride Nikon Z

Découvrez comment faire de la pose longue en mode Bulb ou Time avec un hybride Nikon Z sans générer trop de bruit numérique dans vos images. Apprenez à réduire le bruit et à capturer des scènes nocturnes avec précision. Lisez la suite pour obtenir des conseils pratiques et améliorer vos compétences en pose longue.

Quelle différence entre Bulb, pose B et Time, pose T ?

En photographie, les termes Bulb, pose B et pose T désignent des modes d’exposition manuelle permettant de contrôler la durée d’ouverture de l’obturateur de votre appareil photo en pose longue avec un hybride Nikon, pour photographier le ciel nocturne, les étoiles ou la Voie Lactée par exemple.

Bulb ou pose B

Dans ce mode, l’obturateur reste ouvert tant que le bouton de déclenchement est maintenu enfoncé. Il est idéal pour les expositions longues nécessitant un contrôle précis de la durée. Il est souvent utilisé pour la photographie nocturne, les traînées lumineuses et les effets créatifs. Il requiert généralement l’utilisation d’une télécommande ou d’un déclencheur à distance pour éviter les vibrations.

Time ou Pose T

Dans ce mode, l’obturateur s’ouvre avec une première pression sur le déclencheur et reste ouvert jusqu’à ce qu’une deuxième pression le ferme. Ce mode est pratique pour les expositions très longues si vous ne souhaitez pas maintenir le bouton enfoncé ou utiliser une télécommande pendant toute la durée de l’exposition. Ce mode réduit le risque de tremblements et permet une manipulation plus facile lors de poses très longues.

Le mode Bulb ou Pose B

Contrairement au retardateur, qui déclenche une photo après un délai préprogrammé pour éviter les tremblements causés par le contact manuel, le mode Bulb ou pose B est utilisé principalement pour les poses longues jusqu’à plusieurs minutes ou dizaines de minutes, alors que le boîtier ne les propose pas.

La pose longue consiste à garder l’obturateur ouvert pendant plusieurs dizaines de secondes, voire plusieurs minutes, afin de capturer plus de lumière, ce qui est idéal pour la photographie nocturne, les traînées lumineuses ou les scènes à faible luminosité. Le mode Bulb ou pose B est donc crucial si vous cherchez à créer des effets de mouvement et de lumière qui ne peuvent être obtenus avec des expositions standard.

Réduction du bruit en pose longue

Notez qu’un certain bruit numérique (taches lumineuses, pixels répartis de manière aléatoire ou voile) peut apparaître sur les photos en poses longues. Pour atténuer ces taches lumineuses et réduire le voile, activez l’option Réduction du bruit dans le menu Prise de vue photo.

Comment utiliser le mode Bulb, pose B ou le mode Time, pose T

Préparez votre appareil

  • assurez-vous que la batterie est bien chargée
  • utilisez un trépied pour éviter les tremblements

Sélectionnez le mode manuel

  • tournez la molette des modes sur « M » pour le mode manuel

Réglez le temps de pose

  • tournez la molette de contrôle principale pour ajuster le temps de pose
  • faites défiler jusqu’à voir « Bulb » (B) ou Time (T) après les durées les plus longues

Utilisez le mode Bulb ou Time

Réglez les paramètres complémentaires

  • ajustez l’ouverture  et l’ISO en fonction de la scène
  • activez le retardateur si vous n’avez pas de télécommande
  • désactivez la réduction de vibration (VR) sur l’objectif si vous utilisez un trépied

Contrôlez l’exposition

  • utilisez le viseur électronique ou l’écran arrière pour vérifier la composition et l’exposition avant de déclencher
  • utilisez un chronomètre  (ou l’application chronomètre de votre smartphone) pour mesurer la durée de l’exposition en mode Bulb ou Time

Prenez la photo

  • appuyez et maintenez le déclencheur enfoncé en mode Bulb ou pose B (ou utilisez la télécommande/app SnapBridge)
  • relâchez le déclencheur après la durée souhaitée pour terminer l’exposition
  • en mode Time ou pose T appuyez à nouveau sur le déclencheur pour fermer l’obturateur quand le temps de pose désiré est atteint

Vérifiez et ajustez

  • vérifiez l’image sur l’écran arrière pour évaluer l’exposition et la netteté
  • ajustez les paramètres si nécessaire et recommencez

Astuce : pour des expositions extrêmement longues en pose longue avec un hybride, utilisez une batterie externe ou un grip avec une batterie supplémentaire.

Tous les conseils de réglage et utilisation de la série Nikon Z


Et si ce n’était pas votre talent mais vos réglages qui bridaient le piqué de vos photos ?

Le piqué de vos photos est un critère essentiel pour vous ? Si la réponse est oui, sachez que vous n’êtes pas seul(e). Je reçois souvent des messages de lecteurs qui me font part de leur problème de piqué, quelle que soit la configuration de leur équipement photo.

Dans cet article je reviens sur la notion de piqué en photo, et vous partage la réponse que j’ai faite à ce lecteur qui se plaignait de son reflex Nikon équipé d’un long téléobjectif.

Le piqué de vos photos, c’est quoi ?

Le piqué d’une photo désigne la netteté ou la clarté des détails dans une image, c’est un indicateur de la capacité de l’objectif et du capteur de l’appareil photo à reproduire finement les détails.

Le terme « piqué » est très utilisé en photographie pour évaluer la qualité d’une photo en termes de résolution et de contraste, surtout aux contours des zones de l’image.

Dire « ça pique ! » est souvent perçu par les techniciens de la photographie comme signe d’une photo de qualité, où chaque détail est clairement visible sans être flou ni indistinct. Pour autant, ce n’est pas parce qu’une photo montre un bon piqué qu’elle est forcément de qualité, mais c’est un autre débat.

Sur le plan optique, le piqué est affecté par plusieurs facteurs

Un objectif bien conçu avec des verres de haute qualité minimise les aberrations optiques, la dispersion chromatique et la distorsion. Ces aberrations peuvent réduire la netteté des photos en créant des franges colorées ou en distordant des lignes droites qui se retrouvent courbées.

La conception de l’objectif influence également le trajet de la lumière vers le capteur. Une bonne formule optique assure une meilleure netteté sur toute l’image, favorisant la sensation de piqué.

Enfin l’ouverture utilisée joue un rôle essentiel, aux ouvertures moyennes comme f/8 ou f/11 le piqué est souvent à son maximum , les effets de la diffraction à leur minimum, ce qui améliore la qualité technique des photos.

Le problème du manque de piqué

J’en reviens à la question de mon lecteur. Pratiquant la photo animalière, il utilise un reflex Nikon D7500 APS-C avec un zoom téléobjectif Sigma 150-600 mm f/5-6.3 DG OS HSM. Il ne m’a toutefois pas spécifié s’il s’agit de la version Contemporary ou de la version Sports, ce qui peut faire une différence comme nous allons le voir.

Sigma 150-600 pour le Nikon D500 et piqué de vos photos

Les Sigma 150-600 mm f/5-6.3 DG OS HSM Contemporary et Sports

Cette combinaison lui convient, mais lorsque son sujet est éloigné ou se détache d’un fond clair, il me dit que le piqué laisse à désirer. Cela vous parle ? Si vous êtes amateur de longues focales, vous avez peut-être fait le même constat.

Une longue focale, telle que le 600 mm (qui cadre comme un 900 mm en équivalent plein format sur un APS-C), demande une mise au point extrêmement précise. A cette focale la profondeur de champ est minime. Faites le point à une distance de 20 m en ouvrant à f/8 à 600 mm, la profondeur de champ est de 34 cm, c’est peu. Le moindre bougé du photographe ou du sujet peut transformer une photo nette en image floue.

Mon lecteur me dit de plus qu’il a l’habitude de photographier à pleine ouverture, ce qui, dans son cas, signifie f/5.6. Il est tentant d’utiliser la plus grande ouverture possible pour faire entrer un maximum de lumière, cela vous évite de monter en ISO ou d’augmenter le temps de pose. Mais ce n’est pas idéal pour obtenir le meilleur piqué. Les objectifs sont rarement à leur plein potentiel à leur ouverture maximale. C’est le cas du Sigma 150-600 mm, surtout dans sa version Contemporary, moins excellente que la version Sports. La profondeur de champ dans les mêmes conditions, mais à f/5.6, est réduite à 24 cm. C’est très peu.

Lire aussi : comment choisir un téléobjectif, le dossier

Je ne connais pas le temps de pose utilisé par mon lecteur, mais en dessous du 1/1 500 ème de seconde avec un 600 mm, il prend des risques. En photo animalière, il n’est pas rare que la lumière naturelle soit plus faible qu’on ne le pense, il n’y a pas de honte à monter en ISO pour maintenir un temps de pose court. Les boîtiers récents gèrent bien les ISO élevés, ils grimpent jusqu’à 12 800 ISO sans souci quitte à réduire le bruit numérique à l’aide d’un logiciel dédié comme Lightroom Classic ou DxO PureRAW.

Nikon D7500, présentation et caractéristiques techniques

le reflex Nikon D7500

Le boîtier maintenant. L’autofocus du Nikon D7500, avec ses 51 points AF, fonctionne bien en détection de phase, mais n’est pas aussi performant que l’autofocus des Nikon D500 ou D850 avec leurs 153 points AF. Les autofocus hybrides des Nikon Z combinent quant à eux détection de phase et de contraste et offrent une mise au point plus rapide et précise, surtout en faible luminosité.

Améliorer le piqué d’image, en conclusion

La situation de mon lecteur n’est pas catastrophique. Avec une approche méthodique, il peut améliorer ses résultats. C’est l’accumulation de plusieurs facteurs qui conduit à ce piqué décevant. En pratique, sans changer de matériel, il peut adapter chaque élément séparément, du choix de l’ouverture au temps de pose, en passant par l’ISO et la mise au point. Il lui restera encore la possibilité d’augmenter la netteté perçue en accentuant ses images en post-traitement, après avoir réduit le bruit numérique au besoin.


Recevez ma Lettre Photo quotidienne avec des conseils pour faire de meilleures photos :
www.nikonpassion.com/newsletter

Copyright 2004-2026 – Editions MELODI / Nikon Passion – Tous Droits Réservés