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Sur la Route du Lait : 25 ans de reportage photo amateur à travers le monde

Sur la Route du Lait, c’est trois voyages en vingt-cinq ans, huit ans cumulés sur les routes du monde à la rencontre de ceux qui vivent du lait de leurs animaux, un peu plus de 100 000 photos, deux livres, des expos. Colette Dahan et Emmanuel Mingasson ne sont ni photographes professionnels, ni journalistes. Ils sont la preuve qu’un projet photo documentaire au long cours ne demande ni matériel haut de gamme, ni formation professionnelle. Il demande simplement une décision, de la méthode, et la discipline de finir ce qu’on commence.

Les échanges avec les participants à mes formations ne me servent pas qu’à répondre à leurs questions. Ils me servent aussi à mieux comprendre ce qu’ils font, leurs véritables besoins, leur pratique photo.

Emmanuel Mingasson, après avoir suivi ma formation Lightroom, me posait des questions de temps en temps, exprimant des besoins, des interrogations. C’est son besoin de classement et de référencement qui a attiré mon attention. J’ai alors réalisé qu’il était voyageur photographe au long cours. Et quel long cours !

Au printemps 2026, j’ai repris contact avec lui car son projet Sur la Route du Lait me semblait tellement fou qu’il méritait une mise en avant. C’est la synthèse de notre longue discussion que je vous propose aujourd’hui.

Sur la Route du Lait : 25 ans de reportage photo amateur à travers le monde avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - Iran, juin 2013
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Iran, juin 2013

Colette Dahan et Emmanuel Mingasson, deux personnes ordinaires, 25 ans de reportage photo documentaire

Deux personnes comme vous et moi. Colette Dahan et Emmanuel Mingasson ne sont ni photographes professionnels, ni journalistes. Curieux, ils ont décidé un jour de faire un long voyage mais surtout de lui donner un sens.

Emmanuel a travaillé pendant des années dans le développement rural, en Savoie, une région où les filières fromagères sont une réalité. Colette a eu plusieurs métiers et en partie dans le même milieu. Ils habitent à Chambéry.

Emmanuel commence à faire de la photo de façon sérieuse vers 1995. Pas de formation initiale, pas d’école de photo. Juste une activité qui le passionne, comme de nombreux amateurs. Avant le premier grand voyage Sur la Route du Lait en 2001, il suit cinq jours de stage chez un photographe installé dans la Drôme. Son appareil photo est un reflex de milieu de gamme. Ce boîtier, loin d’être un équipement professionnel, ne l’a pas empêché de faire des photos qui placent le spectateur au cœur de l’action. Emmanuel le dit sans fausse modestie, le vrai problème n’a jamais été le matériel.

Colette, elle, c’est l’écriture. Elle note, elle retranscrit, elle rédige. Et puis, au fil des voyages, elle s’est mise à photographier aussi, avec son appareil photo en mode automatique puis avec son smartphone, adoptant un regard totalement différent de celui d’Emmanuel. Spontané alors que le regard du photographe est plus construit. Complémentaire, en fait. Sur le terrain, c’est aussi elle qui lui rappelle ce qu’il ne faut pas rater.

« Il y en avait un qui ne savait pas bien écrire, et l’autre qui ne savait pas faire des photos. Il n’y a pas eu de discussion. »

Lors de l’entretien, j’entends Colette nous dire en arrière-plan « oui, enfin, un peu photographe quand même hein ?« .

D’une boutade en Ouzbékistan à Sur la Route du Lait : comment naît un projet photo de 25 ans

Tout commence pendant un voyage, en 1999, dans un marché en Ouzbékistan. Quinze jours de sac à dos en Asie centrale, quelques jours avant de rentrer en France. Sur un étal, un fromage séché très dur, quelque chose qu’ils n’avaient jamais vu. Et une boutade : « Un jour il faudra revenir voir comment c’est fait.« 

Un an plus tard, en juillet 2000, Colette et Emmanuel sont décidés : l’année prochaine, ils partent. Et ils se fixent trois prérequis pour ce voyage qu’ils s’imposent d’accomplir en un an : du temps (un congé sabbatique), une voiture (un 4×4 acheté et aménagé), et parler russe (une langue apprise de zéro pour pouvoir parler dans des pays où tous ont appris le russe à l’école pendant la période soviétique). Le 1er septembre 2001, tous les éléments sont réunis. Ils partent. Sur la Route du Lait vient de commencer.

Leur idée et le fil conducteur du voyage sont de connaître et comprendre les fabrications traditionnelles qui permettent aux familles de vivre. Ils ne savaient pas si ça allait marcher ni ce qu’ils allaient trouver. Ils savaient juste qu’ils avaient une année devant eux pour essayer.

Ce premier voyage les mène en Roumanie, en Turquie, en Iran, en Asie centrale, en Mongolie. Retour en 2002.

Puis une douzaine d’années plus tard, en 2013-2015, ils repartent en Asie, au printemps cette fois. Ils veulent être présents pendant la pleine période de production laitière, quand les animaux sont à l’herbe. En prime, ils retrouvent des familles rencontrées douze ans auparavant. Avec eux, leur premier livre et ainsi la réponse à la question que beaucoup leur avaient posée « qu’allez-vous faire de toutes les photos et toutes les notes que vous avez prises ? »

Et le troisième voyage, enfin, de septembre 2020 à janvier 2026 : un an en France d’abord, Covid oblige, puis la Scandinavie, puis le 4×4 expédié sur un bateau entre la Belgique et Montevideo, et l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale, l’Amérique du Nord.

Imaginez… Vivre pendant en tout huit ans dans un espace aménagé de 2 mètres de long sur 1,40 mètre de large. Emmanuel décrit l’intérieur : un lit, une cuisine, un coin salon, une salle de bain. « Et terrasse, et grand balcon« , dit-il avec un sourire non feint. Plusieurs confinements la première année, un problème de santé qui les a immobilisés pendant 7 mois, l’attente de pièces de rechange pour la voiture et une semaine tous les deux mois une pause pour la rédaction de la lettre de voyage, ils ont aussi passé presque un an entre quatre murs, dans des logements classiques, pendant le dernier voyage. Le reste, c’était la voiture aménagée en van.

Un congé sabbatique, pour mémoire, est ouvert à tous les salariés. Il n’est pas rémunéré mais ce n’est pas réservé à une catégorie particulière. Emmanuel le dit parce que c’est important.

Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - Le 4x4 Toyota aménagé
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Le 4×4 aménagé

Comment trouver des sujets pour un reportage photo : frapper aux portes

Premier voyage, 2001. Colette Dahan et Emmanuel Mingasson ont une adresse en Roumanie et une adresse en Iran. C’est tout. Pas de contacts préétablis, pas de base de données, pas de guide local. Tout va se faire sur le terrain.

Leur méthode se veut simple et efficace : aller sur les marchés, demander aux vendeurs d’où viennent les produits, remonter la chaîne jusqu’aux grossistes. À Istanbul, ils étalent une carte de Turquie dans un marché de gros en produits laitiers. Ça attire du monde. Chacun donne son avis, indique une fromagerie, une région, un producteur à ne pas rater. La carte comme outil de rencontre, c’est artisanal, c’est lent, on l’a oublié de nos jours, mais c’est efficace.

Pour leurs deuxième et troisième voyages, ils bénéficient d’Internet, qui leur permet de préparer quelques trajets avant d’arriver dans un pays. Mais la philosophie de Sur la Route du Lait veut que les rencontres restent spontanées, identiques dans l’esprit à ce qu’ils ont vécu en 2001.

Ces rencontres aboutissent-elles ? Ils ne reçoivent que trois refus en huit ans de voyage. Le premier lié à une croyance, celle de l’étranger qui pourrait apporter le mauvais œil dans la maison. Le deuxième refus venait de quelqu’un qui avait dit oui puis changé d’avis, probablement par pudeur sur ses conditions de vie. « Pourquoi vous venez chez nous, il n’y a rien à voir chez nous. » Le troisième refus s’est produit dans des circonstances similaires. C’est tout.

Emmanuel me l’a précisé lors de notre entretien, l’accueil s’est avéré identique partout où ils sont allés : Asie centrale, Amérique du Sud, Belgique, Norvège, Allemagne. Une fois leur projet expliqué, les portes s’ouvraient. Partout. Il résume en une phrase ce qui débloque la peur d’aborder des inconnus pour un reportage photo, et qu’il dit s’être répétée chaque fois qu’il hésitait à frapper à une porte : « Le seul risque que je prends, c’est qu’ils me disent oui.« 

Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - Soins en cave à la fromagerie Serro Balsamo dans l'Etat de Goiás, novembre 2023
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Soins en cave à la fromagerie Serro Balsamo dans l’Etat de Goiás, novembre 2023

Photographier un reportage : une journée sur le terrain

Colette et Emmanuel ont une même demande auprès des producteurs qui leur ouvrent leurs portes : être là pour la traite, rester jusqu’à la fin de la fabrication, du début à la fin.

La raison est simple : la traite prend du temps, et pendant ce temps-là, les gens ont les mains occupées mais la bouche libre. Pareil pendant la fabrication. Ces moments privilégiés permettent la discussion et surtout, sans que cela pose de problème, de sortir l’appareil de photo. La conversation s’installe naturellement, sans forcer.

Pas de questionnaire préparé, pas de liste de questions à cocher, mais une discussion à bâtons rompus. L’objectif premier de Colette et Emmanuel c’est de comprendre comment les gens vivent, comment ils s’organisent, comment leur façon de transformer le lait reflète l’adaptation à l’environnement dans lequel ils vivent. Un mode de vie nomade, une saison de production courte, un milieu de steppe, désertique ou au contraire sous la neige plusieurs mois par an, plusieurs espèces animales dans le troupeau, tout cela a une influence sur des techniques, intéressantes à connaître car elles permettent de comprendre le mode de vie et sont souvent héritées de traditions transmises parfois depuis des générations.

Sur le terrain, la coordination entre Emmanuel et Colette se fait naturellement. Il photographie pendant qu’elle note ou enregistre. Il ne pose pas de questions, elle ne photographie pas pendant qu’il cherche son cadre. Ça s’est calé ainsi naturellement entre eux.

Emmanuel réalise deux types d’images lors de chaque visite. Les photos documentaires d’abord : suivre un procédé de A à Z, photographier chaque étape pour pouvoir décrire une technique, un savoir-faire et s’en souvenir aussi. Et les photos de mise en valeur de l’humain : « Mon boulot, tel que je le conçois, c’est mettre en valeur le geste, mettre en valeur le travail. » C’est le témoignage qu’il souhaite apporter.

Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - Kirghizstan, juillet 2013
Sur la Route du Lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Kirghizstan, juillet 2013

Quel matériel photo pour un reportage au long cours

Emmanuel Mingasson me dit avoir fait près de 80 % des images de ces 25 ans avec un seul objectif : un 24-70 mm f/2.8, monté sur un boîtier reflex au départ, devenu un hybride en cours de route. Le deuxième boîtier, plus discret, c’est un compact avec une focale fixe 28 mm. « Un petit bijou« , dit Emmanuel. Efficace, discret, silencieux.

Le 35 mm f/1.4 sort exceptionnellement, quand la lumière est tellement faible qu’il faut aller chercher l’ouverture maximale. Mais c’est rare. Les montées en ISO modernes et les logiciels de traitement comme Lightroom ont largement réduit ce besoin.

Alors que je lui pose la question de la vidéo, sa réponse est sans appel : absente, ou presque, et c’est assumé. « C’est difficile sur le terrain, il faut penser à tout, on a des gigas et des gigas le soir, le son, s’il est bon, s’il est pas bon…« . Comme je le comprends !

Pour lui, la vidéo entre en conflit direct avec la quête d’images. Quand on est en train de construire une image, on ne pense pas au plan vidéo. Et inversement. Emmanuel le regrette un peu, parce que dans une projection d’une heure et quart, quelques séquences de 15 à 20 secondes faites par Colette rendent le montage plus vivant. Mais pas au point de changer d’approche.

Ce que le smartphone de Colette apporte, en revanche, est réel. Un regard différent, spontané, peut-être moins construit. Et surtout : elle voit ce que lui ne voit pas, parce qu’elle n’a pas l’œil collé à un viseur. « Manu, arrête de parler, il faut que tu ailles voir là-bas. » C’est ça, travailler à deux.

Sauvegarder et classer ses photos en voyage : la méthode d’Emmanuel

C’est la contrainte de tout voyageur, d’autant plus au long cours. Devoir chaque soir, sans exception, sauvegarder et annoter ce qui a été fait pendant la journée. Sans ça, imaginez le travail au retour après des mois ou années de voyage : Emmanuel me l’a dit, ce serait tout simplement impossible. Le volume d’images accumulé par Sur la Route du Lait l’impose.

La règle de sauvegarde établie par Emmanuel, et que j’approuve pleinement, est simple et non négociable : on n’efface jamais une carte mémoire avant d’avoir deux copies sur deux supports distincts. En pratique : il a utilisé trois jeux de disques durs en permanence. Deux dans la voiture, dont un en sauvegarde Time Machine (couvrant à la fois le système et le disque photo). Un dans le sac à dos lors de chaque sortie à pied, quelle que soit la durée de la sortie. Si la voiture se fait dévaliser, il reste au moins une copie.

Au premier voyage, en diapo, pas de disque dur. les pellicules partaient par la poste depuis l’Asie centrale vers un ami qui les réceptionnait en France. Pas une seule ne s’est perdue, malgré le stress.

« Après un envoi, je ne dormais pas pendant 15 jours, et quand j’avais le message trois semaines après disant ‘on a bien reçu’, c’était le soulagement. »

Aujourd’hui, deux disques durs de 2 To suffisent pour l’ensemble d’un voyage. La taille d’un paquet de cigarettes. Deux autres disques contiennent les copies de sauvegarde et deux autres encore les sauvegardes Time Machine.

Le nombre de photos réalisées est forcément impressionnant : environ 55 000 images pour le dernier grand voyage, soit une trentaine de déclenchements par jour en moyenne. Selon les rencontres, ça peut aller de 20 photos dans une journée calme à 500 dans une journée chargée. Emmanuel précise qu’une partie de ces images sert de mémoire technique : photographier chaque étape d’une fabrication complexe, pas pour faire une belle image, mais pour pouvoir reconstituer le procédé plus tard. Ce point est important. En voyage on ne fait jamais « que » des belles images mais aussi toutes celles qui servent à référencer, documenter, illustrer.

Les mots-clés sont appliqués dans Lightroom le soir même, avant tout traitement. C’est la priorité absolue. Afin de faciliter la recherche ultérieure des photos, Emmanuel a adopté une structure systématique : pays, ville ou village, nom du voyage, puis description de tout ce qui est visible sur la photo. Pour les fabrications fromagères, les mots-clés sont précis et techniques, calqués sur le vocabulaire de la filière. Il lui faut pouvoir retrouver une photo faite en Ouzbékistan en 2001 dans les mêmes conditions qu’une photo faite la semaine dernière. Les diapos du premier voyage ont été scannées et intégrées dans Lightroom avec cette même structure. La méthode fonctionne : lorsque je lui ai demandé quelques photos d’illustrations, je les ai reçues le lendemain.

En complément des mots clés, l’arborescence Lightroom établie par Emmanuel suit la logique du voyage : par pays, puis par date, jour par jour. Des collections complètent le système : par lieu, par thème, par lettre de voyage publiée ou nombre d’étoiles. Lightroom exclusivement, depuis le début. Je me souviens avoir évoqué avec lui lors d’un de nos échanges la possibilité de rechercher des photos non référencées, et de synchroniser les mots clés entre Lightroom Classic et les autres déclinaisons de Lightroom. Ce n’était alors pas possible. Depuis la version 15.4, ça l’est et cela facilite le travail de référencement. À garder en mémoire pour le prochain voyage !

De ces 55 000 photos, Colette et Emmanuel ont choisi environ 10 % des images en première sélection. Leurs critères sont classiques : intérêt esthétique, capacité à raconter quelque chose, pertinence documentaire. Le traitement du soir est resté minimum : que la photo commence à ressembler à quelque chose, qu’elle soit utilisable rapidement. Le traitement approfondi viendra plus tard.

Et pendant qu’Emmanuel fait tout ça, Colette retranscrit, traduit si nécessaire, et rédige. Cela représente deux heures de travail minimum, chaque soir. « Si on veut garder une trace et faire les choses intelligemment, il n’y a pas d’autre façon.« 

Sur la route du lait : 25 ans de reportage photo amateur à travers le monde avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson
Sur la route du lait avec Colette Dahan et Emmanuel Mingasson – Mongolie, juin 2002

Publier ses photos : pourquoi la lettre papier plutôt que le tout gratuit

Dès le premier voyage, Colette et Emmanuel l’ont décidé : les abonnés de Sur la Route du Lait recevront chaque mois une lettre papier, envoyée par la poste. Pas un email, pas un contenu web. Un courrier physique, quatre pages, noir et blanc au début, puis couleur. Colette et Emmanuel vont ainsi réunir entre 250 et 340 abonnés payants selon les voyages.

Le parti pris est explicite et assumé : aller à contre-courant du « tout gratuit sur Internet ». Pas par prétention. Par conviction qu’une lettre physique se lit différemment, qu’elle ne se perd pas dans une boîte mail, qu’elle mérite une attention différente, parce que des gens ont travaillé pour la créer et que d’autres ont payé pour la recevoir. Cet engagement, il structure aussi le rythme de travail du soir. Pas question de bâcler.

Mais ce n’est pas tout. Il y a un deuxième engagement, moins visible mais tout aussi important : envers le respect dû à tous les producteurs rencontrés. Des gens qui ont ouvert leur maison, expliqué leur métier, parlé de leur vie, et à qui Emmanuel et Colette ont dit : « Notre objectif, c’est de faire connaître votre vie à des gens qui ne pourront jamais venir vous voir.« 

La logistique de chaque voyage a reposé sur un camp de base en France, tenu par des amis. Les textes partent par email, les pellicules par la poste au premier voyage (lettres mises en page, imprimées, expédiées depuis la France). Dès le deuxième voyage, un PDF bouclé depuis la voiture est envoyé pour impression et mise sous enveloppe. Encore des tâches à gérer : au deuxième voyage, plus de 300 lettres par mois sont ainsi traitées. « Il faut de bons amis.« 

Réseaux sociaux et photo : un carnet d’adresses, pas une vitrine

Colette et Emmanuel m’ont avoué ne pas être à l’aise avec les réseaux sociaux. Lors du premier voyage, les réseaux n’existaient pas. Avec le temps, ils ont adopté une présence minimale sur Facebook. Et puis, un jour, au Brésil, des producteurs qu’ils venaient de rencontrer leur ont dit : « on veut voir les photos que vous avez faites chez nous, mettez-les sur Instagram« . Le compte Instagram Sur la Route du Lait est né comme ça, d’une demande du terrain.

Ils se sont alors mis à publier une série de photos toutes les trois semaines environ. Il n’y a pas de stratégie, pas de calendrier, pas de ligne éditoriale calée à l’avance. C’est un partage plaisir, quand l’envie et le temps sont là.

L’usage réel d’Instagram et des réseaux qu’Emmanuel m’a décrit n’est pas celui qu’on imagine. Pas une vitrine. « De toute façon, le système est fait pour qu’on ne voie plus rien. » Ce qui compte, c’est le lien direct avec les personnes rencontrées. Quelques jours avant notre échange, il recevait un message WhatsApp d’un producteur brésilien rencontré dans une ferme. Vingt-cinq ans de voyage, et c’est ça la vraie valeur des réseaux sociaux pour un projet comme le leur : maintenir l’échange avec les gens qui vous ont ouvert leur porte.

Livre photo, expo, projection : finir le travail

Après le retour du premier voyage, en 2002, afin de faire connaître leur démarche et leurs propos, Colette et Emmanuel commencent par des expos photo et des projections. Un carrousel Kodak et cinq paniers de diapos ! Le texte est lu en direct pendant que les images défilent. La restitution est si bien réalisée que les gens ne prêtent pas garde aux changements de carrousels, ressortent en disant qu’ils croyaient être au cinéma. Ces projections ont généré des discussions, des rencontres, et finalement l’idée d’un livre. Le premier est sorti en 2006, quatre ans après le retour. Ils ne l’avaient pas prévu. Il s’est si bien imposé qu’il est épuisé.

Le deuxième voyage se voulait plus structuré en termes de communication et de façons de le partager. Continuer avec une lettre de voyage, alimenter le site web, tandis que le projet de livre, d’expos, de conférences, ils l’ont en tête avant même de partir.

Aujourd’hui, quatre mois après le retour du dernier voyage, nos deux voyageurs se réinstallent. Ils se posent. Un prochain livre est déjà en réflexion. Des projections peut-être, des conférences, une expo. Rien n’est calé, et c’est bien normal. Il faut laisser le temps au temps.

Pour Emmanuel, la question de la restitution (livre, expo, projection) n’est pas un bonus. C’est la raison d’être du travail de terrain.

« Si on ne fait pas la deuxième partie du travail, la première ne sert à rien. »

C’est dit simplement, mais c’est une des phrases les plus importantes de cette conversation. Deux mille quatre cents pages de notes, des milliers de photos qui restent sur un disque dur, que personne ne verra jamais, que les enfants jetteront sans savoir ce que c’est. Emmanuel y pense.

Rematérialiser ce qu’on a vécu est essentiel quand tout est numérique. Imprimer, publier, exposer. Ce n’est pas accessoire, c’est finir le travail.

Ce que 25 ans de reportage enseignent aux photographes amateurs

Photographe amateur, Emmanuel a fait cinq jours de stage avant de partir en reportage pour un an. Boîtier d’entrée de gamme. Pas de formation professionnelle en photographie. Et 25 ans plus tard, ses images tiennent. Elles racontent quelque chose. Elles ont servi de base à des livres, des expos, des projections qui ont touché leur public.

Je le répète souvent, la technique photo s’apprend vite. Apprendre à regarder, par contre, prend une vie. C’est ce que démontre concrètement Sur la Route du Lait sur 25 ans de pratique.

Mener un tel projet documentaire long n’est pas réservé aux professionnels. C’est accessible à quiconque décide de commencer, pas juste d’y penser pour le faire un jour, mais de commencer.

Emmanuel me l’a répété tout au long de notre échange, l’obstacle n’est jamais technique. Il est psychologique. « J’ose pas, je sais pas, peut-être que ça ne marchera pas... » Il faut savoir distinguer les rêves des projets. Un rêve reste flou. Un projet, ça se prépare concrètement : du temps, de la logistique, un budget, un moyen de transport, une langue si nécessaire. Et on y va, même sans savoir ce qu’on va trouver.

Colette et Emmanuel m’ont aussi confié que travailler à deux apporte quelque chose que le travail solo ne peut pas donner : deux regards, deux outils, deux façons de voir la même scène. Et quelqu’un qui vous dit ce que vous étiez en train de rater.

Colette a mis une citation de Jacques Brel en exergue du premier livre. Elle résume mieux que n’importe quelle conclusion ce que cette conversation dit aux photographes qui hésitent.

Ce qu’il y a de difficile, pour un homme qui habiterait Vilvoorde et qui voudrait aller à Hong Kong, ça n’est pas d’aller à Hong Kong, c’est de quitter Vilvoorde. »

Où retrouver Sur la Route du Lait de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson

Vous pouvez retrouver les voyages de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson sur le site Sur la Route du Lait.

Le deuxième livre est toujours disponible : Voix lactées de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson

Voix lactées, le livre de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson - projet Sur la route du lait : 25 ans de reportage photo amateur à travers le monde
Voix lactées, le second livre de Colette Dahan et Emmanuel Mingasson

Les projets à venir : un troisième livre, des projections, une expo. Pas de date annoncée encore, le travail est en cours. L’histoire de Sur la Route du Lait n’est pas terminée.

Un grand merci à Emmanuel Mingasson pour le (long) entretien qu’il a bien voulu m’accorder pour relater ces périples autour du monde.


Quel objectif reportage Nikon Z choisir ? Guide complet APS-C et plein format

Ah, le reportage photo… Qui n’a pas rêvé de se transformer, l’espace d’une semaine, en reporter pour immortaliser les grands évènements internationaux ? Mais le reportage photo, c’est aussi celui que vous pouvez faire au pied de chez vous, sans prendre la grosse tête, tout en vous faisant plaisir en racontant une belle histoire.

À retenir rapidement
Pour le reportage photo avec un Nikon Z, l’objectif idéal est celui qui vous permet de cadrer vite sans réfléchir à la technique.
En pratique, un zoom polyvalent comme le 24-120 mm f/4 en plein format, ou le 16-50 mm en APS-C, couvre la majorité des situations.
Les focales fixes comme le 35 mm ou le 50 mm restent idéales pour un reportage plus immersif et narratif.

Le reportage photo, une pratique plus courante et plus exigeante qu’il n’y paraît

Chez les photographes amateurs, le reportage photo est l’une des pratiques les plus courantes, bien que certains n’en aient pas conscience. Pourtant, faire des photos d’un événement local, pour une association, une fête de famille, un voyage, c’est faire un reportage photo. Ce qui signifie que vous devez adopter les mêmes codes et les mêmes pratiques que les photographes professionnels.

Le reportage photo a toutefois ses contraintes : en reportage, vous ne pouvez pas refaire la scène. Pas de pause, pas de deuxième chance. Je suis bien placé pour le savoir : chaque fois que je me prête à l’exercice, je rentre en me disant que j’aurais pu aussi photographier ceci et cela, mais que je ne l’ai pas fait et que c’est foutu. Pratiquer le reportage photo, c’est aussi accepter de ne pas atteindre la perfection.

Le critère technique le plus important lors d’un reportage photo n’est pas le réglage de l’appareil. Ce n’est même pas l’appareil lui-même, d’ailleurs. C’est vous. La capacité que vous avez à saisir les instants les plus importants comme les plus anodins, à les montrer, en utilisant au mieux les conditions du moment : scène, lumière, sujets.

Ce qui va compter aussi, puisqu’il faut bien aborder quelques principes techniques, c’est l’objectif pour le reportage photo que vous allez utiliser. S’il est adapté au besoin, tout va bien. Il suffit d’ouvrir les yeux. Si la focale, ou la plage focale, n’est pas la bonne, c’est une autre paire de manches : il faut envisager une approche décalée. C’est déjà moins simple.

Un bon objectif de reportage n’est pas forcément celui dont tout le monde vante les mérites, ni le plus cher. C’est celui qui convient à votre pratique, à vos besoins et à votre boîtier. Au moment du choix, le mieux est trop souvent l’ennemi du bien.

Les critères essentiels pour choisir un objectif de reportage

Je vais vous faire gagner du temps car cet article est long : un bon objectif de reportage permet de cadrer vite, en étant sûr de son rendu, sans réfléchir à la technique.

Voici la version longue et les critères qui comptent réellement.

Angle de champ et polyvalence

En reportage, vous devez jongler entre scène large, situation serrée, portrait, détail, ambiance.

Selon votre manière de photographier, une focale fixe vous aidera à être plus créatif, tandis qu’un zoom vous fera gagner en réactivité.

En pratique, on ne va pas se mentir, le zoom polyvalent est souvent l’objectif privilégié des reporters photographes. Il autorise différents plans sans imposer le changement d’objectif grâce à sa plage focale.

Ouverture

En intérieur, en soirée, dans la rue de nuit, une ouverture f/1.8 ou f/2.8 est un vrai avantage. Pas seulement pour la luminosité : l’ouverture influence le rendu, l’ambiance, la séparation du sujet de l’arrière-plan.

Je ne dis pas qu’il est impossible de faire un reportage photo avec un zoom f/3.5-6.3, c’est bien sûr possible. Mais si vous vous prenez au jeu, et que vous voulez couvrir les différentes situations qui vont s’offrir à vous, « plus ça ouvre, mieux c’est« .

Distance de travail

La distance au sujet dépend du reportage. Dans certains cas, vous serez à quelques mètres, dans d’autres à quelques dizaines de centimètres, voire à quelques centimètres.

Un 24 mm vous plonge dans la scène. Un 35 mm vous en rapproche. Un 70-200 mm vous laisse prendre du recul. Cette distance change votre attitude et celle du sujet : une donnée déterminante en reportage.

Poids et discrétion

Sortir un 70-200 mm dans la rue change immédiatement l’ambiance… et la manière dont les gens se comportent. Cela change aussi la façon dont votre dos va supporter la charge, surtout si vous avez un boitier imposant comme un Nikon Z8 ou Z9.

À l’inverse, un 35 mm ou un 40 mm compact passe partout. Il est bien plus léger. Croyez-moi, au bout de deux heures, vous sentirez la différence.

Les focales indispensables pour le reportage photo

Qu’il s’agisse d’un objectif à focale fixe ou d’un zoom, commençons par nous intéresser aux focales. Vous l’avez compris, il n’existe pas une unique focale « pour le reportage ». Chacune a ses particularités.

Le 24 mm : immersion totale

Reportage photo à Venise pour la fête du Redentore - 24 mm
Fête du Redentore à Venise – 24 mm – photo © JC Dichant

Avec un 24 mm, vous êtes dans la scène, pas à côté. Très large sans être caricatural, il oblige à s’approcher, à assumer sa présence, à composer avec l’environnement immédiat.

Le 24 mm est une focale exigeante mais redoutable en reportage. Elle donne de l’air, du contexte, de la profondeur. Elle raconte autant le lieu que les personnes qui l’habitent. Mal utilisée, elle dilue le sujet. Bien maîtrisée, elle plonge le spectateur au cœur de l’action.

Exemple concret : un reportage en immersion dans un événement, une scène de rue dense, une manifestation, des coulisses, un reportage architectural habité. Vous êtes au plus près, parfois à quelques dizaines de centimètres. Le décor devient partie intégrante de l’histoire. Le 24 mm ne pardonne pas l’hésitation, mais quand ça fonctionne, l’image est immédiatement lisible et vivante.

Le 28 mm : proximité maîtrisée

Reportage photo à Venise pour le carnaval - 28 mm - photo © JC Dichant
Carnaval de Venise – 28 mm – photo © JC Dichant

Le 28 mm occupe une position intermédiaire très intéressante en reportage. Moins spectaculaire qu’un 24 mm, moins immersif qu’un 35 mm, il offre un équilibre subtil entre largeur et lisibilité. C’est une focale qui permet de montrer le contexte sans écraser le sujet, et d’être proche sans être envahissant.

En reportage, le 28 mm est souvent plus facile à exploiter que le 24 mm. Il laisse davantage de marge dans la composition, limite les déformations et reste très polyvalent, notamment en intérieur ou dans des espaces contraints. Il convient parfaitement à ceux qui veulent travailler au grand-angle sans tomber dans l’effet démonstratif.

Exemple concret : un reportage urbain, des scènes de rue animées, des événements en intérieur, la documentation d’un lieu avec présence humaine. Vous vous approchez, mais sans devoir être au contact direct. Le 28 mm raconte l’histoire avec le décor, sans que celui-ci ne prenne le dessus sur le sujet.

Le 35 mm : dans l’action

Reportage photo à Reims pour le Grand Prix de l'excellence - 35 mm - photo © JC Dichant
Grand Prix de l’excellence à Reims – 35 mm – photo © JC Dichant

Avec un 35 mm, vous êtes dans l’action. Proche sans déranger, large sans déformer.

C’est la focale naturelle pour raconter une scène, comprendre son rythme, montrer un personnage dans son environnement. C’est aussi ma focale favorite, mais ça, c’est personnel.

Exemple concret : vous couvrez une fête locale, en ville, une ambiance de marché, en voyage, un évènement festif, en intérieur. Vous vous approchez, vous discutez, vous êtes en rapport direct avec votre sujet. Le 35 mm est une invitation à raconter.

Le 50 mm : équilibre et simplicité

Reportage sur le Street Art à Vitry-sur-Seine - 50 mm - photo © JC Dichant
Street Art à Vitry-sur-Seine – 50 mm – photo © JC Dichant

Certains diront que c’est la focale historique des plus grands, c’est vrai. Que c’est la focale qui voit comme l’œil humain, c’est moins vrai.

Le 50 mm donne une vision naturelle, mais n’offre pas un angle de champ aussi large que vos yeux. Peu importe, c’est la focale idéale pour les portraits spontanés, les regards complices, les détails qui participent à l’histoire que vous racontez, toutes les situations où un cadrage trop large casserait l’intention.

Exemple concret : un reportage sur un artisan au travail, un portrait avec arrière-plan contextuel, une scène de vie en intérieur, une soirée animée.

Le 24-70 mm ou le 24-120 mm : polyvalence absolue

Reportage photo pendant un shooting mode - 85 mm - photo © JC Dichant
Reportage photo pendant un shooting mode – 85 mm – photo © JC Dichant

Les zooms ne sont plus les objectifs moyens qu’ils étaient il y a quelques décennies. Ils sont aussi qualitatifs que les focales fixes, leur ouverture maximale est généreuse, leur poids et leurs mensurations restent raisonnables.

Sur un Nikon Z, le 24-120 mm est devenu une référence. Il remplace avantageusement le duo 24-70 + 70-200 dans de nombreuses situations, surtout en reportage où la rapidité prime.

A 24 mm, vous plongez le spectateur dans la scène. A 50 ou 70 mm vous faites vos portraits contextuels, à 105 ou 120 mm vous jouez les plans serrés. Tout ça sans jamais changer d’objectif. Ce zoom est mon objectif de reportage habituel, il a remplacé mon 24-70 mm.

Le 24-120 mm f/4 est l’objectif de reportage le plus polyvalent en Nikon Z plein format.
Reportage photo sur la centrale électrique de Dun/Meuse - 105 mm - photo © JC Dichant
Entretien de la centrale électrique de Dun/Meuse – 105 mm – photo © JC Dichant

Le 24-70 mm garde pour lui une plus grande compacité, et reste une optique à reportage très pertinente, surtout dans ses versions à ouverture f/4.

Les 24-70 mm f/2.8 sont souvent plus imposants, plus lourds, et surtout bien plus chers. Ils ne vous donneront pas forcément de meilleures images si vous ne savez pas pourquoi il vous faut un f/2.8.

Reportage photo sur les illuminations de Dun/Meuse - 120 mm- photo © JC Dichant
Illuminations de Dun/Meuse – 120 mm- photo © JC Dichant

24-120 mm et 24-70 mm sont aussi des objectifs rassurants pour les photographes hésitants : ils “font tout”, sans être médiocres.

Exemple concret pour l’un comme pour l’autre : un reportage mariage, un événement d’entreprise, un voyage avec une seule optique, un festival, une fête de rue.

Le 70-200 mm : distancer pour mieux observer

La traversée de Paris en anciennes - 185 mm - photo © JC Dichant
La traversée de Paris en anciennes – 185 mm – photo © JC Dichant

Un reportage photo au 70-200 mm ? Bien sûr, il existe des situations pour lesquelles cette plage focale est idéale.

Parfait en événementiel avec des sujets distants, pour faire des portraits sur le vif, en concert, pour le sport de proximité, le zoom 70-200 mm (ou 70-300 mm) est vite indispensable si vous voulez varier les plaisirs. Ce téléobjectif n’est pas là juste pour “zoomer”. Il sert à isoler, contrôler l’arrière-plan, isoler le calme d’une scène agitée.

Exemple concret : une cérémonie, un discours, un portrait discret, une scène capturée à la volée en ville sans forcer l’espace intime du sujet.

Reportage photo : APS-C ou plein format, quelles différences concrètes ?

Que vous utilisiez un Nikon hybride ou reflex, le choix entre un appareil à capteur APS-C ou plein format va porter sur la taille, le poids, la discrétion, le rapport de conversion de la plage focale.

Un APS-C (Nikon Z50II, Zfc, Z30) favorise les situations où vous souhaitez rester discret, sans pointer un gros appareil face à vos sujets. Le rapport de focale de x 1,5 vous permet de disposer d’une plage focale équivalente à la plage 24-120 mm en vous contentant d’un 16-50 mm bien plus compact.

En APS-C, le 16-50 mm couvre l’équivalent 24-75 mm, idéal pour le reportage généraliste.

En effet, sur un APS-C :

  • un 24 mm cadre comme un 35 mm en plein format,
  • un 35 mm cadre comme un 50 mm.

Je vous renvoie vers mon sujet sur la focale équivalente entre APS-C et plein format si cette histoire de ratio vous pose toujours problème.

Vous gagnez en légèreté, en discrétion, en simplicité de sac photo. En reportage, c’est un vrai avantage.

Avec un plein format (Z5II, Z6III, Zf, Z7II, Z8, Z9), vous gardez la vraie sensation de chaque focale, le rendu plus doux en arrière-plan, et le potentiel maximum en faible lumière. Les objectifs pour le plein format sont en effet souvent plus ouverts.

Tableau comparatif des objectifs de reportage Nikon

Notez bien que ce tableau comparatif des objectifs pour le reportage photo s’applique à toutes les marques d’appareils photo. Mais sur Nikon Passion, je parle quand même plus souvent de Nikon.

Comparatif objectifs de reportage pour le plein format

Objectif (type) Usage reportage idéal Avantages Limites
24 mm f/1.8 Reportage immersif, environnement, architecture humaine Très large sans excès, forte présence du décor, dynamique visuelle Demande une vraie maîtrise de la composition, proximité obligatoire
28 mm f/2.8 Photo de rue, reportage léger, voyage Compact, discret, angle polyvalent, très bon en APS-C Moins immersif qu’un 24 mm, ouverture plus modeste
35 mm f/1.8 Rue, reportage humain, intérieur Immersif, naturel, polyvalent, facile à lire Oblige à être proche du sujet
40 mm f/2 Reportage discret, narration douce, quotidien Ultra-compact, très naturel, rendu subtil, idéal pour passer inaperçu Moins typé qu’un 35 ou 50 mm, ouverture limitée
50 mm f/1.8 Portrait sur le vif, détail, reportage calme Séparation sujet/fond, rendu classique, lumineux Pas toujours assez large en intérieur
24-70 mm f/4 ou f/2.8 Reportage généraliste, événement Réactif, homogène, bon compromis Plage focale plus courte
28-75 mm f/2.8 Reportage polyvalent Très bon rendu, compact pour un zoom lumineux Pas ultra-large (28 mm seulement)
24-105 mm f/4-7.1 Voyage, reportage polyvalent léger Léger, économique, large plage focale Ouverture glissante, moins à l’aise en basse lumière
24-120 mm f/4 Voyage, événement, reportage long Ultra-polyvalent, qualité constante, excellent en Nikon Z (moins en AF-S) Encombrement supérieur
70-200 mm f/2.8 ou f/4 Portrait, cérémonie, concert Compression, isolation du sujet, rendu pro Volumineux, visible en reportage

Comparatif objectifs de reportage pour l’APS-C

Si vous utilisez un Nikon Z APS-C (Z50II, Zfc, Z30), le choix de l’objectif change sensiblement. Le facteur de conversion 1,5× transforme complètement l’usage des focales. Voici un tableau récapitulatif des objectifs NIKKOR Z DX et FX les plus pertinents pour le reportage photo en APS-C.

Objectif (type) Éq. plein format Usage reportage idéal Avantages Limites
NIKKOR Z DX 12-28 mm f/3.5-5.6 PZ VR ~18-42 mm Street, paysage, immersive Ultra-large, très polyvalent pour l’environnement Ouverture modeste, pas top en basse lumière
NIKKOR Z DX 16-50 mm f/2.8 VR ~24-75 mm Reportage général, événement, voyage Zoom constant f/2.8, stabilisé, polyvalent Ouverture moyenne, moins isolant qu’un fixe
NIKKOR Z DX 16-50 mm f/3.5-6.3 VR ~24-75 mm Reportage léger, compact Ultra léger, discret, bon en voyage Ouverture variable, limité en faible lumière
NIKKOR Z DX 18-140 mm f/3.5-6.3 VR ~27-210 mm Voyage, reportage polyvalent Très large plage focale, remplace plusieurs optiques Ouverture modeste, qualité variable
NIKKOR Z DX 24 mm f/1.7 ~36 mm Street, portraits environnementaux Très lumineux et compact, excellent pour récit visuel Moins large que 12-28 ou 16-50
NIKKOR Z DX MC 35 mm f/1.7 ~52,5 mm Portrait sur le vif, détails Lumineux, bon bokeh, macro léger Focale unique, exige bouger
NIKKOR Z DX 50-250 mm f/4.5-6.3 VR ~75-375 mm Portrait serré, sport, animaux Longue portée, bon rapport portée/poids Ouverture faible, pas optimal en faible lumière
Objectifs FX montés sur APS-C (ex. NIKKOR Z 28 mm f/2.8, 40 mm f/2) variable Street, portraits, scènes variées Optique FX souvent meilleure en rendu, polyvalence Plus volumineux, moins discret

Tous les objectifs NIKKOR Z DX listés sont conçus spécifiquement pour les capteurs APS-C des Nikon Z (Z50II, Z30, Zfc). Vous trouverez la liste complète des objectifs hybrides Nikon Z sur Nikon Passion.

Rappel : Les focales plein format (FX) fonctionnent sur APS-C avec recadrage 1,5× — utile pour la portée mais parfois moins compactes. Lisez aussi Quel objectif Nikon Z choisir pour votre hybride ?

Exemples tirés du terrain

Reportage nocturne

J’utilise un 35 mm. L’ambiance est dense, les gens passent vite, les lumières se reflètent. Impossible de rester à distance : je dois sentir la scène, être dedans. Le 35 mm me suit, silencieux. Je déclenche sans réfléchir.

Reportage lors d’un évènement officiel

J’utilise le 70-200 mm. Je n’ai pas à me faufiler, je laisse les moments se dérouler. Les expressions sont naturelles, je ne dérange personne, j’obtiens des portraits que je n’aurais jamais capturés à 35 mm.

Reportage voyage, une seule optique

Je choisis le 24-120 mm. Je peux documenter un lieu, un visage, une scène de marché, un détail de porte, une silhouette dans la lumière. Je ne change pas d’objectif, jamais. C’est un gain de temps énorme.

Faut-il privilégier les zooms ou les focales fixes ?

La question n’a pas de bonne réponse universelle. Elle dépend de votre personnalité et du type de reportage que vous menez.

Retenez que :

  • Une focale fixe vous pousse à réfléchir, à vous déplacer, à créer une cohérence visuelle.
  • Un zoom vous offre de la réactivité, du confort, de la flexibilité.

En reportage, les deux se complémentent. Certains photographes alternent d’ailleurs deux boîtiers : un avec focale fixe, un avec zoom. Ce n’est pas une obligation, mais c’est une pratique efficace, surtout si vous alternez scènes lumineuses et scènes sombres.

Quand le megazoom suffit (et quand il vous pose problème)

Je ne suis pas fan des megazoom, mais je me dois d’en parler.

Il s’agit des objectifs comme les 18-140 mm, 24-200 mm ou 28-400 mm qui peuvent dépanner en voyage léger ou en reportage “documentaire pur”, où l’enjeu principal est de capturer l’événement plus que l’esthétique.

Ils ont pour avantage de favoriser la liberté, la légèreté, le côté “prêt à tout”. Ils ont pour limites une ouverture souvent modeste, un rendu moins homogène, un moins bon contrôle du sujet.

En étant à peine taquin, je dirais que les megazooms sont bons partout mais excellents nulle part. Toutefois au final, mieux vaut une photo correcte qui a le mérite d’exister qu’une photo excellente que vous n’avez pas faite.

FAQ : vos questions les plus fréquentes

Quel est le meilleur objectif pour débuter le reportage avec un Nikon Z ?
Avec un plein format, le 24-120 mm est le choix le plus polyvalent et le plus accessible pour débuter sérieusement.
Avec un APS-C, le 16-50 mm est le choix le plus polyvalent et le plus souple dans toutes les situations comme en basse lumière.

Une focale fixe suffit-elle pour un reportage complet ?
Oui, si vous acceptez la contrainte. Un 35 mm f/1.8 peut couvrir 90 % d’un reportage narratif.

Dois-je absolument utiliser des objectifs Nikon ?
Non. Les optiques compatible peuvent convenir, mais la compatibilité AF/VR varie selon les modèles.

APS-C ou plein format pour le reportage ?
L’APS-C est plus léger et discret. Le plein format donne un rendu plus doux et une meilleure tenue en haute sensibilité. Les deux fonctionnent très bien.

Quel est l’objectif pour le reportage photo le plus discret pour la rue ?
Un 35 mm f/1.8. Compact, précis, silencieux, il ne fait pas peur et vous permet de travailler dans la proximité.

Conclusion : objectif pour le reportage photo, choisissez celui qui vous permet de raconter l’instant

Un bon objectif pour le reportage photo ne se résume pas à une fiche technique. C’est un outil qui s’oublie, une optique qui vous laisse jouer avec ou dans la scène, qui vous permet de suivre ce qui se joue, d’anticiper, de raconter.

Quand vous trouvez cette optique là, le reportage devient fluide. Le reste n’est qu’une question d’expérience.


Boro reporter-photographe, une saga d’aventure ancrée dans l’Histoire

Créée par Dan Franck et Jean Vautrin, la série de romans Boro reporter-photographe suit le parcours de Blémia Borowicz, reporter-photographe fictif plongé au cœur des bouleversements majeurs du XXe siècle. Berlin, guerre d’Espagne, montée des totalitarismes, Seconde Guerre mondiale : Boro traverse l’Histoire appareil photo en main, témoin engagé plus que simple observateur.

Résumé rapide : Boro reporter-photographe est une série de romans d’aventure écrite par Dan Franck et Jean Vautrin. Elle met en scène un photoreporter fictif parcourant l’Europe des années 1930 et 1940, un Leica à la main, au cœur des grands bouleversements politiques et militaires du XXe siècle.

Pourquoi cette série parle autant aux photographes

Si la série ne se limite pas à la photographie, elle en partage profondément l’ADN. Boro incarne cette figure du photographe-reporteur libre, mobile, parfois borderline, pour qui l’image est à la fois preuve, arme et mémoire. Son Leica n’est pas un gadget narratif mais un outil de survie, au même titre que son instinct et son sens du risque.

Repères pour situer l’époque de Boro reporter-photographe

Les années 1930-40, c’est l’Europe qui se crispe, puis bascule. Pour un personnage de reporter-photographe, ça signifie une chose : être au mauvais endroit au mauvais moment… et devoir quand même appuyer sur le déclencheur.

Boro, Est-Ouest – le tome 9 paru en 2022

Leica, photo-reportage et mythe du photographe aventurier

Le Leica accompagne Boro comme il accompagna nombre de photo-reporters réels de cette époque. Compact, discret, rapide, il symbolise une photographie de terrain, prise sur le vif, loin des postures esthétiques. Cette présence récurrente parle immédiatement aux photographes qui s’intéressent à l’histoire du photojournalisme et à ses figures fondatrices.

Et c’est là que la série fonctionne : elle ne “parle pas matériel”, elle raconte ce que la photographie fait aux gens. Le Leica est un symbole, mais surtout un prétexte narratif pour parler d’accès, de vitesse, de preuve, de risque. Bref, de photographie quand elle n’a pas le droit d’être confortable.

Une fiction qui parle du métier de photographe

À travers Boro, la série interroge le rôle du photographe face à l’Histoire, bien au-delà de la technique. Être là, regarder, déclencher, transmettre, parfois au prix de sa sécurité.

FAQ : la saga Boro reporter-photographe

Boro reporter-photographe est-il basé sur un photographe réel ?
Non. Boro est un personnage de fiction, mais son parcours s’inspire largement de figures réelles du photo-reportage européen du XXe siècle, notamment celles qui ont couvert les conflits et bouleversements politiques de l’entre-deux-guerres.

Pourquoi cette saga intéresse particulièrement les photographes ?
Parce qu’elle met en scène la photographie comme un acte engagé, lié à l’Histoire, au terrain et au risque. Elle parle autant de regard que de contexte, et rappelle ce que signifiait être photographe avant l’ère numérique.

Combien de tomes compte la saga Boro reporter-photographe ?
La série compte neuf volumes (saga “Les Aventures de Boro, reporter photographe”), publiés entre 1987 et 2022. Selon les éditions, on la retrouve en grand format et en poche, ce qui la rend facile à emporter.

Par quel tome commencer Boro reporter-photographe ?
Commencez par La Dame de Berlin. C’est l’entrée la plus simple pour comprendre le personnage, son contexte historique et le ton “photo-reportage romanesque” de la série.

Si vous aimez l’histoire du photo-reportage, vous allez retrouver ici des questions très actuelles : qu’est-ce qu’on photographie, pourquoi on le fait, et ce qu’on accepte de risquer pour une image.


NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 : le zoom de reportage f/2.8 abordable

Nikon prend tout le monde par surprise en annonçant le NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8, un zoom de reportage à grande ouverture pour ses hybrides plein format et APS-C. Par surprise car cet objectif n’apparaissait pas dans la liste des objectifs à venir dans la gamme NIKKOR Z, ni sous cette appellation, ni sous une autre désignation proche.

Voici ce qu’il faut savoir de ce zoom abordable, qui pourrait intéresser les amateurs d’optiques à grande ouverture ne souhaitant pas pour autant investir dans le plus coûteux NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S. Je vous ai préparé également un tableau de comparaison des 3 zooms similaires de la gamme.

NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 : le zoom de reportage f/2.8 abordable

Ce zoom et tous les NIKKOR Z chez Miss Numerique

NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 : présentation

Bien que la fin d’année pointe son nez, Nikon a décidé de nous faire une dernière (?) surprise en ce 14 décembre. Contre toute attente, puisque ce n’était pas au programme, voici donc arriver un zoom de reportage dont la plage focale 28-75 mm couvre le grand angle comme le petit télé en passant par la focale classique 50 mm.

Plus que la plage focale, c’est l’ouverture maximale qui est attirante, f/2.8 étant celle des zooms pros comme le NIKKOR Z 24-70 mm f./2.8 S. Une ouverture plus attirante que la plus modeste ouverture F/4 du NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S, mais facturée bien plus cher puisque près de 1.260 euros séparent ces deux versions.

Facturé 1.049 euros, ce nouveau NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 est donc une belle surprise. Si ce n’est la focale 24 mm manquante, il pourrait même devenir le nouveau standard en monture Z plein format puisqu’il ne coûte que 59 euros de plus que le 24-70 mm f/.4.

Mais ce n’est pas tout.

NIKKOR Z 28-75mm f/2.8

Le NIKKOR Z 28-75mm f/2.8

Les plus attentifs auront réalisé que cette plage focale, 28-75 mm, est atypique chez Nikon. Elle n’a jamais existé, la plus proche étant celle du zoom AF NIKKOR 28-70 mm f/3.5-4.5 sorti en 1991, celle du zoom AF NIKKOR 28-80 mm f/3.5-5.6 datant lui de 1995 ou celle du zoom AF-S 28-70 mm f/2.8.

Cette plage focale est par contre celle du zoom Tamron 28-75 mm f/2.8 G1 ou G2, un zoom polyvalent compatible avec les reflex plein format comme avec les hybrides Sony E (dans la version G2). La version Sony est facturée 999 euros, soit 50 euros de moins à peine que le NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8.

De là à penser que Nikon cherche à couper l’herbe sous le pied de ses détracteurs qui affirment qu’il n’y a aucun zoom f/2.8 abordable dans la gamme Z, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement.

J’en franchis même un second en constatant que Nikon tire avant que les opticiens indépendants ne l’aient fait. Il aurait été assez simple a priori pour Tamron de décliner son 28-75 mm Série E en une version Z. « Trop tard c’est fait » pourrait s’exclamer Nikon. Les plus dubitatifs penseront peut-être qu’une alliance Nikon-Tamron se cache derrière ce nouveau venu, personne ne le sait à ce jour et bien que j’ai cuisiné qui de droit chez Nikon avant d’écrire ceci, je n’ai aucune preuve que cela puisse être le cas.

Revenons-en aux caractéristiques de ce NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8.

NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 exemple de photo

exemple de photo avec le NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 (source Nikon)

NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 exemple de photo

exemple de photo avec le NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 (source Nikon)

Caractéristiques techniques et comparaison NIKKOR Z 24-70 / 28-75 mm

Vous vous en doutez, c’est la comparaison avec le NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S qui va nous intéresser ici. Et vous avez déjà remarqué que la lettre S est absente de l’appellation officielle du 28-75 mm. L’absence de ce S qui désigne les optiques pros de la gamme NIKKOR Z classe donc le 28-75 mm  dans la catégorie inférieure, celle du NIKKOR Z 24-200 mm. Quand on connaît les performances de ce zoom, il y a de quoi se ravir de l’absence du S si cela se traduit par 1.260 euros de moins sur la facture.

Le NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 ne pèse que 565 gr. (805 pour le 24-70) et mesure 75 x 120,5 mm (vs. 89 x 126).

Sa formule optique diffère avec 15 lentilles en 12 groupes (dont 1 lentille en verre super ED, 1 lentille en verre ED et 3 lentilles asphériques) face aux 17 lentilles en 15 groupes (dont 2 lentilles en verre ED, 4 lentilles asphériques, des lentilles avec traitements nanocristal et ARNEO, et des lentilles avant et arrière traitées au fluor) du 24-70 f/2.8 S.

La distance minimale de mise au point diffère aussi. Tandis que celle du 24-70 mm f/2.8 est constante à 0,38 m, celle du NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 est variable :

  • focale 28 mm : 0,19 m
  • focale 35 mm : 0,22 m
  • focale 50 mm : 0,3 m
  • focale 75 mm : 0,39 m

Le diamètre du filtre est de 67 mm contre 82. Le rapport de reproduction maximal est de x 0,34 (vs. 0,22). Le diaphragme reste circulaire à 9 lames, une bonne nouvelle pour les amateurs d’effet Bokeh ou les vidéastes.

Parmi les points faibles par rapport au zoom f/2.8, notez que ce 28-75 mm ne comporte pas une troisième bague dédiée à la mise au point, pas de touche programmable sur le fût, pas d’afficher OLED et pas de traitement ARNEO.

Voici la comparaison des 3 zooms NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8, NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 et NIKKOR Z 24-70 mm f/4 :

[su_table fixed= »yes »]

  24-70 mm f2.8 S 28-75 mm f/2.8 24-70 mm f/4 S
Monture Nikon Z FX Nikon Z FX Nikon Z FX
Ouverture
maximale
f/2.8 f/2.8 f/4
Ouverture
minimale
f/22 f/22 f/22
Formule optique 17 lentilles en 15 groupes (dont 2 lentilles en verre ED, 4 lentilles asphériques, des lentilles avec traitements nanocristal et ARNEO, et des lentilles avant et arrière traitées au fluor) 15 lentilles en 12 groupes (dont 1 lentille en verre super ED, 1 lentille en verre ED et 3 lentilles asphériques) 14 lentilles en 11 groupes (dont 1 lentille en verre ED, 1 lentille en verre ED asphérique, 3 lentilles asphériques, des lentilles avec traitement nanocristal et 1 lentille avant traitée au fluor)
Angle de champ Format FX : 84° à 34°20ʼ
format DX : 61° à 22°50ʼ
Format FX : 75° à 32° 10′
format DX : 53° à 21° 20
Format FX : 84° à 34°20′
format DX : 61° à 22°50′
Diaphragme circulaire 9 lames circulaire 9 lames circulaire 7 lames
Autofocus Système de mise au point interne Système de mise au point interne Système de mise au point interne
Distance minimale de mise au point 0,38 m à partir du plan focal pour toutes les focales Focale 28 mm : 0,19 m, focale 35 mm : 0,22 m, focale 50 mm : 0,3 m, focale 75 mm : 0,39 m (mesure à partir du plan focal) 0,3 m à partir du plan focal pour toutes les focales
Rapport de reproduction maximal 0,22 0,34 0,30
Diamètre (mm) 89 75 77,5
Longueur (mm) 126 120,5 88,5
Poids (gr) 805 565 500
Tarif EUR (déc. 2021) 2.249 EUR 1.049 EUR 990 EUR

[/su_table]

NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 exemple de photo

exemple de photo avec le NIKKOR Z 28-75mm f/2.8 (source Nikon)

NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 : premier avis

Le choix d’un zoom de reportage en monture Z vous paraît complexe avec trois options ? Il l’est, d’autant plus que les écarts de tarifs sont significatifs.

Toutefois, le NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S garde le leadership face au NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 dont les performances devraient être moins exclusives.

Le NIKKOR Z 24-70 mm f/4 reste plus compact et accessible, surtout proposé en kit avec un boîtier, son tarif étant alors plus proche de 600 euros dans cette configuration.

Le NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 devrait cependant constituer une offre attirante pour compléter un Nikon Z 5 ou Z 6II, moins exigeants que les Z 7II et Z 9, sans vous imposer une dépense excessive. Il sera également un meilleur choix que le NIKKOR Z 24-50 mm proposé en kit avec le Nikon Z 5, une optique dont la plage focale est trop modeste eu égard aux envies des utilisateurs d’un tel appareil photo.

Proposé à un tarif très attractif face à la concurrence interne comme externe, ce zoom NIKKOR Z 28-75 mm f/2.8 pourrait bien constituer le nouveau standard dans une gamme Nikon Z qui commence à ressembler à quelque chose.

Source et plus d’infos : Nikon France

Ce zoom et tous les NIKKOR Z chez Miss Numerique


L’oeil de Reza, 10 leçons de photographie par Reza, Florence At et Rachel Deghati

Imaginez un livre qui serait à la fois un beau livre de photographie et un ouvrage didactique. « L’œil de Reza » est cela.

Illustré des magnifiques photos du photographe d’origine iranienne Reza, du fort beau texte de Rachel Deghati et des dix leçons d’analyse d’images de Florence At, ce livre inaugure un nouveau genre en matière d’édition photographique et ce n’est pas pour me déplaire.

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L’œil de Reza : le concept

A l’origine de ce livre, il y a trois personnes qui collaborent depuis de nombreuses années :

  • Reza, photographe d’origine iranienne et célèbre photo journaliste (voir Derrière l’objectif de Reza),
  • Rachel Deghati, auteure et co-fondatrice avec Reza de Webistan Creative,
  • Florence At, photographe professionnelle, auteure de plusieurs autres livres sur la photographie dont les 365 lois incontournables de la photo et animatrice de certains Ateliers Reza dans les quartiers défavorisés français ou au Kurdistan.

Ils étaient faits pour s’entendre : ce livre en est la plus belle preuve.

L'oeil de Reza, 10 leçons de photographie par Reza, Florence At et Rachel Deghati

Le principe est simple, c’est celui de l’écriture à trois :

  • Reza, le photographe, vous propose ses photos,
  • Rachel Deghati vous propose le texte contextuel accompagnant les photos,
  • Florence At vous propose dix leçons d’analyse d’images à partir des images de Reza.

Le résultat est un ouvrage magnifique, fort bien imprimé, avec une belle couverture rigide. L’ouvrage ne se contente pas d’être un beau livre de photographie mais s’avère aussi être un ouvrage didactique à la portée de tous les photographes quel que soit leur niveau.

L'oeil de Reza, 10 leçons de photographie par Reza, Florence At et Rachel Deghati

Qu’allez-vous trouvez dans ce livre ?

[su_frame][/su_frame]Vous allez trouver des photos, déjà. Reza a parcouru le monde depuis plus de 30 ans, publié dans la presse internationale, et s’est vu décerner de nombreux prix internationaux. Il raconte en images notre humanité entre guerres et paix.

Ces images seront déjà une belle source d’inspiration si vous appréciez le reportage photo, la mise en valeur de l’humain, et le travail sur la lumière, ce que ne renierait pas Michael Freeman (voir « Capturer la lumière« ).

L'oeil de Reza, 10 leçons de photographie par Reza, Florence At et Rachel Deghati

Vous allez découvrir également le texte de Rachel Deghatti qui replace les photos dans leur contexte d’origine. Où sommes-nous ? Que se passe-t-il ? Pourquoi ces images ? C’est un premier niveau de découverte sans qu’il ne s’agisse encore d’une analyse d’images.

Vous allez découvrir enfin comment le photographe a préparé, composé et finalisé chacune de ses photos grâce a l’analyse de Florence At. Celle-ci détaille dans de nombreux encarts la démarche du photographe (approche du sujet, composition, cadrage, réglages)  et ce qui lui a permis d’arriver au résultat final.

L'oeil de Reza, 10 leçons de photographie par Reza, Florence At et Rachel Deghati

Vous verrez par exemple, page 111, comment il est possible de montrer l’intensité de l’effort d’une femme accablée par une chaleur constante. Vous comprendrez pourquoi le photographe s’est approché au plus près et avec pudeur de son sujet, comment il l’a photographié en plan serré et en contre plongée.

À qui s’adresse « L’œil de Reza » ?

L'oeil de Reza, 10 leçons de photographie par Reza, Florence At et Rachel Deghati

J’aurais volontiers dit à tout le monde !

Toutefois le photographe débutant y trouvera une fabuleuse invitation à enrichir sa culture photographique. Sans qu’il ne s’agisse d’un guide pratique de photographie, les principes sont développés : comment créer des photos et transmettre une émotion.

Ce livre s’adresse aussi aux photographes amateurs et experts qui veulent passer un cap dans leur démarche photographique et créative. Si vos photos ne vous conviennent pas, que vous êtes adepte du reportage photo et que vous ne savez pas ce qu’il vous manque pour proposer un travail plus créatif, alors vous le comprendrez en bonne partie à la lecture de ce livre :

  • comment le photographe a approché ses sujets,
  • comment il a raconté une histoire,
  • comment il a su traduire en images, par le biais des techniques appropriées, sa vision du sujet.

Enfin, si vous êtes photographe professionnel, vous profiterez du travail de Reza pour élargir les champs du possible dans votre pratique, et proposer pourquoi pas une nouvelle approche à vos clients.

Si je ne devais retenir qu’une seule chose de ce livre, je dirais : quelles leçons !

Les guides pratiques de photographie vous proposent des notions techniques. Les beaux livres de photographie vous montrent des images, un travail d’auteur. Ce livre est à mi-chemin, il illustre par des photographies un travail de reportage professionnel, tout en vous livrant les clés de la réalisation de chaque image.

Ce concept, encore peu développé dans le monde de l’édition de livres photos, mérite votre attention.

Si consulter un beau livre de photographie ne vous suffit pas car vous ne savez pas analyser les images alors n’hésitez plus : ce livre est fait pour vous !

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Test Nikon D780, conférence vidéo, photos commentées

Le dernier né des reflex experts Nikon est-il un bon choix pour le reportage photo ? Pour ce test Nikon D780, j’ai profité d’un séjour à Venise, je vous propose un retour d’expérience complet ainsi que la rediffusion en vidéo de ma conférence au Nikon Plaza sur le thème « Nikon D780 et reportage, une bonne idée ? »

Nikon D780 : retour d'expérience, conférence vidéo et des photos

Test Nikon D780 et reportage au carnaval de Venise : ma conférence au Nikon Plaza

J’avais prévu ce voyage à Venise depuis quelques semaines déjà, je suis amoureux de cette ville, et je comptais bien partir avec le Nikon Z 6 et le zoom NIKKOR Z 24-70 mm f/4 que j’utilise au quotidien depuis plusieurs mois en parallèle de mon Nikon D750.

Quelques jours avant le départ, sans qu’il n’y ait de rapport avec ce voyage dont je n’avais pas parlé, Nikon me propose d’animer une conférence au Nikon Plaza à propos du Nikon D780 (voir la présentation détaillée et la fiche technique). C’est tentant, mais parler d’un tel reflex avec des photos faites autour de chez moi ne m’emballait pas trop, la photo urbaine en banlieue n’est pas des plus attirantes. L’idée fait toutefois son chemin très vite et je change mon plan : le Nikon D780 va prendre la place du Nikon Z 6 dans mon sac photo. Direction Venise sur le thème « Test Nikon D780 au carnaval de Venise » !

Et le zoom ? Mon AF-S NIKKOR 24-70 mm f/2.8 est trop gros et lourd pour un tel voyage, le NIKKOR Z f/4 ne se monte pas sur le D780, je fais quoi ? Le 35 mm fixe ? Le 50 ? Non, trop facile, tant qu’à faire de changer de boîtier, je change d’optique. Je choisis une focale que je n’ai pas l’habitude d’utiliser, pour une seule et bonne raison : casser les habitudes est une bonne idée pour progresser. C’est l’AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED qui rejoint mon sac lui-aussi.

Voici la rediffusion de cette conférence, une version raccourcie à 20 mn pour aller à l’essentiel et dans laquelle vous allez voir comment j’ai traité le sujet, comment j’ai utilisé ce couple Nikon D780 + 28 mm f/1.4, les photos que j’ai pu faire avec et ce que j’ai pensé du boîtier.

Pour aller plus loin, je vous propose une sélection de photos ci-dessous, avec quelques commentaires sur leur réalisation.

Test Nikon D780 et carnaval de Venise, les photos commentées

Voici quelques-unes des photos que vous pouvez voir dans la vidéo ci-dessus, avec les données EXIF et mes commentaires. J’ai choisi ces images pour leur intérêt visuel mais aussi pour mettre en avant certains points relatifs à la prise de vue et aux réglages du Nikon D780.

Les photos sont numérotées, vous pouvez poser vos questions sur une photo en particulier dans les commentaires, indiquez le numéro.

1- Les quais de Venise

Des photos de Venise avec le Nikon D780

Nikon D780 et reportage
Test Nikon D780 + AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED : 1/250 ème – f/8 – ISO 560

Le 28 mm est idéal dans ce cas avec un angle de champ important. J’étais en train de faire quelques images lorsque la mouette est passée, venant de la gauche. Un appui rapide sur le déclencheur a permis à l’autofocus de se caler immédiatement, et la profondeur de champ importante à 28 mm à ouverture f/.8 a fait le reste.

Notez que cette courte focale permet de masquer la foule qui se presse sur les quais, visible derrière les gondoles à gauche de l’image. Il est important par contre de garder l’appareil photo parfaitement horizontal afin que les perspectives restent le plus verticales possible. Au besoin cela se rattrape dans un logiciel de post-traitement.

2- Le bateau sur la lagune

Des photos de Venise avec le Nikon D780

Test Nikon D780 + AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED : 1/1.000 ème – f/8 – ISO 100

Ce jour-là il faisait sec mais le ciel était uniformément gris. La circulation sur la lagune étant toujours importante, j’ai attendu qu’un bateau passe à proximité du quai (le 28 mm favorise les sujets proches), j’ai choisi une ouverture moyenne pour la profondeur de champ et j’ai calé l’autofocus à la distance prévisible.

La seule difficulté ici est d’ajuster l’exposition pour éviter que le ciel ne soit brûlé, tout en gardant du détail dans le sujet. Le capteur du Nikon D780 a bien réagi en encaissant hautes et basses lumières sans que je n’ai à corriger l’exposition pour autant.

3- Reflets dans le canal

Des photos de Venise avec le Nikon D780

Test Nikon D780 + AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED : 1/250 ème – f/8 – ISO 220

Trop de monde sur la place San Marco, je décide de longer les canaux pour m’éloigner de cette foule. La lumière est au rendez-vous à ce moment-là, les reflets me fond de l’œil.

Cette prise de vue ne présente pas de difficulté particulière, l’autofocus se cale aisément sur les reflets, le capteur encaisse les hautes luminosités d’arrière-plan. J’ai pris soin de me baisser pour éviter les perspectives fuyantes, sans tomber dans l’eau non plus ! Au post-traitement j’ai récupéré les basses lumières dans les reflets pour équilibrer la composition, rien de plus.

4- Coucher de soleil sur le Grand Canal

Des photos de Venise avec le Nikon D780

Test Nikon D780 + AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED : 1/800 ème – f/8 – ISO 100

Je ne suis pas fan des photos de couchers de soleil, c’est vu et revu et trop peu souvent original. Ici, toutefois, j’ai été attiré par les effets silhouettes possibles, cet oiseau posé sur le poteau proche de moi, la belle lumière sur les quais à gauche.

La sensibilité peut vous sembler faible pour l’heure, mais elle ne l’est pas. Le soleil restait très lumineux, et j’ai sous-exposé de 2/3 d’Ev pour accentuer l’effet silhouette. L’autofocus est calé sur le poteau, pour l’oiseau.

Je n’ai pas assombri plus pour garder du détail dans les façades à l’arrière-plan, je les ai à peine remontées au post-traitement. Remarquez combien l’ouverture f/8 est idéale pour garder du détail dans l’arrière-plan, c’est celle que je privilégie et qui donne en général les meilleurs résultats.

5- Le Grand Canal de nuit

Des photos de Venise avec le Nikon D780

Test Nikon D780 + AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED : 1/50 ème – f/2.2 – ISO 2.500

Depuis le pont du Rialto, je suis calé sur le parapet du pont, le temps de pose est encore suffisant pour ne pas générer de flou de bougé avec un 28 mm. L’ouverture réduite me permet de limiter la profondeur de champ et de ne pas trop monter en ISO mais vous remarquez qu’à 28 mm la netteté relative sur l’arrière-plan est encore importante car la distance de mise au point est grande.

Le capteur a encore une fois bien encaissé les écarts de luminosité, c’est une des caractéristiques les plus intéressantes de ce boîtier (tout comme sur le Nikon Z 6 doté du même capteur).

6- Le Grand Canal et la Salute ; test Nikon D780 de nuit en pose longue

Des photos de Venise avec le Nikon D780

Test Nikon D780 + AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED : 60 sec. – f/11 – ISO 100

Cette photo est réalisée sans trépied, j’ai simplement posé le boîtier sur le parapet du pont, activé le mode Live View enfin utilisable sur un reflex grâce au processeur Expeed 6, et fait plusieurs essais de pose longue.

La faible ouverture me permet de garder un maximum de détail sur le dôme de l’église de la Salute, tout en faisant la mise au point sur le premier plan. J’attendais le passage d’un vaporetto, pour remplir le cadre.

Avec 60 secondes de temps de pose il m’a fallu plusieurs essais car le temps de passage d’un bateau est plus court et je voulais au bon endroit. Celle-ci est la bonne, les lumières de bord participent à la traînée visuelle, le capteur a encaissé hautes et basses lumières une fois de plus, j’ai pu surveiller le décompte sur l’écran supérieur, et relancer depuis l’écran tactile sans toucher à l’équilibre du boîtier.

Pour la petite histoire, deux autres photographes étaient à côté de moi avec leurs trépieds et des calculs à n’en plus finir sur les réglages de leurs boîtiers Olympus et Sony, me voir jouer avec le seul écran arrière tactile du D780 pour arriver à ce résultat les a passablement perturbés …

7- Les ruelles de Venise de nuit, test Nikon D780 à 28.800 ISO

Des photos de Venise avec le Nikon D780

Test Nikon D780 + AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED : 1/250 ème – f/2 – ISO 28.800

Cette photo n’a rien d’exceptionnel mais elle permet d’illustrer la capacité du Nikon D780 à monter en ISO.

Alors que je passais devant cette ruelle, l’œil attiré par la terrasse illuminée, deux personnes arrivent et je devine qu’elles vont passer dans mon cadre. Je porte l’œil au viseur en cadrant de façon à avoir le reflet des silhouettes dans la vitrine à gauche, l’autofocus se cale sur les deux personnes, la grande ouverture fait grimper l’ISO, je déclenche, le tout en deux secondes à peine.

La sensibilité est extrême, ce n’est pas une photo que je pourrais tirer en très grand format (elle ne le mérite pas non plus) mais à peine débruitée dans Lightroom, il n’y a qu’en zoomant à 100% que l’on remarque le manque de netteté sur les murs de briques. Avouez que pour 28.800 ISO c’est plutôt propre.

8- Les masques du carnaval de Venise

Des photos de Venise avec le Nikon D780

Test Nikon D780 + AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED : 1/250 ème – f/8 – ISO 450

Cette première photo me permet d’illustrer l’intérêt de la courte focale. Le 28 mm cadre large, aussi pour photographier en gros plan un personnage costumé, il n’y a qu’une solution, s’approcher. Je suis à quelques cm à peine du masque, l’AF calé sur l’œil qui attire mon regard. La lumière est de la partie, pas de soleil vif, pas de fort contraste, la mesure s’en sort bien.

Notez que ce type de cadrage très serré avec une courte focale autorise la mise en avant du premier plan et permet de laisser de coté l’arrière-plan, ce qui m’arrange ici puisqu’il y avait plus de photographes et de touristes que de costumés !

Des photos de Venise avec le Nikon D780

Test Nikon D780 + AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED : 1/250 ème – f/8 – ISO 360

Cette seconde photo de masque prise dans les mêmes conditions que la précédente illustre la capacité du capteur à encaisser les hautes lumières. Le menton et les lèvres du masque sont très brillants, la cellule a alors dans ce cas tendance à sous-exposer l’image, mais ici le D780 a bien réagi, l’exposition est satisfaisante sur la totalité de l’image.

Ce boîtier ne fait pas de meilleures photos mais il facilite beaucoup l’exposition, une capacité intéressante en reportage sur le terrain quand vous n’avez pas trop le temps de penser à tout.

9- Le serveur, test Nikon D780 autofocus continu

Des photos de Venise avec le Nikon D780

Test Nikon D780 + AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED : 1/250 ème – f/16 – ISO 500

Ce serveur était avec les clients des tables visibles en arrière-plan. Sa chevelure m’a forcément attiré et j’ai commencé à faire quelques images, mais avec le 28 mm le résultat n’était pas intéressant. Peu importe, je reste proche, on ne sait jamais.

Soudain il se retourne pour rentrer dans son bar, derrière moi, me voit, s’approche, colle sa tête devant mon objectif, à quelques cm. La scène dure une seconde à peine. Je ne réfléchis pas, j’appuie, on verra bien.

L’ouverture f/16 m’a permis de garder de la netteté sur l’ensemble du visage comme d’avoir un peu de détail dans l’arrière-plan. L’AF s’est calé sur le centre du visage, idéal. L’exposition est délicate avec un visage un peu bouché et un ciel très lumineux, le boîtier a bien équilibré l’ensemble, j’ai juste densifié le ciel pour récupérer le bleu et débouché le visage, le RAW permet cela sans aucun problème. Notez la quantité de détails dans la chevelure, le 28 mm f/1.4 fait le boulot !

10- Dans la rue

Des photos de Venise avec le Nikon D780

Test Nikon D780 + AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED : 1/250 ème – f/8 – ISO 360

Le cadrage n’est pas idéal, je ne retiens pas cette photo dans la série finale, mais elle est intéressante pour illustrer la capacité du Nikon D780 à vous sortir de situations délicates.

Je marchais dans cette rue, dans la direction opposée à celle-ci lorsque j’entends du bruit derrière moi. Je me retourne, je vois ces deux personnes qui interpellent la dame, une proche manifestement, déguisée à sa façon pour le carnaval. La scène m’attire, je porte l’œil au viseur, je déclenche, sans réfléchir plus que ça, le tout me prend trois secondes tout au plus.

L’ouverture f/8 préréglée me permet d’avoir une profondeur de champ suffisante pour garder de la netteté dans l’arrière-plan, sur le premier des deux hommes. L’autofocus hyper réactif du D780 s’est calé sur la dame, la mesure de lumière a équilibré l’ensemble, je n’ai eu qu’à remonter la luminosité sur le mur à droite pour équilibrer l’ensemble. Ce reflex est très efficace en photo de rue !

11- Soir de fête à Venise

Des photos de Venise avec le Nikon D780

Test Nikon D780 + AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED : 1/160 ème – f/1.8 – ISO 2.500

Les vénitiens aiment faire la fête pendant le carnaval, les bars sont pleins, la musique entraînante participe à la liesse populaire. Je tournais autour de ce lieu depuis quelques minutes, il y a toujours quelque chose à photographier dans ces cas là.

Cette jeune femme s’est mise à danser devant moi, alors que les passants … passaient. J’ai calé l’AF sur son visage, sous-exposé de 2/3 d’Ev pour mettre le sujet en évidence et ne pas rendre le fond trop lumineux en raison des éclairages en haut de l’image. L’ouverture maximale m’a permis de limiter la montée en ISO et de garder un temps de pose acceptable, bien que limite.

Le manque de netteté sur le sujet ne me dérange pas ici, il participe à la scène, dynamise l’image. Une fois de plus l’AF s’est montré particulièrement véloce et efficace, d’autant plus à f/1.8 !

Des photos de Venise avec le Nikon D780

Test Nikon D780 + AF-S NIKKOR 28 mm f/1.4E ED : 1/80 ème – f/3.2 – ISO 8.000

Cette seconde image illustre elle-aussi la capacité du Nikon D780 à répondre à vos besoins en reportage. La scène est faite de très hautes lumières, dont l’éclairage public et une fenêtre, et de très basses lumières dont les personnages au premier plan.

J’approche en visualisant à la fois ces personnages, et les fenêtres du fond avec les couples juxtaposés. Je cadre, je déclenche, je passe. Les gens me voient, bien évidemment, mais c’est la fête et cela ne pose de problème à personne. L’homme dont la tête apparaît sous le U de BUSSOLA m’interpellera d’ailleurs quand je vais passer devant lui quelques secondes plus tard, l’ambiance est bon enfant.

Ici le Nikon D780 a géré : la mise au point alors que le premier plan est sombre, l’exposition alors que le contraste est très important, la montée en ISO sans apparition trop importante de bruit. C’est une image que j’aurais eu plus de mal à faire à l’improviste avec les générations précédentes de reflex, en raison d’un capteur moins permissif et d’un AF moins véloce.

Conclusion de ce test Nikon D780, un bon choix pour le reportage ?

Ce court séjour à Venise avec le Nikon D780 et le 28 mm f/1.4 Nikon m’a permis de casser mes habitudes, c’est ce que j’en retiens avant tout. J’ai du revoir mes cadrages car j’utilise un 35 mm d’habitude. J’ai du aussi revoir ma façon d’exposer car la visée à image réelle de l’hybride me permet de gérer l’exposition dans le viseur directement, ce n’est pas le cas du reflex. J’ai apprécié toutefois la capacité du boîtier à gérer la mise au point, la mesure de lumière et, surtout, à encaisser les forts contrastes.

Le Nikon D780 ne m’a pas permis de faire des photos plus intéressantes, il n’a pas modifié la nature des photos que j’ai pu faire, mais il m’a permis de les faire avec plus de facilité, plus de confiance et plus de liberté. C’est ce que j’attends d’un appareil photo et je dois avouer que je l’ai obtenu ici.

Alors la réponse à la question initiale ? Nikon D780 et reportage, pour moi, c’est oui si vous cherchez un reflex réactif, avec un capteur gérant bien les forts écarts de luminosité. Si vous aimez la visée optique, que vous souhaitez utiliser vos optiques Nikon F et que vous cherchez un boîtier polyvalent, c’est un bon choix. Si vous hésitez entre le Nikon D780 et le Nikon D850, lisez ce comparatif détaillé pour en affiner votre choix.

Je vous laisse réagir, indiquez bien le numéro des photos si vos questions portent sur l’un d’elles et sinon dites-moi ce qu’il vous intéresse de savoir sur ce reflex.

En savoir plus sur le D780 sur le site Nikon (que je remercie pour l’accueil au Plaza)


Les secrets du photoreportage : comment préparer un reportage photo, le réaliser et le vendre par Fred Marie

Le photoreportage intéresse le photographe amateur comme professionnel qui veut ou doit produire une série de photos sur un sujet donné, dans un temps imparti. Le photoreportage (ou reportage photo) utilise la photographie comme support visuel, complétée ou non par d’autres media comme la vidéo ou le texte.

Le photoreportage raconte une histoire, il demande un savoir-faire pour être mené à bien. C’est ce que Fred Marie, photoreporter français, vous propose de découvrir dans ce livre paru chez Eyrolles dans la collection « Les secrets de … ».

Les secrets du photoreportage : comment préparer un reportage photo, le réaliser et le vendre par Fred Marie

Ce livre chez vous dans les meilleurs délais …

Les secrets du photoreportage : apprendre à raconter des histoires

Contrairement à ce que vous pourriez penser, multiplier les prises de vue sur un sujet donné sans but précis n’est pas construire un reportage photo.

Construire un reportage photo c’est :

  • trouver une histoire à raconter,
  • écrire cette histoire (ou faire un story board),
  • raconter l’histoire en images,
  • faire passer un message au travers de ces images.

Vous pourriez aussi penser que le photoreportage n’est pas pour vous, qu’il faut être journaliste, photographe professionnel et disposer d’un matériel de pro. Ce n’est pas le cas, c’est ce que Fred Marie va vous faire découvrir.

Les secrets du photoreportage : comment préparer un reportage photo, le réaliser et le vendre par Fred Marie

Si vous ne connaissez pas Fred Marie, sachez qu’il est reporter-photographe professionnel et travaille pour la presse nationale et internationale (en savoir plus). Vous avez peut-être déjà vu ses reportages dans Paris Match, VSD, Géo, Libération, The Guardian, etc.

Entre deux reportages il a pris le temps de mettre noir sur blanc ce qui fait son quotidien, d’enrichir le texte de (très nombreuses …) photos extraites de ses différents reportages, et de suivre le plan commun aux ouvrages de la collection « Les secrets de …« . Cette série vous fait découvrir différents domaines photographiques, et apprendre les techniques des pros. Dans « Les secrets du photoreportage », vous allez donc découvrir :

  • l’équipement du reporter photographe et son matériel photo,
  • tout ce qui concerne le storytelling et la gestion du sujet,
  • les choix créatifs (cadrage, composition) participant au récit,
  • l’editing et le post-traitement des images,
  • quelques notions sur la diffusion des images,
  • des photos extraites de reportages et pourquoi l’auteur les a faites.

Fred Marie a (abondamment …) pioché dans ses archives pour illustrer le livre. Travaillant souvent avec l’armée, lors de conflits et dans des zones sensibles – beaucoup de ces images pourront vous sembler en décalage avec vos envies. Prenez le temps de découvrir les reportages nature, sportifs ou urbains de l’auteur. Vous verrez qu’ils sont construits de la même façon que ses autres reportages et que le résultat est là aussi un véritable récit.

Les secrets du photoreportage : comment préparer un reportage photo, le réaliser et le vendre par Fred Marie

Ce que vous allez apprendre avec ce livre

Vous allez découvrir que vous avez déjà avec vous le matériel nécessaire pour faire des reportages photo. Peut-être même que ce matériel se trouve dans votre poche au moment où vous lisez ces lignes. Oui, Fred Marie utilise parfois un smartphone pour faire ses photos, avant de crier au scandale demandez-vous pourquoi un photoreporter professionnel fait cela, il y a peut-être une bonne raison (la réponse est en page 16).

Que les plus inquiets se rassurent, notre homme utilise aussi – et surtout – un appareil photo (hybride), il vous explique les choix de matériel et de réglages qu’il fait selon le reportage dans les deux premiers chapitres.

Dans le troisième et le quatrième, il vous parle storytelling et gestion du sujet (le storytelling est l’art de raconter une histoire), vous y trouverez les conseils indispensables :

  • pour faire poser vos sujets,
  • ne pas dénaturer la scène ni l’ambiance,
  • ne pas exagérer tout en provoquant un peu.

Les secrets du photoreportage : comment préparer un reportage photo, le réaliser et le vendre par Fred Marie

Un reportage photo comportant plusieurs séquences différentes, intéressez-vous aussi au chapitre « cadrage et composition ». Vous comprendrez pourquoi certaines photos doivent sortir du lot, peuvent faire la Une d’un magazine (voir celle de la page 57) tandis que d’autres servent à documenter l’histoire.

Construire un reportage photo c’est aussi – surtout ? – savoir trier vos photos. La phase d’editing (page 110 et suivantes) doit vous permettre de choisir des photos qui fonctionnent ensemble, qui participent au récit. Vous allez voir quels sont les critères de choix, même si j’aurais apprécié plus de détails ici, avec des exemples visuels et des contre-exemples.

Une fois les photos choisies vous devez harmoniser leur rendu, Fred Marie vous dévoile sa méthode de traitement avec Lightroom (les photos ne doivent pas être dénaturées), et vous montre comment renseigner les données indispensables à faire apparaître sur vos fichiers. Le sujet est ici traité un peu vite, j’aurais apprécié plus de détails sur les choix à faire et dans quel esprit les faire.

Pour finir, vous découvrirez quelques conseils pour vendre à la presse, gérer la relation avec les agences et diffuser vos images par vous-même. Cette partie là est assez succincte, pensez à consulter « Combien vendre une photo » pour en savoir plus sur le statut du photographe professionnel et la vente d’images.

L’exemple par l’image

Fred Marie a choisi sept photos pour résumer ce qu’il a présenté tout au long du livre, et vous dit, pour chacune :

  • pourquoi il a fait cette photo,
  • dans quel contexte,
  • qu’est-ce qu’il a voulu montrer.

Ne cherchez pas les détails techniques (matériel utilisé, données EXIF), ils n’y sont pas. Cela peut vous paraître frustrant, mais dites-vous bien que même en ayant ces informations, vous ne pourrez pas refaire ces photos à l’identique. Mieux vaut comprendre comment est née chaque photo, dans quel esprit, et ce que son auteur a voulu transmettre (c’est la même approche que celle de « 30 photos décryptées« ).

Les secrets du photoreportage : comment préparer un reportage photo, le réaliser et le vendre par Fred Marie

Mon avis sur ce livre

Sans être un recueil de référence sur le photoreportage, ce livre vous livre les notions essentielles à connaître pour découvrir cette pratique, en comprendre les règles et vous lancer.

Bien que certains chapitres manquent de matière pour aider les moins aguerris à faire leurs premiers pas, l’auteur met le doigt sur ce dont il faut avoir conscience pour réussir un reportage. A vous de chercher ensuite la documentation requise pour aller plus loin.

Ce livre va vous intéresser si :

  • vous voulez faire des reportages photo et ne savez pas par où commencer,
  • vous maîtrisez votre matériel photo mais ne savez pas raconter une histoire,
  • vous n’êtes pas satisfait des premier reportages que vous avez pu faire,
  • vous voulez devenir reporter photographe,
  • vous voulez développer votre créativité et faire des photos plus intéressantes (rappel : la créativité n’est pas un don reçu à la naissance).

Ce livre va moins vous intéresser si :

  • vous êtes débutant en photographie et ne maîtrisez pas encore les bases de la prise de vue,
  • vous aimez faire des images au fil de l’eau mais ne cherchez pas à construire un sujet,
  • vous photographiez ce qui vous passe devant les yeux sans avoir une démarche proactive,
  • vous n’aimez pas travailler sur un projet précis,
  • vous cherchez un ouvrage de référence.

Comme pour tous les livres que je présente dans cette rubrique, prenez le temps de passer chez votre libraire pour prendre l’ouvrage en main, vous faire votre propre idée et découvrir plus en détail ce qu’il contient.

Il vous en coûtera 23 euros pour repartir avec, un tarif un peu élevé pour les 130 pages que compte le livre mais la qualité d’impression est au rendez-vous.

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Obama, an intimate portrait, chronique du livre de Pete Souza

Dans Obama, an intimate portrait, Pete Souza relate huit ans de photographie au service du Président Barack Obama.

Ce livre est un témoignage exceptionnel de cette période mais au-delà de ça, c’est un fantastique outil à votre service si vous vous intéressez au reportage et au portrait. Analyser la qualité des photos de Pete Souza et son sens de la composition sont autant de leçons à suivre.

Obama, an intimate portrait, chronique du livre de Pete Souza

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Obama, an intimate portrait : présentation du livre

Pete Souza est un photographe professionnel américain qui a assuré la responsabilité du service photo pour le Président Obama durant ses deux mandats. Il a photographié Barack Obama pendant huit ans, tous les jours, et a réalisé près de 2 millions de photos.

Pete Souza faisait partie du pool officiel de photographes de la Maison-Blanche pendant le mandat de Ronald Reagan. Il rencontre Barack Obama pour la première fois le 4 janvier 2005 alors que le futur Président des Etats-Unis vient d’être élu sénateur de l’Illinois.

La première photo du livre est celle que le photographe fait du nouveau sénateur le lendemain. S’en suivent de nombreuses photos d’Obama pendant son mandat de sénateur et la campagne qui le mènera à la Maison-Blanche.

Obama, an intimate portrait, chronique du livre de Pete Souza

En janvier 2009, alors que Barack Obama vient de gagner sa première élection présidentielle, Pete Souza est invité à rejoindre la Maison Blanche en tant que responsable du service photo et photographe officiel du nouveau Président.

Huit ans plus tard Pete Souza accompagne Obama lorsqu’il quitte la Maison Blanche, il est avec lui dans Marine One, l’hélicoptère de l’ex-Président et réalise une des dernières photos de ce double mandat.

[su_frame][/su_frame]Au total, Pete Souza estime avoir fait environ deux millions de photos du Président, soit 500 à 2000 par jour en huit ans à raison de 6 à 7 jours par semaine.

Présent dans toutes les occasions, toutes les réunions, tous les déplacements, 24 heures sur 24 et quasiment 7 jours sur 7, Pete Souza a réalisé une oeuvre inestimable désormais gérée par le service des archives de la Maison Blanche. C’est un travail de photo-reporter dans la veine de ce qu’ont fait d’autres photographes (Steve McCurry par exemple) mais totalement centré sur un homme (une famille en fait) et en décalage total avec les images réalisées par ses prédécesseurs.

Dans les 350 pages de son livre Obama, an intimate portrait, Pete Souza a regroupé plusieurs centaines de photos parmi les plus fortes ou emblématiques, dont certaines ont déjà marqué l’histoire. C’est le cas de « The situation room » réalisée dans la salle de crise de la Maison Blanche lors de l’opération qui a conduit à la mort d’Oussama Ben Laden (en savoir plus sur cette photo).

Obama, an intimate portrait, chronique du livre de Pete Souza

Chacune des photos du livre est accompagnée d’une légende (en anglais) précisant le contexte, la date et le lieu. Les photos sont présentées dans l’ordre chronologique, depuis le jour de l’investiture du Président jusqu’au jour de son départ de la Maison Blanche.

Le livre est préfacé (en anglais) par Barack Obama lui-même qui précise comment la relation qu’il entretient désormais avec Pete Souza est née et comment les deux hommes ont su l’entretenir aussi longtemps.

Obama, an intimate portrait, chronique du livre de Pete Souza

Couverture rigide bleue ornée d’un simple « 44 » – Obama est le 44ème Président des Etats-Unis – jaquette en couleur, maquette faisant la part belle aux photos, ce livre est très agréable à consulter.

La qualité du papier comme de l’impression est telle que certaines images vous sautent aux yeux telle celle de la page 95 datant du 14 mai 2010. 

Obama, an intimate portrait, chronique du livre de Pete Souza

Pourquoi ce livre va vous aider à progresser en photo ?

Au-delà de l’intérêt documentaire d’un tel livre si vous vous intéressez au sujet, il y a matière à travailler votre créativité en étudiant cette oeuvre magistrale.

Observez les photos de Pete Souza et vous allez découvrir comment le photographe a su sortir du cadre officiel pour réaliser des photos étonnamment naturelles et créatives.

Vous allez comprendre comment Pete Souza joue avec les différents plans de l’image pour mettre en valeur son sujet sur lequel il ne fait pas forcément la mise au point. Vous allez découvrir aussi cette lumière si particulière qui vous saute aux yeux dans chacune des photos.

Obama, an intimate portrait, chronique du livre de Pete Souza

Pete Souza joue avec la profondeur de champ pour attirer votre regard avec une précision incroyable. Il a l’art de laisser son sujet principal dans le flou tandis que votre regard va filer sur le second plan qui devrait être de moindre importance. Et le fait est que ça fonctionne.

350 pages plus tard c’est une grande leçon de composition et de créativité que vous aurez prise pour la somme de 44,24 euros, et vous consulterez à nouveau le livre pour le plaisir comme pour y trouver de nouvelles idées. C’est ce que je fais depuis que je l’ai reçu et ce n’est pas prêt de s’arrêter !

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Afghanistan de Steve McCurry, rétrospective en 140 photographies chez Taschen

40 ans de photographie en Afghanistan, un portrait iconique, des compositions étonnantes pour des images prises en situations de guerre, découvrez Afghanistan de Steve McCurry, un magnifique livre de photographies paru aux éditions Taschen.

Afghanistan de Steve McCurry, rétrospective en 140 photographies chez Taschen

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Afghanistan de Steve McCurry

Afghanistan de Steve McCurry, rétrospective en 140 photographies chez Taschen

Certains photographes sont connus pour une seule image, d’autres pour l’ensemble de leur travail (c’est le cas d’Anne Geddes par exemple). Steve McCurry est connu pour … les deux (en savoir plus sur son site).

Sa Jeune fille afghane – l’afghane aux yeux verts Sharbat Gula – a fait la Une de nombreuses publications depuis 1984 quand le photographe l’a immortalisée. Mais les 140 photographies qui composent ce livre rétrospective illustrent l’ensemble du travail de Steve McCurry dans un des pays les plus divisés et les plus dangereux pour les photographes.

Afghanistan de Steve McCurry, rétrospective en 140 photographies chez Taschen

[su_frame][/su_frame]Steve McCurry a parcouru le monde tout au long de sa carrière de photographe, mais l’Afghanistan est le pays dans lequel il a passé le plus de temps, près de 40 années de voyages et reportages pour nous ramener des portraits comme ces scènes de tous les jours qui interpellent.

Impossible en effet de rester insensible face à ces portraits serrés, ces regards qui vous transpercent et laisse imaginer ce que peut être l’univers de ces jeunes et moins jeunes dans le « pays de la rébellion » qu’est l’Afghanistan.

De 1979 à nos jours, 140 photographies

Ce livre présente 140 photographies de Steve McCurry réalisées depuis l’année 1979, date du premier reportage de McCurry en Afghanistan.

La mise en page fait la part belle aux images, pas de texte envahissant, pas de légende (mais toutes les photos sont légendées et référencées en fin d’ouvrage), des doubles pages comme des formats plus réduits. L’ouvrage en impose : une belle reliure, un format plutôt grand (26,7 x 37 cm) et 256 pages qui permettent de mettre en valeur ce portfolio incroyable.

Afghanistan de Steve McCurry, rétrospective en 140 photographies chez Taschen

On imagine aisément le travail de sélection des photos qu’il a fallu faire pour ne retenir « que » 140 photographies de ces 40 années sur le terrain, mais le résultat est bien là, l’ensemble est cohérent, riche d’images toutes différentes, de séries de portraits, de photos de rues.

Des textes

William Dalrymple – historien, critique, commissaire d’exposition et écrivain d’origine écossaise – signe la postface de l’ouvrage (en anglais, allemand et français) dans laquelle il vous invite à mieux connaître l’Afghanistan.

Afghanistan de Steve McCurry, rétrospective en 140 photographies chez Taschen

La seconde partie de cette postface situe le travail de Steve McCurry dans ce pays, explique pourquoi et comment le photographe est arrivé à ce résultat. Ce n’est pas un guide sur le reportage photographique (regardez plutôt ici si c’est ce que vous cherchez) mais bien un éclairage particulier sur le travail d’une vie de la part du reporter américain.

Mon avis sur Afghanistan de Steve McCurry

Il y a des livres de photographies qui méritent plus que d’autres qu’on les glisse dans sa bibliothèque photo. Cette rétrospective est en bonne place dans la mienne car même si je ne cherche pas à reproduire ce type d’images, c’est une source d’inspiration inépuisable pour comprendre la photographie, la lumière, la composition, l’émotion que peut traduire une photographie.

Afghanistan de Steve McCurry, rétrospective en 140 photographies chez Taschen

L’éditeur et le photographe ont eu la riche idée de ne pas utiliser la jeune fille afghane comme photo de couverture, mais de laisser la place à une photographie moins connue, signe que l’ouvrage ne se veut pas racoleur mais bien emblématique du travail de Steve McCurry tout au long de ces années.

Ce livre est un livre de collection que vous pouvez (devez !) offrir comme apprécier par vous-même, pour vous-même. Quiconque s’intéresse à la photographie et à la vie y trouvera un intérêt personnel.

Afghanistan de Steve McCurry, rétrospective en 140 photographies chez Taschen

Le tarif du livre (60 euros) est particulièrement contenu eu égard à sa fabrication et à la qualité d’impression. Taschen nous a habitué à proposer des ouvrages de qualité à prix mesuré, c’est encore le cas avec Afghanistan.

Best Of et vive recommandation !

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Tamron SP 24-70mm f/2.8 G2, présentation et comparaison avec la version 1

Tamron annonce le Tamron SP 24-70mm f/2.8 G2, une mise à jour de la précédente version du zoom de reportage à grande ouverture constante.

Voici les caractéristiques de ce Tamron SP 24-70mm f/2.8 G2 et une comparaison détaillée avec la version 1.

Tamron SP 24-70mm f/2.8 G2

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Tamron SP 24-70mm f/2.8 G2, revu et amélioré

Il était attendu ! Le nouveau Tamron SP 24-70 mm f/2,8 Di VC USD G2, appellation officielle complète, vient mettre un terme aux attentes des utilisateurs de zooms de reportage à ouverture f/2.8 constante qui cherchent une alternative au plus onéreux Nikon 24-70mm f/2.8 VR.

Après le Tamron 70-200mm f/2.8 G2 (voir le test), Tamron poursuit donc la mise à niveau de sa gamme pro avec ce 24-70mm G2 qui reprend les codes « Human Touch » chers à la marque. L’ergonomie est optimisée, la présentation plus sobre et moderne.

Stabilisation 5 stops

Tout comme le 70-200mm f/2.8, ce nouveau Tamron SP 24-70mm f/2.8 embarque le système Tamron VC de stabilisation qui permet de gagner 5 stops selon la marque et 4,5 stops selon les normes CIPA.

J’ai pu mesurer l’efficacité de cette stabilisation sur le 70-200mm, elle est au niveau des meilleures et du Nikon 70-200mm. Il est donc probable que ce 24-70mm f/2.8 soit au niveau du Nikon équivalent lui-aussi. Tamron revendique des photos nettes à main levée avec un temps de pose de 1,3sec. à 24mm et 0,5sec. à 70mm. A valider lors du test.

Construction plus aboutie

Le Tamron SP 24-70mm f/2.8 G2 est annoncé par la marque comme plus robuste, plus abouti et plus précis. Les normes de construction Tamron ont beaucoup changé depuis quelques années et il est vrai que les optiques ont vraiment un autre aspect.

La lentille frontale dispose d’un revêtement à la fluorine qui évite le dépôt des salissures et facilite l’écoulement des gouttes d’eau.

L’optique dispose de joints d’étanchéité aux endroits sensibles.

L’objectif bénéficie du traitement e-BAND qui permet un indice de réfraction plus faible. Le traitement anti-reflet est amélioré afin de réduire l’effet de flare et les images fantomes.

Autofocus plus rapide

Un 24-70mm f/2.8 se doit d’être réactif : le Tamron G2 dispose d’un nouveau processeur améliorant les performances de l’autofocus et de la stabilisation d’image. La mise au point en faible lumière devrait être améliorée.

Diaphragme électromagnétique

Le Tamron SP 24-70mm f/2.8 G2 met en oeuvre un système de commande du diaphragme (circulaire à 9 lames) électromagnétique. Ce principe se généralise chez les principaux fabricants pour offrir une plus grande précision du réglage d’ouverture et une meilleure répétabilité en mode de prise de rapide et en mode rafale.

Attention à bien vérifier auprès du fabricant que votre boîtier est compatible le cas échéant.

Filé photo facilité

Le Tamron SP 24-70mm f/2.8 G2 permet de régler la stabilisation d’image sur le seul plan vertical pour vous permettre de faire des photos avec l’effet filé (voir comment faire). Il faut toutefois passer par la console TAP-in (en option) pour paramétrer ce réglage car le commutateur sur l’objectif ne permet pas de choisir le mode VC directement.

Tamron SP 24-70mm f/2.8 G2

Pare-soleil en corolle

Le pare-soleil du Tamron SP 24-70mm f/2.8 G2 est modifié pour éviter les décalages intempestifs et le vignettage résultant. Le mécanisme de fixation est modifié.

Fiche technique

  • longueur focale : 24-70 mm
  • ouverture maximale : f/2,8
  • ouverture minimale : f/22
  • angle de vue (diagonale) : 84°04′ – 34°21′ (plein format) et 60°20′ – 22°33′ (sur APS-C)
  • formule optique : 17 éléments en 12 groupes
  • stabilisation : 4,5 stops (normes CIPA)
  • mise au point minimale : 0,38 m
  • rapport de grossissement : 1:5
  • taille du filtre : 82 mm
  • diamètre maximum : 88,4 mm
  • longueur : pour Nikon 108,5mm, pour Canon 111 mm
  • poids : pour Nikon 900gr., pour Canon 905 g (31.9oz)
  • lamelles de diaphragme : 9 (diaphragme circulaire)
  • accessoires : pare-soleil, bouchons, housse

Le Tamron 24-70mm f/2.8 G2 sera disponible fin août 2017 au tarif public estimé de 1400 euros.

Comparaison Tamron SP 24-70mm f/2.8 version 1 et G2

[su_table]

Modèle Fabrication Stabilisation Ergonomie Autofocus Autre
SP 24-70 mm F/2,8 G2
Di VC USD
construction
optique et système
de zoom améliorés, eBAND
(anti-reflet), fluorine
(anti-salissure)
VC + stable
(+5 stops), double processeur et mode filé
automatique
Ergonomie et
confort
Human Touch
USD plus rapide et double processeur Tropicalisation
renforcée, TAP-in, pare-soleil à verrou
SP 24-70 mm F/2,8
Di VC USD
  VC classique
(+3 stops)
Classique USD Tropicalisation
classique

[/su_table]

Source : Tamron

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