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Le cahier qu’il vous faut pour réussir toutes vos photos

Le cahier qu’il vous faut pour réussir toutes vos photos ? Sous ce titre un peu présomptueux se cache un ouvrage agréable à utiliser qui peut vous aider à développer votre créativité.

Le cahier qu’il vous faut pour réussir toutes vos photos

Comme je le fais régulièrement désormais je vous propose de découvrir cet ouvrage en vidéo, vous allez voir ce qu’il contient :

Mon avis sur ce cahier

Cet ouvrage est atypique puisque ce n’est ni un livre de photographies, ni un guide pratique pour apprendre la photo (voir le guide Mon cours de photo en 20 semaines chrono).

Il mérite pourtant d’être découvert si vous êtes dans l’une des situations suivantes :

  • vous cherchez des idées pour développer votre créativité mais vous ne le trouvez pas,
  • vous ne savez pas comment passer un cap dans votre pratique photo,
  • vous n’avez pas encore l’autonomie suffisante pour tenter des expériences en photo,
  • vous aimez avoir un support pour formaliser vos découvertes.

Ce cahier ne va pas faire de vous un photographe célèbre mais il peut vous aider à progresser en vous forçant (au départ) puis en vous incitant (par la suite) à sortir des sentiers battus, à trouver des idées nouvelles, à oser.

En cela je pense qu’il a un intérêt et je me le suis procuré pour cela. C’est un ouvrage ludique, qui vous incite à chercher, fouiller, imaginer, creuser pour accomplir les exercices proposés. Le format vous permet de le glisser dans votre sac pour l’avoir avec vous sur le terrain. Vous pouvez même (surtout ?) le consulter quand vous ne faites pas de photos afin de préparer vos prochaines sorties.

Ce cahier n’est pas fait pour tout le monde

Il faut avoir envie de jouer le jeu et prendre le temps de s’y consacrer. Il vous faut aussi avoir un peu de recul sur la photographie car le but de l’ouvrage n’est pas de vous apprendre les bases. Mais si vous cherchez à devenir un photographe plus accompli alors il ne fait nul doute que ce cahier pourra vous aider.

Ce cahier au meilleur prix …


La France vue d’ici : mon avis sur le livre de Mediapart / ImageSingulieres

La France vue d’ici est un livre de photographie qui regroupe les images de 26 photographes ayant chacun mené des projets photos personnels en coordination les uns avec les autres.

La France vue d'ici : revue du livre de Mediapart / ImageSingulieres - La France vue d'ici

Ce livre chez vous via Amazon

La France vue d’ici : présentation

Edité par Mediapart et le collectif ImageSingulières, ce livre permet de porter un nouveau regard sur la France du quotidien, ses différentes facettes, ce qu’est le pays aujourd’hui.

Comme pour tout projet de ce type, le résultat est bien évidemment fonction de la sensibilité de chaque photographe et journaliste. Mais j’ai beaucoup apprécié ce livre que je vous présente plus en détail dans la vidéo ci-dessous :

 

Apprendre la photographie se fait aussi au travers des livres de photographies (je vous dis pourquoi ici). Cet ouvrage va vous intéresser si vous êtes sensible à la photo sociale, au reportage sur le terrain, aux images du quotidien.

Les sujets sont variés, allant d’un très beau travail en couleur sur les « Les riches » lors du Prix de Diane par Frédéric Stucin au reportage en noir et blanc sur « Le quai de l’oubli » dans le port de Sète par Vladimir Vasilev.

La France vue d'ici : revue du livre de Mediapart / ImageSingulieres - La France vue d'ici

Photos (C) Hervé Baudat / Mediapart – ImageSingulièresLa France vue d'ici : revue du livre de Mediapart / ImageSingulieres - La France vue d'ici

Photos (C) Patrice Terraz / Mediapart – ImageSingulières

La France vue d'ici : revue du livre de Mediapart / ImageSingulieres - La France vue d'ici

Photos (C) Frédéric Stucin / Mediapart – ImageSingulières

Au total ce sont 535 photos présentées dans un ouvrage de 336 pages par 26 photographes et 4 journalistes. Toutes ces photos ont été réalisées entre 2014 et 2017, faisant de ce livre un outil indispensable pour comprendre la France de cette époque au travers de ces regards multiples.

Au-delà de la photographie, ce livre est un bel outil pour découvrir le monde dans lequel nous vivons et comment il est possible de le traduire en images.

Proposé au tarif très abordable de 40 euros, ce livre mérite de figurer dans votre bibliothèque photo si vous vous intéressez à ce type de sujets. Il est dans la mienne !

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Nikon D850 : présentation et fiche technique

A l’occasion de son centième anniversaire, Nikon annonce le nouveau Nikon D850. Ce reflex riche en pixels vient remplacer le Nikon D810 et répondre aux besoins des photographes désireux de disposer d’un boîtier aux performances ultimes capable de produire des images de très haute définition en photo comme en vidéo.

MàJ : le test du Nikon D850 est disponible ici.

MàJ juin 2023 : le remplaçant version hybride du D850 est arrivé, voici le Nikon Z 8

Nikon D850 : présentation et caractéristiques techniques

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Nikon D850 : présentation et fiche technique

Comme ce fut le cas lors de l’annonce du Nikon D5, l’annonce du Nikon D850 s’est faite en deux temps : une pré-annonce en Juillet, sans spécification, et une annonce en Août avec le détail de la fiche technique.

Pour ce qui est de la fiche technique autant dire que nous sommes servis ! Il semble que les ingénieurs de Nikon aient – enfin – mis dans le Nikon D850 tout ce qu’ils sont capables de faire, innovations comprises.

Le Nikon D850 est à ce jour le boîtier le plus ultime que Nikon ait produit. Ultime et polyvalent, le D850 devrait exceller dans les trois domaines que sont :

  • la définition (45,7 Mp),
  • la rapidité (9 vps),
  • la sensibilité (25.600 ISO).

Les adeptes d’images animées ne seront pas en reste avec la vidéo 4K plein format (une première chez Nikon) et le time-lapse 8K (autre première, voir plus bas).

Quelques fonctions inédites comme le scanner film et le Focus Stacking sont aussi de la partie.

Voici les caractéristiques détaillées du Nikon D850 et des compléments d’informations absents de la fiche technique et qui vous aideront à comprendre l’intérêt de certaines fonctions.

Nikon D850 : présentation et caractéristiques techniques

Le Nikon D850 vu de face 

Capteur FX 45,7Mp CMOS rétro-éclairé sans filtre passe-bas

Nikon inaugure un nouveau capteur de 45,7 Mp qui fait du D850 le reflex Nikon le plus défini à ce jour (voir le comparatif Nikon D850 vs. D810). Cette ultra haute définition permet d’afficher un niveau de détail exceptionnel comme le montrent les premières photos officielles.

Si 45,7 Mp peuvent faire peur (poids des fichiers, flou de bougé), sachez que Nikon a pensé à tout. Le D850 dispose de plusieurs formats de fichiers RAW comme JPG et de la possibilité de cadrer en mode DX. Avec près de 200 combinaisons possibles en incluant le RAW+JPG, vous devriez trouver le format qui vous convient :

  • FX
  • DX
  • Crop x 1.2
  • 5:4
  • 1:1 (carré)

Ces formats sont disponibles en RAW comme en JPG selon 3 tailles Large, Medium et Small.

Nikon D850 : présentation et caractéristiques techniques

Nikon D850 – formats et tailles de fichiers RAW + JPG

Il ne s’agit pas d’un capteur à taille variable (le changement de définition est logiciel)  mais il est appréciable de pouvoir jouer avec ces formats pour obtenir des poids de fichiers compris entre :

  • 10 et 90 Mo en RAW,
  • 3 et 22 Mo en JPG.

En mode de recadrage DX vous obtiendrez des images de 19,5 Mp soit l’équivalent de ce que délivre le Nikon D500 en pleine définition.

En recadrage vertical – horizontal vous obtiendrez des images de 20Mp soit là-aussi les performances d’un D500. Le tirage A1 (60×85) à 250 dpi est possible.

Ce capteur propose une plage de sensibilité native variant de 64 à 25.600 ISO (12.800 pour le D810). En mode étendu la sensibilité descend à 32 ISO (et facilite l’utilisation des filtres en pose longue par exemple). Elle monte à 102.400 ISO en mode Hi2.

Pour assurer les performances annoncées avec 45,7 Mp, Nikon a rendu son D850 capable de gérer un flux de 400Mpixels/sec., le buffer autorise 51 vues RAW pleine définition (28 pour le D810).

Le stockage se fait sur deux slots avec une carte XQD (pour une meilleure performance) et une carte SD avec support de l’UHS2 sur ce second slot.

Nikon D850 : présentation et caractéristiques techniques

Le Nikon D850 vue de profil

Nikon D850 : Autofocus 153 collimateurs et processeur dédié

Le D850 reprend le module AF 153 collimateurs des Nikon D5 et D500. Comme sur le D5 il fait appel à un processeur dédié pour gérer la mise au point et fonctionne jusqu’à -4IL au centre.

Couplé au processeur d’images Expeed 5 ce module AF permet au D850 d’assurer le point à la cadence de 9 im./sec. en pleine définition avec le grip et la batterie EN-EL18 (7 im./sec. sans).

Un joystick de pilotage des collimateurs AF est présent sur la face arrière du boîtier, ce qui participe à l’ergonomie. Plus besoin de déplacer un doigt vers le pad inférieur.

Le D850 dispose de la calibration AF automatique (comme les D7500 et D5) pour compenser les problèmes de back et front focus inhérents à la haute définition. Cette calibration s’avère plus fiable que celle faite avec un dock puisqu’elle tient compte du couple boîtier-objectif et non de l’objectif seul.

Mesure de lumière et obturateur

Le Nikon D850 reprend la cellule de mesure de lumière du Nikon D5 avec 180.000 pixels. Cette cellule est sensible à -3IL (0IL sur le D810).

Cette performance facilite l’usage en basse lumière de même que le time-lapse et la vidéo.

Le D850 inaugure un nouveau réglage de balance des blancs – Auto WB lumière naturelle – censé mieux prendre en compte les changements ombre / soleil direct / nuages ou éviter les rendus froids en été par exemple. Ce troisième réglage (2 sur le D5) reste à tester avant de savoir ce qu’il va apporter vraiment.

L’obturateur du Nikon D850 est conçu pour limiter les vibrations. Testé sur 200.000 cycles il devrait répondre aux usages pros attendus avec ce boîtier.

Le D850 permet le déclenchement silencieux en mode Live View avec obturation électronique. Si le D5 est limité à 8Mp, le D850 déclenche en pleine définition à 45,7 Mp et 6 vps (AE et AF fixes). La définition baisse à 8,6 Mp à 30vps (AF et AE fixes). Ce mode intéressera les amateurs de photo astro, de time-lapse, etc.

Nikon D850 : vidéo 4K Pleine définition et Time-Lapse 8K

C’est LA fonction que les vidéastes attendaient et Nikon la propose enfin sur le D850. La vidéo 4K est disponible en pleine définition, sans crop, en FX comme en DX.

La vidéo 4K n’est pas lisible sur tous les écrans ? Son intérêt n’est pas que de fournir une image plus définie. C’est aussi – surtout – la possibilité de recadrer l’image vidéo sans perdre en définition pour obtenir une image finale en 1080p.

Nikon place la barre très haut avec un débit de 144 Mbps, un mode Full HD Slow Motion 4/5x, le format MOV et MP4, le HDMI 4.2.2 sur 8 bits, le support des hautes sensibilités ISO et le Picture Control neutre (Flat) pour faciliter le post-traitement.

Le D850 dispose d’un atténuateur audio qui limite les bruits indésirables, du mode Focus Peaking en Full HD et d’un stabilisateur électronique.

Nikon D850 : présentation et caractéristiques techniques

Le Nikon D850 permet l’enregistrement de Time-Lapse 8K et leur recadrage en 4K UHD

Le Time-Lapse 8K est aussi au programme. Si la 8K n’est pas lisible sur les écrans actuels, ce mode permet toutefois d’enregistrer un time-lapse en 8K et de recadrer ensuite en 4K UHD dans ce time-lapse pour générer différentes vues ou simuler un effet travelling à partir d’une même prise.

Traitement RAW par lot dans le boîtier

Le Nikon D850 permet de faire du traitement par lot de fichiers RAW dans le boîtier. Imaginez une série de photos faites pour un time-lapse, que vous souhaitez traiter de la même façon, avec le même Picture Control.

Il est possible de produire les fichiers JPG directement depuis le boîtier au lieu de passer par un logiciel de traitement d’images. Il vous en coutera 25 mn pour 1000 fichiers RAW selon Nikon, alors qu’il faut plusieurs heures selon le type d’ordinateur.

Ecran LCD tactile inclinable et commandes

Nikon D850 : présentation et caractéristiques techniques

L’écran arrière inclinable et tactile du Nikon D850

C’est le standard désormais et le D850 en dispose : l’écran arrière est un modèle tactile inclinable.

Cet écran de 3,2 pouces et 2,4 Mp de définition permet, à l’inverse du D5 mais comme le D7500, de naviguer dans les menus en mode tactile. Il reste au D5 la possibilité de l’utiliser avec des gants, ce que ne permet pas la technologie d’écran utilisée pour le D850 (dommage …).

Une touche ISO est disponible à proximité du déclencheur, elle facilite le réglage d’exposition qui n’est plus limité aujourd’hui aux seules valeurs d’ouverture et de temps de pose.

Une touche Fn2 apparaît elle en bas à gauche de la face arrière. C’est une possibilité supplémentaire de personnalisation qui est la bienvenue. Les boutons sont rétro-éclairés.

Construction, flash, viseur et grip

Le boîtier en magnésium est le standard de la marque pour ses modèles pros. La robustesse de cette construction n’est plus à prouver tandis que la protection permet de photographier et filmer par tous les temps.

Nikon D850 : présentation et caractéristiques techniques

Le Nikon D850 ne dispose pas de flash intégré, ce qui contribue à réduire les contraintes mécaniques sur le boîtier pour le rendre plus robuste et étanche. Cette absence ne devrait pas choquer grand-monde puisque le flash intégré n’est quasiment pas utilisé par les photographes sur les boîtiers pros tandis que les vidéastes s’en moquent.

Le D850 est bien évidemment compatible avec le système Nikon CLS et les flashs externes sans fil à commande radio ou infra-rouge.

Le Nikon D850 inaugure un nouveau viseur optique 100% dont le grossissement de 0,75 x est le plus important jamais produit par Nikon (0,70 x pour le D810, 0,72 x pour le D5).

Nikon D850 : présentation et caractéristiques techniques

Le Nikon D850 avec le grip Nikon MB-D18

Le D850 permet l’utilisation d’un grip optionnel MB-D18 plus ergonomique et plus confortable que sur les précédents modèles.

Ce grip autorise des performances accrues (autonomie, rafale) mais il faut pour cela utiliser la batterie EN-EL18 du Nikon D5 et non la batterie EN-EL15 du D850 :

  • 1840 vues sans grip avec batterie EN-EL15,
  • 5140 vues avec grip et EN-EL18,
  • 3680 vues avec grip et EN-EL15,
  • (1200 vues sans grip et 3270 vues avec grip pour le D810).

Mode décalage de mise au point – Focus Stacking

Pour augmenter la profondeur de champ il faut fermer le diaphragme ou faire du Focus Stacking. Cette technique consiste à faire plusieurs images du même sujet en décalant légèrement le plan de mise au point d’une photo à l’autre. Un logiciel dédié permet ensuite de reconstruire l’image finale en utilisant les images intermédiaires.

Nikon D850 : Focus Stacking

Photo classique à gauche – Focus Stacking à droite
Notez la très grande profondeur de champ de la photo de droite

Le Nikon D850 permet d’automatiser la procédure de prise de vue en gérant le décalage de mise au point. Le boîtier peut enregistrer jusqu’à 300 photos avec 300 mises au point différentes.

Le mode décalage de mise au point du D850 est compatible avec les logiciels dédiés :

  • Photoshop CC,
  • Helicon Focus,
  • Combine ZM,
  • Zerene Stacker.

Duplication de films argentiques

Les scanners de films Nikon ne sont plus, vive le Nikon D850 + ES-2 ! Avec une telle définition le capteur du Nikon D850 est capable de traduire les plus fins détails du sujet. Y compris si celui-ci est un négatif argentique.

Nikon D850 scanner film duplication film argentique

Du film à l’image numérique avec le Nikon D850 + ES-2

Nikon ES-2 scanner film adaptateur Nikon D850

Adaptateur scanner film Nikon ES-2

Nikon a implémenté une fonction scanner film dans le D850 : avec un objectif macro et l’adaptateur Nikon ES-2, vous scannez vos négatifs couleur ou NB à 5800 dpi et récupérez des images directement exploitables sur la carte. Le scan est ultra rapide puisqu’il ne s’agit que de faire des photos, l’adaptateur permet de faire défiler les différentes vues d’une bande de négatif.

Le format de sortie est le JPG « développé » (le négatif couleur est traduit en positif), Nikon ne précise pas si le RAW sera disponible via une mise à jour de firmware.

Pour maîtriser votre Nikon D850, consultez le guide de Bernard Rome.

Connectivité et dimensions

Le Nikon D850 utilise SnapBridge, le système de transmission sans fil des images vers un mobile ou une tablette, avec double implémentation Wifi et Bluetooth.

Pour les transmissions vers un ordinateur, un serveur FTP ou un réseau Ethernet le D850 utilise le module WT-7 avec un débit supérieur à 866 Mbps.

Le Nikon D850 mesure (L x H x P) environ 146 x 124 x 78,5 mm et pèse environ 1005g avec accumulateur et carte mémoire XQD, mais sans bouchon de boîtier. Comptez environ 915g boîtier seul.

Nikon D850 : Tarifs et disponibilité

Le Nikon D850 est proposé boîtier nu au tarif de 3799 euros TTC à sa sortie.

Le grip MB-D18 est vendu 429 euros sans batterie, il peut contenir des batteries EN-EL15, EN-EL18 ou 6 piles LR6.

Le duplicateur de films ES-2 est vendu 149 euros.

Le Nikon D850 sera disponible chez les revendeurs dès le 7 septembre 2017, une mise sur le marché très rapide en raison du retrait du Nikon D810 et de la demande du marché.

Premier avis sur le Nikon D850

Si le Nikon D850 ne s’appelle pas D820, ce n’est pas pour rien. Ce reflex est plus qu’une simple évolution du modèle précédent, c’est une toute nouvelle proposition de la part de Nikon afin de satisfaire les photographes et vidéastes les plus exigeants.

Face à une offre hybride qui ne cesse de progresser, Nikon positionne son D850 comme le reflex ultime du moment  capable de tout faire – ou presque.

Plus performant qu’un D810, plus accessible qu’un D5, plus pro qu’un D750 (voir le comparatif D850 vs. D750), le D850 renforce l’offre Nikon à un prix tout à fait compétitif face à la concurrence (Canon 5D Mark IV et Sony A9 par exemple).

Ce reflex devrait toutefois s’avérer exigeant :

  • envers les objectifs (Nikon recommande les AF-S récents),
  • envers les utilisateurs (il faudra maîtriser les nombreuses fonctions et le flou de bougé).

Mais si vous savez gérer ces paramètres il devrait être le meilleur choix de sa catégorie.

Les premiers tests nous diront ce qu’il en est des performances réelles et des contraintes imposées par la très haute définition. Les résultats obtenus avec les récents D500 et D7500 en DX et D5 en FX laissent présager le meilleur.

Nikon a manifestement retrouvé sa capacité à innover et cela fait plaisir à voir !

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Source : Nikon


Photos jaunes ? Comment régler la température de couleur en photo

Jaune moutarde, ça vous évoque quelque chose ? Avez-vous déjà vu deux pots de moutarde de la même couleur ? Ne parlons pas du rouge pivoine, ni du rose saumon ou du bleu lavande … Faire des photos jaunes vous parle ?

A voir comment réagit notre cerveau à la lecture des couleurs, on se demande comment les pauvres neurones électroniques de notre appareil photo sont capables de les percevoir … C’est ce que nous allons voir !

Photos jaunes ? Comment régler la température de couleur et la balance des blancs

Ce tutoriel vous est proposé par Jacques Croizer auteur d’un guide technique qui détaille tout ce que doit savoir un photographe pour réussir ses photos. Il l’a décliné dans un second ouvrage consacré aux principales situations auxquelles tout photographe se trouve un jour ou l’autre confronté.

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Photos jaunes : la température de couleur

Photos jaunes : température de couleur et balance des blancs

Polychrome – f/4.5 à 1/200 s – Photo (C) Jacques Croizer

Une pièce de métal progressivement chauffée par un ferronnier en voit de toutes les couleurs. Elle rougit d’abord timidement, devient jaune, puis blanche à mesure que sa température augmente. Sa seule couleur suffit à l’artisan pour en connaitre la température.

A chaque température correspond une couleur. A chaque couleur, il est possible d’associer une température. La lumière ne fait pas exception. Toute teinte peut être caractérisée par sa température, qui s’exprime en degré Kelvin (K).

La lumière chaude de la flamme d’une bougie affiche une température de couleur basse (de l’ordre de 1500 K) alors qu’un ciel bleu d’hiver en montagne, teinte froide, peut atteindre les 9000 K. Cette valeur élevée correspond bien à une véritable température, au sens commun du terme : celle à laquelle il faudrait chauffer un objet noir pour qu’il devienne aussi bleu que le ciel.

Les termes chaud/froid désignent ici un ressenti esthétique déconnecté de la température au sens commun du terme : plus la couleur est chaude et plus sa température est basse. Ce n’est pas pour simplifier notre compréhension du phénomène.

Le tableau ci-dessous donne la palette des températures rencontrées dans le domaine de la photographie, en fonction de l’heure de la journée, de la météo ou de la source de lumière.

Photos jaunes : température de couleur et balance des blancs

Tutoriel Photos jaunes : Températures de couleur courantes

La balance des blancs

Si l’œil humain ne perçoit que peu les variations de la température de couleur au cours de la journée, c’est que notre cerveau corrige en permanence la perception que nous avons du blanc, afin qu’il reste bien blanc. L’appareil photo le fait également à notre insu. Cette opération s’appelle la balance des blancs (BdB).

Ce nom vous dit quelque chose ? Sans doute l’avez-vous déjà vu apparaître dans un menu ou sur un bouton de votre appareil. La balance des blancs est par défaut automatique, mais vous avez la possibilité de prendre la main et d’imposer votre choix, comme vous avez déjà l’habitude de le faire avec la sensibilité ISO, le temps de pose ou l’ouverture.

Photos jaunes : température de couleur et balance des blancs

Tutoriel Photos jaunes : Menu température de couleur

Pourquoi sélectionner vous même une température de couleur ? C’est par exemple utile avec les éclairages de studio, dont la température de couleur est parfaitement maîtrisée : 5 500 K pour un éclairage type lumière du jour. Il suffit d’introduire cette valeur dans le menu Balance des Blancs pour être certain d’avoir un rendu colorimétrique fidèle. De nombreux boîtiers permettent même d’anticiper une éventuelle dérive sur l’axe vert/magenta.

Photos jaunes : température de couleur et balance des blancs

Tutoriel Photos jaunes : Sélection de la température de couleur

Les choses se gâtent en extérieur. Il est en effet alors impossible d’avoir une idée précise de la température de couleur, si ce n’est en investissant dans un thermocolorimètre, accessoire très utilisé dans les studios de cinéma, mais beaucoup trop cher pour l’usage qu’en aurait un photographe amateur.

Les trois choix possibles dans les menus se résument généralement à soleil/ombre et nuageux. Essayez-les pour voir comment varient les couleurs de votre photo.

La balance des blancs manuelle, option que vous découvrirez dans le guide de votre appareil, est une méthode qui permet d’obtenir un rendu colorimétrique fidèle. La calibration du boitier à l’aide d’une charte spécifique va dans le même sens. Ces méthodes sont fiables mais pénalisent le photographe à la recherche de spontanéité.

Dérives volontaires

Lorsque la balance des blancs est correctement déterminée, toutes les teintes de votre photo sont fidèles à celles de l’arc en ciel. Mais ce n’est pas toujours ce que cherche le photographe créatif.

Aujourd’hui par exemple, vous vous sentez d’humeur joueuse. Vous avez décidé de faire une bonne blague à votre appareil en lui indiquant une fausse température de couleur. Le blanc est à 6 500 K ? Vous lui faites croire qu’il est à 8 000 K. Que va-t-il se passer ?

Tout le spectre va se décaler vers la droite afin de respecter la nouvelle consigne (partie haute du schéma ci-dessous). Vous avez décidé de fixer une valeur plus chaude que la réalité (donc une ambiance plus bleutée) ? L’appareil corrigera cet excès fictif en rajoutant du rouge ! La photo affichera donc une dominante chaude. Une bonne aubaine pour amplifier l’ambiance de vos couchers de soleil ou pour réchauffer un portrait !

Photos jaunes : température de couleur et balance des blancs

Décalage de la température de couleur

A l’inverse, si vous avez indiqué une température de couleur plus basse (4 500 K au lieu de 6 500 K sur la partie inférieure du schéma), donc une ambiance plus chaude que la réalité, le spectre se décalera vers la gauche : l’automatisme ajoutera le bleu supposé être nécessaire pour assurer la neutralité de l’image. Elle se retrouvera refroidie.

Sur la photo ci-dessous, la température de couleur a volontairement été baissée à 4200 K au lieu de 5 600 K afin de renforcer la teinte bleutée du ciel au crépuscule.

Photos jaunes : température de couleur et balance des blancs

Point de vue – f/1.8 à 1/40 s – 500 ISO – Photo (C) Jacques Croizer

Synthèse

Il n’est pas exclu qu’à la lecture du précédent paragraphe, vous ayez été pris d’un léger mal de tête. Les couleurs se mélangent : si j’ajoute du rouge, l’appareil me renvoie du bleu… et vice-versa… pas évident tout cela !

Il est possible de synthétiser la règle de manière simple :

  • pour réchauffer l’ambiance, il suffit d’augmenter la température de couleur au-dessus de sa valeur réelle,
  • pour obtenir des teintes froides, vous devez descendre la température de couleur.

C’est finalement très logique !

Post traitement

Il n’est pas rare de s’apercevoir a posteriori que la balance des blancs faite sur une photo est incorrecte : étourderie (le réglage est resté positionné sur celui qui avait été fignolé lors de la précédente séance de prises de vue) ou mauvaise mesure de l’automatisme dans une ambiance lumineuse composite : la photo est trop bleue ou trop rouge, trop verte ou trop magenta.

Si la prise de vue a été faite au format RAW, la correction sera très rapide. Il suffira d’éditer le fichier à l’aide du logiciel de dématriçage fourni avec l’appareil (Nikon NX Studio pour les appareils Nikon) et d’indiquer la valeur correcte de la température de couleur. L’image JPG sera reconstruite avec ce nouveau réglage. La photo retrouvera ses teintes naturelles, quitte à effectuer la manipulation localement et en plusieurs fois en présence d’éclairages hétérogènes.

Si la prise de vue a été faite au format JPG, la manipulation risque d’être un peu plus compliquée. En observant les deux copies d’écran ci-dessous, on s’aperçoit immédiatement que le langage utilisé n’est pas le même. Pour traiter le format RAW, on parle le langage du photographe : température de couleur, nuages, …. Sur le JPG, on utilise les mots du coloriste : tons, couleurs…

Photos jaunes : température de couleur et balance des blancs

Correction de la balance des blancs

Pour corriger la balance des blancs sur un fichier JPG, nous devons donc endosser de nouveaux habits qui nous emmènent bien loin de la prise de vue.

Le premier réflexe serait de désaturer la couleur dominante : la photo est trop bleue ? J’enlève du bleu ! C’est alors la saturation globale de l’image qui va en pâtir. Il est préférable de renforcer la couleur complémentaire, ajouter du jaune pour diminuer le bleu, du rouge pour diminuer le cyan, etc… C’est sur ce principe qu’est conçue la fenêtre de correction de la balance des blancs.

Photos jaunes et température de couleur : conclusion

Le monde des couleurs exactes est ingrat. Nos appareils photos font ce qu’ils peuvent pour nous faciliter la tâche, mais il faut bien reconnaître qu’en mode automatique, il reste du chemin à parcourir.

Lire la suite de ce dossier « Comment régler la balance des blancs en photo numérique ? »

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Comment gérer la perspective en photographie ?

Votre appareil n’est pas très ami avec les notions de perspective en photographie. Le problème se concrétise le plus souvent par des bâtiments déformés, mais aussi plus sournoisement par des portraits à gros nez et petites oreilles.

Même si ces transformations peuvent être voulues par le photographe, il doit savoir les anticiper. Voici comment procéder.

Comment gérer la perspective en photographie ?

Jacques Croizer, collaborateur régulier de Nikon Passion, vous propose cette réflexion sur les dessous de la prise de vue. Pour aller plus loin, découvrez ses deux guides photo.

Voir les livres « Tous photographes ! » …

La perspective en photographie : mise à plat

Comment gérer la perspective en photographie ?

Exemple de perspective en photographie
La Défense – f/6.3 à 1/500 s – Photo (C) Jacques Croizer

L’être humain possède deux yeux. Ils enregistrent chacun une image légèrement décalée qu’ils envoient en temps réel au cerveau. Ce déphasage lui permet d’évaluer les distances et de percevoir la profondeur de la scène. Il est alors capable de nous en restituer une image en trois dimensions.

A quelques exceptions près, mais qui sont à ce jour plus de l’ordre de la curiosité, nos appareils photos ne sont pas encore dotés de la vision stéréoscopique. Nous cadrons une scène en trois dimensions, ils la restituent sur une surface plane, capteur dans un premier temps, puis écran ou papier. C’est le problème de la perspective en photographie.

Le cerveau se remet au travail pour nous donner l’illusion que la photographie que nous regardons est elle-même en relief. Vous pressentez bien qu’à force d’approximations, ces deux perceptions vont avoir quelques difficultés à converger … Et vous avez raison !

Je ne crois que ce que je vois ?

Observez attentivement la figure ci-dessous. L’écran est plat, c’est notre seule certitude. Pourquoi le cercle noir donne-t-il alors l’impression d’être en arrière des deux cylindres ? Eloignez-vous à un mètre, puis revenez très près de l’écran, en fixant le point noir. Ne le voyez-vous pas qui s’avance peu à peu ?

Comment gérer la perspective en photographie ?

La perspective nous joue des tours

Même si elle n’est pas aussi évidente lorsque vous observez une photo, cette illusion d’optique est tout aussi opérante. Pour qu’une image restitue aussi fidèlement que possible la réalité, il faudrait la regarder sous un angle identique à l’angle de champ de l’objectif avec lequel elle a été prise : de loin si vous avez utilisé un téléobjectif, de près si elle a été faite avec un grand angle.

Les spécialistes parlent de distance orthoscopique, une notion qui n’a bien évidemment rien à voir avec la distance de confort à laquelle nous regardons habituellement un document.  Nous partons vraiment sur de très mauvaises bases pour parler de perspective, une fois l’image aplatie sur un écran ou sur une feuille de papier … Observons tout cela plus concrètement.

Ça penche !

L’enclos paroissial de Pleyben est un haut lieu du tourisme armoricain, dans tous les sens du terme : le plus grand des deux clochers culmine à plus de quarante-sept mètres. Un immeuble de quinze étages en plein cœur du village. Approchons nous.

Comment gérer la perspective en photographie ?

Perspective en photographie – Clocher de Pleyben
f/7.1 à 1/200 s – 24 mm – Photo (C) Jacques Croizer

Le plus petit des deux clochers semble être pris d’une attirance irrésistible pour son grand frère. Et que dire de la maison de gauche, dont la façade et la toiture sont encore plus déformées ? L’explication est à rechercher dans la hauteur du clocher. Pour prendre la photo de l’ensemble, il a fallu fortement lever le nez de l’appareil.

Nous sommes typiquement face à un problème de perspective en photographie : le photographe a prêté attention à la verticalité du clocher principal, mais il en a subi les conséquences sur les éléments architecturaux placés en bordure du cadre. A cette distance, il n’était pas possible de faire mieux, si ce n’est en utilisant un de ces coûteux objectifs à bascule qui corrigent automatiquement la perspective (par exemple le Nikon PC-E 19mm).

Point de vue

On appelle point de vue l’endroit où se place le photographe pour cadrer un sujet. Le point de vue a un impact fondamental sur la géométrie finale de l’image. Pour ne pas déformer les volumes, il faut autant que possible occuper une position centrale, tant en largeur (au centre de la scène) qu’en hauteur (ni plongée, ni contre plongée).

Comment gérer la perspective en photographie ?

Le point de vue idéal

Pour bien gérer la perspective en photographie face à un immeuble, il suffit de se déplacer pour se centrer horizontalement. Il est très souvent bien plus difficile de le faire verticalement, à moins d’utiliser la grande échelle des pompiers ou un hélicoptère … Si vous n’en avez pas les moyens, quelle en sera la conséquence ? La partie la plus haute du bâtiment, qui est aussi la plus éloignée de l’appareil photo, apparaîtra moins large que sa base. Comment y remédier ?

Sur le schéma ci-dessous, les traits pleins relient la base du bâtiment à l’appareil photo. Les traits pointillés font de même avec son sommet. Comparez leurs longueurs : dans la position idéale, centrée verticalement, elles sont identiques.

Au pied du bâtiment, le pointillé rouge est deux fois plus long que le trait plein de la même couleur. Lorsque le photographe se recule, les deux lignes (en bleu) tendent à retrouver des dimensions comparables. C’est le bon compromis pour limiter les déformations : à défaut de pouvoir prendre de la hauteur, éloignez-vous, quitte à utiliser une focale plus longue si vous souhaitez conserver le cadrage initial.

Comment gérer la perspective en photographie ?

Eloignez-vous pour limiter les déformations

Lorsqu’il cherche le bon point de vue, le photographe doit donc tout autant se déplacer, qu’il utilise un zoom ou une focale fixe.

Parfaitement conscient de prendre le risque de déclencher un tollé général dans la zone commentaires en bas de cette page, concluons ce paragraphe en ajoutant que le zoom aurait même un léger avantage sur la focale fixe, si on en reste aux questions de cadrage et de perspective… Mais on ne peut pas être bon partout !

Perspective, focale et capteur

Certains concluront un peu hâtivement de la fin du précédent paragraphe qu’un téléobjectif déforme moins la perspective qu’un grand angle. Il n’en est rien. Prenez la photo avec un grand angle en vous éloignant du bâtiment : le champ embrassé sera bien évidemment plus large, mais si vous coupez l’image pour restituer le cadrage obtenu avec le téléobjectif, vous constaterez que les déformations sont les mêmes.

Plein format ou APS-C, la taille du capteur ne modifie pas non plus la géométrie de l’image. Un capteur plus petit ne fait que la recadrer, donnant l’illusion de la grossir. Pour obtenir le même cadrage avec un grand capteur, il faut se rapprocher du sujet. C’est donc encore une fois la distance à laquelle il se trouve qui intervient, et non la taille du capteur.

C’est une règle fondamentale de l’optique : la perspective dépend uniquement du point de vue.

En voici la preuve.

Démonstration

Nous sommes toujours à Pleyben, mais cette fois ci à l’extérieur de l’enclos. L’objectif utilisé reste le 24 mm. Le cadrage est donc bien évidemment plus large.

Comment gérer la perspective en photographie ?

Perspective en photographie – L’enclos paroissial de Pleyben
f/8 à 1/250 s – 24 mm – Photo (C) Jacques Croizer

La verticalité est faite sur la médiane de l’image, au niveau du porche. La déformation liée à la  perspective subsiste, mais elle est nettement minimisée. Elle sera donc plus facile à corriger… car c’est la bonne nouvelle : il est toujours possible d’aller plus loin avec son logiciel de post traitement !

Le petit plus du post-traitement

Les logiciels permettent pour la plupart de corriger les déformations liées à la perspective. Le principe est simple. Des poignées sont ancrées aux quatre coins de l’image.

En tirant sur les angles, l’opérateur ramène la forme initialement trapézoïdale à un rectangle plus ou moins parfait, mais qui rendra plus confortable la lecture de l’image. Bien entendu, cette manipulation suppose que la partie de la photo qui dépasse soit ultérieurement coupée. La prise de vue doit donc anticiper cette perte : il ne faut pas hésiter à cadrer large !

Comment gérer la perspective en photographie ?

Correction de la perspective – Photo (C) Jacques Croizer

Ne comptez toutefois pas trop sur cet artifice : une retouche marquée laisse toujours des traces. Dans le cas d’une photo prise au niveau de la rue, la correction trapézoïdale provoquera un élargissement des épaules et de la tête des personnages qui se promènent au premier plan. Ils prendront tous l’apparence de Hobbits haltérophiles.

Conclusion

Nous l’avions dit en introduction, la perspective sera toujours plus ou moins une histoire de compromis. S’il subsiste un inconfort dans la lecture de l’image, il doit être justifié par le sujet.

Vous avez des exemples à montrer ?  Postez-les sur le groupe Nikon Passion avec le tag #NPperspective !

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La photo avec un smartphone : avantages, inconvénients

La photo avec un smartphone ? Il y a quelques années un tel titre m’aurait valu une ribambelle de commentaires indignés en bas de page. Il y a quelques années, je n’aurais d’ailleurs jamais pensé écrire un tel article.

Mais le temps passe, les temps changent et s’interroger sur sa pratique photographique est toujours riche d’enseignements. Alors, photo smartphone … ou pas photo smartphone ?

Note : pour aller plus loin, découvrez le guide complet pour bien débuter en photo en 2025

La photo avec un smartphone : avantages, inconvénients et perspectives

Ce sujet est écrit par Jacques Croizer qui a déjà écrit de nombreux tutoriaux pour le site Nikon Passion. Il partage son expérience avec vous au sein de la communauté (forum et groupe Facebook). Il a par ailleurs réalisé deux guides pratiques très complets : Tous photographes !

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La photo avec un smartphone : avantages, inconvénients et perspectives

photo avec un smartphone – Venise – (C) Yoann Croizer

La photo avec un smartphone, un peu d’histoire

La génération des teenagers, quasiment née avec le smartphone, a déjà remisé les appareils photos numériques au rayon des objets déclassés. Il est vrai que depuis sa naissance en juin 2000, le premier téléphone embarquant un appareil photo a grandi bien plus vite que son âge : le Samsung SCH-V200 embarquait alors un capteur CCD de 352 x 288 pixels, soit un peu plus de 100 000 pixels …

Sept ans plus tard, une brève éternité, l’iPhone première génération proposait déjà un appareil de deux millions de pixels. La suite de l’histoire appartient au présent.

Si l’appareil hybride jouit encore de son image novatrice, si la guerre des prix permet aux reflex d’entrée de gamme de rester en tête de gondole, il faut bien reconnaître que la photographie au quotidien se pratique de plus en plus avec un smartphone. A tort ou à raison ?

Un avantage décisif

Photographier au quotidien, c’est avant tout figer des instants de vie pour la plupart furtifs.

Première condition, avoir toujours son appareil sur soi. Seconde condition, ne pas avoir à se poser de questions sur son fonctionnement. Le smartphone répond parfaitement à ce cahier des charges. Il n’est qu’à voir avec quelle facilité il est possible de construire au pied levé une image panoramique pour s’en convaincre.

La photo avec un smartphone : avantages, inconvénients et perspectives

photo avec un smartphone – La Ruche – (C) Jacques Croizer

Mais cette convivialité ne s’arrête pas à la prise de vue. La connectivité étendue du smartphone permet de partager instantanément le souvenir qu’on vient d’immortaliser et ça, pour la génération connectée … c’est vraiment le Graal !

S’ils avaient vécu à notre époque, des photographes de terrain tels que Robert Capa ou Henri Cartier-Bresson auraient vraisemblablement complété leur équipement avec un smartphone. Alors pourquoi pas vous ?

Mais aussi des limites …

La disponibilité du smartphone reste cependant dépendante du niveau de sa batterie. A trop vouloir en faire, notre hochet multifonction finit rapidement par ne plus rien pouvoir faire (sauf à disposer d’une batterie additionnelle) ! Cette faible autonomie est le prix à payer pour qu’il tienne dans la poche. Vouloir tout faire dans un espace aussi réduit engendre par ailleurs bien d’autres limites.

L’importante densité de pixels sur la surface souvent réduite du capteur de la grande majorité des smartphones se paye par une montée en ISO douloureuse. Dès que la lumière baisse, la qualité des images s’en ressent : photos floues car la vitesse de déclenchement est trop faible, photos sous exposées, photos bruitées : le smartphone n’est jamais aussi bon que lorsque la lumière l’est également. Mais n’est-ce pas là l’essence même de la photographie ?

Le diamètre réduit de la pupille d’entrée a tendance à créer de la diffraction : les images apparaissent légèrement floues lorsqu’on les agrandit beaucoup. Est-ce grave quand on sait que 99 % des photos seront vues sur ce même téléphone, sur une tablette ou sur un écran d’ordinateur ?

La focale de type grand angle, conjuguée à un capteur de faibles dimensions, rend quasiment impossible l’obtention de jolis arrière-plans flous.  Elle oblige par ailleurs à se rapprocher exagérément du sujet, ce qui explique la cohorte des profils à gros nez et petites oreilles qui envahissent les réseaux sociaux.

La photo avec un smartphone : avantages, inconvénients et perspectives

photo avec un smartphone – Un peu, beaucoup, passionnément …  (C) Jacques Croizer

Si vous êtes habitués aux boîtiers plus volumineux, sans doute reprocherez-vous également au smartphone son manque de stabilité et son absence de viseur. L’écran, à l’instar d’un viseur numérique, est pratique pour cadrer lorsque la lumière baisse. Il se révèle bien plus pénalisant en plein soleil.

La photo au smartphone : bilan

S’il rend parfois les armes là où un minimum de technique devient nécessaire pour réussir sa photo, le smartphone exploite en revanche avec une instantanéité remarquable les vastes possibilités de l’ère numérique.

Il se révèle être au cœur d’un écosystème complémentaire de celui de l’appareil photo. De nombreuses applications, souvent gratuites ou proposées à un prix dérisoire, permettent de considérablement booster ses fonctionnalités natives (voir la liste des applications photo les plus utiles).

La phonéographie s’appuie en outre sur une multitude de filtres créatifs qui subliment en quelques clics une image qui aurait pu sinon se révéler parfaitement banale.

La photo avec un smartphone : avantages, inconvénients et perspectives

photo avec un smartphone – Les hommes de l’ombre
Effet grunge via l’application Snapseed

La banalité… C’est bien là le problème. L’image du photophone est ternie par un tsunami de selfies insipides, de photos de nourritures figées dans leur graisse, d’horizons en perdition et autres bâtiments en souffrance, de toutes ces icônes incontournables des réseaux sociaux qui ont désormais supplanté les antiques galeries de tata Ginette. Non mais allô, quoi !

Il serait pourtant trop facile de s’appuyer sur cette abondance d’images sans intérêt pour rejeter avec dédain le nouveau venu du monde de l’image. Il est de même encore bien trop tôt pour rejeter le matériel traditionnel, pénalisé par son encombrement et son manque de connectivité.

Ces deux outils sont parfaitement complémentaires. Il faut savoir utiliser l’un et l’autre eux à bon escient.

En conclusion

Toujours à portée de main, le smartphone aiguise notre appétit photographique et nous permet de l’assouvir instantanément. C’est un excellent moyen de rester motivé à chaque instant et par tous les temps.

Bien sûr, l’outil reste limité dans ses possibilités techniques. C’est l’occasion de nous concentrer sur ce qui est à la base de la photographie : la lumière et le contenu de l’image. A vous de nous le prouver en postant vos plus belles réalisations sur le groupe Nikon Passion avec le tag #NPSmartphone !

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Comment faire un bokeh : définition, principe et exemples

Le bokeh désigne l’effet de flou d’arrière-plan souvent utilisé pour mettre en valeur un sujet. Le bokeh n’a rien à voir avec le flou de bougé ou le flou de mise au point. Il participe à la dimension artistique de l’image et à ce titre, mérite autant votre attention que ce qui se passe dans la zone de netteté.

Comment faire un bokeh : principe et exemples

Ce tutoriel vous est proposé par Jacques Croizer qui a écrit pour Nikon Passion plusieurs tutoriels sur les dessous de la prise de vue. Pour aller plus loin, découvrez également ses deux guides photo.

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Comment faire un bokeh, effet de flou d'arrière-plan

Anémone Alpine – f/4 à 1/800 s – 100 mm + bague – photo (C) Jacques Croizer

Le Bokeh : concept de profondeur de champ

Le concept de profondeur de champ a été largement détaillé dans un précédent tutoriel. On en retiendra qu’une image peut être décomposée en trois zones : un espace net entouré de deux volumes flous.

Le premier contient généralement le sujet, les deux autres contribuant à ce qu’il est convenu d’appeler l’espace négatif.

Toutes les photos ne présentent pas ces trois dimensions : l’avant plan flou ne se matérialise en effet que lorsqu’un élément s’intercale entre le sujet et le photographe. L’arrière-plan flou est quant à lui absorbé par l’horizon, dès lors que la distance de mise au point atteint l’hyperfocale.

Comment faire un bokeh, effet de flou d'arrière-plan

La profondeur de champ théorique est calculée par des formules mathématiques strictes : en traversant la frontière, on passe directement du net au flou. La réalité n’est pas aussi brutale. Le flou s’installe plus ou moins rapidement dans l’image. On parle alors de profondeur de champ ressentie. La dimension esthétique ainsi introduite est éminemment subjective, donc discutable. Nous allons nous y employer.

Le flou

Utilisons une image pour bien appréhender ce qu’est le flou. Au soleil, il est possible d’allumer un feu de brindilles avec une loupe. Lorsqu’elle est à la bonne distance du sol, les rayons se concentrent en un même point qui devient vite incandescent. Si la loupe est plus haute ou plus basse, la chaleur est diffusée sur un cercle trop large pour provoquer l’embrasement des brindilles.

Vous avez tous un jour ou l’autre joué à Robinson Crusoé, vous allez donc facilement comprendre ce qui suit. Lorsque vous faites la mise au point, c’est un peu comme si vous bougiez la loupe.

Tous les points situés à la bonne distance sont représentés par un point net sur le capteur. Ceux qui sont trop près ou trop loin se transforment en une tache floue.

Une formule mathématique permet de calculer le diamètre théorique de la tache floue : elle s’étale d’autant plus que le point qu’elle représente est loin du plan de netteté. Nous parlons bien là d’un modèle très imparfait puisque la diffraction (fonction de la couleur de la tache), mais aussi le contraste, les aberrations, etc… sont autant de raisons pour que la réalité nous réserve quelques surprises.

Comment faire un bokeh, effet de flou d'arrière-plan

Formation du flou

On remarque sur le schéma ci-dessous que si les deux points intermédiaires n’existaient pas, la transition net/flou serait plus rapide. De l’intérêt, lorsque vous photographier une personne, de l’éloigner du mur pour noyer les détails du crépi dans le flou !

Comment faire un bokeh, effet de flou d'arrière-plan

Vitesse de propagation du flou (dynamique de défocalisation)

La formule de calcul montre également que la tache floue croit d’autant plus vite que le diaphragme est ouvert, que la focale est longue… Nous en reparlerons dans la suite de l’article.

Les dimensions de la tache ne suffisent pas à expliquer la qualité du flou. Il faut aussi prendre en compte sa forme, le gradient de lumière à sa périphérie, tous ces éléments imperceptibles qui font qu’à focale et diaphragme identiques, deux objectifs de marque différente n’ont jamais le même rendu.

Le bokeh

Il fallait pouvoir distinguer le flou volontaire dans lequel se fondent harmonieusement des taches de couleur du flou de bougé ou du flou de mise au point, qui sont le plus souvent autant de défauts rédhibitoires.

C’est ainsi qu’est apparu le terme bokeh. Une fois n’est pas coutume, le mot n’est pas anglais mais dérivé du japonais boke qui signifie flou.

Le bokeh ne regroupe pas seulement les flous d’arrière et avant plan. Il exprime également leur apparence. On parlera par exemple d’un bokeh doux, moelleux, crémeux en opposition à un bokeh rugueux ou nerveux. Analysons les paramètres qui influent sur cet aspect.

Comment faire un bokeh, effet de flou d'arrière-plan

Forme du diaphragme et qualité du flou

La forme de la tache a un rôle important (mais pas forcément primordial) dans le rendu de la zone floue. Elle dépend du nombre et de la courbure des lamelles qui constituent le diaphragme.

Avec six lamelles, elle sera hexagonale. L’objectif AF-S NIKKOR 50 mm f/1.8 G en a sept et son grand frère AF-S NIKKOR 50 mm f/1.4 G deux de plus.

Le légendaire Trioplan 100 mm f/2,8 récemment réédité par Meyer-Optik propose quant à lui un diaphragme composé de quinze lamelles : la tache est pratiquement circulaire… mais ça nous met quand même la lamelle à 100 euros pièce. Cher bokeh !

A pleine ouverture, les lamelles disparaissent. Sur tous les objectifs, l’ouverture est alors circulaire. On pourrait penser que dans ces conditions, tous les bokeh se valent. Il n’en est rien. C’est en réalité toute la conception de l’objectif qui entre en ligne de compte, sa formule optique, la qualité de ses verres, du traitement de surface…

Les défauts de certains objectifs apparaissent parfois comme une signature dans leur bokeh. Après ce qui vient d’être dit, auriez-vous imaginé que le diaphragme utilisé pour la photo ci-dessous ne compte que six lamelles ?

Comment faire un bokeh, effet de flou d'arrière-plan

Fantôme – f/2.8 à 1/250 s – 50 mm + bague – photo (C) Jacques Croizer

Bokeh et focale

Votre envie aujourd’hui est sans doute plus d’optimiser l’utilisation de votre objectif pour obtenir de jolis flous que d’en acheter un nouveau, afin de voir si son bokeh sera différent de celui que vous possédez déjà. Voyons comment faire en commençant par la focale.

Nous l’avons déjà dit, plus la focale est longue et plus il est facile de faire des taches harmonieuses. Apparait alors un paradoxe qu’il faut absolument toujours avoir en tête :

il faut s’éloigner du sujet pour mieux le photographier de près !

Explications : supposons que vous ayez un zoom 18-105 mm. A 18 mm, position grand angle, vous serez très proche du sujet et vous aurez l’impression d’avoir optimisé votre emplacement pour en faire un gros plan. En réalité, le passage du net au flou (dynamique de défocalisation) sera très lent, rendant la texture du fond trop présente.

Si vous utilisez la position 105 mm, vous devrez vous reculer pour obtenir le même cadrage. Votre profondeur de champ à diaphragme identique sera inchangée, mais la transition vers la zone floue sera beaucoup plus douce. Sans modifier la netteté du sujet, vous aurez amélioré le rendu de l’espace négatif.

Bokeh et ouverture

La forme de la tache floue reflète celle du diaphragme. Plus il est fermé et plus elle est petite. Elle se fond alors d’autant plus difficilement avec sa voisine que ses contours sont également plus nets. Joli bokeh rime souvent avec diaphragme ouvert.

Les amateurs de macro ou proxi photographie font parfois l’erreur de trop fermer le diaphragme pour gagner de la profondeur de champ. En passant de f/4 à f/16 sur un objectif Nikon 105mm, elle n’augmente que de 3 mm au grandissement 1:1. Ce gain marginal se paye par une importante dégradation du bokeh. Sachez trouver le bon compromis en fonction de la distance à laquelle se trouve l’arrière-plan !

Comment faire un bokeh, effet de flou d'arrière-plan

Orchis Sureau – f/4 à 1/250 s – 150 mm + bague – photo (C) Jacques Croizer

Apparait ici un cruel dilemme pour les zooms à ouverture variable, comme par exemple le standard AF-S DX Nikon 18-105mm f/3.5-5.6G. Le diaphragme en position grand angle est plus ouvert (f/3.5) qu’en position téléobjectif (f/5.6). Pas facile de trouver dans ce cas le bon arrangement entre la focale la plus longue possible et la plus grande ouverture.

Seuls des essais vous permettront de bien connaitre et maîtriser votre matériel.

Relation avec la distance de mise au point

On parle beaucoup plus de bokeh en macro ou pour du portrait que pour de la photo d’architecture. La raison en est simple : la tache floue s’étale d’autant plus que la distance de mise au point est petite.

A focale identique, il est donc plus facile d’obtenir un bokeh moelleux en s’approchant de son sujet. Gardez toutefois à l’esprit qu’il faut avant tout utiliser la focale la plus longue possible pour un cadrage donné. Encore des essais en prévisions, car il n’existe pas de recette type couvrant toutes les situations. Plus le sujet est gros (une rose en comparaison d’une violette) et plus il est préférable d’utiliser une longue focale.

Bokeh et arrière-plan

La tache floue s’étend lorsque son point source s’éloigne du plan de mise au point. Il faut donc autant que possible décoller le sujet de son environnement pour que ce dernier soit le plus fondu possible. Lorsque la distance entre le sujet et l’arrière-plan est très supérieure à la distance de mise au point, il est même possible de rendre le fond uniforme, comme sur la photo ci-dessous. Il faut bien évidemment que les taches aient la même luminosité et la même couleur.

Comment faire un bokeh, effet de flou d'arrière-plan

Soldanelles – f/4 à 1/250 s – 150 mm + bague – photo (C) Jacques Croizer

Imaginons que vous fassiez un portrait avec une focale de 90 mm et une mise au point à 2 mètres. La diffusion de la tache floue sera la même avec un diaphragme à f/2 et un fond à 2,50 mètres qu’avec un diaphragme à f/4 et un fond à 3,30 mètres. Deux crans de gagné pour avoir avancé le sujet de 80 cm…

Mais au-delà des chiffres, c’est dans le viseur ou sur l’écran arrière de l’appareil que tout se joue !

Bokeh et capteur

Savez-vous pourquoi il est si difficile d’obtenir un arrière-plan flou avec un téléphone ou un compact standard ? C’est tout simplement parce que plus le capteur est petit et moins le bokeh est doux, toutes choses égales par ailleurs.

Ce n’est pas une raison pour jeter votre APS-C aux orties et acheter dans la foulée un plein format car c’est là encore une histoire de compromis : plus le capteur est petit et plus la profondeur de champ est importante à cadrage et diaphragme identiques. Et c’est parfois un avantage !

Relation avec la lumière

Si votre fond est constitué d’un grand mur blanc, il est évident que vous n’en ferez jamais un joli bokeh. La source doit présenter un contraste des teintes ou des luminosités pour que les taches se fondent entre elles sans pour autant devenir invisibles.

Comment faire un bokeh, effet de flou d'arrière-plan

Sabot de Venus – f/4 à 1/160 s – photo (C) Jacques Croizer

La lumière du soleil filtrée en fin de journée par les branchages est une bonne occasion d’aller chercher un joli bokeh. Lorsque le soleil est proche de l’horizon, sa lumière dorée réchauffe les couleurs. Les photographes urbains utiliseront quant à eux les phares des voitures, les enseignes lumineuses, …

Fiche recette pour un bokeh crémeux

En guise de conclusion, cette fiche recette résume en cinq points les conditions optimales pour obtenir un beau bokeh :

  • choisissez un sujet placé dans un environnement contrasté (teintes ou luminosité)
  • éloignez-le autant que possible des premiers et arrière-plans : par exemple en macro, évitez la présence d’herbes folles trop proches de lui, dont la forme linéaire risque de casser le bokeh
  • utilisez une focale aussi longue que possible en fonction du contexte et du cadrage attendus : rappelez-vous bien qu’à cadrage identique, utiliser une focale longue ne fait pas perdre de la profondeur de champ
  • approchez-vous de votre sujet
  • ouvrez le diaphragme en surveillant la profondeur de champ.

Conclusion

Les illustrations de cet article laissent à penser que la recherche du bokeh optimal ne concerne que les macroteux. La recette est pourtant strictement la même, qu’on fasse du portrait, de la photographie d’objets, etc… mais mon stock d’images est tout simplement plus axé fleurettes.

A vous maintenant de nous montrer ce qu’il est possible de faire dans d’autres disciplines en postant vos images avec le tag #NikonPassion !

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Qu’est-ce que l’hyperfocale et comment l’utiliser ?

Le terme hyperfocale vous ramène probablement à vos débuts en photographie alors que vous utilisiez un objectif à mise au point manuelle. Si ce n’est pas votre cas, vous vous demandez peut-être qu’est-ce que l’hyperfocale dont on vous parle souvent, et comment l’utiliser.

Voici la réponse à vos deux questions et des exemples.

Comment utiliser l'hyperfocale et pourquoi faire ?

Ce tutoriel vous est proposé par Jacques Croizer. Jacques est également auteur du livre Tous photographes ! 55 leçons pour réussir toutes vos photos. Retrouvez également le tutoriel sur l’utilisation des flashs Cobra du même auteur.

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N’y allons pas par quatre chemins, car la question qui se pose aujourd’hui est on ne peut plus claire : hyperfocale, héritage du passé ?

Jadis même gravée sur le fut des objectifs, la notion d’hyperfocale mérite-t-elle toujours sa place dans le bagage technique du photographe numérique ?

Qu’est-ce que l’hyperfocale ?

Hyperfocale, pourquoi faire ?

Haute Maurienne  – f/8 à 1/250 s – capteur 1 pouce – photo (C) Jacques Croizer

La profondeur de champ est l’espace situé entre le premier plan net (PPN) et le dernier plan net (DPN) d’une photo. Si vous nous lisez régulièrement, vous n’ignorez plus que pour un cadrage donné, elle dépend uniquement de la distance de mise au point et du diaphragme (en savoir plus sur la profondeur de champ).

Toutes choses égales par ailleurs, plus la distance de mise au point (MAP) est longue, et plus la profondeur de champ augmente :

Hyperfocale, pourquoi faire ?

Hyperfocale : variation de la profondeur de champ avec la distance de mise au point

Le schéma ci-dessus montre que lorsque la distance de mise au point augmente, le dernier plan net recule plus vite que le premier plan net. C’est pour cette raison que la profondeur de champ augmente avec la distance de mise au point.

Cette règle a cependant une limite : le dernier plan net ne peut pas aller plus loin que l’horizon ! Lorsque cette limite est atteinte, le premier plan net continuant de reculer avec la mise au point, la profondeur de champ se met à diminuer.

Le plan de mise au point pour lequel le dernier plan net arrive juste sur l’horizon s’appelle l’hyperfocale. La profondeur de champ y est maximale.

Hyperfocale, pourquoi faire ?

Hyperfocale : mise au point sur l’hyperfocale

Comment situer l’hyperfocale ?

La précédente définition n’est guère facile à mettre en œuvre. Comment apprécier la netteté sur l’horizon ? Il existe heureusement un moyen bien plus simple de situer l’hyperfocale : il suffit de faire la mise au point sur l’infini : le premier plan net sera alors celui de l’hyperfocale.

Hyperfocale, pourquoi faire ?

Hyperfocale : mise au point sur l’infini

Une lecture un peu rapide de cette seconde définition pourrait laisser croire que nous avons écrit deux fois la même chose. Il n’en est rien :

  • faire la mise au point sur l’hyperfocale permet d’avoir une photo nette jusqu’à l’infini, mais le premier plan net est situé à mi-chemin entre le boitier et l’hyperfocale. Toute cette partie nette en avant plan est gagnée sur l’hyperfocale,
  • imposer la mise au point à l’infini fait commencer la zone nette sur le plan de l’hyperfocale et non à la moitié de cette distance. On perd de surcroît la zone comprise entre la MAP et le dernier plan net puisque ces deux zones se superposent.

La comparaison des deux schémas montre clairement que la seconde option gaspille inutilement de la profondeur de champ. Sauf intention volontaire, il ne sert à rien de faire la mise au point à l’infini. Si vous ne deviez retenir qu’une chose de l’hyperfocale, c’est bien celle-là !

Comment calculer l’hyperfocale, la formule

Avant de l’oublier ou de passer directement au paragraphe suivant, il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie la formule de calcul de l’hyperfocale pour comprendre que les différentes applications qui permettent de la calculer sont fondées. L’hyperfocale est fonction de trois paramètres :

  • F : la focale exprimée en millimètres
  • C : le cercle de confusion, également en millimètres
  • Ø : le diaphragme

Hyperfocale, pourquoi faire ?

Calculée de cette manière, l’hyperfocale H s’exprime en millimètres. Il faut la diviser par 1000 pour obtenir un résultat en mètres. Beaucoup de calculateurs ignorent le dernier F. Il est vrai qu’il est très vite marginal.

Trois règles découlent de cette formule :

  • plus la focale est courte (par exemple grand angle : 24 mm) et plus l’hyperfocale se rapproche,
  • plus le diaphragme est fermé (par exemple grand chiffre : f/16) et plus l’hyperfocale se rapproche,
  • plus le capteur est grand (plein format vs APS-C), plus l’hyperfocale se rapproche.

Notez que ces trois vérités sont cette fois indépendantes du cadrage puisque la distance de mise au point n’intervient pas dans la formule.

L’intérêt de l’hyperfocale

Arrivé à ce point de votre lecture, vous avez déjà frénétiquement cherché une page ou chargé une application vous permettant de calculer l’hyperfocale. Elle vous dit qu’avec votre focale de 50 mm montée sur un capteur APS-C (cercle de confusion = 0,02 mm) l’hyperfocale se situe à :

  • 15.6 mètres si vous fermez le diaphragme à f/8
  • 22.3 mètres si vous l’ouvrez à f/5,6

La belle affaire ! A moins d’avoir une chaîne d’arpenteur dans l’œil, qui est capable de situer de telles distances avec précision sur le terrain ?

Lorsque vous faites la photo d’un paysage, c’est bien plus le concept et l’ordre de grandeur de l’hyperfocale qui vous intéressent. Très souvent, il suffit alors de faire la mise au point au premier tiers inférieur de l’image.

Pour un réglage plus précis, vous pouvez prendre une première photo en laissant la mise au point partir à l’infini, puis analyser cette image en l’agrandissant au dos de l’appareil afin de voir à partir de quel plan se dégrade la netteté : par définition, c’est le plan de l’hyperfocale !

Il suffit donc de faire une seconde photo en faisant cette fois la mise au point sur ce plan pour obtenir la plus grande profondeur de champ autorisée par les conditions de votre prise de vue. Tentez au moins une fois l’expérience pour voir la différence entre les deux photos !

Sur la vue ci-dessous, la mise au point a été faite au sol, quelques mètres devant la personne au premier plan. Son sac est pourtant net. En faisant la mise au point sur le sac, l’horizon aurait été flou.

Maîtriser l’hyperfocale permet de garder un sujet dans la partie nette de l’image, sans pour autant faire la mise au point sur lui.

Hyperfocale, pourquoi faire ?

Point de vue – f/11 à 1/250 s – photo (C) Jacques Croizer

Une formule alternative pour calculer l’hyperfocale

Si vous n’avez pas de calculateur, comment connaitre simplement l’ordre de grandeur de l’hyperfocale ? Il suffit d’avoir remarqué un tout petit détail sur les deux valeurs précédemment données à f/8 et f/5.6 :

  • 15.6 x 8.0  = 125
  • 22.3 x 5.6  = 125

Pour une focale et un capteur donnés, le produit de l’hyperfocale par la valeur d’ouverture est une constante très facile à calculer. On la trouve dans la littérature sous le nom de HMax.

Cette valeur magique de 125 est scotchée sur la face intérieure du bouchon d’objectif de mon 50 mm. Je veux faire une photo à f/11 ? Je sais que mon hyperfocale est à 125/11 = … disons une bonne dizaine de mètres !

La valeur de 125 n’est bien évidemment vraie que pour une focale de 50 mm montée sur un capteur APS-C. Vous trouverez facilement sur Internet des tableaux qui vous donneront la valeur de HMax pour votre propre matériel. Evaluez-la sinon une fois pour toute comme je viens de le faire en utilisant un calculateur d’hyperfocale et en faisant la multiplication de sa valeur par le diaphragme choisi.

Pas le temps de faire la mise au point ?

L’hyperfocale est également utilisée lorsque le temps compte à un tel point que choisir le bon collimateur et laisser l’autofocus prendre la main parait déjà être une éternité. C’est en particulier le cas des scènes de rue, pour lesquelles on cherche à figer un instantané en gardant nets à la fois le sujet et son environnement (en savoir plus). Ce type de photo se pratique généralement avec un grand angle car il permet d’avoir une hyperfocale courte, donc un premier plan net encore plus proche.

En mode priorité à l’ouverture, fermer le diaphragme autour de f/8, là où l’objectif offre son meilleur rendu optique, accroît encore la profondeur de champ. Il suffit alors de monter un peu les ISO afin que la vitesse de déclenchement soit compatible avec celle à laquelle se déplace le sujet : plus le sujet est proche ou plus il se déplace rapidement et plus elle doit être élevée.

Hyperfocale, pourquoi faire ?

Tournage – f/13 à 1/400 s – 500 ISO – photo (C) Jacques Croizer

Concrètement, pour un 35 mm sur un capteur APS-C, HMax vaut 61. Si vous fermez à f/8, l’hyperfocale sera proche de 8 mètres, la profondeur de champ s’étendra entre 4 mètres et l’infini.

Tranquillement, avant de commencer votre séance de tirs, mesurez grossièrement une distance de 8 mètres (8 grands pas), faites la mise au point à cet endroit, puis passez la mise au point en mode manuel : vous n’aurez plus à vous soucier de la netteté !

En conclusion

Une fois n’est pas coutume, ce sera à vous cette fois de faire la conclusion.

Après avoir lu ce qui précède, pensez-vous qu’il est encore aujourd’hui utile de maîtriser la notion d’hyperfocale ?

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Exposition automatique : pourquoi la cellule de votre appareil photo se trompe parfois ?

Les modes « exposition automatique » fonctionnent plutôt bien, mais ils produisent aussi parfois des photos soit trop claires (surexposées) soit trop sombres (sous exposées). Quelles sont les causes de ces dérives ? Comment y remédier ?

Exposition automatique : pourquoi la cellule de votre appareil photo se trompe parfois ?

Acteur régulier du site Nikon Passion, Jacques Croizer vous propose ce tutoriel. Il est également l’auteur de guides techniques qui détaillent tout ce que doit savoir un photographe pour réussir ses photos. Vous pouvez retrouver ses ouvrages ci-dessous :

Voir les livres « Tous photographes ! » …

Exposition automatique : la cellule est aveugle

Exposition automatique : pourquoi la cellule de votre appareil photo se trompe parfois ?

A l’aube (f/8 à 1/2500 s) – photo (C) Jacques Croizer

Un mur peint en blanc devient éblouissant au soleil parce qu’il renvoie pratiquement toute la lumière qu’il reçoit, alors qu’un mur en briques aura tendance à chauffer car il garde en lui une grande partie de cette lumière. Pourtant, au bout du compte, un mur blanc sous la lune ne renvoie pas plus de lumière qu’un mur sombre en plein soleil.

Ce simple constat montre bien la différence qui existe pour notre œil entre la lumière qui éclaire l’objet, dite lumière incidente et celle renvoyée par l’objet, dite lumière réfléchie.

La cellule de votre appareil photo ne mesure que la lumière réfléchie. Mettez-vous un instant à sa place : comment peut-elle deviner, à partir de cette seule information, si le mur est blanc et éclairée par la lune, ou sombre mais en plein soleil ? La réponse à cette question pourra vous paraître un peu déconcertante : la cellule n’a pas ce pouvoir de divination !

Les choses se compliquent encore plus lorsque la scène photographiée est constituée d’une multitude d’objets de toutes les couleurs. La cellule est totalement incapable d’en connaitre la vraie luminosité. Il lui faut pourtant envoyer à l’automatisme les informations qui lui permettront d’exposer correctement la photo.

Les ingénieurs ont décidé de faire un compromis en décidant que le mélange de tout ce que nous photographions renvoie en moyenne la même luminosité. Cette référence s’appelle le gris moyen. Force est d’admettre qu’elle fonctionne plutôt bien.

Le gris moyen

On pourrait penser que le gris moyen est un mélange à parts égales de blanc et de noir… eh bien non ! En voici la raison : lorsque la lumière baisse, notre pupille se dilate afin de compenser la perte de luminosité et nous permettre de fouiller les ombres. Elle se rétrécit au contraire lorsque la lumière est forte et qu’elle risque de nous éblouir. A ce jeu, notre œil perçoit déjà un objet comme étant gris moyen, alors qu’il ne renvoie que 18 % de la lumière qu’il reçoit.

En exposition automatique l’automatisme règle donc le couple vitesse/diaphragme de manière à ce que les tonalités moyennes de l’image enregistrée par le capteur correspondent à cette valeur de gris à 18 % qui nous fera dire que l’image est correctement exposée : ni trop claire, ni trop sombre.

Il choisit une grande ouverture ou un temps d’exposition long si la lumière vient à manquer, un petit diaphragme ou un temps de pose court si elle est excessive. Si nécessaire, l’exposition automatique fait appel à la sensibilité ISO pour compenser un éventuel manque de lumière. C’est le jeu bien connu du triangle de l’exposition (en savoir plus sur l’exposition).

Exposition automatique : pourquoi la cellule de votre appareil photo se trompe parfois ?

Vieux Lyon (f/4,8 à 1/200 s -1 IL) – photo (C) Jacques Croizer

Si l’exposition automatique donne de si bons résultats, c’est que la luminosité moyenne de la grande majorité des scènes que nous photographions correspond effectivement au gris moyen pour lequel est étalonné notre appareil.

Une autre raison à cela, c’est que la situation n’est pas aussi caricaturale que ce qui vient d’être décrit : l’automatisme fait également appel à une banque d’images étalon qui lui permettent d’identifier de nombreuses situations particulières et de corriger l’exposition en fonction de ce qu’il devine être le sujet et sa source de lumière.

Notez que ce fonctionnement est totalement indépendant du mode d’exposition que vous aurez choisi pour faire votre photo : qu’il soit tout automatique, priorité à l’ouverture ou à la vitesse, il faut bien que la photo soit correctement exposée ! Même le mode manuel en est dépendant : il s’appuie sur la jauge dont la position zéro est bien évidemment régie par la même mesure. Pensez à privilégier la créativité et la réactivité des modes semi-automatiques !

Les différents modes de mesure de lumière

La cellule évalue par défaut l’intensité lumineuse sur la totalité de la surface cadrée : chaque pixel a la même importance. Cette mesure multizone est appelée matricielle ou évaluative, selon les marques d’appareil. Elle est généralement suffisante. Il en existe pourtant deux autres, moins généralistes, directement accessibles par un bouton ou par les menus de configuration.

La mesure spot évalue l’intensité lumineuse sur une surface réduite à quelques pourcents de la totalité de la scène cadrée. Cette mesure est faite soit au centre de l’image, soit sur le collimateur actif (celui utilisé pour faire la mise au point). La mesure spot permet d’exposer correctement cette partie de l’image (toujours relativement au gris moyen). Les autres zones de la photo subiront les conséquences de ce réglage, qui est donc à manier avec précautions.

La mesure spot est fréquemment utilisée pour la photo de spectacle. Elle est alors faite sur les visages afin d’éviter qu’ils ne soient surexposés, car souvent pris dans des poursuites très puissantes. Leur luminosité est ainsi automatiquement ramenée dans la tonalité du gris moyen qui vous est maintenant familière. En conséquence, le reste des décors risque d’être assombri, mais il n’existe pas de meilleur compromis lorsque la dynamique de la scène excède celle du capteur.

La mesure pondérée centrale fonctionne comme la mesure multizone, mais en surpondérant très largement le centre de l’image. Si le sujet est également centré, configuration d’un portrait serré, il sera à coup sûr correctement exposé. A vous de trouver sur votre appareil le bouton/menu qui permet de passer d’un mode à l’autre.

Les différents types de mesure de lumière Nikon

 

Les 3 modes de mesure de la lumière : matricielle, pondérée centrale, spot

Beaucoup d’appareils permettent de mémoriser l’exposition, puis de recomposer le cadrage. Sachez que la luminosité de la paume de la main correspond à celle du gris moyen. Vous pouvez l’utiliser comme une charte, y faire une mesure spot en dirigeant votre main vers la lumière incidente, bloquer cette valeur puis cadrer votre image. Pour plus de détails sur les modes d’exposition automatique comme manuelle, consultez ce tutoriel.

L’exposition automatique en pratique

Tout ceci est encore bien conceptuel. Le moment est venu de prendre en main votre matériel. La mesure de la lumière est une chose trop importante en photographie pour qu’on se contente de la théorie. Cherchez sur votre appareil comment il est possible de passer d’un mode de mesure à l’autre et repérez les icônes qui correspondent à ces différentes options.

Peut-être trouverez-vous dans votre manuel le moyen de faire varier le diamètre de la mesure spot ? Cherchez-y également la réponse à cette angoissante question : la mesure spot est-elle toujours faite au centre de l’image ou se déplace-t-elle en fonction de l’endroit où est faite la mise au point ?

Afin de bien comprendre comment réagissent les différents modes de mesure, nous allons les utiliser successivement en photographiant une scène simple. Une ampoule nue pendue à un plafond blanc fera parfaitement l’affaire. Allumez la lumière avant de prendre les trois photos (une par mode de mesure). Utilisez le mode priorité à l’ouverture afin de conserver le même diaphragme sur les trois prises de vue. Observez comment varie la vitesse de déclenchement :

Exposition automatique : pourquoi la cellule de votre appareil photo se trompe parfois ?

Matricielle (f/8 à 1/40ème) – Spot (f/8 à 1/400) – Pondérée centrale (f/8 à 1/25)

Le résultat est surprenant : le diaphragme restant sur notre exemple bloqué à f/8, la vitesse de déclenchement évolue selon les configurations entre 1/25 s et 1/400s, soit un temps de pose divisé par 16. C’est très loin d’être marginal !

La principale surprise n’est pourtant pas de voir que les trois modes de mesure donnent des résultats aussi différents, mais de constater que le plafond n’est jamais restitué parfaitement blanc. Il est clairement sous-exposé, voir même quasiment noir avec la mesure spot, mode pour lequel la vitesse de déclenchement a été la plus rapide.

Rien d’anormal à tout cela. Souvenez-vous : l’automatisme est calibré pour toujours ramener la zone visée dans la tonalité du gris moyen : la photographie d’une surface blanche est un rectangle gris. Les images délivrées par la mesure matricielle et par la mesure pondérée centrale sont relativement proches car l’ampoule n’est pas au centre de la scène. Sa luminosité pèse peu dans la mesure pondérée centrale. La mesure spot a été faite sur l’ampoule très lumineuse, cette dernière est donc restituée grise, ce qui a eu pour conséquence d’assombrir encore plus le plafond.

Remarquez également que le capteur enregistre un important dégradé de la luminosité à partir du centre de l’ampoule, jusqu’au cadre extérieur qui délimite le plafond. L’œil s’en accommode et nous fait croire que l’éclairage est uniforme, une concession que le capteur ne s’autorise pas.

Tous les boîtiers n’ont pas la même intelligence. Il est important que vous ne vous contentiez pas de lire ce test. Faites le réellement pour bien comprendre comment fonctionne, non pas mon appareil, mais le vôtre.

Une araignée au plafond

Allumez une ampoule dans le noir et vous verrez instantanément une infinité de détails qui jusqu’ici vous échappaient. Allumez-la en plein jour, vous ne percevrez qu’à peine la différence d’éclairage. L’ajout de lumière est pourtant le même, mais la sensibilité de notre œil est beaucoup plus importante lorsque la lumière est faible.

Amusons nous. Essayons d’imaginer ce qui se serait passé si, au lieu d’une ampoule, nous avions voulu photographier une araignée au plafond…

Une araignée ne change en aucun cas notre perception globale de la scène : le plafond est blanc et il reste blanc lorsque l’araignée le traverse. Notre capteur sera-t-il aussi indulgent ? L’ampoule ayant disparu, il faut utiliser un diaphragme plus ouvert. La valeur de f/4.5 n’est pas suffisante. L’automatisme compense la perte de lumière en utilisant une vitesse de déclenchement plus lente. Le plafond reste gris mais, surprise, il apparaît moins sombre que sur la série précédente. Autrement dit, lorsqu’il n’est pas éclairé, le plafond est restitué plus clair qu’avec la lumière allumée. Difficile à croire ! Est-ce la faute de l’araignée ?

Exposition automatique : pourquoi la cellule de votre appareil photo se trompe parfois ?

Matricielle (f/4.5 à 1/6) – Spot (f/4.5 à 1/3) – Pondérée centrale (f/4.5 à 1/10s)  

Tout s’explique encore une fois par la référence du gris médian. Privée de la zone très claire autour de l’ampoule, la cellule voit en moyenne une scène plus sombre que précédemment. L’automatisme a donc tendance à vouloir l’éclairer d’avantage, d’où un résultat globalement plus clair.

Les images délivrées par la mesure matricielle et par la mesure pondérée centrale restent relativement proches. La première apparaît cette fois légèrement plus lumineuse : la mesure matricielle donne plus de poids à l’araignée qui lui fait croire à une scène plus sombre. La mesure spot a été faite sur l’araignée sombre. L’image résultante est logiquement la plus lumineuse des trois.

Avec la mesure spot, l’araignée aurait en fait dû être ramenée dans la tonalité du gris moyen. Le plafond aurait alors été parfaitement blanc. Il ne l’est pas, preuve que l’intelligence de l’appareil est allée au-delà du processus de mesure élémentaire tel que nous l’avons décrit.

C’est bien là le principal problème : nos appareils devenant de plus en plus intelligents, il est très difficile de savoir comment ils vont réagir à une situation particulière. Le mieux est parfois l’ennemi du bien.

Exposition automatique : en conclusion

La situation pourrait sembler alarmante. N’oubliez pas toutefois que dans la majorité des cas, en mode exposition automatique votre appareil est capable d’exposer correctement la scène que vous photographiez.

Un jour peut-être vous attaquerez-vous à un paysage enneigé ? Vous vous souviendrez alors de votre plafond blanc devenu gris et penserez que pour que la neige ne devienne pas également grise, il vous faudra légèrement surexposer la prise de vue.

Alors un dernier conseil : n’attendez pas l’hiver pour vous intéresser à la fonction correction d’exposition de votre appareil !

Remarquez que cette facilité a été utilisée pour la photo du vieux Lyon, sous exposée de 1 IL. Savez-vous pourquoi ?

Merci à Jacques Croizer pour ce tutoriel, retrouvez tous ses livres sur le site des éditions Dunod.

Voir les livres « Tous photographes ! » …


52 défis créatifs pour le photographe, par Anne-Laure Jacquart

Apprendre la photo par la pratique au travers de challenges thématiques, ça vous tente ? C’est ce que vous propose Anne-Laure Jacquart dans son dernier ouvrage intitulé « 52 défis créatifs pour le photographe ».

Loin des guides photos traditionnels, ce cahier d’exercices va vous occuper pendant 52 semaines si vous suivez le rythme, voici pourquoi et comment.

52 défis créatifs pour le photographe, par Anne-Laure Jacquart

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52 défis créatifs pour le photographe, principe

Ce guide fait suite aux précédents ouvrages d’Anne-Laure Jacquart (voir « Composez, réglez, déclenchez » et « Vivez, déclenchez, partagez !« ). Plus qu’un troisième opus sur de nouveaux thèmes, il s’agit ici de vous proposer une approche différente : une série de 52 défis photo à relever chaque semaine pour mettre en pratique ce que vous savez déjà et ce que vous allez apprendre dans l’année, quel que soit votre niveau.

Rien ne remplace la pratique quand il s’agit d’apprendre, et c’est bien l’objet de ce cahier de défis photographiques.

Bien que sous-titré « le cahier d’exercices de « Composez, réglez, déclenchez », ce guide ne nécessite pas l’achat du livre précédent. Si toutefois vous voulez découvrir la photo parce que vous débutez, c’est une bonne idée d’associer les deux.

L’autre particularité de ce guide est d’avoir été pensé – et réalisé – de façon atypique puisque le projet est né en ligne, sur les réseaux sociaux, avant de se transformer en un ouvrage dans lequel notions, exercices et enchaînements sont mis en perspective. Du virtuel au réel !

Un programme 4-4-12 !

52 défis créatifs pour le photographe, par Anne-Laure Jacquart

52 défis créatifs pour le photographe, par Anne-Laure Jacquart

52 défis créatifs à relever ? Oui, mais avec une progression dans l’exécution pensée pour vous aider à relever le challenge. Voici ce qui vous attend.

4 catégories thématiques

Anne-Laure Jacquart a organisé l’ensemble des défis en catégories, repérées chacune par un code couleur dans l’ouvrage :

  • Cadrage et composition,
  • Angle de vue, orientation lumineuse, rendu d’image,
  • Flou, netteté, instant décisif,
  • Regard, expression, créativité.

Au final vous pourrez relever 12 défis dans chaque catégorie. Il vous restera 4 défis particuliers, ils ponctuent votre progression.

4 mini-séries

52 défis créatifs pour le photographe, par Anne-Laure Jacquart

52 défis créatifs pour le photographe, par Anne-Laure Jacquart

Chaque fois que vous passez un nouveau niveau – il y en a 4 – vous devez réaliser une mini-série. Celle-ci consiste à créer un ensemble de photos cohérent qui vous permettent de mesurer vos progrès.

12 focus

52 défis créatifs pour le photographe, par Anne-Laure Jacquart

52 défis créatifs pour le photographe, par Anne-Laure Jacquart

Pour vous éviter de rester bloqué lors de la réalisation d’un défi qui fait appel à des notions techniques spécifiques, vous trouverez une double page « Focus » dans chacun des 12 ensembles de défis.

Ces Focus sont des « cours express » qui vous livrent les notions indispensables à connaître pour réaliser le défi suivant. Quel que soit votre niveau l’idée est que vous ne restiez pas sur la touche en cours de route.

52 défis créatifs, des fiches complètes

J’ai apprécié la richesse des fiches Défis. Contrairement à certains ouvrages dans lesquels vous trouvez un intitulé et quelques explications, il y a ici bien plus à découvrir.

Des photos avant tout, car voir ce que l’auteur a fait avant de vous demander de faire de même est formateur. Vous ne ferez bien évidemment pas les mêmes photos, mais la direction est évidente.

Des explications, ensuite. Car il est important de savoir de quoi il s’agit. Quand le défi s’appelle « L’empire des ombres » (défi 20, page 72), il faut bien avouer que les possibilités sont vagues. Une fois que vous aurez consulté le texte d’accompagnement, vous saurez ce que sont les ombres en photo, comment les trouver même s’il n’y a pas de soleil et comment les photographier.

Vous trouverez également les variations possibles (une ombre horizontale et une verticale, un éclairage naturel et un artificiel, …).

De quoi partager vos images

Relever des défis et faire les photos c’est déjà une belle activité. Mais les partager pour avoir un retour constructif c’est encore mieux.

Anne-Laure Jacquart vous invite donc à poster vos photos dans un groupe dédié sur Facebook en accompagnant chaque image d’un mot-clef (tag) précisé dans l’ouvrage pour chaque défi.

C’est une belle façon de finir le travail en analysant les retours et surtout de rester motivé pour aller au bout car 52 semaines c’est long.

Si vous êtes de ceux qui ont du mal à tenir la distance parce que vos journées sont déjà bien remplies, pensez à partager vos images car en voyant celles des autres, en recevant des avis, vous serez incité à continuer dans l’esprit des projets 365 et 52 bien connus (voir Projet photo 365, 53 idées de thèmes).

Mon avis sur 52 défis créatifs pour le photographe

52 défis créatifs pour le photographe, par Anne-Laure Jacquart

52 défis créatifs pour le photographe, par Anne-Laure Jacquart

Contrairement à ce que vous pourriez penser ce guide s’adresse à tous les photographes, du plus débutant au plus expert. Pratiquer au quotidien, sortir de sa zone de confort, aborder des sujets inhabituels, vaincre la peur de faire est toujours formateur. Et c’est ce que vous allez faire au travers des ces 52 défis.

Si vous débutez en photographie vous allez trouver là de quoi pratiquer immédiatement en vous appuyant sur les explications associées à chaque défi. Vous pouvez compléter ce guide par le précédent ouvrage du même auteur, Composez, réglez, déclenchez. Vous n’en serez que plus à l’aise.

Si vous êtes un photographe averti, vous allez passer à l’acte immédiatement en vous lançant dans l’aventure. Votre principal challenge sera probablement de tenir la distance mais tout est fait pour vous aider, de l’enchaînement des défis à l’espace web associé. Et vous allez voir que certains défis ne sont pas si simples qu’il n’y paraît.

Si vous êtes un photographe expert, vous allez pouvoir découvrir des domaines qui sortent de votre champ d’expertise. Ce n’est pas pour tout le monde, il faut accepter de changer vos habitudes, de vous remettre en question mais si vous le faites vous allez renforcer votre expertise dans le domaine qui est le vôtre, le phénomène est bien connu.

Si vous êtes photographe professionnel, vous savez déjà répondre à une demande spécifique et tenir les délais. Vous avez une spécialité, mais n’aimeriez-vous pas découvrir d’autres horizons ? Etre capable de proposer autre chose à vos clients ? De nouvelles images ? Vous avez vous-aussi quelque chose à apprendre de ce guide.

Pour la somme raisonnable de 22 euros laissez ce guide en bonne place chez vous.

Vous disposez d’une année entière d’activités photo qui vont vous permettre d’identifier des ressources en vous que vous n’imaginiez peut-être pas, c’est tentant non ?

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