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Comment bien utiliser le Nikon Z 6 et le Nikon Z 7 : les guides de Vincent Lambert

Vous avez craqué pour le Nikon Z 6 ou le Nikon Z 7 mais parcourir le manuel Nikon vous rebute ? Vous préférez aller droit au but et obtenir les réponses à vos questions sans fouiller parmi des centaines de pages ? Vincent Lambert s’est remis au travail pour vous proposer deux guides vous permettant de bien utiliser le Nikon Z 6 et le Nikon Z 7.

Comment bien utiliser le Nikon Z 6 et le Nikon Z 7 : les guides de Vincent Lambert

Ce guide version Nikon Z 6 …

Ce guide version Nikon Z7 …

Bien utiliser le Nikon Z 6 et le Nikon Z 7

A l’inverse du manuel Nikon commun aux deux hybrides Nikon Z 6 et Z 7 tant ils sont proches, ou du guide de Bernard Rome paru chez Dunod, Vincent Lambert a opté pour deux ouvrages distincts. La majeure partie du contenu est identique, en toute logique et à quelques différences de mise en page près, la différence porte sur l’autofocus et la définition de chaque boîtier.

Si vous n’avez qu’un seul de ces deux boîtiers, choisissez le guide correspondant. Si vous avez un Z 6 et un Z 7 (veinard !), vous trouverez de quoi les régler correctement dans chacun des livres, n’achetez pas les deux.

Ces deux guides ont subi une opération de simplification par rapport aux précédents ouvrages du même auteur comme « Comment photographier avec le Nikon D500« . Le découpage des différentes notions en 72 fiches rend l’ensemble plus lisible, tandis que les différentes parties de chaque guide sont pensées pour vous autoriser un accès direct à la bonne information :

  • découvrir le Nikon Z 6 / Z 7,
  • configurer le Nikon Z 6 / Z 7 pour bien débuter,
  • savoir régler l’autofocus et utiliser les aides à la mise au point,
  • savoir régler l’exposition et ses fonctions avancées,
  • bien utiliser les Picture Control et les formats de fichiers,
  • bien utiliser la vidéo,
  • bien utiliser un flash Cobra de reportage ou un flash de studio.

Il manque dans cette liste les chapitres relatifs aux accessoires, à la post-production ainsi que les exemples de réglages qui clôturaient les précédents guides. Le nombre de pages est à la baisse également passant d’environ 275 (Nikon D500) à 185. Ceci a permis à l’éditeur de maintenir le tarif à 26 euros, celui-ci étant directement influencé par le nombre de pages à imprimer. Il est toutefois dommage que des informations utiles à certains utilisateurs ne figurent plus dans ces ouvrages.

Comment bien utiliser le Nikon Z 6 et le Nikon Z 7 : les guides de Vincent Lambert

Qu’allez-vous apprendre avec ces guides ?

Un appareil photo hybride ne fonctionne pas comme un appareil photo reflex. Les modes de visée différent, les modes de déclenchement aussi.

Dans la famille Nikon, les modes autofocus des hybrides Nikon Z 6 et Z 7 présentent plusieurs différences majeures avec ceux des reflex, tandis que les fonctions vidéo sont plus riches sur les hybrides.

Si vous venez du monde du reflex Nikon

Vous allez apprendre à utiliser les fonctions spécifiques d’un hybride, les différences par rapport à un reflex et comment adapter ce que vous savez des reflex Nikon à l’hybride.

Vous apprendrez par exemple à utiliser la visée électronique et les modes de mise au point comme celui qui vous permet de suivre le sujet. Sachez que le mode autofocus Eye-AF est décrit puisque ces guides sont sortis après l’arrivée de la mise à jour firmware apportant l’Eye-AF.

Vous allez également apprendre à utiliser la mise au point manuelle, le mode focus peaking et le mode loupe, l’éclairage au flash et la vidéo.

Comment bien utiliser le Nikon Z 6 et le Nikon Z 7 : les guides de Vincent Lambert

Si vous venez du monde de l’hybride autre que Nikon

Vous allez faire connaissance avec la logique Nikon, celle des menus comme celle des modes de fonctionnement :

  • autofocus,
  • exposition,
  • rendu de l’image,
  • vidéo,
  • flashs,
  • paramétrage du boîtier.

Comment bien utiliser le Nikon Z 6 et le Nikon Z 7 : les guides de Vincent Lambert

Gagner du temps et éviter les erreurs

L’intérêt de ces guides pratiques est de vous faire gagner du temps en évitant les erreurs les plus grossières. Vincent Lambert est rodé à l’exercice de l’apprentissage des boîtiers Nikon. Ce photographe professionnel (en savoir plus) est aussi formateur à la Nikon School pour les cours reflex et hybrides. Il a compilé dans chaque section de ces guides ce qu’il faut :

  • connaître,
  • comprendre,
  • régler,
  • utiliser,
  • oublier.

Les nombreuses illustrations vous permettent de faire le lien entre le guide et votre boîtier, les photos présentées en exemple sont des illustrations du résultat à attendre si vous suivez les consignes de l’auteur.

Comment bien utiliser le Nikon Z 6 et le Nikon Z 7 : les guides de Vincent Lambert

Mon avis sur les guides Nikon Z 6 et Nikon Z 7 de Vincent Lambert

Si l’on met à part le nombre de pages en baisse pour un tarif constant, et les notions périphériques non abordées dans les deux déclinaisons de ce guide, nous n’en sommes pas moins en présence d’un ensemble pertinent et fidèle à ce que l’auteur nous a proposé par le passé.

Les notions présentées le sont avec justesse et précision, le langage employé est à la portée de tout photographe amateur comme plus expert. La mise en page et la structure de chaque guide vous aident à trouver rapidement l’information requise. Vous réglez votre boîtier (et vos problèmes) sans trop d’hésitations (un guide ne remplace jamais l’expérience personnelle mais il la facilite).

Les hybrides Nikon apportant de nombreuses évolutions par rapport à leurs homologues reflex, impliquant de nouveaux comportements de la part des utilisateurs, un tour d’horizon de ce qu’il vous faut savoir pour utiliser un Nikon Z 6 ou son grand frère le Nikon Z 7 n’est pas inutile. Ces deux guides vont vous permettre de faire ce tour d’horizon vite et bien.

Ce guide version Nikon Z 6 …

Ce guide version Nikon Z7 …


Nikkor Z 85 mm f/1.8 S : le roi du bokeh ?

Nikon annonce l’arrivée d’une nouvelle optique dans la gamme Nikon Z, le Nikkor Z 85 mm f/1.8 S.

Cet objectif devrait ravir les amateurs de portrait avec son bokeh particulièrement agréable selon la marque, et vient compléter la gamme de focales fixes à ouverture f/1.8 conçue exclusivement pour les hybrides plein format Nikon Z.

MàJ : le test du NIKKOR Z 85 mm f/1.8 S est disponible.

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S

Les 85 mm f/1.8 pour Nikon chez Miss Numerique

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S : présentation

Les deux hybrides plein format Nikon disponibles à ce jour ne sont plus vraiment remis en cause par les premiers utilisateurs (le firmware 2.0 a beaucoup aidé). La gamme d’objectifs dédiés à cette nouvelle monture Z pêche par contre encore par manque de références à l’inverse de la gamme Nikon F pour reflex qui compte plus de 90 objectifs au catalogue et au moins autant dans les déclinaisons précédentes.

La bague Nikon FTZ qui permet d’associer les objectifs Nikkor F aux hybrides Nikon Z élargit le champ des possibles mais elle apporte quelques désagréments : longueur totale supérieure, temps de mise en route plus long, poids supérieur, coût (comptez 300 euros au tarif normal ou 150 euros en kit avec un boîtier).

Il est donc critique pour Nikon de proposer aussi vite que possible de nouveaux objectifs Nikkor Z et d’offrir aux utilisateurs des combinaisons « Z natives » plus nombreuses. Ce que la marque s’emploie à faire puisqu’elle respecte la roadmap objectifs publiée en fin d’année 2018 qui annonce les nouveaux modèles à venir d’ici à 2021.

En matière de zooms, c’est le Nikkor Z 70-200 mm f2.8 S qui est attendu par les amateurs de téléobjectifs, tandis qu’au rayon focales fixes le duo 35 mm / 50 mm ne demande qu’à être complété d’une belle optique à portrait.

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S

C’est désormais chose faite puisque Nikon annonce l’arrivée début septembre 2019 du nouveau Nikkor Z 85 mm f/1.8 S. Le duo devient triplette et pouvoir disposer des trois 35 mm, 50 mm et 85 mm dans votre besace devrait vous aider à couvrir la plupart de vos besoins.

Pour ceux d’entre vous qui restent insatisfaits, souvenez-vous qu’il existe déjà 4 zooms Nikkor Z couvrant la plage focale de 14 mm à 70 mm, ouvrant à f/4 comme à f/2.8, de quoi faire quelques photos.

Vers une cohérence de gamme

Il ne fait nul doute que ce Nikkor Z 85 mm f/1.8 S va être comparé à l’AF-S Nikkor 85 mm f/1.8G, son alter ego dans la gamme reflex depuis 2012. Proposé à 529 euros prix catalogue, ce 85 mm a déjà fait le bonheur des portraitistes ne souhaitant pas dépenser près de 1600 euros pour disposer de la version f/1.4. Equiper de la bague FTZ votre AF-S 85 mm f/1.8G afin de le monter sur votre hybride serait une solution très confortable : pas de coût supplémentaire, réutilisation de votre investissement, résultats connus.

Oui mais …

Nikon ne saurait se contenter de cette solution et a conçu une optique pensée pour la monture Z. Cette monture de grand diamètre favorise la qualité d’image puisqu’elle permet aux opticiens de concevoir des objectifs grâce auxquels le trajet des rayons lumineux vers le capteur est bien plus favorable qu’avec la monture F de diamètre plus réduit (voir le comparatif des 24-70 mm f/2.8 par exemple).

Le nouveau Nikkor Z 85 mm f/1.8 S se devait donc de relever le défi de la performance, et en attendant de pouvoir vérifier sur le terrain si le résultat est à la hauteur de vos attentes, il nous faut nous contenter de la fiche technique, et des précédents tests des Nikkor Z 35 mm f/1.8 S et Nikkor Z 50 mm f/1.8 S.

Pourquoi ces deux-là ? Parce que le Nikkor Z 85 mm f/1.8 S est pensé pour offrir une cohérence de gamme, des résultats proches en termes de colorimétrie et de qualité d’image et parce que c’est déjà le cas entre le 35 mm et le 50 mm et qu’il n’y a aucune raison de penser que le 85 mm va déroger à cette règle.

Construction et caractéristiques techniques

Le Nikkor Z 85 mm f/1.8 S reprend la présentation sobre des optiques Nikkor Z, ainsi que la construction qui en fait des optiques tous temps aptes à affronter tous les terrains.

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S

Avec 470 grammes, ce Nikkor Z 85 mm f/1.8 S s’avère plus lourd que l’AF-S Nikkor 85 mm f/1.8G (350 gr.) mais pensez qu’il vous faudra adjoindre à ce dernier la bague FTZ et ses 135 grammes, soit … 15 grammes de plus que le seul Nikkor Z 85 mm f/1.8 S. Bien joué Nikon.

Vous appréciez la bague personnalisable des précédentes optiques Z ? Vous la retrouverez sur ce Nikkor Z 85 mm f/1.8 S. Pour rappel, cette bague vous permet d’associer à sa rotation un des nombreux réglages de prise de vue, comme le choix de l’ouverture (nostalgiques des bagues de diaph, c’est pour vous !) ou le réglage de compensation d’exposition (bien plus rapide que l’utilisation du contrôle habituel). Les vidéastes apprécient cette bague pour le contrôle de l’ouverture qu’elle permet, sans émettre le moindre bruit, en cours de tournage.

La mise au point autofocus est assurée par le système AF multi groupes Nikon. Celui-ci met en oeuvre plusieurs groupes de lentilles qui se déplacent séparément afin d’optimiser la précision et la rapidité de la mise au point, quelle que soit la distance de mise au point. Notez au passage, si vous ne l’aviez pas encore fait, que les problèmes de back et front focus disparaissent avec les appareils photo hybrides puisque le système de mise au point diffère, un plus pour les utilisateurs d’optiques compatibles dont le calage de l’AF n’est pas toujours exemplaire sur les reflex.

La formule optique de ce Nikkor Z 85 mm f/1.8 S fait appel à 12 éléments répartis en 8 groupes, dont deux lentilles en verre ED. Cette formule est à comparer à celle de l’AF-S Nikkor 85 mm f/1.8G qui comporte 9 lentilles en 9 groupes. Si l’ouverture maximale est de f/1.8 l’ouverture minimale est de f/16 tout comme sur le modèle AF-S.

La distance minimale de mise au point est de 80 cm, soit la même que celle de l’AF-S Nikkor 85 mm f/1.8G.

Le diaphragme, parce que les amateurs de bokeh attendent cette info, comporte 9 lamelles, soit deux de plus que la version AF-S.

Parlons-en du bokeh, justement, puisque c’est LE critère mis en avant par Nikon lors de la présentation de cette optique. Nikon n’a pas peur des mots en annonçant que ce bokeh là est « exceptionnel » : les effets de bord aux reflets colorés verts visibles sur certaines images en arrière-plan (les ronds du bokeh, pour le dire autrement)  auraient disparus, laissant place à de magnifiques ronds sans aucune frange. Le piqué de l’image serait lui-aussi « exceptionnel » sur tout le cadre (rappelez-vous que la monture Z permet de diminuer les défauts en périphérie de l’image),  et les images fantômes (flare) réduites à néant grâce au traitement nanocristal (absent sur la version AF-S Nikkor 85 mm f/1.8G).

Exemples de photos

En attendant les photos réalisées lors du test du Nikkor Z 85 mm f/1.8 S à venir, voici les photos diffusées par Nikon et disponibles en pleine définition sur le site Nikon.

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 100 – 1/2.000 ème sec – f/1.8

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 100 – 1/8.000 ème sec – f/1.8

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 100 – 1/6.400 ème sec – f/1.8

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 100 – 1/6.400 ème sec – f/1.8

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 500 – 1/500 ème sec – f/1.8

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 100 – 1/8.000 ème sec – f/5.6

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 100 – 1/1.000 ème sec – f/1.8

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S : disponibilité et tarif

Annoncé fin juillet 2019, le Nikkor Z 85 mm f/1.8 S sera disponible dès septembre au tarif public de 899 euros.

Pour mémoire, l’AF-S Nikkor 85 mm f/1.8G se trouve à 499 euros environ et valait 529 euros lors de sa sortie début 2012. L’autre 85 mm f/1.8 compatible avec les Nikon Z grâce à la bague FTZ est le Tamron SP 85 mm f/1.8 Di VC vendu lui 729 euros (999 euros à sa sortie) et disposant de la stabilisation.

Si le tarif vous rebute et que, non content de l’ouverture f/1.8 vous préférez un 85 mm f/1.4, il vous reste une alternative avec le Samyang MF 85 mm f/1.4 Z qui ne vous coûtera que 399 euros mais ne dispose pas de l’autofocus et s’avère être l’objectif pour reflex incluant la bague FTZ (ce qui le rend Z natif) sans autre optimisation des performances. On ne peut pas tout avoir…

Source : Nikon France

Les 85 mm f/1.8 pour Nikon chez Miss Numerique


Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : à savourer sans modération …

Avec ce test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S, nous bouclons la série des tests d’objectifs Nikon Z dédiés aux hybrides plein format Nikon et disponibles à ce jour (juin 2019), avant de passer à quelques optiques compatibles dans les prochaines semaines.

Mais au fait, pourquoi un 24-70 mm f/2.8 S alors qu’il existe un excellent 24-70 mm f/.4 S dans la même monture ?

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Ce zoom au meilleur prix chez Miss Numerique

Note de Jean-Christophe : ce test est particulièrement long, ce qui s’explique par le soin que nous portons à vous fournir le plus possible d’informations détaillées et utiles. Les photos haute définition sont disponibles (voir plus bas), un comparatif 24-70 mm f/2.8 arrive. C’est un travail important que nous avons jugé nécessaire.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : contexte

Dans une gamme optique, surtout pour un système qui se veut professionnel, il est un zoom qui s’est imposé comme incontournable, le couteau suisse des photographes qui exigent polyvalence, flexibilité, luminosité, haut niveau de performance et fiabilité : le 24-70 mm f/2,8.

Pour ses hybrides 24 x 36 mm en monture Z, Nikon fait donc endosser cette lourde responsabilité au Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S (voir la présentation). Celui-ci doit non seulement exceller mais en plus suffisamment se distinguer du standard (et plus modeste) Nikkor Z 24-70 mm f/4 S pour justifier le ticket d’entrée exigé : 2499 euros. Soit 1400 euros de plus que le « simple » (mais déjà très bon) 24-70 mm f/4 en monture Z mais également 300 euros (selon le tarif officiel, l’écart est encore plus marqué selon le « street price ») par rapport à son presque alter ego en monture F, l’AF-S Nikkor 24-70 mm f/2,8E ED VR. Une comparaison avec celui-ci fera d’ailleurs l’objet d’un article dédié.

Pour l’heure, évitons de nous mélanger les pinceaux entre les diverses références, concentrons nous sur le test de ce Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S.

Présentation

Déjà, d’un strict point de vue photographique, il y a quelque chose d’éminemment stratégique dans un 24-70 mm f/2,8, ne serait-ce que pour les raisons brièvement exposées précédemment.

D’un point de vue économique, en tant que porte-étendard des zooms professionnels, il s’agit de la combinaison « plage focale/ouverture » parmi les plus populaires, donc qui se vend le mieux. Money money money… Ce n’est donc pas un hasard si chaque opticien, « titulaire » ou tiers (Tamron, Sigma, c’est surtout à vous que je pense) se démène pour sortir sa déclinaison la meilleure et la plus agressive possible sur le plan du prix.

S’en suivent de longs dilemmes à l’heure de passer à la caisse, les nikonistes équipés en reflex en savent quelque chose. Heureusement, du moins pour l’heure, le choix est plus simple en monture Z puisque seul existe ce Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S. Pour paraphraser Henry Ford, peu importe la marque de votre 24-70 mm f/2,8 pour votre hybride Nikon Z, tant que c’est un Nikkor.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Du point de vue symbolique, ce 24-70 mm f/2,8 a pour Nikon et les nikonistes une saveur particulière. En effet, lors de sa sortie, l’AF-S Nikkor 24-70 mm f/2,8E ED VR avait quelque peu déçu. Oh, non, ce n’est pas un mauvais objectif, loin de là, mais en apportant en plus la stabilisation (optique et par ailleurs excellente) par rapport à l’AF-S Nikkor 24-70 mm f/2,8G ED qu’il remplace – en fait, seconde puisque les deux coexistent au catalogue – Nikon a sacrifié le piqué sur l’autel de l’homogénéité… et parfois l’inverse, en fonction des exemplaires testés. Et tout cela en étant à la fois plus gros, plus lourd et plus cher !

Jean-Christophe a très bien détaillé son avis sur la question dans son « test du Nikon 24-70mm f/2.8E ED VR et comparatif 24-70 f/2.8 Nikon ». Pour ma part, à cette époque, j’officiais encore chez les Numériques et, déçus du premier exemplaire fourni par Nikon, nous en avons demandé un autre. Et puis un autre. Et puis encore un autre, quelques mois plus tard. Et aucun ne nous avait vraiment emballés à la rédaction, nous faisant regretter l’ancien modèle non stabilisé.

Bref, je vous donne peut-être l’impression de raconter ma vie mais chat échaudé craignant l’eau froide, c’est avec ce précédent à l’esprit que j’aborde le test du Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S… tout en sachant que le Nikkor Z 24-70 mm f/4 S, testé quelques semaines auparavant, m’avait beaucoup impressionné (pour sa catégorie), ce qui me mettait en de meilleures dispositions.

Comme je suis, avant d’être un mercenaire des tests photographiques, un amoureux de la photographie comme vous, je suis persuadé que vous êtes nombreux à partager ce sentiment (Ça rend le test plus humain et plus sympa. Enfin, je crois). Bref.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : 70 mm – ISO 100 – 1/250 ème – f/4

Le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S est le premier zoom à ouverture f/2,8 constante disponible en monture Z alors que jusqu’à présent nous n’avions eu droit qu’à des zooms f/4 constants. Les prochains zooms f/2,8 devraient être les 70-200 mm f/2,8 S (courant 2019) et 14-24 mm f/2,8 S (courant 2020) afin de compléter la « trinité f/2,8 ».

En attendant le Noct-Nikkor Z 58 mm f/0,95 S, dont quelques exemplaires de pré-production commencent à circuler, le 24-70 est, pour l’heure l’objectif le plus gros et le plus cher de la gamme. Ce n’est pas sans raison car, outre son ouverture constante f/2,8, il bénéficie d’un traitement ergonomique aux petits oignons qui tranche nettement avec la sobriété/simplicité de ses congénères : troisième bague multifonction programmable, écran OLED intégré, doublure velours à l’intérieur du pare-soleil. Il « manque » juste la stabilisation mais ce n’est pas grave puisque les boîtiers, eux, en disposent.

Rien n’est trop beau pour le nouveau porte étendard ! C’est que, si Nikon a crânement misé sur le leitmotiv « l’hybride réinventé » pour évoquer ses boîtiers, en ce qui concerne notre zoom du jour la mission n’était nulle autre que « le 24-70 mm f/2,8 réinventé » (mais c’est sûr, dit comme ça, c’est moins sexy).

À qui se destine ce zoom 24-70 mm ?

De par leur plage focale, les Nikkor Z 24-70 mm se destinent aux photographes recherchant un zoom polyvalent, à la fois capable de photographier du paysage, de l’architecture, de s’adonner à la photographie de rue et au reportage.

De par son ouverture f/2,8, le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S se prête encore mieux au portrait que son petit frère f/4 grâce à la profondeur de champ plus étroite et, surtout, aux prises de vue dans de faibles conditions lumineuses. Même si, nous n’avons de cesse de le répéter, les excellentes aptitudes des boîtiers Nikon Z en montée en sensibilité rendent, pour le commun des mortels, cet avantage physique un peu caduc.

Même s’il est un diaphragme (et un tiers) moins lumineux que les focales fixes en f/1,8, acquérir le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S peut, virtuellement, vous dispenser de l’acquisition d’un 35 mm ou 50 mm complémentaire (même si c’est toujours bien d’avoir une focale fixe lumineuse et spécialisée en plus d’un zoom). Ce qui prend moins de place dans le sac photo et, économiquement, peut se révéler intéressant dans la mesure où la triplette 24-70/4 + 35/1,8 + 50/1,8 vous reviendra à 2707 euros (1079 + 949 + 679), un peu moins si vous achetez le 24-70/4 en kit avec votre boîtier.

Notez, au passage, que Nikon n’a pas prévu de kit incluant un boîtier Nikon Z et un zoom Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S : son acquisition se fera alors forcément de manière additionnelle (à moins qu’un revendeur ne décide de lancer son propre kit, mais c’est alors une autre histoire).

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : 70 mm – ISO 100 – 1/400 ème – f/2.8

Qualité de construction

Jusqu’à présent, tous les Nikkor Z que nous avons testés nous avaient impressionnés par leur qualité de construction, d’autant plus compte tenu de leur positionnement et leur niveau de gamme respectif. En même temps, en 2019, encore plus de la part d’un constructeur qui ne se prive jamais de rappeler avoir dépassé le siècle d’existence, il s’agit du minimum syndical, ce qui n’enlève rien à la performance industrielle.

Avec le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S cependant, une marche de plus est clairement franchie. Voire deux.

Si comme ses petits frères il profite de nombreux joints d’étanchéité caoutchouc, dont celui très important au niveau de la monture, tout le reste passe à la vitesse supérieure.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Exit la finition satinée du fût, retour du noir mat légèrement texturé. Plus sobre. Plus professionnel. Plus classe. Accouplé à un Z 7, la combinaison du plus bel effet ne manquera pas de vous arracher un « putain, faut quand même reconnaître que ça a de la gueule ».

Cela ne permet pas forcément de faire de meilleures photos mais il faut bien reconnaître que ce seul changement de finition confère à l’objectif un côté désirable. Or, on a tendance à faire de meilleures photos avec un matériel que l’on trouve joli. Du coup, alors, se pourrait-il que… ?

L’ergonomie n’est pas en reste. Bien plus riche que sur les autres objectifs : outre les classiques bague de zoom, bague de mise au point et commutateur AF/MF, une troisième bague programmable près de la monture, le bouton L-Fn correspondant, un écran OLED et son bouton DISP. correspondant s’ajoutent à la fête.

S’il est bien connu que « plus de boutons, ça fait plus pro », cela permet surtout de personnaliser l’objectif selon vos habitudes de travail afin d’avoir la meilleure maîtrise possible de votre outil de prise de vue.

Ainsi, reconnu comme une touche fonction supplémentaire, il vous sera possible d’attribuer au bouton L-Fn l’une des 21 fonctions différentes via le menu de votre boîtier (Menu > Réglages Perso > (f2) Définition réglages perso.), par exemple le mode de mesure, le bracketing, le verrouillage de l’exposition, le zoom électronique (pratique en mise au point manuelle). La bague programmable se paramètre selon la même procédure. Par défaut, c’est la correction d’exposition qui est activée.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : 70 mm – ISO 100 – 1/1.250 ème – f/2.8

Le pare-soleil profite quant à lui de la même attention, avec, comble du luxe, une doublure en velours, coquetterie qui n’en est pas une mais reste rare dans l’industrie. Celle-ci n’est pas là que pour la frime, ni pour attraper les poussières, mais afin de limiter les réflexions parasites que l’intérieur d’un pare-soleil satiné classique pourrait causer. Par là même, ce revêtement permet donc de minimiser le flare.

Pour rester de ce côté de l’anatomie de l’objectif, notez que le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S utilise des filtres de 82 mm de diamètre, soit exactement le même que l’AF-S Nikkor 24-70 mm f/2,8E ED VR. Du coup, même si vous changez d’objectif, vous pourrez conserver les filtres et vous épargner des dépenses supplémentaires. Bien vu.

Prise en main

Avec 805 grammes sur la balance et une longueur de 126 mm, le zoom f/2,8 Z ne joue clairement pas dans la même catégorie que son cadet en f/4 (500 grammes, 88,5 mm de longueur).

Cet écart de poids s’explique par la formule optique plus ambitieuse contenant plus de verre (17 lentilles dont 2 ED et 4 asphériques du côté du f/2,8, contre 14 lentilles dont 1 ED, 1 ED asphérique et 3 asphériques du côté du f/4), l’électronique supplémentaire mais aussi par le fait que le f/2,8 ne s’encombre pas d’un système de « pliage » afin de prendre moins de place au repos. Ce qui explique, aussi, les 4 cm de longueur supplémentaires.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

à gauche le Nikon Z7 + Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S
à droite le Nikkor AF-S 24-70 mm f/2.8E ED VR + bague FTZ

Le zoom tient bien en main, très bien même. Tout tombe parfaitement sous les doigts et ce serait le nirvana du tripatouillage de bagues, molettes et chevillettes si seulement la bague programmable ne venait pas gâcher le tableau.

En effet, positionnée très proche de la monture afin d’éviter les manipulations accidentelles, elle n’en demeure pas moins un poil trop souple et a tendance à tourner trop facilement lorsque vous rangez votre boîtier dans le sac ou l’en sortez. Il nous est arrivé, à de nombreuses reprises, de nous retrouver avec une correction d’exposition ou une ouverture non désirée au moment de déclencher.

Ceci dit, et c’est le bon côté de la visée électronique des APN hybrides, vous vous en rendez immédiatement compte à l’écran, alors que sur un reflex, si vous n’êtes pas attentif, vous ne pouvez constater l’accident de prise de vue qu’une fois la photo capturée.

Autre légère imperfection, l’écran OLED tend à manquer de luminosité. Celle-ci est réglable sur six niveaux mais, même au maximum, par jour de grand soleil,  elle demeure insuffisante pour consulter confortablement ce qui s’y affiche. Notez au contraire que, pour une totale furtivité dans l’obscurité, il est possible d’éteindre cet écran.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

affichage de l’ouverture sur l’écran OLED du Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

affichage de la distance de mise au point et de la profondeur de champ
sur l’écran OLED du Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

affichage de la focale sur l’écran OLED du Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

L’écran OLED est le véritable point de curiosité de cet objectif. Bien plus versatile que celui des Zeiss Batis, parmi les premiers à en disposer, il permet de compenser la frustration que vous pouvez ressentir avec les autres objectifs Nikkor Z.

Ainsi s’y affichent successivement en cliquant sur la touche DISP de l’objectif les informations relatives à la distance de mise au point (graduée en mètres ou en pieds) doublée d’une échelle de profondeur de champ (enfin !), la distance focale précise au millimètre près (plus besoin de faire des allers-retours dans le menu lecture pour vérifier si vous êtes bien à 50 mm pile poil et pas à 49 ou 51 mm), et l’ouverture.

Ouverture qui, par ailleurs, peut aussi bien être commandée depuis la troisième bague de l’objectif que depuis le boîtier. Mine de rien, cela permet de retrouver un geste sinon authentique, au moins traditionnel, et ce n’est pas pour me déplaire.

Autofocus

Il y a une autre différence entre les deux zooms Nikkor Z 24-70 mm S, mais celui-ci au désavantage du f/2,8 : la mise au point minimale est de 38 cm alors qu’il est possible de se rapprocher jusqu’à 30 cm avec le zoom f/4.

Du côté de l’autofocus, nous avons toujours affaire à une motorisation parfaitement silencieuse, précise et vive… malgré quelques ratés en basse lumière. Mais pour le coup, cela était plus dû au boîtier Z 7 qu’à l’objectif, puisque le même comportement s’est retrouvé avec le 14-30 mm f/4 testé simultanément.

Le suivi AF-C est très accrocheur, Nikon prouve une fois de plus sa maîtrise du sujet.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : 70 mm – ISO 100 – 1/125 ème – f/2.8

Stabilisation

Comme tous ses congénères Nikkor Z/S, le Z 24-70 mm f/2,8 S est dépourvu de stabilisation optique. Cela permet d’alléger un peu la bête et de constater, une fois de plus, à quel point la stabilisation capteur intégrée aux boîtiers est exemplaire. Vous pourrez aisément descendre à ½ seconde au 24 mm et ¼ seconde au 70 mm.

C’en est presque lassant, à force, de ne pas avoir grand chose à lui reprocher…

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : 49 mm – ISO 12.800 – 1/50 ème – f/3.2

Performances optiques : piqué, homogénéité et vignettage

Histoire de correctement martyriser l’objectif et savoir ce qu’il a dans le ventre, le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S a été accouplé au très exigeant capteur de 45 Mpx du Z 7. Lavera-t-il l’honneur des opticiens Nikon, mis à mal par l’AF-S Nikkor 24-70 mm f/2,8E ED VR ?

Nous l’avons vu lors du test du Nikkor Z 14-30 mm f/4 S : les ingénieurs maison n’hésitent pas à exploiter la communication entre objectif et boîtier pour laisser au second le soin de corriger les imperfections du premier, notamment en termes d’homogénéité et de vignettage.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : 24 mm – ISO 100 – 1/400 ème – f/2.8

De cet artifice électronique il n’est nullement besoin avec le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S, qui est une bête de course au naturel. Ce qui est rassurant et permet de faire, un peu mieux, passer la pilule de son tarif haut perché.

Pour preuve, alors que des différences flagrantes étaient visibles entre les fichiers NEF et les JPEG internes capturés avec le zoom grand angle, dans le cas des clichés produits par le transtandard f/2,8 c’est blanc bonnet et bonnet blanc.

Cette béquille algorithmique de l’accentuation, le Nikkor Z 24-70 mm f/4 S en avait lui aussi besoin, mais de manière plus subtile, sa plage focale combinée à son ouverture rendant sa conception optique plus aisée et moins piégeuse.

Le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S impressionne. Vraiment. À toutes les focales, à toutes les ouvertures, même dès f/2,8, le niveau de piqué est très élevé. Du centre au bord.

Pleinement exploitable dès la pleine ouverture, c’est entre f/4 et f/5,6 que vous atteindrez les sommets, avec une mention spéciale pour les plus courtes focales (24 et 28 mm) vraiment excellentes. Même en chipotant et scrutant la périphérie extrême, il faut y passer beaucoup de temps pour constater une dégradation de l’homogénéité. Et cela, encore une fois, à toutes les focales, toutes les ouvertures.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : 24 mm – ISO 100 – 1/2.500 ème – f/2.8

Pour autant est-il parfait ? Nous serions presque tentés d’écrire que oui, au moins dans le contexte d’une utilisation normale, c’est à dire si vous faites autre chose que passer votre temps à photographier des mires et des murs de briques (ce qui peut être une passion comme une autre, soit dit en passant).

L’intervention du traitement JPEG interne a cependant deux intérêts, pas criants mais néanmoins appréciables sur un Z 7. Le premier est de reculer la dégradation induite par la diffraction (à partir de f/8, gênante à f/16 et f/22), et cela à toutes les focales.

Le second est de réduire le moirage qui surgit sur les très fins détails, ce que vous constaterez en scrutant vos clichés à la loupe, i.e. À 100 %. Pour le reste, notamment en ce qui concerne l’accentuation, ce que le JPEG vous fera gagner (un peu) en semblant de netteté, vous le perdrez en subtilité des nuances.

Pour résumer, si avec les autres objectifs de la gamme nous vous invitions volontiers à photographier en JPEG pour tirer le meilleur de leur potentiel directement depuis le boîtier, cela n’est plus nécessaire avec le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S. C’est à la fois cohérent et rassurant avec le positionnement professionnel du zoom.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : 70 mm – ISO 100 – 1/1.250 ème – f/4

En matière de vignettage, c’est presque le désert… sauf aux focales extrêmes, 24 mm et 70 mm. Là, à f/2,8 et f/4, un très léger vignettage sera perceptible dans les coins extrêmes. « Perceptible » est le bon mot tant, si vous n’avez pas deux clichés du même sujet à deux ouvertures différentes sous les yeux, il passe inaperçu. Et cela aussi bien en NEF qu’en JPEG. De la belle ouvrage, si vous voulez mon avis.

Qui plus est, 70 mm f/2,8 étant la combinaison favorisée pour les portraits, un peu de vignettage dans ces conditions n’aura rien d’esthétiquement dérangeant, bien au contraire. À croire que c’est fait exprès…

Performances optiques : déformation et distorsion

« Déformation ? Distorsion ? Jamais entendu parler… » Circulez, il n’y a rien à voir. Littéralement : ce qui est droit ressort droit, ce qui doit être perpendiculaire ressort à 90°, et en ce qui concerne cette partie du test, c’est plié. Ah, si seulement tous les objectifs pouvaient se montrer aussi exemplaires…

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : 24 mm – ISO 100 – 1/100 ème – f/4

Performances optiques : rendu des couleurs et aberrations chromatiques

Un objectif sans aberrations chromatiques, cela n’existe pas. Du moins dans la photographie civile, parce que dans les domaines militaires et médicaux, c’est une autre affaire. Et, au hasard, il se trouve que Nikon fait aussi du médical et équipe de nombreuses armées. Faut-il, au passage, rappeler combien l’histoire de la Nippon Kōgaku Kōgyō, premier nom de l’entreprise, est intimement liée à l’histoire militaire moderne du Japon ?…

Cette petite digression culture G pour expliquer que oui, dans de très rares cas, typiquement sur de très fins détails pris en contre-jour avec un fort éclairage de face créant alors un contraste marqué, vous pourrez constater des aberrations chromatiques. En NEF. Le JPEG les corrige. Mais dans tous les autres cas, vous aurez beau chasser les franges chromatiques, vous aurez bien du mal à prendre ce zoom en défaut.

Même commentaire en ce qui concerne le flare : ici, il ne s’agira pas d’images fantômes parasites mais plutôt d’une reproduction fidèle de l’ambiance lumineuse du moment. Parfait pour les filets de lumière filtrant à travers les feuillages ou les couchers de soleil romantiques. Le nouveau traitement multicouche ARNEO, utilisé conjointement avec le bien connu traitement nanocristal, fait des miracles. Et le velours du pare-soleil n’est pas non plus étranger à la performance.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : 70 mm – ISO 100 – 1/80 ème – f/4

Jusqu’à présent, les objectifs Nikkor Z testés pouvaient se vanter d’un rendu colorimétrique neutre. C’est presque le cas du Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S qui profite de couleurs plus chaleureuses que ses petits camarades. C’est très subtil mais suffisant pour donner du caractère et de l’humanité aux images qu’il produit. Un comportement presque surprenant pour un objectif japonais, lesquels sont réputés chirurgicaux et froids, mais que les photographes de rue et les reporters sauront apprécier.

Les ombres elles aussi sont plus nuancées et riches. Attention, pour en profiter, privilégiez les clichés en NEF plutôt qu’en JPEG qui, selon les profils « Picture Control » sélectionnés, auront tendance à vouloir remettre la colorimétrie dans le froid chemin. Le mieux est l’ennemi du bien.

Dans tous les cas, cela fait plaisir un objectif qui, en plus de bien faire son travail, jouit d’une âme photographique.

Rendu optique : profondeur de champ

C’est probablement sur la gestion de la profondeur de champ et du bokeh que, sur le papier, vous attendez le plus du Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S par rapport au Nikkor Z 24-70 mm f/4 S.

Outre l’ouverture plus généreuse, le f/2,8 bénéficie aussi d’un diaphragme circulaire (électro-magnétique) comportant neuf lamelles, contre sept seulement pour son petit frère. Il en résulte, en toute logique, des profondeurs de champ plus courtes, malgré la distance de mise au point minimale allongée, et surtout des arrières plans au bokeh plus délicat et progressif. Plus « crémeux » et « naturels », si vous préférez. En fait, comme en ce qui concerne le rendu colorimétrique, moins japonais et plus allemand. Mais allemand façon Leica, pas façon Zeiss.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : 70 mm – ISO 6.400 – 1/100 ème – f/2.8

Les photos de ce test en pleine définition sur Flickr :

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S peut vous intéresser si…

  • vous avez besoin d’un objectif polyvalent, lumineux, avec des performances de haut vol,
  • vous ne sauriez photographier avec autre chose que LE meilleur zoom 24-70 mm f/2,8 de Nikon,
  • vous vous sentez bloqué ou frustré par la relative faible ouverture du Nikkor Z 24-70 mm f/4 S,
  • vous désirez un objectif dont vous pouvez pleinement prendre le contrôle et personnaliser selon vos habitudes,
  • vous souhaitez alléger votre matériel et troquer votre duo reflex FX + 24-70 mm f/2,8 pour gagner à la fois en qualité et mobilité. C’est le bon moment pour passer à l’hybride.

Le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S va moins vous intéresser si…

  • 2499 euros, c’est une sacrée somme à débourser. Surtout que cela rend ce transtandard encore plus onéreux que ses homologues en monture F, déjà pas réputés abordables,
  • vous ne jurez que par les objectifs stabilisés (bien que les boîtiers Nikon Z le soient),
  • vous trouvez que c’est quand même gros, pour un objectif hybride…

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : 70 mm – ISO 12.800 – 1/800 ème – f/2.8

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S : ma conclusion

Dans toute bonne dégustation, certains recommandent de garder le meilleur pour la fin. Au terme de notre long cycle de test de tous les objectifs Nikkor Z disponibles à date, le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S boucle le périple (jusqu’au prochain épisode). Et quelle conclusion magistrale pour, justement, terminer de convaincre même les plus sceptiques que cette nouvelle lignée d’hybrides 24 x 36 mm signée Nikon est fort bien née.

Tout système optique a besoin d’un objectif phare et, dans le cas des Nikkor Z, ne cherchez plus, vous l’avez trouvé.

Ce zoom transtandard f/2,8 justifie à lui seul la bascule vers l’hybride, si vous êtes déjà nikoniste, et saura séduire ceux déjà équipés en hybride de sombrer du côté jaune de la Force. C’est que les opticiens ont mis les petits plats dans les grands et, une fois n’est pas coutume pour Nikon, de faire dans l’avant-gardisme.

À la conception optique sans faille (piqué exceptionnel, homogénéité sans peur ni reproche, couleurs chatoyantes, traitement contre les images fantômes et les reflets redoutables) s’ajoutent une qualité de fabrication et un plaisir de prise en main savoureux.

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S

Test Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S : 35 mm – ISO 10.000 – 1/400 ème – f/2.8

Si Nikon n’a pas forcément réinventé l’hybride, la centenaire maison profite du Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S pour ajuster au goût du jour et à l’air du temps certaines pratiques ergonomiques que l’on pensait oubliées avec l’avènement du numérique : échelle de profondeur de champ, bague de diaphragme modernisée (même si le système « clutch » utilisé par des concurrents a un charme indéniable), écran OLED personnalisable… Et ce velours sur le pare-soleil, quelle délicate attention !

Vous l’aurez peut-être constaté au fil de ce test : ce n’est pas sans raisons s’il s’agit du plus long, à ce jour, consacré à un Nikkor Z. À n’en pas douter, le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S marque un nouveau jalon optique et standard, au moins pour les nikonistes, assurément dans le monde des hybrides.

Si la mission était de faire oublier le couac de l’AF-S Nikkor 24-70 mm f/2,8E ED VR pour reflex, elle est accomplie haut la main. Main qui, par contre, aura peut-être plus de scrupule d’aller au portefeuille pour débourser les 2499 euros demandés par le constructeur pour faire sien cet objectif. Nous serions presque tentés d’écrire que le jeu en vaut clairement la chandelle.

À savourer sans modération sur un Z 7. Dommage qu’il ait fallu le rendre…

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Objectif Sony E sur hybride Nikon Z : bague Techart TZE-01 avec autofocus

Il est désormais possible de monter un objectif Sony E sur un hybride Nikon Z grâce à la bague d’adaptation Techart TZE-01 qui supporte les échanges électroniques entre boîtier et objectif.

L’arrivée des appareils photo hybrides plein format, avec leur tirage optique court, remet au goût du jour l’utilisation de bagues d’adaptation qui faisaient le bonheur des utilisateurs d’anciens appareils argentiques. Voici pourquoi et comment.

Objectif Sony E sur hybride Nikon Z : bague Techart TZE-01 avec autofocus

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Techart TZE-01 : objectif Sony E sur hybride Nikon Z

Les gammes hybrides plein format des différents constructeurs ne sont pas encore toutes  riches de nombreux objectifs. C’est le cas avec la gamme Nikon Z, bien que Nikon mette les bouchées doubles pour développer son offre avec les récents Nikkor Z 24-70 mm f/2.8 S et Nikkor Z 14-30 mm f/.4 S par exemple.

La bague Nikon FTZ permet de monter la plupart des optiques pour reflex Nikon F, mais ne permet pas de monter des objectifs dont la monture diffère.

Il existe pourtant quelques optiques intéressantes chez d’autres constructeurs, compatibles avec les gammes hybrides Sony, Canon ou Panasonic pour ne citer que ces trois marques.

Tout comme les vidéastes qui s’intéressent plus aux optiques qu’aux boîtiers et utilisent les bagues Metabones pour coupler les uns et les autres, les photographes vont bientôt avoir le choix d’associer un objectif non compatible avec une monture grâce à des bagues dédiées.

Objectif Sony E sur hybride Nikon Z : bague Techart TZE-01

bague Techart TZE-01 – Sony E / Nikon Z

Après K&F, c’est au tour de Techart d’annoncer une première bague de couplage entre les objectifs Sony E et les hybrides Nikon Z. Outre une faible épaisseur, 2 mm seulement puisque c’est l’écart entre le tirage Sony et le tirage Nikon, cette bague TZE-01 conserve l’autofocus et ses différents modes dont l’Eye-AF.

2 mm c’est très mince, au point que l’on ne voit presque pas la bague lorsqu’elle est montée sur un Nikon Z. Il n’y a plus alors qu’à monter une optique Sony E pour utiliser son hybride de la même façon qu’avec une optique Nikon Z native. En effet, la bague Techart TZE-01 met en oeuvre deux rangées de contacteurs qui assurent le dialogue entre l’objectif et le boîtier et la conversion des données de pilotage.

Objectif Sony E sur hybride Nikon Z : bague Techart TZE-01

Nikon Z 7 avec bague Techart TZE-01

Non seulement l’autofocus est conservé, mais le mode Eye-AF aussi selon la société Techart. Celle-ci précise que les optiques d’opticiens indépendants comme Tamron, si elles sont compatibles avec les Sony E sont de même utilisables sur les Nikon Z. Les objectifs Samyang/Rokinon ne sont pas encore supportés, ce devrait être le cas avec une future mise à jour.

Objectif Sony E sur hybride Nikon Z : bague Techart TZE-01

Sony FE 28 mm f/2 sur Nikon Z 7 avec bague Techart TZE-01

Objectif Sony E sur hybride Nikon Z : bague Techart TZE-01

Sony FE 28 mm f/2 sur Nikon Z 7 avec bague Techart TZE-01

Pour les nikonistes, c’est une excellente nouvelle car moyennant l’achat de la bague Techart TZE-01 pour la somme de 249 USD (précommande sur le site du fabricant, chez les revendeurs par la suite), c’est la possibilité d’utiliser sans restriction des objectifs d’excellente facture (Sony, par exemple).

Le choix entre une marque de boîtier ou une autre est aussi facilité puisqu’ils se fait en bonne partie en fonction de la gamme d’optiques. La gamme Nikon Z native étant peu fournie encore, pouvoir utiliser les objectifs concurrents est un atout majeur.

Pour vous rendre compte de ce que cette bague peut donner en autofocus, voici la vidéo de présentation publiée par Techart :

La bague Techart TZE-01 est disponible en précommande depuis le 24 juin et sera diffusée via les canaux habituels d’ici quelques semaines. Son tarif de 249 USD la rend assez compétitive face à la bague FTZ (300 euros seule, 150 euros en kit avec le boîtier) bien que l’usage ne soit pas le même.

Il y a fort à parier que Techart ne s’arrête pas là et produise ultérieurement d’autres bagues pour Nikon Z, tant que les tirages des montures concernées sont compatibles.

Source : Techart

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Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S, un zoom grand-angle polyvalent presque parfait

Dans la série « tout système photographique se doit de posséder telle ou telle optique », Nikon avait pour obligation d’accompagner son zoom transtandard Nikkor Z 24-70 mm f/4 S d’un zoom grand angle. Vous allez découvrir dans ce test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S pourquoi le compagnon classique aurait été un 14-24 mm et pourquoi ce n’est pas le cas.

Profitant de l’ouverture plus modeste f/4, la maison jaune a préféré tourner cette relative faible luminosité en avantage en offrant un zoom grand angle à la plage focale plus étendue. C’est ainsi que le Nikkor Z 14-30 mm f/4 S vit le jour.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S, un zoom grand-angle polyvalent presque parfait

Ce zoom 14-30 mm au meilleur prix chez Miss Numerique

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4S, présentation et contexte

Nikon a beau jouer les bons élèves, il était dit qu’avec son système Z le constructeur profiterait de l’occasion pour sortir des sentiers battus. Avec ce Nikon Z 14-30 mm f/4 S, les opticiens maison font presque dans l’originalité, puisqu’après tout, sur reflex, cette plage focale n’est pas tout à fait inconnue.

Ainsi existe-t-il déjà en monture F l’AF-S Nikkor 16-35 mm f/4G ED VR et l’un peu plus ancien AF-S Zoom-Nikkor 17-35 mm f/2,8 IF-ED quand, chez les concurrents, existent le Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD G2 et le Tokina Opera 16-28 mm f/2,8. Mais point de strict équivalent en termes de plage focale ni d’ouverture.

Du côté hybride, chez les concurrents (en fait, chez Sony), il existe bien un Vario-Tessar T* FE 16-35 mm f/4 ZA OSS mais ce qu’il gagne dans les focales les plus élevées il le perd dans le grand angle. Or, s’il y a un domaine où chaque millimètre compte, c’est bien dans celui-ci.

Nous aurions donc pu nous attendre à ce que Nikon accompagne son Nikkor Z 24-70 mm f/4 S d’un Nikkor Z 14-24 mm f/4 S, histoire de coller au duo « canonique » (sans mauvais jeu de mot), mais finalement il n’en est rien.

Pourquoi donc ? Probablement afin de ne pas priver les amateurs de grand angle d’une focale un peu plus « normale » qui, au besoin, pourrait se substituer quasiment à un 35 mm, permettant une fois sur le terrain d’effacer cette frustration de se dire « zut, je suis un peu trop court ».

Mise à jour : depuis la publication de ce test, le NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 est arrivé.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

En fait, c’est plutôt bien vu. Quitte à ce que ces deux zooms f/4 se chevauchent légèrement et qu’entre 24 et 30 mm ils fassent doublons. Cela diminuera les situations où le changement d’objectif serait requis.

Affiché à 1449 euros TTC lors de son lancement, le Nikkor Z 14-30 mm f/4 S est, à date, le seul objectif en monture Z permettant de passer sous la barre des 24 mm. Bon, en fait, pour être tout à fait exact, Samyang propose bien un 14 mm f/2,8 en monture Z, mais celui-ci est à mise au point manuelle (et ne coûte, au passage, « que » 469 euros.) En somme, en attendant le Nikkor Z 14-24 mm f/2,8 S qui est prévu pour 2020 au mieux, il vous faudra donc débourser un très gros SMIC pour goûter aux joies du grand angle autofocus en monture Z native.

Et la question que vous attendez tous, pour laquelle vous êtes là : le jeu, du moins l’investissement, en vaut-il la chandelle ?

À qui se destine ce zoom 14-30 mm ?

Si vous possédez déjà le Nikkor Z 24-70 mm f/4 S et que vous vous sentez un peu à l’étroit au 24 mm, que vous ne pouvez vous passer de l’autofocus, le Nikkor Z 14-30 mm f/4 S est donc la seule option qui, pour l’instant, s’offre à vous. À moins, bien sûr, d’adapter un grand angle en monture F sur votre flambant neuf hybride Nikon Z 6/Z 7 par le truchement de la bague FTZ.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S : 14 mm – 1/640 ème – f/5.6 – ISO 400

Chaque photographe a ses motivations pour désirer du très grand angle : photographie de paysage, d’architecture, photographie en intérieur avec peu de recul, ou juste l’envie sadique de réaliser des portraits déformant beaucoup, beaucoup les visages.

Je ne répèterai jamais à quel point les grands angles grossissent les visages (ce que les adeptes de selfie au smartphone découvrent à leurs dépends, mais là est un autre débat).

Qualité de construction

Sans grande surprise, et c’est une bonne chose, le Nikkor Z 14-30 mm f/4 S s’inscrit dans la ligne esthétique et qualitative des Nikkor Z 24-70 mm f/4 S, Nikkor Z 35 mm f/1,8 S et Nikkor Z 50 mm f/1,8 S déjà testés.

Comprendre par là qu’il bénéficie d’une jolie qualité de construction, d’un fût noir lisse, de nombreux joints d’étanchéité dont un au niveau de la monture, permettant de le préserver des infiltrations de poussières et d’humidité entre l’objectif et le boîtier.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

Comprenez aussi par là que du côté de l’ergonomie il faudra vous contenter du minimum syndical : une bague de zoom, une bague de mise au point, un commutateur AF/MF, aucune stabilisation optique (puisque les boîtiers auxquels il se destine sont stabilisés) et puis basta.

Le pare-soleil est étonnamment court pour un grand angle. L’objectif utilise des filtres de 82 mm de diamètre qui, bonne nouvelle, seront les mêmes que vous pourrez utiliser sur votre Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S. Mais pas le Nikkor Z 24-70 mm f/4 S qui, lui, utilise des filtres de 72 mm.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

le Nikkor Z 14-30 mm en position rétractée

L’objectif pèse 489 grammes pour une longueur de 85 mm en position rétractée. La préhension est très agréable et, une fois monté sur un hybride Z, l’ensemble est très équilibré.

Prise en main et autofocus

Ce qui est sympa avec la sobriété ergonomique de ces objectifs Nikon Z (à part quelques exceptions), c’est qu’il n’y a pas grand chose à raconter sinon écrire que ça marche, et plutôt bien.

Toutefois, tout comme son compère Nikkor Z 24-70 mm f/4 S, le Nikkor Z 14-30 mm f/4 S est rétractable afin qu’il prenne moins de place dans votre sac photo. J’ai relevé relevé un crantage légèrement moins marqué que sur le 24-70 f/4, donc un poil plus lâche, mais rien de vraiment méchant ni handicapant.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

le Nikkor Z 14-30 mm en position 14 mm

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

le Nikkor Z 14-30 mm en position 30 mm

J’ai testé testé le zoom Nikkor grand angle sur un boîtier Z 7 équipé du firmware 2.0. Avec sa couverture autofocus de 93 %, le Z 7 est un allié précieux pour ce genre d’objectif qui voit large à très large, et avec lequel il arrive facilement que le sujet soit excentré.

La grande profondeur de champ engendrée par les courtes focales combinées aux relatives faibles ouvertures se révèle plutôt un avantage puisque la mise au point n’a pas besoin d’être des plus précises, ce qui permet de gagner un peu de temps.

La bonne vieille technique du collimateur central et du « verrouiller-décaler » se révèle, à l’usage, aussi pratique que l’utilisation des collimateurs multiples, surtout si vous êtes du genre à ne pas vous fier aux automatismes.

Dans tous les cas, quelles que soient les conditions et situations de prise de vue, la motorisation autofocus s’avère, comme avec tous les objectifs Nikkor Z de la ligne S testés jusqu’à présent, parfaitement silencieuse et exempte de toute vibration.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S : 30 mm – 1/50 ème – f/4 – ISO 10.000

Stabilisation

Le débat continue à faire rage et n’est pas près de s’arrêter : est-il ou non nécessaire de stabiliser les objectifs grand angle ?

Nikon a clairement choisi son camp et prive le Nikkor Z 14-30 mm f/4 S, à l’instar de ses congénères de la ligne S, de toute stabilisation optique. Ce qui n’est pas grave compte tenu du fait que les boîtiers, eux, disposent de capteurs stabilisés. Vous pouvez dès lors, sans grande peine, photographier jusqu’au quart de seconde à main levée, en position 14 mm, l’esprit tranquille.

En fait, la plus grande difficulté ne sera donc pas d’avoir des photos nettes à main levée mais plutôt d’avoir des photos parfaitement horizontales. Pour le coup, c’est l’une des situations où la légèreté de l’ensemble hybride joue en sa défaveur… et où les 45 Mpx d’un Z 7 permettent une confortable marge de manœuvre lorsqu’il s’agit de redresser ses images en post-traitement.

Performances optiques : déformation et distorsion

La déformation est une seconde nature chez les objectifs grand angle, et c’est ce qui fait aussi leur charme notamment lorsqu’il s’agit d’accentuer des perspectives, ce pour quoi le Nikkor Z 14-30 mm f/4 S s’avère, entre 14 et 20 mm, très joueur.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S : 14 mm – 1/6.400 ème – f/6.3 – ISO 320

En fait de déformation, il faudrait plutôt parler d’anamorphose de volume, ça fait toujours une petite tournure sympa à glisser dans les dîners mondains.

Cette dernière (anamorphose) est, forcément, très marquée au 14 mm, avec des coins qui filent loin vers l’extérieur : en fonction des situations, cela peut créer un effet comique (les passants dans le coin de l’image qui semblent complètement penchés) ou au contraire un effet désastreux (les visages qui s’allongent façon Alien).

À manipuler avec tact et parcimonie, donc, sur les sujets humains, mais aussi sur des sujets statiques par exemple en photographie d’architecture.

Le Nikkor Z 14-30 mm f/4 S souffre d’une légère déformation en coussinet à 14 mm, qui disparaît ensuite rapidement en zoomant. Comme évoqué précédemment, il faudra bien veiller à votre ligne d’horizon et vos fuyantes, qui seront alors d’autant plus exagérées que la focale de prise de vue sera courte.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S : 14.5 mm – 1/1.600 ème – f/8 – ISO 320

Par contre, là où ce zoom impressionne autant qu’il rassure, c’est qu’il y a très peu, voire pas du tout, de déformation des lignes droites : horizontales, verticales et diagonales restent bien droites et ne se courbent pas. La double correction optique et logicielle fait des merveilles.

Performances optiques : piqué, homogénéité et vignettage

Un autre domaine dans lequel cette double correction optique et logicielle fait des merveilles : le piqué et l’homogénéité sur l’ensemble du champ.

Nikon n’a eu de cesse de le répéter : la monture Z et ses nombreux contacts électroniques – 11 au total, soit 3 de plus que la monture F – permet au boîtier et à l’objectif de s’échanger encore plus d’informations, et ce de manière encore plus rapide.

Pour les opticiens, c’est une bénédiction car cela permet de « simplifier » la formulation des objectifs et d’en corriger les éventuels défauts de manière logicielle plutôt que de manière matérielle, menant in fine à des objectifs à la fois plus légers, plus compacts, moins complexes et moins onéreux à produire. Et c’est tout bénéf pour le photographe/client/utilisateur final.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S : 24 mm – 1/40 ème – f/4 – ISO 100

Ce fonctionnement en symbiose est ici, dans le cas du Nikkor Z 14-30 mm f/4 S, encore plus flagrant qu’avec tous les autres objectifs de la gamme S testés jusqu’à présent (les deux focales fixes 35 mm et 50 mm f/1,8 ainsi que le transtandard 24-70 mm f/4). Cela est frappant notamment en termes de piqué, d’homogénéité et de vignettage.

Le vignettage est à peine perceptible (et encore, il faut aimer couper les cheveux en quatre). Pour un zoom grand angle, c’est totalement bluffant !

Mais c’est bien en matière de piqué et d’homogénéité que l’apport de la correction logicielle est la plus décisive. Il suffit, pour cela, de comparer n’importe quelle image dans sa version NEF et sa version JPEG (toutes deux directement issues du boîtier).

Si le NEF est déjà très beau d’origine, le traitement JPEG permet de gagner nettement en piqué dans les coins extrêmes, en jouant sur le micro-contraste et l’accentuation. Par la même occasion, le traitement JPEG permet de corriger les rares aberrations chromatiques. On en viendrait presque à apprécier la photographie uniquement en JPEG, en réservant l’usage du NEF pour les conditions lumineuses vraiment compliquées… mais ce serait sacrilège de l’écrire.

Sur mon Nikon Z 7 de test et ses plus de 45 Mpx, le Nikkor Z 14-30 mm f/4 S s’en sort haut à la main, à toutes les focales.

Excellent dès la pleine ouverture, les meilleurs résultats sont obtenus à f/5,6. Cependant, à partir de f/8, la diffraction intervient, mais ce n’est visible qu’en étant très attentif. À toutes les focales, le piqué et l’homogénéité sont excellents, même si entre 20 mm et 24 mm les performances sont en très léger retrait par rapport aux focales extrêmes.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S : 20 mm – 1/400 ème – f/5.6 – ISO 100

Performances optiques : rendu des couleurs et aberrations chromatiques

Il faut vraiment des conditions très spécifiques pour prendre ce zoom en défaut en matière d’aberrations chromatiques. Vous en verrez notamment lorsque de très fines branches se détacheront sur un ciel très clair, mais même ces légers défauts se corrigent facilement.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S : 15 mm – 1/13 ème – f/4 – ISO 20.000

Le rendu des couleurs est conforme à celui des autres objectifs de la lignée : très neutre, sans fioriture, peut-être un peu impersonnel et chirurgical (c’est une histoire de goût), il se prêtera aisément à toutes vos fantaisies en post-traitement.

Soulignons au passage l’excellente résistance au flare, même au très grand angle : il faut vraiment faire exprès de photographier une source lumineuse de face, ou en position très rasante, pour créer un flare qui, somme toute, apporte plus de poésie à l’image qu’il ne la dégrade.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S : 14 mm – 1/640 ème – f/5.6 – ISO 400

Rendu optique : profondeur de champ

S’il n’était déjà pas aisé d’obtenir une très faible profondeur de champ avec le Nikkor Z 24-70 mm f/4 S, vous devez vous douter que l’exercice se révèle encore plus délicat avec son compère grand angle. Si vraiment, vous avez envie d’avoir des arrières plans flous, il va falloir ruser en vous approchant très près de votre sujet.

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S

test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S : 20 mm – 1/200 ème – f/4 – ISO 100

La distance minimale de mise au point est de 28 cm, à toutes les focales : une constance appréciable. Néanmoins, avec son diaphragme certes circulaire mais comptant seulement 7 lamelles, le Nikkor Z 14-30 mm f/4 S ne sera pas un roi du bokeh, et n’en a de toutes manières pas la prétention.

Le Nikkor Z 14-30 mm f/4 S peut vous intéresser si…

  • vous désirez un grand angle autofocus plus large que le 24 mm en monture Z native,
  • vous désirez compléter votre 24-70 mm f/4,
  • vous désirez un zoom grand angle compact Nikon bien moins encombrant qu’un zoom grand angle en monture F adapté via la bague FTZ,
  • vous êtes féru de photographie d’architecture, de paysage et de rue,
  • vous n’avez pas le budget pour le Nikkor Z 14-24 mm f/2,8 S,
  • vous désirez un zoom grand angle un peu plus polyvalent qu’un 14-24 mm.

Le Nikkor Z 14-30 mm f/4 S va moins vous intéresser si vous pratiquez majoritairement la photographie en faible luminosité et avez besoin du surcroît de luminosité d’un f/2,8.

Retrouvez les photos réalisées lors du test en pleine définition sur Flickr :

Test Nikon Z 14-30 mm f/4 S

Test Nikkor Z 14-30 mm f/4 S : ma conclusion

Avec ce Nikkor Z 14-30 mm f/4 S Nikon rend une copie optique quasiment parfaite : léger, compact, presque irréprochable d’un point de vue optique, fort piqué, déformation nulle, vignettage nul, bien construit et muni de nombreux joints d’étanchéité, silencieux…

Finalement, son seul défaut est qu’il n’ouvre pas à f/2,8 mais, en même temps, c’est comme le Port-Salut, c’est écrit dessus qu’il n’ouvre « que » à f/4.

En optant pour une plage de 14-30 mm plutôt qu’un classique 14-24 mm, ce zoom a le bon goût d’offrir un surcroît de polyvalence bienvenu qui permet de séduire celles et ceux qui pourraient se trouver un peu à l’étroit avec « seulement » 24 mm comme focale la plus longue. Et tout cela sans empiéter sur les plates bande du Nikkor Z 24-70 mm f/4 S.

Maintenant, le plus compliqué, c’est de trouver des photos intéressantes à faire avec, et de bien cadrer à l’horizontale. Mais ça, c’est votre affaire.

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Test NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S : ergonomie minimale mais un charme qui le rend attachant

Un peu plus spécialisé et moins apte aux plans larges que son camarade 35 mm évalué récemment, c’est au tour du 50 mm fixe de faire l’objet du test NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S que nous vous proposons ici.

Pour accompagner son premier transtandard 24-70 mm f/4, Nikon l’a flanqué de deux focales fixes généralistes, à l’ouverture généreuse (mais pas trop), dont le but est d’apporter ce surcroît de spécialisation et de luminosité que n’a pas le zoom de base, tout en conservant une certaine polyvalence.

Cela donne le duo NIKKOR Z 35 mm f/1,8 S et NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S, deux focales fixes « standard » assez proches dans l’esprit mais qui, dans les faits, diffèrent suffisamment pour que le débat pour choisir l’une ou l’autre s’impose.

Test Nikon Z 50 mm f/1.8 S

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Test NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S : Présentation et contexte

Encore plus que son compère NIKKOR Z 35 mm f/1,8 S, le NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S est appelé à devenir un grand classique. Nous irions même jusqu’à dire qu’il est programmé pour devenir un incontournable tant les 50 mm f/1,8 « de kit » ont peuplé l’histoire de la photographie (reflex) afin de constituer, pour beaucoup d’entre nous la première focale fixe « de base », aussi bien en numérique qu’en argentique.

Pourtant, ne vous fiez pas à cette filiation historique : ce NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S n’a rien d’une focale fixe simplette ni au rabais.

Bien au contraire, Nikon en a soigné la formule optique : avec ses 12 lentilles dont 2 ED, 2 asphériques, certaines avec traitement nanocristal, le tout réparti en 9 groupes et traitement au fluor pour la frontale, ce NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S n’a pas grand chose à voir avec le Nikon AF-S NIKKOR 50 mm f/1,8 G (7 lentilles en 6 groupes, dont une seule lentille asphérique).

Il se montre également bien plus moderne que le Nikon AF-S NIKKOR 50 mm f/1,4 G (8 lentilles en 7 groupes, aucune lentille asphérique ni ED) !

Test Nikon Z 50 mm f/1.8 S

Contrairement à ses homologues, ce 50 mm hybride a droit à un diaphragme électromagnétique à 9 lamelles, là où ses cousins ne disposent que de 7 lamelles.

En contrepartie, à 679 euros (tarif officiel), le nouveau venu est peut-être un peu cher pour un « simple » 50 mm f/1,8… mais reste moins prétentieux que le Sony Zeiss Sonnar T* FE 55 mm f/1,8 ZA destiné aux concurrents Sony Alpha 7/9 et ses presque 1.000 euros à sa sortie.

À qui se destine ce NIKKOR Z 50 mm f/1.8 ?

Ce 50 mm f/1,8 se destine à celles et ceux qui désirent une focale fixe lumineuse mais qui trouveraient le 35 mm un peu trop large pour lui préférer l’angle de champ plus serré d’un 50 mm, plus  « Cartier-Bressonien » et mieux adapté pour du portrait. De l’éternel débat « 35 ou 50 mm » pour lequel les photographes se chamaillent depuis un siècle…

Projetons-nous dans le futur. Un 28 mm f/1,8 et un 85 mm f/1,8 viendront compléter l’offre focale fixe, auxquels s’ajouteront par la suite un 24 mm f/1,8 (notez au passage la cohérence du f/1,8) et un 50 mm f/1,2 (voir la liste des prochaines annonces).

Si vous lisez ce test à ce moment là, alors le choix d’un 50 mm devra se faire selon d’autres critères que la simple sélection par défaut.

Question : pourquoi choisir un 50 mm ? Réponses possibles :

  • parce que c’est LA focale légendaire utilisée par les grands photographes de rue qui ont marqué l’histoire (même si, dans les faits, c’était surtout du pragmatisme dans la mesure où le 50 mm est, depuis longtemps, la focale la plus facile à se procurer),
  • parce que dans la trinité « grand angle + focale standard + optique à portrait » le 50 mm s’intercale bien entre le 24 mm et le 85 mm (et pour le coup, ça tombe bien),
  • parce qu’à ouverture maximale égale, le 50 mm permet de jouer avec de plus faibles profondeurs de champ que le 35 mm. Vous avez dit « bokeh » ?

Test Nikon Z 50 mm f/1.8 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S : ISO 1.600 – 1/4 sec. – f/1.8

Test NIKKOR Z 50 mm : Qualité de construction

Ce qui frappe à la sortie du carton est que, pour un 50 mm f/1,8, ce NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S est vraiment gros. Très gros : 76 mm de diamètre, 86,5 mm de long sans le pare-soleil, 415 grammes sur la balance.

À titre de comparaison, l’AF-S 50 mm f/1,8 G ne mesure que 52,5 mm de long et ne pèse que 185 grammes, et même l’AF-S Nikon 50 mm f/1,4G avec ses 54 mm de long et 280 grammes fait figure de poids plume…

En fait, en termes de gabarit, le 50 mm f/1,8 hybride est calqué sur le Nikon Z 35 mm f/1,8 S (à moins que ce ne soit l’inverse), et il y a fort à parier qu’il s’agit d’une volonté délibérée de la part de Nikon de sortir toute sa série de focales fixes ouvrant à f/1,8 avec des esthétiques et gabarits très proches. Ce qui serait carrément bien vu. L’avenir nous dira si cette hypothèse était la bonne.

Test Nikon Z 50 mm f/1.8 S

Toujours est-il que, à l’instar de ses frères NIKKOR Z 35 mm f/1,8 S et NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S, le NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S bénéficie d’une qualité de construction sans reproche. C’est beau, c’est simple, tout est parfaitement ajusté, agréable à manipuler, et tout un tas de joints toriques à l’intérieur et à l’extérieur (au niveau de la monture) sont là pour éviter les infiltrations de poussières et d’eau. Bref, une jolie petite famille propre sur elle et sans défaut criant.

Prise en main et autofocus

Re-re-belotte : vous allez finir par connaître la chanson. Les objectifs NIKKOR Z série S sont aussi bien construits qu’ennuyeux en termes de prise en main : à part la large bague de mise au point et le commutateur AF/MF, il n’y a toujours rien à se mettre sous la dent. Ni butées à l’infini, ni butée à 40 cm (la distance minimale de mise au point), ni graduation de distance, ni petit écran de contrôle, ni bague de diaphragme, surtout pas de stabilisation… Pour le dire poliment, « c’est racé et sobre ». Pour le dire autrement « c’est chiant et pas vraiment excitant ». Nous vous avions prévenus : vous connaissez la chanson.

La mélodie change à peine en ce qui concerne l’autofocus : toujours aussi silencieux, il se montre néanmoins légèrement moins rapide et discriminant que sur le 35 mm f/1,8, la faute à la profondeur de champ plus faible, mais aussi à l’algorithme. Notons au passage que l’objectif a été essayé sur un Z6 avant la mise à jour firmware 2.0 de mi-mai, censée améliorer la précision et la rapidité de l’autofocus, donc prenez ces commentaires avec une petite pincée de sel.

Par contre, ce qui ne changera pas, c’est que la mise au point se fait toujours par déplacement des lentilles en interne, ce qui ne change pas l’aspect extérieur de l’objectif. Cela peut avoir son importance si vous utilisez des filtres polarisants ou dégradés.

Stabilisation

Il y a débat mais, pour un 50 mm, la stabilisation optique commence à être intéressante, d’autant plus si elle peut être combinée à une stabilisation capteur. Ici, toujours pas de stabilisation optique, Nikon fait confiance à la stabilisation 5 axes de son capteur, à raison. Cela vous permettra, avec un peu d’entraînement, de photographier à main levée, entre 1/10 et 1/20 s.

Test Nikon Z 50 mm f/1.8 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S : ISO 1.000 – 1/20 sec. – f/1.8

Performances optiques : vignettage

Bien que corrigé de manière électronique par le boîtier, le vignettage du NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S reste très marqué jusqu’à f/2,8 et encore perceptible jusqu’à f/4.

D’un point de vue théorique, c’est probablement le seul vrai défaut de cet objectif. D’un point de vue esthétique, cela lui confère un certain charme puisque le vignettage permet de fermer l’image et d’accentuer ce « look » spécifique aux 50 mm. Dans tous les cas, grâce à la magie du post-traitement, vous pourrez aisément corriger ce vignettage s’il vous embête.

Performances optiques : déformation et distorsion

Il faudrait quand-même un sacré accident industriel pour, en 2019, proposer un 50 mm qui déforme et soit plein de distorsion, surtout quand on utilise deux lentilles asphériques dans sa formule. Du coup, vous serez heureux de savoir que le NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S ne souffre ni de déformation, ni de distorsion : contrat facile à remplir, mais contrat rempli quand-même.

Test Nikon Z 50 mm f/1.8 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S : ISO 400 – 1/640 sec. – f/5.6

Performances optiques : homogénéité et flare

Assez doux à la pleine ouverture, le NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S atteint un bon niveau de piqué en fermant légèrement à f/2 (un tiers de diaphragme de moins) et devient vraiment excellent à f/4. Un comportement somme toute assez classique pour un 50 mm f/1,8.

Il en va de même du côté de l’homogénéité : il faudra fermer de quelques diaphragmes, à partir de f/5,6,  pour que les bords parviennent au niveau du centre, du moins si vous êtes intransigeant sur la netteté. Car ce qui est intéressant avec ce NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S par rapport à son cousin NIKKOR Z 35 mm f/1,8 S, c’est que ces petits défauts lui donnent du caractère et un peu plus d’âme dans l’image. Tout en conservant le sérieux de la série, qui se confirme par la parfaite maîtrise du flare.

Test Nikon Z 50 mm f/1.8 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S : ISO 200 – 1/125 sec. – f/4

Performances optiques : rendu des couleurs et aberrations chromatiques

Encore et toujours, le NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S accorde ses violons avec les NIKKOR Z 35 mm f/1,8 S et NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S : vous pouvez passer de l’un à l’autre sans écart de rendu dans les couleurs et quasiment sans aberrations chromatiques, afin de composer tout un reportage, une série, une vidéo, sans avoir à vous tracasser quant aux efforts à fournir en post-traitement pour tout étalonner au même niveau. Cela vous fera gagner un temps considérable.

C’est tout de même assez impressionnant de parvenir, sur trois objectifs différents, à obtenir cette homogénéité. Espérons qu’il en sera de même pour tous les autres objectifs de la série « S f/1,8 ».

Test Nikon Z 50 mm f/1.8 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S : ISO 4.00 – 1/200 sec. – f/1.8

Rendu optique : profondeur de champ

Forcément, avec un 50 mm ouvrant à f/1,8 destiné à un capteur 24 x 36 mm, nous pouvons nous attendre à une profondeur de champ encore plus réduite qu’avec un 35 mm f/1,8. Et le NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S ne vous décevra pas, même si sa distance minimale de mise au point n’est « que » de 40 cm.

Test Nikon Z 50 mm f/1.8 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S : ISO 10.000 – 1/1000 sec. – f/1.8

À la pleine ouverture, vous pouvez déjà jouer avec des profondeurs de champs très étroites, idéales pour du portrait, et des transitions très douces entre le net et le flou.

À ce niveau là, le NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S est bien plus réussi que le Nikon Z 35 mm f/1,8 S : le bokeh, toujours confié à un diaphragme à 9 lamelles, est plus doux, les transitions moins brutales,  il y a quelque chose de plus chaleureux avec ce 50 mm. De plus… moelleux et moins chirurgical. Ou, en d’autres termes toujours pas très techniques, de plus attachant.

Test Nikon Z 50 mm f/1.8 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S : ISO 10.000 – 1/400 sec. – f/1.8

Le NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S peut vous intéresser si…

  • vous désirez compléter votre zoom 24-70 mm f/4 de kit avec une focale fixe lumineuse à tout faire,
  • vous aimez les 50 mm parce que leur perspective se rapproche de l’œil humain,
  • vous appréciez la polyvalence d’un 50 mm, aussi capable en reportage qu’en portrait,
  • vous trouvez le 35 mm un peu trop large,
  • vous prévoyez de l’associer avec le futur Nikon Z 24 mm f/1,8 S et/ou Nikon Z 85 mm f/1,8 S.

Le NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S va moins vous intéresser si…

  • vous recherchez une focale fixe compacte (il n’y en a pas encore),
  • vous êtes intransigeant sur le vignettage,
  • vous possédez déjà le Nikon Z 35 mm f/1,8 S avec lequel il risque de faire doublon.

Note : les photos présentées sont visibles en pleine définition ici :

Test Nikon Z 50 mm f/1.8 S

Test NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S : ma conclusion

Au moment d’écrire ces lignes, le NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S est la focale fixe en monture Z native la moins onéreuse proposée par Nikon.

Quelque part, cela peut sembler normal pour un objectif dont la combinaison focale/ouverture le destine à devenir LA focale fixe de base avec laquelle bien démarrer dans le système Nikon Z, comme cela est le cas sur les reflex depuis déjà plusieurs décennies.

Mais ne vous y laissez pas tromper :

ce NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S joue dans une cours nettement au-dessus des 50 mm f/1,8 traditionnellement proposés sur les reflex.

Pour concevoir son NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S, Nikon a mis les petits plats dans les grands en faisant appel à des technologies normalement réservées à des objectifs f/1,4 bien plus haut de gamme : multiples lentilles asphériques, multiples lentilles ED, traitement nanocristal, revêtement au fluor pour la lentille frontale, fût tropicalisé grâce à de nombreux joints toriques, diaphragme électromagnétique circulaire à 9 lamelles.

Nous sommes clairement sur une conception haut de gamme, et cela se ressent dans les performances optiques : absence de distorsion, absence de flare, absence d’aberrations chromatiques, neutralité des couleurs, très bon niveau de piqué, autofocus totalement silencieux.

Bref, vous pourriez difficilement le qualifier d’objectif « amateur » ou de « seconde zone ». En même temps, à 679 euros le 50 mm f/1,8, vous méritiez au minimum d’en avoir pour votre argent.

Tout comme le NIKKOR Z 35 mm f/1,8 S et les premiers objectifs destinés aux hybrides chez la plupart des constructeurs, le NIKKOR Z 50 mm f/1,8 S brille par la pauvreté de son ergonomie, réduite au minimum syndical : bague de mise au point sans butée ni retour de sensation, commutateur AF/MF. Cela nuit d’autant plus à l’expérience que, contrairement à son faux jumeau 35 mm f/1,8, ce 50 mm f/1,8 a vraiment un charme et un semblant d’âme qui, en plus de faire de lui un objectif pratique, le rendent attachant.

Si vous cherchez une focale fixe polyvalente, qui fasse vraiment la différence avec votre zoom 24-70 mm f/4, nous vous orientons donc volontiers vers ce 50 mm f/1,8  qui, en plus, a le bon goût d’être bien moins cher que le 35 mm f/1,8 ! Bon, après, si vous êtes un inconditionnel du 35 mm…

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Rappel Nikon Z 6 et Z 7 : mise à jour du système VR sur certains boîtiers

Nikon invite les utilisateurs de certains appareils photo hybrides Nikon Z 6 et Z 7 à faire vérifier le système de stabilisation VR. Celui-ci peut « ne pas exploiter tout le potentiel de cette fonction« . Voici ce qu’il faut savoir sur ce rappel Nikon Z 6 et Z 7.

Nikon Z 6 et Z 7 : rappel pour mise à jour du système VR sur certains boîtiers

Rappel Nikon Z 6 et Z 7 : la stabilisation peut mieux faire

Nikon a mis en ligne ces derniers jours une information technique à l’attention des utilisateurs de Nikon Z 7 et Z 6. Certains boîtiers peuvent présenter un défaut qui limite la portée du système de stabilisation VR 5 axes IBIS.

Avec l’arrivée de nouvelles générations d’appareils photo numériques dont la construction fait appel à des composants de plus en plus complexes et des systèmes de commande électroniques tout aussi élaborés, les rappels ne sont pas rares chez les différents fabricants.

Si les éditeurs de logiciels intègrent les correctifs dans une mise à jour qui passe bien souvent inaperçue, ce n’est pas le cas des fabricants de matériel électronique qui doivent en passer par un contrôle visuel en atelier.

Depuis plusieurs années, Nikon effectue des rappels lorsque c’est nécessaire et de plus en plus tôt dans la vie de ses produits, afin d’éviter les situations conflictuelles comme celle concernant le D600. Ces rappels sont d’ailleurs souvent plus préventifs que correctifs et la plupart des utilisateurs n’ont jamais constaté le défaut (c’est le cas du problème d’assombrissement sur certains D750 par exemple).

Si vous utilisez un Nikon Z6 ou Z 7, suivez les instructions données sur le site du support pour vérifier si votre appareil photo est concerné ou non, il vous suffit pour cela de noter son numéro de série et de le saisir en ligne : support Nikon

Pour trouver le numéro de série, ouvrez l’écran arrière et notez le numéro à sept chiffres indiqué sur l’étiquette du boîtier.

comment trouver le numéro de série du Nikon Z7 et Z6 - rappel pour défaut de système VR

Si votre appareil photo fait partie de la liste des modèles concernés, prenez contact avec le support Nikon qui se chargera de vérifier et mettre à jour les composants concernés gratuitement même si le boîtier n’est plus sous garantie (ils le sont encore tous au moment où je publie cette note mais ce ne sera plus le cas dès septembre 2019 pour les premiers clients).

Source : support Nikon


Test NIKKOR Z 35 mm f/1,8 S: aucun faux pas mais un manque de panache ?

Pour ce test du NIKKOR Z 35 mm f/1,8 S, nous allons nous intéresser à la première des deux focales fixes de la gamme Nikon Z actuelle. Tout nouveau système avec une nouvelle monture a ses nouveaux boîtiers, accompagné de ses nouveaux objectifs.

Côté zoom, c’est le Nikon Z 24-70 mm f/4 s qui a eu la lourde tâche de s’imposer comme le transtandard de base. Mission dont il s’acquitte avec brio.

Côté focales fixes pour l’accompagner, Nikon a fait le choix d’en proposer deux (si l’on laisse volontairement de côté le très exclusif et exotique Noct-Nikkor Z 58 mm f/0,95 S) : un 35 mm f/1,8 et un 50 mm f/1,8.

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S

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Deux focales fixes « à tout faire » très proches dans l’esprit, aux ouvertures suffisamment généreuses pour jouer avec la profondeur de champ et s’affranchir du flash, mais pas trop non plus pour ne pas alourdir la facture ni le sac photo. 

Test NIKKOR Z 35 mm f/1,8 S : présentation et contexte

Le Nikon Z 35 mm f/1,8 S est appelé à devenir un grand classique, aussi bien de par sa focale, particulièrement adaptée à la photographie de rue, que par son ouverture, un peu plus prestigieuse qu’un « simple » f/2, un peu moins élitiste qu’un f/1,4 « professionnel ».

Forcément, il ne sera pas sans vous rappeler le Nikon AF-S 35 mm f/1,8 G ED, au moins dans l’esprit. Parce que dans la pratique, le 35 mm f/1,8 pour hybride n’a pas grand chose en commun avec son homologue pour reflex, à commencer par le prix.

Alors que celui en monture F (reflex) est officiellement affiché à 549 euros (vous le trouverez aisément sous les 500 euros), son cousin en monture Z (hybride) commence sa carrière commerciale à 949 euros prix catalogue (849 euros couramment constatés).

Voilà qui pique un peu pour un objectif censé être « standard », dans tous les sens du terme. Du coup une seule question se pose : est-ce justifié ?

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S

test Nikon Z 35 mm f/1.8 S : ISO 125 – 1/6.400 ème – f/1.8

À qui se destine ce Nikon Z 35 mm f/1,8 S ?

Au moment d’écrire ces lignes, il n’existe que deux focales fixes en monture Nikon Z (chez Nikon) : le 35 mm f/1,8 et le 50 mm f/1,8. Du coup, ce 35 mm f/1,8 se destine à celles et ceux qui désirent une focale fixe lumineuse mais qui trouveraient le 50 mm un peu trop long pour lui préférer l’angle de champ plus large d’un 35 mm, plus polyvalent en photographie de rue par exemple, mais moins adapté pour du portrait.

Dit comme ça, ça ressemble un peu à avoir le choix entre le parfum vanille et le parfum chocolat pour sa glace, et à opter pour la vanille parce qu’on n’aime pas le chocolat (ou vice versa). C’est trivial, mais le temps que Nikon enrichisse son offre optique en focales fixes, il faudra s’en contenter.

Projetons-nous dans le futur. Dès cette année 2019, un 28 mm f/1,8 et un 85 mm f/1,8 viendront compléter l’offre focale fixe, auxquels s’ajouteront en 2020 un 24 mm f/1,8 (notez au passage la cohérence du f/1,8) et un 50 mm f/1,2 (voir le plan produit Nikon Z actualisé). Si vous lisez ce test à ce moment là, alors le choix d’un 35 mm devra se faire selon d’autres critères que la simple sélection par défaut.

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S

test Nikon Z 35 mm f/1.8 S : ISO 125 – 1/80 ème – f/1.8

Question : pourquoi choisir un 35 mm ? Réponses possibles :

  • parce que vous n’aimez pas le 50 mm mais que vous désirez quand-même avoir une focale standard « à tout faire »,
  • parce que dans la trinité « grand angle + focale standard + optique à portrait » le 35 mm s’intercale bien entre le 21 mm et le 75 mm (en l’occurrence le 21 mm et le 85 mm),
  • parce que son angle de champ légèrement plus large que le 50 mm permet de cadrer un peu plus large à la prise de vue et recadrer en post-traitement si besoin. Et ce avec une marge de sécurité d’autant plus confortable si vous possédez un Nikon Z 7 et ses 45,7 Mpx.

Bon, pour le coup, ce test a été réalisé sur un Nikon Z 6, mais 24 Mpx sont déjà bien suffisants pour supporter quelques recadrages et redressements d’horizontales.

Qualité de construction

Le Nikon Z 35 mm f/1,8 S bénéficie exactement de la même qualité de construction que les Nikon Z 24-70 mm f/4 S et Nikon Z 50 mm f/1,8 S. Tout le monde étant logé à la même enseigne, pas de jaloux. Hop !

Bien sûr, comme il s’agit d’une focale fixe, vous perdez la bague de zoom et le verrouillage de la focale (logique) mais, à la place, vous avez droit à une bague de mise au point géante, joliment cannelée, bien fluide… et sans butée. Ce qui bénéficie au pilotage électronique mais nuit clairement au plaisir tactile.

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S

Le fût est noir mat, la bague en caoutchouc, l’ensemble bénéficie de joints d’étanchéité évitant les infiltrations d’eau et de poussières à l’intérieur de l’objectif et même au niveau de la monture. Bien vu !

À la fois sérieux et sobre, le Nikon Z 35 mm f/1,8 S a ce qu’il faut de robustesse pour inspirer confiance et ce qu’il faut de lacunes pour prêter le flanc à la critique. Ainsi, vous pourrez lui reprocher son absence de graduation de distance, son absence de bague d’ouverture, son absence de stabilisation…

Toutefois, ne vous laissez pas tromper par son apparente sobriété extérieure et ses fausses similitudes avec l’AF-S Nikkor 35 mm f/1,8 G ED. Avec sa formule optique à 11 lentilles (dont deux en verre ED et trois asphériques) réparties en 9 groupes, le recours aux traitements nanocristal et fluor, le tout accompagné d’un diaphragme électromagnétique circulaire à 9 lamelles, le Nikon Z 35 mm f/1,8 S est bien plus moderne dans sa conception que son alter-ego reflex, et même plus ambitieux que l’AF-S Nikkor 35 mm f/1,4 G !

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S

test Nikon Z 35 mm f/1.8 S : ISO 100 – 1/2.500 ème – f/1.8

Notez, au passage, que la mise au point minimale est à 25 cm, ce qui permet de jolies prises de vues rapprochées avec une très courte profondeur de champ.

Prise en main et autofocus

Avec 73 mm de diamètre et 86 mm de longueur (hors pare-soleil) le Nikon Z 35 mm f/1,8 S est vraiment encombrant pour ce type de focale et cette ouverture. Heureusement, avec seulement 370 grammes, il ne pèsera pas trop lourd dans votre sac photo et ne fera pas piquer votre boîtier du nez une fois monté dessus.

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S

Ses dimensions généreuses lui permettent une prise en main aisée, qui conviendra à tous les gabarits et à part jouer avec la bague de mise au point et le commutateur AF/MF, la main gauche n’aura pas grand chose à faire.

De son côté, la motorisation autofocus est aussi précise que silencieuse. Nikon connaît bien et maîtrise sa partition, rien à signaler de ce côté là. C’est un bon signe. Nous pouvons donc continuer l’esprit tranquille.

Stabilisation

Les hybrides Nikon Z disposant de capteurs stabilisés mécaniquement, Nikon n’a pas jugé utile d’en pourvoir ses objectifs en monture Z (logique). Le Nikon Z 35 mm f/1,8 S ne fait pas exception. Ceci dit, grâce à son ouverture et sa focale encore suffisamment courte combinée aux excellentes aptitudes en haute sensibilité des Z 6 et Z 7, vous pouvez photographier l’esprit tranquille dans de mauvaises conditions lumineuses sans trop vous soucier du flou de bouger.

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S

test Nikon Z 35 mm f/1.8 S : ISO 1.600 – 1/500 ème – f/1.8

Performances optiques : vignettage

Tout comme le Nikon Z 24-70 mm f/4 S, le Nikon Z 35 mm f/1,8 S vignette facilement à ses plus grandes ouvertures (de f/1,8 à f/2,8). Nikon a donc clairement fait le choix d’exploiter la vitesse de communication de sa monture Z pour laisser au boîtier le soin de corriger électroniquement les défauts de ses objectifs.

Pourquoi pas. Toujours est-il que si vous êtes allergique au vignettage, ne décochez pas l’option de correction automatique (activée par défaut), ce d’autant plus si vous photographiez essentiellement en JPEG.

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S

test Nikon Z 35 mm f/1.8 S : ISO 125 – 1/5.000 ème – f/1.8

Performances optiques : déformation et distorsion

La focale de 35 mm n’est pas vraiment sujette à la déformation ni à la distorsion. Avec son armada de lentilles asphériques et sa formule optique complexe, le Nikon Z 35 mm f/1,8 S s’en sort haut la main à ce petit jeu. D’autant plus que, de toutes manières, il n’est pas possible de désactiver la correction automatique de la déformation dans le boîtier…

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S

test Nikon Z 35 mm f/1.8 S : ISO 100 – 1/1.000 ème – f/2

Performances optiques : piqué, homogénéité et flare

Qu’est-ce qui distingue une focale fixe lumineuse d’une très bonne focale fixe lumineuse ? Son aptitude (ou non) à déployer son plein potentiel dès la plus grande ouverture. Du coup, à quelle catégorie appartient donc ce Nikon Z 35 mm f/1,8 S ? Son f/1,8 est-il juste là pour sauver la mise lorsque la lumière manque, ou peut-on réellement l’exploiter en toutes circonstances, sans arrières pensées ?

Bonne nouvelle, ce 35 mm f/1,8 appartient à la deuxième catégorie, celle des focales fixes lumineuses qui ne le sont pas juste pour la frime. Pour autant, il n’est pas exempt de défaut.

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S

test Nikon Z 35 mm f/1.8 S : ISO 10.000 – 1/80 ème – f/1.8

Si le piqué au centre est très satisfaisant dès f/1,8, pour devenir très bon à f/2,8, il faudra fermer jusqu’à f/8 pour que l’objectif fasse preuve d’une presque parfaite homogénéité, avec des coins au même niveau que le centre.

Bon, ça, c’est histoire de chipoter et de couper les cheveux en quatre. Une fois de plus, dans la vraie vie, à moins que vous ne photographiez que des objets plats parfaitement de face (ce qui est le cas si vous êtes un spécialiste de la reprographie ou de la photographie d’œuvres d’art), ce léger manque d’homogénéité du Nikon Z 35 mm f/1,8 S n’aura rien de gênant.

Un petit mot du flare : il n’y en a tout simplement pas, à moins de vraiment vouloir le faire exprès. Mais dans l’écrasante majorité des cas, il faut bien reconnaître que le traitement nanocristal fait des miracles et que le Nikon Z 35 mm f/1,8 S est capable de se sortir de situations de fort contraste, lumière de face, avec une facilité déconcertante.

Performances optiques : rendu des couleurs et aberrations chromatiques

Afin d’emmener une parfaite cohérence dans la gamme, le Nikon Z 35 mm f/1,8 S joue exactement la même partition que le Nikon Z 24-70 mm f/4 S en termes de rendu des couleurs : c’est neutre, c’est propre, rien ne dépasse.

Il en va de même pour les aberrations chromatiques : muselées, aux abonnés absents. Bref, si vous aimez les objectifs chirurgicaux, vous serez comblé. D’autres le trouveront sans âme ni caractère. Histoire d’attentes esthétiques et de point de vue philosophique…

Rendu optique : profondeur de champ

Avec la conjonction d’un capteur 24 x 36 mm, une ouverture f/1,8, un diaphragme à 9 lamelles, une mise au point minimale à 25 cm et une focale standard, il devrait y avoir moyen d’obtenir de faibles profondeurs de champ et de bien séparer son sujet de son arrière plan, cela même sans avoir à se coller contre lui.

En matière de bokeh, le Nikon Z 35 mm f/1,8 S tient toutes ses promesses : c’es doux, c’est presque velouté, mais, conformément au reste de la signature esthétique, ça reste malgré tout très neutre.

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S

test Nikon Z 35 mm f/1.8 S : ISO 100 – 1/125 ème – f/1.8

Bien sûr, il ne faut pas vous attendre à des effets de profondeur de champ « au quart de poil » puisqu’après tout il ne s’agit « que » d’un 35 mm, mais par rapport au Nikon Z 24-70 mm f/4 S la latitude de jeu est appréciable.

Et, surtout, il faut se rappeler qu’à f/1,8, vous gagnez un peu plus de deux diaphragmes par rapport à f/4, ce qui en terme de vitesse d’obturation peut faire la différence, surtout en pleine nuit !

Le Nikon Z 35 mm f/1,8 S peut vous intéresser si…

  • vous désirez compléter votre zoom 24-70 mm f/4 de kit avec une focale fixe lumineuse à tout faire,
  • vous êtes un grand amateur de photographie de rue,
  • vous appréciez la polyvalence d’un 35 mm, aussi capable en paysage qu’en reportage, avec quelques incursions en portrait,
  • vous trouvez le 50 mm un peu trop long et serré,
  • vous prévoyez de l’associer avec le futur Nikon Z 20 mm f/1,8 S.

Le Nikon Z 35 mm f/1,8 S va moins vous intéresser si…

  • vous recherchez un objectif capable de fournir une très faible profondeur de champ,
  • vous aimez les objectifs avec un caractère esthétique affirmé,
  • vous possédez déjà le Nikon Z 50 mm f/1,8 S avec lequel il risque de faire doublon.

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S : ma conclusion

Tout système photographique se doit d’avoir un 35 mm et un 50 mm (ou des équivalents), plutôt lumineux, polyvalents, capables de vous accompagner aussi bien en photographie de paysage que de rue, de photographier des fleurs flottant au vent que des enfants courant dans tous les sens. Et, cela tombe bien, Nikon a décidé de lancer son système hybride Z en le dotant d’emblée d’un 35 mm f/1,8 et d’un 50 mm f/1,8.

Mais d’ailleurs, pourquoi donc cette ouverture un peu bâtarde de f/1,8 ? J’y reviendrai. Pour le moment, qu’ai-je pensé de ce Nikon Z 35 mm f/1,8 S ?

Objectivement, il s’agit d’un bon objectif, difficile de le nier. Construit de manière sérieuse, disposant de nombreux joints d’étanchéité même au niveau de la monture, son autofocus est rapide, silencieux, précis, en un mot efficace. Le centre est bien piqué dès la pleine ouverture, et son très léger manque d’homogénéité n’a rien d’alarmant. Il passera d’ailleurs inaperçu dans la plupart des cas.

Point de déformation ni de distorsion, seul le vignettage entre f/1,8 et f/2,8 vient ombrer le tableau – et encore, sa correction automatique par le boîtier le rendra inaperçu. Les couleurs ? Neutres, propres, sans chichi, et même commentaire en ce qui concerne le bokeh.

En résumé : le Nikon Z 35 mm f/1,8 S est une focale standard propre sur elle, très sobre, les ingénieurs de Nikon prouvent qu’ils maîtrisent bien leur sujet et n’ont fait aucun faux pas. Bien !

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S

test Nikon Z 35 mm f/1.8 S : ISO 100 – 1/1.250 ème – f/1.8

Pourtant, pourquoi ce petit accent de déception dans cette conclusion ? C’est que, subjectivement, le Nikon Z 35 mm f/1,8 S laisse comme un goût de pas assez, surtout au regard des 949 euros que Nikon demande pour le faire sien. Sa neutralité esthétique, chirurgicale, a un côté insipide qui, certes, colle à l’air du temps, mais ne permet pas vraiment de le distinguer des autres 35 mm f/1,8.

Il s’agit d’un objectif pragmatique, pas coup de cœur. Surtout, sa très bonne qualité de construction souligne d’autant plus, paradoxalement, sa pauvreté ergonomique : « tout ça pour un gros cylindre de quasiment quinze centimètres (avec le pare-soleil), avec juste une grosse bague en caoutchouc pour rompre la monotonie ? Eh bien, il faut aimer le dépouillement à la japonaise. »

En tant que focale fixe, il aurait été appréciable d’avoir un peu plus à se mettre sous la dent : une échelle de distance, des butées de mise au point, soyons fou, une bague de diaphragme dédiée (et décrantable) ! Un truc qui donne envie de manipuler l’objectif en tant qu’objet photographique que l’on est fier de posséder, et pas juste un side-kick à son boîtier pour lequel, au contraire, l’ergonomie et le plaisir tactile ont été particulièrement travaillés.

Test Nikon Z 35 mm f/1,8 S

test Nikon Z 35 mm f/1.8 S : ISO 10.000 – 1/60 ème – f/1.8

Bref, en se positionnant aussi haut du point de vue du tarif, avec un rendu aussi neutre et une ergonomie aussi dépouillée, le Nikon Z 35 mm f/1,8 S laisse le champ libre aux opticiens tiers pour venir le titiller sur son propre terrain. Soit avec un tarif plus attractif (coucou Sigma), soit avec une stabilisation (coucou Tamron), soit avec un rendu plus marqué (coucou Samyang), soit avec une ergonomie plus garnie, soit avec tout cela en même temps.

En somme, à moins d’être follement amoureux de la focale 35 mm, d’avoir besoin d’une grande ouverture et d’en vouloir un absolument tout de suite, là, maintenant, je vous recommanderais plutôt d’attendre un peu et de voir ce que Nikon et/ou la concurrence proposeront dans le futur sur cette focale.

Cliquez sur la photo ci-dessous pour voir les photos réalisées pour ce test en pleine définition :

Test Nikon Z 35 mm f/1.8 S

Mais aussi … pourquoi f/1.8 ?

Pour boucler cette question, j’avais promis de répondre à la question « pourquoi f/1,8 ? », ce qui sous-entend « pourquoi pas f/1,4 ou f/2 ? ».

La réponse est assez simple, mais mérite néanmoins d’être posée noir sur blanc. D’un point de vue photométrique, passer à f/1,4 plutôt que f/1,8 permettrait certes de gagner 2/3 de diaphragme mais, compte tenu des excellentes aptitudes en haute sensibilité des Nikon Z 6 et Z 7, il est plus pratique de compenser ce manque de luminosité du côté de l’ouverture par des ISO plus élevés.

Toujours d’un point de vue photométrique, il n’y a pas de réel intérêt à préférer un f/1,8 plutôt qu’un f/2, puisqu’il n’y a qu’un tiers de diaphragme d’écart, mais une ouverture en « f/1,quelque-chose », psychologiquement, cela reste plus vendeur.

D’un point de vue pratique, opter pour du f/1,8 permet d’avoir un objectif moins gros et moins lourd qu’un f/1,4 (surtout qu’il est déjà plutôt encombrant), et surtout moins onéreux ! En regardant dans la gamme reflex, le 35 mm f/1,4 est trois fois plus cher que le f/1,8 !

Nikon a donc eu plutôt raison de se concentrer sur une ouverture plus « raisonnable », et de mettre le paquet du côté de la formule optique.

Enfin, d’un point de vue du positionnement dans la gamme, deux choses.

D’abord, un 35 mm f/1,8, cela laisse suffisamment de place pour un éventuel Nikon Z 35 mm f/2,8 S qui, s’il n’est pas prévu par la roadmap actuelle, trouverait aisément preneur pour peu qu’il combine bonnes performances optiques, grande compacité et tarif attractif (pas plus de 380/420 euros). En fait, quelque chose d’aligné sur le Sony Zeiss Sonnar T* FE 35 mm f/2,8 ZA qui existe pour les Sony Alpha 7/9.

Deuxième aspect : de toutes évidences, Nikon a l’ambition de bâtir une ligne de focales fixes cohérentes partageant toutes une même ouverture. F/2 aurait été le choix le plus simple à décliner du 20 mm au 85 mm : f/1,8 envoie le message que Nikon est plus ambitieux que les évidences, qui maîtrise son sujet en termes d’optiques, tout en ayant la sagesse et le pragmatisme nécessaire pour ne pas non plus partir dans les délires du f/1,4 qui imposeraient des objectifs bien trop chers, lourds et difficiles à concevoir – en fait, l’exact opposé de ce que Canon met en place avec sa ligne EOS R. Du coup, c’est carrément bien vu.

Mais cela ne change pas le fait que, très bon soit-il, le Nikon Z 35 mm f/1,8 S manque de panache.

Présentation complète et fiche technique sur le site Nikon

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Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : petit, mais il a tout d’un grand !

A la lecture de ce test Nikon Z 24-70 mm f/4 S, le « zoom de base » du système hybride 24 x 36 mm Nikon Z, vous allez voir pourquoi Nikon a opté pour une plage focale classique et bien connue (le transtandard 24 à 70 mm) combinée à une ouverture fixe raisonnable de f/4, un peu moins prestigieuse que f/2,8. Raisonnable mais constante puisqu’après tout, Nikon aurait pu faire le choix d’un zoom à ouverture glissante.

« L’avantage des hybrides par rapport au reflex, c’est leur compacité. » Voilà l’une des idées reçues les plus communes. « Du coup, quitte à avoir un boîtier compact, autant que l’objectif le soit aussi. » Dont acte.

La question du jour est donc : entre le compromis ouverture, compacité, efficacité, performances optiques, le Nikon Z 24-70 mm f/4 S a-t-il ce qu’il faut pour devenir l’incontournable de votre besace malgré son statut de « zoom de base » ?

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

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Test Nikon Z 24-70 mm f/4, Présentation et contexte

Tout système à objectifs interchangeables, qu’il soit reflex ou hybride, mérite son zoom de base. Ce zoom se doit d’être pratique, relativement peu onéreux, couvrir une plage d’utilisation suffisamment large pour couvrir le maximum de situations communes, mais pas trop polyvalent non plus afin de laisser de la place pour d’autres objectifs plus spécialisés.

Ce zoom de base doit être suffisamment bon pour rendre le système attractif et ne pas décevoir les utilisateurs, mais pas non plus trop bon, pour laisser de la place pour un zoom plus ambitieux destiné à des photographes plus exigeants. Enfin, ce zoom de base doit servir de colonne vertébrale saine et stable à un système optique complet que les photographes (et le constructeur) compléteront au fil du temps et au gré des besoins. Bref, une véritable quadrature du cercle et un exercice technique, du point de vue de l’opticien, plus subtil que cela en a l’air.

Chez Nikon, le Nikon Z 24-70 mm f/4 S fait figure de véritable première, au-delà du fait qu’il s’agisse du premier transtandard pour leur système hybride 24 x 36 mm. En effet, pour les reflex Nikon FX (à capteurs 24 x 36 mm), vous n’aviez le choix qu’entre le Nikon AF-S 24-85 mm f/3,5-4,5 G ED VR à ouverture glissante et le classique (mais onéreux) Nikon AF-S 24-70 mm f/2,8 G ED VR.

En cherchant un peu plus loin dans le catalogue, vous trouverez bien un zoom transtandard à ouverture f/4 constante, le Nikon AF-S 24-120 mm f/4 G ED VR mais son encombrement et son ancienneté en font un mauvais candidat à une adaptation « hybride ».

Parallèlement, en ce qui concerne les reflex à capteurs DX, il n’existe purement et simplement pas de zoom transtandard à ouverture constante et le modèle le plus ambitieux est le Nikon AF-S DX 16-80 mm f/2,8-4 E ED VR. Il fallait donc repartir d’une page blanche… et regarder un peu ce qu’il se fait ailleurs.

Lorsque Nikon a lancé son système hybride 24 x 36 mm à l’été 2018, il n’y avait pas encore foule sur ce marché et seuls Sony et Leica répondaient présent.

Leica propose un Vario-Elmarit-SL 24-80 mm f/2,8-4 ASPH qui a l’avantage de la polyvalence mais les inconvénients d’une ouverture glissante et, surtout, d’un encombrement démentiel.

Sony, de son côté, dispose d’une panoplie de transtandards bien plus variée en termes de plage focale (du 24-70 mm au 24-240 mm en passant par du 28-70 mm), en termes d’ouvertures (f/2,8 constant, f/4 constant, f/3,5-5,6 et f/3,5-6,3 glissants) et en termes de gamme (la gamme standard, le haut de gamme G Master et le très haut de gamme Zeiss).

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : ISO 200 – 46 mm – 1/320ème de sec. – f/5.6

Bref, pour s’inspirer, Nikon avait l’embarras du choix ! Et c’est clairement sur le très populaire Zeiss Vario-Tessar T* FE 24 – 70 mm F4 ZA OSS que Nikon a décidé de s’aligner puisqu’il coche tous les critères : encombrement contenu, polyvalence, performances optiques honorables, tarif attractif. Ne restait qu’à créer le sien ! Dont acte.

Tant que nous y sommes à évoquer la concurrence hybride 24 x 36 mm, un petit mot des stratégies adoptées par Canon et Panasonic, qui divergent complètement de celle de Nikon.

Pour son transtandard « de base », Canon a voulu marquer les esprits en proposant, justement, un transtandard qui n’a rien de base, avec le Canon RF 28-70 mm f/2 L. Il s’agit du zoom transtandard destiné à un système 24 x 36 mm le plus lumineux jamais sorti (à date) puisqu’il s’agit d’un f/2 constant. Une prouesse technique qui a un double coût : son poids délirant de 1430 grammes et son tarif astronomique (pour un «simple » transtandard) puisqu’il est affiché à 3440 euros… Trois fois plus lourd, 1000 euros plus cher que le boîtier auquel il est destiné : à n’en point douter, un pari osé si vous êtes neutre, une posture audacieuse si vous êtes optimiste ou une jolie absurdité si vous êtes taquin.

De son côté, le Lumix S 24-105 mm f/4 MACRO O.I.S. de Panasonic, avec ses 680 grammes, passerait presque pour un poids plume malgré son encombrement conséquent. Optant pour une ouverture constante de f/4, il a au moins l’avantage d’une plus grande polyvalence. Bref, ce n’est ni parce que nous sommes sur Nikon Passion, ni pour vous brosser dans le sens du poil, mais il faut bien reconnaître que Nikon (et Sony) proposent le transtandard qui se rapproche le plus de l’image que l’on se fait d’un zoom de base. Mais trêve de bavardage, il serait peut-être temps d’entrer dans le vif du sujet.

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : ISO 100 – 47 mm – 1/500ème de sec. – f/4

À qui se destine ce zoom 24-70 mm ?

À toutes celles et ceux, nikonistes confirmés ou nouveaux venus chez le constructeur, qui décideraient de se lancer dans l’aventure hybride 24 x 36 mm et ont besoin d’un zoom polyvalent à tout faire. Mais là, nous nous répétons.

S’il est possible de l’acquérir individuellement contre 1 079 euros, il est bien plus intéressant de l’acheter en kit avec un Z 6 (2 899 EUR l’ensemble alors que le boîtier seul coûte 2 199 EUR), un peu moins avec le Z 7 (4 299 EUR l’ensemble alors que le boîtier seul coûte 3 390 EUR). De toutes manières, au moment d’écrire ces lignes, il s’agit du seul zoom transtandard en monture Z native disponible, en attendant l’imminent Nikon Z 24-70 mm f/2,8 S qui devrait sortir à 2 499 EUR.

Qualité de construction

Malgré son statut de zoom de base, le Nikon Z 24-70 mm f/4 S jouit d’une jolie qualité de fabrication, digne de ce que l’on peut attendre de n’importe quel objectif Nikon haut de gamme. Sa robe noire mate n’est interrompue que par les inscriptions blanches, un look sobre et efficace qui lui va à ravir, concordant avec le design des boîtiers Nikon Z. Contrairement aux objectifs reflex, point de liseré ni de petits badges dorés.

Zoom Nikon Z 24-70mm f/4 S pour Nikon hybride

Il s’agit d’un objectif rétractable… comme le Nikon AF-P DX Nikkor 18-55 mm f/3,5-5,6 G VR que vous pouvez trouver en kit avec le D5600, une similitude qui peut sembler étonnante vue la différence de gamme ! Mais c’est à peu près le seul point commun entre les deux zooms, puisqu’en main le Nikon Z 24-70 mm f/4 S est bien plus flatteur et n’a pas besoin d’un bouton complémentaire pour être déverrouillé/verrouillé : la mécanique retenue est suffisamment solide pour cela.

Mais pourquoi un objectif rétractable ? Tout simplement parce que cela permet de prendre moins de place dans votre sac lorsque vous ne l’utilisez pas. Malin !

Prise en main et autofocus

Nous avons déjà évoqué l’aspect téléscopique de l’objectif, mais revenons-y. Pour pouvoir photographier, il faut donc tourner la bague de zoom en position 24 mm (ou n’importe quelle autre focale). Sans cela, impossible de prendre des photos, de toutes manières, un message sur l’écran de votre boîtier viendra vous le rappeler.

Le clic est très marqué, impossible de se tromper ! Un tout petit regret ergonomique cependant. Il aurait été intéressant que le verrouillage de l’objectif soit associé à une mise en veille du boîtier, histoire de grappiller un peu en autonomie, quand il aurait été à l’inverse intéressant que le déverrouillage de l’objectif sorte le boîtier de veille. C’était par exemple le cas sur les Nikon 1, il n’a donc pas fallu aller chercher très loin cette suggestion.

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : ISO 200 – 70 mm – 1/50ème de sec. – f/4

Le maniement de l’objectif est réduit à l’essentiel : une bague de zoom (large et agréablement cannelée), une bague de mise au point (fine, toute aussi agréablement cannelée mais sans butée), un commutateur AF/MF, et basta. Pas de graduation de distance de mise au point, pas de bague de diaphragme (il n’y en a presque jamais sur les zooms Nikon, et très rarement sur les zooms d’une manière générale), et pas de commutateur dédié à la stabilisation… pour la simple raison que cet objectif n’est pas stabilisé.

Cela pour deux bonnes raisons. D’une part les boîtiers Nikon Z disposent de capteurs stabilisés, d’autre part la suppression d’un tel mécanisme de stabilisation dans l’objectif permet de gagner en encombrement et simplicité de conception. Légèreté, efficacité !

La mise au point, aussi bien manuelle qu’automatique, est totalement silencieuse. Précise et rapide sur notre Z 6 de test, nous n’avons pas grand chose à lui reprocher. Des fois, le silence, c’est bien.

Stabilisation

Du coup, vous l’aurez compris, il n’y a pas de de stabilisation intégrée à l’objectif. Mais au boîtier si. Nous pouvons donc quand même en parler. Et nous confirmons ce que nous racontions dans les tests des Z 6 et Z 7, cette stabilisation mécanique fonctionne bien, très très bien même.

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : ISO 100 – 70 mm – 1/40ème de sec. – f/4

Même à fond de zoom au 70 mm, vous pouvez tenter des prises de vue à main levée jusqu’à 0,5 s sans mauvaise arrière pensée, pour peu que vous ayez un minimum de concentration. Qui peut le plus pouvant le moins, cette demi-seconde sera évidemment accessible au grand angle.

Performances optiques : vignettage

Par défaut, dans le boîtier, le contrôle du vignetage est activé en position normale. Laissez-le tel quel mais évitez de le désactiver, surtout si vous ne photographiez qu’en JPEG. En effet, quelle que soit la focale, le Nikon Z 24-70 mm f/4 S vignette beaucoup entre f/4 et f/8, et cela est d’autant plus marqué entre 24 et 35 mm.

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : ISO 200 – 70 mm – 1/1250ème de sec. – f/5.6

Si vous photographiez en RAW, il sera aisé de corriger cela en post-traitement. Forcément très visible si vous photographiez un sujet sur fond uniforme, le vignettage demeure perceptible même avec des arrières plans plus complexes, mais cela n’a rien de désagréable.

Dans l’ensemble, le comportement du zoom Nikon rappelle beaucoup le  Zeiss Vario-Tessar T* FE 24 – 70 mm F4 ZA OSS destiné aux hybrides Sony Alpha 7/9, en toutefois un petit peu mieux.

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : ISO 200 – 41 mm – 1/250ème de sec. – f/4

Performances optiques : déformation et distorsion

Ne cherchez pas à activer la fonction « Contrôle automatique de la distorsion » sur votre boîtier Nikon Z : l’option est grisée par défaut, donc inaccessible. Rassurez-vous, c’est normal avec tous les objectifs pour lesquels cette correction est gérée de manière automatique, comprendre « les objectifs Nikon en monture Z native ».

Quelque part, du point de vue de l’utilisateur, c’est plutôt pratique. Mais du point de vue du testeur, cela empêche de correctement discerner si les déformations et distorsions résiduelles sont dues à la conception de l’objectif ou à la correction algorithmique trop (ou pas assez) modérée. Il est un peu dommage, donc, de ne pas vouloir activer ou désactiver cette correction à volonté (comme c’est le cas pour la correction de la diffraction, d’en graduer l’intensité (faible, normal, élevé) comme cela est pourtant possible avec la correction du vignettage et de la réduction du bruit.

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : ISO 200 – 53 mm – 1/800ème de sec. – f/4

Mais tout cela ne nous dit pas si le Nikon Z 24-70 mm f/4 S souffre de déformation ou de distorsion ! Réponses : oui, et oui. En barillet. De manière légère, certes, mais malgré tout perceptible et cela à toutes les focales.

Autant un peu de déformation aux 24 et 28 mm n’a rien de surprenant, autant à 50 et 70 mm le défaut est un peu plus décevant. Rien de rédhibitoire toutefois, mais si vous aimez les cadrages au cordeau et les lignes parfaitement droites (au hasard, dans le cadre de photographies d’architecture), il faudra travailler un peu plus en post-traitement… ou laisser de côté ce zoom.

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : ISO 100 – 47 mm – 1/500ème de sec. – f/4

Performances optiques : piqué et homogénéité

L’un des intérêts des zooms à ouverture constante f/4 est que leur relative faible luminosité à pleine ouverture leur permet d’atteindre très rapidement leur plein potentiel en termes de piqué et d’homogénéité. Ça c’est la théorie…. que le Nikon Z 24-70 mm f/4 S confirme en pratique.

À toutes les focales, ce zoom se montre sans peur et sans reproche dès f/4 tout en autorisant au passage de jouer avec des profondeurs de champ suffisamment faibles si le cœur vous en dit (merci le capteur 24 x 36 mm).

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : ISO 200 – 24 mm – 1/800ème de sec. – f/4

Sur un Nikon Z 6, ce 24-70 mm de base se montre donc tout à fait redoutable et saura parfaitement nourrir chaque pixel de votre image, du centre aux bords. Les ingénieurs opticiens de la maison ont vraiment bien travaillé et un tel niveau d’homogénéité et de piqué surprendrait presque pour un zoom de ce type.

Cela vous garantit un rendu constant quelles que soient la focale et l’ouverture utilisées et une tranquillité certaine sur le terrain puisque vous n’aurez plus à vous torturer l’esprit à vous demander quelle est la meilleure combinaison focale/ouverture pour avoir le meilleur piqué possible. Vous n’aurez alors plus qu’à vous concentrer sur le cadrage et la gestion de la profondeur de champ. Ce qui peut presque sonner comme une évidence, mais cela ne fait pas de mal de le rappeler.

Performances optiques : rendu des couleurs et aberrations chromatiques

Avec ce Nikon Z 24-70 mm f/4 S, Nikon demeure fidèle à sa réputation et son excellente maîtrise de la colorimétrie : c’est neutre, totalement neutre, chirurgicalement neutre.

Les mauvaises langues diront que, du coup, il manque un peu de caractère, mais d’un autre côté cela signifie que vous pourrez faire à peu près ce que vous voulez en post-traitement sans craindre les dérives colorimétriques.

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : ISO 200 – 24 mm – 1/1000ème de sec. – f/4

Cerise sur le gâteau : cet objectif ne souffre pas d’aberrations chromatiques. Forcément, si vous cherchez la petite bête en le confrontant à des situations très compliquées (comme des très forts contrastes avec des détails fins, par exemple des branches en contre-jour) vous créerez de l’aberration chromatique, mais ce sera aussi le cas avec n’importe quel objectif, même ceux très, très haut de gamme.

Rendu optique : profondeur de champ

Avec son ouverture maximale de f/4, vous ne parviendrez pas à obtenir des profondeurs de champ aussi faibles qu’avec un zoom ouvrant à f/2,8 et, à plus forte raison, une focale fixe ouvrant à f/1,4. C’est plutôt logique. Pourtant, grâce à la magie du capteur 24 x 36 mm, vous parviendrez malgré tout à agréablement isoler votre sujet de l’arrière plan, surtout en position 70 mm. De quoi réaliser de jolis portraits avec un arrière plan flou juste ce qu’il faut.

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : ISO 200 – 47 mm – 1/1600ème de sec. – f/4

Le bokeh est un peu dur (le diaphragme circulaire ne compte que 7 lamelles), moins velouté que sur des focales fixes dédiées, mais toutefois agréable.

Au final

Le Nikon Z 24-70 mm f/4 S peut vous intéresser si :

  • vous passez à l’hybride 24 x 36 mm chez Nikon : profitez-en pour acquérir ce zoom en kit !
  • vous désirez un premier objectif polyvalent, léger et efficace,
  • vous désirez un seul zoom pour tout faire,
  • vous désirez un équipement à l’encombrement réduit,
  • vous n’avez pas le besoin (et/ou le budget) d’un zoom f/2,8 constant.

Le Nikon Z 24-70 mm f/4 S va moins vous intéresser si :

  • vous pratiquez majoritairement la photographie en faible luminosité et avez besoin du surcroît de luminosité d’un f/2,8,
  • vous n’êtes pas prêt à faire quelques concessions quant au vignettage et la déformation.

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : ISO 200 – 35 mm – 1/160ème de sec. – f/8

Les photos réalisées lors de ce test Nikon Z 24-70 mm f/4 S sont disponibles en pleine définition sur Flickr :

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S

Test Nikon Z 24-70 mm f/4 S : ma conclusion

« Il est tout petit mais il a tout d’un grand ! » La conclusion de ce test pourrait tenir dans ce seul slogan un peu aguicheur sur lequel le service marketing ne cracherait. Pourtant, il faut bien reconnaître de manière objective que cela est vrai.

Pour son premier zoom transtandard à destination de ses hybrides Z à capteurs 24 x 36 mm, Nikon a réussi la quadrature du cercle : proposer un zoom léger, polyvalent, efficace, silencieux, avec un excellent niveau de performances optiques, tout cela sans tomber dans les écueils habituels d’une construction, d’un moteur AF ou d’une prise en main au rabais.

Bien sûr, il est perfectible, notamment avec son vignettage et ses déformations perceptibles, mais rien de dramatique. Vous pouvez l’adopter les yeux fermés !

Quant à ceux qui penseraient que « f/4 , ce n’est pas assez », qu’ils se détrompent : c’est bien suffisant dans la majorité des cas, même en faible luminosité, tant la stabilisation du boîtier et les excellentes performances en haute sensibilité des boîtiers Nikon Z permettent de compenser cette relative «faible » ouverture qui après tout n’est que d’un diaphragme de moins que les plus prestigieux f/2,8. Après, si vraiment il s’agit d’une barrière psychologique infranchissable, le Nikon Z 24-70 mm f/2,8 S arrive. Mais ce n’est ni le même encombrement, ni le même budget…

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Mitakon Speedmaster 50 mm f/0.95 III pour Nikon Z, les très grandes ouvertures arrivent

Shenyang Zhongyi Optical, la société qui fabrique des optiques sous les noms de marque Zhongyi et Mitakon annonce un objectif à très grande ouverture f/0.95, le Mitakon Speedmaster 50 mm f/0.95 III pour hybride Nikon Z.

Cette optique, la première à proposer une telle ouverture, devance le Noct-Nikon Z 58 mm f/0,95 S annoncé plus tard.

Mitakon Speedmaster 50 mm f/0.95 III

Mitakon Speedmaster 50 mm f/0.95 III : présentation

La monture Nikon Z a remis au goût du jour les objectifs à très grande ouverture pour boîtiers plein format. Avec son tirage mécanique très court (16 mm), cette monture permet aux opticiens de concevoir des objectifs dont la construction s’avérait quasiment impossible pour les reflex en raison de contraintes optiques très élevées. La monture Z levant ces contraintes en grande partie, Nikon a annoncé dès l’arrivée des Nikon Z 6 et Z 7 un objectif à ouverture f/0,95, le 58 mm série S qui doit arriver en 2019.

Etre capable de concevoir un objectif ouvrant à f/0,95, très performant et économiquement viable est un challenge que certains ingénieurs se plaisent à relever (voir le Voigtlander Nokton 25 mm f/0.95). Ceux de Nikon, déjà, qui nous promettent une optique qui devrait être celle de tous les records en matière de qualité d’image, de taille aussi car des lentilles qui permettent une ouverture de f/0,95 il faut bien les loger quelque part. Cette formule optique rend extrêmement difficile la motorisation autofocus aussi le Nikon Z 58 mm f/0,95 est-il annoncé comme à mise au point manuelle.

Mitakon Speedmaster 50 mm f/0.95 III

Chez Shenyang Zhongyi Optical, une société chinoise qui conçoit des optiques compatibles avec différentes marques d’appareils photo, le défi consistant à être les premiers à sortir un f/0,95 était trop beau pour ne pas être relevé ! Tamron et Sigma sont occupés ailleurs et un peu frileux avec la monture Z aussi les opticiens alternatifs se lancent dans l’aventure.

Après Samyang et ses MF 14 mm f/2.8 et MF 85 mm f/1.4 pour Nikon Z, c’est donc Shenyang ZO qui grille la politesse à Nikon puisque voici venir le Mitakon Speedmaster 50 mm f/0.95 III compatible avec les montures Nikon Z, Sony E et Canon RF (tant qu’à faire …).

Les caractéristiques techniques de cette optique font la part belle à l’ouverture, forcément. Celle-ci varie donc de f/0,95 à f/16, le rapport de reproduction est fixé à 0,1 tandis que la distance minimale de mise au point est de 50 cm et l’angle d’ouverture de 45°.

Mitakon Speedmaster 50 mm f/0.95 III

La formule optique utilise 10 éléments en 7 groupes, dont quatre lentilles en verre à dispersion extra-faible, une en verre à réfraction ultra haute, le diaphragme est à 11 lames et le contrôle de l’ouverture sans cran est ultra-silencieux (notez les superlatifs …).

La mise au point manuelle est assurée par ce qui semble être une large bague sur les photos, je n’ai pas plus de détails pour le moment.

Mitakon Speedmaster 50 mm f/0.95 III

Notez la présence d’une échelle de profondeur de champ sur le fût, des indications qui devraient s’avérer très utiles à grande ouverture, étant donnée l’extrême difficulté à faire le point à cette valeur.

Le diamètre du pas de vis pour filtre est de 67 mm, l’objectif pèse 720 gr. et mesure 73,3 mm de diamètre pour 83,5 de long.

Le Mitakon Speedmaster 50 mm f/0.95 III est en vente au tarif de 799 USD, les frais de port sont offerts pour la France. Si vous achetez l’objectif depuis le site du fabricant, la garantie est de 5 ans.

Premier avis sur cet objectif

Il est bien difficile de juger une telle optique sans l’avoir vue, et surtout l’avoir testée. Toutefois, les photos diffusées sur le site de Shenyang Zhongyi Optical montrent un piqué sans commune mesure avec celui des optiques Nikon Z, des distorsions importantes en périphérie et une déformation visible des détails situés dans la zone de flou, en avant comme en arrière du plan de mise au point.

Mitakon Speedmaster 50 mm sample - Credit: Bastian Kratzke

Mitakon Speedmaster 50 mm f/0.95 III  – Photo (C) Bastian Kratzke

Mitakon Speedmaster 50 mm sample - Credit: Wen Tai

Mitakon Speedmaster 50 mm f/0.95 III  – Photo (C) Wen Tai

Mitakon Speedmaster 50 mm sample - Credit: Bastian Kratzke

Mitakon Speedmaster 50 mm f/0.95 III  – Photo (C) Bastian Kratzke

Mitakon Speedmaster 50 mm sample - Credit: Wen Tai

Mitakon Speedmaster 50 mm f/0.95 III  – Photo (C) Wen Tai

Face au Noct-Nikon Z 58 mm f/0,95 S à venir, ce 50 mm Mitakon a pour lui un tarif imbattable, le Nikon devant compter un zéro de plus dans son tarif (les estimations sont d’environ 7000 euros) si j’en crois mes sources bien informées.

Reste à savoir si utiliser une telle optique sur un boîtier Nikon Z dont la monture favorise l’excellence des optiques est une bonne idée ou non au-delà de l’aspect ludique (et du fait d’avoir un f/0,95 autour du cou). D’autant plus que le Nikon Z 50 mm f/1.8 S à l’ouverture « modeste » f/1.8 est déjà une référence en termes de piqué et de qualité d’image qui ne coûte « que » 679 euros.

Source et plus d’infos : Mitakon ZY Optics


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