Deux ans après avoir annoncé ses deux premiers hybrides plein format, Nikon les met à jour. Vous allez le lire dans ce test Nikon Z 6II, l’hybride Nikon profite d’un second processeur Expeed 6 chargé de piloter l’autofocus, d’un emplacement pour cartes SD et de la connectique pour poignée grip.
Ces apports sont-ils suffisants pour séduire ceux qui doutaient de l’intérêt de cet hybride polyvalent ? J’utilise le Nikon Z 6II au quotidien depuis plusieurs semaines, voici ce que j’en pense.
MàJ septembre 2024 : le test du nouveau Nikon Z 6III est disponible ici.

Note : vous pouvez télécharger ce test au format PDF, voir le lien en fin d’article.
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Test Nikon Z 6II : contexte
Plusieurs différences existent entre les Nikon Z 6 série 1 et série 2, mais il faut bien avouer que l’attention se porte sur les performances autofocus de cette série 2. C’est là que tout le monde l’attend. Il se dit tellement de choses sur cet autofocus depuis son lancement qu’il est bien difficile de savoir ce qu’il en est vraiment : « ça ne marchera jamais » prétendent les uns, « il est sur le podium » annoncent les autres …
Quoi qu’il en soit, Nikon ne pouvait pas faire autrement que de faire évoluer ses hybrides, pour plusieurs raisons :
- la concurrence avance, il faut suivre le rythme,
- Il est toujours possible de mieux faire,
- toute arrivée d’un nouveau modèle dynamise les ventes,
- les mises à jour firmware ne peuvent pas tout régler,
- il y avait des imperfections à régler sur les séries 1.
Après avoir utilisé le Nikon Z 6 pendant 18 mois dans différentes situations dont des spectacles de danse avant que Mr. Covid en décide autrement, je l’ai échangé pour le Z 6II. C’est le boîtier que j’utilise désormais au quotidien qui m’a servi pour ce test.
Le Z 6II étant très proche du Z 6 version 1 dont vous pouvez trouver le test ici, j’ai mis l’accent sur ce qui caractérise cette série 2 et choisi l’approche résultat pour répondre à cette question : face à une situation photographique précise, que permet le Nikon Z 6 II :
- avec quelle facilité ou pas, il me donne le résultat attendu ?
- quel mode AF s’avère le plus judicieux pour arriver au résultat ?
Car au final, ce qui compte n’est pas tant le fait que l’AF soit plus rapide ou non mais bien que la photo que vous voulez faire soit nette.
Je conclus ce test par une série de recommandations en fonction de vos besoins, et de ce que vous utilisez déjà ou non.

le Nikon Z 6II avec la bague FTZ et le Nikon AF-S NIKKOR 24-70 mm f/2.8
Note : ce test Nikon Z 6II s’est révélé plus complexe que prévu : pas un seul spectacle vivant à me mettre sous la dent, pas d’évènements sportifs en extérieur, pas de rassemblements sur circuits. Pas de photo nocturne non plus, ou si peu, pour cause de couvre-feu. Je me suis donc rabattu sur ce que j’avais sous la main, et comme j’ai le boîtier avec moi, je continuerai à publier des photos et mon avis tout au long de l’année, ça va bien finir par aller mieux.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 32 mm – ISO 6.400 – 1/320 sec. – f/8
Test Nikon Z 6II : prise en main
Je ne vous apprendrai rien en vous disant que le Nikon Z 6II présente la même ergonomie que le Z 6. Taille, poids, présentation, tout est identique. La construction aussi, à la hauteur des modèles experts-pros de la marque.
Je déplacerais toujours volontiers un ou deux boutons de la face arrière, dont celui de visualisation des images (je précise que je suis gaucher) mais dans l’ensemble pas de mauvaise surprise, tout est efficace et – surtout – personnalisable. Si vous utilisez déjà un reflex Nikon, vous serez en confiance très vite.
Nikon a soigné la finition de son hybride, la prise en main est toujours aussi agréable, le poids contenu, les commandes douces et fermes à la fois. Je n’ai pu évaluer encore si la résistance du revêtement présentera la même faiblesse à l’arrière-droit que sur le Z 6, elle avait tendance à se détériorer en frottant dans mon sac. Si cela vous arrive, le support Nikon prend en charge la réparation.

test Nikon Z 6II : la molette de sélection des modes d’exposition et le sélecteur d’affichage viseur/écran
Ergonomie et commandes
La philosophie des Nikon expert-pros est respectée sur le Z 6II : une fonction = un contrôle, touche dédiée ou molette. C’est simple et efficace.
La personnalisation vous permet d’adapter le comportement de nombreux contrôles à vos envies, j’ai confié à la bague multifonctions des objectifs NIKKOR Z la correction d’exposition, c’est plus rapide et ergonomique que de passer par la combinaison bouton supérieur + molette arrière.

test Nikon Z 6II : les deux touches de fonction en face avant
La face avant présente toujours deux touches Fn personnalisables. J’attribue à la touche supérieure le contrôle des modes AF et à la touche inférieure l’obturation silencieuse.
Le viseur électronique et l’écran tactile
Le viseur électronique est le même que celui du Z 6 (OLED 3.690.000 points), je n’ai rien de plus à en dire que dans le test du Nikon Z 7. Ce n’est peut-être plus le meilleur désormais, mais si vous ne le trouvez pas agréable, vous êtes plus difficile que moi (je le suis pourtant pour utiliser des hybrides depuis plus de 5 ans).
Contrairement à ce que je peux ressentir avec le viseur de mon APS-C (qui n’est pas un Nikon), je n’éprouve aucune fatigue oculaire au bout d’une heure de spectacle dans le noir.
Vous vous interrogez toujours sur l’intérêt d’utiliser ce viseur électronique en lieu et place du viseur optique de votre reflex ? Retenez que vous gagnerez :
- une visualisation de l’exposition et de la balance des blancs en temps réel,
- le rendu final de l’image selon le Picture Control choisi dont le noir et blanc,
- l’affichage de l’histogramme pour ajuster l’exposition en temps réel,
- l’affichage des réglages dans le viseur,
- un niveau électronique à la demande (plus discret sur le Z 6II),
- une assistance à la mise au point manuelle avec focus peaking et loupe.
Les adeptes de la macro seront ravis de disposer du focus peaking pour ajuster avec précision la mise au point manuelle (l’autofocus n’a guère d’intérêt en macro).

test Nikon Z 6II : le viseur et l’écran tactile inclinable arrière
L’écran tactile permet de visualiser les photos comme sur votre smartphone en les faisant glisser du doigt et en zoomant avec deux doigts. Comme sur les reflex Nikon il ne souffre d’aucun défaut de colorimétrie, c’est très agréable.
Cet écran gagne une amélioration intéressante : lorsqu’il est incliné et que le mode automatique est activé pour le choix viseur/écran, masquer le détecteur n’éteint plus l’écran. Bien vu, pensez à nettoyer la fenêtre du détecteur de temps en temps, il sera plus réactif si vous l’avez sali en transpirant l’été ou sous la pluie.
En mode visualisation, la molette avant vous permet de basculer d’une zone de détection Eye-AF à l’autre, pratique pour vérifier vite fait la netteté sur les visages détectés.

test Nikon Z 6II : l’affichage des réglages et de l’histogramme sur l’écran arrière (le même affichage est possible dans le viseur)
RAS en matière de Live View, le Nikon Z 6II est aussi efficace que son prédécesseur. Le double processeur rend l’ensemble encore plus fluide lorsqu’il s’agit de contrôler la mise au point, en photo comme en vidéo.
Les vidéastes apprécieront de pouvoir faire le point en Live View sans latence, les photographes y verront, comme sur le Z 6, un Live View enfin utilisable.
Petit bémol, l’écran du Nikon Z 6II ne pivote toujours pas vers l’avant. L’absence de rotule ne facilite pas le tournage vidéo face caméra, ce manque est toutefois comblé par l’application SnapBridge qui permet d’avoir un retour caméra avec contrôles de prise de vue temps réel.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 70 mm – ISO 1.000 – 1/125 sec. – f/8
Les menus
Le Nikon Z 6II reprend les menus du Z 6, avec une différence en matière d’autofocus. Exit l’activation indépendante de la détection Eye-AF humains et animaux, ce choix est regroupé avec les autres zones de détection dans le menu Prise de vue photo, Mode de zone AF.
Le menu Configuration autorise la mémorisation de la mise au point lorsque vous éteignez le boîtier.
L’autonomie
Afin d’économiser au mieux l’énergie, le Nikon Z 6II propose un mode « économie d’énergie » qui réduit la luminosité de l’écran et du viseur lorsqu’ils ne sont pas sollicités. Nikon n’en dit pas plus (ou bien je n’ai pas trouvé).
Le Nikon Z 6II utilise une batterie EN-EL15c de 2280 mAh (1900 mAh pour la EN-EL15b des séries 1), c’est la même capacité que celle des Sony Alpha 7 Mark III (clin d’œil aux oranges ?).

test Nikon Z 6II : autonomie batterie EN-EL15c
Lors de ce test Nikon Z 6II effectué en plein hiver avec des températures frôlant souvent 0°C, difficile d’espérer tirer la plus grande autonomie de la batterie. Toutefois j’ai réussi à faire 1.375 photos en extérieur, sur plusieurs jours, en disposant encore de 10 % d’autonomie, tout en jouant sans cesse avec l’écran. Pas si mal pour un hybride et en progrès par rapport au premier Z 6.
Les versions précédentes des batteries Nikon EN-EL15 A et B restent compatibles. La charge est possible via le port USB-C boîtier allumé (éteint uniquement avec les séries 1) avec le modèle EN-EL15 C.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 32 mm – ISO 1.000 – 1/70 sec. – f/14

test Nikon Z 6II : vous céderez avant lui
Comme tous les Nikon experts-pros, la construction tous temps vous permet d’utiliser le Nikon Z 6II sous la pluie ou dans la neige, laissez-le simplement sécher au retour sans le poser sur une source de chaleur.
La connectique et les cartes mémoire
Mise à part la possibilité d’utiliser une poignée grip avec contrôles déportés, rien de neuf côté connectique entrées/sorties, et c’est bien logique puisque le Z 6 était déjà très complet. Sur le côté gauche, vous disposez des prises :
- USB 3.0 Type C,
- mini-HDMI,
- télécommande,
- micro,
- casque.

test Nikon Z 6II : les connecteurs pour la poignée grip
Le Nikon Z 6II propose le Wi-Fi IEEE 802.11b/g/n/a/ac et le Bluetooth 4.2. Il vous est ainsi possible de connecter le Z 6II à votre smartphone via l’application Snapbridge.

test Nikon Z 6II : les deux emplacements cartes SD et XQD/CFexpress et les contrôles arrières
Un second emplacement pour cartes SD fait enfin son apparition. Cette erreur de jugement sur les Z première génération est réparée, à vous les cartes SD, XQD et CFexpress, et les modes copie et débordement. Les photographes de mariage apprécieront, les utilisateurs de SD aussi, les vidéastes s’en moquent mais au moins tout le monde est content.
Sachez toutefois que les performances en mode rafale de ce Nikon Z 6II étant ce qu’elles sont (14 im/sec., 124 RAW non compressés, 200 JPG) mieux vaut utiliser des cartes SD performantes sans quoi elles ralentiront le boîtier et ce ne sera pas de sa faute. Pensez à renouveler votre stock si vous avez encore des cartes de moins de 300 Mb/sec.
Lors du test Nikon Z 6II, avant que le buffer ne sature en mode rafale, j’ai pu enregistrer sur une XQD 440 Mb/s :
- 124 photos en RAW 14 bits compressé sans perte,
- 201 photos en JPG Fine large.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 30 mm – ISO 6.400 – 1/20 sec. – f/8
Test Nikon Z 6 : Autofocus
L’autofocus avec un hybride
L’une des différences entre hybride et reflex, c’est que sur l’hybride c’est le capteur image qui sert aussi de capteur autofocus alors que sur un reflex l’autofocus profite d’un capteur dédié, les modules Nikon Multi-CAM.
Sur le Z 6II, pas de Multi-CAM, mais 273 collimateurs couvrant 90 % du cadre. Cette couverture très large vous permet de faire le point sur un sujet situé au bord de l’image, par exemple, et de le suivre s’il traverse le champ jusqu’à l’autre bout du cadre.
Cela vous permet aussi de faire la mise au point à n’importe quel endroit sans vous soucier de savoir si l’autofocus pourra assurer. C’est un avantage sur trépied, « cadrer, mémoriser la mise au point, recadrer » n’est plus obligatoire, il suffit de jouer avec le pad ou le joystick AF.

test Nikon Z 6II + Nikon Z 24-70mm f/4 S – 52mm – ISO 6.400 – 1/160 sec. – f/4
Sur les premières générations d’hybrides Nikon, la fonction de mise au point automatique est assurée par l’unique processeur Expeed 6 en charge de toutes les opérations par ailleurs. Afin d’optimiser les performances de l’autofocus du Nikon Z 6II (et Z 7II), Nikon a ajouté un processeur Expeed 6 supplémentaire. Ceci permet de :
- soulager le processeur principal,
- accélérer le traitement des informations de mise au point en provenance du capteur image,
- proposer de nouvelles évolutions firmware).
Nikon a ajouté deux zones de détection Eye-AF zone large, ce qui permet à l’AF d’être plus rapide lors de la détection et le suivi des yeux humains ou animaux. Auparavant l’unique Expeed 6 devait balayer l’intégralité du champ avec la zone AF automatique si vous activiez l’Eye-AF, désormais le processeur dédié peut ne contrôler qu’une zone réduite. Le menu Réglages perso. – Autofocus évolue pour refléter ces changements.
L’autofocus du Nikon Z 6II en pratique
Il est plus vif, sans aucun doute. Il a ses limites, aussi.
Avant de vous dire ce que je pense des performances de cet autofocus, il me faut faire quelques rappels indispensables :
- l’autofocus d’un hybride (toutes marques) diffère de celui d’un reflex, les réglages ne sont pas les mêmes,
- le champ couvert est plus important, les performances diffèrent,
- il ne faut pas confondre mode de suivi AF et zones de détection AF,
- le suivi 3D des reflex Nikon est remplacé par le suivi du sujet en mode AF-C zone AF automatique,
- le meilleur autofocus du monde ne pourra pas assurer la mise au point sur le sujet si vous ne savez pas quel est votre sujet.

exemple de suivi du sujet en AF-C zone AF automatique, l’AF a accroché avant l’arbre depuis une dizaine de photos en rafale déjà …

… et retrouve le cycliste après qu’il soit passé derrière l’arbre, bien que la scène soit encombrée.
Je lis beaucoup d’incompréhensions et d’erreurs sur cet autofocus. Retenez que bien que Nikon cherche à vous faciliter la vie en proposant ces modes AF automatiques, rien ne peut remplacer votre œil et votre cerveau. Vous devez savoir sur quoi vous voulez faire le point pour choisir le bon mode autofocus et la bonne zone de détection. Sinon vous allez au devant des problèmes rencontrés par certains.
Ce n’est pas tout : il vous faut aussi prendre le temps de comprendre comment chaque mode fonctionne et les résultats qu’il peut vous donner. Autrement formulé, pour vous faciliter la vie il faut commencer par vous la complexifier. Ceux qui ont utilisé l’AF 153 collimateurs d’un D5/D6, D850 ou D500 savent de quoi je parle.
Cela nécessiterait un long développement que je ne ferai pas ici, je préfère vous donner les résultats obtenus lors du test.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 24 mm – ISO 100 – 1/400 sec. – f/8
Mode AF-S ponctuel
En zone AF automatique, l’autofocus du Nikon Z 6II se cale immédiatement sur la zone la plus proche, de préférence la plus lumineuse. Ce n’est pas systématique, mais c’est sa réaction la plus fréquente. Il le fait vite, sans aucune hésitation.
Dans ce mode peu exigeant, la différence avec le Nikon Z 6 série 1 n’est pas flagrante.
C’est le couple mode et zone de détection à privilégier pour tous les sujets statiques ou assimilés : paysage, urbain, nature.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 24 mm – ISO 6.400 – 1/80 sec. – f/5.6
En zone Eye-AF automatique, sur tout le champ donc, l’autofocus du Z 6II identifie très vite l’œil ou les yeux. Une fois qu’il a accroché, vous pouvez recadrer, le suivi est assuré, il reste calé sur l’œil. Si votre sujet vous tourne la tête définitivement, n’espérez pas suivre ses yeux (ça va toujours mieux en le disant). Si c’est un tour bref et qu’il vous regarde à nouveau, l’AF le récupère vite.
La zone Eye-AF zone large n’a guère d’intérêt dans ce mode, sauf à avoir plusieurs personnes dans le viseur et à vouloir en privilégier une.

test Nikon Z 6II + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VRII – 200 mm – ISO 3.200 – 1/4.000 sec. – f/2.8
Toutes les autres zones vous permettent de définir le sujet avec précision, de la plus petite zone à la plus large. Utilisez-les si la zone automatique ne vous donne pas les résultats attendus.
Mode AF-C continu sans suivi du sujet
Dans ce mode, la mise au point est assurée en continu, selon la zone choisie, l’AF doit identifier le sujet, faire le point, et le suivre tout en ajustant la mise au point.
En zone AF automatique, l’autofocus du Nikon Z 6II se comporte comme en mode AF-S si ce n’est qu’il change la mise au point en fonction du déplacement du sujet.
Trois cas se présentent alors :
- votre sujet reste au même endroit dans le cadre mais se déplace d’avant en arrière ou l’inverse : l’AF le suit sans difficulté,
- votre sujet ne reste pas au même endroit tout en se déplaçant d’avant en arrière ou l’inverse : l’AF suit le sujet et ajuste sans mal la mise au point, il peut par contre perdre le sujet sur un déplacement latéral puisque celui-ci n’est pas défini par une zone précise,
- votre sujet a un déplacement aléatoire, dans les trois dimensions (haut/bas, droite/gauche, avant/arrière) : ça se complique car l’AF ne sait plus quelle zone choisir.
Notez que sur les reflex cette situation ne peut exister puisqu’il n’existe pas de mode zone AF automatique et que le suivi 3D est limité à la zone centrale du viseur.

test Nikon Z 6II + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VRII – 200 mm – ISO 400 – 1/1.600 sec. – f/2.8
en zone AF automatique, le Z 6II suit l’oiseau qui se déplace lentement
Ce mode ne permet pas de détecter un petit sujet en mouvement puis de le suivre si le contraste dans l’image n’est pas suffisant. Visez un oiseau en vol sur ciel clair et ça fonctionne bien. Visez le même oiseau dans des arbres et ça fonctionne de façon plus aléatoire.
La notion de contraste est importante, mes essais montrent que plus le contraste entre le sujet et son environnement est important, meilleur est le résultat. Si le contraste est faible, le résultat n’est pas satisfaisant. Mieux vaut en revenir aux zones habituelles que vous déplacez d’un appui sur le joystick comme sur un reflex.
Mode AF-C continu avec suivi du sujet sur deux axes
Dans ce mode vous indiquez au boîtier quelle zone suivre en appuyant sur la touche Ok une fois la zone AF automatique activée. Le carré blanc s’affiche, vous le placez là où bon vous semble, vous validez en appuyant à nouveau sur Ok. Le carré devient jaune et le suivi est activé.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 70 mm – ISO 1.000 – 1/400 sec. – f/8
suivi AF activé sur la cabine depuis le fond du cadre, pendant tout le déplacement (extrait d’une rafale)
l’AF a récupéré son sujet après le passage des poteaux

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 64 mm – ISO 400 – 1/800 sec. – f/5.6
suivi AF activé sur la cabine depuis le fond du cadre, pendant tout le déplacement (extrait d’une rafale)
Mes nombreux tests montrent que ce suivi est plutôt satisfaisant. Photographier un train, par exemple, donne de très bons résultats. Une fois la cabine désignée, l’AF la suit même si le déplacement du train se fait en latéral et de l’arrière vers l’avant. Le contraste joue moins que dans le cas précédent car la zone est réduite, l’AF sait sur quoi se concentrer.
Ce mode convient pour les photos de sport, d’action, les véhicules en déplacement tant que le sujet se déplace en latéral et/ou d’avant en arrière, et que sa taille est suffisante pour occuper une bonne partie de la zone de détection jaune.
Si vous photographiez un humain ou un animal, les zones de détection AF automatique Eye-AF et Eye-AF zone large donnent elles-aussi de bons résultats. Votre modèle peut se déplacer en venant vers vous, une fois l’œil accroché le Z 6II ne le perd pas.
Mode AF-C continu avec suivi du sujet sur trois axes
C’est le mode le plus exigeant et celui qui fait parler de lui. Vous demandez à l’autofocus de :
- suivre le sujet dans une zone précise,
- assurer la mise au point en continu,
- quels que soient le déplacement du sujet, sa vitesse de déplacement, les obstacles qui peuvent passer devant, le recadrage que vous faites, les mouvements du boîtier, la différence de luminosité et de contraste, la focale.
Aucun boîtier ne peut vous garantir un résultat à 100 % tant la situation est complexe à calculer. Le suivi 3D des reflex se trompe aussi parfois.

test Nikon Z 6II + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VRII – 200 mm – ISO 400 – 1/3.200 sec. – f/2.8
suivi du sujet calé sur l’oiseau du haut
Le Nikon Z 6II est plus réactif que le Nikon Z 6 mais la différence n’est pas flagrante. S’il ne perd pas le sujet lors de son premier mouvement, il le suit sans problème. S’il le perd, et ça arrive, il ne le retrouve pas. Il vous faut alors appuyer à nouveau sur la touche Ok, déplacer le carré sur la nouvelle position du sujet, ré-appuyer pour enclencher à nouveau le suivi.
Il est dommage que cette zone de suivi (en jaune) ne puisse être ajustée d’un simple appui sur le joystick comme c’est le cas chez certains concurrents et sur les reflex en suivi 3D. Espérons qu’une mise à jour firmware puisse corriger ce comportement car cela règlerait bien des problèmes.
En pratique retenez que dans la plupart des situations courantes, le Nikon Z 6II fera le point sans hésiter et vos photos seront nettes. La rapidité de mise au point comme le suivi du sujet n’ont rien à voir avec celles d’un reflex comme le D750ou le D610 (en mode visée optique). C’est le jour et la nuit. Seuls les sujets les plus complexes pourront poser problème selon les conditions de luminosité et l’environnement. Le D850 et le D6 peuvent alors mieux s’en sortir, dans une zone limitée par construction au centre de leur viseur.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 70 mm – ISO 560 – 1/320 sec. – f/4
suivi AF-C zone AF automatique
Test Nikon Z 6II : Qualité d’image
Montée en sensibilité
Le Nikon Z 6II utilise le même capteur que le Nikon Z 6, les résultats sont identiques. Le niveau de bruit reste très limité jusqu’à 3.200 ISO, visible et agréable à 6.400 ISO, très acceptable à 12.800 ISO et gérable en post-traitement à 25.600 ISO.
Avec un peu de soin, vous pourrez travailler en JPG à 12.800 ISO sans même y penser. Une image infaisable autrement sera possible à 25.600 ISO en RAW avec un post-traitement approprié.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 70 mm – ISO 6.400 – 1/25 sec. – f/8

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 64 mm – ISO 12.800 – 1/20 sec. – f/4

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 70 mm – ISO 25.600 – 1/25 sec. – f/4
Au-delà, à 51.200 ou 102.800 ISO, les images ne sont pas exploitables en JPG (hors petit format web). Utilisez le RAW et la fonction DeepPRIME de DxO PhotoLab 4, c’est bluffant. Les images sont parfaitement exploitables sans présenter toutefois la qualité des sensibilités inférieures.
En faible lumière, la stabilisation du capteur évite de trop augmenter le temps de pose et permet de conserver une sensibilité ISO réduite. Couplé à une focale fixe ouvrant à f/1.8 ou f/1.2 (comme le NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S), à vous la photo de nuit sans trépied.
Je reprends l’argument donné lors du test du Z 6 : « Cette stabilisation Nikon est probablement l’un des plus grands bénéfices à passer à un hybride, que vous saurez très rapidement apprécier sur le terrain ».

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 30 mm – ISO 6.400 – 1/8 sec. – f/4.5 (à main levée)
Test Nikon Z 6 : vidéo
N’étant pas vidéaste, je n’ai pas poussé ce test Nikon Z 6II en vidéo au-delà de quelques enregistrements simples. Vous trouverez ci-dessous les caractéristiques de la fonction vidéo.
L’enregistrement se fait en h.264 et le boîtier génère des fichiers en .mov ou .mp4. En UHD, trois cadences sont disponibles : 30p, 25p et 24p. Une prochaine mise à jour firmware autorisera la 4K UHD 60p (avec recadrage toutefois).
Deux types de Full HD coexistent : la Full HD classique avec des cadences de 120p, 100p, 60p, 50p, 30p, 25p et 24p, et la Full HD ralentie en 30p 4x, 25p 4x et 24p 5x. Vous pouvez choisir entre deux qualités d’image : normale ou élevée.
Nikon ayant transposé son savoir faire en termes de D-Lighting et Picture Profile de la photo vers la vidéo, vous apprécierez la qualité d’image. La mise au point manuelle est ajustable à la volée, sans perdre pour autant la mise au point automatique, sans commune mesure avec celle des reflex. La vidéo dispose désormais de l’autofocus Eye-AF.
Ce qui caractérise ce Z 6, c’est aussi son silence de fonctionnement en vidéo. Avec les optiques NIKKOR Z pensées pour la photo et la vidéo, pas de bruit autofocus, une grande fluidité de la mise au point et des bagues de zoom, pas de cran sur la bague d’objectif.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 24 mm – ISO 2.800 – 1/250 sec. – f/4
Les photos de ce test sont disponibles en pleine définition sur Flickr.
Test Nikon Z 6II : pour qui et quels usages
Vous avez déjà un Nikon Z 6 série 1
Sauf à ne photographier que des oiseaux en vol et des sujets dont les mouvements sont rapides et aléatoires, vous ne gagnerez rien à passer au Nikon Z 6II. Le Z 6 a bien évolué avec les mises à jour successives et garde ses qualités en photo comme en vidéo.
Dans le cas contraire, le Z 6II sera plus réactif, plus rapide en suivi du sujet, ce qui ne l’empêchera pas de fauter parfois. Toutefois son second processeur ne demande qu’à être encore mieux exploité et pourra recevoir les probables mises à jour firmware à venir.
La seule raison qui pourrait vous décider serait l’envie d’utiliser une poignée grip avec commandes déportées, ou de délaisser vos cartes XQD pour favoriser les SD. Mais comme vous êtes déjà censé avoir des XQD avec le Z 6, cet argument ne tient pas longtemps.

test Nikon Z 6II + AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8 VRII – 200 mm – ISO 400 – 1/250 sec. – f/6.3
Vous avez un reflex Nikon et souhaitez passer à l’hybride plein format
Le Nikon Z 6II est le plus polyvalent de la gamme Nikon Z, très proche dans l’esprit du Nikon D780 qui lui a emprunté son capteur, son électronique et son mode LiveView (mais pas son double processeur, il faut passer au D6 pour cela). 24 Mp sont suffisants pour la plupart des usages, le Z 6II vous accompagnera sans aucun problème pour le paysage, la nature, le portrait, l’animalier, le reportage.
Le coût des cartes SD et la réactivité d’ensemble sont des avantages en faveur du Z 6II. La bague FTZ vous permettra d’utiliser vos optiques Nikon F ou compatibles en attendant de passer, pourquoi pas, aux NIKKOR Z.
Si toutefois vous ne faites jamais de vidéo, et que vous acceptez de vous passer de l’écran supérieur, le Nikon Z 5 reste une alternative moins onéreuse.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 60 mm – ISO 100 – 1/1.250 sec. – f/4
Vous n’avez pas de matériel Nikon et le Z 6II vous fait de l’œil
Il vous faut un boîtier et des objectifs, le Z 6II pourrait bien être celui-là. Polyvalent, proposant une très belle qualité d’image en photo comme en vidéo, il répondra à la plupart de vos besoins.
Investissez de préférence dans des optiques NIKKOR Z puisque vous êtes censé ne pas avoir d’optiques. Le zoom NIKKOR 24-200 mm sera un très bon premier choix pour passer partout, les excellents zooms NIKKOR Z f/2.8 S combleront les plus exigeants.

test Nikon Z 6II + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S – 26 mm – ISO 800 – 1/320 sec. – f/14
Vous hésitez entre le Nikon Z 6II et le Nikon Z 7II
21 Mp et la 4K UHD sans recadrage séparent l’un de l’autre. Tout le reste est identique. Si le capteur du Nikon Z 6II gagne une valeur de sensibilité face à celui du Z 7II, cela ne changera pas grand-chose dans la plupart des cas.
Reste à savoir si vous devez faire de très grands tirages, recadrer en DX (en gardant 20 Mp) pour l’animalier et si vous préférez mettre vos sous dans le boîtier plutôt que dans les optiques.
Plusieurs autres cas doivent exister, posez vos questions dans les commentaires, j’y répondrai au mieux.
Test Nikon Z 6II : conclusion
Le Nikon Z 6II est en progrès par rapport au Z 6. Il est plus polyvalent grâce à son double emplacement pour cartes mémoire, la possibilité de lui adjoindre une poignée à commandes déportées et sa meilleure gestion de l’autonomie. Il est aussi plus réactif, et son autofocus fonctionne plus vite.
L’ergonomie, la construction, la qualité d’image sont à la hauteur de ce que vous pouvez attendre d’un Nikon expert-pro. Ce test Nikon Z 6II le montre, le boîtier progresse en capacités : mode rafale, buffer d’images, batterie et recharge USB.
Pour autant cela n’en fait pas un nouveau Nikon hybride, le capteur et l’électronique restent les mêmes que sur le Z 6, l’autofocus montre ses limites en suivi continu des mouvements aléatoires.
Il n’en reste pas moins que pour l’utiliser au quotidien, après avoir usé plusieurs générations de reflex et un premier Nikon Z 6, je ne reviendrais pas en arrière. Le Z 6II passe partout, répond toujours présent, supporte (presque) tout, se loge aisément dans mon sac d’épaule, épargne mon dos , mes bras et mes cervicales.
Il me permet surtout de faire toutes les photos que je dois ou veux faire, de jour comme de nuit, dans le plus grand silence si le besoin s’en fait sentir. Ce qui est le critère déterminant lorsqu’il s’agit de choisir un appareil photo.
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