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Comment éviter les pièges du conformisme en photographie amateur

La photographie est un univers fascinant et diversifié, mais aussi galvaudé par de fausses croyances, règles et pratiques qui peuvent freiner vos ardeurs et vous faire tomber dans le piège du conformisme en photographie amateur. Je lis souvent des constats qui me semblent limitants et parfois erronés. J’en reçois, aussi, comme celui auquel je réponds aujourd’hui.

Comment éviter les pièges du conformisme en photographie amateur

Lire ma Lettre photo en 5 mn par jour

Les constats auxquels je réponds ci-dessous m’ont été envoyés par un lecteur de ma Lettre photo quotidienne. Lorsque j’ai lu son message, réalisant que je n’étais pas d’accord avec tout ce qui était dit, je lui ai proposé d’en faire une réponse publique. La voici, avec en italique les propos de mon lecteur. Les photos qui illustrent l’article sont extraites de mes déambulations photos.

La diversité des clans et des matériels dans la photographie amateur

Le conformisme en photographie amateur - les travaux de la gare de Vitry centre pour le Grand Paris Express

les travaux de la gare de Vitry Centre pour le Grand Paris Express – photo (C) JC Dichant

Q: « Le monde de la photo amateur est un monde particulier.  Il est unique. Il est divers. Il est multiple. Il commence avec les débutants il se termine avec les experts. En fait, il coexiste des particularités singulières.  Les 2 plus significatives sont les canonistes et les nikonistes.  Il y a deux clans : celui des APS-C, les petits formats, et (contre) celui des pleins formats : les fameux Full Frame.
 
« Mon » boitier, « mes » objectifs, et potentiellement « mes » accessoires se déterminent en fonction de ce constat.  Le choix du matériel se choisit fonction de plusieurs critères. Ils se caractérisent par : « mon » histoire, de « mon » parcours, de « mes » compétences vs de « mes » incompétences, de « mon » argent… 
 
Personnellement, je suis un photographe amateur « hybride ».  J’utilise différents boitiers. J’utilise différentes marques…en fonction de mes besoins, de mes envies, des situations…. Ma position pose un problème dans le monde amateur.  Car, je suis dans aucun « clan ». Je suis « un électron libre ». Je ne suis ni canoniste, ni nikoniste…. Cela dérange…Il n’est pas possible de me mettre dans un clan, dans « un cadre ». »

R: Le monde de la photo amateur englobe en effet les débutants comme les experts. Les profils sont variés, du simple preneur d’images avec son smartphone au photographe qualifié avec son équipement haut de gamme.

Je ne suis par contre pas d’accord avec ce lecteur sur la notion de clans. Il a existé une guerre fratricide entre adorateurs de marques, la rivalité Nikon-Canon par exemple ayant battu son plein à l’époque des reflex. Ce n’est plus le cas de nos jours. Je n’ai encore rencontré aucun photographe, censé, contestant le bien-fondé d’une marque qui n’est pas « la sienne ». Il n’y a guère que sur quelques forums de technophiles que cela peut encore arriver, ils ne sont pas représentatifs du monde de la photographie amateur.

Je ne crois pas non plus que les amateurs choisissent leur matériel en fonction de ces clans. Ils le font soit en fonction de leur budget, cas le plus fréquent, soit en fonction de leur plaisir à posséder un « beau matériel ». Dans ce dernier cas, je préfère d’ailleurs parler de possesseurs d’appareils photo plutôt que de photographes amateurs.

Quant à utiliser différentes marques d’appareils photo, c’est commun de nos jours. Le point de bascule est arrivé avec les smartphones photo qui ont fait prendre conscience à tous les amateurs (et à certains pros) que « leur matériel historique » n’est pas le seul à pouvoir répondre à leurs attentes. L’arrivée des hybrides, et la segmentation des gammes associée, a permis de dissocier marque du boîtier et marque de l’objectif grâce à une bien plus grande compatibilité que dans le monde du reflex. Il n’est pas rare de croiser un photographe équipé d’un boîtier Nikon Z et d’un objectif Sony E par exemple.

Se définir comme électron libre lorsqu’on fait cela n’a pas de sens, je suis moi-même utilisateur de matériel Nikon comme d’autres marques lorsque j’en ai besoin ou envie. Je ne me sens pas électron libre du tout.

La préférence pour le JPG et la fracture avec les experts

Le conformisme en photographie amateur - scène nocturne au centre de tri et valorisation des déchets de Paris quais d'Ivry

scène nocturne au centre de tri et valorisation des déchets de Paris Quai d’Ivry – photo (C) JC Dichant

Q: Les photographes amateurs utilisent majoritairement le format JPG, tandis que le format RAW est souvent réservé aux experts, créant une fracture importante entre ces deux groupes. Le format RAW est perçu comme complexe et réservé aux professionnels, alors que le JPG est plus accessible mais limite les possibilités de post-traitement. De plus, les amateurs utilisent divers logiciels de traitement (DPP, XN-View, Capture NX, Lightroom, Photoshop), ce qui pose des problèmes de compatibilité et complique l’échange et le traitement des photos, notamment pour les expositions.

R: Les photographes débutants utilisent le format JPG parce que leur appareil photo est réglé ainsi par défaut, parce que c’est plus simple, et parce qu’ils n’ont pas conscience de ce que le post-traitement d’un RAW peut leur apporter.

Les photographes amateurs sont toutefois nombreux à privilégier le RAW, de plus en plus simple à utiliser avec les logiciels actuels.

Pour moi, la différence est à chercher ailleurs. Le JPG est le format rapide par définition, utilisable sans délai, répondant à des besoins de consommation immédiate sur les réseaux sociaux par exemple. A l’inverse, le RAW incite à la prise de recul, à savoir ce que l’on veut faire de ses photos. Deux formats pour deux usages distincts.

Je ne suis pas d’accord non plus avec les soi-disant problèmes que les différents logiciels peuvent créer. Lorsqu’un photographe expose, il trie et prépare ses fichiers avant de les tirer. Peu importe le format et le logiciel. S’il a besoin de transmettre ses fichiers à quelqu’un qui utilise un autre logiciel, il le fait à l’aide des formats pivots bien connus, PSD ou TIFF par exemple. Je ne vois aucun problème d’incompatibilité à ce niveau.

L’uniformité des compositions avec la règle des tiers

Le conformisme en photographie amateur - portrait féminin - lac de Créteil

portrait féminin – lac de Créteil – photo (C) JC Dichant

Q: En photographie amateur, la composition est souvent limitée à l’application de la règle des tiers et aux points forts, ce qui conduit à une uniformité des clichés. Les photographies suivent une approche académique classique, et toute tentative de varier le cadrage ou de proposer des compositions non conventionnelles (comme des cadrages carrés ou des flous artistiques différents du bokeh) est souvent contestée ou considérée comme incorrecte, limitant ainsi la créativité des photographes amateurs.

R: Ce que j’observe chez les amateurs est tout autre :

  • les plus débutants ne considèrent pas la composition, ils n’ont pas encore pris conscience de son importance,
  • les plus experts l’ont appris et mettent eu œuvre les principes associés.

Ramener ce débat à la seule utilisation, ou non, de la règle des tiers (qui fait elle-même débat) est réducteur. Ce que je vois plutôt dans le constat de ce lecteur, ce sont les reproches qui ont pu lui être faits par d’autres photographes peu éclairés en matière de composition, mais s’autorisant toutefois à donner un avis péremptoire. Ou, à l’inverse, le fait d’avoir montré des photos sortant tellement des principes établis que celui qui les commente ne comprend pas.

N’oublions pas que l’ego est omniprésent dans le monde de la photographie, il peut parfois nous laisser penser que c’est l’autre a tort, ce qui n’est pas toujours si vrai.

L’importance des compétences du photographe sur le matériel

Le conformisme en photographie amateur - la BNF Paris de nuit

la BNF Mitterrand de nuit – photo (C) JC Dichant

Q: La qualité des photographies ne dépend pas uniquement du matériel utilisé mais surtout des compétences et de l’œil du photographe. Cette réalité soulève des questions sur les compétences requises et les objectifs à atteindre en photographie amateur. Il est essentiel de se demander pourquoi et dans quel but on prend des photos, car ces questions orientent les compétences nécessaires et les choix techniques. Le débat porte sur l’importance relative du matériel par rapport à l’expertise du photographe dans la réalisation de bonnes photographies.

R: Si vous lisez ma Lettre photo quotidienne, vous savez que je suis le premier à défendre cette thèse. Mais je ne soutiens pas non plus celle qui voudrait que « ce n’est pas le matériel qui fait la photo, c’est le photographe ». Certaines photos ne peuvent pas être faites avec un matériel inadapté, même si le photographe est surdoué.

Ce que je vois là est plutôt un débat sur ce que représente la photographie pour les amateurs. Pour certains, c’est une façon de créer des souvenirs, des marqueurs du temps qui passe. Ceux-là ont juste envie d’un appareil photo qui leur donne des images techniquement correctes.

Pour d’autres, il s’agit d’une forme d’expression, d’une pratique artistique. Ils proposent leur vision, ce qui ne suppose aucun matériel particulier, souvent un simple smartphone suffit.

Ces deux catégories de photographes amateurs ne s’opposent pas, elles diffèrent. Tout le monde ne cherche pas à s’exprimer au travers de la photographie. Mais ceux qui le font savent que le matériel n’est pas la clé mais l’outil au service de leur art.

L’envie de transmettre « une vision », « une émotion », « une influence »

Le conformisme en photographie amateur - l'église de Vitry sur Seine de nuit

l’église de Vitry sur Seine de nuit – photo (C) JC Dichant

Q: La gestion de la profondeur de champ et le choix des objectifs sont cruciaux pour transmettre une vision, une émotion ou une influence à travers la photographie. Les photographes doivent maîtriser la relation entre le net et le flou, ainsi que le cadrage, pour réussir leurs compositions. Cependant, les limites techniques des objectifs, comme la diffraction, imposent des contraintes. Le choix d’un objectif, que ce soit un 10 mm, 50 mm, 100 mm, ou plus, affecte significativement le type de photo et la capacité à exprimer sa vision personnelle.

R: Plusieurs notions se mélangent ici, toutes très techniques : gestion de la profondeur de champ, relation entre le net et le flou, diffraction… Quel photographe amateur se pose ces questions ? Même le choix de la focale n’est pas le sujet chez la plupart des amateurs. Eux veulent « un objectif qui zoome fort », un objectif « pour les paysages », un autre pour les portraits » et ne veulent surtout pas entendre parler de lois optiques. Je leur donne raison.

Ce qui est exprimé ici est orienté : vouloir « transmettre une vision, une émotion ou une influence à travers la photographie » n’est pas le propos de tout photographe amateur. C’est manifestement celui de ce lecteur, c’est tout à son honneur, mais vouloir faire en sorte que tout le monde adopte le même raisonnement n’est pas la bonne approche. « Il faut de tout pour faire un monde ».

A propos du conformisme en photographie amateur, je vous recommande ce livre de Michael Freeman.

Les règles strictes du beau en photographie amateur

Le conformisme en photographie amateur - tag sur des protection de chantier - Vitry sur Seine

tags sur des protections de chantier – Vitry sur Seine – photo (C) JC Dichant

Q: La photographie amateur est régie par des règles esthétiques strictes qui définissent ce qui est considéré comme « beau ». Par exemple, un ciel doit être bleu et l’herbe verte. Ces règles, bien qu’ayant un certain fondement, limitent la créativité et la capacité à expérimenter. Transgresser ces normes est difficile et souvent mal vu dans la communauté photographique amateur, rendant l’innovation et l’expression personnelle compliquées pour ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus.

R: Je ne partage pas cet avis. Tous les amateurs ne cherchent pas à montrer un ciel bleu et de l’herbe verte. La plupart, par contre, cherchent à montrer ce qu’ils ont vu. C’est la différence entre eux et ceux qui, comme ce lecteur, cherchent à partager une vision. C’est la différence entre vision et réalité, « entre document et expression » pour reprendre la formulation d’André Rouillé dans « La Photographie ».

Là où je rejoins ce lecteur, c’est dans l’appréciation faite par trop de photographes amateurs des photos contemporaines, « du quotidien ». Je lis bien souvent des remarques comme « je ne comprends pas ce qu’il y a à voir », « j’aurais pu faire la même » ou encore « c’est de l’art ça ? ». Apprécier une photo de paysage, de sport, de nature, un portrait est simple. Apprécier une photo qui suggère plus qu’elle ne montre, qui met en valeur un détail d’une scène plus globale, c’est plus complexe. Le débutant a du mal, le conformisme en photographie amateur règle trop souvent en maître.

La complexité de réaliser des photos personnelles sans respecter les règles

Le conformisme en photographie amateur - les travaux de la gare de Vitry centre pour le Grand Paris Express

les travaux de la gare de Vitry Centre pour le Grand Paris Express – photo (C) JC Dichant

Q: Réaliser des photos personnelles devient complexe lorsque les règles établies ne sont pas respectées. Les clubs et communautés en ligne répètent souvent que les règles peuvent être transgressées une fois la technique maîtrisée, mais cette idée crée une temporalité incertaine. Les amateurs se retrouvent dans une attente perpétuelle de validation technique avant de pouvoir innover, ce qui freine leur développement artistique et l’expression de leur vision unique.

R: Il est vrai de dire que le photographe amateur, une fois qu’il a compris que la photographie met en œuvre des principes, a tendance à vouloir les appliquer sans cesse en se disant que ce sera forcément apprécié. C’est le problème de confondre règles, principes et outils. Appliquer sans cesse les mêmes règles amène à l’uniformité, c’est évident. Utiliser sans cesse les mêmes principes et outils permet de s’éloigner de cette uniformité tout en diversifiant ses images.

Je ne suis pas non plus d’accord avec l’idée que le photographe amateur devrait innover, développer une pratique artistique et une expression de sa vision unique. Comme je l’ai mentionné plus haut, tous les amateurs ne cherchent pas à s’exprimer en photo. Il ne faut donc pas vouloir faire de tous des artistes, au risque de se tromper sur toute la ligne et de moquer le conformisme en photographie amateur.

J’irais même un cran plus loin, prenant le risque de choquer, en disant que quiconque veut partager sa vision par le biais de la photographie n’a pas besoin d’apprendre la photographie.

N’importe quel appareil photo actuel, utilisé en mode automatique, peut donner de bonnes photos. Vouloir quitter le mode auto, savoir prendre la main sur son boîtier, comment modifier les rendus par défaut est essentiel pour pratiquer la photographie documentaire. Mais ce n’est pas essentiel pour l’utiliser en tant que média artistique. De nombreux photographes connus comme moins connus ont produit des œuvres remarquables sans rien savoir du fonctionnement de leur matériel photo.

La technique perçue comme jamais totalement acquise

Bateaux dans le port du Conquet - Bretagne

Bateaux dans le port du Conquet – Bretagne – photo (C) JC Dichant

Q: La technique en photographie amateur est perçue comme un objectif jamais totalement atteint tant que toutes les règles et codes ne sont pas appliqués. Cette perception limite la créativité, car les photographies qui ne respectent pas la règle des tiers ou d’autres normes académiques sont souvent jugées techniquement insuffisantes. Même si le choix de composition est intentionnel, il est souvent rejeté par les pairs, ce qui décourage les photographes de s’écarter des sentiers battus et de démontrer leur propre vision artistique.

R: On se répète. Je perçois toutefois ici un ressenti personnel de l’auteur de ce message, qui a pu subir quelques contrariétés en montrant ses photos. Je comprends que cela soit difficile à accepter. Mais si c’est le cas, l’erreur me semble être dans la démarche.

Si vous faites des photos qui montrent une vision personnelle, qui sortent des sentiers battus, qui ne respectent pas les règles, ne cherchez pas à obtenir la reconnaissance des photographes qui pratiquent la photographie documentaire. Adressez-vous aux auteurs dont le monde est plus proche du vôtre, aux professionnels du monde de la photo à même de vous comprendre, aux artistes, même s’ils ne sont pas photographes.

En conclusion : la difficulté d’un regard libre en photographie amateur

Il est difficile d’Avoir un regard « libre » et personnel dans le monde de la photographie amateur. Car, il est contrait et imposé.
Si ce que je veux obtenir ne rentre pas dans « les canons » de la photographie. Il est préférable de ne pas montrer « mon » travail.

Non, il n’est pas difficile d’avoir un regard libre et personnel quand on est photographe amateur. Non, aucun conformisme en photographie amateur ne vous est contraint ni imposé.

Si vous avez une approche personnelle, un regard singulier, si vous traitez des thèmes peu communs, et que tout cela peut dérouter les autres, tant mieux. Cela signifie que vous avez réussi à exprimer quelque chose de personnel, que vous avez compris ce que peut être la photographie pour vous. Alors pourquoi ne pas le montrer ? Si vous avez fait tout ça, ne pas montrer vos images c’est ne pas finir votre travail.

Faut-il pour autant tout montrer en public ? Non. Rien ne vous impose de tout dévoiler, certains projets peuvent rester confidentiels, et c’est tant mieux. L’omniprésence des réseaux sociaux peut laisser penser qu’il faut tout montrer, qu’il faut obtenir la reconnaissance des autres, qu’il faut faire valider vos images. C’est faux.

Je ne sais pas si ce billet a pu vous apporter quelque chose, si tant est que vous l’ayez lu jusqu’à la fin. Si c’est le cas, félicitations, et prenez quelques minutes de plus pour laisser votre avis via les commentaires ci-dessous.

Ce lecteur m’a encouragé à partager mes réponses, je l’en remercie. Je suis d’accord avec certains points évoqués, pas d’accord avec d’autres, et il est probable que lorsque je relirai ce sujet dans quelques mois, je puisse être amené à faire des réponses différentes. Il en est de même en photographie, et c’est ce qui fait sa richesse : revenez chaque jour au même endroit, vous n’y ferez jamais la même photo, et elles seront toutes intéressantes.

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Mise à jour Lightroom Mai 2024 : L’IA générative débarque mais pas seule

Adobe vient de publier la mise à jour Lightroom du printemps 2024. Cette nouvelle version de tous les logiciels Lightroom (Classic, Desktop, Mobile, Web) intègre désormais l’IA générative Adobe Firefly qui facilite et accélère la retouche dans Lightroom en évitant le recours à Photoshop CC. Voici ce qu’il faut retenir.

Mise à jour Lightroom Mai 2024 : L’IA générative débarque

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Mise à jour Lightroom Mai 2024 : l’intelligence artificielle mais pas uniquement

Cette année, la mise à jour printanière de l’écosystème Lightroom apporte plusieurs nouveautés majeures dont l’introduction de l’IA générative et des technologies Adobe Firefly dans toutes les versions de Lightroom : Lightroom Classic, Lightroom Mobile Desktop, Lightroom Mobile et Lightroom Web.

Après une version 2023 qui avait la réduction du bruit par l’IA, ces nouvelles fonctionnalités permettent la suppression d’éléments indésirables, la reconstruction après recadrage ou l’ajout d’éléments, similaires à ce que propose Photoshop CC.

Mais ce n’est pas tout. Cette mise à jour apporte aussi un nouveau moteur de synchronisation cloud pour Lightroom Classic, la capture connectée pour les appareils photo Sony, et la version finalisée de l’outil Flou de l’objectif.

La mise à jour Lightroom de ce printemps 2024 inclut :

  • Lightroom Classic 13.3
  • Lightroom 7.3 (Desktop)
  • Lightroom mobile 9.3

Je vous recommande faire aussi la mise à jour de Camera Raw version 8.3 pour assurer la meilleure compatibilité de vos différents logiciels et services Adobe.

Outil Supprimer avec IA générative dans Lightroom

Vous avez testé la suppression d’éléments gênants avec l’IA dans Photoshop et ne compreniez pas pourquoi il vous fallait avoir recours à Photoshop pour supprimer des éléments indésirables dans une photo traitée par Lightroom ? C’est de l’histoire ancienne puisque cette fonction de suppression générative par l’IA est maintenant disponible dans toutes les déclinaisons de Lightroom. Le recours à Photoshop n’est plus nécessaire, le flux de travail est bien plus rapide et l’implémentation est tout aussi bonne.

L’outil Supprimer avec l’option IA générative est encore en mode Accès anticipé, ce qui permet à Adobe d’évaluer son déploiement, son utilisation et de recueillir des retours à grande échelle avant de le déployer en version finale.

Cet outil de suppression de Lightroom fonctionne toujours sur les deux principes historiques, pour gommer les imperfections, poussières et taches de capteur.

Si vous cochez l’option IA générative, l’outil utilise l’IA Adobe Firefly pour créer une image qui vient remplacer les éléments supprimés. Il vous propose trois variantes, vous pouvez choisir l’une des trois à l’aide des flèches correspondantes dans le panneau de droite. Si les propositions ne vous conviennent pas, cliquez sur Actualiser pour en générer de nouvelles.

Comment utiliser l’IA générative Suppression des défauts de Lightroom Classic

Mise à jour Lightroom Outil Supprimer avec IA générative dans Lightroom

1. Cochez l’option IA générative.
2. Passez le pinceau sur l’élément à supprimer, un masque rouge s’affiche.
3. Dans le panneau de droite, affinez la sélection en ajoutant ou en soustrayant des zones et réglez le diamètre du pinceau.
4. Cliquez sur Appliquer.
5. Une barre de progression des calculs de l’IA s’affiche.
6. Le résultat est visible, avec trois variantes que vous pouvez faire défiler avec les flèches.
7. Si le résultat ne vous convient pas, cliquez sur Actualiser pour obtenir trois nouvelles variantes.
8. Pour plus de précision, cochez Basée sur l’objet et modifiez la sélection comme à l’étape 3.

Mise à jour Lightroom Outil Supprimer avec IA générative dans Lightroom

Note importante

L’option IA générative nécessite une connexion Internet pour fonctionner.

La définition de l’image de remplacement est limitée à 2048 x 2048 pixels, certaines corrections peuvent s’avérer visibles selon la nature de la photo d’origine (dont la définition n’est pas modifiée).

Je vous conseille de créer un masque assez grand et de penser à inclure l’ombre de l’élément à supprimer s’il en a une.

Mise à jour Lightroom : Lightroom IA générative crédits restants

L’utilisation de l’IA générative repose sur un système de crédits mensuels (voir votre crédit selon votre formule). Chaque utilisation, y compris l’actualisation, consomme des crédits. Adobe n’a pas encore précisé (mai 2024) si ces crédits seraient facturés en sus de l’abonnement, mais il se peut que ce soit le cas ultérieurement.

Afin d’économiser vos crédits (et d’éviter de faire tourner une IA consommatrice d’énergie pour rien), utilisez toujours les fonctions de correction et de suppression historique sans IA pour les pour les petites imperfections comme les poussières ou taches de capteur.

Vous pouvez faire des retours à Adobe via le lien intégré au panneau de droite.

Le Filtre de bibliothèque et les règles de collection dynamique permettent désormais la recherche des photos ayant subi une suppression par IA générative.

Masque d’affichage et Flou de l’objectif

Déplacement du masque d’affichage monochrome

Le masque d’affichage monochrome et les options d’affichage des masques de correction se trouvent désormais dans le panneau dans le volet de droite.

Flou de l’objectif

L’outil de flou de l’objectif permet de générer des arrière-plans flous et du bokeh grâce à l’IA, il n’est pas nouveau en soi. Cependant, il passe maintenant de la version expérimentale à une version finalisée. L’amélioration des algorithmes fournit des résultats de meilleure qualité et plus précis.

Mise à jour Lightroom Flou de l’objectif

L’évolution de cet outil inclut aussi :

  • l’intégration aux fonctions de traitement par lot : le flou de l’objectif est utilisable par copier/coller, synchronisation et synchro auto, ainsi qu’avec les paramètres prédéfinis (presets)
  • des préréglages de développement adaptatifs : 8 paramètres prédéfinis d’arrière-plan flou sont disponibles autorisant la sélection du sujet par l’IA lors de leur application
  • des libellés de plage de mise au point : les libellés « Proc » (proche) et « Eloig » (éloignée) viennent faciliter l’utilisation de cet outil lorsque vous déplacez les repères dans la plage

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Mise à jour Lightroom Classic 13.3

Mise à jour du catalogue

Lors du premier lancement de Lightroom Classic 13.3, votre catalogue sera mis à jour. Cette opération peut durer de quelques secondes à plusieurs minutes. Le précédent catalogue reste à sa place, le nouveau catalogue devient le catalogue actif automatiquement. Une fois que tout est opérationnel, vous pouvez supprimer l’ancien catalogue et les dossiers associés.

Nouveau moteur de synchronisation cloud

Les blocages de synchronisation étaient fréquents, Adobe a donc décidé d’introduire un nouveau moteur de synchronisation avec le cloud. Le volet Préférences > Lightroom Synchronisation est expurgé des informations précédentes avant de disparaître dans une prochaine version. Vous pouvez toujours accéder aux informations complémentaires de synchronisation en maintenant la touche Alt (Windows) ou Option (Mac) enfoncée pour faire apparaître l’onglet.

Mise à jour Lightroom Nouveau moteur de synchronisation cloud

Adobe recommande de laisser Lightroom Classic ouvert pendant au moins 3 heures après la mise à jour du logiciel et du catalogue afin que le nouveau moteur de synchronisation ajuste tout.

Le temps nécessaire à la migration varie en fonction du nombre d’images à synchroniser et du nombre d’images synchronisées précédemment. Les nouveaux téléchargements provenant d’autres clients n’apparaîtront qu’une fois les données de synchronisation existantes migrées et tous les téléchargements en attente de la version précédente terminés.

Voir l’aide en ligne Adobe pour plus d’infos sur cette nouvelle synchronisation

Optimisation des aperçus

Adobe a optimisé les aperçus créés à l’importation et stockés dans le dossier MonCatalogue-v13-3 Previews.lrdata afin d’améliorer les performances. Toute nouvelle importation adoptera cette nouvelle structure d’aperçus cette architecture, la structure des aperçus existants sera mise à jour lorsque vous afficherez une image importée précédemment.

Capture connectée avec les appareils photo Sony

Après Nikon et Canon, la prise de vue en mode connecté est désormais possible avec certains boîtiers Sony :

  • Sony Alpha 1
  • Sony Alpha 7R IV
  • Sony Alpha 9 II
  • Sony Alpha 7R V
  • Sony Alpha 7S III
  • Sony Alpha 7 IV
  • Sony Alpha 7C
  • Sony Alpha 6700

Cette liste peut évoluer avec le temps, consultez l’aide en ligne Lightroom pour en savoir plus.

Statut d’exportation

Mise à jour Lightroom Statut d’exportation

L’outil de recherche et affichage par filtres dispose d’un nouveau filtre rapide qui vous permet d’afficher les photos exportées ou non. Ce filtre est aussi disponible dans les attributs des collections dynamiques.

Autres ajouts

Lightroom Classic 13.3 inclut également les changements mineurs suivants :

  • Ajout de la catégorie Accessibilité et des champs IPTC Texte alternatif et Description détaillée, compatibles avec les moyens de saisie pour les déficients visuels propres aux systèmes Windows et MacOS
  • Ajout des critères Couleur dans le filtre de bibliothèque et les règles de collection dynamique
  • Optimisation de la mise en cache des images dans le module Développement pour un affichage et une navigation plus fluides
  • Intégration du dernier SDK Canon, permettant la prise en charge de nouveaux appareils pour la prise de vue en mode connecté

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Mise à jour Lightroom 7.3 (Desktop cloud)

Lightroom Desktop, la version cloud de Lightroom pour ordinateur se dote elle-aussi de la suppression IA et de la version finalisée du flou de l’objectif. Mais aussi des nouveautés suivantes :

Affichage des noms de fichiers dans les vignettes

Mise à jour Lightroom Affichage des noms de fichiers dans les vignettes

Le nom de fichier est désormais affiché avec les vignettes, un manque crucial des versions précédentes qui se trouve enfin comblé.

Commande Archiver localement

Mise à jour Lightroom cloud Commande Archiver localement

Une nouvelle commande « Archiver localement » (accessible via le menu clic-droit ou le menu Édition) permet de stocker une photo ou une sélection de photos sur le disque dur plutôt que dans le cloud.

Notez que depuis la version 7.0, Lightroom Desktop version cloud gère aussi les dossiers locaux, vous permettant d’optimiser votre espace cloud pour n’y charger que ce que vous souhaitez.

Gestion locale des dossiers

En mode gestion locale, accessible dans l’onglet Local en haut à gauche, il est désormais possible de dupliquer des photos. Vous pouvez également actualiser le contenu des dossiers après avoir modifié leur contenu (ajout ou retrait de fichiers) sans avoir à changer de dossier puis revenir. Pour cela, faites un clic droit > Actualiser le dossier.

Durée de mise en pause de la synchronisation cloud

Mise à jour Lightroom Durée de mise en pause de la synchronisation cloud

Vous pouvez maintenant choisir la durée de mise en pause de la synchronisation cloud : 30 minutes, 1 heure, jusqu’au lendemain ou indéfiniment.

Correction des vidéos avec la courbe de tonalité

Il est désormais possible d’utiliser la courbe de tonalité pour corriger les vidéos, ce qui ajoute une nouvelle dimension aux capacités de retouche vidéo.

Prévisualisation HDR de l’exportation

La fenêtre de prévisualisation de l’exportation affiche maintenant en HDR, pour les fichiers traités en mode HDR, offrant une meilleure visualisation des résultats avant l’exportation.

Mode diaporama

Mise à jour Lightroom cloud Mode diaporama

Bien qu’existant depuis plusieurs années, cette fonctionnalité était cachée. Pour l’utiliser désormais, sélectionnez des photos puis allez dans le menu Affichage > Démarrer le diaporama. L’affichage passe en plein écran, avec des fonctions permettant d’avancer ou reculer manuellement, mettre en pause, annuler, mettre en boucle et régler la vitesse.

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Mise à jour Lightroom mobile 9.3 iOS et Android

Fonctionnalités communes à iOS et Android

  • Suppression IA générative : l’outil de suppression IA générative est disponible, nécessitant une connexion Internet
  • Version finale du flou de l’objectif : comme pour les autres déclinaisons de Lightroom l’outil de flou de l’objectif passe en version finalisée

Améliorations spécifiques à Android

  • Double-tap pour zoomer : la fonction de double-tap pour zoomer rend la navigation plus fluide
  • Zoom et navigation dans les outils Supprimer et Masquage : vous pouvez zoomer et naviguer plus facilement lors de l’utilisation de ces outils

Améliorations spécifiques à iOS

Mise à jour Lightroom Mobile Paramétrage de la taille du cache local

  • Paramétrage de la taille du cache local : il est (enfin) possible de paramétrer la taille du cache local pour gérer l’espace occupé par Lightroom Mobile sur votre iPhone ou iPad. Allez dans Paramètres > Espace de stockage local > Gérer le stockage. Par défaut, le cache est réglé sur 10 Go, ajustable entre 1 Go et 100 Go

Mise à jour Lightroom web

Mise à jour Lightroom Web suppression avec IA générative

L’application Lightroom accessible au travers d’un navigateur web et connectée à votre catalogue, dispose maintenant elle-aussi de la suppression IA générative.

Cette nouvelle fonction permet de supprimer des éléments indésirables sur vos photos depuis un navigateur connecté, ce qui vous permet de nettoyer une photo même si vous n’êtes pas chez vous et que vous n’avez pas accès à votre catalogue sur ordinateur ou mobile.

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Nouveaux matériels photo supportés

Les objectifs ci-dessous sont désormais pris en compte par les différentes versions de Lightroom :

Hasselblad XCD 2,5/25V

Leica Leitz Phone 3 (smartphone)

Sigma L

  • Sigma 15mm F1.4 DG DN Diagonal Fisheye A024
  • Sigma 50mm F1.2 DG DN A024
  • Sigma 500mm F5.6 DG DN OS S024
  • Sigma 500mm F5.6 DG DN OS S024 + TC-1411
  • Sigma 500mm F5.6 DG DN OS S024 + TC-2011

Sony FE

  • Sigma 15mm F1.4 DG DN Diagonal Fisheye A024
  • Sigma 50mm F1.2 DG DN A024
  • Sigma 500mm F5.6 DG DN OS S024

Xiaomi

  • Xiaomi 14 Ultra (smartphone)
  • Xiaomi Civi 4 Pro (smartphone)

La prise de vue connecté est supportée avec les appareils photo Sony cités plus haut ainsi que :

Canon

  • EOS R10
  • EOS R100
  • EOS R50
  • EOS R6 Mark II
  • EOS R7
  • EOS R8
  • PowerShot V10

Les appareils ci-dessous sont désormais pris en charge par les différentes déclinaisons de Lightroom  :

  • Apple iPhone 15 tous modèles (smartphone)
  • Olympus OM TG7
  • Panasonic Lumix DCG9M2
  • Sony A7CII
  • Sony A7CR

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Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena : coup de génie ou folie ?

Le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena est-il un coup de génie ou une folie ? La question mérite d’être posée face à une telle optique, différente d’un 135 mm fixe classique, sans être aussi ultime que le NIKKOR Z 58 mm f/0,95 Noct.

Cet objectif a suscité beaucoup de débats parmi les photographes amateurs comme les professionnels. Avec ses caractéristiques atypiques et son prix élevé, il mérite qu’on s’y attarde sérieusement ; voici ce que j’en pense après avoir passé plus de deux semaines avec lui au quotidien.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

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Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena : conditions et objectif du test

En tant que photographe passionné, j’apprécie d’évaluer les usages possibles des objectifs, plutôt que leurs performances optiques qui sont de très haut niveau avec cette gamme NIKKOR Z série S.

Comme pour chacun de mes tests d’objectifs, j’ai donc cherché à évaluer en priorité la facilité d’utilisation d’un tel objectif, ses avantages, ses contraintes et le type d’images qu’il peut vous donner.

C’est très personnel. En aucun cas il ne s’agit d’un test optique qui vous permet de savoir le nombre de paires de lignes par millimètre que cette optique est capable de résoudre. Ce qui m’importe en priorité, c’est de savoir quand, comment, avec quelle facilité et pourquoi utiliser le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena apparu en septembre 2023.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Pourquoi le nom « Plena » ?

Selon Nikon, le nom « Plena » dérive du latin « plenum », signifiant « plein » ou « rempli ». Ce choix de nom reflète l’ambition de Nikon de créer un objectif conçu pour capturer des détails fins et produire un bokeh doux et circulaire, en écho aux objectifs de la série Noct-NIKKOR, mais avec un caractère propre qui le distingue.

Le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena s’inscrit dans une longue tradition d’objectifs 135 mm chez Nikon, qui remonte aux années 1950.

Le premier objectif 135 mm de Nikon, le NIKKOR 13,5 cm f/4, lancé en octobre 1948, est un téléobjectif à focale fixe, compatible avec les appareils photo télémétriques Nikon de l’époque. Avec sa formule optique avancée pour l’époque, il permettait de capturer des images nettes avec un beau rendu des détails, même à pleine ouverture. Le NIKKOR 13,5 cm f/4 a gagné en popularité auprès des nikonistes, devenant un choix privilégié pour les portraits et les scènes nécessitant une certaine distance de prise de vue.

Au fil des décennies, Nikon a amélioré ses objectifs 135 mm, en introduisant des versions plus lumineuses (NIKKOR-Q.C 13,5 cm f/3.5 en décembre 1950) et avec des éléments optiques plus avancés.

Le NIKKOR 135 mm f/2.8 lancé en novembre 1965, offrait une ouverture maximale plus grande, permettant de meilleures performances en basse lumière et un contrôle accru de la profondeur de champ. Citons aussi le NIKKOR 135 mm f/2.8 Serie E, un téléobjectif à grande ouverture dans la série économique apparue avec le Nikon EM.

Ont suivi le NIKKOR 135 mm f/2 (1975), le NIKKOR 135 mm f/2 AI (1977) et le NIKKOR 135 mm f/2 AIS (1981).

NIKKOR AF 135 mm f/2 DC (Defocus Control)

Avec l’arrivée des reflex autofocus dans les années 1980, Nikon a lancé le NIKKOR AF 135 mm f/2 DC (Defocus Control) en 1990. Cet objectif permettait de contrôler le degré de flou d’arrière-plan et d’avant-plan, une caractéristique unique qui a renforcé l’attrait de la focale 135 mm pour le portrait. L’AF NIKKOR 135 mm f/2D DC apparu en novembre 1995 apportait la prise en compte de la distance de mise au point.

La monture Nikon Z, avec son diamètre plus large et sa distance de tirage plus courte, permet désormais des conceptions optiques plus complexes et performantes. Le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena bénéficie de ces avancées technologiques ; il intègre des éléments en verre ED et SR pour minimiser les aberrations chromatiques et maximise la qualité d’image.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Une conception pensée pour le portrait

Le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena a été conçu pour offrir un contrôle précis de la profondeur de champ et un bokeh circulaire quasi parfait, deux caractéristiques essentielles pour les portraitistes. Il permet de capturer des détails fins des cheveux et des tons de peau, donnant des images naturelles et attrayantes.

Contrairement à d’autres objectifs qui peuvent présenter des effets ‘œil de chat’ ou un bokeh déformé en bordure du cadre, le Plena maintient un bokeh circulaire sur toute l’image. Cette caractéristique est due à une conception optique incluant un diaphragme à 11 lamelles et une grande lentille arrière pour minimiser le vignettage.

Ergonomie et construction

Le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena bénéficie d’une construction robuste en alliage de magnésium censée assurer une grande durabilité. C’est le cas des autres optiques de la série S depuis 2018, il n’y a aucune raison que ce ne soit pas le cas pour celui-ci.

La finition de l’ensemble est excellente, et il faut avouer que l’inscription jaune orangée « Plena » sur le fût apporte la petite touche de classe qui peut manquer au design sobre des NIKKOR Z. C’est personnel, mais j’ai aimé.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

L’objectif pèse 995 grammes, un poids élevé en raison des éléments en verre qu’il contient (16 éléments en 14 groupes) et à ses dimensions : 98 mm de diamètre et 140 mm de longueur. Il est imposant, mais guère plus que ses concurrents comme le Sony FE 135 mm f/1.8 GM (2 000 euros) ou le Canon RF 135 mm f/1.8 L IS USM (2 700 euros).

Ce poids conséquent pour un 135 mm fixe ne dégrade toutefois pas l’équilibre qui reste bon sur un Nikon Z de taille modérée comme le Nikon Z 6II utilisé pour ce test. Sur un Z 8 ou un Z 9 ce n’est que mieux.

Les commandes manuelles comprennent une bague de mise au point fluide et précise, très proche du boîtier, ce qui a quelques conséquences en pratique, comme je l’explique plus bas. La bague multifonction se fait discrète, tandis que deux boutons programmables viennent compléter cette personnalisation.

Le bouton L-FN à gauche, utilisable d’un appui du pouce, active la fonction de votre choix. Je lui ai attribué le suivi 3D du sujet. Le bouton supérieur peut jouer le même rôle en cadrage portrait. La position de ces deux boutons est idéale, vous évitant de changer la position de votre main pour actionner une commande.

J’émets quelques réserves sur la large bague de mise au point. Autant sa grande largeur est un atout en mise au point manuelle, autant elle est un inconvénient en mise au point automatique. En effet, il m’est arrivé d’avoir des images manquant de netteté, de chercher pourquoi, avant de me rendre compte que j’avais dû bouger très légèrement la bague alors que je tenais l’objectif entre le pouce et le majeur de ma main gauche. Attention donc, mieux vaut reculer vos doigts au plus près de la monture pour éviter ce désagrément selon la taille de votre main.

L’objectif est livré avec un pare-soleil qui se fixe en un quart de tour. Il n’y a pas de support pour trépied, mais vous n’en aurez a priori pas besoin, le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena étant plus lourd que long et assez compact avec un diamètre de 98 mm et une longueur de 140 mm.

Compatibilité avec les boîtiers Nikon Z

L’objectif NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena est compatible avec la gamme de boîtiers plein format Nikon Z. Sur un APS-C, il cadre comme un 202 mm, ce qui peut vous intéresser mais attention, le poids et la taille de l’optique seront disproportionnés par rapport à la compacité d’un petit Nikon Z 50 ou Z fc.

Cette compatibilité garantit une intégration optimale avec l’autofocus ultra-rapide et précis des Nikon Z f, Z 8 et Z 9, ainsi qu’avec la stabilisation d’image intégrée au capteur. Car, rappelons-le, ce Plena n’est pas stabilisé, ce qui peut poser problème lorsque la lumière manque et que le temps de pose augmente. L’utiliser avec un capteur stabilisé est donc une bonne idée.

Notez, enfin, que cet objectif n’est pas compatible avec les téléconvertisseurs NIKKOR Z en raison de la spécificité de sa formule optique. Il est et restera un 135 mm.

Performances optiques

Piqué et qualité d’image

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

L’ouverture maximale de f/1.8 et la longue focale permettent un excellent contrôle de la profondeur de champ, tandis que l’effet de compression de l’arrière-plan crée une isolation optimale du sujet. Mes tests révèlent une excellente netteté sur toute la surface du cadre et une transition très douce des plans nets aux plans flous, produisant un effet « crémeux » dans le flou.

La formule optique comporte 16 éléments en 14 groupes, avec quatre éléments ED, un élément asphérique et un élément SR. L’élément SR est rare dans les objectifs Nikon ; il a un indice de réfraction plus élevé pour la lumière bleue et les courtes longueurs d’onde, ce qui aide à contrôler l’aberration chromatique axiale.

L’utilisation de cet élément SR permet aussi de prévenir les franges colorées, tandis que le revêtement limite les reflets tout en maintenant le contraste. Nikon s’est concentré sur le rendu et le caractère de son Plena, c’est réussi.

Bokeh et profondeur de champ

Le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena est équipé d’un diaphragme à 11 lamelles qui joue un rôle crucial dans la qualité du bokeh. Ce diaphragme à lamelles multiples permet de créer une ouverture plus circulaire, même lorsqu’elle est partiellement fermée. Cela se traduit par un bokeh plus doux et plus attrayant, avec des disques de flou qui restent circulaires plutôt qu’hexagonaux ou octogonaux, comme c’est souvent le cas avec des diaphragmes à moins de lamelles.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Vous remarquerez sur les photos que le bokeh reste quasiment circulaire du centre jusqu’à la périphérie des images. C’est loin d’être le cas avec d’autres optiques de très bon niveau pourtant. Voici une performance à mettre au crédit de Nikon, qui peut faire la différence avec le NIKKOR Z 85 mm f/1.2 S (3 350 euros) pour le portrait, si toutefois la focale 135 mm vous convient.

La conception optique du Plena inclut également des éléments spécifiques qui contribuent à la qualité du bokeh. Parmi ces éléments, on trouve des lentilles ED (Extra-Low Dispersion) et SR (Short-wavelength Refractive), qui aident à minimiser les aberrations chromatiques et à maintenir une haute qualité d’image sur toute la plage d’ouverture. De plus, une grande lentille arrière est utilisée pour maintenir une luminosité uniforme jusqu’aux bords de l’image, réduisant ainsi le vignettage mécanique et les effets indésirables comme l’œil de chat.

Le bokeh doux et circulaire du Plena permet de mettre en valeur le sujet. De plus, sa capacité à produire des transitions de flou très progressives donne une sensation de profondeur et d’effet 3D à l’image, ce qui favorise les portraits artistiques.

Autofocus

La mise au point est assurée par deux moteurs pas à pas (STM). En pratique (et en vidéo), le silence est garanti, la réactivité de cet autofocus est grande, la mise au point est stable, même sur un Nikon Z 6II comme ci-dessous (mode AF suivi du sujet).

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Lors de mes différentes séances de prise de vue, bien que j’ai trouvé la mise au point rapide et précise, j’ai toutefois pu constater que le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena est très exigeant envers le boîtier. Il ne suffit en effet pas que l’autofocus de l’optique soit réactif, il faut que le boîtier suive. Or sur la génération Nikon Z 6II et Z 7II, dont l’autofocus est loin d’égaler celui des Z f, Z 8 et Z 9, l’AF est aux limites de ses capacités. Le mode AF zone automatique a parfois du mal à identifier le sujet si le contraste de la scène n’est pas suffisant, il faut alors avoir recours au suivi du sujet. Rien de bloquant cependant car il est courant d’utiliser ce type de zone de mise au point, ce que l’AF des Z 6II et Z 7II gère très bien avec cet objectif.

Sur le côté gauche de l’optique se trouve un sélecteur de mise au point, permettant, comme on peut s’y attendre, de passer en mode de mise au point manuel avec la bague de mise au point ou en mode de mise au point automatique avec l’autofocus à correction du point manuelle. Vous suivez ?

Le Plena a une distance minimale de mise au point de 0,82 m, proche de celle des autres objectifs 135 mm haut de gamme sur le marché.

NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena : utilisation

En pratique, cet objectif s’avère très maniable et portable, bien que son poids et son encombrement soient importants. Certes, vous le sentirez une fois monté sur votre boîtier, mais comme mentionné plus haut, l’équilibre général reste excellent.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

test de bokeh à ouverture f/5.6

Avec une ouverture maximale de f/1.8, bien que vous ne travailliez pas nécessairement à cette ouverture car le bokeh est déjà très prononcé à f/4 ou f/5.6, vous allez pouvoir réaliser des portraits avec de jolis fonds. Toutefois attention, la focale 135 mm peut aussi s’avérer bien longue pour le portrait. Il faut donc composer en demandant à votre modèle de s’éloigner, en photographiant en plan plus serré ou en vous reculant si vous en avez la possibilité.

A pleine ouverture ou proche de la pleine ouverture, la profondeur de champ reste minimale : 14 cm avec une mise au point à 5 m, et 5 cm avec une mise au point à 3 m. Il vous faut donc être prudent sur la zone de mise au point : si vous la faites sur le bout du nez de votre modèle placé à 3 m, vous prenez le risque d’avoir des oreilles floues. A vous de gérer.

Le Plena étant pensé pour les arrière-plans harmonieux, je vous recommande de chercher des scènes qui vont vous permettre de mettre en valeur cette spécificité. En effet, si l’arrière-plan ne permet pas d’avoir de jolis cercles bien ronds, à quoi bon utiliser un tel objectif ? Cherchez les scènes lumineuses, avec une matière qui se prête à ce type de flou : les feuillages sont un bon exemple, les murs lisses le sont moins. Les scènes nocturnes et les décors de studio sont un autre bon choix si vous savez tirer profit des différentes lumières artificielles.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Ici, clairement, le Plena n’est pas mis en valeur, c’est le type de scène à éviter avec cette optique

Faire de la photographie animalière en plan serré, comme je l’ai vu déjà, n’a guère d’intérêt avec le Plena si vous coupez les arrière-plans. A l’inverse, faire des photos de fleurs et de végétation avec un bel arrière-plan flou peut vous donner de belles compositions.

Comparaison

À 3 000 euros, il est légitime de se demander si cet objectif vaut vraiment son prix. Comparé à d’autres objectifs similaires, notamment ceux de Canon et Sony, le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena se distingue par son excellence, mais il est également plus cher que ses concurrents. L’absence de stabilisation est un autre point à considérer et pourrait être un inconvénient pour certains usages en basse lumière.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

La comparaison avec d’autres focales, notamment le NIKKOR Z 85 mm f/1.2 S, est également pertinente. La compression des plans entre ces deux focales influe sur la perception de l’espace et la taille des éléments en arrière-plan. Le choix entre un 85 mm et un 135 mm dépendra donc de votre style de photographie et de l’effet que vous souhaitez obtenir.

Comparé à d’autres objectifs similaires de Sony, Canon ou Sigma, le 135 mm f/1.8 S Plena offre un bokeh nettement plus circulaire et une compression des plans plus prononcée que les focales de 85 mm. Cependant, son absence de stabilisation peut être considérée comme un inconvénient, tout comme son poids conséquent, le rendant moins adapté aux longues séances.

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena : conclusion

Bien que coûteux, le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena répond largement aux attentes en termes de qualité d’image et de bokeh. Sa construction robuste et ses commandes personnalisables en font un outil performant. Si vous cherchez un objectif à portrait de grande qualité, avec un rendu spécifique, offrant une belle séparation entre sujet et arrière-plan, ce modèle pourrait bien valoir l’investissement.

L’utilité du NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena dans des contextes de photographie de portrait ou événementielle est indéniable. Sa capacité à capturer des détails fins, des tons de peau naturels et à minimiser le vignettage en fait un outil précieux si vous recherchez la perfection dans vos images. Pour tous les autres usages, la question reste posée : le poids, l’encombrement et le tarif ne plaident pas forcément en faveur de cette optique si vous n’êtes pas portraitiste.

En conclusion, le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena offre des performances exceptionnelles, mais comme toujours, il est essentiel de considérer vos propres besoins et priorités en tant que photographe avant de faire un tel achat. Alors, coup de génie ou folie ? Tout dépend de votre vision et de vos aspirations en photographie. Pour ma part je serais tenté de vous dire « soyons fous » car cette optique est vraiment séduisante !

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Exemples de photos faites avec le NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

Test NIKKOR Z 135 mm f/1.8 S Plena

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Comment faire de la pose longue avec un hybride Nikon Z

Découvrez comment faire de la pose longue en mode Bulb ou Time avec un hybride Nikon Z sans générer trop de bruit numérique dans vos images. Apprenez à réduire le bruit et à capturer des scènes nocturnes avec précision. Lisez la suite pour obtenir des conseils pratiques et améliorer vos compétences en pose longue.

Quelle différence entre Bulb, pose B et Time, pose T ?

En photographie, les termes Bulb, pose B et pose T désignent des modes d’exposition manuelle permettant de contrôler la durée d’ouverture de l’obturateur de votre appareil photo en pose longue avec un hybride Nikon, pour photographier le ciel nocturne, les étoiles ou la Voie Lactée par exemple.

Bulb ou pose B

Dans ce mode, l’obturateur reste ouvert tant que le bouton de déclenchement est maintenu enfoncé. Il est idéal pour les expositions longues nécessitant un contrôle précis de la durée. Il est souvent utilisé pour la photographie nocturne, les traînées lumineuses et les effets créatifs. Il requiert généralement l’utilisation d’une télécommande ou d’un déclencheur à distance pour éviter les vibrations.

Time ou Pose T

Dans ce mode, l’obturateur s’ouvre avec une première pression sur le déclencheur et reste ouvert jusqu’à ce qu’une deuxième pression le ferme. Ce mode est pratique pour les expositions très longues si vous ne souhaitez pas maintenir le bouton enfoncé ou utiliser une télécommande pendant toute la durée de l’exposition. Ce mode réduit le risque de tremblements et permet une manipulation plus facile lors de poses très longues.

Le mode Bulb ou Pose B

Contrairement au retardateur, qui déclenche une photo après un délai préprogrammé pour éviter les tremblements causés par le contact manuel, le mode Bulb ou pose B est utilisé principalement pour les poses longues jusqu’à plusieurs minutes ou dizaines de minutes, alors que le boîtier ne les propose pas.

La pose longue consiste à garder l’obturateur ouvert pendant plusieurs dizaines de secondes, voire plusieurs minutes, afin de capturer plus de lumière, ce qui est idéal pour la photographie nocturne, les traînées lumineuses ou les scènes à faible luminosité. Le mode Bulb ou pose B est donc crucial si vous cherchez à créer des effets de mouvement et de lumière qui ne peuvent être obtenus avec des expositions standard.

Réduction du bruit en pose longue

Notez qu’un certain bruit numérique (taches lumineuses, pixels répartis de manière aléatoire ou voile) peut apparaître sur les photos en poses longues. Pour atténuer ces taches lumineuses et réduire le voile, activez l’option Réduction du bruit dans le menu Prise de vue photo.

Comment utiliser le mode Bulb, pose B ou le mode Time, pose T

Préparez votre appareil

  • assurez-vous que la batterie est bien chargée
  • utilisez un trépied pour éviter les tremblements

Sélectionnez le mode manuel

  • tournez la molette des modes sur « M » pour le mode manuel

Réglez le temps de pose

  • tournez la molette de contrôle principale pour ajuster le temps de pose
  • faites défiler jusqu’à voir « Bulb » (B) ou Time (T) après les durées les plus longues

Utilisez le mode Bulb ou Time

Réglez les paramètres complémentaires

  • ajustez l’ouverture  et l’ISO en fonction de la scène
  • activez le retardateur si vous n’avez pas de télécommande
  • désactivez la réduction de vibration (VR) sur l’objectif si vous utilisez un trépied

Contrôlez l’exposition

  • utilisez le viseur électronique ou l’écran arrière pour vérifier la composition et l’exposition avant de déclencher
  • utilisez un chronomètre  (ou l’application chronomètre de votre smartphone) pour mesurer la durée de l’exposition en mode Bulb ou Time

Prenez la photo

  • appuyez et maintenez le déclencheur enfoncé en mode Bulb ou pose B (ou utilisez la télécommande/app SnapBridge)
  • relâchez le déclencheur après la durée souhaitée pour terminer l’exposition
  • en mode Time ou pose T appuyez à nouveau sur le déclencheur pour fermer l’obturateur quand le temps de pose désiré est atteint

Vérifiez et ajustez

  • vérifiez l’image sur l’écran arrière pour évaluer l’exposition et la netteté
  • ajustez les paramètres si nécessaire et recommencez

Astuce : pour des expositions extrêmement longues en pose longue avec un hybride, utilisez une batterie externe ou un grip avec une batterie supplémentaire.

Tous les conseils de réglage et utilisation de la série Nikon Z


Et si ce n’était pas votre talent mais vos réglages qui bridaient le piqué de vos photos ?

Le piqué de vos photos est un critère essentiel pour vous ? Si la réponse est oui, sachez que vous n’êtes pas seul(e). Je reçois souvent des messages de lecteurs qui me font part de leur problème de piqué, quelle que soit la configuration de leur équipement photo.

Dans cet article je reviens sur la notion de piqué en photo, et vous partage la réponse que j’ai faite à ce lecteur qui se plaignait de son reflex Nikon équipé d’un long téléobjectif.

Le piqué de vos photos, c’est quoi ?

Le piqué d’une photo désigne la netteté ou la clarté des détails dans une image, c’est un indicateur de la capacité de l’objectif et du capteur de l’appareil photo à reproduire finement les détails.

Le terme « piqué » est très utilisé en photographie pour évaluer la qualité d’une photo en termes de résolution et de contraste, surtout aux contours des zones de l’image.

Dire « ça pique ! » est souvent perçu par les techniciens de la photographie comme signe d’une photo de qualité, où chaque détail est clairement visible sans être flou ni indistinct. Pour autant, ce n’est pas parce qu’une photo montre un bon piqué qu’elle est forcément de qualité, mais c’est un autre débat.

Sur le plan optique, le piqué est affecté par plusieurs facteurs

Un objectif bien conçu avec des verres de haute qualité minimise les aberrations optiques, la dispersion chromatique et la distorsion. Ces aberrations peuvent réduire la netteté des photos en créant des franges colorées ou en distordant des lignes droites qui se retrouvent courbées.

La conception de l’objectif influence également le trajet de la lumière vers le capteur. Une bonne formule optique assure une meilleure netteté sur toute l’image, favorisant la sensation de piqué.

Enfin l’ouverture utilisée joue un rôle essentiel, aux ouvertures moyennes comme f/8 ou f/11 le piqué est souvent à son maximum , les effets de la diffraction à leur minimum, ce qui améliore la qualité technique des photos.

Le problème du manque de piqué

J’en reviens à la question de mon lecteur. Pratiquant la photo animalière, il utilise un reflex Nikon D7500 APS-C avec un zoom téléobjectif Sigma 150-600 mm f/5-6.3 DG OS HSM. Il ne m’a toutefois pas spécifié s’il s’agit de la version Contemporary ou de la version Sports, ce qui peut faire une différence comme nous allons le voir.

Sigma 150-600 pour le Nikon D500 et piqué de vos photos

Les Sigma 150-600 mm f/5-6.3 DG OS HSM Contemporary et Sports

Cette combinaison lui convient, mais lorsque son sujet est éloigné ou se détache d’un fond clair, il me dit que le piqué laisse à désirer. Cela vous parle ? Si vous êtes amateur de longues focales, vous avez peut-être fait le même constat.

Une longue focale, telle que le 600 mm (qui cadre comme un 900 mm en équivalent plein format sur un APS-C), demande une mise au point extrêmement précise. A cette focale la profondeur de champ est minime. Faites le point à une distance de 20 m en ouvrant à f/8 à 600 mm, la profondeur de champ est de 34 cm, c’est peu. Le moindre bougé du photographe ou du sujet peut transformer une photo nette en image floue.

Mon lecteur me dit de plus qu’il a l’habitude de photographier à pleine ouverture, ce qui, dans son cas, signifie f/5.6. Il est tentant d’utiliser la plus grande ouverture possible pour faire entrer un maximum de lumière, cela vous évite de monter en ISO ou d’augmenter le temps de pose. Mais ce n’est pas idéal pour obtenir le meilleur piqué. Les objectifs sont rarement à leur plein potentiel à leur ouverture maximale. C’est le cas du Sigma 150-600 mm, surtout dans sa version Contemporary, moins excellente que la version Sports. La profondeur de champ dans les mêmes conditions, mais à f/5.6, est réduite à 24 cm. C’est très peu.

Lire aussi : comment choisir un téléobjectif, le dossier

Je ne connais pas le temps de pose utilisé par mon lecteur, mais en dessous du 1/1 500 ème de seconde avec un 600 mm, il prend des risques. En photo animalière, il n’est pas rare que la lumière naturelle soit plus faible qu’on ne le pense, il n’y a pas de honte à monter en ISO pour maintenir un temps de pose court. Les boîtiers récents gèrent bien les ISO élevés, ils grimpent jusqu’à 12 800 ISO sans souci quitte à réduire le bruit numérique à l’aide d’un logiciel dédié comme Lightroom Classic ou DxO PureRAW.

Nikon D7500, présentation et caractéristiques techniques

le reflex Nikon D7500

Le boîtier maintenant. L’autofocus du Nikon D7500, avec ses 51 points AF, fonctionne bien en détection de phase, mais n’est pas aussi performant que l’autofocus des Nikon D500 ou D850 avec leurs 153 points AF. Les autofocus hybrides des Nikon Z combinent quant à eux détection de phase et de contraste et offrent une mise au point plus rapide et précise, surtout en faible luminosité.

Améliorer le piqué d’image, en conclusion

La situation de mon lecteur n’est pas catastrophique. Avec une approche méthodique, il peut améliorer ses résultats. C’est l’accumulation de plusieurs facteurs qui conduit à ce piqué décevant. En pratique, sans changer de matériel, il peut adapter chaque élément séparément, du choix de l’ouverture au temps de pose, en passant par l’ISO et la mise au point. Il lui restera encore la possibilité d’augmenter la netteté perçue en accentuant ses images en post-traitement, après avoir réduit le bruit numérique au besoin.


Quel appareil choisir en 2026 pour remplacer votre reflex Nikon APS-C ?

Vous possédez un reflex Nikon APS-C et vous hésitez à passer à l’hybride ? En 2025, les reflex ont presque disparu des rayons, les hybrides Nikon Z dominent désormais, et les smartphones ne sont jamais très loin. Pourtant, vous aimez encore la photographie et vous aimeriez remplacer un reflex Nikon — mais sans vous perdre dans les nouveautés.

 Pourquoi changer votre reflex Nikon APS-C maintenant ?

Les reflex Nikon APS-C ont marqué une génération de photographes. Mais depuis 2018, les hybrides Nikon Z offrent une mise au point plus rapide, une visée électronique précise et des performances supérieures en basse lumière.

Si votre reflex date de plus de dix ans, le gain de confort et de qualité d’image sera évident, même avec un budget raisonnable.

Vous vous demandez peut-être s’il vaut encore la peine d’investir dans un nouvel appareil. Vous avez l’impression que les marques renouvellent trop vite leurs modèles, que tout devient trop technique ou trop orienté vidéo. Et pourtant, vous aimeriez continuer à faire de belles photos simplement, sans céder à la course aux pixels.

Dans cet article, je vous partage la réponse que j’ai faite à un lecteur qui m’a posé cette question. Elle pourrait bien vous aider à y voir plus clair, vous aussi.

Les hybrides Nikon chez MN photo vidéo

Première option : passer à un hybride Nikon APS-C (Z50II, Zfc, Z30)

Nikon Z50II avec NIKKOR Z DX 12-28 mm PZ, meilleur hybride APS-C Nikon 2025
Nikon Z 50II avec NIKKOR Z DX 12-28 mm PZ

Une première option serait d’opter pour un hybride Nikon Z APS-C. Le Nikon Z50II combiné au NIKKOR Z 18-140 mm f/3.5-6.3 VR ou au NIKKOR Z 28 mm f/2.8 ou encore au  NIKKOR Z 40 mm f/2 pourrait être parfait. Le 35 mm AF-S DX pour reflex reste utilisable avec la bague FTZ.

Avec ce type d’équipement, on peut continuer à faire du reportage léger, de la photo de rue, ou des portraits en lumière naturelle, tout en bénéficiant d’un autofocus moderne (Nikon Z50II) et d’un viseur électronique précis. C’est un bon équilibre entre compacité, simplicité et qualité d’image.

Le Nikon Zfc, déclinaison vintage du Z50 de première génération, séduit par son design mais repose sur une technologie désormais dépassée face au Z50II.

Le Nikon Z50, compact, réactif, doté d’un viseur confortable et d’un capteur 20,9 Mpx, a su convaincre de nombreux amateurs exigeants. Mais cinq ans plus tard, ce modèle accuse son âge. L’autofocus, notamment en suivi du sujet, n’est pas au niveau des standards actuels. Il reste une bonne affaire en occasion, surtout pour ceux qui privilégient un boîtier équilibré et bien construit, mais pour un achat neuf, le Z50II représente une évolution significative.

Le Nikon Z30 reste un modèle à part dans la gamme. Pensé avant tout pour les créateurs de contenu, il est compact, léger, dépourvu de viseur, et s’adresse plutôt aux vloggers qu’aux photographes. Il est souvent délaissé par les amateurs de photo traditionnelle, d’autant plus qu’il n’est pas doté du nouvel autofocus embarqué dans les modèles plus récents comme le Z50II. Ce choix technique limite ses performances en photo d’action ou en faible lumière, et le rend moins attractif pour ceux qui recherchent un appareil polyvalent avant tout orienté photo.

Nikon Zfc avec NIKKOR Z 28 mm SE, second meilleur hybride APS-C Nikon 2025
Nikon Zfc et NIKKOR Z 28 mm SE

En octobre 2025, la gamme Nikon Z DX commence à s’imposer. Le Z50II date de fin 2024, c’est le meilleur candidat possible. Le Nikon Zfc est une déclinaison du Z50 de première génération, avec un design vintage. Le Z30 cible surtout les vidéastes.

Les objectifs NIKKOR Z DX sont performants et la gamme évolue avec, par exemple, l’arrivée d’un zoom expert f/2.8 constant. De plus tous les objectifs NIKKOR Z pour plein format peuvent être utilisés, ce qui est un des atouts de la monture Z.

À retenir : le Nikon Z50II est le meilleur choix actuel pour remplacer un reflex Nikon APS-C.
→ Compact, rapide, viseur précis, large compatibilité optique.
→ Le Zfc séduit par son style, mais reste plus limité techniquement.
→ Le Z30 s’adresse surtout aux vidéastes.

Quel objectif choisir avec le Nikon Z50II ?

Le zoom polyvalent NIKKOR Z 18-140 mm f/3.5-6.3 VR reste la meilleure option pour un usage généraliste.

Seconde option : passer à l’hybride plein format Nikon (Z5II, Zf)

Le Nikon Z5II reste une option économique mais performante, son capteur stabilisé marquera une différence notable par rapport au reflex APS-C. Le NIKKOR Z 24-200mm f/4-6.3 VR est un excellent choix, tandis que le NIKKOR Z 40 mm f/2 remplace très bien l’AF-S NIKKOR 35 mm f/1.8.

Le passage au plein format apporte surtout une autre expérience de prise de vue : un viseur plus confortable, une profondeur de champ plus courte à focale équivalente, un meilleur équilibre avec les optiques longues ou lumineuses, et une ergonomie souvent plus soignée.

Ce type de boîtier incite aussi à adopter des objectifs plus exigeants, à mieux composer, à ralentir parfois, pour explorer une approche plus intentionnelle de la photographie.

Nikon Z5II avec NIKKOR Z 40 mm f/2, hybride plein format Nikon abordable
Nikon Z5II avec NIKKOR Z 40 mm f/2

Si vous êtes prêt à investir davantage, le Nikon Zf avec un NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S ou un NIKKOR Z 24-120 mm f/4 S sera une solution performante qui vous ouvrira de nouvelles possibilités créatives.

Bien sûr, cela représente un budget plus important, mais souvenez-vous : vous avez gardé votre reflex pendant des années, vous n’avez pas le profil de quelqu’un qui veut la dernière nouveauté à tout prix. Par ailleurs, les hybrides Nikon sont plus durables que les reflex, et les objectifs conservent longtemps leur pertinence.

Faut-il passer à l’hybride si votre reflex fonctionne encore ?

Si votre reflex Nikon APS-C fonctionne encore parfaitement, rien ne presse. Mais vous manquerez certaines avancées majeures : autofocus à détection de sujets multiples (oiseaux, animaux, visages, …), viseur électronique, vidéo 4K fluide, et compatibilité directe avec les nouvelles optiques NIKKOR Z.

Changer, c’est aussi retrouver le plaisir de photographier avec un matériel inspirant et simple à utiliser.

FAQ – Questions fréquentes sur le remplacement d’un reflex Nikon APS-C

Quelle différence entre reflex Nikon et hybride Nikon Z ?
Les hybrides Nikon Z utilisent une visée électronique et un autofocus sur le capteur, ce qui améliore la précision et la rapidité.

Mon objectif DX est-il compatible avec un hybride Nikon ?
Oui, grâce à la bague Nikon FTZ2, vos objectifs AF-S DX restent utilisables.

Un Nikon plein format vaut-il vraiment le coup ?
Le plein format offre plus de latitude de recadrage et de bokeh, mais demande un budget supérieur et des objectifs plus lourds.

Le Nikon Z50II vaut-il mieux qu’un Zfc ?
Techniquement oui. Le Z50II dispose d’un autofocus plus moderne et d’un meilleur suivi du sujet.

Quel est le meilleur hybride Nikon pas cher ?
Le Nikon Z50II avec un NIKKOR Z 18-140 mm f/3.5-6.3 VR reste le meilleur compromis en 2025.

Les hybrides Nikon chez MN photo vidéo

Conclusion : faut-il remplacer votre reflex Nikon APS-C ?

Si vous hésitez encore, retenez ceci : remplacer un reflex Nikon APS-C n’est pas une obligation, c’est une opportunité. Les appareils hybrides Nikon actuels sont plus rapides, plus précis, plus agréables à utiliser. Mais la vraie question n’est pas de savoir quel boîtier est le meilleur : c’est de retrouver le plaisir de photographier.

J’utilise encore un boîtier APS-C de 2016 pour sa simplicité et sa capacité à saisir des instants uniques, notamment en photo urbaine. Le matériel compte, mais moins que l’envie de créer.

Changer d’appareil, ce n’est pas seulement adopter une nouvelle technologie. C’est relancer sa pratique, retrouver le goût du terrain, et donner à sa photographie un nouveau souffle. La meilleure décision n’est pas la plus récente, mais celle qui vous donnera envie de sortir photographier demain.

Les hybrides Nikon chez MN photo vidéo

Avant de faire votre choix, je vous conseille de découvrir ces deux guides complémentaires :
Quel objectif Nikon Z choisir ?
Comment régler votre appareil photo Nikon Z ?


Les secrets de la photo d’enfants : technique, composition, inspiration

Vous aimez photographier vos enfants ou ceux de vos proches. Mais vous trouvez que vos photos ne sont pas à la hauteur de vos espérances, que vous ne faites jamais de très belles images. Ou qu’elles ne sont pas très créatives ? Découvrez le guide de la photo d’enfants de Lisa Tichané édition 2024.

Les secrets de la photo d'enfants : technique, composition, inspiration

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Les secrets de la photo d’enfants, présentation

S’il fallait résumer la photo d’enfants à deux termes seulement, je retiendrais du livre de Lisa Tichané les mots simplicité et spontanéité. En parcourant ce livre sur la photographie d’enfants, en découvrant les très nombreuses illustrations, ce sont les deux mots clés qui reviennent et donnent le ton général de l’ouvrage.

Au-delà du choix du matériel photo, objet du premier chapitre identique à celui de l’édition précédente et passablement obsolète, vous allez découvrir un univers particulier, celui de Lisa Tichané, mais aussi une autre approche de la photo d’enfants.

Les secrets de la photo d'enfants : technique, composition, inspiration

Vous êtes peut-être habitué à créer des moments particuliers avec les enfants, à leur demander de poser pour la postérité, à les diriger. Si c’est le cas alors vous allez très vite comprendre que vous faites erreur, que vos meilleures photos sont souvent « issues de moments très simples, du quotidien« .

Vous allez bien évidemment trouver des conseils techniques dans ce guide parce que le matériel doit se mettre à votre service et qu’il faut le choisir avec soin. Mais vous allez aussi trouver une bonne part d’inspiration qui vous aidera à développer votre créativité.

Connaissez-vous la notion d’espace négatif ? De cadre à l’intérieur du cadre ? De portrait sans tête ? Ce sont autant de sujets traités et illustrés joliment pour que vous puissiez vous-aussi copier dans un premier temps et proposer une vision personnelle dans un second temps.

Comprendre et apprivoiser la lumière, adapter vos prises de vue aux différents âges, adapter les choix vestimentaires sont autant de notions essentielles à intégrer dans votre démarche de photographe. L’auteur vous guide dans cet apprentissage en vous expliquant ce qui est important, pourquoi ça l’est et comment traduire cela en images. Les nombreuses photos qui accompagnent l’ouvrage vous aident à mettre les mots en images.

Les secrets de la photo d'enfants : technique, composition, inspiration

Vous voulez passer à l’action ? Utilisez les fiches qui composent la dernière partie du guide pour réussir vos photos d’enfants :

  • au bain
  • sur le lit
  • avec un doudou
  • avec les animaux domestiques et à quatre pattes
  • lors d’une séance de dessin ou de peinture
  • en jouant avec les bulles
  • en jouant avec des ballons

Vous aurez peut-être envie aussi de voir vos enfants en noir et blanc : ce rendu qui élimine les distractions est une autre façon d’aborder la photo d’enfants. De même que le fait de réaliser un projet 365 (une photo par jour pendant un an), une très belle façon de documenter le quotidien de vos chérubins !

J’ai particulièrement apprécié cette dernière partie du guide car elle est source d’inspiration. L’auteur a eu la riche idée de nous présenter le travail d’autres photographes, ce qui  complète d’autant l’ouvrage.

A qui s’adresse ce guide de la photographie d’enfants ?

Ce guide s’adresse aux photographes débutants comme amateurs équipés d’un appareil photo à objectifs interchangeables et modes experts. Je mets toutefois un bémol sur le contenu du premier chapitre de cette édition 2024, il aurait mérité une mise à jour abordant les hybrides plutôt que des modèles de reflex obsolètes de nos jours.

Ce guide s’adresse également à celles et ceux qui ont envie de faire de belles images sans devoir utiliser des éclairages artificiels, un plein sac de matériel ou organiser des séances complexes. Toutes les photos présentées dans le livre peuvent être réalisées en lumière naturelle (lumière du jour).

Au final voici un livre très abordable qui vous permettra de porter un autre regard sur la photo d’enfants, de réaliser rapidement des photos plus agréables et, surtout, de profiter de vos tous petits – et plus grands aussi – de la plus belle des façons qui soit, en jouant avec eux.

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Comment faire des photos de nature : technique, pratique, matériel par Erwan Balança

Erwan Balança, photographe professionnel, vous propose de découvrir comment faire des photos de nature comme les photographes pros. Au programme, le choix de l’équipement photo et de l’équipement du photographe, les connaissances de bases, la photo animalière et la photo de paysages.

Voici la présentation de l’édition 2024 de ce livre, en tous points identique à l’édition précédente de 2018 (lisez ma note sur le premier chapitre toutefois).

Les secrets de la photo de nature : technique, pratique, matériel par Erwan Balança

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Comment faire des photos de nature : présentation

Erwan Balança est photographe de nature et photographe animalier depuis plus de 25 ans. Il a déjà écrit plusieurs ouvrages sur le sujet, dont Les secrets de la photo d’animaux et Le grand livre de la photo nature.

Ce dernier livre a rencontré un joli succès auprès des photographes amateurs attirés par la photographie animalière et le livre présenté ici est une réédition: le texte est strictement le même, les illustrations aussi, la maquette est identique à quelques coloris près.

Erwan Balança a la double qualité de photographe animalier et de photographe de paysage, d’où le titre du guide regroupant ces deux disciplines. Il prend soin par contre de détailler ces deux domaines particuliers de la photo nature dans les différents chapitres.

Quel matériel photo pour la photo de nature ?

Les secrets de la photo de nature : technique, pratique, matériel par Erwan Balança

Dans cette première partie de l’ouvrage, Erwan Balança vous donne sa vision du matériel idéal pour pratiquer la photo de nature. Je dois préciser ici que tout ce qui touche au matériel photo dans ce premier chapitre est obsolète. Citer les reflex, passe encore, mais les compacts experts ont disparu, et je n’ai trouvé aucun mot sur les hybrides.

J’aurais apprécié la mise à jour de ce qui concerne la prise de vue, comme les critères de choix d’un capteur (9 et 12 Mp n’existent plus), ou l’intérêt des nouveaux modes autofocus propres à la photo nature. Rien de ce qui est dit n’est faux, mais ce n’est pas à jour pour une édition datée 2024.

Vous trouverez par contre des conseils toujours valables pour choisir vos objectifs (le téléobjectif n’est pas le seul à considérer) de même que les compléments optiques (multiplicateurs de focale, bagues allonge).

Tous les accessoires photo indispensables sont passés en revue, et l’expérience de l’auteur étant ce qu’elle est est, vous allez également trouver dans cet ouvrage de nombreux conseils sur la tenue du photographe et les matériels annexes importants (des protections de mousse pour les jambes de votre trépied par exemple, voir page 38).

L’exposition : la différence entre une photo réussie ou non

Les secrets de la photo de nature : technique, pratique, matériel par Erwan Balança

Savoir mesurer la lumière et choisir les valeurs d’exposition (ouverture, temps de pose) en fonction de votre sujet et de votre boîtier sont deux notions que vous devez maîtriser pour réussir vos photos de nature.

Peut-être plus que dans d’autres domaines, l’exposition prend toute son importance en photo de nature car le ciel, lumineux, est souvent présent dans les photos (par exemple les oiseaux en vol) à et le sujet peut occuper une faible proportion du cadre. Choisir la bonne exposition pour le mettre en valeur est alors critique.

Le chapitre dédié aux connaissances photo fait la part belle à l’exposition, vous y trouverez des conseils adaptés à la photo animalière comme à la photo de paysage. L’auteur vous explique comment faire des choix en cas de scène trop contrastée ou de contre-jours. Ce sont toujours les cas les plus difficiles quand on débute.

Vous allez également comprendre à analyser les différents types de lumière pour régler au mieux votre boîtier :

  • lumière venant du dessus,
  • lumière directe,
  • lumière de côté,
  • lumière en contre-jour,
  • lumière par ciel couvert,
  • lumière de l’aube et temps de brume.

La seconde moitié de ce chapitre vous apprend à construire vos images :

  • composition,
  • cadrage,
  • mise en valeur du sujet,
  • prise en compte des lignes et du graphisme de la scène photographiée.

La photo animalière

Les secrets de la photo de nature : technique, pratique, matériel par Erwan Balança

Dans le troisième chapitre vous entrez dans le monde fabuleux de la photo animalière :

  • comment repérer et observer,
  • les techniques de prise de vue,
  • comment saisir un animal en mouvement,
  • comment faire des images d’animaux nettes.

L’auteur insère des doubles pages spécifiques à certains animaux dans cette section. Pages 104 et 105 vous apprendrez comment photographier le cerf, pages 118 et 119 comment photographier le lapin.

Après avoir passé en revue les différents types d’affûts (fixe, cubique, couché, flottant), Erwan Balança vous explique :

  • comment les construire,
  • comment les mettre en œuvre,
  • comment vous équiper lors de l’affût.

Les pages suivantes concernent le déclenchement à distance ainsi que le télépiégeage (faire des photos sans être présent sur le site). Vous allez apprendre à discerner les différents systèmes et accessoires, à en construire par vous-même au besoin (voir aussi Comment fabriquer vos accessoires photo). 

Les plans rapprochés

Les secrets de la photo de nature : technique, pratique, matériel par Erwan Balança

La transition entre la photo animalière et la photo de paysage se fait en douceur : le chapitre 4 est consacré à la photographie en plans rapprochés (macro et proxyphotographie).

Vous allez voir comment vous pouvez photographier la rainette près de l’eau (fiche dédié pages 152 et 153), de même que vous découvrirez quel est l’équipement photo indispensable pour ce type de prises de vue.

Insectes, serpents, escargots, détails d’oiseaux ou de plantes, nombreuses sont les illustrations qui vous permettent de comprendre comment l’auteur fait ses photos et comment vous pouvez faire aussi.

La photo de paysage

Les secrets de la photo de nature : technique, pratique, matériel par Erwan Balança

Le tour d’horizon ne serait pas complet sans un chapitre dédié à la photographie de paysage. C’est le  chapitre 5 qui traite du sujet, avec un focus particulier sur votre sécurité, le matériel nécessaire et les repérages.

Vous allez trouver dans ce chapitre des conseils sur le choix et l’utilisation d’un trépied, de filtres et de divers accessoires complémentaires. Viennent ensuite des conseils pour réussir vos photos d’arbres et de forêts, de montagne, de marais et de zones humides, de bords de mer et du littoral.

Mon avis sur le guide « Les secrets de la photo de nature »

Les secrets de la photo de nature : technique, pratique, matériel par Erwan Balança

Réédition à l’identique d’un précédent ouvrage de qualité, cette nouvelle version du guide photo de nature d’Erwan Balança reste en toute logique aussi intéressante. Les photos  d’illustration, l’insertion de fiches conseils sont autant de bonnes idées pour vous offrir un guide agréable à consulter.

Notez toutefois que tout ce qui touche au matériel photo, dont le premier chapitre sur le choix d’un boîtier, est obsolète. J’aurais apprécié la mise à jour de ces pages et l’ajout des hybrides, des nouveaux modes autofocus propres à la photo nature, des considérations plus en phase avec le matériel actuel (la définition des capteurs par exemple).

Ceci ne retire rien à tous les autres chapitres qui traitent de prise de vue et de comportement sur le terrain. Les notions présentées sont nombreuses, complètes et l’auteur sait transmettre sa passion au lecteur.

Si vous vous intéressez à la photographie nature, la photographie animalière et/ou la photographie de paysage, voici un guide qui peut vous aider à franchir un cap dans votre pratique. Vous pourrez toujours consulter d’autres ouvrages pour choisir votre matériel photo si vous n’êtes pas encore équipé.

Si vous possédez la précédente édition du guide, inutile d’acheter celle-ci puisque c’est une simple réédition avec une nouvelle couverture. Si vous possédez la toute première édition, celle-ci n’est pas non plus indispensable. Si par contre vous découvrez cet ouvrage, choisissez bien évidemment cette édition 2024, elle est plus attirante et plus simple à trouver.

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Comment utiliser un 28 mm à focale fixe et pourquoi ?

Pourquoi et comment utiliser un 28 mm fixe plutôt qu’un zoom calé à la même focale ? La réponse se trouve dans la différence d’approche photographique qu’un objectif à focale fixe apporte. C’est une liberté bien particulière qu’il vous offre, et cette liberté passe par cinq raisons que vous allez découvrir ci-dessous.

Comment utiliser un 28 mm à focale fixe et pourquoi ?

Le NIKKOR Z 28 mm f/2.8 chez Miss Numerique

Après vous avoir cité les raisons d’utiliser un 35 mm fixe, un 50 mm fixe, un 85 mm fixe, ou un zoom 70-200 mm, voici quelques bonnes raisons de passer au 28 mm fixe.

Une taille compacte

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

Le 28 mm f/2.8 fixe passe presque inaperçu. En ville, lorsque vous faites des photos dans la foule, un gros zoom vous rend bien visible. Le petit gabarit du 28 mm vous permet de vous rapprocher de vos sujets sans être intrusif. Au besoin l’écran inclinable de votre appareil photo vous offre la flexibilité nécessaire pour prendre des photos discrètement.

Cela ne serait tout simplement pas possible avec un zoom plus volumineux.

Un poids plume

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

Lors de vos balades photo, vous pouvez garder l’appareil à la main en permanence. 475 grammes font toute la différence entre un 28 mm fixe et le zoom NIKKOR Z 24-120 mm f/4 S par exemple.

Ce poids plume vous permet de rester alerte et prêt à saisir chaque instant, sans ressentir de fatigue qui s’accumule au bout d’une heure avec un zoom plus lourd.

Une facilité d’approche

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

Avec un zoom, vous devez constamment vérifier la focale. Mais un 28 mm fixe, c’est un 28 mm, point final. Vous n’avez pas à ajuster la bague de zoom qui peut tourner aisément, ou à vous demander si vous êtes dans la bonne plage focale. Vous mettez l’œil au viseur, et le cadrage est déjà prêt.

ela vous permet de concentrer toute votre attention sur le sujet.

Des contraintes stimulantes

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

La contrainte d’une focale fixe est aussi son avantage. Vous n’avez pas le luxe de « voir ce que donne » avec une autre focale, ce qui vous oblige à composer en fonction du 28 mm. Vous allez donc vous déplacer physiquement, vous rapprocher ou vous éloigner, ce que j’appelle « zoomer avec vos pieds ».

Cela vous pousse à être plus créatif et conscient de chaque scène.

Une ouverture généreuse

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

L’ouverture maximale f/2.8, courante sur un 28 mm fixe, permet un contrôle du flou d’arrière-plan. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle grand-angle rime forcément avec grande profondeur de champ, cette ouverture, couplée à une focale fixe, ouvre la porte à d’infinies possibilités créatives.

Cette ouverture généreuse vous permet aussi de capturer des images en faible luminosité sans compromettre la qualité du rendu, vous offrant l’opportunité de jouer avec les contrastes et les ombres pour créer des images différentes de celles que feraient les autres au même endroit dans les mêmes conditions. Ou que celles que vous ne pourriez pas faire avec votre zoom n’ouvrant qu’à f/4 au mieux.

Un tarif abordable

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

Au-delà de ces cinq raisons, le NIKKOR Z 28 mm f/2.8 présente un avantage notable par les temps qui courent : il est économique. Il offre le même niveau de qualité qu’il s’agisse de la version « moderne » comme de la version SE « vintage. Il s’adapte à tous les styles et budgets.

Le NIKKOR Z 28 mm f/2.8 version moderne chez Miss Numerique

Le NIKKOR Z 28 mm f/2.8 SE version vintage chez Miss Numerique

Comment utiliser un 28 mm quand la lumière manque ?

Pour prendre des photos en conditions de faible luminosité ou nocturnes avec un 28 mm fixe, voici comment utiliser un 28 mm au mieux :

Utilisez la plus grande ouverture

Réglez l’objectif sur la plus grande ouverture disponible (f/2.8) pour laisser entrer le maximum de lumière. Cette ouverture vous permet de capturer plus de détails tout en obtenant des images nettes dans des environnements peu éclairés.

Augmentez la sensibilité ISO

Essayez de trouver un équilibre entre la luminosité souhaitée et le bruit numérique. Commencez à ISO 800, puis ajustez en fonction du niveau de bruit tolérable.

Stabilisez l’appareil

Utilisez un trépied ou une surface stable pour éviter les flous de bougé. Si vous n’en avez pas, activez la stabilisation d’image de l’appareil si elle est disponible.

Temps de pose long

Utilisez un temps de pose plus long pour augmenter le temps d’exposition. Testez différents réglages, mais assurez-vous que le mouvement soit limité pour éviter les flous indésirables.

Utilisez la mise au point manuelle

La mise au point autofocus peut parfois être inefficace dans l’obscurité. Passez en mode manuel et utilisez le focus peaking (si disponible) ou agrandissez l’image dans le viseur/écran pour faire la mise au point.

Faites du RAW

Prenez vos photos en RAW pour disposer de plus de latitude en post-traitement. Vous pourrez ajuster les ombres et les hautes lumières sans dégrader la qualité de l’image.

Trouvez des sources lumineuses

Recherchez des sources lumineuses naturelles ou artificielles (lampadaires, vitrines, etc.) pour apporter de la luminosité à votre composition.

Comment utiliser un 28 mm : en conclusion

Toutes ces raisons font que le 28 mm fixe est une alternative aux zooms inégalée. Je ne peux que vous encourager à essayer de photographier ainsi, avec des contraintes créatives similaires, pour voir votre pratique s’affirmer. Car comme le veut toute pratique, sans contraintes, vous stagnez.

Pour cela, voici le défi que je vous propose : sortez prendre des photos avec un 28 mm fixe comme seule optique, pour un projet d’une semaine ou d’un mois. Travaillez votre regard, oubliez l’objectif. Une fois que vos prises de vues sont terminées, partagez votre retour d’expérience. Vous avez pensé quoi de cet exercice ?

Le NIKKOR Z 28 mm f/2.8 chez Miss Numerique

D’autres exemples de photos faites au 28 mm à focale fixe

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

Comment utiliser un 28 mm et pourquoi ? Exemples de photos au 28 mm

Le NIKKOR Z 28 mm f/2.8 chez Miss Numerique


Pourquoi connaître les données EXIF ne vous rend pas meilleur photographe ?

Pensez-vous vraiment que copier une valeur ISO et une ouverture spécifique feront de vous un expert en photographie Détrompez-vous !

pourquoi-connaitre-donnees-exif-pas-meilleur-photographe

Ça y est. Vous avez décidé de vous mettre à la photographie. Vous avez acheté un appareil photo, un ou plusieurs objectifs, des accessoires, et maintenant vous avez besoin de savoir comment utiliser tout cela.

Vous regardez quelques tutoriels, des photos qui vous plaisent, et la première chose que vous faites, c’est de demander à leurs auteurs quels réglages ils ont utilisés, quelles sont les données EXIF correspondantes.

Pourquoi les données EXIF ? Parce qu’on vous a expliqué qu’elles traduisent les réglages de prise de vue, alors vous vous dites qu’en copiant les réglages des autres, vous obtiendrez les mêmes photos que les autres. C’est une erreur. Voici pourquoi.

Pourquoi connaître les données EXIF d’une photo ne vous rend pas meilleur photographe ?

1/800ème à f/4 – ISO 180 – 70 mm, ça vous aide ?

Les données EXIF : qu’est-ce que c’est ?

En photo numérique, on appelle données EXIF des données qui accompagnent les fichiers numériques, et qui référencent tous les réglages de prise de vue de votre appareil photo ainsi que les caractéristiques de votre matériel. Je vous renvoie vers cet article sur les données EXIF pour bien comprendre ce dont il s’agit.

Ces données ont deux intérêts.

Le premier, c’est de savoir avec quel matériel une photo a été faite. Les données indiquent le type d’appareil photo, son numéro de série, son firmware, le type d’objectif et toutes les caractéristiques du matériel.

Le second intérêt, c’est de connaître les principales données de prise de vue. Vous allez retrouver dans la liste, par exemple, la sensibilité ISO, l’ouverture, le temps de pose, le type de mesure de lumière, le type de réglages autofocus, le type de correction d’exposition ou encore l’utilisation ou non d’un flash.

L’importance (limitée) des paramètres techniques

Toutefois, la photographie ne saurait se limiter à une liste de réglages. Ce n’est pas parce que vous avez une bonne compréhension des techniques de prise de vue, que vous connaissez les réglages à utiliser pour faire la même photo que celle qui vous plaît, que vous allez faire de bonnes photos. La photo, ce n’est pas aussi simple, ce n’est pas qu’une question de technique.

Lorsque vous lisez les données EXIF d’une photographie, vous ne connaissez pas pour autant l’intention du photographe, les conditions de lumière réelles, ou même l’émotion qui se cache derrière cette photo. Tout cela est purement subjectif, ce n’est pas en copiant des réglages techniques que vous obtiendrez cette dose de subjectivité, d’émotion, et d’intention. Les données EXIF ne vous servent absolument à rien pour cela.

De plus, quand bien même vous arriveriez à faire des photos qui sont très proches de celles qui vous plaisent, grâce à la copie des données EXIF, vous n’obtiendriez qu’une copie des photos des autres. Ce ne serait pas vos photos avec votre intention et votre style, mais des images stéréotypées que l’on voit partout, qui ne se différencient pas les unes des autres, qui ne montrent ni votre style ni quel photographe vous êtes.

Photo de nuit dans le Lot, ancienne station service

Les aspects essentiels ignorés par les données EXIF

Observez attentivement la liste des données EXIF d’une photo qui vous plaît. Y voyez-vous des éléments de cadrage, de composition, de placement, des éléments visuels dans le cadre ? Non !

Aucun de ces éléments essentiels n’est réplicable à partir des paramètres de prise de vue seuls. C’est à vous d’apprendre le cadrage, la composition, le choix du placement du sujet et des éléments visuels, vous ne trouverez cette information nulle part sous une forme technique, réplicable.

Les photos qui vous plaisent ont été faites à un instant précis, avec une lumière précise. Sa qualité, son intensité, son orientation, la façon qu’a eue le photographe de l’utiliser ne se trouvent jamais dans les données EXIF.

Mais ce n’est pas tout. Qu’est-ce qui vous attire dans une image et vous fait ressentir une connexion émotionnelle forte avec le sujet ?

Le message que veut transmettre le photographe avec ses photos, l’histoire qu’il vous raconte avec cette série de photos, ne sont pas dans les données EXIF. Chaque photo a son propre jeu de données, elles ne concernent pas une série de photos, ne concernent pas l’histoire autour de cette prise de vue. Les connaître ne vous livre pas les clés de la narration photographique essentielle à toute prise de vue réussie.

Comment les données EXIF peuvent encore être utiles

Les EXIF ont un autre usage. Elles vous permettent d’expérimenter, en testant des réglages différents de ce que vous utilisez d’habitude.

Choisissez quelques photos qui vous plaisent parmi les vôtres, sélectionnez une donnée correspondant à un réglage de prise de vue et changez ce réglage. Vous allez alors pouvoir vérifier le résultat, savoir si ce nouveau réglage vous donne un résultat plus satisfaisant, et si oui, pourquoi. Vous en garderez trace en vérifiant les données EXIF, c’est le bon usage et un travail personnel à faire sur vos photos.

Devenir un meilleur photographe au-delà des EXIF

Vous avez compris que les données techniques ne suffisent pas pour devenir un meilleur photographe. Il importe que vous sachiez développer un regard créatif.

Cela commence par l’observation de la lumière, que vous pouvez observer sans même faire de photos.

Cela concerne également la composition des images. Vous pouvez d’ailleurs observer d’autres formes d’art pour apprendre la composition : la peinture, le cinéma, la vidéo, le dessin…

Pourquoi connaître les données EXIF d’une photo ne vous rend pas meilleur photographe ?

Vous pouvez encore vous intéresser au détail de votre environnement. En travaillant sur les détails, vous allez mettre en valeur des sujets que tout le monde ne met pas en valeur, vous ne ferez pas les mêmes photos que les autres, c’est cela qui fera petit à petit votre style, votre façon de regarder et de photographier.

Pour devenir meilleur photographe, je vous encourage aussi à créer une série de photos qui raconte une histoire. Laissez de côté les réglages techniques, pensez plutôt narration, récit, chaque photo montrant une partie d’une scène ou d’un évènement, l’ensemble constituant un tout.

Peut-être que votre envie à vous n’est pas de créer des séries, mais de faire une seule photo suffisamment forte pour être attirante. Dans ce cas, lorsque vous portez l’œil au viseur, posez-vous cette question : quelle est la scène que je veux photographier, que se passe-t-il, quels sont les intervenants, quels sont les sujets qui racontent quelque chose quand on regarde ? Traduisez tout cela en une composition forte sur cette unique photo.

Je vous encourage à mettre en œuvre des pratiques photographiques simples qui mettent l’accent sur l’intuition plutôt que sur la technique.

Vous pouvez par exemple utiliser un objectif à focale fixe, définir une ouverture et un temps de pose, et n’utiliser que cet ensemble de réglages pour toute une série de photos. Vous travaillerez alors votre attention et votre regard plus que la technique.

Vous pouvez décider d’utiliser votre appareil photo en figeant à l’avance la zone de mise au point. Dans ce cas, ce sera à vous de vous éloigner ou de vous rapprocher du sujet pour vous assurer que la mise au point est bonne sur ce sujet. C’est une pratique très créative.

Vous pouvez encore choisir de ne photographier qu’en orientation portrait ou paysage, et de ne jamais changer cette orientation tout au long de la journée.

De nombreuses autres possibilités s’offrent à vous : photographiez en noir et blanc, en pose longue, en très grande ouverture, peu importe la pratique que vous mettrez en œuvre tant que vous serez capable de prendre de la distance avec la technique.

Conclusion : pour être un meilleur photographe …

Vous l’avez compris, la maîtrise technique est nécessaire, mais n’est pas suffisante pour faire des photos attirantes.

En vous contentant de chercher à copier les réglages des autres photographes, vous ne progressez pas, vous ne faites que vous enfermer dans la technique qui vous prive de l’essentiel.

En conclusion, je ne peux que vous encourager à vous concentrer sur le regard, la composition, la lumière, l’émotion que vous allez être capable d’introduire dans votre pratique photographique.

Sachez lire les données EXIF de vos photos pour comprendre ce qui pose problème lorsqu’elles ne vous plaisent pas, mais ne mettez pas un point d’honneur à devenir l’expert des données EXIF, car cela ne fera jamais de vous un photographe affirmé.


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