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Mise à jour Luminar 3.1.3, les nouvelles fonctions et un aperçu de Luminar 4

Skylum, l’éditeur du logiciel de tri et post-traitement des fichiers RAW Luminar, met les bouchées doubles depuis quelques mois pour rester dans la course face à Lightroom et autres concurrents. Avec cette mise à jour Luminar 3.1.3 sont arrivées plusieurs fonctions qui vous offrent plus de souplesse à l’usage.

Mise à jour Luminar 3.1.3, les nouvelles fonctions et un aperçu de Luminar 4

Tester Luminar 3 (et code de réduction NIKONPASSION)

Mise à jour Luminar 3.1.3 : les nouvelles fonctions

Album Éditions perdues

Mise à jour luminar 3 edition perdue lost edit

S’il vous est déjà arrivé de traiter une photo, ou une série de photos, d’être satisfait du résultat avant de constater que, pour une raison qui vous échappe, vous avez perdu ces images, cette fonction va vous intéresser.

Dans Luminar 3.1.3, si vous ne retrouvez pas vos éditions et photos, vérifiez le contenu de l’album « Éditions perdues » et vous avez de bonnes chances d’y trouver vos photos et les traitements associés. Cette pseudo-corbeille peut vous faire gagner beaucoup de temps.

Note : dans la version que j’utilise la traduction de l’anglais n’est pas faite, l’album se nomme donc « Lost edits », c’est bien le même.

Catalogue perdu ou déplacé

Mise à jour luminar 3 catalogue perdu ou déplacé, nouveau catalogue

Note : dans la version que j’utilise la traduction de l’anglais n’est pas parfaite, il faut traduire le message sur l’écran ci-dessus par :

« Catalogue Luminar 3 non trouvé.
Le catalogue à l’emplacement C:/……. n’a pas pu être localisé. Voulez-vous localiser un autre catalogue existant ou en créer un nouveau ?
Quitter – Créer un nouveau catalogue – Choisir un catalogue différent … »

J’ai remonté l’info à l’éditeur.

Luminar, tout comme Lightroom, met en œuvre un catalogue de photos afin de vous aider à trier et classer vos images. Si utiliser un catalogue est un atout essentiel pour ne plus jamais perdre la trace d’une photo, il y a un effet de bord néfaste, c’est … la perte du catalogue. En effet un catalogue n’est jamais qu’un (gros) fichier stocké sur le disque dur de votre ordinateur et comme tout fichier, vous pouvez l’égarer par inadvertance.

Luminar 3.1.3 met en œuvre une nouvelle logique lorsque vous lancez le logiciel. Si celui-ci ne trouve pas le catalogue qu’il est censé ouvrir, alors il vous propose deux choix :

  • vous avez supprimé le catalogue ? Vous pouvez en créer un nouveau directement depuis cette fenêtre,
  • vous avez égaré ou déplacé votre catalogue ? Vous pouvez maintenant parcourir votre disque dur pour indiquer au logiciel où se trouve le fichier catalogue avant de l’ouvrir.

Je ne peux que vous recommander toutefois de faire des sauvegardes quotidiennes de votre catalogue car la perte de ce fichier peut s’avérer un vrai problème pour vous.

Des raccourcis clavier plus nombreux

Tous les raccourcis clavier de Luminar 3 pour Windows et MacOS

Bien que l’usage de la souris soit courant avec un ordinateur, les raccourcis clavier restent le moyen le plus rapide d’utiliser un logiciel quel qu’il soit. Il vous suffit de mémoriser les plus fréquents pour réduire de façon drastique le temps que vous passez devant votre écran, et pour vous y aider, Luminar 3.1.3 propose de nouveaux raccourcis.

Si vous utilisez un système Windows et un système Mac, sachez que les raccourcis sont unifiés désormais entre les deux plateformes.

Découvrir tous les raccourcis Luminar 3 sur le site de l’éditeur

Une importation plus rapide depuis les disques SSD

Pour voir vos photos dans le catalogue il vous faut les importer. Cela permet au catalogue de savoir quels fichiers il doit afficher, de récupérer leurs données EXIF, de préparer des aperçus pour accélérer l’affichage.

Dans Luminar 3.1.3, l’importation des photos depuis un disque SSD a été optimisée pour être plus rapide. Je vous rappelle qu’un disque SSD est le support le plus approprié pour avoir un fonctionnement le plus fluide possible lorsque vous traitez vos photos, alors que vous pouvez ensuite les archiver sur un disque dur traditionnel.

Voir les offres de disques durs SSD pour votre ordinateur

Mais aussi …

La mise à jour Luminar 3.1.3 apporte plusieurs corrections de bugs, dont des problèmes pouvant survenir lors de l’ouverture de fichiers RAW sous macOS 10.11, et des crashs possibles du logiciel.

Cette version permet aussi d’afficher plus vite les vignettes du bandeau et de la galerie. La vitesse d’exécution était le point faible de Luminar , l’éditeur qui en a bien conscience fait en sorte d’optimiser le logiciel à chaque nouvelle version. Les résultats s’améliorent grandement depuis la précédente version.

Mise à jour Luminar 3 menu aide

Pour mettre à jour Luminar, cliquez sur « Vérifier les mises à jour » sur Mac, ou Aide – vérifier les mises à jour sur Windows.

Luminar 4 : ce qui vous attend

Pendant l’été 2019, Skylum a annoncé l’arrivée prochaine de la version 4 de Luminar, et d’une série de fonctions inédites sous contrôle d’un moteur d’intelligence artificielle (là-aussi le concurrent Lightroom est visé).

La première fonction qui arrivera dans Luminar 4 est la fonction de remplacement du ciel. Avant de crier au scandale, sachez que Luminar 2018 intégrait déjà une fonction nommée AI Sky Enhancer (amélioration du ciel par l’IA, intelligence artificielle). Luminar 3, la version actuelle, intègre un filtre nommé Smart Accent AI 2.0 (voir mon tutoriel Luminar pour les filtres).

Le filtre AI Sky Replacement de Luminar 4 est donc l’évolution logique des deux outils précédents.

L’intérêt de cet outil est de vous aider à donner à vos ciels gris, sans relief, tristounets, un rendu plus flatteur, tout en vous évitant de jouer avec la sélection intelligente, les masques de luminosité, les couches, les brosses et pinceaux, les masques de couleurs et quelques autres (il faut vraiment tout ça parfois).

Luminar 4 vous permettra d’améliorer le rendu de vos cibles en quelques secondes, voici une démonstration en vidéo par l’éditeur :

Luminar 4 sera disponible à l’automne 2019, vous pouvez d’ores et déjà le pré-commander avec un tarif préférentiel :

Pré-commander Luminar 4

Source : Skylum


Le guide « Les secrets de la photo de sport » : action, émotion, technique, matériel par Mickaël Bonnami

Vous aimez les sports, la photo de sport et vous rêvez de faire de belles images vous-aussi sans trop savoir comment faire ni avec quel matériel ? Dans « Les secrets de la photo de sport », Mickaël Bonnami, photographe professionnel, vous présente ce domaine photographique et vous livre ses conseils.

Le guide "Les secrets de la photo de sport" : action, émotion, technique, matériel par Mickaël Bonnami

Ce guide chez vous dans les meilleurs délais

La photo de sport, le guide pratique

Je ne vous présente plus la collection « Les secrets de la photo de … » des éditions Eyrolles, chaque volume adresse un domaine photographique particulier, il est écrit par un photographe spécialisé et il regorge de conseils.

Cette collection est régulièrement complétée de nouveaux sujets, et rassemble des ouvrages parus hors collection précédemment, ce qui était le cas du précédent ouvrage sur la photo de sport d’Eric Baledent datant de 2013 . Cette fois c’est Mickaël Bonnami qui s’y colle en nous proposant bien plus qu’une simple mise à jour. Il s’agit d’un nouveau livre, en phase avec la collection, avec une maquette et une présentation bien plus agréables.

Je ne vais pas résumer ici tout ce que vous allez trouver dans le livre, le sommaire plus bas est là pour ça, mais je voudrais mettre en avant quelques points qui ont attiré mon attention.

Le guide "Les secrets de la photo de sport" : action, émotion, technique, matériel par Mickaël Bonnami

Je ne connaissais pas Mickaël Bonnami avant que Régis Moscardini d’Auxois Nature ne m’en parle lors de l’enregistrement du podcast dans lequel il a interviewé Mickaël.

Quand j’ai reçu son livre ces derniers jours, j’ai été tout de suite interpellé par l’avant-propos dans lequel l’auteur nous dit avoir mis 4 ans pour se décider à écrire un livre sur la photo de sport. Non pas parce qu’il ne savait pas quoi dire, mais parce qu’il ne savait pas comment le dire.

J’ai retrouvé cette transparence vis à vis du lecteur tout au long de l’ouvrage, qu’il s’agisse de phrases de ci de là comme de ces encarts dans lesquels Mickaël Bonnami nous raconte une anecdote (celle de la page 64 qui concerne son intervention lors d’un match de rugby est excellente !).

Le guide "Les secrets de la photo de sport" : action, émotion, technique, matériel par Mickaël Bonnami

[su_frame][/su_frame]Cette transparence que je qualifierais volontiers d’honnêteté vis à vis du lecteur m’a beaucoup plus.

Je le mentionne car certains photographes professionnels manquent parfois d’humilité et dans le domaine du sport c’est peut-être un peu plus vrai encore. Alors lire les propos d’un pro qui n’hésite pas à raconter ce qui n’a pas fonctionné pour lui, ses échecs, c’est enrichissant.

Mickaël Bonnami a appris de ses erreurs, il l’écrit et c’est, au final, ce qu’il vous invite à faire tout au long du livre.

J’ai également apprécié le fait que l’auteur ne se contente pas de parler du « seul sport qu’il photographierait au quotidien », mais qu’il traite de tous les sports. Qu’il s’agisse de sports en intérieur, en extérieur, à la mer, à la montagne, lors de simples compétitions comme d’événements internationaux est intéressant à plusieurs titres :

  • cela vous montre qu’il vous est possible de faire des photos dès aujourd’hui même si vous n’avez pas une carte de presse et des habilitations,
  • cela vous montre aussi que vous pouvez, avec du travail, progresser et devenir pro (le dernier chapitre traite de ce sujet d’ailleurs).

Bien évidemment, tout au long du livre, vous découvrirez quel boîtier et quels objectifs utilisés selon les situations (le plus cher et le plus gros n’est pas forcément indispensable), vous saurez tout des réglages à appliquer, et vous verrez que le post-traitement de vos photos doit respecter certaines règles pour que vos images soient acceptées par les agences (dans le meilleur des cas) ou qu’elles rencontrent un succès d’estime sur le web.

Le guide "Les secrets de la photo de sport" : action, émotion, technique, matériel par Mickaël Bonnami

Avant de citer le sommaire du livre, j’attire votre attention sur l’introduction, un chapitre que l’on saute trop souvent. Prenez le temps de la lire, de la relire, et de l’apprendre par cœur car c’est probablement là que se cachent les mots les plus forts du livre, ceux qui vous font apprécier l’auteur (je ne le cache pas) mais qui vous marquent aussi (vous comprendrez pourquoi) :

  • Introduction
  • les qualités du photographe de sport
  • Le matériel du photographe de sport
  • Les réglages et les techniques de prise de vue
  • Photographier les sports en extérieur
  • Les sports en salle
  • Faire connaître ses photos
  • Profession photographe de sport

Mon avis sur « Les secrets de la photo de sport » de Mickaël Bonnami

Que la photo de sport vous fascine ou non, si vous voulez comprendre ce qu’est ce domaine photographique, ce qu’il implique comme investissement personnel et ce qu’il peut vous apporter, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre.

Vous allez apprendre des tonnes d’astuces et découvrir des pratiques fort utiles pour votre usage personnel (qui n’a pas photographié un événement sportif dans lequel évoluent enfants ou petits-enfants ?).

Vous allez aussi découvrir un domaine bien particulier de la photographie, accessible à tous, qui peut vous sortir de votre train train quotidien.

Vous allez découvrir, enfin, qu’un amateur peut, à force de travail et avec du courage, progresser jusqu’au plus haut niveau, et c’est valable pour vous-aussi.

Inutile de dire que les 23 euros qu’il vous en coûtera pour vous procurer ce livre sont un meilleur investissement que le dernier gadget à la mode …

Ce guide chez vous dans les meilleurs délais


Pré-annonce Nikon D6 : le D5 en mieux et le dernier des mohicans ?

Nikon profite de la rentrée 2019 pour annoncer le développement du nouveau Nikon D6, le fer de lance d’une gamme de reflex numériques plein format et le successeur désigné du Nikon D5.

Avant d’en savoir plus sur les caractéristiques techniques de ce Nikon D6, voici ce que je peux vous dire et ce que j’en pense.

MàJ du 12/02/2020 : le Nikon D6 est annoncé ce jour, voici la présentation et la fiche technique

Nikon D6 présentation

Pré-annonce Nikon D6 : le Nikon D5 en mieux

Autant vous le dire tout de suite, ce que Nikon a dit lors de sa conférence de presse lors de la pré-annonce Nikon D6 se résume à cette phrase :

 » Nikon est fier d’annoncer le développement du reflex numérique professionnel Nikon D6, le reflex numérique Nikon le plus avancé à ce jour, qui intervient alors que la gamme D à un chiffre fête ses 20 ans. »

Ne me demandez donc pas quelles sont les caractéristiques du Nikon D6, ni sa date de disponibilité, ni son tarif, je n’ai rien à vous répondre.

Nikon D6

Pré-annoncé Nikon D6 : portrait officiel – photo Nikon Corp.

Par contre, et c’est là que cela devient intéressant, j’ai des envies si l’on me parle d’un Nikon D6, et je vous invite à me lister les vôtres dans les commentaires.

Notez le conditionnel employé à partir d’ici sous la forme « j’aimerais beaucoup que … »

Le Nikon D6 pourrait disposer de la stabilisation IBIS des hybrides Nikon Z 6 et Z 7 (pour ceux qui n’ont pas suivi, c’est le capteur qui est stabilisé sur 5 axes et non plus les optiques).

Le Nikon D6 pourrait embarquer un capteur plein format (ça c’est certain) de 24 Mp (21,3 Mp pour le D5), histoire de ne pas trop tailler des croupières au D850 et à ses 45 Mp, mais aussi afin d’assurer une grande vitesse de traitement que les photographes de sport apprécient et d’offrir une encore plus grande sensibilité (que tout le monde apprécie). Le Nikon D5 ne justifie plus son positionnement tarifaire aujourd’hui face au D850 en matière de montée en ISO, le D6 devrait logiquement reprendre la première place.

Le Nikon D6 aurait pu disposer d’une poignée amovible, mais ce n’est pas le cas à voir la photo officielle. Qui a pourtant encore envie de se trimbaler des kilos de boîtier toute une journée alors que les hybrides plein format arrivent avec leur poids plume ? Le Nikon F6 (toujours en vente) n’est pas monobloc lui non plus, mais je sais que certains apprécient cette construction.

Le D6 pourrait être le vrai boîtier de reportage à 24 Mp, costaud, rapide et fidèle, qui prendrait la place du D750 vieillissant. Mais là je rêve car le tarif d’un Nikon Dx est rarement compatible avec les tarifs attendus en entrée de gamme FX.

Le D6 pourrait aussi avoir une spécificité bien à lui, un « quelque chose » qu’aucun autre Nikon n’a, voire qu’aucun autre boîtier du marché n’a. Chacun y verra ce qu’il a envie d’y voir, pour moi c’est un viseur électronique et – j’ai le droit de rêver car c’est une pré-annonce – un mode silencieux avec obturation électronique (oui, je sais, j’abuse …).

Maintenant que ces considérations et rêves sont couchés sur l’écran, que penser de l’arrivée de cette pré-annonce Nikon D6 ?

Le dernier des mohicans ?

Certains vont me traiter d’oiseau de mauvais augure, d’autres vont se rappeler que le Nikon F6 a enterré la lignée des Nikon Fx en succédant au mythique Nikon F5. Quel que soit votre avis, je crains fort que l’hybride plein format ne prenne le pas sur les reflex monoblocs professionnels.

N’oublions pas que le cycle de renouvellement de ces boîtiers, passé de 10 ans à l’époque des Nikon Fx à 4 ans désormais (le Nikon D5 est arrivé en 2016), fait que le successeur du Nikon D6, le Nikon D7, arriverait lui en 2024 (année des JO, ce n’est pas un hasard). D’ici-là et à la vitesse où va le développement de l’hybride, inutile de vous dire que les meilleurs modèles du marché auront largement les capacités et la construction d’un reflex Nikon D5 ou D6. Que restera-t-il alors aux reflex pros monoblocs ?

Un Nikon D5 c’est le Saint-Graal pour beaucoup d’amateurs qui apprécient l’objet, ils sont d’ailleurs les principaux acquéreurs du D5 désormais puisque les pros n’ont ou plus les moyens de se le payer, ou envie d’un matériel plus léger et moins encombrant, ou les deux. Mais dans 4 ans, je doute que se justifie encore l’arrivée d’un Nikon D7 qui n’apporterait probablement rien d’excitant de neuf. Déjà qu’avec le D6 nous sommes en droit d’avoir des doutes …

Les deux bonnes nouvelles (quand même)

La première bonne nouvelle c’est que Nikon rassure en continuant à investir dans sa gamme reflex, même s’il s’agit d’un modèle d’exception au tarif vraisemblablement tout aussi exceptionnel. Qui dit Nikon D6 peut dire aussi Nikon D760, il suffirait de prendre quelques composants de l’un pour les mettre dans l’autre, ils nous ont déjà fait le coup avec les D3/D700 et D5/D850/D500.

La seconde bonne nouvelle c’est que le marché de l’occasion va voir arriver des Nikon D5 flambant neufs (un tel boîtier utilisé par un amateur est rarement usé) à des tarifs logiquement moins élevés que le prix du neuf actuel (6400 euros pour un Nikon D5 en septembre 2019). En effet certains sont prêts à tout dès lors qu’un nouveau modèle arrive, je ne doute donc pas que le Nikon D6 soit déjà en précommande chez les revendeurs pros pour satisfaire cette passion pour le beau matériel, inutile alors de conserver le Nikon D5 sur l’étagère, récupérez des sous pour le D6 !

Il est urgent d’attendre …

Vous l’aurez compris, en l’absence d’autres informations précises de la part de Nikon, il est urgent d’attendre. Le Nikon D6 devrait arriver chez vos revendeurs en janvier, ce fût le cas pour le Nikon D5, et d’ici là j’en saurai un peu plus.

Source : Nikon


Nikkor Z 24 mm f/1.8 S : le grand-angle pour les hybrides plein format Nikon

Nikon déroule sa feuille de route en matière d’objectifs pour ses hybrides Nikon Z 6 et Z 7 et annonce le nouveau Nikon Nikkor Z 24 mm f/1.8 S.

Après le tout récent Nikkor Z 85 mm f/1.8 S, c’est donc un grand-angle qui fait son apparition dans cette nouvelle gamme hybride et devrait satisfaire les paysagistes, les reporters mais aussi les vidéastes.

MàJ : le test du NIKKOR Z 24 mm f/1.8 S est disponible.

Nikkor Z 24 mm f/1.8 S : le grand-angle pour les hybrides plein format Nikon

Nikkor Z 24 mm f/1.8 S : le trio gagnant est complet

Par trio gagnant, il faut comprendre la triplette de focales que beaucoup considèrent comme la plus efficace en reportage, et moi le premier : 24 mm, 35 mm et 50 mm. Les 35 et 50 mm série Z existant déjà, il ne manquait plus que le 24 mm à l’appel, c’est chose faite.

Nikon enrichit ainsi sa gamme d’optiques Z vers les courtes focales, en attendant le 20 mm prévu dans la roadmap en 2020, tandis que le prochain Nikkor Z Noct 58 mm f/0,95 occupera une position particulière de par ses spécifications.

Nikon Nikkor Z 24 mm f/1.8 S : le grand-angle pour les hybrides plein format Nikon

photo (C) Nikon Corp.

Le 24 mm c’est la porte ouverte sur le monde qui vous entoure : paysages, scènes de rue, scènes de la vie quotidienne, tout est bon ou presque si vous savez gérer les perspectives (lire « tenir votre boîtier à l’horizontale ») et ne pas abuser des déformations propres à cette focale lorsque le sujet est trop proche de l’objectif.

Nikon Nikkor Z 24 mm f/1.8 S : le grand-angle pour les hybrides plein format Nikon

photo (C) Nikon Corp.

Nikkor Z 24 mm f/1.8 S : présentation et caractéristiques techniques

Nikon Nikkor Z 24 mm f/1.8 S : le grand-angle pour les hybrides plein format Nikon

Nikon Z 7 + Nikkor Z 24 mm f/1.8 S

N’ayez crainte, vous ne serez pas surpris par la présentation de ce Nikkor Z 24 mm f/1.8 S, elle est en tous points semblable à celle des précédents 35, 50 et 85 mm f/1.8 S :

  • même fût noire lisse,
  • même bague de mise au point cannelée,
  • même typographie blanche,
  • même fixation du pare-soleil.

Rien d’étonnant à cela dans une gamme qui se veut très homogène en terme de focales, autant faire de même avec le design.

Nikon Nikkor Z 24 mm f/1.8 S : le grand-angle pour les hybrides plein format Nikon

Nikkor Z 24 mm f/1.8 S

L’encombrement de l’objectif est lui-aussi conforme à ce que nous connaissons déjà avec les 35 et 50 mm, il s’avère tout aussi imposant pour un 24 mm avec 78 mm de diamètre, 96,5 mm de longueur et un poids de 450 grammes (le diamètre du filtre est de 72 mm).

La distance de mise au point minimale est de 0,25 m, ce qui vous autorisera des compositions audacieuses mêlant agréablement un premier plan très proche et un arrière-plan plus lointain. J’adore la focale 24 mm pour cette capacité à jouer sur la profondeur de l’image tout autant que la largeur du cadre. Le diaphragme compte 9 lames, de quoi avoir des arrière-plans harmonieux.

Bien évidemment ce Nikkor Z 24 mm f/1.8 S est doté de tout ce qui fait la performance des optiques Z : 12 lentilles en 10 groupes dont une lentille en verre ED, quatre lentilles asphériques et des lentilles avec traitement nanocristal pour la réduction des images fantômes (flare) et des effets parasites, limitation des aberrations chromatiques et sphériques, motorisation autofocus multigroupes.

Il n’y a pas grand-chose à dire de plus sur ce plan, il vous suffit de lire les tests des 35 mm et 50 mm pour réaliser que les ingénieurs japonais nous proposent ici le meilleur du savoir-faire de la marque.

Nikon Nikkor Z 24 mm f/1.8 S : le grand-angle pour les hybrides plein format Nikon

Nikkor Z 24 mm f/1.8 S

Les vidéastes vont apprécier la courte focale et sa grande profondeur de champ, déjà, mais aussi le silence de la mise au point autofocus, la fonction de compensation de changement de perspective lorsque la mise au point change (comprendre : le cadrage ne change pas une fois cette fonction activée) et la personnalisation de la bague de réglage permettant par exemple la correction d’exposition ou le changement d’ouverture en cours de tournage.

Nikon multi-focus groupe de motorisation autofocus des objectifs Nikkor Z

Nikon Multi-focus, le système de motorisation des optiques Nikkor Z

La construction est elle-aussi conforme à ce que l’on connaît du reste de la gamme, c’est du costaud et la protection aux intempéries et pénétration de poussières est assurée.

Nikon Nikkor Z 24 mm f/1.8 S : le grand-angle pour les hybrides plein format Nikon

Nikkor Z 24 mm f/1.8 S

J’aurai l’occasion de vous proposer le test de ce Nikkor 24 mm f/1.8 S dès qu’il sera disponible en prêt, en attendant sachez que le Nikkor Z 24 mm f/1.8 S sera disponible dès le 17 octobre 2019 au prix TTC conseillé de 1199 euros.

Source : Nikon


Nikon AF-S NIKKOR 120-300 mm f/2.8E FL ED SR VR : il arrive …

Nikon profite de la rentrée 2019 pour annoncer un nouvel objectif dans la gamme Nikkor F dédiée aux reflex numériques, le Nikon AF-S Nikkor 120-300 mm f/2.8E FL ED VR.

S’agissant d’une pré-annonce, comme celle du Nikon D6, il est un peu tôt pour vous donner toutes les caractéristiques de cet objectif, mais voici ce que je peux en dire.

Nikon AF-S NIKKOR 120-300 mm f/2.8E FL ED SR VR

Nikon AF-S NIKKOR 120-300 mm f/2.8E FL ED SR VR : pourquoi un tel télé à grande ouverture ?

Nikon et les zooms téléobjectifs à grande ouverture, c’est presque une histoire d’amour, c’est aussi et surtout la réponse d’un constructeur aux attentes des photographes de sport depuis des décennies.

En annonçant le même jour le Nikon D6 et ce Nikon AF-S NIKKOR 120-300 mm f/2.8E FL ED SR VR, il ne fait nul doute que Nikon prépare les grands événements sportifs des années à venir.

Et pourtant il y a de quoi faire dans la gamme Nikkor F (les optiques pour reflex) :

  • le Nikon AF-S Nikkor 180-400 mm f/4 E TC1.4 FL ED VR,
  • le Nikon AF-S Nikkor 200-400 mm f/4G ED VRII,
  • le Nikon AF-S Nikkor 80-400 mm f/4.5-5.6 G ED VR,
  • le Nikon AF-S Nikkor 200-500 mm f/5.6E ED VR.

Pour ne citer que ces quatre là, la gamme comptant quelques modèles retirés du catalogue mais pas moins intéressants.

Vous pouvez constater que cette liste ne comporte aucune optique à grande ouverture f/2.8, de même qu’il n’y a aucune plage focale descendant à 120 mm. Il faut regarder dans le rayon focales fixes pour trouver un 300 mm f/4, un 300 mm f/2.8, un 400 mm f/2.8, un 500 mm f/4, un 600 mm f/4 et un 800 mm f/5.6.

Quand on est photographe de sport, utiliser une focale fixe c’est bien, mais disposer d’un zoom tout aussi performant qui évite le changement d’optique dans des conditions parfois difficiles (pluie, neige, poussière, manque de place), c’est mieux.

Nikon AF-S NIKKOR 120-300 mm f/2.8E FL ED SR VR

le Nikon AF-S NIKKOR 120-300 mm f/2.8E FL ED SR VR

Avec ce nouveau Nikon AF-S NIKKOR 120-300 mm f/2.8E FL ED SR VR, Nikon offre donc une alternative de plus aux spécialistes, et vient concurrencer directement le Sigma 120-300 mm f/2.8 DG OS HSM | Sports sorti en 2011.

Le même Sigma, comme son rival de toujours Tamron, propose un 150-600 mm mais son ouverture limitée à f/5-6.3 n’en fait pas le préféré des professionnels (même combat chez Tamron avec le 150-600 mm).

De plus la plage focale 120-300 mm étend vers le bas la plage focale d’un 200-400 ou d’un 180-400, autorisant des cadrages plus larges sans trop perdre en longue focale (la différence entre 120 et 180/200 est plus importante qu’entre 300 et 400 mm).

Reste une inconnue, le tarif, que Nikon n’a pas dévoilé avec cette pré-annonce. Le Sigma se trouve aux environs de 2900 euros (septembre 2019) tandis que le Nikon AF-S Nikkor 180-400 mm f/4 va titiller les 10.000 euros. Nikon ne nous ayant pas habitués ces dernières années à brader ses optiques, il y a fort à parier que le tarif de ce 120-300 mm pique un peu, mais il ne fait nul doute que ses performances soient à la hauteur.

Il est probable que le Nikon AF-S NIKKOR 120-300 mm f/2.8E FL ED SR VR arrive début 2020, je pourrai alors vous en dire plus.

Source : Nikon


Mise à jour Nikon Z 6 et Z 7 : mise à disposition d’une LUT 3D pour le N-LOG en vidéo

Cette mise à jour des Nikon Z 6 et Z 7 apporte une LUT 3D pour le profil N-Log Nikon. Les vidéastes auront déjà compris que cela va leur apporter de la souplesse en matière de post-traitement de leurs séquences vidéo, et une gestion de la luminosité, de la saturation et de la teinte (en plus des couleurs RVB) plus simple.

Pour les autres, voici quelques explications.

Mise à jour Nikon Z 6 et Z 7 : mise à disposition d’une LUT 3D pour le N-LOG en vidéo

LUT 3D Nikon : pour qui, pour quoi ?

Nikon n’a jamais favorisé la mise à disposition de mises à jour pour ses reflex, faisant le minimum lorsqu’il le fallait vraiment. Avec la gamme hybride Nikon Z, il semble toutefois que Nikon ait compris deux choses :

  • proposer une évolution logicielle du matériel photo, gratuite qui plus est, est une idée qui a réussi à d’autres et qui plaît,
  • un hybride, à la différence d’un reflex, est un appareil photo presqu’entièrement piloté par l’électronique et faire une mise à jour logicielle s’avère bien plus simple (et moins onéreuse) que de proposer un nouveau modèle et d’inciter au renouvellement du matériel (ce que le client apprécie).

Ce que Nikon a semble-t’il compris aussi (et ça fait 3 choses …) c’est que le marché des hybrides évolue très (très) vite et que sans mises à jour régulières, un hybride est condamné à être perçu comme obsolète quelques mois après sa sortie. Or qui dit obsolescence dit baisse des ventes et ce n’est l’objectif d’aucun constructeur.

C’est donc une nouvelle mise à jour pour les hybrides plein format Nikon Z 6 et Z 7 que la marque a annoncé fin août. Cette mise à jour (qui n’est pas une mise à jour « firmware » comme les précédentes) s’adresse aux vidéastes qui éprouvent le même besoin que les photographes : avoir la possibilité de post-traiter leurs images.

En photographie on parle de fichiers RAW, de profils neutres et de logiciels de post-traitement utilisant ces profils, en vidéo on parle … de la même chose.

Les Nikon Z 6 et Z 7 permettent déjà l’enregistrement de flux vidéo au format 10 bit N-Log si vous les couplez à un enregistreur externe. Mais ils ne proposaient pas encore la fameuse table de correspondance de couleurs LUT (pour « Look Up Table ») permettant d’appliquer des profils de rendu sur le flux vidéo depuis le logiciel de montage vidéo.

C’est ce qu’apporte cette mise à jour : elle vous évite de « bricoler » lors du montage pour adapter le rendu colorimétrique, la luminosité, la saturation et la teinte en plus des couleurs RVB.

Les vidéastes vont gagner du temps et obtenir de meilleurs résultats plus facilement s’ils ont utilisé lors du tournage le profil N-Log (Nikon Log).

Cette LUT pour le profil N-Log est compatible avec l’espace couleur Rec. 709 et apporte deux fichiers .cube différents, un pour le Nikon Z 6, l’autre pour le Nikon Z 7.

Nikon annonce que cette LUT 3D est compatible avec les logiciels de montage vidéo Adobe Premiere Pro CC, Final Cut Pro X et Blackmagic Design Davinci Resolve 15.

Seule ombre au tableau pour les plus exigeants, les deux hybrides Nikon Z 6 et Z 7 ne peuvent encore générer un flux vidéo RAW en l’état. Il va donc falloir attendre la fin d’année 2019 pour que cette option apparaisse, autorisant l’enregistrement des flux vidéo au format vidéo ProRes RAW sur l’enregistreur Ninja V 4K HDR d’ATOMOS (partenaire de Nikon).

Cette fonction nécessitera par contre une mise à jour interne des boîtiers concernés, une opération qui ne pourra être faite que par le support Nikon et qui sera, au passage, facturée (le montant n’est pas communiqué à ce jour).

Rendez-vous sur le site du support Nikon pour télécharger la LUT 3D des Nikon Z 6 et Z 7.

Source : Nikon


Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : il nous a laissés perplexes …

Rien de mieux que de passer du temps avec un objectif pour savoir ce qu’il vaut et ce que l’on peut en espérer. Voici le test Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD, un zoom peu commun annoncé au printemps 2019 à un tarif de 899 euros et destiné aux reflex numériques à capteurs 24 x 36 mm (donc les Nikon FX en ce qui nous concerne).

Peu commun, d’abord, de par sa plage focale atypique, qui ne connaît aucun équivalent dans l’offre des concurrents, ni présente, ni passée.

De par son positionnement marketing, ensuite, puisque Tamron le présente comme un « objectif à portraits », malgré sa relative faible ouverture glissante (f/2,8-4). C’est que, d’après la page Produit sur le site du constructeur, cet objectif a été conçu « exprès pour les photographies de portraits avec un unique objectif sans devoir se déplacer. La focale de 85 mm est idéale pour les prises de vue en portrait classique. Mais le zoom permet de varier les points de vue avec un plan plus large au 35 mm et aussi d’effectuer des plans serrés au 150 mm.» Tout un programme !

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

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Pour savoir ce que le Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD a dans le ventre, nous avons profité du calme parisien typique d’un mois d’août pour nous balader avec lui monté sur le toujours aussi exigeant Nikon D850.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD: présentation et contexte

La règle pour les plages focales des zooms, c’est qu’il n’y a pas de règle : chaque constructeur est libre de faire démarrer son zoom à la focale qu’il désire et pousser le maximum là où il le veut (ou le peut) (ou les deux).

Bien sûr dans le domaine des transtandards, les zooms qui démarrent dans le domaine des grands angles et poussent jusqu’aux longues focales, il existe quelques figures classiques : l’incontournable 24-70 (souvent f/2,8) des professionnels, le très prisé 24-105 mm f/4 et le très polyvalent 18-200 mm pour débuter.

Chacune de ces plages « classiques » connaît des variations : par exemple les 28-75 mm, 24-85 mm, 24-90 mm sont autant de variations autour du 24-70 mm dont le but est, généralement, de proposer une plage focale légèrement plus grande, un encombrement moindre, un tarif plus contenu, mais souvent au sacrifice d’une ouverture glissante.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Tamron, donc, envoie tout cela gentiment valser avec son 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD. Premier point de surprise : il démarre à 35 mm, ce qui n’est pas commun. Dans l’esprit de Tamron, l’idée est que ce zoom vient en complément de leur 17-35 mm f/2,8-4 Di OSD. Ce qui vous fera une belle jambe si vous ne le possédez pas déjà. À moins que Tamron ne désire ainsi vendre deux fois plus d’objectifs ? Après tout, en photographie ou ailleurs, les constructeurs ne sont pas là pour faire dans la philanthropie.

Deuxième point de surprise : la focale maximale de 150 mm, qui porte l’amplitude de zoom à 4,3 x, et se positionne entre les deux focales traditionnelles à portrait que sont le 135 mm et le 180 mm. Pourquoi pas.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : de 35 à 150 mm …

Notez deux choses. La première est que, monté sur un reflex Nikon à capteur APS-C, type D7000 (et suivants) ou D500, ou en appliquant un recadrage DX sur votre boîtier FX, ce Tamron cadrera comme un 51,2-225 mm. De quoi en faire, potentiellement, un objectif intéressant pour du sport. Deuxième chose : dans sa catégorie, le vieillissant AF-S Nikkor 24-120 mm f/4G ED VR, offre une amplitude supérieure (5x), un grand angle beaucoup plus large (24 mm), et même si la focale maximale est moindre (120 mm au lieu de 150 mm), la différence est de ce côté-ci du spectre moins perceptible.

Le temps de digérer cette histoire de choix de plage focale, intéressons-nous à ce joli bébé de 790 grammes et quasiment 13 cm de long (sans pare-soleil et en position 35 mm).

La formule optique comporte, réparties en 14 groupes, 18 lentilles dont 3 asphériques et 3 en verre LD à faible dispersion. Le traitement BBAR (Broad-Band Anti-Reflection) est là pour diminuer les images fantômes et les reflets parasites à l’intérieur de l’objectif. La lentille frontale est traitée au fluor pour faciliter le nettoyage.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

La construction comprend de nombreux joints d’étanchéité caoutchouc, dont un au niveau de la monture, pour éviter les infiltrations d’eau et de poussière. Point très intéressant pour un objectif qui se veut « à portrait » : la distance minimale est de 45 cm et cela à toutes les focales.

La mise au point automatique et la stabilisation (donnée pour un gain de 5 IL) sont contrôlées par un duo de processeurs, judicieusement appelé Dual MPU. Comme tous les objectifs Tamron, il sera possible de mettre à jour et paramétrer ce zoom selon vos goûts et besoins via la console TAP-in.

Annoncé à 899 euros, le Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD est donc censé être le compagnon idéal du Tamron 17-35 mm f/2,8-4 Di OSD, qui se trouve aux environs de 599 euros au moment de la rédaction de ce test (août 2019). Au passage, notez que les deux objectifs utilisent des filtres de 77 mm de diamètre, et ce n’est certainement pas un hasard ni une coïncidence.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 150 mm – 1/10 ème de sec. – f/4 – 4.000 ISO

A qui se destine ce zoom 35-150 mm ?

Compte tenu des focales considérées, de nombreux scénarios sont tout à fait envisageables. Selon Tamron, et au risque de nous répéter, ce sont les propriétaires du 17-35 mm f/2,8-4 Di OSD qui sont tout spécifiquement visés. Mais il n’y a pas qu’eux. Ainsi, le Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC USD peut vous intéresser si vous êtes dans l’une des situations suivantes :

  • un grand utilisateur de 24 mm ou 28 mm fixe en quête d’un objectif polyvalent couvrant des focales plus longues ;
  • un photographe de rue adepte du 35 mm ayant aussi besoin d’aller chercher des informations au loin, ce pour quoi le 150 mm vous aidera beaucoup ;
  • un utilisateur de 24-105 mm qui trouverait cette plage focale un peu trop large et pas assez longue ;
  • un portraitiste débutant qui ne saurait pas encore avec quelle focale « à portrait » il est le plus à l’aise ;
  • un portraitiste plus expérimenté, voire professionnel, qui aurait effectivement un intérêt à passer rapidement d’un plan large (au 35 mm) à un cadrage plus serré (au 105/135/150 mm), ce qui est souvent le cas pour de la photographie sociale (mariages, portraits de classe, etc) ou pour du photo-filmage.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 150 mm – 1/800 ème de sec. – f/6.3 – 100 ISO

Qualité de construction et prise en main

Petite anecdote qui m’amuse beaucoup : lorsque j’ai reçu le colis contenant l’exemplaire de prêt, ce n’est pas moi qui ai ouvert le carton mais un ami. Lorsqu’il a sorti l’objectif de son emballage, sa première réaction, terriblement spontanée, a été, en version non censurée :

« Wahou ! C’est un Tamron cet objectif ? Putain c’est classe. J’adore la finition et le toucher. Je pensais que Tamron c’était de la merde, je viens de changer d’avis. »

Bref : cela fait plusieurs années que Tamron, tout comme Sigma, est nettement monté en gamme en matière de qualité de fabrication et de finition, mais apparemment tout le monde n’est pas encore au courant. Et quelque part, tant mieux : c’est toujours agréable de surprendre positivement.

Lourd, large, massif, le Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD n’a rien d’un zoom d’entrée de gamme, en impose et rassure. Il en impose même un petit peu trop parce qu’à ses 12 cm de long il vous faudra ajouter 6 bons centimètres à fond de zoom, et encore 5 centimètres avec le pare-soleil. Bref, rien de bien discret ni de compact.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

La bonne nouvelle est qu’un loquet de verrouillage, sur la droite du fût, permet de bloquer l’objectif en position 35 mm, et seulement dans cette position là. Il aurait été sympathique de pouvoir bloquer l’objectif aux focales classiques du portrait, qui sont d’ailleurs inscrites tout le long de la bague de zoom : 35, 50, 85, 105, 135 et 150 mm. Par contre, nulle trace d’une échelle des distances. Sur la gauche du fût se trouvent les commutateurs AF/MF pour le mode de mise au point et VC ON/OFF pour la stabilisation.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Mais voilà. Ce zoom part avec un handicap « à l’insu de son plein gré » : il est passé entre nos mains juste après l’excellent Tamron SP 35 mm f/1,4 Di USD. Et, forcément, il souffre de la comparaison avec son aîné.

Ce n’est pas la qualité des matériaux utilisés ni les finitions mécaniques qui sont mises en cause, puisque les deux modèles bénéficient du même soin – et il faut pour cela tirer notre chapeau à Tamron.  Par contre, un faisceau de petits éléments ergonomiques rappelle que, même si les deux objectifs sont vendus quasiment au même prix, ils n’appartiennent pas du tout à la même gamme.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Par exemple, là où la focale fixe dispose d’un pare-soleil verrouillable doublé de velours, le zoom se contente d’un pare-soleil à l’intérieur cannelé et non verrouillable. Bien sûr, le 35 mm f/1,4 a droit à son échelle des distances et son abaque de profondeur de champ, là où le 35-150 mm f/2,8-4 n’a rien du tout. Mais surtout, la différence se ressent dans les parties mécaniques et dans la prise en main. Et cela tombe bien puisque c’est le chapitre suivant.

Commençons par la manipulation de la bague de mise au point. Alors que celle du 35 mm f/1,4 est fluide et douce, permettant d’ajuster le point à la volée même en mode AF, la bague du 35-150 mm f/2,8-4 accroche, avec une forte friction, ce qui interdit toute retouche du point manuellement lorsque vous êtes en mise au point automatique.

Même lorsque vous basculez en mise au point manuelle, une forte friction demeure, délivrant une désagréable sensation lorsque vous réalisez votre point pour, in fine, vous convaincre de tout confier à la mise au point manuelle.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 150 mm – 1/1.600 ème de sec. – f/5.6 – 100 ISO

Toujours concernant la mise au point, cette fois-ci, la motorisation. Il s’agit, sur le 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD, d’une motorisation OSD (comme son nom l’indique) faisant appel à des moteurs pas à pas à courant continu, contrairement à la technologie USD qui fait appel à une friction ultrasonique (ce qui est le cas du 35 mm f/1,4 et du 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD.

OSD a beau signifier « Optimized Silent Drive », il n’en demeure pas moins audible. Sur notre premier exemplaire de test, destiné à être testé par les diverses rédactions, le moteur avait tendance à « caqueter » lorsqu’il cherchait le point puis à siffler.

Nous avons refait le même test sur un second exemplaire, directement sorti du stock de vente (donc flambant neuf), ce caquetage avait disparu et la mise au point s’est avérée plus fluide et discrète, bien que pas totalement silencieuse non plus.

Plusieurs questions se posent alors. Se pourrait-il que l’exemplaire passé de rédactions en rédactions ait subi un choc ? Cela arrive, la tendance « éléphants dans un magasin de porcelaine » des journalistes n’est pas qu’un mythe. Mais dans ce cas là, s’agissait-il d’un choc ponctuel particulièrement violent ou une forme d’usure prématurée qui alors ouvre le doute quant à la fiabilité du moteur ? Ou alors, n’avons-nous juste pas eu de chance et sommes tombés sur un exemplaire défectueux de début de série ?

Par ailleurs, compte tenu du poids des lentilles à déplacer, cette motorisation OSD ne serait-elle pas sous-dimensionnée ? Le 17-35 mm f/2,8-4 Di OSD utilise la même technologie autofocus mais est bien plus compact, souffre-t-il des mêmes travers ? Pourquoi ne pas avoir retenu la technologie USD pour ce 35-150 mm ? Est-ce que le surcoût aurait été insurmontable, en aboutissant à un tarif supérieur à 1000 euros ?

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 150 mm – 1/20 ème de sec. – f/4 – 100 ISO

Autofocus

Pas spécialement discret, l’autofocus du Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD n’est pas non plus spécialement rapide. En fait, juste ce qu’il faut : plus lent, cela aurait été inutilisable, plus rapide, il aurait coûté trop cher. Convenable sur des sujets statiques, l’autofocus s’en sort également en suivi AF-C sur des sujets mobiles, mais ne se déplaçant pas trop rapidement non plus. Disons, des piétons, mais pas des vélos.

Voilà qui limitera son utilisation pour de la photographie sportive à quelques sorties ponctuelles. Par contre, la vitesse et la précision AF conviennent très bien à du portrait, le léger manque de précision étant compensé par la profondeur de champ confortable, même à pleine ouverture.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Stabilisation

Tamron promet que le système de stabilisation de ce 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD permet un gain de 5 IL. Concrètement, cela signifie qu’il doit être possible de prendre des photos à main levée à la demi seconde au 35 mm et à 1/10 ème de seconde à fond de zoom, au 150 mm.

Ce sont les performances aux plus longues focales qui nous intéressent ici, puisque la stabilisation doit venir compenser la réduction de l’ouverture maximale tout en facilitant l’utilisation dans le cadre de la réalisation de portraits auxquels le constructeur destine son objectif. Le contrat est rempli haut la main puisque, avec un peu de concentration, il est facile de photographier jusqu’à 1/5ème de seconde à 150 mm !

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 100 mm – 1/5 ème de sec. – f/3.8 – 1.250 ISO

Toutefois, gardez à l’esprit que si la performance technique doit être saluée, elle a, en termes pratiques, assez peu d’intérêt. D’une part parce que sur nos boîtiers récents il est facile de monter en sensibilité pour gagner une ou deux vitesses sans que la qualité de l’image ne soit visuellement dégradée. D’autre part parce que, dans le cadre de portraits, 1/10ème de seconde est un temps de pose trop long pour que votre sujet demeure parfaitement statique. En plus, si vous travaillez en studio, vous aurez la possibilité de monter la puissance de vos éclairages pour vous faciliter la vie…

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 35 mm – 1/5 ème de sec. – f/2.8 – 1.250 ISO

Rendu optique : profondeur de champ

Une fois n’est pas coutume, nous allons aborder la profondeur de champ avant de nous attaquer à la partie performances optiques pure et dure. Qui dit portrait dit bokeh, qui dit bokeh dit profondeur de champ, et qui dit profondeur de champ dit relation ouverture/focale.

Or, ici, nous avons donc affaire à une ouverture glissante, avec une ouverture maximale de f/2,8 à 35 mm et de f/4 à 150 mm (les ouvertures minimales sont respectivement de f/16 à 35 mm et f/22 à 150 mm). Un diaphragme complet est donc perdu entre la focale la plus courte et la focale la plus longue, ce qui reste très raisonnable et bien mieux que si Tamron avait proposé un 35-150 mm f/3,5-5,6, ou f/4,5-6,3, par exemple.

Il n’y a donc pas à rougir, surtout que plusieurs zooms professionnels optent pour cette ouverture glissante (le Panasonic Leica DG Vario-Elmarit 12-60 mm f/2,8-4 ASPH et le Leica Vario-Elmarit-L 24-90 mm f/2,8-4 ASPH pour ne citer qu’eux).

Dans un monde parfait, l’ouverture maximale resterait de f/2,8 le plus longtemps possible après 35 mm, pour ne basculer à f/4 qu’une fois aux abords de 150 mm. Bien sûr, mécaniquement, c’est quasiment impossible. Dans un monde idéal, l’ouverture maximale devrait donc se réduire de manière linéaire, ce qui donnerait, en gros, f/3,2 à 75 mm et f/3,5 à 105 mm. Que nenni ! Dans les faits, l’ouverture maximale se réduit comme-ci (et l’ouverture minimale varie ainsi) :

Test Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD

Concrètement, est-ce vraiment si grave ? Si vous êtes un technicien coupeur de cheveux en quatre, oui. Un peu. Dans la pratique, pas tant que cela. Tout ce que vous aurez à retenir c’est que, quelle que soit la focale, même à l’ouverture maximale, vous ne parviendrez pas à obtenir une profondeur de champ très courte telle que cela est actuellement la mode, ou alors il vous faudra shooter tous vos portraits au 150 mm à f/4.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 35 mm – 1/6.400 ème de sec. – f/2.8 – 100 ISO

En même temps, il fallait s’y attendre : n’est pas un 105 mm f/1,4 ou un 58 mm f/0,95 qui veut ! Mais le message que nous voulons faire passer ici, c’est que si le Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD peut servir à faire des portraits, il ne s’agira pas de portraits dont l’esthétique se rapproche des canons actuels en termes de bokeh, et ce malgré les 9 lamelles du diaphragme.

Pour cela, en restant par exemple chez Tamron, le SP 85 mm f/1,8 Di VC USD est nettement préférable. Fort heureusement, puisque vous n’avez pas à subir le diktat de l’esthétique unique et instagramesque, bien d’autres manières de réaliser des portraits existent et cela sans avoir recours à des profondeurs de champ millimétriques.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 90 mm – 1/200 ème de sec. – f/4 – 100 ISO

Performances optiques : vignettage, piqué et homogénéité

En résumé, du côté des performances optiques, le Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD fait le travail, sans exceller nulle part et sans être catastrophique nulle part. Il est juste… moyen.

Le vignettage est très marqué, malgré la correction automatique appliquée par le D850 lors du rendu JPEG (si vous avez activé la dite correction automatique). Aux 35, 50 et 85 mm, le vignettage est très visible juqu’à f/5,6, se fait plus discret à f/8 puis disparaît. Aux 105, 135 et 150 mm, le vignettage est encore plus marqué que précédemment, et ce jusqu’à f/8.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 150 mm – 1/2.500 ème de sec. – f/4 – 100 ISO

Pour du portrait, cela n’est pas pénalisant et même intéressant puisque le vignettage permet de fermer l’image et force le regard du spectateur à se concentrer sur le sujet (présupposé au centre du cadre), mais dans l’absolu, pour une optique moderne, ce vignettage est critiquable.

Le piqué est satisfaisant au centre à toutes les focales mais mérite que vous fermiez un peu le diaphragme pour vraiment exploiter l’exigent capteur d’un D850. En s’éloignant du centre, par contre, le piqué se dégrade rapidement et nous trouvons Tamron un peu trop optimistes lorsqu’ils déclarent que cet objectif est prêt à supporter les reflex de 50 Mpx…

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 150 mm – 1/100 ème de sec. – f/4 – 100 ISO

D’un autre côté, dans le cadre de l’utilisation pour des portraits, un objectif au rendu plus doux est préférable à un excès de piqué et de netteté qui aurait alors le malheur de faire ressortir les moindres défauts épidermiques de votre modèle. Les défauts des uns sont les qualités des autres, et vice versa.

Performances optiques : distorsion

La distorsion est assez marquée sur ce Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD. Marquée et évolutive. En effet, vous aurez droit à une distorsion en barillet à 35 mm, qui se résorbe et devient nulle entre 85 et 105 mm, pour se transformer en distorsion en coussinet aux focales les plus longues.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 150 mm – 1/1.000 ème de sec. – f/4 – 100 ISO

Dit autrement, dans le cadre d’une utilisation en portrait, ce zoom a tendance à grossir les visages à 35 mm et à les amincir à 150 mm à cause de la conjonction de la déformation de la perspective et de la distorsion. Encore un défaut qui peut devenir une qualité. Mais si vous utilisez ce zoom pour autre chose que du portrait, par exemple pour de la photographie de rue, des balades architecturales et du paysage, ces défauts peuvent devenir plus gênants.

Performances optiques : flare, rendu des couleurs et aberrations chromatiques

À n’en pas douter, le traitement BBAR visant à réduire les reflets parasites (et augmentant donc le contraste) s’avère d’une redoutable efficacité.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 42 mm – 1/1.250 ème de sec. – f/3 – 100 ISO

L’objectif résiste bien au flare et son rendu colorimétrique est très dynamique et plein d’enthousiasme. En fait, même un petit peu trop : l’image par défaut, en RAW, est un poil trop contrastée et le traitement JPEG interne au D850 (en mode Picture Profile automatique) a tendance à trop ternir l’ensemble, en récupérant les ombres et les hautes lumières de manière trop violente, ce qui rend l’image terne. Avec la plupart des objectifs, c’est plutôt l’inverse, avec des JPEG trop saturés et contrastés par rapport aux RAW. Bizarre bizarre. Le rendu chaleureux de l’objectif lui permet de bien se prêter au jeu du portrait.

Test Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD : en résumé

Le Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD peut vous intéresser si :

  • vous cherchez un objectif polyvalent pour du portrait et de la photographie de rue,
  • vous désirez compléter un zoom et/ou une focale fixe grand angle que vous avez déjà,
  • vous pratiquez la photographie sociale et avez besoin de cadrages plus serrés qu’avec un 24-105 ou un 24-120.

Le Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD va moins vous intéresser si :

  • vous avez besoin d’un véritable grand angle,
  • vous désirez obtenir de très courtes profondeurs de champ et un bokeh crémeux,
  • vous êtes intransigeant sur les performances optiques,
  • vous désirez pratiquer régulièrement la photographie de sport.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour voir les photos de ce test en pleine définition sur Flickr :

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4

Test Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD : ma conclusion

Perplexe. C’est probablement le mot qui résume bien mon sentiment vis à vis de cet objectif.

En temps normal, j’ai tendance à aimer et même soutenir les initiatives originales, mais uniquement lorsque cela s’accompagne d’une réalisation sans faille. Mais dans le cas du Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD, ce n’est pas franchement le cas, la promesse de polyvalence s’accommodant assez mal des compromis techniques indispensables incontournables pour contenir son prix de vente (899 euros lors de son lancement à l’été 2019).

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 150 mm – 1/400 ème de sec. – f/4 – 100 ISO

Je vais commencer par les bons points. Tout d’abord, la qualité de fabrication mérite d’être saluée : les efforts réalisés par Tamron payent et permettent de proposer sur toute la gamme des objectifs superbement construits jouissant d’une finition qui, il n’y a pas si longtemps, ne se trouvait que parmi les optiques professionnelles : traitement fluor, joints d’étanchéité à tous les niveaux, finition du fut, bagues caoutchouc, etc.

Rendre cela accessible sur un zoom à moins de 900 euros, qui plus est un zoom à f/2,8-4 à l’ouverture certes glissante mais autrement plus noble que du f/3,5-5,6 ou f/4,5-6,3 – relève de la gageure industrielle.

Ensuite, le rendu est judicieusement adapté pour du portrait : piqué au centre mais pas trop non plus, vignetté pour fermer l’image… ou comment transformer des défauts classiques en qualités. Et puis… et puis en fait, c’est un peu tout du côté des bons points.

Les points ni positifs, ni négatifs. La plage focale. Même si c’est l’argument premier de cet objectif, la plage de 35-150 mm a quelque chose de troublant et, plutôt que d’accéder à une nouvelle polyvalence, on a l’impression de se retrouver avec le cul entre deux chaises.

35 mm, c’est pas mal pour du reportage, mais un peu trop long dans certaines situations. Un angle plus large aurait été bienvenu. Sans forcément démarrer à 28 mm, 30 mm aurait déjà été très bien, et aurait en plus fait passer, symboliquement, l’amplitude du zoom à 5x.

De l’autre côté du spectre, 150 mm s’avère régulièrement trop court mais pour le coup, c’est moins gênant, surtout sur un boîtier comme le Nikon D850 où la marge de recadrage est généreuse. Mais justement, à cause de cela, on réalise d’autant plus facilement qu’il n’y a pas grande différence de rendu entre 135 mm et 150 mm, donc pousser jusqu’à 180 mm aurait permis de marquer le coup.

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD

Test Tamron 35-150 mm f/2.8-4 Di VC OSD : 150 mm – 1/80 ème de sec. – f/4 – 100 ISO

Maintenant, les points négatifs. Dépourvu de zooming interne, le Tamron 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD doit donc composer avec une extension de son fût pour zoomer. Déjà que, de base, il est tout sauf compact, là, il devient carrément encombrant. Les performances optiques globalement moyennes, si elles s’accordent bien à une certaine pratique du portrait, interrogent plus pour d’autres usages.

En fait, c’est à se demander si cette douceur, ce manque d’homogénéité et ce vignettage sont volontaires (pour donner une signature esthétique) ou au contraire des dommages collatéraux des compromis économico-technologiques (ce qui serait surprenant vu le nombre de lentilles asphériques, LD, le traitement BBAR, etc.).

Mais le plus gros point noir de cet objectif, c’est sans conteste sa mise au point. Plus audible que de l’USD et d’une réactivité moyenne, la technologie OSD semble ne pas vraiment avoir sa place sur un objectif de 2019 et ternit le plaisir d’utilisation. Et pas question de prendre la main en mise au point manuelle, la bague dédiée n’est vraiment pas agréable.

Perplexe, donc, je le suis encore une fois arrivé au terme de cette conclusion. Faut-il craquer pour ce 35-150 mm f/2,8-4 Di VC OSD ? Si vous possédez déjà le Tamron 17-35 mm f/2,8-4 Di OSD et en êtes satisfait : pourquoi pas, si vous comptez être cohérent. Mais si vous ne le possédez pas, nous ne pouvons que vous recommander d’attendre un peu, soit une mise à jour du firmware, soit une nouvelle version.

Car c’est bien là le problème : sur le papier, ce zoom est intéressant, mais la réalisation n’est pas à la hauteur de ses ambitions. De quoi le cantonner pour l’heure à une niche photographique. C’est triste, car pourtant, il y avait de l’idée.

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Nikkor Z 85 mm f/1.8 S : le roi du bokeh ?

Nikon annonce l’arrivée d’une nouvelle optique dans la gamme Nikon Z, le Nikkor Z 85 mm f/1.8 S.

Cet objectif devrait ravir les amateurs de portrait avec son bokeh particulièrement agréable selon la marque, et vient compléter la gamme de focales fixes à ouverture f/1.8 conçue exclusivement pour les hybrides plein format Nikon Z.

MàJ : le test du NIKKOR Z 85 mm f/1.8 S est disponible.

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S

Les 85 mm f/1.8 pour Nikon chez Miss Numerique

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S : présentation

Les deux hybrides plein format Nikon disponibles à ce jour ne sont plus vraiment remis en cause par les premiers utilisateurs (le firmware 2.0 a beaucoup aidé). La gamme d’objectifs dédiés à cette nouvelle monture Z pêche par contre encore par manque de références à l’inverse de la gamme Nikon F pour reflex qui compte plus de 90 objectifs au catalogue et au moins autant dans les déclinaisons précédentes.

La bague Nikon FTZ qui permet d’associer les objectifs Nikkor F aux hybrides Nikon Z élargit le champ des possibles mais elle apporte quelques désagréments : longueur totale supérieure, temps de mise en route plus long, poids supérieur, coût (comptez 300 euros au tarif normal ou 150 euros en kit avec un boîtier).

Il est donc critique pour Nikon de proposer aussi vite que possible de nouveaux objectifs Nikkor Z et d’offrir aux utilisateurs des combinaisons « Z natives » plus nombreuses. Ce que la marque s’emploie à faire puisqu’elle respecte la roadmap objectifs publiée en fin d’année 2018 qui annonce les nouveaux modèles à venir d’ici à 2021.

En matière de zooms, c’est le Nikkor Z 70-200 mm f2.8 S qui est attendu par les amateurs de téléobjectifs, tandis qu’au rayon focales fixes le duo 35 mm / 50 mm ne demande qu’à être complété d’une belle optique à portrait.

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S

C’est désormais chose faite puisque Nikon annonce l’arrivée début septembre 2019 du nouveau Nikkor Z 85 mm f/1.8 S. Le duo devient triplette et pouvoir disposer des trois 35 mm, 50 mm et 85 mm dans votre besace devrait vous aider à couvrir la plupart de vos besoins.

Pour ceux d’entre vous qui restent insatisfaits, souvenez-vous qu’il existe déjà 4 zooms Nikkor Z couvrant la plage focale de 14 mm à 70 mm, ouvrant à f/4 comme à f/2.8, de quoi faire quelques photos.

Vers une cohérence de gamme

Il ne fait nul doute que ce Nikkor Z 85 mm f/1.8 S va être comparé à l’AF-S Nikkor 85 mm f/1.8G, son alter ego dans la gamme reflex depuis 2012. Proposé à 529 euros prix catalogue, ce 85 mm a déjà fait le bonheur des portraitistes ne souhaitant pas dépenser près de 1600 euros pour disposer de la version f/1.4. Equiper de la bague FTZ votre AF-S 85 mm f/1.8G afin de le monter sur votre hybride serait une solution très confortable : pas de coût supplémentaire, réutilisation de votre investissement, résultats connus.

Oui mais …

Nikon ne saurait se contenter de cette solution et a conçu une optique pensée pour la monture Z. Cette monture de grand diamètre favorise la qualité d’image puisqu’elle permet aux opticiens de concevoir des objectifs grâce auxquels le trajet des rayons lumineux vers le capteur est bien plus favorable qu’avec la monture F de diamètre plus réduit (voir le comparatif des 24-70 mm f/2.8 par exemple).

Le nouveau Nikkor Z 85 mm f/1.8 S se devait donc de relever le défi de la performance, et en attendant de pouvoir vérifier sur le terrain si le résultat est à la hauteur de vos attentes, il nous faut nous contenter de la fiche technique, et des précédents tests des Nikkor Z 35 mm f/1.8 S et Nikkor Z 50 mm f/1.8 S.

Pourquoi ces deux-là ? Parce que le Nikkor Z 85 mm f/1.8 S est pensé pour offrir une cohérence de gamme, des résultats proches en termes de colorimétrie et de qualité d’image et parce que c’est déjà le cas entre le 35 mm et le 50 mm et qu’il n’y a aucune raison de penser que le 85 mm va déroger à cette règle.

Construction et caractéristiques techniques

Le Nikkor Z 85 mm f/1.8 S reprend la présentation sobre des optiques Nikkor Z, ainsi que la construction qui en fait des optiques tous temps aptes à affronter tous les terrains.

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S

Avec 470 grammes, ce Nikkor Z 85 mm f/1.8 S s’avère plus lourd que l’AF-S Nikkor 85 mm f/1.8G (350 gr.) mais pensez qu’il vous faudra adjoindre à ce dernier la bague FTZ et ses 135 grammes, soit … 15 grammes de plus que le seul Nikkor Z 85 mm f/1.8 S. Bien joué Nikon.

Vous appréciez la bague personnalisable des précédentes optiques Z ? Vous la retrouverez sur ce Nikkor Z 85 mm f/1.8 S. Pour rappel, cette bague vous permet d’associer à sa rotation un des nombreux réglages de prise de vue, comme le choix de l’ouverture (nostalgiques des bagues de diaph, c’est pour vous !) ou le réglage de compensation d’exposition (bien plus rapide que l’utilisation du contrôle habituel). Les vidéastes apprécient cette bague pour le contrôle de l’ouverture qu’elle permet, sans émettre le moindre bruit, en cours de tournage.

La mise au point autofocus est assurée par le système AF multi groupes Nikon. Celui-ci met en oeuvre plusieurs groupes de lentilles qui se déplacent séparément afin d’optimiser la précision et la rapidité de la mise au point, quelle que soit la distance de mise au point. Notez au passage, si vous ne l’aviez pas encore fait, que les problèmes de back et front focus disparaissent avec les appareils photo hybrides puisque le système de mise au point diffère, un plus pour les utilisateurs d’optiques compatibles dont le calage de l’AF n’est pas toujours exemplaire sur les reflex.

La formule optique de ce Nikkor Z 85 mm f/1.8 S fait appel à 12 éléments répartis en 8 groupes, dont deux lentilles en verre ED. Cette formule est à comparer à celle de l’AF-S Nikkor 85 mm f/1.8G qui comporte 9 lentilles en 9 groupes. Si l’ouverture maximale est de f/1.8 l’ouverture minimale est de f/16 tout comme sur le modèle AF-S.

La distance minimale de mise au point est de 80 cm, soit la même que celle de l’AF-S Nikkor 85 mm f/1.8G.

Le diaphragme, parce que les amateurs de bokeh attendent cette info, comporte 9 lamelles, soit deux de plus que la version AF-S.

Parlons-en du bokeh, justement, puisque c’est LE critère mis en avant par Nikon lors de la présentation de cette optique. Nikon n’a pas peur des mots en annonçant que ce bokeh là est « exceptionnel » : les effets de bord aux reflets colorés verts visibles sur certaines images en arrière-plan (les ronds du bokeh, pour le dire autrement)  auraient disparus, laissant place à de magnifiques ronds sans aucune frange. Le piqué de l’image serait lui-aussi « exceptionnel » sur tout le cadre (rappelez-vous que la monture Z permet de diminuer les défauts en périphérie de l’image),  et les images fantômes (flare) réduites à néant grâce au traitement nanocristal (absent sur la version AF-S Nikkor 85 mm f/1.8G).

Exemples de photos

En attendant les photos réalisées lors du test du Nikkor Z 85 mm f/1.8 S à venir, voici les photos diffusées par Nikon et disponibles en pleine définition sur le site Nikon.

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 100 – 1/2.000 ème sec – f/1.8

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 100 – 1/8.000 ème sec – f/1.8

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 100 – 1/6.400 ème sec – f/1.8

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 100 – 1/6.400 ème sec – f/1.8

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 500 – 1/500 ème sec – f/1.8

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 100 – 1/8.000 ème sec – f/5.6

Nikon Nikkor Z 85 mm f/1.8 S exemple de photos présentation test Nikon Passion

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S + Nikon Z 7 – ISO 100 – 1/1.000 ème sec – f/1.8

Nikkor Z 85 mm f/1.8 S : disponibilité et tarif

Annoncé fin juillet 2019, le Nikkor Z 85 mm f/1.8 S sera disponible dès septembre au tarif public de 899 euros.

Pour mémoire, l’AF-S Nikkor 85 mm f/1.8G se trouve à 499 euros environ et valait 529 euros lors de sa sortie début 2012. L’autre 85 mm f/1.8 compatible avec les Nikon Z grâce à la bague FTZ est le Tamron SP 85 mm f/1.8 Di VC vendu lui 729 euros (999 euros à sa sortie) et disposant de la stabilisation.

Si le tarif vous rebute et que, non content de l’ouverture f/1.8 vous préférez un 85 mm f/1.4, il vous reste une alternative avec le Samyang MF 85 mm f/1.4 Z qui ne vous coûtera que 399 euros mais ne dispose pas de l’autofocus et s’avère être l’objectif pour reflex incluant la bague FTZ (ce qui le rend Z natif) sans autre optimisation des performances. On ne peut pas tout avoir…

Source : Nikon France

Les 85 mm f/1.8 pour Nikon chez Miss Numerique


Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : une totale réussite et une précision absolue

Annoncé en juin 2019, à peine disponible en Europe, voici pourtant déjà le test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD, le tout premier objectif à focale fixe et ouverture f/1.4 de la gamme Tamron pour reflex Nikon.

A tout seigneur, tout honneur, c’est le Nikon D850 qui a servi pour ce test, un reflex plein format exigeant qui a su mettre à mal plusieurs optiques pourtant qualifiées d’excellentes. Qu’en sera-t-il avec ce Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD ?

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : une totale réussite et une précision absolue

Cet objectif au meilleur prix chez Miss Numerique …

Pour célébrer les quarante ans de sa ligne SP, pour « Superior Performances », Tamron s’aventure sur un terrain qui lui était jusque là inconnu, celui des focales fixes destinées aux capteurs 24 x 36 mm ouvrant à f/1,4.

Avec son SP 35 mm f/1,4 Di USD, l’opticien, plus connu du grand public pour ses zooms au rapport qualité/prix/polyvalence agressif, veut prouver que lui aussi a le savoir faire optique, micro-mécanique, électronique et industriel pour jouer dans la cour des focales fixes « Premium ».

Et c’est peu dire que le challenge est relevé puisqu’en face, chez son rival préféré, le Sigma 35 mm f/1,4 DG HSM | Art règne sans partage depuis son arrivée sur le marché en 2013.

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : une totale réussite et une précision absolueTest Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : une totale réussite et une précision absolue

 

La question est donc assez simple : puisque six ans séparent les deux optiques, les opticiens de Tamron ont-ils mis à profit ce délai pour développer une optique capable d’égaler (au minimum) voire de surpasser (idéalement) celle de l’équipe Sigma ?

Et cet écart, s’il y en a un, justifie-t-il d’investir les 999 euros demandés alors que le 35 mm Art se trouve aujourd’hui aisément aux environs de 780 euros ? Nous avons eu trois semaines en sa compagnie pour répondre à ces questions.

Présentation et contexte

Aussi surprenant que cela puisse paraître, depuis sa création à Saitama (au nord de Tokyo) en 1950, Tamron n’avait jamais produit un seul objectif ouvrant à f/1,4. Ce qui, vu de 2019, peut paraître comme une anomalie industrielle dans un monde où il est communément admis que « si tu n’as pas d’optiques ouvrant à f/1,4, c’est que tu n’es pas un vrai professionnel ».

Pourtant, des focales fixes lumineuses, l’opticien sait en faire. Pour preuve, sa gamme SP en f/1,8 destinée aux reflex numériques 24 x 36 mm, auréolée d’une excellente réputation qui, si elle est à peine moins lumineuse d’un tiers de diaphragme que du f/1,4, offre le double bénéfice d’un encombrement et d’un tarif plus doux. Mais c’est qu’en photographie, les traditions et les mythes ont la vie dure.

Parallèlement, Sigma, son grand concurrent, peut se targuer d’avoir en 2019 une gamme f/1,4, pardon, une « famille f/1,4 » pléthorique puisque dans cette ouverture sont proposées les focales suivantes : 20 mm, 24 mm, 28 mm, 35 mm, 40 mm, 50 mm, 85 mm et 105 mm. Qui dit mieux ? Personne.

Nikon lui-même ne dispose « que » de six focales au catalogue : 24 mm, 28 mm, 35 mm, 50 mm, 58 mm, 85 mm et 105 mm. Or, jusqu’à présent, les amateurs de 35 mm f/1,4 n’avaient le choix qu’entre deux options : le Nikkor, vendu 1900 euros, et le Sigma, vendu 780 euros – mais lancé à 949 euros, il est important de le rappeler.

À 999 euros, le Tamron SP 35 mm f/1,4 Di USD a donc clairement une carte à jouer.

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : ISO 200 – 1/2.000 ème sec. – f/1.4

Du point de vue de la philosophie, il est intéressant de souligner que le Sigma 35 mm DG HSM | Art avait, en son temps, été l’objectif du renouveau pour Sigma, adoptant alors la nouvelle stratégie « Global Vision » chère à Kazuto Yamaki, PDG de l’entreprise (héritée de son père).

À l’époque, l’idée était de faire passer Sigma du rang d’opticien tiers « de seconde zone » – comprendre « l’opticien dont on achète les objectifs par défaut parce que les Nikon sont vraiment trop chers, tant pis s’il faut faire des sacrifices au niveau de la qualité » –  au rang d’opticien de tout premier plan, c’est à dire « l’opticien dont on achète les objectifs avec plaisir parce qu’ils sont excellents ET en plus bien moins chers que ceux de Nikon, alors pourquoi s’équiper en Nikkor sinon par masochisme ? ».

L’histoire aura donné raison à Yamaki San et, aujourd’hui, en focales fixes premium, Sigma est aussi contournable pour les photographes que redouté par les constructeurs.

Du côté Tamron, les motivations qui ont poussé au développement du SP 35 mm f/1,4 Di USD sont bien différentes.

La ligne SP existe depuis 1979 et, en quarante ans, certains modèles sont même devenus légendaires, tel le Tamron SP 90 mm f/2,5 Macro produit entre 1978 et 1988.

Mais à de très rares exceptions, le constructeur n’est jamais vraiment parvenu (ou n’a jamais vraiment voulu) créer autre chose que des objectifs purement utilitaristes capable de faire balancer le cœur de ses clients. S’il y a bien une communauté de nikonistes et une communauté de sigmaïstes, il n’y a guère de communauté de tamronistes (ou alors ils sont bien planqués).

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : ISO 800 – 1/5.000 ème sec. – f/1.4

C’est donc avec cette envolée lyrique en tête, adossée au savoir faire optique et industriel de l’entreprise, que le SP 35 mm f/1,4 Di USD a vu le jour.

Une manière de chant du cygne pour Tamron  : offrir aux utilisateurs reflex ce qui sera probablement la dernière optique très haut de gamme lumineuse du constructeur dédiée à ce type de boîtier.

« Nihil ex SP 35 mm f/1,4 Di USD »… sauf sur le nouveau territoire à conquérir des hybrides. Les récentes propositions en monture Sony E, et les futures propositions en monture Z qui ne manqueront pas d’advenir, montrent clairement là où désormais se porte le regard de Tamron en ce qui concerne ses optiques les plus prestigieuses. Mais en attendant, le test !

À qui se destine ce 35 mm f/1.4 ?

Aux amateurs de focales fixes lumineuses polyvalentes, adeptes de la photographie de rue, du reportage, un peu du portrait (mais pas trop), pour lesquels f/1,8 ne suffirait pas et qui ne se retrouvaient pas dans le duel Sigma vs. Nikon.

À ces photographes il faut ajouter deux autres catégories :

  • ceux pas forcément adeptes du 35 mm, mais qui seraient curieux de voir ce que Tamron est capable de produire,
  • ceux possédant déjà un 35 mm f/1,4 (disons, au hasard, le Sigma Art) mais, étant passés à un Nikon D850 à la définition très exigeante, commenceraient à percevoir les limites de leur objectif actuel.

Qualité de construction

Pour tout connaître de la manière dont le Tamron SP 35 mm f/1,4 Di USD est construit, le mieux est encore d’aller consulter l’article y étant consacré lors de la présentation de l’objectif.

Alliages aussi légers que résistants, nombreux joints d’étanchéité dont un au niveau de la monture, finition encore plus précise que les SP f/1,8 : tout est là pour rappeler que nous avons affaire à un objectif haut de gamme.

Petite subtilité : afin de faciliter le déplacement des lentilles nécessaires à la mise au point, Tamron a développé un nouveau système de cages hélicoïdales internes baptisé « Dynamic Rolling-cam » et mis ici pour la première fois en application. Ça, c’est pour la culture générale. Dans la pratique, il faut bien avouer que la mise au point est aussi douce que précise, dénuée de vibrations, mais nous approfondirons le sujet dans la partie suivante.

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Néanmoins, puisque le haut de gamme pousse d’autant plus à se montrer intraitable, quelques petits points de détail auraient pu être améliorés. La bague de mise au point continue de tourner au-delà des deux butées extrêmes (mais il doit y avoir une raison pratique à cela).

La graduation de la distance de mise au point n’est pas précise, les butées intervenant un peu avant 30 cm (distance minimale de mise au point) et un peu après l’infini. Il aurait été, tant qu’à faire, agréable que ces graduations soient recouvertes d’une peinture luminescente afin d’être lisibles dans le noir, ou au moins que la petite fenêtre de lecture puisse être illuminée (sans forcément aller jusqu’au génial écran OLED du Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S).

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Le paresoleil dispose d’un loquet de verrouillage, ce qui l’empêche de se dévisser puis de tomber accidentellement. Par contre, le matériau plastique utilisé est un peu trop sensible aux rayures à notre goût, mais c’est vraiment histoire de chipoter. Cela n’enlève rien au sentiment qu’inspire l’objectif : ça respire la qualité et l’amour du travail bien fait !

Prise en main : stabilisation et autofocus

Avec ses 102,3 mm de long et 805 grammes, le Tamron SP 35 mm f/1,4 Di USD est le plus lourd des 35 mm f/1,4 modernes en monture Nikon. Le Nikkor se contente de 89,5 mm de long pour 600 grammes, alors que le Sigma s’intercale entre les deux, avec 94 mm de long et 665 grammes. Mine de rien, les presque 150 grammes supplémentaires se sentent dès la sortie du carton et encore plus à l’usage : c’est du lourd, dans tous les sens du terme.

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Monté sur un Nikon D850, l’ensemble demeure néanmoins déséquilibré mais, de toute évidence, Tamron n’a pas souhaité faire de compromis physiques au détriment de la formule optique. Pour les filtres, il faudra en utiliser de 72 mm de diamètre, contre 67 mm pour le Nikkor et le Sigma.

Contrairement aux autres focales fixes SP f/1,8 Di VC USD, le Tamron SP 35 mm f/1,4 Di USD est dépourvu de stabilisation, comme en atteste l’absence de la mention VC dans son nom. Certains argueront qu’avec le surcroît de luminosité cela rend la stabilisation inutile. D’autres tempéreront le propos en soulignant qu’il n’y a « que » deux tiers de diaphragme de différence entre f/1,4 et f/1,8. D’autres, enfin, admettront que, aussi pratique la stabilisation soit-elle, elle dégrade forcément la qualité optique d’un objectif.

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : ISO 400 – 1/25 ème sec. – f/1.4

Donc, pour un 35 mm f/1,4 qui se veut le meilleur de sa catégorie, se priver de stabilisation était un choix logique (d’autant plus que l’objectif est déjà bien assez lourd ainsi). Au final, le seul commutateur que vous trouverez sur le côté gauche de l’objectif sera l’AF/MF pour basculer de la mise au point manuelle à l’automatique (et vice versa). Il n’empêche que parfois, dans de très mauvaises conditions lumineuses, une stabilisation manque. Nous n’avons toutefois pas pu tester ce qu’il en est en montant le Tamron sur un Nikon Z (6 ou 7), ne disposant pas, au moment du test, d’un boîtier hybride sous la main.

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Du côté de l’autofocus, comme précédemment évoqué, nous ne trouvons rien à redire. Est-ce parce que la nouvelle technologie « Dynamic Rolling-cam » fait du bon travail ? Est-ce parce que le Nikon D850 se trouve particulièrement à l’aise avec les ouvertures à f/1,4 ? Est-ce grâce au savoir faire de Tamron ?

Probablement un peu de tout cela. Toujours est-il que le fonctionnement est aussi précis que silencieux, de jour comme de nuit, et que vous n’aurez que très rarement besoin de corriger le point manuellement (sinon pour vous rappeler que les autofocus modernes, c’est quand même devenu bien pratique et efficace).

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : ISO 800 – 1/8.000 ème sec. – f/1.4

Pour terminer, une petite bizarrerie toutefois, mais indépendante de l’objectif. Si vous disposez de plusieurs 35 mm f/1,4 pour votre reflex Nikon, tous seront renseignés, dans les métadonnées, sous la référence « 35.0 mm f/1,4 », sans distinction de marque ni de modèle. C’est le moment de jouer du mot-clé lors de l’importation de vos images, dans Lightroom par exemple, afin de vous y retrouver par la suite.

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : ISO 100 – 1/1.000 ème sec. – f/1.4

Performances optiques : piqué, homogénéité et flare

Il y a des jours, nous n’aimerions pas être à la place des gens du marketing chez les constructeurs d’objectifs photo.

« Ah, votre nouvel objectif est si bien que ça ? Mais vous avez mis quoi dedans ? »

Ce à quoi, dans le cas de Tamron pour ce 35 mm f/1,4, il faudrait répondre « oh, plein de trucs sympas : 14 lentilles réparties en 10 groupes, dont 4 lentilles LD à faible dispersion, 3 lentilles asphériques moulées, tout cela saupoudré du nouveau revêtement BBAR-G2 parce qu’on aime bien les acronymes compliqués (Broad-Band Anti-Reflection Generation 2). Il fait le café, le ménage, le repassage, bloque les images fantômes, les reflets parasites et les aberrations chromatiques dès la pleine ouverture. Bref, c’est pas mal. » Voilà, en gros. Sur le papier, ça a l’air rasoir, pour rester poli. Mais en pratique ?

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : ISO 100 – 1/2.500 ème sec. – f/1.4

En pratique, vous oublierez très rapidement les formules optiques et les noms de code à rallonge pour constater un fait : ce Tamron SP 35 mm f/1,4 Di USD est bon.

Non. Mieux que ça. Il est très, très bon.

Même peut-être un peu trop, au point que parfois, on se demande si ce ne serait pas le D850 le facteur limitant. C’est pour dire !

Le piqué au centre est exceptionnel dès la pleine ouverture et les coins sont d’une précision jusque là jamais vue sur ce type de focale/ouverture.

En fermant un peu, les performances s’envolent, laissant sur place toute la concurrence. Le flare est inexistant et, de nuit, sur les sources de lumière ponctuelles, le Tamron finit de vous impressionner : les cercles sont des cercles, pas des traînées de lumières, sans halo, sans rien. Il va falloir allumer un cierge à la gloire du BBAR-G2 (ou « Babar 2 », si vous êtes intimes).

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : ISO 10.000 – 1/200 ème sec. – f/1.4

Forcément, vous n’échapperez pas au paragraphe le comparant au Sigma 35 mm f/1,4 DG HSM | Art.

Si celui demeure très bon et une référence dans son genre (à tel point que, du temps où j’officiais chez Les Numériques, c’était l’objectif que nous avions retenu pour tester les capteurs de chaque nouveaux boîtiers), il faut bien reconnaître que le Tamron le surclasse de la tête et des épaules : plus piqué à toutes les ouvertures, plus homogène dès la pleine ouverture, le Sigma ne parvient qu’à faire presque jeu égal à f/8, après quoi, pour l’un comme pour l’autre, c’est la diffraction qui vient semer la zizanie.

En termes de performance pure, le Tamron SP 35 mm f/1,4 Di USD se rapproche plus d’un Zeiss Otus 55 mm f/1,4… en plus léger, plus abordable, et autofocus. Excusez du peu !

Performances optiques : rendu des couleurs, aberrations chromatiques et vignettage

Le rendu des couleurs et la gestion des aberrations chromatiques sont du même acabit que la précision optique pure : les couleurs sont irréprochables de fidélité, les aberrations chromatiques aux abonnés absents, la correction du vignettage une formalité (s’il subsiste à f/1,4 il disparaît dès f/2). Deuxième cierge pour Babar 2.

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : ISO 8.000 – 1/320 ème sec. – f/1.4

Si les plus technophiles auront de quoi s’extasier tout en ayant l’impression de redécouvrir le potentiel de leur reflex, les plus artistiques regretteront peut-être que cette neutralité soit synonyme de manque de personnalité. De toute évidence, ce Tamron est le parangon de l’optique japonaise moderne : chirurgical, efficace, mais impersonnel. Mais quelque part, c’était la promesse initiale, il n’y a donc pas tromperie sur la marchandise.

Performances optiques : déformation et distorsion

Après ce déluge de compliments, il aurait été bien surprenant que le Tamron SP 35 mm f/1,4 Di USD souffre de problèmes de déformation et de distorsion. Déjà parce que, pour un 35 mm, cela aurait fait tâche. Donc, non : il ne déforme pas, tout ce qui est droit le reste. Et pour cela, pas besoin de traitement JPEG compliqué, vous pourrez profiter de tout cela dès le fichier NEF.

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : ISO 100 – 1/1.600 ème sec. – f/1.4

Rendu optique : profondeur de champ

C’est désormais un classique pour le haut de gamme : le Tamron SP 35 mm f/1,4 Di USD dispose d’un diaphragme circulaire à 9 lamelles et à commande électro-magnétique. En combinant la focale et l’ouverture généreuse, vous obtiendrez de jolis effets de profondeur de champ, avec un bokeh d’arrière plan très doux.

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : ISO 5.000 – 1/200 ème sec. – f/1.4

Le Tamron SP 35 mm f/1,4 Di USD peut vous intéresser si :

  • vous désirez le meilleur 35 mm f/1,4 actuellement disponible en monture F, aussi bien pour un boîtier FX que DX (sur lequel il formera un équivalent 52,5 mm f/1,4),
  • vous souhaitez profiter des profondeurs de champ plus courtes permises par l’ouverture f/1,4 (par rapport au SP 35 mm f/1,8),
  • vous pratiquez assidûment la photographie nocturne et souhaitez une correction parfaite des sources lumineuses ponctuelles (éclairages urbains ou étoiles),
  • vous souhaitez tirer le meilleur de votre reflex haute définition (Nikon D800, D810, D850),
  • vous trouvez que l’AF-S Nikkor 35 mm f/1,4G ne vaut décidément pas son prix,
  • vous ne possédez pas déjà le Sigma 35 f/1,4 mm DG HSM | Art.

Le Tamron SP 35 mm f/1,4 Di USD va moins vous intéresser si :

  • vous cherchez un objectif avec une personnalité esthétique forte,
  • vous désirez une focale fixe lumineuse ET légère,
  • vous êtes déjà satisfait par votre Sigma 35 f/1,4 mm DG HSM | Art (même si vous savez désormais qu’il n’est plus le meilleur).

Voir les photos de ce test en pleine définition :

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Test Tamron SP 35 mm f/1,4 Di US : ma conclusion

Tamron nous avait promis l’apothéose pour sa première focale fixe ouvrant à f/1,4, et probablement dernière de ce genre pour un reflex. Bonne nouvelle : les promesses n’engagent pas que ceux qui y croient ! Surtout lorsqu’il en va de l’honneur d’un constructeur japonais.

Pour un chant du cygne, Tamron nous sort le grand jeu. Ce SP 35 mm f/1,4 met les petits plats dans les grands et, s’il joue dans la surenchère optique et physique, n’hésite pas à être le plus gros et le plus lourd de sa catégorie, ces trois semaines passées à ses côtés nous ont confirmé que ce n’était pas que pour l’esbroufe. Cette focale standard est réellement excellente, permet de pousser un D850 dans ses retranchements, jusqu’au plus isolé des pixels.

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : ISO 100 – 1/5.000 ème sec. – f/2.8

Si vous êtes en quête de la précision absolue et ne sauriez supporter le moindre défaut (à part un très léger et compréhensible vignettage à la pleine ouverture), ce Tamron SP 35 mm f/1,4 Di USD doit faire partie de votre besace. Que ce soit pour de la photographie de rue, du reportage et, une fois n’est pas coutume, grande ouverture est ici synonyme d’objectif nocturne.

Forcément, en contrepartie, il faudra s’accommoder d’une image tellement propre qu’elle finit par en manquer de personnalité, mais par les temps qui courent, il est difficile de concilier l’un et l’autre. De toutes manières, ce n’est pas ce qu’on lui demande.

Et si vous possédez déjà le Sigma 35 mm f/1,4 DG HSM | Art ? Faut-il s’en débarrasser ? Pas forcément. La sortie du Tamron ne suffit pas à le rendre du jour au lendemain obsolète. Cela ne fonctionne pas comme ça.

Néanmoins, si vous ambitionnez de passer à un reflex haute définition (comprendre de la série D800) ou espérez dans un futur plus ou moins proche un reflex Nikon dépassant les 50 Mpx voire 60 Mpx, le Tamron saura vous accompagner plus loin, plus longtemps, là où le Sigma commence à montrer ses limites.

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD

Test Tamron SP 35 mm f/1.4 Di USD : ISO 10.000 – 1/160 ème sec. – f/1.4

Cela pourra notamment intéresser les adeptes de paysage, de reprographie, de studio et d’une manière générale, tous les domaines photographiques où la précision et l’homogénéité doivent être absolues. Le Sigma, pour sa part, confirme son rapport qualité/prix imbattable et, après six premières années au catalogue, a toutes les raisons du monde d’y rester.

Pour conclure, aussi bien du point de vue de l’ingénierie optique que de la performance photographique, le Tamron SP 35 mm f/1,4 Di USD est une totale réussite (à points ergonomiques perfectibles près). Dommage que, officiellement, Tamron ne prévoit pas pour le moment de prolonger l’expérience f/1,4 à d’autres focales et à destination des reflex. Et pourtant, c’est un inconditionnel des hybrides qui vous le dit.

Voir la présentation sur le site Tamron

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Comment développer votre style en photographie, la méthode complète de Denis Dubesset

En tant que photographe, amateur comme professionnel, vous devez faire en sorte de développer votre style en photographie pour que vos images vous ressemblent, pour montrer votre particularité et donner de la cohérence à vos photos.

Dans ce nouveau guide de la série ‘Les secrets de … » Denis Dubesset vous propose une méthode complète pour identifier et développer votre style en photographie. Il s’appuie sur l’analyse de son parcours, celui de plusieurs photographes connus, et détaille tout ce que vous devez savoir quel que soit votre niveau en photo.

Comment développer son style en photographie, les secrets de Denis Dubesset

Comment développer son style en photographie, les secrets de Denis Dubesset

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Comment développer votre style en photographie : la méthode de Denis Dubesset

« Le style, c’est l’identité visuelle du photographe, sa marque de fabrique« . Et ce que Denis Dubesset, déjà auteur de Les secrets du cadrage photo et Photographier les petits animaux vous propose d’apprendre à mettre en oeuvre tout au long de ce livre.

Si vous ne jurez que par les guides techniques sur la photo, n’allez pas plus loin, vous seriez déçu par ce livre.

Si par contre vous avez envie de faire de meilleures photos et que vous êtes convaincu que cela ne passe pas par l’achat d’un nouveau matériel, alors prenez le temps de lire cette chronique, et filez chez votre libraire. Vous avez trouvé le bon ouvrage.

Lorsqu’on apprend la photographie, la première étape consiste à savoir utiliser son appareil photo. Ce n’est ni le plus difficile ni le plus long (je vous propose d’apprendre ici).

Comment développer son style en photographie, les secrets de Denis Dubesset

Il vous faut ensuite savoir ce que vous voulez photographier, pourquoi, comment. C’est à partir de là que vous allez développer votre style, parfois sans même vous en rendre compte.

Certains photographes n’éprouvent pas ce besoin, c’est légitime. Comme le dit Denis Dubesset en introduction, il n’est pas indispensable d’avoir un style en photographie et vous pouvez très bien vous en passer si votre plaisir à vous consiste à utiliser votre appareil photo pour rapporter quelques souvenirs.

Si toutefois vous éprouvez l’envie d’aller plus loin, d’avoir une démarche créative, de faire des photos différentes de celles des autres, de vous faire remarquer pour vos images plus que la taille et le prix de votre équipement, alors développer votre style est important.

L’intention en photographie

[su_frame][/su_frame]Je ne peux que vous inciter à (re)lire l’excellent ouvrage de Gildas Lepetit-Castel sur l’inspiration en photographie, il va vous montrer pourquoi vous avez déjà tout en vous, même si vous êtes débutant en photo, pour mener à bien un projet photo avec une intention précise.

En parcourant le tout premier chapitre du livre de Denis Dubesset, vous irez un cran plus loin puisque vous allez découvrir les quatre types d’intention du photographe (vous avez une de ces quatre à minima) ainsi que les dix composantes d’un projet photo pour lesquelles mettre en oeuvre votre style.

A ce stade, vous allez déjà beaucoup progresser puisque vous saurez quel type de photographe vous êtes. Ce qui va vous permettre d’adapter votre pratique photo, de vous focaliser sur votre style et de faire des séries de photos plus intéressantes.

L’évolution stylistique

Au second chapitre vous allez mettre en place une démarche de qualification de votre pratique photo. Où en êtes-vous parmi les différentes étapes :

  • la découverte (de la photographie)
  • l’apprentissage des techniques
  • le bon élève
  • la spécialisation
  • l’émergence d’un style

Comment développer son style en photographie, les secrets de Denis Dubesset

Denis Dubesset revient ici sur ses débuts, en pur amateur, pour vous montrer ses premières photos et vous expliquer pourquoi il les a faites et pourquoi il est passé à autre chose. Intéressez-vous à sa progression car c’est celle que vous allez mettre en oeuvre aussi.

Sachez que Denis a appris la photographie tout seul et qu’aujourd’hui il est photographe professionnel, formateur et auteur, la méthode décrite fonctionne donc si vous prenez la peine de travailler un minimum (sans quoi ne pensez pas aller bien loin …).

Développer son style à la manière de …

Vous savez maintenant quel type de photographe vous êtes, où vous en êtes et il vous reste à affiner votre style. Pour cela Denis Dubesset vous propose d’imiter d’autres photographes.

Certains vont penser que c’est trop facile et que développer son style doit se faire dans son coin à sa façon. Je pense au contraire que réfléchir à ce que font les autres, trouver des points de convergence comme des incompatibilités est essentiel. J’ai souvent cherché à imiter des photographes dont j’aime les images, et tout en personnalisant les miennes j’ai beaucoup appris en étudiant leur style.

Comment développer son style en photographie, les secrets de Denis Dubesset

Denis Dubesset vous entraîne ici à la découverte de :

  • Saul Leiter
  • Martin Parr
  • Edward Weston
  • Rebecca Norris Webb (à ne pas confondre avec son mari ci-dessous)
  • Alex Webb
  • Raymond Depardon
  • William Eggleston
  • Bernd et Hilla Becher
  • Michael Kenna (la pose longue, vous savez)

Pourquoi ces photographes et pas d’autres ? C’est un choix arbitraire que l’auteur justifie en introduction du livre. L’important ici n’est pas de considérer cette liste comme une liste de référence (je vois déjà les critiques arriver), mais plutôt d’apprendre à analyser le travail d’un photographe dont vous aimez les photos pour comprendre comment il a développé son style.

Figures de style

Passons à la pratique ! Dans ce dernier chapitre, vous allez faire des photos en intégrant ce que vous avez découvert et appris sur vous dans les chapitres précédents.

Comment développer son style en photographie, les secrets de Denis Dubesset

Denis Dubesset vous propose six exercices, six photos à réaliser dans un contexte donné. Le but de l’exercice n’est surtout pas de reproduire ce que l’auteur vous montre, mais bien de faire les six images en leur appliquant votre style. Ce que vous avez défini dans les chapitres précédents.

Qu’il s’agisse de la photo de paysage, de l’urbex, de la perspective, de la photo sous la pluie, des photos voilées, vous allez devoir réfléchir à l’image que vous voulez obtenir.

Vous le ferez d’autant plus facilement que vous savez à ce stade à quoi doit ressembler le résultat final, quels sont les moyens nécessaires, les techniques à mettre en oeuvre et ce qui vous satisfait ou non.

Mon avis sur le livre « Les secrets du style en photographie » de Denis Dubesset

Je découvre chaque mois plusieurs livres sur la photographie, qu’il s’agisse de guides pratiques comme de livres de photographie. Avec le temps j’avoue ne plus savoir comment conclure pour certains car que dire d’un guide pratique si ce n’est qu’il est « pratique » et que le contenu correspond au titre ou non ?

Donner un avis sur un livre traitant de la démarche du photographe, au delà de la technique, est plus complexe. Et plus intéressant. J’ai donc des réactions différentes, allant du « je n’ai pas aimé » à « c’est ma Bible !« .

Mon avis sur le livre de Denis Dubesset penche clairement plus du côté du livre de référence que du livre à brûler bien vite. Il fait le lien entre un guide d’apprentissage de la photo et un livre de photographie qu’il vous faut analyser par vous-même. Ici pas de vulgarisation technique, pas d’illustrations graphiques pour vous présenter un concept, pas de blabla scientifique. Denis Dubesset se prête à une analyse pertinente qui vous permet de bien comprendre comment devenir créatif, que vous ayez un don ou pas, et comment travailler pour créer votre univers.

Contrairement à l’auteur qui admet qu’il est possible de devenir photographe sans avoir de style (je vous renvoie à l’introduction), je pense au contraire que sans style vous resterez un preneur d’images mais ne deviendrez pas photographe. Il n’y a pas de honte à être un preneur d’images, j’en suis un bien souvent, mais si vous voulez montrer autre chose que les photos que font les autres dans les mêmes conditions, alors il vous faut donner à vos images un caractère plus personnel.

C’est cela « développer votre style en photographie » et Denis Dubesset vous l’explique de fort belle façon dans ce livre. Les 23 euros qu’il va vous en coûter pour l’étudier (le lire ne suffit pas) vous seront largement remboursés quand vous montrerez vos photos lors d’une exposition ou au travers d’un livre !

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