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Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : le roi du bokeh ?

Il inaugure le retour des grandes ouvertures dans la gamme d’objectifs Nikon NIKKOR. Il répond aux attentes des photographes désireux de jouer avec le flou d’arrière-plan. Il est utilisable en mise au point autofocus à l’inverse du NIKKOR Z 58 mm f/0.95 S. Voici le test du NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : le roi du bokeh ?

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Note: le couvre-feu m’ayant privé des sorties nocturnes, je ne peux vous présenter des photos faites dans ce conditions. J’ai compensé par plusieurs séries de photos faites en intérieur en basse lumière.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : introduction

Initiée en 2018 avec trois objectifs seulement, les NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S, NIKKOR Z 35 mm f/1.8 S et NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S, la gamme d’objectifs Nikon NIKKOR Z pour hybrides est désormais plus consistante. Même si elle n’égale pas encore la gamme d’objectifs pour reflex, elle répond aux besoins les plus courants, téléobjectifs et macro mis à part.

Le NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S est arrivé en septembre 2020 pour proposer une alternative à grande ouverture aux nikonistes et montrer que les jaunes n’ont rien à envier à la concurrence.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/8.000 sec. – f/1.6 – 100 ISO

En ouverture f/1.8 au rayon focales fixes, du 20 mm au 85 mm vous avez le choix des armes. Oui mais … F/1.8 seulement me répondrez-vous si on laisse de côté le NIKKOR Z 58 mm f/0.95 à mise au point manuelle, le démonstrateur de la gamme.

Pourquoi cette ouverture limitée alors que la gamme reflex compte des objectifs ouvrant à f/1.4 ? Pour deux raisons principales.

La première est liée à la monture Z qui favorise la qualité d’image, en périphérie en particulier. L’excellence optique que l’on trouve dans les f/1.4 pour reflex est déjà supérieure dans les f/1.8 pour hybrides grâce à cette monture au diamètre généreux.

La seconde raison est le coût de fabrication, et le prix de vente, de ces optiques. Concevoir une optique ouvrant à f/1.2 suppose d’utiliser des lentilles de grand diamètre, plus lourdes, tout en assurant une mise au point rapide et précise. Cela demande un soin particulier à la fabrication, une motorisation AF capable de déplacer des lentilles de plus grande taille, plus lourdes. Le tarif grimpe.

Il était donc plus pertinent pour Nikon de proposer en priorité des focales fixes ouvrant à f/1.8.

Maintenant qu’elles sont disponibles, voici venir les optiques f/1.2. « Les » se résumant à ce seul NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S pour le moment (Avril 2021), mais je ne désespère pas de voir arriver un NIKKOR Z 85 mm f/1.2 S un jour, les portraitistes seraient alors comblés.

Reste une dernière question : la différence de tarif, de poids et de taille entre ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S et le NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S est-elle justifiée ? Si oui, pourquoi ? A qui cette grande ouverture s’adresse-t-elle ? Je vais m’efforcer de répondre à ces questions dans ce test du NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : imposant mais très doué

Présentation et contexte

Un Ev, un diaph, un stop, comme vous voulez. C’est l’écart qui sépare l’ouverture maximale de ce 50 mm f/1.2 de celle du 50 mm f/1.8. C’est 1/3 d’Ev en plus que l’écart entre f/1.8 et f/1.4.

Cela peut vous sembler bien peu, pourtant c’est une valeur de temps de pose en plus (ou en moins), un cran de sensibilité, et, surtout, une différence sensible de profondeur de champ.

Placez votre sujet à 3 mètres, et vous obtiendrez la profondeur de champ approximative suivante (capteur 24×36) :

  • à f/1.2 : 25 cm
  • à f/1.4 : 30 cm
  • à f/1.8 : 38 cm

13 cm entre le NIKKOR Z 50 mm f:1.8 s et le NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S, sur un portrait c’est énorme. Cette faible profondeur de champ liée à l’ouverture f/1.2 est d’ailleurs une contrainte non négligeable à prendre en compte sur le terrain.

13 cm ce sont aussi de nouvelles perspectives pour les photographes désireux de soigner leurs arrière-plans, de jouer avec l’effet bokeh, de mettre leur sujet en valeur.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

L’écran OLED, le bouton DISP de changement d’affichage et la touche personnalisable L-FN à gauche

L’autre intérêt du 50 mm f/1.2 est de vous permettre de travailler en très basse lumière en extérieur, pour la photo de nuit par exemple. Le confinement ne m’a pas permis de réaliser les photos de nuit habituelles en ville, mais je vous laisse apprécier le gain d’une valeur pleine de temps de pose, la nuit c’est énorme. 

Pour compléter le tableau, sachez que ce NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S propose une formule optique à 17 lentilles en 15 groupes (dont 2 lentilles en verre ED, 3 lentilles asphériques et des lentilles avec traitements nanocristal et ARNEO). Autant dire que les aberrations optiques, chromatiques et l’effet de flare ne seront pas les points les plus dérangeants.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/2.400 ème – f/1.2 – 100 ISO

Pour parler de ce qui peut vous fâcher, parlons du poids. Avec 1090 grammes, ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S est un poids lourd quand le f/1.8 ne pèse que 415 grammes et l’AF-S f/1,4 en gamme reflex … 280 grammes. Si vous comptez utiliser ce dernier sur un hybride Z, ajoutez toutefois les 145 grammes de la bague FTZ, et oubliez les performances optiques, ce f/1.4 marque le pas sur un Nikon Z.

Comparaison Nikon NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S vs. NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S

Comparaison Nikon NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S vs. NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S – source Camera Size

La taille de cet objectif est une autre contrainte. Il vous faudra accepter de transporter un volumineux et lourd 50 mm alors que la concurrence est bien plus raisonnable. Nous verrons plus bas que cette taille imposante a parfois quelques avantages non négligeables, ne tirons pas trop vite sur le Nikon.

Comparaison 50 mm f/1.2 Nikon, Canon, Sony

Comparaison 50 mm f/1.2 Nikon, Canon, Sony – source Camera Size

Enfin, autre sujet qui fâche, le tarif de ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S : 2.499 euros contre 600 euros pour la version f/1.8. C’est le même tarif que le Canon RF 50mm F1.2L USM tandis que le Sony 50 mm f/1.2 coute 200 euros de moins.

À qui se destine ce 50 mm f/1,2 ?

Les amateurs de portraits en plan large, de photo de mariage, mode, beauté et, de façon générale, de la focale 50 mm ont le choix entre un f/1.8 et un f/1.2 dans la gamme NIKKOR Z. Si le f/1.8 reste attirant de par sa compacité et ses performances, utiliser le NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S c’est entrer dans le monde fantastique des très grandes ouvertures, des flous d’arrière-plan au superbe dégradé, du bokeh sans aucun défaut en périphérie (pas d’onion ring). Du velours !

J’ajouterai à ces utilisations le reportage, l’urbain et la photo nature, des pratiques pour lesquelles bénéficier d’une très grande ouverture présente souvent un avantage, dès que la lumière baisse en particulier.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/30 ème – f/8 – 100 ISO

Qualité de construction

Que dire de plus sur ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S que je n’aurais pas dit lors des tests de focales fixes NIKKOR Z précédents ? La présentation est sobre, la finition mécanique exemplaire, la (très) large bague de mise au point facilite la prise en main. La protection aux intempéries est assurée par de nombreux joints d’étanchéité à l’intérieur de l’optique comme au niveau de la monture.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

L’écran OLED typique des objectifs pros NIKKOR Z

L’absence de bague de diaphragme, comme sur toutes les optiques Nikon AF-S et Z, est compensée par la possibilité de personnaliser la bague du même nom. La touche L-Fn vous offre une seconde possibilité de personnalisation tandis que l’écran OLED commun aux optiques pros NIKKOR Z affiche, au choix et de façon alternative, la distance de mise au point, l’ouverture et la profondeur de champ (trop imprécise toutefois alors que c’est une donnée très sensible aux grandes ouvertures).

Cet écran est un confort supplémentaire si vous utilisez l’optique sur trépied, comme en vidéo. il s’avère toutefois peu utile en reportage à main levée, il ne m’a pas été indispensable mais pourra l’être pour vous selon vos usages.

Sachez enfin que les filtres utilisés devront mesurer 82 mm de diamètre contre 62 mm sur le 50 mm f/1,8.

Prise en main, stabilisation  et autofocus

Bien que son poids, sa taille et sa longueur soient conséquents, ce NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S propose une bonne prise en main, l’ensemble boîtier/objectif restant équilibré.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Tenue en main de l’objectif, sa longueur s’avère parfois un avantage

La longueur de l’objectif s’avère parfois même un mal pour un bien puisque cela vous permet de placer votre main sous l’optique pour stabiliser encore un peu plus l’ensemble, ce que ne permettent pas les « petits » 50 mm.

La stabilisation du capteur des Z plein format fait son travail, autorisant des temps de pose de l’ordre de 1/25 ème de sec. sans risque de flou.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/25 ème – f/4 – 800 ISO

L’autofocus met en œuvre deux ensembles distincts, assurant une mise au point rapide et précise, et surtout silencieuse, ce que les vidéastes apprécieront. Rien de brutal, pas de va et vient intempestifs, c’est discret et efficace comme sur les autres optiques de la gamme Z. Rien à voir non plus avec la mise au point manuelle du NIKKOR Z 58 mm f/0.95 S, dont la taille des lentilles prive l’utilisateur d’autofocus. Ici la taille des lentilles n’est pas un problème.

J’ai pu faire une série d’images à f/1.2 en AF-C zone automatique avec détection Eye-AF sur un sujet en mouvement rapide, toute la série est nette sans exception. Une belle performance.

Attention par contre à la profondeur de champ. Ne perdez pas de vue qu’à f/1.2 elle est réduite, décalez un tant soi peu le focus et votre sujet sera flou. Ce n’est pas l’objectif, c’est vous !

De même obtenir un portrait net suppose que vous ayez calculé la profondeur de champ et donc l’ouverture en fonction de la distance de mise au point pour que le bout du nez de votre sujet soit aussi net que celui de ses oreilles. A courte distance il faut être très précis.

Les trois photos ci-dessous, prises dans les mêmes conditions, vous montrent la variation de profondeur de champ entre f/1.2, f/1.4 et f/1.8 :

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : à f/1.2

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : à f/1.4

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : à f/1.8

Performances optiques : piqué, homogénéité et flare

Je l’ai dit dans le test du zoom NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S, évaluer la qualité d’image de ces optiques sur une série de photos reste un exercice délicat. Entre « tout est bon partout » et « que vais-je pouvoir lui reprocher », difficile de se prononcer. D’autant plus que le logiciel de visualisation des photos (Lightroom Classic dans mon cas) intègre les corrections logicielles incluses dans les fichiers RAW, et supprime au passage tout vignettage ou aberration optique et chromatique. L’apport de cette « photographie computationnelle » est bien réel.

Quoi qu’il en soit, dès la pleine ouverture, le centre est excellent, et le reste jusqu’à l’ouverture minimale. La périphérie de l’image est elle-aussi exempte de tout reproche, tandis que le vignettage est très visible à f/1.2 et f/1.4, il s’estompe à partir de f/1.8 pour disparaître ensuite.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/6.400 ème – f/1.2 – 100 ISO
corrections logicielles activées

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/8.000 ème – f/1.2 – 100 ISO
corrections logicielles désactivées

Performances optiques : déformation, distorsion et bokeh

La distance minimale de mise au point de 45 cm est 5 cm plus longue que celle du 50 mm f/1.8. A f/1.2 la zone de netteté à pleine ouverture et à faible distante de mise au point est très limitée. Tant le piqué que l’absence d’aberrations optiques ne peuvent être évalués que dans la zone de netteté, cela rend l’exercice encore plus délicat.

A ouverture plus réduite, f/4 jusqu’à f/16 il est impossible de distinguer la moindre distorsion au centre comme en périphérie. Idem pour les aberrations chromatiques inexistantes quelle que soit la zone considérée, c’est sans doute le NIKKOR Z qui propose la meilleure qualité d’image de toute la gamme.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/6.400 ème – f/2 – 100 ISO

Ouvrant à f/1,2, ce NIKKOR Z 50 mm S est censé être le roi du bokeh, Nikon l’a de plus équipé d’un diaphragme électromagnétique circulaire à 9 lamelles, comme le 50 mm f/1.8. Mes images tests montrent un bokeh très doux, sans aucune déformation. Les portraitistes apprécieront, d’autant plus que le vignettage visible à pleine ouverture participe à fermer l’image.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/30 ème – f/1.2 – 1.600 ISO

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/320 ème – f/1.2 – 1.600 ISO

Comme avec toute la gamme NIKKOR Z, la colorimétrie des images est neutre, trop parfois tant on aimerait profiter d’un rendu particulier « Nikon » que ne possèderaient pas d’autres optiques. Il vous faudra jouer avec le Picture Control et le post-traitement pour affiner le résultat selon vos goûts.

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/5.000 ème – f/1.2 – 100 ISO

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/125 ème – f/1.2 – 1.600 ISO

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/160 ème – f/1.2 – 800 ISO

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/8.000 ème – f/1.4 – 100 ISO – Picture Control monochrome

Test NIKKOR Z 50 mm : au final, c’est pour qui ?

Le NIKKOR  Z 50 mm f/1,2 S peut vous intéresser si :

  • vous souhaitez un 50 mm très lumineux,
  • vous cherchez le meilleur 50 mm Nikon pour hybride, exempt de distorsion,
  • vous souhaitez compléter votre zoom NIKKOR 24-70 mm f/2.8 S f/2.8 de la meilleure focale 50 mm du moment,
  • vous souhaitez un équipement 100 % NIKKOR Z sans passer par la bague FTZ et les optiques pour reflex à f/1.4,
  • vous êtes portraitiste ou photographe de mode.

Le NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S va moins vous intéresser si :

  • vous avez besoin d’un 50 mm compact (préférez alors le NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S),
  • vous n’avez pas le budget pour ce f/1.2 S,
  • vous utilisez principalement les ouvertures comprises entre f/2.8 et f/11,
  • vous espérez une version f/1,4 plus accessible  (qui n’est pas encore prévue).

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : 1/8.000 ème – f/1.2 – 100 ISO

Toutes les photos de cet test en pleine définition sur le compte Flickr Nikon Passion, cliquez sur la photo ci-dessous :

Test NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S : ma conclusion

Les focales fixes NIKKOR Z de la série S sont imposantes, parfois lourdes et onéreuses, mais quel résultat !

Ce NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S répondra aux plus exigeants des utilisateurs d’hybrides Nikon Z avec une qualité d’image de très haut niveau, une absence totale de distorsion et une belle homogénéité avec ses frères de gamme. Passer d’une optique à l’autre pendant une même séance ne vous handicapera en rien au post-traitement.

En revanche il faudra composer avec un vignettage visible à pleine ouverture, aisément corrigé en post-traitement si votre logiciel sait activer les corrections intégrées aux fichiers RAW, les JPG étant déjà corrigés par le boîtier à la prise de vue.

En termes de prestations, rien à dire donc, c’est un Nikon fait pour durer et vous apporter d’excellents résultats. Il complètera à merveille le plus polyvalent zoom NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S, en offrant une bien plus grande ouverture et une qualité d’image encore supérieure, ce n’est pas rien.

Très spécialisé, qu’il s’agisse de portrait ou de photos en basse lumière, ce 50 mm f/1.2 l’emporte largement sur le f/1.8, et à fortiori sur l’AF-S 50 mm f/1.4 pour reflex. Reste à accepter d’utiliser un objectif lourd et encombrant, ce qui peut s’avérer pénalisant en reportage. Toutefois, on ne se procure pas un f/1.2 sans savoir pourquoi, ses prestations l’emporteront au quotidien sur son encombrement.

En savoir plus sur la gamme Nikon NIKKOR Z sur le site Nikon

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Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu’il faut savoir

Si pour vous la photographie argentique est synonyme de rigueur, de patience et de plaisir, alors lisez la suite. Ce guide de photographie argentique est écrit par Danny Dulieu, photographe et formateur belge, et bénéficie d’une nouvelle édition.
Il vous présente ce qu’il vous faut savoir pour choisir votre équipement argentique, appliquer les bons réglages à la prise de vue, apprendre à développer un film, à réaliser un tirage et à le présenter.

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Guide de photographie argentique : présentation

La photographie argentique n’est pas « une ancienne technique ». Elle est toujours d’actualité, même s’il faut bien avouer que ses adeptes sont moins nombreux désormais. Cela n’enlève rien à l’argentique qui attire les plus jeunes comme ceux d’entre vous qui veulent retrouver des sensations perdues avec leur équipement numérique.

Seulement voilà, pour bien démarrer (ou redémarrer) en photographie argentique, il ne faut pas vous tromper car cette pratique a un coût. Pas tant celui du matériel : vous pouvez trouver des boîtiers argentiques (dont les mythiques Nikon F, Nikkormat, Nikon FM, FA ou F90x et F100) à prix doux. C’est le prix des consommables qui peut vous freiner, comme le temps nécessaire à développer et tirer vos films.

Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu'il faut savoir

Dans ce guide de la photographie argentique, le photographe et formateur belge Danny Dulieu vous évite les mauvaises surprises.

Il commence par vous aider à faire les meilleurs choix en matière de matériel photo. Quel boitier argentique choisir, pourquoi, lesquels oublier. Il liste les objectifs les plus utiles, non pas que l’argentique nécessite des focales particulières, mais la photographie argentique ne fait pas appel aux mega zooms du numérique. Mieux vaut partir sur de belles focales fixes à grande ouverture que vous pouvez trouver à petit prix aujourd’hui.

Une fois équipé, vous aurez le choix des armes : quel film argentique utiliser, comment régler votre appareil photo.

En matière d’exposition, vous n’exposerez pas un film argentique comme vous le feriez en numérique. Danny Dulieu vous explique cela dans un langage simple, accessible aux plus débutants.

Il revient sur les fondamentaux de la photographie, exposition, profondeur de champ, et … c’est tout car en argentique vous pouvez oublier les centaines de réglages de votre reflex ou hybride numérique.

Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu'il faut savoir

Si argentique signifie pour vous « photographie instantanée », ne manquez pas le chapitre 6, si c’est la macro qui vous attire, c’est au chapitre 9, le flash au chapitre 10.

Les plus férus trouveront des conseils pour bien utiliser une chambre (chapitre 12), tandis que les amateurs de photographie infrarouge iront directement au chapitre 11.

Vous le voyez, ce guide de photographie argentique est complet et c’est bien. Il est actualisé par rapport à la précédente édition datant de 2012 déjà et indisponible désormais.

La troisième partie du livre s’intéresse au développement du film, une étape à réaliser chez vous. Les explications sont simples mais suffisantes si vous avez déjà une bonne idée de ce qu’est le développement. Les plus novices gagneront à croiser un adepte du développement argentique, je me rappelle avoir apprécié lors de mes débuts de voir quelqu’un d’autre que moi enrouler le film sur la spire, la théorie est simple, la pratique un peu moins.

Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu'il faut savoir

Vous apprendrez ensuite à organiser votre laboratoire argentique, à préparer vos premiers tirages papiers. Là-aussi je ne peux que vous conseiller de vous rapprocher d’un club photo, le partage de connaissances est un réel atout, mais si vous voulez vous lancer seul, vous avez dans ce guide de photographie argentique toutes les bases à connaître.

Le tirage papier commence par la réalisation d’une planche contact. Le chapitre 16 vous aide à comprendre comment la faire, et, surtout, pourquoi.

Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu'il faut savoir

Arrive le moment magique où vous allez découvrir l’image au fond du bac de révélateur, c’est l’étape du tirage décrite au chapitre 17.

Danny Dulieu s’est focalisé sur le tirage noir et blanc dans ce guide, à juste titre tant le tirage couleur est plus complexe et présente moins d’intérêt de nos jours.

Vous ne couperez pas aux étapes de choix du contraste, pas avec un curseur dans Lightroom, mais en faisant les bons choix au labo !

Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu'il faut savoir

Vos tirages de lecture réalisés (chapitre 19), vous pourrez envisager des tirages d’expo en appliquant les recettes historiques de masquage, de réalisation de bords blancs, de marges, ce sont les effets décrits dans le chapitre 22 qui vont jusqu’à la repique (ah, ces heures passées à repiquer …) et à appliquer, pourquoi pas, un virage chimique.

Les chapitres 22 et 23 traitent de la finition des papiers (RC et barytés), de même que des procédés alternatifs. A vous le cyanotype ou le collodion humide !

La dernière partie de ce guide de photographie argentique, plus succincte, vous livre des conseils d’encadrement, de présentation de vos photos, et de numérisation. Une pratique désormais possible à moindre coût grâce à l’excellente qualité des scanners à plat grand public très abordables.

Enfin, cerise sur le gâteau, les annexes vous proposent les formules de chimie indispensables en photographie argentique, de même que les formules mathématiques qui vous serviront à calculer profondeur de champ à la prise de vue ou portée de l’éclair en photographie au flash.

Guide de photographie argentique : du choix du matériel au tirage, tout ce qu'il faut savoir

Mon avis sur ce guide

La photographie argentique a retrouvé quelques lettres de noblesse ces dernières années. Les nostalgiques redécouvrent cette pratique qui demande patience et rigueur, tout ce que l’on oublie en numérique trop souvent. Les plus jeunes découvrent une autre forme de photographie, plus réfléchie, plus personnelle.

Loin de baigner dans la nostalgie, Danny Dulieu vous propose un ouvrage complet, il aborde les domaines indispensables, va même plus loin parfois (infrarouge, chambre), sans oublier de mettre en avant de nombreux conseils par le biais d’encarts spécifiques.

La mise en page est agréable, l’ensemble très lisible et richement illustré.

Complet, bien écrit, précis, ce guide de photographie argentique mérite de rejoindre votre bibliothèque si le sujet vous intéresse. Pour 28 euros, vous aurez de quoi bien (re)démarrer, et, surtout, vous faire plaisir.

Proche de la référence, ce guide va vous intéresser si :

  • vous ne connaissez rien à la photographie argentique mais souhaitez vous y mettre,
  • vous voulez éviter les mauvais choix et les dépenses inutiles,
  • il vous manque des éléments de compréhension de ce qu’est la prise de vue argentique …
  • …ou le labo argentique.

La photographie argentique a un coût aujourd’hui, celui des consommables à la prise de vue comme au développement/tirage. Mais le beau matériel est tellement accessible et le plaisir de tenir dans vos mains un tirage fait maison tellement grand que je ne peux que vous inviter à réfléchir : et si patience et longueur de temps que suppose la photographie argentique étaient une option pour vous-aussi ?

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Utiliser un objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z ou un reflex numérique

Vous aimeriez utiliser un objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z ou un reflex numérique récent. Vous aimez ces objectifs anciens qui ont du caractère mais vous ne savez pas comment procéder ? Voici ce qu’il faut savoir.

Utiliser un objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z ou un reflex numérique

Toutes les bagues pour les autres marques d’objectifs

Objectifs NIKKOR AI et AI-S, un peu d’histoire

Avant de voir comment utiliser un objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z, revenons aux particularités de ces objectifs dont le couplage diffère de celui des NIKKOR F autofocus plus récents, et à fortiori des NIKKOR Z conçus pour les Nikon Z.

La monture Nikon F est née en 1959, en même temps que le reflex du même nom, elle marque la fin de l’aventure télémétrique pour Nikon (en savoir plus). Mais après 18 ans de bons et loyaux services, le système de couplage Nikon F à fourchette est obsolète face à une concurrence aux solutions plus modernes et pratiques.

En 1977 Nikon propose alors le couplage AI (Aperture Indexing) qui permet aux objectifs d’être couplés aux boîtiers compatibles sans manipulation supplémentaire. La fameuse fourchette devient obsolète, même si elle sera encore longtemps montée par défaut sur les objectifs, leur permettant de rester utilisables sur les nombreux boîtiers non-Ai encore en circulation à l’époque.

Nikon NIKKOR AI et AI-S

Quelques objectifs Nikon NIKKOR « modifiés AI », AI et AI-S

Cette fourchette disparaît finalement sur les objectifs « Série E » puis sur les objectifs autofocus.

En 1982 Nikon améliore sa copie, le couplage AI cède la place au couplage AI-S. Les objectifs NIKKOR AI-S sont souvent de formule optique identique aux AI, mais bénéficient d’améliorations qui vont permettre aux boîtiers apparus peu après d’exploiter la mesure matricielle inventée par Nikon, ainsi que de nouveaux modes automatiques, les modes S et P (selon le boîtier).

Cela se traduit par l’apparition d’une « cuvette » à l’arrière de la monture, et par les ouvertures de diaphragme qui deviennent linéaires (espace identique entre chaque valeur d’ouverture, contrairement aux objectifs non-AI et AI).

Rappelons au passage que les premiers objectifs AI-S commercialisés furent les « Série E » destinés au Nikon EM, des objectifs AI-S économiques mais des AI-S quand même de par leurs caractéristiques (en savoir plus sur les différents objectifs Nikon).

Nikon NIKKOR AI-S sur hybride Nikon Z

Un objectif Nikon AI-S côté monture

La possibilité pour les objectifs Nikon AI-S d’être utilisés en mode P et S ne duré que le temps de quelques boîtiers argentiques … Le Nikon F4 mis à part, aucun reflex argentique autofocus ne sera capable d’exploiter les particularités des AI-S, ce qui cantonnera leur utilisation aux seuls modes A et M, et à la mesure centrale pondérée et spot.

Nikon NIKKOR AI-S

Un 55/2,8 AI-S Micro NIKKOR côté face avec les fameuses « oreilles de lapin » bien visibles

Il faudra attendre le début des années 2000 et l’arrivée des reflex numériques compatibles AI/AI-S pour avoir de nouveau accès à la mesure matricielle, mais les modes P et S ne sont toujours pas à l’ordre du jour.

Seule exception, les objectifs de type AI-P, que l’on trouve essentiellement chez Zeiss (objectifs ZF2), Voigtlander (SLII) et Nikon… qui, ironie du sort, sera la marque la moins prolifique dans cette catégorie avec seulement deux modèles, le NIKKOR 45 mm f/2,8 AI-P et le très exclusif NIKKOR 1200-1700 mm f/5.6~f/8.0 P ED IF.

Pour mémoire un objectif AI-P est un objectif AI-S équipé d’une puce du même type que celle que l’on retrouve sur les objectifs AF « non D » (sans mesure de distance donc).

Bien que l’absence de l’information de distance fournie par la puce D (qui équipe tous les objectifs depuis la génération AF-D) ne soit pas primordiale pour l’exposition et même l’exposition au flash, cette information joue un rôle pour lequel elle n’avait pas été conçue à l’origine.

En effet, les logiciels de dématriçage utilisent cette donnée pour effectuer les réglages automatiques de distorsion, car ce réglage est lié aux caractéristiques de l’objectif mais également à la distance du sujet. Sans la distance, point d’automatisme : il faudra donc régler les problèmes de distorsion manuellement, que ce soit avec les objectifs sans microprocesseur ou avec les AF « non D » et les AI-P. 

Un objectif Voigtlander de Type AI-P avec sa puce embarquée caractéristique

Attention aux déceptions possibles

Ayez en tête qu’utiliser un objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z  peut décevoir, pour plusieurs raisons.

La première est leur état de conservation : indépendamment de leur année de fabrication, des objectifs ayant un certain âge ont souvent eu une vie bien remplie, avec ce que cela suppose de chocs ou de problèmes plus ou moins graves. Certains modèles sont connus pour avoir des problèmes de graisse qui surviennent de façon quasi inévitable, et qu’il faudra donc surveiller.

Dans les faits un objectif très ancien peut avoir mieux traversé le temps qu’un exemplaire plus récent, le vécu de chacun expliquant la différence d’usure.

objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z

Exemple de photo réalisée avec un objectif NIKKOR 100 mm f/2,8 série E sur Nikon Z 6II

La seconde raison est liée à l’optique. Certaines formules optiques ont été calculées il y a très longtemps et peuvent ne plus donner satisfaction : les objectifs déjà réputés « faibles » à l’époque argentique ont peu de chance de s’être améliorés. D’autres considérés comme « bons » ont pu atteindre le maximum de leurs possibilités en argentique ou sur les premières générations de boîtiers numériques. Et pour terminer il y a les meilleurs, ces quelques élus qui ont gardé bon pied bon œil pour ne commencer à montrer des signes de faiblesse que sur les derniers boîtiers les plus pixellisés.

Cette obsolescence progressive s’explique aussi par le fait que les exigences des capteurs actuels, qui n’ont fait qu’augmenter au fil du temps, sont bien plus élevées que celles des films argentiques pour lesquels ces gammes d’objectifs ont été conçues.

Entre les première générations de capteur DX de 6 MP et le capteur 45 MP du Z 7II, vous vous doutez bien que les « vieux » Nikon AI ou AI-S ont été poussés peu à peu dans leurs derniers retranchements.

Ceci étant dit, certains modèles d’objectifs ont mieux vieilli que d’autres, indépendamment de leur valeur marchande ou de leur date de sortie.

Les grand angles ont le plus de mal à briller en numérique aujourd’hui. N’envisagez pas les performances de ces objectifs sans faire entrer dans l’équation le boîtier (et le capteur) utilisé : c’est bien le couple objectif/capteur qu’il faut évaluer.

objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z

Exemple de photo réalisée avec un objectif NIKKOR 100 mm f/2,8 série E sur Nikon Z 6II

Utiliser un objectif AI ou AI-S sur un reflex numérique Nikon

Utiliser un objectif AI ou AI-S sur un reflex numérique est une évidence car la monture F permet une compatibilité mécanique directe (attention, les objectifs « non Ai » doivent avoir été modifiés pour être utilisés sans risque de dommage sur les boîtiers récents, Nikon Df mis à part).

Deux catégories de reflex numériques Nikon

Il existe deux catégories de reflex Nikon :

  • les reflex experts et pros compatibles AI ou AI-S, qui permettent l’utilisation du mode A et M avec mesure de lumière et TTL au flash,
  • les reflex sur lesquels le montage est possible, mais sans couplage avec la cellule du boîtier. Cela signifie ni modes A, S, P ni TTL au flash. Seul le mode M sans mesure de lumière est disponible.

Un reflex Nikon compatible AI ou AI-S permet d’utiliser les modes A ou M, en mesure spot, centrale pondérée et même matricielle. Les données EXIF seront renseignées à conditions d’entrer les caractéristiques de l’objectif via le menu « objectifs sans CPU » (focale et ouverture maximale). Cette étape n’est pas obligatoire, mais permet à la mesure de lumière de fonctionner avec d’avantage de précision.

Avec un objectif non compatible AI ou AI-S, c’est une autre histoire. Vous vous retrouvez avec un reflex sans mesure de lumière, ce qui vous ramène au bon vieux temps des Nikon SP et autres Leica M3 !

Il faudra donc utiliser une cellule externe ou la fameuse « règle » de f/16, avec l’avantage de pouvoir visualiser les images réalisées ainsi que l’histogramme sur l’écran arrière pour ajuster les réglages. Vous pouvez aussi tenter le mode pifométrique intégral … avec des résultats à l’avenant.

Dans tous les cas de figure aucune donnée EXIF ne sera renseignée, faute de dialogue entre le boîtier et l’objectif.

Nikon NIKKOR AI-S sur reflex Nikon

Exemple de photo réalisée avec un objectif AI-S sur un reflex numérique non compatible AI ou AI-S, sans mesure de lumière.
On finit par y arriver en prenant son temps et en affinant en post-production

Une parade existe pour contourner le problème des objectifs AI ou AI-S sur les boîtiers non compatibles, mais elle a des limites. Elle consiste à faire installer (ou à installer soi même pour les plus bricoleurs) une puce de type « Dandelion » sur un objectif à mise au point manuelle, afin d’en faire un pseudo objectif AI-P. Une fois la puce installée et réglée, les modes P, S, A, M et la mesure TTL au flash sont disponibles, de même que la mesure matricielle, quelle que soit la gamme du boîtier utilisé.

Seule ombre au tableau, l’utilisation de ce type de puce provoque un décalage d’exposition avec les objectifs AI (ou modifiés AI). En cause le diaphragme non linéaire de ces objectifs, qui n’est pas en phase avec la puce : plus vous vous éloignez de la pleine ouverture et plus le décalage s’accentue, avec des problèmes d’exposition à la clé.

Cela peut plus ou moins se rattraper en post-traitement, mais il faut le savoir… L’utilisation du format RAW à la prise de vue est une précaution utile dans ce cas, et permet de rattraper plus facilement les décalages d’exposition.

Nikon NIKKOR AI-S sur reflex Nikon numérique

Objectif Nikon NIKKOR AI-S monté sur un reflex numérique Nikon

La problématique du viseur

La taille et surtout le grossissement du viseur jouent un rôle crucial dans la précision de la mise au point, et donc sur le taux de réussite en mise au point manuelle.

Les reflex argentiques non autofocus n’avaient pas forcément un très grand viseur mais celui-ci était doté d’un grossissement important, avec l’addition fréquente d’un stigmomètre. Sur les reflex autofocus, sauf à pouvoir monter un verre de visée optionnel, les stigmomètres ont disparu depuis longtemps. Avec l’avènement de l’autofocus, le grossissement des viseurs a été revu à la baisse.

Pour le photographe dont la vue est satisfaisante, le viseur d’un boîtier plein format / FX (donné pour un grossissement de x 0,7 avec un 50 mm) est tout juste utilisable pour la mise au point manuelle.

C’est souvent sur ce point que les boîtiers APS-C / DX marquent le pas, car le grossissement de leurs viseurs est également donné à x 0,7 avec un 50 mm pour les meilleurs d’entre eux, mais sans tenir compte du facteur DX. Ce qui fait qu’en réalité vous vous retrouvez avec un « grossissement équivalent à x 0,46 » très insuffisant. Ceci explique les difficultés de mise au point souvent rencontrées avec les boîtiers DX. Si l’on ajoute à cela un viseur assez petit, la mise au point manuelle peut vite virer au cauchemar.

DX ou FX, il est toujours possible d’améliorer les choses en installant un viseur à stigmomètre quand la possibilité existe, ou en utilisant un viseur loupe comme le Nikon DK-21M pour les boîtiers DX, ou le Nikon DK-17M pour les boîtiers FX.

Ces accessoires permettent d’augmenter légèrement le grossissement du viseur, mais même si l’amélioration est sensible, ce n’est pas le jour et la nuit, d’autant que si le DK-17M est plutôt bon, le DK-21M a une qualité optique inférieure. Mais la taille du viseur du boîtier ne pourra pas être changée quoi qu’il arrive.

Reste une dernière alternative : l’utilisation du mode Live View, qui permet de zoomer dans l’image et d’affiner la mise au point plus facilement, que le boîtier soit DX ou FX. Cette solution impose l’utilisation d’un trépied, ce qui la limite à un nombre restreint d’applications. Avec un hybride, le focus peaking s’avère la solution la plus efficace.

Nikon NIKKOR AI-S 20 mm f/3.5

Exemple de photo réalisée avec un objectif Nikon NIKKOR 20 mm f/3,5 AI-S sur Nikon D610

Nikon NIKKOR AI-S 105 mm f/1.8

Exemple de photo réalisée avec un objectif Nikon NIKKOR 105 mm f/1,8 AI-S sur Nikon D610

La problématique des zooms

Renseigner un boîtier sur les caractéristiques d’un objectif sans microprocesseur, c’est lui donner deux informations : la valeur de la pleine ouverture et la focale. C’est parfait avec une focale fixe, mais cela se complique avec un zoom qui est par définition un « objectif à focale variable ».

Zoom ou pas, vous ne pouvez entrer qu’une seule et unique valeur pour la focale de chaque objectif. Il faut donc faire le choix d’entrer l’une des focales couvertes par le zoom une fois pour toutes et ne plus y toucher, car tout reparamétrer à chaque variation de focale serait laborieux et vite impossible sur le terrain.

Cela se complique encore quand le zoom est à ouverture glissante : là aussi il faut faire un choix et s’y tenir, car Nikon n’a pas de solution pour ce cas de figure non plus. En pratique cela n’a pas d’incidence sur la qualité des images produites, mais reste l’inconvénient insurmontable des EXIF qui sont erronées : si vous avez un besoin impératif de conserver une trace des réglages utilisés lors d’une prise de vue, vous n’aurez d’autre choix que de prendre des notes.

Utiliser un objectif AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z

Tout comme il est possible d’utiliser vos objectifs AF, AF-D et AF-S sur un Nikon Z, il est possible d’utiliser un objectif AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z via la bague FTZ, voire avec une bague « no name » sans rappel des contacts (mais en perdant les bénéfices de la puce embarquée sur les AF/AFD dans ce cas).

En pratique il n’y a aucune différence entre un hybride Nikon Z et un reflex Nikon F au niveau de l’utilisation et des résultats obtenus. La seule différence est la longueur du système optique en raison de la bague FTZ,  et des possibilités au niveau de la visée.

objectif Nikon NIKKOR 100 mm f/2,8 série E sur Nikon Z 6II

objectif Nikon NIKKOR 100 mm f/2,8 série E sur Nikon Z 6II

En effet, l’utilisation d’un objectif à mise au point manuelle sur un hybride a l’avantage d’affranchir le photographe de la problématique du grossissement du viseur évoquée plus haut. L’hybride, parce qu’il n’utilise pas un viseur optique, permet de zoomer directement dans l’image affichée dans le viseur ou bien d’utiliser le focus peaking. Et tout cela à main levée ! Vous pouvez évidemment toujours effectuer la mise au point sur l’écran arrière, avec les mêmes limites que sur un reflex dans ce cas.

Comme sur les reflex compatibles AI ou AI-S, il suffit de déclarer les caractéristiques de l’objectif utilisé dans le menu « objectifs sans CPU » pour avoir des données EXIF complètes. La mesure matricielle utilisée sera la « mesure matricielle couleur » mais pas la « mesure matricielle couleur 3D », faute de microprocesseur doté de la puce de type « D » embarqué dans l’objectif. Il en sera de même avec les objectifs de type AI-P et AF « non D », qui sont tout aussi incapables de fournir l’information de distance au boîtier.

objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z

Exemple de photo réalisée avec un objectif NIKKOR 100 mm f/2,8 série E sur Nikon Z 6II

Le cas particulier des NIKKOR AF et AF-D

Les objectifs NIKKOR de type AF et AF-D ne sont pas motorisés, le moteur qui leur est indispensable pour la mise au point automatique étant situé dans le boîtier. Depuis quelques années déjà, les reflex Nikon séries D3xxx et D5xxx ne disposent pas de ce moteur et ne sont donc pas en mesure d’assurer la mise au point autofocus avec ces objectifs.

Nikon ne propose aucune bague d’adaptation embarquant son propre moteur AF. Les objectifs de type AF et AF-D se voient définitivement privés d’autofocus si vous les montez sur une bague FTZ, les autres fonctions étant conservées dans les limites du type de puce embarquée.

Tous les modes restent disponibles, mais il faut obligatoirement effectuer la mise au point à la main, comme avec des objectifs AI ou AI-S. Le focus peaking s’avère alors la meilleure solution.

objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z

Exemple de photo réalisée avec un objectif NIKKOR 100 mm f/2,8 série E sur Nikon Z 6II

Les NIKKOR AI ou AI-S et les flashes

Avec les reflex Nikon F

Même si ce n’est pas ce qui vient immédiatement à l’esprit, quand on utilise un objectif AI ou AI-S, la compatibilité des flashes est liée au degré de compatibilité AI ou AI-S du reflex utilisé. Avec les reflex non compatibles AI ou AI-S, seuls seront disponibles le mode M du flash et le mode computer (mode A du flash) si celui-ci en dispose.

Avec les boîtiers non compatibles AI ou AI-S, l’utilisation en TTL ne sera possible qu’avec les objectifs dotés d’une puce, donc de type AI-P, ce qui est logique car on se retrouve alors avec la même compatibilité que les objectifs de type AF « non D ».

Avec les boîtiers compatibles AI ou AI-S, la compatibilité TLL est assurée. Il faudra entrer manuellement les paramètres de prise de vue sur le flash (ouverture, sensibilité, focale) car faute de communication avec l’objectif, le boîtier n’est pas en capacité de renseigner le flash de façon automatique.

Si vous utilisez un zoom à mise au point manuelle, il faudra en plus veiller à modifier la focale utilisée sur le flash car celui-ci sera incapable de reconnaître le changement de focale.

Exemple de photo réalisée avec un objectif Voigtlander Color Skopar 20 mm f/3.5 sur Nikon Z 6

Exemple de photo réalisée avec un objectif Voigtlander Color Skopar 20 mm f/3.5 sur Nikon Z 6

Avec les hybrides Nikon Z

Tous les Nikon connus (avril 2021) permettent d’utiliser un objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon Z, ils sont compatibles AI ou AI-S. Il faudra donc procéder de la même façon que pour les reflex compatibles.

Objectif Nikon AI ou AI-S sur un hybride Nikon, en conclusion

Les objectifs AI ou AI-S restent totalement utilisables en numérique, que ce soit sur des reflex ou des hybrides Nikon. Il ne faut pas leur demander la lune au risque d’être déçu : certains objectifs légendaires en argentique ne sont plus au niveau de leur réputation en numérique, et n’auront pas eu besoin d’attendre d’être utilisés sur des boîtiers très pixelisés pour montrer leurs limites.

D’autres ont eu plus de chance et n’ont pas ou peu perdu de leur superbe. Ce sont ces modèles qu’il faudra rechercher et utiliser en priorité (voir les occasions revendeurs par exemple), afin de profiter de leurs qualités et de leur rendu, souvent différent des productions actuelles, et accepter de prendre son temps pour profiter du charme désuet qui consiste à effectuer la mise au point à la main.

Sachez enfin que si vous voulez utiliser d’autres marques d’objectifs non compatibles Nikon sur un hybride Nikon Z ou un reflex numérique, il vous suffit de vous procurer une bague, vous trouverez des références en suivant le lien ci-dessous.

Toutes les bagues pour les autres marques d’objectifs


Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : le zoom grand angle ultime pour Nikon Z ?

Ce test Nikkor Z 14-24 mm f/2.8 S me permet de boucler la série de tests du trio de zooms pros f/2.8 pour hybrides Nikon Z.

Après avoir utilisé ce zoom sur un Nikon Z 6II pendant une semaine, je vous livre mes impressions sur cette optique grand-angle, ainsi que quelques éléments pour faire la différence avec l’excellent zoom NIKKOR Z 14-30 mm f/4 testé précédemment.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : le zoom grand angle ultime pour Nikon Z ?

Ce zoom au meilleur prix chez Miss Numerique

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : contexte

Disposer d’un ensemble d’objectifs couvrant la plage focale 14 à 200 mm, proposant une grande ouverture et une qualité de construction à toute épreuve est le rêve de nombreux photographes.

Chez Nikon cette plage focale est couverte par un ensemble de trois objectifs pros depuis de nombreuses années. En monture F pour reflex, le trio 14-24 mm, 24-70 mm et 70-200 mm f/2.8, dans leur version AF-S, date de 2007 avec la première version du 24-70 mm f/2.8 AF-S.

Lors de l’annonce de la gamme hybride Nikon Z, il était évident que cette combinaison de zooms serait reproduite en monture Z. Le NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S est arrivé le premier en mars 2019, suivi du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 S en janvier 2020 et du NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S en septembre 2020.

En parallèle de cette gamme f/2.8, Nikon adresse les besoins des amateurs et experts moins exigeants avec une série de zooms ouvrant à f/4. Un autre trio en puissance existe donc dans la gamme avec le NIKKOR Z 14-30 mm f/4 S, le NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S et, on peut le penser, un futur NIKKOR Z 70-200 mm f/4 S.

NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

F/2.8 contre f/4, vous êtes en droit de vous poser la question : la plus grande ouverture justifie-t-elle un investissement plus important ? Entre le NIKKOR Z 14-30 f/4 S et ce NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S, l’écart de tarif (prix public mars 2021) est de 1.350 euros.

Oui, pour le prix d’un 14-24 ouvrant à f/2.8 (2.699 euros) vous avez deux 14-30 ouvrant à f/4 (1.349 euros) ou plus probablement un 14-30 mm f/4 et un autre objectif (comme le très polyvalent NIKKOR Z 24-200 mm).

Alors ce zoom f/2.8, est-ce bien raisonnable ? Non. Et oui aussi. Tout dépend.

Parlons déjà de ce test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S avant d’en tirer une conclusion et de faire la comparaison qui s’impose.

Présentation

Vous pourriez penser qu’un zoom pro pour le format 24 x 36, ouvrant à f/2.8, c’est gros et lourd. Si les optiques pour le plein format ne peuvent avoir la compacité des optiques pour l’APS-C, Nikon a réussi son pari en donnant des mensurations raisonnables à son zoom grand angle pro. 

Celui-ci se différencie du 14-30 mm par son profil en V dû à sa lentille frontale de plus grand diamètre. Notez que celle-ci est presque plane et que l’objectif permet le montage de filtres, ce que le zoom AF-S NIKKOR 14-24 mm f/2.8G ED en monture F ne permet pas. Les paysagistes apprécieront.

NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Le NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S, s’il reprend le design sobre de la gamme NIKKOR Z, s’enrichit d’une touche L-Fn personnalisable, d’un écran de contrôle OLED (comme ses deux frères de gamme f/2.8) et de trois bagues (multifonction, zoom, mise au point) quand le modèle f/4 n’en compte que deux. Pouvoir ajuster la mise au point à l’aide d’une bague dédiée en vous aidant de la loupe dans le viseur est un avantage que ne permet donc pas le 14-30 (sauf à sacrifier le réglage de la bague multifonctions).

comparaison NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S vs. NIKKOR Z 14-30 mm f/4 S

comparaison NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S vs. NIKKOR Z 14-30 mm f/4 S

Monté sur un Nikon Z 6II (ou Z 7II), l’objectif ne fait pas « immense », il mesure pourtant 40 mm de plus que le 14-30 (124,5 mm au lieu de 85 mm). Son diamètre s’avère être le même (88,5 mm vs. 89 sur le 14-30).

Enfin, parce que votre dos vous le demande, sachez que ce NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S ne pèse « que » 165 grammes de plus que le 14-30 mm (650 gr. vs 485). Les longues randonnées en montagne vont être plus agréables qu’avec l’AF-S Nikon 14-24 mm f/2.8 pour reflex dont les mensurations (131,5 mm de long, 98 mm de diamètre et 1000 gr.) le feraient presque passer pour une enclume !

comparaison NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S vs. AF-S NIKKOR 14-24 mm f/2.8G ED

comparaison NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S vs. AF-S NIKKOR 14-24 mm f/2.8G ED

À qui se destine ce zoom 14-24 mm ?

La plage focale 14-24 mm intéresse les photographes recherchant un zoom grand angle polyvalent, capable de photographier des paysages, des bâtiments de grande taille, des groupes, des reportages. Comme le 24-70 alors ?

Oui, de par le côté polyvalent de l’objectif, sa construction robuste et ses performances optiques.

Non, car un 14 mm ne s’utilise pas comme un 24 mm. Les adeptes de l’ultra grand angle le savent, il faut être précautionneux à la prise de vue pour éviter les perspectives fuyantes, les premiers plans vides de toute présence, les ciels omniprésents, les horizons penchés et la sous-exposition fréquente des premiers plans quand le ciel est lumineux.

Acquérir le NIKKOR Z 14-24 mm f/2,8 S vous évitera d’investir dans le duo 20 mm + 24 mm (2.278 euros, en attendant un possible NIKKOR Z 14 mm) bien que ces derniers ouvrent à f/1.8.

Qualité de construction

Je ne serai pas très original en disant que ce zoom NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S respire la bonne mécanique. Des bagues fermes mais pas trop, silencieuses (pour la vidéo), une étanchéité par joints partout où l’humidité et les poussières peuvent pénétrer, une absence totale de jeu au niveau de la monture comme des trois bagues, une lentille frontale protégée et quasi plane.

C’est du Nikon Pro comme on l’aime (et pour le tarif, c’est mieux).

NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

La finition de cette gamme NIKKOR Z s’adapte à merveille à celle des boîtiers, la disparition des filets dorés n’est pas pour me déplaire et l’absence de toute texture sur le fût rend l’optique très sobre. Les goûts et les couleurs me direz-vous, mais j’aime cette sobriété.

La présence de la touche L-Fn (Lens Function) vous permet de personnaliser l’objectif en fonction de vos habitudes. Cette touche est idéalement positionnée pour être manœuvrée par le pouce gauche tandis que la paume de la même main supporte l’objectif.

Vous pourrez lui attribuer une des fonctions disponibles comme le mode de mesure, le bracketing, le verrouillage de l’exposition, le zoom électronique (pratique en mise au point manuelle).

La bague arrière, la plus fine, personnalisable, se paramètre de la même façon, je lui attribue la correction d’exposition par défaut comme pour toutes les optiques Z que j’utilise.

Pont à l'anglais - Vitry sur Seine

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 400 – 1/320 ème – f/16

Côté pare-soleils et filtres, c’est la fête puisque Nikon livre deux ensembles de pare-soleils et bouchons.

Le premier consiste en un pare-soleil de taille réduite Nikon HB-96 au revêtement interne en velours, avec son bouchon d’objectif Nikon LC-Z1424.

Le second consiste en un pare-soleil Nikon HB-97 dont la particularité est de permettre l’utilisation de filtres à vis de 112 mm. Par rapport au modèle AF-S pour reflex, l’utilisation des filtres est ainsi grandement facilitée. Le bouchon est l’énorme Nikon LC-K104.

Test NIKKOR Z 14-24 mm : Prise en main et ergonomie

Ce zoom tient bien en main, une fois calé dans la paume de votre main gauche il ne bouge plus et l’ensemble boîtier + objectif est très équilibré. Le poids contenu facilite le transport au bout du bras, je l’ai eu en main pendant trois heures lors d’une longue balade photo sans ressentir la moindre gène.

Si les deux bagues de zoom et de mise au point tombent bien sous les doigts, je ferais la même remarque que pour le 24-70 mm f/2.8 (et d’autres optiques Z), la bague multifonctions reste très proche de la monture et très souple. Trop, dans les deux cas. Elle tourne aisément lorsque je range le boîtier dans mon sac, et il me faut être très réactif pour recaler l’exposition à la volée puisque j’ai attribué la correction d’exposition à cette bague.

Cet inconvénient est certes compensé par le fait que je vois immédiatement la mauvaise exposition dans le viseur électronique, mais plus de fermeté pour cette bague ne serait pas pour me déplaire.

L’écran OLED de l’objectif autorise au choix l’affichage de la focale, de l’ouverture ou de la distance de mise au point. Ce rappel peut s’avérer pratique de nuit sur un Nikon Z 5 qui ne possède pas d’écran supérieur, ou si vous avez du mal à évaluer la distance de mise au point. Il ne s’avère toutefois pas indispensable, j’avoue ne pas l’avoir regardé au-delà des manipulations habituelles liées à ce test. 

Si vous trouvez cet écran trop peu lumineux, un appui long sur la touche DISP vous permet d’en régler la luminosité comme de l’éteindre, choisissez les mesures en pieds pour afficher la distance de mise au point dans cette unité plutôt qu’en mètre si c’est votre envie.

affichage de la distance de mise au point sur l'écran OLED du NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

affichage de la distance de mise au point sur l’écran OLED du NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Mise au point

Bonne nouvelle pour les adeptes des sujets rapprochés, la distance minimale de mise au point de ce NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S est de 28 cm pour toutes les focales. C’est la même valeur que pour le 14-30 mm, la version AF-S pour reflex est aussi calée à 28 cm mais sur la plage focale 18-24 mm uniquement. Avantage aux NIKKOR Z donc.

L’autofocus quant à lui reste aussi silencieux que sur les autres zooms NIKKOR Z, je n’ai constaté aucune erreur de mise au point lors du test, elle est rapide, précise et stable. Pouvoir positionner un collimateur sur l’ensemble du champ via le joystick ou un bref appui sur l’écran arrière est un avantage indéniable avec de telles focales. Les sujets très proches en bordure du cadre demandent une mise au point précise même si la grande profondeur de champ des courtes focales pourrait laisser penser le contraire.

En mode de suivi automatique, ce zoom se comporte très bien aussi, aidé il faut dire par une plage focale moins exigeante que celle du NIKKOR Z 70-200 mm f:2.8 S par exemple. Ouvrez à f/11 et à partir de quelques mètres « c’est net partout ».

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 1300 – 1/320 ème – f/16

Stabilisation

Ce zoom grand angle n’est pas stabilisé mais les Nikon Z plein format auxquels cette optique est destinée le sont. « Oui mais le 70-200 mm f/2.8 est stabilisé lui … » diront ceux qui ne jurent que par la stabilisation sur l’optique. C’est vrai mais avouez qu’à 200 mm le risque de flou de bougé n’est pas le même qu’à 14 ou 24 mm. De plus la très bonne montée en sensibilité des capteurs Z 6II, Z 7II et bientôt Nikon Z 9 évite de recourir à des temps de pose trop longs.

Stabiliser cette optique n’aurait donc eu comme conséquence que de l’alourdir et d’en augmenter le tarif qui est bien assez élevé comme ça.

Comme je l’ai déjà constaté avec d’autres zooms de la gamme NIKKOR Z, la stabilisation du capteur apporte une souplesse étonnante en basse lumière. Avec la même plage focale et un temps de pose long sur un reflex dont le miroir claque au déclenchement, le flou de bougé vous guette. Sur un hybride stabilisé, aucune question à vous poser. Ce zoom permet de descendre à 1/4 de seconde à main levée avec les précautions d’usage pour tenir le boîtier.

Stabilisation NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 24 mm – ISO 100 – 1/4 sec. – f/20

Performances optiques : piqué, homogénéité et vignettage

J’utilise un Nikon Z 6II au quotidien et c’est sur ce boîtier de 24 Mp que j’ai fait ce test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S. Sachez que comme pour chaque objectif NIKKOR Z, les opticiens Nikon ont utilisé les capacités de communication entre le boîtier et l’objectif pour compléter par une correction logicielle les imperfections inévitables du système optique.

Cette correction logicielle est appliquée par le boîtier sur le JPG, à la prise de vue, et par le logiciel de traitement RAW au post-traitement (Nikon NX Studio ou les logiciels experts courants).

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 100 – 1/4.000 ème – f/2.8

Attention : n’allez pas penser pour autant que vous achetez un cul de bouteille corrigé par un algorithme logiciel, nous sommes ici en présence d’une optique dont les qualités optiques pures sont de très haut niveau. Le surplus de correction apporté par le logiciel interne permet de pousser un cran plus loin la qualité d’image, et surtout d’adapter la correction en fonction du boîtier et des réglages de prise de vue (focale, ouverture). Pour le prix (je me répète), il est rassurant de savoir que la formule optique excelle et que le logiciel ne fait pas tout.

Le Nikkor Z 14-24 mm f/2,8 S est très bon. Excellent même. Partout. A toutes les focales. Même dès f/2,8. Du centre au bord.

Bis repetita après ce qui a été dit à propos du NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S. Il en devient difficile de trouver des défauts à ces objectifs et ce type de test atteint ses limites.

Ce zoom vous donnera de très bons résultats dès f/2.8, ils seront encore meilleurs à partir de f/4 pour atteindre des valeurs impressionnantes entre f/8 et f/11. Les plus difficiles prendront leur loupe pour chercher les défauts sur un tirage grand format, et bien qu’ils en trouvent toujours, il faudra bien chercher.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 100 – 1/2.500 ème – f/2.8

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 640 – 1/320 ème – f/22

Performances optiques : déformation et vignettage

La déformation d’image et la distorsion sur un grand angle sont monnaie courante. Ces courtes focales déforment souvent les images en périphérie, les distordent aussi parfois.

Avec ce NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S, une déformation en barillet est visible à 14 mm, elle disparait quasiment à 16 mm et à partir de 20 mm on n’en parle plus. Quelle que soit l’ouverture, même à f/2.8, cette optique est donc déjà très bonne sans aucune correction logicielle. C’est une première performance.

Si de plus vous prenez la peine d’activer la correction d’objectif dans votre logiciel photo (elle l’est par défaut dans certains dont Lightroom), cette correction que Nikon calcule pour vous et associe aux fichiers RAW, alors oubliez la déformation d’image dès 14 mm. C’est quasi parfait et seul un passage au banc optique permettra de trouver un défaut à cette optique dans ces conditions.

Les fichiers JPG tiennent compte de cette correction logicielle, si vous préférez ajuster le résultat manuellement préférez le RAW au JPG.

Rebelote avec le vignettage, visible à f/2.8 et 14 mm sans correction, il disparaît totalement dès f/5.6. La correction logicielle fait là-aussi son travail en supprimant tout vignettage dès f/2.8, le résultat est harmonieux avec une périphérie d’image qui ne souffre d’aucune différence de tonalité dans ces conditions.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 360 – 1/320 ème – f/16

Performances optiques : aberrations chromatiques et rendu des couleurs

C’était déjà le cas sur le NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S, c’est la même chose ici : aberrations chromatiques ? Nada. Rien.

La performance est telle que j’ai du fouiller mes images pour tenter de trouver un début de quelque chose qui pourrait ressembler à une aberration pour vous dire que quand même, sous certaines conditions, on pourrait peut-être dire que … Mais non. C’est désespérant, je n’ai rien trouvé sur les JPG comme sur les NEF.

Un mot de plus pour vous parler du flare. Cet effet disgracieux avec certaines optiques est ici géré de main de maîtres (opticiens) et je ne saurais dire si c’est le traitement Arneo, ou le nanocrystal, ou la formule optique, ou un peu des trois. Le résultat c’est que vous allez courir après les effets du soleil dans les branches parce que … c’est beau.

Sachez que je suis joueur, j’ai pris ces photos sans pare-soleil, je vous laisse mettre le vôtre et en profiter encore un peu plus.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 360 – 1/320 ème – f/11

Le rendu des couleurs est en phase avec ce que l’on connaît de cette gamme NIKKOR Z, un rendu neutre, des jaunes bien moins présents que ce que j’obtenais avec la gamme reflex (mais pas avec le même boîtier). La colorimétrie de ces images est bien sûr fonction du Picture Control que vous allez utiliser, en JPG comme en NEF au post-traitement, mais soyez assurer que vous n’aurez pas à basculer dans l’onglet Couleurs de votre logiciel pour supprimer les dominantes.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 100 – 1/800 ème – f/8

En photo urbaine j’apprécie un rendu neutre dans les ombres, je n’ai ainsi pas à traiter ces zones. Ce zoom NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S réussit à garder leur neutralité de teinte aux zones sombres alors qu’une grande zone de la photo présente une forte dominante (le bleu du ciel par exemple).

Franchement, et avec un brin d’attachement pour cette gamme, je ne le nie pas, c’est beau, c’est bon et ça fait plaisir.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 22 mm – ISO 100 – 1/400 ème – f/8

Rendu optique : profondeur de champ

Certes, une faible profondeur de champ à 14 ou 20 mm pour photographier des paysages n’est pas votre envie première. Vous voulez que tout soit net. Mais tout le monde n’utilise pas un tel zoom que pour le paysage. C’est mon cas, et j’apprécie de pouvoir jouer sur l’ouverture, même à 14 mm, pour bénéficier d’un joli flou d’arrière-plan. Je n’ai pas été déçu.

Quelle que soit la focale, non seulement le flou est agréable et délicat, mais il apparaît de plus avec une très belle progressivité, sans montrer de cassure franche entre les zones nettes et les zones moins nettes. Le diaphragme circulaire électro-magnétique à neuf lamelles (sept sur le NIKKOR Z 14-30 mm f/4 S) participe au résultat.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 100 – 1/5.000 ème – f/2.8

Les photos de ce test en pleine définition sur Flickr :

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Le NIKKOR Z 14-24 mm f/2,8 S peut vous intéresser si :

  • vous avez besoin d’un grand angle polyvalent, lumineux, avec des performances élevées,
  • vous tenez à disposer d’un zoom f/2.8 parce que le trio f/2.8 et vous, ça ne fait qu’un,
  • vous êtes frustré par l’absence de bague de mise au point sur le NIKKOR Z  14-30 mm f/4 S,
  • vous voulez personnaliser autant que faire se peut votre objectif,
  • vous voulez alléger votre ensemble reflex FX + 14-24 mm f/2,8 AF-S et gagner en qualité d’image et en encombrement,
  • vous voulez utiliser des filtres sans être bloqué par la lentille frontale bombée du modèle AF-S pour reflex (avec bague FTZ),
  • vous désirez un zoom grand angle compact Nikon moins encombrant que la version en monture F couplé à la bague FTZ,
  • vous n’êtes pas attiré par les focales 28 et 30 mm (ou vous avez déjà un 24-70 mm f/2.8 pour cela),
  • vous pratiquez la photographie en faible lumière et avez besoin du surcroît de luminosité d’un f/2,8.

Le NIKKOR Z 14-24 mm f/2,8 S va moins vous intéresser si :

  • 2.699 euros ça se justifie par le plaisir de photographier (qui n’a pas de prix) ou par des commandes, et vous avez beaucoup moins des deux depuis quelques mois,
  • vous continuez à utiliser un reflex en parallèle de votre hybride et la version à monture F est compatible avec les deux,
  • vous pensez que le mieux est l’ennemi du bien, et que le 14-30 f/4 est loin de démériter face à ce f/2.8.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 24 mm – ISO 320 – 1/320 ème – f/16

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2,8 S : ma conclusion

Les tests se suivent et se ressemblent dans cette gamme NIKKOR Z et je vous avoue qu’il faut aller chercher les détails tellement loin pour mettre un point particulier en avant que l’exercice devient difficile.

C’est bon, très bon, très très bon. Et ce n’est pas le NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S qui devrait faire l’objet du prochain test qui va remettre cela en cause. Alors quelle conclusion tirer d’un tel test, effectué « dans les conditions du direct », sans mur de brique ni passage au banc ?

La conclusion qui s’impose est que ce zoom grand angle est encore supérieur au 14-30 mm f/4 déjà excellent.

Le zoom NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S est au niveau du NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S, et ce n’est pas rien.

Ce zoom grand angle f/2,8 peut vous inciter à lui seul à passer à l’hybride si vous êtes adepte de la photographie de paysage.

Sa conception optique est exceptionnelle (piqué, absence d’aberrations chromatiques, colorimétrie, traitement contre le flare, conception de la lentille frontale). Sa conception mécanique est du même niveau, c’est la force tranquille à laquelle Nikon nous a habitués depuis quelques décennies.

Enfin le plaisir que vous prendrez à le prendre en mains et l’utiliser sera sans commune mesure avec celui que vous prendriez avec un zoom pour reflex couplé à la bague FTZ.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 100 – 1/400 ème – f/8

Nikon a mis les petits plats dans les grands : écran OLED, trois bagues dont une personnalisable, une touche de fonction également personnalisable et double système de pare-soleil, c’est rare !

Oui mais voilà. Le principal concurrent de ce NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S n’est pas à chercher dans les gammes des opticiens indépendants, inexistantes en monture Z (qu’attendent-ils ?) mais bien dans la gamme Nikon.

Il s’appelle NIKKOR Z 14-30 mm f/4 et coûte deux fois moins cher sans être à la traîne  en performances pures. Seule l’ergonomie est en retrait.

Il vous faudra donc accepter de débourser près de 1.350 euros supplémentaires pour profiter de ce f/2.8 et ce n’est pas rien. L’écart est encore plus grand qu’entre les NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S et f/4 (1.200 euros) bien différents en taille et encombrement par contre.

Je conclurai donc ce test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S en vous disant que si vous cherchez le meilleur zoom grand angle pour Nikon Z du moment, le plus capable et ergonomique, Nikon l’a fait. Quant à moi je vais rendre avec regret mon exemplaire de test …

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Luminar AI Update 2 : performances, filigranes, ciels, reflets, en progrès !

Skylum présente Luminar AI Update 2, la version 1.2 de son logiciel photo. Luminar AI utilise l’intelligence artificielle pour vous aider à obtenir un résultat rapide et satisfaisant si vous ne voulez pas passer des heures à traiter vos photos.

Cette mise à jour gratuite ne manque pas d’intérêt car elle apporte de meilleures performances, une gestion intégrée des filigranes qui manquait vraiment à la première version et un outil de traitement des ciels enrichi de nombreuses fonctions dont la gestion des reflets.

Présentation de Luminar AI Update 2

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Luminar AI Update 2 : contexte

Vous l’aurez compris en lisant plusieurs articles récents, l’intelligence artificielle gagne du terrain dans le monde de l’édition logicielle. DxO dans Photolab 4, Adobe dans Lightroom et Photoshop, Skylum dans Luminar pour ne citer que ceux-là introduisent petit à petit des briques d’IA. Ces fonctions permettent d’offrir des traitements qui prendraient beaucoup de temps ou ne seraient pas possibles sans l’IA.

Dans ce qui s’annonce comme la prochaine bataille rangée chez les éditeurs, Skylum a pris une longueur d’avance avec Luminar 4 qui utilisait déjà des outils à base d’IA. En introduisant Luminar AI fin 2020, Skylum a renversé la tendance : l’intelligence artificielle pilote la plupart des traitements, elle occupe une place centrale dans le logiciel. Les outils à base d’IA évitent le recours aux calques, complexes à manipuler, bien moins souples à l’usage.

Prévisualisation des ciels dans Luminar AI Update 2

Prévisualisation des ciels dans Luminar AI Update 2

« Hérésie ! », « Scandale ! » et autres « ce n’est plus de la photo !! » n’ont pas manqué de fleurir sur les sites parlant de Luminar AI. Nombreux sont les photographes qui ont pris cela comme un non sens, sans bien comprendre le positionnement de ces outils.

Luminar AI n’est pas un logiciel de post-traitement classique. Il ne cherche pas à concurrencer Lightroom, Photolab ou autre Darktable. Il adresse les besoins de quiconque souhaite obtenir un résultat rapide, répondant à un usage précis, sans devoir passer des semaines à apprendre l’utilisation d’un logiciel expert.

Luminar AI propose et vous disposez. Le résultat proposé par l’IA vous convient ? Vous le validez. Il ne vous convient pas ? Vous l’ajustez pour obtenir le rendu souhaité.

Dans le monde de la photographie amateur, Luminar AI répond à cette question : « quel rendu pourrais-je donner à ma photo pour qu’elle soit plus agréable, je n’en ai aucune idée ? ».

Avec cette mise à jour Luminar AI Update 2, Skylum a voulu aller encore plus loin en matière de gestion des ciels. Au passage, c’est un pied de nez à Adobe permettant de montrer à l’éditeur américain que le traitement des ciels piloté par l’IA, c’est chez Skylum que ça se passe, Photoshop reste en retrait à ce jour.

Exemple de traitement photo dans Luminar AI

exemple de traitement photo assisté par l’IA dans Luminar
temps de traitement : environ 2 minutes
modèle Mey-Lynn – photo JC Dichant

Des performances améliorées

L’intelligence artificielle implémentée dans Luminar AI utilise le moteur d’intelligence artificielle local de Windows 10 ou MacOS.  C’est donc votre ordinateur qui va fournir au logiciel toute sa puissance pour accélérer les traitements, sans que le logiciel n’ait besoin de faire appel à un service externe. Ceci consisterait à envoyer votre photo dans le cloud pour la traiter avant de la récupérer, c’est la mise en œuvre faite dans Photoshop par exemple et ça ne plaît pas à tout le monde.

La conséquence est que votre ordinateur doit être assez musclé, et à jour, pour que Luminar AI fonctionne à la bonne vitesse. Skylum est conscient des problématiques de performances et optimise son logiciel à chaque nouvelle version. La version de présérie que j’utilise depuis plusieurs jours, bien que non finalisée, s’avère plus réactive que ne l’était la première version, sur le même ordinateur. Le fonctionnement est plus fluide, le passage d’un module à l’autre plus rapide. Par rapport à Luminar 4, c’est le jour et la nuit.

Ciel AI : la gestion des ciels et des reflets

Avec cette mise à jour, Luminar AI vous permet non seulement de remplacer un ciel de façon plus agréable grâce à l’aperçu des ciels disponibles, mais aussi de jouer avec les reflets. Dès lors que votre photo montre de l’eau (mer, rivière, lac, piscine), Luminar AI vous permet d’ajouter le reflet du ciel dans l’eau.

Luminar AI Update 2 : remplacement du ciel - avant

Luminar AI Update 2 : remplacement du ciel – avant

Luminar AI Update 2 : remplacement du ciel et ajout de reflets - après

Luminar AI Update 2 : remplacement du ciel et ajout de reflets – après

L’outil Ciel AI optimise la luminosité de la scène de façon à générer des reflets les plus naturels possibles, vous pouvez ajuster de façon différenciée la saturation et la luminosité.

Cet outil permet aussi d’ajuster la lumière d’un portrait réalisé sur fond de paysage mêlant ciel et eau, pour produire des images qui auraient nécessité un éclairage artificiel (flashs, projecteurs) si elles avaient été prises de façon traditionnelle.

La gestion des ciels, leur remplacement, déjà bien avancée dans la première version, gagne ici la possibilité de jouer sur l’angle et la profondeur de la scène afin que la substitution soit encore plus crédible. Quiconque a déjà essayé de remplacer le ciel d’une photo dans un logiciel traditionnel sait combien c’est extrêmement complexe. Dans Luminar AI Update 2, cela vous prendre quelques secondes pour un résultat bien supérieur.

Des textures transformables

Luminar AI Update 2 met en œuvre des fonctions de manipulation des textures qui apportent beaucoup de souplesse. Autant il était complexe d’ajouter une texture puis de la positionner dans la première version, autant il est simple de le faire dans cette nouvelle version. Insérer un filigrane (signature, logo) par exemple prend désormais quelques secondes alors qu’il fallait mettre en œuvre une méthode complexe précédemment.

Ajout de texture, signature, logo dans Luminar AI Update 2

Luminar AI Update 2 : ajouter une signature, un logo
photo JC Dichant

En utilisant des fichiers PNG gérant la transparence, vous pouvez ajouter des textures à vos photos et en ajuster la visibilité. Vous pouvez aussi les redimensionner, les placer où vous voulez en quelques clics.

Une gestion des modèles optimisée

Les modèles de Luminar AI définissent le rendu final de l’image. Avec cette mise à jour Update 2, la sélection du « meilleur modèle » est améliorée, leur affichage aussi.

Gestion des modèles dans Luminar AI Update 2

La nouvelle gestion des modèles dans Luminar AI Update 2

Luminar AI Update 2 affiche désormais tous vos modèles de façon plus lisible, via les onglets « favoris », « Mes modèles », « achetés » et « anciens modèles ». Ces derniers sont hérités des Looks de Luminar 4.

Les aperçus des groupes de modèles ont la même taille, vous les discernez mieux et ils sont plus agréables à utiliser.

Nouveaux appareils photo supportés dans Luminar AI Update 2

Comme toute mise à jour logicielle, Luminar AI Update 2 supporte de nouveaux boîtiers.

  • Nikon Z 5, Z 6 II, Z 7 II
  • Canon EOS R5, EOS R6, EOS 850D, EOS-1D X Mark III (fichiers compressés avec perte)
  • Fujifilm X-S10
  • Leica M10-R, S3, SL2-S
  • Olympus E-M10 Mark IV
  • Panasonic DC-G100 / G110, DC-S5
  • Sony ILCE-7C (A7C), ILCE-7SM3 (A7S III)
  • Zeiss ZX1

Support des Nikon Z 6II et Z 7II dans Luminar AI Update 2

Cette mise à jour supporte les fichiers compressés avec perte CR3 et les fichiers compressés avec perte RAF.

Skylum s’est aussi engagé à supporter plus vite les nouveaux appareils photo, il fallait plusieurs mois précédemment, un délai bien plus long que chez les concurrents. Espérons que cette promesse soit tenue.

Mon avis sur cette mise à jour Luminar AI Update 2

Luminar AI Update 2 progresse. Le logiciel est plus réactif, l’outil Ciel AI plus complet, la gestion des modèles plus simple. La gestion des textures fait un grand pas en avant, ce qui va simplifier la gestion des signatures ou logos en particulier.

Cette mise à jour gratuite pour les utilisateurs de la première version est la version qui aurait du sortir en premier. Elle est plus aboutie, offre les fonctions manquantes de Luminar 4 dont la gestion avancée des textures et permet de profiter du logiciel pour accélérer les traitements.

Il lui manque encore des fonctions que je considère essentielles pour un usage expert, telle que la gestion des versions. Néanmoins si vous avez un usage plus amateur de votre logiciel photo, que vous préférez passer plus de temps à faire des photos qu’à les traiter, Luminar AI Update 2 pourrait bien vous satisfaire.

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Comment faire des photos en noir et blanc, pas à pas avec Anne-Laure Jacquart

Vous voulez faire des photos en noir et blanc et la première question que vous vous posez est de savoir comment faire une conversion noir et blanc dans votre logiciel photo préféré ? Pour vous le noir est blanc est synonyme de photo argentique ? Et si vous passiez à côté de l’essentiel ?

Comment faire des photos en noir et blanc

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Faire des photos en noir et blanc, les deux erreurs

« Vous la préférez en couleur ou en noir et blanc ? » Si vous n’avez jamais lu, vu ou entendu cette question, vous êtes coupé du monde depuis de longues années car elle revient très souvent sur le web, les réseaux sociaux et les sites de partage.

Nombreux sont les photographes débutants comme amateurs à hésiter entre deux versions d’une photo. Il est aisé de convertir en noir et blanc une photo couleur, un clic suffit, pourquoi ne pas le faire et comparer ? Après tout, peut-être que ce qui ne sort pas bien en couleur sera plus agréable en noir et blanc ?

Ne vous y trompez pas, si c’était aussi facile cela se saurait. Faire des photos en noir et blanc n’est pas se contenter de convertir en noir et blanc une photo couleur.

Mais alors, si convertir n’est pas la solution, est-ce à dire que le noir et blanc c’est une pellicule argentique et rien d’autre ? Non plus.

Déjà parce qu’une pellicule argentique n’est pas forcément un film noir et blanc, mais aussi – et surtout – parce que l’argentique n’a pas l’exclusivité du noir et blanc. Ne pensez pas que les plus belles photos noir et blanc publiées ces dernières années ont toutes été faites avec du film, c’est rarement le cas.

Alors faire des photos en noir et blanc, c’est quoi ?

Comment faire des photos en noir et blanc

Le noir et blanc, un regard plus qu’une technique

La réponse se trouve page VI dans le livre d’Anne-laure Jacquart :

C’est l’œil et la démarche de composition qui créent l’impact noir et blanc et non le logiciel.

Oubliez les filtres Instagram, les packs Nik Collection et la conversion par couches, ce n’est ni le sujet du livre ni le propos de l’auteur. Non pas que ces outils soient inutiles, ce n’est pas le cas. Mais ce qu’Anne-laure Jacquart souhaite vous transmettre, et j’approuve sa démarche, c’est que le noir et blanc se pense à la prise de vue plus que devant votre clavier ou dans votre labo argentique.

Qui dit regard dit œil

On l’oublie trop souvent à force de penser aux centaines de réglages de nos appareils photo, ce qui fait l’intérêt d’une photo c’est ce que vous avez vu et souhaité retranscrire en déclenchant. L’œil du photographe, une expression chère à Michael Freeman, prend toute son importance en noir et blanc. Au moins autant qu’en couleur.

Pourquoi ? Parce qu’en noir et blanc, votre regard s’attache non plus à montrer une scène la plus réelle possible, mais à retranscrire des contrastes, des alternances, des oppositions, des modelés. Votre imagination doit « interpréter l’environnement » et non chercher à le reproduire tel qu’il vous apparaît.

Voici résumée la première partie de ce livre dans laquelle vous allez découvrir comment approcher vos sujets en pensant noir et blanc. Vous découvrirez par exemple que la meilleure façon de faire du noir et blanc est de régler votre appareil en noir et blanc. « Voir » en noir et blanc dans le viseur, c’est oublier la couleur dès la prise de vue.

Vous allez aussi réaliser qu’il n’existe pas de scènes « pour la couleur » et de scènes « pour le noir et blanc ».  Il existe une approche personnelle en couleur et une en noir et blanc. Vous pouvez photographier la même scène en couleur puis en noir et blanc, vous ne montrerez pas la même chose.  L’idée ici est que l’une des deux photos que vous feriez alors n’est pas meilleure que l’autre, elle est différente.

Comment faire des photos en noir et blanc

Le piège du noir et blanc

Je l’ai vécu des dizaines de fois : une scène colorée, agréable, avec une belle lumière … Chouette, cela va faire une belle image noir et blanc ! Résultat ? Non, perdu. Ce n’est pas la richesse des couleurs qui fait la force d’une image en noir et blanc, c’est la différence de densités, le contraste général de la scène. Pensez en densités de couleurs plus qu’en teintes de couleurs. Vous comprendrez cela page 28 et suivantes.

Retenez aussi que le blanc qui nuit souvent à l’intérêt d’une photo couleur (ah, ces ciels couverts !!) devient votre allié en noir et blanc. Regardez page 62 par exemple comment le blanc donne tout son intérêt à la photo.

C’est beau une ville la nuit

Votre capteur peine à monter en ISO et vous voyez des points colorés disgracieux sur vos photos nocturnes ? Tant mieux ! Cela devrait vous inciter à photographier en noir et blanc quand la lumière manque.

Non pas parce que « jour = couleur » et « nuit = noir et blanc », mais parce que le manque de lumière qui est une contrainte pour vous peut devenir un atout. Il peut vous forcer à changer de regard, à oublier ces défauts colorés et les longues séances de réduction du bruit numérique, pour vous forcer à penser en noir et blanc. Vous utiliserez alors les tonalités sombres tout en mettant en valeur les hautes lumières qui ne manquent pas en ville (voir page 69).

Le noir et blanc et la composition

[su_frame][/su_frame]Je vous vois déjà me dire que la composition, ce n’est pas l’apanage du noir et blanc et qu’en photo couleur il faut aussi composer vos images. Vous avez raison, mais … une photo noir et blanc prise à la va vite parce que « le noir et blanc fera la différence » ça ne fonctionne pas. Rappelez-vous,  en noir et blanc ce joli ciel bleu qui vous fait de l’œil ne se verra pas sur la photo. Ce camaïeu de couleurs attirantes non plus (tentez une séance photo en noir et blanc à Burano et on en reparle).

La composition prend donc toute son importance en noir et blanc, c’est à vous de jouer avec les éléments pour que leur ordonnancement vous permette de proposer un résultat harmonieux. Vous allez apprendre cela pages 81 et suivantes, de même que vous apprendrez à vous déplacer pour jouer, par exemple, avec l’arrière-plan (page 83) et utiliser à bon escient ce ciel blanc ou ce monument qui vous paraissait pourtant bien fade en couleur.

Est-ce à dire qu’il y a une composition pour le noir et blanc et une pour la couleur ? Oui, si j’en crois les propos d’Anne-Laure Jacquart auxquels j’adhère volontiers.

Page 96 de ce livre, vous découvrirez comment l’exposition de vos photos peut influencer le résultat final. J’aurais plutôt vu ceci dans la première partie, densité et exposition allant de pair, j’ai apprécié par contre ce qui concerne le flou de profondeur de champ et le flou de mouvement qui sont deux façons de mettre encore plus en valeur les éléments d’une scène en noir et blanc. La raison en est simple (page 102) : « le flou crée des contours progressifs qui font se mélanger les densités entre elles, neutralisant en quelque sorte le contraste ».  Imaginez ce que cela peut apporter dans vos compostions, sans aucune tricherie logicielle.

Comment faire des photos en noir et blanc

Mais aussi … Des modèles

Débuter en noir et blanc peut faire peur. Moins vous avez de couleurs à montrer, plus c’est difficile, alors comment faire ? Le chapitre 7, page 125, vient à votre secours. Anne-Laure Jacquart a eu la bonne idée de partager un ensemble de modèles de contrastes, autant de solutions à utiliser en fonction des situations de prises de vue et de la lumière qui s’offre à vous.

Prenez ce chapitre comme un exercice : cherchez ces situations, provoquez-les au besoin et faites des photos. Vous allez exercer votre œil, acquérir des réflexes et mettre en œuvre ces approches sans même vous en rendre compte par la suite.

Bien que tout cela vous attire, vous êtes frustré(e) de ne toujours pas savoir comment convertir vos photos en noir et blanc ? Ne désespérez pas, l’annexe vous livre quelques recettes pour convertir et retoucher vos photos en noir et blanc, c’es synthétique mais tout y est.

Mon avis sur ce livre

Faire des photos en noir et blanc est un état d’esprit. Peu importe qu’il s’agisse de numérique, d’argentique, ou que vous utilisiez votre smartphone (qui soit dit au passage est un excellent outil pour le noir et blanc). Faire du noir et blanc c’est porter un regard personnel sur votre environnement et rendre compte de ce regard plus que de la scène elle-même.

J’apprécie les livres d’Anne-Laure Jacquart car, outre le fait qu’elle est très pédagogue, elle a cette capacité à transmettre une passion et à vous donner envie. Vous trouverez dans cet ouvrage de quoi enrichir votre démarche, de quoi penser à votre pratique plus qu’aux réglages de votre boîtier, de quoi construire une image en noir et blanc dès la prise de vue.

Si pour vous le noir et blanc n’est qu’une question de filtres numériques, de curseurs et de clics, passez votre chemin. Si par contre le noir et blanc vous attire pour sa capacité à montrer votre vision du monde, alors n’hésitez pas à dépenser 26 euros pour vous procurer un exemplaire de ce livre. Il pourrait bien s’agir d’un de vos meilleurs investissements en photo.

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Photographier les oiseaux à la mangeoire : installation, réglages et astuces (2026)

L’hiver, les oiseaux des jardins peuvent avoir du mal à trouver de la nourriture pour survivre. Installer une mangeoire va les aider et vous donner beaucoup de plaisir dans l’observation des oiseaux variés qui la fréquentent. Photographier les oiseaux à la mangeoire est aussi une opportunité même si vous ne possédez pas un téléobjectif très puissant, car vous pouvez vous approcher de vos sujets.

Ce tutoriel photo vous est proposé par Stéphane Lebreton, lecteur de Nikon Passion, naturaliste et photographe depuis de nombreuses années. La Loire et les autres milieux naturels de son voisinage (forêts, prairies, étangs…) lui permettent de diversifier les sujets et les pratiques : flore, oiseaux, mammifères, insectes, paysages.

Stéphane apprécie le partage d’expériences : entre amis comme au sein d’un club photo et sur le web. Retrouvez-le sur son site Affut et billebaude comme sur sa chaîne YouTube « Affut et billebaude, les coulisses de la photo nature« .

Comment installer une mangeoire pour photographier les oiseaux

Trouver une mangeoire

Trouver une mangeoire dans le commerce est simple : la plupart des jardineries en proposent et des associations telles que la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) en vendent par correspondance.

Vous pouvez aussi en fabriquer une facilement avec du matériel de récupération : ouvrez une fenêtre quelques centimètres au-dessus du fond d’une bouteille plastique, déposez de la nourriture sur le fond et suspendez la bouteille pour avoir une mangeoire qui ne vous coûte rien !

Pour la nourriture, les graines de tournesol conviennent à de nombreuses espèces. Vous les trouverez en supermarché ou dans les jardineries. Attention toutefois, le nourrissage doit rester hivernal, prenez des précautions pour ne pas causer de tort aux oiseaux. Vous trouverez de nombreux conseils sur le site de la LPO.

Installer votre mangeoire

Une fois que vous disposez de votre mangeoire, installez-la dans un endroit dégagé et mettez en place des supports sur lesquels les oiseaux vont se poser et où vous pourrez les photographier : branches, pierres, écorces, …

Attention, si la mangeoire est placée trop près de branches existantes, les passereaux risquent de ne pas passer par les supports que vous avez préparés. De plus, une branche dégagée permet d’obtenir un meilleur bokeh à l’arrière-plan. Soignez l’esthétisme de ces supports ajoutés car ils peuvent apporter beaucoup à vos clichés comme dégrader leur qualité si des éléments gênants ou peu harmonieux  apparaissent sur vos photos.

Définissez l’emplacement où vous allez vous positionner en considérant les critères suivants :

  • trouvez un endroit pour être le plus caché possible, à une distance de 3 ou 4 mètres des supports,
  • l’arrière plan doit être naturel, sans élément gênant peu esthétique (grillage, maison, poteau ou fil électrique, etc.),
  • anticipez l’éclairage de la scène selon l’heure de prise de vue : plein éclairage, éclairage de côté, contre-jour… pour pouvoir jouer avec la lumière lors de la prise de vue.
Comment photographier les oiseaux à la mangeoire
Comment photographier les oiseaux en vous cachant sous le toboggan des enfants ! Photo (C) Stéphane Lebreton

Pour vous cacher dans un jardin, utilisez les éléments existants : derrière un muret, derrière des volets, sous le toboggan des enfants. Avec du tissu ou du filet de camouflage, masquez les espaces qui pourraient laissez entrevoir votre silhouette. Dans l’idéal seul l’objectif doit être apparent.

Si n’avez pas de jardin, vous pouvez tenter votre chance sur un balcon : la plupart de ces conseils peuvent être appliqués, mais les contraintes seront plus fortes. Pensez aussi à transformer votre voiture en affut si vous n’avez pas d’autre option !

Photographier les oiseaux : la lumière et l’heure

La lumière hivernale est basse, même en milieu de journée. C’est une contrainte, mais aussi une opportunité.

En début de matinée, la lumière rasante donne du relief au plumage et des couleurs chaudes qui réchauffent les tons ternes de l’hiver. C’est souvent le moment où les oiseaux sont les plus actifs : ils arrivent affamés après la nuit. En fin d’après-midi, même logique, avec une lumière plus dorée encore mais une activité qui décroît.

Placez votre mangeoire et vos supports de pose de façon à avoir la lumière dans le dos au moment où vous prévoyez de shooter. Un oiseau éclairé de face, avec un arrière-plan dans l’ombre, donnera un résultat bien plus propre qu’un sujet à contre-jour non maîtrisé.

Le contre-jour n’est pas interdit pour autant. Par temps couvert, il produit des silhouettes graphiques intéressantes. Par soleil direct, il demande une compensation d’exposition et donne des résultats imprévisibles, surtout sur les espèces au plumage sombre.

Par temps nuageux, la lumière diffuse est homogène et flatteuse pour les détails du plumage. C’est souvent dans ces conditions que les photos de mésanges et de moineaux sont les plus réussies, sans zones brûlées ni ombres dures.

Photographier les oiseaux : la prise de vue

Le moment venu, installez vous confortablement car vous passerez sans doute plus d’une heure sans bouger. Posez votre matériel sur un trépied pour assurer la stabilité de l’ensemble et pour éviter les crampes dans les bras !

Vérifiez aussi que la mangeoire est alimentée…

Avant le retour des oiseaux (ou alors vous êtes fort si vous ne les avez pas fait fuir en arrivant !), pré-réglez votre matériel :

  • ajustez le trépied et la visée en direction du support prioritaire,
  • faites une mise au point sur ce support pour être plus réactif dès qu’un oiseau arrive,
  • vérifiez les réglages d’exposition : sensibilité, profondeur de champ, temps de pose.

Choisissez une grande ouverture pour bénéficier d’un bokeh harmonieux. Si votre objectif est plus piqué à f/5,6 qu’à pleine ouverture, fermez d’un cran. Les oiseaux sont très rapides, n’hésitez pas à caler votre temps de pose sur 1/500e de sec., sauf si vous souhaitez jouer avec le flou.

Pour résumer les réglages de départ : mode priorité vitesse (S), 1/500e de seconde minimum, ISO automatique plafonné à 3200 ou 6400 selon votre boîtier, ouverture maximale de votre objectif.

En cas de lumière hivernale faible, n’hésitez pas à monter à 1/800e ou 1/1000e si les ISO restent gérables. Un oiseau flou parce qu’il a bougé est une photo perdue. Un oiseau net avec un peu de grain reste exploitable.

Comment photographier les oiseaux à la mangeoire
la mésange bleue est très assidue à la mangeoire – photo (C) Stéphane Lebreton
1/500 sec. – f/5 – 100 ISO – 300 mm

À l’arrivée des oiseaux, ne vous précipitez pas, laissez les prendre confiance. Si vous devez bouger votre objectif, faites-le très lentement. Commencez par un premier déclenchement et observez la réaction. Lorsque la sérénité est revenue, recommencez. Petit à petit les oiseaux vont oublier ce bruit insolite et poursuivre leur activité.

Si vous utilisez un hybride Nikon Z, vous disposez d’atouts supplémentaires pour la photo d’oiseaux à la mangeoire. Activez l’obturation électronique silencieuse : aucun bruit de déclenchement, les oiseaux ne sont pas perturbés. Sur les boîtiers récents (Z6III, Z8, Z9), activez le mode Sujet : Oiseaux dans les réglages d’autofocus. Le boîtier détecte et suit automatiquement l’oiseau, y compris l’œil, dès qu’il entre dans le cadre.

Résultat : vous pouvez vous concentrer sur le cadrage et la lumière plutôt que sur la mise au point. En rafale silencieuse à haute cadence, vous multipliez les chances de capturer l’instant décisif, l’envol ou l’attitude caractéristique de l’espèce.

Photographier les oiseaux : les variantes

Certaines espèces aiment se nourrir au sol, comme les moineaux ou les pinsons. Ce peut être l’occasion d’essayer des prises de vue au ras du sol en utilisant la végétation du premier plan pour un effet de flou esthétique (en savoir plus avec le livre « les secrets de la photo d’animaux« ).

Comment photographier les oiseaux à la mangeoire
une prise de vue au ras du sol pour cette femelle pinson – photo (C) Stéphane Lebreton
1/200 sec. – f/5,6 – 320 ISO – 500 mm

D’autres espèces que les passereaux peuvent venir profiter de votre mangeoire : la tourterelle turque, le geai des chênes, le pic épeiche…

Le geai est très farouche : un silence absolu et une grande lenteur dans les gestes sont indispensables.

Pour le pic épeiche, vous pouvez installer un support vertical qui rappelle les branches mortes sur lesquelles il vient habituellement rechercher des larves d’insectes. Une astuce consiste à forer de petits trous dans la branche et à y déposer quelques graines à son intention durant les jours qui précèdent pour qu’il prenne l’habitude d’y venir.

Comment photographier les oiseaux à la mangeoire
le pic épeiche est aussi attiré par les graines de la mangeoire – photo (C) Stéphane Lebreton
1/1000 sec. – f/5 – 100 ISO – 220 m

Enfin, pour varier les attitudes, essayez les photos d’oiseaux en vol. Il vous faut alors anticiper l’arrivée de l’oiseau et ne pas hésiter à utiliser le mode rafale !

Quel objectif utiliser pour photographier les oiseaux à la mangeoire ?

Un 200 mm ou 300 mm suffit si vous pouvez vous approcher à 3 ou 4 mètres.
Un 70-300 mm polyvalent est un bon point d’entrée.
Si vous avez un 500 mm ou plus, vous pourrez rester plus loin et perturber moins les oiseaux. L’important est que l’objectif soit rapide à mettre au point : privilégiez les formules AF-S ou AF-P chez Nikon.

Peut-on photographier les oiseaux à la mangeoire toute l’année ?

La mangeoire est avant tout un outil hivernal, de novembre à mars. C’est aussi la période où les oiseaux sont les plus assidus et où la végétation dégagée facilite les prises de vue. En dehors de l’hiver, les oiseaux trouvent naturellement de quoi se nourrir et fréquentent moins la mangeoire.

Faut-il un trépied ou peut-on photographier à main levée ?

Le trépied est recommandé pour les longues séances d’affût : il évite la fatigue et permet de pré-cadrer sur le support. À main levée, un stabilisateur optique ou IBIS actif (sur les hybrides Nikon Z) compense les légères vibrations. Dans tous les cas, c’est la vitesse d’obturation qui fait la différence sur la netteté.

Comment éviter que les oiseaux s’enfuient au déclenchement ?

Laissez-les s’habituer à votre présence en plusieurs séances avant de commencer à photographier sérieusement. Évitez les mouvements brusques. Sur un hybride, l’obturation électronique silencieuse est un avantage décisif. Sur un reflex, le mode miroir relevé réduit les vibrations et le bruit de déclenchement.

Prêts pour la mangeoire et la photographie d’oiseaux ?

Photographier les oiseaux à la mangeoire est une façon aisée de photographier les passereaux en hiver. L’installation est simple et ne nécessite ni repérage chronophage, ni matériel spécifique. Un téléobjectif de longueur focale moyenne (200 ou 300 mm) peut suffire.

De nombreuses espèces peuvent fréquenter la mangeoire, vous permettant différents types de prises de vue.

Pour une fois en photo animalière, les déclenchements seront nombreux, alors prévoyez une carte mémoire suffisante et du temps pour faire le tri !

Vous pratiquez déjà la photo d’oiseaux à la mangeoire ou chez vous ? Quelle est la photo dont vous êtes le plus fier ?


Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

La fin de l’année a été riche en annonces chez les éditeurs de logiciels photos. Toutes ont en commun d’avoir été plus ou moins discrètement taguées « Intelligence Artificielle », à mi-chemin entre l’univers dystopique de la série Black Mirror et la promesse de nous libérer du temps pour plus de créativité.

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie, qu’en est-il vraiment, menons l’enquête.

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

Le livre de Jacques Croizer via Amazon

Le livre de Jacques Croizer via la FNAC

Cet article vous est proposé par Jacques Croizer. Déjà à l’origine de plusieurs articles sur Nikon Passion dont un sur l’IA pour les photographes, Jacques Croizer est surtout l’auteur d’un guide qui simplifie la technique photo au profit du plaisir de photographier, « Tous photographes, 58 leçons pour réussir vos photos« .

Intelligence artificielle et traitement de l’image (IA)

En poussant un peu loin le bouchon (de l’objectif), nous pourrions dire que le rêve de Leibniz est l’acte fondateur de l’intelligence artificielle : toute idée complexe peut être décomposée en idées plus simples, jusqu’à aboutir à une combinaison d’idées axiomatiques. (De Arte combinatoria – Leibniz 1666).

C’est plus sérieusement dans les années 50 qu’émerge l’idée qu’une machine puisse être capable de réaliser une tâche relevant jusqu’ici de l’intelligence humaine, par exemple tenir une conversation (test de Turing). Mais le chemin est long du projet à la chose.

Si une intelligence artificielle sait traduire d’une manière plus ou moins compréhensible la plupart des écrits de l’humanité, elle est encore très loin de pouvoir les résumer correctement, sans parler d’y ajouter la moindre page. L’intelligence humaine reste le carburant dont elle ne peut se passer. C’est sans doute pourquoi certains experts préfèrent parler d’intelligence augmentée que d’intelligence artificielle, remettant ainsi l’humain au cœur du processus de création.

Intelligence artificielle et création d’image

Qu’en est-il de l’image ? Un logiciel peut très facilement produire en quelques clics une illustration abstraite, mais imaginez-vous votre ordinateur capable de dessiner, ex nihilo, ne serait-ce que l’ébauche d’un portrait ?

Vraisemblablement oui, à en croire celui présenté à droite dans l’illustration ci-dessous… mais à vrai dire, ce visage n’est pas sorti de nulle part : le collectif Obvious, à l’origine de ce travail, a entraîné un algorithme à peindre, en utilisant pour base de connaissances une collection de portraits classiques, réalisés entre le XIVème et le XIXème siècle.

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

Edmond De Belamy (C) Obvious Art

L’algorithme se compose de deux réseaux de neurones artificiels : un générateur (le peintre) et un discriminateur (le critique d’art).

A mesure qu’il s’entraine, le générateur crée des images de plus en plus réalistes. Le discriminateur sélectionne parmi les œuvres ainsi produites celles qu’on ne saurait attribuer ni à un humain, ni à une machine. Dans cette présélection, les auteurs du logiciel (de vrais humains !) ont finalement choisi onze tableaux, constituant la généalogie imaginaire de la famille Bellamy.

La technologie (DCGAN) à la base de cet exploit est l’un des développements les plus récents de ce qu’il est convenu d’appeler « l’apprentissage profond » ou « deep learning » (à la base de la réduction de bruit DeepPRIME de DxO Photolab 4, voir plus bas).

Dans la phase d’apprentissage, le générateur est présumé pouvoir extraire de l’ensemble des œuvres qu’on lui a données à digérer une grammaire suffisante pour qu’il puisse à son tour créer de manière autonome de nouvelles toiles.

Le photographe passionné que vous êtes s’étonnera sans doute que cette grammaire ait pu si délibérément ignorer les règles basiques de composition : le personnage est placé très haut dans le cadre ! Peut-être est-ce lié au fait que les réseaux de neurones convolutifs du générateur analysent l’image en la découpant en fragments qui se chevauchent, donc sans jamais en avoir une vision globale ?

On préfèrera retenir que l’algorithme aurait pu tout aussi bien dessiner un mouton, une chaise ou une locomotive, ou tout simplement n’imprimer qu’une grosse tache multicolore. Il a pourtant bel et bien réalisé le portrait d’une personne qui n’existe pas ! C’est là l’exceptionnelle performance du procédé.

Pour la petite histoire, sachez que cette œuvre a été adjugée pour la modique somme de 432.500 $ ! Une question en passant : qui est l’auteur du tableau ? Le collectif qui a créé l’algorithme ou l’algorithme lui-même ? Ce dernier est-il seulement capable d’intention ?

IA et développement du fichier RAW

Exceptée la précédente expérimentation, la création d’image reste encore l’apanage des peintres et photographes. Les premiers interprètent à leur guise la réalité, tandis que les seconds, du moins dans leur rôle de témoin de notre temps, essaient de la retranscrire aussi fidèlement que possible.

Nos boîtiers ne fournissent malheureusement souvent que des images imparfaites. L’étape de développement du fichier RAW, à l’aide d’un logiciel spécialisé, est incontournable à qui veut magnifier sa production.

Bien qu’utilisant au maximum les Picture control (chez Nikon) à la prise de vue afin d’optimiser le développement de leurs fichiers RAW, beaucoup de photographes trouvent encore cette phase de travail trop chronophage. Où est le temps où ils se contentaient de prendre la photo, le tireur se chargeant ensuite de la retranscrire au mieux sur le papier ?

Si au moins leur logiciel de développement préféré était capable de restituer en un seul clic la réalité, libre à eux de tirer ensuite sur les curseurs pour aboutir à une version plus personnelle. Les photographes ne demandent pas à l’IA de créer une image, mais seulement de l’améliorer … automatiquement ! Facile ?

L’apprentissage profond (deep learning) sait se rendre utile sur des créneaux bien délimités : le service de généalogie myheritage propose par exemple un utilitaire de colorisation automatique de vos anciennes photos. D’après les indications du site « le modèle a été formé à l’aide de millions de vraies photos et a développé une compréhension de notre monde et de ses couleurs ». Le résultat, proche des cartes postales aux couleurs fanées de l’ancien temps, est impressionnant.

La piste est prometteuse, mais pour développer n’importe quel fichier RAW, une telle intelligence devrait au préalable être entraînée sur une très grande variété d’images parfaitement traitées, en se référant à une réalité qui n’est tout simplement pas mesurable. En l’absence de données d’apprentissage, il est clair que le deep learning ne nous sera d’aucun secours.

Les logiciels de post traitement utilisent donc des techniques d’intelligence artificielle qui ont fait leurs preuves depuis bien des années : comparez les résultats des corrections automatiques (tonalité, contraste et couleur) de la version actuelle de Photoshop CC avec ceux d’une version vieille de 10 ans : les différences sont marginales.

Ces traitements sont basés sur les statistiques élémentaires de l’image, en particulier sur les histogrammes de ses différentes couches. Les améliorations apportées à la plage tonale de l’image se font sans aucune contextualisation. C’est sans doute parce que le jeu n’en vaut plus la chandelle : les résultats obtenus sont suffisamment convaincants, en témoigne l’avant/après présenté ci-dessous.

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

Yéyette (f/5.6 à 1/250 s) photo (C) Philou

Mission accomplie aurions-nous tendance à penser… seulement voilà, la justesse de la correction dépend beaucoup des spécificités de la photo d’origine. En particulier, le traitement automatique des couleurs relève encore trop aujourd’hui de la loterie, lorsque la prise de vue s’éloigne un peu des standards.

Quoiqu’il en soit, il n’y a pas de quoi fouetter un chat, comme le disait Yéyette, ni bien sûr de quoi faire apparaitre si soudainement le tag « intelligence artificielle » dans les arguments de vente de ces logiciels. Alors ?

IA et post traitement spécifique

Nous avons vu que les réseaux de neurones convolutifs ont encore un peu de mal à générer une image complexe. Ils sont par contre passés maîtres dans l’art de les classer.

L’exemple du Challenge ILSVRC est parlant. Les logiciels participants au challenge sont entraînés en mode supervisé sur une base d’apprentissage de 1.200.000 illustrations labellisées : parmi 1.000 références possibles, on indique pour chaque image le sujet qu’elle contient, avion, voiture, personne, etc. Les logiciels doivent ensuite reconnaitre ces objets dans 50.000 images qu’ils n’ont jamais vues auparavant.

En 2010, le taux d’erreur était de 28 % : une image sur 4 était mal reconnue. Les progrès du deep learning ont été si rapides qu’en 2015, le taux d’erreur de l’algorithme avait chuté en dessous de celui obtenu par des humains (< 5%). Relativisons toutefois la performance : nous sommes capables de reconnaitre bien plus que 1.000 catégories d’objets !

Une fois encore, il suffit de réduire le périmètre d’apprentissage à un contexte particulier pour obtenir des performances pour le moins bluffantes. L’application Plantnet est ainsi capable de reconnaitre une plante parmi près de 30.000 espèces, après que vous l’ayez simplement photographiée avec votre smartphone. Qui dit mieux ?

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

Cyclamen (f/3.5 à 1/320 s – 105 mm Nikon) photo (C) J. Croizer

Luminar AI (Artificial Intelligence) s’auto décrit comme étant « le premier logiciel de retouche photo entièrement optimisé par intelligence artificielle ». Il utilise cette faculté de classification automatique pour proposer des traitements adaptés à chaque sujet.

Par exemple, le logiciel identifie automatiquement la photo ci-dessous comme étant celle d’un paysage. A partir de son fichier RAW un peu tristounet, il suggère plusieurs développements. Le module « correction rapide » délivre une image très réaliste. Le module « coucher de soleil » éclaircit l’image et en renforce les teintes chaudes. Le module « chutes de neige » fait ressortir la texture de la neige et la blanchit.

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

Jura (f/5.6 à 1/40 s) photo (C) J. Croizer
de 
gauche à droite et de haut en bas :
photo originale – correction rapide – coucher de soleil – chutes de neige

Ces modules agissent comme des modèles (effets prédéfinis) spécialisés. Certains donnent parfois des résultats un peu ésotériques, mais l’utilitaire d’édition permet de revenir finement sur les réglages en agissant sur les curseurs habituels (température de couleur, exposition, contraste, …) ou en jouant sur des notions plus contextuelles (brume, heure dorée, …). Lorsque le logiciel détecte que la photo est un portrait, il modifie ses propositions : Fashionista, Sublime, Rembrand… les styles prédéfinis (aux noms français parfois folkloriques…) ne manquent pas.

Plus intéressant, le module FaceAI détecte automatiquement le visage, en isole les yeux, les dents, les lèvres, la peau, et propose pour chaque partie des traitements adaptés. C’est sur ces aspects que le logiciel fera gagner le plus de temps, puisqu’il évite d’avoir à faire de fastidieuses sélections de zones. Notons qu’une fois classée l’image ou isolés certains de ces éléments, on retrouve dans l’utilitaire d’édition les techniques implémentées depuis déjà longtemps dans ce type de logiciel, ce qui n’enlève rien à ses qualités.

Pour aller plus loin dans l’analyse, il faudrait connaitre plus précisément les algorithmes de machine learning utilisés. Les éditeurs en gardent jalousement les secrets en ne communiquant que sur les résultats… et c’est bien naturel ! La mécanique mise en œuvre par l’étonnant outil « remplissage d’après le contenu » de Photoshop CC risque d’attiser longtemps la curiosité des développeurs.

Un bruit qui court

L’intelligence artificielle était donc finalement déjà présente depuis longtemps dans nos logiciels de post traitement, mais elle ne disait pas son nom. Ses derniers développements ont permis de proposer de nouvelles fonctionnalités spectaculaires, sans pour autant vraiment optimiser le temps de traitement des fichiers RAW. La quête de l’outil idéal risque d’être encore longue, mais ne boudons pas notre plaisir : si l’assistance à la conduite n’est pas la conduite autonome, elle procure néanmoins un confort d’utilisation très appréciable. A nous de débusquer dans toutes ses innovations celles qui nous seront vraiment utiles.

Prenons l’exemple d’un photographe qui travaillerait beaucoup avec des sensibilités élevées. Il ne pourra qu’être séduit par la dernière version du logiciel DxO Photolab 4. Depuis 2003, cette société teste des boitiers en photographiant dans son laboratoire des mires calibrées. Ces clichés, réalisés pas à pas sur toute la gamme de sensibilités du boitier, ont été conservés depuis l’origine, constituant un remarquable corpus d’apprentissage. Il a été mis à profit pour entrainer un module capable de réaliser simultanément le dématriçage et le débruitage des fichiers RAW pris en charge.

Les étonnantes capacités des réseaux de neurones convolutifs ont permis d’atteindre des résultats exceptionnels. Rappelons toutefois que ces puissants outils n’ont rien de la baguette magique d’Harry Potter. Mal entraînés, ils peuvent rapidement faire fausse route. L’erreur la plus fréquente est le surapprentissage : l’algorithme fonctionne parfaitement sur les images qui lui ont permis d’apprendre (c’est la moindre des choses !) mais il disjoncte dès qu’on lui présente une nouvelle image.

S’il est vrai que le fonctionnement des réseaux de neurones est comparable à celui de notre cerveau, il ne faut y voir qu’une mécanique en attente de l’artiste qui saura en agencer les couches et en régler les hyperparamètres, sous peine d’obtenir des résultats très aléatoires. Coup de chapeau donc aux analystes de données qui ont travaillé sur Photolab 4 pour nous proposer un résultat aussi abouti.

Plus que des mots, un exemple d’utilisation de la technologie DeepPrime de Photolab 4 devrait vous convaincre de ses capacités. La photo ci-dessous a été prise en 2006 au format RAW avec un Nikon D70, premier reflex numérique grand public de Nikon. Son logiciel de dématriçage était à l’époque « Capture NX2 ». Pour les besoins du test comparatif, le fichier a successivement été traité avec NX2 V2, puis Photolab 4. 12 années séparent ces deux logiciels.

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

Les 7 péchés capitaux (f/2.8 à 1/80 s) photo (C) J. Croizer

Dans la version Photolab, les teintes sont plus nuancées. Elles sont aussi plus détaillées dans les zones les plus saturées. Le bruit est très fortement atténué, sans pour autant lisser l’image. Voilà de quoi repousser les limites de nos appareils.

L’Intelligence artificielle en traitement d’image et photographie : en conclusion

Si l’intelligence artificielle est encore beaucoup utilisée comme un argument commercial, il apparait néanmoins que les avancées sont réelles dans les logiciels de post traitement.

Vous doutiez encore de l’utilité des fichiers RAW ? Souvenez-vous qu’on y enregistre une seule donnée : la vérité, autrement dit la lumière renvoyée par la scène originale.

Nul doute que dans quelques années, vos logiciels préférés auront encore fait des progrès très impressionnants dans l’exploitation de cette information et qu’ils seront capables de magnifier vos archives. Alors surtout… gardez précieusement vos vieux RAW !

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Photographier ce que les autres ne voient pas avec Michael Freeman

Vous faites de bonnes photos mais elle pourraient vous plaire encore mieux. Vous trouvez que vos photos sont celles qu’un autre photographe ferait s’il était au même endroit au même moment. Vous n’arrivez pas à photographier ce que les autres ne voient pas. C’est ce que Michael Freeman vous propose d’apprendre dans cet ouvrage atypique par rapport à ses autres livres.

Photographier ce que les autres ne voient pas avec Michael Freeman

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Photographier ce que les autres ne voient pas : présentation

Si vous lisez mes chroniques de livres photo, vous connaissez mon attrait pour les ouvrages de Michael Freeman. Ils m’ont appris beaucoup, rencontrer et interviewer Freeman lors du salon de la photo 2019 reste un grand moment dans mon parcours de photographe.

Michael Freeman a pour habitude de proposer des livres grand format, dans lesquels il traite d’une démarche photographique précise, par exemple comment capturer la lumière ou quel esprit avoir. Il vous fait vous poser les bonnes questions. Il s’agit d’apprendre la photographie sous un angle créatif plus que technique.

Dans ce livre, Freeman aborde une thématique moins courante. Il vous incite à photographier ce que les autres ne voient pas, donc à trouver une approche différente, personnelle. Ici pas de problématique photo reposant sur une technique, mais une réflexion sur l’approche du sujet.

Il s’agit de prendre les photos que les autres ne feront pas et de faire reposer votre démarche entièrement sur la possibilité d’accéder à ce que vous avez photographié.

Comment y arriver ? C’est ce que l’auteur vous explique tout au long des cinq chapitres de ce livre, dont l’esprit se rapproche de celui de David duChemin L’âme d’une image.

Photographier ce que les autres ne voient pas avec Michael Freeman

Être au bon endroit au bon moment

Vous devez avoir une longueur d’avance. Toujours. Il s’agit de savoir à l’avance ce que vous allez photographier, ce que vous pourriez photographier dans un lieu bien précis.

Il s’agit d’être toujours prêt, de connaître les règles de base en photographie, de savoir prérégler votre appareil photo, d’être aux aguets.

L’auteur vous explique comment savoir revenir en un même lieu, comme bien vous entourer lorsque c’est nécessaire. Ce que font les reporters photographes lorsqu’ils font appel à un guide.

Faire connaissance avec votre sujet

[su_frame][/su_frame]Vos meilleures photos ne sont pas celles que vous faites avec un megazoom, sans que votre sujet ne le sache. Prenez le temps de parcourir ce second chapitre si c’est votre pratique actuelle.

Rappelez-vous que vos sujets n’ont aucune obligation d’accepter que vous les preniez en photo. Freeman vous explique alors comment prendre soin de votre sujet, comment faire sa connaissance chaque fois que c’est nécessaire. Ceci ne concerne pas que les sujets humains.

En cette période de confinements et autres couvre-feux, Freeman vous livre les bonnes pratiques pour photographier ceux que vous connaissez le mieux, vos proches, votre famille.

Photographier ce que les autres ne voient pas avec Michael Freeman

Ce qui est valable chez vous l’est ailleurs, vous découvrirez comment approcher un sujet lors d’un voyage à l’autre bout du monde (bientôt) ou à l’autre bout de votre pays.

Photographier ce que les autres ne voient pas : vous mettre en immersion

Beaucoup de photographes amateurs n’osent pas. N’osent pas s’engager, passer du temps à prendre une photo. Vous vous reconnaissez ? Ils n’osent pas avoir confiance en eux. Ils n’osent pas prendre le temps d’observer. Vous vous reconnaissez encore ?

Photographier ce que les autres ne voient pas avec Michael Freeman

Freeman vous explique comment vous mettre en immersion. Pas sous l’eau (bien que …), pas forcément passer beaucoup de temps très loin de chez vous, mais prendre le temps de découvrir un environnement, de le comprendre, avant de faire vos photos. Vous verrez que vous pouvez vous mettre en immersion dans votre jardin, le résultat pourrait vous surprendre.

Accepter un apprentissage profond

Vous pensez comme moi que seul le travail paye ? Que tout faire à la va vite n’est pas la solution ? Alors plongez vous dans ce chapitre quatre. Vous allez comprendre comment travailler votre pratique photographique, comment développer votre savoir, trouver vos repères dans un domaine photographique précis.

Vous comprendrez pourquoi connaître un sujet est essentiel, pourquoi connaître la technologie, au moins un minimum est essentiel aussi.

Chercher et trouver l’impensable

Vous pensez que pour être un photographe créatif il faut atteindre la perfection ? C’est faux. Consultez le chapitre cinq et vous découvrirez qu’oublier la perfection peut-être un facteur de succès.

Vous comprendrez pourquoi certains photographes célèbres n’ont jamais cherché la perfection, tel Joel Meyerowitz qui nous dit que « l’ambiguïté est l’essence de la photographie, que c’est son mystère et son cadeau ».

Freeman vous explique comment penser un projet personnel ou comment créer votre univers, et explorer ainsi votre identité.

Photographier ce que les autres ne voient pas avec Michael Freeman

Mon avis sur « Photographier ce que les autres ne voient pas »

Je mentirais en disant que je suis objectif lorsqu’il s’agit de chroniquer les livres de Michael Freeman. Je ne le suis pas car j’ai un attrait particulier pour ce photographe, qui m’a beaucoup apporté et continue à le faire.

Ce nouveau livre se positionne à part dans la démarche de Freeman. Il ne consiste pas à vous expliquer comment appliquer les bonnes pratiques photographiques sur le terrain. Il s’intéresse plutôt à la démarche que vous allez devoir mettre en œuvre.

Une démarche personnelle, en travaillant sur vous-même, votre parcours, vos envies.

Une démarche créative aussi, en travaillant sur vos sujets, votre environnement, les conditions de réalisation de vos photos.

C’est un petit format à l’inverse des autres livres de l’auteur. J’apprécie cette compacité car ce livre représente pour vous (comme pour moi) un support de réflexion et pouvoir le glisser dans un sac pour l’avoir avec soi est un avantage.

À qui s’adresse ce livre ?

Ce livre s’adresse en priorité au photographe désireux de passer du statut de bon photographe au statut de photographe créatif.

Il s’adresse aussi au photographe amateur qui possède de bonnes bases en photographie, mais manque d’une approche plus personnelle.

Il s’adresse enfin au photographe expert, voire professionnel, qui souhaite aller plus loin dans son travail d’auteur. Développer un projet personnel, développer son style.

Si vous vous reconnaissez, sachez qu’il vous en coûtera la modique somme de 19,90 euros et que la couverture rigide et la qualité d’impression vous permettront d’avoir toujours ce livre avec vous.

Mon premier Best Of de l’année 2021 est disponible, il vous attend !

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Comment faire des photos créatives : tourner autour du sujet

Pour faire des photos créatives, vous n’avez pas toujours besoin d’un nouvel appareil photo ou d’un nouvel objectif. Si vous avez déjà l’un et l’autre, il vous suffit d’identifier ce que vous voulez photographier et de tourner autour du sujet.

Plutôt que de vous proposer une longue théorie sur la créativité en photo, j’ai choisi de partager une série d’images faites sur l’île Madame, sur la côte atlantique. Je vous les présente en vous expliquant, comme si vous étiez à côté de moi,  comment j’ai abordé le sujet, pourquoi et comment j’ai tourné autour, et comment je suis arrivé à ces résultats.

Comment faire des photos créatives : tourner autour du sujet

Qu’est-ce que des photos créatives ?

Vous pensez peut-être que vous n’êtes pas créatif. Que vous faites des photos correctes mais pas assez intéressantes. Que vous ne pourrez jamais faire des photos créatives. C’est faux.

Une photo créative, originale, n’est rien d’autre qu’une photo qui attire le regard du spectateur. Elle a quelque chose de particulier, qui interpelle, qui traduit une émotion, une envie, qui donne du plaisir. Cela s’apprend.

Faire des photos créatives c’est avoir en tête ces critères, avant de déclencher, comme après avoir déclenché puisque le travail du photographe ne s’arrête pas à la prise de vue.

Identifier un sujet qui vous plaît

Pour faire des photos créatives, il vous faut un sujet. Pas n’importe lequel : un sujet qui vous plaît.

Si ce que vous photographiez ne vous plaît pas, il y a peu des que cela ne plaise pas aux autres non plus. Si cela vous plaît et que ça ne plait pas aux autres, ce n’est pas grave, vous faites de la photo pour vous avant tout (je considère que vous ne répondez pas à une commande précise).

Je vois trop de photos pour lesquelles le sujet ne saute pas aux yeux. Parfois il y a même plusieurs sujets, et mon œil ne sait plus sur lequel se porter. Ces photos ne sont pas inintéressantes, mais l’ensemble est confus, le cadre est chargé, c’est perturbant. Ce qui perturbe éloigne le spectateur.

Remplir votre cadre avec un unique sujet est toujours une meilleure approche si vous ne maîtrisez pas la composition.

Faire une première image en plan large

Comment faire des photos créatives : tourner autour du sujet

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 39 mm -1/1600 sec. – f/8 – ISO 100

Sur cette première photo, je suis assez loin du sujet. Je ne respecte d’ailleurs pas la règle énoncée ci-dessus : il y a deux sujets, deux cabanes de pécheurs, les carrelets de l’île Madame.

C’est une première approche, je ne retiendrai pas cette photo, mais elle m’a permis de prendre position.

Lorsque vous aborder votre sujet, il est important de faire de telles photos, même si vous savez que vous ne les retiendrez pas. C’est un échauffement, une façon d’appréhender le sujet alors même que vous n’en avez pas encore fait le tour.

Je n’ai pas traité cette photo sachant que je ne la conserverais pas, inutile de perdre du temps.

Tourner autour du sujet, un côté …

Comment faire des photos créatives : tourner autour du sujet

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 70 mm -1/1600 sec. – f/8 – ISO 100

Réalisant que deux carrelets, c’était un de trop, je me suis décalé. J’ai alors pu cadrer une seule cabane, la mettre en valeur par rapport au ciel et à l’horizon, sans négliger les détails : les piliers en bois, quelques rochers dans l’eau, et des fils qui partent de la cabane vers le sol.

Cette image est déjà plus intéressante, elle concentre le regard sur la cabane tout en le laissant s’échapper au loin sur l’horizon, grâce a une lumière très présente.

… puis l’autre

Comment faire des photos créatives : tourner autour du sujet

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 34 mm -1/640 sec. – f/8 – ISO 100

Quelques dizaines de mètres peuvent tout changer. Pour cette troisième vue, je suis passé de l’autre côté de la cabane. La lumière est très différente, l’horizon aussi, vous pouvez voir l’arrière de la cabane.

L’escalier, bien visible, nous mène à la cabane qui nous mène elle vers l’horizon. Lors du post-traitement j’ai ajusté les tons bleus en travaillant en particulier sur le bleu plus sombre de la cabane et le bleu du ciel.

Cette photo me plaît mieux que la précédente, son sens de lecture est plus naturel. Le regard part de la gauche, va vers le centre puis la droite avant de revenir sur la gauche. C’est le sens de lecture habituel dans notre culture occidentale.

S’éloigner

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 24 mm -1/640 sec. – f/8 – ISO 100

A part en photo de portrait, j’ai pour habitude de me méfier des plans trop serrés. Lorsque je fais des photos de nature, de paysages, j’apprécie de montrer le sujet dans son contexte.

Pour cette nouvelle vue, j’ai reculé sur le chemin, en suis même sorti, de façon à inclure au premier plan la végétation. Cela m’a permis d’introduire une touche de vert dans l’image, une couleur qui contrebalance le bleu de la cabane et du ciel, très présent.

Vous remarquez au passage la forme très particulière du nuage sur la droite, ce n’est pas une retouche, c’est bien le nuage tel que je l’ai vu.

Je préfère cette photo à la précédente, pour le contexte, le traitement des couleurs, la lumière. Avec le recul, j’aurais dû me décaler pour que le bas de la cabane ne soit pas aligné sur la ligne d’horizon, pour qu’il s’en détache afin de créer une bande de contraste entre ciel et terre. Cela aurait apporté un arrangement plus attirant.

Pour tourner autour du sujet, zoomez avec vos pieds

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 70 mm -1/640 sec. – f/8 – ISO 100

Nouvelle image et nouveau cadrage. Ici je me suis approché de la cabane, j’ai « zoomé avec mes pieds ». Disposant d’un NIKKOR Z 24-7 mm f/4.0 sur mon Nikon Z 6, je ne pouvais pas trop agrandir mon sujet en tournant la bague de zoom. C’est un mal pour un bien, zoomer avec vos pieds est une meilleure façon de procéder.

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 70 mm -1/500 sec. – f/8 – ISO 100

L’image suivante met en valeur la belle structure en bois de l’escalier et des piliers. C’est une image sans grand intérêt,  documentaire tout au plus. Elle satisfera les charpentiers et les pécheurs mais un peu moins les amateurs de photos créatives.

Remarquez les personnes sous la cabane, c’est ce qui va m’intéresser pour la suite de cette série.

Attendre qu’il se passe quelque chose

« Photographie » devrait rimer avec « patience ». Tourner autour du sujet est une chose, attendre qu’il se passe quelque chose en est une autre.

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 43 mm -1/640 sec. – f/8 – ISO 100

Ayant vu ces personnes à proximité sur le rivage, j’ai patienté quelques minutes. Elles se sont alors déplacées vers la cabane, mais comme vous le voyez sur la photo précédente, elles se sont placées derrière les piliers.

J’ai changé à nouveau de position, je suis revenu sur le côté gauche de la cabane. J’ai alors pu inclure ces gens dans mon cadre sans que les piliers ne les masquent.

La composition est plus intéressante, avec cette longue avancée de l’escalier vers la cabane et cette structure en bois très présente au centre du cadre, renforcée par un léger vignettage en post-traitement. Toutefois la taille des personnages ne me satisfait pas. Ils occupent trop peu d’espace dans la photo, ne sont pas assez visibles, ils perdent leur l’intérêt. Une autre photo que je ne garderai pas.

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 70 mm -1/800 sec. – f/8 – ISO 100 -1/3 Ev

Pour cette dernière image en plan encore assez large, j’ai resserré le cadre autour de la cabane et des personnes à ses pieds. Celles-ci sont plus visibles, positionnées dans la forme triangulaire créée par les piliers de soutien de la cabane.

J’aurais toutefois préféré que ces personnes se déplacent sur la partie gauche du rivage, elles auraient alors constitué un élément complémentaire à la cabane et rééquilibré cette zone de la photo.

Pourquoi les gens ne font jamais ce que vous voudriez qu’ils fassent ! J’ai attendu quelques minutes supplémentaires en vain, pas moyen d’arriver à mes fins.

Au final, cette autre photo du même sujet est intéressante mais n’est pas ma préférée, bien que j’apprécie d’avoir un élément humain dans chacune de mes photos.

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 68 mm -1/250 sec. – f/22 – ISO 280 -1/3 Ev

Puisque les personnages ne voulaient pas se déplacer, c’est moi qui l’ai fait. J’ai reculé, me suis baissé, j’ai alors pu intégrer dans le cadre, au tout premier plan, quelques plantes. Cette touche de couleur, nette, tandis que la cabane est plongée dans le flou de profondeur de champ, donne un aspect très différent à la photo.

Je vous parlais du choix du sujet en introduction, vous voyez ici qu’il y a eu inversion. Mon sujet, la cabane, est évoqué alors que la netteté est calée sur le massif de plantes au premier plan. Votre sujet ne doit pas forcément être net pour être perçu comme tel.

Au post-traitement, j’ai augmenté clarté et accentuation pour mettre en évidence les couleurs des plantes au premier plan. Cela crée un contraste visuel avec le bleu plus sombre de l’arrière-plan.

Prendre du recul et contextualiser

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 32 mm -1/1000 sec. – f/8 – ISO 100

Pour cette dernière photo de la série, j’ai choisi de tourner autour du sujet en prenant du recul, en intégrant dans mon cadre à la fois mon sujet, la cabane, une personne se trouvant à proximité, et le chemin sur lequel je me trouvais.

Le ciel occupe une place importante, un nuage qui passait par là est même venu apporter une touche de graphisme inattendue dans le ciel.

Lors du traitement de la photo, j’ai accentué l’ensemble, renforcé les couleurs pour avoir des teintes plus chaudes au premier plan. J’ai conservé le bleu du ciel sans négliger mon joli nuage blanc.

Au final c’est cette photo que je garderai pour illustrer les cabanes de l’île Madame. C’est celle qui donne, pour moi, la meilleure dimension du sujet (l’élément humain donne l’échelle), le place dans son contexte, au bord d’un chemin et de l’eau. C’est le souvenir que j’ai gardé de ce lieu.

Tourner autour du sujet ? A vous !

En conclusion, je voudrais vous inciter à ne pas vous contenter de faire une unique photo de vos sujets. Sachez que les photographes spécialistes des cartes postales en ont fait plein avant de faire la bonne, pourquoi vous la feriez du premier coup ?

Lorsqu’un sujet vous attire prenez votre temps, soyez patient. Tournez autour, déplacez-vous, baissez-vous (l’écran inclinable de votre appareil photo vous aidera), zoomez avec vos pieds. Cherchez ce qui peut avoir de l’intérêt au-delà même du sujet.

Contextualisez. N’hésitez pas à inclure un élément humain lorsque c’est possible.

Pensez aussi à finir le travail en traitant vos photos afin de leur donner le rendu qu’elles méritent.

Faire des photos créatives, c’est tout cela à la fois.

Je suis curieux d’avoir votre avis, que pensez-vous de cette approche ? Commenter ainsi une série de photos vous intéresse ?


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