Parmi les questions qui reviennent le plus souvent de la part des débutants en photo numérique, il y a tout ce qui concerne les notions de base de la photo : qu’est-ce que l’ouverture, qu’est-ce que la vitesse d’obturation, comment régler la sensibilité, qu’est-ce que le second rideau, etc.
Nous vous proposons de revenir sur certaines de ces notions, et Pierremed, un de nos membres, a mis tout ça noir sur blanc. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à laisser une question dans les commentaires ou à nous rejoindre sur le forum Technique Photo.
Introduction générale à la technique photo
En préambule, cet article n’est qu’une approche simplifiée de la technique photo et n’a pas d’autre prétention que de rappeler quelques principes de base. Ce n’est pas un cours de photo mais vous pouvez télécharger notre cours complet de photo si vous le souhaitez.
Je n’aborderai aucune formule « savante » ou autre calcul compliqué que je ne maîtrise pas ou qu’il ne me semble pas nécessaire de maîtriser par ailleurs.
Il existe 3 facteurs principaux dans la maîtrise technique d’une photo :
- le diaphragme
- la vitesse d’obturation
- la sensibilité
J’évoquerai également la profondeur de champ (PDC).
1- Le diaphragme
Il s’agit d’un élément primordial de l’objectif, que l’on pourrait comparer à la pupille de l’œil humain (il s’ouvre en cas de faible luminosité et se ferme dans le cas contraire).
C’est lui qui définit la quantité de lumière qui atteindra le film ou le capteur. Par commodité, on attribue au diaphragme une valeur chiffrée en fonction « de la dilatation de la pupille » ; ce sont les fameux f/2.8, f/4.0, f/5.6, etc… Il s’agit du rapport entre le diamètre du diaphragme et la longueur focale (f/2.0 signifiant que le diamètre du diaphragme vaut la moitié de la longueur focale, par exemple).
Les valeurs standard sont : f/1 – f/1.4 – f/2 – f/2.8 – f/4 – f/5.6 – f/8 – f/11 – f/16 – f/22 – f/32.
Plus le chiffre est petit et plus l’objectif est qualifié de lumineux ; c’est-à-dire qu’il pourra laisser passer beaucoup de lumière pour impressionner le film ou le capteur.
Entre chaque valeur de diaphragme s’applique un facteur « deux » : par exemple, f/2 laissera passer 2 fois plus de lumière que f/2.8 et 4 fois plus de lumière que f/5.6, etc…
Schémas explicatifs (la valeur indiquée n’est qu’un exemple) :

f/2.8

f/5.6

f/11
Voila pour la partie diaphragme !
2- La vitesse d’obturation
Cette fois ci, nous nous attaquons au boîtier de l’appareil car c’est lui qui permet de fixer la vitesse d’obturation et non pas l’objectif.
L’obturateur est le mécanisme qui va permettre d’impressionner le film ou le capteur pendant une durée donnée, en laissant passer la lumière.
L’obturateur fait, mis à part dans de rares cas, partie du boîtier, et est constitué de lamelles ou bien de rideaux (tant dans les appareils argentiques que numériques).
Les vitesses standards (allant du simple au double) sont : 1 seconde, 1/2 sec, 1/4 de sec, 1/8 de sec, 1/15 de sec, 1/30 de sec, 1/60 de sec, 1/125 de sec, 1/250 de sec, 1/500 de sec, 1/1000 de sec, 1/2000 de sec, 1/4000 de sec, etc…
Je ne développerai que le principe de l’obturateur à rideau pour sa simplicité à être dessiné !

Lorsque l’obturateur est fermé, un rideau noir cache la surface sensible.

Lorsque l’on appuie sur le déclencheur, le premier rideau (flèche bleue) se déplace et découvre la surface sensible.

Après un temps donné, qui correspond à la vitesse d’obturation, il est suivi par un second rideau (flèche rouge).

Le second rideau continue sa progression.

Puis recouvre complètement la surface sensible !
Les deux rideaux se déplacent à la même vitesse. Au total, la surface sensible aura été exposée pendant une durée constante sur toute sa longueur (le laps de temps entre le départ du premier rideau et celui du second). Plus la vitesse d’obturation est rapide, plus le second rideau partira tôt et plus la fente sera fine et inversement.
Voilà pour la partie obturation.
3- La sensibilité du film ou du capteur
La sensibilité correspond à la capacité de la surface sensible (film ou capteur) à être impressionnée par la lumière. Elle s’exprime en ISO. Là aussi, il y a un standard (comme pour les focales et les vitesses) : 50 ISO, 100, 200, 400, 800, 1600, 3200, etc…
Entre chaque sensibilité il y a (encore une fois) un facteur multiple de deux, à savoir : 400 ISO sera deux fois plus sensible à la lumière que 200 ISO et quatre fois plus sensible à la lumière que 100 ISO. Un film de 400 ISO ou un capteur calé sur 400 ISO auront donc besoin de deux fois moins de lumière pour être impressionnés qu’à 200 ISO et quatre fois moins qu’à 100 ISO.
Pourquoi faire alors des pellicules de faibles sensibilité à la lumière ou des capteurs capables de descendre en sensibilité ? Parce qu’il y a un compromis : plus une pellicule est sensible, plus le grain obtenu sur la photo sera gros et inversement ! (Un film de 100 ISO aura un grain plus fin qu’un de 400 ISO). En numérique plus la valeur ISO augmente, plus l’on s’éloigne de la sensibilité naturelle du capteur et plus l’on augmente le niveau de bruit dans l’image.
4- La profondeur de champ
Un schéma valant mieux qu’un long discours :

Par définition, la profondeur de champ (PDC sur le schéma) correspond à la différence entre le dernier plan net de la photo (ligne rouge) et le premier plan net de la photo (ligne bleue). La PDC se répartit 1/3 en avant du sujet mis au point et 2/3 en arrière de celui-ci.
La profondeur de champ varie en fonction de nombreux facteurs : elle diminue avec l’augmentation de la focale, l’ouverture du diaphragme, l’augmentation de la vitesse d’obturation et une sensibilité moindre du film.
5- Mise en perspective
Comment tous ces facteurs influent-ils sur l’image ?
Pour une photo donnée, on a besoin d’une certaine quantité de lumière pour impressionner le film correctement (ou le capteur, quantité de lumière qui ne sera pas trop importante pour ne pas rendre l’image trop blanche, ni trop faible pour ne pas la rendre noire).
C’est là qu’interviennent tous ces facteurs :
- la quantité de lumière nécessaire : Q
- l’ouverture : O
- la vitesse d’obturation : V
- et la sensibilité : S
Ces éléments sont logiquement liés par la formule suivante pour définir ce que l’on appelle la « bonne » exposition :
Q = O x V x S
A savoir que si l’on double une des valeurs (O, V ou S), il va falloir diminuer de moitié l’une des deux autres valeurs à droite de la formule (n’oubliez pas que tous les « standards » cités plus haut sont toujours séparés d’un facteur deux).
Exemple concret sur les couples vitesse/diaphragme (+ sensibilité) : on prend une photo à 200 ISO, avec une vitesse de 1/250e de seconde et une ouverture de f/5.6.
Si l’on voulait prendre la même photo à 400 ISO, il faudrait soit utiliser une vitesse deux fois plus élevée (1/500e de seconde), soit diminuer l’ouverture par deux (f/8) pour que la même quantité de lumière arrive sur le capteur.
De même, si l’on voulait prendre cette même photo (200 ISO) avec une vitesse d’obturation plus élevée (1/500e de seconde), il faudrait multiplier l’ouverture par deux (f/4).
Etc…
Par ailleurs, il faut admettre deux choses (admettre, car d’une part, je ne saurais les expliquer et d’autre part, je n’ai pas envie de les comprendre car cela me semble assez compliqué) :
- plus la focale est longue, plus la PDC est courte
- plus l’ouverture est grande, plus la PDC est courte
Avec ça, vous aurez tous les éléments en main pour faire varier la PDC et le couple vitesse/diaphragme pour une sensibilité donnée :
- pour les portraits où vous aurez besoin d’une faible PDC pour faire ressortir le sujet du reste de la photo, vous utiliserez une ouverture plus grande et une vitesse d’obturation plus rapide.
- pour les sujets en mouvement, vous aurez besoin d’une vitesse d’obturation plus importante pour figer le mouvement ; vous devrez donc pour compenser cette vitesse supplémentaire en ouvrant plus grand votre diaphragme (toutes choses égales par ailleurs).
Conclusion
Tout ceci n’est que mon mode de raisonnement mais m’a permis d’avoir une approche globale de la technique photo. Pour faire simple, il suffit de raisonner en couple vitesse/diaphragme :
- soit on privilégie l’ouverture afin de jouer sur la PDC
- soit on privilégie la vitesse d’obturation pour obtenir un mouvement plus ou moins figé ou plus ou moins flou
Ceci explique les modes « priorité ouverture » – A – ou « priorité vitesse » – S – des appareils photo. A vous de faire votre choix en fonction de vos besoins.
Pour toute suggestion, n’hésitez pas à laisser un commentaire. Pour en savoir plus, vous pouvez aussi suivre une formation photo sur DVD.
Pierremed
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