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Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : le zoom grand angle ultime pour Nikon Z ?

Ce test Nikkor Z 14-24 mm f/2.8 S me permet de boucler la série de tests du trio de zooms pros f/2.8 pour hybrides Nikon Z.

Après avoir utilisé ce zoom sur un Nikon Z 6II pendant une semaine, je vous livre mes impressions sur cette optique grand-angle, ainsi que quelques éléments pour faire la différence avec l’excellent zoom NIKKOR Z 14-30 mm f/4 testé précédemment.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : le zoom grand angle ultime pour Nikon Z ?

Ce zoom au meilleur prix chez Miss Numerique

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : contexte

Disposer d’un ensemble d’objectifs couvrant la plage focale 14 à 200 mm, proposant une grande ouverture et une qualité de construction à toute épreuve est le rêve de nombreux photographes.

Chez Nikon cette plage focale est couverte par un ensemble de trois objectifs pros depuis de nombreuses années. En monture F pour reflex, le trio 14-24 mm, 24-70 mm et 70-200 mm f/2.8, dans leur version AF-S, date de 2007 avec la première version du 24-70 mm f/2.8 AF-S.

Lors de l’annonce de la gamme hybride Nikon Z, il était évident que cette combinaison de zooms serait reproduite en monture Z. Le NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S est arrivé le premier en mars 2019, suivi du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 S en janvier 2020 et du NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S en septembre 2020.

En parallèle de cette gamme f/2.8, Nikon adresse les besoins des amateurs et experts moins exigeants avec une série de zooms ouvrant à f/4. Un autre trio en puissance existe donc dans la gamme avec le NIKKOR Z 14-30 mm f/4 S, le NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S et, on peut le penser, un futur NIKKOR Z 70-200 mm f/4 S.

NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

F/2.8 contre f/4, vous êtes en droit de vous poser la question : la plus grande ouverture justifie-t-elle un investissement plus important ? Entre le NIKKOR Z 14-30 f/4 S et ce NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S, l’écart de tarif (prix public mars 2021) est de 1.350 euros.

Oui, pour le prix d’un 14-24 ouvrant à f/2.8 (2.699 euros) vous avez deux 14-30 ouvrant à f/4 (1.349 euros) ou plus probablement un 14-30 mm f/4 et un autre objectif (comme le très polyvalent NIKKOR Z 24-200 mm).

Alors ce zoom f/2.8, est-ce bien raisonnable ? Non. Et oui aussi. Tout dépend.

Parlons déjà de ce test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S avant d’en tirer une conclusion et de faire la comparaison qui s’impose.

Présentation

Vous pourriez penser qu’un zoom pro pour le format 24 x 36, ouvrant à f/2.8, c’est gros et lourd. Si les optiques pour le plein format ne peuvent avoir la compacité des optiques pour l’APS-C, Nikon a réussi son pari en donnant des mensurations raisonnables à son zoom grand angle pro. 

Celui-ci se différencie du 14-30 mm par son profil en V dû à sa lentille frontale de plus grand diamètre. Notez que celle-ci est presque plane et que l’objectif permet le montage de filtres, ce que le zoom AF-S NIKKOR 14-24 mm f/2.8G ED en monture F ne permet pas. Les paysagistes apprécieront.

NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Le NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S, s’il reprend le design sobre de la gamme NIKKOR Z, s’enrichit d’une touche L-Fn personnalisable, d’un écran de contrôle OLED (comme ses deux frères de gamme f/2.8) et de trois bagues (multifonction, zoom, mise au point) quand le modèle f/4 n’en compte que deux. Pouvoir ajuster la mise au point à l’aide d’une bague dédiée en vous aidant de la loupe dans le viseur est un avantage que ne permet donc pas le 14-30 (sauf à sacrifier le réglage de la bague multifonctions).

comparaison NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S vs. NIKKOR Z 14-30 mm f/4 S

comparaison NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S vs. NIKKOR Z 14-30 mm f/4 S

Monté sur un Nikon Z 6II (ou Z 7II), l’objectif ne fait pas « immense », il mesure pourtant 40 mm de plus que le 14-30 (124,5 mm au lieu de 85 mm). Son diamètre s’avère être le même (88,5 mm vs. 89 sur le 14-30).

Enfin, parce que votre dos vous le demande, sachez que ce NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S ne pèse « que » 165 grammes de plus que le 14-30 mm (650 gr. vs 485). Les longues randonnées en montagne vont être plus agréables qu’avec l’AF-S Nikon 14-24 mm f/2.8 pour reflex dont les mensurations (131,5 mm de long, 98 mm de diamètre et 1000 gr.) le feraient presque passer pour une enclume !

comparaison NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S vs. AF-S NIKKOR 14-24 mm f/2.8G ED

comparaison NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S vs. AF-S NIKKOR 14-24 mm f/2.8G ED

À qui se destine ce zoom 14-24 mm ?

La plage focale 14-24 mm intéresse les photographes recherchant un zoom grand angle polyvalent, capable de photographier des paysages, des bâtiments de grande taille, des groupes, des reportages. Comme le 24-70 alors ?

Oui, de par le côté polyvalent de l’objectif, sa construction robuste et ses performances optiques.

Non, car un 14 mm ne s’utilise pas comme un 24 mm. Les adeptes de l’ultra grand angle le savent, il faut être précautionneux à la prise de vue pour éviter les perspectives fuyantes, les premiers plans vides de toute présence, les ciels omniprésents, les horizons penchés et la sous-exposition fréquente des premiers plans quand le ciel est lumineux.

Acquérir le NIKKOR Z 14-24 mm f/2,8 S vous évitera d’investir dans le duo 20 mm + 24 mm (2.278 euros, en attendant un possible NIKKOR Z 14 mm) bien que ces derniers ouvrent à f/1.8.

Qualité de construction

Je ne serai pas très original en disant que ce zoom NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S respire la bonne mécanique. Des bagues fermes mais pas trop, silencieuses (pour la vidéo), une étanchéité par joints partout où l’humidité et les poussières peuvent pénétrer, une absence totale de jeu au niveau de la monture comme des trois bagues, une lentille frontale protégée et quasi plane.

C’est du Nikon Pro comme on l’aime (et pour le tarif, c’est mieux).

NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

La finition de cette gamme NIKKOR Z s’adapte à merveille à celle des boîtiers, la disparition des filets dorés n’est pas pour me déplaire et l’absence de toute texture sur le fût rend l’optique très sobre. Les goûts et les couleurs me direz-vous, mais j’aime cette sobriété.

La présence de la touche L-Fn (Lens Function) vous permet de personnaliser l’objectif en fonction de vos habitudes. Cette touche est idéalement positionnée pour être manœuvrée par le pouce gauche tandis que la paume de la même main supporte l’objectif.

Vous pourrez lui attribuer une des fonctions disponibles comme le mode de mesure, le bracketing, le verrouillage de l’exposition, le zoom électronique (pratique en mise au point manuelle).

La bague arrière, la plus fine, personnalisable, se paramètre de la même façon, je lui attribue la correction d’exposition par défaut comme pour toutes les optiques Z que j’utilise.

Pont à l'anglais - Vitry sur Seine

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 400 – 1/320 ème – f/16

Côté pare-soleils et filtres, c’est la fête puisque Nikon livre deux ensembles de pare-soleils et bouchons.

Le premier consiste en un pare-soleil de taille réduite Nikon HB-96 au revêtement interne en velours, avec son bouchon d’objectif Nikon LC-Z1424.

Le second consiste en un pare-soleil Nikon HB-97 dont la particularité est de permettre l’utilisation de filtres à vis de 112 mm. Par rapport au modèle AF-S pour reflex, l’utilisation des filtres est ainsi grandement facilitée. Le bouchon est l’énorme Nikon LC-K104.

Test NIKKOR Z 14-24 mm : Prise en main et ergonomie

Ce zoom tient bien en main, une fois calé dans la paume de votre main gauche il ne bouge plus et l’ensemble boîtier + objectif est très équilibré. Le poids contenu facilite le transport au bout du bras, je l’ai eu en main pendant trois heures lors d’une longue balade photo sans ressentir la moindre gène.

Si les deux bagues de zoom et de mise au point tombent bien sous les doigts, je ferais la même remarque que pour le 24-70 mm f/2.8 (et d’autres optiques Z), la bague multifonctions reste très proche de la monture et très souple. Trop, dans les deux cas. Elle tourne aisément lorsque je range le boîtier dans mon sac, et il me faut être très réactif pour recaler l’exposition à la volée puisque j’ai attribué la correction d’exposition à cette bague.

Cet inconvénient est certes compensé par le fait que je vois immédiatement la mauvaise exposition dans le viseur électronique, mais plus de fermeté pour cette bague ne serait pas pour me déplaire.

L’écran OLED de l’objectif autorise au choix l’affichage de la focale, de l’ouverture ou de la distance de mise au point. Ce rappel peut s’avérer pratique de nuit sur un Nikon Z 5 qui ne possède pas d’écran supérieur, ou si vous avez du mal à évaluer la distance de mise au point. Il ne s’avère toutefois pas indispensable, j’avoue ne pas l’avoir regardé au-delà des manipulations habituelles liées à ce test. 

Si vous trouvez cet écran trop peu lumineux, un appui long sur la touche DISP vous permet d’en régler la luminosité comme de l’éteindre, choisissez les mesures en pieds pour afficher la distance de mise au point dans cette unité plutôt qu’en mètre si c’est votre envie.

affichage de la distance de mise au point sur l'écran OLED du NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

affichage de la distance de mise au point sur l’écran OLED du NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Mise au point

Bonne nouvelle pour les adeptes des sujets rapprochés, la distance minimale de mise au point de ce NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S est de 28 cm pour toutes les focales. C’est la même valeur que pour le 14-30 mm, la version AF-S pour reflex est aussi calée à 28 cm mais sur la plage focale 18-24 mm uniquement. Avantage aux NIKKOR Z donc.

L’autofocus quant à lui reste aussi silencieux que sur les autres zooms NIKKOR Z, je n’ai constaté aucune erreur de mise au point lors du test, elle est rapide, précise et stable. Pouvoir positionner un collimateur sur l’ensemble du champ via le joystick ou un bref appui sur l’écran arrière est un avantage indéniable avec de telles focales. Les sujets très proches en bordure du cadre demandent une mise au point précise même si la grande profondeur de champ des courtes focales pourrait laisser penser le contraire.

En mode de suivi automatique, ce zoom se comporte très bien aussi, aidé il faut dire par une plage focale moins exigeante que celle du NIKKOR Z 70-200 mm f:2.8 S par exemple. Ouvrez à f/11 et à partir de quelques mètres « c’est net partout ».

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 1300 – 1/320 ème – f/16

Stabilisation

Ce zoom grand angle n’est pas stabilisé mais les Nikon Z plein format auxquels cette optique est destinée le sont. « Oui mais le 70-200 mm f/2.8 est stabilisé lui … » diront ceux qui ne jurent que par la stabilisation sur l’optique. C’est vrai mais avouez qu’à 200 mm le risque de flou de bougé n’est pas le même qu’à 14 ou 24 mm. De plus la très bonne montée en sensibilité des capteurs Z 6II, Z 7II et bientôt Nikon Z 9 évite de recourir à des temps de pose trop longs.

Stabiliser cette optique n’aurait donc eu comme conséquence que de l’alourdir et d’en augmenter le tarif qui est bien assez élevé comme ça.

Comme je l’ai déjà constaté avec d’autres zooms de la gamme NIKKOR Z, la stabilisation du capteur apporte une souplesse étonnante en basse lumière. Avec la même plage focale et un temps de pose long sur un reflex dont le miroir claque au déclenchement, le flou de bougé vous guette. Sur un hybride stabilisé, aucune question à vous poser. Ce zoom permet de descendre à 1/4 de seconde à main levée avec les précautions d’usage pour tenir le boîtier.

Stabilisation NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 24 mm – ISO 100 – 1/4 sec. – f/20

Performances optiques : piqué, homogénéité et vignettage

J’utilise un Nikon Z 6II au quotidien et c’est sur ce boîtier de 24 Mp que j’ai fait ce test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S. Sachez que comme pour chaque objectif NIKKOR Z, les opticiens Nikon ont utilisé les capacités de communication entre le boîtier et l’objectif pour compléter par une correction logicielle les imperfections inévitables du système optique.

Cette correction logicielle est appliquée par le boîtier sur le JPG, à la prise de vue, et par le logiciel de traitement RAW au post-traitement (Nikon NX Studio ou les logiciels experts courants).

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 100 – 1/4.000 ème – f/2.8

Attention : n’allez pas penser pour autant que vous achetez un cul de bouteille corrigé par un algorithme logiciel, nous sommes ici en présence d’une optique dont les qualités optiques pures sont de très haut niveau. Le surplus de correction apporté par le logiciel interne permet de pousser un cran plus loin la qualité d’image, et surtout d’adapter la correction en fonction du boîtier et des réglages de prise de vue (focale, ouverture). Pour le prix (je me répète), il est rassurant de savoir que la formule optique excelle et que le logiciel ne fait pas tout.

Le Nikkor Z 14-24 mm f/2,8 S est très bon. Excellent même. Partout. A toutes les focales. Même dès f/2,8. Du centre au bord.

Bis repetita après ce qui a été dit à propos du NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S. Il en devient difficile de trouver des défauts à ces objectifs et ce type de test atteint ses limites.

Ce zoom vous donnera de très bons résultats dès f/2.8, ils seront encore meilleurs à partir de f/4 pour atteindre des valeurs impressionnantes entre f/8 et f/11. Les plus difficiles prendront leur loupe pour chercher les défauts sur un tirage grand format, et bien qu’ils en trouvent toujours, il faudra bien chercher.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 100 – 1/2.500 ème – f/2.8

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 640 – 1/320 ème – f/22

Performances optiques : déformation et vignettage

La déformation d’image et la distorsion sur un grand angle sont monnaie courante. Ces courtes focales déforment souvent les images en périphérie, les distordent aussi parfois.

Avec ce NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S, une déformation en barillet est visible à 14 mm, elle disparait quasiment à 16 mm et à partir de 20 mm on n’en parle plus. Quelle que soit l’ouverture, même à f/2.8, cette optique est donc déjà très bonne sans aucune correction logicielle. C’est une première performance.

Si de plus vous prenez la peine d’activer la correction d’objectif dans votre logiciel photo (elle l’est par défaut dans certains dont Lightroom), cette correction que Nikon calcule pour vous et associe aux fichiers RAW, alors oubliez la déformation d’image dès 14 mm. C’est quasi parfait et seul un passage au banc optique permettra de trouver un défaut à cette optique dans ces conditions.

Les fichiers JPG tiennent compte de cette correction logicielle, si vous préférez ajuster le résultat manuellement préférez le RAW au JPG.

Rebelote avec le vignettage, visible à f/2.8 et 14 mm sans correction, il disparaît totalement dès f/5.6. La correction logicielle fait là-aussi son travail en supprimant tout vignettage dès f/2.8, le résultat est harmonieux avec une périphérie d’image qui ne souffre d’aucune différence de tonalité dans ces conditions.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 360 – 1/320 ème – f/16

Performances optiques : aberrations chromatiques et rendu des couleurs

C’était déjà le cas sur le NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S, c’est la même chose ici : aberrations chromatiques ? Nada. Rien.

La performance est telle que j’ai du fouiller mes images pour tenter de trouver un début de quelque chose qui pourrait ressembler à une aberration pour vous dire que quand même, sous certaines conditions, on pourrait peut-être dire que … Mais non. C’est désespérant, je n’ai rien trouvé sur les JPG comme sur les NEF.

Un mot de plus pour vous parler du flare. Cet effet disgracieux avec certaines optiques est ici géré de main de maîtres (opticiens) et je ne saurais dire si c’est le traitement Arneo, ou le nanocrystal, ou la formule optique, ou un peu des trois. Le résultat c’est que vous allez courir après les effets du soleil dans les branches parce que … c’est beau.

Sachez que je suis joueur, j’ai pris ces photos sans pare-soleil, je vous laisse mettre le vôtre et en profiter encore un peu plus.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 360 – 1/320 ème – f/11

Le rendu des couleurs est en phase avec ce que l’on connaît de cette gamme NIKKOR Z, un rendu neutre, des jaunes bien moins présents que ce que j’obtenais avec la gamme reflex (mais pas avec le même boîtier). La colorimétrie de ces images est bien sûr fonction du Picture Control que vous allez utiliser, en JPG comme en NEF au post-traitement, mais soyez assurer que vous n’aurez pas à basculer dans l’onglet Couleurs de votre logiciel pour supprimer les dominantes.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 100 – 1/800 ème – f/8

En photo urbaine j’apprécie un rendu neutre dans les ombres, je n’ai ainsi pas à traiter ces zones. Ce zoom NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S réussit à garder leur neutralité de teinte aux zones sombres alors qu’une grande zone de la photo présente une forte dominante (le bleu du ciel par exemple).

Franchement, et avec un brin d’attachement pour cette gamme, je ne le nie pas, c’est beau, c’est bon et ça fait plaisir.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 22 mm – ISO 100 – 1/400 ème – f/8

Rendu optique : profondeur de champ

Certes, une faible profondeur de champ à 14 ou 20 mm pour photographier des paysages n’est pas votre envie première. Vous voulez que tout soit net. Mais tout le monde n’utilise pas un tel zoom que pour le paysage. C’est mon cas, et j’apprécie de pouvoir jouer sur l’ouverture, même à 14 mm, pour bénéficier d’un joli flou d’arrière-plan. Je n’ai pas été déçu.

Quelle que soit la focale, non seulement le flou est agréable et délicat, mais il apparaît de plus avec une très belle progressivité, sans montrer de cassure franche entre les zones nettes et les zones moins nettes. Le diaphragme circulaire électro-magnétique à neuf lamelles (sept sur le NIKKOR Z 14-30 mm f/4 S) participe au résultat.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 100 – 1/5.000 ème – f/2.8

Les photos de ce test en pleine définition sur Flickr :

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Le NIKKOR Z 14-24 mm f/2,8 S peut vous intéresser si :

  • vous avez besoin d’un grand angle polyvalent, lumineux, avec des performances élevées,
  • vous tenez à disposer d’un zoom f/2.8 parce que le trio f/2.8 et vous, ça ne fait qu’un,
  • vous êtes frustré par l’absence de bague de mise au point sur le NIKKOR Z  14-30 mm f/4 S,
  • vous voulez personnaliser autant que faire se peut votre objectif,
  • vous voulez alléger votre ensemble reflex FX + 14-24 mm f/2,8 AF-S et gagner en qualité d’image et en encombrement,
  • vous voulez utiliser des filtres sans être bloqué par la lentille frontale bombée du modèle AF-S pour reflex (avec bague FTZ),
  • vous désirez un zoom grand angle compact Nikon moins encombrant que la version en monture F couplé à la bague FTZ,
  • vous n’êtes pas attiré par les focales 28 et 30 mm (ou vous avez déjà un 24-70 mm f/2.8 pour cela),
  • vous pratiquez la photographie en faible lumière et avez besoin du surcroît de luminosité d’un f/2,8.

Le NIKKOR Z 14-24 mm f/2,8 S va moins vous intéresser si :

  • 2.699 euros ça se justifie par le plaisir de photographier (qui n’a pas de prix) ou par des commandes, et vous avez beaucoup moins des deux depuis quelques mois,
  • vous continuez à utiliser un reflex en parallèle de votre hybride et la version à monture F est compatible avec les deux,
  • vous pensez que le mieux est l’ennemi du bien, et que le 14-30 f/4 est loin de démériter face à ce f/2.8.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 24 mm – ISO 320 – 1/320 ème – f/16

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2,8 S : ma conclusion

Les tests se suivent et se ressemblent dans cette gamme NIKKOR Z et je vous avoue qu’il faut aller chercher les détails tellement loin pour mettre un point particulier en avant que l’exercice devient difficile.

C’est bon, très bon, très très bon. Et ce n’est pas le NIKKOR Z 50 mm f/1.2 S qui devrait faire l’objet du prochain test qui va remettre cela en cause. Alors quelle conclusion tirer d’un tel test, effectué « dans les conditions du direct », sans mur de brique ni passage au banc ?

La conclusion qui s’impose est que ce zoom grand angle est encore supérieur au 14-30 mm f/4 déjà excellent.

Le zoom NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S est au niveau du NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S, et ce n’est pas rien.

Ce zoom grand angle f/2,8 peut vous inciter à lui seul à passer à l’hybride si vous êtes adepte de la photographie de paysage.

Sa conception optique est exceptionnelle (piqué, absence d’aberrations chromatiques, colorimétrie, traitement contre le flare, conception de la lentille frontale). Sa conception mécanique est du même niveau, c’est la force tranquille à laquelle Nikon nous a habitués depuis quelques décennies.

Enfin le plaisir que vous prendrez à le prendre en mains et l’utiliser sera sans commune mesure avec celui que vous prendriez avec un zoom pour reflex couplé à la bague FTZ.

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S

Test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S : 14 mm – ISO 100 – 1/400 ème – f/8

Nikon a mis les petits plats dans les grands : écran OLED, trois bagues dont une personnalisable, une touche de fonction également personnalisable et double système de pare-soleil, c’est rare !

Oui mais voilà. Le principal concurrent de ce NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S n’est pas à chercher dans les gammes des opticiens indépendants, inexistantes en monture Z (qu’attendent-ils ?) mais bien dans la gamme Nikon.

Il s’appelle NIKKOR Z 14-30 mm f/4 et coûte deux fois moins cher sans être à la traîne  en performances pures. Seule l’ergonomie est en retrait.

Il vous faudra donc accepter de débourser près de 1.350 euros supplémentaires pour profiter de ce f/2.8 et ce n’est pas rien. L’écart est encore plus grand qu’entre les NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S et f/4 (1.200 euros) bien différents en taille et encombrement par contre.

Je conclurai donc ce test NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S en vous disant que si vous cherchez le meilleur zoom grand angle pour Nikon Z du moment, le plus capable et ergonomique, Nikon l’a fait. Quant à moi je vais rendre avec regret mon exemplaire de test …

Ce zoom au meilleur prix chez Miss Numerique


Luminar AI Update 2 : performances, filigranes, ciels, reflets, en progrès !

Skylum présente Luminar AI Update 2, la version 1.2 de son logiciel photo. Luminar AI utilise l’intelligence artificielle pour vous aider à obtenir un résultat rapide et satisfaisant si vous ne voulez pas passer des heures à traiter vos photos.

Cette mise à jour gratuite ne manque pas d’intérêt car elle apporte de meilleures performances, une gestion intégrée des filigranes qui manquait vraiment à la première version et un outil de traitement des ciels enrichi de nombreuses fonctions dont la gestion des reflets.

Présentation de Luminar AI Update 2

10 EUR de réduction sur Luminar AI et les ressources additionnelles avec le code nikonpassion21

Luminar AI Update 2 : contexte

Vous l’aurez compris en lisant plusieurs articles récents, l’intelligence artificielle gagne du terrain dans le monde de l’édition logicielle. DxO dans Photolab 4, Adobe dans Lightroom et Photoshop, Skylum dans Luminar pour ne citer que ceux-là introduisent petit à petit des briques d’IA. Ces fonctions permettent d’offrir des traitements qui prendraient beaucoup de temps ou ne seraient pas possibles sans l’IA.

Dans ce qui s’annonce comme la prochaine bataille rangée chez les éditeurs, Skylum a pris une longueur d’avance avec Luminar 4 qui utilisait déjà des outils à base d’IA. En introduisant Luminar AI fin 2020, Skylum a renversé la tendance : l’intelligence artificielle pilote la plupart des traitements, elle occupe une place centrale dans le logiciel. Les outils à base d’IA évitent le recours aux calques, complexes à manipuler, bien moins souples à l’usage.

Prévisualisation des ciels dans Luminar AI Update 2

Prévisualisation des ciels dans Luminar AI Update 2

« Hérésie ! », « Scandale ! » et autres « ce n’est plus de la photo !! » n’ont pas manqué de fleurir sur les sites parlant de Luminar AI. Nombreux sont les photographes qui ont pris cela comme un non sens, sans bien comprendre le positionnement de ces outils.

Luminar AI n’est pas un logiciel de post-traitement classique. Il ne cherche pas à concurrencer Lightroom, Photolab ou autre Darktable. Il adresse les besoins de quiconque souhaite obtenir un résultat rapide, répondant à un usage précis, sans devoir passer des semaines à apprendre l’utilisation d’un logiciel expert.

Luminar AI propose et vous disposez. Le résultat proposé par l’IA vous convient ? Vous le validez. Il ne vous convient pas ? Vous l’ajustez pour obtenir le rendu souhaité.

Dans le monde de la photographie amateur, Luminar AI répond à cette question : « quel rendu pourrais-je donner à ma photo pour qu’elle soit plus agréable, je n’en ai aucune idée ? ».

Avec cette mise à jour Luminar AI Update 2, Skylum a voulu aller encore plus loin en matière de gestion des ciels. Au passage, c’est un pied de nez à Adobe permettant de montrer à l’éditeur américain que le traitement des ciels piloté par l’IA, c’est chez Skylum que ça se passe, Photoshop reste en retrait à ce jour.

Exemple de traitement photo dans Luminar AI

exemple de traitement photo assisté par l’IA dans Luminar
temps de traitement : environ 2 minutes
modèle Mey-Lynn – photo JC Dichant

Des performances améliorées

L’intelligence artificielle implémentée dans Luminar AI utilise le moteur d’intelligence artificielle local de Windows 10 ou MacOS.  C’est donc votre ordinateur qui va fournir au logiciel toute sa puissance pour accélérer les traitements, sans que le logiciel n’ait besoin de faire appel à un service externe. Ceci consisterait à envoyer votre photo dans le cloud pour la traiter avant de la récupérer, c’est la mise en œuvre faite dans Photoshop par exemple et ça ne plaît pas à tout le monde.

La conséquence est que votre ordinateur doit être assez musclé, et à jour, pour que Luminar AI fonctionne à la bonne vitesse. Skylum est conscient des problématiques de performances et optimise son logiciel à chaque nouvelle version. La version de présérie que j’utilise depuis plusieurs jours, bien que non finalisée, s’avère plus réactive que ne l’était la première version, sur le même ordinateur. Le fonctionnement est plus fluide, le passage d’un module à l’autre plus rapide. Par rapport à Luminar 4, c’est le jour et la nuit.

Ciel AI : la gestion des ciels et des reflets

Avec cette mise à jour, Luminar AI vous permet non seulement de remplacer un ciel de façon plus agréable grâce à l’aperçu des ciels disponibles, mais aussi de jouer avec les reflets. Dès lors que votre photo montre de l’eau (mer, rivière, lac, piscine), Luminar AI vous permet d’ajouter le reflet du ciel dans l’eau.

Luminar AI Update 2 : remplacement du ciel - avant

Luminar AI Update 2 : remplacement du ciel – avant

Luminar AI Update 2 : remplacement du ciel et ajout de reflets - après

Luminar AI Update 2 : remplacement du ciel et ajout de reflets – après

L’outil Ciel AI optimise la luminosité de la scène de façon à générer des reflets les plus naturels possibles, vous pouvez ajuster de façon différenciée la saturation et la luminosité.

Cet outil permet aussi d’ajuster la lumière d’un portrait réalisé sur fond de paysage mêlant ciel et eau, pour produire des images qui auraient nécessité un éclairage artificiel (flashs, projecteurs) si elles avaient été prises de façon traditionnelle.

La gestion des ciels, leur remplacement, déjà bien avancée dans la première version, gagne ici la possibilité de jouer sur l’angle et la profondeur de la scène afin que la substitution soit encore plus crédible. Quiconque a déjà essayé de remplacer le ciel d’une photo dans un logiciel traditionnel sait combien c’est extrêmement complexe. Dans Luminar AI Update 2, cela vous prendre quelques secondes pour un résultat bien supérieur.

Des textures transformables

Luminar AI Update 2 met en œuvre des fonctions de manipulation des textures qui apportent beaucoup de souplesse. Autant il était complexe d’ajouter une texture puis de la positionner dans la première version, autant il est simple de le faire dans cette nouvelle version. Insérer un filigrane (signature, logo) par exemple prend désormais quelques secondes alors qu’il fallait mettre en œuvre une méthode complexe précédemment.

Ajout de texture, signature, logo dans Luminar AI Update 2

Luminar AI Update 2 : ajouter une signature, un logo
photo JC Dichant

En utilisant des fichiers PNG gérant la transparence, vous pouvez ajouter des textures à vos photos et en ajuster la visibilité. Vous pouvez aussi les redimensionner, les placer où vous voulez en quelques clics.

Une gestion des modèles optimisée

Les modèles de Luminar AI définissent le rendu final de l’image. Avec cette mise à jour Update 2, la sélection du « meilleur modèle » est améliorée, leur affichage aussi.

Gestion des modèles dans Luminar AI Update 2

La nouvelle gestion des modèles dans Luminar AI Update 2

Luminar AI Update 2 affiche désormais tous vos modèles de façon plus lisible, via les onglets « favoris », « Mes modèles », « achetés » et « anciens modèles ». Ces derniers sont hérités des Looks de Luminar 4.

Les aperçus des groupes de modèles ont la même taille, vous les discernez mieux et ils sont plus agréables à utiliser.

Nouveaux appareils photo supportés dans Luminar AI Update 2

Comme toute mise à jour logicielle, Luminar AI Update 2 supporte de nouveaux boîtiers.

  • Nikon Z 5, Z 6 II, Z 7 II
  • Canon EOS R5, EOS R6, EOS 850D, EOS-1D X Mark III (fichiers compressés avec perte)
  • Fujifilm X-S10
  • Leica M10-R, S3, SL2-S
  • Olympus E-M10 Mark IV
  • Panasonic DC-G100 / G110, DC-S5
  • Sony ILCE-7C (A7C), ILCE-7SM3 (A7S III)
  • Zeiss ZX1

Support des Nikon Z 6II et Z 7II dans Luminar AI Update 2

Cette mise à jour supporte les fichiers compressés avec perte CR3 et les fichiers compressés avec perte RAF.

Skylum s’est aussi engagé à supporter plus vite les nouveaux appareils photo, il fallait plusieurs mois précédemment, un délai bien plus long que chez les concurrents. Espérons que cette promesse soit tenue.

Mon avis sur cette mise à jour Luminar AI Update 2

Luminar AI Update 2 progresse. Le logiciel est plus réactif, l’outil Ciel AI plus complet, la gestion des modèles plus simple. La gestion des textures fait un grand pas en avant, ce qui va simplifier la gestion des signatures ou logos en particulier.

Cette mise à jour gratuite pour les utilisateurs de la première version est la version qui aurait du sortir en premier. Elle est plus aboutie, offre les fonctions manquantes de Luminar 4 dont la gestion avancée des textures et permet de profiter du logiciel pour accélérer les traitements.

Il lui manque encore des fonctions que je considère essentielles pour un usage expert, telle que la gestion des versions. Néanmoins si vous avez un usage plus amateur de votre logiciel photo, que vous préférez passer plus de temps à faire des photos qu’à les traiter, Luminar AI Update 2 pourrait bien vous satisfaire.

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Comment faire des photos en noir et blanc, pas à pas avec Anne-Laure Jacquart

Vous voulez faire des photos en noir et blanc et la première question que vous vous posez est de savoir comment faire une conversion noir et blanc dans votre logiciel photo préféré ? Pour vous le noir est blanc est synonyme de photo argentique ? Et si vous passiez à côté de l’essentiel ?

Comment faire des photos en noir et blanc

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Faire des photos en noir et blanc, les deux erreurs

« Vous la préférez en couleur ou en noir et blanc ? » Si vous n’avez jamais lu, vu ou entendu cette question, vous êtes coupé du monde depuis de longues années car elle revient très souvent sur le web, les réseaux sociaux et les sites de partage.

Nombreux sont les photographes débutants comme amateurs à hésiter entre deux versions d’une photo. Il est aisé de convertir en noir et blanc une photo couleur, un clic suffit, pourquoi ne pas le faire et comparer ? Après tout, peut-être que ce qui ne sort pas bien en couleur sera plus agréable en noir et blanc ?

Ne vous y trompez pas, si c’était aussi facile cela se saurait. Faire des photos en noir et blanc n’est pas se contenter de convertir en noir et blanc une photo couleur.

Mais alors, si convertir n’est pas la solution, est-ce à dire que le noir et blanc c’est une pellicule argentique et rien d’autre ? Non plus.

Déjà parce qu’une pellicule argentique n’est pas forcément un film noir et blanc, mais aussi – et surtout – parce que l’argentique n’a pas l’exclusivité du noir et blanc. Ne pensez pas que les plus belles photos noir et blanc publiées ces dernières années ont toutes été faites avec du film, c’est rarement le cas.

Alors faire des photos en noir et blanc, c’est quoi ?

Comment faire des photos en noir et blanc

Le noir et blanc, un regard plus qu’une technique

La réponse se trouve page VI dans le livre d’Anne-laure Jacquart :

C’est l’œil et la démarche de composition qui créent l’impact noir et blanc et non le logiciel.

Oubliez les filtres Instagram, les packs Nik Collection et la conversion par couches, ce n’est ni le sujet du livre ni le propos de l’auteur. Non pas que ces outils soient inutiles, ce n’est pas le cas. Mais ce qu’Anne-laure Jacquart souhaite vous transmettre, et j’approuve sa démarche, c’est que le noir et blanc se pense à la prise de vue plus que devant votre clavier ou dans votre labo argentique.

Qui dit regard dit œil

On l’oublie trop souvent à force de penser aux centaines de réglages de nos appareils photo, ce qui fait l’intérêt d’une photo c’est ce que vous avez vu et souhaité retranscrire en déclenchant. L’œil du photographe, une expression chère à Michael Freeman, prend toute son importance en noir et blanc. Au moins autant qu’en couleur.

Pourquoi ? Parce qu’en noir et blanc, votre regard s’attache non plus à montrer une scène la plus réelle possible, mais à retranscrire des contrastes, des alternances, des oppositions, des modelés. Votre imagination doit « interpréter l’environnement » et non chercher à le reproduire tel qu’il vous apparaît.

Voici résumée la première partie de ce livre dans laquelle vous allez découvrir comment approcher vos sujets en pensant noir et blanc. Vous découvrirez par exemple que la meilleure façon de faire du noir et blanc est de régler votre appareil en noir et blanc. « Voir » en noir et blanc dans le viseur, c’est oublier la couleur dès la prise de vue.

Vous allez aussi réaliser qu’il n’existe pas de scènes « pour la couleur » et de scènes « pour le noir et blanc ».  Il existe une approche personnelle en couleur et une en noir et blanc. Vous pouvez photographier la même scène en couleur puis en noir et blanc, vous ne montrerez pas la même chose.  L’idée ici est que l’une des deux photos que vous feriez alors n’est pas meilleure que l’autre, elle est différente.

Comment faire des photos en noir et blanc

Le piège du noir et blanc

Je l’ai vécu des dizaines de fois : une scène colorée, agréable, avec une belle lumière … Chouette, cela va faire une belle image noir et blanc ! Résultat ? Non, perdu. Ce n’est pas la richesse des couleurs qui fait la force d’une image en noir et blanc, c’est la différence de densités, le contraste général de la scène. Pensez en densités de couleurs plus qu’en teintes de couleurs. Vous comprendrez cela page 28 et suivantes.

Retenez aussi que le blanc qui nuit souvent à l’intérêt d’une photo couleur (ah, ces ciels couverts !!) devient votre allié en noir et blanc. Regardez page 62 par exemple comment le blanc donne tout son intérêt à la photo.

C’est beau une ville la nuit

Votre capteur peine à monter en ISO et vous voyez des points colorés disgracieux sur vos photos nocturnes ? Tant mieux ! Cela devrait vous inciter à photographier en noir et blanc quand la lumière manque.

Non pas parce que « jour = couleur » et « nuit = noir et blanc », mais parce que le manque de lumière qui est une contrainte pour vous peut devenir un atout. Il peut vous forcer à changer de regard, à oublier ces défauts colorés et les longues séances de réduction du bruit numérique, pour vous forcer à penser en noir et blanc. Vous utiliserez alors les tonalités sombres tout en mettant en valeur les hautes lumières qui ne manquent pas en ville (voir page 69).

Le noir et blanc et la composition

Je vous vois déjà me dire que la composition, ce n’est pas l’apanage du noir et blanc et qu’en photo couleur il faut aussi composer vos images. Vous avez raison, mais … une photo noir et blanc prise à la va vite parce que « le noir et blanc fera la différence » ça ne fonctionne pas. Rappelez-vous,  en noir et blanc ce joli ciel bleu qui vous fait de l’œil ne se verra pas sur la photo. Ce camaïeu de couleurs attirantes non plus (tentez une séance photo en noir et blanc à Burano et on en reparle).

La composition prend donc toute son importance en noir et blanc, c’est à vous de jouer avec les éléments pour que leur ordonnancement vous permette de proposer un résultat harmonieux. Vous allez apprendre cela pages 81 et suivantes, de même que vous apprendrez à vous déplacer pour jouer, par exemple, avec l’arrière-plan (page 83) et utiliser à bon escient ce ciel blanc ou ce monument qui vous paraissait pourtant bien fade en couleur.

Est-ce à dire qu’il y a une composition pour le noir et blanc et une pour la couleur ? Oui, si j’en crois les propos d’Anne-Laure Jacquart auxquels j’adhère volontiers.

Page 96 de ce livre, vous découvrirez comment l’exposition de vos photos peut influencer le résultat final. J’aurais plutôt vu ceci dans la première partie, densité et exposition allant de pair, j’ai apprécié par contre ce qui concerne le flou de profondeur de champ et le flou de mouvement qui sont deux façons de mettre encore plus en valeur les éléments d’une scène en noir et blanc. La raison en est simple (page 102) : « le flou crée des contours progressifs qui font se mélanger les densités entre elles, neutralisant en quelque sorte le contraste ».  Imaginez ce que cela peut apporter dans vos compostions, sans aucune tricherie logicielle.

Comment faire des photos en noir et blanc

Mais aussi … Des modèles

Débuter en noir et blanc peut faire peur. Moins vous avez de couleurs à montrer, plus c’est difficile, alors comment faire ? Le chapitre 7, page 125, vient à votre secours. Anne-Laure Jacquart a eu la bonne idée de partager un ensemble de modèles de contrastes, autant de solutions à utiliser en fonction des situations de prises de vue et de la lumière qui s’offre à vous.

Prenez ce chapitre comme un exercice : cherchez ces situations, provoquez-les au besoin et faites des photos. Vous allez exercer votre œil, acquérir des réflexes et mettre en œuvre ces approches sans même vous en rendre compte par la suite.

Bien que tout cela vous attire, vous êtes frustré(e) de ne toujours pas savoir comment convertir vos photos en noir et blanc ? Ne désespérez pas, l’annexe vous livre quelques recettes pour convertir et retoucher vos photos en noir et blanc, c’es synthétique mais tout y est.

Mon avis sur ce livre

Faire des photos en noir et blanc est un état d’esprit. Peu importe qu’il s’agisse de numérique, d’argentique, ou que vous utilisiez votre smartphone (qui soit dit au passage est un excellent outil pour le noir et blanc). Faire du noir et blanc c’est porter un regard personnel sur votre environnement et rendre compte de ce regard plus que de la scène elle-même.

J’apprécie les livres d’Anne-Laure Jacquart car, outre le fait qu’elle est très pédagogue, elle a cette capacité à transmettre une passion et à vous donner envie. Vous trouverez dans cet ouvrage de quoi enrichir votre démarche, de quoi penser à votre pratique plus qu’aux réglages de votre boîtier, de quoi construire une image en noir et blanc dès la prise de vue.

Si pour vous le noir et blanc n’est qu’une question de filtres numériques, de curseurs et de clics, passez votre chemin. Si par contre le noir et blanc vous attire pour sa capacité à montrer votre vision du monde, alors n’hésitez pas à dépenser 26 euros pour vous procurer un exemplaire de ce livre. Il pourrait bien s’agir d’un de vos meilleurs investissements en photo.

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Photographier les oiseaux à la mangeoire : installation, réglages et astuces (2026)

L’hiver, les oiseaux des jardins peuvent avoir du mal à trouver de la nourriture pour survivre. Installer une mangeoire va les aider et vous donner beaucoup de plaisir dans l’observation des oiseaux variés qui la fréquentent. Photographier les oiseaux à la mangeoire est aussi une opportunité même si vous ne possédez pas un téléobjectif très puissant, car vous pouvez vous approcher de vos sujets.

Ce tutoriel photo vous est proposé par Stéphane Lebreton, lecteur de Nikon Passion, naturaliste et photographe depuis de nombreuses années. La Loire et les autres milieux naturels de son voisinage (forêts, prairies, étangs…) lui permettent de diversifier les sujets et les pratiques : flore, oiseaux, mammifères, insectes, paysages.

Stéphane apprécie le partage d’expériences : entre amis comme au sein d’un club photo et sur le web. Retrouvez-le sur son site Affut et billebaude comme sur sa chaîne YouTube « Affut et billebaude, les coulisses de la photo nature« .

Comment installer une mangeoire pour photographier les oiseaux

Trouver une mangeoire

Trouver une mangeoire dans le commerce est simple : la plupart des jardineries en proposent et des associations telles que la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) en vendent par correspondance.

Vous pouvez aussi en fabriquer une facilement avec du matériel de récupération : ouvrez une fenêtre quelques centimètres au-dessus du fond d’une bouteille plastique, déposez de la nourriture sur le fond et suspendez la bouteille pour avoir une mangeoire qui ne vous coûte rien !

Pour la nourriture, les graines de tournesol conviennent à de nombreuses espèces. Vous les trouverez en supermarché ou dans les jardineries. Attention toutefois, le nourrissage doit rester hivernal, prenez des précautions pour ne pas causer de tort aux oiseaux. Vous trouverez de nombreux conseils sur le site de la LPO.

Installer votre mangeoire

Une fois que vous disposez de votre mangeoire, installez-la dans un endroit dégagé et mettez en place des supports sur lesquels les oiseaux vont se poser et où vous pourrez les photographier : branches, pierres, écorces, …

Attention, si la mangeoire est placée trop près de branches existantes, les passereaux risquent de ne pas passer par les supports que vous avez préparés. De plus, une branche dégagée permet d’obtenir un meilleur bokeh à l’arrière-plan. Soignez l’esthétisme de ces supports ajoutés car ils peuvent apporter beaucoup à vos clichés comme dégrader leur qualité si des éléments gênants ou peu harmonieux  apparaissent sur vos photos.

Définissez l’emplacement où vous allez vous positionner en considérant les critères suivants :

  • trouvez un endroit pour être le plus caché possible, à une distance de 3 ou 4 mètres des supports,
  • l’arrière plan doit être naturel, sans élément gênant peu esthétique (grillage, maison, poteau ou fil électrique, etc.),
  • anticipez l’éclairage de la scène selon l’heure de prise de vue : plein éclairage, éclairage de côté, contre-jour… pour pouvoir jouer avec la lumière lors de la prise de vue.
Comment photographier les oiseaux à la mangeoire
Comment photographier les oiseaux en vous cachant sous le toboggan des enfants ! Photo (C) Stéphane Lebreton

Pour vous cacher dans un jardin, utilisez les éléments existants : derrière un muret, derrière des volets, sous le toboggan des enfants. Avec du tissu ou du filet de camouflage, masquez les espaces qui pourraient laissez entrevoir votre silhouette. Dans l’idéal seul l’objectif doit être apparent.

Si n’avez pas de jardin, vous pouvez tenter votre chance sur un balcon : la plupart de ces conseils peuvent être appliqués, mais les contraintes seront plus fortes. Pensez aussi à transformer votre voiture en affut si vous n’avez pas d’autre option !

Photographier les oiseaux : la lumière et l’heure

La lumière hivernale est basse, même en milieu de journée. C’est une contrainte, mais aussi une opportunité.

En début de matinée, la lumière rasante donne du relief au plumage et des couleurs chaudes qui réchauffent les tons ternes de l’hiver. C’est souvent le moment où les oiseaux sont les plus actifs : ils arrivent affamés après la nuit. En fin d’après-midi, même logique, avec une lumière plus dorée encore mais une activité qui décroît.

Placez votre mangeoire et vos supports de pose de façon à avoir la lumière dans le dos au moment où vous prévoyez de shooter. Un oiseau éclairé de face, avec un arrière-plan dans l’ombre, donnera un résultat bien plus propre qu’un sujet à contre-jour non maîtrisé.

Le contre-jour n’est pas interdit pour autant. Par temps couvert, il produit des silhouettes graphiques intéressantes. Par soleil direct, il demande une compensation d’exposition et donne des résultats imprévisibles, surtout sur les espèces au plumage sombre.

Par temps nuageux, la lumière diffuse est homogène et flatteuse pour les détails du plumage. C’est souvent dans ces conditions que les photos de mésanges et de moineaux sont les plus réussies, sans zones brûlées ni ombres dures.

Photographier les oiseaux : la prise de vue

Le moment venu, installez vous confortablement car vous passerez sans doute plus d’une heure sans bouger. Posez votre matériel sur un trépied pour assurer la stabilité de l’ensemble et pour éviter les crampes dans les bras !

Vérifiez aussi que la mangeoire est alimentée…

Avant le retour des oiseaux (ou alors vous êtes fort si vous ne les avez pas fait fuir en arrivant !), pré-réglez votre matériel :

  • ajustez le trépied et la visée en direction du support prioritaire,
  • faites une mise au point sur ce support pour être plus réactif dès qu’un oiseau arrive,
  • vérifiez les réglages d’exposition : sensibilité, profondeur de champ, temps de pose.

Choisissez une grande ouverture pour bénéficier d’un bokeh harmonieux. Si votre objectif est plus piqué à f/5,6 qu’à pleine ouverture, fermez d’un cran. Les oiseaux sont très rapides, n’hésitez pas à caler votre temps de pose sur 1/500e de sec., sauf si vous souhaitez jouer avec le flou.

Pour résumer les réglages de départ : mode priorité vitesse (S), 1/500e de seconde minimum, ISO automatique plafonné à 3200 ou 6400 selon votre boîtier, ouverture maximale de votre objectif.

En cas de lumière hivernale faible, n’hésitez pas à monter à 1/800e ou 1/1000e si les ISO restent gérables. Un oiseau flou parce qu’il a bougé est une photo perdue. Un oiseau net avec un peu de grain reste exploitable.

Comment photographier les oiseaux à la mangeoire
la mésange bleue est très assidue à la mangeoire – photo (C) Stéphane Lebreton
1/500 sec. – f/5 – 100 ISO – 300 mm

À l’arrivée des oiseaux, ne vous précipitez pas, laissez les prendre confiance. Si vous devez bouger votre objectif, faites-le très lentement. Commencez par un premier déclenchement et observez la réaction. Lorsque la sérénité est revenue, recommencez. Petit à petit les oiseaux vont oublier ce bruit insolite et poursuivre leur activité.

Si vous utilisez un hybride Nikon Z, vous disposez d’atouts supplémentaires pour la photo d’oiseaux à la mangeoire. Activez l’obturation électronique silencieuse : aucun bruit de déclenchement, les oiseaux ne sont pas perturbés. Sur les boîtiers récents (Z6III, Z8, Z9), activez le mode Sujet : Oiseaux dans les réglages d’autofocus. Le boîtier détecte et suit automatiquement l’oiseau, y compris l’œil, dès qu’il entre dans le cadre.

Résultat : vous pouvez vous concentrer sur le cadrage et la lumière plutôt que sur la mise au point. En rafale silencieuse à haute cadence, vous multipliez les chances de capturer l’instant décisif, l’envol ou l’attitude caractéristique de l’espèce.

Photographier les oiseaux : les variantes

Certaines espèces aiment se nourrir au sol, comme les moineaux ou les pinsons. Ce peut être l’occasion d’essayer des prises de vue au ras du sol en utilisant la végétation du premier plan pour un effet de flou esthétique (en savoir plus avec le livre « les secrets de la photo d’animaux« ).

Comment photographier les oiseaux à la mangeoire
une prise de vue au ras du sol pour cette femelle pinson – photo (C) Stéphane Lebreton
1/200 sec. – f/5,6 – 320 ISO – 500 mm

D’autres espèces que les passereaux peuvent venir profiter de votre mangeoire : la tourterelle turque, le geai des chênes, le pic épeiche…

Le geai est très farouche : un silence absolu et une grande lenteur dans les gestes sont indispensables.

Pour le pic épeiche, vous pouvez installer un support vertical qui rappelle les branches mortes sur lesquelles il vient habituellement rechercher des larves d’insectes. Une astuce consiste à forer de petits trous dans la branche et à y déposer quelques graines à son intention durant les jours qui précèdent pour qu’il prenne l’habitude d’y venir.

Comment photographier les oiseaux à la mangeoire
le pic épeiche est aussi attiré par les graines de la mangeoire – photo (C) Stéphane Lebreton
1/1000 sec. – f/5 – 100 ISO – 220 m

Enfin, pour varier les attitudes, essayez les photos d’oiseaux en vol. Il vous faut alors anticiper l’arrivée de l’oiseau et ne pas hésiter à utiliser le mode rafale !

Quel objectif utiliser pour photographier les oiseaux à la mangeoire ?

Un 200 mm ou 300 mm suffit si vous pouvez vous approcher à 3 ou 4 mètres.
Un 70-300 mm polyvalent est un bon point d’entrée.
Si vous avez un 500 mm ou plus, vous pourrez rester plus loin et perturber moins les oiseaux. L’important est que l’objectif soit rapide à mettre au point : privilégiez les formules AF-S ou AF-P chez Nikon.

Peut-on photographier les oiseaux à la mangeoire toute l’année ?

La mangeoire est avant tout un outil hivernal, de novembre à mars. C’est aussi la période où les oiseaux sont les plus assidus et où la végétation dégagée facilite les prises de vue. En dehors de l’hiver, les oiseaux trouvent naturellement de quoi se nourrir et fréquentent moins la mangeoire.

Faut-il un trépied ou peut-on photographier à main levée ?

Le trépied est recommandé pour les longues séances d’affût : il évite la fatigue et permet de pré-cadrer sur le support. À main levée, un stabilisateur optique ou IBIS actif (sur les hybrides Nikon Z) compense les légères vibrations. Dans tous les cas, c’est la vitesse d’obturation qui fait la différence sur la netteté.

Comment éviter que les oiseaux s’enfuient au déclenchement ?

Laissez-les s’habituer à votre présence en plusieurs séances avant de commencer à photographier sérieusement. Évitez les mouvements brusques. Sur un hybride, l’obturation électronique silencieuse est un avantage décisif. Sur un reflex, le mode miroir relevé réduit les vibrations et le bruit de déclenchement.

Prêts pour la mangeoire et la photographie d’oiseaux ?

Photographier les oiseaux à la mangeoire est une façon aisée de photographier les passereaux en hiver. L’installation est simple et ne nécessite ni repérage chronophage, ni matériel spécifique. Un téléobjectif de longueur focale moyenne (200 ou 300 mm) peut suffire.

De nombreuses espèces peuvent fréquenter la mangeoire, vous permettant différents types de prises de vue.

Pour une fois en photo animalière, les déclenchements seront nombreux, alors prévoyez une carte mémoire suffisante et du temps pour faire le tri !

Vous pratiquez déjà la photo d’oiseaux à la mangeoire ou chez vous ? Quelle est la photo dont vous êtes le plus fier ?


Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

La fin de l’année a été riche en annonces chez les éditeurs de logiciels photos. Toutes ont en commun d’avoir été plus ou moins discrètement taguées « Intelligence Artificielle », à mi-chemin entre l’univers dystopique de la série Black Mirror et la promesse de nous libérer du temps pour plus de créativité.

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie, qu’en est-il vraiment, menons l’enquête.

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

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Cet article vous est proposé par Jacques Croizer. Déjà à l’origine de plusieurs articles sur Nikon Passion dont un sur l’IA pour les photographes, Jacques Croizer est surtout l’auteur d’un guide qui simplifie la technique photo au profit du plaisir de photographier, « Tous photographes, 58 leçons pour réussir vos photos« .

Intelligence artificielle et traitement de l’image (IA)

En poussant un peu loin le bouchon (de l’objectif), nous pourrions dire que le rêve de Leibniz est l’acte fondateur de l’intelligence artificielle : toute idée complexe peut être décomposée en idées plus simples, jusqu’à aboutir à une combinaison d’idées axiomatiques. (De Arte combinatoria – Leibniz 1666).

C’est plus sérieusement dans les années 50 qu’émerge l’idée qu’une machine puisse être capable de réaliser une tâche relevant jusqu’ici de l’intelligence humaine, par exemple tenir une conversation (test de Turing). Mais le chemin est long du projet à la chose.

Si une intelligence artificielle sait traduire d’une manière plus ou moins compréhensible la plupart des écrits de l’humanité, elle est encore très loin de pouvoir les résumer correctement, sans parler d’y ajouter la moindre page. L’intelligence humaine reste le carburant dont elle ne peut se passer. C’est sans doute pourquoi certains experts préfèrent parler d’intelligence augmentée que d’intelligence artificielle, remettant ainsi l’humain au cœur du processus de création.

Intelligence artificielle et création d’image

Qu’en est-il de l’image ? Un logiciel peut très facilement produire en quelques clics une illustration abstraite, mais imaginez-vous votre ordinateur capable de dessiner, ex nihilo, ne serait-ce que l’ébauche d’un portrait ?

Vraisemblablement oui, à en croire celui présenté à droite dans l’illustration ci-dessous… mais à vrai dire, ce visage n’est pas sorti de nulle part : le collectif Obvious, à l’origine de ce travail, a entraîné un algorithme à peindre, en utilisant pour base de connaissances une collection de portraits classiques, réalisés entre le XIVème et le XIXème siècle.

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

Edmond De Belamy (C) Obvious Art

L’algorithme se compose de deux réseaux de neurones artificiels : un générateur (le peintre) et un discriminateur (le critique d’art).

A mesure qu’il s’entraine, le générateur crée des images de plus en plus réalistes. Le discriminateur sélectionne parmi les œuvres ainsi produites celles qu’on ne saurait attribuer ni à un humain, ni à une machine. Dans cette présélection, les auteurs du logiciel (de vrais humains !) ont finalement choisi onze tableaux, constituant la généalogie imaginaire de la famille Bellamy.

La technologie (DCGAN) à la base de cet exploit est l’un des développements les plus récents de ce qu’il est convenu d’appeler « l’apprentissage profond » ou « deep learning » (à la base de la réduction de bruit DeepPRIME de DxO Photolab 4, voir plus bas).

Dans la phase d’apprentissage, le générateur est présumé pouvoir extraire de l’ensemble des œuvres qu’on lui a données à digérer une grammaire suffisante pour qu’il puisse à son tour créer de manière autonome de nouvelles toiles.

Le photographe passionné que vous êtes s’étonnera sans doute que cette grammaire ait pu si délibérément ignorer les règles basiques de composition : le personnage est placé très haut dans le cadre ! Peut-être est-ce lié au fait que les réseaux de neurones convolutifs du générateur analysent l’image en la découpant en fragments qui se chevauchent, donc sans jamais en avoir une vision globale ?

On préfèrera retenir que l’algorithme aurait pu tout aussi bien dessiner un mouton, une chaise ou une locomotive, ou tout simplement n’imprimer qu’une grosse tache multicolore. Il a pourtant bel et bien réalisé le portrait d’une personne qui n’existe pas ! C’est là l’exceptionnelle performance du procédé.

Pour la petite histoire, sachez que cette œuvre a été adjugée pour la modique somme de 432.500 $ ! Une question en passant : qui est l’auteur du tableau ? Le collectif qui a créé l’algorithme ou l’algorithme lui-même ? Ce dernier est-il seulement capable d’intention ?

IA et développement du fichier RAW

Exceptée la précédente expérimentation, la création d’image reste encore l’apanage des peintres et photographes. Les premiers interprètent à leur guise la réalité, tandis que les seconds, du moins dans leur rôle de témoin de notre temps, essaient de la retranscrire aussi fidèlement que possible.

Nos boîtiers ne fournissent malheureusement souvent que des images imparfaites. L’étape de développement du fichier RAW, à l’aide d’un logiciel spécialisé, est incontournable à qui veut magnifier sa production.

Bien qu’utilisant au maximum les Picture control (chez Nikon) à la prise de vue afin d’optimiser le développement de leurs fichiers RAW, beaucoup de photographes trouvent encore cette phase de travail trop chronophage. Où est le temps où ils se contentaient de prendre la photo, le tireur se chargeant ensuite de la retranscrire au mieux sur le papier ?

Si au moins leur logiciel de développement préféré était capable de restituer en un seul clic la réalité, libre à eux de tirer ensuite sur les curseurs pour aboutir à une version plus personnelle. Les photographes ne demandent pas à l’IA de créer une image, mais seulement de l’améliorer … automatiquement ! Facile ?

L’apprentissage profond (deep learning) sait se rendre utile sur des créneaux bien délimités : le service de généalogie myheritage propose par exemple un utilitaire de colorisation automatique de vos anciennes photos. D’après les indications du site « le modèle a été formé à l’aide de millions de vraies photos et a développé une compréhension de notre monde et de ses couleurs ». Le résultat, proche des cartes postales aux couleurs fanées de l’ancien temps, est impressionnant.

La piste est prometteuse, mais pour développer n’importe quel fichier RAW, une telle intelligence devrait au préalable être entraînée sur une très grande variété d’images parfaitement traitées, en se référant à une réalité qui n’est tout simplement pas mesurable. En l’absence de données d’apprentissage, il est clair que le deep learning ne nous sera d’aucun secours.

Les logiciels de post traitement utilisent donc des techniques d’intelligence artificielle qui ont fait leurs preuves depuis bien des années : comparez les résultats des corrections automatiques (tonalité, contraste et couleur) de la version actuelle de Photoshop CC avec ceux d’une version vieille de 10 ans : les différences sont marginales.

Ces traitements sont basés sur les statistiques élémentaires de l’image, en particulier sur les histogrammes de ses différentes couches. Les améliorations apportées à la plage tonale de l’image se font sans aucune contextualisation. C’est sans doute parce que le jeu n’en vaut plus la chandelle : les résultats obtenus sont suffisamment convaincants, en témoigne l’avant/après présenté ci-dessous.

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

Yéyette (f/5.6 à 1/250 s) photo (C) Philou

Mission accomplie aurions-nous tendance à penser… seulement voilà, la justesse de la correction dépend beaucoup des spécificités de la photo d’origine. En particulier, le traitement automatique des couleurs relève encore trop aujourd’hui de la loterie, lorsque la prise de vue s’éloigne un peu des standards.

Quoiqu’il en soit, il n’y a pas de quoi fouetter un chat, comme le disait Yéyette, ni bien sûr de quoi faire apparaitre si soudainement le tag « intelligence artificielle » dans les arguments de vente de ces logiciels. Alors ?

IA et post traitement spécifique

Nous avons vu que les réseaux de neurones convolutifs ont encore un peu de mal à générer une image complexe. Ils sont par contre passés maîtres dans l’art de les classer.

L’exemple du Challenge ILSVRC est parlant. Les logiciels participants au challenge sont entraînés en mode supervisé sur une base d’apprentissage de 1.200.000 illustrations labellisées : parmi 1.000 références possibles, on indique pour chaque image le sujet qu’elle contient, avion, voiture, personne, etc. Les logiciels doivent ensuite reconnaitre ces objets dans 50.000 images qu’ils n’ont jamais vues auparavant.

En 2010, le taux d’erreur était de 28 % : une image sur 4 était mal reconnue. Les progrès du deep learning ont été si rapides qu’en 2015, le taux d’erreur de l’algorithme avait chuté en dessous de celui obtenu par des humains (< 5%). Relativisons toutefois la performance : nous sommes capables de reconnaitre bien plus que 1.000 catégories d’objets !

Une fois encore, il suffit de réduire le périmètre d’apprentissage à un contexte particulier pour obtenir des performances pour le moins bluffantes. L’application Plantnet est ainsi capable de reconnaitre une plante parmi près de 30.000 espèces, après que vous l’ayez simplement photographiée avec votre smartphone. Qui dit mieux ?

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

Cyclamen (f/3.5 à 1/320 s – 105 mm Nikon) photo (C) J. Croizer

Luminar AI (Artificial Intelligence) s’auto décrit comme étant « le premier logiciel de retouche photo entièrement optimisé par intelligence artificielle ». Il utilise cette faculté de classification automatique pour proposer des traitements adaptés à chaque sujet.

Par exemple, le logiciel identifie automatiquement la photo ci-dessous comme étant celle d’un paysage. A partir de son fichier RAW un peu tristounet, il suggère plusieurs développements. Le module « correction rapide » délivre une image très réaliste. Le module « coucher de soleil » éclaircit l’image et en renforce les teintes chaudes. Le module « chutes de neige » fait ressortir la texture de la neige et la blanchit.

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

Jura (f/5.6 à 1/40 s) photo (C) J. Croizer
de 
gauche à droite et de haut en bas :
photo originale – correction rapide – coucher de soleil – chutes de neige

Ces modules agissent comme des modèles (effets prédéfinis) spécialisés. Certains donnent parfois des résultats un peu ésotériques, mais l’utilitaire d’édition permet de revenir finement sur les réglages en agissant sur les curseurs habituels (température de couleur, exposition, contraste, …) ou en jouant sur des notions plus contextuelles (brume, heure dorée, …). Lorsque le logiciel détecte que la photo est un portrait, il modifie ses propositions : Fashionista, Sublime, Rembrand… les styles prédéfinis (aux noms français parfois folkloriques…) ne manquent pas.

Plus intéressant, le module FaceAI détecte automatiquement le visage, en isole les yeux, les dents, les lèvres, la peau, et propose pour chaque partie des traitements adaptés. C’est sur ces aspects que le logiciel fera gagner le plus de temps, puisqu’il évite d’avoir à faire de fastidieuses sélections de zones. Notons qu’une fois classée l’image ou isolés certains de ces éléments, on retrouve dans l’utilitaire d’édition les techniques implémentées depuis déjà longtemps dans ce type de logiciel, ce qui n’enlève rien à ses qualités.

Pour aller plus loin dans l’analyse, il faudrait connaitre plus précisément les algorithmes de machine learning utilisés. Les éditeurs en gardent jalousement les secrets en ne communiquant que sur les résultats… et c’est bien naturel ! La mécanique mise en œuvre par l’étonnant outil « remplissage d’après le contenu » de Photoshop CC risque d’attiser longtemps la curiosité des développeurs.

Un bruit qui court

L’intelligence artificielle était donc finalement déjà présente depuis longtemps dans nos logiciels de post traitement, mais elle ne disait pas son nom. Ses derniers développements ont permis de proposer de nouvelles fonctionnalités spectaculaires, sans pour autant vraiment optimiser le temps de traitement des fichiers RAW. La quête de l’outil idéal risque d’être encore longue, mais ne boudons pas notre plaisir : si l’assistance à la conduite n’est pas la conduite autonome, elle procure néanmoins un confort d’utilisation très appréciable. A nous de débusquer dans toutes ses innovations celles qui nous seront vraiment utiles.

Prenons l’exemple d’un photographe qui travaillerait beaucoup avec des sensibilités élevées. Il ne pourra qu’être séduit par la dernière version du logiciel DxO Photolab 4. Depuis 2003, cette société teste des boitiers en photographiant dans son laboratoire des mires calibrées. Ces clichés, réalisés pas à pas sur toute la gamme de sensibilités du boitier, ont été conservés depuis l’origine, constituant un remarquable corpus d’apprentissage. Il a été mis à profit pour entrainer un module capable de réaliser simultanément le dématriçage et le débruitage des fichiers RAW pris en charge.

Les étonnantes capacités des réseaux de neurones convolutifs ont permis d’atteindre des résultats exceptionnels. Rappelons toutefois que ces puissants outils n’ont rien de la baguette magique d’Harry Potter. Mal entraînés, ils peuvent rapidement faire fausse route. L’erreur la plus fréquente est le surapprentissage : l’algorithme fonctionne parfaitement sur les images qui lui ont permis d’apprendre (c’est la moindre des choses !) mais il disjoncte dès qu’on lui présente une nouvelle image.

S’il est vrai que le fonctionnement des réseaux de neurones est comparable à celui de notre cerveau, il ne faut y voir qu’une mécanique en attente de l’artiste qui saura en agencer les couches et en régler les hyperparamètres, sous peine d’obtenir des résultats très aléatoires. Coup de chapeau donc aux analystes de données qui ont travaillé sur Photolab 4 pour nous proposer un résultat aussi abouti.

Plus que des mots, un exemple d’utilisation de la technologie DeepPrime de Photolab 4 devrait vous convaincre de ses capacités. La photo ci-dessous a été prise en 2006 au format RAW avec un Nikon D70, premier reflex numérique grand public de Nikon. Son logiciel de dématriçage était à l’époque « Capture NX2 ». Pour les besoins du test comparatif, le fichier a successivement été traité avec NX2 V2, puis Photolab 4. 12 années séparent ces deux logiciels.

Intelligence Artificielle et traitement de l’image en photographie

Les 7 péchés capitaux (f/2.8 à 1/80 s) photo (C) J. Croizer

Dans la version Photolab, les teintes sont plus nuancées. Elles sont aussi plus détaillées dans les zones les plus saturées. Le bruit est très fortement atténué, sans pour autant lisser l’image. Voilà de quoi repousser les limites de nos appareils.

L’Intelligence artificielle en traitement d’image et photographie : en conclusion

Si l’intelligence artificielle est encore beaucoup utilisée comme un argument commercial, il apparait néanmoins que les avancées sont réelles dans les logiciels de post traitement.

Vous doutiez encore de l’utilité des fichiers RAW ? Souvenez-vous qu’on y enregistre une seule donnée : la vérité, autrement dit la lumière renvoyée par la scène originale.

Nul doute que dans quelques années, vos logiciels préférés auront encore fait des progrès très impressionnants dans l’exploitation de cette information et qu’ils seront capables de magnifier vos archives. Alors surtout… gardez précieusement vos vieux RAW !

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Photographier ce que les autres ne voient pas avec Michael Freeman

Vous faites de bonnes photos mais elle pourraient vous plaire encore mieux. Vous trouvez que vos photos sont celles qu’un autre photographe ferait s’il était au même endroit au même moment. Vous n’arrivez pas à photographier ce que les autres ne voient pas. C’est ce que Michael Freeman vous propose d’apprendre dans cet ouvrage atypique par rapport à ses autres livres.

Photographier ce que les autres ne voient pas avec Michael Freeman

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Photographier ce que les autres ne voient pas : présentation

Si vous lisez mes chroniques de livres photo, vous connaissez mon attrait pour les ouvrages de Michael Freeman. Ils m’ont appris beaucoup, rencontrer et interviewer Freeman lors du salon de la photo 2019 reste un grand moment dans mon parcours de photographe.

Michael Freeman a pour habitude de proposer des livres grand format, dans lesquels il traite d’une démarche photographique précise, par exemple comment capturer la lumière ou quel esprit avoir. Il vous fait vous poser les bonnes questions. Il s’agit d’apprendre la photographie sous un angle créatif plus que technique.

Dans ce livre, Freeman aborde une thématique moins courante. Il vous incite à photographier ce que les autres ne voient pas, donc à trouver une approche différente, personnelle. Ici pas de problématique photo reposant sur une technique, mais une réflexion sur l’approche du sujet.

Il s’agit de prendre les photos que les autres ne feront pas et de faire reposer votre démarche entièrement sur la possibilité d’accéder à ce que vous avez photographié.

Comment y arriver ? C’est ce que l’auteur vous explique tout au long des cinq chapitres de ce livre, dont l’esprit se rapproche de celui de David duChemin L’âme d’une image.

Photographier ce que les autres ne voient pas avec Michael Freeman

Être au bon endroit au bon moment

Vous devez avoir une longueur d’avance. Toujours. Il s’agit de savoir à l’avance ce que vous allez photographier, ce que vous pourriez photographier dans un lieu bien précis.

Il s’agit d’être toujours prêt, de connaître les règles de base en photographie, de savoir prérégler votre appareil photo, d’être aux aguets.

L’auteur vous explique comment savoir revenir en un même lieu, comme bien vous entourer lorsque c’est nécessaire. Ce que font les reporters photographes lorsqu’ils font appel à un guide.

Faire connaissance avec votre sujet

Vos meilleures photos ne sont pas celles que vous faites avec un megazoom, sans que votre sujet ne le sache. Prenez le temps de parcourir ce second chapitre si c’est votre pratique actuelle.

Rappelez-vous que vos sujets n’ont aucune obligation d’accepter que vous les preniez en photo. Freeman vous explique alors comment prendre soin de votre sujet, comment faire sa connaissance chaque fois que c’est nécessaire. Ceci ne concerne pas que les sujets humains.

En cette période de confinements et autres couvre-feux, Freeman vous livre les bonnes pratiques pour photographier ceux que vous connaissez le mieux, vos proches, votre famille.

Photographier ce que les autres ne voient pas avec Michael Freeman

Ce qui est valable chez vous l’est ailleurs, vous découvrirez comment approcher un sujet lors d’un voyage à l’autre bout du monde (bientôt) ou à l’autre bout de votre pays.

Photographier ce que les autres ne voient pas : vous mettre en immersion

Beaucoup de photographes amateurs n’osent pas. N’osent pas s’engager, passer du temps à prendre une photo. Vous vous reconnaissez ? Ils n’osent pas avoir confiance en eux. Ils n’osent pas prendre le temps d’observer. Vous vous reconnaissez encore ?

Photographier ce que les autres ne voient pas avec Michael Freeman

Freeman vous explique comment vous mettre en immersion. Pas sous l’eau (bien que …), pas forcément passer beaucoup de temps très loin de chez vous, mais prendre le temps de découvrir un environnement, de le comprendre, avant de faire vos photos. Vous verrez que vous pouvez vous mettre en immersion dans votre jardin, le résultat pourrait vous surprendre.

Accepter un apprentissage profond

Vous pensez comme moi que seul le travail paye ? Que tout faire à la va vite n’est pas la solution ? Alors plongez vous dans ce chapitre quatre. Vous allez comprendre comment travailler votre pratique photographique, comment développer votre savoir, trouver vos repères dans un domaine photographique précis.

Vous comprendrez pourquoi connaître un sujet est essentiel, pourquoi connaître la technologie, au moins un minimum est essentiel aussi.

Chercher et trouver l’impensable

Vous pensez que pour être un photographe créatif il faut atteindre la perfection ? C’est faux. Consultez le chapitre cinq et vous découvrirez qu’oublier la perfection peut-être un facteur de succès.

Vous comprendrez pourquoi certains photographes célèbres n’ont jamais cherché la perfection, tel Joel Meyerowitz qui nous dit que « l’ambiguïté est l’essence de la photographie, que c’est son mystère et son cadeau ».

Freeman vous explique comment penser un projet personnel ou comment créer votre univers, et explorer ainsi votre identité.

Photographier ce que les autres ne voient pas avec Michael Freeman

Mon avis sur « Photographier ce que les autres ne voient pas »

Je mentirais en disant que je suis objectif lorsqu’il s’agit de chroniquer les livres de Michael Freeman. Je ne le suis pas car j’ai un attrait particulier pour ce photographe, qui m’a beaucoup apporté et continue à le faire.

Ce nouveau livre se positionne à part dans la démarche de Freeman. Il ne consiste pas à vous expliquer comment appliquer les bonnes pratiques photographiques sur le terrain. Il s’intéresse plutôt à la démarche que vous allez devoir mettre en œuvre.

Une démarche personnelle, en travaillant sur vous-même, votre parcours, vos envies.

Une démarche créative aussi, en travaillant sur vos sujets, votre environnement, les conditions de réalisation de vos photos.

C’est un petit format à l’inverse des autres livres de l’auteur. J’apprécie cette compacité car ce livre représente pour vous (comme pour moi) un support de réflexion et pouvoir le glisser dans un sac pour l’avoir avec soi est un avantage.

À qui s’adresse ce livre ?

Ce livre s’adresse en priorité au photographe désireux de passer du statut de bon photographe au statut de photographe créatif.

Il s’adresse aussi au photographe amateur qui possède de bonnes bases en photographie, mais manque d’une approche plus personnelle.

Il s’adresse enfin au photographe expert, voire professionnel, qui souhaite aller plus loin dans son travail d’auteur. Développer un projet personnel, développer son style.

Si vous vous reconnaissez, sachez qu’il vous en coûtera la modique somme de 19,90 euros et que la couverture rigide et la qualité d’impression vous permettront d’avoir toujours ce livre avec vous.

Mon premier Best Of de l’année 2021 est disponible, il vous attend !

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Comment faire des photos créatives : tourner autour du sujet

Pour faire des photos créatives, vous n’avez pas toujours besoin d’un nouvel appareil photo ou d’un nouvel objectif. Si vous avez déjà l’un et l’autre, il vous suffit d’identifier ce que vous voulez photographier et de tourner autour du sujet.

Plutôt que de vous proposer une longue théorie sur la créativité en photo, j’ai choisi de partager une série d’images faites sur l’île Madame, sur la côte atlantique. Je vous les présente en vous expliquant, comme si vous étiez à côté de moi,  comment j’ai abordé le sujet, pourquoi et comment j’ai tourné autour, et comment je suis arrivé à ces résultats.

Comment faire des photos créatives : tourner autour du sujet

Qu’est-ce que des photos créatives ?

Vous pensez peut-être que vous n’êtes pas créatif. Que vous faites des photos correctes mais pas assez intéressantes. Que vous ne pourrez jamais faire des photos créatives. C’est faux.

Une photo créative, originale, n’est rien d’autre qu’une photo qui attire le regard du spectateur. Elle a quelque chose de particulier, qui interpelle, qui traduit une émotion, une envie, qui donne du plaisir. Cela s’apprend.

Faire des photos créatives c’est avoir en tête ces critères, avant de déclencher, comme après avoir déclenché puisque le travail du photographe ne s’arrête pas à la prise de vue.

Identifier un sujet qui vous plaît

Pour faire des photos créatives, il vous faut un sujet. Pas n’importe lequel : un sujet qui vous plaît.

Si ce que vous photographiez ne vous plaît pas, il y a peu des que cela ne plaise pas aux autres non plus. Si cela vous plaît et que ça ne plait pas aux autres, ce n’est pas grave, vous faites de la photo pour vous avant tout (je considère que vous ne répondez pas à une commande précise).

Je vois trop de photos pour lesquelles le sujet ne saute pas aux yeux. Parfois il y a même plusieurs sujets, et mon œil ne sait plus sur lequel se porter. Ces photos ne sont pas inintéressantes, mais l’ensemble est confus, le cadre est chargé, c’est perturbant. Ce qui perturbe éloigne le spectateur.

Remplir votre cadre avec un unique sujet est toujours une meilleure approche si vous ne maîtrisez pas la composition.

Faire une première image en plan large

Comment faire des photos créatives : tourner autour du sujet

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 39 mm -1/1600 sec. – f/8 – ISO 100

Sur cette première photo, je suis assez loin du sujet. Je ne respecte d’ailleurs pas la règle énoncée ci-dessus : il y a deux sujets, deux cabanes de pécheurs, les carrelets de l’île Madame.

C’est une première approche, je ne retiendrai pas cette photo, mais elle m’a permis de prendre position.

Lorsque vous aborder votre sujet, il est important de faire de telles photos, même si vous savez que vous ne les retiendrez pas. C’est un échauffement, une façon d’appréhender le sujet alors même que vous n’en avez pas encore fait le tour.

Je n’ai pas traité cette photo sachant que je ne la conserverais pas, inutile de perdre du temps.

Tourner autour du sujet, un côté …

Comment faire des photos créatives : tourner autour du sujet

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 70 mm -1/1600 sec. – f/8 – ISO 100

Réalisant que deux carrelets, c’était un de trop, je me suis décalé. J’ai alors pu cadrer une seule cabane, la mettre en valeur par rapport au ciel et à l’horizon, sans négliger les détails : les piliers en bois, quelques rochers dans l’eau, et des fils qui partent de la cabane vers le sol.

Cette image est déjà plus intéressante, elle concentre le regard sur la cabane tout en le laissant s’échapper au loin sur l’horizon, grâce a une lumière très présente.

… puis l’autre

Comment faire des photos créatives : tourner autour du sujet

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 34 mm -1/640 sec. – f/8 – ISO 100

Quelques dizaines de mètres peuvent tout changer. Pour cette troisième vue, je suis passé de l’autre côté de la cabane. La lumière est très différente, l’horizon aussi, vous pouvez voir l’arrière de la cabane.

L’escalier, bien visible, nous mène à la cabane qui nous mène elle vers l’horizon. Lors du post-traitement j’ai ajusté les tons bleus en travaillant en particulier sur le bleu plus sombre de la cabane et le bleu du ciel.

Cette photo me plaît mieux que la précédente, son sens de lecture est plus naturel. Le regard part de la gauche, va vers le centre puis la droite avant de revenir sur la gauche. C’est le sens de lecture habituel dans notre culture occidentale.

S’éloigner

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 24 mm -1/640 sec. – f/8 – ISO 100

A part en photo de portrait, j’ai pour habitude de me méfier des plans trop serrés. Lorsque je fais des photos de nature, de paysages, j’apprécie de montrer le sujet dans son contexte.

Pour cette nouvelle vue, j’ai reculé sur le chemin, en suis même sorti, de façon à inclure au premier plan la végétation. Cela m’a permis d’introduire une touche de vert dans l’image, une couleur qui contrebalance le bleu de la cabane et du ciel, très présent.

Vous remarquez au passage la forme très particulière du nuage sur la droite, ce n’est pas une retouche, c’est bien le nuage tel que je l’ai vu.

Je préfère cette photo à la précédente, pour le contexte, le traitement des couleurs, la lumière. Avec le recul, j’aurais dû me décaler pour que le bas de la cabane ne soit pas aligné sur la ligne d’horizon, pour qu’il s’en détache afin de créer une bande de contraste entre ciel et terre. Cela aurait apporté un arrangement plus attirant.

Pour tourner autour du sujet, zoomez avec vos pieds

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 70 mm -1/640 sec. – f/8 – ISO 100

Nouvelle image et nouveau cadrage. Ici je me suis approché de la cabane, j’ai « zoomé avec mes pieds ». Disposant d’un NIKKOR Z 24-7 mm f/4.0 sur mon Nikon Z 6, je ne pouvais pas trop agrandir mon sujet en tournant la bague de zoom. C’est un mal pour un bien, zoomer avec vos pieds est une meilleure façon de procéder.

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 70 mm -1/500 sec. – f/8 – ISO 100

L’image suivante met en valeur la belle structure en bois de l’escalier et des piliers. C’est une image sans grand intérêt,  documentaire tout au plus. Elle satisfera les charpentiers et les pécheurs mais un peu moins les amateurs de photos créatives.

Remarquez les personnes sous la cabane, c’est ce qui va m’intéresser pour la suite de cette série.

Attendre qu’il se passe quelque chose

« Photographie » devrait rimer avec « patience ». Tourner autour du sujet est une chose, attendre qu’il se passe quelque chose en est une autre.

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 43 mm -1/640 sec. – f/8 – ISO 100

Ayant vu ces personnes à proximité sur le rivage, j’ai patienté quelques minutes. Elles se sont alors déplacées vers la cabane, mais comme vous le voyez sur la photo précédente, elles se sont placées derrière les piliers.

J’ai changé à nouveau de position, je suis revenu sur le côté gauche de la cabane. J’ai alors pu inclure ces gens dans mon cadre sans que les piliers ne les masquent.

La composition est plus intéressante, avec cette longue avancée de l’escalier vers la cabane et cette structure en bois très présente au centre du cadre, renforcée par un léger vignettage en post-traitement. Toutefois la taille des personnages ne me satisfait pas. Ils occupent trop peu d’espace dans la photo, ne sont pas assez visibles, ils perdent leur l’intérêt. Une autre photo que je ne garderai pas.

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 70 mm -1/800 sec. – f/8 – ISO 100 -1/3 Ev

Pour cette dernière image en plan encore assez large, j’ai resserré le cadre autour de la cabane et des personnes à ses pieds. Celles-ci sont plus visibles, positionnées dans la forme triangulaire créée par les piliers de soutien de la cabane.

J’aurais toutefois préféré que ces personnes se déplacent sur la partie gauche du rivage, elles auraient alors constitué un élément complémentaire à la cabane et rééquilibré cette zone de la photo.

Pourquoi les gens ne font jamais ce que vous voudriez qu’ils fassent ! J’ai attendu quelques minutes supplémentaires en vain, pas moyen d’arriver à mes fins.

Au final, cette autre photo du même sujet est intéressante mais n’est pas ma préférée, bien que j’apprécie d’avoir un élément humain dans chacune de mes photos.

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 68 mm -1/250 sec. – f/22 – ISO 280 -1/3 Ev

Puisque les personnages ne voulaient pas se déplacer, c’est moi qui l’ai fait. J’ai reculé, me suis baissé, j’ai alors pu intégrer dans le cadre, au tout premier plan, quelques plantes. Cette touche de couleur, nette, tandis que la cabane est plongée dans le flou de profondeur de champ, donne un aspect très différent à la photo.

Je vous parlais du choix du sujet en introduction, vous voyez ici qu’il y a eu inversion. Mon sujet, la cabane, est évoqué alors que la netteté est calée sur le massif de plantes au premier plan. Votre sujet ne doit pas forcément être net pour être perçu comme tel.

Au post-traitement, j’ai augmenté clarté et accentuation pour mettre en évidence les couleurs des plantes au premier plan. Cela crée un contraste visuel avec le bleu plus sombre de l’arrière-plan.

Prendre du recul et contextualiser

Carrelet sur l'île Madame

Nikon Z 6 + NIKKOR Z 24-70 mm f/4 – 32 mm -1/1000 sec. – f/8 – ISO 100

Pour cette dernière photo de la série, j’ai choisi de tourner autour du sujet en prenant du recul, en intégrant dans mon cadre à la fois mon sujet, la cabane, une personne se trouvant à proximité, et le chemin sur lequel je me trouvais.

Le ciel occupe une place importante, un nuage qui passait par là est même venu apporter une touche de graphisme inattendue dans le ciel.

Lors du traitement de la photo, j’ai accentué l’ensemble, renforcé les couleurs pour avoir des teintes plus chaudes au premier plan. J’ai conservé le bleu du ciel sans négliger mon joli nuage blanc.

Au final c’est cette photo que je garderai pour illustrer les cabanes de l’île Madame. C’est celle qui donne, pour moi, la meilleure dimension du sujet (l’élément humain donne l’échelle), le place dans son contexte, au bord d’un chemin et de l’eau. C’est le souvenir que j’ai gardé de ce lieu.

Tourner autour du sujet ? A vous !

En conclusion, je voudrais vous inciter à ne pas vous contenter de faire une unique photo de vos sujets. Sachez que les photographes spécialistes des cartes postales en ont fait plein avant de faire la bonne, pourquoi vous la feriez du premier coup ?

Lorsqu’un sujet vous attire prenez votre temps, soyez patient. Tournez autour, déplacez-vous, baissez-vous (l’écran inclinable de votre appareil photo vous aidera), zoomez avec vos pieds. Cherchez ce qui peut avoir de l’intérêt au-delà même du sujet.

Contextualisez. N’hésitez pas à inclure un élément humain lorsque c’est possible.

Pensez aussi à finir le travail en traitant vos photos afin de leur donner le rendu qu’elles méritent.

Faire des photos créatives, c’est tout cela à la fois.

Je suis curieux d’avoir votre avis, que pensez-vous de cette approche ? Commenter ainsi une série de photos vous intéresse ?


Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S : il frôle la perfection

Après quelques jours passés sur le terrain pour vous proposer ce test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S, je partage mon avis et quelques images réalisées avec le zoom téléobjectif à grande ouverture constante de la gamme NIKKOR Z.

Cet objectif était très attendu et pour cause : la monture Z nous a habitués à des performances excellentes, c’est le seul téléobjectif Z natif dans la gamme en attendant le NIKKOR Z 200-600 mm, sa grande ouverture constante f/2.8 ravit les portraitistes comme les photographes de sport, de même que les vidéastes et cinéastes qui voient là une belle alternative aux coûteuses optiques cinéma.

Qu’en est-il en pratique ? Voici ce que j’en pense après ce test en situation réelle de prise de vue sur un Nikon Z 6 série 1.

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S : il frôle la perfection

Cet objectif au meilleur prix chez miss Numerique

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S : contexte

Tester une telle optique pro dans des conditions suffisamment pertinentes pour en tirer un verdict tout aussi pertinent n’est pas chose aisée (lire « il manquera toujours une photo bien précise pour illustrer un point bien précis).

Tous les téléobjectifs récents à ouverture f/2.8 sont excellents, qu’ils soient proposés par Nikon en monture reflex ou par les opticiens indépendants tels Tamron et Sigma (voir la liste complète des objectifs NIKKOR Z).

Tous les NIKKOR Z sont excellents, y compris le récent NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR.

Difficile donc de chercher la petite bête sauf à passer l’objectif sur un banc de test optique, ce qui n’est pas le but d’un test terrain. Je préfère l’utiliser en conditions réelles et vous dire ce que j’en ai pensé.

Ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S est annoncé par Nikon comme le « meilleur des meilleurs » de sa catégorie, pensé pour le grand diamètre de la monture Z et les particularités de l’hybride (voir la présentation officielle).

J’ai donc pris quelques jours pour m’évader avec lui et profiter du vent, du sable, des éclaircies et des orages (!) de la plage de Berck. Je l’ai aussi utilisé en ville pour des séances de portraits urbains. Deux situations qui m’ont permis de me faire un avis sur la qualité d’image, mais aussi et surtout sur la facilité d’utilisation de ce zoom, son encombrement, son poids, ses performances globales.

Présentation

Ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S est le dernier né d’une longue lignée de zooms téléobjectifs à ouverture f/2.8 chez Nikon. Le premier AI-S Nikkor 80-200 mm f/2.8 est apparu en 1978, suivi de plusieurs 80-200 manuels et autofocus, puis des trois AF-S 70-200 mm f/2.8 dont l’actuel Nikon AF-S NIKKOR 70-200 mm f/2.8E FL ED VR.

Ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S est dédié à la monture Z et ne se montera pas sur votre reflex en monture F. Il a plusieurs particularités dont une distance de mise au point minimale de 0,5 m à 70 mm et 1 m à 200 mm (1,1 m partout pour le modèle AF-S).

NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S : l’objectif sur Nikon Z 6

Conçu par les opticiens Nikon pour offrir la meilleure qualité d’image possible, ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S n’est ni plus léger ni plus compact que le précédent AF-S, avec une longueur de 220 mm (202 mm pour l’AF-S) et un poids de 1.437 gr. (1.425 pour l’AF-S).

Notez toutefois que la version AF-S montée sur un hybride Nikon Z impose l’utilisation de la bague FTZ qui ajoute quelques cm et grammes à l’ensemble. Match nul au final, la différence en encombrement et poids ne sera pas sensible.

Comparaison NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 vs. AF-S Nikkor 70-200 mm f/2.8

Comparaison NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 en haut
vs. AF-S Nikkor 70-200 mm f/2.8 VR II en bas

Prendre en main le NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S c’est retrouver les caractéristiques d’un NIKKOR Z :  un design identique à l’ensemble de la gamme NIKKOR Z, une sobriété propre à Nikon,  de nombreux contrôles à accès direct (touches de fonction, écran OLED, commutateurs).

Pas de comparaison possible avec le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 testé en même temps, nous sommes bien en présence d’un objectif pro quand le 24-200 mm est plus orienté grand public (ce dernier n’est pas siglé S).

Ne voyez pas dans le fait que ce téléobjectif soit fabriqué en Thaïlande le signe d’une qualité de construction moindre, les standards Nikon sont les même quel que soit le pays. Délocaliser la production permet par contre à la marque de réduire les aléas liés aux événements climatiques et industriels au Japon.

À qui se destine ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S ?

Depuis que les zooms à ouverture f/2.8 existent, ils font le bonheur des portraitistes qui adorent leur plage focale couplée à une grande ouverture favorisant le bokeh. La transition net-flou est progressive, le piqué de l’image excellent.

Les photographes de sport et d’action apprécient le 70-200 mm f/2.8 pour son rapport « plage focale/encombrement ». Loin d’être aussi imposant qu’un 400 ou 500 mm, ni aussi lourd et surtout aussi cher, le 70-200 mm f/2.8 s’accommode très bien d’un convertisseur de focale Nikon TC-14x ou TC-20x, le TC-20x fait de lui un 140-400 mm f/5.6.

Le zoom idéal pour tous les jours quand on est photographe de sport, plus performant et compact que les 150-600 mm dont l’ouverture maximale est inférieure.

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S – ISO 100 – 1/2000 ème sec. – f/2.8 – 200 mm
Appréciez la finesse des grains de sable près de la roue (sur la version en pleine définition, voir plus bas)

Ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S ne se limite pas à ces deux pratiques, il vous servira chaque fois que vous avez besoin d’un téléobjectif capable de produire des images de grande qualité y compris quand la lumière manque. Comparez-le au NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 et vous verrez que la différence de 2 Ev 1/3 d’ouverture à 200 mm (f.2.8 vs. f/6.3) fait la différence. A 70 mm c’est encore 1 Ev 1/3 à son actif.

Complétant la trilogie des zooms pros à grande ouverture, ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S devrait donc rejoindre les NIKKOR Z 14-24 mm f/2.8 S et NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 S dans le sac de ceux qui peuvent s’offrir le trio.

Qualité de construction

Vous attendez d’un zoom pro qu’il ne faiblisse jamais sur le terrain, qu’il résiste à tous les environnements, qu’il vous accompagne sur la durée. Nikon a bien fait les choses une nouvelle fois, mêlant habilement ce qui a fait le succès des précédents 80-200 et 70-200 mm f/2.8 en version F et la construction moderne des NIKKOR Z.

Collier de pied, fixation du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Collier de pied démontable du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S
Notez les touches L-Fn2 entre les deux bagues

Joints d’étanchéité, alliage de magnésium, commutateurs regroupés près de la monture,  écran de rappel OLED, collier de pied démontable, tout sent bon une construction à laquelle la marque japonaise nous a habitués. Ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S est aussi bien construit que l’AF-S 70-200 mm f/2.8E FL ED VR dont la robustesse ne souffre d’aucune critique.

Prise en main

Un 70-200 mm f/2.8 demande de l’attention. Pourvu de nombreux contrôles sur le fût (deux boutons de fonction, trois bagues, un écran de rappel, deux commutateurs), il vous faut prendre le temps d’associer les bons réglages aux bons contrôles pour que l’objectif réponde à vos attentes.

Le commutateur A-M propose une position A (autofocus) avec retouche manuelle du point avec la bague de mise au point. La position M permet la mise au point manuelle assistée du focus peaking dans le viseur des Z.

Le commutateur Full / ∞ – 5m délimite la plage de distance sur laquelle l’autofocus va travailler. Calée sur Full par défaut, l’autofocus assure la mise au point de la distance minimale à l’infini. Sur la position ∞ – 5m la détection AF est assurée de 5 m à l’infini uniquement afin d’éviter à l’autofocus de se caler sur un sujet trop proche qui entrerait dans le champ bien que n’étant pas votre sujet.

NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S lentille frontale

NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S : la première bague … n’en est pas une
Juste derrière se trouve la large bague de zoom

La fausse bague frontale est en fait un élément facilitateur de la prise en main, il ne tourne pas mais permet de mieux tenir l’objectif si vous appréciez la position main en avant.

La plus large des deux vraies bagues, située sur le devant de l’optique, est la bague de zoom. Sa position en avant de la bague de mise au point fait toujours débat depuis la sortie du modèle AF-S 70-200 mm f/2.8E FL ED VR.

J’avoue préférer sa position initiale, au plus près du boîtier, car c’est la bague que je tourne le plus souvent et je la prends ainsi mieux en main. C’est personnel, vous trouverez autant de gens préférant la position actuelle.

La bague de mise au point n’appelle pas de commentaire, comme la bague de zoom elle est ajustée à la perfection, le mouvement n’a aucun jeu, c’est précis, rapide, agréable, pro.

La troisième bague est la bague personnalisable, plus proche du boîtier, dont nous avons l’habitude sur les NIKKOR Z. Attribuez-lui le réglage de votre choix (la correction d’exposition en ce qui me concerne).

Commandes du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Commandes du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Le tableau de bord du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S ne serait pas complet sans les touches de fonction.

L-Fn autorise le choix d’un premier réglage personnalisé (depuis le menu du boîtier) tandis que les 4 boutons L-Fn2 situés autour de la bague de zoom assurent tous le même réglage : vous attribuez par exemple le réglage de Focus-Lock dans les menus à cette touche Fn2 et chacun des 4 boutons répercute ce réglage. Situés de façon concentrique autour de l’objectif, ils vous permettent d’avoir toujours un contrôle du bout du doigt quelle que soit la position de votre main.

Afficheur OLED du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Afficheur OLED du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S : focale, ouverture, distance de mise au point

Enfin, tout comme sur les autres NIKKOR Z f/2.8, l’écran OLED sur l’objectif vous renvoie la valeur de focale, d’ouverture ou de distance de mise au point sélectionnée, faites votre choix. Cet écran vous évite d’avoir recours à l’écran supérieur des Z 6 et Z 7, ou l’écran arrière du Z 5 dépourvu d’écran supérieur.

En pratique l’ensemble est assez déroutant de prime abord si vous n’avez jamais utilisé un zoom téléobjectif f/2.8 mais vous en prendrez vite l’habitude ! Les utilisateurs des versions AF-S seront en terrain de connaissance.

Enfin l’objectif ne s’allonge pas lorsque vous passez de 70 à 200 mm, une caractéristique des modèles Nikon f/2.8. Ceci lui permet de garder le même encombrement, de ne pas modifier la distance lentille frontale/sujet, d’être plus étanche.

Autofocus

Vous vous doutez que c’est là où l’on attend ce zoom car qui dit téléobjectif f/2.8 dit :

  • sport et action, donc mise au point rapide et précise,
  • portrait donc mise au point précise et stable.

A la différence des versions AF-S pour reflex, ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S s’en remet en grande partie au module autofocus du boîtier, tout en proposant une motorisation multi-groupes apparue sur les optiques de la série Z.

Cette motorisation met en œuvre deux unités de moteurs pas à pas synchronisées, dans l’objectif, afin de garantir une grande précision et une vitesse de calage très rapide.

Doubler la motorisation permet de déplacer plus vite des lentilles plus lourdes et nombreuses que dans une focale fixe comme le NIKKOR Z 24 mm f/1.8 S. L’autofocus multi-groupes est de plus très silencieux, ce que les vidéastes apprécieront.

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S – ISO 100 – 1/4000 ème sec. – f/2.8 – 110 mm
Bien que les conditions ne soient pas très difficiles ici,
l’AF assure, la version pleine définition montre la précision de la mise au point

La distance de mise au point minimale de 0,5 m à 70 mm et 1 m à 200 mm est obtenue en réduisant la distance focale réelle aux courtes distances (pas à l’infini), ce qui diffère du focus breathing (voir plus bas).

Stabilisation

Pourquoi faire un zoom téléobjectif stabilisé alors que les Nikon Z ont un capteur stabilisé ?

Pour deux raisons :

  • tous les Nikon Z n’ont pas un capteur stabilisé, le Z 50 par exemple en APS-C, et même si ce boîtier n’est pas le boîtier idéal avec un 70-200 mm f/2.8, rien ne permet de dire aujourd’hui si d’autres Nikon Z arriveront sans stabilisation interne plus tard,
  • la stabilisation optique dans l’objectif, pour un téléobjectif, est plus efficace que la stabilisation du capteur, et ce type d’objectif ne peut souffrir d’une stabilisation moyenne.

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S – ISO 100 – 1/2000 ème sec. – f/2.8 – 200 mm
La réactivité de l’autofocus (sur un Z 6 série 1) est excellente

Les 5,5 Ev promis par Nikon sont au rendez-vous. Sans avoir fait une mesure scientifique, j’ai pu obtenir des images parfaitement nettes avec des temps de pose très longs pour un tel zoom. Prenez le temps de trouver vos limites (distance de mise au point, focale, bougé du photographe influent) et vous obtiendrez des résultats excellents.

Je vous rappelle la combinaison à connaître selon votre Nikon Z et votre objectif pour savoir qui stabilise quoi :

Nikon Z 5 / Z 6 / Z 7 séries 1 et 2

  • avec objectif NIKKOR Z non VR : stabilisation 5 axes capteur
  • avec objectif NIKKOR Z VR : stabilisation 5 axes capteur et objectif

Nikon Z 50

  • avec objectif NIKKOR Z non VR : pas de stabilisation
  • avec objectif NIKKOR Z VR : stabilisation 2 axes (objectif, lacet et tangage)

Sur le Nikon Z 6 j’ai donc pu bénéficier d’une stabilisation 5 axes couplant la stabilisation VR de l’objectif et la stabilisation capteur (soit 2 + 3 axes).

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S – ISO 100 – 1/6400 ème sec. – f/2.8 – 165 mm
A f/2.8 toutes les idées sont autorisées en matière de mise au point

Performances optiques : piqué, homogénéité, vignettage, distorsion

Les précédentes versions des zooms 70-200 mm f/2.8 Nikon mettaient la barre très haut. Les objectifs NIKKOR Z la mettent  plus haut que les objectifs NIKKOR F. En toute logique, ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S ne dénote pas, c’est du tout bon : net, piqué et sans distorsion !

Difficile de prendre ce zoom en défaut, d’autant plus que les Nikon Z corrigent les défauts optiques sur les images faites en JPG. En clair : zéro distorsion visible en JPG.

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S – ISO 100 – 1/2500 ème sec. – f/2.8 – 200 mm
Notez la progression du flou en avant-plan vers la zone de netteté et juste après

En RAW la correction est appliquée par défaut avec les logiciels Nikon, il vous faudra l’activer si vous utilisez un logiciel tiers,  ils ne le font pas tous (Lightroom le fait).

A f/2.8, pleine ouverture où le vignettage est visible avec le NIKKOR Z 24-200 mm à f/4 par exemple, point de vignettage avec ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S. Inutile de fermer d’un stop ou deux, c’est bon dès f/2.8 et ça le reste.

Performances optiques : aberrations chromatiques, flare

Il semble que les diverses précautions de construction et d’ajustement des éléments internes comme externes (arrières en particulier) choisies par les opticiens Nikon payent.

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S – ISO 100 – 1/2500 ème sec. – f/2.8 – 200 mm
Chaque grain de sable est visible (sur la version pleine définition)

Bien que les conditions de prise de vue sur la plage de Berck soient difficiles, avec des périodes de fort ensoleillement et des photos faites face au soleil, je n’ai constaté aucun flare sur mes images. Le pare soleil est évidemment indispensable, ne serait-ce que pour protéger la lentille frontale du sable et de la pluie mais c’est une utilisation habituelle avec ce type de zoom.

Je n’ai pas non plus constaté l’apparition de franges vertes ou violettes sur mes images RAW, c’est aussi bon que sur les JPG corrigés par le boîtier.

Rendu optique : profondeur de champ

Il y a quelque chose de magique à utiliser un téléobjectif f/2.8, le plaisir déjà, mais aussi le résultat.

Ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S offre un flou d’arrière-plan des plus agréables. Si vous n’avez jamais essayé, filez faire le test chez votre revendeur. La transition net-flou est progressive, le flou est agréable, la douceur qui se dégage de ces images est particulière, la différence avec un objectif à ouverture maximale moins importante vous saute aux yeux.

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S- ISP 100 – 1/3200 ème sec. – f/2.8 – 200 mm
Comptez les mailles du bonnet …

Je mentirais en disant que ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S est « bien plus performant » que les versions AF-S, mais force est de constater qu’il frôle la perfection et que la qualité des images produites est très grande, équivalente à ce que vous pouvez obtenir avec les autres NIKKOR Z f/2.8. Associez des photos faites avec ces trois optiques, l’homogénéité est garantie.

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S – ISO 100 – 1/2500 ème sec. – f/2.8 – 200 mm
Comment isoler un sujet avec une grande ouverture

Rendu optique : focus breathing

Le focus breathing désigne le changement de taille de l’image lorsque la mise au point varie, à focale constante. C’est un effet observé sur la plupart des objectifs.

Cet effet dérange en particulier les vidéastes qui n’apprécient pas que la taille de leurs sujets varie lorsqu’ils ajustent la netteté, ce qui se fait couramment au cinéma lors du passage d’un acteur à l’autre sur un même plan.

Vous trouverez des tests montrant que la taille du sujet diminue légèrement à 70 et 85 mm lorsque la mise au point est plus proche,  qu’elle ne varie pas à 105 mm et qu’elle est légèrement supérieure à partir de 135 mm.

Je ne l’ai pas constaté sur mes images, mais je n’ai pas tous les éléments techniques de comparaison pour valider cette différence. Un passage au banc optique s’impose, ce n’est pas le but de mes tests terrain.

Les photos de ce test en pleine définition sur Flickr :

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Test Nikkor Z 70-200 mm f/2,8 VR S : mon avis

Ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S est bien né, il reprend les spécificités d’une gamme NIKKOR Z qui a su démontrer sa pertinence et ses qualités.

Les performances sont excellentes, la construction est au niveau, la finition aussi.

Est-ce pour autant un 20/20 ? Pas tout à fait.

La note finale souffre d’un tarif public de 2.799 euros qui met cet objectif hors de portée de nombreuses bourses.

Les photographes professionnels, fervents utilisateurs de 70-200 mm f/2.8, devront débourser 2.799 euros alors que la profession est en pleine crise. Les amateurs devront casser leur tirelire pour s’offrir ce téléobjectif Z natif s’ils ne veulent pas du plus limité NIKKOR Z 24-200 mm VR.

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S

Test NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S – ISO 100 – 1/4000 ème sec. – f/2.8 – 200 mm

L’objectif en lui-même n’a rien à se reprocher, il satisfera les plus exigeants, c’est son positionnement qui reste ambigu.

En l’absence d’une version 70-200 mm f/4 plus accessible, ce NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S reste concurrencé par les versions AF-S de la marque, dont les performances sont toujours de très haut niveau. Avec ces versions en monture F, l’impact de la bague FTZ est moindre (encombrement, poids) que pour les plus courtes focales.

En matière de mise au point, sujet qui fait débat avec les hybrides, chacun y va de son protocole de test, prudence donc. Le NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S s’avère plus simple à gérer pour le boîtier avec une motorisation autofocus dédiée alors que le couple AF-S + FTZ peut présenter quelques lenteurs selon la distance de mise au point, la focale et les conditions de lumière. En outre le temps d’initialisation de l’ordre d’une seconde imposé par la bague FTZ n’existe pas avec cette version Z native.

Le Nikkor Z 70-200 mm f/2,8 VR S peut vous intéresser si :

  • vous n’avez pas de 70-200 mm f/2.8 en monture F,
  • vous voulez un 70-200 mm natif monture Z sans obligation d’utiliser la bague FTZ,
  • vous voulez un AF très véloce,
  • le budget n’est pas un problème.

Le Nikkor Z 70-200 mm f/2,8 VR S va moins vous intéresser si :

  • vous avez déjà un AF-S Nikkor 70-200 mm f/2.8 VR II ou E FL ED VR,
  • vous avez déjà le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR,
  • vous cherchez une optique peu encombrante et légère,
  • vous n’avez pas le budget.

En savoir plus sur cet objectif sur le site Nikon

Cet objectif au meilleur prix chez miss Numerique


Affinity photo pour les photographes, le guide pratique

Pourquoi « Affinity Photo pour les photographes » ? La raison est simple : en photographie, une photo se crée à la prise de vue. Mais le processus créatif ne doit pas s’arrêter là.

Traiter une photo pour lui donner le rendu qu’elle mérite est une étape essentielle. Il vous faut alors utiliser un logiciel de post-traitement et Affinity Photo fait désormais partie des choix possibles pour les photographes.

Ce concurrent déclaré de Photoshop a-t-il un intérêt pour vous ? Comment l’utiliser ? C’est ce que vous propose de découvrir Volker Gilbert dans ce guide inédit, premier du genre sur Affinity Photo pour les photographes.

Affinity photo pour les photographes, le guide pratique

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Affinity Photo pour les photographes, présentation

Les logiciels de post-traitement sont nombreux et il est bien difficile de savoir lequel choisir si ce n’est pas votre spécialité (en savoir plus avec mon guide de choix logiciels).

Retenez toutefois que les logiciels photo peuvent être ainsi catégorisés :

  • les gestionnaires de flux vs. les éditeurs
  • les logiciels à licence perpétuelle vs. les logiciels avec abonnement

Lightroom Classic, par exemple, est un gestionnaire de flux avec abonnement.

Luminar AI est un éditeur avec licence perpétuelle.

Affinity Photo est aussi un éditeur avec licence perpétuelle.

Une autre caractéristique des logiciels photo est leur place sur le marché. Certains sont des références incontournables, standards de fait. Photoshop est de ceux-là.

D’autres font leur petit bonhomme de chemin sans faire de bruit, ne sont ni des standards ni des références incontournables, mais n’en présentent pas moins un intérêt certain. Affinity Photo est de ceux-là.

Pour reprendre les mots de Volker Gilbert, photographe et auteur spécialisé (voir Comment « Développer ses fichiers RAW » ou « Photoshop CS6 et le RAW« ), « Affinity Photo est le logiciel qui se rapproche aujourd’hui le plus de Photoshop. C’est aussi celui qui progresse le plus vite, grâce au travail acharné de son éditeur, Serif ».

Je ne vais pas entrer ici dans la présentation complète d’Affinity Photo, ce n’est pas le but de cet article, mais je vais vous dire ce que vous allez trouver dans « Affinity Photo pour les photographes » de Volker Gilbert qui a pris le temps, lui, de détailler le logiciel et son fonctionnement.

Comment utiliser Affinity Photo

Les livres pour apprendre à utiliser un logiciel photo se font rares désormais tant les évolutions des logiciels sont rapides. A peine publié le livre est souvent obsolète, la version ayant servi à l’auteur pour écrire le livre étant déjà remplacée par une ou plusieurs nouvelles versions. L’apprentissage passe alors plutôt par les formations en ligne, plus simples à mettre à jour (voir mes formations logiciels photo).

Avec Affinity Photo pour les photographes, Volker Gilbert a toutefois conçu un livre capable d’évoluer avec les différentes versions existantes et à venir du logiciel. En effet, plus qu’un guide d’utilisation outil par outil du logiciel, ce qui le rendrait vite obsolète, il s’agit de vous montrer une méthode de travail.

Cette méthode s’appuie sur les modules et outils d’Affinity Photo. Son but est de vous enseigner les rudiments du logiciels, son utilisation plus avancée et de vous permettre d’être à l’aise avec l’ensemble pour intégrer à votre méthode de post-traitement les possibles nouveautés des prochaines versions.

Affinity photo pour les photographes, le guide pratique

Vous allez découvrir les principes d’utilisation des modules :

  • Develop Persona : ajustement des tonalités et couleurs, réduction du bruit, accentuation, correction des défauts,
  • Photo Persona : retouches, filtres, calques, objets dynamiques, retouche des portraits, détourage, suppression des éléments gênants,
  • Tone Mapping Persona : adaptation des tonalités à dynamique étendue (HDR),
  • Export Persona : export des photos, choix de la taille et du format.

Vous ne trouverez pas dans ce livre le module Liquify Persona, il s’adresse plus aux graphistes qu’aux photographes.

L’approche de Volker vous permet de savoir comment utiliser Affinity Photo en enchaînant les bonnes opérations au bon moment :

  • comment bien débuter avec Affinity Photo, comprendre l’interface, les outils, personnaliser votre espace de travail,
  • comment développer un RAW avec Affinity Photo, vous allez apprendre ici à traiter une photo dans son ensemble comme à utiliser les outils de corrections diverses,
  • maîtriser les réglages de base, découvrez comment faire une conversion noir et blanc, un virage partiel ou réduire le bruit numérique,
  • corrections avancées, ou comment utiliser les filtres d’Affinity Photo, corriger les défauts et autres opérations de traitement telles les déformations d’images,
  • comment fusionner plusieurs images en une seule, du HDR à la réduction du bruit avancée,
  • comment finaliser votre travail, de l’automatisation des tâches à l’export.

Affinity photo pour les photographes, le guide pratique

Mon avis sur ce livre

Je connais Volker Gilbert depuis de longues années et j’ai toujours apprécié le sérieux qu’il met dans son travail et ses ouvrages.

J’ai retrouvé dans celui-ci la même volonté de vous apporter les bonnes informations au bon moment, d’être précis sans vous perdre dans des explications trop techniques, ce qui est parfois le cas avec les experts ayant du mal à simplifier leur approche pour les plus néophytes.

« Affinity Photo pour les photographes » est abondamment illustré. Pour deux raisons :

  • vous montrer que ce logiciel peut sublimer vos images si la prise de vue est satisfaisante,
  • vous montrer tous les écrans dont il est question dans le texte afin de vous permettre de reproduire les opérations citées.

Plus qu’un simple mode d’emploi au format papier, ce livre est plutôt le manuel à l’aide duquel vous allez découvrir le logiciel, comprendre ses principes de fonctionnement et mettre en place votre méthode de travail.

Comme tous les ouvrages relatifs aux logiciels photo, il suppose que vous soyez face à votre écran pour appliquer ce qui vous est montré, que vous ayez un minimum d’autonomie lorsque vous utilisez un ordinateur et un logiciel photo et que vous sachiez ce que vous voulez obtenir.

Si vous êtes dans ce cas alors ce livre va vous aider à avancer et à maîtriser Affinity Photo.

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Test Nikkor Z 24-200 mm f/4-6.3 VR : le megazoom pour hybrides tient-il ses promesses ?

A la lecture de ce test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR, vous allez découvrir ce qu’un megazoom conçu pour la monture Z peut offrir en polyvalence et performances sur un hybride Nikon.

Ce zoom à plage focale étendue, bien que n’entrant pas dans la gamme S-Line NIKKOR Z, a t-il un intérêt pour vous ? Peut-il être votre compagnon au quotidien ? Je m’efforce de répondre à ces questions et vous propose une série d’images réalisées en conditions réelles sur le terrain avec un Nikon Z 6.

Test Nikkor Z 24-200 mm f/4-6.3 VR : le megazoom pour hybrides tient-il ses promesses ?

Cet objectif au meilleur prix chez Miss Numerique

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR : contexte

2020, un premier confinement, à peine l’été pour souffler, et un second confinement nous prive à nouveau de sorties.  Difficile de caser des journées de prise de vue pour partager avec vous mes tests des optiques NIKKOR Z récentes. Aussi, avant d’être limité à 1 km et 1 heure,  j’ai pris quelques jours en bord de mer pour mener à bien ce test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR (celui du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 S fait en parallèle arrive bientôt).

J’ai utilisé le Nikon Z 6 qui m’accompagne au quotidien, le Z 6 II n’est pas encore disponible et cela ne remet pas en cause l’intérêt du test.

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR sur Nikon Z 6 en position 24 mm

Vous connaissez ma réserve habituelle quand il s’agit de parler d’un zoom à plage focale étendue (ou megazoom). J’ai pour habitude de dire qu’ils sont bons partout mais excellents nulle part, qu’ils nous facilitent la vie en nous évitant de changer d’objectifs mais nous privent aussi de faire les efforts de cadrage et composition nécessaires à une pratique photo plus créative.

Utilisateur du zoom NIKKOR Z 24-70 mm f/4 de façon quasi-exclusive, ce NIKKOR Z aurait-il quelques atouts pour me faire changer d’avis ?

Présentation

Le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR est un zoom conçu pour la monture Nikon Z équipant les hybrides plein format et APS-C de la marque, à ce jour les Z 5, Z 6 et Z 7 séries 1 et 2 et le Z 50 (voir la présentation complète). Objectif plein format par définition, sa plage focale équivaut à 36-300 mm sur un hybride APS-C comme le Nikon Z 50.

NIKKOR Z 24-200 mm

le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR sur Nikon Z 6 à 24 mm et 200 mm

L’ouverture maximale varie de f/4 à 24 mm à f/6.3 à 200 mm. Le tableau ci-dessous vous donne les variations d’ouverture maximale en fonction de la focale :

  • 24 mm : f/4
  • 35 mm : f/4.8
  • 50 mm :  f/5.6
  • 70 mm : f/6
  • 105 mm :  f/6.3
  • 135 mm :  f/6.3
  • 200 mm :  f/6.3

A la différence d’un zoom NIKKOR Z 24-70 mm dont l’ouverture reste constante à f/4 ou f/2.8 selon le modèle, ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR est donc vite limité en ouverture. Il n’est f/4 qu’à 24 mm, f/6.3 dès 70 mm tandis que le « petit » 24-70 est encore f/4 à cette focale.

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR sur Nikon Z 6 (en haut) à 24 mm
pour comparaison, le zoom NIKKOR Z 24-70 mm f/4 (en bas) à 24 mm

L’aspect de ce zoom est conforme aux standards de la gamme NIKKOR Z, un design sobre, une large bague de zoom, pas de bague de mise au point dédiée (le 24-70 mm f/4 n’en a pas non plus), il faut utiliser la bague multifonction personnalisable avec activation de la mise au point si vous le souhaitez.

Ce zoom est stabilisé, ce qui peut vous paraître curieux alors que les hybrides Nikon Z plein format ont un capteur stabilisé. J’y vois deux raisons :

  • la stabilisation optique sur l’objectif s’avère souvent plus performante que celle du capteur avec les longues focales (le NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 est stabilisé), et ce zoom grimpe à 200 mm,
  • n’oublions pas que le Nikon Z 50 n’est pas doté d’un capteur stabilisé, le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR vous permettra sur ce boîtier de profiter d’une stabilisation faisant gagner près de 5 stops.

Autre point commun avec les megazooms, l’objectif s’allonge beaucoup entre 24 mm et 200 mm. Il reste discret à 24 mm mais ne l’est plus du tout à 200 mm, l’ensemble Z 6 + zoom mesure alors pas moins de 24 cm.

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

le bouton Lock de verrouillage du zoom du NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

Pour éviter que le zoom ne s’allonge une fois rangé dans votre sac photo, c’est courant avec ce type de zoom, le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR est doté d’un bouton de verrouillage (Lock) sur le fût.

Le diamètre des filtres est de 67 mm, le pare-soleil livré avec l’objectif vous sera utile pour réduire l’effet de flare en position grand-angle en particulier.

À qui se destine ce NIKKOR Z 24-200 mm ?

Un zoom 24-200 mm vous permet de cadrer large de 24 à 35 mm, en plan serré entre 50 et 85, et en téléobjectif au-delà de 105 mm. Cet objectif s’avère ainsi polyvalent, vous évite de transporter les focales fixes équivalentes ou le duo 24-70 + 70-200 mm. Il évite aussi le changement d’objectif sur le terrain. C’est donc un zoom qui vous servira chaque fois que vous voulez voyager léger sans perdre en possibilités de prises de vues.

Plage focale du zoom Nikkor Z 24-200 mm

les cadrages possibles de 24 à 200 mm avec le NIKKOR Z 24-200 mm

Sa polyvalence est grande de par sa plage focale, je n’en dirai pas autant de son ouverture maximale. Il est en effet dommage de ne pas pouvoir conserver une grande ouverture au-delà de 35 mm, en téléobjectif, alors que ces focales sont idéales pour le portrait comme la photo d’action mêlant netteté sur le sujet et joli flou d’arrière-plan.

A f/6.3 le flou est moins important, il vous faudra compenser en jouant sur la distance au sujet, rapprochez-vous pour bénéficier d’une profondeur de champ réduite et rattraper ainsi ce que vous perdez en ouverture maximale.

Char à voile - Plage de Berck

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR – Nikon Z 6 – 200 mm – ISO 100 – 1/500 ème sec. – f/6.3

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR – Nikon Z 6 – 200 mm – ISO 100 – 1/200 ème sec. – f/6.3

Cette limite d’ouverture maximale va aussi vous imposer de monter en ISO dès que la lumière diminue, ce qui n’est pas un problème insurmontable avec les hybrides Nikon Z dont le bruit numérique est limité jusqu’à 6.400 ISO. Au-delà, prévoyez un trépied pour le paysage ou un éclairage complémentaire pour le portrait et l’action.

Qualité de construction

Ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3  VR est aussi bien construit que les modèles de la série S. Nikon n’a pas délaissé la monture métallique pour une monture en polycarbonate, la construction générale est dans la lignée des séries S, les bagues tournent avec la fermeté nécessaire, sans aucun jeu.

En position 200 mm l’ensemble reste rigide, je n’ai constaté aucun défaut d’assemblage. Ce n’est donc pas sur ce plan que l’on va faire la différence. C’est du tout bon.

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR pendant une séance nocturne sous une pluie dense

La résistance aux intempéries est importante, ce n’est pas faute d’avoir effectué une partie de ce test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR par grand vent et sous la pluie, en devant chasser le sable de l’objectif plusieurs fois !

Prise en main

L’adaptation est immédiate, j’ai apprécié de retrouver la bague personnalisable à laquelle j’attribue le contrôle de la compensation d’exposition afin de gérer dans le viseur en temps réel. Ce réglage s’avère bien plus rapide que l’appui sur le bouton de compensation d’exposition, il me donne un résultat proche de ce que j’attends, et limite le temps de post-traitement des images.

Ce test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR m’a aussi permis de mettre en évidence le poids réduit de ce zoom, 570 grammes soit 70 de plus que le NIKKOR Z 24-70 mm f/4 S, quand l’AF-S Nikon 28-300 mm en fait 800.

Très compact à 24 mm, il loge dans mon sac d’épaule sans difficulté. La différence est faible avec le 24-70 mm f/4, sac fermé je ne fais pas la différence.

L’ensemble boîtier + objectif s’avère très équilibré :

  • à 24 mm la bague de zoom facilite la tenue de l’objectif,
  • à 200 mm, la main avance pour compenser l’augmentation de longueur, sans que l’ensemble ne soit déséquilibré pour autant.

Cette caractéristique est appréciable car cela permet de passer de 24 à 200 mm sans bouger l’œil du viseur. Selon la taille de votre main et la souplesse de votre poignet, il vous faudra lâcher puis reprendre la bague pour effectuer la rotation totale, ou tourner cette bague avec deux doigts pendant que l’autre main tient fermement le boîtier.

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR avec pare-soleil en position inverse

Comme sur les autres objectifs Nikon, le pare-soleil se clipse aisément et peut se fixer à l’envers sur le fût pour être toujours disponible, vous pouvez ainsi le retirer pour des raisons de discrétion sans devoir le ranger.

Autofocus

Ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR est un objectif Z natif, ce qui signifie qu’il est conçu pour proposer une mise au point la plus rapide et silencieuse possible sur un hybride Nikon Z.

A 24 mm la mise au point est quasi immédiate d’une position à l’autre de la plage de mise au point.

A 200 mm la course est plus importante et l’objectif prend quelques dixièmes de seconde pour se caler, sans hésitation toutefois.

Si vous visez un sujet trop proche (distance minimale de mise au point de 0,5 m à 24 mm et 0,7 m à 200 mm), pas de pompage incessant, le système de mise au point passe d’une extrême à l’autre avant de s’arrêter,  c’est le signe qu’il faut vous éloigner.

En terme de rapidité de mise au point, c’est donc du côté du boîtier qu’il faut se pencher. Les Nikon Z 6 et 7 série 1 n’étant pas les plus véloces, je ne doute pas que ce zoom monté sur un Z série 2 soit plus rapide encore. Les performances du système autofocus sont liées aux progrès du module AF et au double processeur Expeed 6.

Nikon hybride photo oiseaux autofocus

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR + Nikon Z 6 : 200 mm – 1/250 ème sec. – f/6.3 – 320 ISO

J’ai enfin noté une bonne stabilité de la mise au point, particulièrement sur sujets en déplacement rapide et en utilisant le mode AF-C. Difficile de dire qui favorise quoi dans ce mode,  il faudrait rentrer dans le détail du fonctionnement de l’algorithme de mise au point. Toutefois la mise au point acquise, il ne la lâche pas , le boîtier suit le sujet. Au final ce qui compte est d’avoir une photo nette et c’est le cas.

Stabilisation

Voici un sujet ingrat à traiter car utiliser un objectif NIKKOR Z VR sur un hybride Nikon Z déjà stabilisé nécessite de comprendre comment l’ensemble fonctionne.

Les deux systèmes, l’IBIS (stabilisation capteur) et le VR (stabilisation objectif) fonctionnent de pair selon les combinaisons suivantes :

Nikon Z 5 / Z 6 / Z 7 séries 1 et 2

  • avec objectif NIKKOR Z non VR : stabilisation 5 axes capteur
  • avec objectif NIKKOR Z VR : stabilisation 5 axes capteur et objectif

Nikon Z 50

  • avec objectif NIKKOR Z non VR : pas de stabilisation
  • avec objectif NIKKOR Z VR : stabilisation 2 axes (objectif, lacet et tangage)

Sur mon Z 6 j’ai donc pu disposer d’une stabilisation 5 axes utilisant la stabilisation VR en complément de la stabilisation capteur (2 + 3 axes).

La loi voulant qu’il ne faille jamais dépasser 1/focale pour éviter le flou de bougé (par exemple 1/200 ème de sec. à 200 mm) est obsolète avec les hybrides Nikon Z. C’est donc le cas avec ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR dont la stabilisation, couplée à celle du boîtier, autorise des temps de pose bien plus longs que ceux auxquels vous êtes habitués avec un téléobjectif.

Stabilisation NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

crop de photos à 200 mm : 1/200 – 1/25 – 1/15 – 1/8 ème sec.

En prenant soin de bien tenir l’appareil photo en étant bien calé, vous pouvez faire des photos nettes à 200 mm, jusqu’à 1/10 ème de sec. Autant dire que cette stabilisation vous ouvre les portes de la photo de nuit, en soirée, en très faible lumière, à courte comme à très longue focale. Certains résultats sont même bluffants.

Utilisé sur un Nikon Z 50 (que je n’ai pas pu tester en même temps), ce zoom vous permet de compenser l’absence de stabilisation capteur pour les plus longues focales, la stabilisation étant en effet inutile en position grand-angle.

Test NIKKOR Z 24-200 mm : performances optiques, piqué, homogénéité et vignettage

Les objectifs NIKKOR Z nous ont habitués à des performances optiques élevées. Les zooms experts-pros f/4 et f/2.8 surclassent leurs homologues reflex, en grand-angle en particulier en raison d’une monture plus généreuse en diamètre.

Sans atteindre les sommets du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8, les photos montrent une belle homogénéité du piqué d’image sur l’ensemble du champ, en particulier à 24 mm, focale pour laquelle il est fréquent de constater une dégradation sur les bords, souvent couplée à de la distorsion (voir plus bas).

A 200 mm et pleine ouverture, le piqué d’image, en retrait par rapport aux zooms de la catégorie supérieure, reste homogène et le résultat final ne manque pas d’intérêt.

Portrait NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR + Nikon Z 6 : 81 mm – 1/500 ème de sec. – f/6.3 – 900 ISO

Le vignettage est visible à 24 mm à pleine ouverture, de l’ordre d’1,3 Ev, il disparaît dès f/5.6. C’est assez classique avec les zooms à forte amplitude démarrant à 24 mm, l’AF-S 24-120 mm pour reflex fait bien pire.

Il vous faudra appliquer une correction pour réduire cet assombrissement des bords de l’image, ce que fait très bien un logiciel de développement RAW. Le JPG brut de boîtier n’est pas suffisamment compensé pour réduire ce vignettage, attention donc si vous y êtes sensible.

Vingettage NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR
Vignettage à 24 mm f/4

Performances optiques : déformation et distorsion

La monture Z et son grand diamètre permet de réduire au minimum les distorsions. Même sur un zoom à moins de 1.000 euros qui n’entre pas dans la gamme pro S line ? Oui.

Distorsion NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR à 24 mm f/9

Distorsion NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

Crop du coin inférieur droit de la photo ci-dessus

Distorsion NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

Crop du coin supérieur droit de la photo ci-dessus

N’oublions pas que nous sommes en présence d’un zoom à moins de 1.000 euros quand un NIKKOR Z 24-70 mm f/2.8 en vaut 2.200.

Ce rappel en tête, je note une absence quasi totale de distorsion et déformation d’image de 24 à 200 mm. C’est une belle performance due à la monture, à la formule optique de l’objectif et un peu aussi probablement au traitement informatique assuré par le boîtier et l’objectif (d’où l’importance des firmwares boîtiers ET objectifs sur les hybrides).

Par curiosité, j’ai ouvert certaines images dans DxO PhotoLab 4 assurant la meilleure réduction possible des distorsions, et je n’ai pas mesuré d’écart visible à l’œil. Une autre façon de dire que les fichiers générés par ce zoom sont de grande qualité eu égard à son positionnement tarifaire.

Performances optiques : rendu des couleurs et aberrations chromatiques

Je vous parlerai plutôt des aberrations chromatiques que du rendu des couleurs qui est conforme à ce que l’on connaît de la gamme NIKKOR Z. J’apprécie le rendu neutre des images, j’ai une préférence pour le Picture Control Paysage qui me donne des fichiers proches, en colorimétrie, de ce que je souhaite obtenir. Couplé à la compensation d’exposition dans le viseur, cela réduit d’autant la durée du post-traitement. Passer d’un autre NIKKOR Z à celui-ci se fera sans différence de colorimétrie visible à l’écran.

En matière d’aberrations chromatiques, ce test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR montre une tendance du zoom à générer des franges vertes et violettes plutôt visibles dans les feuillages si vous zoomez de façon importante dans l’image. Comme tous les objectifs aurais-je pu dire …

aberrations-chromatiques-avec-Nikkor-Z-24-200-mm-f-4-6-3-VR-3

Crop de l’image d’origine, avec présence de franges vertes et violettes dans les branches

aberrations-chromatiques-sans-Nikkor-Z-24-200-mm-f-4-6-3-VR-3

Crop de l’image d’origine traitée dans DxO PhotoLab 4 pour suppression des aberrations chromatiques

Ces aberrations se corrigent vite en post-traitement RAW. Sur des fichiers JPG natifs, le traitement opéré par le boîtier sur le RAW pour générer le JPG n’atteint pas les performances d’un logiciel spécialisé (par exemple Lightroom ou DxO PhotoLab). Les franges violettes restent visibles si vous faites le point sur les branches et zoomez à 100 % dans l’image.

Attention : n’abusez pas des affichages à 100% qui ne sont en rien des conditions d’observation ou de tirage papier normales. Ces franges seront très peu visibles à l’écran ou à distance normale d’observation d’un tirage.

Rendu optique : profondeur de champ

J’en reviens à mes remarques initiales. F/4 à 24 mm vous donne une belle latitude en matière de profondeur de champ, bien que cette courte focale ne favorise pas les flous d’arrière-plan et l’effet bokeh, ce n’est pas le but recherché en grand-angle.

Nikon hybride flou profondeur de champ bokeh

NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR à 24 mm + Nikon Z 6 : 135 mm – 1/125 ème sec – f/36 – ISO 1600

A 200 mm la profondeur de champ reste limitée par l’ouverture f/6.3, j’aurais vraiment préféré une ouverture f/4 à 200 mm, une performance guère envisageable pour conserver la compacité , le poids et le tarif attendus pour un tel zoom.

Est-ce à dire que l’on ne peut pas faire de jolis flous en téléobjectif avec ce 24-200 mm ? Non, cela reste tout à fait possible, il faudra gérer au mieux la distance au sujet pour jouer sur la profondeur de champ.

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR à 200 mm sur Nikon Z 6 (en haut)
le NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 (en bas, longueur constante)

C’est personnel, j’ai un faible pour les téléobjectifs à grande ouverture. Ils ne peuvent toutefois pas proposer la compacité, la souplesse et le tarif d’un tel megazoom, aussi pouvoir déclencher à 200 mm et f/6.3 reste une belle alternative qui vous permettra de faire de jolis portraits avec un peu de pratique.

Les photos de ce test en pleine définition sur Flickr :

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR

Test NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR : ma conclusion

Les optiques Nikon NIKKOR ont fait la réputation de la marque autant, si ce n’est plus, que les boîtiers reflex. Avec les hybrides, Nikon était attendu au tournant puisque la monture Z supposait une réécriture totale de l’histoire : nouvelles caractéristiques, nouvelles formules optiques, nouveaux enjeux.

Forts de cette expérience, il est indéniable que les opticiens Nikon ont réussi leur coup sur le plan des performances : les NIKKOR Z S-Line surclassent les versions reflex, de même que la concurrence en monture F. Restait un problème majeur, le tarif de ces optiques, loin d’être accessible au photographe amateur désireux de passer à l’hybride sans devoir emprunter sur 10 ans.

Avec ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR, Nikon propose une alternative très crédible et accessible aux zooms experts-pros et focales fixes :

  • la large plage focale autorise tous types de prises de vues,
  • le poids et l’encombrement autorisent un usage quotidien sans (trop) de contraintes,
  • les performances sont à la hauteur des attentes de nombreux amateurs, voire de certains pros,
  • le tarif reste sous la barre des 1.000 euros à la sortie, soit 200 euros d’écart avec la version AF-S 28-300 mm f/3.5-5.6G ED VR qui a déjà vu son prix baisser.

Investir dans ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR ne vous coûtera pas plus cher que faire le choix d’un megazoom pour reflex et lui coupler la bague FTZ (vendue 300 euros seule).

Que puis-je reprocher à ce zoom ? Très sincèrement pas grand-chose si ce n’est son ouverture maximale limitée. Parfait couteau suisse pour compléter un Nikon Z 5 ou Z 6, complément pertinent d’un Nikon Z 50, ce NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR ne manque pas d’intérêt.

Face au NIKKOR Z 24-70 mm f/4 (600 euros en kit, 1000 euros seul) le 24-200 a l’avantage de la plage focale étendue. Il vous fera perdre en ouverture à 70 mm (f/6 vs. f/4). La proposition de valeur reste très intéressante pour le photographe amateur qui ne cherche pas l’excellence à tout prix. Les experts et pros appréciant le 24-70 lorgneront plutôt du côté du modèle f/2.8 (2.200 euros).

Face aux megazooms Nikon ou compatibles via la bague FTZ, ce 24-200 a quelques longueurs d’avance :  extrême compacité, poids réduit, silence de mise au point, performances supérieures, compatibilité maximale avec les hybrides Nikon Z, construction tous temps et évolutivité (mise à jour possible).

Le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR peut vous intéresser si :

  • vous n’avez encore aucun zoom NIKKOR Z,
  • vous cherchez un objectif polyvalent et compact pour le voyage
  • vous appréciez les longues focales sans avoir le budget pour un téléobjectif f/2.8,
  • vous n’avez pas d’équivalent en monture F,
  • vous n’aimez pas passer d’une focale fixe à l’autre.

Le NIKKOR Z 24-200 mm f/4-6.3 VR va moins vous intéresser si :

  • vous cherchez les meilleures performances optiques possibles au détriment du tarif et de la compacité,
  • vous appréciez les grandes ouvertures et l’effet bokeh prononcé,
  • vous avez déjà un NIKKOR Z 24-70 mm f/4 et n’envisagez pas de le revendre,
  • vous souhaitez photographier en toute discrétion (dans la rue par exemple),
  • vous utilisez en parallèle un reflex et un hybride et devez conserver un zoom en monture F.

En savoir plus sur ce zoom sur le site Nikon.

Cet objectif au meilleur prix chez Miss Numerique


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