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La photographie de paysage, heure par heure : comment faire de belles photos de paysage

Faire de la photographie de paysage, c’est apprendre à être patient. Mais aussi à bien préparer vos séances. La lumière, élément essentiel d’une photographie de paysage, change d’heure en heure, le type de photo que vous pouvez faire aussi.

Dans ce guide à la présentation originale, vous allez découvrir quelles photos faire à quel moment de la journée, comment vous préparer, quel matériel utiliser et comment finaliser le rendu de vos photos.

La photographie de paysage, heure par heure : conseils et exemples pour faire de belles photos de paysage

La photographie de paysage, heure par heure : conseils et exemples pour faire de belles photos de paysage

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La photographie de paysage, heure par heure : présentation

Les livres sur la photographie de paysage ne manquent pas, j’en ai déjà présenté plusieurs dont Les secrets de la photo de paysage ou encore Photos de paysage. Ces guides vous permettent de savoir comment faire des photos de paysage en fonction du lieu dans lequel vous vous trouvez : plaine, montagne, bord de mer, …

Le livre de Ross Hodddinott et Mark Bauer, deux photographes de paysages britanniques dont vous pouvez découvrir les photos souvent primées sur leurs sites respectifs, vous propose une approche différente.

La photographie de paysage, heure par heure : conseils et exemples pour faire de belles photos de paysage

Le livre est organisé non pas autour du lieu mais autour de l’heure de la journée à laquelle vous prévoyez de faire vos photos de paysages.

Pourquoi cela change tout ?

Parce qu’entre la lumière du matin, celle de midi, celle de fin d’après-midi ou celle du soir il y a une très grande différence.

Parce qu’au final ce n’est pas le lieu qui fait la complexité de l’exercice, mais la gestion de la lumière.

Cette approche est pleine de bon sens et j’avoue que j’ai adhéré très vite au découpage du livre tel qu’il est proposé :

  • l’aube
  • le matin
  • le midi
  • l’après-midi
  • le soir
  • le crépuscule
  • la nuit.

La photographie de paysage, heure par heure : conseils et exemples pour faire de belles photos de paysage

L’autre centre d’intérêt de ce livre, outre le fait qu’il présente de magnifiques photographies de paysage, est la façon qu’ont les deux auteurs de traiter leur sujet.

Plutôt que de découper les différentes phases (préparation, prise de vue, sélection, traitement) en autant de chapitres, ils ont pris le parti de détailler la conception de chaque photo de A à Z.

La photographie de paysage, heure par heure : conseils et exemples pour faire de belles photos de paysage

Si vous vous intéressez à la photographie de paysage le matin, par exemple, vous allez découvrir dans le chapitre du même nom (page 64 et suivantes) :

  • des explications sur les particularités de la lumière matinale,
  • comment trouver des opportunités de photos le matin (sujets, approche),
  • des conseils sur le matériel (par exemple objectifs) le plus adapté,
  • des encarts « gros plan sur …« , par exemple le mouvement intentionnel (voir aussi Les Secrets du mouvement),
  • la composition des images, comment cadrer, que mettre en avant,
  • le post-traitement, d’une photo, étape par étapes,
  • la présentation commentée de la photo finale.

J’aime beaucoup cette approche, elle présente l’avantage de regrouper toute la démarche, de la préparation au traitement, sans vous forcer à passer de chapitres en chapitres. La lecture est plus agréable et l’apprentissage aussi.

Vous voulez plus d’informations sur les photographies de paysage que vous voyez dans le livre ? L’annexe finale regroupe toutes les photos avec les données EXIF correspondantes.

Vous y trouverez aussi les références et adresses des accessoires et applications citées dans le livre, ainsi qu’un glossaire des principaux termes photographiques utilisés et à connaître.

Conseils et exemples pour faire de belles photos de paysage

Mon avis sur ce livre

Voici un ouvrage qui a le mérite de proposer une nouvelle organisation de son contenu, avec une logique plus proche de celle du lecteur photographe qui souhaite comprendre comment est composée une photo de A à Z.

Les photos des deux auteurs sont magnifiques et sources d’inspiration si vous cherchez des idées et que vous voulez savoir quelles photos sont faisables à quels endroits. Elles sont toutes documentées, tant dans leur réalisation que par leurs données techniques.

Le texte qui accompagne chaque chapitre, et les photos qui vont avec, est complet. Le ton narratif utilisé pour introduire chaque situation de prise de vue est attirant, il donne envie de connaître la suite … et de voir le résultat final.

Conseils et exemples pour faire de belles photos de paysage

Le livre en lui-même est agréable à consulter, l’impression des photos est qualitative, même si la tenue en main du papier pourrait être plus agréable avec un grammage supérieur.

Proposé au tarif public de 23 euros, ce livre va vous intéresser si la photographie de paysage vous intéresse, et vous séduire si ce n’est pas encore le cas.

De quoi vous mettre au paysage à votre tour ?

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Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon : voyez les choses en grand !

En une petite décennie, le constructeur coréen Samyang s’est imposé dans le paysage photographique avec ses objectifs aux tarifs très attractifs dont les qualités optiques n’ont pas à rougir face à celle de Canon et Nikon (en ce qui concerne les reflex).

C’est notamment grâce à ses diverses déclinaisons de 14 mm que Samyang a su se faire une place et un nom. Nous avons testé le Samyang AF 14 mm f/2,8 F qui a la double particularité de succéder au Samyang 14 mm f/2,8 IF ED UMC Aspherical (déjà testé en 2010) et, surtout, d’être le premier modèle du constructeur en monture Nikon F pourvu d’un autofocus.

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

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Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : présentation et contexte

A n’en pas douter, la focale de 14 mm appartient au domaine des grands-angles, et nous ne risquons rien à affirmer que nous sommes même carrément dans celui des ultra-grand-angles puisqu’avec un angle de champ de 116,6 degrés vous allez pouvoir voir les choses en grand ! Ou du moins, en large.

Notez que sur un reflex DX à capteur APS-C, un 14 mm se comporte comme un 21 mm, ce qui reste très large.

En monture Nikon F et capables de couvrir les capteurs 24 x 36 mm (reflex FX), les représentants de cette focale se comptent sur les doigts d’une seule main (à six doigts) :

  • le zoom autofocus Nikon AF-S Nikkor 14-24 mm f/2,8G ED (2199 euros),
  • la focale fixe autofocus Nikon AF Nikkor 14 mm f/2,8 ED (1699 euros),
  • le zoom autofocus Sigma 14-24 mm f/2,8 DG HSM | Art (1449 euros),
  • la focale fixe autofocus Sigma 14 mm f/1,8 DG HSM | Art (1599 euros),
  • la focale fixe à mise au point manuelle Samyang 14 mm f/2,8 IF ED UMC Aspherical (349 euros)
  • et, donc, ce Samyang  AF 14 mm f/2,8 F disponible depuis la mi-2018 à 749 euros.

Un positionnement technique unique et un tarif très attractif : combinaison gagnante pour les amateurs de cette focale ?

Par rapport au précédent  Samyang 14 mm f/2,8 IF ED UMC Aspherical, la formule optique a été revue et modernisée. Nous passons d’une formule à 14 lentilles (dont une asphérique et deux ED) réparties en 12 groupes à 15 lentilles (dont deux asphériques, une ED et quatre HR) réparties en 10 groupes. Au passage, l’angle de champ est passé de 114° à 116,6°.

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon : ici avec le Nikon D750

L’ouverture maximale ne change pas (f/2,8) mais le diaphragme comporte désormais 7 lamelles au lieu de 6. La distance minimale de mise au point est raccourcie à 20 cm, soit 8 cm de moins que sur le prédécesseur.

Enfin, bien que légèrement plus encombrant (90,5 mm de diamètre et 95,6 mm de longueur contre 86 x 92 mm) ce nouveau modèle autofocus réussit le tour de force de peser moins lourd que son aîné à mise au point manuelle : 484 contre 530 grammes !

Petit raffinement supplémentaire : la monture est désormais protégée des infiltrations de poussière et d’humidité par un joint d’étanchéité.

A qui se destine ce Samyang 14 mm ?

A celles et ceux qui aiment avoir leurs pieds dans les photos (souvent, de manière involontaire et accidentelle) et qui n’ont pas envie de dépenser 1500 euros, voire plus, pour cela.

Plus sérieusement, et de manière peut-être un peu contre-intuitive, un 14 mm ne se destine pas forcément à la photographie de paysage (c’est vraiment très, très large) mais plutôt à la capture de sujets se trouvant à moins de 10 mètres et dans les situations où vous risquez de manquer de recul.

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : 1/400 sec. – f/2.8 – ISO 4000

Cela peut comprendre une certaine photographie de reportage, où vous désirez être très proche de votre sujet tout en le contextualisant, et surtout à la photographie d’architecture aussi bien en extérieur qu’en intérieur (les agents immobiliers apprécieront). Ce 14 mm excelle dans l’exagération des perspectives et des fuyantes, de quoi créer des ambiances « dramatiques », comme le diraient les anglo-saxons.

Les plus sadiques l’apprécieront pour des portraits « comiques » ou en tous cas peu flatteurs : l’effet « Cyrano de Bergerac », ça a aussi son charme. Avec son ouverture de f/2,8, le  Samyang AF 14 mm f/2,8 F sait aussi se montrer à l’aise lorsque la luminosité faiblit. Par contre, si vous avez été traumatisé par les couloirs de l’hôtel de « Shining », il est encore temps de rebrousser chemin …

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : 1/60 sec. – f/2.8 – ISO 4000

Toutefois, bien qu’à 749 euros le Samyang AF 14 mm f/2,8 F se montre compétitif face à la concurrence, il faut bien garder à l’esprit qu’il s’agit d’une focale très spécifique et que 749 euros restent un investissement certain.

Si vous n’êtes pas sûr d’apprécier son très large angle de champ, mieux vaudra peut-être d’abord vous faire la main avec un Samyang 14 mm f/2,8 IF ED UMC Aspherical acquis neuf ou d’occasion. Une fois habitué, à vous les joies de la mise au point automatique qui, vraiment, facilite grandement la vie.

Qualité de construction

Le  Samyang AF 14 mm f/2,8 F reprend le design désormais bien connu sur les objectifs autofocus du constructeur : un fût noir légèrement texturé, une bague de mise au point finement cannelée et un petit liseré rouge orangé pour faire joli.

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F :  : le liseré rouge caractéristique des optiques Samyang

La qualité de construction est irréprochable et, même s’il ne confère pas le même sentiment d’indestructibilité qu’un AF-S Nikkor récent, ses presque 500 grammes suffisent à rappeler que vous avez à faire à du sérieux et non pas un jouet.

Pour celles et ceux qui apprécient les choses qui s’emboîtent parfaitement, vous serez admiratif face au bouchon d’objectif démesuré qui, contrairement aux habitudes, ne se clipse pas mais se glisse comme un couvercle sur l’imposant paresoleil, lequel est solidaire du reste de l’objectif afin de protéger la lentille frontale très bombée.

Prise en main et autofocus

Monté sur un Nikon D750, le couple forme un ensemble très équilibré, qui ne pique pas du nez. Puisqu’il s’agit d’un objectif autofocus, il sera aisé de manipuler le tout d’une seule main, même si dans les faits nous aurions plutôt tendance à vous le déconseiller puisque c’est la meilleure manière de perdre l’horizontalité de votre cadrage. Déjà qu’à deux mains, ce n’est pas toujours évident…

Sur l’objectif lui-même, vous ne disposez que du strict minimum : un commutateur latéral permettant de basculer entre la mise au point automatique et la mise au point manuelle, et une bague de mise au point. Celle-ci, très fluide, peut être bougée du bout des doigts… et c’est peut-être son seul avantage.

En effet, comme il s’agit d’une « mise au point par fil » (« wire focusing ring » en anglais), la bague tourne librement à l’infini dans les deux sens, sans butée pour l’arrêter. Comme, en plus, et fort logiquement, il n’y a pas de graduation de la distance de mise au point, vous ne savez jamais très bien où vous en êtes : il faut alors faire une aveugle confiance à l’autofocus. Nous y reviendrons. Quitte à paraître vieux jeu, nous aurions quand-même apprécié que, sur ce genre de focale, la bague de diaphragme soit conservée ou, au moins, un abaque de profondeur de champ afin de pouvoir travailler plus efficacement en hyperfocale.

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : 1/250 sec. – f/2.8 – ISO 1250

En effet, si l’autofocus se débrouille fort bien dans la majorité des situations, dans un silence parfait en sans aucune vibration parasite, il y au moins trois cas de figure dans lesquels il a tendance à paniquer et tomber à côté de la plaque. En tous cas, avec notre D750.

Le premier, mais ce n’est pas vraiment une surprise, est lorsque les conditions lumineuses deviennent très défavorables : en photographie de rue, l’éclairage urbain (le parisien, du moins), est suffisant, mais en intérieur, cela ne suffit pas toujours. Bien que ce Samyang 14 mm ouvre à f/2,8, ce n’est pas encore assez si vous êtes adepte de photographies de fin de soirée ou de fonds de cavernes (si si, il y a certaines similitudes entre les deux exercices).

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : 1/15 sec. – f/2.8 – ISO 7200

La deuxième source de problème est, cette fois-ci, l’angle de champ très large de l’objectif combiné à la couverture AF du reflex : dès que votre sujet ne se trouve pas dans le tiers central du cadre, le boîtier a tendance à paniquer et fait le point sur l’arrière plan.

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : 1/400 sec. – f/5.6 – ISO 100

Enfin, l’autofocus a tendance à perdre les pédales sur les sujets pas assez contrastés. Typiquement, pour peu que le ciel prenne une partie un peu trop importante de votre cadrage, vous pouvez être certain que ce sera la panique à bord. Dans tous ces cas là, mieux vaudra reprendre la main en mise au point manuelle. Oui. Sauf que…

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : 15 sec. – f/5.6 – ISO 100

Cette bague de mise au point pose vraiment problème de par son manque de retour d’information. Combiné à la visée reflex, vous aurez souvent du mal à distinguer si oui ou non le petit coup de poignée dans un sens ou un autre a réellement eu un effet sur le focus, surtout si votre sujet se trouve à plus de deux mètres.

Pour le coup, c’est sans conteste sur un Nikon Z 6 ou Nikon Z 7 que le Samyang AF 14 mm f/2,8 F sera le plus agréable et pratique à utiliser car vous pourrez alors vous appuyer sur le focus peaking pour vous aider dans l’exercice. De plus, vous profiterez directement dans le viseur du niveau électronique afin de bien ajuster votre horizontalité et votre verticalité, ce qui est loin d’être du luxe. Et pour finir d’abonder dans le sens de la visée électronique, vous saurez apprécier, sur trépied, les vertus du zoom électronique pour affiner la mise au point.

Pour autant, malgré les petits désagréments relevés, ne vous y trompez pas : le Samyang AF 14 mm f/2,8 F est un objectif agréable à vivre, docile et fidèle compagnon de balade. Vous devrez juste faire attention à la lentille frontale proéminente, dont la courbure empêche d’ailleurs l’utilisation d’un filtre, qu’il s’agisse d’un modèle vissant ou d’un porte-filtre tel qu’en propose le constructeur Cokin à son catalogue.

Stabilisation

Le  Samyang AF 14 mm f/2,8 F ne dispose pas de stabilisation optique mais, dans le fond, ce n’est pas bien grave. Sa très faible longueur focale permet aisément des prises de vue au 1/15ème de seconde, ce qui est fort plaisant en faible luminosité.

Sur un hybride Z 6 ou Z 7, dont le capteur est stabilisé, vous pourrez même descendre encore un peu plus en vitesse. Dans tous les cas, ce Samyang supporte très bien les micro-vibrations à la prise de vue, et ce n’est donc pas cela qui vous posera problème.

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : 1/15 sec. – f/2.8 – ISO 3200

Performances optiques : vignettage

Lorsque vous lisez « vignettage », vous pensez probablement à « assombrissement des coins ». Ce qui est vrai, dans la majorité des cas.

Toutefois, les très grands-angles, qui aiment bien ne rien faire comme tout le monde, ont une tendance inverse : lorsqu’ils vignettent, les coins deviennent plus clairs, et non pas plus sombres. Du coup, est-ce que le Samyang AF 14 mm f/2,8 F est lui aussi affecté par ce vignettage ? Oui. Est-ce pour autant un problème ? En fait… non.

A moins de ne photographier que des surfaces uniformes (un grand ciel bleu, un pan de mur de briques rouges, du bitume en gros plan, et autres idées), vous ne distinguerez jamais ce vignettage en pratique. En plus, si votre truc ce sont les grands ciels bleus uniformes, il existe toute une ribambelle d’objectifs bien moins onéreux et polyvalents pour cela (le zoom de base ou un simple 50 mm f/1,8 suffisent, mais c’est une autre histoire). Donc savoir que le  Samyang AF 14 mm f/2,8 F souffre d’un vignettage positif est une chose, mais mieux vaut retenir que cela n’a pas de réel impact sur vos images.

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : 1/1000 sec. – f/4- ISO 100

De toutes manières, lorsque vous regarderez les bords du cadre, vous vous attarderez sur un élément bien plus visible : la déformation (et non pas la distorsion).

Performances optiques : déformation et distorsion

Quelle est la différence entre la déformation et la distorsion ? Le premier n’est pas un défaut au sens strict du terme, le second, si.

Il y aurait distorsion si les lignes droites étaient rendues légèrement (ou fortement) courbées, ce qui n’est absolument pas le cas sur ce  Samyang AF 14 mm f/2,8 F. Et c’est probablement son plus grand tour de force ! Les lignes droites restent bien droites : c’est un vrai régal pour les yeux (et les maniaques des fuyantes). Non seulement ce 14 mm voit très large, mais il le fait sans effet fisheye (objectifs pour lesquels la distorsion a été élevée au rang de raison d’être).

Le fait que ce Samyang soit exempt de distorsion permet d’encore mieux jouer sur la déformation inhérente à tout très grand angle.

Si dans le tiers central de l’image tout se passe à peu près normalement, au fur et à mesure que vous vous éloignez vers la périphérie tout s’allonge, s’allonge, s’alloooonge de manière exagérée. Et c’est, justement, cette exagération qui fait tout le piquant de ce type d’objectif, et l’intérêt du  Samyang AF 14 mm f/2,8 F en particulier. La moindre photo d’architecture en contre-plongée prend une tournure dramatique impressionnante, le moindre portrait en plongée transforme complètement une personnalité, la moindre ruelle ou le moindre couleur semble devenir une route sans fin. Même en très gros plan à 20 cm de votre sujet, celui-ci semble flotter dans l’espace.

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : 1/50 sec. – f/8 – ISO 100

Tout devient plus grand, tout devient plus large, et même un sujet à deux mètres vous semble loin, loin, loin, perdu dans les vastes landes du Connemara ou les pleines arides du Far West. C’est aussi saisissant que perturbant, et il faudra, pour pleinement tirer profit de ces capacités, vous creuser un peu les méninges pour sortir de l’image juste « très large ».

Mais c’est ce qui fait de cet objectif un outil tellement attachant : comme il voit le monde d’une manière dont vous n’êtes a priori pas habitué, il vous forcera à sortir de votre zone de confort, remettre en question votre approche photographique, reconsidérer votre manière d’aborder un sujet. Alors que vous pourriez être tentés de vous dire « bah, c’est très large, de toutes manières ça va passer », vous allez au contraire vous rendre compte que l’exercice ne consiste pas à faire rentrer le maximum de choses dans le cadre mais plutôt à ne pas faire rentrer dans le cadre les éléments parasites qui pourraient perturber la lecture de l’image. Et tout cela, donc, sans la moindre distorsion (au risque de nous répéter).

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : 1/3200 sec. – f/4 – ISO 200

Performances optiques : piqué et homogénéité

Exiger d’un tel objectif une parfaite homogénéité n’a pas vraiment de sens puisque, comme nous venons de le voir, tout est fait pour que la périphérie vous fasse entrer dans la cinquième dimension.

Toutefois, ce n’est pas pour rien que les ingénieurs opticiens de Samyang se sont embêtés à remanier leur formule optique et à intégrer quatre lentilles à fort indice de réfraction (les lentilles HR), deux lentilles asphériques et une lentille à faible dispersion (la lentille ED). Alors que le Samyang 14 mm f/2,8 IF ED UMC Aspherical à mise au point manuelle avait tendance à ramollir sur les bords, le nouveau  Samyang AF 14 mm f/2,8 F n’est plus sujet à ce désagrément. Les bords sont juste déformés, mais pas flous. La totalité de la surface d’un capteur 24 x 36 mm est donc correctement exploitée, et c’est un joli tour de force.

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : 1/250 sec. – f/8 – ISO 100

Rendu optique : profondeur de champ

La profondeur de champ augmente lorsque la focale diminue (à point de vue constant) : logiquement, avec le Samyang AF 14 mm f/2,8 F, même à f/2,8 et à 20 cm de votre sujet, la zone de netteté reste très ample. Cet objectif est donc un mauvais candidat si vous êtes du genre à aimer parfaitement isoler votre sujet sur quelques millimètres en le noyant dans un arrière-plan tout flou. Ceci dit, ce n’est pas non plus ce qu’on lui demande.

Pour autant, n’allez pas croire qu’il n’y a pas de profondeur de champ et que tout sera toujours totalement net, bien au contraire. Il suffira pour cela d’une ou deux erreurs de mise au point à f/2,8 pour constater que si l’arrière plan est net, le sujet devant ne l’est pas. Si vous doutez, n’hésitez pas à diaphragmer un petit peu, cet objectif supporte bien les faibles ouvertures.

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F :1/640 sec. – f/3.2 – ISO 200

En fait, ce qu’il y a de plus embêtant dans la gestion de la profondeur de champ avec ce 14 mm, c’est qu’il y a tellement d’informations dans le viseur que vous finissez par ne plus rien distinguer et devenez donc incapable de faire la part des choses. D’où l’intérêt de laisser activé le focus peaking des viseurs électroniques même lorsque vous êtes en mise au point automatique.

Rendu optique : exposition et reflets parasites

Toujours dans cette idée de l’excès d’information, exposer avec un 14 mm n’a rien d’évident. Pour l’occasion, l’excellente mesure matricielle des boîtiers Nikon se révèle salvatrice tant, dans un même cadre, les éléments très lumineux cohabitent facilement avec les zones bien plus sombres.

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : 1/200 sec. – f/2.8 – ISO 125

En exposition pondérée centrale ou spot, l’exercice s’avère des plus délicats, à moins que ce ne soit une licence artistique que d’opter pour des images fortement contrastées. Ça peut aussi être très joli.

En termes de reflets parasites, le traitement de surface du Samyang AF 14 mm f/2,8 F fait de petits miracles. Bien sûr, si vous le faites exprès et êtes d’humeur particulièrement sadique, vous parviendrez toujours à obtenir du flare, mais même dans ce cas celui-ci demeure contenu.

Lors de nos pérégrinations sur le terrain, nous n’avons eu à faire aux reflets parasites que lorsque des sources de lumière artificielles ponctuelles venaient s’inviter dans le cadre malgré nous sans pour autant perturber le reste de l’image. Tout comme pour la gestion de la distorsion, les ingénieurs ont réalisé du très bon travail.

Test Samyang AF 14 mm f/2.8 F pour Nikon

test Samyang AF 14 mm f/2.8 F : 1/15 sec. – f/2.8 – ISO 10000

Samyang AF 14 mm f/2.8 F : pour qui, pour quoi ?

Le Samyang AF 14 mm f/2,8 F peut vous intéresser si :

  • vous recherchez un très grand angle exempt de distorsion,
  • vous appréciez jouer avec les fuyantes,
  • vous êtes amateur de photographie d’architecture,
  • vous êtes régulièrement emmené à photographier dans des lieux avec peu de recul,
  • vous désirez un 14 mm autofocus qui vous coûtera moins de 1000 euros,
  • vous possédez déjà un 14 mm à mise au point manuelle et voulez profiter du confort de l’autofocus.

Le Samyang AF 14 mm f/2,8 F va moins vous intéresser si :

  • vous utilisez un reflex au viseur un peu trop étroit,
  • vous êtes allergique aux images très déformées,
  • vous êtes un fervent utilisateur de filtres optiques,
  • vous n’avez pas le compas (ou le niveau à bulle) dans l’œil.

Cliquez sur l’illustration pour voir les photos de ce test en pleine définition :

Test Samyang AF 14mm F pour Nikon

Test Samyang AF 14 mm f/2,8 F : ma conclusion

Samyang est passé maître dans l’art du 14 mm et, pour sa première proposition d’une telle focale dotée d’autofocus en monture F, c’est une véritable réussite.

D’un point de vue optique, ce Samyang AF 14 mm f/2,8 F est irréprochable : distorsion quasiment inexistante, silence de fonctionnement, facilité de manipulation, résistance au flare. Tous les ingrédients sont là pour faire de cet objectif un must have pour tous les amateurs de très grand angle, qu’ils soient équipés de reflex FX ou d’hybrides 24 x 36 mm.

Ces derniers, d’ailleurs, seront avantagés dès lors qu’il faudra basculer en mise au point manuelle, car c’est bien, paradoxalement, sur ce seul terrain que le Samyang AF 14 mm f/2,8 F se révèle perfectible, la faute à une bague de mise au point plutôt floue dans son maniement.

Mais à 749 euros, il s’offre le double luxe d’être à la fois unique en son genre et d’être disponible moitié moins cher que ses concurrents les plus proches.

Fiche technique et plus d’infos sur le site Samyang

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Nikon Coolpix A1000 : un compact expert avec zoom 24-840 mm, RAW et écran tactile

Nikon annonce le nouveau Nikon Coolpix A1000, un compact expert de petite taille, doté d’un viseur électronique, d’un zoom équivalent 24-840 mm, d’un flash intégré, du format RAW, d’un écran tactile et capable de tourner en 4k.

Ce compact peut-il concurrencer votre smartphone ou les hybrides entrées de gamme ? Voici quelques éléments de réflexion.

Nikon Coolpix A1000 : un compact expert avec zoom 24-840 mm, RAW et écran tactile

Tous les Nikon Coolpix au meilleur prix

Nikon Coolpix A1000, présentation

Coolpix, une gamme de compacts et bridges Nikon qui a connu des jours meilleurs. Forte de dizaines de modèles d’appareils photo compacts il y a quelques années encore, la gamme Nikon Coolpix a souffert de l’arrivée des smartphones dont les performances en photo s’améliorent de modèles en modèles.

Les smartphones souffrent toutefois toujours de l’absence d’un vrai zoom optique, bien que plusieurs compléments optiques de qualité sachent pallier à ce manque en partie.

Les bridges comme le nouveau Nikon Coolpix B600, dotés d’un zoom surpuissant, arrivent encore à intéresser ceux qui s’intéressent à la photographie de lune ou d’avions (voir le test du Nikon Coolpix P1000).

Les compacts étanches comme les Nikon Coolpix W300 gardent quelques longueurs d’avance sur les smartphones, mais plus pour longtemps puisque ces derniers sont de plus en plus nombreux à résister à l’immersion.

Les compacts experts Nikon Coolpix ont aussi souffert de l’arrivée des petits hybrides entrée de gamme dont certains embarquent même un capteur APS-C.

Toutefois Nikon n’abandonne pas la scène sans combattre, et propose un nouveau compact expert, le Coolpix A1000, qui peut vous intéresser si vous cherchez un complément discret à votre reflex tout en gardant la possibilité de traiter vos fichiers RAW et de partager vos photos très vite.

Nikon Coolpix A1000 : un compact expert avec zoom 24-840 mm, RAW et écran tactile

Nikon Coolpix A1000, fiche technique

Le Nikon Coolpix A1000 dispose d’un capteur CMOS rétro-éclairé 1/2,3 pouce dont la petite taille limite le nombre de pixels à 16,8 Mp. C’est largement suffisant pour autoriser des tirages A3, mais la taille du capteur limite toujours la montée en ISO face aux capteurs APS-C plus généreux.

Nikon Coolpix A1000 : un compact expert avec zoom 24-840 mm, RAW et écran tactile

L’objectif est un zoom Nikkor optique dont la plage focale varie de 24 à 840 mm (équivalent 24×36) et l’ouverture de f/3.4 à f/6.9. Ce facteur de x35 est intéressant, notez toutefois que les plus longues focales imposent une grande rigueur au moment de la prise de vue pour éviter le flou de bougé. Bien que doté du système de réduction des vibrations Nikon VR, la focale maximale reste sensible aux moindres mouvements. La commande de zoom permet le retour rapide à la focale initiale.

Nikon Coolpix A1000 : un compact expert avec zoom 24-840 mm, RAW et écran tactile

Le viseur électronique est doté de 1.160 Mp, il est complété d’un écran arrière tactile inclinable de 3 pouces (7,6 cm) et 1.036 Mp. La possibilité de retourner complètement cet écran pour viser face au boîtier pourra intéresser les amateurs de selfies et autres vlogs, j’aurais toutefois apprécié que l’écran bascule vers le haut plutôt que le bas, ce qui facilite la fixation sur un trépied ou une perche comme avec le Canon Powershot G7.

Nikon Coolpix A1000 : un compact expert avec zoom 24-840 mm, RAW et écran tactile

Nikon n’a pas oublié la possibilité d’enregistrer les fichiers au format RAW, ce qui vous permettra de les post-traiter avec bien plus de souplesse que les fichiers JPG, une bonne chose pour réduire le bruit numérique en hauts ISO par exemple.

Le flash intégré peut servir à déboucher les ombres en situation de contre-jour, il n’y a pas de griffe porte-flash sur ce compact qui permette de fixer un flash Cobra, ce n’est pas l’idée associé à ce concept.

Le Nikon Coolpix A1000 permet l’enregistrement vidéo en 4K/UHD 30p comme en Full HD 60p.

La fonction de géolocalisation des photos (ajout des coordonnées GPS dans les fichiers) est disponible via l’application pour smartphones Nikon Snapbridge, celle-ci permet aussi le transfert en wifi ou bluetooth des photos depuis le boîtier vers le smartphone pour un partage rapide.

Le Nikon Coolpix A1000 sera disponible dès février 2019 au tarif public de 449 euros TTC en deux coloris, noir et argent métallisé. Face au Canon G7x Mark II, ce Coolpix A1000 a de quoi se défendre, pour un tarif équivalent il a pour lui un zoom plus puissant qui peut faire la différence.

Source: Nikon

Tous les Nikon Coolpix au meilleur prix


Test Nikon Z 6 : sur le terrain avec l’hybride Nikon

Nikon a choisi de lancer en décalé ses deux hybrides 24 x 36 mm. Arrivé avec l’hiver, le « petit » hybride plein format et son capteur de 24 Mpx  fait l’objet de ce test Nikon Z 6.

Sur le papier, seul le capteur distingue les Nikon Z 6 et Z 7. Pourtant, il ne faudrait pas croire que cette affaire ne se résume qu’à une histoire de définition : descendre à 24 Mp implique de nombreuses conséquences, parfois bénéfiques (comme des fichiers plus légers ou des photosites plus gros donc une montée en sensibilité théoriquement meilleure), parfois moins (le nombre de collimateurs passe de 493 sur le Z 7 à « seulement » 273 sur le Z 6).

MàJ septembre 2024 : le test du nouveau Nikon Z 6III est disponible ici.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

Test Nikon Z 6, le contexte

A l’été 2018, Nikon et Canon ont presque simultanément annoncé leurs hybrides 24 x 36 mm. Les deux Z pour le premier, l’unique EOS-R pour le concurrent.

Quelques semaines plus tard, Panasonic, Leica et Sigma ont officialisé une alliance forgée autour de la monture L (créée et déjà utilisée par Leica). Rebelote, Panasonic annonce deux nouveaux hybrides 24 x 36 mm (prévus pour le printemps 2019), Sigma quant à lui confirme le développement d’un hybride à capteur Foveon 24 x 36 mm.

Dans le viseur de tout ce petit monde : Sony, qui jouit depuis 2013 d’un quasi-monopole sur le marché des hybrides 24 x 36 mm. Cinq ans que cela dure ! Et cinq ans, c’est long. Il fallait donc mettre fin à cette hégémonie.

Si vous êtes familier avec la gamme reflex Nikon FX, vous pouvez positionner les Z 7 et Z 6 comme des équivalents hybrides des D850 et D750.

Si vous êtes plutôt familiarisé avec l’offre hybride, il ne vous aura pas échappé que le Z 7 se positionne pile en face du Sony Alpha 7R Mark III (et son capteur BSI CMOS de 42,4 Mp stabilisé sur 5 axes) quand le Z 6 vient tenir tête au best-seller Sony Alpha 7 Mark III (et son capteur BSI CMOS de 24 Mp stabilisé sur 5 axes). Le tout,  oh heureux hasard, à des tarifs étrangement similaires …

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 : avec la bague FTZ et le Nikon AF-S 58mm f/1.4 G

Pour Nikon, l’enjeu des hybrides Z est donc quadruple :

  • prouver qu’ils sont capables de faire des hybrides au moins aussi bien que ceux de Sony (voire meilleurs, tant qu’à faire),
  • prouver qu’ils sont capables de faire des hybrides au moins aussi bien que leurs propres reflex 24 x 36 mm,
  • empêcher les utilisateurs de reflex Nikon tentés par l’aventure hybride de fuir chez Sony (ou Canon, ou, demain, Panasonic),
  • convaincre les utilisateurs de reflex que l’hybride est l’avenir, que ce soit en termes de boîtier principal ou secondaire (ou vice versa).

Bref, un sacré challenge ! Mais la firme désormais centenaire en a vu d’autres et ne va pas se laisser intimider par aussi peu. Surtout que Nikon a ouvertement annoncé la couleur en affichant son ambition de devenir numéro 1 mondial du marché des appareils photographiques numériques 24 x 36 mm, reflex et hybrides confondus ! Le décor étant planté, il est temps d’entrer dans le vif du sujet.

Noteune petite précision pour ce qui suit, et qui peut avoir son importance. Si le Z 7 a été testé par Jean-Christophe, « nikoniste » en chef, le Z 6 a été testé par Bruno (moi-même), qui ne suis absolument pas nikoniste mais plutôt spécialiste des hybrides, que je suis de très près depuis leur arrivée sur le marché il y a dix ans. De fait, notre approche se révélera sensiblement différente. Toutefois, sans vouloir tuer le suspense, je dois vous confesser qu’au terme des deux semaines de test, je n’avais vraiment, mais alors vraiment pas du tout, envie de rendre le Z 6 …

Toutes les photos de ce test sont disponibles en pleine définition sur le Flickr Nikon Passion.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 24-70mm f/4 S – 70mm – ISO 6.400 – 1/1600 sec. – f/4

Test Nikon Z 6 : prise en main

Gabarit et construction

Sans réelle surprise, puisque c’était annoncé, le Nikon Z6 jouit exactement du même gabarit et de la même qualité de construction que le Nikon Z7, puisque, fondamentalement, ce sont les mêmes boîtiers. Ce qui diffère du duo Nikon D750/D850, le « petit » bénéficiant d’une qualité de construction légèrement inférieure (ou le D850 d’une finition légèrement supérieure, histoire de point de vue). Là, pour les hybrides, c’est bonnet blanc et blanc bonnet, et personne ne viendra se plaindre.

Par rapport à la concurrence hybride, et aux Sony Alpha 7 et 9, les Nikon Z profitent d’une qualité de fabrication et d’assemblage nettement supérieure.

Cela se ressent dès le premier contact : rassurant, dense, à la fois familier tout en demeurant suffisamment différent pour se distinguer. Un seul constructeur photo, aujourd’hui, peut se vanter de faire aussi bien : Leica. Et encore, en termes d’objets, les Nikon Z se révèlent dans les faits un cran au-dessus de leur concurrent allemand, le SL Type 601 (et c’est un leicaïste acharné qui vous le confesse).

Les ajustement sont impeccables, les revêtements bien choisis, les finitions irréprochables, le toucher des commandes physiques est superbe et digne des meilleurs reflex professionnels de Nikon. Les caches de connectiques, à gauche, inspirent confiance quant à leur rôle de barrière anti-poussière et humidité.

Vraiment, cela fait plaisir. De quoi faire presque passer les Sony pour des jouets (mais cela n’a rien de péjoratif).

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 : la molette de sélection des modes d’exposition et les touches supérieures

Ergonomie et commandes

Verlaine faisait souvent ce rêve étrange et pénétrant d’une inconnue qui n’est chaque fois ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. Ce sont ses vers qui viennent immédiatement à l’esprit lorsque vous passez d’un reflex Nikon à un hybride Nikon Z.

Oui, il y a comme quelque chose de changé mais, dans le fond, la philosophie est respectée et même si certaines touches ont bougé, il ne faut que quelques secondes pour retrouver ses petits. Les ingénieurs ne sont pas tout à fait repartis d’une page blanche et semblent avoir profité de l’occasion pour concrétiser l’expérience acquise avec leurs reflex, en la déployant sur un nouveau terrain de jeu.

Ici, que vous soyez nikoniste fidèle ou nouveau venu, tout vous semblera logique et disposé de manière naturelle … à part peut-être la touche de lecture, en haut à gauche, qui oblige à une manipulation du boîtier à deux mains.

Toujours est-il que, contrairement à un Sony Alpha 7 ou un Leica SL, vous n’aurez pas besoin de jouer aux devinettes ni vous demander si les ingénieurs qui ont mis au point les Nikon Z ont déjà utilisé un appareil photo : de toute évidence, oui.

Bon, apparemment, ils ne semblent pas prendre de photos de nuit, ou en basses lumières, puisque les touches ne sont pas rétroéclairées (contrairement au D850), mais ils se rattrapent habilement avec les touches Fn1 et Fn2 personnalisables, disposées en façade, à côté de la monture.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 : les deux touches de fonction en face avant

Par défaut, ces touches permettent de régler la balance des blancs, le type d’autofocus et la couverture autofocus, ce qui est très bien vu. Il faudra, toutefois, pour les petites mains, savoir faire preuve de souplesse et de dextérité pour atteindre ces touches.

Parmi les points ergonomiques les plus appréciables, l’écran secondaire sur l’épaule droite arrive en première position. Commun sur les reflex, il demeure bien trop rare sur les hybrides. Probablement par manque de place : la quête de la compacité maximale n’a pas que des avantages.

Le commutateur permettant de basculer entre mode photo et mode vidéo est idéalement situé, en bas à droite du viseur. Il s’accompagne d’un changement du menu rapide (touche « i ») qui affiche, en fonction, les paramètres photo ou les paramètres vidéo. Bien !

Au passage, le déclencheur vidéo se trouve là où doit se trouver un déclencheur vidéo : à côté du déclencheur photo. Cela évite les enregistrements intempestifs, comme cela a longtemps été le cas sur les hybrides Sony.

Le viseur électronique et l’écran tactile

Le viseur électronique étant le même que celui du Z 7 (OLED d’environ 3.690.000 points), il est ce qui se fait de mieux en cette fin d’année 2018 en termes de finesse et de confort d’affichage. L’OLED a cet immense avantage d’épargner au photographe l’effet arc-en-ciel typique des viseurs LCD, auquel nous sommes tous plus ou moins sensibles et qui peut rapidement se révéler inconfortable.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 : le viseur, l’écran supérieur et l’écran tactile arrière

Pour quelqu’un venant du monde du reflex, la visée électronique demandera un léger temps d’adaptation mais, une fois dépassée la barrière du rendu forcément moins naturel par rapport à un viseur optique, vous ne verrez plus que les avantages :

  • cadrage à 100 %,
  • balance des blancs en temps réel,
  • exposition en temps réel,
  • informations sur les réglages du boîtier,
  • guides de cadrage sous la forme de grille,
  • niveau électronique,
  • assistances à la mise au point manuelle.

Sur ce dernier point, et particulièrement si vous êtes amateur de macrophotographie, le focus peaking qui surligne les zones nettes deviendra rapidement un allié dont vous aurez du mal à vous passer. Et même si vous l’avez connu, vous ne regretterez certainement pas ce bon vieux stigmomètre !

D’un strict point de vue technique, l’écran retenu pour le Z 6 est un très beau modèle. Large diagonale de 8 cm, définition généreuse d’environ 2.100.000 points, angles de champ très larges. Comme toujours sur les modèles experts et professionnels de Nikon il bénéficie d’une colorimétrie au-dessus de tout soupçon.

La visée sur écran sur un hybride est très différente de celle que vous pouvez connaître sur un reflex, via le mode « LiveView », pour une simple et bonne raison : que vous cadriez à l’aide du viseur ou à l’aide de l’écran, l’autofocus est strictement le même sur un hybride, puisque dans les deux cas c’est le capteur qui travaille.

Sur un reflex, au contraire, vous pouvez légitimement rechigner à utiliser l’écran car cela implique une mise au point moins vive et une latence supplémentaire lors du déclenchement puisque le miroir doit descendre puis remonter. Mais là, sur un hybride, plus aucun problème. A vous les joies de la visée à bout de bras ou au ras des pâquerettes ! Ce d’autant plus que l’écran est articulé. Mais, justement …

Pour ses hybrides Z, Nikon a retenu l’option d’une articulation classique, sur charnière et non sur rotule, similaire à ce que vous trouvez sur les D750 et D850. L’avantage est que le cadrage demeure dans l’axe optique du viseur, du capteur (et donc de l’objectif) et que l’accès aux connectiques latérales gauches n’est pas gêné.

Mais cela implique aussi que vous ne pouvez pas complètement retourner l’écran pour, par exemple, vous filmer, ce qu’aurait permis un mécanisme sur rotule. Nikon s’adresse ici clairement plus aux photographes qu’aux vidéastes. Mais, finalement, ce n’est pas le principal défaut de cet écran, mauvais rôle qui revient à la gestion du tactile.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 50mm f/1.8 S – ISO 1000 – 1/320 sec. – f/1.8

S’il est possible de naviguer dans les menus, de faire défiler les clichés capturés, de sélectionner le collimateur autofocus et de déclencher en tapotant sur l’écran, entre autres actions, le tactile sur les Nikon Z demeure grandement sous exploité. Deux fonctions manquent cruellement.

La première est celle permettant d’agrandir et rétrécir à la volée la zone de couverture AF en pinçant ou étirant l’écran. Ceci dit, il y a une molette, fort bien faite, qui permet déjà cela.

La seconde absence est plus énigmatique, d’autant plus qu’il s’agit d’une fonction que l’on retrouve, par exemple, sur le reflex milieu de gamme D5600 (qui dispose d’ailleurs d’un écran sur rotule) et aurait d’autant plus fait sens sur un hybride : la possibilité de déplacer le collimateur autofocus en glissant son doigt sur l’écran tout en gardant l’œil dans le viseur.

Ce genre de fonction change la vie et, là encore, un joystick a beau être présent, sa mise en œuvre se révèle, dans la pratique, bien moins rapide et précise. Ce qui peut rapidement vous rendre dingue si vous êtes de ceux qui portent l’appareil photo à l’épaule : est-ce à cause de l’écran tactile ou du joystick, nous ne l’avons pas déterminé, mais toujours est-il que le collimateur a tendance à bouger tout seul lorsque vous vous baladez avec votre boîtier sur le côté. Agaçant.

Un dernier mot sur la visée pour évoquer la gestion de la bascule entre viseur et écran. Si une touche, à gauche du viseur, permet de sélectionner manuellement votre mode préféré (uniquement l’écran, uniquement le viseur, bascule automatique entre les deux), cette dernière bascule automatique se montre régulièrement capricieuse. En fait, le détecteur de proximité sur le viseur a tendance à se révéler un peu trop sensible : il ne sera pas rare que, lorsque vous cadrerez via l’écran, appareil au niveau du ventre, vous perdiez subitement l’image puisque celle-ci sera partie dans le viseur électronique. Mais bon, rien de dramatique, une mise à jour du firmware suffira à corriger le tir.

Les menus

Pour ses hybrides Z, Nikon a préféré reprendre des menus inspirés de ses reflex. Ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise chose. C’est bien parce que, si vous comptez faire la transition depuis votre reflex Nikon, vous retrouverez rapidement vos marques. C’est bien parce que, si vous venez d’un autre système hybride, vous aurez le plaisir de découvrir que les menus Nikon comptent parmi les plus rationnels, en tous cas infiniment plus logiques que ceux de Sony… mais quand-même moins pragmatiques et plus fouillis que ceux de Canon…

Le mauvais côté de cette transposition, c’est que les menus répondent à une logique reflex mais pas encore à une logique hybride. Oh, pas de quoi s’inquiéter : dans le fond, rien de rédhibitoire, mais c’est quand-même assez agaçant de devoir aller chercher au fin fond des sous-menus le paramétrage du focus peaking, l’activation ou non du déclenchement totalement silencieux, l’activation ou non du déclenchement avec premier rideau électronique.

Si vous êtes déjà rodé à l’utilisation d’un hybride Panasonic ou Fujifilm, vous aurez ici l’impression de faire un pas en arrière et d’avoir un reflex dans les mains. C’est donc un peu dommage mais parions que Nikon saura entendre les retours de ses clients afin d’ajuster le tir dans de prochaines mises à jour du firmware.

L’autonomie

Tout comme le Z 7, le Nikon Z 6 utilise une batterie EN-EL15b de 1900 mAh, une capacité plutôt généreuse pour un hybride mais très légèrement en-dessous des 2280 mAh des NP FZ1000 utilisées par les Sony Alpha 7 de la génération Mark III.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 : la semelle avec fixation trépied et la trappe batterie

Les conditions météorologiques n’étaient pas très favorables lors de nos deux semaines de test puisque le mercure oscillait entre 0°C et 5°C, ces basses températures n’étant jamais propices à battre des records d’endurance. Néanmoins, nous sommes arrivés à capturer en moyenne 450 vues sur une seule charge en conditions de test, ce qui est à la fois fort honorable et nettement mieux que les 300 vues avancées par la fiche technique. Notez au passage que le WiFi et le Bluetooth étaient désactivés.

Point important, qui ravira les utilisateurs de reflex et plus précisément ceux des gammes D7000, D500, D600, D750 et D800, puisqu’ils pourront réutiliser leurs batteries EN-EL15a dans leur hybride Nikon Z. Avec une contrainte toutefois : seule les EN-EL15b permettent la recharge via la prise USB 3.0 Type C du boîtier. Pour les accumulateurs plus anciens, il faudra passer par le chargeur secteur.

Aurait-il été possible d’améliorer encore un peu l’autonomie du Nikon Z6 ? Très certainement, et pour cela Nikon aurait pu/dû s’inspirer de ce qu’il faisait déjà sur ses hybrides Nikon 1 ainsi que ce que pratique la concurrence. Quand le Nikon Z6 est équipé du zoom 24-70 mm f/4, le fait de rétracter l’objectif fait gagner en compacité et verrouille les réglages mais le boîtier demeure allumé, ce qui est une perte inutile d’énergie.

Nous aurions pu imaginer que, simultanément, le boîtier entre dans un mode veille où l’alimentation de l’écran et du viseur, la stabilisation mécanique, les éventuelles connections WiFi et Bluetooth seraient automatiquement coupées. Tout cela sans complètement éteindre l’appareil, qui serait prêt à reprendre du service dès le zoom déployé et en ordre de marche. Une piste à creuser pour les ingénieurs Nikon afin que les utilisateurs de reflex n’aient pas, en optant pour les hybrides, la désagréable sensation de subir un retour en arrière.

La connectique et la carte mémoire

Pour ses premiers hybrides, Nikon n’a pas fait les choses à moitié puisque tout est là pour votre bonheur.

Sur le côté gauche, vous retrouverez la prise USB 3.0 Type C, la prise mini-HDMI, la prise télécommande, la prise micro et la prise casque. Seule manque à l’appel la prise synchro-flash mais celle-ci a tendance à tomber en désuétude.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

Pour rester sur les connectiques, le Z6 dispose du Wi-Fi IEEE 802.11b/g/n/a/ac ainsi que du Bluetooth 4.2. Tous deux permettent, entre autre, de connecter le boîtier à votre smartphone via l’application Snapbridge. L’occasion au passage de relever les progrès réalisés par Nikon pour rendre cette connexion rapide et stable, vous ouvrant les joies du pilotage sans fil de votre boîtier.

Très pratique si vous avez besoin de déclencher à distance tout en conservant la main sur les réglages de l’appareil, la zone de mise au point ainsi que le cadrage.

La carte mémoire est, vous l’aurez certainement déjà lu, relu et compris, une unique XQD. De ce côté-ci, pas de commentaire spécifique si ce n’est qu’il faut bien reconnaître que, par rapport à une SD, on a moins peur de plier accidentellement la carte.

Celle que Nikon nous a confiée pour le test était une Sony XQD Série H de 16 Go, un modèle relativement ancien ne débitant « que » 144 Mo/s en lecture et écriture, des valeurs faibles par rapport aux XQD plus récentes capables de dépasser les 400 Mo/s, mais qui ne brident néanmoins pas le boîtier. Ce que, d’ailleurs, nous allons voir tout de suite.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 : l’emplacement carte et les contrôles arrières

Test Nikon Z 6 : Autofocus et réactivité

L’autofocus avec un hybride

L’une des grandes différences entre un hybride et un reflex, c’est que sur l’hybride c’est le capteur image qui sert aussi de capteur autofocus alors que sur un reflex l’autofocus profite d’un capteur dédié, les fameux modules Multi-CAM.

Donc, ici, sur le Z 6, pas de Multi-CAM, mais 273 collimateurs répartis sur une surface équivalente à 90 % de l’image. A titre de comparaison, le D750 et son module Multi-CAM 3500 FX doit se contenter de 51 collimateurs et une couverture que Nikon ne précise pas, mais qui n’est certainement pas de 90 %. Dans la pratique, qu’est-ce que cela change ? Mine de rien, plein de trucs.

La couverture à 90 % permet de positionner son collimateur dans des zones périphériques auparavant inaccessibles sur un reflex. Cela se révèle fort pratique si votre sujet ne se trouve pas au centre et que vous n’avez pas la possibilité de déplacer l’appareil afin de ne pas perdre votre cadrage, notamment si vous êtes sur trépied.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 24-70mm f/4 S – 70mm – ISO 6400 – 1/1000 sec. – f/4

Pour le suivi du sujet, la zone de détection se révèle plus large. Le nombre de collimateurs, même s’il n’est « que » de 273 sur le Z 6 contre 473 sur le Z 7, a deux implications :

  • la première est que les collimateurs peuvent être regroupés en zones plus ou moins vastes, affinant ainsi plus ou moins la précision de la zone sur laquelle vous désirez effectuer votre mise au point,
  • la deuxième est que, par rapport aux 51 collimateurs classiques d’un reflex, il y a moins de zones « mortes », ce qui profite au suivi du sujet.

Voilà pour la théorie. Et là, bonne nouvelle : en pratique, le Nikon Z 6 sait tirer parti de tous ces avantages !

L’autofocus du Nikon Z 6 en pratique

Il est bien. Il est même très bien. Tant qu’il fait jour. Mais nous y reviendrons. Plusieurs modes s’offrent à vous :

  • AF Zone réduite,
  • AF point sélectif,
  • AF zone dynamique,
  • AF zone large (S ou L),
  • AF zone automatique.

Nous avons surtout utilisé les modes AF Zone réduite et AF zone automatique : pas besoin de se compliquer la vie, le boîtier parvient dans l’écrasante majorité des cas à trouver lui-même le sujet, le verrouiller, le suivre, ce qui laisse autant de temps de cerveau disponible pour se concentrer sur autre chose.

Ceci dit, quitte à paraître un peu nostalgique et conservateur, un mode avec un seul et unique collimateur central qui ne bougerait pas à la moindre pichenette sur le joystick aurait été plus qu’apprécié.

Si tout se passe bien lorsque la lumière est au rendez-vous, il n’en va pas de même de nuit. Le seuil de détection du module AF du Z 6 est abaissé à -2IL (-1IL pour le Z 7), mais cela ne suffit pas toujours. En fait, et c’est plutôt rageant, dans les très faibles conditions de lumière, le boîtier a comme tendance à paniquer et ne sait plus s’il doit faire confiance à ses collimateurs AF, à sa stabilisation, ou s’il doit monter en sensibilité. Et ceci est vrai quel que soit le mode PSAM retenu, le problème ayant de plus été rencontré aussi bien avec le zoom Nikkor S 24-70 mm f/4 que le Nikkor S 50 mm f/1,8 qui, a priori, est plus à l’aise en basse lumière (voir la liste de tous les objectifs NIKKOR Z compatibles).

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon AF-S 58mm f/1.4 – ISO 1600 – 1/200 sec. – f/1.4

Concrètement, cela se traduit par une image qui se fige totalement dans le viseur, imposant une attente de quelques secondes avant de vous redonner la main pour une autre tentative. Ce désagrément est la plus grosse ombre au tableau du Z 6, et de très loin, ce qui gâche quelque peu le plaisir.

Réactivité : latence inter-image

En se contentant de « seulement » 24 Mp (tout est relatif), le Nikon Z 6 génère des fichiers plus légers et faciles à manipuler que ceux du Z 7 et ses 45,7 Mp. Pour autant, il ne s’agit pas de petits fichiers puisque, en moyenne, un JPEG Fine*, la plus haute qualité disponible, oscillera entre 10 et 12 Mo, quand un fichier NEF en 14 bits occupera autour de 31 Mo. Bref, le processeur Expeed 6 n’a pas franchement le temps de se tourner les pouces.

En déclenchement simple, il faut compter 0,19 seconde entre deux images, aussi bien en JPEG qu’en NEF + JPEG. Nous sommes dans les valeurs classiques pour un hybride, comparables à celles des Sony Alpha 7 Mark III, et dans cet exercice ce n’est de toute manière pas le boîtier le facteur limitant mais plutôt la musculature et la vivacité de votre index sur le déclencheur.

Pour l’exprimer autrement, par rapport à un reflex, vous ne sentirez aucun désagrément, ni lag : l’attente entre deux déclenchements est quasiment nulle.

A l’aveugle, sur cet exercice, entre un Z 6 et un D750, c’est du pareil au même, avec un très léger avantage pour le Z 6 puisqu’il n’y a pas de miroir à relever.

Réactivité : rafales

C’est en rafale que le Z 6 est attendu au tournant, surtout par rapport au Z 7. Plusieurs modes sont à votre disposition :

  • continu L (CL),
  • continu H (CH),
  • continu H étendu (CH+).

Il est possible de régler la vitesse de rafale CL entre 1 et 5 images par seconde. La rafale CH est donnée pour 5,5 vues par seconde par Nikon. Enfin, la rafale H étendue est, vous l’aurez deviné, celle censée affoler les chronomètres puisque Nikon promet 9 vues par seconde en NEF 14 bits et jusqu’à 12 vues par seconde en NEF 12 bits !

Inutile de faire durer plus longtemps le suspense : dans tous les cas de figure, le Z 6 tient ses promesses haut à la main, et ce malgré notre carte XQD qui n’est pas la plus rapide du marché. Vous avez même droit à un bonus puisque les cadences relevées s’avèrent en fait légèrement supérieures, d’environ 10 %, à celles annoncées, mais c’est juste pour l’anecdote.

Sur cet exercice, le Nikon Z 6 fait donc mieux que le D750 qui, dans le meilleur des cas, montait à 6,5 images par seconde. Au passage, Nikon en profite pour faire la nique au Sony Alpha 7 Mark III qui, lui aussi pourvu d’un capteur de 24 Mp, ne grimpe « que » à 8,4 images par seconde en rafale H et 10,5 images par seconde en rafale H+.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 50 mm f/1.8 S – ISO 1600 – 1/200 sec. – f/1.8

Il faut néanmoins, face à tant d’enthousiasme, tempérer un peu les propos. Premier point : notez que le mode rafale CH, à 5,5 images par seconde, n’apporte pas grand chose par rapport à un mode CL à 5 images par seconde. Veillez donc à ajuster au mieux votre cadence en CL afin d’éviter les doublons sur le terrain.

Deuxième point : en CL aussi bien qu’en CH, le nombre de vues capturées est illimité. Du moins, l’enregistrement continue aussi longtemps qu’il reste de la place sur la carte mémoire, de l’énergie dans la batterie, et de la volonté dans le photographe.

En mode H étendu, par contre, le buffer sature beaucoup plus vite puisque vous serez limité à une quarantaines d’images en JPEG et à une grosse vingtaine en NEF ou NEF+JPEG.

Autre point important : pour permettre ces hautes cadences de rafale en mode H étendu, le boîtier fait l’impasse sur plusieurs réglages :

  • l’exposition est calée sur la première image mais ne change plus dans celles qui suivent,
  • l’anti-scintillement est désactivé, ce qui peut, notamment en éclairage artificiel, entraîner un banding très visible, et pas forcément esthétique.

Enfin, comme précédemment signalé, pour atteindre les 12 images par seconde en NEF, il faut redescendre à 12 bits, ce qui impose d’aller modifier le réglage ad-hoc dans les menus. Cela ne s’improvise donc pas à la dernière minute une fois sur le terrain.

Test Nikon Z 6 : Qualité d’image

Montée en sensibilité

Tout comme les Nikon Z 7 (et le D850, ainsi que les concurrents hybrides de Sony), le Z 6 dispose d’un capteur BSI CMOS dit « rétroéclairé », une technologie réputée, à raison, offrir de meilleures montées en sensibilités que les classiques capteurs FSI CMOS.

La différence avec le Z 7 est que nous n’avons ici plus que 24 Mp, ce qui implique des photosites plus grands donc, in fine, théoriquement, une meilleure montée en sensibilité. Dans la pratique, cela se traduit par une plage de sensibilité décalée vers le haut : de 64 à 25.600 ISO par défaut pour le Z 7, de 100 à 51.200 ISO par défaut pour le Z 6. Vous avez, sur le Z 6, la possibilité de descendre à 50 ISO (position Lo 1 IL) et de monter jusqu’à 204.800 ISO (position Hi 2 IL).

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 50 mm f/1.8 S – ISO 16.000 – 1/640 sec. – f/1.8

Evacuons tout de suite la question des sensibilités extrêmes, comprendre « au-delà de 51.200 ISO » : elles ne sont pas utilisables. Ou, plutôt, si votre but est de faire de la reconnaissance et de l’espionnage nocturne, oui, pourquoi pas. Mais si votre but est de produire des photographies exploitables et au minimum esthétiques, vous éviterez de dépasser 51.200 ISO.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 50 mm f/1.8 S – ISO 16.000 – 1/125 sec. – f/1.8

En fait, même à 51.200 ISO, c’est déjà très limite, mieux vaut rester raisonnable et ne pas dépasser 25.600 ISO, ce qui est déjà une valeur très élevée en pratique. En conditions de faible luminosité, le Nikon Z 6 se révèle étonnamment à l’aise entre 8.000 et 16.000 ISO, plage à laquelle vous vous surprendrez régulièrement de travailler.

Capturer des images à 10.000 ISO devient une deuxième nature et c’est, en tous points de vue, très surprenant.

Le lissage est vraiment bien maîtrisé en JPEG et, en fait, cela ressemble plus à un grain presque argentique qui n’est pas dénué de charme.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 50 mm f/1.8 S – ISO 20.000 – 1/160 sec. – f/1.8

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 50 mm f/1.8 S – 51.200 ISO – 1/1000 sec. – f/1.8

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 50 mm f/1.8 S – 51.200 ISO – 1/250 sec. – f/1.8

Toutes les photos de ce test sont visibles en pleine définition

Test Nikon Z6 - photos

Pour les photos en faible lumière, ce ne sont pas les excellentes aptitudes du Z 6 en haute sensibilité qui vous séduiront mais plutôt sa stabilisation du capteur au sujet de laquelle nous n’hésiterons pas un instant à écrire que « pour un coup d’essai, c’est un coup de maître ».

D’emblée, Nikon se positionne au-dessus de Sony, avec un rendu plus souple, plus agréable et, c’est quand-même le but, plus stable. Cette stabilisation fonctionne sur 5 axes avec les optiques Z et 3 axes avec les optiques AF-S.

Sur le Z 6, la stabilisation est tellement bonne qu’elle permet de justifier de ne proposer un zoom de base n’ouvrant « que » à f/4 constant. Le diaphragme « perdu » côté objectif est largement compensé par l’efficacité de la stabilisation du boîtier, le gain en compacité et en légèreté par rapport à un transtandard ouvrant à f/2,8. A tel point que sur le terrain le seul moment où l’on pourrait regretter une ouverture plus généreuse est lorsque l’envie d’une profondeur de champ plus courte se fait ressentir.

Parce qu’avec sa plus faible définition le Z 6 est moins exigeant que le Z 7, la stabilisation se révèle également plus permissive et, à main levée vous pouvez descendre jusqu’au quart de seconde (cf la photo de manège).

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 50 mm f/1.8 S – 100 ISO – 1/5 sec. – f/14

C’est plutôt un bel exploit et, pour aller en-dessous de cette vitesse, ce sont plutôt les limites physiologiques du photographe qui seront mises à l’épreuve que les capacités propres du boîtier. Toujours est-il que, même avec un 50 mm, vous vous surprendrez régulièrement à photographier entre 1/10 et 1/20 de seconde en basse lumière sans avoir à subir les vibrations induites par la remontée du miroir auxquelles vous pourriez être habitué sur un reflex.

Cette stabilisation Nikon est probablement l’un des plus grands bénéfices à passer à un hybride, que vous saurez très rapidement apprécier sur le terrain.

Obturation rapide et silencieuse

Puisque nous parlons beaucoup de vitesses lentes, il ne faut pas non plus oublier de souligner le fait que le Z 6 dispose d’un obturateur mécanique et d’un obturateur électronique qui montent tous deux à 1/8000 s.

En mécanique, cela vous fait gagner une vitesse par rapport à un D750 qui s’arrête à 1/4000 s. En électronique, le déclenchement devient complètement silencieux. Il est toujours possible de regretter que cet obturateur électronique ne monte pas plus haut, puisque certains concurrents autorisent des vitesses jusqu’à 1/32000 s (Sony, Fujifilm) mais, concrètement, vous le regretterez rarement sur le terrain. Notez que si vous optez pour le mode « Déclenchement 1er rideau électronique », la vitesse maximale est bridée à 1/2000 s.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon AF-S 58 mm f/14 – 6400 ISO – 1/60 sec. – f/1.4

Utilisé en conjonction avec les excellentes montée en sensibilité et stabilisation mécanique, l’obturation du Z 6 vous permettra d’exploiter de nouvelles possibilités de prise de vue. A vous les joies des poses « rapides » à 1/50 s de nuit, dans le silence plus ou moins total, et cela sans avoir à grimper de manière excessive dans les ISO. Et tout cela avec une facilité déconcertante. L’occasion, si vous êtes habitué aux reflex, de renouveler votre pratique photographique et d’élargir votre regard.

Pour en finir avec l’obturation, et parce que c’est lié : lors de notre test, nous n’avons pas noté de banding excessif, voire pas du tout, et ce même avec des sources de lumière artificielle et en obturation électronique. En toutes circonstances, le système anti-flickering a su se montrer redoutable d’efficacité, ce que les photographes de sport en salle, notamment, sauront apprécier.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 50 mm f/1.8 S – 6.400 ISO – 1/8 sec. – f/8

Test Nikon Z 6 : vidéo

Nikon n’a jamais été dans le peloton de tête en termes de vidéo mais, très clairement, le constructeur manifeste avec les Z sa volonté de renverser la vapeur.

De belles ambitions, certes, mais auxquelles le plus grand nombre ne pourra pas goûter. En effet, le Z 6, tout comme le Z 7, propose un mode d’enregistrement N-Log (pour un rendu « plat » facilitant l’étalonnage) ainsi qu’un enregistrement en 10 bits et du TimeCode mais pour toutes ces jolies choses, il faut passer par la prise HDMI et, donc, un enregistreur externe. Ce qui implique un investissement supplémentaire, et un encombrement supérieur. Là, Sony fait mieux puisque la plupart de ces fonctions (sauf le 10 bits) sont disponibles en interne, sans surcoût. Et, en vidéo, le roi incontesté parmi les hybrides est le Panasonic Lumix GH5, qui n’a certes pas de capteur 24 x 36 mm, mais sait le faire oublier.

N’ayant pas d’enregistreur externe à notre disposition, nous avons dû nous contenter de tester la partie vidéo du Nikon Z 6 « nu ». Notez toutefois que le Z 6 propose le focus peaking (pour contrôler et ajuster la mise au point manuellement) et le zebra en vidéo (pour contrôler la surexposition), ce qui est très appréciable.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 24-70 mm f/4 S – 65mm – ISO 6.400 – 1/40 sec. – f/4

L’enregistrement se fait en h.264 et le boîtier génère des fichiers en .mov ou .mp4. En UHD (que Nikon appelle abusivement 4K), trois cadences sont disponibles : 30p, 25p et 24p. Point de 60p à l’horizon mais de toutes manières, en attendant les prochains Lumix S1/S1R, aucun boîtier 24 x 36 mm, hybride ou reflex, n’en est aujourd’hui capable.

Deux types de Full HD sont proposés. De la Full HD « classique », avec des cadences de 120p, 100p, 60p, 50p, 30p, 25p et 24p, et de la Full HD « ralentie » en 30p 4x, 25p 4x et 24p 5x.

Mais quelle est la différence ?

En Full HD « ralentie », c’est l’appareil photo lui-même qui, en interne génère une vidéo ralentie 4 ou 5 fois par rapport à la vitesse réelle. Très pratique pour les scènes d’action, que vous pratiquiez la prise de vue animalière ou sportive, et si vous n’avez pas de temps à consacrer à un logiciel de montage. En contrepartie, cet enregistrement en Full HD « ralentie » est muet (ce qui semble logique).

Les modes Full HD « classiques » enregistrent, eux, avec le son. Ce sera à vous de ralentir la vidéo en post-production sur votre logiciel de montage, et selon la vitesse que vous préférez. Ainsi, par exemple, en partant d’un enregistrement en Full HD 120p, vous pouvez ralentir votre séquence 2 fois, 3 fois, 4 fois, et jusqu’à 5 fois. Notez enfin que, en fonction de la définition (UHD, Full HD « classique », Full HD « ralenti »), la durée maximale d’enregistrement varie, la plus longue étant disponible en Full HD avec un maximum de 29 minutes et 59 secondes (seulement 14 minutes en UHD).

Vous pouvez, à tout moment, choisir entre deux qualités d’image en vidéo : normale ou élevée. Ce qui n’est pas très parlant puisque, en vidéo, nous aurions préféré une information en termes de débit (en kbits/s par exemple), c’est bien plus parlant. Néanmoins, pour vous donner un ordre d’idée, une séquence de 10 secondes en UHD 30p pèsera 150 Mo soit, en extrapolant, quasiment 1 Go pour une minute de vidéo UHD/4K ! Autant dire que filmer dans cette définition ne s’improvisera pas et qu’il faudra prévoir le budget XQD qui convient.

Toutes ces considérations sont bien jolies, mais, dans les faits, comment cela se passe de filmer avec un Z 6 ? Plutôt bien, en fait.

Vous apprécierez la qualité d’image, bien sûr, Nikon ayant transposé son savoir faire en termes de D-Lightning et Picture Profile de la photo vers la vidéo. Vous apprécierez la possibilité d’ajuster la mise au point manuelle à la volée, en toute fluidité, sans perdre pour autant la mise au point automatique, redoutablement efficace et sans commune mesure avec ce dont les reflex du constructeur sont capables.

Au passage, si vous n’êtes pas familier des hybrides, ce sera l’occasion de goûter aux joies de la possibilité de filmer en cadrant avec le viseur et non plus à bout de bras sur le seul écran. Par contre, et c’est un peu frustrant, sauf en exposition totalement manuelle, le boîtier vous forcera à travailler avec une sensibilité automatique en modes P, S et A.

Test Nikon Z 6 : pour qui et quels usages

Voici une liste non limitative (et personnelle) d’usages pour ce Nikon Z 6, ainsi que les points qui doivent vous interpeller si vous envisagez de changer de boîtier pour l’hybride Nikon.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 50 mm f/1.8 S – ISO 1.000 – 1/80 sec. – f/1.8

Le Nikon Z 6 peut vous intéresser si :

  • vous avez envie de franchir le pas du reflex vers l’hybride sans quitter l’écosystème Nikon,
  • vous disposez déjà d’un parc optique en monture F, notamment non stabilisées, que vous aimeriez redécouvrir,
  • vous cherchez un boîtier polyvalent, de terrain, aussi à l’aise en reportage qu’en sport, bien plus discret et silencieux qu’un reflex,
  • vous appréciez la photographie en basse lumière,
  • vous cherchez une évolution significative par rapport à votre D750,
  • vous n’êtes pas nikoniste mais cherchez un hybride 24 x 36 mm moins alambiqué que ceux de Sony.

Le Nikon Z 6 va moins vous intéresser si :

  • vous avez besoin de très hautes définitions (préférez alors un Z 7 ou un D850),
  • vous avez des exigences pointues en vidéo,
  • vous êtes intransigeant sur l’autofocus en faible luminosité.

Test Nikon Z6 : deux semaines sur le terrain avec l'hybride plein format Nikon

test Nikon Z 6 + Nikon Z 50 mm f/1.8 S – 1.600 ISO – 1/40 sec. – f/1.8

Test Nikon Z 6 : conclusion

Le Nikon Z 6 est un bon élève. Un très bon élève, même. C’est un peu comme si les ingénieurs maison avaient scrupuleusement décortiqué tout ce que faisait la concurrence (à commencer par Sony), pour n’en retirer que le meilleur et délivrer un boîtier équilibré, robuste, efficace et, parce que c’est un terme à la mode, « future-proof ».

En d’autres termes, le Z 6 est un boîtier bien né, très bien né même. L’ergonomie est à la fois familière mais modernisée. La construction est irréprochable et le boîtier semble indestructible.

Nikon a fait des paris osés tournés vers l’avenir : carte XQD, très grande monture Z, viseur haut de gamme, USB 3.0 Type C, rafale à 12 images seconde, excellente gestion des hautes sensibilités, etc. Tout cela constitue un boîtier équilibré, plaisant à utiliser, après lequel on a bien du mal à revenir au reflex une fois qu’on y a goûté.

Pour autant, le Z 6 n’est pas exempt de reproches mais ceux-ci sont, à l’heure d’écrire cette conclusion, parfaitement corrigeables de manière logicielle. Il est là surtout question de petits ajustements ergonomiques, pour les problèmes les plus légers, et d’un travail d’optimisation de l’autofocus en faible luminosité, pour le problème le plus désagréable.

Et si dans le fond, contrairement à ce que dit son slogan, Nikon n’a pas réinventé l’hybride mais s’est plutôt réinventé, espérons que le constructeur profite de l’occasion pour également repenser sa politique de suivi et de mise à jour de firmware.

D’ici là, le Z 6 nous laisse un très bon souvenir, et nous aurions bien aimé continuer à photographier en sa compagnie quelques mois de plus, tant il est plaisant et logique à utiliser. De quoi éclipser les Sony Alpha 7 et séduire les utilisateurs de reflex qui, jusqu’à présent, pouvaient se montrer encore sceptiques vis à vis des hybrides.


Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, télézoom pour reflex Nikon FX et DX

Le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD est un télézoom moderne et abordable. Face aux stars de la catégorie que sont les télézooms experts pros de type 150-600 mm, 200-500 mm ou 80-400 mm, que vaut-il vraiment ? Après une semaine passée sur le terrain pour ce test Tamron 100-400 mm, voici de quoi en savoir plus.

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, télézoom pour reflex Nikon FX et DX

Ce télézoom au meilleur prix chez Miss Numerique …

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, présentation

Qu’elle semble loin l’époque où les télézooms, d’autant plus ceux de qualité, coûtaient un bras et pesaient un âne mort !

Heureusement, grâce aux progrès industriels, au recours massif au magnésium, ainsi qu’aux progrès de l’électronique dans nos boîtiers numériques, il est désormais aisé de concevoir de tels objectifs à la fois plus légers (toutes proportions gardées) et pour lesquels la relative faible ouverture n’est plus une limitation insurmontable.

C’est aujourd’hui en effet un jeu d’enfant de monter, sans scrupule ni risque, en sensibilité (c’est le cas avec le Nikon D750 utilisé lors de ce test).

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, télézoom pour reflex Nikon FX et DX

test Tamron 100-400 mm : l’objectif sur trépied, recours fréquent du fait de la focale

Annoncé à l’automne 2017, le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD (Modèle 1035) compte parmi ces téléobjectifs à la conception moderne. Pesant à peine plus d’1 kg (1115 grammes exactement en monture Nikon F), son ouverture raisonnable autorise une conception relativement compacte (199 mm de long pour 86,2 mm de diamètre) sans pour autant sacrifier la polyvalence d’usage.

Tout cela pour un tarif compris entre 800 et 850 EUR au moment d’écrire ces lignes fin 2018. Un compagnon de choix pour qui désire s’initier aux longues focales et/ou compléter sa besace photographique afin de s’initier à la photographie animalière ou même une certaine photographie de rue ?

Test Tamron 100-400 mm : contexte 

Le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD est un télézoom couvrant la plage focale de 100 à 400 mm. Son ouverture maximale relativement faible et glissante permet de réduire l’encombrement et, surtout, d’être proposé à un tarif très agressif.

Sa formule optique comprend 17 lentilles réparties en 11 groupes, et son diaphragme comprend 9 lamelles. Mais ça, c’est pour votre culture générale, car au quotidien vous retiendrez surtout que la mise au point minimale est à 1,5 mètres, et ce quelle que soit la focale !

Conformément à la nomenclature Tamron, « VC » signifie qu’il est stabilisé et « USD » signifie que l’autofocus est à motorisation ultrasonique (donc silencieux).

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, télézoom pour reflex Nikon FX et DX

Test Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/400° sec – f/6.3 – 5600 ISO

Ses principaux concurrents sont le Sigma 100-400 mm f/4,5-6,3 DG OS HSM | Contemporary, aux caractéristiques physiques très similaires. Le Sigma est un peu plus compact mais aussi un peu plus lourd, notamment à cause de sa formule optique à 21 lentilles en 15 groupes. S’il est vendu à un tarif similaire (autour de 850 EUR), sa mise au point minimale n’est « que » de 1,6 mètres, à toutes les focales.

Au catalogue Nikon, il n’existe pas (pour l’heure) de zoom couvrant exactement cette plage focale mais le modèle s’en rapprochant le plus est sans conteste l’AF-S Nikkor 80-400 mm f.4,5-5,6 G ED  VR. Lui aussi stabilisé et couvrant le 24 x 36 mm, il est optiquement plus ambitieux que ses compères avec une focale minimale 20 mm plus courte et une position 400 mm légèrement plus lumineuse (ceci dit, entre f/5,6 et f/6,3, il n’y a qu’un tiers de diaphragme). Surtout, il est plus cher. Beaucoup, beaucoup plus cher, puisque vendu à 2600 EUR (voir la version reconditionnée sur le Nikon Store) !

Du coup, à un tiers du prix, le calcul est vite fait en faveur du Tamron d’autant que, sur le papier, les sacrifices consentis en termes de polyvalence semblent négligeables. Mais qu’en est-il sur le terrain ? Après avoir passé une semaine en sa compagnie, monté sur un Nikon D750, voici notre verdict.

Test Tamron 100-400 mm – 210 mm – 1/250° sec – f/5.6 – ISO 12.800

Tamron 100-400 mm : à qui s’adresse-t-il ?

A celles et ceux qui désirent goûter aux joies des longues focales !

« Oui, mais j’ai déjà un zoom 16-300 mm/28-300mm/70-300 mm/18-400 mm (rayez la mention inutile) ! » Peut-être. Mais aucun de ces objectifs ne couvre le format 24 x 36 mm (reflex Nikon FX), contrairement au 100-400 mm du jour, ce qui est tout sauf un détail.

A l’inverse, ce Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD pourra aisément être utilisé sur un reflex Nikon DX (séries D3000, D5000, D7000 et D500), sur les capteurs APS-C desquels il cadrera comme un équivalent 150-600 mm. Idéal, donc, pour ceux désireux de s’adonner à la photographie animalière, à une certaine photographie de rue et même, dans une certaine mesure, à de la photographie de spectacle (concert, danse, etc.).

Si la focale maximale de 400 mm est trop courte pour vous, deux solutions sont disponibles :

  • la première consiste à utiliser un boîtier à capteur APS-C ou à utiliser votre boîtier Nikon FX en mode recadrage DX, et vous ne perdez alors pas en luminosité,
  • la deuxième solution consiste à utiliser un télé-convertisseur Tamron TC-X14 (vendu environ 450 EUR en monture Nikon F) qui transformera alors votre Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD en 140-560 mm f/6,3-9, puisque l’utilisation d’un tel convertisseur fait perdre un diaphragme.

Notez au passage que si vous aimez vous compliquer la vie (et les mathématiques), combiner reflex APS-C et télé-convertisseur transformera ce télézoom en 210-840 mm f/6,3-9. N’ayant pas eu le télé-convertisseur TC-X14 dans les mains pour le test, nous ne saurions juger de son impact sur la qualité optique ni sur l’autofocus. Trêve de blabla technique, entrons enfin dans le vif du sujet.

Test Tamron 100-400 mm – 120 mm – 1/4.000° sec – f/4.8 – ISO 220

Qualité de construction

Ce sont des habitudes (bonnes ou mauvaises) d’ancien testeur des Numériques mais, en règle générale, lorsqu’un produit m’est confié, je ne regarde pas le prix : vous pouvez parler de ligne éditoriale ou de dogmatisme, peu importe. Toujours est-il que cela donne lieu à ce jouissif lieu de l’auto-devinette, à savoir « à mon avis, combien coûte tel objectif/tel boîtier, compte tenu de sa qualité de construction et de ce que j’ai pu en tirer ? ».

Si parfois je tombe juste (appelez cela l’expérience, ou un heureux hasard), d’autres fois, je tombe complètement à côté de la plaque (et c’est, forcément, toujours à cause de facteurs extérieurs si je me trompe, le journaliste est infaillible, c’est bien connu). Avec ce Tamron 100-400 mm Di VS USD, je suis tombé de haut, et à côté de la plaque, mais c’est en fait une bonne chose !

Depuis plusieurs années, Tamron (et Sigma) ont apporté un soin tout particulier à renouveler le design extérieur de leurs objectifs afin de leur conférer un aspect esthétique plus lisse et premium, une signature stylistique harmonisée sur toute leur gamme. On a beau le savoir, à chaque fois, ça fait toujours son petit effet et ce Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD ne fait pas exception.

Dès sa sortie de boîte, on ne peut s’empêcher de se dire « il faut reconnaître, quand-même, qu’il est plutôt beau. Enfin, très joli quoi. » La qualité de construction est irréprochable, les finitions du fût et des bagues exemplaires : c’est lisse et doux là où ça doit être lisse et doux, c’est rugueux et adhérent là où ça doit être rugueux et adhérent.

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, télézoom pour reflex Nikon FX et DX

On se prend à jouer, non sans un certain plaisir, avec les bagues de zoom et de mise au point, larges, aux courses fluides ni trop longues, ni trop courtes. On apprécie les petits détails qui comptent :

  • ce joint de caoutchouc au niveau de la monture, empêchant l’infiltration de liquides et de poussières,
  • cette petite fenêtre sous laquelle défile l’échelle de distance,
  • ces commutateurs AF/MF et VC sur le côté gauche,
  • ce petit loquet à droite qui permet de verrouiller l’objectif en position 100 mm afin qu’il ne se déploie pas accidentellement sous l’effet de la gravité lorsque l’objectif pique du nez.

Un petit plus bienvenu même si, lors de notre test, nous n’y avons pas eu recours : les ajustements mécaniques sont tellement faibles que la seule friction interne suffit à empêcher ce déploiement accidentel. De la belle micro-mécanique, si vous voulez mon avis. A voir si cela tient dans le temps, après plusieurs années d’utilisation intensive. Mais, là, vous pourrez alors faire appel au loquet.

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, télézoom pour reflex Nikon FX et DX

Le collier de pied A035TM, vendu environ 140 EUR en option, permettant de monter l’objectif sur un trépied via une attache type Arca-Swiss, profite de la même qualité de construction : irréprochable. Toutefois, et c’est peut-être bien l’une des rares critiques formelles que nous pourrions émettre sur le physique de cet objectif : lors de l’installation et de l’utilisation de ce collier, les positions « paysage » et « portrait » ne sont repérées que par un point de peinture blanche.

Un crantage, même plus marqué, pour confirmer que l’on se trouve bien dans l’axe, à plat ou à 90°, aurait été bienvenu et aurait était un bonus utile (mais pas indispensable) lors de l’utilisation dans de très faibles conditions de lumière, par exemple si vous êtes emmené à faire un affût photographique nocturne. Mais, dans la pratique, c’est surtout histoire de chipoter.

Pour en revenir aux considérations tarifaires évoquées un peu plus haut, fort de ce constat, je m’étais mis en tête que ce Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD devait, au bas mot, coûter entre 1500 et 1700 EUR … Quelle n’a donc pas été ma surprise lorsque j’ai découvert qu’en fait je le sur-évaluais au double !

Ô magie des progrès industriels, de la maîtrise du magnésium, qui permet aujourd’hui d’offrir des finitions haut de gamme à des objectifs qui ne s’en revendiquent pas. Légitimement, ce Tamron est un objectif que vous pourrez être fier d’exhiber et comme l’on a tendance à prendre plus de plaisir à utiliser un produit dont on est fier, cela tombe plutôt bien.

Test Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/13° sec – f/6.3 – ISO 12.800

Prise en main et Autofocus

Clairement, le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD n’est pas un objectif discret ni compact qui tiendrait dans une poche de pantalon ou un sac banane. Mais en même temps, ce n’est pas vraiment ce qu’on lui demande. Pour autant, malgré ses presque 20 cm de long (plié) et son kilogramme dépassé, il sait se montrer agile à main levée et sait se faire oublier suspendu à l’épaule.

Là encore, qu’il semble loin le temps où l’utilisation d’un télézoom devait être précédée d’une séance d’haltérophilie ! Le duo Nikon D750 + Tamron 100-400 se manie aisément d’une seule main (un peu grande, certes), et c’est quelqu’un qui a renoncé à toute activité sportive depuis quinze ans qui vous dit cela.

La main gauche se positionne naturellement entre la bague de mise au point et celle de zoom et, malgré leur diamètre conséquent, leur manipulation est aisée, souple et silencieuse.

Silencieux, l’autofocus à motorisation ultrasonique l’est également : point de cliquetis ni de sifflements désagréables, dans un environnement très calme, ce qui sera le plus bruyant, ce sera l’obturateur mécanique.

Test Tamron 100-400 mm – 270 mm – 1/100° sec – f/6.0 – ISO 12.800

La discrétion n’est pas la seule qualité de cet autofocus puisqu’il est, en plus, rapide et précis. Bon, bien sûr, dans des situations extrêmes (par exemple, mise au point sur un sujet à 1,5 mètres en position 400 mm à la tombée du jour), il hésitera un peu, au moins au début, mais difficile à dire si cela vient vraiment de l’objectif ou du boîtier. Car d’une manière générale, ce Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD va droit au but, et y va vite : sa relative faible ouverture n’est nullement un handicap, même en conditions de faible luminosité !

C’est le moment de remercier/féliciter les ingénieurs Tamron d’avoir greffé deux processeurs dédiés dans leur objectif (dispositif baptisé Dual MPU en interne). Ce duo fait des miracles, même sur un sujet en mouvement, exercice où il n’est pas le plus à l’aise, ce qui ne l’empêche pas de s’en sortir avec les honneurs.

Stabilisation

Plus la focale d’un objectif est importante, plus la stabilisation est cruciale. Le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD est donc tout particulièrement concerné. La règle empirique préconise que, pour éviter les flous de bougé, le temps de pose minimum ne soit pas inférieure à 1/focale, donc, dans ce cas, respectivement 1/100 s et 1/400 s. Mais ça, c’était avant les constants progrès des stabilisations optiques intégrées combinées à la déconcertante aptitude de nos boîtiers modernes à monter en sensibilité.

Test Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/400° sec – f/6.3 – ISO 9.000

Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, et avec un Nikon D750, nous sommes régulièrement parvenus à descendre sous 1/50 s et même à 1/15 s, à main levée mais, dans ce dernier cas, avec beaucoup de concentration. Ce qui est vraiment bluffant c’est que, à ces vitesses, vous essayerez plus souvent de contenir le flou de mouvement (causé par un déplacement du sujet) que le flou de bougé (causé par le photographe).

Bon, bien sûr, nous n’allons pas nous mentir : il y a du déchet, mais ce genre de performance ne peut que laisser admiratif quant aux possibilités que nous offrent le matériel photographique moderne. Les photographes de spectacle, tout particulièrement, sauront apprécier et exploiter ce champ des possibles. Les photographes animaliers, quant à eux, apprécieront de pouvoir se passer d’un trépied, ce qui est toujours cela de moins à transporter, surtout lorsqu’il s’agit de crapahuter.

Performances optiques  : vignettage

C’est surtout sur les RAW/NEF, non corrigés en interne par le boîtier, que vous constaterez le vignettage produit par le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD.

Test Tamron 100-400 mm – 100 mm – 1/500° sec – f/4.5 – ISO  200

En JPEG, le défaut se fait moins sentir, la correction optique intégrée à votre boîtier Nikon se montrant redoutable d’efficacité. Nous n’avons pas tous la même sensibilité face au vignettage, notamment d’un point de vue optique, mais il est malgré tout nécessaire de souligner que, sur ce télézoom, il faut, à toutes les focales, fermer au minimum à f/11 pour que le vignettage disparaisse.

C’est en position 100 mm et 135 mm que les coins s’assombrissent le plus et, pour totalement le faire disparaître, il faudra alors fermer à f/16 (avec tous les inconvénients que cela engendre du point de vue de la vitesse et de la sensibilité ISO).

Performances optiques : distorsion et aberrations chromatiques

Comme la plupart des longues focales, le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD souffre d’une très légère distorsion en coussinet, mais vraiment très, très légère. A moins de capturer un sujet aux lignes parfaitement orthogonales, vous aurez vraiment du mal à la détecter d’autant plus que, comme pour le vignettage, si vous travaillez en JPEG, le boîtier fait un très joli travail de correction de ce défaut que nous pouvons, à juste titre, qualifier de bénin.

Test Tamron 100-400 mm – 100 mm – 1/125° sec – f/4.5 – ISO 200

Du côté des aberrations chromatiques, les multiples traitements de surface permettent de les faire totalement disparaître. En tous cas, sur notre période d’usage, nous n’en avons quasiment pas détecté et ce même en cherchant la petite bête en agrandissant les images à 200 %. Il en va de même pour les images fantômes et les reflets : le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 tient parfaitement sa promesse et les images qu’il produit ne sont jamais parasitées.

Performances optiques : piqué et homogénéité

Monté sur un Nikon D750 au capteur 24 x 36 mm de 24 Mpx, le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di V USD produit des images plutôt douces auxquelles il ne faudra pas hésiter à donner un peu plus de peps en post-production.

Test Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/400° sec – f/6.3 – ISO 640

Pas sûr, cependant, que ce télézoom tienne la cadence sur les très exigeants capteurs de D810 (36 Mpx) ou D850 voire Z 7 (45,7 Mpx). A toutes les focales, l’objectif manque très légèrement d’homogénéité mais, comme pour la distorsion, rien de répréhensible d’autant plus si vous ne vous amusez pas à photographier des sujets « à plat » ce qui, avouons-le, arrive plutôt rarement en pratique, surtout avec ce genre d’optique.

Rendu optique : profondeur de champ

Comme vous le savez, pour obtenir une faible profondeur de champ, vous avez le choix entre opter pour une grande ouverture, allonger la focale ou utiliser un grand capteur. Voire combiner les trois.

Avec le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, vous vous trouvez dans le deuxième cas de figure. Et force est de reconnaître que, malgré son ouverture modeste, il est très aisé de créer de faibles profondeurs de champ afin de bien isoler son sujet. Le bokeh (qualité esthétique du flou d’arrière plan) est neutre, manquant un peu de personnalité, mais cela sert une certaine polyvalence esthétique.

Test Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/400° sec – f/6.3 – ISO 6.400

Le principal problème, ici, est que la faible profondeur de champ induite par les longues focales impose une mise au point très précise : même à la pleine ouverture, pour peu que votre sujet bouge, il arrivera fréquemment que vous ratiez, même de quelques centimètres, votre mise au point.

Il ne faudra alors pas hésiter à fermer un peu, si les conditions lumineuses et les aptitudes de votre boîtier à monter en sensibilité vous le permettent. Vous pourrez alors vous surprendre, peut-être de manière contre-intuitive, à vous adonner aux joies de la proxiphotographie et du portrait, ce d’autant plus que, rappelons-le, la distance minimale de mise au point n’est « que » de 1,5 mètres, à toutes les focales.

Si bien sûr ce Tamron n’est pas le plus adapté techniquement à ces exercices, force est de reconnaître que, là encore, il s’en sort avec les honneurs.

Obtenir une grande profondeur de champ est un peu plus compliqué (mais, avec un 100-400 mm, le voulez-vous vraiment?). Néanmoins, aussi vrai que l’ouverture maximale est glissante (f/4,5 à 100 mm, f/4,8 à 135 mm, f/5,6 à 200 mm, f/6 à 300 mm et f/6,3 à 400 mm), l’ouverture minimale l’est tout autant (f/32 à 100 mm, f/34 à 135 mm, f/40 à 200 mm, f/43 à 300 mm et f/45 à 400 mm). Ne vous attendez cependant pas à obtenir une photographie parfaitement nette sur tous les plans même en fermant au maximum, à moins de capturer un sujet très éloigné, ce que nous n’avons pas la joie de pouvoir expérimenter à Paris (ville plus riche en pollutions atmosphériques qu’en points de vue élevés).

Test Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/400° sec – f/6.3 – ISO 1.600

A qui s’adresse (vraiment) le Tamron 100-400 mm ?

Ce test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD en utilisation réelle nous permet de dire que cet objectif peut vous intéresser si :

  • vous êtes équipés d’un reflex plein format FX (capteur 24 x 36 mm) et vous recherchez un télézoom polyvalent,
  • vous cherchez un télézoom à la fois léger et presque compact (pour son genre),
  • vous cherchez un télézoom facile à utiliser sans trépied,
  • vous désirez goûter aux joies des longues focales mais ne désirez pas investir plus de 1000 EUR,
  • vous avez un usage ponctuel des longues focales mais ne cherchez pas la meilleure qualité d’image dans l’absolu,
  • vous pratiquez la photographie animalière diurne mais disposez d’un budget serré.

Test Tamron 100-400 mm – 400 mm – 1/400° sec – f/6.3 – ISO 8.000

Le Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD va moins vous intéresser si :

  • vous êtes équipé d’un reflex FX à haute définition (série D800/D810/D850 et hybride Z 7),
  • vous trouvez que 20 cm et 1,1 kg, c’est quand-même plutôt encombrant,
  • vous êtes intransigeant sur la qualité optique.

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD : ma conclusion

Il y a quelque chose de très vexant (pour un testeur) avec ce Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD : il est très compliqué de lui trouver des défauts rédhibitoires. Mais c’est peut-être, tout simplement, parce qu’il n’en a pas.

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD

Test Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD : cliquez pour voir des exemples de photos en grand format

Sur le terrain, il remplit parfaitement le contrat promis sur le papier, à savoir être un télézoom facile à vivre, compact, avec la bonne idée de faire la mise au point jusqu’à 1,5 mètres et autoriser, de fait, une certaine créativité. Ses défauts optiques sont tout à fait pardonnables car, bien que présents, ils ne se révèlent pas non plus handicapants et se font même totalement oublier en pratique.  Ses limitations pratiques ne doivent pas vous surprendre : vous savez à quoi vous attendre en adoptant pour un 100-400 mm à l’ouverture glissante raisonnable.

Ce qui est vraiment intéressant avec ce Tamron 100-400 mm f/4,5-6,3 Di VC USD, c’est qu’il parvient à surprendre de manière très positive. Sa qualité de construction irréprochable et sa maniabilité font, sur le terrain, immédiatement oublier le fait qu’il ne coûte « que » 800/850 EUR ce qui, aussi surprenant que cela puisse paraître, demeure raisonnable pour un télézoom couvrant le 24 x 36 mm.

Même pour quelqu’un comme votre serviteur, qui ne serait pas coutumier des longues focales (nihil ex 50 mm), vous vous surprendrez à tenter de nouvelles prises de vue, à jouer avec les possibilités créatives ouvertes par un tel objectif.

Pour un spécialiste et un habitué du genre, il y aura de quoi être séduit par la praticité et la maniabilité de ce zoom qui saura vous accompagner lors des longues balades en plaine, en montagne, en bords de mers et de lacs, toujours prêt à vous servir avec son autofocus vif et silencieux, doublé d’une stabilisation rassurante.

Ce télézoom au meilleur prix chez Miss Numerique …


L’art du photographe, une vision personnelle d’un moyen d’expression par Bruce Barnbaum

L’art du photographe est un livre de Bruce Barnbaum, photographe et formateur américain spécialisé dans la photographie de paysage et d’architecture.

A mi-chemin entre guide pratique et beau livre de photographie, cet ouvrage imposant est illustré de près de 200 photographies qui permettent à l’auteur de développer son sujet. Une nouvelle approche de la photographie que j’ai particulièrement appréciée.

L'art du photographe, par Bruce Barnbaum

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L’art du photographe, chronique du livre de Bruce Barnbaum

Parmi les livres traitant de la photographie je distingue deux catégories : les guides pratiques (par exemple la série Les Secrets de …) et les Beaux Livres de Photographie (par exemple 6 beaux livres de photographie).

Les uns vous présentent des informations vous aidant à développer votre maîtrise du matériel et de la prise de vue tandis que les autres sont des recueils de photographies proposés par des auteurs photographes.

Quand j’ai reçu le livre L’art du photographe de Bruce Barnbaum, j’ai tout de suite pensé au Beau Livre. Un ouvrage imposant, de nombreuses et très belles photos, une « classe » qui n’est pas le propre des guides pratiques même si certains sont de beau objets.

En ouvrant le livre pour en prendre connaissance (je fais toujours cela au début, pendant quelques jours), j’ai fait un autre constat : il était question d’apprentissage. Avec de belles photos, mais des notions concrètes de photo.

En lisant ce livre avec plus d’attention, afin de préparer cette chronique, j’ai fait un autre constat encore : l’art du photographe de Bruce Barnbaum est autre chose. Un subtil mélange des deux catégories ci-dessus.

Ce n’est pas un guide pratique, au sens premier du terme. Ce n’est pas un Beau Livre de photographie non plus puisqu’il y est question d’apprentissage.

C’est un livre dans lequel, grâce à ses photos mais aussi son expérience, l’auteur utilise en permanence l’opposition entre technique et art pour nous montrer qu’au final ce n’est ni l’un ni l’autre qui sont importants, c’est ce que vous avez envie de représenter au travers de vos images.

Il s’agit d’un ouvrage qui rompt avec la notion de catégorie, et comme au final je me moque un peu des catégories, l’important est le message.

L'art du photographe, Bruce Barnbaum

Communiquer par la photographie, l’avis de Bruce Barnbaum

Comment ne pas être d’accord avec Bruce Barnbaum quand il nous dit « Une photographie dit tout. Inutile d’y rajouter quoi que ce soit. »

En introduction, Bruce Barnbaum nous livre une thèse bien personnelle.

En tant qu’outil de communication non verbale, la photographie permet au photographe de transmettre sa vision au spectateur. Elle transmet son message quand bien même son auteur n’est pas présent.

J’aime particulièrement cette question :

Quelles réactions suscitent vos centres d’intérêt, et comment les traduire photographiquement ? »

S’en suit un exposé sur la passion, censée être à la base de votre pratique, et les réactions qui doivent être les vôtres pour traduire vos sentiments en images.

Loin d’être le discours philosophique auquel nous pourrions nous attendre, cette première partie du guide se veut plutôt un guide de questionnement personnel. Et ça fait drôlement du bien de s’éloigner de la technique pour en revenir aux fondamentaux : qu’est-ce qui fait que nous photographions et que cherchons nous à montrer ?

Parce que la composante « apprentissage » n’est jamais très loin, Bruce Barnbaum ne passe pas à côté de la notion de composition, vous pousse à vous intéresser à votre façon de voir et d’exprimer votre point de vue. Là-aussi une approche décalée qui s’avère très pertinente.

Les photos d’illustration servent à l’auteur à expliquer :

  • pourquoi il n’a pas cherché à renforcer les ombres sur cette photo d’un parc parce que la composition s’appuie sur les tons moyens,
  • pourquoi il n’a pas éclairci le ciel de cette autre image au ciel gris prédominant,
  • pourquoi un contraste élevé guide le regard,
  • comment un arbre déraciné peut créer un mouvement puissant dans la composition de la photo page 33,

Cette section du livre est une des plus intéressantes : s’appuyant sur autant d’exemples puisés dans sa propre collection, l’auteur détaille sa démarche. Pourquoi il a fait ses photos, avec quelle idée en tête et qu’est-ce qui l’a attiré ? Les amateurs de paysages en noir et blanc ne verront plus la nature de la même façon.

C’est aussi ici que vous apprendrez à intégrer dans votre démarche des notions comme la profondeur de champ ou la focale, sans qu’il ne s’agisse jamais de rentrer dans le détail de notions techniques. Ces outils sont là pour servir votre démarche, sachez les identifier et les utiliser, c’est le message.

La vision, concept philosophique ou rapport de communication ?

L'art du photographe,Bruce Barnbaum

La réponse à la question tient en une phrase :

« Nous montrons nos images à d’autres, dont nous attendons une réaction en retour. Cette simple constatation confirme que nous sommes bien dans un rapport de communication. »

Cette seconde partie du livre vous permet d’appréhender les cinq notions relatives à la vision du photographe, un concept cher à Michael Freeman aussi :

  • regarder et voir de manière photographique,
  • composer une image,
  • imaginer la photo finale,
  • suggérer une technique à ceux qui rencontrent des difficultés à imaginer la photo finale,
  • établir une stratégie pour établir l’image finale.

La lumière

Cette phrase à elle-seule donne le ton de cette nouvelle partie :

La lumière doit être envisagée comme un moyen pour le photographe de guider l’œil du spectateur sur l’image.

Découvrez comment chercher la lumière, en apprécier la qualité, et aussi pourquoi la lumière perçue par votre œil n’est pas celle que voit votre capteur ou votre film.

Cette prise de conscience devrait vous aider à penser « sensations » plus que « scène », et à attirer le spectateur autrement. Les exercices proposés page 82 vous y aideront.

La couleur, parce que c’est un concept aussi

Vous savez ce qu’est la couleur, et vous savez qu’elle se gère dès la prise de vue comme en post-traitement. Mais avez-vous conscience que la couleur est un élément déterminant de la composition ?

C’est l’objet de cette section que d’entrer dans le détail. Depuis l’argentique, un domaine cher à l’auteur, jusqu’au numérique, la gestion de la couleur a bien changé. 

Réfléchissons donc un peu encore : pourquoi vous photographiez en couleur ou en noir et blanc ? Pourquoi ne changez-vous jamais si c’est le cas ?

Grâce à quelques photos présentées en couleur et en noir et blanc, découvrez ce que vous pouvez espérer produire vous-aussi. Et essayez.

Mais aussi … 

L'art du photographe, Bruce Barnbaum

Bruce Barnbaum a longtemps vécu la photographie sous le signe de l’argentique, il est passé au numérique pour la couleur uniquement, fidèle à ses films pour le noir et blanc.

Dans une longue partie, un bon tiers du livre, il développe différents concepts qui nous viennent de l’argentique et qu’il est possible d’appliquer au numérique.

Pour l’argentique citons le zone system avec les négatifs noir et blanc (chapitres 8 et 9), le tirage (chapitre 10) dont la numérisation des négatifs.

L'art du photographe, Bruce Barnbaum

Pour le numérique c’est au chapitre 11 que vous trouverez comment utiliser le zone system et comment convertir vos fichiers RAW, comment retoucher vos images avec les les outils numériques (chapitre 12) pour leur donner le rendu souhaité.

Le chapitre 13 m’a particulièrement intéressé puisqu’il y est question du choix entre argentique et numérique. Cela ne va pas intéresser tout le monde, mais pour qui a connu la période argentique, il y a matière à réfléchir à notre pratique actuelle aussi. 

Dépasser les mythes photographiques

L'art du photographe, Bruce Barnbaum

S’il y a un chapitre du livre à garder en tête c’est bien celui-ci.

« Un certain nombre d’idées manifestement erronées perdurent encore aujourd’hui, certains mythes doivent être dépassés car ils entraînent souvent les photographes dans la mauvaise direction ».

Attention, amateurs d’idées reçues et de contre-vérités, vous pourriez tomber de haut. Dix mythes photographiques sont analysés avec pertinence pour vous montrer que les idées reçues, parfois, ne sont pas toutes à gober.

Si plusieurs concernent l’argentique, le numérique n’est pas en reste, mais la trame de fond est bien la déconstruction de croyances comme le fait de vouloir à tout prix respecter les règles de composition (mythe numéro 10), un sujet que j’ai traité dans une vidéo ayant entraîné bon nombre de réactions houleuses.

« Finir le travail en photographie c’est présenter vos images ». Ce dont l’auteur nous parle au chapitre 15 avant de passer, un peu rapidement je trouve, à d’autres thèmes comme l’abstraction (chapitre 16), l’approche intuitive (chapitre 17), la philosophie personnelle (chapitre 18).

L'art du photographe, Bruce Barnbaum

Mon avis sur l’art de la photographie de Bruce Barnbaum

Comme je le disais en introduction, il s’agit d’un ouvrage à part dans la production actuelle. Ce livre interpelle, fait réfléchir. Intégrer tout ce que l’auteur présente prend du temps, il est important d’y revenir souvent. Je n’en ai d’ailleurs pas fini avec certains sujets.

S’appuyant sur une expérience personnelle impressionnante, mêlant habilement notions techniques et notions créatives, Bruce Barnbaum nous propose un ensemble solide et fort bien illustré.

L’argentique y tient une place non négligeable, le poids des années, et l’on sent que l’auteur a du travailler son approche personnelle pour réussir sa reconversion en numérique. Reconversion toute relative puisqu’il nous avoue utiliser encore le film. 

Cet ouvrage s’adresse aux photographes amateurs passionnés par l’image, comme aux plus experts, qui ont vécu la grande époque de l’argentique et cherchent leur voie dans le monde du numérique. C’est une source d’inspiration, un outil de travail qui vous permettra de voir la photographie sous un autre angle. Il livre des clefs pour comprendre comment les outils à votre disposition, qu’ils soient conceptuels comme physiques, peuvent vous aider à produire des images plus fortes et attirantes.

Bien qu’il soit déjà lourd, l’ouvrage aurait mérité une belle couverture cartonnée – c’est mon attirance personnelle pour l’objet livre – et s’avère, au tarif public de 34,95 euros une nouvelle référence venant compléter les livres d’auteurs plus médiatisés comme Michael Freeman ou David duChemin, une belle découverte à apprécier sur la durée.

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L’esprit du photographe – qu’est-ce qu’une photo réussie par Michael Freeman

Paru sous le titre « L’esprit du photographe » en 2010 aux éditions Pearson, voici la nouvelle édition du livre de Michael Freeman, « Qu’est-ce qu’une photo réussie », paru cette fois chez Dunod.

Titre et sous-titre changent, peu puisque le titre de cette nouvelle édition n’est rien moins que le sous-titre de la première. Le contenu est le même. Mise en page et illustrations ne changent pas non plus (seul l’avant-propos est réécrit). Mais ce livre garde tout son intérêt, et je ne pouvais passer à côté de cette nouvelle édition.

L'esprit du photographe - qu'est-ce qu'une photo réussie par Michael Freeman

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Qu’est-ce qu’une photo réussie, une nouvelle édition de L’esprit du photographe

Le principal intérêt de cette nouvelle édition est de vous permettre de trouver à nouveau dans les bacs de votre libraire cet ouvrage de Michael Freeman, qui complète « L’oeil du photographe et l’art de la composition« .

L’édition 2010 devient difficile à trouver, certains vendeurs indélicats profitant de l’occasion pour proposer des exemplaires à des tarifs exorbitants. Oubliez ces offres, le livre neuf est désormais disponible au tarif public plus normal de 24,90 euros.

Si vous possédez déjà l’édition initiale, n’allez pas plus loin, celle-ci est identique. Si vous découvrez cet ouvrage, achetez-le les yeux fermés prenez le temps de lire la suite, vous allez comprendre pourquoi vos photos ne sont pas toujours celles que vous aimeriez faire.

L'esprit du photographe - qu'est-ce qu'une photo réussie par Michael Freeman

« Ce n’est pas l’appareil qui est à l’origine d’une photographie ni même la scène qui apparaît au travers du viseur, mais l’esprit du photographe. »

Le ton est donné, c’est du Freeman pur jus, le Freeman que j’adore car le photographe et formateur, dont les ouvrages ont dépassé le million d’exemplaires, nous pousse à réfléchir.

Réfléchir à notre approche de la photographie, à notre pratique, à nos envies. Pas à notre matériel photo, ou si peu. Pas à la technique. Freeman vous incite à surprendre, à vous démarquer, à donner « âme et visibilité » à vos photos.

En trois chapitres principaux, à l’aide de nombreux exemples illustrés, Michael Freeman détaille sa démarche tout en vous proposant de construire la vôtre. Simplement.

L'esprit du photographe - qu'est-ce qu'une photo réussie par Michael Freeman

Tout commence par … l’intention

J’ai piqué à Michael Freeman, depuis de longues années, cette question simple « quel est le sujet ?« . Je vous la pose souvent dans la section Critique Photo. C’est LA question que vous devriez vous poser avant même de porter l’œil au viseur.

Pour Freeman, toute photo doit faire apparaître, au premier regard et sans ambiguïté, le sujet principal. C’est loin d’être évident en pratique aussi à l’aide de cas précis, Michael Freeman vous aide à vous poser cette seconde question qui vous donnera la réponse à la première : « quel est le point de départ de toute photo ? »

Viennent ensuite différentes considérations esthétiques, parce que la photographie est avant tout un art : beauté du sujet, beauté apparente, beauté imaginée. Une ruine peut être belle ? Oui, c’est aussi ça le rôle du photographe que de savoir magnifier un sujet qui ne l’est pas au premier regard.

L'esprit du photographe - qu'est-ce qu'une photo réussie par Michael Freeman

A l’aide d’études de cas, Michael Freeman vous livre petit à petit les clés de ce qu’est une photo réussie :

  • comment traiter les paysages et être créatif,
  • comment adopter un point de vue nouveau,
  • comment élever le banal au rang d’extraordinaire,
  • etc.

Autant d’occasions pour développer un style personnel et produire des images différentes de sujets pourtant communs et trop souvent photographiés. Vous ne saviez pas comment vous démarquer ? Vous avez déjà les premières réponses.

Vient ensuite le style

L’esprit imagine, l’œil et le cerveau composent. Capturer des expressions, équilibrer une composition, jouer la complémentarité, revenez aussi souvent que nécessaire sur ces principes car ils sont fondateurs.

  • pourquoi décentrer une photo,
  • comment jouer les harmonies de couleurs,
  • qu’est-ce que les harmoniques et les proportions.

(re)Découvrez des notions qui peuvent vous paraître évidentes mais sont loin de l’être bien souvent, quand il s’agit de cadrer, composer et déclencher.

Votre style c’est aussi votre regard : sa direction, l’opposition entre les éléments contrastants de la scène. Autant de principes à étudier pour apporter à vos photos la touche personnelle qui fait la différence.

Exemple ? Selon vous, comment séparer les différents plans d’une image ? Il existe au moins cinq façons différentes d’y arriver.

La présentation des différents styles graphiques conclut cette partie centrale du livre, et fondamentale. Prenez le temps d’assimiler, c’est là que ça se passe !

L'esprit du photographe - qu'est-ce qu'une photo réussie par Michael Freeman

Et pour finir … le traitement

Parce que le post-traitement doit faire partie de votre démarche créative, même si vous maîtrisez la prise de vue en JPG. Traiter une photo vous permet d’obtenir ce que vous recherchiez, au-delà du simple rendu général de vos images.

Saviez-vous que réactivité, planification, spontanéité, anticipation dans l’action sont aussi des phases de traitement de vos photos ? Le temps de pose comme le mouvement, par exemple, influent sur la prise de vue : vous ne faites pas la même photo d’un même sujet selon qu’il est statique ou se déplace.

L'esprit du photographe - qu'est-ce qu'une photo réussie par Michael Freeman

Pour vous permettre d’affiner vos choix et traitements, Michael Freeman consacre la dernière partie de son livre aux différents rendus d’images et pourquoi vous devriez choisir l’un plutôt que l’autre.

L’aspect d’une photo, l’hyperréalisme apportés par certains traitements (accentuation, grande plage dynamique par exemple) sont des outils à votre disposition. Il vous faut savoir pourquoi et comment les utiliser, et – surtout – ne pas en abuser.

Michael Freeman vous donne là-aussi les clés pour utiliser à bon escient ces effets.

Mon avis sur « Qu’est-ce qu’une photo réussie ? »

Je commente de nombreux livres de photographie, des guides techniques comme des ouvrages plus génériques. Celui-ci fait assurément partie de la seconde catégorie, tout comme « 50 pistes créatives » du même auteur.

Vos photos sont techniquement bonnes mais ne sortent pas de l’ordinaire ? Investissez dans ce livre pour comprendre comment passer un cap, concrétiser et penser vos prises de vues autrement.

Véritable outil de travail pour le photographe désireux de mettre en oeuvre sa démarche créative, cet ouvrage devrait déjà figurer en bonne place dans votre bibliothèque. Cette nouvelle édition le rend à nouveau accessible aussi n’attendez pas qu’il soit épuisé une fois de plus, foncez !

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Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu’à 3000 mm !

Si vous trouviez que le Coolpix P900 et son « petit » zoom 83 x allant jusqu’à 2000 mm n’était pas assez ambitieux, ce test Nikon Coolpix P1000 va vous montrer que ce nouveau bridge Nikon adopte un zoom stabilisé 125 x équivalent 24-3000 mm f/2,8-8. Oui, 3000 mm, vous avez bien lu ! Mais toute cette surenchère est-elle, finalement, bien raisonnable et utilisable ?

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Ce bridge Nikon chez Miss Numerique

Test Nikon Coolpix P1000 : Gabarit et présentation

Dans le paysage photographique, il est une tradition qui tend à se perdre à cause de la désertion du marché des compacts par la plupart des constructeurs : celle des bridges à très gros zooms. Nikon, néanmoins, compte parmi les rares à ne pas y avoir renoncé et, plus encore, profite d’avoir le champ libre pour s’accaparer, génération avec génération, le record de la plus grosse amplitude de zoom.

Avec un tel appendice optique, le Nikon Coolpix P1000 ne pouvait pas être petit, les lois de l’optique restant ce qu’elles sont. A l’ouverture de la boîte, la première chose qui vous frappera sera donc la taille gigantesque de la bête : 15 cm de large, 12 cm de haut et un peu plus de 18 cm de long (objectif replié), pour un joli 1415 grammes sur la balance.

Pour vous donner une idée du gabarit, ce Nikon Coolpix P1000 est plus encombrant et lourd qu’un reflex Nikon D7500 équipé du zoom AF-P Nikkor 70-300 mm f/4,5-6,3 G ED VR DX ! Du coup, si vous comptiez être discret, c’est raté…

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : position repliée

Pour un bridge, la qualité de construction se situe dans le haut du panier, avec des assemblages parfaits, une coque joliment texturée et un gainage de bon aloi. Tout est fait pour, au moins visuellement, vous donner l’impression de posséder un reflex Nikon.

Au toucher, toutefois, certains plastiques sonnent un peu creux, mais rien de répréhensible. Pour peu que vous n’ayez pas le vice de comparer ce Coolpix P1000 aux bridges haut de gamme de Panasonic et Sony, ou aux reflex semi-professionnels de Nikon, c’est donc un agréable sentiment de qualité et de robustesse qui domine.

Histoire de renforcer l’illusion, Nikon a pourvu son mega-bridge d’éléments ergonomiques experts : une véritable molette PSAM, une poignée très creusée, une molette de pouce sur l’épaule droite du boîtier, un écran orientable sur rotule et, cerise sur le gâteau, un très beau viseur OLED de 2 359 000 points.

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : la molette supérieure et les boutons type reflex

En termes de définition pour un viseur OLED, vous ne trouverez mieux que sur quelques hybrides haut et très haut de gamme, dont les Nikon Z6 et Z7. Histoire de ne rien gâcher, le Coolpix P1000 est capable de photographier en RAW/NEF et de filmer en Full HD 60p ainsi qu’en UHD 30p.

Toutefois, dès que nous nous penchons sur les organes qui animent ce bridge sous stéroïdes, l’esbrouffe manifestée à l’extérieur ne peut pas totalement faire oublier que, fondamentalement, nous avons affaire à un bridge qui n’est rien d’autre qu’un gros compact.

Le capteur est un BSI CMOS de « seulement » 1/2,3 pouces d’une définition de 16 millions de pixels qui équipait déjà les Coolpix P900 et P600 (sortis en 2014).  La plage de sensibilité ne va que de 100 à 1600 ISO (3.200 et 6.400 ISO sous conditions), et ce malgré la greffe d’un « processeur Expeed amélioré » (ce qui veut tout et rien dire).

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : l’écran arrière et les touches de contrôle

L’écran, certes orientable, n’est pas tactile et doit se contenter d’une définition de 921.000 points. Toute la panoplie sans fil contemporaine est de la partie (Bluetooth 4.1 basse consommation, Wi-Fi 802.11 b/g), et vous avez même droit, en plus des classiques prises micro USB et mini HDMI, à une prise microphone, mais la batterie chargée d’alimenter tout ce petit monde paraît aussi disproportionnellement petite que l’engin est gros, puisqu’il s’agit d’un EN-EL20a de 1100 mAh…

Quelque part, il faut bien comprendre que Nikon a dû procéder à de nombreux arbitrages techniques afin de proposer ce très gros zoom à un tarif  « acceptable » (1100 EUR au moment du lancement) : un capteur plus récent, un écran plus défini et tactile, une batterie de plus grande capacité, sont autant d’éléments qui auraient à la fois alourdi la facture et le boîtier. A un moment, impossible d’avoir le beurre et l’argent du beurre.

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : l’écran arrière non tactile mais orientable

Ce qui ne doit pas vous empêcher de vous poser ces deux questions : « un zoom 125x allant jusqu’à 3000 mm vraiment utilisable ? » et « ai-je vraiment besoin d’un Coolpix P1000 ? » Ce qui tombe plutôt bien puisque nous allons tenter d’y répondre pour vous.

Test Nikon Coolpix P1000 : Mais au fait, ça donne quoi des photos à 3000 mm ?

Faisons une petite entorse à la structure classique d’un test. Ici, normalement, nous devrions parler de la prise en main, mais laissons ces considérations de côté, pour le moment, afin de nous intéresser à l’objet de curiosité de ce bridge, sa focale maximale.

Par rapport aux 2000 mm d’un Coolpix P900, nous serions tentés de penser intuitivement que les 3000 mm d’un Coolpix P1000 permettent de « voir » 50 % plus loin. Mais cette intuition est-elle la bonne ? Pour y répondre, mieux vaut une petite animation qu’un long discours :

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : de 24mm à 3000mm
voir les images au format natif

Cette animation est rendue possible par le fait que le Coolpix P1000 est capable de zoomer « pas à pas », c’est à dire d’une focale fixe prédéfinie à une autre, ce qui donne, dans l’ordre croissant des focales :

24 mm < 28 mm < 35 mm < 50 mm < 70 mm < 85 mm < 105 mm < 135 mm < 200 mm < 400 mm < 600 mm < 800 mm < 1000 mm < 1200 mm < 1400 mm < 1600 mm < 1800 mm < 2000 mm < 2200 mm < 2400 mm < 2600 mm < 2800 mm < 3000 mm.

Comme vous pouvez le constater, il faut neuf paliers pour aller du grand angle maximal (24 mm) jusqu’à 200 mm, focale après laquelle l’évolution se fait par pas de 200 mm.

Visuellement, cela se traduit par la sensation de zoomer rapidement entre 24 mm et 200 mm, puis de zoomer un peu plus lentement entre 200 mm et 1200 mm, encore plus lentement entre 1200 mm et 2000 mm et, enfin, de manière presque imperceptible entre 2000 mm et 3000 mm.

C’est, justement, ces focales qui distinguent le Coolpix P900 du Coolpix P1000. Cette progression semble, visuellement, tellement négligeable que l’on en vient à se demander si, en pratique, il ne serait pas plus intéressant de simplement appliquer un recadrage après la prise de vue… Et c’est d’ailleurs ce que nous vous encourageons à faire !

En effet, au-delà de l’aspect visuel, augmenter la focale maximale entraîne des complications lors de la prise de vue, notamment en termes de stabilisation. Celle, optique, du zoom 125 x du Coolpix P1000 a beau se révéler rudement efficace, elle connaît néanmoins des limites.

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : 600mm – ISO 100 – 1/800 sec. – f/5

Au-delà de 1000 mm, la prise de vue à mains levée devient nettement plus compliquée, puisque l’appareil devient très sensible aux micro-mouvements du photographe. De plus, même en plein jour, comme c’est le cas dans notre exemple, le bridge est obligé d’opter pour des vitesses d’obturation élevées (au-delà de 1/000 s) pour continuer à obtenir des images suffisamment nettes.

Pas question de jouer sur l’ouverture, qui se limite rapidement à f/8, ni sur la sensibilité (la dégradation de la qualité de l’image est trop violente au-delà de 400 ISO), pour tenter de rattraper le coup.

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : 500mm – ISO 1.600 – 1/10 sec. – f/7.1

Utiliser un trépied ? Oui, bien sûr, cela est possible, mais même avec un excellent trépied, il faut que celui-ci soit parfaitement stable, et que la surface sur laquelle vous le placiez le soit tout autant.

Gardez également à l’esprit que tous ces désagréments s’amplifient au fur et à mesure que la lumière naturelle baisse, ce qui laisse une plage d’utilisation effective très faible en journée, quelques heures à peine en été, bien moins en  hiver…

Test Coolpix P1000 : un zoom 3000 mm vraiment utilisable à main levée jusqu’à 1000 mm

A main levée, l’utilisation du Coolpix P1000 sur la totalité de sa plage focale se révèle donc périlleuse. D’abord pour les problèmes de stabilisation évoqués, mais aussi, tout simplement, de la difficulté de cadrer aux focales extrêmes.

Le moindre micro-mouvement du boîtier peut entraîner un très fort décalage par rapport au sujet, qui peut aller jusqu’à une dizaine de mètres, ce décalage s’amplifiant au fur et à mesure que le sujet est loin de vous.

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : la touche fonction de contrôle du zoom

Nikon, conscient de ce problème, a greffé sur le côté gauche de l’objectif une intéressante touche fonction, symbolisée par un rectangle entouré de quatre flèches. En appuyant sur ce bouton, et en le maintenant enfoncé, l’objectif dézoome automatiquement à la focale inférieure. Relâchez le bouton, et vous revenez à la position initiale.

Par exemple, si vous étiez à 1000 mm, vous descendez passagèrement à 800 mm, si vous étiez à 3000 mm, vous descendez passagèrement à 2800 mm, et ainsi de suite.

L’idée est de pouvoir cadrer un peu plus large que la scène que vous allez réellement capturer. Dans le principe, la bonne intention est évidente et cette fonction se révèle rudement pratique jusqu’à 1000 mm. Mais, au-delà, comme nous l’évoquions précédemment, les différences entre deux paliers sont trop minimes pour que l’assistance au cadrage se révèle vraiment utile.

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : 600mm – ISO 100 – 1/400 sec. – f/5

Un autre souci, enfin, et non des moindres : l’autofocus. Là encore, jusqu’à 1000 mm environ, aucun problème à signaler. Le Coolpix P1000 se révèle même, dans cet exercice, étonnamment agile, vif et précis malgré son gabarit et la masse de lentilles à déplacer !

Mais si vous avez l’idée saugrenue de zoomer plus loin (idée que vous aurez forcément, sinon vous ne vous seriez pas embêté à acheter un bridge disposant d’un zoom 125 x), ce sera la loterie. La mise au point se fera au petit bonheur la chance… quand elle voudra bien se faire.

Entre deux prises de vues successives du même sujet, il pourra arriver qu’une fois l’appareil photo veuille bien effectuer la mise au point, mais la fois d’après pas du tout (ou l’inverse). C’est, avouons-le, plutôt frustrant… Mais lorsque ça marche, vous aurez alors l’immense satisfaction d’avoir réalisé une image avec une très longue focale avec un bridge à 1000 euros alors que pour obtenir la même avec un reflex il aurait fallu investir de manière beaucoup plus lourde, dans tous les sens du terme !

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : 3.000mm – ISO 100 – 1/400 sec. – f/8

Test Coolpix P1000 : le trépied, son meilleur ami pour la vie ?

« Si cela ne marche pas à main levée, alors ça doit passer avec un trépied, non ? » Raisonnement tout à fait logique, plein de bon sens… et partiellement vrai. Avoir recours à un trépied élimine une partie des problèmes, permet d’exploiter des temps de pose plus longs ainsi que des sensibilités plus faibles. Bien sûr, dans ces conditions, pas question de photographier un sujet en mouvement, il faudra plutôt préférer les scènes statiques.

De plus, sur un trépied, vous pouvez contourner l’inconsistance de l’autofocus aux plus longues focales en optant pour la mise au point manuelle.

A ce propos, Nikon a plutôt bien fait les choses. D’une part, la mise au point s’effectuera à l’aide de la bague d’objectif, dont la fluidité parfaitement dosée est à saluer. De plus, en basculant en mise au point manuelle, vous pourrez, simultanément, avoir recours à deux aides à la mise au point : une loupe, pour grossir la zone sur laquelle effectuer votre netteté, et du focus peaking, qui va surligner en blanc le contour du sujet lorsque celui-ci est net.

Ce focus peaking doit être salué car il propose une fonction rare : en tournant la molette de pouce, sur l’épaule droite, vous pouvez, sans avoir à revenir dans les menus, augmenter ou baisser à la volée l’intensité du surlignage. Vraiment bien vu, bravo Nikon ! Une fois la mise au point faite, ne reste donc qu’à déclencher, et hop, la photo est prise.

Oui… mais non.

Il y a toujours, malgré tout, ce soucis de vibrations dérangeantes inhérentes à l’utilisation des longues focales qui revient à la charge.

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : position déployée à 3.000mm

Là, sur trépied, cette vibration est générée par le simple fait de déclencher l’appareil photo. Cette simple pression peut faire, même très légèrement, bouger votre boîtier, ce qui, au mieux, entraînera un décalage dans votre cadrage, au pire, causera du flou de bougé. Parfois même les deux.

Une première solution s’offre alors à vous : pour éviter les vibrations au déclenchement, utiliser le retardateur. Sauf qu’il n’est pas possible d’activer simultanément la mise au point manuelle et le retardateur ! Si vous le faites, le boîtier forcera alors la mise au point automatique, vous fera perdre le point si précieusement acquis. Retour à la case départ.

Une deuxième solution consiste à utiliser une télécommande, soit la télécommande filaire MC-DC2, soit la télécommande Bluetooth ML-L7, lesquelles coûtent respectivement 35 euros et 45 euros. A vous de définir si cet investissement complémentaire en vaut le coup, en fonction de la fréquence à laquelle vous comptez photographier aux très longues focales. Et puis, cela fait un accessoire de plus dans le sac photo, déjà bien garni…

La troisième solution, si vous possédez déjà un smartphone, est d’utiliser la fonction « Déclenchement  à distance » en passant par l’application Snapbridge. Mais là, il faudra prendre le temps d’appairer votre boîtier à votre terminal mobile, ce qui peut s’avérer plus ou moins rapide et stable en fonction du smartphone (modèle, système d’exploitation) que vous possédez.

Décidément, utiliser un très gros zoom censé vous faciliter la vie car « universel », ça se mérite, et ce n’est finalement pas si simple que cela !

Test Coolpix P1000 : la prise en main

Maintenant que nous avons fait le tour de l’utilisation (ou non) de l’objectif, mettons-le de côté, et abordons l’utilisation du Coolpix P1000 en tant que boîtier photographique.

Grâce à sa poignée bien creusée, autorisant une préhension ferme même avec de grandes mains et un maniement étonnamment aisé compte tenu de la masse et de l’encombrement de l’appendice optique, secondé par un viseur électronique de tout premier ordre, viser, cadrer et déclencher avec le Coolpix P1000 s’avère un vrai plaisir.

C’est à se demander si Nikon n’a pas fait exprès de mettre un viseur OLED aussi bon pour vous dissuader d’utiliser l’écran arrière, lui, tout à fait passable. Notez d’ailleurs que cet écran arrière est polarisé : si vous avez l’habitude de porter des lunettes (de soleil ou non) elles-même polarisées, en fonction de leur sens de polarisation, il pourra vous arriver, comme à nous, de vous trouver dans l’incapacité de lire ce qui s’affiche à l’écran. A moins de tourner l’appareil à 90°, ce qui est le principe de la polarisation, mais qui du coup n’est pas des plus pratiques et pour naviguer dans les menus et pour cadrer.

Les menus sont bien ceux déjà présents chez les compacts et bridges de la marque, l’interface ayant été hérité de feu les hybrides Nikon 1.

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : 200mm – ISO 400 – 1/250 sec. – f/4.5

Très sobres, dans leur livrée mêlant le noir, le gris, le blanc et un vert léger, la navigation y est aisée pour qui est habitué aux boîtiers à objectifs fixes de Nikon. Si vous venez d’un reflex Nikon, le temps d’adaptation sera très bref, donc pas de soucis à avoir de ce côté là.

Il faudra juste bien repérer certaines fonctions spécifiques au gros télézoom de ce Coolpix P1000 :

  • la « Sélection focales fixes », qui permet de définir sur quelles focales fixes vous voulez que le zoom pas à pas s’arrête,
  • la « Position de zoom initiale », qui permet de déterminer à quelle focale vous voulez que l’appareil se positionne lorsque vous l’allumez (par défaut, il s’allume en position 24 mm),
  • la « Commande de zoom latérale », qui permet au choix de zoomer (en continu, le pas à pas étant réservé à la gâchette de zoom au niveau du déclencheur) ou d’effectuer la mise au point,
  • et le « Retour au zoom initial », qui définit le comportement de la touche fonction sur le côté de l’objectif.

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : sélection des valeurs de focales fixes

Ce zoom, puisque décidément nous ne faisons qu’en parler, est assez lent à mettre en branle. Compte tenu de ses dimensions, c’est fort compréhensible. Mais, à l’allumage de l’appareil, même si l’électronique est déjà d’attaque, il faut attendre que le zoom se déploie. Une fois l’ensemble en ordre de marche, passer du grand angle au téléobjectif maximal prend plusieurs secondes, et de même dans l’autre sens. Plus, bien sûr, le délai fluctuant requis par l’autofocus, mais nous l’avons déjà évoqué.

Pour en finir avec la prise en main, le Coolpix P1000 ne souffre pas de défauts rédhibitoires, mais quelques points sont néanmoins perfectibles.

Par exemple, à côté du déclencheur, la touche fonction « Fn » n’est pas idéalement placée et souvent difficile à trouver à tâtons, lorsque vous avez l’œil dans le viseur.

La disposition de la lampe d’éclairage AF, au sommet de la poignée, n’est pas des plus judicieuses puisque, régulièrement, elle sera masquée par un doigt baladeur.

Le Coolpix P1000 se charge, par défaut, via la prise USB (un câble et un adaptateur secteur USB sont fournis), et il vous faudra débourser 44 euros pour acquérir le chargeur d’accumulateur MH-29 qui permet de charger la batterie en l’enlevant de l’appareil.

La batterie EN-EL20a, enfin, avec toute l’énergie drainée par les mouvements de l’objectif, ne tiendra guère que 200 vues. D’où l’utilité d’une batterie secondaire (43 euros) que vous aurez préalablement chargée sur le chargeur externe.

Qualité d’image

Vous l’aurez compris, le Nikon Coolpix P1000 n’est pas, en soi, si difficile à manipuler, mais son utilisation impose de nombreuses contraintes. Tous ces efforts valent-ils le coup, par rapport aux images qu’il est capable de produire ?

D’un point de vue optique, en mettant de côté la facilité d’usage pur, il faut lever notre chapeau aux ingénieurs opticiens de Nikon. Ce 24-3000 mm f/2,8-8 n’a rien d’évident à concevoir sur le papier et, pourtant, le constructeur s’en est sorti haut la main car nous n’avons rien de grave à lui reprocher en termes de rendu : pas de déformation ni de vignettage excessifs, pas de manque d’homogénéité sur l’ensemble de la plage focale, vraiment, de la belle ouvrage !

Test Nikon Coolpix P1000 : une semaine avec le bridge au zoom 125 x qui grimpe jusqu'à 3000 mm !

Test Nikon Coolpix P1000 : 200mm – ISO 100 – 1/400 sec. – f/4.5

De plus, la stabilisation optique se révèle redoutable et vous vous surprendrez à capturer des clichés nets au 500 mm à 1/8 ème de seconde. Bluffant ! Dommage qu’aux focales supérieures l’objectif soit aussi peu évident à pleinement exploiter.

Notez que, si vous avez majoritairement une utilisation urbaine du Coolpix P1000, la pollution atmosphérique viendra, au-delà de 1500 mm environ, parasiter votre image. C’est comme ça, c’est la vie, et cela fait partie des bonnes raisons pour lesquelles les villes devraient être bâties à la campagne. Ou en montagne.

D’un point de vue électronique, le processeur Expeed « amélioré » ne permet pas de miracles sur ce capteur BSI CMOS 1/2,3 pouces de 16 Mpx déjà daté. Si l’ensemble tient à peu près la route jusqu’à 800 ISO (pour peu que vous vous cantonniez à une diffusion de vos images uniquement sur écran et sur internet), n’espérez pas de miracles au-delà. Utiliser 1600 ISO et les sensibilités supérieures ne sera que lorsque vous n’aurez plus le choix. Du coup, de ce côté-ci, pas d’amélioration notable par rapport au Coolpix P900 de précédente génération.

Test Nikon Coolpix P1000 - ISO

Test Nikon Coolpix P1000 : cliquez pour voir des exemples de photos aux différentes sensibilités

Test Nikon : pour qui et quels usages ?

Au terme de ce test, nous pouvons désormais répondre à la seconde question que nous nous posions tout au début : « ai-je réellement besoin d’un Coolpix P1000 ? »

Vous l’aurez compris, le facteur limitant et frustrant de ce bridge réside, paradoxalement, dans son zoom gargantuesque à l’utilisation aussi exigeante et capricieuse. Néanmoins, s’il vous en faut plus pour vous décourager…

Le Nikon Coolpix P1000 peut vous intéresser si…

  • vous ne possédez pas déjà de compact ni de bridge à très gros zoom,
  • vous cherchez un appareil « tout en un » pour vous essayer à la photographie aux très longues focales,
  • vous êtes curieux et aimez les défis.

Le Nikon Coolpix P1000 va moins vous intéresser si…

  • vous cherchez un compact ou bridge à gros zoom facile à utiliser en toutes circonstances,
  • vous possédez déjà un Coolpix P600, P900 ou A900,
  • vous ne disposez pas déjà d’un trépied pour pleinement l’exploiter,
  • vous cherchez le bridge avec un gros zoom vraiment polyvalent,
  • vous cherchez un bridge avec une excellente qualité d’image.

Test Nikon Coolpix P1000 : ma conclusion

De tous temps, les bridges à très gros zooms se sont toujours posés comme d’intrigantes curiosités photographiques et techniques, occasion pour les constructeurs d’exploiter des territoires inexplorés, vers l’infini et au-delà.

Plus rarement, ces genres de bridges se présentent comme de véritables options viables lorsqu’il s’agit de s’équiper et passer à la caisse. Le Coolpix P1000 n’échappe pas à la règle.

Excitante curiosité photographique pour les techniciens, il constitue, en soi, un palier dans l’état de l’art optique. Ce qui est une très bonne chose. Mais lorsqu’il s’agit de sortir avec et prendre des photos, il faut abandonner tout sens pratique. Car un zoom 125x qui grimpe jusqu’à 3000 mm, cela frôle le dispensable, voir l’inutile, et ce qui est censé faire sa force et son intérêt devient finalement son plus gros handicap et défaut.

Ce qui est dommage car, pour le reste, le Coolpix P1000 regorge de tout un tas de bonnes idées ergonomiques qui ne demandent qu’à être reprises sur d’autres bridges à dimensions plus humaines et réalistes.

Ne vous y trompez donc pas : le Coolpix P1000 est bien « le champion du zoom », tel que le présente Nikon, mais seulement d’un point de vue quantitatif, pas qualitatif.

En aucun cas il ne s’agit d’un appareil universel que l’on voudrait vous faire miroiter. Si vous voulez atteindre « les étoiles », prendre « de la hauteur tel un oiseau », faire que « le ciel [ne soit] plus une limite », et tout cela avec « une netteté sans précédent » (ce qui est forcément vrai puisqu’il n’y avait pas, jusque là, de bridge allant jusqu’à 3000 mm ni d’APN à zoom 125 x) il y a à la fois mieux, moins cher, et ailleurs.

Chez Nikon, les bridges de la génération précédente suffisent amplement.

Chez Panasonic, le Lumix FZ300 dispose d’un zoom 24x 25-600 mm f/2,8 à la fois plus polyvalent et lumineux, associé une électronique bien plus moderne (alors qu’il est sorti en 2015).  Et tout cela pour environ 400 euros …

Toujours chez Panasonic, et sous la barre des 1000 euros, le Lumix FZ2000 dispose d’un zoom 20x (24-480 mm) bien suffisant et, surtout, d’un capteur Type 1′ pouce à la qualité d’image sans commune mesure.

Enfin, si vous êtes d’humeur dépensière et qu’investir un peu plus de 1000 euros dans un bridge ne vous dérange pas, nous ne saurions que trop vous conseiller le Sony RX10 Mark III qui, avec son zoom 25x 24-600 mm f/2,8-4 d’une qualité exceptionnelle et son capteur Type 1′ pouce, ferait passer le Coolpix P1000 pour un jouet pour enfant.

Ce bridge Nikon chez Miss Numerique


25 conseils pratiques pour la photo en studio : portraits, objets et éclairages

Faire des photos en studio est une pratique que beaucoup de photographes amateurs apprécient. Mais certains n’osent pas se lancer : comment installer et gérer un studio, comment gérer les éclairages, comment gérer le modèle, … autant de notions complexes qui rebutent les plus débutants.

J’ai regroupé ici une série de conseils qui peuvent vous aider à démarrer si vous ne l’avez pas encore fait comme à améliorer vos images si vous pratiquez déjà.

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Des conseils pratiques

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Ces conseils sont applicables très vite et pour la plupart ne nécessitent pas un investissement conséquent. Ils sont extraits de différents guides sur le studio et l’éclairage, des ouvrages dont vous trouverez les références ci-dessous et qui peuvent vous permettre d’aller plus loin dans votre pratique.

Certains de ces conseils s’appliquent dans différentes situations, en studio comme en extérieur, pour le portrait comme pour la photographie d’objets. Libre à vous de les utiliser pour développer votre pratique et votre créativité.

Conseils pour faire des photos en studio

Conseil n°1 : Lorsque vous faites des photos de portrait, demandez à votre modèle d’orienter sa tête à 45° par rapport à votre boîtier. Cela vous permettra d’obtenir des images plus captivantes et chargées d’énergie. Familiarisez-vous avec le langage corporel pour pousser les poses plus loin et sortir des poses classiques.

Conseil n°2 : Les coudes jouent un rôle primordial en photo de portrait. La position des coudes comme la direction dans laquelle ils sont pointés peuvent exercer une influence déterminante sur le ressenti du spectateur face à la photo.

Conseil n°3 : Demandez à votre modèle d’utiliser ses mains de façon naturelle s’il ne sait pas quoi en faire, ce qui est fréquent. Servez-vous des poches du pantalon, de la boucle de ceinture, des hanches, de la nuque, du cou … Demandez à votre modèle de faire semblant d’avoir mal aux cervicales, par exemple, ou de se gratter la tête.

Posez ! 1000 poses pour le photographe et son modèle

Conseil n°4 : Evitez de couper une partie du corps ou de couper un membre aux articulations, comme s’il avait été amputé (par exemple les mains entièrement rentrées dans les poches). Cela peut se produire si vous avez choisi un angle inadapté ou que la pose de votre modèle ne convient pas.

Conseil n°5 : Jouez sur les associations de couleurs pour créer des images fortes et cohérentes, sans avoir besoin d’accessoires spécialisés. Ajoutez des éléments de la même couleur ou de la même nuance que ce que porte votre modèle pour faire des photos mieux composées et plus attirantes.

Conseil n°6 : Pour le fond choisissez une teinte qui est proche de celle de la peau, des habits et des accessoires.

Conseil n°7 : N’hésitez pas à vous rapprocher de votre modèle quand vous faites des photos de portrait. Les gros plans permettent de mettre en avant les traits et les imperfections qui font la particularité et l’intérêt du visage de chaque modèle.

Conseil n°8 : Si vous photographiez une personne susceptible de cligner des yeux ou de les fermer, demandez à votre modèle de fermer les yeux et de ne pas les ouvrir avant d’avoir compté jusqu’à trois. Déclenchez dès que les yeux du modèle sont à nouveau ouverts.

Conseil n°9 : Lorsque vous photographiez un modèle féminin, faites en sorte que la chevelure ne cache pas les yeux du modèle. En règle générale évitez qu’elle recouvre les pupilles du modèle, même partiellement.

Conseil n°10 : Composez l’image directement dans le viseur de votre appareil photo et gardez juste une petite marge au bord pour un recadrage ultérieur. Le cadrage doit se faire à la prise de vue et non au développement des fichiers.

1 modèle, 50 portraits : prise de vue, éclairage, poses - le guide pratique

Conseils pour gérer les éclairages au studio

Gestion des éclairages

Conseil n°11 : En studio, le temps de pose varie le plus souvent entre 1/125 et 1/250ème de sec. Pour éviter la montée du bruit numérique, sélectionnez la sensibilité ISO native de votre appareil photo, généralement 100 ou 200 ISO.

Conseil n°12 : Pour passer outre la vitesse de synchro flash et utiliser des temps de pose très courts, pensez à enclencher le mode synchro haute vitesse de votre flash. Vous pourrez alors figer des mouvements rapides.

Conseil n°13 : Si vous avez besoin de plus de puissance en flash indirect, réglez la puissance du flash ou approchez le sujet de la surface réfléchissante. L’inverse est vrai aussi, pour diminuer la puissance du flash en indirect, éloignez le sujet de la surface réfléchissante. Cela vous évite d’acheter différents flashs.

 

Conseil n°14 : Quand vous utilisez un flash de studio, vous pouvez contrôler les niveaux de netteté et de flou de vos photos en modifiant le temps de pose et l’intensité de la lumière continue. Plus longue sera la vitesse ou plus intense sera la lumière continue, plus vous obtiendrez le flou de mouvement.

Conseil n°15 : Pour réduire les ombres créées par un unique éclairage latéral, installez-le à 30° de l’axe optique juste au-dessus de la ligne des yeux. Placé plus loin sur le côté et très haut au-dessus de la tête il produirait des ombres plus grandes et plus longues sur le nez et la joue.

Conseil n°16 : Pour modifier la couleur de fond de votre scène, jouez avec un flash. Un flash supplémentaire éclairant le fond le fait apparaître blanc. Un carton masquant les côtés du flash rend le fond noir en n’éclairant que le sujet.

Conseil n°17 : Quand vous faites des photos au flash en studio, faite varier le temps de pose pour modifier la lumière d’ambiance, cela ne change pas l’éclairage du sujet.

Conseil n°18 : Une fois que vous avez choisi la position de votre éclairage principal et de votre sujet, marquez leur emplacement au sol à l’aide d’un adhésif.  Si vous déplacez l’éclairage ou que le sujet bouge, vous retrouverez facilement les positions voulues.

Photographier des objets

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Conseil n°19 : Quand vous photographiez des objets, utilisez un nombre impair d’objets pour renforcer votre composition. Un objet attire l’attention, trois objets composent un triangle, cinq objets peuvent représenter un cercle … La composition est alors plus dynamique.

Conseil n°20 : Déterminez la famille d’angles pour éviter les reflets sur vos portraits et photos d’objets. Cela consiste à déterminer la zone à l’intérieur de laquelle il ne faut pas placer vos éclairages sous peine d’en voir le reflet dans l’image. Ce calcul se fait en considérant la trajectoire des rayons lumineux entre le sujet et l’appareil photo.

Conseil n°21 : Pour photographier des récipients en verre d’épaisseur variable et éviter les effets disgracieux des différentes transparences, remplissez le récipient d’huile. L’huile a presque le même indice de réfraction de la lumière que le verre, elle va rendre la photo plus agréable à regarder.

Conseil n°22 : Pour photographier des objets métalliques brillants (comme des couverts) sans que les reflets ne soient visibles, choisissez le bon angle de prise de vue et calez chaque objet pour qu’il ne reflète pas la lumière.

Conseil n°23 : Pour créer un effet de reflet sous un objet (par exemple une chaise), vous pouvez superposer deux objets en post-traitement plutôt que d’utiliser un support en verre ou en plastique brillant coûteux et fragile.

Gérer la lumière en extérieur

Conseil n°24 : Quand vous faites des portraits en extérieur, dans la rue, faites en sorte de raconter une histoire au spectateur. Créez une atmosphère, incluez des éléments non-dits, qui invitent à s’interroger sur ce qui a précédé, et ce qui va suivre. Votre flash Cobra peut vous aider.

Conseil n°25 : Ne vous arrêtez pas de photographier lorsque la lumière baisse, faites des portrait de nuit. Augmentez la sensibilité ISO et jouez avec les lumières des voitures, les vitrines et l’éclairage public.

Pour aller plus loin …

Comment installer un studio photo chez soi, le guide pratique

La photo en studio et le portrait demandent beaucoup de travail en amont de la prise de vue :

  • choix du plan d’éclairage selon le résultat attendu,
  • choix des éclairages et accessoires,
  • direction du modèle,
  • choix des réglages du boîtier,
  • post-traitement des images.

La plupart de ces notions s’apprennent à force de pratiquer, sur le tas, mais connaître les enseignements de base et les possibilités qui s’offrent à vous est une bonne chose pour gagner du temps et éviter l’achat d’accessoires souvent inutiles.

Vous trouverez de nombreuses informations dans les ouvrages cités ici, et je vous invite à partager vos bonnes pratiques via les commentaires ci-dessous, cette liste ne demande qu’à être complétée.

Découvrir tous les livres photo aux éditions Eyrolles …


100 boîtiers rétro: Le guide du collectionneur d’appareils photo

Vous avez adoré la période argentique et les boîtiers rétro ? Vous êtes fan de beaux appareils photo et peut-être même collectionneur ?

Les éditions Eyrolles vous proposent d’en savoir plus sur les cent modèles qui ont marqué leur époque avec ce « guide du collectionneur ». De quoi remplir vos étagères et vous faire plaisir !

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100 boîtiers rétro, parce qu’il faut faire des choix

Plusieurs centaines d’appareils photo méritent de rejoindre votre collection et John Wade, l’auteur de ce guide raisonné, a fait des choix, à l’inverse de Todd Gustavson qui propose lui une revue des 500 appareils photo de légende.

Deux ouvrages conçus dans le même esprit toutefois, satisfaire la curiosité des amateurs de beaux appareils photo et faire revivre une part de la légende.

100 boîtiers rétro: Le guide du collectionneur d'appareils photo

Rien que dans la gamme Nikon, une bonne dizaine de reflex mérite l’attention du collectionneur, sans compter les Nikon S télémétriques. C’est le Nikon F historique qui a été retenu car il a marqué son époque et initié la longue série de reflex argentiques Nikon à monture F.

Des reflex, mais pas que

Je vous parle d’un temps … Le reflex est loin d’être le seul type d’appareil photo à avoir participé à l’aventure argentique.

Vous trouverez dans ce guide la présentation des autres formats et types d’appareils photo argentiques suivants :

  • des télémétriques 35 mm dont les Leica M
  • des reflex mono-objectifs moyen-format comme les Pentax et Hasselblad
  • des Foldings à bobines ou à plans-films comme les Zeiss et Voigtlander
  • des appareils à cartouches Instamatic comme le Minolta 110
  • des appareils stéréoscopiques comme les View Master
  • des appareils grands-angles et panoramiques comme les Noblex et Horizon
  • des appareils miniatures comme le Minox B
  • des appareils instantanés comme la série des Polaroïd
  • et même des accessoires rétro comme les posemètre et flashs.

Chaque page ou double page présente le modèle concerné, plusieurs illustrations ainsi qu’une présentation (un peu succincte parfois) et une fiche technique. 

100 boîtiers rétro: Le guide du collectionneur d'appareils photo

Pour les collectionneurs mais pas que

Ce livre va vous plaire si le matériel photo argentique vous intéresse au-delà de la prise de vue car il faut bien reconnaître qu’utiliser certains de ces boîtiers de nos jours n’est pas toujours aussi aisé que ça l’a été.

100 boîtiers rétro: Le guide du collectionneur d'appareils photo

Ce livre va aussi vous plaire si vous voulez en savoir plus sur la (belle) période argentique et le charme du matériel en bonne partie mécanique. Ah, le bruit du Nikon F au déclenchement…

Pensez aux autres : voici un joli cadeau potentiel à faire à un proche amateur d’appareils photo, ou simple passionné.

Mon avis sur 100 boîtiers rétro, le guide du collectionneur

Les éditions Eyrolles ont pris l’habitude de nous proposer des ouvrages photo fort bien réalisés. Les dernières parutions, dont ce guide du collectionneur, adoptent une couverture rigide qui rajoute à la qualité d’ensemble.

Plus que d’un simple guide, il s’agit d’un livre de photographie illustré de quelques images emblématiques (Steve McCurry, page 27 par exemple) qui rappellent, s’il le fallait, que le numérique n’est pas le passage obligé que l’on peut parfois y voir. L’histoire va vous rattraper dès les premières pages.

100 boîtiers rétro: Le guide du collectionneur d'appareils photo

Pour avoir utilisé moi-même plusieurs des modèles présentés, et les posséder encore, j’avoue que j’ai terminé la lecture de ce livre non sans une petite dose de nostalgie. Le renouvellement incessant du matériel numérique n’a pas que du bon et John Wade fait bien de nous le rappeler.

Vous voulez vous faire plaisir et (re)découvrir les icônes de ces cinquante dernières années ? Les 28 euros à dépenser pour vous procurer cet ouvrage valent aussi bien que le dernier accessoire à la mode, et vous plongeront dans l’histoire de la photographie. La culture n’a pas de prix !

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