Les Rencontres Nikon Passion 2006 se sont déroulées à Issy-les-Moulineaux en présence de nombreux membres de la communauté Nikon Passion et fidèles lecteurs du site.
Voici le résumé de cette journée, vue par un des participants qui a vécu, manifestement, une … sacrée journée !
Rencontres Nikon Passion 2006 : Episode I
Il est 5h, dedechercheur s’éveille (NDLR, c’est le petit nom de notre lecteur). Il est 5 heures, c’est pas une heure pour un retraité… Mais aujourd’hui n’est pas une journée comme les autres, c’est la Rencontre Nikon Passion !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Un peu plus de 6 heures, j’embarque Daniel, un ami, à notre point de rendez-vous. Dernière mise au point sur le road book avec itinéraire Périph’ et de secours via les quais. Lors de notre première visite à la porte de Versailles, c’était… planté de chez planté. Paris by jour, c’est joli mais pas à chaque fois surtout vu depuis la Francilienne.
9h30, mon copilote et moi (à notre grand étonnement), nous nous trouvons au pied du numéro 143. L’adresse de ces Rencontres.
Y a t’il quelqu’un ? Y sont où les Parisiens ? On est les premiers !
Coup de fil à José (un autre participant), il est en train de terminer son petit dej’ (c’est une blague). Il arrive. En attendant, on va prendre un jus.
Accueil par José qui ne ressemble pas à l’hôtesse promise par le Boss. On fait pas les difficiles.
Montée à l’étage où les secrets de Nikon Passion sont super protégés. Pour passer chaque porte, il faut un « Nikon Passion code ». J’vous dis pas. Nos secrets sont bien gardés.
Arrivée dans la salle, super grande, super éclairée et pour l’instant super vide. Nous faisons connaissance avec ceux que nous ne connaissons pas (c’est normal non ?). On voit notre Boss et Jeremy autrement qu’en petite vignette. Nous retrouvons Laurence venue de sa lointaine Belgique et Jef de Prague.
Tables et chaises sont mises en place. Quelques affiches (qui ne le voulaient pas) sont fixées sur les murs.
Midi arrive. Il est l’heure d’une légère collation (c’est bien dit ?) avant l’arrivée de la foule.
Episode II
Un peu plus de 14 h, retour dans la salle qui commence à être envahie. Ils sont tous là, venus de France et de Navarre pour vivre la… Rencontre NIKON PASSION !
Ils sont là les pseudos anonymes. On les voit enfin. Mais pour l’instant, ils sont tous aussi anonymes que sur le Forum. Claude Tauleigne est là également. Beaucoup attendent de recevoir son manuel sur le Nikon D200.
Notre badge fixé, les questions fusent du genre : t’es qui toi ? Réponse : un tel… ; poli : ah c’est toi ; en pensée : c’est l’enfoiré qui m’a « cassé » ma photo. Bref, tout se passe dans la bonne humeur. Ambiance style retrouvailles de potes.
Au fil des discussions, les groupes se forment et se reforment. On y parle de (devinez) photos et d’autres sujets. Les ateliers « techniques » sont fort entourés. J’assiège le pôvre de La Boutique Photo Nikon coincé entre sa table à objectifs et la fenêtre (heureusement fermée). Super ce matos !!!!!!! C’est quelle marque (rire) Nikon : ah… booon.
Je lui place la complainte du mec qui attend son 17/55 f/2.8 et qui n’est pas livré. Mais, je le vois, je le tripote, pardon le touche (le 17/55). Enfin,je l’ai sur le D200. Mais après essais, je dois le rendre. C’est un super objectif, mais que l’attente est longue pour l’avoir rien que pour moi.
J’essaie aussi une « bête » le 200 mm f/2 VR. Quel engin, impressionnant mais quel poids. Faudra faire de la muscu avant tout reportage. Je crois que mon D200, accroché à lui, a rétréci. Le résultat m’a impressionné. Il est bardé de boutons comme un jeune avec son acné. Faudrait ça pour les photos de concerts. Mais c’est un rêve…. C’est un objectif avec lequel on prend son pied. A main levée, c’est dur dur…
De nombreux objectifs étaient en démo. Beaucoup d’essais ont été faits. Je pense que l’on peut remercier cette personne de sa disponibilité. Dans un élan de (grande) générosité, je prête mon 180 mm à Laurence et Jeremy. Je me demande encore comment j’ai pu, mais c’est fait. D’autres consultent mon manuel du D200. Je les surveille du coin de l’œil.
Mais l’heure avançant, c’est déjà le retour. Il faut nous quitter. Ce n’est qu’un « au revoir ».
A bientôt pour une prochaine édition des Rencontres Nikon Passion !
dedechercheur
Fichiers RAW Haute Efficacité Nikon : quand la mariée n’est pas aussi belle qu’elle en a l’air
Vous l’avez sans doute remarqué en sélectionnant le format de vos fichiers sur votre Nikon Z récent. Nikon a ajouté un format de fichier RAW, appelé RAW « Haute Efficacité » (noté HE et HE★), sur les Z5II, Z6III, Z8, Z9 et Zf. Certains appareils utilisent le terme « RAW Efficacité élevée ». Si vous voyez le symbole ★, c’est de cela dont il s’agit.
Ce format promet des fichiers plus légers, une qualité d’image préservée et un flux de travail accéléré. Pour autant, faut-il vraiment l’adopter ou rester fidèle au NEF compressé sans perte ?
Voici un tour d’horizon, avec des exemples concrets, et mes recommandations pour vous aider à choisir.
Le RAW Haute Efficacité (HE) est une évolution du NEF traditionnel. Rappelons que le NEF est une déclinaison Nikon du format RAW, enrichie de métadonnées propres à la marque.
Ces données vont bien au-delà des simples réglages de prise de vue. Le fichier NEF intègre, par exemple, les paramètres Picture Control, les réglages de D-Lighting actif, les informations précises sur l’autofocus (collimateur utilisé, mode AF, suivi), ainsi que les données de stabilisation pour les boîtiers équipés du VR intégré.
Il contient aussi une prévisualisation JPEG, utilisée pour l’affichage rapide dans le boîtier ou certains logiciels.
Des métadonnées spécifiques permettent en outre de gérer la correction des optiques Nikon (distorsion, vignettage, aberrations chromatiques), ce que seuls les logiciels compatibles savent interpréter. Ce niveau de détail fait du NEF non seulement un fichier RAW, mais aussi une base de données complète sur chaque photo, pensée pour tirer pleinement parti de l’écosystème Nikon.
J’en reviens au RAW HE, qui utilise une compression avancée. Elle est basée sur la technologie TicoRAW de la société belge IntoPIX. Rien de très nouveau, on la retrouve dans les flux vidéo 8K et le broadcast professionnel.
Ce qui est nouveau, c’est l’intégration de cette technologie dans les hybrides Nikon Z. Cette compression permet de réduire la taille des fichiers par un facteur de 4 ou plus, sans compromettre la qualité d’image.
Quel format de RAW choisir un hybride Nikon ?
Deux variantes de RAW HE (ou Efficacité élevée) existent :
HE★ : compression modérée, qualité équivalente au NEF compressé sans perte.
HE : compression plus forte, fichiers encore plus légers, sans différence visuelle notable selon les tests.
Avantages concrets du RAW HE
Jusqu’ici, vous vous dites que ce RAW HE semble attirant. Moins d’espace de stockage sans perte de qualité, il faut le dire, c’est tentant. Et pas qu’un peu.
Gain de place : Un fichier HE★ est 20 à 40 % plus léger qu’un RAW compressé classique, et le format HE réduit la taille de manière plus importante.
1 425 fichiers NEF compressés sans perte : environ 87–90 Mo par fichier de 45 Mp
3 338 fichiers en HE★ : environ 38–40 Mo par fichier de 45 Mp
4 688 fichiers en HE : environ 27 Mo par fichier de 45 Mp
Ces valeurs peuvent varier légèrement selon le contenu de l’image, mais elles correspondent bien à un capteur de 45 MP comme celui des Nikon Z8 et Z9.
Performance : Idéal pour les photographes de terrain (reportage, animalier, sport) qui enchaînent les rafales et doivent optimiser leur stockage.
Qualité d’image : Les tests, y compris dans des situations extrêmes (hauts ISO, récupération des ombres), ne montrent pas de différence visible ou mesurable entre NEF compressé, HE★ et HE.
Le RAW HE, en pratique
Imaginez : vous partez faire un safari photo en Afrique, où la capacité de stockage est cruciale. Pour autant, vous n’allez pas acheter plusieurs cartes onéreuses pour ce voyage alors que vous n’en avez pas besoin le restant de l’année.
En utilisant le format RAW HE, vous pouvez stocker trois fois plus d’images sur la même carte mémoire, ce qui vous évite de multiplier les supports de sauvegarde coûteux et encombrants. Même après traitement dans un logiciel photo compatible RAW HE, la qualité reste inchangée à l’œil nu.
Limites et points de vigilance
Les limites, car il y en a, sont à chercher du côté de votre logiciel photo. Rappelez-vous, j’ai précisé que le RAW HE intègre une compression TicoRAW. Cette compression suppose une décompression par le logiciel photo, qui doit donc intégrer le module TicoRAW, et la licence qui va avec.
C’est là que ça coince : tous les éditeurs de logiciels ne veulent pas payer cette licence. S’ils ne le font pas, oubliez le RAW HE. Vous ne pourrez pas le lire.
Nikon NX Studio, Lightroom Classic et Photoshop sont compatibles, mais d’autres comme Capture One, DxO PhotoLab, Darktable ou Luminar NEO posent encore problème ou n’offrent qu’un support partiel.
Mais ce n’est pas tout.
Le format RAW HE/HE★, bien que techniquement « RAW », n’est pas aussi universellement reconnu que le NEF classique. Attention donc à l’archivage à long terme ou la relecture des fichiers dans le futur. Car, par définition, les technologies du futur ne sont pas encore connues.
Pour vous sortir de ce bourbier, vous pouvez utiliser le logiciel du constructeur (Nikon NX Studio), ou convertir les fichiers avant traitement. Mais vous l’avez compris, cela complique votre flux de travail.
Enfin, si vous utilisez le RAW HE/HE★ à la prise de vue, il permet d’éviter le remplissage rapide du buffer, mais la vitesse d’écriture reste limitée par le type de carte utilisé.
Tout n’est donc pas si rose.
Fichiers invisibles, images perdues ? Ce que cache le RAW HE
Si votre logiciel photo n’est pas compatible avec le format RAW HE, vous vous en rendrez compte immédiatement :
les fichiers ne s’ouvrent pas du tout,
ou bien s’affichent avec une erreur, une image noire, un rendu corrompu
ou un simple message indiquant que le format n’est pas reconnu.
Dans certains cas, l’image peut sembler s’afficher, mais les curseurs de développement ne fonctionnent pas, ou les réglages sont désactivés.
C’est le signe que le moteur de décompression TicoRAW n’est pas intégré. Pour vous en sortir, il y a deux solutions :
Installer un logiciel compatible, comme Nikon NX Studio (gratuit), Lightroom Classic ou Photoshop.
Convertir vos fichiers HE en TIFF standard via Nikon NX Studio ou un convertisseur compatible.
J’attire toutefois votre attention : cette conversion peut être chronophage et alourdir votre flux de travail, surtout si vous traitez un grand volume de photos.
Pour éviter les mauvaises surprises, testez toujours quelques fichiers HE avec votre logiciel habituel avant d’adopter ce format sur le terrain.
Bonne nouvelle : la qualité est préservée, la preuve par les chiffres
Loin de moi l’idée de noircir le tableau : des tests indépendants, comme ceux de Steven Kersting, ont montré qu’il n’y a pas de différence significative en termes de rapport signal/bruit si vous utilisez le RAW HE.
La restitution des détails entre les fichiers NEF compressés sans perte, HE★ et HE est aussi bonne. Même en zoomant à 100 % sur des images traitées, il vous sera difficile de distinguer les fichiers, la compression TicoRAW assure.
Ma recommandation
Si vous me lisez au quotidien, vous savez que j’apprécie les choses simples, car ce qui est simple fonctionne toujours mieux.
Aussi, j’ai fait le choix de privilégier la simplicité, la compatibilité universelle et la sécurité à long terme pour mes photos. J’en reste au format NEF compressé sans perte car c’est la solution la plus sûre.
Ce RAW me garantit une lecture et un traitement fiables, aujourd’hui comme à long terme, quel que soit le logiciel utilisé.
En résumé : le RAW Haute efficacité Nikon, on fait quoi ?
Le format RAW Haute Efficacité de Nikon offre des avantages indéniables en termes de stockage et de rapidité, sans sacrifier la qualité d’image. C’est indéniable. Si vous avez besoin de stocker plus d’images sur une carte alors que vous n’en avez pas d’autre sous la main, c’est une excellente solution.
Dans les autres cas, je vous recommande de privilégier le format NEF compressé sans perte. Vous gagnerez en facilité, liberté, compatibilité et simplicité d’archivage.
Je ne prétends toutefois pas avoir raison pour tout, aussi si vous avez testé le RAW HE sur votre Nikon, témoignez : avez-vous rencontré des problèmes de compatibilité ou modifié vos habitudes de prise de vue ?
Nikon NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7 : compacte, grande ouverture, poids plume & prix doux
Nikon annonce le nouveau NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7 dédié à ses hybrides APS-C. Ce premier objectif Nikon à focale fixe au format DX et à grande ouverture f/1.7 va ravir les amateurs d’objectifs compacts et légers, sachant se faire oublier même au moment de passer à la caisse.
Voici les caractéristiques techniques du NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7 qui va donc cadrer comme un 36 mm plein format, son tarif et à qui il s’adresse.
Lorsque j’ai appris l’arrivée de ce nouveau NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7, ma première question a été « mais pourquoi f/1.7 et pas f/1.8 ? », sachant que ce serait la première que je recevrais aussi (rappelez-vous que le NIKKOR Z 24 mm pour plein format est un f/1.8).
La réponse, bien qu’évasive de la part d’une marque qui n’aime pas trop trahir ses secrets, tient en la capacité de la monture Z. Avec son grand diamètre elle autorise de plus grandes ouvertures sans perte de qualité. Alors si les opticiens pouvaient faire f/1.7 sans rien perdre, pourquoi faire f/1.8 ?
Cette logique toute japonaise a du bon dans le cas présent. Une focale fixe à grande ouverture c’est bien, surtout greffée sur un capteur NIKKOR Z APS-C dont la montée en sensibilité est excellente. Mes tests des Nikon Z 50 et Nikon Z fc montraient une belle qualité d’image jusqu’à 12.800 ISO, ce qui est une belle limite. Avec une ouverture maximale de f/1.7, vous allez pouvoir déclencher avec des temps de pose très courts, perspective alléchante !
Mais Nikon ne s’est pas contenté de ça.
Vous avez peut-être remarqué que lorsqu’on parle de focale fixe, on parle aussi souvent de « petites focales fixes ». Les amateurs de photo de rue me comprendront, plus c’est compact et léger, mieux c’est. Nikon nous gate sur ce plan puisque le NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7 ne pèse que 135 gr. pour une longueur de 70 mm et un diamètre de 40 mm.
Ces caractéristiques s’accompagnent de deux autres valeurs qui pourraient bien vous plaire aussi : la distance minimale de mise au point est de 18 cm pour une distance minimale de netteté de 12,4 cm. Oui, vous avez bien lu, il y a deux valeurs.
La distance minimale de mise au point se mesure par rapport au plan du capteur tandis que la distance minimale de netteté se mesure par rapport à la lentille frontale. Inutile en effet d’avoir une distance minimale de mise au point courte si vous ne pouvez approcher suffisamment du sujet. Avec le NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7 vous allez donc pouvoir vous approcher à 12,4 cm de vos sujets tout en faisant des photos nettes. Merci la monture Z et la position du capteur à nouveau.
Nikon précise que l’objectif est conçu pour résister à la poussière et aux intempéries (mais pas tous temps), il embarque son lot de joints toriques qui assurent cette étanchéité. La construction en polycarbonate reprend les standards des NIKKOR Z « à prix doux » récents, leur monture étant elle-aussi en polycarbonate. Je vois de là les « pourquoi c’est pas du métal ??? » … parce que le métal est plus lourd et plus cher à construire.
Je suis comme vous, j’aime les montures métalliques, mais je dois avouer que pour trimballer mon NIKKOR Z 40 mm f/2 partout sans toujours en prendre le plus grand soin, je n’ai jamais rencontré le moindre problème avec sa monture en polycarbonate.
Nikon précise que le diamètre du filtre est de 46 mm tandis que ce NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7 est livré avec un pare-soleil Nikon HN-42 qui vient se visser en bout d’objectif, se faisant ainsi très discret.
Bien que proposé à prix doux, ce NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7 ne fait pas l’impasse sur une belle motorisation AF STM (moteurs pas à pas) qui garantit une mise au point rapide (pas très difficile avec un 24 mm de cette taille, mais j’en connais qui sont lents chez … chut …). Ce 24 mm DX minimise le focus breathing et s’avère silencieux, ce qui devrait plaire aux vidéastes au passage.
Nikon NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7 sur Nikon Z 30
Fiche technique NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7
Format : DX / APS-C
Focale : 24 mm fixe
Ouverture max. : f/1.7
Ouverture mini : f/11
Formule optique : 9 éléments en 8 groupes (dont 2 lentilles asphériques)
Angle de vue : 61°
Distance minimale de mise au point : 0,18m
Ratio de reproduction : 0,19x
Diaphragme : 7 lames
Filtre : diamètre 46 mm
Dimensions : 70 mm x 40 mm
Poids : 135 gr
Tarif et disponibilité
Le NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7 est vendu au tarif public de 319 euros TTC. Il sera disponible dès le 15 juin 2023 chez les revendeurs.
Premier avis et exemples de photos
Pour être transparent avec vous, je ne l’ai pas eu en mains et je ne l’ai donc pas testé encore. Je ne peux donc me baser que sur sa fiche technique et l’échange que j’ai pu avoir avec la marque. Quoi qu’il en soit, j’apprécie que Nikon développe (enfin ) un début de gamme NIKKOR Z DX pertinent.
La grande ouverture et la compacité font de ce NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7 une proposition alléchante, le ratio x 1.5 du capteur APS-C vous permettant de cadrer comme avec un 35 mm en plein format.
Je ne vous cache pas non plus que le tarif est intéressant, à la concurrence on s’approche plutôt des 450 euros pour une offre proche (mais en monture métallique, je vous l’accorde) chez Fujifilm par exemple comme chez Sigma en monture Z d’ailleurs puisque le récent Sigma 30 mm f/1.4 DC DN | Contemporary (le plus proche du 24 mm) vaut 399 euros et pèse deux fois plus lourd.
Les possibilités créatives qu’offre une petite focale fixe à grande ouverture sont nombreuses : dans la rue, en reportage, en soirée, en intérieur, vous allez en profiter tout le temps, surtout avec un hybride Nikon Z APS-C de petite taille. Le design très sobre de ce NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7 s’accordera aussi très bien avec votre Nikon Z fc hybride Vintage.
Vous aimeriez faire de meilleures photos en ville ? Documenter votre quotidien lorsque vous parcourez les rues de votre commune ? Les gens, les transports, l’architecture ? C’est ce que je fais chaque jour, je partage ma pratique et quelques conseils avec vous.
Faire de meilleures photos en ville, votre environnement quotidien
La meilleure façon d’apprendre à faire de meilleures photos en ville c’est … de faire des photos ! Cela peut vous paraître trivial mais plus vous pratiquez, plus vous progressez.
Les occasions de photographier en ville ne manquent pas, mais souvent vous éprouvez de la retenue à le faire. Peur d’être vu, interpellé, peur d’enfreindre le droit à l’image, … Les obstacles sont plus à chercher en vous qu’ailleurs.
Pourtant photographier la ville, sa commune, c’est l’occasion de faire des photos tous les jours, surtout lorsque vous ne pouvez pas voyager. Les sujets ne manquent pas, vous pouvez vous intéresser aux gens, aux transports, à l’architecture, au Street Art, à la nature urbaine, aux évènements locaux …
La ville est un formidable terrain de jeu pour le photographe, d’autant plus intéressant que cela vous permet de développer une pratique que vous pourrez mettre en œuvre lors d’un prochain voyage, tel que le présente Eric Forey dans City Trip par exemple.
Je vous livre une série de conseils dans la vidéo ci-dessous, retrouvez-en le détail plus bas :
Cadrez serré
Un des principaux problèmes que vous rencontrez en ville, c’est le « bruit » qui entre dans votre composition : les voitures, les camions, les poubelles … ne sont pas du meilleur effet et nuisent à la qualité de vos photos.
Cherchez des sujets intéressants et approchez vous. Cadrez plus serré. Inutile de disposer d’un téléobjectif pour cela, bougez autour du sujet pour isoler un élément particulier du décor.
En utilisant un 50 mm vous pourrez cadrer sans que les perturbations visuelles autour de votre sujet n’envahissent vos photos.
Changez d’angle
Vous avez pris l’habitude de déclencher toujours à la même hauteur ? Faites le test : changez de position, baissez-vous, levez les bras, allongez-vous par terre. L’écran inclinable de votre appareil photo est un atout, utilisez-le !
Vous allez très vite découvrir des cadrages intéressants et faire des photos que vous n’imaginiez pas. Pourquoi pas utiliser une focale très large si certains lieux s’y prêtent ?
Jouez le graphisme urbain
Cherchez les éléments graphiques dans votre environnement urbain. Quelle que soit la taille de la ville dans laquelle vous habitez, il y a forcément des droites, des courbes, des pylônes, des grilles, des éléments de contraste (les passages piétons par exemple) qui méritent votre attention.
Concentrez-vous sur ces éléments et oubliez le reste. Vous allez pouvoir créer des photos originales, qui montreront ce que d’autres ne voient pas. Parce que vous avez pris le temps de chercher, d’ouvrir les yeux. Je vous invite à découvrir le grand livre de la photo urbaine pour trouver des idées.
Et maintenant … action, la photo en ville vous attend !
En appliquant les conseils ci-dessus vous allez très vite faire de meilleures photos en ville. Vous prendrez plus de plaisir à sortir avec votre matériel souvent, sans avoir à partir à l’autre bout du monde.
Pour en savoir plus sur cette pratique, je vous invite à lire ma Lettre photo chaque semaine. J’y partage des pratiques, des conseils, une vision qui peut vous aider à passer un cap en photo. Vous pouvez vous inscrire ici :
Encore un livre sur la photo urbaine ? Oui. À la différence qu’il s’agit ici de découvrir quelles sont les différentes pratiques photo en ville, qu’il n’est pas question « que » de photo de rue et que Tim Cornbill, l’auteur, vous invite à découvrir la ville comme vous ne l’avez peut-être jamais vue.
Le grand livre de la photo urbaine : motivation et inspiration avant tout
Vous vous dites peut-être que faire de la photo urbaine, c’est faire de la photo de rue. Photographier les gens, la vie, ce qu’il se passe sur le trottoir devant vous. C’est faux.
La photographie urbaine, c’est bien plus que cela. C’est la photo de rue, bien sûr, mais aussi le portrait urbain, le paysage urbain, l’architecture ou la photo de nuit.
« Un même lieu offre de multiples possibilités en fonction du regard que vous portez dessus, du cadrage que vous choisissez, de l’heure de la journée ou encore des conditions météorologiques. »
Plus que de ville, je préfère d’ailleurs parler de territoire urbain. Pour être moi-même photographe urbain, je définis ce territoire comme un terrain de jeux pour le photographe, dans lequel tout vous est permis.
Vous n’êtes pas à l’aise pour aborder les gens dans la rue, les photographier, tout ce qui fait la Street photographie ? Pourquoi ne pas vous intéresser alors au paysage urbain ? L’architecture, le graphisme, les lumières, les décors. Autant de sujets que la pratique de la photo urbaine vous offre, qui vont vous aider à développer votre regard et votre démarche créative, sans jamais devoir aborder les gens.
Comme l’explique Tim Cornbill, un photographe anglais, la photo urbaine peut aussi être l’occasion de photographier la ville pour ce qu’elle est. Berlin, Barcelone, New York, mais aussi Paris, Lyon ou Marseille plus proches de nous sont autant de villes qui méritent que vous les parcouriez pour les immortaliser à votre façon. Vous allez découvrir page 46 et suivantes comment l’auteur a photographié chacune de ces villes. Ces projets sont tous différents bien que tous soient des projets de photo urbaine. J’avoue que j’aurais apprécié de voir plus de photos de chacune des villes citées. J’ai un faible pour la démonstration par l’exemple, surtout en photos urbaine.
La nuit tombe ? Tant mieux ! « c’est beau une ville la nuit » ! C’est le moment que je préfère, et que vous aimerez aussi lorsque vous aurez découvert ce que vous pouvez photographier quand la ville change d’aspect. Découvrez alors cette autre facette de la photographie urbaine.
Qu’allez-vous apprendre avec ce livre ?
Dans le grand livre de la photo urbaine, Tim Cornbill vous invite à profiter du territoire urbain pour développer votre démarche créative : la ville et ses décors vous offrent une infinie possibilité de projets, de l’architecture et ses compositions aux « citoyens de la ville » en passant par le paysage urbain et la ville à la nuit tombée. Comment faire ? C’est l’objet de chacun des chapitres.
Dans le premier, vous apprendrez à choisir votre équipement, et à le régler en fonction de la situation. Le chapitre suivant vous permettra de bien vous préparer pour vos séances de photo urbaine. C’est important car lorsque vous êtes en action, il est trop tard pour changer d’horaire ou aller chercher ce que vous avez oublié.
Posez vous donc avant les bonnes questions : quelles sont les conditions idéales ? Quelle est la météo ? Quelles autorisations obtenir le cas échéant ?
Vous êtes plus attiré par l’architecture et le graphisme ? Lisez la page 64 et suivantes pour comprendre comment photographier les bâtiments, les jardins, les parcs, les quartiers, quelle vision avoir. Vous vous mettrez dans la peau de l’architecte.
Si c’est la photo de rue qui vous intéresse, allez page 86 pour découvrir le « kit de rue idéal », les bons réglages et comment saisir l’instant. Vous suivrez ainsi les pas d’Henri Cartier-Bresson comme de Martin Parr dans un style très différent (plusieurs encarts « photographes » complètent les propos de l’auteur tout au long du livre).
Je parle souvent de paysage urbain lorsque je publie mes photos, c’est ce que vous découvrirez page 108 et suivantes : comment profiter d’un point de vue élevé pour faire des photos urbaines, comment jouer avec des horizons dramatiques quand la météo s’y prête.
Les amoureux de photographie nocturne se plairont à étudier la page 128 et suivantes. Il sera alors question de lumières, de traînées, d’astrophotographie même.
Enfin, parce que la photo urbaine ne s’arrête pas à la prise de vue, vous apprendrez à traiter vos fichiers RAW pour donner à vos photos le rendu qu’elles méritent, vous découvrirez quelles sont les retouches fines à appliquer.
Dans le dernier chapitre, l’auteur vous invite à partager vos photos. Découvrez comment le faire sur les réseaux sociaux ou sur votre site Web, comment participer à des concours. Vous retiendrez de ces quelques pages qu’il est plus important de partager vos photos urbaines pour apprendre et progresser que pour attirer à vous des milliers de fans. Inutile de vous dire que je partage cet avis.
Mon avis sur le grand livre de la photo urbaine
J’avoue avoir un penchant pour les livres traitants de la photo urbaine parce que c’est ma pratique favorite. Qu’il s’agisse d’un guide pratique comme de beaux livres de photographie, je les étudie tous avec attention.
Ce grand livre de la photo urbaine se situe à mi-chemin : à la fois guide pratique (comme City Trip Photo d’Eric Forey) parce qu’il vous livre de nombreux conseils et vous permet de découvrir des pratiques spécifiques, il est aussi un beau livre de photographie richement illustré des photos de l’auteur comme de plusieurs photographes célèbres (découvrez aussi Maldicidade de Miguel Rio Branco dans un autre style).
Ces photos sont autant de source d’inspiration pour vous permettre de découvrir ce qu’il vous est possible de photographier en ville, quelles sont les bonnes pratiques, comment exprimer votre créativité, comment progresser.
Je reste toutefois sur ma faim. J’aurais aimé voir traités certains sujets plus en détail, avec de plus nombreuses informations pratiques. Inspiration et motivation oui, mais n’oublions pas la méthode lorsqu’il s’agit de présenter un domaine photographique aussi riche.
Ce livre s’adresse aux passionnés de photo urbaine qui pratiquent déjà, ils y découvriront de nouveaux horizons qu’ils prendront soin d’approfondir avec d’autres ouvrages et d’autres ressources, certaines sont citées page 182.
Ce livre s’adresse aussi aux plus novices qui souhaitent découvrir ce que le terme « photo urbaine » désigne et quels en sont les déclinaisons.
Proposé au tarif public de 29 euros, ce livre est un ouvrage d’initiation et de découverte, joliment illustré, avec une maquette et une présentation de belle qualité, une adaptation française bien réalisée, mais un peu trop disparate dans son organisation et manquant d’informations selon les sujets.
Vous voulez faire de belles photos sans dépenser plus d’argent en matériel ? Voici une série de conseils simples pour y arriver. Ils ne nécessitent aucune dépense et peuvent être mis en œuvre quel que soit votre niveau.
Faire de belles photos : pourquoi vous n’y arrivez pas
Vous en avez assez de vous dire que vos photos ne sont pas à la hauteur de vos espérances. Vous avez investi dans un appareil photo récent, performant, onéreux mais au final vous n’obtenez pas les résultats escomptés.
Vous avez souvent essayé de faire mieux, vous avez acheté un guide pratique, vous avez suivi des tutoriels photo mais sans succès. Vous avez fait un peu plus connaissance avec votre appareil photo mais vous n’êtes toujours pas satisfait.
Attention aux mauvaises solutions
Vous avez peut-être essayé de suivre les conseils de ‘ceux qui savent‘ : un proche, le membre d’un photo-club, un photographe rencontré lors d’un événement …Mais ils ne savent pas toujours plus que vous, ou leurs explications ne sont pas toujours claires.
Vous avez peut-être aussi passé du temps à analyser en détail les photos des autres, les données EXIF, mais cela ne vous aide pas. Quand vous regardez un tableau, vous ne demandez pas au peintre quel pinceau et quelle marque de peinture il a utilisé.
Vous avez peut-être même cherché à changer d’appareil photo ou d’objectifs en pensant que ça irait mieux. Mais ce n’est pas le cas. C’est peut-être même pire …
Mon exemple
Quand j’ai débuté en photographie, j’ai assez vite assimilé le fonctionnement de mon appareil photo. Mais mes photos n’étaient pas du tout celles que j’espérais.
Je faisais des photos correctes, de bons souvenirs avec mes proches mais rien de plus. Aucune photo qui ne mérite d’être montrée au delà du cercle familial. Et je remettais en cause de nombreux choix techniques parce que la technique ça rassure, c’est concret.
Jusqu’au jour où j’ai fini par comprendre que je me trompais et que m’intéresser à la technique uniquement était une erreur. Que si maîtriser la technique avait tendance à me rassurer, cela me bloquait dans mon approche. Je passais à côté de nombreuses (belles) photos sans les voir. J’ai alors changé mon approche.
Comment faire de belles photos : des conseils simples
Pour faire de belles photos il faut connaître les bases de la photo, les plus simples. Mais pas trop. Sans quoi vous allez vous perdre.
J’ai listé ci-dessous les conseils qui me paraissent les plus pertinents. C’est la liste qui m’aurait aidé à avancer quand j’ai débuté, et que j’ai fini par faire. Ces conseils s’appliquent quel que soit votre matériel, même si vous utilisez un smartphone ou un compact.
Conseil photo #1 : utiliser la lumière à votre disposition
J’ai utilisé ici la lumière artificielle du lieu pour mettre en valeur le réservoir et les chromes au premier plan
Quand on pense ‘lumière à disposition’, on pense souvent lumière naturelle, celle du soleil. Mais il peut s’agir aussi de sources de lumières artificielles : une ampoule, un éclairage de ville, un phare d’automobile, etc.
Ne cherchez pas à vous rendre la vie plus complexe qu’elle n’est déjà. La solution ne passe pas par l’achat d’un flash très évolué, d’un système de commande à distance, de câbles ou autres accessoires soi-disant miraculeux.
Utilisez la lumière à votre disposition au moment de la prise de vue et jouez avec.
En vous positionnant correctement par rapport à cette lumière, vous allez réaliser les belles photos que vous ne le feriez avec tous vos accessoires.
Conseil photo #2 : soignez la composition
En me baissant, j’ai voulu donner à ce paysage désertique une dimension encore plus vaste tout en rappelant la dimension humaine avec ce couple de touristes au centre de l’image
La composition, c’est l’art d’ordonner les différents éléments qui vont se retrouver sur la photo.
Regardez dans le viseur de votre appareil photo et demandez à votre sujet de se déplacer.
Déplacez-vous si le sujet est fixe. Intégrez un élément du décor ou retirez-en un, faites attention aux têtes et aux pieds coupés.
Vous allez donner une autre allure à vos portraits en décalant un peu le sujet. Ou sublimer un paysage en vous déplaçant ou en vous baissant. C’est d’autant plus important avec un boîtier qui ne permet pas, ou très peu, de gérer la profondeur de champ et la mise au point précise (les compacts par exemple).
Conseil photo #3 : choisissez la bonne direction
En positionnant ma fille face au soleil, j’ai obtenu le rendu que je souhaitais tout en disposant d’un ciel bleu en arrière-plan qui donne le ton à la photo
Si vous photographiez une personne avec le soleil en face de vous il y a de fortes chances que ce portrait ne soit pas le plus agréable à regarder. Contre-jour, effet de flare, ombres prononcées vont vous desservir. Vous pouvez vous en sortir (voir comment) mais il y a plus simple si vous débutez.
Mettez le soleil dans votre dos à vous.
Vous obtiendrez un ciel plus harmonieux, une image plus agréable sans zones trop blanches ou trop noires. La mesure de lumière de votre boîtier réagira mieux et le résultat sera toujours meilleur. Faites la photo sans tarder par contre, votre sujet risque de ne pas apprécier d’avoir le soleil dans les yeux.
Conseil photo #4 : anticipez
Tout en marchant j’ai vu arriver le transporteur avec son chariot et la jeune femme qui se rapprochait du motard situé en pleine lumière, la scène a duré quelques instants uniquement
En observant, en imaginant, en provoquant parfois vous allez apporter à vos photos ce petit plus qui fait la différence (voir mes photos urbaines).
L’anticipation est un des secrets des meilleurs photographes.
Si l’instant décisif n’est pas toujours simple à saisir, sachez qu’il existe plein d’autres instants à votre portée pour faire les belles photos que vous voyez chez les autres.
Conseil photo #5 : soyez toujours prêt
Mon boîtier étant toujours calé sur un temps de pose court et une ouverture plutôt réduite, j’ai pu saisir le saut du personnage au second plan sans rien changer aux réglages
Vous ne pourrez jamais capturer certaines scènes si vous commencez par régler votre appareil avant de déclencher.
Vous devez avoir préparé votre prise de vue à l’avance pour ne plus devoir changer les réglages au dernier moment.
Modifiez tout au plus l’ouverture ou le temps de pose d’un coup de molette rapide mais ne passez pas plusieurs minutes à changer les différents réglages dans les menus, la photo va vous passer sous le nez.
Conseil photo #6 : évitez le désordre
En plein road trip, le sujet c’est la route. Rien d’autre ne doit venir perturber la composition.
Lorsque je commente une photo, je pose très souvent à l’auteur la question suivante : « quel est le sujet ? ». Parce que l’ensemble n’est pas clair, le cadre est chargé, les sujets se superposent ou bien le cadre est vide avec un petit sujet au loin.
En photographie le plus est l’ennemi du bien. Faites simple.
Quand vous cadrez, isolez votre sujet, retirez du champ tous les éléments parasites. Prenez du recul ou au contraire rapprochez-vous. il est important de montrer un sujet et un seul tant que vous ne maîtrisez pas parfaitement l’art de la composition.
Et maintenant …
En mémorisant ces quelques principes, vous allez faire des photos autrement, en oubliant la technique pour développer votre créativité.
Nous sommes tous créatifs mais nous passons trop souvent à côté de belles photos en cherchant à rendre la prise de vue technique. Les appareils récents sont tous performants, même les moins chers, ils nous permettent de nous éloigner de la technique mais nous l’oublions trop souvent.
C’est souvent un petit quelque chose qui fait qu’une photo est agréable à regarder ou non. Toutes vos photos ne vont pas devenir des chef d’œuvres grâce à ces conseils photo. Mais quelques photos réussies par séance et c’est déjà une belle progression dont vous serez fier.
Plus vous aurez de plaisir à faire de belles photos, plus vous en ferez car la réussite vient toujours avec la pratique ! Alors, vous essayez ?
Appareil photo hybride vs. reflex : différences, avantages/inconvénients de l’hybride sans miroir
L’annonce d’appareils photo hybrides chez Nikon, les Nikon Z 7 et Z 6, puis Z 50, a généré de nombreuses discussions chez les photographes amateurs comme professionnels. Si certains connaissent parfaitement leur sujet, d’autres sont moins au fait de la technologie hybride sans miroir.
Que cache un appareil photo hybride ? Quelles sont les différences avec un reflex ? Quels sont les avantages et inconvénients ? Voici ce qu’il vous faut savoir pour faire la différence entre ces deux mondes et comprendre de quoi il est question.
Appareil photo hybride vs. reflex : le contexte
« Je ne comprends pas. Depuis des années, on me rabâche que le reflex numérique est ce qui se fait de mieux pour faire des photos. Je m’y suis intéressé, j’ai investi (beaucoup) et maintenant on vient me dire que tout ça c’est dépassé, l’hybride est là et le reflex n’a plus qu’à mourir de sa belle mort. On se moque de moi ? ».
Voici le type de question que je reçois souvent depuis l’annonce des hybrides Nikon Z (voir lequel choisir). Des photographes amateurs ne comprenant plus ce qu’il se passe dans le monde de la photo, des incompréhensions, des interrogations … un vent de panique a soufflé suivi depuis d’un sentiment négatif : les marques nous poussent à changer pour quelque chose que l’on ne veut pas !
L’annonce de la gamme Canon EOS R, hybride plein format, du Panasonic S1/S1R hybride plein format, de l’hybride Fujifilm X-T4 APS-C et le possible nouvel Olympus hybride plein format ont enfoncé le clou. Même Leica s’y met ! Est-ce la fin d’une époque ?
La réalité est plus complexe.
Lorsque les reflex numériques ont fait leur apparition, à la fin du siècle dernier (1999 pour le Nikon D1), il s’agissait de construire, sur les bases d’un reflex argentique, un appareil photo équipé d’un capteur numérique en lieu et place d’un film argentique. Le reste ne changeait pas, ou si peu : visée, autofocus, mesure de lumière, monture (chez Nikon).
L’appareil photo reflex a mis plus de 300 ans pour en arriver à son stade actuel. Le principe fondateur, la réflexion spéculaire, remonte à 1686 et aux travaux de l’opticien Johann Zahn. Le reflex a gagné ses lettres de noblesse à partir des années 50, le Nikon F chez Nikon a marqué son époque.
Les appareils photo ont évolué avec les progrès de l’électronique et de la technologie. Autofocus (Nikon F3AF en 1980), mesure de lumière matricielle (Nikon FA en 1983), vidéo (Nikon D90 en 2008) … le reflex actuel n’a plus grand-chose à voir avec ses ancêtres.
De nos jours les progrès de l’électronique et de l’informatique sont tels que ce qui n’était pas envisageable il y a dix ans encore l’est désormais. A condition que certaines contraintes soient levées, et en matière de contraintes le reflex est aux premières loges.
Vue éclatée du Nikon Z 7 montrant le peu de pièces mécaniques dans un hybride
Les appareils photo hybrides sont nés pour bénéficier des progrès de l’électronique et pour lever les contraintes propres aux reflex. Les ingénieurs des différentes marques sont partis d’une feuille blanche, et ont réinventé l’appareil photo chacun à leur manière. Ceci s’est traduit par l’arrivée de premiers modèles plus ou moins performants, mais la tendance était bien là.
Depuis plusieurs années l’appareil photo hybride progresse sans cesse, et 2018 est l’année où l’hybride a gagné ses lettres de noblesse. Challengés par Sony, Fujifilm, Panasonic et Olympus (Leica est un peu moins grand public), les ingénieurs Nikon et Canon sont passés à l’action pour de bon après des tentatives pour le moins timides (gammes Nikon One et EOS M).
La guerre est déclarée et les photographes n’ont jamais eu autant de choix en matière d’hybride. Encore faut-il comprendre de quoi on parle.
Appareil photo hybride vs reflex : présentation du sujet en vidéo
Vous préférez écouter que lire ? Je vous propose une présentation vidéo de ce (long) sujet, à suivre ci-dessous :
Qu’est-ce qu’un appareil photo hybride sans miroir ? Tentative de définition
S’il y a un terme qui ne peut être plus ambigu dans le jargon photographique actuel, c’est bien le terme « hybride ». Le mot « hybride », lorsqu’il désigne un appareil photo, ne signifie rien de précis. Ce mot est utilisé pour désigner un appareil photo qui n’est ni un compact, ni un bridge, ni un reflex, ni même un moyen-format traditionnel. Quelque chose « d’hybride » entre tout ça.
Le sens du mot le plus approprié nous vient du monde anglo-saxon, c’est « mirrorless » ou « sans miroir » en bon français (ML en abrégé, parce que SM ce n’est pas ce que l’on peut trouver de mieux …).
Un appareil photo hybride est donc un appareil photo sans miroir ? Mais les compacts et les bridges n’ont pas de miroir non plus et ne sont pas des hybrides.
Complétons donc la définition ainsi « appareil photo sans miroir à objectifs interchangeables« . Oui mais … certains hybrides (Fujifilm X-100, Leica Q par exemple) ont un objectif non interchangeable. Et sont aussi qualifiés d’hybrides.
Pour rajouter à la confusion, certains appareils photo sans miroir disposent d’un « viseur hybride », à la fois optique et électronique.
Mais alors c’est quoi un hybride ? Inutile de chercher une définition précise, ça n’a aucune importance.
Parlons donc d’ »hybride sans miroir » lorsqu’il s’agit de désigner des appareils photo comme les récents Nikon Z 7 ou Z 6, 50 et autres Canon EOS R, Fujifilm X Serie, Panasonic Lumix GH, Olympus Pen, etc.
Différences de fonctionnement entre un appareil photo hybride sans miroir et un reflex
Un reflex traditionnel (par exemple un reflex Nikon) utilise un viseur optique qui affiche la scène cadrée au travers de l’objectif (visée TTL – Through The Lens) par le biais d’un miroir et d’un prisme de visée.
Le miroir est disposé dans la chambre reflex devant le capteur, il transmet l’image en provenance de l’objectif au prisme et au verre de visée. Lors du déclenchement, le miroir se relève pendant le temps de pose pour permettre à la lumière d’atteindre le capteur. Une fois l’exposition terminée le miroir retombe en produisant le bruit caractéristique des reflex, et les micro-vibrations qui vont avec.
Le miroir transmet au viseur une image faite par l’objectif à pleine ouverture. Cela permet d’avoir une visée la plus lumineuse possible, sans quoi vous ne verriez rien quand vous fermez à f/22 par exemple. Essayez si votre boîtier comporte un bouton de test de profondeur de champ : l’appui sur ce bouton ferme le diaphragme à la valeur choisie et sauf à ce que cette valeur soit égale à l’ouverture maximale de votre objectif, la visée s’assombrit.
Ce principe de visée reflex ne permet pas de visualiser la profondeur de champ au travers du viseur puisque le cadrage se fait toujours à pleine ouverture.
L’image transmise par le miroir est affichée dans le viseur par l’intermédiaire d’un prisme en verre, de taille imposante sur les reflex plein format. C’est la protubérance que vous voyez sur le dessus de votre reflex.
La visée reflex est une visée optique : vous voyez la scène cadrée telle qu’elle le sera sur la photo finale, à la couverture de champ près de votre viseur (90 ou 100% selon les reflex Nikon).
Le viseur du Nikon Z 7 et son assemblage de lentilles
Avec un appareil photo hybride sans miroir le principe de visée diffère. Un appareil sans miroir n’a pas de … miroir, celui-ci ne peut donc renvoyer l’image au prisme puis au viseur. La visée est effectuée par un système électronique qui récupère le signal du capteur image et l’envoie à l’écran de visualisation faisant office de viseur par le biais d’un système de lentilles.
Pour que le signal du capteur arrive de façon permanente dans le viseur, l’obturateur doit rester ouvert en permanence. Il laisse alors passer la lumière vers le capteur image activé en continu. L’obturateur manœuvre pendant la prise de vue pour permettre au capteur de n’être exposé que pendant le temps de pose choisi (il se ferme, s’ouvre, se ferme puis se rouvre, voir plus bas).
Appareil photo hybride sans miroir : obturateur mécanique et obturateur électronique
L’obturateur d’un reflex est un obturateur mécanique. Il consiste en un système de lames fermé en permanence sauf pendant l’exposition. Les lames s’écartent alors pour laisser passer la lumière avant de se refermer.
En mode de visée Live View, le principe diffère. Le capteur du reflex envoie l’image à l’écran arrière en flux continu. Le miroir est relevé, l’obturateur ouvert, l’écran arrière sert de viseur. Lors du déclenchement l’obturateur se ferme puis se rouvre pendant le temps de pose, puis il se relève pour que la visée Live View soit à nouveau opérationnelle.
L’obturateur mécanique reste le système d’obturation le plus commun sur les appareils photo et les reflex en particulier. Il reste toutefois limité par les caractéristiques mécaniques des lames et du système de commande. L’obturateur mécanique ne peut dépasser une certaine vitesse de translation, c’est pourquoi un reflex a toujours une vitesse d’obturation maximale fonction de la performance de son obturateur (par ex. 1/8000 ème de sec.).
Le mode de visée Live View s’approche du mode de visée électronique de l’appareil photo hybride sans miroir. Il n’utilise pas le miroir mais il reste lent et peu réactif en pratique (le Nikon D780 a changé cela toutefois). Il impose de plus d’utiliser l’écran arrière pour viser, ce qui n’est guère confortable ni possible dans certaines situations de prise de vue.
L’obturateur mécanique du Nikon Z 7
A l’inverse de ce que vous pourriez penser, un appareil photo hybride sans miroir dispose d’un obturateur mécanique. Il est indispensable pour permettre au capteur de ne recevoir que la quantité de lumière requise pendant le temps de pose, le capteur étant activé en permanence pour transmettre l’image de la scène au viseur.
L’obturateur mécanique est doublé d’un obturateur électronique. Cet obturateur ne bloque pas le passage de la lumière comme son homologue mécanique, mais enregistre le signal du capteur pendant le temps de pose choisi. Cette obturation a l’avantage de ne faire aucun bruit puisque l’obturateur mécanique ne manœuvre pas lorsque l’obturateur électronique est utilisé. Le choix de l’un ou l’autre mode est fait par le photographe.
Les avantages de l’appareil photo hybride sans miroir
Si les hybrides sans miroir ont le vent en poupe désormais, c’est qu’ils permettent de lever plusieurs limites des reflex. Ils permettent des pratiques nouvelles et un confort supplémentaire sans sacrifier à la qualité d’image ni à la performance.
Une visée en conditions réelles
Le viseur d’un reflex montre la scène telle qu’elle est cadrée.
Le viseur d’un hybride sans miroir montre l’image telle qu’elle va être enregistrée sur la carte.
Cette différence est fondamentale car avant même de déclencher vous savez quel sera le résultat final, sans être forcé de regarder l’écran arrière après la prise de vue pour voir si la photo correspond à vos attentes.
La visée en conditions réelles montre dans le viseur :
le champ couvert à 100%,
l’exposition,
la profondeur de champ,
la netteté,
le rendu de l’image,
différentes informations paramétrables telles que l’histogramme, la loupe ou l’indication de mise au point en mode manuel (« focus peaking »).
le viseur du Nikon Z 7 avec différentes informations de prise de vue et collimateurs AF plein champ
La visée électronique affiche le signal en provenance du capteur. Ce principe fondateur permet de lever les contraintes du reflex.
S’agissant du capteur image, le cadre affiché est de 100% par définition.
L’exposition est visible en direct, il suffit d’utiliser le correcteur d’exposition pour adapter le rendu à vos attentes avant même de déclencher.
L’ouverture du diaphragme sélectionnée est l’ouverture utilisée pour la visée, la profondeur de champ est vérifiable et modifiable en temps réel. Le bouton de test de profondeur de champ n’a plus d’intérêt. La visée n’est pas moins lumineuse car le viseur amplifie le signal pour garder une luminosité constante.
La mise au point de l’image est visible elle-aussi directement, certains viseurs (comme celui des Nikon Z 7 et Z 6) permettent d’afficher une loupe dans le viseur pour avoir un aperçu plus précis de la mise au point. Les porteurs de lunettes apprécient.
Le rendu des réglages de prises de vue (par exemple le Picture Control chez Nikon) est visible lui-aussi dans le viseur. Il est possible par exemple de viser en noir et blanc tout en enregistrant un fichier RAW de façon traditionnelle.
Le viseur électronique étant avant tout un écran, il sait afficher différentes informations de prise de vue ou d’aide à la prise de vue. Histogramme ou Focus Peaking (indicateur de mise au point en mode manuel) sont activables depuis les menus. Les options d’affichage diffèrent selon les boîtiers.
Le viseur électronique permet de voir une scène nocturne de façon bien plus confortable que sur un reflex puisque le viseur amplifie le signal reçu pour ajuster la luminosité. La nuit n’a plus de secrets pour vous.
Enfin, cerise sur le gâteau, le viseur permet de voir les photos faites sans quitter l’œil … du viseur. Un simple appui sur la touche de visualisation bascule l’affichage, vous évitant de baisser le boîtier et d’allumer l’écran arrière (ce qui reste possible toutefois).
Poids et taille du boîtier
Un appareil photo hybride sans miroir est plus compact et léger qu’un reflex puisqu’il n’a pas à loger les composants du système de visée optique, dont le prisme de bonne taille sur un reflex plein format, ni le système de motorisation autofocus des objectifs.
comparaison entre le Nikon Z 7 avec zoom Nikon Z 24-70 mm f/4 S (en haut) et le Nikon D 850 avec zoom AF-S 24-70 mm f/2.8 (en bas)
L’hybride sans miroir comporte moins de composants mécaniques, comme l’ensemble miroir et les commandes associées ou le moteur autofocus. Cela permet de gagner de la place et du poids.
La taille des optiques n’est pas plus réduite que celle des optiques pour reflex car leur diamètre est fonction de la taille du capteur et du diamètre de la monture. Le gain en compacité est plus à trouver du côté du boîtier. Les hybrides sans miroir avec capteur APS-C utilisent toutefois des optiques plus compactes que les boîtiers avec capteur plein format (voir le Nikon Z 50).
En vertu des mêmes critères, le poids des optiques ne diffère que peu de celui des optiques pour reflex. Chez Nikon, la monture Nikon Z avec son grand diamètre et son faible tirage mécanique permet de concevoir des optiques plus performantes mettant en oeuvre un nombre limité de lentilles. Moins de lentilles c’est moins de poids.
Autofocus plein cadre
La couverture du champ d’un module autofocus pour reflex est limitée par la position du capteur autofocus dans la chambre reflex. Celui-ci étant éloigné de la monture du boîtier, les contraintes optiques font que l’autofocus (à détection de phase) ne peut fonctionner efficacement sur les bords du champ. Les collimateurs sont donc répartis au centre du cadre, une zone réduite sur les reflex plein format.
Cette limite est levée sur les appareils photo hybride sans miroir car le système de mise au point par détection de contraste analyse le signal en provenance du capteur pour assurer la mise au point, indépendamment de la position du capteur. Il est secondé par un système à détection de phase prenant en compte, comme sur le reflex, les collimateurs centraux. Ce double système permet d’accélérer la mise au point. Ce principe ne peut pas être utilisé sur un reflex sans suppression du miroir, ce qui est par définition impossible.
L’autofocus par détection de contraste des hybrides sans miroir, en analysant le signal du capteur image, supprime tout effet de front/back focus, tout comme le fait le mode de visée Live View sur un reflex. C’est un réglage complexe de moins à faire pour le photographe.
le processeur Expeed 6 des Nikon Z 7 et Z 6
L’autofocus à détection de phase des reflex reste un peu plus réactif encore que certains autofocus pour hybrides, limités par la puissance de calcul des processeurs. Cette limite est repoussée par chaque nouveau processeur (par exemple Expeed 6 chez Nikon) toujours plus performant que la génération précédente, l’écart se réduit donc petit à petit. Par ailleurs l’autofocus des hybrides à détection de contraste ne met en jeu aucun composant mécanique (capteur AF, miroirs et mouvements associés), il est moins coûteux à produire et moins sensible aux pannes (voir le site de fabrication des Nikon Z 7 et Z 6).
Déclenchement silencieux
Le miroir d’un reflex claque en s’ouvrant et en retombant après chaque prise de vue. C’est une des contraintes de la visée reflex.
Sur un appareil photo hybride sans miroir, l’obturation mécanique ne fait pas appel au miroir. Seules les lames de l’obturateur se déplacent, le bruit est faible.
L’obturation électronique est un procédé entièrement électronique, aucune pièce n’est en mouvement lors du déclenchement. Celui-ci est totalement silencieux.
Ce déclenchement silencieux est appréciable si vous faites des photos de spectacles vivants, des photos animalières (une rafale avec un reflex peut effrayer les animaux), de la photo de rue … Pouvoir déclencher dans le silence le plus total est un vrai plus.
Les inconvénients de l’appareil photo hybride sans miroir
Autonomie
Un appareil photo hybride sans miroir met en oeuvre plusieurs composants électroniques activés de façon continue, le capteur et le viseur en particulier. Ceci entraîne une consommation d’énergie supérieure à celle d’un reflex.
L’importante capacité de calcul du processeur nécessaire pour assurer les différentes fonctions (par exemple l’autofocus) entraîne elle-aussi une consommation d’énergie importante.
Les tests CIPA montrent une différence d’autonomie importante à capacité de batterie identique entre hybride et reflex, de l’ordre de 1 à 5. En pratique, le ratio est plutôt de l’ordre de 1 à 2 avec les hybrides actuels car les tests CIPA ne sont pas adaptés au mode de consommation des hybrides.
Sur le Nikon Z 7, ma première prise en main montre que l’autonomie est proche de 700 photos contre 1.100 sur mon reflex D750 (505 photos faites en conditions de test avec 28% de batterie restante). Une batterie complémentaire s’avère indispensable si vous faites beaucoup de photos à la suite alors que ce n’est pas le cas sur un reflex.
Latence à l’affichage dans le viseur
La visée électronique des hybrides sans miroir utilise un écran qui peut avoir, selon ses caractéristiques, un temps de latence à l’affichage. Autrement formulé, l’image de la scène cadrée peut être affichée avec un décalage minime par rapport au viseur optique. Cette latence devient infime avec les viseurs de dernière génération.
Le taux de rafraîchissement du viseur est un autre critère à considérer : s’il n’est pas suffisamment élevé, l’image dans le viseur peut présenter un effet de traînée lors d’un mouvement vertical ou horizontal rapide du boîtier, pendant un filé par exemple. Ceci n’a pas d’effet sur l’image enregistrée. Un taux de rafraîchissement de l’ordre de 60 à 100 fps ne pose pas problème sur les hybrides les plus récents dans la plupart des situations.
Effet Rolling Shutter
L’obturation électronique peut provoquer une distorsion d’image (déroulement ou rolling shutter) avec des sujets se déplaçant très vite. Cette distorsion est due au mode d’acquisition de l’image en obturation électronique. Contrairement à l’obturation mécanique qui capture l’image en une fois (« snapshot »), l’obturation électronique consiste à balayer l’ensemble de l’image, tous les points constituant l’image finale ne sont donc pas capturés au même instant, un peu à la manière d’un scanner.
Si le sujet se déplace très vite, il peut arriver qu’une partie du sujet se soit déplacée pendant le temps nécessaire à balayer l’ensemble de l’image, entraînant ainsi une distorsion sur l’image finale.
L’effet de rolling shutter est un effet propre à l’obturation électronique et ne touche que les sujets en mouvement très rapide (par exemple les pales d’une hélice d’avion). Les systèmes d’obturation électronique les plus récents sont plus performants et en pratique le rolling shutter n’est que peu visible sur les sujets en mouvement rapide. Seuls quelques situations extrêmes peuvent encore poser problème.
Effet blackout
Sur un appareil photo hybride sans miroir, en mode d’obturation mécanique, il convient de fermer l’obturateur avant de déclencher puisque le capteur est activé en continu. Lors de cette fermeture, l’électronique du boîtier effectue un passage au noir du capteur pour remettre à zéro la charge de chacun des photosites. Pendant le temps de pose, les photosites se rechargent sous l’effet de la lumière, c’est cette information qui est alors capturée. Ce passage au noir est appelé effet blackout, il revient à percevoir une image noire dans le viseur pendant un bref instant.
En mode rafale cet effet est d’autant plus visible que les images s’enchaînent et que les temps de passage au noir, de passage en mode visée puis de prise de vue se cumulent pour chaque photo.
Cet effet blackout tend à se réduire avec les boîtiers de dernière génération équipés de capteurs BSI et de viseurs plus performants que les capteurs et viseurs des générations précédentes. Sur certains modèles il n’est plus visible.
Autofocus
Nous l’avons vu, le système de mise au point par détection de contraste des appareils photo hybrides sans miroir fait appel à un calculateur et non à un capteur AF et un jeu de miroirs comme sur un reflex. Ce calcul impose un temps de réaction plus long de l’autofocus.
Les hybrides de première génération étaient pourvus d’autofocus à détection de contraste uniquement tandis que les modèles les plus récents comme les Nikon Z mettent en oeuvre un système double : détection de contraste sur l’ensemble du champ (entre 90 et 100 % selon les marques) et détection de phase dans la zone centrale. Nikon a ainsi pu concevoir un autofocus très réactif, offrant des performances proches de celles du module à 153 collimateurs des reflex récents comme les Nikon D5, D500 ou D850. Il couvre par contre 90% du champ.
La performance de l’autofocus d’un hybride est intimement liée à l’algorithme de calcul. Plus celui-ci est performant, meilleure est la réactivité de la mise au point automatique. Un algorithme pouvant être optimisé, une simple mise à jour du firmware du boîtier permet de bénéficier de performances accrues quand c’est possible, ce que Nikon fait très bien sur ses hybrides depuis leur sortie (voir la version 3.0 du firmware).
Il en est de même pour la sensibilité de détection de l’autofocus, elle-aussi liée à l’algorithme. Elle peut évoluer avec le firmware et gagner 1 à 2 Ev selon les boîtiers et les versions.
La mise à jour du firmware d’un appareil photo hybride est donc une opération primordiale qui permet d’optimiser les performances si le constructeur joue le jeu. Sony a fait le choix de faire évoluer ses hybrides en sortant des nouveaux modèles plus fréquemment. Fujifilm fait évoluer ses boîtiers par mise à jour du firmware sur les séries X et GFX. Nikon a adopté cette démarche sur les Nikon Z.
En conclusion
L’arrivée sur le marché des appareils photo hybrides sans miroir Nikon, Canon, Fujifilm, Panasonic … est un signal fort pour le monde de la photo. Sans être la révolution qu’était l’arrivée des appareils numériques à leurs débuts, l’évolution apportée par l’hybride sans miroir est réelle.
Le reflex n’a rien perdu de ses qualités et continuera d’évoluer. Mais l’attention des constructeurs est désormais portée sur les gammes hybrides. L’appareil photo hybride sans miroir devrait même, selon la plupart des observateurs et j’en fais partie, détrôner le reflex dans les prochaines années en raison de qualités indéniables et d’une capacité à évoluer bien supérieure.
En savoir plus sur les hybrides Nikon sur le site de la marque.
Visite de l’usine Nikon Sendai au Japon, fabrication des Nikon Z 7 et Z 6 et des photos
L’usine Nikon Sendai … ce nom ne vous dit peut-être rien et pourtant il s’agit de la principale usine Nikon au Japon. Celle qui a fabriqué plusieurs des boîtiers mythiques de la gamme Nikon et fabrique aujourd’hui les Nikon hybrides Z 7 et Z 6 à venir au rythme de 20.000 unités par mois.
Visiter l’usine Nikon Sendai est un privilège qui m’a été accordé lors de mon voyage au Japon à l’occasion du lancement de la nouvelle gamme hybride Nikon Z. Bien que toute photographie et prise de notes soit interdite dans l’usine (il faut laisser son smartphone à l’entrée), j’ai reçu une série de photos faites lors de cette visite par le photographe Nikon habilité.
Vous ne découvrirez aucun secret industriel dans cette série d’images, mais si vous vous posez la question de savoir comment est fabriqué un hybride Nikon Z 7, voici de quoi en savoir plus.
L’usine Nikon Sendai au Japon
L’usine Nikon Sendai : une usine Nikon historique
Bien que la production historique ait lieu depuis toujours au Japon, d’autres usines Nikon sont implantées en Thaïlande, en Chine et au Laos. Pour le Japon qui compte plusieurs sites, l’usine Nikon Sendai située à 360 kilomètres au nord de Tokyo est le lieu de production des « flagships », les boîtiers Nikon qui ont marqué l’histoire de la marque et vont la marquer dans les prochaines années. Tous sont d’ailleurs exposés à l’entrée et … ça fait envie !
Depuis son ouverture en 1971, l’usine Nikon Sendai a fabriqué :
le Nikon EM (début de production 1978),
le Nikon F501 (1985),
le Nikon E2 (1991),
le Nikon F5 (1996),
le Nikon D1, premier reflex numérique Nikon (1999),
Nikon Sendai est une filiale à 100% de Nikon Corp.
Nikon Sendai est aussi le centre d’engineering principal pour Nikon, c’est à Sendai que sont mis en place les process de fabrication pour les autres usines, que sont conçus les prototypes Nikon, les outils et méthodes ainsi que les équipements d’assemblage des modules et de contrôle Qualité.
En 2011 Nikon Sendai a subi les conséquences du tremblement de terre dans cette région du Japon. L’usine a du fermer en raison de dommages majeurs, mais la production a pu reprendre trois semaines plus tard avant de retrouver son rythme initial.
La proximité de Fukushima (80 kilomètres au sud) a imposé à l’usine Nikon Sendai des précautions particulières afin de garantir la parfaite conformité des produits livrés.
Nikon Sendai et les Nikon Z7 et Z6
Comme tous les nouveaux boîtiers Nikon, les Nikon hybrides Z 7 et Z 6 sont fabriqués à Sendai. Leur production ne devrait par contre pas quitter Sendai tout comme celle du Nikon D5, à l’inverse d’autres modèles dont la production est répartie dans les différentes usines du groupe.
Pourquoi Sendai ? Parce que c’est la principale usine de boîtiers Nikon et qu’elle a la maîtrise des process de production. Parce que, aussi, elle se situe à deux heures à peine de Tokyo (avec le train à grande vitesse Shinkansen) et que cela facilite les interactions entre les différents services.
La majeure partie des opérateurs de Nikon Sendai est affectée à la production des Nikon Z 7 et Nikon Z 6. Cette production se fait en plusieurs temps, quatre processus majeurs sont implémentés :
fabrication de la monture Z sur une chaîne spécifique de machines outils,
fabrication de chacun des modules (viseur, capteur, obturateur, etc.) sur des chaînes dédiées,
assemblage des modules sur la chaîne principale par des opérateurs et des robots,
contrôle Qualité en sortie de chaîne d’assemblage avant emballage et expédition.
Les photos ci-dessous illustrent la chaîne de fabrication de la monture Z, commune aux deux nouveaux boîtiers, et celle d’assemblage des Nikon Z 7 en production. L’assemblage des Nikon Z 6 utilisera les mêmes installations et process puisque ce boîtier est presque identique au Z 7.
Nikon Z7 et Nikon Z6 : de l’assemblage et des tests avant le Contrôle Qualité
Nikon ne dévoile pas ses secrets industriels aussi n’attendez pas des photos des différents composants et des secrets de fabrication, ils restent confidentiels.
Toutefois la série de photos ci-dessous vous permet de réaliser comment sont assemblés les Nikon Z 7 par les différents opérateurs et robots. Ceux-ci ne sont pas représentés ici pour des raisons de confidentialité mais sont utilisés pour répondre à des besoins de reproductibilité des opérations et de tests de bon fonctionnement.
La chaîne d’assemblage est située dans une zone sous atmosphère contrôlée, le port de tenues adéquates est obligatoire (pour les visiteurs aussi).
En début de chaîne plusieurs opérateurs assemblent les différentes parties du boîtier telles que le châssis, la face avant, la monture, le tout à l’aide d’un outillage spécialisé et de tournevis électriques permettant d’assurer un positionnement précis et un vissage aux normes des différents composants.
Chaque opérateur est responsable de la bonne exécution des opérations qui lui reviennent, celles-ci sont séquencées à l’aide d’un système dédié (confidentiel).
la monture Nikon Z en cours de fabrication
La monture Z fixée sur chaque boîtier provient d’une chaîne de production distincte comprenant des machines outils et des cuves de traitements et nettoyage.
Plusieurs opérations d’usinage permettent d’aboutir à la version finale tandis que plusieurs autres opérations permettent de produire la pièce utilisable (ces étapes sont confidentielles).
la monture Nikon Z finalisée pendant le contrôle Qualité
Sur la chaîne principale, les opérateurs assemblent les modules en provenance des autres chaînes : le module capteur, le module viseur, le module écran arrière, le module obturateur par exemple.
le capteur des Nikon Z 7 en cours d’assemblage
Chacun de ces modules a été préalablement testé et le sera à nouveau lors de la phase d’assemblage, une fois intégré au boîtier en cours de fabrication.
Certaines phases nécessitent l’utilisation de robots afin de garantir une précision du geste optimale à la cadence requise. Toutefois l’opérateur reste omniprésent tout au long de la fabrication. Il en ressort un sentiment de travail artisanal bien qu’il s’agisse de gestes répétitifs, précision et rigueur sont les maîtres mots.
Les composants électroniques, par exemple la carte mère et l’ensemble processeur Nikon Expeed 6, sont fabriqués par ailleurs et assemblés eux-aussi sur la chaîne principale.
Chaque boîtier fait l’objet d’une attention toute particulière de la part des différents opérateurs qui l’ont en charge.
Toutes les opérations sont tracées et le contrôle Qualité final permet de remonter la chaîne en cas de défaut constaté pour identifier la cause du problème. Cette démarche permet d’ajuster le process de fabrication le cas échéant.
La monture Z est une pièce maîtresse du système Z, son grand diamètre impose un positionnement très précis de même que celui des onze connecteurs qui lui font face côté boîtier.
Le viseur électronique des Nikon Z 7 et Z 6 est un autre composant majeur du système Z. Fabriqué par ailleurs, il arrive sur la chaîne finale par lots et subit un contrôle visuel avant assemblage comme fonctionnel une fois assemblé.
Il s’agit d’un ensemble optique et électronique d’une taille certaine qui impose un positionnement précis. Tout mouvement ultérieur est à exclure, d’où le système de maintien intégré au corps du boîtier.
Plusieurs autres opérations d’assemblage ont lieu à la suite, comme la fixation de l’ensemble obturateur. Celui-ci subit une batterie de tests automatisés dès son montage afin de détecter très vite tout problème.
Si vous pensiez que votre boîtier neuf a zéro déclenchement à l’achat, détrompez-vous, il en a déjà plusieurs centaines !
Une fois les différents modules assemblés et testés, les dernières opérations consistent à finaliser l’assemblage du boîtier en lui ajoutant ses différents capots et sa poignée.
Le contrôle Qualité prend la suite, il consiste en plusieurs vérifications, visuelles comme électroniques, manuelles comme automatisées, et prend presque autant de temps que l’assemblage complet du boîtier.
Un soin tout particulier est accordé au nettoyage du boîtier avant emballage. Cette opération peut paraître futile, elle prend pourtant plusieurs minutes à chacun des opérateurs concernés.
Les Nikon Z 7 prennent ensuite le chemin du service expéditions avant d’arriver chez votre revendeur.
De nombreuses autres informations restent confidentielles, ce qui est parfaitement compréhensible, et je tiens à remercier Nikon Corp. et le management de l’usine Nikon Sendai pour m’avoir permis de faire cette visite commentée et m’avoir fourni ces photos.
Dossier : la photographie amateur, que photographiez-vous et pourquoi ? 1/3
Le photographe amateur, à la différence du photographe professionnel, cherche avant tout à se faire plaisir. La pratique de la photographie amateur n’implique pas une exploitation obligée des images faites. Tout est alors permis : laisser libre cours à ses envies, développer une passion, garder trace de moments de vie.
L’autre caractéristique de la photographie amateur est qu’elle n’impose pas de limites : le photographe amateur peut se permettre de photographier ce qu’il veut, comme il le veut, quand il le veut. Il n’a pas de comptes à rendre à un client. C’est ce qui fait la richesse de cette pratique, en général, et parmi les lecteurs de Nikon Passion, en particulier.
Vous êtes très nombreux à avoir répondu aux questions posées en vue de la réalisation de ce dossier sur la pratique photo amateur. Toutes pertinentes, vos réponses permettent de dégager des tendances et de préciser les différents thèmes photographiques traités ainsi que les choix que vous faites en matière de matériel photo, en rapport avec les thèmes couverts.
Dossier : la photographie amateur
Présentation et contexte
Ce dossier a pour but de vous présenter les pratiques photo chez les photographes amateurs et de vous donner des idées pour développer votre propre démarche créative. Il comprend trois articles :
quels sont les domaines photographiques préférés des photographes amateurs,
quels sont les appareils photo utilisés et pourquoi,
quelles sont les objectifs et focales préférés et pourquoi.
Plutôt que de vous proposer des statistiques qui n’auraient que peu de sens sorties de leur contexte, ce dossier vous propose un panorama des pratiques que d’autres lecteurs comme vous mettent en oeuvre. Et des moyens qu’ils se donnent pour arriver à leurs fins.
C’est une façon de comprendre comment vous vous positionnez par rapport à une moyenne, et comment vous pouvez développer votre pratique en vous inspirant de ce que font les autres.
Ce dossier repose sur la prise en compte de plus de 1300 réponses fournies par les lecteurs de Nikon Passion. Les informations présentées sont anonymisées, certains prénoms sont modifiés afin de garantir à chacun le respect de sa vie privée.
Trois tendances fortes
La première tendance qui ressort de vos réponses concerne l’assiduité de chacun. Si certains ont toujours un appareil photo avec eux , vous êtes une majorité à avouer ne pas faire de photos régulièrement. Par manque de temps, mais aussi par manque d’opportunités. Pour chacune des pratiques ci-dessous, vous trouverez des idées de sujets à photographier pour développer votre créativité et trouver les opportunités qui vous font défaut.
La seconde tendance concerne les thèmes traités. Nature et vie de famille prédominent, ce sont les deux principales raisons qui vous ont fait acheter un appareil photo. Vous êtes toutefois nombreux à développer des thèmes peu courants, il y a de belles idées qui montrent de réelles envies d’aller au-delà de la simple photo souvenir.
Enfin, troisième tendance, celle qui touche au matériel photographique. Si le reflex prédomine, c’est normal au sein d’une communauté Nikon, l’arrivée des hybrides se fait sentir au détriment de l’usage des smartphones. Vous éprouvez le souhait de continuer à faire des photos de qualité sans devoir subir le poids et l’encombrement du matériel mais sans céder à la facilité du smartphone dont les performances et possibilités créatives ne sont pas perçues comme suffisantes encore (c’est à pondérer chez les plus jeunes générations, peu représentatives du lectorat Nikon Passion).
Que photographiez-vous ? Les principaux domaines couverts et pourquoi vous le faites
La photographie nature
Cela ne vous surprendra pas, la nature est le principal domaine couvert chez par les photographes amateurs. Les sujets « nature » sont variés mais reviennent dans plus de 80% des réponses :
La photographie de paysage est très souvent considérée comme plus simple par les répondants car la nature est partout, elle n’impose pas de matériel particulier, et l’absence d’élément humain facilite l’approche du sujet.
De plus vous êtes une majorité à pratiquer la photographie de paysage lors de balades, randonnées, vacances, faire des photos est perçu comme une activité complémentaire.
C’est le côté « facile » qui ressort le plus souvent quand vous parlez de photographie de paysage. Vous êtes toutefois nombreux à avouer manquer de créativité et ne pas arriver à faire des images qui sortent de l’ordinaire.
Plusieurs lecteurs partagent des approches plus avancées, qui font appel à une démarche personnelle et une volonté de considérer la photographie de paysage comme une pratique photo à part entière et non un complément aux sorties.
Alain nous dit « je photographie le brouillard » tandis que Pierre nous dit « pratiquer la photo sous-marine » avec un équipement dédié. Jacques, lui, se plaît à « photographier les ciels, les jours d’orages, quand l’ambiance est plombée« . C’est la volonté d’aller au-delà de l’image souvenir pour produire des séries photo réfléchies et construites.
La flore : fleurs, arbres, jardins
Photographie de fleurs et photographie de paysage se confondent souvent. Si les raisons sont les mêmes (lieux, occasions), vous considérez toutefois la photographie de fleurs comme plus délicate car le résultat n’est pas garanti (l’est-il pour autant en paysage ?).
Qu’il s’agisse de macro ou non, photographier les fleurs et obtenir des images nettes, avec un fond intéressant et de belles couleurs demande de l’expérience. Yves avoue toutefois photographier les fleurs « parce que ça ne bouge pas trop » !
Les jardins sont parmi les sujets fréquemment cités, certains d’entre vous se sont lancés dans des séries photo au fond de leur jardin « car la nature est partout, nul besoin d’aller bien loin pour la photographier ».
Là-aussi certains ont développé des pratiques inédites comme Yvan qui « photographie des fleurs pour les envoyer à la femme qu’il aime » ou Isabelle qui « photographie les fleurs pour suivre l’évolution des lieux » qu’elle visite. Gérard se plaît à « photographier les bourgeons » tandis que Georges fait « une photographie par jour, toujours dans les mêmes conditions, des montagnes cévenoles » qu’il aperçoit au travers de sa fenêtre.
La faune : animaux sauvages et domestiques
Les animaux font partie de nos vies et sont parmi vos sujets préférés. La photographie animalière, qu’il s’agisse d’animaux domestiques comme d’animaux sauvages, est une pratique commune chez les photographes amateurs. Vous êtes une majorité à faire des photos d’animaux, d’oiseaux, d’insectes … dans toutes les situations possibles :
posés,
en vol, dans leur milieu naturel,
dans les zoos (aussi !),
chez vous (chiens, chats).
Vous avez différentes raisons de photographier les animaux : au hasard d’une sortie ou d’un voyage comme de façon plus volontaire en allant à leur rencontre dans la nature. Ceux qui pratiquent ainsi disent « apprécier le contact avec la nature » et la « nécessaire patience qu’il faut avoir pour attendre le bon moment« .
Certains d’entre vous se lancent des défis : « photographier les oiseaux en ville », « photographier des oiseaux de concours en cage« , « construire un affût » pour aller au plus près des oiseaux.
Les animaux sauvages sont souvent cités : plus difficiles d’accès, en France comme à l’étranger, vous dites avoir beaucoup de plaisir à tenter de les approcher pour les photographier. Certains d’entre vous organisent des sorties et week-end dédiés à la photographie animalière pendant que d’autres répondent aux projets proposés par leur club photo.
Gilles, quant à lui, nous dit que « ce qui compte c’est d’aller à la rencontre des animaux, la photo est un plus« , une autre forme de pratique, plus tournée vers la nature mais pas moins intéressante pour débuter en photographie.
La photographie sociale
Famille et proches
L’humain est au centre de cette pratique : vos proches, vos enfants et petits-enfants, vos amis, les gens dans la rue, sont autant de raisons de pratiquer ce type de photographie :
portraits,
fêtes de familles,
jeux d’enfants,
moments de partage entre proches.
Vous avez une approche de la photographie sociale très pragmatique : avoir des souvenirs, documenter des moments de vie, voir grandir vos enfants et petit-enfants.
La photographie de famille est largement représentée, que ce soit pendant l’année comme pendant les vacances. Les sujets sont classiques, bien que quelques démarches plus personnelles soient citées :
saisir des expressions inattendues,
porter un regard différent sur ceux que l’on connaît,
voir la surprise de l’autre quand il découvre sa photo alors qu’il ne s’y attendait pas.
Certains sont imaginatifs tel Christophe qui « crée des séries mettant en scène des personnages pour raconter des histoires en photo sur la base de scripts créés pour l’occasion« .
Michel nous dit lui que son « sujet préféré est son épouse car il aime faire ressortir sa sensualité et sa beauté, elle l’inspire« .
Vous êtes nombreux par contre à éprouver une gène lorsqu’il s’agit de « photographier l’autre ». Le regard du sujet sur vous, la situation, la peur de mal faire vous freinent.
De même vous soulevez quelques difficultés à réussir vos photos car « les enfants bougent« , « la spontanéité n’est pas toujours au rendez-vous » ou encore « vous ne ressentez pas d’émotion et n’éprouvez pas l’envie de déclencher« .
Modèles et studio
Une minorité de lecteurs, plus avancés probablement dans leur pratique, ont déclaré pratiquer la photo de studio. Certains photographient leurs proches dans un coin studio organisé à demeure ou pour l’occasion. D’autres font appel à des modèles pour des séances plus spécifiques.
Cette pratique est encore peu courante chez le photographe amateur qui éprouve l’envie de pratiquer le studio mais ne sait pas, ou si peu, comment s’organiser, quel matériel il lui faut et comment diriger son modèle. Vous êtes nombreux à mentionner une vraie difficulté à faire poser l’autre, quand bien même ce sont vos proches.
La photographie de voyage
Pratique incontournable chez le photographe amateur qui apprécie le voyage, la photographie de voyage est citée par tous ceux qui parcourent la planète, à proximité de chez eux comme à l’autre bout du monde.
La première raison est évidente, rapporter des souvenirs de voyage à partager ensuite entre proches. La seconde raison se rapproche du reportage, faire des photos des lieux visités, documenter, montrer.
Vous mêlez aisément la photo de rue, la photo de ville, la photo de paysages et les instantanés du quotidien quand vous faites de la photo de voyage. Il n’est donc pas étonnant de retrouver tout ou partie des sujets précédents dans ce paragraphe.
Vous êtes plusieurs à profiter de vos voyages pour enrichir des séries photo en cours (par exemple « les bancs, les arbres ou les bateaux »). C’est une belle idée qui vous permet de construire des séries pertinentes avec beaucoup de variété.
Plusieurs parmi vous ne se sentent par contre pas le droit de photographier les gens lors d’un voyage, ils expriment une vraie retenue à ce sujet.
La photographie en ville et le territoire urbain
Si vous êtes nombreux à apprécier la nature, vous êtes presque aussi nombreux à aimer photographier la ville. Vous y trouvez de nombreux sujets :
l’architecture urbaine,
la vie dans la rue,
le Street Art,
les marchés,
les paysages urbains,
l’insolite.
Parmi ceux qui précisent faire de la photographie en ville, une bonne partie cherche à montrer la vie sous ses différents aspects. L’humain est au centre de vos préoccupations, de la même façon que les animaux le sont pour ceux qui apprécient les balades dans la nature.
La ville est un lieu d’éternel renouvellement : événements quotidiens, festivités, vie associative, transports, commerces, passants, tout est bon pour observer et déclencher. Parmi vous certains ont développé des approches plus personnelles qui leur permettent de sortir de l’ordinaire.
Hervé par exemple photographie « des formes d’architecture pour créer une composition heureuse mais différente ou transformée par rapport au premier regard et des situations de coïncidences ou de concordances amusantes« .
Morvan nous dit à propos des photos en ville « j’aime avoir des gens dans mes images car je les trouve beaucoup plus vivantes et ces images sont pour moi celles qui racontent le plus d’histoires« .
Vous mêlez parfois photographie en ville et photo de rue ou Street Photography. Toutefois vous faites une différence dans l’approche. Damien par exemple précise « j’aime l’idée de trouver des choses graphiquement intéressantes dans le quotidien que l’on a tous les jours sous les yeux » quand il pense à la ville. Eric s’intéresse à « la géométrie de la ville« , c’est d’ailleurs un sujet qui revient souvent quand vous parlez d’architecture urbaine et de formes et matières.
La ville est aussi l’occasion pour certains comme Roland de « photographier les manifestations publiques, les fêtes, les différents événements ». Certains sont même devenus avec le temps les « reporters de leur commune », et voient leurs photos publiées dans les supports de communication officiels.
Vous n’oubliez pas non plus de photographier les expositions comme les travaux et les transports quand il s’agit de documenter la vie au quotidien.
Vous êtes nombreux encore à avoir le souci du détail en ville et à créer des séries thématiques : les portes, les poignées, les façades … D’autres jouent avec les éclairages, la nuit en particulier, pour profiter de moments plus calmes et faire des photos moins habituelles. La photo de nuit en ville est un sujet récurrent.
Avec l’humain, la lumière reste un élément central dans votre pratique de la photo de ville, vous cherchez les contrastes, les jeux d’ombres et de lumières, vous photographiez à différents moments de la journée pour faire des images différentes de mêmes lieux.
La photographie de spectacles
Deux pratiques différentes pour un résultat différent quand il s’agit de parler photographie de spectacles.
Certains profitent de leur passion pour la photo pour photographier des spectacles, concerts, spectacles de rue. D’autres photographient leurs proches (enfants, parents, amis) lors de manifestations artistiques plus ponctuelles : concerts et spectacles de fin d’année, représentations scolaires, performances artistiques individuelles ou collectives.
Il est intéressant de noter que certains ont démarré en faisant les photos de leurs enfants pour devenir avec le temps le ou la photographe « officiel-le » qui répond aux demandes des associations et partage ses photos. C’est une belle façon de développer une pratique, les occasions ne manquant pas dès que vous élargissez le cercle des possibles : ne plus photographier uniquement ses enfants permet de photographier plus souvent et demande plus de rigueur.
La photographie de concerts est peu représentée, ou bien ceux qui la pratiquent n’ont pas souhaité le mentionner (vous pouvez le faire via les commentaires). C’est une pratique plus complexe, plus technique (gestion des éclairages, post-traitement) et moins accessible (il faut être habilité pour les concerts les plus importants).
Le spectacle de rue fait partie des sujets très souvent cités, en particulier chez les photographes habitant dans les grandes villes qui ont plus d’occasions, par définition, de participer à ce type de manifestations.
La photo de danse revient souvent, parce que c’est une activité que pratiquent de nombreux jeunes et parce que c’est photogénique.
La photographie de sport
Tout comme la photographie de spectacles, la photographie de sport appelle deux pratiques différentes. Peu d’entre vous mentionnent être photographes de sport mais vous êtes nombreux à faire les photos des compétitions auxquelles participent vos proches.
Cette pratique occasionnelle se transforme en activité plus régulière pour certains comme Alain ou Jean-Claude qui « participent à la communication de leurs clubs grâce à leurs photos ». Vous êtes plusieurs, comme Fred, à mentionner « qu’avec le temps et à force de montrer vos photos, vous êtes devenu le/la photographe « officiel-le » du club ».
D’autres pratiquent une autre forme de photographie de sport, plus occasionnelle lors de compétitions locales ou par passion. Certains s’intéressent aux courses cyclistes, d’autres aux courses automobile et rallyes, d’autres encore aux concours hippiques, une pratique à la croisée des chemins entre photographie de sport et photographie animalière.
La photographie d’objets, d’équipements et de matériels
Il faudrait des dizaines de rubriques pour tout cataloguer mais parmi vos réponses, certains sujets ressortent plus que d’autres. C’est le cas de la photographie d’objets, qu’il s’agisse d’alimenter vos annonces en ligne comme de garder le souvenir de biens personnels ou croisés lors d’une balade.
Cette pratique qui peut se rapprocher de la collection d’images touche différents domaines. Certains d’entre vous sont collectionneurs et font des photos de leurs collections (logique) comme Stéphane qui « photographie les Citroën anciennes » (il en possède une) lors des sorties de son club ou ceux d’entre vous qui fréquentent les bourses d’échanges et les concentrations de véhicules de collection.
Ce type de photographie occupe une vraie place dans votre pratique, l’image permettant de créer un lien visuel avec l’objet associé. C’est aussi une façon de garder une trace du passé comme Patrick qui « aime mettre en avant l’esthétisme dont faisait preuve beaucoup de nos ancêtres« .
Il est intéressant de voir comment certains en profitent pour créer des séries à thèmes. Je ne peux citer tous ceux qui font des séries photos de :
maquettes et modélisme,
produits industriels,
meubles,
tableaux et œuvres d’art,
plats,
pour ne citer que ces objets là. Pour les plats il s’agit de photographier l’objet et non le contenu, la photographie culinaire est un autre domaine très peu mis en avant dans vos réponses, il y a des places à prendre si le sujet vous intéresse !
Tout comme pour la photographie de paysage, vous citez la pratique de la photographie d’objets comme simple et abordable car « l’objet est fixe » et « on le trouve partout« . De plus « je n’ai pas à affronter le regard de l’autre » et « je peux publier sans autorisation particulière« .
A ce sujet vous êtes nombreux à citer les problématiques de droit à l’image, d’autorisation et de crainte d’enfreindre les règles (qui souvent n’existent pas ou si peu) quand il s’agit de photographier des personnes pour lesquelles vous n’avez pas d’autorisation spécifique ou des biens qui ne vous appartiennent pas.
Mais aussi … un peu de tout ?
Parce que le photographe amateur profite de son statut pour photographier ce qu’il veut comme il le veut, vous êtes nombreux à mentionner que vous photographiez aussi – surtout – « un peu de tout », sans but particulier si ce n’est celui de profiter de votre équipement pour rassembler des souvenirs.
C’est là que se fait la différence entre ceux qui cherchent uniquement à illustrer le quotidien et la vie de famille, et ceux qui se prennent de passion pour un thème, et qui vont plus loin en développant une démarche créative personnelle.
L’ensemble des réponses montre qu’il n’y a pas de honte à « faire un peu de tout » :
devenir expert d’un sujet n’est pas une obligation, vous appréciez de faire « un peu de tout »,
la photographie est une de vos passions mais pas la seule, vous n’avez pas suffisamment de temps à lui consacrer pour aller plus loin,
vous avez toujours pratiqué ainsi et cela vous convient,
c’est en faisant « un peu de tout » que vous finissez par trouver ce qui vous plait le plus.
Bien que ceux qui revendiquent ce statut de photographe « éclectique » ne cherchent pas à devenir plus experts forcément, vous éprouvez toutefois l’envie de faire de belles images et d’améliorer leur qualité. Vous ne citez que très peu le recours au smartphone, bien qu’il soit dans toutes les poches, car quand vous pensez « photo » vous pensez « appareil photo » alors que le smartphone joue lui son rôle quand il s’agit d’illustrer plus simplement.
Toutes ces pratiques photographiques vous ont poussés à rechercher le matériel qui vous correspond le plus, un reflex Nikon pour la plupart car nous sommes entre passionnés d’une marque qui propose une majorité de reflex. Mais pas uniquement : nous allons voir dans le prochain article sur vos choix d’appareils photo que bien que vous savez faire des choix différents aussi.
Vous n’avez pas répondu au questionnaire mais vous souhaitez le faire ?
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Afghanistan de Steve McCurry, rétrospective en 140 photographies chez Taschen
40 ans de photographie en Afghanistan, un portrait iconique, des compositions étonnantes pour des images prises en situations de guerre, découvrez Afghanistan de Steve McCurry, un magnifique livre de photographies paru aux éditions Taschen.
Certains photographes sont connus pour une seule image, d’autres pour l’ensemble de leur travail (c’est le cas d’Anne Geddes par exemple). Steve McCurry est connu pour … les deux (en savoir plus sur son site).
Sa Jeune fille afghane – l’afghane aux yeux verts Sharbat Gula – a fait la Une de nombreuses publications depuis 1984 quand le photographe l’a immortalisée. Mais les 140 photographies qui composent ce livre rétrospective illustrent l’ensemble du travail de Steve McCurry dans un des pays les plus divisés et les plus dangereux pour les photographes.
Steve McCurry a parcouru le monde tout au long de sa carrière de photographe, mais l’Afghanistan est le pays dans lequel il a passé le plus de temps, près de 40 années de voyages et reportages pour nous ramener des portraits comme ces scènes de tous les jours qui interpellent.
Impossible en effet de rester insensible face à ces portraits serrés, ces regards qui vous transpercent et laisse imaginer ce que peut être l’univers de ces jeunes et moins jeunes dans le « pays de la rébellion » qu’est l’Afghanistan.
De 1979 à nos jours, 140 photographies
Ce livre présente 140 photographies de Steve McCurry réalisées depuis l’année 1979, date du premier reportage de McCurry en Afghanistan.
La mise en page fait la part belle aux images, pas de texte envahissant, pas de légende (mais toutes les photos sont légendées et référencées en fin d’ouvrage), des doubles pages comme des formats plus réduits. L’ouvrage en impose : une belle reliure, un format plutôt grand (26,7 x 37 cm) et 256 pages qui permettent de mettre en valeur ce portfolio incroyable.
On imagine aisément le travail de sélection des photos qu’il a fallu faire pour ne retenir « que » 140 photographies de ces 40 années sur le terrain, mais le résultat est bien là, l’ensemble est cohérent, riche d’images toutes différentes, de séries de portraits, de photos de rues.
Des textes
William Dalrymple – historien, critique, commissaire d’exposition et écrivain d’origine écossaise – signe la postface de l’ouvrage (en anglais, allemand et français) dans laquelle il vous invite à mieux connaître l’Afghanistan.
La seconde partie de cette postface situe le travail de Steve McCurry dans ce pays, explique pourquoi et comment le photographe est arrivé à ce résultat. Ce n’est pas un guide sur le reportage photographique (regardez plutôt ici si c’est ce que vous cherchez) mais bien un éclairage particulier sur le travail d’une vie de la part du reporter américain.
Mon avis sur Afghanistan de Steve McCurry
Il y a des livres de photographies qui méritent plus que d’autres qu’on les glisse dans sa bibliothèque photo. Cette rétrospective est en bonne place dans la mienne car même si je ne cherche pas à reproduire ce type d’images, c’est une source d’inspiration inépuisable pour comprendre la photographie, la lumière, la composition, l’émotion que peut traduire une photographie.
L’éditeur et le photographe ont eu la riche idée de ne pas utiliser la jeune fille afghane comme photo de couverture, mais de laisser la place à une photographie moins connue, signe que l’ouvrage ne se veut pas racoleur mais bien emblématique du travail de Steve McCurry tout au long de ces années.
Ce livre est un livre de collection que vous pouvez (devez !) offrir comme apprécier par vous-même, pour vous-même. Quiconque s’intéresse à la photographie et à la vie y trouvera un intérêt personnel.
Le tarif du livre (60 euros) est particulièrement contenu eu égard à sa fabrication et à la qualité d’impression. Taschen nous a habitué à proposer des ouvrages de qualité à prix mesuré, c’est encore le cas avec Afghanistan.