Pourquoi choisir un objectif NIKKOR Z pour votre hybride, et le(s)quel(s) ?

Si la gamme NIKKOR en monture F pour reflex existe depuis 1959, celle en monture Z pour hybrides FX 24 x 36 mm Nikon Z n’existe que depuis 2018 (année de présentation du système).

2019 a vu apparaître une gamme d’appareils photo hybrides APS-C (DX) avec l’annonce du Nikon Z 50, muni, donc, d’un capteur APS-C, contrairement aux boîtiers Z 6 et Z 7 dotés de capteurs plein format 24 x 36 mm.

« Oh non, encore une gamme optique à apprendre par cœur ! » pourriez-vous vous plaindre. « Il va falloir tout racheter ! » pourriez-vous craindre. « D’ailleurs, n’y aurait-il pas des doublons ? » pourriez-vous légitimement vous interroger. « Ne serait-ce pas le bon moment de renouveler son matériel ? » pourriez-vous vous demander.

Autant de questions auxquelles je vais tâcher de répondre, après avoir présenté ce qui peut vous pousser à choisir un objectif Nikon NIKKOR.

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Article réalisé en partenariat avec Nikon

Le contexte : le marché des hybrides 24 x 36 mm

Il aura fallu attendre l’été (puis l’automne) 2018 pour que Nikon entre dans la danse de l’hybride 24 x 36 mm.

Mais pourquoi autant de temps ? Il y a trois raisons.

La première est que Nikon n’est pas un nouveau venu dans le monde de l’hybride. Il faut se rappeler de feu les Nikon 1 et leur capteur 1 », qui s’étaient forgés une belle réputation de compacité et de réactivité.

Ce galop d’essai a permis au constructeur de développer de belles technologies, essentiellement en ce qui concerne l’autofocus hybride (à la fois à détection de contraste et à corrélation de phase), et de s’exercer sur le développement d’optiques destinées à une monture au tirage court.

La seconde raison est que le constructeur, pilier central du monde de la photographie, a une réputation d’excellence à maintenir. Impossible d’y aller à l’improviste, la fleur au fusil, avec des produits imparfaits, une gamme optique minimaliste, des boîtiers n’apportant rien par rapport aux reflex « équivalents ».

Le mûrissement d’un tel projet ne peut donc se faire du jour au lendemain, surtout lorsque, comme Nikon, au-delà du seul attrait de la (relative) nouveauté que représente l’hybride 24 x 36 mm dans le paysage photographique, on souhaite penser un tout nouveau système résolument tourné vers l’avenir (nous reparlerons des vertus de la monture Z) tout en s’épanouissant sur des racines solides (la rétrocompatibilité totale, ou presque, avec les optiques reflex en monture F).

La troisième raison, peut-être la plus évidente : développer un boîtier prend du temps. Surtout quand il s’agit de 24 x 36 mm, le format plus grand accroissant les challenges techniques de manière exponentielle par rapport à l’APS-C.

Développer simultanément deux boîtiers (le Z 6 et le Z 7) et décliner, en moins d’un an, une gamme optique déjà riche de 10 références (23 d’ici la fin 2021), cela requiert des ressources humaines et industrielles colossales !

Tous les objectifs NIKKOR Z pour hybrides Nikon

choisir un objectif NIKKOR Z : la gamme de focales fixes et zooms (décembre 2019)

Aujourd’hui, en début d’année 2020, nous pouvons écrire sans sourciller que :

  • l’offre Nikon hybride 24 x 36 mm est mûre,
  • choisir un objectif NIKKOR Z et utiliser la bague FTZ permet de couvrir la plupart des utilisations de base,
  • cela permet à celle et celui qui s’y lance d’envisager l’avenir avec sérénité grâce à une roadmap optique claire, qui permet de planifier ses investissements sans mauvaise surprise.

La monture Z : une monture pleine de vertus tournée vers l’avenir

Pour ses hybrides, Nikon a donc développé une nouvelle monture, la Z. Ce qui porte à deux le nombre de montures disponibles actuellement chez le constructeur, comme évoqué dans le premier article de ce dossier :

  • Z pour les hybrides (toutes tailles de capteur confondues),
  • F pour les reflex (toute tailles de capteur confondues).

monture Nikon NIKKOR Z hybride

choisir un objectif NIKKOR Z : la monture Z hybride

Les objectifs F se montent sur les boîtiers en monture Z grâce à la bague FTZ. Mais l’inverse n’est pas possible pour des raisons mécaniques que nous développons juste après.

Nikon a donc développé une nouvelle monture, la Z, pour laquelle vous ne devriez retenir que trois nombres :

  • 16
  • 55
  • 11

16 millimètres

tirage mécanique monture Nikon NIKKOR Z hybride

choisir un objectif NIKKOR Z : le tirage mécanique de la monture Z

Il s’agit du tirage mécanique de la monture Z, c’est à dire la distance qui sépare la monture du capteur.

Plus cette distance est faible, plus il est aisé pour les ingénieurs opticiens de développer des formules dont la dernière lentille se rapproche du capteur.

Surtout, cela facilite le développement d’objectifs hybrides plus compacts et plus légers que leurs homologues reflex.

Avec ses 16 mm, la monture Z est aussi, et surtout, celle disposant du plus court tirage mécanique du marché, ce qui permet d’utiliser, à l’aide d’un adaptateur dédié, des optiques en monture F sur votre boîtier Z, comme n’importe quel objectif de n’importe quelle marque, sauf quelques montures très exotiques que vous croiserez rarement.

Si vous possédez de vieilles optiques manuelles en montures M39, M42, Olympus OM, Pentacon, Pentax K, Leica M, Contax C, et même Canon FD, c’est le moment de vous faire plaisir en leur offrant une nouvelle vie ! D’autant plus que la visée électronique des boîtiers Z, avec la loupe et le focus peaking, devrait grandement vous faciliter la mise au point.

55 millimètres

diamètre monture Nikon NIKKOR Z hybride

choisir un objectif NIKKOR Z : le diamètre de la monture Z

C’est le diamètre de la monture Z. Il s’agit, à ce jour, de la plus large monture pour des boîtiers à capteurs 24 x 36 mm.

55 mm, c’est très largement supérieur à la diagonale du format (environ 43 mm), ce qui a de nombreux avantages. Non seulement les optiques Z peuvent être plus compactes et légères (grâce au court tirage mécanique), mais en plus elles peuvent être bien plus lumineuses ou, à ouverture égale, proposer des performances supérieures à des optiques aux ouvertures plus prestigieuses (par exemple f/1.4).

Question luminosité maximale, le Noct-NIKKOR Z 58 mm f/0,95 S s’arroge le record absolu, dans la gamme NIKKOR, de la plus grande ouverture depuis que Nikon fabrique des objectifs, record jusqu’à présent détenu par le NIKKOR 5 cm f/1,1 LTM de 1953, destiné aux télémétriques de Nikon. Voilà qui ne nous rajeunit pas !

Avec leur ouverture plus conventionnelle de f/1,8, les actuels 35, 50, 85 mm tiennent la dragée haute aux AF-S NIKKOR f/1,4 équivalents en termes de performances optiques. Un bel exploit.

11 contacts électroniques

nombre de contacts monture Nikon NIKKOR Z hybride

choisir un objectif NIKKOR Z : les 11 contacts de la monture Z

C’est trois contacts de plus que pour la monture F, et cela a son importance. Cela permet à un boîtier Nikon Z de piloter n’importe quel objectif en monture F mais, surtout, à l’heure actuelle, l’intégralité des 11 contacts n’est pas complètement exploitée.

En effet, Nikon se réserve la possibilité d’utiliser les contacts vacants pour des usages futurs, notamment liés à la vidéo, qui exige des vitesses de communication à très haut débit, surtout dans le cadre de la 8K et des enregistrements au-delà de 120 images par seconde.

Avec ses 11 contacts, la monture Z est « future proof », tout en permettant d’ores et déjà quelques raffinements uniques sur le marché, comme la correction du « breathing », ce phénomène imperceptible en photo mais gênant en vidéo, où la focale varie en fonction de la distance de mise au point, ce qui modifie le cadrage.

La monture Nikon Z est donc une monture bien née, parée pour l’avenir avec de nombreuses possibilités d’évolutions optiques (domaine où Nikon maîtrise son sujet), et offrant déjà de solides arguments par rapport à la concurrence.

De l’intérêt de la double gamme optique F et Z

« C’est une révolution, il faut tout racheter ! » Oui… mais non.

En développant ses hybrides Z, Nikon a apporté beaucoup d’attention à assurer la (rétro)compatibilité avec les objectifs reflex en monture F. Du moins en ce qui concerne ceux proposés par Nikon, car cette compatibilité, si elle est mécanique, n’est pas toujours 100% optimale avec les objectifs autofocus tiers, dont ceux de Sigma, Tamron et Samyang, qui doivent encore peaufiner leurs algorithmes.

Ici, l’intérêt de la cohabitation de deux gammes optiques permet surtout aux utilisateurs d’hybrides Z de ne pas se retrouver avec des « trous » dans l’offre en monture Z, trous qu’il est possible de compenser en piochant dans le catalogue en monture F.

Tous les objectifs Nikon NIKKOR compatibles avec les hybrides Nikon Z

choisir un objectif NIKKOR Z : la gamme d’objectifs NIKKOR Z et F compatibles via FTZ

Pour les photographes professionnels, cela est d’autant plus crucial qu’il serait rageant de devoir refuser une mission sous prétexte que « bah, non, désolé, le matériel dont je pourrais avoir besoin n’existe pas, revenez me voir dans… je ne sais pas combien d’années. » Ce ne serait pas très sérieux.

Les objectifs existants et ceux qui arrivent

Comme évoqué précédemment, la plupart des focales fixes de base sont déjà disponibles (février 2020) : le 20, le 24, le 35, le 50 et le 85 mm.

Côté grand angle, le 28 mm (en version pancake, tout comme un 40 mm) est prévu pour les mois à venir.

De même pour les amateurs de macrophotographie, qui profiteront bientôt des Micro NIKKOR 60 et 105 mm en monture Z dédiés.

Plus que de simples transpositions des formules optiques actuelles, il faudra s’attendre à des optiques soit plus compactes, soit plus performantes, soit à l’ergonomie mise au goût du jour, à l’instar de l’excellent NIKKOR Z 24-70 mm f/2,8 S.

Du côté des zooms, les 24-70 mm f/2,8 et 70-200 mm f/2.8 S hybrides existent déjà, et se paient le quadruple luxe d’être plus compacts, plus légers, plus réactifs et plus performants que leurs homologues reflex, . Tout porte à croire que le futur 14-24 mm f/2,8 sera de la même trempe.

Avec la monture Z, Nikon a également introduit de nouvelles plages focales dans ses zooms, comme le très compact et redoutable 14-30 mm f/4, ou de nouvelles ouvertures, comme le 24-70 mm f/4 qui n’a pas d’équivalent en reflex Nikon.

C’est aussi par les zooms qu’arriveront les plus longues focales en monture Z, avec notamment un 200-600 mm ou un 100-400 mm dont on ne sait pour l’heure pas grand-chose. Mais nul doute que les ingénieurs Nikon profiteront de l’occasion pour développer une formule un peu plus compacte, en tous cas plus légère, que ce qui pourrait se faire sur du reflex.

Les points forts

Plus légers, les objectifs NIKKOR Z le sont également. Pour toutes les raisons déjà évoquées ainsi qu’une autre :  tous sont dépourvus de stabilisation optique (sauf les 2 derniers modèles au format APS-C et le récent 70-200 mm f/2.8 VR). Ce qui pourrait être perçu comme un recul technologique ne l’est en fait pas. D’une part, la suppression de la stabilisation optique « rigidifie » la formule optique, en enlevant une lentille flottante, tout en supprimant l’encombrant mécanisme qui permet de la faire bouger. Voilà qui est aussi bénéfique pour la fiabilité.

De plus, la stabilisation mécanique du capteur des boîtiers Nikon Z 6 et Z 7 (mais pas Z 50) se révèle, à l’usage, plus efficace que celle intégrée aux objectifs AF-S NIKKOR pourvus de la stabilisation VR (sauf sur les téléobjectifs, ce pourquoi le 70-200 mm f/2.8 dispose du VR).

Cerise sur le gâteau : que vous utilisiez un objectif stabilisé ou non en monture F sur votre Z 6 ou votre Z 7, cet objectif profitera de la stabilisation du boîtier. Le beurre et l’argent du beurre.

Mais alors, pourquoi conserver une double gamme optique ?

Pour une raison très simple : parce que de nombreux objectifs reflex en monture F n’ont pas de raison d’être adaptés à l’hybride, une bague FTZ suffisant. Il existe plusieurs cas de figure.

Les très gros téléobjectifs lumineux, type 500 mm, 600 mm, 800 mm, sont des modèles très longs à développer, très onéreux à produire, et destinés à des usages spécifiques. Surtout, il s’agit d’objectifs très lourds (plusieurs kilos) et très encombrants (quasiment 50 cm de long, sans le pare soleil, dans le cas de l’AF-S NIKKOR 800 mm f/5,6E FL ED VR).

Les lois de l’optique et de l’économie font que les repenser intégralement pour l’hybride ne permettrait de gagner que quelques grammes et quelques centimètres (ce qui passerait inaperçu) et le retour sur investissement serait très difficile à atteindre compte tenu des volumes de vente considérés.

Et puis, bon, quand vous avez déjà dépensé le prix d’une petite voiture dans un objectif, vous n’avez pas forcément envie que l’on vienne vous expliquer qu’il faut repasser à la caisse pour vous retrouver avec quasiment la même chose…

Certains objectifs ont des usages trop spécifiques, avec une clientèle trop limitée, pour que cela ne soit rentable de les redévelopper spécifiquement pour une nouvelle monture.

Nikon PC-E 19mm f/4 ED, bascule, décentrement et rotation pour la photo d'architecture

objectif NIKKOR PC-E 19mm f/4 ED, bascule, décentrement et rotation pour la photo d’architecture

C’est le cas, donc, de ces téléobjectifs déjà évoqués, mais aussi des objectifs à bascule et décentrement (les PC et PC-E) majoritairement utilisés pour de l’architecture et du packshot. Déjà peu communs, leur utilisation strictement manuelle et de préférence sur trépied les rend imperméables aux vertus d’autofocus plus rapides et aux constructions plus compactes. D’ailleurs, la stabilisation du capteur (heureusement désactivable) est plus un inconvénient qu’autre chose.

Qu’attendre des objectifs Z sur boîtier Z, et des objectifs F sur boîtier Z ?

N’évoquons pas le cas des objectifs Z sur boîtiers reflex F : cela est tout simplement impossible. Ça, il faut bien le retenir. Evoquons donc les autres cas de figure.

Choisir un objectif NIKKOR Z sur boîtiers Z est le cas idéal puisque ces objectifs sont spécifiquement développés pour tirer le meilleur parti de la monture Z. Cela vous paraîtra comme une tautologie, mais c’est toujours bien de le souligner.

Ainsi, les optiques Z exploiteront au mieux la communication électronique (c’est bon pour l’autofocus) et, puisque leurs formules optiques sont étudiées pour les contraintes des tirages courts (un opticien ne voit que des contraintes, rarement des bénéfices), ils sont capables de développer très tôt leur plein potentiel.

Vers la photographie computationnelle

Avec ses objectifs Z, Nikon a choisi d’avoir massivement recours à la photographie « computationnelle ». Un mot un peu barbare pour dire que, à l’ère du numérique, la performance d’une optique relève à la fois de sa formule optique intrinsèque (et de sa qualité d’assemblage) et à la fois des corrections optiques apportées de manière électronique.

Pour les puristes, cela peut manquer de noblesse, mais à une époque où la puissance de calcul des processeurs de nos appareils photographiques le permet, pourquoi s’en priver ?

L’idée de la photographie computationnelle est la suivante : ne pas chercher, de manière délibérée, à corriger tous les défauts de manière optique (« en dur »), et confier cette mission à des algorithmes spécialisés (donc « en mou », de manière « logicielle », ou « software » en anglais).

Bien sûr, il ne s’agit pas de faire n’importe quoi, et les défauts en question sont le vignettage, la distorsion et la diffraction. Trois choses qui aujourd’hui s’arrangent en trois clics et deux coups de baguette magique. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que, par défaut, lorsque vous montez une optique Z sur un boîtier Z, certains des réglages associés à ces corrections sont inaccessibles, Nikon préférant éviter les mauvaises manipulations et vous demandant de faire confiance lorsqu’il s’agit de tirer le meilleur de votre matériel.

Bien sûr (bis), il reste aux lentilles de l’objectif leur forme, leur formule chimique et la manière d’ordonner tout cela, la mission d’apporter lumière, détails et couleurs. Ce qui n’est pas rien.

la formule optique de l'objectif Nikon NIKKOR Z 58 mm f/0.95 S Noct

choisir un objectif NIKKOR Z : l’assemblage lentilles de l’objectif Nikon NIKKOR Z 58 mm f/0.95 S Noct

Ces diverses corrections logicielles sont déjà bien connues des utilisateurs de reflex, mais à des degrés moins poussés. Toutefois, lorsque vous utilisez un objectif NIKKOR en monture F sur votre boîtier hybride en monture Z via la bague FTZ, cet objectif est immédiatement reconnu. Cela permet au boîtier hybride d’appliquer automatiquement les mêmes profils de correction que si vous utilisiez le reflex Nikon auquel vous êtes habitué.

Comme, en plus, la communication autofocus est assurée (à des degrés différents selon l’ancienneté de votre objectif, voir le premier article pour cela), et que la bague FTZ ne contient pas de lentilles, vous retrouverez très exactement les mêmes performances optiques sur un hybride Z que sur votre reflex Nikon F.

Et même… vous risquez d’avoir des images un peu meilleures, car d’une part les algorithmes de traitement d’image des Nikon Z sont plus récents, et que d’autre part la stabilisation du capteur vous permettra de photographier à des vitesses plus lentes et/ou des sensibilités plus basses que celles auxquelles vous êtes habitué.

Petite cerise sur le gâteau : dans le cas des téléobjectifs et des télézooms, vous pouvez tout à fait insérer, entre votre objectif et la bague FTZ, un téléconvertisseur, tel que vous le feriez sur un reflex. Tout cela en gagnant quelques grammes du fait du boîtier plus léger, et stabilisé.

Les optiques Z sont-elles vraiment meilleures que les optiques F équivalentes ?

Pour certaines, de manière évidente, oui : le NIKKOR Z 14-30 mm f/4 S, le NIKKOR Z 24-70 mm f/4 et le Noct-NIKKOR Z 58 mm f/0,95. D’un autre côté, ce sont des objectifs qui n’ont pas d’équivalents en monture F, ce qui facilite la comparaison.

Pour d’autres objectifs, la proposition Z surpasse l’équivalent F. C’est le cas du NIKKOR Z 24-70 mm f/2,8 S et du 85 mm f/1,8 S. Dans le cas du zoom, le 24-70 mm f/2,8 Z est à la fois plus léger, plus maniable, plus moderne (avec son petit écran OLED intégré à l’affichage personnalisable) et, surtout, optiquement supérieur, tout cela pour un tarif similaire à son alter ego en monture F. Je vous invite à (re)découvrir le comparatif NIKKOR 24-70 mm dédié.

Dans le cas de l’objectif à portrait, le 85 mm f/1,8 Z s’intercale de manière tarifaire pile poil entre l’AF-S NIKKOR 85 mm f/1,8 et l’AF-S NIKKOR 85 mm f/1,4.

Si son prix est plus proche du premier (bien que double, certes, mais aussi deux fois moins cher que le f/1,4), ses performances dépassent allègrement les deux : plus homogène, plus précis, mieux corrigé, il sera l’investissement prioritaire des amateurs de portrait passés à l’hybride. D’autant plus que le demi-diaphragme perdu par rapport au f/1,4 n’est pas rédhibitoire et que la vente de l’AF-S NIKKOR 85 mm f/1,4 devrait largement couvrir le rachat du 85 mm Z.

Pour d’autres objectifs cependant, l’avis est plus nuancé. Ainsi, le 35 et le 50 mm f/1.8 Z sont plus onéreux que les AF-S NIKKOR 35 et 50 mm f/1,8, mais aussi un peu plus encombrants (et ce malgré la bague FTZ).

Protection - tropicalisation de l'objectif Nikon NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S

choisir un objectif NIKKOR Z : la protection tous temps des objectifs Z

En proposant ces focales fixes NIKKOR Z ouvrant à f/1.8, Nikon a souhaité proposer des optiques de qualité professionnelle comparables aux modèles f/1.4 de la gamme NIKKOR F :

  • joints d’étanchéité,
  • nombre de lamelles du diaphragme,
  • piqué,
  • homogénéité dans le champ et aux différentes ouvertures.

Ces caractéristiques justifient une taille plus importante pour des performances supérieures par rapport à celles des NIKKOR F f/1.4 équivalents.

Il faut en effet retenir qu’une optique professionnelle n’est pas plus imposante uniquement parce qu’elle est plus lumineuse mais aussi parce que les éléments qui la composent sont conçus pour délivrer des images de meilleure qualité à toutes les distances de mise au point, à toutes les ouvertures et sur tout le champ.

Nikon a souhaité bousculer les standards en proposant une construction et une qualité d’image de niveau professionnel avec des ouvertures un peu moins lumineuses que celles des NIKKOR F. Tarif et encombrement supérieurs sont donc le prix à payer pour disposer d’une gamme cohérente en monture Z.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

choisir un objectif NIKKOR Z : l’écran OLED intégré du 24-70 mm f/2.8 affichant les paramètres de prise de vue

Si vous êtes tout nouveau chez Nikon, particulièrement en hybride, il serait déraisonnable de ne pas directement vous équiper d’optiques Z pour votre 35 et votre 50 mm, pour les raisons amplement développées précédemment.

Mais si vous êtes déjà équipé en reflex, avec ces objectifs, je vous conseille plutôt de temporiser et attendre, notamment, le futur NIKKOR Z 50 mm f/1,2 S (il n’y a pas de 50 mm f/1,4 Z prévu).

Le seul bénéfice que vous pourriez tirer à troquer vos F pour vos Z serait un autofocus plus silencieux, mais l’investissement ne vaut pas la chandelle, d’autant plus que le prix de revente de vos optiques F, dans cette configuration, ne suffira pas à couvrir le surcoût.

Pourquoi vous lancer dans l’hybride 24 x 36 mm avec les Nikon Z ?

C’est avec cette dernière question que nous bouclerons ce dossier. Ici, plusieurs cas de figure sont envisageables :

  • vous êtes déjà équipé en boîtiers et objectifs reflex Nikon,
  • vous êtes déjà équipé en boîtiers et objectifs d’une autre marque,
  • vous êtes déjà équipé en hybride (24 x 36 mm ou non) et non Nikon,
  • vous n’êtes pas du tout équipé.

Vous êtes déjà équipé en boîtiers et objectifs reflex Nikon

Que ce soit pour seconder votre matériel actuel ou pour le remplacer, rester chez le même constructeur est le mouvement logique.

Déjà équipé en reflex, vous pourrez continuer à utiliser vos objectifs. Ce qui minimisera votre investissement initial puisque vous n’aurez que le boîtier, et une bague FTZ, à acquérir. Les objectifs NIKKOR Z pourront venir plus tard.

Rappelons que cela est vrai aussi bien en venant d’un reflex DX (à capteur APS-C) que d’un reflex FX (à capteur 24 x 36 mm), et que, quels que soient vos objectifs actuels (DX ou FX), vous pourrez les utiliser sans soucis de compatibilité sur un hybride Nikon Z FX ou DX. Avec, bien sûr, la limitation du recadrage (automatique) en utilisant un objectif reflex DX sur un hybride FX.

tous les objectifs NIKKOR Z compatibles avec les hybrides Nikon Z

choisir un objectif NIKKOR Z : la bague FTZ vous ouvre des possibilités étendues

En basculant sur de l’hybride, vous gagnez en compacité, en légèreté, vous ouvrez la possibilité d’opter pour des optiques qui n’ont pas d’équivalent en reflex, et tout cela en profitant du dernier cri de la technologie Nikon.

En effet, en termes de performances pures, le Nikon Z 7 est équivalent au Nikon D850, quand le Nikon Z 6 est largement supérieur au Nikon D750. Seuls les D500 et D5 n’ont, pour l’heure, pas encore d’équivalents stricts dans le monde de l’hybride, mais cela ne saurait tarder.

Surtout, si vous êtes adepte de la vidéo, ou comptez vous y mettre, les hybrides Nikon Z ont des aptitudes très crédibles en la matière, grâce à leur stabilisation capteur, un autofocus plus performant en liveview, la possibilité de filmer en 4:2:2 10 bits et en N-Log (sur enregistreur externe, via la prise HDMI), quatre choses qui n’existent pas sur les reflex Nikon (en savoir plus sur le kit Nikon Z vidéo).

Vous êtes déjà équipé en boîtier et objectifs d’une autre marque

La monture Z offre des prestations électroniques et surtout mécaniques qui la rendent, théoriquement, compatible avec n’importe quelle monture. Vous pourriez donc utiliser sur un hybride Nikon Z tout votre équipement, quelle que soit la marque ou la monture, APS-C comme plein format et à condition qu’il existe une bague de couplage.

Toutefois, étant donné les performances des optiques NIKKOR Z conçues spécifiquement pour la monture Z, et celles qu’offre la bague FTZ conçue spécifiquement pour tirer profit des performances des optiques NIKKOR F, il est logique d’envisager une migration vers la gamme d’objectifs NIKKOR.

Il reste toutefois possible d’utiliser vos objectifs d’autres marques sur un hybride Nikon Z à l’aide de bagues dédiées. Quelques accessoiristes se sont lancés dans l’aventure, mais n’attendez pas trop de ces bagues qui ne sont que des couplages basiques et ne peuvent permettre à des optiques conçues pour d’autres systèmes de donner le meilleur sur un hybride Nikon Z.

Vous êtes déjà équipé en hybride (24 x 36 mm ou non) et non Nikon

Il existe deux catégories : ceux ayant abandonné Nikon car jugeant que le constructeur tardait à venir sur le terrain de l’hybride 24 x 36 mm, et ceux ayant directement commencé chez Sony puisque, jusqu’à l’automne 2018, il n’y avait guère le choix (à part chez Leica, mais là, d’autres facteurs entrent en compte).

Pour les Sonyistes anciens Nikonistes, le retour « au bercail » est d’autant plus évident s’ils ont conservé leurs objectifs en monture F. Au passage, ils gagneront, avec les Nikon Z, des boîtiers mieux construits, plus résistants, et à l’ergonomie mieux pensée.

Pour les professionnels, le service Nikon Pro demeure largement supérieur, plus réactif, avec des points de chute plus nombreux à travers le globe. Cela peut avoir son importance.

Pour les autres utilisateurs d’hybrides 24 x 36 mm, cela va aller assez vite.

Utilisateurs Canon, vous êtes déjà massivement équipés, je vous convaincrai difficilement d’abandonner les Rouges pour rallier les Jaunes. Mais c’est dommage, parce que vous y gagneriez la stabilisation du capteur, des objectifs beaucoup plus légers, de la définition dans le cas du Z 7 et une gamme plus lisible.

Autre cas de figure, vous possédez un hybride APS-C ou Micro 4/3. La monture Nikon Z vous permettra d’utiliser vos objectifs, mais pas forcément en conservant la communication électronique.

Le 24 x 36 mm, quant à lui, se justifie pour des applications nécessitant de hautes définitions, des profondeurs de champ plus faibles ou une meilleure gestion des hautes sensibilités. Ou alors, juste pour le plaisir. En photographie, c’est une notion importante qu’il ne faut pas oublier…

Vous n’êtes pas du tout équipé

Alors, soyez les bienvenus chez Nikon !

Avec ses hybrides Z, le constructeur propose une offre au niveau de la concurrence, et tout porte à croire qu’une nouvelle et belle aventure photographique est bien partie. Il est encore temps de prendre le train en marche et vous ne le regretterez pas. Il suffit d’ailleurs de relire les deux articles de ce dossier pour vous en convaincre !

En savoir plus sur les objectifs NIKKOR Z et 4 brochures à télécharger

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About the Author

Bruno Labarbère
Tombé dans la photographie un peu par hasard en 2008, j'ai fait mes classes chez Leica puis chez Les Numériques. Désormais indépendant, je sème mes élucubrations sur Mizuwari.fr avec un seul mantra : "La photographie c'est bon. Mangez-en."

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10 Commentaires sur "Pourquoi choisir un objectif NIKKOR Z pour votre hybride, et le(s)quel(s) ?"

  1. Je possède le NIKON F90 avec l(objectif NIKKOR 35×70 1:2,8 D
    Quel appareil NIKON numérique pouvez-vous me conseiller d’acheter pour
    pouvoir utiliser cet objectif
    Je vous remercie
    Cordialement Jean Germain

  2. Bonjour, vous parlez de bagues accessoire pour adapter des objectif d’autres marques, notamment , en début de texte de pouvoir adapter un objectif « CANO FD » comme j’en possède quelques uns, cela m’interresse de pouvoir les utiliser sur Boitier Z.
    Où puis-je trouver cette bague miraculeuse ?
    Merci de la réponse et ta présentation très complète.

  3. avec les infos que tu nous donne cela nous insite et contribue à rester chez NIKON
    Ce que j’ai fait en m’équipant du boitier Z . Un soutien logistique et technique et nécessaire pour le client .la notoriété de nikon n’est plus à démontrer..
    Merci pour ton support.

  4. Z7 PAS DE DOUBLE LOGEMENT CARTE SD ET DE PLUS TOUS SE PLAINT QUE C’est un glouton d’énergie et que les batteries ne tienne pas la route . Nikon n’est pas à l’écoute des NIKONISTES MAIS SE LAISSE DIRIGE PAR SONY ; je suis nikon depuis 1976 ainsi que leica et BLAD ET MES OBJECTIFS SONT LARGEMENT A LA HAUTEUR DES Z . EM..FM2… F2… F4 …..M4-2…. BLAD 500M….553 CX…… FLEX BODY….

    • Bonjour
      Je suis allé aux Shetland cet été avec le Z7 et 3 xqd de 64 Gi avec outre le 24-70Z un 300 mmPF et un 200-500 5,6 avec la bague FTZ.Toutes les photos ont été prises en Raw .Les batteries ont eu une autonomie de 500 à 600 photos avec des rafales et le froid, je n’ai jamais eu besoin de changer de batterie en cours de journée.Ne pas avoir de deuxième carte n’est pas un problème non plus ,il est bien indiqué dans le viseur quand la carte est pleine, environ 1200 photos par carte

  5. Bonjour et merci pour cet article très complet et très intéressant.
    En plus de mon reflex full frame, je viens d’acquérir un Z6 et son 50mm en monture Z.
    En fait le seul reproche que je ferai à ce 50mm, c’est son encombrement. J’aurais bien aimé que Nikkor sorte un 50 ou un 35 mm beaucoup plus compact surtout pour la street photography.
    patrick

  6. Merci pour cet article qui confirme mon choix.
    Je suis passé d’un D5100 +18-105+35mmDX+50mm1.8G+105macro
    au Z6 +24-70/4.

    Je conserve donc le 50mm avec la bague FTZ et je lui ajoute le 85mm S pour noël!

    La question se reposera à la sortie du 105 macro S, mais il y aura forcement un article pour nous épauler dans nos choix 😉

  7. Bonjour,
    Avez-vous des précisions sur la date de sortie du 18-140 pour le Z50 ?
    Merci
    Marc

  8. Bonjour et merci pour vos chroniques !
    Une question sur les Nikon Z.
    J’ai un pb de synchronisation avec le déclencheur 5TX de mon flash SMDV et mon Z6. (Sans pb avec mon D700).
    Y a t il une manip que j’aurais loupé ?
    Merci pour un conseil